Le choix musical de RFI – Détails, épisodes et analyse

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Le choix musical de RFI

Le choix musical de RFI

RFI

Musique

Fréquence : 1 épisode/1j. Total Éps: 24

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Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI.

Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.

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L'album «Ébēm» de Yamê: la quête intérieure d’un fils de deux mondes

vendredi 13 juin 2025Durée 06:09

Deux ans après avoir fait irruption sur la scène musicale hexagonale avec le titre  « Bécane », devenu viral en 2023, Yamê passe la vitesse supérieure. Ce 13 juin 2025, l’artiste franco-camerounais publie Ébēm, son tout premier album. Quatorze titres denses, personnels, sans esbroufe, qui marquent une nouvelle étape dans une trajectoire déjà implacable, marquée par deux EP de haut vol.

À 32 ans, Yamê n’a pas emprunté la ligne droite. D’abord gestionnaire de données data, diplômé d’histoire ensuite, il bifurque pour la musique. Une reconversion assumée, qu’il mène en autodidacte dans les clubs parisiens la nuit. C’est là, qu’il forge sa voix de tête magnétique si reconnaissable et une présence habitée sur scène  qui ne tardent pas à faire mouche.

Le tournant arrive en 2023. Son titre « Bécane » explose sur les réseaux, propulsant Yamê dans la cour des grands de manière inattendue. Internet s’emballe, le public suit, les professionnels aussi. Un an plus tard, il est sacré Révélation masculine aux Victoires de la musique. Le parcours s’accélère, mais l’artiste prend le temps de poser ses fondations. Ébēm en est le fruit.

Ce premier album est pensé comme un journal intime presque à fleur de peau. Quatorze titres denses, introspectifs, traversés par une quête de sens. Dès l’ouverture, la voix de son père, musicien lui aussi, fixe le cadre : « Ébēm, c’est un lieu sacré où les gens se rencontrent pour apprendre des choses avec les anciens. » Le ton est donné. Il est question de transmission, de mémoire et d’identité.

Né en banlieue parisienne, il a grandi entre la France et le Cameroun. Yamê raconte une existence à cheval entre deux cultures. Un tiraillement qui irrigue l’album. Sur « Shoot », il évoque sans fard sa consommation de psychotropes. Sur « Solo », il crie son besoin de se recentrer, de trouver une place dans un monde qui l’étouffe parfois. Une quête de cohérence plus que de succès.

Musicalement, Ébēm navigue entre chanson française, jazz, blues et rap. Une hybridation maîtrisée et soutenue par un ancrage africain revendiqué. Ce mélange tient autant à l’instinct qu’à l’héritage. Mais Yamê s’impose surtout par sa voix, à la fois fragile et puissante.

Ébēm est de ces albums rares qui parlent au présent sans renier le passé. Une œuvre sincère, à rebours des effets de mode, où chaque morceau semble répondre à une nécessité intérieure. Un premier album abouti d’un jeune artiste déjà éclairé.

Yamê sera en concert à l’Olympia pour la fête de la musique le 21 juin 2025 et  entamera une tournée en France et en Europe à partir du 25 octobre.

Retrouvez Yamê dans la Playlist officielle de RFI.

Michel Polnareff en concert à Paris

jeudi 12 juin 2025Durée 06:10

Michel Polnareff, icône de la chanson française, est de retour sur la scène de l'Accor Arena à Paris samedi 14 juin. Un artiste dont la gloire est grande, mais la discographie plutôt maigre en 60 ans de carrière…

Un premier album en 1966, une affiche à scandale en 1972, un exil aux États-Unis, et surtout des tubes comme s’il en pleuvait avant une éclipse de presque 30 ans, le parcours est atypique pour celui que ses fans surnomment « L'Amiral ». De « Love Me Please Love Me » au « Bal des Laze », de « Lettre à France » à « Goodbye Marylou », les classiques de Michel Polnareff sont dans toutes les mémoires. Un succès qui dépasse les frontières à en juger par ses admirateurs : entre autres, Jimi Hendrix, The Beatles, The Rolling Stones, David Bowie ou Led Zeppelin, excusez du peu !  

Et sept ans après un album mal accueilli, le petit dernier intitulé Un temps pour elles a de quoi séduire... et la critique salue des compositions plutôt fidèles à la « griffe » Polnareff : mélodies larges et inspirées, sonorités californiennes, vocalité caractéristique, le tout sur une production soignée qui signe la réussite de l’album écrit entre Paris et Los Angeles. Serait-ce les 80 printemps de l’artiste ? Des accents mélancoliques, voire nostalgiques, s’en dégagent. Un bémol tout de même : la durée, à peine 8 titres pour 30 minutes de musique, avec parmi ceux-ci « Villa Cassiopée », un instrumental qui nous rappelle que Michel Polnareff a suivi une formation classique au Conservatoire de Paris, et qu’il a grandi devant un buste du Prince des pianistes : Frédéric Chopin…

On sait aussi que la création de l’album n’a pas été sans difficultés : de l’aveu même de l’auteur, qui dit avoir connu le syndrome de la page blanche, il s'agissait d'« une épreuve difficile ». Au final, quatre chansons et quatre instrumentaux qui donnent à l’ensemble une texture marbrée. Une mention spéciale pour la voix, relativement bien préservée : on retrouve ce timbre aérien toujours apte à monter en tessiture, ici ou là.  

Son actualité, c’est donc une tournée avec une vingtaine de dates un peu partout en France, 60 ans de carrière revisités pour en arriver au nouvel opus qui va du piano aux arrangements symphoniques.

Sun, guerrière du metal hurlant, métamorphose la pop française

vendredi 30 mai 2025Durée 05:44

Avec sa « Brutal Pop », Sun a électrisé le festival Focus Wales en mai 2025 au Pays de Galles. La chanteuse, autrice, compositrice, guitariste et actrice franco-allemande vient de publier Krystal Métal. Un premier album où se mêlent violence et vulnérabilité, chaos et beauté.

Le parcours personnel de Sun éclaire sa musique. Orpheline de son père depuis l’enfance, elle s’est approprié le symbole du tournesol, « sunflower » en anglais, gravé sur sa tombe. Des années plus tard, la stèle a disparu. Alors Karolyne Rose, de son vrai nom, choisit de se rebaptiser Sun, en son hommage. Depuis, ce soleil brille sur les scènes internationales. 

En deux ans, cette artiste hors pair comptabilise déjà 180 concerts dans 18 pays, allant jusqu’à ouvrir pour Metallica au Stade de France. Elle a également assuré une tournée de 17 dates avec Shaka Ponk. Sun est la bête de scène que tout le monde s’arrache et surtout créatrice d’un genre à part : la « Brutal Pop ».

Ce style hybride, entre mélodies pop accrocheuses et metal furieux, trouve son incarnation dans des titres comme « My Funeral». Ce mélange de sons explosifs et de « screams » ne sont pas un effet de style ni un coup de marketing. Ils sont nés d'un cri de défense face à une agression traumatisante d'un inconnu dont elle a été victime en pleine Forêt-Noire en Allemagne. Et ce cri libérateur, Sun l’a fait sien, lui donnant une forme musicale et émotionnelle dans des morceaux comme « Free Your Soul », où la rage de vivre affleure à chaque note.

Produit par le fameux Andrew Scheps, figure incontournable ayant travaillé avec Beyoncé, Adèle ou Metallica, Krystal Métal capte cette intensité brute. Joyeuse, colérique, amoureuse, Sun y déploie des émotions, sans filtre, comme un riff de guitare.

Avec Krystal Métal, le phénomène Sun affirme sa place dans le paysage du rock français, une artiste libre et décomplexée, à la fois radicale et profondément sensible. L’album s’écoute aussi sur scène : 50 dates sont programmées cet été 2025, dont le 20 juin au Hellfest, à Clisson en France, l’un des plus grands festivals de metal au monde.

À écouter aussi« Metal, Diabolus in Musica », une musique en fusion à la Philharmonie de Paris

«Blomovinho» de Leo Blomov: la pop française en escale au Brésil

jeudi 29 mai 2025Durée 06:24

Après deux albums en français, le musicien et chanteur Leo Blomov ouvre un nouveau chapitre avec Blomovinho, un disque-hommage à un Brésil rêvé. Pour la première fois, il chante et écrit entièrement en portugais du Brésil, marquant un tournant dans sa discographie. À travers douze titres aux mélodies suaves et solaires, il nous invite à un voyage sensoriel dans un pays qu’il n’a jamais foulé, mais dont chaque sonorité lui est intimement familière. 

«Balabeatz» de Kanazoé Orkestra: quand le balafon rencontre l'afrobeat

mercredi 28 mai 2025Durée 07:18

Le Kanazoé Orkestra sort un quatrième album à son image : Balabeatz. Dix titres où le groupe franco-burkinabé fusionne avec brio balafon et afrobeats, traditions ancestrales et rythmes actuels, tout en véhiculant des messages puissants sur l'unité, l'exil et l'espoir pour l'Afrique. 

Avec Mä la nature s'exprime en trip hop dans «Blame It On The Weather»

mardi 27 mai 2025Durée 06:32

Repérée en mai 2025 au Festival Focus Wales, au Pays de Galles, la Néo-Zélandaise Mä s’impose comme l’une des voix les plus atypiques de la scène internationale. Chanteuse, rappeuse, poétesse et productrice autodidacte, elle vient de publier Blame It On The Weather. Un deuxième album à la tonalité résolument engagée, malgré un titre affichant une ironie assumée.

Depuis la sortie de son premier disque en 2022 – salué par la critique  –, l’artiste à l'héritage ancestral maori revendiqué ne cesse de croiser les genres : trip hop, soul, jazz avec une approche hybride qui séduit autant les programmateurs de festivals que le public. En trois ans, elle a multiplié les dates à l’international et assuré les premières parties d’artistes majeurs, dont le rappeur américain Ice Cube.

Ce qui distingue particulièrement ce nouvel album, c’est la place accordée à l’environnement sonore naturel. Mä enregistre et intègre dans ses morceaux des bruits organiques : chants d’oiseaux, craquements de bois ou clapotis d’eau. Une manière de prolonger son discours écologique, sans slogans ni dogmes, mais avec une cohérence artistique affirmée.

Le morceau « Puha Me Te Porchewa » chanté en langue maorie, illustre cette orientation : il évoque le réchauffement climatique, les catastrophes naturelles, la disparition de la biodiversité – mais aussi l’espoir et la résistance. Pour Mä, faire de la musique, c’est « ne pas rester silencieuse face à un monde qui change à une vitesse dangereuse ».

Cette tension entre esthétique d'avant-garde léchée et message politique traverse tout l’album. Le contraste entre la douceur des mélodies et la gravité des sujets abordés crée une forme de dissonance volontaire, qui fait de Blame It On The Weather un disque à la fois exigeant et accessible.

Mä sera en concert le 7 juin 2025 à Sydney, en Australie, puis le 19 juin en Nouvelle-Zélande.

«Essence and Elements»: un album lumineux de la chanteuse franco-sénégalaise Awa Ly

lundi 26 mai 2025Durée 05:35

Elle est née en France de parents sénégalais : la chanteuse Awa Ly vient de sortir son troisième album studio intitulé Essence and Elements. Elle a conçu ce disque autour de quatre éléments qui symbolisent les forces de la nature : la terre, l’eau, l’air et le feu.

Awa Ly a confié la réalisation de ce nouvel album de 12 titres à quatre artistes, chacun autour de l’un de ces éléments : Nicolas Repac (la terre), Lossapardo (l’eau), Hannah V (l’air) et Léonie Pernet (le feu). Quant à Polérik Rouvière, qui avait réalisé en 2020 son précédent disque (Safe and Sound), il s’est occupé du mixage et a donné une cohérence finale à l’ensemble.

C’est sur l’île d’Alicudi, dans l'archipel des Éoliennes au nord de la Sicile, qu’est née l’idée de ce disque. Inspirée par le silence, Awa Ly s’est imprégnée des éléments qui l’entouraient (terre, eau, air, feu) pour composer et écrire.

L’apport de musiciens de haut vol renforcent la couleur chaleureuse du projet. Ablaye Cissoko  offre par exemple une ligne deKora envoûtante sur « Love & Light » et « Wind Voices ».  Awa Ly chante en anglais sur la majorité des titres, ainsi qu’en français (« L’Une », « Le Feu », « Seule reste la terre ») et en Wolof avec un texte d’Alune Wade (« Wind Voices »).

Cet album qui se nourrit de jazz, de folk, de soul et d’électro est accompagné d’un court-métrage en quatre clips, signé de l’actrice Aïssa Maïga. Elle a su saisir l’essence des chansons et les faire résonner au milieu de paysages grandioses, de la France au Panama.

À lire aussiAwa Ly éveille notre sixième sens avec «Essence and Elements»

Néba Solo, le balafoniste qui branche le Mali sur l'électro avec «Tuma Duma»

vendredi 23 mai 2025Durée 02:35

Il est l'un des grands percussionnistes maliens : Néba Solo, de son vrai nom Souleymane Traoré. Originaire de Nébadougou dans le sud du Mali, le musicien sort un nouvel album, où le balafon est roi. Un disque intitulé Tuma Duma (« bon temps » en bambara), où son balafon prend des airs d'électro.

Initié au balafon par son père musicien, Néba Solo a un immense coup de cœur pour l'instrument dès son enfance. Ce xylophone dont le son résonne dans des calebasses, répandu chez les communautés sénoufos dont il fait partie, il ne l'a plus lâché. En 1987, il travaille à modifier la sonorité de l'instrument et développe une technique de jeu de gauche à droite, à l'inverse de la technique traditionnelle. Et en 1996, son groupe de percussions avec balafons, tambours bara, titiara et karignan est nommé Meilleure formation malienne de l'année.

Une nouvelle direction artistique 

Sur ce nouvel album, boîtes à rythmes, percussions traditionnelles et sonorités électroniques s'entremêlent, comme si une soirée techno et une jam de percussions se déroulaient au même endroit en harmonie. Le balafoniste crée la rencontre entre musique malienne et machines, apportant toujours plus de richesse au patrimoine musical de son pays.

Les neufs titres de Tuma Duma évoquent les thèmes classiques du répertoire mandingue, comme la morale, l’amour et la vie quotidienne. Neba Solo chante aussi l'importance de dieu, le courage de ceux qui travaillent nuit et jour ou encore la force de l'armée malienne. Sa technique et sa rapidité de jeu créent une ambiance de transe hypnotique, sur cet album à la fois moderne et fidèle aux racines traditionnelles duMali.

 

À lire aussiLe retour afro-électro du Malien Neba Solo, le roi du balafon, avec «Tuma Duma»

«Healing Voices», Esinam et Sibusile Xaba chante la guérison en duo

jeudi 22 mai 2025Durée 03:14

Ils s'inspirent des ancêtres pour mieux se projeter dans l'avenir. Esinam, chanteuse et multi-instrumentiste ghanéenne basée à Bruxelles, et Sibusile Xaba, guitariste et chanteur sud-africain, unissent leurs horizons pour sortir leur premier album en duo. Onze titres aux multiples influences où highlife ghanéen et chants traditionnels zoulous se mêlent à l'afro-beat, au jazz et à l'électronique, dans un objectif de « guérison ». Cet album s'intitule Healing Voices.

Juliette Magnevasoa, la nouvelle fleur de Madagascar

mercredi 21 mai 2025Durée 04:08

La jeune chanteuse franco-malgache Juliette Magnevasoa sort son tout premier disque Guitare nouée sur corps étanche, un disque qui révèle une artiste prometteuse à l'univers à la fois délicat et intense.

Juliette Magnevasoa a connu un parcours tumultueux. Née sur la Grande Île, elle a grandi au Pays basque, adoptée par une famille française. Musicalement, elle se fait vite remarquer avec le duo Pauline et Juliette. Un duo qui donnera plusieurs centaines de concerts, se frottera à quelques têtes d'affiche comme Zaz ou Christophe Maé et lui assurera ainsi une solide expérience de la scène. Pour ce premier disque, elle se lance seule et surprend par la maturité, la poésie et l'intensité de ses textes. Une écriture qui rappelle un peu celle de Barbara.

Mais Juliette Magnevasoa se distingue aussi par sa musique. Son choix de ne s'accompagner qu'à la guitare souligne parfaitement sa voix à la fois fragile et profonde. Il en ressort une émotion qui touche immédiatement à l'image du morceau « Cucurrucucú paloma » qu'elle reprend sur son disque. Un choix audacieux pour ce classique de la musique mexicaine, repris des centaines de fois, d'une grande beauté, mais très exigeant, qui demande beaucoup de justesse dans l'interprétation et ne supporte pas la médiocrité.

Sur ce disque, Guitare nouée sur corps étanche, on entend le travail minutieux, l'exploration d'une intimité que l'on devine troublée. Pour cet enregistrement, elle s'est associée au producteur Blundetto. Un choix judicieux qui met bien en valeur l'univers singulier de cette artiste prometteuse.


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