Choses à Savoir TECH VERTE – Détails, épisodes et analyse
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Qu’est-ce que le « clou d’or », témoin d’une Terre de glace ?
dimanche 1 septembre 2024 • Durée 02:07
Il y a environ 700 millions d'années, la Terre a traversé l'une des glaciations les plus extrêmes de son histoire. Durant 60 millions d'années, les températures ont chuté de manière drastique, transformant notre planète en une immense boule de glace, un épisode connu sous le nom de glaciation sturtienne. Cet événement fait partie des deux épisodes de « Terre Boule de Neige » survenus au cours du Cryogénien. Selon certaines études, ces conditions extrêmes auraient stimulé l'évolution, favorisant l'émergence des organismes multicellulaires que l'on observe à la fin de cette période glaciaire. Les fluctuations climatiques rapides et intenses du Cryogénien auraient agi comme un puissant agent de sélection naturelle, obligeant les organismes à s'adapter à des conditions de vie radicalement différentes.
Plusieurs sites géologiques à travers le monde témoignent de cette période, mais la plupart ne permettent d'observer qu'une partie de cet épisode glaciaire. La formation de Port Askaig, située en Irlande et en Écosse, se distingue. Cette formation, épaisse de 1,1 kilomètre, pourrait avoir conservé l'intégralité de cette glaciation, offrant ainsi des informations précieuses sur son début et sa fin. Des chercheurs ont récemment daté avec précision les roches de cette formation, révélant que les sédiments glaciaires se sont déposés entre 720 et 662 millions d'années, couvrant toute la durée de la glaciation.
Ce qui rend cette formation unique, c'est la possibilité d'observer la transition progressive d'un environnement tropical, où prospéraient des cyanobactéries, vers un monde glacé. Cette transition, exceptionnellement bien conservée, pourrait faire du site de Garvellachs en Écosse un Point Stratotypique Mondial, ou « clou d'or », un repère désigné par la Commission internationale de stratigraphie pour marquer la transition entre deux étages géologiques. Un tel statut pourrait attirer de nombreux visiteurs curieux de découvrir un chapitre fascinant de l'histoire de la Terre.
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Mexique : quelles sont les « zones sacrifiées » où les cancers explosent ?
jeudi 29 août 2024 • Durée 02:06
Sur les rives d’un réservoir contaminé, suspecté de provoquer une hausse des cancers dans la région, Yury Uribe, habitante de Tepetitlán, près du barrage Endhó dans l'État d'Hidalgo, lutte depuis des années contre un véritable désastre environnemental. Ce barrage, situé au nord de Mexico, reçoit les eaux usées de la capitale et de sa banlieue, ainsi que des résidus industriels. Les eaux troubles du réservoir, où flottent moustiques, déchets et parfois même des cadavres humains, témoignent de l'ampleur du problème.
Depuis deux décennies, Yury et les 10 830 habitants de Tepetitlán se battent pour stopper la pollution des puits. Membre du Mouvement social de la Terre, une ONG créée en 2004, Yury s'efforce de faire connaître cette tragédie qui frappe une zone de 25 000 hectares, qualifiée de "zone sacrificielle" par le gouvernement en 2019. "Ces zones sont sacrifiées pour que Mexico puisse bien fonctionner", dénonce la militante.
La lutte n'a pas été vaine. Grâce à une enquête approfondie de la chaîne N+, récompensée par le prix de journalisme Breach-Valdez 2024, la réalité alarmante de cette pollution a été mise en lumière. Selon cette enquête, les décès par cancer ont augmenté de 189 % dans la région de Tula entre 2010 et 2020, contre 30 % dans le reste du Mexique. Cette mobilisation a conduit, en juin dernier, à une première victoire : les autorités ont annoncé leur intention de déclarer la région du barrage Endhó "zone de restauration écologique", un "acte de justice sociale" selon le ministère de l'Environnement.Pour les habitants, la pollution est sans conteste liée aux cancers et aux maladies gastro-intestinales qui ravagent la communauté. Les autorités ont promis d’enquêter sur ce lien, tandis que les eaux du barrage continuent d’irriguer les cultures de la vallée du Mezquital, fournissant des aliments de base comme le maïs et le piment aux marchés de Mexico et d’autres États.
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Des éoliennes résistantes aux ouragans ?
mardi 23 juillet 2024 • Durée 01:55
La Chine marque une avancée spectaculaire dans le domaine des éoliennes offshore avec l'inauguration de l'OceanX, la plus grande plateforme éolienne flottante au monde. Conçue par Mingyang Smart Energy, cette structure imposante est installée au large de Canton. L'OceanX, en forme de V, est équipée de deux turbines gigantesques cumulant une puissance de 16,6 MW. Cette prouesse technologique pourrait produire jusqu'à 54 millions de kWh par an, suffisamment pour alimenter environ 30 000 foyers chinois, selon New Atlas.
Au-delà de sa capacité de production, l'OceanX impressionne par sa robustesse. La plateforme a été conçue pour garantir une stabilité et une sécurité maximales, même dans les conditions climatiques les plus extrêmes. Fabriquée en béton ultra-haute performance, dense et extrêmement résistant, l'OceanX utilise une combinaison unique d'ancrages et de haubans pré-tendus, la rendant à la fois légère et stable. Mingyang Smart Energy affirme que cette structure peut résister à des vents dépassant 260 km/h et à des vagues de 30 mètres de haut, équivalentes à un ouragan de catégorie 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson. L'année dernière, Mingyang Smart Energy a franchi une nouvelle étape en présentant un modèle encore plus puissant d'éolienne offshore, capable de générer 22 MW. La production de cette nouvelle éolienne est prévue pour 2025. Cette avancée technologique place la Chine en position de leader dans le développement des énergies renouvelables et souligne son engagement envers la transition énergétique.
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La quasi-totalité des européens vivent en zone (trop) polluée ?
mardi 19 mars 2024 • Durée 01:58
Une étude dirigée par l'institut de Barcelone pour la santé mondiale (IS Global) révèle que 98% des Européens vivent dans des zones trop polluées aux particules fines. Ironie de la situation, les chercheurs remarquent quand même une amélioration de la qualité de l'air en Europe sur ces 20 dernières années. Pour ceux que cela intéresse, le lien vers l’étude est bien évidemment dans la description de cet épisode, mais attention, le texte est en anglais.
D'après l'étude, qui s’est concentrée sur plus de 1.400 régions de 35 pays européens, les niveaux maximaux fixés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont dépassés à 98% pour les particules fines PM2,5 ; 80% pour les particules plus grosses appelées PM10 et 86% pour le dioxyde d'azote. Ceci dit, en 20 ans, les niveaux de PM2,5 ont diminué de 2,45% chaque année, les PM10 de 2,72% et le dioxyde d'azote de 1,72%. Quoiqu’il en soit, c’est que qu’une fois inhalées, ces particules peuvent être à l'origine de cancers, de maladies cardiaques ou encore de naissances prématurées. D'ailleurs, les scientifiques estiment à 400 000 le nombre de morts prématurées dues à ces particules fines chaque année.
En respectant les seuils de l'OMS, ce ne sont pas moins de 200.000 morts qui pourraient être évitées. Pour Carlos Pérez García-Pando, l'un des auteurs de l'étude, ces chiffres pourront servir je cite « de base solide pour les recherches futures et le développement de politiques visant à répondre aux problèmes de gestion de la qualité de l'air et de santé publique à travers l'Europe » fin de citation. Pour Zhao-Yue Chen, l’auteur principal de l’étude, que je cite également « des efforts ciblés sont nécessaires pour lutter contre les niveaux de particules fines, en particulier dans le contexte des menaces croissantes liées au changement climatique ». Le développement des véhicules électrique est une réponse à ce souci, mais il reste effectivement beaucoup à faire encore pour respirer un air enfin pure.
Etude : https://www.nature.com/articles/s41467-024-46103-3
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Pour la première fois, un homme inculpé pour trafic de GES ?
lundi 18 mars 2024 • Durée 02:03
Aujourd’hui, on peut faire de l’argent avec absolument tout, même les choses les plus nocives. Et ça, un Américain vivant en Californie l’a bien compris. Manque de chance, il a été inculpé début mars pour avoir importé aux États-Unis, depuis le Mexique, un gaz fluoré dont l'impact serait des centaines voire des milliers de fois plus important que le dioxyde de carbone. Ainsi, Michael Hart, originaire de San Diego, est devenu le premier Américain inculpé pour importation présumée illégale aux États-Unis d'un gaz à effet de serre très polluant.
Hart a été arrêté au titre d'une loi sur l'innovation et la production de 2020 interdisant l'importation d'hydro-fluorocarbures (HFC), sauf autorisation de l'Agence de protection de l'environnement (EPA). Ces gaz fluorés, que l'on trouve essentiellement dans les réfrigérateurs, les climatiseurs, mais aussi les systèmes anti-incendie ou encore comme agents gonflants dans des mousses, sont de puissants gaz à effet de serre. D'après le ministère de la Justice, Michael Hart aurait acheté des réfrigérants au Mexique et les a importés illégalement aux États-Unis dans son véhicule, les cachant sous une bâche et des outils. Le Californien a ensuite publié des annonces de vente sur plusieurs sites internet comme Facebook Marketplace et OfferUp, avec pour objectif de faire du profit.
Je cite l’agence de protection de l’environnement américaine, « le trafic illégal d'hydrofluorocarbures (...) nuit aux efforts internationaux pour combattre le changement climatique, mettant en péril les efforts des Etats-Unis dans le cadre du pacte de Montréal, un accord visant une diminution de l'usage de ces gaz polluants de 85% d'ici 2047. D'après les autorités judiciaires, Michael Hart a également importé du chlorodi-fluoro-méthane (HCFC-22), une molécule pouvant dégrader la couche d'ozone et qui fait l'objet de règles au titre de la loi sur la qualité de l'air, aussi appelé Clean Air Act. S’il n’a pas encore été jugé, le californien risque tout de même jusqu’à 20 ans de prison et 250 000$ d’amende.
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Stocker l’énergie dans… le sable ?
dimanche 17 mars 2024 • Durée 02:27
Après le stockage de l'énergie dans la pierre, les pays scandinaves nous proposent un nouveau projet au potentiel révolutionnaire. Dans le petit village de Pornainen, au sud de la Finlande se prépare la construction d'une batterie de sable avec une capacité de stockage de… 100 MWh d'énergie thermique, soit une quantité de chaleur, qui une fois convertie en électricité, permettrait de répondre aux besoins sur un an d’un petit village français d’une cinquantaine d’habitant pour prendre un exemple proche de nous. Mais évidemment, cela permettra en premier lieu aux habitants de Pornainen de réduire leur dépendance aux énergies fossiles pour se chauffer, et ainsi réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'environ 70 %.
Cette technologie développée par l'entreprise Polar Night Energy, permettra de stocker de vastes quantités d'énergie éolienne et solaire. Dès lors, comment fonctionne une batterie au sable ? En deux mots : chauffage résistif. Concrètement, le sable est stocké dans une tour. Ce sable est traversé par un courant électrique, et donc de la chaleur, issu de l'énergie excédentaire provenant de sources solaires ou éoliennes. Lorsque le courant passe à travers les grains de sable, par friction, il génère de la chaleur. Une fois chauffé (ça peut monter jusqu'à' 500 °C), le sable est capable de conserver la chaleur plusieurs mois. Celle-ci peut ensuite être utilisée pour chauffer l'eau du réseau de chauffage de la ville par exemple. Voilà grosso modo résumé le fonctionnement de cette batterie au sable, d’après ce qu’en dit son développeur Polar Night Energy.
À noter qu’un dispositif du même type existe déjà dans une ville du sud-ouest de la Finlande, où cette technologie a déjà prouvé son efficacité en réchauffant bureaux et logements. Il suffira donc aux équipes de Polar Night Energy d'ajuster les algorithmes de charge pour développer une infrastructure similaire. Maintenant, un mot sur le sable utilisé. Afin de ne pas perturber les écosystèmes dans lequel on le prélève, Polar Night Energy s'est tourné vers de la pierre ollaire concassée, un sous-produit d'une entreprise locale issu de la fabrication de cheminées. En optant pour la revalorisation, les conséquences environnementales sont ainsi réduites significativement, ce qui pousse Polar Night Energy à voir grand. L’entreprise souhaiterait faire adopter sa solution au-delà des frontières de la Finlande, et à ça, on ne peut dire qu’une chose, voilà une vraie alternative qui mérite le coup d’œil.
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Parier sur les catastrophes naturelles pour gagner de l’argent ?
jeudi 14 mars 2024 • Durée 03:41
Connaissez-vous Fermat Capital Management. Probablement pas, et pourtant, le nom de ce fond fait référence à Pierre de Fermat, le mathématicien français qui a contribué à jeter les bases de la théorie des probabilités. Basé dans le Connecticut (aux États-Unis), il possède la plus grande collection au monde d'"obligations catastrophes" ou "cat bonds" – des instruments financiers complexes que les assureurs émettent pour couvrir des risques qu'ils ne peuvent pas gérer. À la tête de Fermat, on trouve John Seo, un gestionnaire de fonds spéculatifs de 57 ans, docteur en biophysique à l'université de Harvard. D’après le média Bloomberg, John Seo serait je cite « l'ange-gardien grâce à qui "des millions de personnes, de la Nouvelle-Zélande au Chili, bénéficient d'une protection financière contre les catastrophes naturelles » fin de citation. Ceci dit, il s’agit plus exactement d’un pari. Non pas un pari comme sur une course de chevaux, mais un choix entrepreneurial risqué.
Toujours d’après Bloomberg, « lorsque des milliers de propriétaires de Floride et de Louisiane ont souscrit une assurance contre les ouragans, ils ne se doutaient probablement pas que Seo s'apprêtait à réaliser un gros bénéfice si leurs propriétés étaient indemnes au cours des trois années suivant l’épisode climatique extrême » fin de citation. Pour résumer, en achetant ces obligations auprès d’assureurs, John Seo pari sur une catastrophe. Si produit des dégâts, son argent est utilisé pour régler les demandes d'indemnisation. Dans le cas contraire, Seo obtient un bon rendement ».
Au siège de Fermat, les décisions d'investissement sont guidées par des modèles informatiques complexes simulant les risques météorologiques. Une méthode bien loin de celle utilisée par Seo et son frère par le passé, quand ils élaboraient des modèles scientifiques dans leur garage. Si Fermat opère depuis plus de 20 ans dans une "niche du marché financier", la société a pris une autre dimension en 2023 lorsque les assureurs, inquiets de l'aggravation des tempêtes, des feux de forêt et des inondations, ont émis un montant record de 16 milliards de dollars d'obligations catastrophes – portant la taille totale du marché à 45 milliards de dollars. Dans le même temps, les acheteurs ont exigé davantage d'intérêts car l'inflation rendait la reconstruction plus coûteuse. Ainsi, investir dans les obligations catastrophes est alors devenu une stratégie spéculative extrêmement rentable en 2023, qui a permis à Fermat de réaliser un rendement de 20 %, en captant un quart du marché.
Pendant des décennies, ces instruments représentaient un "dernier recours" réservé à des événements extrêmement rares, tels que les tempêtes de l'ampleur de l'ouragan Katrina. Mais les calamités se chiffrant en milliards de dollars sont "devenues de plus en plus fréquentes. Ainsi, les assureurs facturent désormais plus cher – voire se retirent totalement. Des millions de personnes dans les pays pauvres ne disposent d’aucune sécurité en cas de drame climatique. Le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Mais dans ce cas, Fermat Capital Management a tout intérêt à ce que votre maison et vos bien ne soient pas endommagés. Une forme d’hypocrisie vous dites ? Chacun jugera.
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Alpes : l’IA prédit une fonte massive des glaces ?
mercredi 13 mars 2024 • Durée 02:13
D'ici 25 ans, les Alpes risquent de perdre 34% de leur volume de glace… Et ça, c’est dans le meilleur des cas, même si le réchauffement climatique s'arrêtait brusquement demain. C’est en tout cas ce qui ressort de l'étude réalisée par des chercheurs des universités de Grenoble, Zurich et Lausanne en Suisse, qui ont utilisé des modèles informatiques intégrant l'apprentissage automatique (machine learning), pour mettre en lumière une fonte qui semble inéluctable.
La collaboration entre les trois universités a donné naissance à un modèle prédictif tristement novateur, qui utilise l'intelligence artificielle, les algorithmes d'apprentissage automatique, et des données climatiques remontant jusqu'en 2022. En somme, l'outil a relevé que les glaces continuaient de fondre sans qu’on puisse inverser la tendance. D’après l’étude, même en cas d'arrêt immédiat des émissions de gaz à effet de serre, les Alpes pourraient perdre 34% de leur volume de glace d'ici 2050. L'étude publiée dans la revue scientifique Geophysical Research Letters, dont le lien est dans la description de l’épisode, adopte plutôt une perspective à court terme. Les chercheurs suggèrent que des changements drastiques sont nécessaires pour éviter une disparition catastrophique de la glace, et par conséquent, de l’écosystème entier des Alpes, d'autant plus qu'il existe un scénario plus pessimiste, et surtout, plus réaliste.
L'étude a également demandé aux modèles de simuler la perte de volume en se basant sur les données météo et environnementales récoltées entre 2010-2022. Dans ce cas précis, la fonte des glaces grimpe à 65%, toujours d'ici 2050. Ainsi, la Mer de Glace française dans le massif du Mont-Blanc, pourrait voir son volume fondre de moitié d'ici 2050. Les chercheurs ont aussi utilisé l'intelligence artificielle pour affiner les modèles de prévision et intégrer des concepts physiques complexes qui en améliorent la précision et l'efficacité. Cette approche plutôt innovante est censée permettre de mieux anticiper les évolutions futures du climat et de la fonte glaciaire. En somme, l'étude nous confronte à une réalité implacable : même si le réchauffement climatique s'arrêtait aujourd'hui, les glaciers alpins sont déjà engagés dans une trajectoire irréversible de fonte majeure, avec des conséquences catastrophiques pour nos réserves en eau.
Étude : https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2023GL105029
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Toyota : une voiture hydrogène qui absorbe le CO2 ?
mardi 12 mars 2024 • Durée 01:56
C’est une première pour un grand constructeur, Toyota vient de mettre au point La Corolla GR, un concept car, fonctionnant entièrement à l'hydrogène, et qui pourrait capturer le CO2. Plus précisément, ce mécanisme de capture de CO2 est assez unique et repose sur trois éléments principaux : deux filtres à air et un fluide récupérateur. Ces filtres utilisent un catalyseur en céramique (semblable à celui qu'on peut trouver sur les systèmes d'échappement conventionnels), mais est revêtu d'un matériau spécial.
Développé par Kawasaki, ce dernier peut capturer le CO2 directement l'air extérieur, et peut ensuite le relâcher lorsqu'il est chauffé. Ainsi, l'un des deux filtres est positionné de manière à ce que l'huile moteur le fasse monter en température. Une fois chaud, il libère le CO2 dans le fluide récupérateur. D’après Naoaki Ito, directeur général du projet que je cite, « les installations typiques de capture de CO2 utilisent des ventilateurs pour aspirer l'air et de la chaleur pour récupérer le CO2, ce qui nécessite de l'énergie. Le système de la Corolla H2 utilise l'admission d'air existante et la chaleur à l'intérieur du moteur » fin de citation.
Même si la technologie développée par Toyota est très bien pensée, elle est encore assez limitée. En effet, ses capacités sont assez faibles, car sur 20 tours du Fuji Speedway, soit environ 90 km, la Corolla récupère uniquement 20 g de CO2. Sachant qu'un litre d'essence en produit 2,3 kg lorsqu'il est brûlé, il reste encore une grosse marge de progression. Et même si l'hydrogène ne produit pas d'émissions lorsqu'il est consommé par la voiture, les filtres ont besoin d'être changés… à chaque arrêt au stand. Les équipes de Toyota travaillent actuellement à améliorer la capacité de ceux-ci ainsi qu'à automatiser leur processus de remplacement, ce qui pour l’heure est une tâche est assez complexe et onéreuse.
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Du transport de marchandise plus vert grâce à l’hydrogène ?
lundi 11 mars 2024 • Durée 02:02
Aujourd’hui, la grande majorité des marchandises transportées s'effectuant par voie maritime, à bord d’immense portes conteneurs. Problème, ce secteur est très polluant avec des émissions de gaz à effet de serre très importantes. Ainsi, le projet SeaShuttle vise à mettre en mer deux porte-conteneurs à hydrogène d'ici 2025. La construction de ces bateaux vient d’ailleurs tout juste de débuter dans les chantiers navals de Cochin, une ville portuaire indienne située dans l'État de Kerala.
Afin de démarrer son activité plus sereinement, Samskip a bénéficié d’une enveloppe de 13 millions d’euros, ce qui devrait effectivement lancer tranquillement la construction des bateaux déjà commandés par la société néerlandaise Samskip et le gouvernement norvégien. Ces bateaux, d’une capacité de 365 conteneurs de 45 pieds, seront propulsés entièrement à l'hydrogène et dotés d'une pile à combustible de 3,2 MW, soit une première mondiale à en croire le constructeur. En cas de problème, un moteur diesel secondaire pourra tout de même prendre le relais. La livraison des premiers bateaux est prévue pour le second semestre 2025, et seront destinés à effectuer des trajets de courte distance entre les marchés scandinaves et l'Europe continentale.
Selon l'Organisation mondiale du commerce, 90 % des échanges intercontinentaux et 80 % des volumes transportés sur la planète se font par la voie maritime. Toutefois, l'impact environnemental du secteur est considérable et celui-ci est dans le top 6 des premiers pollueurs du monde. Chaque année, ce sont donc entre 600 et 1 100 mégatonnes de CO2 qui sont émis par ces porte-conteneurs. Pour la faire courte, cela représente 3 % des émissions mondiales de GES. De plus, le volume de marchandise transportées chaque année ne fait qu'augmenter et la tendance n'est pas près de s'inverser. Même si remplacer intégralement le kérosène des porte-conteneurs par l'hydrogène paraît aujourd'hui difficile, le secteur n’a pas d’autres choix que de trouver d’autres alternatives. Le projet SeaShuttle est donc une réponse à cette problématique, mais certainement une goutte d'eau dans un océan déjà trop pollué.
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