Virtuoses, artisans, légendes de l'ombre — ils ont tous poussé leur passion au-delà du raisonnable. Vive la vie. est une série documentaire qui capture ces rencontres intimes, entre conversations brutes et cinéma.
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Data updated on 16/07/2026
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Eric Kayser, le boulanger qui a semé son levain dans 35 pays
Season 1 · Episode 6
Monday, July 13, 2026 • Duration 32:01
"C'est ça qui me fascine : pouvoir faire des miracles avec peu."
Tout commence dans un fournil, à trois ou quatre ans, quand son père le laisse venir travailler la pâte à côté de lui. Eric Kayser garde de l'enfance les odeurs du matin, croissants, pains au chocolat, tartes aux pommes, et la certitude précoce d'une vocation. À Lure, petite ville de Haute-Saône, quand l'instituteur demandait aux enfants ce qu'ils voulaient faire, lui répondait toujours la même chose : de la boulangerie, et voyager.
Le chemin passe par un apprentissage à Fréjus, à quinze ans et demi, dans un four à bois où l'on pétrit encore à la main et où l'on commence à minuit. Puis l'armée et les Casques bleus à Beyrouth, la vie en communauté, et enfin les Compagnons du Devoir. C'est là qu'il apprend le plus difficile : reconnaître qu'il ne sait pas, qu'il faut toujours apprendre, et transmettre. On le pousse à devenir formateur alors qu'il rêvait de partir vivre au Canada. Il obéit, et découvre que ce détour était sa voie.
En 1996, rue Monge, il ouvre son premier magasin avec tout ce qu'il possède. Trente ans plus tard, Maison Kayser existe dans trente-cinq pays et plus de quatre cents points de vente, de Tokyo à Mexico. Dans cet épisode de Vive la vie, Eric raconte comment un métier fait de farine, d'eau, de sel et de levure l'a mené autour du monde, et pourquoi il n'a jamais cessé d'apprendre.
Ce qu'on aborde
L'enfant du fournil et la vocation née à quatre ans, entre les mains de son père
L'apprentissage à Fréjus, le four à bois et les premières nuits commencées à minuit
Beyrouth, les Casques bleus et l'apprentissage de la vie en communauté
Les Compagnons du Devoir, le Tour de France et la formation qu'il n'avait pas choisie
Le boxeur de Dakar formé au croissant, et le sens de transmettre un métier
Les paliers d'une entreprise qui grandit, et les hommes qu'il faut trouver à chaque étape
Les samouraïs, les cellules souches et le pain pensé comme aliment de longévité
Ses projets pour l'Inde et la Chine, et l'exigence de s'adapter à chaque culture
Le meilleur conseil qu'on lui ait donné : être soi-même
Chapitres de l'épisode :
00:00 Introduction
00:57 La beauté du métier : faire des miracles avec peu
01:51 L'enfant du fournil : les origines d'une passion
03:46 Les Compagnons du Devoir : apprendre et vivre en communauté
08:17 Le Tour de France : voyager, tout réapprendre à chaque ville
10:31 Transmettre un métier : donner une voie à ceux qui n'en ont pas
12:28 Bâtir Maison Kayser : les paliers d'une entreprise mondiale
15:05 S'adapter aux cultures : une même exigence, 35 pays
19:26 Le levain, la science et la longévité : les samouraïs et les cellules souches
24:37 Tradition, meilleur conseil et Vive La Vie !
Aleth Mandula, biographe des vies qu'on croit ordinaires
Season 1 · Episode 5
Monday, June 29, 2026 • Duration 01:21:07
Toute vie est extraordinaire, par le fait même que chaque personne porte un regard singulier sur l’existence
Enfant, Aleth Mandula passait des journées entières dans le grenier de sa maison de campagne, à se raconter des histoires à l’aide d’une armoire pleine de déguisements. Un matin, le rituel a cessé d'opérer : à la place du monde imaginaire, il n'y avait plus que des vêtements en lambeaux et de la poussière. Ce petit deuil l'a précipitée vers la lecture, puis vers les histoires des autres, qui ne l'ont plus jamais quittée.
Longtemps, elle s'est pourtant interdit d'écrire par souci de perfectionnisme, écrasée par les grands écrivains qu’elle admirait. Après Sciences Po Paris et des études de littérature et d’histoire de l'art à la Sorbonne, elle a levé des fonds dans le secteur culturel, de New York à Marseille, jusqu'au jour où, à trente ans, un faisceau d'événements (le confinement, une rupture, le sentiment d'être déphasée) l'a réveillée. Elle a tout quitté et s’est offert une année pour vivre tout ce qu'elle remettait à plus tard : reprendre le piano, écrire, habiter à Venise, se confiner dans un cabanon au bord d'un fjord norvégien… De cette année est né un premier roman, écrit en trois ans, jamais publié, et pourtant décisif.
Puis il a fallu rentrer. C'est en se demandant comment les écrivains gagnaient leur vie qu'elle tombe sur le parcours de d'Anne Berest. Elle apprend que celle-ci a débuté comme biographe. Cela lui parle, remue quelque chose en elle.
Biographe, et pourquoi pas ?
Elle fera de sa grand-mère de quatre-vingt-treize ans son premier sujet. Dix-sept heures d'entretiens plus tard, des heures passées à trier les vieux albums de famille, le premier livre des éditions chronologie nait. Les éditions chronologie, une maison d'édition privée où le récit compte autant que la beauté de l'objet.
Dans cet épisode de Vive la vie, Aleth raconte comment elle est devenue ce canal par lequel des vies entières échappent à l'oubli, jusqu'à ce soir de mars 2026 où, sur un pont à New York, alors que le soleil se couche, elle s'est entendue penser : mon Dieu, vive la vie.
Ce qu'on aborde
Chapitres de l'épisode :
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Andréa Catozzi, l'homme qui raconte sans les mots
Season 1 · Episode 4
Sunday, June 14, 2026 • Duration 01:23:17
C'était le côté un peu sauvage, un peu brut, un peu animal du mouvement qui m'appelait.
Tout commence près de Saint-Raphaël, à Roquebrune, au moment où ses parents se séparent. Andréa Catozzi a dix ans, beaucoup de temps pour lui tout seul, et des premiers freezes de hip-hop appris dans sa chambre parce qu'une tante lui a glissé que "c'était cool". Puis viennent les films d'arts martiaux, les acrobaties qu'il commence enfin à remarquer, et un choc : un capoeiriste dans Le Grand Tournoi, puis Only the Strong avec Mark Dacascos, une cassette qu'il loue chaque jour pendant un an jusqu'à ce qu'on finisse par la lui donner. Ce qui le saisit, c'est cette manière féline d'atterrir, ce côté animal du geste. Sans cours autour de lui, il s'entraîne seul trois ans durant, avec un simple DVD pour seul professeur.
Quand des cours de capoeira ouvrent enfin du côté de Fréjus, il y va tous les jours, du lundi au samedi, et son professeur devient une sorte de second père. À dix-sept ans, la Compagnie Parallèle le repère et le fait basculer du mouvement pur vers l'artistique. À dix-neuf ans, il quitte la fac en plein cours d'anglais, vide sa chambre étudiante et annonce à sa mère qu'il tente sa chance dans le spectacle. Paris, le festival d'Avignon, puis 2012 : l'Eurovision aux côtés d'Anggun et un passage à Incroyable Talent, porté par l'urgence du "c'est maintenant ou jamais". Avec le temps, l'acrobatie cesse d'être le cœur de son travail pour devenir une épice, saupoudrée au service de l'émotion et de l'intention.
Il y a eu l'accident, aussi : écrasé sous un bloc de béton de cinq cents kilos, le genou qui encaisse tout, puis une sciatique et une hernie discale qui le clouent près de deux ans et redéfinissent entièrement son rapport au corps. Il y a eu, à l'inverse, la passerelle Debilly aux JO de Paris, masqué, sous une pluie battante, une torche qui glisse comme une savonnette et manque de lui échapper. Dans cet épisode de Vive la vie, Andréa raconte comment on passe de la performance pure à la quête de sens, comment on apprend à durer plutôt qu'à se cramer, et pourquoi écrire une pièce avec celle qu'il aime lui a rendu le plaisir d'être, simplement, sur scène.
Ce qu'on aborde
Les premiers freezes de hip-hop, seul, dans le sillage de la séparation de ses parents
Le choc Only the Strong : une cassette louée chaque jour pendant un an, jusqu'à la posséder
Chapitres de l'épisode :
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Gauthier Grumier, devenu champion par accident
Season 1 · Episode 3
Tuesday, June 2, 2026 • Duration 47:00
Mon père me laissait dormir dans mon couffin à la salle d'armes. J'étais bercé par le son des lames.
Gauthier Grumier a commencé l'escrime à trois ans. Son père, maître d'armes, n'avait pas les moyens de le mettre à la crèche, alors il l'emmenait à la salle, le posait dans son couffin, et le laissait s'endormir au bruit des lames. Le même père qui, paradoxalement, ne voulait surtout pas que son fils fasse de l'escrime : pas question de mettre une balle de tennis au-dessus du berceau. Ce serait le choix de l'enfant, ou rien. L'enfant a choisi.
Réservé, presque maniaque de la propreté, Gauthier trouve dans l'escrime une langue à lui : un sport de combat qui se livre à distance, une façon de s'affronter sans se toucher, de tout dire sans rien dire. Le reste, il le raconte comme une partie de jeu vidéo. On débloque un niveau, puis le suivant, sans plan, sans préméditation. L'INSEP à dix-huit ans, Pékin 2008 vécu depuis les tribunes, un déclic en observant l'état d'esprit des autres, et soudain trois Coupes du monde, numéro un mondial. "Par accident", dit-il, parce que tout s'est joué à une touche.
Puis Londres 2012 : neuf minutes, une défaite au premier tour, zéro médaille pour la France, et la honte. Il faudra presque deux ans, une dispute fondatrice avec son entraîneur et beaucoup de lâcher-prise pour qu'il revienne. Parti 77e mondial en début de saison, il termine 7e, puis reprend la place de numéro un mondial qu'il ne lâchera plus. À Rio en 2016, il décroche le bronze en individuel, une médaille qu'il considère comme de l'or, et l'or par équipe. Dans cet épisode de Vive la vie, Gauthier raconte ce chemin qui n'a rien de linéaire, la face cachée des sacrifices familiaux, et pourquoi, devenu entraîneur à Hong Kong, il se lève chaque matin en se disant que c'est une belle vie.
Ce qu'on aborde
L'enfance dans la salle d'armes, bercé par le son des lames, et le père maître d'armes qui refusait de le forcer
L'escrime comme langage pour un homme réservé : s'affronter à distance, se livrer sans dire
Le haut niveau "par accident" : débloquer les niveaux un par un, sans plan de carrière
Pékin 2008 depuis les tribunes : le déclic en observant l'état d'esprit des autres athlètes
Chapitres de l'épisode :
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Guillaume Masson, le pianiste qui rêvait du Studio Ghibli
Season 1 · Episode 2
Monday, May 11, 2026 • Duration 54:35
J'ai vu Le Voyage de Chihiro à Orléans. Je me suis dit qu'il faudrait que je joue cette musique un jour.
À 7 ans, Guillaume se met au piano par mimétisme, en imitant son frère aîné. Il n'arrêtera jamais. Adolescent, dans le sous-sol familial, il passe des heures à transcrire d'oreille les musiques de Joe Hisaishi — les bandes originales des films du Studio Ghibli — note par note, sans simplifier, sans appauvrir.
Quinze ans plus tard, Guillaume a réussi le concours du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, traversé l'épreuve du concours Chopin de Varsovie, enregistré ses transcriptions au Théâtre des Champs-Élysées, et joué aux côtés de Joe Hisaishi en personne lors d'une tournée en France. Le compositeur, peu accessible et peu bavard, lui aura glissé trois mots qui valent toutes les validations : tu es très talentueux.
Dans cet épisode de Vive la vie, Guillaume raconte le chemin d'un jeune passionné qui a refusé de simplifier — la musique, son rythme, sa trajectoire — et qui a fini par jouer avec son héros sans jamais avoir cherché à se vendre.
Ce qu'on aborde
Le piano comme une langue : raconter une histoire plutôt que jouer des notes
Le Conservatoire de Paris et la rencontre avec d'autres passionnés qui parlent la même langue
Condenser une vie de travail dans quinze minutes de scène au concours Chopin de Varsovie
Transcrire d'oreille les musiques de Hisaishi, note par note, sans rien sacrifier
La rencontre backstage avec Joe Hisaishi, texte préparé en japonais à la main
Jouer avec son héros : la tournée en France et l'adoubement du maître
Pourquoi le chemin compte plus que la finalité, et accepter sa trajectoire
Chapitres de l'épisode :
00:00 - La découverte du piano par hasard
03:29 - L'entrée au Conservatoire de Paris : le déclic professionnel
10:14 - Les concours de piano et la quête de l'émotion (plus que de la perfection)
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Marco Lindley, le tricks, l'open world du mouvement
Season 1 · Episode 1
Friday, April 3, 2026 • Duration 35:22
J'ai un diplôme d'ingénieur en informatique. Je fais des saltos pour vivre.
À 13 ans, un samedi après-midi dans un gymnase, Marco découvre le tricks — des arts martiaux acrobatiques où la seule règle est qu'il n'y en a pas. Sept ans de gymnastique volent en éclats. Il vient de trouver sa vie.
Quinze ans plus tard, Marco est acrobate intermittent du spectacle, organisateur du Temple (l'un des plus gros événements de tricks en Europe), et fondateur de sa propre compagnie. Entre-temps, il aura traversé l'Australie pour s'entraîner avec les meilleurs du monde, décroché un diplôme d'ingénieur qu'il n'utilisera jamais vraiment, et encaissé des blessures qui auraient fait décrocher n'importe qui.
Dans ce premier épisode de Vive la vie, Marco raconte la quête de liberté qui l'a mené du praticable de gym aux scènes du Parc Astérix et de la Coupe du Monde de Rugby — et pourquoi, malgré les chutes, la frustration et le sacrifice d'une vie sociale "normale", il n'a jamais envisagé de s'arrêter.
Ce qu'on aborde
Le tricks : un sport né d'une quête de liberté dans les arts martiaux
Passer de la gym ultra-codifiée à "l'open world du mouvement"
La culture unique du tricks : une communauté qui célèbre chaque victoire, du premier salto au quadruple cork
Vivre de sa passion — et le courage de quitter l'ingénierie pour le spectacle
Gérer la frustration, les blessures, et l'exigence envers soi-même
Le Temple : bâtir un événement majeur à partir de rien
Pourquoi il n'est jamais trop tard pour commencer
Chapitres de l'épisode :
00:00 — Intro
00:11 — C'est quoi le tricks ?
00:28 — Comment Marco a découvert le tricks
01:19 — Gym vs tricks : la quête de liberté
02:26 — Ses débuts à 13 ans
02:56 — L'enfant hyperactif devenu acrobate
Retrouvez nous partout
Vive la vie., a podcast by Mark Hadj Hamou - Stats, Episodes and Rankings - My Podcast Data
L'enfance passée dans un grenier, à s'inventer des mondes, jusqu'au jour où l’imaginaire n’a plus fonctionné comme avant
Les trente années qu'il lui aura fallu pour s'autoriser à écrire, et l'orgueil tapi derrière le perfectionnisme
Le déclic : le confinement, une rupture, et la décision de vivre enfin ce qu'elle remettait à plus tard
L'année de tous les rêves : Venise, le piano retrouvé, deux mois seule dans un fjord en Norvège
Le premier roman, écrit en trois ans et resté dans un tiroir, et l’apprentissage du temps si particulier de l’écriture
La découverte du métier de biographe, et sa grand-mère devenue son tout premier cobaye
La naissance des éditions chronologie où l’attention portée au livre est toute aussi exigente que la vie qu’il contient
Pourquoi toute vie est extraordinaire, et l'art de poser les questions qui font remonter les souvenirs
New York, le pont de Brooklyn au crépuscule, et les archives qui redonnent un visage aux disparus
00:00 Introduction
02:45 L'enfance au grenier : l'imaginaire qui s'éteint
07:30 S'autoriser à écrire : le long apprentissage de l’humilité
14:00 Le déclic : le confinement, la rupture et l'année de tous les rêves
23:00 Le premier roman : entrer dans le temps de l'écriture
30:00 Devenir biographe : Anne Berest et la grand-mère cobaye
37:30 Apprendre sur le tas : l’Arlésienne et le cap à tenir
43:30 Chaque vie est extraordinaire : l’art de l’entretien
50:00 Vivre dans l'incertitude : se définir pour exister
56:30 New York et les archives : redonner un visage aux disparus