Back

Explore every episode of the podcast Le Lobby

Dive into the complete episode list for Le Lobby. Each episode is cataloged with detailed descriptions, making it easy to find and explore specific topics. Keep track of all episodes from your favorite podcast and never miss a moment of insightful content.

Rows per page:

1–50 of 174

TitlePub. DateDuration
Mirage gay à la Star Academy ?03 Feb 2026
Chris da Cunha est en studio avec nous ce mois-ci pour un débrief queer de la dernière saison de la Star Academy !!!!!
Loa Mercury : une icône pop en motocross09 Dec 2025
Loa Mercury est notre invitée ce mois-ci à l'occasion de son concert à guichet fermé à la Maroquinerie, le 15 décembre. Loa Mercury c’est une voix envoûtante, qui prend le temps, qui impose son propre rythme, c’est un souffle puissant C’est aussi des images, des limousines, des flammes, des talons aiguilles, une tenue iconique de motarde et du cristal. C’est des yeux clairs qui hypnotisent et qui ne sont pas sans rappeler ceux de Marie Laforêt Dans son sourire, ça étincelle, c’est doux comme du velours, ça coule. En deuxième partie d'émission, nous recevons Côme et Matt du Caelif, le collectif des associations étudiantes d'Île-de-France, qui lance une enquête sur les LGBTIphobies dans l'enseignement supérieur. L'enquête est ouverte jusqu'en mars. Pour participer, c'est par ici : https://framaforms.org/enquete-discriminations-lgbtphobes-dans-lenseignement-superieur-1758993932
"Vilaine garçon", le tube de l'été de CHÉRI01 Jul 2025
C'est l'été ! Il fait très chaud mais ce n'est certainement pas notre invitée qui va faire baisser le mercure... CHÉRI est de retour ! Deux ans après l'explosif EP Chéripop, et quelques mois après son coming-out trans, elle vient de sortir une première chanson, le tubesque Vilaine garçon, qui annonce un nouveau projet musical, toujours plus queer, toujours plus cunt. Elle est notre invitée. Présentation : Colin Aux micros : Aglaé, Zoé et Alexis Réalisation : Suzanne Saint-Cast
L'HEBDO — Censurer le porno ? Les associations LGBTI+ disent "non" à la loi SREN02 Nov 2023
Le mois dernier, l'Assemblée nationale a adopté la loi visant à « sécuriser et réguler l'espace numérique ». Ce texte, qui vise notamment à contrôler davantage les sites pornographiques, fait grincer des dents du côté des associations queers et de travailleureuses du sexe. Début octobre, une tribune publiée dans Têtu• et signée par plusieurs associations telles que Act-Up Paris, Acceptess-T ou encore le Strass dénonçait un « climat anti-porno » nuisible pour la santé sexuelle des personnes queers et des travaileureuses du sexe. Dans leur ligne de mire, la loi visant à « sécuriser et réguler l'espace numérique », qui a été adoptée définitivement au mois d'octobre. Le texte prévoit de vérifier l'âge des personnes se rendant sur des sites pornographiques pour éloigner les mineur·es. Pour de nombreux spécialistes des enjeux numériques, il y a fort à parier que la France devra faire demi-tour comme d'autres pays qui, avant elle, ont voulu mettre en place ce type de contrôle. Mais pour les associations LGBTI+ et de TDS, qui regrettent de ne pas avoir été entendues sur le sujet en commission, cette disposition est risquée. « Les procédés proposés de collecte de données personnelles en ligne des internautes peuvent s’avérer dangereux pour leur sécurité et la protection de leur vie privée », écrivent les signataires. Surtout, ils redoutent que ce texte ne viennent encore compliquer leurs campagnes de prévention, dans un contexte où Instagram et consorts continuent à censurer les contenus dans lesquels le mot « sexe » apparaît. Le chemin législatif de ce texte sulfureux n'est pas encore terminé. La chambre mixte paritaire doit encore se prononcer. Pour en parler, nous recevons : • Eva Vocz, chargée de plaidoyer travail sexuel d'Act-Up Paris • Marc-Antoine Bartoli, coordinateur prévention d'Act-Up Paris Qu'est ce qui vous a poussé à réaliser cette tribune qui a été publiée dans Têtu le 4 octobre et que vous avez coécrite avec la Quadrature du Net ? Eva Vocz : En fait, ce qui nous a poussé à écrire cette tribune, c'est le fait que la santé n'était pas du tout un angle dans les débats publics qui concernait le projet de loi visant à sécuriser et réguler l'espace numérique. Que malgré nos demandes, on a été ni auditionné par le Sénat, ni auditionné par l'Assemblée sur sur le sujet. Et il faut savoir que quand on régule la grosse casse de la pornographie en ligne, on vient s'attaquer en fait à tout type de contenus qu'on peut mettre dans cette case. Et parce que la pornographie n'est pas quelque chose qui est vraiment défini juridiquement, ça peut être. D'après la Cour de cassation, assez relatif selon les mœurs de l'époque, donner une société, et cetera Si bien qu'à chaque fois qu'on a pu observer au niveau international des régulations en ligne, c'est s'attaquer en fait à tout type de représentation des sexualités et dans le champ qui nous intéresse, s'attaquer aussi à l'information en santé sexuelle. Par exemple, si sur le réseau social X, vous vous mettez à parler de sexualité, de sexe, votre contenu sera invisible, visé par l'algorithme dans le meilleur des cas, Dans le pire des cas, votre compte parfait peut être signalé et est supprimé. Et du coup, les associations de santé ou quelque chose à dire en fait sur pourquoi pas une régulation du numérique, mais pas n'importe comment.  Dans la tribune, vous critiquez notamment le premier article du projet de loi visant à réguler, sécuriser et sécuriser l'espace numérique qui vient d'être voté par l'Assemblée nationale. Comme je l'ai dit en introduction, cet article impose la responsabilité à l'heure com d'élaborer un système de vérification de l'âge qui vise à protéger les personnes mineures des contenus pornographiques. Jusqu'ici, on a seulement sur un site pornographique une fenêtre qui s'affiche pour vous demander si vous êtes majeur ou pas. Et en cas de non respect de cette nouvelle règle, comme pour sanctionner les sites pornographiques avec un contrôle a posteriori seulement par un juge administratif, alors qu'auparavant c'était un juge  qui intervenait. Et du coup, en quoi ces nouvelles missions confiées à L'art com vous semblent problématiques, notamment quand on considère que le président de l'ARS, comme il est nommé par le président de la République. En quoi ces missions qui sont confiées alors, comme désormais du coup, vous peuvent vous sembler problématiques?  Eva Vocz : En fait, c'est vrai que déjà, à la base, en fait, il y avait une régulation : la loi portait sur les contenus pornographiques et aussi les contenus violents qui ne peuvent pas être accessibles aux mineurs. En 2020, il y a eu un changement législatif au sein de la loi sur les violences conjugales, qui isolait en fait les contenus pornographiques, pour dire que dans ce cas précis, le disclaimer (donc le bouton qui dit “oui, je suis majeur”), était insuffisant. Mais sans proposer pour autant de solutions techniques, parce qu'il n'existe pas de solutions techniques qui soient parfaites. On ne sait pas exactement ce que l’Arcom va mettre en place comme système. L’authentification par carte bancaire, ce n’est pas envisageable. Et de manière générale, la collecte de données sur les utilisateurs est très touchy puisqu’elle touche aux préférences sexuelles…  Ce qu'ils veulent faire, une fois que la loi sera passée en comission mixte paritaire, l’ultime étape, c'est d'imposer que l’Arcom puisse bloquer les sites si on constate que des mineur.e.s peuvent y avoir accès. Enfin, effectivement, le président de l’Arcom est nommé par le président de la République. La pornographie n'est pas définie en droit. Si mettons dans un futur dystopique venait au pouvoir quelqu'un qui considère que par exemple deux hommes qui s'embrassent, c'est du contenu pornographique, alors on pourrait bloquer les sites qui présentent deux hommes qui s'embrassent. Moi, ça me pose un problème. Je pense que ça tend vers un modèle sociétal, enfin vers lequel les libertés sont menacées.  En quoi ces mesures anti-porno vous impactent à Act-Up ? Marc-Antoine Bartoli : Sur les sur les campagnes et sur les mêmes les contenus qu'on essaye de relayer et de créer autour de la santé sexuelle, on est toujours obligés de surveiller ce qu'on publie, de ce qu'on va montrer. Donc souvent, ça passe par l'image. Un acteur par en plus, a beaucoup travaillé sur l'image. Il y a déjà cette partie là qui est assez complexe. Et après, dans les mots et dans et dans le texte et dans l'information qu'on va relayer aussi, peut se glisser des choses censurées. Et on l'a vu l'année dernière, quand on a lancé notre campagne de prévention “Savoir c’est pouvoir”, le parti pris était de travailler avec un artiste, en l'occurrence Smith, qui est photographe et qui a travaillé avec une caméra thermique pour prendre en photo les corps et les identités multiples. Et on a bien vu que le message passe mieux quand on fait appel à un artiste qui du coup va avoir un décalage avec ce qu'on va montrer que de faire appel à un photographe ou quelqu'un de lambda qui va montrer le sujet frontalement, et donc ça va être considéré comme de la pornographie.  Et on a bien vu aussi quand on a comparé les posts qu'on pouvait faire régulièrement sur nos réseaux sociaux sur des sujets diverses, de voir la visibilité de ces sujets là, puis la visibilité de cette campagne, on a vu qu'il y a eu, il y a eu un gros vide, une grosse différence entre la visibilité de cette campagne et la visibilité de ces autres postes.  Donc c'est intéressant de voir que les réseaux sociaux aujourd'hui sont quand même des courroies importantes pour faire de la prévention, relayer les messages que les jeunes utilisent maintenant pratiquement tout le temps. Et c'est intéressant de voir comment nous on doit filtrer cette information là pour qu'elle puisse parvenir aux jeunes. Alors que nous, on connaît justement les codes qui marchent et qui interpellent les jeunes. Et ces codes là vont aujourd'hui certainement être censurés ou attaqués par différents bords politiques. Plus de deux tiers des jeunes disent ne pas avoir accès à leurs trois séances annuelles d’éducation à la sexualité. Les effets de cette loi sur vos campagnes sont donc de plus en plus alarmants… Marc-Antoine Bartoli : Sidaction fait un sondage tous les ans avec l'institut Ifop. Ils font une enquête auprès des 15/24 ans pour avoir un peu leur avis sur les cours d'éducation à la sexualité, leur rapport à l'information autour de la santé sexuelle pour prendre le pouls chaque année. Et on s'est rendus compte que pour de pour de l'année 2023, il y avait 67 % des 15/24 ans qui disent avoir ne pas avoir bénéficié des cours d'éducation à la sexualité. On voit que leur connaissance est quand même assez vacillante, incomplète, repose sur des idées reçues, des tabous ou des peurs. On voit que c'est quand même très fragile. Et puis un autre chiffre se trouve dans le bulletin de santé public. En 2021, parmi les personnes qui ont découvert leur séropositivité sur l'ensemble de la population, les moins de 25 ans représentent 15 %, ce qui est un chiffre assez stable depuis 2017, mais qui en dit long quand même sur le taux de séropositivité chez les moins de 25 ans.  On voit que du coup, l'information ne passe pas, elle passe mal. Il y a beaucoup de manque d'information, donc pour nous, ça nous alerte beaucoup et à chaque fois, on réfléchit justement à comment communiquer. Parce que la communication, c'est le premier socle de la prévention. C'est par la communication qu'on informe les gens. Et une fois que les gens ont l'information ou vont aller se faire dépister, accompagner, etc. Donc on voit bien que les jeunes aujourd'hui vont chercher l'information. Quand on fait des interventions en milieu scolaire, on voit que les jeunes ont quand même cette curiosité d'aller chercher l'information.  Eva Vocz : Bien souvent, on voit que les gens qui agitent la protection des mineurs pour demander plus de régulation du numérique, ce sont les mêmes qui agitent la protection des mineurs pour éviter qu'il y ait l'éducation à la vie sexuelle et affective qui soit menée à bien à l'école ! C'est un discours très puritain, en fait.  Cette focalisation sur les jeunes de la part d'adultes n'en dit-elle pas plus long sur leur propre rapport à la sexualité que sur le rapport des jeunes à la sexualité ? Eva Vocz : Une notion que j'aime bien et qu'on entend pas assez celle de l'adultisme. Ce que j'aimerais, c'est qu'on entende en fait les jeunes, ce qu'ils ont à dire sur le porno. Là, on entend des débats qui sont faits entre entre adultes, pour des adultes, à partir des paniques morales des adultes. Mais il y a beaucoup de jeunes qui ne sont pas forcément traumatisés par ces images-là. Ils peuvent être traumatisés par d'autres images. On fait une focalisation sur le porno en disant que c'est à cause du porno qu'il y a un peu tous les maux de la société, le sexisme, etc. Alors que dans l'ensemble des représentations culturelles, on peut trouver des messages à caractère sexiste. Il y a cette idée selon laquelle regarder du porno favoriserait des comportements violents. Que vous inspire cette vision ? Eva Vocz : En tant qu'actrice de films pornographiques, ça fait de moi une criminelle. C'est quand même assez grave. La manière dont on parle de la sodomie, ça me fait penser aux lois sur la sodomie qu'il y avait aux États-Unis ou ou à toutes les catégorisations de pratiques dites déviantes. J'aimerais bien qu'on se focalise déjà sur les choses qui sont légales et les choses qui sont illégales avant de parler des préférences sexuelles des membres du HCE !  Il y a des violences sexuelles dans le porno, ça c'est un état de fait. Il n'y a pas de violence sexuelle systématiquement dans le porno. Le syndicat du travail du sexe a commencé à dénoncer des violences dans le porno en 2015. Act-Up a commencé à dénoncer des violences dans le porno en 2003. On a pas attendu ces dernières années pour dénoncer ces violences. Mais la justice n’a pas fait son travail. Et ça, il en va de la responsabilité d'une société qui met de côté les actrices porno en se disant qu’on ne peut pas violer des acteurs ou des actrices porno, qu’elles l'ont bien cherché… Et soudainement, on nous dit que le porno est violent par essence. Non, l’Etat a sa part de responsabilité.  Que pensez-vous du dernier rapport du HCE sur la pornographie ? Eva Vocz : Je suis très inquiète. Parce que le Haut conseil à l'égalité femmes hommes a fait un rapport sans auditionner des personnes concernées… Et dans les mesures qui sont proposées, il y a notamment le fait de reproduire le modèle d'action qui a pour le terrorisme, pour le porno. C'est à dire que sur Internet, quand on tombe sur du contenu terroriste et on est tombé sur ce type de contenu récemment, il faut faire un signalement sur la plateforme Pharos ou c'est un peu la police du web. Et quand on tombe sur du contenu pédopornographique, sur du contenu terroriste, c'est important de faire ces signalements pour que les des plateformes soient modérées en urgence ici, quand elles veulent ajouter au Pharos ce qu'elles appellent en fait les violences pornographiques. Donc la torture. En fait c'est pas les images et représentations de tortures, de viol, de barbarie, d'inceste. Donc on est plus sur l'inceste, le viol, il n'y a rien à faire, la torture, la barbarie, mais ses représentations.  Ce qui m'a effrayée aussi, c'est qu'il y avait une volonté aussi de rendre illégale dans les médias tout discours qui serait positif sur le porno. Les discours négatifs sur le porno, il y en a beaucoup dans les médias. Des fois, ils sont vraiment légitimes. Je pense à ceux sur les procès. L'affaire French, c'est important. Qui est qui est ces articles qui sortent? Par contre, de dire que c'est le cas de l'ensemble de l'industrie pornographique, ça a des répercussions sur la manière dont nous, on est perçus dans la société, sur le regard que porte notre entourage, sur nous. Et sur la stigmatisation. C'est important de et c'est le rôle des médias d'apporter de l'information et qu'il n'y ait pas des choses qui soient biaisées. Il faut nuancer les choses.  Comment protéger les mineurs des contenus pornographiques violents ET les travailleuses du sexe qui travaillent dans cette industrie ? Eva Vocz : Je pense que d'appliquer la loi de 2001 qui vise à ce qu'il y ait trois séances d'éducation à la vie sexuelle et affective par an, ça serait déjà un progrès énorme. Ensuite, je pense que les parents aussi ont un rôle à jouer parce que les parents ne sont pas forcément hyper bien renseignés sur les usages numériques, ont tendance à infantiliser leur enfant. Et en fait, il faut que les parents aussi remplissent leur rôle de parler aux jeunes de la sexualité, des règles de deux enfants qui jouent un rôle d'éducation. Et ce sera jamais le cas dans toutes les familles. Mais ici, ils veulent que qu'ils ne regardent pas de pornographie, c'est installer un contrôle parental. Je pense qu'il faudrait que tous les parents apprennent à faire ça ! Et si le jeune tombe sur ces images, c'est bien essayer d'en parler, de déconstruire ça. Parce que, de toute façon, quelles que soient les les lois qui passent, il y a des jeunes qui pourront tomber à un moment sur ce type de contenus, sur Internet ou non. Donc il faut pouvoir en parler. Ensuite, pour les travailleuses du sexe, l y a un truc formidable aussi dans la loi qui s'appelle le droit du travail. Les acteurs et actrices pornos bénéficient, comme l'ensemble des artistes interprètes du droit du travail. Donc donc, ce qu'il faudrait, c'est que l'inspection du travail remplisse son rôle, qu'elle passe sur les lieux de tournage pour veiller à ce que le droit du travail soit bien appliqué en matière de santé et de sécurité des salariés. Parce que beaucoup trop qui jouent les cow-boys, et refusent de faire des contrats de travail. Beaucoup d’acteurices travaillent en auto-entreprise, et ont moins de protection.  Il y a beaucoup à faire sur la protection des droits voisins parce qu'en fait, quand on a un contrat de travail dans le spectacle vivant où on est censé avoir des droits voisins, c'est à dire que ce sont des droits voisins aux droits d'auteur. C'est à dire que si mon corps et dans un film qui soit pornographique ou non, je suis censé percevoir en fait une partie des recettes, etc.  Il y a plein de choses qui sont existantes dans le droit. Il y a une méconnaissance du droit pour les acteurs et actrices pornographiques qui profite souvent aux employeurs et qui favorisent les violences. Marc-Antoine Bartoli : Pour vraiment garder ses droits et les promouvoir, il faut savoir aussi nommer les choses. Parce que dans le rapport du HCE, il est recommandé de ne plus employer le terme de travailleurs et travailleuses du sexe dans les documents institutionnels. Et ça a un impact sur les droits et en termes de protection de ces droits. Quid d’un porno plus inclusif, plus safe pour les acteurices, et sans doute moins gratuit ? Peut-être que vous avez des recommandations ? Eva Vocz : En fait, je pense qu'il y a des choses qu'il faut distinguer. C'est il y a les types de représentations et le droit du travail. On peut faire du porno très. mainstream tout en respectant le droit du travail. Et on peut faire du porno qui va avoir un marketing féministe sans respecter le droit du travail. Donc en tant que performeuse, je fais attention à ces nuances-là.  Le problème, ce n'est pas tant le gratuit. Moi, je suis personnellement pas opposé à ça. Le problème, c'est qu'il y a des plateformes qui ont tiré leur leur modèle économique de vol de vidéo. Ce n'est pas normal et il faut protéger le droit à l'image des acteurs et des actrices. Il faut qu'il y ait une rétribution à un moment donné. Mais tout comme quand on tourne pour quelqu'un qu'il diffuse sur des plateformes, qu'elles soient en accès payant ou gratuit, il faut que les acteurices, à un moment donné, touchent de l'argent.  En ce qui concerne mes recommandations… En fait, là, je reviens du Porn film Festival de Berlin… Ce sont des festivals qui ont lieu dans beaucoup de villes dans le monde, et je recommande complètement ! Je pense que d'aller dans ces festivals, ça aide à se faire une idée de la place et de la pluralité des représentations du sexuel qu'il peut y avoir. Donc je recommande ces espaces là et c'est toujours intéressant d'être dans une salle de cinéma, de regarder du porno à plusieurs, d'en discuter comme s'il s'agissait de films porno. Et ça permet d'avoir un autre regard aussi sur le porno. Souvent, il y a des éditions de ces festivals qui sont en ligne, souvent via la plateforme Pink Label Point TV. Sans vouloir leur faire de la pub, c'est une plateforme que je trouve vraiment éthique d'un point de vue de son contenu, de comment l'argent est redistribué aux performeurs, etc. Le 1er décembre, ce sera la Journée internationale de lutte contre le sida. Une journée qui est très importante pour Act Up. Qu'est ce que vous vous prévoyez de faire pour cette journée ?  Marc-Antoine Bartoli : Comme chaque année, on a la marche, la manifestation. Cette année, ce qu'on peut en dire, c'est que la thématique tournera autour des droits sociaux puisque cette année, on fête les 25 ans de la permanence “droits sociaux” d'Act Paris, qui accompagne et oriente les personnes séropositives dans leurs droits et pour toutes les questions qu'elles se posent sur sur leurs droits et sur sur sur leur vie. Donc ça, c'est déjà un premier moment fort.  Et ensuite, on organise une soirée au cabaret Zèbre de Belleville, toujours autour de la permanence des droits sociaux, puisque les bénéfices de la soirée seront directement reversés à la permanence des droits sociaux. Et la soirée s'appelle Par le son, par la danse, par la lutte.  Parmi nos invité.e.s, on a Corinne Masiero qui a gentiment accepté de venir pour la soirée. Le performeur de cabaret Martin Dust, l'humoriste Tahnee… Donc on a une petite programmation d'artistes vraiment bien.  Eva Vocz : Et si on a axé sur droits sociaux cette année, c'est aussi parce qu'on assiste ces dernières années à une casse de tout le système social qui est la vie active de personnes séropositives à Act-Up a explosé qui elle, est à la base, il y avait déjà des situations qui étaient un peu complexes. On est passé à des situations très complexes. Donc ça va être des personnes très âgées qui sont sans domicile. Ça va être des familles entières qui sont sans domicile. Ça va être beaucoup plus de travailleureuses du sexe... On voit qu'il y a plus de monde et qu'en plus les situations sont beaucoup plus complexes. Ce qui n’est vraiment pas rassurant.  Marc-Antoine Bartoli : On veut aussi nuancer un discours selon lequel on vit très bien avec le VIH. Oui, on peut très bien vivre avec le VIH, c’est important de le dire, mais encore une fois, le regard social est encore très mauvais et l'accompagnement social est complètement délaissé. Donc c'est à la fois cette marche et cette soirée auront pour objectif de rappeler tout ça.  Pour aller plus loin... • Le contenu du projet de loi « visant à sécuriser et réguler l'espace numérique » • « Le climat anti-porno nuit à la santé sexuelle, alertent Act Up-Paris et la Quadrature du net », une tribune à lire sur le site internet de Têtu· • Le communiqué de presse du Haut-Conseil à l'Égalité femmes/hommes (HCE) concernant son rapport du 27 septembre 2023 intitulé “Pornocriminalité : mettons fin à l’impunité de l’industrie pornographique !” • « Pornographie : la dérive autoritaire du HCE », une tribune de de Béatrice Damian-Gaillard et Florian Vörös à lire sur Mediapart • Un article publié dans NEON sur les réactions d'universitaires et de militants au rapport du HCE et signé par notre journaliste Nathan Binet ! • Toutes les informations concernant la soirée organisée par Act-Up Paris le 1er décembre, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre le VIH/Sida L'équipe de l'émission Présentation : Nathan Binet Préparation : Zoé Monrozier et Diego de Cao Réalisation : Colin Gruel
Les Disques du Lobby : Pierre et la rose en live !26 Oct 2023
Chaque mois, dans les Disques du Lobby, on sort des sentiers battus. Et pour cette rentrée, notre chroniqueur musical Ixpé avait envie d’un peu de fraîcheur et de délicatesse... Il nous emmène donc en voyage dans l'univers ouaté de Pierre et la Rose Avec Pierre et la rose, on s'autorise un voyage tout en douceur dans la jeunesse, dans l’incertitude, dans la découverte d’une identité queer et des épineuses questions qui l’entourent.  À chaque chanson, c’est tout un champ de fleurs magnifiques que nous propose Pierre et la Rose, dans lequel il nous invite à venir cueillir nos émotions les plus vulnérables.  Pierre et la rose sera en concert le 26 octobre aux côtés de Noam Sinseau. Et on peut toujours écouter son premier album, SIRENE(S), sur toutes les applications de streaming musical. Chronique : Ixpé / Les Disques du Lobby Prise de son : Ugolin Crépin-Leblond
L'HEBDO — FièrEs : 10 ans de lesbiannisme politique19 Oct 2023
L'association FièrEs fête ses 10 ans ! L'occasion de revenir sur 10 ans de militantisme lesbien avec deux de ses militantes... L’année 2013, c’était il y a 10 ans déjà, et pour les “homos” les “contre nature han” et autres personnes LGBTQI+, ça a été une année pour le moins éprouvante ! Si le mariage entre personnes du même genre a été légalisé, l’homophobie semble avoir été elle aussi autorisée. Dans les médias, dans les énormes manifestations de La Manif Pour Tous, les discours haineux, blessants et surtout illégaux allaient bon train.  C’est dans ce contexte assez plaisant que l’association FièrEs a vu le jour. Elle souffle sa dixième bougie cette semaine ! Alors aujourd'hui, dans Le Lobby, on revient sur l'histoire de FièrEs avec deux de ses militantes, Esther et Inès. Quel souvenir est ce que vous vous gardez de l'année 2013, année de création de FièrEs mais aussi année des manifs pour le mariage pour toustes ? Esther : Moi, en 2013, je faisais mes études et je me souviens surtout de mes cours de philogophie. J'avais un prof très réac qui voulait nous prouver par A plus B que l'homosexualité, c'était contre-nature. Et justement, mon envie de militer aujourd'hui, elle est née de ces discours haineux en 2013 autour de la PMA pour toutes, du mariage pour tous, et cetera. Inès : Moi, en 2013, j'étais déjà une baby gouine, et j'avais eu ma première relation, et du coup, on avait manifesté. Je n'étais pas militante, mais on avait quand même participé aux manifestations. Et ce qui m'a marqué, c'est que quand la loi est passée, ma grand-mère m'a appelé et m'a dit « Inès, c'est super, tu vas pouvoir enfin épouser ta chérie ! » Donc même si c'était un instant de lutte, c'était aussi un instant de joie et ça nous a apporté beaucoup, je pense. Est ce que vous pouvez m'en dire un peu plus sur la création de cette association ? Est ce que les événements de 2013 ont été les facteurs essentiels à cette création ?  À l'origine, les personnes qui ont créé FièrEs étaient dans une autre association féministe, et je pense qu'elles ont ressenti le besoin de créer une association féministe lesbienne spécifique pour pouvoir se concentrer spécifiquement sur notes luttes. C'était très important pour l'époue. Et clairement, je pense aussi que les évènements de 2013 ont joué aussi dans cette émulsion de militantisme. En 2013, Fières s'est créée et s'est positionnée comme une association féministe, radicale, révolutionnaire et depuis, c'est une association qui mène vraiment toutes ces luttes dans une perspective féministe, anti-essentialiste, anticapitaliste, antiraciste, décoloniale, antigrossophobe, antivalidiste et éco-féministe. Qu'est ce qui fait la spécificité de Fières par rapport à d'autres associations lesbiennes ou queer par exemple, comme les Inverti·e·s ou Divines ? Je crois que ce qui nous différencie, c'est toute notre réflexion et notre engagement pour la la santé sexuelle des lesbiennes et des personnes trans. A ce titre, depuis 2015, on a des kits de santé sexuelle qu'on distribue sur des stands de prévention lors de soirées queers où il y a une population lesbienne. Donc ça va de la Wet For Me, par exemple, ou au festival Drama Queens cette année. Comment ça se présente, un stand de prévention ? Comme on le disait tout à l'heure, ça fait depuis 2015 qu'on a créé ce kit de prévention pour les femmes et les personnes trans ayant des relations sexuelles avec des femmes, une personne trans. Et dans ce petit kit qui se met dans la poche, et ça, c'est hyper important, il y a du lubrifiant, des préservatifs externes, un gant, et une carte avec des contacts safe pour se faire dépister. Et depuis cette année, on a aussi rajouté une petite lime à ongles orange. Et ce kit, il a été pensé dans un contexte qui est toujours d'actualité, celui de l'absence totale de recherche et de financement en santé sexuelle pour les gouines. C'est hyper politique en fait de pouvoir proposer un espace de dialogue et d'échanges et assez libre en fait autour de la sexualité et de la prévention en santé sexuelle. Et quand on dit que c'est politique, ça l'est vraiment. Parce qu'en faisant ça, en fait, on on ouvre aussi le débat, les questions et et on essaye à notre toute petite échelle en fait, de contrer un peu cette méfiance aussi qu'on a chez les gouines du corps médical dont la mission, c'est quand même de nous soigner, de prévenir, de nous accompagner dans le soin. Et et c'est vrai qu'encore une fois, il y a tellement rien qui est fait pour les lesbiennes que, en fait, à notre échelle au moins, on ouvre un dialogue possible avec des personnes qui se posent des questions, ou peut être qui se posaient pas de questions. Mais qui s'en pose en rencontrant? C'est souvent le cas, notamment avec la digue dentaire qui est et qui est très méconnue. Parce que d'une part parce que, comme je le disais, il n'y a pas de prévention autour de ça, donc forcément elle est inaccessible, elle est très chère et même dans nos pratiques, ce n'est pas du tout courant d'utiliser une digue dentaire.  Récemment, la librairie Violette and Co a rouvert. On les avait d'ailleurs reçus dans Le Lobby il y a deux semaines et on a vu que cette ouverture a été accompagnée d'énormément de joie et en premier lieu d'avoir un lieu queer et surtout lesbien. Est ce que vous avez des lieux où vous pouvez vous retrouver en tant qu'association? Pas vraiment. Nous avons a des réunions hebdomadaires, qu'on organise à la Maison des associations de certains arrondissements. Mais on n'a pas de local fixe, on n'a pas de lieu fixe où se retrouver. On se retrouve beaucoup dans des lieux queer, dans des lieux de sociabilité queer... Et aussi chez nous, pour faire par exemple des arpentages, pour se former sur des questions, pour échanger sur des livres... Vous avez aussi organisé la marche lesbienne 2023, et vous étiez présentes dans le Pink Bloc contre la réforme des retraites...  Est ce que pour vous, c'est c'est important d'être aussi dans des manifs sociales, pas seulement LGBT, mais aussi, par exemple de vous insurger contre la réforme des retraites ? Alors oui, l'intérêt associatif c'est hyper important. Le ping block, ça on y a participé pour justement créer en fait une synergie effectivement entre tous les collectifs LGBT qui existent pour s'investir aussi dans les luttes sociales qui nous concernent aussi. Donc ça a été le cas pour la réforme des retraites. Mais pour revenir aussi sur la marche lesbienne, effectivement on a on a organisé la troisième marche lesbienne de Paris. Il me semble que c'est la troisième. À l'occasion de la Journée de la visibilité lesbienne du 26 avril 2023, Ça a été une marche qui a rassemblé plus de 4 000 personnes contre la lesbophobie d'État et ordinaire qui engendre une précarisation de nos existences. Et je crois que même à travers ce mot d'ordre, on rassemble un peu tout le projet politique aussi de l'association. Parce qu'en fait, la lesbophobie, ce n'est pas qu'une affaire d'actes individuels, c'est surtout une forme d'oppression systémique qui se coupe à la misogynie, au racisme, à la transphobie, au mépris de classe. Donc, quand on est appelé à marcher contre la lesbophobie en avril dernier, on a appelé à manifester contre tout ça, contre un État et sa dérive fasciste qui fait barrage à une société plus égalitaire en votant des lois ouvertement oppressives, en voulant faire passer par exemple cette réforme des retraites ou en passant sous silence aussi des sujets urgents. Et puis, rien que 2023, ça a été vraiment un exemple de toute cette violence étatique. Donc on a parlé de la réforme des retraites, mais c'était aussi le rapport du GIEC qui est complètement ignoré et qui a des répercussions très concrètes sur nos identités queer. Quelques semaines avant la marche lesbienne, le Bonjour madame a dû fermer ses portes administrativement. Tout ça dans un contexte où cette année, il y a eu plein d'attaques hyper récurrentes qui visent des centres LGBT, comme à Saint-Denis, à La Réunion, à Nantes, Tours, Perpignan... Donc tout ça, c'est la lesbophobie d'État. C'est aussi l'absence totale de financement et de recherche en santé sexuelle pour les lesbiennes et les conséquences que ça a en termes de santé publique, c'est à dire des dépistages tardifs, voire inexistants, une mauvaise prise en charge et aussi le risque constant de faire face à des violences médicales en parlant de difficultés d'accès à la santé.  Est-ce que vous pensez que la séquence politique de la PMA pour toutes, dans laquelle vous avez évidemment été très mobilisées, c'est quelque chose de structurant pour le lesbianisme politique, tout comme celle du mariage pour tous est un marqueur dans le militantisme queer? Je ne sais pas si c'est structurant, mais en tout cas, pour moi, ça a toujours fait partie des luttes essentielles pour les lesbiennes et du lesbianisme politique, notre droit à pouvoir enfanter sans avoir, sans être dépendante d'un homme. Et je pense qu'il y a quand même une portée, en tout cas sur le choix des femmes de le faire ou de ne pas le faire. Parce que quand on va voir, en réalité, il y a énormément de femmes hétéros qui font des PMA et de femmes seules qui choisissent de faire des enfants. Donc finalement, quelque chose qui profite aux lesbiennes, c'est quelque chose qui profite à tout le monde en réalité et c'est pour ça que c'est une lutte parmi d'autres luttes qui font partie du lesbianisme politique et qui sont, à notre sens essentielles. Les mêmes pièces, c'est les pièces d'un puzzle. Références citées dans l'émission • Les Humilié.e.s : 10 ans après le mariage pour tous, l’heure du bilan, de Rozenn Le Carboulec (éditions Les Équateurs, 2023)  • Le HelloAsso de FièrEs pour adhérer ou soutenir financièrement l'association • Tout le programme des 10 ans des FièrEs est à retrouver sur leur compte Instagram • Le site internet de l'association L'équipe de l'émission Présentation : Zoé Monrozier Préparation : Diego de Cao et Nathan Binet Réalisation : Colin Gruel
L'HEBDO — "La Chasse" : Maureen Desmailles queere la littérature ado12 Oct 2023
Pour cette toute première édition hebdomadaire, nous recevons l’autrice Maureen Desmailles. Son roman La Chasse est paru le 3 octobre 2023 aux éditions Thierry Magnier, dans la collection l’Ardeur.  Dans La Chasse, Max, 17 ans, fait la rencontre d'Ellie et de Cosme, deux personnages qui marqueront sa vie amicale, sexuelle et romantique. C’est un récit queer estival qui raconte les temps d'adolescence où le désir, l'amitié et l'amour se mêlent, au creux d'un personnage qui explore le besoin de trouver sa place. L'ouvrage permet d'ouvrir tout un imaginaire autour de l'écriture des sexualités queer à destination du public jeune adulte. Avec Maureen Desmailles, l'autrice de ce livre qui se trouve être aussi une ancienne chroniqueuse de Radio Campus Paris, on revient sur le rôle de la littérature young adult, la découverte de la queerness, la difficulté à écrire la sexualité et la censure que parfois cette écriture subit. Pourquoi avoir choisi d'écrire pour les adolescents ? Ça vient d'abord de ma propre pratique de lectrice. J'ai été très marquée, quand j'étais plus jeune, par les lectures que j'ai pu faire à l'adolescence, qui ont vraiment façonné la lectrice adulte que je suis aujourd'hui. Alors j'avais envie d'explorer cette littérature. C'était un peu une façon de lui rendre la pareille. Et puis il y a quelques années, j'ai découvert Queen Kong, d'Hélène Vignal (ed. Thierry Magnier, coll. L'Ardeur). C'est un livre que j'ai adoré et que j'ai vraiment trouvé spectaculaire, aussi bien stylistiquement que dans le discours qu'il pouvait tenir. Et quand j'ai lu ce truc, je me suis dit : moi aussi je veux écrire pour ces gens. En avant propos de ton roman à toi, tu décides de t'adresser au lectorat et de lui proposer de se positionner ou non sur la question du genre du personnage de Max. Qu'est ce que tu voulais créer ?  Pour moi, la lecture d'un roman, c'est une collaboration entre la personne qui a écrit le bouquin et la personne qui va le lire. Et du coup, il y a toujours une part d'appropriation par la personne qui lit. C'est un truc qui est assez théorisé dans les études de réception. À part dans les "livres dont vous êtes le héros" (et jamais l'héroïne d'ailleurs), les lecteurs et lectrices ont assez rarement l'occasion de prendre vraiment un peu le "pouvoir", sur leur lecture du livre. Donc ça m'intéressait en fait, en enlevant cette donnée du personnage de Max, de leur dire : c'est à vous de faire du personnage ce que vous voulez. En fait, vous en faites un garçon ou une fille, vous en faites ni l'un ni l'autre, vous faites ce que vous voulez, mais ça vous appartient. En fait, moi, ce n'est pas une décision que j'ai prise en tant que en tant que telle. C'était une façon pour moi d'inclure vraiment les lecteurs et lectrices du bouquin dans le processus de lecture. Tu choisis une écriture épicène pour vraiment accompagner la description de Max. Est ce que tu t'es questionnée sur le besoin d'inclure des points médians ou de marquer plus de manière plus visuelle cette question de la non présence du genre?  La question du point médian, elle a été évacuée assez vite par l'écriture. En fait, comme le bouquin est écrit à la première personne, ça résolvait d'une certaine façon cette question là. Sinon, effectivement, la question s'est posée de façon indirecte quand il a fallu qu'on rédige la quatrième de couverture. Quand l'équipe de com a travaillé sur le texte qui accompagne le bouquin pour les services presse, ils étaient un peu plus en galère parce qu'il y avait plein de moments où ils se rendaient compte que, à la troisième personne, la question est beaucoup plus difficile à évacuer (rires). C'est un peu le propre de la langue française. Donc ils ont été obligés de recourir à cette grammaire-là. En fait, moi, à l'écriture du roman en lui même, la question ne s'est pas tellement posée. Je n'ai pas conçu le personnage comme étant un garçon ou une fille, ou tout ce qui est possible entre ces deux dans ce spectre. Tu entretiens un lien fort aux images à travers l'analyse filmique. Le texte apporte-t-il davantage de liberté dans les représentations ? J'ai un lien plutôt fort, comme tu dis, à l'analyse filmique, parce que c'est ma formation universitaire. J'ai fait des études de ciné, j'ai fait une thèse... Donc j'ai pratiqué. C'est un exercice que j'ai pratiqué pendant assez longtemps. Je suis devenue adulte avec les films et avec la pratique de l'analyse filmique. Je ne sais pas si mon écriture a une dimension très visuelle. Ça, c'est pas à moi de décider, mais en tout cas ça, ça a déterminé la façon dont je vais séquencer. Par exemple, je fais beaucoup de "raccords cut". On passe d'un espace à un autre, sans forcément qu'il y ait une phrase du genre Le lendemain, chez ma grand mère, ce genre de truc, ce sont des trucs que je supprime. J'enlève ça dans le texte parce que voilà, je trouve que ça encombre. Et après, au niveau des représentations, c'est à dire que le texte en lui même autorise une indétermination physique des personnages avec lesquels on travaille, qui à priori amène plus de liberté. Même si ça me dérange de dire "plus de liberté". C'est comme si on faisait une sorte de gradation entre ce qui relève de la représentation littéraire et ce qui relève de la représentation filmique. e pense que les deux agissent sur des terrains qui sont qui sont différents.  J'ai l'impression que ça se retrouve aussi beaucoup dans la description des rapports sexuels, du désir qui est effectivement très fort. On ne met pas de genre et en fait, on n'en a pas besoin. Et je rapproche ça d'un texte que tu as écrit sur ton blog Furax, consacré un article à l'écriture de la sexualité. Et tu parles notamment du chapitre Sexe de Dorothy Allison où elle parle aussi de déconstruire les imaginaires sexuels lesbiens à travers le texte, là où le visuel la déçoit tout le temps. Et c'est quelque chose que tu que tu partages aussi.  Allison, je l'ai vraiment découverte il n'y a pas très longtemps. Justement, quand je travaillais sur La chasse et où je cherchais en fait un peu qui avait écrit sur la sexualité et comment un discours avait été produit là dessus. Donc c'est là, à ce moment là, que je suis tombée sur sur ce texte-là, que je trouvais absolument merveilleux. Ce qu'elle explique là-dedans, c'est que l'imaginaire sexuel a été façonné par l'hétérosexualité, y compris l'imaginaire visuel, et que c'est une façon de se réapproprier cet imaginaire là. Ça passe par le texte, en partie. Toujours dans ce même article, mentionne le livre Romance d'Arnaud Cathrine et tu dis, je cite Quand j'avais quatorze quinze ans, je dormais dans les bras et les cheveux de ma meilleure amie. Elle me racontait des histoires de cul avec mes chanteurs préféré et il a fallu que je lise Romance l'hiver dernier pour comprendre ce que ça voulait dire. Qu'est ce que tu a trouvé dans ce texte ? Eh bien que j'étais lesbienne ! (rires) Si Arnaud Cathrine avait écrit ça il y a 20 ans, ma vie aurait été beaucoup plus simple. Il se trouve que je l'ai lu là à plus de 30 ans. Il n'est jamais trop tard. Mais en fait, ce que j'ai trouvé dans ce texte, c'est une description des relations à l'adolescence. La relation entre ces deux gars qui ressemblait vraiment très fortement à ce qu'avaient été mes amitiés quand j'étais ado. Mais je n'avais alors pas les armes pour comprendre ces relations comme étant des relations amoureuses. Pour ça, ce roman est incroyable. Est ce que tu sens a posteriori que tu as été vraiment en manque de représentation?  C'est une question que je me pose beaucoup en ce moment... Et en fait, je ne suis pas certaine que ce soit une question de représentation. Parce que quand je fais le bilan a posteriori, mon panthéon culturel, littéraire, filmique, théâtral, tout est rempli de gays, de lesbiennes. Partout ! (rires) C'est pas des modèles dont j'ai vraiment manqué. Je pense que ce dont j'ai manqué, c'est une impulsion intérieure. En fait, c'est une capacité de reconnaissance de moi même. Mais je pense que ça ne pouvait pas venir de l'extérieur parce que toutes les représentations qui venaient, je n'étais pas capable de les envisager comme me parlant à ce niveau-là.  Alors bien sûr, on a besoins de représentations ! Tous les jeunes queers ont besoin de ça. Mais est-ce que ces représentations suffisent ? Je ne crois pas. Et là, ça change la perpsective. C'est faire peser la responsabilité non plus seulement sur les créateurs créatrice, les auteurs, les actrices, etc, mais aussi sur les institutions avec lesquelles on grandit, les discours avec lesquels on grandit, les cercles familiaux dans lesquels on grandit. En fait, l'ouverture doit être possible à un moment et s'il n'y a pas d'espace, on peut mettre toutes les représentations qu'on veut. La capacité de reconnaissance ne peut pas éclore à mon sens.  Ça me fait penser à ce que tu dis dans le prologue. « Tout le monde peut avoir peur, tout le monde peut pénétrer et tout le monde a besoin de capote. » Est ce que tu as l'impression que ces questions de sexualité, elles sont éludées dans la littérature jeunesse ? Malheureusement, je ne suis pas sûre que ce soit complètement éludé. Parce que c'est surtout en fait que c'est une chasse gardée d'éditeurs qui sont spécialisés ou dans la romance type dark romance, par exemple. Et en fait, le souci qu'on a, c'est précisément que c'est une question. C'est difficile de s'emparer de cette question pour les ados pour avoir un peu parlé de sexualité avec des classes, avec des collégiens. Quand je fais des ateliers d'analyse filmique ou des trucs comme ça, c'est un sujet sensible Et en même temps, ils y vont avec l'arrogance de leur âge. Et c'est beaucoup de stratégie de défense parce que la plupart du temps, ils sont très inexpérimentés, évidemment. C'est un sujet dont il faut s'emparer et en même temps, précisément parce qu'il est difficile et parce que ce n'est pas non plus un sujet qui est très porteur au niveau du marché de l'édition jeunesse. On a peut être un peu tendance à laisser ça de côté. C'est pour ça qu'une collection comme L'ardeur et d'utilité publique. En tout cas, il y a une conviction politique derrière la collection qui est de reprendre la parole là-dessus, de redonner aux auteurs, aux actrices, aux écrivains, l'occasion de produire des discours à destination de la jeunesse, mais qui soient des discours conscientisés, parfois explicitement militants, et d'aller un peu concurrencer le tout le marché de la romance hétéronormée ou en tout cas peu critique.   Cet été, le ministre de l'intérieur a interdit le roman Bien trop petit de Manu Causse, publié également dans la collection L'ardeur. Et ça en dit long sur ce tabou toujours présent de la sexualité chez les adolescents. Comment as-tu réagi ? D'abord, j'ai été fière d'être publiée dans une collection censurée par Darmanin ! (rires) Mais ensuite oui, je pense que c'est très, très inquiétant. Au fond, ça en dit long sur la l'impensé qu'est la sexualité adolescente. Comme si on arrivait à la sexualité quand on avait 25 ans et comme s'il ne se passait rien dans ces années un peu charnières qui nous conduisent vers les adultes actifs sexuellement qu'on va devenir, qu'on va devenir plus tard. Donc il y a une forme de pruderie. En même temps, c'est aussi une forme d'opportunisme politique. Au moment où Darmanin crée la polémique autour de ça, il sait très bien que pendant qu'on parle de ça, on ne parlera pas d'autre chose. Et c'est triste aussi de constater que c'est un sujet qui peut leur servir de couverture pour d'autres choses. Alors que c'est un sujet très, très sérieux. Tu vas continuer à écrire sur ce sujet ? Je vais essayer de continuer à écrire le plus longtemps possible. Moi, j'ai très envie d'écrire depuis très, très longtemps. Donc là, c'est très très émouvant de voir que le livre soit sorti sur un sujet pareil, que ça a accompagné aussi un mouvement radical dans ma propre vie. C'est assez émouvant que le livre existe. Après, je travaille sur un nouveau projet qui j'espère, pourra voir le jour... Donc on va essayer de durer dans ce milieu et puis de continuer dans dans ce milieu de la littérature jeunesse qui permet beaucoup de choses. La littérature jeunesse a pour mérite de se poser explicitement la question du public auquel elle s'adresse. Ce qui n'est pas forcément le cas de la littérature dite pour adultes, respectable. Et ça me politiquement, ça m'intéresse. C'est cette littérature qui est explicitement située en fait, qui s'adresse à un public particulier. Donc j'espère continuer encore longtemps, oui ! Ressources • Furax, le blog de Maureen Desmailles. Elle y parle de ses envies d'écriture et raconte ses questionnements d'autrice. • Entretien avec Manu Causse dans les colonnes du Figaro suite à la censure de son livre, Bien trop petit, paru dans la même collection. • Le site internet des éditions Thierry Magnier. Générique de début : Jacob, Lucie Antunes Générique de fin : Ca, c'est mon corps, Léonie Pernet L'équipe de l'émission Présentation : Diego de Cao Préparation : Zoé Monrozier et Nathan Binet Réalisation : Colin Gruel
Violette & co rouvre ses portes ! + Pierre et la rose en live09 Oct 2023
Toute la joyeuse équipe du Lobby revient pour une cinquième saison ! Et en cette rentrée, on est pas les seuls à faire un retour très attendu, puisque l'iconique librairie queer Violette & co va enfin rouvrir ses portes... Ses deux nouvelles libraires sont nos invitées. Elle avait fermé ses portes en février 2022, nous laissant un peu orphelin.es, après que ses deux libraires ont fait valoir leur droit à la retraite, après 18 ans de bons et loyaux services.  Le 13 octobre, Violette & co fera son grand retour, dans un nouveau local, situé dans le 11e arrondissement de Paris. C'est l'aboutissement de mois de travail mené bénévolement, avec un objectif clair : faire de cette librairie incontournable un lieu de vie. Au milieu des étagères remplies de livres, on pourra donc s'installer pour prendre un café, et un espace sera aussi proposé aux associations. Pour en parler, nous recevons Olivia et Lucile, la première est libraire, la seconde est bénévole, et cela fait un an et demie qu'elles œuvrent à rouvrir ce monument de la culture lesbienne. Dans le reste de l'actualité... Le monde du foot frappé par de nouvelles affaires d’homophobie. Des chants homophobes entendus dans les tribunes du Roazhon Park à Rennes au début du mois, chants homophobes aussi de supporters ET de joueurs du PSG fin septembre… La Ligue du Football Professionnel (LFP) monte au créneau, la ministre des Sports aussi, et des joueurs présentent des excuses… Alors l’homophobie commence-t-elle enfin à devenir indésirable dans les stades ? Pas si sûr... Pour en parler on sera en ligne avec Yohann Lemaire, footballeur ouvertement gay et président fondateur de l’association Foot Ensemble. Les Disques du Lobby Chaque mois, Ixpé nous fait découvrir des artistes queers qui viennent se produire en live dans notre studio. Aujourd'hui, place à Pierre et la rose. Il sera en concert le 26 octobre, et vous pouvez déjà écouter son album SIRENE(S) sur toutes les plateformes de streaming. Ixpé est aussi le créateur du label Les Disques du Lobby, à retrouver par ici ! L'équipe de l'émission Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti Réalisation : Margot Page et Ugolin Crépin-Leblond Chroniques : Xavier Paufichet et Olga•Auguste Volfson Suivez-nous sur Instagram, et abonnez-vous à notre podcast sur Spotify, Deezer, ApplePodcasts, et toutes vos applications favorites !
Le Lobby x Festival Bizarre : "La Fin des monstres" de Tal Madesta / "Guet-apens, des crimes invisibles" sur Médiapart05 May 2023
Ce mois-ci, Le Lobby est en direct et en public au festival Bizarre pour une émission spéciale... Du 4 au 14 mai, à La Folie accueille la quatrième édition du festival Bizarre, le festival des communautés curieuses. Au programme : des soirées queers, des bingo drag, des lectures de contes pour enfants, des cours de danse... Une programmation éclectique qui laisse aussi sa place à la radio. Le Lobby a donc ouvert le festival avec un programme haut en couleurs et en queerness... La fin des monstres : Tal Madesta à la première personne Journaliste, militant transféministe et auteur, Tal Madesta est une figure incontournable des luttes LGBTQIA+. Avec son deuxième livre, La fin des monstres, publié aux éditions La Déferlante, il se livre dans un récit intime sur son parcours de transition, les obstacles qu'il a rencontrés sur la route, la peur d'être agressé et les errances administratives, mais aussi (et peut-être surtout) les belles rencontres qui l'ont accompagné et l'accompagnent toujours sur ce chemin. « Guet-apens, des crimes invisibles » : l'enquête choc de Médiapart Des hommes gays violemment agressés, torturés ou violés uniquement parce qu'ils sont gays, piégés sur des applications de rencontre ou dans des lieux de drague. Des faits peu documentés, car les dépôts de plainte sont rares, et pourtant les victimes sont nombreuses. Au moins 300 ces 5 dernières années. C'est ce que révèlent David Perrotin, Sarah Brethes et Mathieu Magnaudeix, journalistes à Médiapart, dans un documentaire de 65 minutes. Guet-apens, des crimes invisibles est à voir dès maintenant sur le site de Médiapart. Les Disques du Lobby Une fois n'est pas coutume, nous recevons deux artistes ce soir, pour trois sessions live. Thx4Crying a sorti un EP en début d'année, Montagnes d'émeraude. Une voix fragile et des accents pop un peu émo, qui nous ramènent à l'époque des Skyblogs, le tout dans une esthétique un peu kitsch et carrément queer, c'est la formule gagnante de ce jeune artiste prometteur. À ses côtés, sa comparse Louise Bsx, qui a fait paraître un EP survitaminé l'année dernière, C o o o o o l, débordant d'énergie positive. Ca donne quatre titres conçus comme autant d'expérimentations sonores déjantées. Elle nous offre une exclusivité, l'hymne transfem Trop bonne, trop conne. Louise Bsx et Thx4Crying, qui collaborent régulièrement sur leurs projets respectifs, sont aussi à l'initiative des Afterlife Party, des soirées organisées en soutien à des associations LGBTI+, et où se sont produits de nombreux artistes queers émergents. -- L'ÉQUIPE. Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti — Chroniques : Xavier Paufichet (Les Disques du Lobby), Margot Michel et Olga Volfson — Réalisation : Margot Page
Tal Madesta : « On ne peut pas demander aux personnes trans d'abolir la division sexuelle »03 May 2023
Dans son deuxième livre, La Fin des monstres, Tal Madesta raconte son parcours trans, et délivre tout à la fois un manuel d'auto-défense contre les discours transphobes et une lettre d'amour à ses adelphes Militant transféministe, journaliste, auteur, Tal Madesta a commencé à se faire connaître grâce à son engagement au sein du collectif des Colleureuses. Une transition de genre plus tard, il vient de publier un livre La Fin des monstres (Éditions La Déferlante), comme un écho à l'ouvrage de Paul B. Preciado, Je suis un monstre qui vous parle. Avec le philosophe, il partage le souhait de libérer les personnes trans des discours dans lesquels elles sont souvent enfermées. Mais il refuse d'être un monstre. « Je ne suis pas un monstre qui leur parle, je ne suis qu'une meilleure version d'eux-mêmes, qui aspire à la paix, à la dignité, à la tranquillité, au sommeil, à l'amour,  la justice pour moi-même et pour mes semblables. » — Tal Madesta, La Fin des monstres Dans cet ouvrage très personnel, il se livre avec pudeur sur son parcours, sur les obstacles, les mains tendues, sur son rapport aux hommes, aux femmes, à son corps et à l'amour. Un livre politique avant tout, où il dézingue brillamment les discours transphobes, d'où qu'ils viennent. L'équipe du Lobby l'a reçu au cours d'une émission spéciale, à La Folie, dans le cadre du festival Bizarre.
« Guet-apens, des crimes invisibles », l'enquête coup de poing de Mediapart03 May 2023
10 ans après l'adoption du mariage pour tous, on meurt encore d'être gay. Un documentaire de Mediapart révèle l'ampleur d'un phénomène violent et trop peu étudié : les guet-apens homophobes. Ce sont des histoires qui passent sous les radars. Traitées avec légèreté par la presse régionale, délaissées par la justice. Des agressions violentes à l'encontre d'hommes gays, ciblés en raison de leur orientation sexuelle, piégés sur des lieux de drague ou des applications de rencontre. Des guet-apens. C'est en tout cas le terme retenu par Mathieu Magnaudeix, Sarah Brethes et David Perrotin, trois jounalistes de Mediapart. Ils ont enquêté pendant plusieurs mois sur le sujet. Leurs révélations sont édifiantes : sur les 5 dernières années, il y a au moins 300 victimes, contre seulement 11 condamnations. > Regardez la bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=VoTkIMyR6zI Et même quand il y a un dépôt de plainte et un procès, la circonstance aggravante de l'homophobie, prévue dans le code pénale, est la plupart du temps passée sous le tapis. La police est peu armée pour accueillir les plaignants, et l'État tarde à se pencher sur la question. Pour en parler, l'équipe du Lobby reçoit les trois journalistes qui ont coréalisé le documentaire, à voir dès maintenant sur Mediapart.  Cette interview est extraite de notre émission spéciale à La Folie dans le cadre du festival Bizarre.
"Passif dans le lit, actif dans la rue" avec les Inverti·e·s27 Mar 2023
À peine sortie du pink bloc, l'équipe du Lobby est de retour dans le studio de Radio Campus Paris avec le collectif Les Inverti•e•s. En deuxième partie d'émission, Anne Delabre vient nous présenter son ciné-club queer, Le 7e genre Vous avez forcément vu leurs pancartes très gays et leurs couvertures de survie en guise de drapeau. Les Inverti•e•s, c'est le collectif qui met des paillettes dans nos cortèges à chaque manifestation contre la réforme des retraites. Luttes queers et luttes des classes, pourquoi choisir ? On en parle avec Tarik et Liam, deux membres du collectif. Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par @inverti.e.s En seconde partie d'émission, on reçoit une cinéphile qui depuis 10 ans met à l'honneur les films du patrimoine queer. Anne Delabre s'apprête à fêter l'anniversaire de son ciné-club Le 7e genre. Projections spéciales, tables rondes et soirée festive, elle vient nous raconter ce qu'elle a prévu pour marquer le coup.  Les Disques du Lobby Chaque mois, dans Les Disques du Lobby, Ixpé reçoit les artistes queers qui peupleront vos playlists demain. Aujourd'hui, c'est GONTHIER qui vient nous rendre visite, alors qu'elle vient de révéler un nouveau titre, Panne de langage. Elle l'interprète en live rien que pour nous !
« Exposé.es » : Elisabeth Lebovici raconte que le Sida a fait aux artistes27 Feb 2023
Ce mois-ci, l'équipe du Lobby s'est rendue au Palais de Tokyo alors que s'est ouvert l'exposition EXPOSÉ-ES, à voir jusqu'au 14 mai 2023. En 2017, l'historienne de l'art et militante lesbienne Elisabeth Lebovici, figure incontournable de la lutte contre le Sida, publiait Ce que le sida m'a fait. Art et activisme à la fin du XXe siècle. Elle revenait sur comment l'arrivée du VIH avait marqué les artistes. Quelle urgence à créer les avait animée. Quels deuils avaient traversés leurs œuvres. 6 ans plus tard, son récit intime et politique est adapté en exposition par François Piron au Palais de Tokyo. Dans les huit espaces qui la composent, on traverse les époques, on croise des artistes et des militant.es, des ami.es d'hier, des mort.es et des vivant.es. L'exposition s'intitule EXPOSÉ-ES, un participe passé dont Elisabeth Lebovici, co-commissaire, fait jouer toute la polysémie. L'exposition est à voir jusqu'au 14 mai prochain ! « Mon arrivée dans le service. Je remarque que le personnel est bizarrement habillé. Tous portent des masques, des blouses amples, des gants en plastique qui montent vers le coude, des pantalons en toile bleue. Une femme me reçoit et me dit d’attendre. Je tourne la tête, et je vois Paul T., assis sur un banc. Je m’approche de lui en lui disant : Salut mon pote ! Il répond : Ah, mon pote ! (Nous avions vécu, lui et moi, des expériences sexuelles mémorables.) Je remarque quelques tâches noires sur son visage. Plus tard, j’apprendrai que ces taches s’appellent Kaposi, le nom d’un cancer de la peau qui était l’annonce d’une mort prochaine. Il dit : Alors, tu es là, toi aussi ? Je réponds : Oui, enfin, c’est le premier rendez-vous. Il dit en souriant : comme dans l’amour. Je me penche et lui donne un baiser sur la bouche. Là, un médecin vient le chercher, et voilà, c’est tout. » Georges Tony Stoll, Sida intime LES DISQUES DU LOBBY Ce mois-ci, Ixpé reçoit le chanteur Thibaut Pez. En novembre, il a sorti un EP, Soleil noir, à écouter dès maintenant sur toutes les plateformes de streaming. Et il vient de sortir cette reprise de Peau d'âne, à écouter absolument ! Dans Le Lobby, il interprète en live Garçon formidable, en piano-voix, extrait de son tout premier EP. Thibaut Pez sera en concert aux Trois Baudets le 9 mars 2023 ! L'ÉQUIPE Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti • Chroniques : Xavier Paufichet, Olga Volfson et Zoé Neboit • Réalisation : Margot Page et Ugolin Crépin-Leblond • Réseaux sociaux : Olga Volfson
La Guinguette du Lobby @La Flèche d'or !06 Jun 2025
Pour fêter la fin de sa sixième saison et le début du mois des fiertés, l'équipe du Lobby s'est installée à la Flèche d'or le temps d'une soirée consacrée à la transmission de l'histoire de nos luttes et de nos récits. Depuis 6 ans, l’équipe du Lobby, le rendez-vous LGBT+ de Radio Campus Paris, reçoit à son micro des militant.e.s, des chercheureuses et des artistes qui font les luttes queers d’aujourd’hui. Toutes les semaines, on raconte la queerness au présent. Pour clôturer cette sixième saison, on vous invite à voyager dans le temps. Être queer c'est se poser la question de ce qu'on hérite, de ce qu'on invente et de ce qu'on transmet. Des récits, des combats, des désirs, des danses. C'est savoir que certain.es nous ont précédé.es, ont pavé la voie, mais que d'autres suivront. Pour cette unique soirée consacrée à la transmission, Le Lobby sort du studio pour installer sa guinguette à La Flèche d'Or, le samedi 7 juin. Nos invité.e.s : Jeanne du Roure, doctorante à l’EHESS, en troisième année de thèse. Son travail porte sur l’évolution des relations affectives des personnes homosexuelles de plus de 60 ans… Antoine Idier, historien, son dernier essai, Réprimer et réparer (ed. Textuel), retrace une histoire de la répression de l’homosexualité en France. Il est également le co-auteur, avec Pochep, de la bande-dessinée Résistances queers Mar, chargé du pilotage du projet d'archives de l'association Acceptess-T, et Ingrid Grimaldi, bénéficiaire de l'association. Côté live Adiel Golliot, artiste slam, vainqueur.e du championnat de France en 2021 et demi-finaliste mondial en 2022 ! Iel anime aussi des ateliers d’écriture, notamment en milieu carcéral. Ses textes mais aussi son film explorent son rapport au genre et à son identité. Pierre et la Rose, chanteur, auteur et compositeur, on le croise régulièrement sur les scènes de cabarets queers de Paris avec sa voix d'ange et ses textes ciselés. Hot Bodies, le projet électro-folk de Gérald Kurdian, une artiste qui sait tout faire, de la pop, de l’électro, et donc maintenant de la folk. De transmission il est encore question ici puisque Hot Bodies puise son inspiration dans les protest songs américaines, et dans ses émois adolescents… Son EP, “Digital Fairy/Folk songs”, est attendu pour le mois de septembre Présentation : Colin Gruel, Lucie Robert-Bouvet et Zoé Monrozier Soirée réalisée avec le soutien de la Dilcrah.
Queerer la famille avec Gabrielle Richard30 Jan 2023
L'équipe du Lobby, c'est un peu comme une grande famille. Alors ce mois-ci, avec la sociologue queer Gabrielle Richard, on se demande comment "faire famille autrement". Quand on queer, la famille c'est un concept qui peut faire peur. Celleux qui sont rentrées auprès de la leur le mois dernier pour les fêtes en ont peut-être fait l'expérience. Et puis c'est un horizon qui devient très lointain quand on découvre sa transidentité ou son homosexualité par exemple. Avec la dernière révision de la Loi Bioéthique, les femmes lesbiennes ont un peu plus de chances de devenir parentes, en passant par une PMA. Pour les autres, ça reste encore très difficile. Il faut dire que le mythe de la famille nucléaire, avec deux enfants, si possible un garçon et une fille, est particulièrement tenace. En fait, la parentalité est "le bastion le plus imprenable de la normativité". C'est ce qu'explique la sociologue québécoise queer Gabrielle Richard. Elle a consacré à la thématique de la famille une grande partie de son travail. Dans son ouvrage Faire famille autrement (éd. Binge Audio), elle est partie interroger celleux qui, envers et contre tout, ont créé d'autres façons de voir la filiation et la parentalité, qui dégenrent leur langage et s'éloignent des schémas préconçus, en un mot qui queerent la famille. Des familles queers donc, mais pas que, qu'elle a rencontré avec un regard de sociologue, mais aussi avec son regard de parent, en couple avec une personne non-binaire. Ce n’est pas qu’on ignore, c’est qu’on refuse de voir. On refuse d’accepter que la procréation puisse être détachée de l’hétérosexualité. De reconnaître qu’il est possible de faire famille sans miser sur la complémentarité homme-femme. De concevoir que la nature de nos gamètes n’a a priori rien à voir avec notre identité ou avec le lien social qu’on entretiendra avec l’enfant à naître. — Gabrielle Richard, Faire Famille autrement Les Disques du Lobby Chaque mois, Ixpé invite les meilleurs artistes queers de la scène émergente. Aujourd'hui, c'est Chéri qui nous rejoint dans notre studio. Il signe un retour réussi avec Chéripop, hymne délicieusement queer qu'il interprète en live ! Chéri sera en concert le 29 mars au POPUP du label ! L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti — Chroniques : Xavier Paufichet, Olga Volfson, Zoé Neboit et Margot Michel — Réalisation : Margot Page et Swann Blanchet — Réseaux sociaux : Olga Volfson Retrouvez-nous sur Instagram !
Les Disques du Lobby : Chéri en live !30 Jan 2023
Ce mois-ci, Les Disques du Lobby reçoivent Chéri, qui signe un retour on ne peut plus queer avec son hymne dansant "Chéripop"... Vous me connaissez, je n'ai pas l'habitude d'écrire des déclarations à toustes nos invités dès le premier live. Et pourtant pour présenter Chéri que nous recevons aujourd'hui, j'avais commencé à écrire une lettre d'amour. Puis finalement je me suis dit que c'était peut-être un peu trop mettre la charrue avant l'ébat donc j'ai fait un peu plus simple. Alors qui est donc Chéri, l'enfant caché d'un triangle amoureux entre Nicolas Maury, Rosalia et Pierrot la Lune ? Petit fils de grands-pères musiciens, Chéri a bercé dans la musique dès le plus jeune âge, arpentant les scènes de france dans les comédies musicales Emilie Jolie et le Soldat Rose. Après une longue pause dû à un problème de cordes vocales qui a créé un véritable désamour de la musique en lui, Chéri a depuis retrouvé la confiance dans sa voix et la force nécessaire pour créer ce personnage unique, empruntant à ses racines espagnoles, à ses influences pop et électro. S'en suivent un premier single Vagues, puis un EP fascinant sorti au printemps 2022, intitulé "Pour Te Toucher". Aujourd'hui, il revient avec Chéripop, nouveau single qui vient confirmer sa place d'artiste electro-queer à écouter et à suivre de très près.. Chéri sera en concert au Popup du label le 29 mars ! Prenez vite vos places ici Chronique : Ixpé
Le Lobby : Best-of !02 Jan 2023
L’équipe du Lobby a décidé de rallonger un peu ses vacances. Alors on vous propose d’écouter les meilleurs moments de notre émission. Le Lobby, c’est une émission qui raconte l’actualité, les cultures et les luttes queers depuis bientôt 4 ans, alors autant vous dire que nos archives commencent à prendre un peu de place ici dans le studio de Radio Campus Paris. Alors au programme ce soir : une autrice à l’identité morcelée, une chanteuse non-binaire qui a déjà eu mille vies, un chroniqueureuse qui met le “hot” dans hotline, du live, une drag queen, et des coming-out qu’on fait aux autres et à soi-même… Programmation musicale — Soleil vert, de Diamanda Callas — Wow Wow (remix), de Vartang (en live dans la Pride radiophonique du Lobby)
Mondial 2022 : l'homophobie hors de nos stades ?05 Dec 2022
La coupe du monde de football au Qatar est très commentée pour son bilan écologique et humain. Et à cette occasion, la question du traitement réservé aux personnes queers dans ce petit État du Moyen-Orient ne finit pas de poser question. Depuis que le Qatar a été choisi pour organiser le Mondial de foot 2022, la question du traitement que le pays réserve à sa population queer fait débat. Il faut dire que dans cet État très conservateur, les homosexuels sont traqués, kidnappés, torturés. Plusieurs personnalités s'en sont émues, et plusieurs équipes, dont les Bleus, s'étaient même engagés à se présenter au Qatar avec un brassard One love, censé rappeler l'importance des droits humains. Une initiative pas particulièrement téméraire, pourtant abandonnée à quelques heures du coup d'envoi de la coupe du monde, sous la pression de la Fifa. Dans le champ politique et militant, les appels au boycott se sont multipliés. Il y aurait presque quelque chose d'ironique dans cette situation. La question des droits LGBTQIA+, érigée en priorité par de nombreux pays (occidentaux) à l'occasion d'une compétition de football, sport qui a fait de l'homophobie son "folklore". C'est en effet le mot qu'Hugo Lloris, le capitaine de l'équipe de France, a employé pour qualifier les insultes homophobes qu'on entend systématiquement dans les gradins et les vestiaires. Alors peut-on rêver à des stades débarassés des LGBTphobies ? On en parle avec Lucile Dumont et Caroline Séchan, membres des Dégommeuses, le club amateur queer et féministe. Les Disques du Lobby Ixpé reçoit l'artiste non-binaire Mélodie Lauret. Ses morceaux entraînants qui chantent l'air du temps sont à retrouver sur déjà 2 EP et même un album, Le Moment présent, sorti au début du mois de novembre. Iel se produira en live dans le studio de Radio Campus Paris, accompagné·e de son piano... Dans l'actualité... L'actualité de ses dernières semaines a aussi été marquée par l'arrivée d'un nouveau media pro-russe d'extrême-droite, Omerta. À peine lancé, il se fait déjà remarquer avec un documentaire, "Trans, la confusion des genres", qui reprend l'antienne transphobe selon laquelle les transitions de genre connaîtraient une augmentation exponentielle. Pour en parler, nous recevons Karine Espineira, militante transféminine et sociologue des médias à l'Université Paris 8, qui a participé contre son gré à ce documentaire... Elle nous racontera le piège qui lui a été tendu, au coeur d'une séquence médiatique particulièrement transphobe. Le Lobby s'écoute à tout moment sur Spotify, Deezer, ApplePodcasts et sur vos applications préférées ! https://open.spotify.com/show/0qgw8asxj5kKvxqhFRzgWz L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti / Réalisation : Margot Page et Manon Brimault / Chroniques : Xavier Paufichet et Olga Volfson / Réseaux sociaux : Olga Volfson
Les Disques du Lobby : Mélodie Lauret en live !05 Dec 2022
Alors pour celles et ceux qui ne connaitraient pas notre invité.e, notre chroniqueur Xavier a envie de vous dire : bah, vous avez un petit train de retard. Mais on vous excuse, justement, on est là pour ça... Petit rappel des faits de qui est Mélodie Lauret, donc : car, oui il y a déjà deux super EP de dispo depuis 2020, (dont un contient d'ailleurs un remix de Vikken qu'on a reçu cette année), il y a également un premier album "Le Moment Présent", sorti en 2022, qui est super aussi, et franchement, si vous n'avez pas encore croisé d'une manière ou d'une autre notre invité.e, c'est que vous le faites exprès. Car oui, Mélodie Lauret est déjà partout dans nos petites vies queers : un pied sur les planches de théâtre, l'autre sur celles des salles de concert, notre invité.e multi-tâches nous accompagne aussi bien dans les moments de peine que de joie. Mais le plus efficace pour (enfin) découvrir Mélodie Lauret, c'est évidemment de l'écouter, et c'est ce qu'on va faire maintenant en live depuis notre magnifique studio de Radio Campus Paris. Chronique : Ixpé — Les Disques du Lobby Titres interprétés par Mélodie Lauret en piano-voix — J'en fais mon arme — Je te donne tout ce qu'il me reste Nouveau : Les Disques du Lobby devient un label ! Et il vient d'annoncer sa première sortie, le sublime titre To the moon and back que le DJ OK Pal !, résident de la Discoquette, dédie à son amoureux. https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby/sets/lddl01-ok-pal-to-the-moon-and-back-ep
L'édito de Victor : À l'hétérobeauf qui sommeille en nous05 Dec 2022
Victor a passé son dimanche à regarder du tennis puis à regarder l’équipe de France dans son canapé une bière à la main avec ses colocs hétéros, puis à faire un escape game où il a battu des inconnus virilistes qui avaient un peu la honte de perdre devant leurs meufs. Et il s'est senti un peu trop hétéro... La veille déjà, samedi soir donc j’avais des ami.es chez moi pour l’apéro. Je vous refais pas le topo, ce sont les mêmes ami.es que d’habitude, ceux que Mère Nature n’a pas jugé opportun de doter de queerisme et qui vivent donc dans l’hérétisme hétéronormatif le plus absolu, pardonnons leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. Première curiosité ce soir-là, moi le LGBT qui ne regarde le foot que tous les 4 ans, je me retrouve à être sur une ligne plutôt ruffiniste et à dire que ça fait un peu chier de pas regarder les matchs alors que bon quand même les ambiances de coupe du Monde, ben moi j’adore ça. Personne ne me traite de traître à ma cause évidemment, et encore heureux, mais c’est vrai que j’ai eu un peu l’impression de mettre un CSC – pour les non-Dégommeuses sur ce plateau, ça veut dire un but contre son camp. Un peu plus tard, après une longue digression sur la Star Ac’, un retour aux fondamentaux de notre culture donc, la discussion part sur Un, Dos, Tres. Je suis vachement moins à l’aise que sur le foot, je réalise que j’ai dû voir 3 épisodes, je ne connais pas les personnages. Mais ce qui me tue c’est que mon pote Romain, qui est à la fois la quintessence de l’hétérosexualité sans en être jamais la caricature, se rappelle jusqu’au nom de la directrice de l’école dans la série et nous dit qu’il regardait TOUS LES SOIRS avec son grand-frère. Et moi, comme un crétin, tout ce que je trouve à lui dire à ce moment-là c’est « wahou, t’es le premier hétéro que je rencontre qui regardait Un Dos Tres». Et évidemment il me répond, un peu amusé, « ben je vois pas le rapport ». Et bien sûr il ne voit pas le rapport, comme mes potes qui ne comprennent pas quand je dis que j’écoutais Dido en cachette au collège. Parce que les ados qui entraient dans le moule ne se sont jamais vraiment posé la question de ce qui était acceptable au non. La différence entre Romain et moi, c’est que lui par sa socialisation de garçon affirmé pouvait dire qu’il regardait Un Dos Tres sans que quiconque remette en cause sa validité de garçon, alors qu’à l’inverse, j’avais beau faire tous les efforts du monde et cacher mes goûts, si quelqu’un m’entendait mumumemer Hunter de Dido dans la cour, mon étiquette de pédé venait se recoller tout de suite sur mon front. On m’a tellement inculqué dans la cour e’école, qu’il y avait des musiques, des sports, des séries, des jeux, différents pour les filles et pour les garçons, que j’ai moi aussi tout bien rangé dans des cases. Les activités pour les filles et les pédés d'un côté  et celles pour les garçons et les gouines de l'autre. Et en y réfléchissant je pense que je ne suis pas le seul, nous les LGBT+ avons beaucoup beaucoup beaucoup lutté autour de nous pour déconstruire les regards et les préjugés, pourtant ne sommes nous pas les premiers à nous dire de ce voisin qui connait Physical par cœur qu’il doit aller au Rosa le dimanche et de cette collègue qui fait du patin à roulettes qu’elle a certainement une colocataire aux cheveux courts ? Alors que nos goûts sont si géniaux que c’est normal que la plèbe cishét aime les mêmes choses que nous non ?  Bon j’avoue je prends des exemples excessifs, parce que je ne crois vraiment pas qu’il y ait d’hétéro aux concerts de Dua Lipa au roller derby, mais vous avez l’idée… Ce que je veux dire c’est que finalement on s’est peut-être de nous-mêmes laissé.es enfermer dans ces petites catégories que les cishét ont fabriquées pour nous. Alors queer de tous horizons, même si ce sera dur au départ, faites vos coming out culturels et osez dire ce que vous aimez et n’aimez pas, quitte à accepter cet.te hétérobeauf qui sommeille en vous. Allez, je vais commencer pour donner l’exemple. En 2011 quand la France a perdu en finale du mondial de rugby je me suis cassé un orteil en shootant de rage dans un mur, quand ça arrive à la main on appelle ça la fracture du connard, gros level d'heterobeauferie mais le pire arrive attention, j’ai pas aimé une seule chanson de Gaga depuis Paparazzi. Wahou ça y est c'est dit. Vous verrez c’est dur de se jeter, mais en vrai ça fait du bien. Chronique : Victor Samoth-Panetti
L'édito testo d'Olga : Sida, VIH... On met les points sur les i05 Dec 2022
Alors que le mois de décembre a commencé comme chaque année par la traditionnelle journée mondiale de lutte contre le SIDA, le 1er du mois, Olga voudrait remettre les points sur les “i” de VIH et de SIDA. Et pour commencer, oui oui, on parle bien de deux choses différentes… Le VIH, c’est le virus de l’immunodéficience humaine. Le SIDA, ou syndrome de l’immunodéficience acquise, est la phase terminale de la maladie que peut causer le VIH s’il n’est pas traité, lorsque les défenses immunitaires ont été décimées, laissant les maladies opportunistes s’installer. Cette différence est importante, parce qu’ici et aujourd’hui, l’immense majorité des personnes vivant avec le VIH n’a pas le SIDA, mot chargé d’histoire, de deuil, et de stigmatisation, aussi. C’est pour ça qu’on parle de prévention VIH, et de lutte contre le SIDA. Pourtant, de nombreux médias, et donc leurs publics, continuent de confondre les deux… Hélas, ces approximations dépassent largement la question du vocabulaire. Et j’ai un exemple tout frais de cet écueil : durant le mois de novembre — trigger warning pédophilie — vous avez sans doute entendu parler de Yannick Poligné. Ce prêtre de 52 ans a été placé en détention provisoire après avoir drogué et violé un adolescent de 15 ans. Je ne ferai l’affront à personne d’expliciter ce qu’il y a à penser de ces faits gravissimes et révoltants, et je défie quiconque de prendre les propos de la victime de violences sexuelles actuellement au micro pour les sortir de leur contexte et lui faire défendre cette ordure. Cependant, certaines publications, puis certains comptes féministes, ont souligné le fait que cet homme était séropositif, et qu’il n’avait pas utilisé de préservatif, dans l’énumération de ses méfaits. C’est là que, face à une population en grand manque d’information, et à l’absence de nuance sur les réseaux sociaux, ça se complique. Tout violeur, pédophile et faux dévot qu’il soit, sa séropositivité est hors sujet. Et lorsqu’il a expliqué prendre son traitement VIH, rendant la transmission du virus impossible, les articles l’ont cité au conditionnel… Alors qu’il s’agit d’une réalité scientifique prouvée depuis 2008 ! En quelques semaines à quelques mois, une personne séropositive dépistée et traitée obtient une charge virale dite “indétectable”. Cela signifie que la présence de VIH est si infime dans son organisme qu’iel ne peut plus le transmettre. Ainsi, les personnes séropositives protègent leurs partenaires grâce à ce traitement comme prévention, participant grandement à freiner l’épidémie de VIH. En l’absence de soutien des autorités de santé, les associations peinent déjà bien assez à faire passer ce message au grand public sans ces navrants accès de sensationnalisme ! Rien ne justifie de faire de la désinformation. Pas même les actes abjects commis par un prêtre pédophile. Utiliser le VIH comme facteur aggravant de la sorte, c’est vraiment du niveau de JK Rowling qui insiste sur la grosseur de Dursley père et fils pour les avilir, comme si être gros était une faute morale et un synonyme de méchanceté, alors que la violence de ces personnages dit déjà tout. Merde, j’avais dit que je parlais pas de TERFs ce soir… mais il me semblait vraiment nécessaire de montrer la paresse intellectuelle, et surtout le danger, de tels procédés narratifs. Là, je m’adresse aussi aux comptes féministes à grande audience qui ont relayé cette effroyable histoire sans faire preuve de discernement sur la question du VIH. Et qui ont tenu des propos lamentables en réponse aux commentaires des acteurices de santé communautaire qui venaient faire de la pédagogie sous leurs posts. J’espère que vous avez les oreilles qui chauffent, histoire que ça vous motive à faire mieux la prochaine fois, car vous en avez la responsabilité. Et ne venez pas me dire que j’exagère. Parce que la sérophobie — ensemble des discriminations qui pourrissent la vie des séropos — est bien réelle. Et nourrir cette dernière pour faire du clic, c’est inacceptable. Permettez-moi enfin d’enfoncer le clou en rappelant que les discours sérophobes ont aussi la fâcheuse manie d’éloigner du dépistage — les gens ayant naturellement peur d’être traité·e·s comme des criminel·le·s ou des bombes à retardement à leur tour en cas de résultat positif. Pourtant, il y a 24 000 personnes qui vivent avec le VIH sans le savoir en France à ce jour. Imaginez un peu, si chacun de ces individus était dépisté et traité ? Iels ne transmettraient plus le virus, et le coup porté à l’épidémie serait décisif ! Bref, il est crucial de se renseigner auprès des assos de santé sexuelle, de se faire dépister régulièrement, et de remettre ses préjugés très très très datés en question. Parce que sans notre implication à toustes, vu les dégâts causés par le Covid, on n’a vraiment pas le cul sorti des ronces pour l’objectif 2030 sans VIH de l’ONUSIDA… alors même qu’on a tous les outils pour entre les mains pour y arriver. Soyons toustes séro-concerné·e·s et surtout, séro-solidaires ! Chronique : Olga Volfson
L'amour en révolutions à l'Institut du monde arabe07 Nov 2022
L'équipe du Lobby s'est rendue à l'Institut du monde arabe pour l'exposition Habibi - Les révolutions de l'amour. Habibi, "mon chéri" en arabe, c'est le nom que porte une sublime exposition à voir jusqu'au 19 février 2023 à l'Institut du monde arabe. Des artistes divers, du Maroc à l'Iran, y racontent comment l'identité de genre se questionne, comment l'homosexualité se vit secrètement, et comment tous ces questionnements agitent aussi le monde arabe, plus de 10 ans après les Printemps arabes et alors qu'une révolte féministe s'empare de l'Iran. Avec nous pour en parler : — Nada Majdoub, co-commissaire de l'exposition — Sido Lansari, artiste marocain qui expose ses oeuvres à l'IMA. Les Disques du Lobby Désormais, les Disques du Lobby, c'est chaque mois un·e artiste à découvrir en live ! Et ce mois-ci, Ixpé nous fait découvrir la pop aux accents eighties de Fred Skitty. Elle nous joue son morceau Stay true, extrait de son premier EP, Belonging to the night. Dans l'actualité queer... Notre tour de la planète queer passe aussi par le Brésil, quelques jours après la défaite du président d'extrême-droite Jair Bolsonaro. Après 4 ans de règne d'un pouvoir crachant son homophobie et sa misogynie, c'est le retour de Lula, figure de la gauche brésilienne. La communauté LGBTI+ a-t-elle des raisons d'espérer voir survenir des jours meilleurs ? On en parle avec Sébastien Tüller, responsable LGBTI+ d'Amnesty International France. Côté chroniques Dans son édito, Victor nous parle de sa dévorante passion pour le tennis, et rend hommage à une tenniswoman lesbienne russe... Un autre hommage avec Zoé qui revient sur la vie de Gribouille, sorte d'Édith Piaf lesbienne. Son histoire tragique, au coeur des années 1960, a été un peu oubliée. Et comme chaque mois, nous terminons l'émission en musique avec Margot.
Les Disques du Lobby : Fred Skitty en live !07 Nov 2022
Ce mois-ci, c'est Fred Skitty qui est à l'honneur dans Les Disques du Lobby... Chaque mois, Ixpé reçoit un·e artiste pour qu'iel se présente en live et en interview. Aujourd'hui, c'est Fred Skitty qui vient nous jouer Stay True, un extrait de son premier EP, Belonging to the night, qui ressort le 25 novembre prochain avec un featuring rap inédit... L'artiste que nous nous apprêtons à rencontrer s'appelle Fred Skitty. Imaginez une jeune femme, originaire du sud de la France, biberonnée à la musique pop, élevée avec l'électro, et avec une envie insatiable de toucher à tout. DJing, production, chant, Fred Skitty coche presque toutes les cases du bingo de l'artiste idéale. Après son EP Belonging to the Night sorti 2020, Fred revient cette année avec un nouveau single, Je m'ecchymose, et quelque chose me dit que 2023 se prépare dores et déjà ... Chronique : Ixpé NOUVEAU : Les Disques du Lobby deviennent un label, axé sur la musique électronique. Vous pouvez suivre ce beau projet sur Instagram et sur Soundcloud !
La chronique de Zoé : Gribouille, la Piaf lesbienne07 Nov 2022
Ce soir, Zoé nous présente Gribouille, chanteuse lesbienne des années 1960... J’ai envie de vous présenter quelqu’un et de convoquer sa voix. Pas de disque du lobby en vue mais peut-être un vieux 45 tours. Allez, ouvrez vos cœurs et vos oreilles on retourne 60 ans en arrière. Son nom ne vous dit sûrement rien. Gribouille. Pseudonyme de Marie-France Gaité, née le 17 juillet 1941. Dans cette vidéo de 1964 qui sert de clip à sa chanson « Le marin et la rose », Gribouille rejoue une scène de sa vie. Nous sommes alors en 1960 et Gribouille a 19 ans. On ne sait pas trop comment, mais elle vit seule à Paris. Elle a débarqué à 16 ans de Lyon, laissant derrière elle son enfance douloureuse faite d’errance de foyers en foyers. Elle dessine sur les trottoirs, elle « gribouille » pour se faire un peu d’argent, mais ce qu’elle veut, c’est chanter. « Elle est pleine de musique » Un jour, un vieux monsieur s’arrête. Hasard ou destin, ce promeneur c’est le dramaturge, poète et cinéaste homosexuel de renom Jean Cocteau, mais ça Gribouille elle le sait pas. Il s’arrête car quelque chose l’interpelle et le bouleverse chez elle. Elle a la voix grave, porte les cheveux courts, des vêtements amples. Au début, il ne sait pas si c’est une fille ou un garçon, mais il y a une chose dont il est sûr : « elle est pleine de musique » Pris sous l’aile de ce mentor bienfaiteur, sa carrière de chanteuse se lance. Dans des cabarets d’abord, puis au studio où elle enregistre des 45 tours à la pelle. Elle a une intensité et un magnétisme scénique comme il en existe rarement, une voix profonde d’une sensibilité à fleur de peau. On la compare à Barbara et à Piaf, mais Gribouille n’a pas besoin d’aller chercher très loin son public. Gribouille aimait les femmes... ...On sait peu de chose sur elle, mais ça on le sait. D’ailleurs ça transparaît en filigrane dans toutes ses chansons. Sa contemporaine la romancière lesbienne Françoise Mallet-Jorris disait d’elle qu’elle était « le désespoir sous la forme la plus séduisante qui chante avec des coups de gueule et d’inattendus mouvements de tendresse qui l’étonnaient elle-même. » Dans « Ostende » elle chante le souvenir d’un amour, dans « On n’a pas le droit » le tabou de son identité, dans « Dieu Alice » le rejet et la solitude. Je ne peux pas toutes vous les faire écouter mais je vous encourage à le faire. Car il nous reste peu de choses de Gribouille. Grande dépressive, elle est décédée le 18 janvier 1968, à 26 ans d’un excès d’alcool et de médicaments. Suicide, overdose accidentelle, personne ne pourra le dire. Elle fait partie de ces femmes aimant les femmes oubliées dans l’histoire des arts institutionnelles. À nous de faire vivre cette mémoire riche et plurielle, pour la sauver de l’abîme qui la guette. Chronique : Zoé Neboit
Le Bal des Pxtes + La Flèche d'or célèbre le mois des fiertés27 May 2025
La fête est à l'honneur dans Le Lobby ce soir à quelques jours du début du mois des fiertés ! Ce mois-ci, nous recevons Djombo Goddess, Olivia Verner et Kata Loba, de l'équipe du Bal des putes, une soirée queer, érotique, et transgressive. À découvrir le 31 mai dès 19h aux Trois Baudets, et le 27 juin à la Marbrerie à Montreuil ! Prenez vos places : https://lestroisbaudets.com/billetterie En seconde partie, nous accueillons Rachida Djellab, responsable programmation à la Flèche d'or, dans le 20e. Avec elle, on découvre le programme du mois de juin de ce lieu culturel emblématique, en difficulté financière. Pour soutenir la Flèche d'or : https://flechedor.org/ Et rendez-vous ce samedi pour le Queeraoké de soutien : https://shotgun.live/fr/events/queeraoke La Guinguette du Lobby Depuis 6 ans, l’équipe du Lobby, le rendez-vous LGBT+ de Radio Campus Paris, reçoit à son micro des militant.e.s, des chercheureuses et des artistes qui font les luttes queers d’aujourd’hui. Toutes les semaines, on raconte la queerness au présent.  Le 7 juin, à partir de 21h, Le Lobby installe sa guinguette à la Flèche d’Or, le temps d’une soirée exceptionnelle consacrée à la transmission. Parce qu’être queer, c’est aussi savoir que des générations nous ont précédé.es, et que d’autres suivront. Comment l'histoire queer se transmet-elle ? Que faire des héritages queers reçus ? Que transmettrons-nous à notre tour ? Au programme : 21h-22h30 : Émission de radio en direct  Avec l'autrice Hélène Giannecchini (Un désir démesuré d’amitié, éditions Seuil, 2024), Mar et Ingrid de l'association Acceptess-T, et l'historien Antoine Idier (Réprimer et réparer, éditions Textuel, 2025) ; et les performances live d’Adiel (slam), Pierre et la rose (chanson), et Hot Bodies (pop) 22h45-23h15 : Showcase de Thx4Crying (hyperpop) “Je chante et je pleure” : c’est ainsi que se présente sommairement Florian Vanayagas Bertonnier, alias Thx4Crying. Dans un premier album très personnel, l’artiste se dévoile dans toute sa sensibilité, et rend hommage aux jeunes queers et à “la vie bizarre” qui les attend. 23h30-2h : DJ set des élèves de la Trans Academy du collectif WITH US Depuis bientôt 3 ans, le collectif WITH US, initié par la produtrice Julie Desire, célèbre les identités fluides et transgressives, et forme et accompagne des jeunes DJ trans et non-binaires, encore bien trop rares. Prenez vos places : https://shotgun.live/fr/events/guinguette-du-lobby
L'édito de Victor : Le tennis, sport de gouines, sport de queens07 Nov 2022
Ce soir, Victor nous parle de sa plus grande passion, le tennis. Le tennis est entré dans ma vie en 2000 quand Mary Pierce a gagné Roland Garros, c’est mon premier grand souvenir de sport devant la finale de 98. Au lycée, où je n'avais pas accès à internet, j'achetais l'équipe plusieurs fois par semaines juste pour l'encadré d'une colonne qui résumait les scores de la veille et où les noms des français étaient en gras et je mettais Le Moscato show sur RMC tous les soirs pour les 30sec où ils parleraient de tennis ce qui m’a permis d’acquérir une culture assez éclectique et exhaustive du sport.  J'ai toujours eu deux grandes idoles : Roger Federer et Amélie Mauresmo. Federer pas besoin d'expliquer, quiconque possède au moins un œil et un minimum de sens du beau comprendra pourquoi. Mais Mauresmo c'était pas seulement une idole pour son jeu, splendide aussi au demeurant. C'était un modèle. Je me souviens très bien que je savais qu'en plus d’être une championne elle était lesbienne et je sais qu'au fond c'est pour ça aussi que l'aimait autant. Je n'avais pas de poster de Britney ou Madonna, ma Queen a moi, ma diva attitrée c'était une sportive, dont les Guignols se moquaient toutes les semaines à cause de sa machoire, de ses épaules et de son lesbianisme.  Un sport réputé pour ses gouines Mauresmo était aussi passée dans En Aparté, l’émission préférée de ma mère qui lui vouait depuis une grande admiration. Amélie était la preuve que ma mère pouvait apprécier une personne homosexuelle en toute connaissance de cause.  Quand j’y repense ça me semble dingue quand même, Mauresmo avait 19 ans quand elle a fait son coming out. 19 ans ! à une époque où personne quasiment ne le faisait, encore moins aussi jeune, si précocement dans une carrière où le mental et la pression sont si importants.  Quelques jours après MES 19 ans, Amélie a annoncé qu'elle prenait sa retraite et j'ai pleuré. Ce qui est amusant c’est que j’ai découvert après qu’une partie non négligeable des plus grandes joueuses de l’histoire étaient lesbienne : Navratilova, Billie Jean King, Novotna. Mon inconscient avait donc réussi à se passionner pour le seul et unique sport alors réputé pour ses gouines.  Mais pourquoi tout ce laiüs sur ta vie Victor me demanderez-vous ? Et bien parce que samedi soir, dans le bar où je fêtais mes 32 automne, j'ai passé 3 heures à mettre à jour le score en live sur Tennistemple pour savoir qui de Caroline Garcia ou de Daria Kasatkina se qualifierait pour les demi-finales des masters Femme. Caroline Garcia est une joueuse française, longtemps espoir déçu, au jeu d’attaque ébouriffant mais dont le manque de précision peut donner des palpitations cardiaques à ses fans, et qui fait un retour triomphal cette année. Mais ce n’est pas le sujet.  Le sujet, (il est grand temps me direz-vous), c’est donc Daria Kasatkina, Dasha de son diminutif. Ce qui fait la particularité de Dasha ce n’est pas qu’elle aussi avait sombré dans les limbes du classement avant de remonter, ni qu’elle possède un jeu assez atypique sur le circuit fait de beaucoup de variations, ni même qu’elle est actuellement la n°1 russe. Non, ce qui rend Daria Kasatkina unique c’est qu’après avoir dénoncé publiquement l’invasion de l'Ukraine par son pays, elle a fait un coming out volontaire et retentissant en juillet. « Ce n'est pas possible de vivre cachée, de vivre dans le placard. Sur le long terme, c'est trop difficile. Cela ne sert à rien car vous allez vous focaliser sur ça tant que vous n'aurez pas fait votre coming-out. Bien sûr, chacun est libre de décider comment l'annoncer et de décider ce qu'il veut dire. Mais être en paix avec soi est la seule chose qui compte, et que les autres aillent se faire foutre. » Voilà précisément ce qu’a dit Dasha en interview. Depuis elle s’affiche sur Instagram avec sa copine, Natalia Zabiiako, une médaillée olympique de patinage artistique qui la suit sur une partie des tournois et qu'elle embrasse publiquement. Quand on sait la virulence de la politique homophobe de Poutine, ce coming out est d’un courage absolument inouï. Quand je pense à ce qu’a pu représenter pour moi Amélie Mauresmo j’imagine l’impact sur la jeunesse de son pays en général et sur les LGBT russes en particulier du coming out de Dasha Kasatkina. Dacha n’est pas retournée en Russie depuis le mois de juillet et elle n’est pas sure de pouvoir y retourner un jour, ni de revoir ses proches, de peur de se faire arrêter. Elle a même avoué à demi-mot envisager de changer de nationalité. Chronique : Victor Ssamoth-Panetti
Margot pousse la chansonnette : Rien à foutre07 Nov 2022
Le ciel est bleu au dessus de leurs têtes La vie est belle, sourire jusqu’aux oreilles Pas penser c’est le confort, si on veut être honnête Réjouis-toi des cases, t’auras un bon sommeil Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit quand t’y songes Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit C’est pour ça Qu’ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres Gros SUV dans les rues de Paris Les vitrines brillent, comme soleil dans la nuit Champs Elysées, pas de quartiers à risques Obligés de prendre l’avion pour garder le train de vie Plus de ressources en juillet mais on consomme quand même Y’a pas mort d’hommes tant y’a d’la batterie sur le tel Le but c’est pas d’être riche, c’est de l’être plus que les autres Montrer que t’as le pouvoir, et qu’tu prends pas l’métro Ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres Mais ils l’ont pas volé, souvent partis de rien Ils l’ont bien mérité, il fallait tendre la main Pour un billet en poche, pour payer les études Papa et maman s’occupaient de la thune Les grandes écoles qui forment les mêmes élites La plupart homophobes, avec un pincée de racisme Peu importe le niveau du temps qu’ils filent le fric Du temps qu’ils filent le fric C’est pour ça Qu’ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres Discriminations systémique ? Se battre contre le wokisme c’est bien plus politique On peut plus rien dire, on peut plus tolérer Devoir changer ses habitudes pour des minorités Celles qui prennent trop de place, qu’ils adorent rabaisser Les loisirs de la haute, sont particuliers Les dérives se comptent plus, ils peuvent pas l’avouer Délinquants en col blanc, faudrait pas l’ébruiter C’est pour ça Qu’ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres Le ciel est bleu au dessus de leurs têtes La vie est belle, sourire jusqu’aux oreilles Pas penser c’est le confort, si on veut être honnête Réjouis-toi des cases, t’auras un bon sommeil Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit quand t’y songes Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit
Paloma, vive la Reine !10 Oct 2022
C'est le retour du Lobby, le rendez-vous LGBTI+ de Radio Campus Paris ! Et pour couronner le tout, l'équipe reçoit la drag queen Paloma... L'équipe du Lobby est de nouveau au rendez-vous pour une quatrième saison. Et pour inaugurer l'année, c'est une Reine qui vient s'installer dans notre studio. Paloma, la gagnante de la première saison de Drag Race France est avec nous pendant une heure, pour une émission référencée, cartoonesque et farmerienne. Avec elle nous avons parlé de sa passion de Fanny Ardent, de Nicky Doll, des TERFs, du service public et même de Valérie Lemercier. L'édito de Victor Notre éditorialiste a fait l'erreur de rouvrir Twitter et Instagram, après un petit sevrage plus que nécessaire. Il n'a pas été déçu du voyage. Il nous propose son point de vue sur les polémiques stériles, voire dangereuses, dont les gays ont fait les frais cet été sur les réseaux sociaux. Dans l'actualité... Après une progression spectaculaire cet été, le monkeypox semble avoir disparu des radars. Les chiffres font effectivement état d'une baisse notable des contaminations, avec seulement 44 nouveaux cas entre le 27 septembre et le 4 octobre. Alors le monkeypox est-il vraiment derrière nous ? On en parle avec l'épidémiologiste Dominique Costagliola. Les Disques du Lobby Cette année, Les Disques du Lobby, c'est une chronique, un·e invité·e en live et une interview. Et c'est l'artiste transgenre Vikken qui ouvre la danse, et qui interprête son titre bouleversant Pour une amie. Il répond aux questions d'Ixpé, notre chroniqueur musical, créateur des Disques du Lobby, que vous pouvez suivre sur Soundcloud ! Les chroniqueureuses du Lobby Iels vous ont manqué, les voilà de retour au grand complet : — Dans son édito testo, Olga revient sur les attaques des TERFs, pardon des FARTs, ou alors des PROUTs ??? On ne sait plus comment nommer ces féministes autoproclamées qui s'attaquent aux personnes trans et fraient avec l'extrême-droite. Retrouvez son édito ici ! — Zoé, la représentante du "lobby bi", se demande s'il faut vraiment renommer Cardi Bi en Cardi Hétéra. C'est à réécouter ici ! — Et Margot finira désormais chaque émission en slam (cw : dépression). La musique est signée Amau. Par ici pour podcaster sa chronique ! Le Lobby s'écoute à tout moment sur Spotify, Deezer, ApplePodcasts et sur vos applications préférées ! https://open.spotify.com/episode/5xhB87WGgu1uc9SbQyYSFr?si=Na9SM8B_QlSDqDz0yQSWhg L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti / Réalisation : Margot Page et Swann Blanchet / Chroniques : Xavier Paufichet, Olga Volfson, Margot Michel et Zoé Neboit / Réseaux sociaux : Olga Volfson / Photos : Aurore Thibault
Les Disques du Lobby : Vikken en live !10 Oct 2022
Chaque mois, notre chroniqueur musical Ixpé nous fait découvrir ou redécouvrir des artistes queers. Et ce mois-ci, c'est Vikken qui inaugure notre nouvelle séquence live... Je suis très heureux de de commencer cette saison en invitant un artiste que j'adore, Vikken. Pour celles et ceux qui ne le connaitraient pas, voici quelques points de repères... Vikken est un homme trans. Et c'est important de commencer par là. Mais il n'est pas que ça. Vikken est DJ, producteur, porte-parole de sa communauté, activiste, et j'en passe. Que ce soit par son remix de The Knife, celui d'Üghett ou son EP "Joie" sorti en 2020, nul.le ne peut rester indifférent.e à la production sombre et décisive de Vikken. Sa passion pour les machines et le live l'a d'ailleurs amené jusqu'au Printemps de Bourges l'an dernier, où il a remporté le prix du Jury des Inouis. Vous l'aurez compris, Vikken est un artiste accompli, un homme trans épanoui, et n'en déplaisent à certaines... Mais la meilleure façon de découvrir Vikken, c'est par sa musique, et comme les choses sont bien faites au Lobby, on retrouve Vikken en live, avec le titre Pour Une Amie, sur Radio Campus Paris ! ` Chronique : Ixpé // Les Disques du Lobby Retrouvez Vikken dans notre émission du 11 octobre, en compagnie de notre invitée exceptionnelle, la drag queen Paloma !
La chronique de Zoé : « Faut-il renommer Cardi B en Cardi Hétéra ? »10 Oct 2022
Le 23 septembre, on est officiellement passés en automne, mais c’était aussi la journée internationale de la visibilité Bi et Zoé, notre déléguée du lobby bi a des choses à nous dire à cette occasion... Si la cishétérosexualité et le lobby LGBTQIA étaient à l’Assemblée nationale, les Bi-e-s seraient un peu comme le MoDem (vous savez le parti de François Bayrou). Ni de droite, ni de gauche mais quand même plutôt à droite. Toujours suspectés d’une trahison qui les feraient passer d’une des deux chaises sur lesquelles leur cul est perpétuellement coincé. Je vous vois venir avec vos petits sourires en coin ! Vous vous dites : encore une chronique de Zoé où elle va essayer de nous faire pleurer sur le sort des bis, sous couvert d’autodérision et des métaphores douteuses. Oui, c’est à peu près ce que je compte faire, parce que c’est ce que je sais faire de mieux.  Et aujourd’hui, j’aimerais vous parler de Cardi B, de queerbaiting et de quelque chose que j’ai envie d’appeler la mise en scène obligatoire de la sexualité des bi. Il y a quelques semaines, Cardi est épinglée dans un tweet comme faisant partie de « ces célébrités qui ont fait leur coming out bi, mais qui n’ont jamais daté quelqu’un du même genre », aux côtés des infamous Harry Styles, Billie Eilish et Lady Gaga. Des stars qu’on accuse assez souvent de queerbaiting, c’est-à-dire pour celleux qui n’auraient pas la ref, de jouer des codes queer pour attirer le public arc-en-ciel, et ce, en laissant planer le doute sur leur orientation et leur identité. Une bonne petite technique capitaliste en somme. Ce à quoi, Cardi répond : “Je bouffais des bitches avant ta naissance. Désolée de pas avoir des photos dans mon tel pour te le montrer”.  https://twitter.com/iamcardib/status/1571929213435006976 Et, je crois que la question qu’il faut se poser, c’est pas, « Cardi mérite-elle son nom ou devrait-elle être renommée Cardi hétéra ? » Parce que, contrairement à Harry Styles, par exemple, dont on se méfie un peu plus chaque jour qui passe où il ne revendique pas sa queerness tout en portant des jupes et du makeup, Cardi B a déjà plusieurs fois publiquement outé sa bisexualité. Du coup, moi je me demande : est-ce que Cardi a eu honte ? S’est-elle sentie obligée de parler de sa vie sexuelle au risque de passer pour une imposteuse ?  Ce qui m’amène à ce que je veux démontrer. On exige souvent des bis de faire leur preuve en exposant leur intimité, faire son coming out ne suffit plus. Tu aimes brouter du minou ? Prouve-le ! Dis-le ! Montre une photo si possible ! A mon avis, ça va de pair avec une forme d’hypersexualisation des personnes bis, où ça va de soi qu’iels sont des casanovas insatiables, sinon c’est pas des vrai-e-s. (Casanova, une bi icon d’ailleurs). Bon, au fond j’en sais rien, et j’ai l’impression que ma chronique commence à partir dans tous les sens. Mais qu’on le dise : le queerbaiting c’est un vrai problème mais la suspicion qu’on fait souvent planer sur les bis, s’en est un autre. Comme disais l’autre, d’ailleurs, il faut reconnaître son ennemi, et l’ennemi pour moi ne se trouve pas dedans, mais de l’autre côté de l’arc-en-ciel.  Chronique : Zoé Neboit
L'édito testo d'Olga : Karine Lemarchand et les P.R.OU.Ts10 Oct 2022
Ce soir, Olga se tient devant son micro allégé·e d’un sacré poids, celui de feu ses eins, 15 jours après sa mammectomie. Mais bien que soulagé·e d’avoir finalement annoncé ma transition à ses parents, d’être en vie et d’avoir une convalescence facile… une angoisse grandissante écrase encore son torse. Cet été, on a pu remarquer que, contrairement au Lobby, les LGBTQIphobies ne prenaient pas de vacances — preuve s’il en est que leurs portes paroles en tous genres sont bien de droite. Entre la gestion discutable de l’épidémie de Monkey Pox, une élue qui nous appelle OKLM « ces gens-là », un rappeur en mal d’attention qui sort une chanson homophobe au clip homoérotique et, bien sûr, l’attaque du Planning Familial qui a eu l’outrecuidance de rappeler sa mission de soutien à toutes les personnes qui peuvent être enceintes, en plus des femmes cisgenres. Et ça, c’est juste ce qui concerne les queers, parce que si on devait aussi lister tous les bails misogynes, racistes, anti-sociaux, anti-écolo et compagnie, on y serait encore demain…   Bref, on avait hâte de voir arriver l’automne, en espérant que les gugus du gouvernement s’étoufferaient dans leurs cols roulés. C’était sans compter sur le rab qu’on a eu pour la rentrée. Karine Le Marchand, déjà connue pour ses tweets antiféministes, ses propos follophobes et lesbophobes autour de l’Amour est dans le pré et son émission grossophobe sur M6, a décidé de « changer le regard » de manière tout aussi éclatée au sol sur une nouvelle minorité : les personnes trans. Mégenrage, psychiatrisation, parole donnée aux transphobes… tout le bingo y est, sans surprise, vu comme la médiocrité cishétérotoxique est dans l’air du temps actuellement dans l’Hexagone. Et pour ça, on peut entre autres remercier les TERFS et leurs élucubrations réacs, limite complotistes. Pour rappel : les TERFS, ou Trans-exclusionary radical feminist, sont, contrairement à ce que suggère leur dénomination, tout sauf féministes. Nos adelphes anglophones proposent donc à la place l’acronyme FART, qui veut littéralement dire pet, pour feminist appropriating reactionnary transphobic. En français, ça donne PROUT, pour Petite Réactionnaire Ouvertement Transphobe — merci Twitter. Cet été, les figures de prout de ce mouvement anti-trans en France, Marguerite Stern et Dora Moutot, ont largement envenimé le harcèlement du Planning Familial. Ce sont les mêmes qui ont comparé l’art des drag queens à la pratique raciste du black face. Et, elles ont aussi déclaré, sous les applaudissements de La Manif pour tous et de toute la réacosphère, qu’une femme était, je cite, « une femelle adulte humaine ». Vraiment, après deux siècles de féminisme, y’a pas d’autre mot qui me vienne que BOUFONNES. Ben ouais, ma sororité de personne transmasculine s’arrête là où commence l’extrême-droite. Une accointance dont le duo se défend, mais quand on tient des propos sur le genre qui sont similaires à ceux de Poutine pour justifier le bien fondé d’annexer 4 régions ukrainiennes pour sa guerre territoriale, ‘faut se poser les bonnes questions. À ce sujet, je vous recommande d’ailleurs l’enquête méticuleusement documentée de Pauline Bock, pour Arrêt sur Image. TERF, FART, PROUT, « djendeure critical »… quelle que soit la manière dont on désigne ces activistes, une chose est sûre : au-delà de leur ridicule, elles sont dangereuses. Rappelons qu’au Royaume-Uni, et notamment grâce au soutien médiatique de la TERF suprême JK Rowling, leur acharnement a conduit à l’interdiction des bloqueurs de puberté — alors qu’ils sont totalement réversibles — pour les mineur·e·s trans. Si une marche arrière a depuis été opérée sur cette législation, la souffrance qu’elles ont causé, pour ne pas dire le sang qu’elles ont sur les mains, est bien réelle. Aujourd’hui, en France, ces militantes anti-trans, soutenues par tout le spectre droitard qui rêve de nous voir disparaître, sont en train de gagner du terrain. Elles s’incrustent dans les organisations de lutte contre les discrimination, les ministères, les journaux… Le terrain de nos luttes actuelles se trouve donc précisément ici. Nous allons devoir redoubler de vigilance pour ne rien laisser passer ! Signalons systématiquement leurs propos, mais en essayant de céder le moins possible à notre envie légitime de les insulter, car elles se gargarisent du statut de martyr qu’elles s’inventent. Débunkons leurs pseudo sources et leurs méthodes de manipulation — ça, c’est très facile. Soutenons les luttes trans par nos partages, notre présence dans les assos, les manifs, et les cagnottes. Et surtout, surtout, empêchons nos proches et moins proches qui pourraient se laisser séduire par les discours transphobes d’y sombrer, car on ne naît pas TERF, on le devient. Chronique : Olga Volfson
Margot pousse la chansonnette : Dépression saisonnière10 Oct 2022
En ce mois d'octobre, Margot referme l'émission en slam, et se replonge dans un autre mois d'octobre, celui de l'année dernière. L’automne arrive, dépression saisonnière Le ciel est gris, et ça tape sur mes nerfs L’année défile et je sais pas quoi faire De mon temps, de ma vie, donc j’vais tout foutre en l’air J’ai perdu la tête, j’sais plus comment aimer Même si c’est soir de fête, j’ai pas envie de rester Les questions se répètent sans être élucidées Arrivée sur la crête j’aurais envie de céder Mais c’est pas de ma faute, non j’y peux rien J’suis tombée là-dedans quand j’étais gamin Le problème c’est que sur le bord du chemin Je laisse tomber les gens leurs voix et leurs chagrins À la recherche du sens, et des plaisirs Je tourne je marche je pense à me trahir J’écris pour aller mieux, pour me trouver Embrasée par le feu, de mes pensées À la recherche du sens que je donne à ma vie Les blessures que je panse restent toujours à vif Tout ça n’est-il qu’un jeu que je pose sur papier J’aimerais me connaître un peu mieux que ce qu’on m’a conté J’ai pas le chemin J’sais pas d’où je viens Peu importe ma journée, l’anxiété va rester Jusqu’à demain Sur le parchemin Plus la rage de vaincre À quoi bon rester, trop de choses à effacer Avant le clap de fin Dépression saisonnière, on m’a pas dit laquelle Eté automne hiver, et le printemps s’en mêle Aujourd’hui c’est l’enfer, dans ma tête pluie et grêle J’abandonne mes chimères et c’est toujours pareil J’ai passé mon temps à taire mes émotions Les reléguer au rang de machinations Gouttes de sueur sur les tempes, j’oublie toutes mes passions Qu’on me donne des exemples et des indications J’me sens toujours de trop, surtout quand y’a personne Pas la force de décrocher le téléphone Le problème c’est que plus le temps passe plus je façonne Un monde fait de faux et j’suis moi-même mon clone Si je passe devant, je verrai qu’un mirage Encore à contresens, s’emmêlent les images Emportées par le vent, j’oublie tous les visages J’passe de 0 à 100 dans le dernier virage Même si je passe devant, j’me sentirais derrière À tout faire comme avant, pas de quoi être fière Les aveux pas le temps, un sanglot à travers De ma gorge, j’sens les dents et je ferme mes paupières  J’ai pas le chemin J’sais pas d’où je viens Peu importe ma journée, l’anxiété va rester Jusqu’à demain Sur le parchemin Plus la rage de vaincre À quoi bon rester, trop de choses à effacer Avant le clap de fin Mes lèvres sont lourdes de mots que je n’émis pas Coeur fait des soubresauts c’est son sport de combat Les frissons sous la peau ils ne me quitteront pas Je repars à zéro chaque matin ici-bas Je rêve le jour jusqu’à veiller la nuit Les mots d’amour j’les trouverai entre milles Prise de court, je sais plus qui je vise Plus de détours, faut que j’me lance dans le vide L’automne arrive, dépression saisonnière Le ciel est gris, et ça tape sur mes nerfs L’année défile et je sais pas quoi faire De mon temps, de ma vie, donc j’vais tout foutre en l’air Chronique : Margot Michel
L'édito de Victor : « Quelle c*nne je fais ! »10 Oct 2022
En rentrant de vacances, Victor a rouvert Twitter et Instagram. Bien mal lui en a pris : 10 minutes plus tard, il avait déjà envie de casser son téléphone contre un mur... ...oui parce qu'on peut avoir grandi en se sachant une petite pédale et avoir parfois la gestion émotionnelle d’un bully préadolescent. Donc je voudrais ce soir vous parler de deux sujets qui m’ont particulièrement soulés. Premier agacement. Sur Twitter la maléfique, plusieurs comptes de meufs, ont lancé un débat qui disait en substance « hey les cis gays vous êtes des gros misogynes parce que vous vous genrez au féminin pour dire des choses négatives ». Bon, la question se pose je suis d’accord, on en a même parlé récemment avec les membres de cette équipe hors antenne. Mais Twitter oblige, tout était ici dans la mesure et aucune ne tentait d’esquisser l’ombre d’une explication. Alors moi je vais vous en livrer quelques unes. Premièrement quand on a été, comme c’est le cas pour beaucoup de gays, genré par les autres au féminin pendant une bonne partie de son enfance et adolescence - et évidemment pas pour chanter les louanges de nos qualités de sportives - on a bien le droit à l’âge adulte de se genrer au féminin, même si c’est pour dire des choses négatives. C’est un retournement de stigmate, c’est de l’empouvoirment. Deuxièmement, c’est une pratique qui se retrouve majoritairement dans des groupes, et OH WAIT, souvent ils sont constitués de gens qui subissent ou ont subi la même oppression. Donc en plus de retourner cette oppression ils en font une force collective. Et troisièmement c’est une pratique que les pédés n’utilisent qu’ENTRE EUX. Avez-vous déjà entendu un gay dire « mon boss est une grosse conne » ou « mon daron, quelle boufonne » ? A priori, non. Et pourquoi ? parce qu’on utilise toujours le féminin pour qualifier des membres de la commu et très souvent d’ailleurs des gens qu’on apprécie. Si c’était dans une intention misogyne ce serait appliqué à TOUS les hommes sur qui on bitch. Mon deuxième ulcère a été provoqué par une story qui a beaucoup tourné sur insta et qui se gargarisait d’apporter une définition de la queerness somme toute assez confondante de prétention. On pouvait y lire d’abord que « mettre du vernis le weekend et revenir au travail habillé normalement le lundi ne fait pas de vous un queer », OK, merci de donner les bons et mauvais points René, n’hésite pas à partager le barême la prochaine fois. Ensuite il y avait écrit qu’être queer c’est s’être déjà senti mal à l’aise dans, je cite, un « lieu fréquenté par des mec gay physiquement plaisants ». Putain, quelle conne je fais, je pensais qu’être queer c’était se sentir en décalage par rapport à la cishétéronormativité et en fait rien à voir, c’est être en décalage avec les mecs gays sexy. Il y a des soirées où 12 bombes atomiques torses nus se zieutent le nombril dans un coin et où le reste de la basse cour regarde en sachant qu’il ne les toucheront jamais, ben juste moi j’y vais pas à ces soirées, mais c’est un choix. Ca veut pas dire que ce sont des bad gays, que les gens qui y vont ne sont pas assez pédés ou pas assez queer. Et dans l’autre sens m’y sentir mal à l’aise ne fait pas non plus de moi in extenso un queer. Vous aurez donc saisi que j’ai trouvé cette définition tout à fait grotesque… Ce qui est le plus agaçant c’est que ces deux petites histoires, ont pour moi la même finalité. En pointant l’autre du doigt, en quête du badge de la meilleure militance, elles prennent le risque de faire imploser la commu juste pour savoir « who’s the perfect queer of all ». Et quand on joue trop longtemps à miroir qui est la plus belle, à la fin, on finit par réclamer le cœur de Blanche-Neige. Chronique : Victor Samoth-Panetti
Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 3 : Back to back avec Lalla Rami27 Jul 2022
Troisième et dernière heure de notre émission spéciale Pride en direct de Dobk B à Pantin ! Et pour clôturer notre marche des fiertés radiophonique, nous recevons l'artiste trans et marocaine Lalla Rami. Découverte par certains au cabaret, ou alors pour son duo icônique avec Yanis, Lalla Rami nous propose un rap queer aux paroles acérées. Pour cette heure d'émission, elle affronte l'équipe du Lobby dans une compétition de DJ. Qui aura la meilleure playlist ?
Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 2 : Sur le char du Lobby27 Jul 2022
Pour sa dernière de la saison, l'équipe du Lobby a célébré la fierté LGBT+ dans une grande Pride radiophonique... Dans cette deuxième heure d'émission, Colin et Victor retrouvent toute la joyeuse équipe de chroniqueureuses de l'émission. Zoé nous parle de sa "période hétéro", Léone lit de la poésie, Olga casse l'ambiance, Ixpé nous fait découvrir VARTANG en live et Margot nous propose une chronique en musique, et fait gagner des cadeaux au public.
L'HEBDO — Homophobie d'État : quand archives sortent les victimes de l'oubli15 May 2025
Dans son dernier essai, l'historien Antoine Idier propose une vaste enquête dans les archives pour remonter la piste de l'homophobie d'État Ce mardi 6 mai, le Sénat a adopté avec modifications en deuxième lecture la proposition de loi portant réparation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1945 et 1982. Selon le site internet du Sénat, cette deuxième lecture a fixé les bornes de cette période de 1945 à 1982, alors que l’Assemblée nationale avait adopté un texte dont la date de début était 1942. De plus, la deuxième lecture a “supprimé le mécanisme de réparation financière adopté par l’Assemblée nationale”. Par rapport à la première proposition, c’est un recul, sur un projet de loi qui n’est déjà pas jugé suffisant pour réparer les préjudices causés par la justice et la police française pendant des décennies. En effet, cette répression concerne entre 10.000 et 50.000 personnes, quasi exsclusivment des hommes qui ont été condamnés pour leur homosexualité, et pour 90% d’entre eux, ils ont subi une peine de prison ferme. Antoine Idier était venu parler de cette proposition de loi au micro du Lobby en décembre 2023. Il vient de publier Réprimer et réparer. Une histoire effacée de l'homosexualité, aux éditions Textuel, en avril 2025. Il est chercheur au centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, maitre de conférence à sciences po saint germain en laye et spécialiste de l’histoire des homosexualités et des cultures minoritaires et dans cet ouvrage, il fait  l’histoire des dispositifs pénaux ayant réprimé l’homosexualité, et  critique les politiques contemporaines de réparation de cette repression. Par l’étude des sources judiciaires et policières, il propose une vue plus large sur la question, et c’est ce dont nous allons discuter aujourd’hui. Présentation : Aglaé Réalisation : Colin
Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 1 : Le cortège de tête, avec Yanis Khames, Sasha Yaropolskaya et Lesbien Raisonnable27 Jul 2022
C'est le retour de la Pride radiophonique du Lobby ! Le 22 juin dernier, on vous donnait rendez-vous à Dock B, à Pantin, pour une marche des fiertés rêvée. Dans cette première partie d'émission, on dresse le bilan de notre année militante avec des activistes qui ont marqué l'année : — Sasha Yaropolskaya est une activiste transgenre. Journaliste, elle a co-fondé le premier média transféministe XY Media. En début d'année, elle s'est aussi engagée auprès d'Anasse Kazib, candidat malheureux à l'élection présidentielle pour Révolution Permanente. — Yanis Khames est l'un des fondateurs de la Pride des banlieues, qui a connu au début du mois de juin sa seconde édition, après une longue coupure due à la pandémie de Covid-19. Il a aussi confondé le collectif Saint-Denis Ville au Coeur.  — Lesbien Raisonnable est journaliste. De son vrai nom Lauriane Nicol, elle anime depuis quelques années le compte Lesbien Raisonnable. Portée par son succès, elle voit désormais les choses en grand, avec à venir un "Netflix lesbien" et un magazine.
Daisy Letourneur, elle n'est pas née mec23 May 2022
La joyeuse équipe du Lobby reçoit Daisy Letourneur, journaliste et blogueuse transgenre, à l'occasion de la parution de On ne naît pas mec aux éditions La Découverte. En 2017, Daisy Letourneur lance le blog Le Mecxpliqueur, en clin d'oeil au mansplaining, cette pratique typiquement masculine qui consiste à expliquer aux femmes des choses qu'elles savent au moins aussi bien, voire mieux. À l'époque, Daisy Letourneur n'a pas encore amorcé sa transition de genre, mais s'intéresse de près au genre et surtout aux masculinités. Quelques années plus tard, Le Mecxpliqueur est devenu La Mecxpliqueuse, et Daisy une fière femme trans et lesbienne. Elle vient de publier On ne naît pas mec, un "petit traité féministe sur les masculinités" qui compile les nombreux articles qu'elle a publiés depuis 2017. À coups de dessins humoristiques, d'études sérieuses et de punchlines, elle chamboule nos idées préconçues sur la masculinité et nous invite à la suivre dans un projet bien plus ambitieux que l'égalité femmes-hommes : l'abolition du genre, nécessaire pré-requis à la mise à mort du patriarcat. Les chroniques du Lobby Dans son édito, Victor rend hommage à notre émission et notre jolie équipe. Margot continue d'expliquer la vie aux hétéros, et aujourd'hui elle s'adresse à ceux qui voudraient la faire entrer dans son boys club. Et enfin, dans son édito testo, Olga est vent debout contre la culture du régime, à laquelle iel préfère la culture de Régine. Programmation musicale — Maud Geffray, Way Out (2022) — Fishbach, De l'instinct (2022)
6 ans après la loi abolitionniste, où en sont les travailleureuses du sexe ?25 Apr 2022
Le Lobby ouvre son micro aux travailleureuses du sexe, six ans après la loi renforçant la lutte contre le "système prostitutionnel". Depuis le 13 avril 2016, le racolage public n'est plus pénalisé. En revanche, ce sont désormais les clients qui le sont. Ce jour-là, une loi souhaitant lutter contre la prostitution en accompagnant les travailleureuses du sexe dans des parcours de sortie de la prostution est promulguée. Ses conséquences sont bien plus vicieuses : une plus grande précarisation, des risques sanitaires plus importants, et une sécurité remise en cause. En 2018 et en 2020, les meutres de Vanesa Campos et de Jessyca Sarmiento, deux travailleuses du sexe transgenres exerçant au bois de Boulogne, l'ont tristement rappelé. Six ans et une pandémie plus tard, où en est-on ? On en parle avec : Références et liens Pour donner au FAST, le fonds d'action sociale trans, c'est ici : https://www.acceptess-t.com/aide-sociale Pour participer à la cagnotte afin de permettre à notre chroniquereuse Olga de s'offrir une mammectomie, c'est par là : https://www.leetchi.com/c/mammectomie-olga Victor vous recommande la série Heartstopper à voir sur Netflix Olga a lu et aimé le livre On ne naît pas mec, de Daisy Letourneur (qu'on suit aussi sur son blog La Mecxpliqueuse) Enfin, Margot a regardé Anne+, également sur Netflix, un film très queer adapté d'une websérie néerlandaise Programmation musicale — Rosewater, Mélissa Laveaux & November Ultra — I like it raw, Changeline, à retrouver sur Les Disques du Lobby : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby/changeline-i-like-it-raw-free-download
Mathilde Forget, de son plein gré28 Mar 2022
Mathilde Forget est l'invitée du Lobby un an après la parution de son deuxième roman, De mon plein gré. [TW : Viol] C'est l'histoire d'une femme violée qui porte plainte comme on confesse un crime. Dans De mon plein gré (Grasset, 2021), Mathilde Forget raconte l'après-viol, la suspicion, la honte, la culpabilité. Elle a aussi raconté son histoire dans un puissant documentaire de France Culture, réalisé par Clémence Allezard. Des espaces en dehors du patriarcat, où la parole des femmes victimes de viol est libre et sans entraves. La colère de notre invitée est intacte. Sa légèreté, durement touchée, commence à revenir. Mathilde Forget est dans Le Lobby.
La fête queer est-elle toujours politique ?28 Feb 2022
Alors que les clubs rouvraient il y a 2 semaines, on se demande ce qu'il advient du monde festif queer... De Stonewall au Pulse en passant par le Pulp, les lieux festifs marquent la communauté LGBT et racontent l'histoire de la lutte pour ses droits. Et aujourd'hui, quelle place pour la fête ? Après deux ans de pandémie, alors que les revendications d'inclusivité sont au plus fort dans la communauté, comment fait-on la fête en restant politique ? On en parle avec Rag, DJe et directrice artistique des soirées Wet for me, membre du collectif Barbi(e)Turix, et Benjamin Dufrene, DJ et directeur artistique des Souffleurs (rue de la Verrerie, dans le Marais).
On fait des sales bruits, des sales nuits avec P.R2B31 Jan 2022
La fière équipe du Lobby reçoit la chanteuse P.R2B, qui a sorti en octobre son premier album "Rayons Gamma" ! De son vrai nom Pauline Rambeau de Baralon, P.R2B grandit à Bourges, dans le Cher. Elle écoute Brigitte Fontaine, Barbara, Mylène Farmer. Très tôt, elle écrit ses premières chansons mais les garde pour elle. En 2017, tout juste diplômée de la Fémis, grande école de cinéma à Paris, elle sort une première chanson, Ocean Forever. Et puis ce sera un premier EP, en septembre 2020, et finalement l'album en octobre dernier, un savant mélange de chanson française et mélancolique, et de tubes énergisants. P.R2B sera en concert à la Cigale le 23 mars 2022, mais aussi aux Printemps de Bourges et dans vos festivals cet été avant une tournée à l'automne ! Programmation musicale — P.R2B, Mélancolie (2020) ; — Lestërr, Mon corps déborde (2021), à écouter sur Les Disques du Lobby
2022, l'année du drag français ?03 Jan 2022
L'équipe du Lobby se retrouve pour fêter dignement la nouvelle année. Avec nous pour prendre de bonnes résolutions, les drag queen Morphine Blaze et Clémence Trü. Après le Royaume-Uni et l'Espagne, la France s'apprête à être le troisième pays européen qui aura sa déclinaison de l'incontournable RuPaul's Drag Race. L'étape ultime de la mainstreamisation ? On en parle avec deux drag queens, Morphine Blaze et Clémence Trü... https://www.instagram.com/p/CWYvDORrNtB/ Références citées dans l'émission — Le Chant d'Achille, Madeleine Miller, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christine Auché, Rue Fromentin — L'association Gras Politique organise un mercredi et un jeudi sur deux des cours de yoga inclusifs, adaptés à tous les corps, en visio
Le rire est politique, avec Tahnee06 Dec 2021
Bienvenue dans Le Lobby, merci de déposer vos identités de genre à l'entrée, et si vous avez envie de changer de pronoms pendant l'émission, n'hésitez pas. Ce soir, nous recevions l'humoriste Tahnee. « Il y a des lesbiennes dans la salle ce soir ? », demande Tahnee en préambule de son spectacle de stand-up, qu'elle joue chaque mardi soir à la Comédie des Trois bornes, dans le 11e arrondissement. La jeune femme s'y raconte, comme lesbienne, comme femme noire ayant grandi dans la campagne normande, avec humour et légèreté. Alors qu'elle s'apprête à présider la 4e cérémonie des Out d'Or, elle est l'invitée du Lobby.
« Free from desire », enquête en territoire asexuel et le festival Chéries-Chéris08 Nov 2021
Le Lobby, c'est votre dose de queerness mensuelle, avec ce mois-ci le nouveau podcast d'Aline Laurent-Mayard consacré à l'asexualité, et la 27e édition du festival Chéries-Chéris. Aline Mayard-Laurent est asexuelle, elle ne ressent que peu ou pas d'attirances sexuelle et romantique. Pourtant, aujourd'hui, elle vient de devenir parent. Dans Free From Desire, son nouveau pocast, elle sort autant un autoportrait intime qu'une invitation à réfléchir à nos propres désirs.  Free From Desire est une production Paradiso qui s'écoute sur toutes les plateformes de podcast ! Le mois de novembre est le mois de la déprime par excellence, mais c'est aussi celui du festival Chéries-Chéris, le festival du film LGBTQ+ de Paris. Avec le délégué général du festival Grégory Tilhac, on dresse un bilan de 26 ans de festival, et on jette un œil à la programmation de cette année ! Comme chaque mois, Ixpé des Disques du Lobby vous fera découvrir une nouvelle pépite. Vous pouvez le retrouver sur son SoundCloud : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel & Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Lady Gaza, Margot Michel, Olga Volfson et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) !
Janis : un itinéraire trans dans le monde féroce de la musique11 Oct 2021
C'est le grand retour du Lobby, le rendez-vous queer de Radio Campus Paris. Pour notre première émission de la saison, nous recevons Janis, artiste non-binaire, qui s'apprête à sortir un nouvel EP intimiste après une longue absence. Découverte en 2008 sous le nom de Sliimy, elle avait séduit la presse avec sa pop acidulée. Dès l'année suivante, on l'a vue sur scène, en première partie de Britney Spears. C'était il y a 12 ans, et il fallait de solides épaules pour être une personne queer racisée visible. Le temps a passé, Janis a changé, tout comme sa musique. Alors qu'elle vient d'annoncer son coming-out non-binaire, iel s'apprête aussi à sortir un nouvel EP, dont un premier extrait a été révélé il y a deux semaines. Dans Solo, Janis écrit une poignante lettre à son père. RÉFÉRENCES CITÉES DANS L'ÉMISSION - Dans sa chronique Les livres du Lobby, Antoine nous fait entendre un extrait de Pas dire, de Baptiste Théry-Guibert - Dans Les Disques du Lobby, Ixpé nous ramène en été avec Gonthier, et son titre endiablé I don't fit it : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby/gonthier-i-dont-fit-in-premiere - À voir sur Netflix, le dessin animé très queer Q-Force : https://www.netflix.com/title/81039557 - À voir à la Cinémathèque Française, le film Prêtez-moi vos lèvres, de Yann Gonzalez, qui sera diffusé le 15 novembre : https://www.cinematheque.fr/seance/35989.html - À lire dans Le Monde, un papier sur le ranch de la licorne obstinée dans le Colorado : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/20/dans-le-colorado-au-ranch-de-la-licorne-obstinee-les-eleveuses-d-alpagas-sont-transgenres-et-anarchistes_6095253_3210.html - Olga nous propose de lire Écologies déviantes : voyage en terres queers (Éditions Cambourakis) de Cyril Lecerf Maupoix : https://www.cambourakis.com/tout/sorcieres/ecologies-deviantes/ - Hanane vous invite à Saint-Ouen pour voir le spectacle Lou à l'Espace 1789 : http://www.espace-1789.com/spectacle/lou-de-fran%C3%A7oise-%C3%A0-alice - Et puis on va regarder Bilal Hassani dans Danse avec les stars sur TF1 ! Vous pouvez aussi écouter le précédent EP de Yanis, L'Heure Bleue, ainsi que l'album de Sliimy, Paint your face, sur les plateformes de streaming ! L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel & Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Lady Gaza, Antoine, Olga Volfson et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) !
L'HEBDO — Transphobie : le Royaume-Uni en pleine panique morale09 May 2025
Cette semaine, cap sur le Royaume-Uni, où le camp transphobe vient de gagner une nouvelle bataille. Le 16 avril dernier, la plus haute instance juridique du Royaume-Uni, la Cour Suprême, a décidé unanimement que la définition légale d’une femme repose sur le sexe biologique et non sur le genre. Alors évidemment, cette définition exclut les femmes trans*.  Plusieurs associations LGBTQI+ ont alerté sur les conséquences que cela pourrait avoir sur les droits des personnes trans*, notamment les organisations Equality Network et Scottish Trans qui craignent que ce jugement « limite la portée de la reconnaissance de genre » et que le genre des personnes trans ne soit « plus reconnu dans de nombreuses situations » Pour parler des conséquences de cette définition, nous recevons Margot Mahoudeau, autrice du livre La Panique Woke, militante féministe et queer, mais aussi co-présidente de l’association Espace Santé Trans : une association fondée en 2015 située en île de France qui rassemble des militanz et professionnel.le.s de santé, engagé.es dans la protection des droits et la promotion de la santé des personnes trans.  L'association Espace santé trans organise un goûter ce vendredi 9 mai à La Bulle — Maison des Solidarités LGBT+. Toutes les infos ici : https://www.instagram.com/espacesantetrans/ L'événement est destiné aux personnes trans et aux personnes en questionnement. Pour aller plus loin... "Huge blow for trans rights as Supreme Court says: you are not women", The Independent.  “Au Royaume-Uni, la définition légale d’une femme repose sur le sexe biologique et non sur le genre, tranche la Cour suprême”, Le Monde.  “Royaume-Uni : Nouvelles directives (et inquiétudes) sur la transidentité après la décision de la Cour suprême”, 20 minutes.  'Trans People Woke Up To A Bleak New World Today. How Did We Get Here?', Huffpost (jane fae)  Présentation : Sam Réalisation : Colin Musique de fin : Auf Wiedersehen, Cécilia Da Colonia
Carte blanche à Ixpé des Disques du Lobby21 Sep 2021
C'est la rentrée avant l'heure dans Le Lobby ! Avant de vous retrouver au grand complet le 12 octobre, on prend exceptionnellement l'antenne, le temps d'une carte blanche avec notre chroniqueur musical Ixpé. Le temps d'une heure d'émission hors-série, Ixpé prend le micro et passe des disques. Ce soir, on écoute donc Eris Drew, Arca, Ttristana, Sateen, VIKKEN, Honey Dijon, Mykki Blanco, Laura Jane Grace, Kim Petras & SOPHIE, Lotic, bell's roar et Yndi ! Retrouvez Ixpé chaque mercredi sur SoundCloud dans Les Disques du Lobby, sa plateforme où il met à l'honneur des artistes LGBTI+ émergent·es. Et pour la rentrée du Lobby, ce sera le mardi 12 octobre, à 20 heures et en direct sur Radio Campus Paris !
Le Lobby fait sa Pride ! — « Bébé queer deviendra grand ! » : la chronique de Margot04 Jul 2021
Pour la marche des fiertés radiophonique du Lobby, Margot est revenue sur son propre et tout récent coming-out. Bonsoir, à toutes et à tous. Je suis vraiment ravie d’être là ce soir avec vous parce qu’on a 3h pour parler de nos fiertés, les communiquer, les revendiquer. Et je trouve ça génial parce que c’est très nouveau pour moi. C’est la première année que je suis out et ça fait même pas deux ans que je suis out à moi-même. Out à moi même ça veut dire que j’accepte de m’accepter. Et en gros, je sors a peine de la phase bébé queer qui en apprend tous les jours sur soi. Et cette phase d’apprentissage, je ne peux pas m’empêcher de la comparer à une deuxième adolescence. C’est donc de mon expérience personnelle dont je vais vous parler ce soir. En même temps, je suis lion, en signe Astro, je pouvais pas parler d’autre chose que de moi quand même. « Alors déjà, quand je me suis dit que je vivais comme une deuxieme adolescence, je pensais avoir trouvé la théorie du siècle. Mais… je n’ai rien inventé ! » Ce thème est abordé dans pas mal de contenus queers et j’ai trouvé un début d’explication à ça dans Le Génie lesbien d’Alice Coffin. Dans son livre, que dis-je, cette Bible, elle parle d’une adolescence volée. Parce qu’elle n’a pas pu la vivre en tant que lesbienne. Et quand j’ai lu ces mots, adolescence volée, j’ai évidemment fait un tour dans mes souvenirs des années lycées. Pour faire simple, il existe un gouffre entre la moi de 2015 et la moi d’aujourd’hui. A l’époque, j’étais entourée d’hétéros. Je ne savais pas ce que c’était être LGBT. Je connaissais même pas l’acronyme complet je pense... Mon éducation m’a pas permis de connaître le monde merveilleux de la queerness assez tôt. Pour vous donner une petite idée, au lycée j’étais dans un établissement jésuite. Pour celleux qui ne connaissent pas, c’est une congrégation catholique exclusivement masculine, donc y’a rien qui va. Et pour ajouter un peu de piment, mes parents étaient ambiance drapeaux rose et bleu à la manif pour tous. Autant vous dire que si on m’avait dit « Dans 10 ans t’auras une meuf et tu verras, ça va être super », j’aurais fait une syncope ! Alors que, parallèlement, je me suis bien rendu compte qu’il y avait certains indices quand même… Je n’étais pas tellement attirée par les garçons autour de moi. Je ne comprenais pas trop les jeux de séduction dans la cour et quand je regardais un film en famille je m’autorisais JAMAIS à donner mon avis sur les actrices… je peux vous dire que la moi de maintenant comprend TRÈS bien pourquoi j’étais pas dans le délire team Edward team Jacob quand Twilight est sorti… Excusez-moi mais y’avait Ashley Greene et Kristen Stewart dans ce film tout de même ??! Où était la team Bella et la team Alice ? « Mais bref, ce retour dans mes souvenirs me fait dire que moi non plus j’ai pas vécu mon adolescence à 15 ans. La bonne nouvelle c’est que je la vis maintenant. » Vous allez me dire « t’as plus 15 ans, t’es plus au lycée, c’est pas pareil » C’est un bon point. Mais y’a plein de changements conscients ou inconscients qui se sont opérés, comme une mue. Petit exemple, j’ai les cheveux blond platine depuis deux mois – oui j’ai dit petit exemple, c’est vraiment rien d’incroyable – mais pour moi ça a un peu été un big deal. Tenez-vous bien, j’y réfléchis depuis 2013. Ça fait 8 ans. Depuis que j’ai vu Miley Cyrus péter des murs avec sa wrecking ball. Pareil pour les piercings aux oreilles et les tatouages. Avant je me contentais de me trouver des partenaires percés et tatoués. Et maintenant, pour la première fois, je sens que mon apparence physique est en accord avec ce que je suis à l’intérieur. Mais c’est allé plus loin que ca. Y’a eu du changement dans mes relations intimes. En ce moment je suis avec une fille depuis plusieurs mois, ça se passe super bien. et vraiment, notre histoire a commencé comme si on avait 14 ans, en plein voyage scolaire. Je vous pose le décor, on s’est confinées dans une coloc à 4, et on voulait garder ce qui se passait entre nous, pour nous. Résultat, on s’envoyait des textos dans la nuit pour savoir si on se rejoignait, avec le stress que quelqu'un se réveille à cause des portes qui grincent et les bruits de pas sur le parquet. On se cachait pour se faire des potibisous dans la cuisine ou dans le couloir. Il y avait vraiment ce frisson de l’interdît et c’était génial. Et je pourrais vous donner des exemples comme ceux-ci pour chaque dimension de ma vie. Et c’est aussi pour ça que c’est si important pour moi cette Pride à la radio. Avec ce genre d’émissions, on peut prendre de l’espace et montrer toute la beauté et la diversité de notre communauté. Et c’est l’occasion de dire à toustes nos adelphes que out ou pas, avec une éducation à mille lieux de ce qui les fait kiffer ou pas, iels sont les bienvenues et iels sont valides. Alors pas de souci les bébés queers, mes petits coquelicots, on est dans le même bateau. Continuez votre chemin, tranquillement mais sûrement, parce qu’un jour, bébé queer deviendra grand. Retrouvez notre pride radiophonique en intégralité sur vos applis de podcasts ou sur le site de Radio Campus Paris !
Le Lobby fait sa Pride ! — « Audre Lorde, Sarah, Chloé et moi » par Lady Gaza28 Jun 2021
À l'occasion de la marche des fiertés radiophonique du Lobby, Lady Gaza a adressé une lettre bouleversante à Audre Lorde, figure lesbienne du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis. Salut Audre. Moi c’est Lady Gaza. Comme toi, je suis lesbienne, racisée, de milieu populaire et maman, révolutionnaire. Je ne suis pas poète, mais chanteuse. Il y a eu une pride radicale à paris le 20 juin, et il pleuvait des queers racisé.e.s. Je voulais te raconter à quel point c’est vivifiant de voir cette force des racisées queers, quand tu sais la douleur que ça a été de se sentir seule dans ce placard. J’étais prise en étau entre la peur de l’exclusion familiale et le racisme des milieux queers et révolutionnaires. Et Je te dis merci Audre. Merci, car pendant 10 ans,  tu as fait partie de mes 2 ami.e.s queers racisé.e.s. Tes textes me percutaient… J’en pleurais car je me demandais comment une femme, afroaméricaine pouvait autant comprendre les contradictions que nous vivions, dans l’intimité, mais aussi dans ce monde politique brutal, petit bourge et raciste. Tu comprends comme jamais cette colère due à notre déshumanisation permanente. Tu nous pousses à transformer cette colère. Tu nous pousses à retirer le masque de cette colère qui nous défigure. Tu nous pousses à en faire un cri de fierté et d’organisation. Depuis, je nous imagine boire des thés pendant des heures. Je te raconterais la soirée à la Flèche d’or entre queers racisé.e.s. Je débrieferai des heures, la soirées Trace Ta voix, où on mélange tous nos mondes. Ou encore, mon concert d’hier en pleine cité de Créteil, avec des chibanis et chibanias, et où on me présente en assumant que le combat pour nos droits LGBTQI+ est une lutte commune… Je te partagerai les confidences touchantes, rageantes et drôles des bébés lesbiennes. Elles ont 17, 18 ans. Pendant que je faisais la dame du CDI, j’entends une conversation entre plusieurs lycéennes. Une élève, qui porte le voile, conseille son amie lesbienne «  attention, t’es sûre que ce n’est pas une hetéro curieuse ? » et voilà quelles ricanent, se taillent entre elles, se soutiennent. S’aiment. Elles s'aiment. Je n’oublie pas nos réunion entre Femmes en lutte 93 et les femmes sans papiers de ST Denis, où on apprend à s’entendre et se soutenir. Ou on finit par faire des manifs avec des copines d’ Accepetess-T en plein St Denis, où une daronne de 70 ans fait un dying avec une femme Trans qui porte sa croix ! Jamais, je n’aurais cru vivre ça, et pourtant, si.Tout ça on y contribue, j’y contribue, et j’en suis fière. Après je te saoulerais comme une amie qui a besoin d’être rassurée en permanence. J’aurais besoin de ton aide pour gérer le revers de la médaille. Ce masque que je me suis mise depuis les premières agressions racistes que j’ai subi dès mon enfance, autour de 11 ans, où une femme a failli m’écraser en voiture,  en me hurlant « sale arabe ». Ce masque de « mais si regardez, je suis sympa, n’ayez pas peur de moi, aimez moi. » J’étais une vraie mendiante de leur amour, de leur respect. Ce masque ne m’a jamais quitté, jusque dans les organisations militantes où je suis. Et je veux m’en défaire. Malgré la férocité que ça déclenche. Malgré le fait que plus on affirme notre pouvoir et notre parole, et plus la réaction en face est violente. A la soirée à La flèche d’or, très vite, les langues se délient. « Même en manif, alors que la pride est antiraciste et anticapitaliste, je subis le racisme… ». Je pense à cette magnifique femme arabe, qui nous raconte, blessée et blasée, que pendant la manif, elle discutait avec une amie, et qu’une amie blanche de son amie (vous suivez ? ) est venue pour s’assurer qu’elles n’étaient pas en embrouille…. Cette image de nous, toujours agressives, toujours en colère, toujours dans une sorte d’animalité, elle est insupportable. Ce qui me fait le plus mal c’est pourquoi, pourquoi, pourquoi, on ne m’accorde jamais le bénéfice du doute, la chance de réparer mes erreurs. Pourquoi je ne réveille pas la même empathie qu’une Sarah, qu’une Chloé blanche? Pourquoi, on me dénie en permanence mon humanité ? Mêmes les personnes racisé.e.s n’arrivent pas spontanément à nous choisir, à se choisir… Ca a un coût, je perds aussi des personnes racisé.e.s qui me trouvent « trop radicales ». Je ne susciterais jamais l’empathie  et le respect que je mérite. Mais je ne ferais plus de compromis sur nous-même. Et toi Audre, tu nous balances tes conseils, telle la grand-mère feuillage des queers racisé•e.s : «J’ai appris à exprimer ma colère, pour ma propre croissance.» MEUFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF !! Tu nous balances des punchlines poétiques à base de « transformer le silence en parole et en actes » MEUUFFFFFFFFFFFFF, mais comment on fait ça ? ...Ou encore « Le silence ne nous protègera pas », mais comment on fait ça ? Non je plaisante. Merci Audre d’être ma BFF de l’au-delà. Grâce à toi, j’ai compris que « la colère, c’est un réactivateur de dignité ». Que la colère, c’est le signal que ton corps t’envoie face au danger. Je sors abîmée de 20 ans de militantisme où je me sentais en danger, prise pour cible, ni vue, ni entendue mais la parfaite caution arabe des quartiers… Tu nous apprends que cette colère, elle est magnifique. C’est ce qui a fait que nos autres BFF de l’au-delà, Marcha, Sylvia et les autres, ont décidé de ne plus laisser les flics les humilier, en pleine veillée funèbre pour leur ami. Cette colère a permis la création de cette pride, sans laquelle nous ne serions pas là aujourd’hui. Cette colère a permis de reprendre du pouvoir sur nos vies. Notre colère, quand elle est maîtrisée, collective et dirigée contre les oppresseurs et exploiteurs, c’est un feu d’artifice. Elle répare, elle emmène la justice, la dignité… Alors pour finir, je vais faire ma propre prise de parole de Pride, allez filez moi un mégaphone ! Merci au Lobby. Ces dernières années ont été éprouvantes pour moi, avec le processus PMA, être une mère sociale, et une féministe ancrée dans les Quartiers Populaires, les violences du milieu militant. Ma dépression a été gigantesque. J’ai cru crever à des moments cette année. Merci donc du fonds du cœur, d’avoir été un des lieux qui m’a permis de transformer cette colère en paroles et en actes. Merci aux survivantes de Femmes en lutte 93, mes amies, ma mif, ma collègue. Et Sy. Notre rencontre entre deux racisé.e.s de quartiers, perdu.e.s dans le milieu queer, a été une force, qui nous as donné beaucoup, jusqu’à la terreur de 2 ans qui colonise notre lit. Je n’ai jamais cessé de construire quand on n’a fait que m’entraver, avec des chaînes, qui ne m’appartiennent pas. Ce soir, Je vous rends ces chaînes, je vous rends ce masque. Je ne serais plus une mendiante de l’amour et du respect individuel et militant. Cette colère, c’est ma boussole politique. Elle me rappelle que je n’étais pas censée survivre. Mais je suis là... Digne, Debout, en vie, en voix, malgré les pertes et les cicatrices. Retrouvez notre Pride radiophonique en intégralité sur toutes vos applications de podcasts ou bien sur le site de Radio Campus Paris.
© My Podcast Data