La Valeur De L'Homme – Details, episodes & analysis

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Podcast La Valeur De L'Homme

La Valeur De L'Homme

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Arts

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Podcast de La Valeur de l’Homme, émission de valorisation et d’actualité des sciences sociales, proposée et animée par Emmanuel Taïeb. A chaque numéro, un ou deux universitaires, essayistes, et journalistes viennent présenter un ouvrage ou une publication récente sur des sujets de société ou relatifs à la culture. Comme il n’y a pas que les romans dans la vie, pour comprendre le monde social, rien ne vaut le regard d’un spécialiste ! 
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Matteo Salvini, le populisme incarné

Season 7 · Episode 18

samedi 1 juillet 2023Duration 44:59

Avec Anna Bonalume, essayiste et journaliste.

L’Italie n’est pas seulement le laboratoire de la France, elle en est le laboratoire inquiétant. Ces 5 dernières années, le pays a connu une coalition extrême droite/extrême gauche, qui n’aura pas tenu bien longtemps, puis tout récemment l’accession à la présidence du conseil de la néo-fasciste Giorgia Meloni. La question migratoire, mais aussi les problèmes économiques récurrents, pèsent sur le débat public ; et même le gouvernement Draghi, pourtant largement soutenu, n’aura pas réussi à redresser le cap. La tentation populiste, la tentation de l’homme ou de la femme providentielle, font donc régulièrement retour ; depuis Berlusconi. Et il faut croire que la démocratie italienne s’accommode bien du style outrancier, de la démagogie et de la xénophobie de plusieurs de ses figures politiques.

Actuel vice-président du Conseil et ministre des infrastructures, Matteo Salvini a connu un parcours fulgurant ces dernières années. Il a ainsi été député européen, sénateur, puis ministre de l’Intérieur du gouvernement de coalition de Giuseppe Conte. Son coup de génie politique a été de transformer la ligue du Nord – régionaliste – en un parti national-souverainiste et identitaire, capable de s’adresser à toute l’Italie, de la fameuse Lombardie, jusqu’à la Calabre et les Pouilles. Adoptant un positionnement similaire à celui de Marine Le Pen en France, Matteo Salvini s’attelle à la défense des plus pauvres, à la lutte contre l’immigration, contre l’islam, et contre l’Union européenne ; défendant un programme sécuritaire et défendant le catholicisme, ou encore, plus original, proposant de lutter contre la mafia.

L’homme plait, il est charismatique, et soulève l’enthousiasme partout où il passe, chacun voulant poser avec lui pour un selfie. Comment comprendre les ressorts de ce succès ? Et surtout, à quoi ressemble le populisme vu de l’intérieur ? Emmanuel Taïeb pose ces questions à son invitée, Anna Bonalume, qui a suivi et interviewé Matteo Salvini pendant plusieurs semaines.

Contre l’élection présidentielle

Season 7 · Episode 17

samedi 3 juin 2023Duration 44:12

Contre l’élection présidentielle. Gaspard Kœnig, essayiste. La France souffre de son régime présidentiel ; elle souffre de son présidentialisme ; et elle souffre de son hyper-présidence qui domine toutes les institutions, et donne le « la » de la vie électorale et médiatique. L’hyperprésidence produit la croyance en un homme ou une femme providentielle et la déception inévitable qui l’accompagne. Elle fabrique un fonctionnement politique très immature et très personnalisé, dans lequel chaque chef de parti ou chaque personnalité populaire se verrait bien dans les habits du président et alimente en permanence la course à l’Élysée. Cette domination de l’élection présidentielle depuis 1962 écrase les autres élections, notamment les élections législatives qui sont centrales dans la plupart des pays, et elle écrase surtout le débat d’idées.

Pour en finir avec la monarchie présidentielle, maintes et maintes fois dénoncée, il suffirait de supprimer l’élection du président au suffrage universel. C’est par exemple ce que proposait la Convention pour la 6e République d’Arnaud Montebourg au début des années 2000. Et la proposition revient périodiquement. Il faut dire que cette élection directe du président est une anomalie en Europe, à l’exception du Portugal, et qu’on la trouve plutôt dans des régimes africains ou latino-américains dont justement les dérives présidentialistes inquiètent. Aux États-Unis, le président est élu via un scrutin indirect et ne peut pas dissoudre la Chambre. Ailleurs, le chef de l’État a un rôle purement honorifique, et le leader de l’exécutif est un Premier ministre issu des rangs parlementaires ; dont la responsabilité peut facilement être engagée.

Mais le président français, lui, cumule beaucoup de pouvoirs, domine en pratique l’exécutif et le législatif, fait disparaître les corps intermédiaires et concentre toutes les doléances. Dans un étrange face-à-face, tous les secteurs de la vie sociale s’adressent désormais au président pour tout et n’importe quoi. Comme s’il était omniscient et omnipotent, et comme s’il n’y avait pas mille autres niveaux de décision, des maires aux parlementaires. Tout cela alimente des formes de bonapartisme, mais aussi des formes de populisme. Car quand il n’y a rien entre le chef et les citoyens, la tyrannie n’est jamais loin. En 1548, dans Le Discours de la servitude volontaire, Etienne de la Boétie faisait tenir le pouvoir du despote dans l’action même du peuple : « Ce qu’il a de plus que vous, écrivait-il, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. »

Donald Trump, maître des images

Season 7 · Episode 8

samedi 3 septembre 2022Duration 44:21

Dork Zabunyan, Maître de conférences en études cinématographiques. Vu  d’Europe, Donald Trump a incarné ce qui peut se faire de pire en  politique : un ploutocrate venu du monde des affaires, un incompétent  notoire, un populiste, un ennemi de la démocratie et des minorités, qui a  fait entrer l’Amérique dans l’ère des fake news et du conspirationnisme  au plus haut niveau de l’État. Trump a aussi été perçu comme un maître  des réseaux sociaux, dont les mots et les réactions incontrôlées ont  alimenté des scandales permanents. Mais ce portrait est très incomplet,  car il oublie que Donald Trump est d’abord un homme d’images. Et c’est  par les images qu’il est connu aux États-Unis, avant même d’être élu  président. Trump a une présence médiatique ininterrompue depuis près de  20 ans, et a eu sa propre émission de télé-réalité – The Apprentice –  pendant des années, dans laquelle il jouait son propre rôle, faisait  triompher sa violence managériale, ponctuant les éliminations de  candidats d’un légendaire « Vous êtes viré ! ». La victoire électorale  de Trump ne peut donc se comprendre que dans la circulation des images  qui l’ont permise. Il n’est pas tout à fait le premier à avoir subverti  la télévision, et on pourra penser à un Berlusconi en Italie. A Ronald  Reagan aussi, dans une moindre mesure. Des hommes dont l’entrée en  politique semble se faire par un glissement de la familiarité médiatique  vers le pouvoir. Des hommes surtout qui, véritablement, inventent de  nouvelles formes audiovisuelles, auxquelles il faut être attentif. Car  ce sont de nouvelles images du pouvoir. Celles qui mêlent politique et  divertissement, celles qui le transforment en une marque, et celles qui  lui confèrent une ubiquité interventionniste permanente. Celles au fond  qui transforment le réel en fiction. Si l’on veut comprendre comment la  démocratie peut céder sous le poids politiques de certaines images, en  apparence anodines, il faut étudier les images de Trump qui ont circulé  avant, pendant et après sa présidence. C’est ce que nous allons voir  avec mon invité, Dork Zabunyan.

Autour de la série The Wire

Season 1 · Episode 4

lundi 22 mars 2021Duration 30:31

Histoire du carnaval de Venise

Season 1 · Episode 3

lundi 22 mars 2021Duration 30:34

Invité : Gilles Bertrand, auteur d’une Histoire du carnaval de Venise (Pygmalion, 2013). 

Johnny, sociologie d’un rocker

Season 1 · Episode 2

lundi 22 mars 2021Duration 30:03

Invité : Yves Santamaria, auteur de Johnny, sociologie d’un rocker (La Découverte, 2010). 

Autour de Machiavel

Season 1 · Episode 1

lundi 22 mars 2021Duration 31:06

Invité: Thierry Ménissier, auteur de Machiavel ou la politique du Centaure (Herman, 2010).  

Quand HBO réinvente la nudité

Season 7 · Episode 7

samedi 4 juin 2022Duration 44:04

Quand HBO réinvente la nudité. Benjamin Campion, spécialiste du cinéma  et des séries. La chaine américaine HBO s’est emparé de la nudité pour  déjouer les limites habituelles de sa monstration. Cette chaine câblée a  pour spécificité d’échapper à la censure qui pèse ce qu’on appelle les  networks. Ce statut à part lui permet de proposer des séries innovantes,  tant du point de vue de leurs personnages, de leurs thématiques que de  celui de la sexualité qui y est visible. On doit ainsi à HBO des séries  aussi connues et marquantes que Sex and the City, Girls, Euphoria ou  Game of Thrones. En tout cas pour le sujet qui nous intéresse… Ces  séries, et d’autres, ont frappé les spectateurs par l’apparition de  corps dénudés et d’actes sexuels disons « explicites », pour reprendre  le mot américain. Certains ont d’ailleurs tôt fait de dénoncer des  formes de voyeurisme, de triomphe du « male gaze », d’obscénité, voire  de pornographie. Or ce que montre mon invité, Benjamin Campion, c’est  que c’est exactement le contraire qui se joue dans les productions HBO.  Les séries HBO qui se confrontent à la question de la sexualité le font  précisément en inventant de nouvelles images qui s’éloignent des  standards de la pornographie. Surtout, ces nouvelles manières de filmer  les corps dénudés est entièrement au service de la narration. La nudité  n’y est donc jamais « gratuite », mais se veut toujours porteuse d’un  propos, d’une description, d’un moment du récit qui ne peut passer que  par cette forme. La nudité la plus crue n’est d’ailleurs souvent pas  frontale, mais diffusée sous la forme d’images que les protagonistes  regardent, et donc mise à distance et pensée. En pratique, donc, les  séries HBO montrent la nudité avec mesure, jamais en gros plans par  exemple, mais sans l’éluder non plus par des fondus pudiques ; avec  plausibilité et réflexivité aussi, pour justement ne pas tomber dans la  pornographie et plutôt en subvertir les codes. En filmant la sexualité  autrement que ne le fait le cinéma porno, les séries HBO normalisent les  images de la nudité et rappellent à quel point elles relèvent des  sensations et de l’intime. 

Vers un monde solidaire

Season 7 · Episode 6

samedi 7 mai 2022Duration 43:55

L’invasion de l’Ukraine par la Russie, et la litanie des points chauds du globe, de la Syrie au Yémen en passant par le conflit israélo-arabe ou les tensions entre l’Inde et le Pakistan – laissent penser que les relations internationales sont toujours teintées de violence. La phrase attribuée à De Gaulle : « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. » vient parachever cette vision pessimiste des relations internationales. Pour autant, l’état du monde n’est pas qu’une guerre généralisée. Surtout, en tendant un peu l’oreille, on peut entendre une autre ligne de basse : les diplomates se parlent, les États se parlent, siègent dans des organisations internationales, se montrent solidaires les uns des autres en cas de coup dur. Entre la force et le droit, il y a une étiquette dans les rapports étatiques, qui prévient la nuisance gratuite et qui valorise la réciprocité et la reconnaissance de l’autre. Il y a donc une autre musique internationale, qui est celle de la bienveillance. Une disposition à se tourner vers l’autre, une règle de conduite visant à apaiser les rapports, et finalement une attention à autrui. Les acteurs de cette bienveillance sont les États, qui de plus en plus ont compris l’importance d’un climat de confiance entre eux, l’importance d’un désarmement et d’une entraide mondialisée. Ses acteurs en sont aussi des ONG dont c’est l’objet-même, par exemple celles qui s’occupent d’humanitaire, de protection du patrimoine ou de la nature. Mais on trouve également des individus, agissant sur des questions internationales, comme l’aide aux migrants par exemple. Ces mêmes individus peuvent être au cœur de la protection d’un droit international qui se préoccupe de plus en plus d’eux, notamment s’ils vivent dans des régimes autoritaires. La bienveillance est enfin une philosophie, celle du solidarisme théorisé par Léon Bourgeois, ou celle d’une civilisation des mœurs internationales au sens de Norbert Elias, qui pourrait s’incarner dans un multilatéralisme à vocation sociale. 

Puissance politique de la fiction

Season 6 · Episode 14

samedi 2 avril 2022Duration 44:41

Pour sa 75e émission, Emmanuel Taïeb reçoit Anne Besson, auteure des Pouvoirs de l’enchantement. Usages politiques de la fantasy et de la science-fiction (Vendémiaire, 2021).


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