Explore every episode of the podcast Collège de France - Sélection
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| Conférence - Sonja Dobkowitz : Transitioning to Green Economies: Uncovering the agency of firms and households | 04 Jul 2024 | 00:55:53 | |
Philippe Aghion Collège de France Économie des institutions, de l'innovation et de la croissance Année 2023-2024 Conférence - Sonja Dobkowitz : Transitioning to Green Economies: Uncovering the agency of firms and households Sonja Dobkowitz Chercheuse au German Institute for Economic Research (DIW Berlin) Sonja Dobkowitz est invitée par l'Assemblée du Collège de France, sur proposition du Pr Philippe Aghion. Résumé The transition to environmentally friendly economies is one of the main challenges we are facing today. Massive reductions in emissions must be achieved to comply with the climate targets the global community has agreed upon. Clearly, national and global challenges aggravate rigorous environmental policy-making. At the same time, the agency of firms and households has gained attention, both in the political and academic debate. Through responsible production, consumption, and investment, so the logic, economic actors can contribute to reducing environmental pressures. What are the mechanisms unfolding from responsible economic practice? What economic obstacles may diminish its effectiveness? And what novel motives for policy intervention may emerge? In this lecture, we shall focus on consumers. In the first part, we will study the interaction of a greening of consumer preferences with income inequality. We will see that a lack of financial means prevents households from cleaner consumption. Simultaneously, perceived inequality increases due to the shift in preferences. As a result, governments should redistribute more to low-income households to diminish inequality and to lower pollution. In the second part, we abstract from inequality and ask: How do firms respond to greener demand? From an entirely market-based approach, we would expect firms to adapt by supplying the newly demanded goods. Here, we shall broaden the picture by adding political influence tools to the analysis. Investigating the automotive industry, we will learn that firms do not just react by investing in clean technologies. In addition, firms raise their lobbying expenditures on environmental topics. A decentralized pattern emerges: Household behavior feeds back into the policy-making process through the rent-seeking of firms, thereby opening up scope for policy intervention. | |||
| Les Jeux au Collège de France : De la paléoanthropologie à la physiologie du mouvement | 04 Jul 2024 | 01:04:50 | |
Grand événement - Les Jeux au Collège de France : De la paléoanthropologie à la physiologie du mouvement Intervenants : Jean-Jacques Hublin, Thierry Pozzo et Emmanuel Laurentin Jean-Jacques Hublin Professeur du Collège de France Thierry Pozzo Professeur émérite, Université de Bourgogne Emmanuel Laurentin Journaliste et historien, producteur de l'émission "Le Temps du débat" sur France Culture Résumé Les activités physiques, aujourd'hui considérées comme faisant partie de nos loisirs, ainsi que les sports dans lesquels certains individus démontrent des capacités exceptionnelles, étaient autrefois des pratiques quotidiennes et vitales pour nos ancêtres les plus lointains. L'adaptation au grimper, à la marche bipède, puis à la course d'endurance et au lancer ont joué un rôle central dans l'évolution humaine. Les modalités de ces adaptations peuvent aujourd'hui être étudiées grâce à des techniques innovantes. La biomécanique du squelette et des muscles, l'analyse du mouvement, ainsi que la consommation énergétique du corps humain occupent également une place centrale dans les sciences du sport, sur lesquelles s'appuie l'entraînement des athlètes de haut niveau. Elles suscitent également l'intérêt de ceux et celles qui cherchent à préserver la santé de leur corps à travers des activités physiques régulières. La moindre spécialisation fonctionnelle du corps humain comparée à d'autres vivants a sans doute favorisé le cosmopolitisme de l'homo sapiens en l'aidant à occuper différentes niches écologiques. Cette étonnante capacité d'adaptation via une morphologie généraliste (sans pince, griffes ou nageoires) s'associe à une importante redondance anatomique : par exemple, une même figure gymnique est réalisable selon différentes stratégies articulaires. L'abondance d'alternatives musculaires pour réaliser une même tâche nécessite cependant de faire des choix (moteurs, perceptifs et cognitifs), autant de décisions singulières qui exacerbent les styles et permettent d'accéder à l'individualité. C'est dans ce cadre théorique de l'homme tout-terrain que seront discutées les méthodes disponibles pour surpasser la motricité habituelle ainsi que certaines notions qui déterminent l'excellence sportive. | |||
| Les Jeux au Collège de France : Le sport à la croisée du droit et de l'économie | 13 Jun 2024 | 01:09:35 | |
Grand événement - Les Jeux au Collège de France : Le sport à la croisée du droit et de l'économie Intervenants : Laurence Boisson de Chazournes, Pierre Rondeau et Emmanuel Laurentin Laurence Boisson de Chazournes Professeure à l'Université de Genève et Professeure invitée, Collège de France Pierre Rondeau Professeur d'économie à la Sports Management School, directeur de l'Observatoire du sport (Fondation Jean-Jaurès) Emmanuel Laurentin Journaliste et historien, producteur de l'émission "Le Temps du débat" sur France Culture Résumé Le sport professionnel et les grands événements sportifs entretiennent des liens étroits avec le monde économique. S'ils sont tributaires d'une logique commerciale et d'une logique de sponsoring qui entrent parfois en conflit avec les valeurs sportives, ces liens sont indispensables au modèle économique du sport professionnel, et génèrent des emplois et des retombées économiques importantes. Mais la question économique resurgit également quand on s'interroge sur le coût d'une manifestation comme les Jeux olympiques et paralympiques, dont le calcul complexe doit inclure les bénéfices à long terme en matière de retombées économiques, ou d'amélioration de la santé publique, mais également prendre en compte des enjeux de sobriété, d'impact environnemental et d'écoresponsabilité. Le droit vient quant à lui encadrer et réguler le sport à de multiples niveaux, et permet notamment de contrôler la tricherie et le dopage, et de traiter tous les différends qui peuvent surgir dans le monde sportif, avec la plus grande efficacité, flexibilité et rapidité possible, notamment pendant le déroulement des épreuves olympiques elles-mêmes. De nombreuses procédures ont été créées à cet effet, et notamment pour l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques, qui s'appuie sur un cadre juridique exceptionnel. La régulation du sport par le droit implique ainsi de prendre en compte le particularisme de la gouvernance internationale des JO, la question du règlement des différends internationaux dans le sport, mais aussi les préoccupations en matière d'environnement et de droits de l'homme, dans un contexte international. Cette table ronde interrogera ainsi les spécificités du droit du sport et la place de l'économie dans son fonctionnement. | |||
| Colloque - La ville du futur : Matière, énergie, urbanisation : une histoire sans transition | 30 Nov 2023 | 00:33:04 | |
Grand événement Collège de France La ville du futur Année 2023-2£024 Colloque - La ville du futur : Matière, énergie, urbanisation : une histoire sans transition Intervenant(s) Jean-Baptiste Fressoz, ENS, LSE, thèse d'histoire IUE/EHESS, maître de conférences à Imperial College Londres, chargé de recherche au CNRS Résumé En matière de construction comme en matière d'énergie, le nouveau ne fait pas disparaître l'ancien. L'extraordinaire ascension du béton entre 1950 et 2000, loin d'éradiquer les autres matériaux de construction, a permis leur croissance : le verre bien sûr, l'acier, le bois mais aussi la brique qu'il concurrence pourtant directement. Sous le règne du béton chaque matériau trouve son utilité. Parce que la ville de futur (2050) ressemblera à s'y méprendre à celle du présent, le futurisme n'est pas un bon guide quand il s'agit de penser le défi climatique. ------------ Le futur est dans la ville. En 2022, 56 % de la population mondiale, soit environ 4,4 milliards d'habitants, vivaient en milieu urbain. Cette tendance, si elle se maintenait, ferait que d'ici 2050, 7 personnes sur 10 seront citadines. Cette concentration humaine est source de richesse économique et culturelle, mais induit évidemment des risques, des fragilités, des inégalités parfois extrêmes. Elle est aussi génératrice d'effets environnementaux indésirables. La Banque mondiale estime que les villes représentent actuellement près des 2/3 de la consommation mondiale d'énergie et 70 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre. Responsable certes, mais aussi victime de l'accélération des changements environnementaux, en particulier climatiques, caractéristiques de l'anthropocène. Ainsi s'impose la nécessité d'adapter les grands ensembles urbains à ces défis environnementaux. Certaines métropoles sont menacées par la montée des eaux océaniques. D'autres – parfois les mêmes – sont menacées par les accidents climatiques extrêmes, précipitations massives génératrices d'inondations brutales, canicules, voire simplement augmentation soutenue des températures moyennes impactant violemment populations et infrastructures urbaines. À ces défis vient s'ajouter la gestion du risque sanitaire : qualité et disponibilité de l'eau, risque épidémique, maladies liées à la pollution. L'« exposome urbain » reste à appréhender dans sa globalité, sans parler des altérations de la biodiversité microbienne, animale et végétale. Ces pressions environnementales, devenues globales – à des degrés variables – à l'échelle planétaire, sont aussi de puissants révélateurs et moteurs d'inégalités, que ce soit dans une seule et même ville où elles creusent un fossé entre populations aisées et populations marginalisées ou entre des villes situées sur des continents et dans des contextes socioéconomiques différents. L'urbanisation galopante est ainsi principalement portée par la poursuite du développement en Afrique et en Asie. Les politiques de la ville devront tenir compte de ces exigences d'adaptation, à l'intersection des impératifs socio-économiques, environnementaux, climatiques et sanitaires, pour bâtir un espace urbain résilient et accueillant pour tous. Elles pourront s'inspirer d'exemples d'adaptabilité de métropoles soumises de longue date aux excès climatiques. L'acceptabilité sociale et économique des adaptations indispensables à la conception de la ville du futur est un autre défi pour les politiques urbaines à venir. Le Collège de France, par le biais de son initiative Avenir Commun Durable, espère apporter une contribution aux réflexions sur ces questions complexes. Pour ce faire, il s'appuie sur un panel large d'intervenants couvrant un vaste champ de disciplines. À quoi donc ressemblera la ville du futur ? L'initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes La Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain. | |||
| Colloque - La ville du futur : L'émergence du risque environnemental urbain et sa régulation aux XVIIIe et XIXe siècles | 30 Nov 2023 | 00:38:33 | |
Grand événement Collège de France La ville du futur Année 2023-2£024 Colloque - La ville du futur : L'émergence du risque environnemental urbain et sa régulation aux XVIIIe et XIXe siècles Intervenant(s) Thomas Le Roux, historien de l'environnement, chargé de recherche au CNRS et directeur du Centre de recherches historiques ------------ Le futur est dans la ville. En 2022, 56 % de la population mondiale, soit environ 4,4 milliards d'habitants, vivaient en milieu urbain. Cette tendance, si elle se maintenait, ferait que d'ici 2050, 7 personnes sur 10 seront citadines. Cette concentration humaine est source de richesse économique et culturelle, mais induit évidemment des risques, des fragilités, des inégalités parfois extrêmes. Elle est aussi génératrice d'effets environnementaux indésirables. La Banque mondiale estime que les villes représentent actuellement près des 2/3 de la consommation mondiale d'énergie et 70 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre. Responsable certes, mais aussi victime de l'accélération des changements environnementaux, en particulier climatiques, caractéristiques de l'anthropocène. Ainsi s'impose la nécessité d'adapter les grands ensembles urbains à ces défis environnementaux. Certaines métropoles sont menacées par la montée des eaux océaniques. D'autres – parfois les mêmes – sont menacées par les accidents climatiques extrêmes, précipitations massives génératrices d'inondations brutales, canicules, voire simplement augmentation soutenue des températures moyennes impactant violemment populations et infrastructures urbaines. À ces défis vient s'ajouter la gestion du risque sanitaire : qualité et disponibilité de l'eau, risque épidémique, maladies liées à la pollution. L'« exposome urbain » reste à appréhender dans sa globalité, sans parler des altérations de la biodiversité microbienne, animale et végétale. Ces pressions environnementales, devenues globales – à des degrés variables – à l'échelle planétaire, sont aussi de puissants révélateurs et moteurs d'inégalités, que ce soit dans une seule et même ville où elles creusent un fossé entre populations aisées et populations marginalisées ou entre des villes situées sur des continents et dans des contextes socioéconomiques différents. L'urbanisation galopante est ainsi principalement portée par la poursuite du développement en Afrique et en Asie. Les politiques de la ville devront tenir compte de ces exigences d'adaptation, à l'intersection des impératifs socio-économiques, environnementaux, climatiques et sanitaires, pour bâtir un espace urbain résilient et accueillant pour tous. Elles pourront s'inspirer d'exemples d'adaptabilité de métropoles soumises de longue date aux excès climatiques. L'acceptabilité sociale et économique des adaptations indispensables à la conception de la ville du futur est un autre défi pour les politiques urbaines à venir. Le Collège de France, par le biais de son initiative Avenir Commun Durable, espère apporter une contribution aux réflexions sur ces questions complexes. Pour ce faire, il s'appuie sur un panel large d'intervenants couvrant un vaste champ de disciplines. À quoi donc ressemblera la ville du futur ? L'initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes La Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain. | |||
| Colloque - La ville du futur : Paris-New York vus par Breton, Marx Ernst et Claude Lévi-Strauss : le carambolage des temps | 30 Nov 2023 | 00:27:56 | |
Grand événement Collège de France La ville du futur Année 2023-2£024 Colloque - La ville du futur : Paris-New York vus par Breton, Marx Ernst et Claude Lévi-Strauss : le carambolage des temps Intervenant(s) Emmanuelle Loyer, professeur d'histoire contemporaine, Sciences Po Paris Résumé New York, ville de l'exil des surréalistes et de l'ethnologue Claude Lévi-Strauss, est la capitale du moderne, mais aussi le refuge de l'archaïque. « Caverne d'Ali Baba », elle ménage des issues dérobées et permet d'échapper au temps de l'Histoire. ------------ Le futur est dans la ville. En 2022, 56 % de la population mondiale, soit environ 4,4 milliards d'habitants, vivaient en milieu urbain. Cette tendance, si elle se maintenait, ferait que d'ici 2050, 7 personnes sur 10 seront citadines. Cette concentration humaine est source de richesse économique et culturelle, mais induit évidemment des risques, des fragilités, des inégalités parfois extrêmes. Elle est aussi génératrice d'effets environnementaux indésirables. La Banque mondiale estime que les villes représentent actuellement près des 2/3 de la consommation mondiale d'énergie et 70 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre. Responsable certes, mais aussi victime de l'accélération des changements environnementaux, en particulier climatiques, caractéristiques de l'anthropocène. Ainsi s'impose la nécessité d'adapter les grands ensembles urbains à ces défis environnementaux. Certaines métropoles sont menacées par la montée des eaux océaniques. D'autres – parfois les mêmes – sont menacées par les accidents climatiques extrêmes, précipitations massives génératrices d'inondations brutales, canicules, voire simplement augmentation soutenue des températures moyennes impactant violemment populations et infrastructures urbaines. À ces défis vient s'ajouter la gestion du risque sanitaire : qualité et disponibilité de l'eau, risque épidémique, maladies liées à la pollution. L'« exposome urbain » reste à appréhender dans sa globalité, sans parler des altérations de la biodiversité microbienne, animale et végétale. Ces pressions environnementales, devenues globales – à des degrés variables – à l'échelle planétaire, sont aussi de puissants révélateurs et moteurs d'inégalités, que ce soit dans une seule et même ville où elles creusent un fossé entre populations aisées et populations marginalisées ou entre des villes situées sur des continents et dans des contextes socioéconomiques différents. L'urbanisation galopante est ainsi principalement portée par la poursuite du développement en Afrique et en Asie. Les politiques de la ville devront tenir compte de ces exigences d'adaptation, à l'intersection des impératifs socio-économiques, environnementaux, climatiques et sanitaires, pour bâtir un espace urbain résilient et accueillant pour tous. Elles pourront s'inspirer d'exemples d'adaptabilité de métropoles soumises de longue date aux excès climatiques. L'acceptabilité sociale et économique des adaptations indispensables à la conception de la ville du futur est un autre défi pour les politiques urbaines à venir. Le Collège de France, par le biais de son initiative Avenir Commun Durable, espère apporter une contribution aux réflexions sur ces questions complexes. Pour ce faire, il s'appuie sur un panel large d'intervenants couvrant un vaste champ de disciplines. À quoi donc ressemblera la ville du futur ? L'initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes La Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain. | |||
| Colloque - La ville du futur : Métropolisation : comment les grandes cités ont pensé et construit leur futur | 30 Nov 2023 | 00:49:30 | |
Grand événement Collège de France La ville du futur Année 2023-2£024 Colloque - La ville du futur : Métropolisation : comment les grandes cités ont pensé et construit leur futur Intervenant(s) Patrick Boucheron, Professeur du Collège de France ------------ Le futur est dans la ville. En 2022, 56 % de la population mondiale, soit environ 4,4 milliards d'habitants, vivaient en milieu urbain. Cette tendance, si elle se maintenait, ferait que d'ici 2050, 7 personnes sur 10 seront citadines. Cette concentration humaine est source de richesse économique et culturelle, mais induit évidemment des risques, des fragilités, des inégalités parfois extrêmes. Elle est aussi génératrice d'effets environnementaux indésirables. La Banque mondiale estime que les villes représentent actuellement près des 2/3 de la consommation mondiale d'énergie et 70 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre. Responsable certes, mais aussi victime de l'accélération des changements environnementaux, en particulier climatiques, caractéristiques de l'anthropocène. Ainsi s'impose la nécessité d'adapter les grands ensembles urbains à ces défis environnementaux. Certaines métropoles sont menacées par la montée des eaux océaniques. D'autres – parfois les mêmes – sont menacées par les accidents climatiques extrêmes, précipitations massives génératrices d'inondations brutales, canicules, voire simplement augmentation soutenue des températures moyennes impactant violemment populations et infrastructures urbaines. À ces défis vient s'ajouter la gestion du risque sanitaire : qualité et disponibilité de l'eau, risque épidémique, maladies liées à la pollution. L'« exposome urbain » reste à appréhender dans sa globalité, sans parler des altérations de la biodiversité microbienne, animale et végétale. Ces pressions environnementales, devenues globales – à des degrés variables – à l'échelle planétaire, sont aussi de puissants révélateurs et moteurs d'inégalités, que ce soit dans une seule et même ville où elles creusent un fossé entre populations aisées et populations marginalisées ou entre des villes situées sur des continents et dans des contextes socioéconomiques différents. L'urbanisation galopante est ainsi principalement portée par la poursuite du développement en Afrique et en Asie. Les politiques de la ville devront tenir compte de ces exigences d'adaptation, à l'intersection des impératifs socio-économiques, environnementaux, climatiques et sanitaires, pour bâtir un espace urbain résilient et accueillant pour tous. Elles pourront s'inspirer d'exemples d'adaptabilité de métropoles soumises de longue date aux excès climatiques. L'acceptabilité sociale et économique des adaptations indispensables à la conception de la ville du futur est un autre défi pour les politiques urbaines à venir. Le Collège de France, par le biais de son initiative Avenir Commun Durable, espère apporter une contribution aux réflexions sur ces questions complexes. Pour ce faire, il s'appuie sur un panel large d'intervenants couvrant un vaste champ de disciplines. À quoi donc ressemblera la ville du futur ? L'initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes La Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain. | |||
| Colloque - La ville du futur : Discours d'accueil | 30 Nov 2023 | 00:14:33 | |
Grand événement Collège de France La ville du futur Année 2023-2£024 Colloque - La ville du futur : Discours d'accueil Intervenant(s) Thomas Römer, Professeur et administrateur du Collège de France Jean-Marie Tarascon, Professeur du Collège de France Philippe Sansonetti, Professeur du Collège de France Patrick Boucheron, Professeur du Collège de France ------------ Le futur est dans la ville. En 2022, 56 % de la population mondiale, soit environ 4,4 milliards d'habitants, vivaient en milieu urbain. Cette tendance, si elle se maintenait, ferait que d'ici 2050, 7 personnes sur 10 seront citadines. Cette concentration humaine est source de richesse économique et culturelle, mais induit évidemment des risques, des fragilités, des inégalités parfois extrêmes. Elle est aussi génératrice d'effets environnementaux indésirables. La Banque mondiale estime que les villes représentent actuellement près des 2/3 de la consommation mondiale d'énergie et 70 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre. Responsable certes, mais aussi victime de l'accélération des changements environnementaux, en particulier climatiques, caractéristiques de l'anthropocène. Ainsi s'impose la nécessité d'adapter les grands ensembles urbains à ces défis environnementaux. Certaines métropoles sont menacées par la montée des eaux océaniques. D'autres – parfois les mêmes – sont menacées par les accidents climatiques extrêmes, précipitations massives génératrices d'inondations brutales, canicules, voire simplement augmentation soutenue des températures moyennes impactant violemment populations et infrastructures urbaines. À ces défis vient s'ajouter la gestion du risque sanitaire : qualité et disponibilité de l'eau, risque épidémique, maladies liées à la pollution. L'« exposome urbain » reste à appréhender dans sa globalité, sans parler des altérations de la biodiversité microbienne, animale et végétale. Ces pressions environnementales, devenues globales – à des degrés variables – à l'échelle planétaire, sont aussi de puissants révélateurs et moteurs d'inégalités, que ce soit dans une seule et même ville où elles creusent un fossé entre populations aisées et populations marginalisées ou entre des villes situées sur des continents et dans des contextes socioéconomiques différents. L'urbanisation galopante est ainsi principalement portée par la poursuite du développement en Afrique et en Asie. Les politiques de la ville devront tenir compte de ces exigences d'adaptation, à l'intersection des impératifs socio-économiques, environnementaux, climatiques et sanitaires, pour bâtir un espace urbain résilient et accueillant pour tous. Elles pourront s'inspirer d'exemples d'adaptabilité de métropoles soumises de longue date aux excès climatiques. L'acceptabilité sociale et économique des adaptations indispensables à la conception de la ville du futur est un autre défi pour les politiques urbaines à venir. Le Collège de France, par le biais de son initiative Avenir Commun Durable, espère apporter une contribution aux réflexions sur ces questions complexes. Pour ce faire, il s'appuie sur un panel large d'intervenants couvrant un vaste champ de disciplines. À quoi donc ressemblera la ville du futur ? L'initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes La Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain. | |||
| Cycle Europe - Justine Lacroix 4/4 : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique - Les droits humains, entre libre marché et principe de responsabilité | 23 Nov 2023 | 01:02:54 | |
Samantha Besson Collège de France Année 2023-2024 Droit international des institutions Conférencier invité - Justine Lacroix : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique 4/4 - Les droits humains, entre libre marché et principe de responsabilité Présentation Cette série de quatre conférences de Justine Lacroix s'inscrit dans le cadre du cycle Europe du Collège de France. En 2023-2024, ce cycle est consacré au thème L'Europe démocratique. Le recours au répertoire des valeurs est devenu omniprésent tant dans les espaces publics nationaux que dans les stratégies de communication et de mobilisation des institutions européennes. Cette invocation récurrente de nos valeurs communes éclipse le caractère conflictuel des interprétations à donner aux principes qui structurent un espace public démocratique. L'objectif de cette première série de conférences est de se saisir d'un certain nombre de principes proclamés dans le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne en vue de montrer les tensions dont ils sont porteurs. Il en va ainsi de l'affirmation selon laquelle « l'Union européenne repose sur le principe de la démocratie et de l'État de droit ». Cette association ne semble plus aller de soi comme c'était le cas au début des années 2000, date de proclamation de la Charte. D'où la nécessité de rappeler les liens compliqués, et néanmoins inextricables tissés entre les principes de la liberté individuelle et ceux de l'autodétermination collective (1) et de maintenir le sens des distinctions entre libéralisme, néo-libéralisme et autoritarisme (2). Le préambule de la Charte mentionne également la volonté d'établir un « espace de liberté, sécurité et justice ». Ces trois notions ne se laissent pas aisément concilier à l'heure où l'impératif de sécurité conduit au recul d'un certain nombre de libertés (3), et où la place donnée à la liberté d'entreprendre dans l'ensemble européen peut sembler nous éloigner des promesses de l'égalité et des exigences de la justice sociale (4). La conviction qui anime ces conférences est que les droits humains restent pertinents pour penser l'action démocratique en raison de leur indétermination et de leur potentialité autocritique par rapport aux usages dont ils font l'objet et aux conséquences qu'ils peuvent avoir. Loin d'être une communauté monolithique unie autour de valeurs supposées consensuelles, l'Europe démocratique devrait davantage être comprise comme le lieu d'un affrontement civilisé entre diverses interprétations des droits proclamés dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Résumé Pour nombre d'observateurs, le primat conféré aux droits individuels dans l'ensemble européen serait le symptôme d'une renonciation aux promesses de l'égalité et aux exigences de la solidarité sociale. L'usage fait de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne alimenterait un individualisme de la déliaison radicale qui occulte la réalité des rapports de force sur le terrain et néglige les solidarités collectives. Cette critique a une part de vérité. Cependant, le fait que les droits humains aient parfois pu servir d'alibi à l'abandon d'un vrai projet solidaire ne devrait pas conduire à les déserter, mais plutôt à explorer leurs ressources internes qui pourraient venir appuyer des politiques sociales ou écologiques ambitieuses. Cet effort d'élucidation suppose de s'interroger sur les apports et les ambivalences des concepts de « responsabilités » et de « devoirs » mentionnés dans le préambule de la Charte. | |||
| Cycle Europe - Justine Lacroix 3/4 : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique - Impératif de sécurité et droits à la sûreté | 22 Nov 2023 | 00:59:03 | |
Samantha Besson Collège de France Année 2023-2024 Droit international des institutions Conférencier invité - Justine Lacroix : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique 3/4 - Impératif de sécurité et droits à la sûreté Présentation Cette série de quatre conférences de Justine Lacroix s'inscrit dans le cadre du cycle Europe du Collège de France. En 2023-2024, ce cycle est consacré au thème L'Europe démocratique. Le recours au répertoire des valeurs est devenu omniprésent tant dans les espaces publics nationaux que dans les stratégies de communication et de mobilisation des institutions européennes. Cette invocation récurrente de nos valeurs communes éclipse le caractère conflictuel des interprétations à donner aux principes qui structurent un espace public démocratique. L'objectif de cette première série de conférences est de se saisir d'un certain nombre de principes proclamés dans le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne en vue de montrer les tensions dont ils sont porteurs. Il en va ainsi de l'affirmation selon laquelle « l'Union européenne repose sur le principe de la démocratie et de l'État de droit ». Cette association ne semble plus aller de soi comme c'était le cas au début des années 2000, date de proclamation de la Charte. D'où la nécessité de rappeler les liens compliqués, et néanmoins inextricables tissés entre les principes de la liberté individuelle et ceux de l'autodétermination collective (1) et de maintenir le sens des distinctions entre libéralisme, néo-libéralisme et autoritarisme (2). Le préambule de la Charte mentionne également la volonté d'établir un « espace de liberté, sécurité et justice ». Ces trois notions ne se laissent pas aisément concilier à l'heure où l'impératif de sécurité conduit au recul d'un certain nombre de libertés (3), et où la place donnée à la liberté d'entreprendre dans l'ensemble européen peut sembler nous éloigner des promesses de l'égalité et des exigences de la justice sociale (4). La conviction qui anime ces conférences est que les droits humains restent pertinents pour penser l'action démocratique en raison de leur indétermination et de leur potentialité autocritique par rapport aux usages dont ils font l'objet et aux conséquences qu'ils peuvent avoir. Loin d'être une communauté monolithique unie autour de valeurs supposées consensuelles, l'Europe démocratique devrait davantage être comprise comme le lieu d'un affrontement civilisé entre diverses interprétations des droits proclamés dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Résumé Le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne mentionne la volonté d'instituer un espace de « liberté, de sécurité et de justice ». Comment articuler ces notions notamment au regard de l'article 6 de cette même charte consacré au droit à la liberté et à la sûreté ? Au cours des deux dernières décennies, l'impératif de sécurité s'est progressivement substitué au droit à la sûreté dans les discours, et parfois les pratiques de nombre d'États européens, au risque de porter atteinte à la liberté politique et de rouvrir la voie à un esprit de vengeance au détriment du sens de la justice. À partir d'une élucidation du sens politique du droit à la sûreté puis des risques attachés à la mise en avant d'un droit à la sécurité, cette conférence se propose de concevoir la sécurité sur le mode d'une libération, à savoir une condition nécessaire à la liberté qui doit être un des objectifs des pouvoirs publics. | |||
| Cycle Europe - Justine Lacroix 2/4 : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique - Le libéralisme autoritaire ou l'identification des contraires | 16 Nov 2023 | 00:51:20 | |
Samantha Besson Collège de France Année 2023-2024 Droit international des institutions Conférencier invité - Justine Lacroix : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique 2/4 - Le libéralisme autoritaire ou l'identification des contraires Présentation Cette série de quatre conférences de Justine Lacroix s'inscrit dans le cadre du cycle Europe du Collège de France. En 2023-2024, ce cycle est consacré au thème L'Europe démocratique. Le recours au répertoire des valeurs est devenu omniprésent tant dans les espaces publics nationaux que dans les stratégies de communication et de mobilisation des institutions européennes. Cette invocation récurrente de nos valeurs communes éclipse le caractère conflictuel des interprétations à donner aux principes qui structurent un espace public démocratique. L'objectif de cette première série de conférences est de se saisir d'un certain nombre de principes proclamés dans le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne en vue de montrer les tensions dont ils sont porteurs. Il en va ainsi de l'affirmation selon laquelle « l'Union européenne repose sur le principe de la démocratie et de l'État de droit ». Cette association ne semble plus aller de soi comme c'était le cas au début des années 2000, date de proclamation de la Charte. D'où la nécessité de rappeler les liens compliqués, et néanmoins inextricables tissés entre les principes de la liberté individuelle et ceux de l'autodétermination collective (1) et de maintenir le sens des distinctions entre libéralisme, néo-libéralisme et autoritarisme (2). Le préambule de la Charte mentionne également la volonté d'établir un « espace de liberté, sécurité et justice ». Ces trois notions ne se laissent pas aisément concilier à l'heure où l'impératif de sécurité conduit au recul d'un certain nombre de libertés (3), et où la place donnée à la liberté d'entreprendre dans l'ensemble européen peut sembler nous éloigner des promesses de l'égalité et des exigences de la justice sociale (4). La conviction qui anime ces conférences est que les droits humains restent pertinents pour penser l'action démocratique en raison de leur indétermination et de leur potentialité autocritique par rapport aux usages dont ils font l'objet et aux conséquences qu'ils peuvent avoir. Loin d'être une communauté monolithique unie autour de valeurs supposées consensuelles, l'Europe démocratique devrait davantage être comprise comme le lieu d'un affrontement civilisé entre diverses interprétations des droits proclamés dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Résumé Dans la période récente, une formule s'est imposée dans nombre de cercles universitaires et militants pour désigner l'Union européenne : celle d'un libéralisme autoritaire qui serait inscrit dans le logiciel néo-libéral ou ordo-libéral des traités européens. L'origine de l'expression remonte aux derniers jours de la République de Weimar quand le juriste Hermann Heller la mobilise en réponse à un discours de Carl Schmitt devant le patronat allemand. Intitulé « État fort et économie saine », ce discours de Schmitt de 1933 donnerait, pour nombre d'auteurs, le motif fondamental qui informe les politiques développées dans le cadre de l'Union européenne depuis plus d'un demi-siècle. Pourtant, la thèse d'une affinité conceptuelle et politique entre Schmitt et l'ordo-libéralisme allemand et, au-delà, avec le néolibéralisme et la construction européenne soulève trois difficultés majeures qui ont trait aux rapports entre Schmitt et le libéralisme, à un usage abusif du concept d'autoritarisme et à une réduction du libéralisme à une défense de l'ordre du marché. D'où l'importance de maintenir le sens des distinctions entre constitutionnalisme du marché et autoritarisme, entre libéralisme, néolibéralisme et capitalisme afin d'éviter de faire d'un oxymore une des clés d'appréhension du monde contemporain. | |||
| Cycle Europe - Justine Lacroix 1/4 : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique - Une démocratie sans libertés ? Réflexions sur la notion de démocratie illibérale | 15 Nov 2023 | 00:50:53 | |
Samantha Besson Collège de France Année 2023-2024 Droit international des institutions Conférencier invité - Justine Lacroix : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique 1/4 - Une démocratie sans libertés ? Réflexions sur la notion de démocratie illibérale Présentation Cette série de quatre conférences de Justine Lacroix s'inscrit dans le cadre du cycle Europe du Collège de France. En 2023-2024, ce cycle est consacré au thème L'Europe démocratique. Le recours au répertoire des valeurs est devenu omniprésent tant dans les espaces publics nationaux que dans les stratégies de communication et de mobilisation des institutions européennes. Cette invocation récurrente de nos valeurs communes éclipse le caractère conflictuel des interprétations à donner aux principes qui structurent un espace public démocratique. L'objectif de cette première série de conférences est de se saisir d'un certain nombre de principes proclamés dans le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne en vue de montrer les tensions dont ils sont porteurs. Il en va ainsi de l'affirmation selon laquelle « l'Union européenne repose sur le principe de la démocratie et de l'État de droit ». Cette association ne semble plus aller de soi comme c'était le cas au début des années 2000, date de proclamation de la Charte. D'où la nécessité de rappeler les liens compliqués, et néanmoins inextricables tissés entre les principes de la liberté individuelle et ceux de l'autodétermination collective (1) et de maintenir le sens des distinctions entre libéralisme, néo-libéralisme et autoritarisme (2). Le préambule de la Charte mentionne également la volonté d'établir un « espace de liberté, sécurité et justice ». Ces trois notions ne se laissent pas aisément concilier à l'heure où l'impératif de sécurité conduit au recul d'un certain nombre de libertés (3), et où la place donnée à la liberté d'entreprendre dans l'ensemble européen peut sembler nous éloigner des promesses de l'égalité et des exigences de la justice sociale (4). La conviction qui anime ces conférences est que les droits humains restent pertinents pour penser l'action démocratique en raison de leur indétermination et de leur potentialité autocritique par rapport aux usages dont ils font l'objet et aux conséquences qu'ils peuvent avoir. Loin d'être une communauté monolithique unie autour de valeurs supposées consensuelles, l'Europe démocratique devrait davantage être comprise comme le lieu d'un affrontement civilisé entre diverses interprétations des droits proclamés dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Résumé Au cours de la dernière décennie, la montée de régimes politiques à la fois électifs et autoritaires a donné du crédit à l'idée selon laquelle l'État de droit et le respect des libertés ne seraient que les formes d'une limitation libérale de la démocratie. Ce postulat, que partagent aussi bien les critiques que de nombreux défenseurs des droits humains, peut alimenter soit le repli inconditionnel sur les droits humains contre les aléas de la démocratie, soit la revendication d'une démocratie supposée plus authentique où la volonté du peuple primerait sur les libertés individuelles. Mais il ne s'agit là que d'un contresens (ou d'un subterfuge) qui manque le sens de l'expérience démocratique, confond le peuple avec l'affirmation d'une identité homogène et rabat les droits de l'homme du seul côté du libéralisme. | |||
| Grand événement - Cérémonie de remise des prix du Collège de France 2023 | 14 Nov 2023 | 01:53:23 | |
Grand événement - Cérémonie de remise des prix du Collège de France 2023 Le Collège de France décerne chaque année des prix scientifiques à des chercheuses et des chercheurs choisis pour l'excellence de leurs parcours. Une cérémonie publique de remise des prix s'est tenue dans le grand amphithéâtre Marguerite de Navarre, le mardi 14 novembre 2023. https://www.college-de-france.fr/fr/actualites/ceremonie-de-remise-des-prix-du-college-de-france-2023 Sept jeunes chercheurs, récompensés par les prix scientifiques 2023 du Collège de France, participeront à la table ronde « Jeunes chercheurs : à quoi sert la recherche aujourd'hui ? ». Ce débat sera précédé d'une cérémonie de remise des prix, en présence de Mme Retailleau, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Créateurs, curieux, innovants, les chercheurs élargissent nos connaissances et notre capacité à agir sur le monde. En 2023, la France compte 300 000 chercheurs, 74 000 doctorants, 265 écoles doctorales et 35 organismes de recherche. Nos scientifiques publient dans les revues scientifiques mondiales les plus reconnues et affichent, selon Campus France, « le quatrième indice d'impact le plus fort au monde ». Pourtant, depuis plusieurs années, dans les médias ou les réseaux sociaux, circule une véritable défiance vis-à-vis de l'activité scientifique, de ses résultats comme de ses applications. Certains redoutent un décrochage français dans la recherche mondiale. D'autres regrettent une baisse générale de la culture scientifique en France. Ces phénomènes interrogent la place qu'occupe la recherche dans la société et la capacité des chercheurs à partager non seulement les connaissances qu'ils produisent, mais aussi leurs pratiques et le sens de leur vocation. Le 14 novembre 2023, de 18 h 30 à 20 h 30, le Collège de France invite, à l'occasion d'une table ronde modérée par Caroline Lachowsky, journaliste à RFI, sept jeunes chercheuses et chercheurs issus des sciences expérimentales, des mathématiques ou des sciences humaines, tous lauréats des prix du Collège de France, pour débattre, confronter leurs expériences et leurs analyses, sur l'utilité, la finalité et le sens qu'ils donnent aujourd'hui à leurs recherches et à la recherche. Découvrir les lauréats Naveen Kanalu Ramamurthy, historien spécialiste de l'Empire moghol Prix du Collège de France pour les jeunes chercheuses et les jeunes chercheurs => Découvrez son entretien : « La période de 1650 à 1720 est peut-être la plus controversée dans l'histoire de l'Inde. »
Olimpia Cutinelli-Rendina, économiste Sélim Natahi, paléoanthropologue Prix de la Fondation Hugot du Collège de France
Mathilde Montaubin, chercheuse en droit Bourse Anna Caroppo – Fondation du Collège de France
Julien Ablain, biologiste cancérologue Prix Delheim
Florent Ginhoux, biologiste immunologue Prix Lacassagne
Piet Lammers, mathématicien Prix du cours Peccot Le prix de la Fondation Hugot du Collège de France 2023 a été décerné à Olimpia Cutinelli-Rendina, économiste, et à Sélim Natahi, paléoanthropologue. Le prix Delheim 2023 a pour vocation d'encourager de jeunes chercheurs en biologie à poursuivre dans les laboratoires du Collège de France des travaux visant à répondre aux grands défis posés à l'humanité. Il a été remis à Julien Ablain, biologiste cancérologue. Le prix Lacassagne 2023, qui récompense les travaux et encourage la carrière de jeunes chercheurs en biologie, a été remis in absentia à Florent Ginhoux, biologiste immunologue. Mathilde Montaubin, chercheuse en droit, s'est vu remettre la bourse Anna Caroppo – Fondation du Collège de France 2023. Cette bourse accompagne de jeunes et talentueuses chercheuses, en leur permettant de poursuivre, pendant une année, leur formation par la recherche au sein des équipes du Collège de France dans les domaines des sciences humaines. Le prix Claude-Antoine Peccot 2023 a été remis à Piet Lammers, mathématicien. Il récompense chaque année de jeunes mathématiciens, de moins de trente ans, s'étant distingués dans l'ordre des mathématiques. Le prix du Collège de France Le Pr Dario Mantovani remettant le prix au lauréat 2023 du prix du Collège de France : Naveen Kanalu Ramamurthy Le prix du Collège de France pour les jeunes chercheuses et les jeunes chercheurs récompense l'excellence du parcours et le caractère novateur de ses contributions à la recherche publique d'un jeune chercheur. Le prix 2023 avait pour thème « Rencontres des civilisations ». Il a été remis à Naveen Kanalu Ramamurthy, historien spécialiste de l'Empire moghol, par le Pr Dario Mantovani, président du jury. Table ronde Table ronde réunissant les lauréats des prix du CdF 2023 La soirée s'est poursuivie par une table ronde modérée par Caroline Lachowsky, journaliste à RFI, autour du thème « Jeunes chercheurs : à quoi sert la recherche aujourd'hui ? ». Les lauréats ont pu exprimer leur vision des liens entre recherche scientifique et société. Conclusion de la cérémonie Mme Sylvie Retailleau, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche La soirée s'est conclue par une intervention de Mme Sylvie Retailleau, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. | |||
| Cycle Europe - Jan-Werner Müller 3/4 : Pourquoi cela s'est-il mal passé… ? | 13 Jun 2024 | 00:56:08 | |
Samantha Besson Droit international des institutions Collège de France Année 2023-2024 Cycle Europe - Jan-Werner Müller 3/4 : Pourquoi cela s'est-il mal passé… ? Jan-Werner Müller Professeur de théorie politique et d'histoire des idées, université de Princeton Jan-Werner Müller est invité par l'assemblée du Collège de France, sur proposition des Prs Samantha Besson, Edith Heard, Vinciane Pirenne-Delforge et Thomas Römer. Cette série de quatre conférences de Jan-Werner Müller s'inscrit dans le cadre du cycle Europe du Collège de France. En 2023-2024, ce cycle est consacré au thème « L'Europe démocratique ». Cette deuxième série de conférences de l'année traite des défis pour la démocratie en Europe aujourd'hui. Elle met particulièrement l'accent sur la consolidation des structures autocratiques dans quelques États membres de l'Union européenne. La question se pose de savoir si l'UE a le devoir et les capacités de défendre la démocratie et l'État de droit, sachant qu'elle est souvent accusée d'être elle-même une institution non démocratique. Cette série de conférences analyse les outils juridiques existants et propose des instruments supplémentaires. Elle présente aussi une vision plus large de l'UE comme acteur normatif. Résumé L'élargissement de l'Union européenne a été largement considéré comme un moyen de consolider la démocratie. Le traitement de la question autrichienne en 2000 a donné un premier signe que cette attente était peut-être une illusion. Mais la réponse européenne à la participation du parti d'extrême-droite (de Jörg Haider) au gouvernement autrichien fut considérée comme un échec. Depuis lors, la démocratie – et pas seulement l'État de droit – a été gravement atteinte en Hongrie et en Pologne. Pourquoi, en général, l'UE n'a-t-elle pas réussi à relever ces défis ? Est-ce une question d'instruments juridiques ou un manque de volonté politique ? Comment analyser cet échec ? Cette troisième conférence offre une analyse historique, politique et juridique de ces questions. | |||
| Leçon inaugurale - Laurent Coulon : Les voies ouvertes à l'égyptologie | 09 Nov 2023 | 01:08:08 | |
Laurent Coulon Civilisation de l'Égypte pharaonique Année 2023-2024 Collège de France Leçon inaugurale - Laurent Coulon : Les voies ouvertes à l'égyptologie La civilisation de l'Égypte pharaonique se déploie le long du Nil sur une durée de presque 3 500 ans, mais son empreinte dépasse largement ces limites temporelles et géographiques si l'on inclut ses périodes de formation et son influence sur les civilisations voisines et postérieures, jusqu'à la nôtre. La discipline qui étudie cette civilisation, l'égyptologie, est née en 1822 avec le déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion qui enseigna, quelques années plus tard, au Collège de France, sa vision déjà très aboutie de ses développements futurs. Tout en s'inscrivant dans la tradition perpétuée depuis lors, l'inauguration de la chaire Civilisation de l'Égypte pharaonique fournit l'occasion de s'interroger sur la situation de l'égyptologie à l'aube du troisième siècle de son existence. D'un côté, elle est indubitablement portée par le dynamisme de l'archéologie en Égypte et soutenue par l'intérêt continu qu'y porte notre société, amplifié par une médiatisation hors norme. De l'autre, elle fait l'objet de discours d'appropriation contradictoires ou de remise en cause de ses fondements historiques. Conscient de ces enjeux, l'égyptologue peut, au-delà de la nécessaire érudition, mieux définir son positionnement et enrichir son approche grâce aux apports de l'anthropologie et du comparatisme, permettant dans le même temps que sa discipline contribue davantage aux débats actuels des sciences humaines et sociales. En suivant ces perspectives, les premières directions de l'enseignement dispensé privilégieront deux thématiques au cœur de la définition de la civilisation pharaonique : le développement du culte d'Osiris d'une part, le rôle de l'éloquence et le fonctionnement de la société de cour d'autre part. | |||
| Conférence - Yossi Maurey : Paris, la nouvelle Jérusalem : la liturgie de la Sainte-Chapelle | 11 Oct 2023 | 00:58:00 | |
Thomas Römer Collège de France Milieux bibliques Année 2023-2024 Conférence - Yossi Maurey : Paris, la nouvelle Jérusalem : la liturgie de la Sainte-Chapelle Yossi Maurey, Professeur associé, chef du département de musicologie, vice-doyen à la recherche à la faculté des sciences humaines, université hébraïque de Jérusalem Dès l'origine, Jérusalem a eu une immense importance dans la liturgie chrétienne médiévale. La cité céleste joue un rôle central dans l'eschatologie chrétienne. Jérusalem est une ville admirée, imaginée, commentée et nourrie par les Écritures. L'exégèse patristique et les théologiens médiévaux ont assuré la synthèse et la continuité entre la Jérusalem de l'Ancien Testament et celle du Nouveau, conférant à la première une nouvelle signification chrétienne. Et pourtant, la célébration de la Jérusalem céleste dans la liturgie n'a pas remis en cause la nécessité de s'emparer de la Jérusalem terrestre, comme le démontre clairement toute l'entreprise de la croisade. La parenté spirituelle allait de pair avec une parenté matérielle, et les reliques de Jérusalem devinrent des objets de dévotion et des pierres angulaires d'églises et de villes. Durant ma conférence, j'examinerai les manières dont la liturgie et la musique médiévales ont façonné et concrétisé la notion de la Jérusalem céleste, fournissant un élément essentiel aux projets idéologiques et aux constructions physiques salués comme la « Nouvelle Jérusalem ». Cette conférence sera consacrée à la manière dont l'une des reliques majeures de la chrétienté, la Couronne d'épines, est devenue en France un objet de dévotion personnelle et nationale, malgré sa valeur universelle et l'intérêt qu'y portaient les fidèles d'autres pays. De son lieu d'origine à Jérusalem, et après deux siècles au palais byzantin de Constantinople, la Couronne fut transférée en France en 1239. Le 11 août, le jeune roi Louis IX (r. 1226-70) et sa suite la recueillent à Villeneuve-l'Archevesque, non loin de la ville de Sens. Louis défile pieds nus et vêtu d'une tunique dans les rues de la ville, arborant la Couronne acquise depuis peu. La France a revendiqué cette dernière au milieu du XIIIe siècle, dans le cadre d'une campagne qui impliquait la construction d'une magnifique chapelle et l'élaboration de nouvelles liturgies devant attirer l'attention sur elle. C'est ainsi que la Sainte-Chapelle fut conçue spécifiquement pour l'exposer, avec d'autres reliques. Située dans l'enceinte du palais royal de l'île de la Cité, il s'agissait une église privée qui, comme nous le verrons, a renforcé le statut de Paris en tant que centre religieux. Si la France n'a pas été le premier pays à posséder la Couronne d'épines, elle a été la première à exploiter sa valeur potentielle de relique – qu'elle a, en sorte, « activée ». Le transfert de la Couronne et d'autres reliques à Paris a marqué le début d'une nouvelle ère pour la France, et pour le roi Louis en particulier. Les liturgistes, les compositeurs, et les représentants de la royauté, qui ont rapidement saisi toute l'importance des attributs de la Passion du Christ nouvellement acquis, ont entrepris de les intégrer dans un récit qui mettait en avant la France, Paris et son roi et les idéalisait. Grâce aux poètes, aux compositeurs, aux liturgistes et aux copistes animés par la volonté de tirer un profit politique et théologique d'une relique extraordinaire, la Couronne a été « activée » par les mots et la musique, et rendue, pour ainsi dire, parlante. Par leur travail, l'idée selon laquelle Dieu aurait choisi les Français de préférence aux autres nations pour recevoir la Couronne, et réservé un rôle particulier à Paris dans le plan du salut, a pu rayonner. Il ressort de la liturgie de la Sainte-Chapelle que, pour Louis IX, la possession de la Couronne lui garantissait une place dans l'éternité, ainsi qu'à la France. Il n'en souhaita pas moins, une fois le bâtiment achevé, prolonger sa quête du salut spirituel dans une entreprise terrestre, dont il pensait certainement qu'elle compléterait la précédente. Ce fut sa première croisade. Après avoir affirmé en mots et en musique l'affinité spirituelle de Paris et Jérusalem, Louis était résolu à ajouter un maillon à la chaîne reliant les Francs aux Byzantins puis aux personnages de l'Ancien Testament dans une narration continue. En ce sens, nous pourrions interpréter la liturgie de la Couronne et des reliques comme la préfiguration d'une trajectoire physique allant de la nouvelle Terre sainte à l'ancienne, et vice-versa. | |||
| Leçon de clôture - Jean-Noël Robert : Philologie, Hiérologie, Hiéroglossie | 27 Jun 2023 | 01:02:00 | |
Jean-Noël Robert Collège de France Philologie de la civilisation japonaise Année 2022-2023 Leçon de clôture - Jean-Noël Robert : Philologie, Hiérologie, Hiéroglossie Date : 27 juin 2023 Après une duodécennie d'enseignement et de recherche au Collège de France, Jean-Noël Robert retrace avec enthousiasme son parcours consacré à la philologie japonaise. Grâce à ce domaine d'étude, il a pu mettre en lumière la dialectique sino-japonaise scellée par la doctrine bouddhique qui, du haut Moyen Âge à l'époque moderne, a insufflé sa dynamique à la civilisation du Soleil levant. Cette dialectique s'est traduite par un apport fondamental de la culture écrite chinoise dans les sphères à la fois littéraires et religieuses dont le Japon a su éviter l'emprise totale en instituant, dès les plus anciens textes, la langue japonaise comme langue des dieux autochtones, et donc irréductible à l'apport continental. Au-delà de l'exemple sino-japonais, l'auteur propose d'étendre son approche « hiéroglossique » à d'autres aires culturelles et linguistiques pour mieux comprendre notre monde actuel. | |||
| Grand événement - L'apprentissage de la lecture et ses difficultés 5/5 - Jean Ecalle et Annie Magnan : Comment aider les enfants à apprendre à lire ? | 21 Jun 2023 | 00:49:18 | |
Grand événement - L'apprentissage de la lecture et ses difficultés : Comment aider les enfants à apprendre à lire ? Intervenant : Jean Ecalle, Université de Lyon 2 Annie Magnan, Université de Lyon 2 Les inégalités scolaires en France ont été maintes fois rapportées dans les enquêtes nationales et internationales. L'un des leviers de lutte contre ce phénomène se trouve dans la réduction des difficultés lors de l'apprentissage de la lecture. Les instructions ministérielles insistent sur la période préscolaire (en maternelle) pour préparer les conditions optimales pour cet apprentissage, et bien sûr l'école primaire pour offrir l'enseignement le plus efficace pour que chaque enfant devienne un bon lecteur. Que dit la recherche dans ce domaine en France pour répondre à la question de la stimulation des processus cognitifs impliqués dans l'apprentissage de la lecture ? Deux séries de travaux seront présentées, l'une portera sur des expérimentations pédagogiques – quels programmes d'entraînement contribuent à une meilleure réussite ? – et la seconde s'attachera à montrer comment des outils numériques ciblés sur des processus spécifiques (découverte du code alphabétique, traitement syllabique en identification de mots écrits et compréhension) améliorent les performances en lecture. Les premiers, conduits sur des études à grande échelle en collaboration avec les enseignants, ont été réalisés dans des zones défavorisées. Les seconds se sont adressés à des enfants en difficulté ou à risque de difficultés. Si ces études ne relèvent pas de la prescription, elles offrent toutefois de solides pistes de réflexion sur les moyens de réduire les inégalités scolaires dès le début de la scolarité. Jean Ecalle Jean Ecalle est professeur émérite de psychologie cognitive et du développement à l'université Lyon 2. Après avoir soutenu sa thèse en 1996, il occupe les fonctions de maître de conférences de 1997 à 2008 à Lyon 2. Après son HDR présentée en 2005, il devient professeur des Universités à Lyon 2 de 2008 à 2016. Il a enseigné la psychologie cognitive et du développement et les sciences cognitives en licence et master à Lyon 2 et à Lyon 1 (ISTR Institut des sciences et techniques de réadaptation ; école d'orthophonie). Il a dirigé le master 2 « Sciences cognitives appliquées » à Lyon 2 de 2008 à 2016. Il est membre du Laboratoire étude des mécanismes cognitifs à Lyon 2 (Lab EMC, MSH LSE USR CNRS 2005) depuis 2003 et du LabEx Cortex (2012-20). Ses travaux (http://ecalle-magnan.fr/) portent sur l'apprentissage de la lecture et ses difficultés. Il conduit des recherches fondamentales sur la nature des difficultés et des recherches appliquées visant à l'évaluation (création de tests papier-crayon et numériques) et à l'aide (conception de logiciels et/ou applications) aux enfants en difficulté d'apprentissage. Les populations visées concernent les enfants au développement normal (enfants tout-venant) ou atypique (dyslexiques, TSL, sourds, T21, autistes de haut niveau). Il a coécrit de nombreux articles dans des revues internationales et des articles de diffusion de la recherche dans différentes revues professionnelles. Il a également coécrit quatre ouvrages sur l'apprentissage de la lecture. Il collabore régulièrement avec la DEGESCO-MEN, la DEPP-MEN et le réseau Canopé. Il est membre du projet Elfe (Étude longitudinale française depuis l'enfance) pilotée par l'Institut national d'études démographiques (Ined) et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Annie Magnan Annie Magnan Annie Magnan est docteur en psychologie génétique et docteur en psychologie cognitive. Elle est habilitée à diriger des recherches depuis 1994. Nommée professeur de psychologie cognitive à l'université Lyon 2 en 1998, elle intègre le Laboratoire d'étude des mécanismes cognitifs (Lab EMC, MSH LSE USR CNRS 2005) où elle fonde l'équipe Apprentissage, développement et troubles du langage qu'elle dirige de 2000 à 2016, et dans laquelle elle travaille aujourd'hui. Elle est membre senior honoraire de l'Institut universitaire de France (promotion 2011). Elle a conduit une partie de ses travaux dans le cadre du projet CORTEX (construction, fonction cognitive et réhabilitation du cerveau), lauréat LabEx (ANR-11-LABX-0042, 2012-2020) et dans le cadre du projet RE-CO-NAI (plateforme de recherche sur les cohortes d'enfants suivis depuis la NAIssance), lauréat EquipEx (ANR-11-EQPX-0038). Ses recherches portent sur les mécanismes cognitifs impliqués dans l'apprentissage de la lecture, ses difficultés et ses troubles (dyslexie, TSL, sourds implantés cochléaires…) Les travaux se sont principalement axés sur les traitements et les connaissances phonologiques donnant lieu à de nombreuses publications internationales. Ils ont conduit à la création et à la validation d'outils de remédiation des troubles et au développement de programmes d'aides à la lecture en milieu scolaire, particulièrement en REP et REP+. Engagée dans les applications des sciences cognitives dans le domaine de l'éducation, Annie Magnan intervient régulièrement auprès de différentes instances (MEN ; DEPP-MEN ; DEGESCO-MEN ; réseau Canopé). | |||
| Conférence - David Nirenberg : Antijudaism, Critical Thought, and the Possibility of History | 12 Jun 2023 | 00:48:49 | |
Patrice Boucheron Collège de France Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Année 2022-2023 Conférence - David Nirenberg : Antijudaism, Critical Thought, and the Possibility of History Intervenant(s) David Nirenberg, Director and Leon Levy Professor, Institute for Advanced Study, Princeton Conférence en anglais, organisée en collaboration avec le LEM (Laboratoire d'étude sur les monothéismes, UMR 8584). In my book Antijudaïsme (Labor et Fides, 2023), I proposed that we should understand the long history of Anti-Judaism not merely as the history of a prejudice, but also as the history of our Western religions (such as Christianity and Islam), philosophies (such as Idealism and Marxism), ethics and ideals. If this is true, then how can we be sure that our critical thought is truly critical? And how can we write history that helps us achieve the capacity to critique Anti-Judaism in the present, rather than reproducing it? | |||
| Grand événement : Lire les rapports du GIEC pour comprendre le monde qui s'annonce 4/4 - Laurent Fonbaustier : Les valeurs et modèles implicites dans les rapports du GIEC (2) | 31 May 2023 | 01:15:34 | |
Grand évènement : Lire les rapports du GIEC pour comprendre le monde qui s'annonce – Une introduction aux enjeux sociétaux entre science, utopie et réalité - Laurent Fonbaustier : Les valeurs et modèles implicites dans les rapports du GIEC (2) Les deux conférences prendront appui sur les rapports du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), en particulier les volets pertinents du dernier rapport, pour tenter d'identifier et discuter d'éventuelles valeurs, préférences et modèles implicites ou sous-jacents présidant au passage des diagnostics aux préconisations suggérées par le GIEC. Laurent Fonbaustier est professeur agrégé des facultés de droit depuis 2000, en poste à l'université Paris-Saclay depuis 2004. Il y est responsable d'un master en « droit de l'environnement ». Il dirige la collection « Droit, sciences & environnement » aux éditions Mare & Martin. Ses centres d'intérêt universitaires sont de deux ordres : historiquement, l'influence des modèles ecclésio-politiques sur l'État moderne ; depuis 2001, l'intégration des problématiques écologiques dans les systèmes juridiques a sa faveur. Il a publié et coordonné quelques ouvrages et environ cent cinquante articles. Laurent Fonbaustier est l'auteur du Manuel de droit de l'environnement, Puf, coll. « Droit fondamental », 2e édition, 2020. | |||
| Conférence - Edda Vardanyan : La version arménienne du Roman d'Alexandre et son illustration : historique, particularités textuelles et iconographiques, usage intellectuel et visées des commanditaires | 31 May 2023 | 00:47:55 | |
Frantz Grenet Collège de France Chaire Histoire et cultures de l'Asie centrale préislamique Année 2022-2023 Conférence - Edda Vardanyan : La version arménienne du Roman d'Alexandre et son illustration : historique, particularités textuelles et iconographiques, usage intellectuel et visées des commanditaires Edda Vardanyan, Directrice de recherches, Institut des manuscrits anciens (Le Maténadaran), Erevan (Arménie) Traduit en arménien dès le Ve siècle, peu après la création de l'alphabet et en même temps que les premières versions de la Bible et des Pères de l'Église, le Roman d'Alexandre est la seule traduction arménienne d'une œuvre de caractère profane. À partir du XIVe siècle, on insère, dans le texte arménien, des annexes qui présentent Alexandre comme un modèle du souverain idéal. S'y ajoutent des miniatures illustrant la vie du roi antique. Chaque scène s'accompagne d'un poème didactique, créant une imagerie royale, textuelle et visuelle. Les treize manuscrits enluminés du Roman d'Alexandre, datés entre le XIVe et le XVIIe siècle, ont été produits dans des contextes différents. En situant chaque manuscrit dans son contexte historique et politique, on constate que sa production est liée au changement d'orientation politique de l'époque (chute de la royauté au XIVe siècle et tentatives ultérieures pour rétablir un État arménien). Il est intéressant d'observer que les commanditaires évoquent la « domination parfaite » d'Alexandre. Il s'agit d'ecclésiastiques de haut rang, descendant des dynasties royales ou des familles princières arméniennes, dont l'influence idéologique se reflète dans le langage artistique. Ainsi, au Ve siècle, après l'abolition du royaume d'Arménie en 428, Alexandre symbolisait la soif d'émancipation des Arméniens contre le monde perse. Image d'un roi idéal, constructeur des portes d'airain qui empêcheraient l'arrivée des peuples impurs, ancêtre et préfiguration de l'Empereur des derniers temps, le Macédonien répondait à l'espoir de restaurer la souveraineté originelle de la nation et une gouvernance parfaite qui apporterait la paix et la justice. | |||
| Conférence - Orhan Pamuk : Creativity and Control (Créativité et maîtrise) | 30 May 2023 | 01:21:35 | |
William Marx Littératures comparées Collège de France Année 2022-2023 Conférence - Orhan Pamuk : Creativity and Control (Créativité et maîtrise) Orhan Pamuk, écrivain et essayiste de renommée mondiale, récipiendaire du prix Nobel de littérature 2006, est invité par l'assemblée du Collège de France sur proposition du Pr William Marx. Lors de ce cycle de quatre conférences, Orhan Pamuk cherchera à croiser ses 50 années d'expérience en matière de création littéraire avec sa connaissance encyclopédique des meilleures œuvres de "l'art du roman". Ces conférences en anglais, avec traduction simultanée en français, sont organisées avec le soutien de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture. | |||
| Conférence - Orhan Pamuk : Inventing and Following a Character (Inventer et développer un personnage) | 24 May 2023 | 01:03:39 | |
William Marx Littératures comparées Collège de France Année 2022-2023 Conférence - Orhan Pamuk : The Paradox of the Novelist (Le paradoxe du romancier) Orhan Pamuk, écrivain et essayiste de renommée mondiale, récipiendaire du prix Nobel de littérature 2006, est invité par l'assemblée du Collège de France sur proposition du Pr William Marx. Lors de ce cycle de quatre conférences, Orhan Pamuk cherchera à croiser ses 50 années d'expérience en matière de création littéraire avec sa connaissance encyclopédique des meilleures œuvres de "l'art du roman". Mardi 9 mai 2023 - Beginnings (Commencements) Mardi 16 mai 2023 - The Paradox of the Novelist (Le paradoxe du romancier) Mardi 23 mai 2023 - Inventing and Following a Character (Inventer et développer un personnage) Mardi 30 mai 2023 - Creativity and Control (Créativité et maîtrise) Ces conférences en anglais, avec traduction simultanée en français, sont organisées avec le soutien de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture. | |||
| Grand événement - L'apprentissage de la lecture et ses difficultés 4/5 - Jérôme Deauvieau et Paul Gioia : Pratiques enseignantes et inégalités scolaires à l'entrée dans l'écrit | 23 May 2023 | 00:54:55 | |
Grand événement - L'apprentissage de la lecture et ses difficultés : Pratiques enseignantes et inégalités scolaires à l'entrée dans l'écrit Intervenants : Jérôme Deauvieau, École normale supérieure Paul Gioia, doctorant à l'Ined Résumé Les inégalités sociales dans l'apprentissage du lire/écrire apparaissent très tôt dans les parcours scolaires. Comment expliquer ce constat ? Pour répondre à cette question, il convient notamment d'observer précisément la façon dont l'institution scolaire organise l'enseignement du lire/écrire en classe de CP. Cette conférence sera l'occasion de revenir sur un certain nombre de résultats maintenant bien établis sur le sujet, mais également de présenter les premières analyses tirées d'une enquête statistique de grande ampleur, réalisée en 2021 en France, visant à rendre compte des effets des pratiques d'enseignement de la lecture sur les apprentissages des élèves de différents milieux sociaux. Jérôme Deauvieau Jérôme Deauvieau est professeur de sociologie au département de Sciences sociales de l'École normale supérieure. Il développe depuis plusieurs années un programme de recherche centré sur la compréhension des mécanismes de production des inégalités sociales dans les premiers apprentissages scolaires. Il dirige actuellement plusieurs opérations de recherches portant sur les effets des pratiques d'enseignement sur l'entrée dans l'écrit et dans les mathématiques. https://www.college-de-france.fr/agir-pour-education | |||
| Conférence - Mariachiara Gasparini : Reception and usage of Northern Wei Textiles among the Tuyuhun, Hephthalites, and Tocharians | 11 Jun 2024 | 00:49:51 | |
Frantz Grenet Collège de France Chaire Histoire et cultures de l'Asie centrale préislamique Année 2023-2024 Interweaving Eurasian Visual and Material Arts: Beyond Space and Time Conférence - Mariachiara Gasparini : Reception and usage of Northern Wei Textiles among the Tuyuhun, Hephthalites, and Tocharians Mariachiara Gasparini Assistant Professor of Chinese Art and Architectural History, Department of the History of Art and Architecture, College of Design, University of Oregon Résumé Through a detailed analysis of unpublished and published material (such as robes, hats, boots, saddles, and quivers) in comparison with those represented in Buddhist wall paintings (i.e. Kizil and Bamiyan) and funerary art, this lecture discloses the cultural and artistic entanglement between the Tuyuhun, Hephthalites, and Tocharians across the Qaidan Basin in Qinghai province of China and the Trans Himalayan, between the 5th and 6th centuries. Although the origin of these people is still debated among scholars, the common usage of Northern Wei silk, which was often traded in exchange for horses, camels, yaks, and Persian mares, disclosed a similar artistic taste. Such interactions eventually laid the foundations for the development of the early Tibetan artistic identity in the 7th century. Traduit en arménien dès le Ve siècle, peu après la création de l'alphabet et en même temps que les premières versions de la Bible et des Pères de l'Église, le Roman d'Alexandre est la seule traduction arménienne d'une œuvre de caractère profane. À partir du XIVe siècle, on insère, dans le texte arménien, des annexes qui présentent Alexandre comme un modèle du souverain idéal. S'y ajoutent des miniatures illustrant la vie du roi antique. Chaque scène s'accompagne d'un poème didactique, créant une imagerie royale, textuelle et visuelle. Les treize manuscrits enluminés du Roman d'Alexandre, datés entre le XIVe et le XVIIe siècle, ont été produits dans des contextes différents. En situant chaque manuscrit dans son contexte historique et politique, on constate que sa production est liée au changement d'orientation politique de l'époque (chute de la royauté au XIVe siècle et tentatives ultérieures pour rétablir un État arménien). Il est intéressant d'observer que les commanditaires évoquent la « domination parfaite » d'Alexandre. Il s'agit d'ecclésiastiques de haut rang, descendant des dynasties royales ou des familles princières arméniennes, dont l'influence idéologique se reflète dans le langage artistique. Ainsi, au Ve siècle, après l'abolition du royaume d'Arménie en 428, Alexandre symbolisait la soif d'émancipation des Arméniens contre le monde perse. Image d'un roi idéal, constructeur des portes d'airain qui empêcheraient l'arrivée des peuples impurs, ancêtre et préfiguration de l'Empereur des derniers temps, le Macédonien répondait à l'espoir de restaurer la souveraineté originelle de la nation et une gouvernance parfaite qui apporterait la paix et la justice. | |||
| Conférence - Orhan Pamuk : The Paradox of the Novelist (Le paradoxe du romancier) | 16 May 2023 | 01:14:31 | |
William Marx Littératures comparées Collège de France Année 2022-2023 Conférence - Orhan Pamuk : The Paradox of the Novelist (Le paradoxe du romancier) Orhan Pamuk, écrivain et essayiste de renommée mondiale, récipiendaire du prix Nobel de littérature 2006, est invité par l'assemblée du Collège de France sur proposition du Pr William Marx. Lors de ce cycle de quatre conférences, Orhan Pamuk cherchera à croiser ses 50 années d'expérience en matière de création littéraire avec sa connaissance encyclopédique des meilleures œuvres de "l'art du roman". Mardi 9 mai 2023 - Beginnings (Commencements) Mardi 16 mai 2023 - The Paradox of the Novelist (Le paradoxe du romancier) Mardi 23 mai 2023 - Inventing and Following a Character (Inventer et développer un personnage) Mardi 30 mai 2023 - Creativity and Control (Créativité et maîtrise) Ces conférences en anglais, avec traduction simultanée en français, sont organisées avec le soutien de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture. | |||
| Grand événement - Lire les rapports du GIEC pour comprendre le monde qui s'annonce 3/4 - Laurent Fonbaustier : Les valeurs et modèles implicites dans les rapports du GIEC (1) | 15 May 2023 | 01:12:41 | |
Grand évènement : Lire les rapports du GIEC pour comprendre le monde qui s'annonce – Une introduction aux enjeux sociétaux entre science, utopie et réalité - Laurent Fonbaustier : Les valeurs et modèles implicites dans les rapports du GIEC (1) Les deux conférences prendront appui sur les rapports du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), en particulier les volets pertinents du dernier rapport, pour tenter d'identifier et discuter d'éventuelles valeurs, préférences et modèles implicites ou sous-jacents présidant au passage des diagnostics aux préconisations suggérées par le GIEC. Laurent Fonbaustier est professeur agrégé des facultés de droit depuis 2000, en poste à l'université Paris-Saclay depuis 2004. Il y est responsable d'un master en « droit de l'environnement ». Il dirige la collection « Droit, sciences & environnement » aux éditions Mare & Martin. Ses centres d'intérêt universitaires sont de deux ordres : historiquement, l'influence des modèles ecclésio-politiques sur l'État moderne ; depuis 2001, l'intégration des problématiques écologiques dans les systèmes juridiques a sa faveur. Il a publié et coordonné quelques ouvrages et environ cent cinquante articles. Laurent Fonbaustier est l'auteur du Manuel de droit de l'environnement, Puf, coll. « Droit fondamental », 2e édition, 2020. | |||
| Leçon inaugurale - Denis Duboule : Les temps de l'embryon | 11 May 2023 | 01:01:39 | |
Denis Duboule Collège de France Évolution du développement et des génomes Année 2022-2023 Leçon inaugurale - Denis Duboule : Les temps de l'embryon Date : 11 mai 2023 Résumé
Le développement des embryons est avant tout une affaire de temps, de multiples référentiels temporels, d'horloges, d'oscillations qui s'enchevêtrent les unes dans les autres pour générer de l'espace et des formes. Comment ces temps sont-ils matérialisés dans les substrats biologiques, où l'embryon va-t-il les chercher et comment les interpréter ? Cette leçon inaugurale discutera de ce nouveau champ d'étude et également des approches technologiques récentes qui permettent aujourd'hui d'embrasser ces questions en produisant et en cultivant des embryons in vitro. Car en effet, nous ne sommes plus très loin de pouvoir concevoir et faire croître des embryons intégralement ex utéro, sans même avoir recours à des cellules germinales, ce qui représenterait un changement sans précédent de notre société, aux impacts encore difficiles à évaluer. Opportunité égalitaire ou dérive dystopique ? Il est temps pour notre société de s'occuper de ses embryons. | |||
| Conférence - Ronald Hendel : La Bible et la mémoire collective | 10 May 2023 | 00:52:41 | |
Thomas Römer Collège de France Milieux bibliques Année 2022-2023 Conférence - Ronald Hendel : La Bible et la mémoire collective Ronald Hendel, Professor, Department of Middle Eastern Studies, University of California, Berkeley La mémoire, comme dirait Proust, construit une continuité entre le présent et le passé dans laquelle le moi se découvre. La mémoire collective construit une continuité temporelle similaire pour une communauté. Nous nous concentrerons sur deux mémoires bibliques – la sortie d'Égypte et la visite de la reine de Saba – pour éclairer la mémoire collective dans la Bible. Les deux mémoires illustrent de multiples caractéristiques : la refiguration du passé pour encadrer le présent ; l'oubli stratégique du passé problématique ; et l'affirmation de la critique politique. Le commandement divin de se souvenir du passé dans la Bible implique la formation du soi collectif. Ronald Hendel est invité par l'assemblée du Collège de France, sur proposition du Pr Thomas Römer. | |||
| Conférence - Orhan Pamuk : The Paradox of the Novelist (Le paradoxe du romancier) | 09 May 2023 | 01:08:55 | |
William Marx Littératures comparées Collège de France Année 2022-2023 Conférence - Orhan Pamuk : The Paradox of the Novelist (Le paradoxe du romancier) Orhan Pamuk, écrivain et essayiste de renommée mondiale, récipiendaire du prix Nobel de littérature 2006, est invité par l'assemblée du Collège de France sur proposition du Pr William Marx. Lors de ce cycle de quatre conférences, Orhan Pamuk cherchera à croiser ses 50 années d'expérience en matière de création littéraire avec sa connaissance encyclopédique des meilleures œuvres de "l'art du roman". Mardi 9 mai 2023 - Beginnings (Commencements) Mardi 16 mai 2023 - The Paradox of the Novelist (Le paradoxe du romancier) Mardi 23 mai 2023 - Inventing and Following a Character (Inventer et développer un personnage) Mardi 30 mai 2023 - Creativity and Control (Créativité et maîtrise) Ces conférences en anglais, avec traduction simultanée en français, sont organisées avec le soutien de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture. | |||
| Conférencier invité - Charles Bertucci 4/4 : Jeux à champ moyen et contrôle stochastique dans l'espace de Wasserstein | 21 Apr 2023 | 01:58:54 | |
Charles Bertucci est chargé de recherche au CNRS, entré en fonction en 2019 à la suite d'une thèse soutenue à l'université Paris-Dauphine, sous la direction de Pierre-Louis Lions. Ses recherches portent principalement sur la théorie des jeux à champ moyen, l'optimisation ainsi que sur l'analyse des équations aux dérivées partielles. Il s'intéresse en particulier à dégager des principes de stabilité sur de telles équations posées en dimension infinie. Par ailleurs, il a travaillé à plusieurs reprises sur la modélisation mathématique de phénomènes réels, notamment à travers des travaux sur les marchés du pétrole ou des cryptomonnaies, ou bien dans les télécommunications. Ancien élève de l'École polytechnique (promotion X 2012) et de l'université Paris-Sorbonne, il est enseignant à temps partiel à l'École polytechnique depuis 2020. Charles Bertucci est également titulaire de l'habilitation à diriger les recherches depuis 2022. Charles Bertucci est lauréat du Prix Claude-Antoine Peccot pour l'année 2022-2023. | |||
| Grand événement - L'apprentissage de la lecture et ses difficultés 3/5 - Naama Friedmann : Les dyslexies : comment les comprendre, les détecter, intervenir ? | 19 Apr 2023 | 01:02:02 | |
Grand événement - L'apprentissage de la lecture et ses difficultés : La psychologie de l'apprentissage de la lecture Intervenant : Naama Friedmann, Laboratoire du langage et du cerveau, École d'éducation et École de neurosciences Sagol, université de Tel-Aviv Résumé When a child has difficulties in reading –how can we help them and how should we teach them? The first step is understanding exactly what their problem is. Dyslexia is a general term for various deficits in reading. There are more than 20 different dyslexia types, each stemming from a deficit at a different component of the reading process or in the connections between these components. The different loci of impairment yield different error types. I will describe the various types of dyslexia, focusing on the ones that are more frequent in French. For each dyslexia, I will describe the main characteristics: which kinds of errors do the children make in reading? Which types of words are most difficult for them? I will also discuss the way the unique properties of French interact with the manifestation of the different types of dyslexia. I will then describe directions for treatment for these dyslexias, and what a teacher can do to teach children with each kind of dyslexia in the most appropriate way. I will finish with a further source of difficulties in reading comprehension that is not dyslexia: syntactic difficulties, and discuss ways to distinguish between the different sources of reading comprehension difficulties: reading difficulties and comprehension difficulties. Naama Friedmann est professeure de neuropsychologie du langage à l'École d'éducation et à l'École de neurosciences Sagol de l'université de Tel-Aviv. Elle dirige le Laboratoire du langage et du cerveau et le Laboratoire Lieselotte Adler pour la recherche sur le développement de l'enfant, et est titulaire de la chaire Branco Weiss sur le développement de l'enfant. Elle est directrice du MiLa : The Cukier-Goldstein-Goren Center for Mind, Cognition, and Language. Naama Friedmann a obtenu son doctorat à l'université de Tel-Aviv et un postdoc à l'UCSD. Elle a publié plus de deux cent trente articles dans des revues scientifiques de premier plan et occupe des postes d'éditrice dans des revues de neuropsychologie et de psycholinguistique. Elle a supervisé soixante-quatre étudiants de maîtrise, vingt-six étudiants de doctorat et six boursiers postdoctoraux. La Pr Friedmann est membre élu de l'Académie israélienne des sciences et des sciences humaines, et a remporté le prix Michael-Landau pour sa percée dans le domaine des sciences et de la recherche, ainsi que le prix Michael-Bruno-Memorial, qui récompense des chercheurs exceptionnels ayant fait preuve d'une originalité d'esprit, d'un dévouement et d'un impact révolutionnaires. Les recherches de la Pr Naama Friedmann portent sur la relation entre le cerveau et le langage, principalement chez les personnes souffrant de troubles du langage. Ses principaux domaines de recherche sont les troubles du langage après une lésion cérébrale, en particulier les troubles syntaxiques et lexicaux dans l'aphasie, les dyslexies et dysgraphies acquises et développementales, les troubles du langage et de la lecture à la suite de carences nutritionnelles dans la petite enfance, et à la suite d'un manque d'exposition à l'input pendant la période critique pour l'acquisition du langage chez les enfants atteints de déficience auditive. Elle travaille également sur les troubles de la syntaxe et de la lecture en langue des signes, sur la mémoire de travail phonologique et sur l'acquisition de la syntaxe. Pour explorer les relations entre le langage et le cerveau, les recherches de la Pr Friedmann utilisent des tests de compréhension, de production et de lecture sur des personnes ayant subi des lésions cérébrales et des personnes souffrant de troubles du développement, ainsi que des stimulations lors d'une chirurgie éveillée à cerveau ouvert et des techniques d'imagerie, notamment l'IRMf et l'ITD. Elle mène des études interlinguistiques explorant l'interaction entre les propriétés de la langue et la manifestation des troubles du langage dans celle-ci. La Pr Friedmann a contribué de manière décisive à la conceptualisation de sous-types de troubles du développement du langage, à l'identification et à la caractérisation de types jusqu'alors inconnus de dyslexie et de dysgraphie acquises et développementales, à la caractérisation des troubles syntaxiques de l'aphasie et aux modèles de lecture, d'orthographe et de récupération lexicale. | |||
| Grand événement - Lire les rapports du GIEC pour comprendre le monde qui s'annonce 2/4 - Hervé Douville : Principes, méthodes, résultats saillants, et quelques pistes d'amélioration des rapports d'évaluation du GIEC | 17 Apr 2023 | 01:36:31 | |
Grand évènement : Lire les rapports du GIEC pour comprendre le monde qui s'annonce – Une introduction aux enjeux sociétaux entre science, utopie et réalité - Hervé Douville : Principes, méthodes, résultats saillants, et quelques pistes d'amélioration des rapports d'évaluation du GIEC Depuis 1990, date de son premier rapport, le GIEC fournit régulièrement des évaluations aussi complètes et objectives que possible des informations scientifiques concernant les bases physiques du changement climatique (WG1), ses impacts, la vulnérabilité et l'adaptation des systèmes socio-économiques et naturels (WG2), mais aussi des stratégies d'atténuation du changement climatique (WG3). Cette lourde tâche est confiée à des auteurs bénévoles après définition d'un sommaire du rapport concerné lors d'une assemblée générale du GIEC. Ce rapport est rédigé en plusieurs étapes comprenant deux étapes de relecture par les pairs et les représentants des gouvernements, donnant lieu à de très nombreux commentaires. Ce processus transparent se clôt par une session d'approbation visant à obtenir l'assentiment de l'ensemble des délégations gouvernementales avant la publication du rapport final. Cette démarche très encadrée se déroule à peu près sur trois ans et a fait jusqu'ici l'objet d'un certain consensus malgré de nombreuses critiques, plus ou moins légitimes, notamment mais pas seulement de la part des climatosceptiques. Certaines de ses critiques, ainsi que la demande sociétale croissante pour des politiques climatiques plus ambitieuses, appellent à une réflexion sur l'amélioration du processus, son efficacité et ses possibles biais cognitifs. En tant qu'auteur coordinateur du premier groupe de travail, je vous ferai part de mes réflexions personnelles sur ce thème sans prétendre épuiser ce vaste sujet ni même apporter des réponses à toutes les questions qui seront soulevées ou que vous pourriez me poser. Hervé Douville est chercheur au sein de l'unité Climat du Centre national de recherches météorologiques depuis plus de vingt-cinq ans. Il est l'auteur de plus de cent vingt-cinq articles dans des revues de rang A (à comité de lecture), titulaire d'une habilitation à diriger les recherches (HDR) depuis 2008, membre du groupe de travail sur la prévisibilité climatique saisonnière à interannuelle du Programme mondial de recherche sur le climat de 2010 à 2015 et auteur coordinateur du Chapitre 8 du dernier rapport du 1er groupe de travail du GIEC de 2018 à 2021. | |||
| Conférencier invité - Charles Bertucci 3/4 : Jeux à champ moyen et contrôle stochastique dans l'espace de Wasserstein | 14 Apr 2023 | 02:02:51 | |
Charles Bertucci est chargé de recherche au CNRS, entré en fonction en 2019 à la suite d'une thèse soutenue à l'université Paris-Dauphine, sous la direction de Pierre-Louis Lions. Ses recherches portent principalement sur la théorie des jeux à champ moyen, l'optimisation ainsi que sur l'analyse des équations aux dérivées partielles. Il s'intéresse en particulier à dégager des principes de stabilité sur de telles équations posées en dimension infinie. Par ailleurs, il a travaillé à plusieurs reprises sur la modélisation mathématique de phénomènes réels, notamment à travers des travaux sur les marchés du pétrole ou des cryptomonnaies, ou bien dans les télécommunications. Ancien élève de l'École polytechnique (promotion X 2012) et de l'université Paris-Sorbonne, il est enseignant à temps partiel à l'École polytechnique depuis 2020. Charles Bertucci est également titulaire de l'habilitation à diriger les recherches depuis 2022. Charles Bertucci est lauréat du Prix Claude-Antoine Peccot pour l'année 2022-2023. | |||
| Leçon inaugurale - Mathilde Touvier : Rôle de la nutrition dans la prévention des maladies chroniques : état des connaissances scientifiques et recommandations | 11 Apr 2023 | 01:01:07 | |
Mathilde Touvier Santé publique 2022-2023 Collège de France Rôle de la nutrition dans la prévention des maladies chroniques : état des connaissances scientifiques et recommandations Au cours d'une vie, nous ingérons environ 30 tonnes d'aliments et 50 000 litres de boissons. Les milliers d'études épidémiologiques, expérimentales et cliniques publiées ces 50 dernières années ont permis de lever – en partie – le voile sur l'impact de ces aliments et leurs composés bioactifs sur notre santé. La nutrition, englobant au sens large l'alimentation et l'activité physique, est aujourd'hui reconnue comme un des principaux facteurs modifiables intervenant dans le déterminisme des maladies les plus répandues dans le monde industrialisé : obésité, cancers, maladies cardiovasculaires, diabète… Au niveau mondial, une alimentation déséquilibrée est un des principaux facteurs de risque de mortalité, avec environ 1 décès sur 5, et des problématiques nutritionnelles très contrastées selon les pays du globe. Ces connaissances ont permis d'établir des niveaux de preuves élevés pour plusieurs facteurs nutritionnels protecteurs ou délétères, qui ont servi de base à l'établissement de la politique nutritionnelle en France, incarnée par le Programme national nutrition santé (PNNS). Cette leçon présente l'état de l'art en matière de relations nutrition-santé, ainsi que les recommandations actuelles pour la prévention nutritionnelle des maladies chroniques. | |||
| Cycle Europe - Jan-Werner Müller 2/4 : L'histoire de la démocratie en Europe – et dans l'Union européenne | 06 Jun 2024 | 00:51:37 | |
Samantha Besson Droit international des institutions Collège de France Année 2023-2024 Cycle Europe - Jan-Werner Müller 2/4 : L'histoire de la démocratie en Europe – et dans l'Union européenne Jan-Werner Müller Professeur de théorie politique et d'histoire des idées, université de Princeton Jan-Werner Müller est invité par l'assemblée du Collège de France, sur proposition des Prs Samantha Besson, Edith Heard, Vinciane Pirenne-Delforge et Thomas Römer. Cette série de quatre conférences de Jan-Werner Müller s'inscrit dans le cadre du cycle Europe du Collège de France. En 2023-2024, ce cycle est consacré au thème « L'Europe démocratique ». Cette deuxième série de conférences de l'année traite des défis pour la démocratie en Europe aujourd'hui. Elle met particulièrement l'accent sur la consolidation des structures autocratiques dans quelques États membres de l'Union européenne. La question se pose de savoir si l'UE a le devoir et les capacités de défendre la démocratie et l'État de droit, sachant qu'elle est souvent accusée d'être elle-même une institution non démocratique. Cette série de conférences analyse les outils juridiques existants et propose des instruments supplémentaires. Elle présente aussi une vision plus large de l'UE comme acteur normatif. Résumé Cette deuxième conférence avance la thèse selon laquelle, après la Seconde Guerre mondiale, une conception particulière de la démocratie a émergé en Europe occidentale – ce que le conférencier qualifie de « démocratie contrainte ». Cette conception était fondée sur la peur d'une souveraineté populaire sans contrainte et sur un état d'esprit antitotalitaire plus large. L'Union européenne – et le Conseil de l'Europe – faisait partie intégrante de ce consensus d'après-guerre sur la démocratie. On peut certainement critiquer une telle conception de la démocratie. Mais cette construction a aussi offert aux institutions européennes des possibilités juridiques et normatives – même si elles ne sont pas directement légitimées par les citoyens – afin de protéger la démocratie. | |||
| Conférencier invité - Charles Bertucci 2/4 : Jeux à champ moyen et contrôle stochastique dans l'espace de Wasserstein | 07 Apr 2023 | 02:00:08 | |
Charles Bertucci est chargé de recherche au CNRS, entré en fonction en 2019 à la suite d'une thèse soutenue à l'université Paris-Dauphine, sous la direction de Pierre-Louis Lions. Ses recherches portent principalement sur la théorie des jeux à champ moyen, l'optimisation ainsi que sur l'analyse des équations aux dérivées partielles. Il s'intéresse en particulier à dégager des principes de stabilité sur de telles équations posées en dimension infinie. Par ailleurs, il a travaillé à plusieurs reprises sur la modélisation mathématique de phénomènes réels, notamment à travers des travaux sur les marchés du pétrole ou des cryptomonnaies, ou bien dans les télécommunications. Ancien élève de l'École polytechnique (promotion X 2012) et de l'université Paris-Sorbonne, il est enseignant à temps partiel à l'École polytechnique depuis 2020. Charles Bertucci est également titulaire de l'habilitation à diriger les recherches depuis 2022. Charles Bertucci est lauréat du Prix Claude-Antoine Peccot pour l'année 2022-2023. | |||
| Cycle Europe - Stella Ghervas 2/4 : Le pouvoir de la paix en Europe, L'ordre européen, de la machine à vapeur à l'organisme vivant | 05 Apr 2023 | 00:58:56 | |
Samantha Besson Collège de France Année 2022-2023 Droit international des institutions Conférencier invité - Stella Ghervas : Le pouvoir de la paix en Europe, L'ordre européen, de la machine à vapeur à l'organisme vivant Le pouvoir de la paix en Europe Cette deuxième conférence se concentrera sur les deux métaphores des institutions de la paix, mécanique et organique, ainsi que leurs influences respectives sur la méthode des « ingénieurs de la paix » en Europe. Les progrès de la Révolution industrielle enfantèrent naturellement une vision mécaniste de l'ordre européen, fondée sur des « équilibres » et des mécanismes, et qui considéraient les institutions de maintien de la paix comme autant de machineries idéales projetées, réalisées et mises en service. La naissance de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) en 1950 fut paradoxalement l'occasion de rejeter cette approche et d'en adopter une autre radicalement différente, fondée sur la conception de l'ordre européen comme un organisme vivant dont chaque État membre serait une cellule. Nous examinerons comment et pourquoi le modèle organique, aussi connu sous le nom de « fonctionnel », a constitué une rupture radicale et une innovation fondamentale par rapport à celui qui l'avait précédé, ouvrant ainsi la porte à l'unification politique du continent. | |||
| Conférencier invité - Charles Bertucci 1/4 : Jeux à champ moyen et contrôle stochastique dans l'espace de Wasserstein | 31 Mar 2023 | 02:02:10 | |
Charles Bertucci est chargé de recherche au CNRS, entré en fonction en 2019 à la suite d'une thèse soutenue à l'université Paris-Dauphine, sous la direction de Pierre-Louis Lions. Ses recherches portent principalement sur la théorie des jeux à champ moyen, l'optimisation ainsi que sur l'analyse des équations aux dérivées partielles. Il s'intéresse en particulier à dégager des principes de stabilité sur de telles équations posées en dimension infinie. Par ailleurs, il a travaillé à plusieurs reprises sur la modélisation mathématique de phénomènes réels, notamment à travers des travaux sur les marchés du pétrole ou des cryptomonnaies, ou bien dans les télécommunications. Ancien élève de l'École polytechnique (promotion X 2012) et de l'université Paris-Sorbonne, il est enseignant à temps partiel à l'École polytechnique depuis 2020. Charles Bertucci est également titulaire de l'habilitation à diriger les recherches depuis 2022. Charles Bertucci est lauréat du Prix Claude-Antoine Peccot pour l'année 2022-2023. | |||
| Cycle Europe - Stella Ghervas 1/4 : Le pouvoir de la paix en Europe - De l'équilibre des puissances à l'unification européenne | 31 Mar 2023 | 00:59:43 | |
Samantha Besson Collège de France Année 2022-2023 Droit international des institutions Conférencier invité - Stella Ghervas : Le pouvoir de la paix en Europe, De l'équilibre des puissances à l'unification européenne Le pouvoir de la paix en Europe De nos jours encore, le débat se poursuit entre partisans de la souveraineté nationale et ceux d'un approfondissement de l'Union européenne. Dans cette conférence inaugurale, nous remonterons bien au-delà de la naissance des États-nations, aux sources intellectuelles des idées jumelles de la Paix et de l'Europe, pour poser le vocabulaire et la grammaire d'une remarquable controverse philosophique et politique. C'est au cours du XVIIIe siècle que deux grands modèles distincts de l'ordre international européen émergèrent, comme une alternative à la monarchie universelle et comme une solution aux guerres fratricides entre les États du continent : l'équilibre des puissances et la paix perpétuelle. Cette conférence nous ramènera aux vifs débats qui précédèrent et suivirent la paix d'Utrecht de 1713. Nous examinerons notamment l'émergence de la doctrine de l'équilibre des puissances dans la pensée politique anglaise au détour du XVIIIe siècle, et comment elle devint une clause juridique incorporée dans la paix d'Utrecht. Nous passerons ensuite aux contre-propositions de projets de paix perpétuelle, de l'abbé de Saint-Pierre à Emmanuel Kant, avec leurs arguments clés et les objections qu'elles ont soulevées. Nous conclurons avec un examen, à partir de notre horizon d'expérience, de la solidité de l'intuition fondamentale qui avait lié l'idée de la paix à celle de l'unification du continent, en relevant les questions qui étaient alors restées sans réponse. | |||
| Leçon inaugurale - Didier Fassin : Sciences sociales par temps de crise | 30 Mar 2023 | 01:04:30 | |
Didier Fassin Questions morales et enjeux politiques dans les sociétés contemporaines Collège de France Année 2022-2023 Leçon inaugurale - Didier Fassin : Sciences sociales par temps de crise Le monde traverse des crises de natures diverses : écologique, sanitaire, énergétique, démocratique, sociale avec la progression des inégalités, humanitaires en zones de conflits, frumentaires dans les régions de sécheresse. Quel est le rôle des sciences sociales dans ce contexte ? Elles peuvent aider à comprendre ces crises et même à y apporter des solutions, mais elles doivent aussi interroger le langage de la crise, en montrant le décalage entre la réalité et sa représentation – discours de crise ne correspondant pas à une situation critique, comme pour les migrants et les réfugiés, situation critique non reconnue en termes de crise, s'agissant de l'inflation punitive et de la surpopulation carcérale. Désigner ou ignorer une crise a ainsi des conséquences politiques importantes, que chercheuses et chercheurs éclairent de leurs recherches empiriques et leurs analyses théoriques. À partir d'exemples contemporains, la leçon apportera une réflexion nécessaire à toute citoyenne et tout citoyen. Présentation de la chaire Des droits de l'homme à l'action humanitaire, des commissions vérité et réconciliation aux conventions internationales sur les réfugiés, de l'intégrité des gouvernants à la régulation de la finance, de la reconnaissance des relations de genre à la légitimation du statut de victime, du port du voile à la liberté d'avorter, des lois de bioéthique à la déontologie de la recherche, morale et politique n'ont cessé, au cours des dernières décennies, d'interroger les modalités de la vie en société et de redéfinir les frontières entre espace public et espace privé. La question sociale s'est ainsi doublée d'une question morale, et dans les deux cas, le politique s'est trouvé mis à l'épreuve. C'est à cette interface entre moral et politique que la chaire est consacrée. Les sciences sociales ont historiquement eu, à l'égard de la question morale, une double posture. D'une part, tant les anthropologues, depuis Westermarck, que les sociologues, avec Durkheim, et même Weber, s'y sont très tôt intéressés. D'autre part, ils se sont méfiés de ce qui pouvait impliquer leurs propres jugements alors même que, comme l'écrivait Albert Hirschman, les sciences sociales se sont construites en s'en libérant. Dans la période récente, cependant, un regain d'intérêt pour la question morale s'est manifesté dans les sciences sociales. Le titulaire de la chaire en a été l'un des acteurs en développant une anthropologie morale critique visant à prendre pour objet, d'une part, les affects et les valeurs que mobilisent les agents dans leurs pratiques, et d'autre part, les économies morales qui se constituent autour de ce que la société se donne comme problèmes. Cette double dimension est à l'œuvre dans de multiples domaines, de l'assistance aux pauvres à la réduction des inégalités, de la sanction des délits à l'accueil des exilés, et bien d'autres. L'enquête théorique développée dans le cadre de la chaire s'appuie sur un travail ethnographique associant entretiens, observation et participation. Elle implique un questionnement sur les formes d'engagement du chercheur. | |||
| Grand événement - Lire les rapports du GIEC pour comprendre le monde qui s'annonce 1/4 - Kari de Pryck : Le GIEC. La voix du climat | 29 Mar 2023 | 01:14:58 | |
Grand événement - Lire les rapports du GIEC pour comprendre le monde qui s'annonce – Une introduction aux enjeux sociétaux entre science, utopie et réalité : Le GIEC. La voix du climat Intervenant : Kari de Pryck Depuis 1988, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (ou GIEC) publie régulièrement d'épais rapports de deux mille à trois mille pages qui présentent l'état des connaissances sur l'évolution du climat, ses causes, ses impacts et les pistes pour limiter son ampleur et s'adapter au monde à venir. Ces analyses sont le fruit d'une expertise collective de plusieurs milliers de scientifiques, ce qui est déjà en soi un effort collaboratif remarquable et probablement sans précédents. Vu la densité des rapports, nous en connaissons surtout la version simplifiée qui prend la forme d'un « résumé pour décideurs ». Même s'il ne s'agit pas de prescriptions, ce « résumé » a un impact sur les décisions politiques, donc sur notre vie à tous. Dates, échéances, scénarios : notre futur y prend sa forme. À une époque qu'on croyait vouée au « présentisme », c'est-à-dire à la contemplation de son présent, oublieuse du passé et insoucieuse de l'avenir, une nouvelle forme de planification s'instaure, et avec des proportions globales qui n'ont jamais eu cette envergure. Cela peut nous rappeler certaines utopies du passé, comme la République de Platon. Et comme dans Platon, la question se pose du rapport entre la science et la dimension politique. Alors que disent les rapports complets, en particulier quand les États n'interviennent pas dans leur rédaction directe ? Dans le foisonnement de données et d'informations mises à notre disposition que faut-il retenir et que faut-il comprendre ? Quelle méthodologie scientifique et institutionnelle derrière le processus de travail collectif ? Pour répondre à ces interrogations, le Collège de France, sous la supervision du Pr Dario Mantovani, organise un cycle de lectures pédagogiques du rapport 2021-2022 du GIEC. L'enjeu, en plus de mettre au jour les bases scientifiques de ces documents, est de comprendre l'idée de société que le GIEC préconise, les valeurs sociétales et juridiques qui sont prises – souvent implicitement – comme modèles. Le cycle sera constitué de cinq séances de deux heures chacune, portant de façon claire et pédagogique sur les méthodes, les modèles et les valeurs sous-jacents à l'œuvre du GIEC. Sur un ton de plus en plus insistant, la voix du GIEC se fait entendre partout. La légitimité de cette voix s'est construite dans le temps et au prix d'une forte institutionnalisation. Loin de la vision originale de ses fondateurs, qui l'avaient conçu en 1988 comme une structure informelle au service des décideurs, le GIEC réunit aujourd'hui des milliers de personnes, fait dialoguer scientifiques et diplomates au niveau international. Dans cette intervention, nous ouvrirons la boîte noire du GIEC et reviendrons sur la rigueur du processus d'évaluation et la lourdeur bureaucratique que cela induit. Nous aborderons également le travail de négociation des experts avec les États sur les principales conclusions. Kari De Pryck est maîtresse assistante à l'Institut des sciences de l'environnement de l'Université de Genève. Elle est titulaire d'une thèse de science politique, préparée en cotutelle entre l'Université de Genève et Sciences Po Paris, et auteure du livre « GIEC, la voix du climat ». | |||
| Conférencier invité - Thibault Lefeuvre 4/4 : Dynamique et géométrie en courbure négative : progrès récents et perspectives | 29 Mar 2023 | 02:00:12 | |
Thibault Lefeuvre est mathématicien à Sorbonne Université, chargé de recherche au CNRS, et ancien élève de l'école Polytechnique. Il étudie les systèmes dynamiques de nature chaotique et la géométrie grâce à l'analyse microlocale, une théorie analytique qui cherche à décrire, entre autres choses, les singularités des solutions des équations aux dérivées partielles pouvant apparaître en physique. Ses travaux de thèse ont été récompensés par le prix de la Chancellerie des Universités de Paris. Il est aussi l'auteur d'articles de vulgarisation scientifique, ainsi que d'un ouvrage à destination des classes préparatoires. Également écrivain, son premier roman, Éducation tropicale, a été publié aux éditions Gallimard et couronné du prix Albert-Bernard 2018. Thibault Lefeuvre est lauréat du Prix Claude-Antoine Peccot pour l'année 2022-2023, sur proposition de la Pr Nalini Anantharaman, chaire Géométrie spectrale. ------------- Depuis 1885, grâce à une dotation provenant de la famille du mathématicien Claude-Antoine Peccot, le Collège de France récompense chaque année de jeunes mathématiciens de moins de 30 ans s'étant distingués dans l'ordre des mathématiques théoriques ou appliquées. Voulu par sa famille en hommage à Claude-Antoine Peccot, élève de Joseph Bertrand (titulaire de la chaire Mathématiques transcendantes au Collège de France 1862-1900), ce legs a permis tout d'abord de créer une bourse annuelle, transformée en charge de cours à partir de 1900. En règle générale, deux lauréats sont distingués chaque année. La charge de cours au Collège de France consiste en une série de quatre conférences données sur quatre semaines consécutives, permettant au lauréat d'exposer ses recherches récentes et est assortie d'une récompense de 3000 euros et de la remise d'une médaille de bronze du Collège de France. Certains titulaires de ces cours Peccot peuvent être, de façon exceptionnelle, également récompensés par le prix Peccot-Vimont, distinct. Depuis sa création, le cours et le prix Claude-Antoine Peccot ont su distinguer les jeunes mathématiciens les plus prometteurs. Nombre d'entre eux se sont par la suite brillamment illustrés dans leur carrière scientifique, ont contribué au rayonnement de l'école mathématique française au plus haut niveau international et ont reçu des récompenses prestigieuses (médaille Fields, prix Abel). Le cours Peccot, et éventuellement le prix associé, est traditionnellement attribué lors de l'assemblée du Collège de France de juin, sur proposition des professeurs de mathématiques. La liste des lauréats depuis la création du prix est à retrouver dans l'annuaire du Collège de France. | |||
| Conférencier invité - Thibault Lefeuvre 3/4 : Dynamique et géométrie en courbure négative : progrès récents et perspectives | 22 Mar 2023 | 01:57:53 | |
Thibault Lefeuvre est mathématicien à Sorbonne Université, chargé de recherche au CNRS, et ancien élève de l'école Polytechnique. Il étudie les systèmes dynamiques de nature chaotique et la géométrie grâce à l'analyse microlocale, une théorie analytique qui cherche à décrire, entre autres choses, les singularités des solutions des équations aux dérivées partielles pouvant apparaître en physique. Ses travaux de thèse ont été récompensés par le prix de la Chancellerie des Universités de Paris. Il est aussi l'auteur d'articles de vulgarisation scientifique, ainsi que d'un ouvrage à destination des classes préparatoires. Également écrivain, son premier roman, Éducation tropicale, a été publié aux éditions Gallimard et couronné du prix Albert-Bernard 2018. Thibault Lefeuvre est lauréat du Prix Claude-Antoine Peccot pour l'année 2022-2023, sur proposition de la Pr Nalini Anantharaman, chaire Géométrie spectrale. ------------- Depuis 1885, grâce à une dotation provenant de la famille du mathématicien Claude-Antoine Peccot, le Collège de France récompense chaque année de jeunes mathématiciens de moins de 30 ans s'étant distingués dans l'ordre des mathématiques théoriques ou appliquées. Voulu par sa famille en hommage à Claude-Antoine Peccot, élève de Joseph Bertrand (titulaire de la chaire Mathématiques transcendantes au Collège de France 1862-1900), ce legs a permis tout d'abord de créer une bourse annuelle, transformée en charge de cours à partir de 1900. En règle générale, deux lauréats sont distingués chaque année. La charge de cours au Collège de France consiste en une série de quatre conférences données sur quatre semaines consécutives, permettant au lauréat d'exposer ses recherches récentes et est assortie d'une récompense de 3000 euros et de la remise d'une médaille de bronze du Collège de France. Certains titulaires de ces cours Peccot peuvent être, de façon exceptionnelle, également récompensés par le prix Peccot-Vimont, distinct. Depuis sa création, le cours et le prix Claude-Antoine Peccot ont su distinguer les jeunes mathématiciens les plus prometteurs. Nombre d'entre eux se sont par la suite brillamment illustrés dans leur carrière scientifique, ont contribué au rayonnement de l'école mathématique française au plus haut niveau international et ont reçu des récompenses prestigieuses (médaille Fields, prix Abel). Le cours Peccot, et éventuellement le prix associé, est traditionnellement attribué lors de l'assemblée du Collège de France de juin, sur proposition des professeurs de mathématiques. La liste des lauréats depuis la création du prix est à retrouver dans l'annuaire du Collège de France. | |||
| Conférence - Leonid Berlyand : PDE Models of Active Suspensions: Homogenization and Multiscale Analysis | 21 Mar 2023 | 01:20:16 | |
Jean-François Joanny Matière molle et biophysique Collège de France Année 2022-2023 Mathematical Models of Active Matter Conférence - Leonid Berlyand : PDE Models of Active Suspensions: Homogenization and Multiscale Analysis | |||
| Conférence - Leonid Berlyand : Stability Analysis in Free Boundary Models | 20 Mar 2023 | 01:19:10 | |
Jean-François Joanny Matière molle et biophysique Collège de France Année 2022-2023 Mathematical Models of Active Matter Conférence - Leonid Berlyand : Stability Analysis in Free Boundary Models | |||
| À bras-le-corps ! Claude Bernard et les sciences du vivant : un malentendu persistant | 05 Jun 2024 | 01:28:11 | |
Grand événement - Exposition À bras-le-corps ! : Claude Bernard et les sciences du vivant : un malentendu persistant Intervenants : Alain Prochiantz Professeur du Collège de France, Administrateur du Collège de France (2015 à 2019) Résumé On se figure souvent Claude Bernard comme l'inventeur d'une méthode, une sorte de Descartes de la biologie. Quelle erreur et quel ennui ! À l'opposé de cette image scolaire, Claude Bernard est entré en physiologie à travers une observation accidentelle dont il inféra que, loin d'être une combustion chimique directe, la nutrition est un processus métabolique poursuivi à « douce température » grâce à l'activité de diastases, on dit aujourd'hui enzymes. Les métabolites ainsi produits et mis en réserve – la fameuse fonction glycogénique du foie – sont libérés dans le milieu intérieur et participent au maintien de ses constantes physiologiques. Mais cette nutrition n'est pas seulement organique, elle est aussi « organogénique » contribuant, par-delà le renouvellement des seules molécules, à celui des organes, fonction illustrée par le terme « d'embryogenèse silencieuse ». Nous discuterons comment, sur la base de ces travaux, Claude Bernard révolutionne la physiologie en répudiant une vision essentiellement physicaliste du vivant. En écho – relisons Georges Canguilhem – avec la rupture parallèle opérée par Charles Darwin dans le domaine de l'évolutionnisme. Là encore, c'est de milieu qu'il s'agit. | |||
| Conférencier invité - Thibault Lefeuvre 2/4 : Dynamique et géométrie en courbure négative : progrès récents et perspectives | 15 Mar 2023 | 02:00:54 | |
Thibault Lefeuvre est mathématicien à Sorbonne Université, chargé de recherche au CNRS, et ancien élève de l'école Polytechnique. Il étudie les systèmes dynamiques de nature chaotique et la géométrie grâce à l'analyse microlocale, une théorie analytique qui cherche à décrire, entre autres choses, les singularités des solutions des équations aux dérivées partielles pouvant apparaître en physique. Ses travaux de thèse ont été récompensés par le prix de la Chancellerie des Universités de Paris. Il est aussi l'auteur d'articles de vulgarisation scientifique, ainsi que d'un ouvrage à destination des classes préparatoires. Également écrivain, son premier roman, Éducation tropicale, a été publié aux éditions Gallimard et couronné du prix Albert-Bernard 2018. Thibault Lefeuvre est lauréat du Prix Claude-Antoine Peccot pour l'année 2022-2023, sur proposition de la Pr Nalini Anantharaman, chaire Géométrie spectrale. ------------- Depuis 1885, grâce à une dotation provenant de la famille du mathématicien Claude-Antoine Peccot, le Collège de France récompense chaque année de jeunes mathématiciens de moins de 30 ans s'étant distingués dans l'ordre des mathématiques théoriques ou appliquées. Voulu par sa famille en hommage à Claude-Antoine Peccot, élève de Joseph Bertrand (titulaire de la chaire Mathématiques transcendantes au Collège de France 1862-1900), ce legs a permis tout d'abord de créer une bourse annuelle, transformée en charge de cours à partir de 1900. En règle générale, deux lauréats sont distingués chaque année. La charge de cours au Collège de France consiste en une série de quatre conférences données sur quatre semaines consécutives, permettant au lauréat d'exposer ses recherches récentes et est assortie d'une récompense de 3000 euros et de la remise d'une médaille de bronze du Collège de France. Certains titulaires de ces cours Peccot peuvent être, de façon exceptionnelle, également récompensés par le prix Peccot-Vimont, distinct. Depuis sa création, le cours et le prix Claude-Antoine Peccot ont su distinguer les jeunes mathématiciens les plus prometteurs. Nombre d'entre eux se sont par la suite brillamment illustrés dans leur carrière scientifique, ont contribué au rayonnement de l'école mathématique française au plus haut niveau international et ont reçu des récompenses prestigieuses (médaille Fields, prix Abel). Le cours Peccot, et éventuellement le prix associé, est traditionnellement attribué lors de l'assemblée du Collège de France de juin, sur proposition des professeurs de mathématiques. La liste des lauréats depuis la création du prix est à retrouver dans l'annuaire du Collège de France. | |||
| Grand événement - L'apprentissage de la lecture et ses difficultés 2/5 - Stanislas Dehaene : Comment le cerveau se modifie-t-il quand on apprend à lire ? | 15 Mar 2023 | 01:00:46 | |
Grand événement - L'apprentissage de la lecture et ses difficultés : Comment le cerveau se modifie-t-il quand on apprend à lire ? Intervenant : Stanislas Dehaene, Professeur du Collège de France Résumé Apprendre à lire change profondément le cerveau de l'enfant. Comprendre par quels mécanismes neuronaux nous apprenons à lire peut nous aider à mieux enseigner la lecture et à en mieux comprendre les difficultés. Dans mon exposé, je montrerai des données d'imagerie cérébrale récentes qui indiquent comment l'acquisition de la lecture recycle plusieurs zones visuelles et auditives préexistantes du cerveau afin de les réorienter vers le traitement des lettres et des phonèmes. La comparaison des cerveaux de personnes alphabétisées et analphabètes a révélé trois sites majeurs d'amélioration dus à la scolarisation : les aires visuelles précoces, l'aire de la forme visuelle des mots dans le cortex (également appelée « boîte aux lettres du cerveau », une région spécialisée dans la reconnaissance visuelle des chaînes de lettres) et le planum temporal (une région impliquée dans le traitement phonologique). De nouvelles études d'imagerie cérébrale et de modélisation brossent un tableau détaillé de la manière dont le cortex visuel ventral et les aires du langage associées s'adaptent à la lecture. Je terminerai en discutant quelques conséquences de ces découvertes : (1) pourquoi les élèves font-ils des erreurs particulières, particulièrement de confusion des lettres en miroir ? (2) Quelles sont les meilleures stratégies pour enseigner la lecture, en se concentrant sur les lettres, leur ordre et leurs correspondances avec les phonèmes ? Et (3) comment diagnostiquer les différentes formes de dyslexie, dont certaines trouvent leur origine uniquement au niveau visuel ? | |||
| Conférencier invité - Thibault Lefeuvre 1/4 : Dynamique et géométrie en courbure négative : progrès récents et perspectives | 08 Mar 2023 | 02:03:35 | |
Thibault Lefeuvre est mathématicien à Sorbonne Université, chargé de recherche au CNRS, et ancien élève de l'école Polytechnique. Il étudie les systèmes dynamiques de nature chaotique et la géométrie grâce à l'analyse microlocale, une théorie analytique qui cherche à décrire, entre autres choses, les singularités des solutions des équations aux dérivées partielles pouvant apparaître en physique. Ses travaux de thèse ont été récompensés par le prix de la Chancellerie des Universités de Paris. Il est aussi l'auteur d'articles de vulgarisation scientifique, ainsi que d'un ouvrage à destination des classes préparatoires. Également écrivain, son premier roman, Éducation tropicale, a été publié aux éditions Gallimard et couronné du prix Albert-Bernard 2018. Thibault Lefeuvre est lauréat du Prix Claude-Antoine Peccot pour l'année 2022-2023, sur proposition de la Pr Nalini Anantharaman, chaire Géométrie spectrale. ------------- Depuis 1885, grâce à une dotation provenant de la famille du mathématicien Claude-Antoine Peccot, le Collège de France récompense chaque année de jeunes mathématiciens de moins de 30 ans s'étant distingués dans l'ordre des mathématiques théoriques ou appliquées. Voulu par sa famille en hommage à Claude-Antoine Peccot, élève de Joseph Bertrand (titulaire de la chaire Mathématiques transcendantes au Collège de France 1862-1900), ce legs a permis tout d'abord de créer une bourse annuelle, transformée en charge de cours à partir de 1900. En règle générale, deux lauréats sont distingués chaque année. La charge de cours au Collège de France consiste en une série de quatre conférences données sur quatre semaines consécutives, permettant au lauréat d'exposer ses recherches récentes et est assortie d'une récompense de 3000 euros et de la remise d'une médaille de bronze du Collège de France. Certains titulaires de ces cours Peccot peuvent être, de façon exceptionnelle, également récompensés par le prix Peccot-Vimont, distinct. Depuis sa création, le cours et le prix Claude-Antoine Peccot ont su distinguer les jeunes mathématiciens les plus prometteurs. Nombre d'entre eux se sont par la suite brillamment illustrés dans leur carrière scientifique, ont contribué au rayonnement de l'école mathématique française au plus haut niveau international et ont reçu des récompenses prestigieuses (médaille Fields, prix Abel). Le cours Peccot, et éventuellement le prix associé, est traditionnellement attribué lors de l'assemblée du Collège de France de juin, sur proposition des professeurs de mathématiques. La liste des lauréats depuis la création du prix est à retrouver dans l'annuaire du Collège de France. | |||