Explore every episode of the podcast Ainsi va la ville - Radio Cause Commune
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| #63 – Le logement non ordinaire, avec Camille Picard et Gaspard Lion | 02 Jun 2025 | 00:59:58 | |
🎙️ Ainsi va la ville – Habitat non ordinaire Dans cet épisode, nous explorons les formes de logement en marge des standards, à travers les parcours de deux invité·es engagé·es sur ces questions d’habitat non ordinaire. 🎧 Nos invité·es
Une émission produite et animée par Dominique Alba et Paul Citron. 🎙️ En référence sur Radio Cause CommuneLiberté sur paroles, #69 – Vivre (toute l’année) au camping, avec Gaspard Lion, 24 juin 2024 | |||
| #62 – Grand Paris ville sensible, avec Madeleine Masse et Vianney Delourme | 26 May 2025 | 00:56:00 | |
« Le Grand Paris est « inflânable », les intensités n’y sont pas réunies, concentrées derrière une ceinture historiquement déterminée. Et je prends ce verbe « arpenter » en son sens double : mesurer (évaluer en arpents) et marcher à grands pas. (…) Marcher, c’est prendre la mesure de cette démesure, c’est conquérir par l’effort et la tension du regard ce qui fut conçu, imaginé en termes de purs réseaux, déterminé par des algorithmes, séquencé par des quotas. L’arpenteur en prend la mesure au sens d’abord d’une conquête. Il pose ses yeux et ses pas concrets, humbles mais décidés, sur ce monde commandé, produit par la pensée abstraite. Le flâneur ne découvrait rien ; il saisissait par son balancement tendu, ses volte-face hasardeux, des étincelles poétiques. L’arpenteur trouve ce qui n’a jamais été cherché par les urbanistes : la vibration produite par des nécessités techniques sur un corps marchant et curieux. » Extrait du texte de Frédéric Gros, « Les randonneurs urbains humanisent les métropoles de leurs pas », publié par le média Enlarge Your Paris. 🎙️ ContexteDans cet épisode d’Ainsi va la ville, nous partons à la rencontre du Grand Paris à hauteur de pas. À rebours des visions métropolitaines déconnectées des réalités du sol, l’urbanisme sensible s’invente en marchant. Pour en parler :
Une émission produite et animée par Dominique Alba et Paul Citron. | |||
| #54 – L’air de la ville rend puissant. Avec Kevin Lambert | 06 Nov 2023 | 00:51:23 | |
Contexte « Montréal a tout pour rejoindre les rangs des grandes villes d'Amérique du Nord, pour attirer les sièges sociaux et les étudiants internationaux qui ont de se payer les frais de scolarité, Vancouver, Toronto, les moyens New York, San Francisco sont les exemples à suivre, des marchés où ça joue dur, villes-talismans dont on répète les noms comme un mantra. D'après la petite caste de dirigeants que Marine apprend chaque jour à connaître, Montréal a la planification urbaine idéale pour qu'émergent de ses sols contaminés des tours d'habitation modernes, le conseil municipal encourage ce genre d'initiative qui augmente la densité habitable et contribue au projet socialiste qu'il croit défendre. Dans des soirées entre personnes influentes, on se dit à mi-voix, avec de l'espoir dans les yeux, que c'est ici que ça se passe, maintenant, que ça va juste exploser dans les prochaines années, Toronto, Vancouver, c'est fini, c'est rendu trop fou, le gros argent international s'est mis de la partie et certaines villes préparent des règlements municipaux qu'on compare à ceux des pays nordiques, catastrophiques pour les bailleurs de fonds et les spéculateurs. Ici on a bien quelques lois, mais elles ne sont presque jamais appliquées, les locataires qu'accompagnent les collègues de Marine sont souvent effrayés par la lourdeur des processus judiciaires, elles ne parlent parfois ni français ni anglais, ils ne connaissent pas toujours l'existence d'un tribunal du logement où les juges, eux-mêmes propriétaires, penchent du côté des possédants. Les étudiantes étrangères et autres Permis-Vacances-Travail s'en tapent que les prix montent, elles louent n'importe quoi au gros prix avec l'argent de leurs parents ; en septembre, un gars que Marine connaît a fait une énorme opération dans le Mile-End en transformant son appartement en dortoir, louant ses lits superposés 500 $ mois. » | |||
| #53 – Qui fait le trottoir ? Avec Isabelle Baraud-Serfaty | 09 Oct 2023 | 00:55:57 | |
Contexte « « Pour lire l’avenir des villes, regardez le trottoir ! », titrait un éditorialiste américain. Depuis quelques années dans les métropoles européennes, les fontaines rafraichissantes, les micro-plateformes de compostage urbain, les bornes de recharge électriques témoignent ainsi des nouveaux usages de la rue, sous l’effet de la transition écologique, tandis que la multiplication sur les trottoirs des trottinettes en free-floating, des chariots de livraison Amazon, des livreurs de repas portant des sacs isothermes de couleur orange, violette ou turquoise atteste que les plateformes numériques participent de plus en plus à la fourniture de services aux habitants. Cet extrait est tiré d’un livre intitulé « Trottoirs ! une approche économique, historique et flâneuse », paru cette année aux éditions Apogées, et écrit par Isabelle Baraud-Serfaty. | |||
| #52 – Qui sont les nouveaux urbanistes ? avec Thibaut Vullin | 10 Jul 2023 | 00:51:58 | |
Contexte « Si l’objectif de mixité peut être globalement perçu comme une contrainte sur un îlot, il constitue l’opportunité première des projets de l’Économie Sociale et solidaire. En effet, les multiplicités d’usages contribuent à renforcer la convivialité et l’attractivité d’un site. Les expériences conduites dans le cadre des urbanismes tactiques et temporaires permettent ainsi de prototyper des dispositifs plus pérennes et économiquement stabilisés (…). De plus, il s’avère que les acteurs locaux sont les plus à même de se mobiliser pour solutionner les problématiques foncières des collectivités. Leur capacité à structurer les expertises avec les habitants et les usagers participent à la (re)construction d’actions citoyennes, pour passer d’une démocratie participative idéelle à une démocratie active et effective. Les citoyens, les associations, les corps intermédiaires ont ainsi la possibilité d’agir localement pour la cité. (…) Les initiatives se multiplient grâce à une réglementation plus ouverte à l’innovation, des collectivités et des opérateurs curieux de ces expérimentations. L’ESS a également développé ces dernières années de solides expertises et outils opérationnels, à l’instar des foncières solidaires. Les Organismes fonciers solidaires, comme à Lille, permettent de dissocier la propriété du foncier de l’emprise bâti pour lutter contre la spéculation foncière. À travers ces expérimentations, visant à replacer l’habitant et l’usager au centre des projets, les acteurs de l’ESS ont acquis une légitimité à se positionner sur le foncier des collectivités ou les fonciers atypiques hors marchés. L’ESS doit investir durablement le champ de l’urbanisme et de l’immobilier, pour constituer désormais un vecteur de développement local à part entière et venir prendre la place qui est la sienne : le sur-mesure, la proximité, l’efficience sociétale. | |||
| #51 – Dans les boites noires de la smart city, avec Cécile Diguet et Fanny Lopez | 26 Jun 2023 | 00:55:49 | |
Contexte « Portées par la numérisation de l’économie, l’explosion des échanges de données, du Cloud et des objets connectés, les infrastructures numériques seront l’un des plus importants poste de consommation électrique au 21e siècle. Les prévisions les plus pessimistes atteignent pour 2030 un maximum de consommation de 51% d’électricité mondiale dédié au secteur informatique. Nouvelle étape de l’urbanisme de réseaux, la ville numérique a souvent été analysée en termes d’usages et de pratiques, de services et d’évènements, laissant au deuxième plan la spatialité et l’impact énergétique de ses infrastructures. Quelques 15 ans après l’émergence du concept de smart city créé par les industriels de Cisco et IBM, la prospective économique et urbaine s’est affairée à la mise en place de ce produit infrastructurel global. Les entreprises privées se sont rapprochées des opérateurs historiques de l’urbain pour tenter de rassembler, stocker, trier, analyser les données qui permettraient de maintenir et d’optimiser la ville des flux, et de contrer les crises – technique, idéologique, climatique et énergétique. (…) Le numérique permettra-t-il d’économiser de l’énergie ? (…) quelles sont les perspectives d’intégration architecturales et urbaines des centres de données ? Est il possible de mieux intégrer ces infrastructures aux territoires urbains et ruraux ? (…) comment faire émerger des récits urbains et spatiaux alternatifs à ceux de la smart city ? » Ces considérations sont tirées de l’introduction d’un livre paru récemment aux éditions Métispresses, intitulé « Sous le feu numérique, spatialité et énergie des data center » et écrit par Fanny Lopez et Cécile Diguet. À l'oreille
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| #50 – Accueillir un centre d'hébergement dans un lieu hybride, avec Plateau Urbain – Partie 2 | 15 May 2023 | 00:46:50 | |
Partie 2Contexte Après deux ans de travail, de réunions, de dépôt de dossiers, de commissions de sécurité, de négociations et de renégociations, et avec le soutien de tous les acteurs locaux et institutionnels, la coopérative Plateau Urbain a enfin réussi à ouvrir un centre d’hébergement… temporaire (!) dans le bâtiment « Opale » à Montreuil, mis à disposition par le promoteur Axe Immobilier. Pourquoi cette ouverture du centre d’hébergement, pourtant si nécessaire en ces temps de crise du logement, a eu lieu deux longues années après l’installation des autres occupants de cet ensemble d’immeubles ? Malgré le soutien de la ville de Montreuil (élus et techniciens), du propriétaire Axe immobilier, de la préfecture, et bien sûr de l’opérateur Cité Caritas, pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour parvenir à donner à ces anciens bureaux une fonction si utile et si évidente, puisque voulue par l’ensemble des parties prenantes ? Alors que les professionnels de la ville ont pour habitude de louer les expérimentations consistant à mélanger des activités sociales comme un centre d’hébergement avec d’autres fonctions urbaines comme des ateliers d’artistes, d’artisans, des bureaux d’associations, cet épisode vient rappeler que l’urbanisme contemporain, ses règles, ses règlements, n’est pas toujours adapté aux projets qui ne rentrent pas dans les cases. | |||
| #49 – Accueillir un centre d'hébergement dans un lieu hybride, avec Plateau Urbain – Partie 1 | 15 May 2023 | 01:09:30 | |
Partie 1Contexte Après deux ans de travail, de réunions, de dépôt de dossiers, de commissions de sécurité, de négociations et de renégociations, et avec le soutien de tous les acteurs locaux et institutionnels, la coopérative Plateau Urbain a enfin réussi à ouvrir un centre d’hébergement… temporaire (!) dans le bâtiment « Opale » à Montreuil, mis à disposition par le promoteur Axe Immobilier. Pourquoi cette ouverture du centre d’hébergement, pourtant si nécessaire en ces temps de crise du logement, a eu lieu deux longues années après l’installation des autres occupants de cet ensemble d’immeubles ? Malgré le soutien de la ville de Montreuil (élus et techniciens), du propriétaire Axe immobilier, de la préfecture, et bien sûr de l’opérateur Cité Caritas, pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour parvenir à donner à ces anciens bureaux une fonction si utile et si évidente, puisque voulue par l’ensemble des parties prenantes ? Alors que les professionnels de la ville ont pour habitude de louer les expérimentations consistant à mélanger des activités sociales comme un centre d’hébergement avec d’autres fonctions urbaines comme des ateliers d’artistes, d’artisans, des bureaux d’associations, cet épisode vient rappeler que l’urbanisme contemporain, ses règles, ses règlements, n’est pas toujours adapté aux projets qui ne rentrent pas dans les cases. | |||
| #48 – En finir avec les idées fausses sur l’habitat, avec Catherine Sabbah | 08 May 2023 | 00:58:00 | |
Contexte « Habiter, voilà un mot bien difficile à définir, qui pourtant parle à chacun d’entre nous. « D’où viens-tu ? » « Où vis-tu ? » Ce sont les premières questions que l’on pose et qui nous aident parfois à comprendre « qui es-tu ? » (…) Pour les uns, habiter correspond à la possession et l’accumulation, la délimitation d’un périmètre entre son espace, légal, pérenne, choisi, et le reste du monde. Pour d’autres, cela signifie au contraire ouvrir portes et fenêtres et partager. (…) Ce texte est extrait de l’introduction d’un livre paru en mars 2023 aux éditions de l’atelier, intitulé « En finir avec les idées fausses sur l’habitat », et écrit par Catherine Sabbah. | |||
| #47 – La ville a-t-elle un genre ? avec Lucile Biarotte | 24 Apr 2023 | 00:53:30 | |
Contexte « Les programmes d’urbanisme se penchant sur l’émancipation des femmes ne sont pas connus de manière systématique. Nombre d’entre eux ont pourtant vu le jour dans le monde entier depuis les années 1980, avec l’objectif de mieux inclure les femmes dans les espaces urbains et leur conception, aux niveaux politique, professionnel et citoyen. Or ces programmes « demeurent largement inconnus, sauf à l’intérieur de réseaux particuliers […] en attendant qu’une chercheuse s’attaque à la tâche d’en faire l’inventaire, de les classifier, de les analyser et de les interpréter, [ils] demeureront du domaine de l’anecdotique et du cas particulier » (Piché, 1989, p. 115). Ce texte est extrait d’un article intitulé Féminismes et aménagement : influences et ambiguïtés, paru en 2017 dans Les Annales de la Recherche Urbaine, sous la plume de Lucile Biarrotte. Pour aller plus loin
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| #46 – Le futur des zones commerciales, avec Laura Jehl | 27 Mar 2023 | 00:55:26 | |
Contexte « Le développement du commerce périurbain a été impulsé par l’émergence d’une production et d’une consommation de masse, permise par la démocratisation de l’automobile et du réfrigérateur. (…). Ce texte est constitué d’extraits d’un article intitulé « Restructurer les zones commerciales périphériques face aux mutations du commerce », paru en 2019 dans la revue internationale d’urbanisme, sous la plume de Laura Jehl. | |||
| #45 – Les architectes conseils de l’État veulent re-politiser la ville, avec Hélène Reinhard | 06 Mar 2023 | 00:58:17 | |
Contexte « Les grandes métropoles du 21e siècle sont parfois perçues très négativement, qualifiées d’êtres ingouvernables, chaotiques, sièges de désordres et d’inégalités, de monstres qui ne cessent de s’étendre sans jamais répondre aux besoins de leurs habitants. Une jungle. Cette perception, les grandes villes occidentales s’en sont plutôt prémunies jusqu’à aujourd’hui, grâce à une existence ancienne, beaucoup d’investissements publics, une croissance contrôlée et une forte règlementation. Cependant, la pression d’un monde dont la métamorphose se précipite – pour le dire rapidement, sous la double influence d’un changement climatique accéléré et d’un capitalisme mondialisé et immatériel – font douter de la pérennité d’un tel modèle et déjà les coutures craquent. L’occident, malgré ses problématiques d’étalement urbain, d’entrées de villes défigurées, d’ultra-densité de certaines villes et de paupérisation d’autres, semblait avoir une sorte de contrôle sur les espaces. Mais il est aujourd’hui, lui aussi, confronté à la ville tentaculaire, mouvante, déséquilibrée, génératrice d’inégalités et d’injustices dont on oublie parfois les habitants qui, quelles que soient leurs conditions, sont à la recherche d’une forme de bonheur d’être sur terre. (…) Nos villes et nos villages, si policés, deviennent une exception sur une planète qui abrite des territoires mouvementés où l’informel, le spontané, prennent le dessus. La souplesse de cet informel, la force de ce spontané, comment allons-nous pouvoir les intégrer, ici en Europe, sans perdre pour autant le contrôle et la maîtrise de l’urbanisme ? Comment faire cohabiter ces forces divergentes pour n’en faire qu’une ? (…) Les architectes-conseils de l’État ont un rôle à jouer dans ce contexte. Les valeurs que nous portons et défendons depuis longtemps déjà prennent tout leur sens aujourd’hui, et continueront à guider notre travail auprès des territoires français. » | |||
| #61 – 🏙️ Produire la ville, produire en ville | 05 May 2025 | 00:53:45 | |
🎙️ Dans ce numéro, nous recevons :
🏗️ Ensemble, ils interrogent la manière de faire du projet dans la ville existante. 🌆 Une discussion passionnante autour de la ville productive, des initiatives citoyennes et des nouvelles pratiques de l’urbanisme. 🎧 Deuxième épisode d’une série soutenue par la Société des grands projets. 🎵 À l’oreille
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| #44 – La transition Foncière, avec Jean Guiony | 13 Feb 2023 | 00:54:01 | |
Contexte « Il faut sauver les sols. Les sols vivants sont un pilier indispensable de la transition écologique : parce que nous vivons dessus, parce qu’ils nous protègent des catastrophes naturelles et des phénomènes climatiques extrêmes, parce qu’ils stockent d’immenses quantités de CO2, parce qu’ils abritent 25% de la biodiversité mondiale, ou, parce qu’enfin, ils sont le support d’un patrimoine naturel et paysager. L’artificialisation, le recul du trait de côte, l’érosion, les chaleurs extrêmes et même la désertification sont en progression rapide en Europe. Il y a urgence à changer de paradigme sur cette ressource qui est avant tout notre habitat en tant qu’espèce. (…) Or ce pilier qu’est le sol a longtemps été invisibilisé, tantôt à cause de son évidence même, tantôt à cause de sa sensibilité politique. Dispersé également, dans des vocables multiples : sobriété foncière, nature en ville, lutte contre l’artificialisation, végétalisation, désimperméabilisation, lutte contre l’érosion et la désertification. (…) La transition écologique, si elle est énergétique, est aussi foncière. (…) Les sols vivants sont la nouvelle frontière et doivent devenir, aussi, la nouvelle filière de la transition écologique. » Ce texte est extrait de l’avant propos d’un ouvrage intitulé « La transition Foncière », ouvrage collectif à paraitre aux éditions de l’Aube, écrit par Amélie Le Bot, Maxence Naudin, Capucine Madelaine, Claire Bach et Louise Eymard, sous la direction de Jean Guiony. Musiques
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| #43 – Les rythmes de la ville, avec David Lucot | 06 Feb 2023 | 00:48:00 | |
Contexte « Les rythmes du vivant sont infinis. Parfois imperceptibles, parfois imprévisibles, nous vivons avec et en fonction d’eux, sans le savoir. Comment, à la manière des non-humains, nous pouvons nous y adapter et vivre en phase avec ces derniers ? (…) Il est temps d’imaginer un urbanisme qui ralentit les rythmes des villes pour les reconnecter à ceux de la nature. (…) La fabrique urbaine à l’épreuve des rythmes du vivant constitue une première approche chronotopique pour l’articulation des rythmes naturels et sociaux dans la programmation urbaine et la production des villes contemporaines en transition. (…) Une approche chronotopique de la fabrique des villes est un chantier prometteur pour la co-habitation «avec tous les vivants» et la transition écologique. Il permet d’œuvrer à des meilleures articulations entre l’humain et l’ensemble du vivant à travers de nouvelles approches et de nouveaux outils. Au-delà, l’intégration de ces axes temporels et rythmiques va favoriser une diversité des usages, des formes et modes de vie, dans le temps et l’espace, indispensables pour l’adaptabilité et la dynamique des systèmes urbains et des sociétés à l’âge de l’Anthropocène. » Ce texte est constitué d’extraits d’un poster scientifique intitulé « Espace-temps et modes de vie dans la transition socio-écologique », réalisé par David Lucot, architecte et écologue, doctorant en aménagement au Laboratoire de Recherche en Architecture de l’ENSA Toulouse, et boursier de la Fondation Palladio pour l’immobilier. Pour aller plus loinLa page de David Lucot Musiques
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| #42 – Les entreprises publiques locales, acteurs de la ville. Avec Olivier Toubiana | 01 Feb 2023 | 00:54:32 | |
Contexte « À l’heure où tout prédispose au pessimisme, nous devons plus que jamais garder le cap de notre ambition collective, seule voie permettant d’améliorer le quotidien de nos concitoyens. Ce texte est extrait de l’édito du rapport d’activités 2021 de la fédération des EPL, fédération de 11 000 élus locaux impliquées dans les Entreprises Publiques locales. Elle est présidée par le maire de Nanterre Patrick Jarry, et nous recevons aujourd’hui Olivier Toubiana, responsable du département aménagement à la Fédération des EPL. Pour aller plus loinLe site de la Fed EPL | |||
| #41 – Contre l’urbanisme hors sol, avec Olivier Barancy | 23 Jan 2023 | 00:59:44 | |
Contexte « Walter Benjamin a pu écrire dans son portrait de la ville de San Gimignano : « les fermes qui n’eurent que la nécessité pour architecte sont, non seulement par le dessin, mais par les différents tons de brique et des vitres, plus distinguées qu’aucune demeure patricienne au fond de son parc. » En effet, comme Bernard Rudofsky a tenté de le montrer toute sa vie, « nous avons beaucoup à apprendre de ce que fut l’architecture avant de devenir un art de spécialistes. En particulier, les bâtisseurs autodidactes savent (dans le temps et dans l’espace) adapter avec un talent remarquable leurs constructions à l’environnement. » A contrario les architectes, à qui l’on a longtemps prêté des connaissances particulières en matière d’habitat ou de composition spatiale, ne mettent désormais leurs capacités qu’au service de leur prestige et de leur rémunération. » Ces lignes, documentés et virulentes, constituent l’incipit d’un essai paru en fin d’année 2022 aux éditions Agones, intitulé Plaidoyer contre l’urbanisme hors-sol et pour une architecture raisonnée. Son auteur est Olivier Barancy, architecte, spécialiste des immeubles anciens et auteur de plusieurs livres sur l’art nouveau ou le mouvement moderne. Pour aller plus loin
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| #40 – L’actualité de l’urbanisme temporaire, avec Angèle de Lamberterie et Mathias Rouet (Plateau Urbain) | 16 Jan 2023 | 00:55:14 | |
Contexte « Nous cherchons à prouver que la ville doit disposer d’un poumon d’espaces disponibles en dehors des logiques froides du marché immobilier, de la valorisation foncière. Ces « servitudes temporaires d’espaces non-marchands » doivent permettre de favoriser des idées nouvelles, des actions inédites, des ambitions subversives face aux réalités contemporaines parfois violentes, notamment sur le plan social et écologique. De ces espaces-temps inexploités, l’urbain doit se nourrir pour façonner les usages de demain, car la ville a besoin de laboratoire, de parenthèses physiques et spatiales pour que la société s’exprime et que les experts se rappellent que nous sommes tous des urbanistes. » Ce texte est tiré du catalogue de l’exposition Lieux Infinis, qui a eu lieu au Pavillon Français de la Biennale d’architecture de Venise en 2018, grâce à l’agence Encore Heureux. Il présente des aspirations urbaines et des valeurs politiques alors revendiquées par la coopérative Plateau Urbain, dont j’ai le plaisir d’accueillir la directrice du développement, Angèle de Lamberterie et Mathias Rouet, le directeur des études, et co-initiateur du projet avec Simon Laisney et bien d’autres. À l'oreille
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| #39 – La ville solidaire de Bellevilles, avec Alexandre Born | 19 Dec 2022 | 00:59:27 | |
Contexte « Nous sommes de plus en plus nombreux à se partager la planète, mais notre quotidien est de plus en plus impersonnel, nous invitant à l’excès, à la défiance, à la peur de l’autre, et à l’inégalité sociale. Ingénieurs, architectes, et entrepreneurs, nous voulons proposer des alternatives concrètes pour participer à une transformation urbaine vers une ville plus sobre et partagée. Nous voulons créer des lieux de vie ouverts à tous, impliquer les citoyens, faire la passerelle entre initiative publique et initiative privée, agir pour l’intérêt général, créer du lien social. Ce projet, nous le portons depuis de longues années. Nous l’avons fait mûrir et sommes convaincus que toutes les conditions sont réunies pour qu’il soit profitable au plus grand nombre. En tant que professionnels de l’immobilier, de la construction et de l’architecture, nous souhaitons agir là où nous pourrons avoir le plus d’impact, là où nous serons les plus utiles. C’est pour cette raison que nous avons créé la foncière Bellevilles, entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS) qui a pour objectif de faire émerger des alternatives urbaines, sociales et écologiques hors du commun, au service du territoire et de l’utilité sociale » Ce texte promotionnel présente la foncière Bellevilles. Il est inhabituel, car loin des éléments de langage traditionnels de l’immobilier, il part d’un constat d’échec global, et propose un plan d’action qui modifie les pratiques classiques de l’immobilier. Pour en savoir un peu plus, nous avons aujourd’hui invité le directeur Général de cette foncière responsable, Alexandre Born. | |||
| #38 – Les enjeux politiques et culturels des tiers lieux, avec Arnaud Idelon | 13 Dec 2022 | 00:57:00 | |
Contexte « S’il est complexe d’arrêter une définition pour ces configurations sociales en mouvement, on peut retenir a minima, en observant les tiers-lieux qui émergent dans la lignée du mouvement squat et des nouveaux territoires de l’art, ceux-ci se caractérisent par l’action d’une communauté intentionnelle inventant chemin faisant leurs modes de gouvernance et de gestion collective autour d’une ressource en commun (le lieu) afin de sortir d’une boucle de précarité (chômage, mutations des mondes du travail, manque d’espace et de temps pour la création, fracture numérique), afin de révéler le pouvoir d’agir de chacun au frottement du collectif, et de retrouver des zones de réflexivité critique sur un monde en mouvement. Qu’ils se positionnent dans des lignées issues de l’éducation populaire, du coopérativisme, du logiciel libre de l’urbanisme tactique ou de l’héritage punk du DIY, les tiers-lieux font écho à des degrés divers autant aux hétérotopies foucaldiennes, au TAZ d’Hakim Bey et sont des tentatives, situées et vécues au présent, d’utopie réalisées. » Ce texte est issu d’une tribune intitulée « tiers-lieux, communautés situées », paru dans le manifeste des indépendants, un collectif de 1600 structures culturelles qui travaille depuis mars 2020 « pour dessiner un avenir culturel commun en phase avec les priorités et urgences de notre temps ». Elle a été écrite par Arnaud Idelon, l'invité de ce nouveau numéro de Ainsi va la ville. | |||
| #37 – Le droit et la ville avec Michèle Raunet, notaire | 05 Dec 2022 | 00:54:00 | |
Contexte « Le droit est trop humain pour prétendre à l’absolu de la ligne droite. Sinueux, capricieux, incertain, tel il nous est apparu – dormant et s’éclipsant, changeant mais au hasard, et souvent refusant le changement attendu, imprévisible par le bon sens comme par l’absurdité. Flexible droit ! Il faut, pour bien l’aimer, commencer par le mettre à nu. Sa rigueur, il ne l’avait que par affectation ou imposture. (…) Sous une telle lumière, il n’est pas jusqu’aux grands principes du droit qui n’apparaissent comme de simples recettes empiriques, conditionnées, limitées par la nature humaine – des idées, rien de plus, et que l’on aurait tort d’ériger en idoles. (…) Le droit est droit, dans doute, mais les hommes le plient dans tous les sens, le ploient à leurs intérêts, à leurs fantaisies, voire à leur sagesse. Flexible droit, droit sans rigueur. Faut-il, d’ailleurs, s’en lamenter ? Il est peut-être salutaire que le droit ne soit pas cette massue, ce sceptre qu’on voudrait qu’il fût… » Ce texte est tiré de l’introduction et de la conclusion du livre de Jean Carbonnier, Flexible Droit, Textes pour une sociologie du droit sans rigueur, paru en 1979 à la Librairie Générale de droit et de jurisprudence. Ces lignes posent la question du statut du droit, comme socle du contrat social soumis pourtant aux évolutions sociales et sociétales. A ce titre, la ville est un des champs où l’organisation de la société précède et parfois contredit le droit, qui doit alors s’adapter, à moins que des cadres adaptés n’aient déjà été prévus, mais encore faut-il les connaitre et savoir s’en servir… Pour en parler avec nous, j’ai le plaisir d’accueillir Michèle Raunet. | |||
| #36 – Quoi de neuf dans l'arrondissement de Ménilmontant ? | 28 Nov 2022 | 00:53:15 | |
Contexte Embellir le quartier Réunion-Père Lachaise, visibiliser les violences faites aux femmes, ouvrir un EPAHD, Installer des toitures d’écoles végétalisées, Réviser le plan climat, Distribuer des lombricomposteurs, subventionner des associations qui agissent en faveur des sans-abris, Féter l’obtention du brevet des collèges, racheter un terrain pour ouvrir un nouveau parc , faire découvrir les artisans et commerçants du quartier, rénover le quartier Python-Duvernois, agir contre l'isolement des personnes âgées des quartiers populaires, faire respecter le stationnement des trottinettes, devenir un Territoire Zéro chomeurs de longue durée, organiser Le bal des seniors, lutter pour qu’il n’y ait plus un enfant à la rue, accompagner la rénovation thermique des copropriétés, valoriser les invendus alimentaires, promouvoir le réemploi, réaménager la porte de Montreuil, ouvrir un nouveau stade et une jolie piscine, mettre fin au plastique à la cantine,… Comme on peut le constater dans cette liste à la Prévert, les thématiques que j’ai citées sont pour le moins variées. Elles recensent une partie des actions menées par la Mairie du XXème arrondissement de Paris et postées sur son compte twitter en ce mois de novembre 2022. Le 20e arrondissement, également appelé « arrondissement de Ménilmontant », se situe à l’Est de Paris. Troisième arrondissement parisien en termes de population, avec près de 200 000 habitants, son maire est depuis 2020 Monsieur Eric Pliez. Pour aller plus loin
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| #35 – Les tiers lieux, des espaces alternatifs en Europe ? | 24 Nov 2022 | 00:51:51 | |
Contexte « Au cours des dernières décennies, de nombreuses initiatives citoyennes ont vu le jour en Europe, montrant au passage leurs divergences avec les habitudes de planification traditionnelle, et réussissant à intégrer dans la fabrique urbaine des besoins citoyens non formalisés. Ces initiatives de réappropriation d’espaces urbains ont souvent été vues comme des processus ouverts, porteurs de nouvelles valeurs et produisant des endroits de liberté, à contre-courant des logiques institutionnelles. Quand on étudie les prémisses de ces mouvements, on a souvent tendance à présenter ces initiatives sous un jour particulièrement optimiste, partant du principe qu’elles seraient dépourvues de dimensions institutionnelles ou de logiques de domination. Il apparait pourtant que l’institutionnalisation advient dans toute situation sociale qui se prolonge dans le temps, et ces initiatives n’échappent pas à la règle. Il s’agit alors d’explorer comment les initiatives citoyennes s’institutionnalisent, quels sont leurs processus d’évolution, et de montrer les effets de ces phénomènes sur l’action publique locale. On remarque alors que malgré ce phénomène d’accoutumance et d’institutionnalisation progressive, ces expériences d’appropriation d’espaces continuent à laisser place aux approches hétérodoxes et qu’elles gardent un certain degré de flexibilité, lorsqu’il leur faut faire face à des évènements inattendus. En conservant in fine des valeurs et des manières de faire alternatives, ces mouvements créent de ce fait des institutions alternatives. Alors, même si ces organisations paraissent avoir du mal à innover dans leurs dimensions institutionnelles et leurs gouvernances, les espaces qu’elles façonnent offrent des milieux propices à l’innovation pour leurs usagers, et constituent des sources d’inspiration pour les acteurs extérieurs, qui peuvent alors transférer à d’autres contextes les alternatives qu’ils y trouvent. » | |||
| #60 – 🏙️ Logement, transports, quelle coalition d'intérêts? | 14 Apr 2025 | 01:07:29 | |
Un numéro soutenu par la Société des grands projets.En plateau Avec Emmanuelle Cosse, présidente de L'Union sociale pour l'habitat et Jean-Francois Monteils, président du directoire de la Société des grands projets. Sur le papier, avec 38 millions de logements pour 30 millions de ménages , chacun et chacune devrait pouvoir trouver à se loger. Côté transport, les impératifs à la fois de décarbonation et de développement des métropoles française plaident pour le développement de transports en commun lourds, nécessairement coûteux, complexes, et long à mettre en place. Alors que faire ? Pourquoi faut il construire plus ? Faut il toujours plus se déplacer ? Entre parcours résidentiels et mobilités quotidiennes, comment faire pour inventer une planification solidaire ? Une émission produite et animée par Dominique Alba et Paul Citron. Ce numéro est soutenu par la Société des grands projets. | |||
| #34 – La petite ceinture à la croisée des mutations de la ville | 21 Nov 2022 | 00:53:02 | |
Contexte « La ville n’est homogène qu’en apparence. Son nom même prend un accent différent selon les endroits où l’on se trouve. Nulle part – si ce n’est dans les rêves – il n’est possible d’avoir une expérience du phénomène de la limite aussi originaire que dans les villes. Connaître celle-ci, c’est savoir où passent les lignes qui servent de démarcation, le long des viaducs, au travers des immeubles, au cœur du parc, sur la berge du fleuve ; c’est connaître ces limites comme aussi les enclaves des différents domaines. La limite traverse les rues ; c’est un seuil ; on entre dans un nouveau fief en faisant un pas dans le vide, comme si on avait franchi une marche qu’on ne voyait pas. » Antoine Sander, président de l’Association des Promeneurs de la Petite Ceinture Musiques
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| #33 – La métropole et la planification inversée, avec Dominique Alba | 07 Nov 2022 | 00:53:00 | |
Contexte « En France et dans le monde entier, des lieux nous guident pour penser autrement notre action, inspirer notre réflexion et changer nos façons de faire. Au quotidien, de nombreuses expérimentations, nous montrent que l’on peut faire de l'urbanisme et de l’immobilier autrement, pour tenter de résoudre une apparente contradiction : répondre efficacement et rapidement aux transitions multiples, à la fois nécessaires et imprévisibles de la société, sans accroitre notre consommation de foncier, d’énergie et de matériaux, sans dégrader notre environnement et en retissant des liens de solidarité entre les individus et entre les territoires. Plus que les mètres carrés construits, faisons de l’urbanité des lieux que nous créons la mesure de notre action. Ce texte, est tiré de la postface d’une revue publiée par le collectif Nouvelles Urbanités en septembre 2020, collectif auquel appartient Dominique Alba, directrice générale de l’APUR qui est aujourd'hui notre invitée. | |||
| #32 – Les solidarités démocratiques à l'assaut du mal-logement, avec Frédérique Kaba | 24 Oct 2022 | 01:05:56 | |
Contexte « Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l'avait expulsée… Chaque nuit, ils sont plus de deux mille recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu. Devant tant d'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent ! Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l'un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l'autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l'on lise sous ce titre « centre fraternel de dépannage », ces simples mots : « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t'aime » Merci ! » Ces mots sont ceux de l’abbé Pierre, dans son appel du 1er février 1954, sur les ondes de radio luxembourg. Ils décrivent dans un même élan la violence de la pauvreté, l’injustice de la précarité, mais aussi la possibilité d’indignation, d’action, et l’espérance -même infime- que les choses puissent changer. 70 ans plus tard, la situation des personnes à la rue n’a pas beaucoup évolué. Les inégalités socio-économiques se sont même amplifiées, visibles à peu près partout, pourvu que l’on y prête attention. Pour en parler avec nous aujourd’hui, nous accueillons Frédérique Kaba, la directrice des missions sociales de la Fondation Abbé Pierre. | |||
| #31 – Construire autrement, comment faire ? | 10 Oct 2022 | 00:59:00 | |
Contexte « Je crois au provisoire, à la mobilité des choses, à l’échange. Et je travaille à créer, en architecture, une situation dans laquelle la construction pourra se réaliser d’une autre façon et produire de l’inattendu, donc de l’enchantement. Construire autrement reprend les idées que j’ai expérimentées avec bonheur puis retenues, d’un chantier à l’autre, pour atteindre ce but : s’inscrire dans le contexte, connaître la règle, ne pas agir mais transformer, faire le moins possible pour donner le plus possible, entraîner tout le monde, interpréter, donner du temps, transmettre, ne jamais faire pareil… (…) De même que l’architecture est l’affaire de tous, puisque nous en sommes tous les usagers, je crois qu’elle est partout, dans une bordure de trottoir, la qualité d’une acoustique, le rapport entre une construction et le paysage… dans ces lieux « impensés » aussi que sont les friches industrielles ou les territoires délaissés par l’aménagement mais occupés par les hommes, et dont l’existence nous permet de reconsidérer notre façon d’habiter, de partager ou de vivre ensemble » Extrait de Construire autrement, comment faire ? aux éditions Actes sud, collection l’Impensé, 2006, et écrit par Patrick Bouchain, entouré de ses nombreux complices. | |||
| #30 – Réparer la ville ? | 12 Sep 2022 | 00:57:56 | |
Contexte « L’article 1 du code de l’urbanisme déclare que « le territoire français est le patrimoine commun de la nation. » Partir du territoire comme d’un commun, et non comme d’un espace qui se découpe et se vend comme un bien économique lambda change tout. Cela nécessite d’abord que nous partagions tous une même vision de la ville que nous voulons. Un des enjeux va être de fabriquer du lien et du commun dans les espaces que l’on va reconstruire. La fabrique de la ville ne peut pas se cantonner à n’être que dans l’addition et le toujours plus. Elle doit aussi favoriser l’émergence d’espaces partagés et renforcer les liens entre les habitants. N’est-ce pas le rôle premier de la ville ? » Extrait du livre de Christine Leconte et Sylvain Grisot, Réparons la ville, propositions pour nos villes et nos territoires. En plateauChristine Leconte, architecte et urbaniste, Présidente de l’ordre des architectes, depuis juin 2021, architecte-conseil de l’État auprès de la DRAC Normandie et maître de conférences associée à l’ENSA de Versailles. Références citées dans l’émission
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| #29 – Les squats, espaces de respiration ou cauchemar des propriétaires ? | 14 Mar 2021 | 00:59:00 | |
Contexte : Dans la ville dense, programmée, quadrillée, standardisée, les squatteurs ouvrent des brèches, des espaces de respiration, de création, de liberté. Citoyens précaires mais combatifs et motivés, en manque de logement, d’ateliers, de lieux d’échange et d’expression, ils et elles échafaudent des squats pour conjurer leur sort et vivre une aventure collective. Ils développent une culture de l’immédiat et de l’éphémère en phase avec la société contemporaine. Ingénieux et curieux, ils accueillent des visiteurs de tous horizons pour des rencontres insolites, des découvertes et des stimulations artistiques, des débats et des fêtes hors des sentiers battus. Ce texte de l’intersquat Paris paru en 2013 dans la revue Mouvement, présente le squat comme un mouvement d’émancipation, joyeux et généreux. Pourtant, quelques faits divers d’occupation de résidence secondaires par des familles ont récemment défrayé la chronique, et des députés ont profité pour avancer des propositions pour la pénalisation du squat, en donnant au grand public l’impression que les squatteurs s’attaquent à des biens utilisés par les particuliers. Alors que le squat concerne par définition un logement vacant, il n’en fallait pas plus pour que les journalistes de BFM s’emparent de ce juteux sujet. Alors, le squat est-il une respiration, un espace de liberté décrit par les militants de l’intersquat, ou bien un crime, un cauchemar décrit par les journalistes toujours impartiaux de BFM TV? Pour en parler avec nous, Alexandre Gain, militant pro-squat et squatteur parisien. | |||
| #28 – Une ethnographe à la rencontre des promoteurs immobiliers | 10 Oct 2020 | 00:55:05 | |
Contexte : Flavia Pertuso, économiste et ethnographe, nous parle de son observation de l'action des opérateurs et promoteurs immobiliers dans une opération urbaine de grande ampleur. En Plateau :
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| #27 – La ville à l'heure de la pandémie | 10 Oct 2020 | 00:57:33 | |
Contexte : Marco Cremaschi, Professeur à Sciences Po, vient partager son analyse et réfléchir à voix haute sur la situation des villes à l'heure de la crise sanitaire et de la pandémie de coronavirus. En plateau :
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| #26 – Comment nourrir les villes ? | 04 May 2020 | 00:54:22 | |
Contexte : La ville voit son fonctionnement bouleversé en ces temps de pandémie. Une bonne partie de l’humanité et la totalité de la population française est invitée, si ce n’est obligée, à rester chez elle. Alors que le transport des personnes et des marchandises est ralenti, chacun des foyers confinés se questionne sur leur capacité d'approvisionnement. Les supermarchés sont accessibles et sous contrôle, les petits commerces et les marchés se raréfient, les producteurs restent ouverts à leurs clients habituels. On entend cependant que l'agglomération parisienne ne pourrait tenir que 3 jours en cas de blocus total de ses accès routiers. La question se pose : si les déplacements et les interactions sociales sont fortement restreints, comment les villes peuvent-elles encore se nourrir ? Et pour tenter d'y répondre, nous sommes en compagnie de Masato Fujisaki, ingénieur-paysagiste, urbaniste et maraicher dans l'agglomération de Blois, dans le Loir-et-Cher. Pour aller plus loin :
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| #25 – Intérieurs jour, intérieurs nuit : confinement et cinéma | 20 Apr 2020 | 00:54:43 | |
Contexte : Grâce au cinéma, nous explorons aujourd'hui d'autres formes de confinement urbain, pour nous intéresser aux espaces de la ville de l'intérieur. Comment et avec qui habitons-nous nos lieux de vie ? Habiter une ville, cela s'arrête-t-il à l'échelle de son pas de porte, de son quartier ? Comment aborder le rapport de son propre quartier au reste de la ville ? Et combien faut-il de voisins pour faire un monde urbain ? Depuis nos appartements, nos chambres, nos immeubles et nos maisons, le cinéma, lieu par excellence du confinement sinon du voyeurisme, a souvent raconté l'expérience des espaces domestiques. On peut penser à Fenêtre sur cour de Hitchcock, aux intérieurs poignants des faubourgs romains chez Pasolini, aux appartements moscovites et aux maisons de bois chez Tarkovski, aux appartements parisiens de Godard, Truffaut, Eustache et Rivette ; ou encore, aux chambres colorées et aux banlieues résidentielles de Rohmer… Plus récemment, les séries télévisées, de The Wire au Bureau des légendes, nous font partager la vie domestique de leurs personnages de citadins, tout en s'invitant dans la nôtre. D'autres enfin, comme les films noirs, ont élargi la perspective pour aborder les relations avec la grande ville et sa géographie tourmentée : celle que traversent des inconnus, des étrangers – et tous ces anonymes que l'on croise, que l'on connaît du regard, mais pas davantage. | |||
| #59 – Les valeurs d’après la crise. Avec Charlotte Girerd et Sylvain Grisot | 31 Mar 2025 | 00:59:07 | |
« Bonjour, je suis Stéphane Champaune. Merci de m’avoir invité, en ce début de l’année 47, pour témoigner de mon expérience de maire. Ça fera bientôt 30 ans que tout ça a commencé. Nos Trente Turbulentes. (…) Lors des élections municipales de 2026, c’est le grand chambardement. Partout les sortants laissent la place à des collectifs citoyens, dont le seul programme est d’être à la hauteur des enjeux. C’est à ce moment-là que je deviens maire, après avoir été désigné candidat par le collectif. | |||
| #24 – L'urgence dans l'urgence | 06 Apr 2020 | 00:54:04 | |
Résumé : La ville en général voit son fonctionnement bouleversé en ces temps de crise sanitaire mondiale, où une bonne partie de l’humanité et la totalité de la population française est invitée, si ce n’est obligée à rester chez elle. Sauf les gens qui travaillent : outre les personnels soignants et les membres des forces de l'ordre, les ouvrières et ouvriers de la logistique, les caissières et les caissiers, les travailleuses et les travailleurs de la filière agro-alimentaire, les agents d'entretien, les éboueurs… Les villes sont les lieux les plus touchées par ces mesures de confinement et de distanciation sociale. Presque tout le monde est supposé rester chez soi et ne sortir que ponctuellement ou en cas d’urgence. Ce n'est toutefois pas le même cas dans tous les pays, puisque les activités de stricte nécessité ne semblent pas correspondre exactement aux mêmes critères d'un gouvernement à l'autre. Ces mesures de précaution, destinées à enrayer une pandémie mondiale, altèrent profondément le quotidien de tout un chacun. Elles ont un impact différent bien sûr en fonction de nos activités respectives, de nos habitudes de vie, et surtout en fonction des lieux d’habitation où nous sommes confinés. Elles soulignent et augmentent ainsi les inégalités, notamment du fait des types et des tailles de logements où les personnes doivent désormais passer leurs journées, et qu’elles doivent partager avec les membres de leur foyer. La situation n’est donc pas la même pour celles et ceux qui vivent en ville ou à la campagne, en appartement ou dans une maison avec un jardin, pour celles et ceux qui ont un appartement confortable ou pour les 4 millions de personnes mal logées ; mais a priori, tout le monde est concerné. Pourtant, un grand nombre de personnes en France n’a pas accès à un logement, ou sont sans domicile fixe. Parmi elles, certaines sont sans abri, avec des chiffres difficiles à établir. | |||
| #23 – La grève des éboueurs | 23 Mar 2020 | 00:58:16 | |
Contexte : Récemment le travail des éboueurs s’est rendu visible. Opposés au projet de réforme des retraites, un grand nombre d’éboueurs mais également des égoutiers, fossoyeurs, agents techniques ou encadrants des directions de la propreté ou des espaces verts ont mené une grève de plusieurs semaines dans de nombreuses villes françaises, notamment Paris et Marseille. À l'instar des égoutiers dont l'espérance de vie est réduite de dix-sept ans par rapport à la moyenne nationale, les éboueurs ont une espérance de vie réduite de sept ans. Le projet de réforme des retraites du gouvernement prévoit de supprimer la reconnaissance de la pénibilité de leurs métiers qui leur permet actuellement de prendre une retraite anticipée. La production de déchets est au cœur du fonctionnement urbain. Chaque année en France, un habitant produit 354 kg d’ordures ménagères. Les calculs sont réalisés par l’Ademe à partir des tonnages des poubelles des ménages (hors déchets verts) collectées par les collectivités locales. On peut aussi, comme le fait Eurostat afin d’effectuer des comparaisons internationales, évaluer la quantité de déchets municipaux par habitant. La quantité produite monte alors à 536 kg par an et intègre en plus des déchets des ménages, ceux des collectivités ainsi qu’une partie des déchets d’activités économiques. Mais ces chiffres ne sont que la partie émergée de l’iceberg de déchets produits chaque année : en prenant en compte les déchets professionnels (BTP, industrie, agriculture, activités de soin), on atteint 13,8 tonnes de déchets produits par an et par habitant. En France, deux tiers des déchets sont détruits ou entassés pour la plupart (incinération et décharges) alors que 34% sont recyclés ou transformés par une gestion biologique (compostage/méthanisation des déchets organiques). | |||
| #22 – Construire et partager la ville : l'urbanisme coopératif du Bauhaus à aujourd'hui | 08 Mar 2020 | 00:57:13 | |
Émission enregistrée le 7 février 2020 Invitée :
« Bâtir et donner forme ne sont qu'une seule et même chose : un phénomène social. | |||
| #21 – Vie et mort d'un grand projet : après Europacity, quel avenir pour le triangle de Gonesse ? | 24 Feb 2020 | 01:00:00 | |
Invités :
Europe, ville. Qu'est-ce qu'une ville européenne ? Les rapports de force entre intérêts publics et intérêts privés n'ont cessé de produire des effets sur les formes de nos villes. Ouvrons une Histoire de l'Europe urbaine : il est question de fondations et d'extensions, d'économie politique et de finances, de droit de propriété, d'organisation de l'espace en fonction des ressources locales et de proximité de groupes sociaux hétérogènes, aux intérêts souvents divergents; mais aussi d'administration, de plans et de violence, de commerce, de culture. Depuis un siècle et demi, l'urbanisme a rêvé de fabriquer des morceaux de villes, voire de transformer des villes entières, en concevant des projets urbains : des grands travaux de Paris sous le Second Empire aux villes nouvelles de la Cinquième République, l'urbanisme à grande échelle à la française ne s'est jamais réalisé sans l'engagement très prononcé de l'État. À l'époque d'Haussmann, « Europe », avant de devenir une station de métro, c'est tout un quartier de l'Ouest parisien que l'on réorganise et renomme, en donnant des noms de grandes villes européennes à ses rues élargies : rue de Londres, rue d'Anvers, de Liège et d'Amsterdam, rue de Rome ; rues de Naples, d’Édimbourg, de Madrid, de Turin, de Bucarest et de Moscou… comme une carte du monde en miniature, glissée dans le plan de la grande ville industrielle. Mais au vingt-et-unième siècle, les conditions ont peut-être changé. L'Europe ne nourrit plus les mêmes aspirations et les mêmes rêves, et la fabrique de la ville ne se joue plus à l'échelle d'une seule agglomération, même géante, ni d'un seul pays ou d'un seul continent. Comme si l'idée d'une ville européenne, avec ses singular... | |||
| #20 – Google va-t-il tuer nos villes ? | 09 Feb 2020 | 00:58:45 | |
Contexte : Dans cet épisode, nous échangeons avec l'agence de design Vraiment Vraiment, suite à la publication de leur texte Espace public, Google a les moyens de tout gâcher.. Romain Beaucher et Alexandre Mussche, dont l'ambition est de faire du design d'intérêt général, nous racontent l'impact et les risques de la collecte des données opérée par Google sur les expériences urbaines des usagers de leurs services. Au détour de leur analyse, les notions « d'espace public » et les formes urbaines telles que les « façades » et les « centres » sont considérablement reléguées. Introduction :« C'était un café efficace, disons. Un café qui, comme la plupart, depuis que la ville avait été privatisée, n'était plus du tout un lieu de braillades, de petits vieux, d'échanges ou de cuites complices mais un ersatz de bureau pour travailleurs auto-entrepris. Un filflow comme ils disaient : Free Office For Liberal Open Worker. Personne ne prenait plus la peine de s'y regarder, d'y tenter un flirt ou un tchin : on cobossait sans même se voir, le brightphone pluggé dans le hub de la table, le plateau relevé à 60° servant d'écran et dressant, de toute façon, un muret sans appel entre le client et le monde, encore redoublé par le cocon du casque. La convivialité 2040. » | |||
| #19 – Comment vont les villes moyennes ? | 27 Jan 2020 | 00:59:28 | |
Contexte : Dans cet épisode, nous interrogeons les villes moyennes françaises, que l'on entend peu, avec le géographe et urbaniste Aurélien Delpirou. Quand on parle de la ville, on pense principalement aux grandes agglomérations. Pourtant 20 % de la population française et 30 % des citadins de l'hexagone habitent une ville moyenne. Qu'est-ce que ces villes moyennes ? Quelles sont leurs spécificités ? Sont-elles la part reléguée d'une société à deux vitesses dont les habitants sont les perdants ou bien sont-elles des lieux de vie restés singuliers ? Quelle marge reste-t-il pour les pouvoirs publics, et plus généralement pour le pouvoir d'agir des uns et des autres, dans des villes moyennes largement délaissées par les investisseurs ? À l'oreille :
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| #18 – La ville franchisée, 20 ans plus tard | 13 Jan 2020 | 00:59:57 | |
Avec David Mangin, architecte et urbaniste, enseignant, Grand Prix de l'urbanisme 2008.Contexte : « En matière d’urbanisme commercial, nous partons tous avec des idées reçues. Notamment celle selon laquelle la question du commerce et des «entrées de villes » serait simple si elle n’était qu’affaire d’esthétique ; mais c’est un peu plus compliqué que cela. David Mangin, « 10 idées reçues sur l’urbanisme commercial… et quelques pistes pour en sortir », in Cristina Garcez et David Mangin (dir.), Du Far West à la ville. L'urbanisme commercial en questions, éd. Parenthèses, 2014. « Le titre de « La ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine » a été préféré à d'autres, tels « La ville mondialisée », « La ville sectorisée », « De l'îlot au secteur » ou, plus simplement, « La ville d'aujourd'hui » pour son sens double. D'abord, bien sûr, celui des « franchises commerciales », signes ostensibles des transformations urbaines contemporaines en périphérie mais aussi dans les centres et les faubourgs. Enseignes reproductibles en réseaux (c'est leur objectif), les franchises envahissent le paysage et le vocabulaire. On ne se donne plus rendez-vous au carrefour mais à Carrefour; on trouve ses repères dans un paysage jalonné de marques, dont dès le plus jeune âge, on connaît les couleurs, les produits et parfois même les concepts, marketing oblige. Même si les franchises, au sens stricteme... | |||
| #17 – Les futurs de Marseille : les contradictions d'Euroméditerranée | 16 Dec 2019 | 01:00:00 | |
Contexte : Que vient faire une opération d'intérêt national dans la deuxième ville de France – qui est aussi la première, puisqu'elle est la plus ancienne : Marseille fut fondée, dit-on, en 600 avant Jésus-Christ ? Ce n'est un secret pour personne : la cité phocéenne vit aujourd'hui des heures très difficiles. Après les 8 morts du 5 novembre 2018 dans l'effondrement de deux immeubles, les arrêtés de mise en péril se sont multipliés et ont conduit à l'évacuation de plusieurs centaines d'immeubles vétustes. Des milliers de personnes, locataires ou propriétaires, attendent toujours de pouvoir réintégrer leurs logements, pendant que les expulsions continuent dans les quartiers du centre-ville comme de la périphérie. La répression policière des nombreuses manifestations qui ont suivi a donné lieu à des violences et à de nouvelles contestations – en particulier après la mort de Zineb Redouane, une octogénaire blessée chez elle lors d'une opération policière. C'est dans ce climat très tendu que la campagne des élections municipales a commencé ; c'est aussi dans ce climat que nous nous rendons aujourd'hui à Marseille, en tâchant d'observer quelques enjeux de la fabrique de la ville. Cet épisode aborde la transformation urbaine à partir du point de vue d'une enquête de terrain sur le principal projet de rénovation en cours ici : Euroméditerranée. | |||
| #16 – Que sont devenus les mots de la ville ? Une pathologie de la ville ordinaire | 04 Nov 2019 | 01:06:00 | |
Invité : Éric Chauvier, anthropologue et écrivain. Il a publié de nombreux ouvrages à partir de ses enquêtes urbaines et périurbaines, dont Contre Télérama (2011), Les mots sans les choses (2014) et Les nouvelles métropoles du désir (2016). Contexte :Dans les rues de nos villes, qu'elles soient petites, moyennes ou grandes, centrales ou périphériques, les mots sont partout. Les voix robotiques ou les conversations entre passants, les slogans publicitaires des écrans, des affiches et des vitrines, les petites annonces scotchées aux feux rouges, les graffiti chromés sous les ponts, la une des journaux et des magazines, les pochoirs sur le sol et les tags sur les murs. Les mots sont partout dans la ville, et cette omniprésence ne date pas d'hier. Le langage, verbal et non verbal, fait exister la vie urbaine qui repose sur d'innombrables formes de communication symbolique. Écrivains naturalistes dans la grande ville industrielle, mythe poétique des villes tentaculaires, roman policier et film noir, rap commercial, chants militants, imagerie et contre-imagerie des banlieues, séries télé sur la vie pavillonnaire… une longue histoire littéraire et artistique a forgé ce qu'on appelle parfois des cultures urbaines, à la rencontre des traditions populaires et des industries culturelles. Face à ce flot de paroles et d'images, les chercheurs en sciences sociales, depuis un siècle environ, se sont mis à l'écoute des situations urbaines ordinaires. Dans leurs enquêtes de terrain, sociologues et anthropologues observent et transcrivent les conversations quotidiennes, les parlers populaires, les discours politiques, les propos médiatiques. Auprès des citadins, ils recueillent des récits de vie dans des entretiens et remarquent les silences, les accents, les clichés, les résistances. À travers les voix des habitants, des travailleurs ou des passants, ils tentent de faire parler la ville. | |||
| #15 – Le promoteur immobilier, une espèce utile ? | 01 Nov 2019 | 00:58:00 | |
Contexte : « Vendons celui-là : c’est un terrain à bâtir », avait dit Quinto. Ce à quoi sa mère avait répondu : « C’est ça, et mes calcéolaires… où vais-je les transplanter ? Je n’ai plus une seule place dans tout le jardin. Et les pittosporums, qui sont déjà si grands ? Sans parler de l’espalier de plumbago, qui se perdrait… Et puis (elle s’était arrêtée comme frappée par une crainte qu’elle n’avait pas envisagée), le terrain vendu, s’ils voulaient y bâtir ? » Et se présenta à ses yeux la muraille grise de ciment plongeant dans le vert du jardin et le transformant en un fond de cour froid, en un puits sans lumière. Mais trouver un entrepreneur qui voulût l’acheter ne fut pas une mince affaire. Les entreprises cherchaient de nouvelles zones, près de la mer, avec une vue dégagée ; les maisons étaient déjà trop serrées aux alentours […]. Le marché de l’immobilier donnait d’ailleurs des signes de saturation, pour l’été à venir on prévoyait déjà un léger fléchissement de la demande, deux ou trois entreprises qui avaient eu trop d’appétit furent englouties dans les traites et firent faillite. […] Les mois passaient, un an passa et on n’avait pas encore trouvé d’acheteur. » Italo Calvino, La spéculation immobilière, édition Gallimard, 2013. Invité :
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| #58 – La situation à Mayotte, 3 mois après Chido, avec Nicola Delon et Madi-Boinamani Madi Mari | 17 Mar 2025 | 00:56:18 | |
« Trois mois après le passage de CHIDO, on peut faire le constat que l’on n’a, ni la méthode, ni les moyens pour assurer la reconstruction de façon globale. Quand l’organisation est déficiente, les habitants se prennent par la main. Les premiers à réagir ont été les habitants des bidonvilles. Ils ont reconstruit leur habitat sur place, quelquefois mieux, quelquefois moins bien, à trois pas de coulures de maisons effondrées et de matériaux brisés. Et cela malgré toutes les injonctions à ne pas faire. Les seconds ont été les habitants des villages dont une partie de maison a été abîmée ou soufflée. Confrontés à une inertie générale, ils ont en partie suivi l’exemple des plus pauvres. Des tôles récupérées sont mises en place sur des ossatures rapiécées, par ceux-là mêmes qui quelques jours avant avaient redressé leur propre masure. Le résultat n’est pas fameux, mais faute de mieux, les étages éventrés sont réutilisables. D’autres, les plus fortunés, ont décidé de construire en béton. Mais de nombreux ménages n’ont pas les moyens de ces réparations et ravaudages immédiats. De nombreuses tôles froissées, retournées, ornent les toitures comme des croches grotesques sur des nippes de carnaval. Les villages pourraient bien rester en chantier pour de nombreuses années si collectivement nous ne savons pas animer cette reconstruction de façon efficace. » Cet extrait est issu d’un texte publié par Attila CHEYSSIAL, architecte chez Harappa, à Mayotte. Pour faire le point sur la situation, nous recevons en studio Nicola DELON, architecte pour l’agence Encore Heureux, et par téléphone Madi-Boinamani MADI MARI, directeur général des services de la ville de Chiconi. | |||
| #57 – Saint-Ouen-sur-Seine, un grand pari, avec Karim Bouamrane | 03 Mar 2025 | 00:58:43 | |
Pour lancer la nouvelle saison de Ainsi Va la Ville, Dominique Alba et Paul Citron reçoivent Karim Bouamrane, maire de Ville de Saint-Ouen-sur-Seine, également Président du Conseil de Surveillance de la Société des grands projets et Vice-Président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis en charge de la culture. Un entretien-débat animé, pour présenter sa vision de la ville : comment faire face aux changements actuels de Saint Ouen et du Grand Paris? Quelle est sa vision de l’aménagement, des enjeux de gentrification, de sécurité, ou encore de la Métropole du Grand Paris? | |||
| 57 – Saint-Ouen-sur-Seine, un grand pari, avec Karim Bouamrane | 03 Mar 2025 | 00:58:43 | |
Pour lancer la nouvelle saison de Ainsi Va la Ville, Dominique Alba et Paul Citron reçoivent Karim Bouamrane, maire de Ville de Saint-Ouen-sur-Seine, également Président du Conseil de Surveillance de la Société des grands projets et Vice-Président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis en charge de la culture. Un entretien-débat animé, pour présenter sa vision de la ville : comment faire face aux changements actuels de Saint Ouen et du Grand Paris? Quelle est sa vision de l’aménagement, des enjeux de gentrification, de sécurité, ou encore de la Métropole du Grand Paris? | |||
| #56 – Habiter sans spéculer, avec Cécile Hagmann | 22 Jan 2024 | 00:54:55 | |
« Les racines idéologiques des Community Land Trusts (ou, « CLT ») remontent à la théorie d’Henry George, auteur de la fin du XIXe siècle, qui considérait le contrôle des terres, leur utilisation et leur destination comme des questions centrales de justice sociale. Contrairement à Marx, qui analyse le rôle de la propriété des moyens de production dans les économies industrielles émergentes, George, dans son ouvrage principal Progress and Poverty, s’intéresse aux mécanismes de valorisation de la terre en mettant en évidence la capacité de la propriété foncière à capter les valeurs collectivement créées par le développement des sociétés. Cette perspective a inspiré d’importants essais, tels que The Garden Cities of Tomorrow, d’Ebenezer Howard (1898) et a profondément marqué l’urbanisme de l’époque. Ce n’est pas une coïncidence si l’un des CLT les plus influents du Royaume-Uni est la Letchworth Garden City. Cité-jardin fondée au nord de Londres en 1903, et orientée depuis ses origines à capter en perpétuité la plus-value pour la destiner au développement de la communauté, elle s’est constituée en CLT en1995. Le premier prototype de CLT nord-américain, la New Communities Inc., très liée aux mouvements des droits civiques et du Black Power, a été fondé en 1968 en Géorgie par le pacifiste Bob Swann et le militant des droits civiques Slater King (frère de Martin Luther). » | |||
| #55 – Hors Série – (Un) abécédaire des friches, avec ses auteurs et divers témoins | 04 Dec 2023 | 01:41:26 | |
Émission hors-série en direct de Mains d’œuvres, pour la présentation du livre « (un) abécédaire des friches, laboratoires, fabriques, squats, espaces intermédiaires, tiers-lieux culturels », coordonné par Fabrice LEXTRAIT et Marie-Pierre BOUCHAUDY, aux éditions Sens & Tonka. L'émission explore 5 mots de l'abécédaire : Expérimentation, Mixité, Modèle économique, Occupation temporaire et Négociation. Pour en parler, 6 auteurs et 4 grands témoins de l'univers des friches : Pascal Nicolas Le Strat, Marta Rosenquist, Philippe Henry, Isabelle Mayaud, Fabrice Raffin, Colette Tron, & Sylvie Robert, Fazette Bordage, Vincent Prieur, Michel Duffour. Musiques et sons H Mineur, Expérimentation Mylène Farmer – Sans contrefaçon Starmania – Le blues du business man Léo Ferré – Avec le temps Extrait du film les Bronzés en vacances [radio_chat] | |||