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Explorez tous les épisodes du podcast Le choix musical de RFI

Plongez dans la liste complète des épisodes de Le choix musical de RFI. Chaque épisode est catalogué accompagné de descriptions détaillées, ce qui facilite la recherche et l'exploration de sujets spécifiques. Suivez tous les épisodes de votre podcast préféré et ne manquez aucun contenu pertinent.

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L'album «Ébēm» de Yamê: la quête intérieure d’un fils de deux mondes13 Jun 202500:06:09

Deux ans après avoir fait irruption sur la scène musicale hexagonale avec le titre  « Bécane », devenu viral en 2023, Yamê passe la vitesse supérieure. Ce 13 juin 2025, l’artiste franco-camerounais publie Ébēm, son tout premier album. Quatorze titres denses, personnels, sans esbroufe, qui marquent une nouvelle étape dans une trajectoire déjà implacable, marquée par deux EP de haut vol.

À 32 ans, Yamê n’a pas emprunté la ligne droite. D’abord gestionnaire de données data, diplômé d’histoire ensuite, il bifurque pour la musique. Une reconversion assumée, qu’il mène en autodidacte dans les clubs parisiens la nuit. C’est là, qu’il forge sa voix de tête magnétique si reconnaissable et une présence habitée sur scène  qui ne tardent pas à faire mouche.

Le tournant arrive en 2023. Son titre « Bécane » explose sur les réseaux, propulsant Yamê dans la cour des grands de manière inattendue. Internet s’emballe, le public suit, les professionnels aussi. Un an plus tard, il est sacré Révélation masculine aux Victoires de la musique. Le parcours s’accélère, mais l’artiste prend le temps de poser ses fondations. Ébēm en est le fruit.

Ce premier album est pensé comme un journal intime presque à fleur de peau. Quatorze titres denses, introspectifs, traversés par une quête de sens. Dès l’ouverture, la voix de son père, musicien lui aussi, fixe le cadre : « Ébēm, c’est un lieu sacré où les gens se rencontrent pour apprendre des choses avec les anciens. » Le ton est donné. Il est question de transmission, de mémoire et d’identité.

Né en banlieue parisienne, il a grandi entre la France et le Cameroun. Yamê raconte une existence à cheval entre deux cultures. Un tiraillement qui irrigue l’album. Sur « Shoot », il évoque sans fard sa consommation de psychotropes. Sur « Solo », il crie son besoin de se recentrer, de trouver une place dans un monde qui l’étouffe parfois. Une quête de cohérence plus que de succès.

Musicalement, Ébēm navigue entre chanson française, jazz, blues et rap. Une hybridation maîtrisée et soutenue par un ancrage africain revendiqué. Ce mélange tient autant à l’instinct qu’à l’héritage. Mais Yamê s’impose surtout par sa voix, à la fois fragile et puissante.

Ébēm est de ces albums rares qui parlent au présent sans renier le passé. Une œuvre sincère, à rebours des effets de mode, où chaque morceau semble répondre à une nécessité intérieure. Un premier album abouti d’un jeune artiste déjà éclairé.

Yamê sera en concert à l’Olympia pour la fête de la musique le 21 juin 2025 et  entamera une tournée en France et en Europe à partir du 25 octobre.

Retrouvez Yamê dans la Playlist officielle de RFI.

Michel Polnareff en concert à Paris12 Jun 202500:06:10

Michel Polnareff, icône de la chanson française, est de retour sur la scène de l'Accor Arena à Paris samedi 14 juin. Un artiste dont la gloire est grande, mais la discographie plutôt maigre en 60 ans de carrière…

Un premier album en 1966, une affiche à scandale en 1972, un exil aux États-Unis, et surtout des tubes comme s’il en pleuvait avant une éclipse de presque 30 ans, le parcours est atypique pour celui que ses fans surnomment « L'Amiral ». De « Love Me Please Love Me » au « Bal des Laze », de « Lettre à France » à « Goodbye Marylou », les classiques de Michel Polnareff sont dans toutes les mémoires. Un succès qui dépasse les frontières à en juger par ses admirateurs : entre autres, Jimi Hendrix, The Beatles, The Rolling Stones, David Bowie ou Led Zeppelin, excusez du peu !  

Et sept ans après un album mal accueilli, le petit dernier intitulé Un temps pour elles a de quoi séduire... et la critique salue des compositions plutôt fidèles à la « griffe » Polnareff : mélodies larges et inspirées, sonorités californiennes, vocalité caractéristique, le tout sur une production soignée qui signe la réussite de l’album écrit entre Paris et Los Angeles. Serait-ce les 80 printemps de l’artiste ? Des accents mélancoliques, voire nostalgiques, s’en dégagent. Un bémol tout de même : la durée, à peine 8 titres pour 30 minutes de musique, avec parmi ceux-ci « Villa Cassiopée », un instrumental qui nous rappelle que Michel Polnareff a suivi une formation classique au Conservatoire de Paris, et qu’il a grandi devant un buste du Prince des pianistes : Frédéric Chopin…

On sait aussi que la création de l’album n’a pas été sans difficultés : de l’aveu même de l’auteur, qui dit avoir connu le syndrome de la page blanche, il s'agissait d'« une épreuve difficile ». Au final, quatre chansons et quatre instrumentaux qui donnent à l’ensemble une texture marbrée. Une mention spéciale pour la voix, relativement bien préservée : on retrouve ce timbre aérien toujours apte à monter en tessiture, ici ou là.  

Son actualité, c’est donc une tournée avec une vingtaine de dates un peu partout en France, 60 ans de carrière revisités pour en arriver au nouvel opus qui va du piano aux arrangements symphoniques.

Sun, guerrière du metal hurlant, métamorphose la pop française30 May 202500:05:44

Avec sa « Brutal Pop », Sun a électrisé le festival Focus Wales en mai 2025 au Pays de Galles. La chanteuse, autrice, compositrice, guitariste et actrice franco-allemande vient de publier Krystal Métal. Un premier album où se mêlent violence et vulnérabilité, chaos et beauté.

Le parcours personnel de Sun éclaire sa musique. Orpheline de son père depuis l’enfance, elle s’est approprié le symbole du tournesol, « sunflower » en anglais, gravé sur sa tombe. Des années plus tard, la stèle a disparu. Alors Karolyne Rose, de son vrai nom, choisit de se rebaptiser Sun, en son hommage. Depuis, ce soleil brille sur les scènes internationales. 

En deux ans, cette artiste hors pair comptabilise déjà 180 concerts dans 18 pays, allant jusqu’à ouvrir pour Metallica au Stade de France. Elle a également assuré une tournée de 17 dates avec Shaka Ponk. Sun est la bête de scène que tout le monde s’arrache et surtout créatrice d’un genre à part : la « Brutal Pop ».

Ce style hybride, entre mélodies pop accrocheuses et metal furieux, trouve son incarnation dans des titres comme « My Funeral». Ce mélange de sons explosifs et de « screams » ne sont pas un effet de style ni un coup de marketing. Ils sont nés d'un cri de défense face à une agression traumatisante d'un inconnu dont elle a été victime en pleine Forêt-Noire en Allemagne. Et ce cri libérateur, Sun l’a fait sien, lui donnant une forme musicale et émotionnelle dans des morceaux comme « Free Your Soul », où la rage de vivre affleure à chaque note.

Produit par le fameux Andrew Scheps, figure incontournable ayant travaillé avec Beyoncé, Adèle ou Metallica, Krystal Métal capte cette intensité brute. Joyeuse, colérique, amoureuse, Sun y déploie des émotions, sans filtre, comme un riff de guitare.

Avec Krystal Métal, le phénomène Sun affirme sa place dans le paysage du rock français, une artiste libre et décomplexée, à la fois radicale et profondément sensible. L’album s’écoute aussi sur scène : 50 dates sont programmées cet été 2025, dont le 20 juin au Hellfest, à Clisson en France, l’un des plus grands festivals de metal au monde.

À écouter aussi« Metal, Diabolus in Musica », une musique en fusion à la Philharmonie de Paris

«Blomovinho» de Leo Blomov: la pop française en escale au Brésil29 May 202500:06:24

Après deux albums en français, le musicien et chanteur Leo Blomov ouvre un nouveau chapitre avec Blomovinho, un disque-hommage à un Brésil rêvé. Pour la première fois, il chante et écrit entièrement en portugais du Brésil, marquant un tournant dans sa discographie. À travers douze titres aux mélodies suaves et solaires, il nous invite à un voyage sensoriel dans un pays qu’il n’a jamais foulé, mais dont chaque sonorité lui est intimement familière. 

«Balabeatz» de Kanazoé Orkestra: quand le balafon rencontre l'afrobeat28 May 202500:07:18

Le Kanazoé Orkestra sort un quatrième album à son image : Balabeatz. Dix titres où le groupe franco-burkinabé fusionne avec brio balafon et afrobeats, traditions ancestrales et rythmes actuels, tout en véhiculant des messages puissants sur l'unité, l'exil et l'espoir pour l'Afrique. 

Avec Mä la nature s'exprime en trip hop dans «Blame It On The Weather»27 May 202500:06:32

Repérée en mai 2025 au Festival Focus Wales, au Pays de Galles, la Néo-Zélandaise Mä s’impose comme l’une des voix les plus atypiques de la scène internationale. Chanteuse, rappeuse, poétesse et productrice autodidacte, elle vient de publier Blame It On The Weather. Un deuxième album à la tonalité résolument engagée, malgré un titre affichant une ironie assumée.

Depuis la sortie de son premier disque en 2022 – salué par la critique  –, l’artiste à l'héritage ancestral maori revendiqué ne cesse de croiser les genres : trip hop, soul, jazz avec une approche hybride qui séduit autant les programmateurs de festivals que le public. En trois ans, elle a multiplié les dates à l’international et assuré les premières parties d’artistes majeurs, dont le rappeur américain Ice Cube.

Ce qui distingue particulièrement ce nouvel album, c’est la place accordée à l’environnement sonore naturel. Mä enregistre et intègre dans ses morceaux des bruits organiques : chants d’oiseaux, craquements de bois ou clapotis d’eau. Une manière de prolonger son discours écologique, sans slogans ni dogmes, mais avec une cohérence artistique affirmée.

Le morceau « Puha Me Te Porchewa » chanté en langue maorie, illustre cette orientation : il évoque le réchauffement climatique, les catastrophes naturelles, la disparition de la biodiversité – mais aussi l’espoir et la résistance. Pour Mä, faire de la musique, c’est « ne pas rester silencieuse face à un monde qui change à une vitesse dangereuse ».

Cette tension entre esthétique d'avant-garde léchée et message politique traverse tout l’album. Le contraste entre la douceur des mélodies et la gravité des sujets abordés crée une forme de dissonance volontaire, qui fait de Blame It On The Weather un disque à la fois exigeant et accessible.

Mä sera en concert le 7 juin 2025 à Sydney, en Australie, puis le 19 juin en Nouvelle-Zélande.

«Essence and Elements»: un album lumineux de la chanteuse franco-sénégalaise Awa Ly26 May 202500:05:35

Elle est née en France de parents sénégalais : la chanteuse Awa Ly vient de sortir son troisième album studio intitulé Essence and Elements. Elle a conçu ce disque autour de quatre éléments qui symbolisent les forces de la nature : la terre, l’eau, l’air et le feu.

Awa Ly a confié la réalisation de ce nouvel album de 12 titres à quatre artistes, chacun autour de l’un de ces éléments : Nicolas Repac (la terre), Lossapardo (l’eau), Hannah V (l’air) et Léonie Pernet (le feu). Quant à Polérik Rouvière, qui avait réalisé en 2020 son précédent disque (Safe and Sound), il s’est occupé du mixage et a donné une cohérence finale à l’ensemble.

C’est sur l’île d’Alicudi, dans l'archipel des Éoliennes au nord de la Sicile, qu’est née l’idée de ce disque. Inspirée par le silence, Awa Ly s’est imprégnée des éléments qui l’entouraient (terre, eau, air, feu) pour composer et écrire.

L’apport de musiciens de haut vol renforcent la couleur chaleureuse du projet. Ablaye Cissoko  offre par exemple une ligne deKora envoûtante sur « Love & Light » et « Wind Voices ».  Awa Ly chante en anglais sur la majorité des titres, ainsi qu’en français (« L’Une », « Le Feu », « Seule reste la terre ») et en Wolof avec un texte d’Alune Wade (« Wind Voices »).

Cet album qui se nourrit de jazz, de folk, de soul et d’électro est accompagné d’un court-métrage en quatre clips, signé de l’actrice Aïssa Maïga. Elle a su saisir l’essence des chansons et les faire résonner au milieu de paysages grandioses, de la France au Panama.

À lire aussiAwa Ly éveille notre sixième sens avec «Essence and Elements»

Néba Solo, le balafoniste qui branche le Mali sur l'électro avec «Tuma Duma»23 May 202500:02:35

Il est l'un des grands percussionnistes maliens : Néba Solo, de son vrai nom Souleymane Traoré. Originaire de Nébadougou dans le sud du Mali, le musicien sort un nouvel album, où le balafon est roi. Un disque intitulé Tuma Duma (« bon temps » en bambara), où son balafon prend des airs d'électro.

Initié au balafon par son père musicien, Néba Solo a un immense coup de cœur pour l'instrument dès son enfance. Ce xylophone dont le son résonne dans des calebasses, répandu chez les communautés sénoufos dont il fait partie, il ne l'a plus lâché. En 1987, il travaille à modifier la sonorité de l'instrument et développe une technique de jeu de gauche à droite, à l'inverse de la technique traditionnelle. Et en 1996, son groupe de percussions avec balafons, tambours bara, titiara et karignan est nommé Meilleure formation malienne de l'année.

Une nouvelle direction artistique 

Sur ce nouvel album, boîtes à rythmes, percussions traditionnelles et sonorités électroniques s'entremêlent, comme si une soirée techno et une jam de percussions se déroulaient au même endroit en harmonie. Le balafoniste crée la rencontre entre musique malienne et machines, apportant toujours plus de richesse au patrimoine musical de son pays.

Les neufs titres de Tuma Duma évoquent les thèmes classiques du répertoire mandingue, comme la morale, l’amour et la vie quotidienne. Neba Solo chante aussi l'importance de dieu, le courage de ceux qui travaillent nuit et jour ou encore la force de l'armée malienne. Sa technique et sa rapidité de jeu créent une ambiance de transe hypnotique, sur cet album à la fois moderne et fidèle aux racines traditionnelles duMali.

 

À lire aussiLe retour afro-électro du Malien Neba Solo, le roi du balafon, avec «Tuma Duma»

«Healing Voices», Esinam et Sibusile Xaba chante la guérison en duo22 May 202500:03:14

Ils s'inspirent des ancêtres pour mieux se projeter dans l'avenir. Esinam, chanteuse et multi-instrumentiste ghanéenne basée à Bruxelles, et Sibusile Xaba, guitariste et chanteur sud-africain, unissent leurs horizons pour sortir leur premier album en duo. Onze titres aux multiples influences où highlife ghanéen et chants traditionnels zoulous se mêlent à l'afro-beat, au jazz et à l'électronique, dans un objectif de « guérison ». Cet album s'intitule Healing Voices.

Juliette Magnevasoa, la nouvelle fleur de Madagascar21 May 202500:04:08

La jeune chanteuse franco-malgache Juliette Magnevasoa sort son tout premier disque Guitare nouée sur corps étanche, un disque qui révèle une artiste prometteuse à l'univers à la fois délicat et intense.

Juliette Magnevasoa a connu un parcours tumultueux. Née sur la Grande Île, elle a grandi au Pays basque, adoptée par une famille française. Musicalement, elle se fait vite remarquer avec le duo Pauline et Juliette. Un duo qui donnera plusieurs centaines de concerts, se frottera à quelques têtes d'affiche comme Zaz ou Christophe Maé et lui assurera ainsi une solide expérience de la scène. Pour ce premier disque, elle se lance seule et surprend par la maturité, la poésie et l'intensité de ses textes. Une écriture qui rappelle un peu celle de Barbara.

Mais Juliette Magnevasoa se distingue aussi par sa musique. Son choix de ne s'accompagner qu'à la guitare souligne parfaitement sa voix à la fois fragile et profonde. Il en ressort une émotion qui touche immédiatement à l'image du morceau « Cucurrucucú paloma » qu'elle reprend sur son disque. Un choix audacieux pour ce classique de la musique mexicaine, repris des centaines de fois, d'une grande beauté, mais très exigeant, qui demande beaucoup de justesse dans l'interprétation et ne supporte pas la médiocrité.

Sur ce disque, Guitare nouée sur corps étanche, on entend le travail minutieux, l'exploration d'une intimité que l'on devine troublée. Pour cet enregistrement, elle s'est associée au producteur Blundetto. Un choix judicieux qui met bien en valeur l'univers singulier de cette artiste prometteuse.

«Adamas»: un sixième album inspiré et polyglotte pour Charles Pasi20 May 202500:03:53

Chanteur et harmoniciste virtuose, Charles Pasi est en concert le 21 mai 2025 à la Cigale à Paris pour présenter les titres de son nouvel album Adamas. C'est le troisième opus qu’il signe avec le prestigieux label Blue Note.

Depuis une vingtaine d’années, Charles Pasi trace son sillon en allant régulièrement piocher du côté du blues, de la soul, du jazz, voire du reggae. À la Cigale mercredi, entouré de ses musiciens, il ne devrait certainement pas délaisser son instrument fétiche, l’harmonica (omniprésent sur les titres de son nouvel album) et auquel il parvient à donner des sonorités étonnantes.

Sur cet opus de 9 titres, le chanteur de 41 ans ne s’interdit rien. Il mélange les styles et les langues. Il chante en français, en anglais et en italien (en duo avec sa sœur Clara) sur la chanson « Nino, Cielo e Terra » dédiée à son père aujourd’hui disparu.

Pour ce sixième disque, Charles Pasi a notamment convié la chanteuse Queen Omega, artiste à la voix puissante originaire de Trinidad. Elle puise son inspiration dans les musiques traditionnelles de son île natale.

«Danses Divines»: la souplesse du groove et la puissance des mots engagés19 May 202500:03:13

Le quatrième album de DjeuhDjoah & Lieutenant Nicholson Danses divines est une invitation à la danse, mais aussi un cri de résistance. Ils jouent avec les rythmes créoles et les influences métissées pour mieux glisser, sous des airs ensoleillés, des paroles percutantes et politiques. Entre sourires et révoltes, les dix titres du duo sont un subtil équilibre entre légèreté et dénonciation.

DjeuhDjoah & Lieutenant Nicholson, 46 et 47 ans, sont complices de musique et de pensée depuis une dizaine d’années. Le premier, d’origine camerounaise, marche dans les pas du grand poète-musicien de Douala, Francis Bebey, tandis que le second, antillais, a pour père la star de la variété Laurent Voulzy et évolue au croisement des genres. Ensemble, ils bâtissent un projet au carrefour du hip hop, du zouk, de la bossa nova, de l’électro, du ndombolo, du funk et de l’afrobeat. Ils ont un univers sonore unique où les influences s’entrelacent sur des mélodies aux accents créoles.

Si les chansons envoûtantes et les arrangements métissés donnent l’impression d’une invitation à la fête, pas question pour eux d'anesthésier les consciences, car les textes, eux, ont une portée plus profonde. Derrière les airs chaloupés se cachent des thèmes sérieux : identité transgenre, transmission et des critiques acerbes du système économique, comme sur le morceau « Inflation ». Le duo s'impose comme un vecteur de réflexion sociale et politique. Leurs engagements, discrets, mais puissants, s'expriment à travers un groove élégant, un moyen d'interroger le monde, tout en le faisant danser.

Danses Divines sera disponible dès le 23 mai 2025. Le duo sera en concert à Villeneuve-d'Ascq le 14 juin et entamera une tournée française jusqu’au 20 septembre.

«Ernest Spaceship» du groupe Raccoon Tycoon: jazz cosmique en zone interdite11 Jun 202500:06:00

Le festival Rio Loco se tient à Toulouse du 11 au 15 juin, avec de nombreux concerts au bord de la Garonne à la Prairie des Filtres. Parmi les artistes de la programmation, on trouve le groupe toulousain Raccoon Tycoon, quatuor original de « cosmic groove ». 

Leur album, Ernest Spaceship, s'écoute comme on dévore les chapitres d'un roman fantastique. Raccoon Tycoon nous embarque pour un périple intergalactique où quatre scientifiques combattent l'interdiction du groove. Dès la première piste du disque, on prend place à bord d'un mystérieux vaisseau spatial pour une quête à travers les étoiles.

Cette odyssée a vu le jour dès les premières sessions de travail. Motivés par le désir de dépasser les frontières musicales, les musiciens ont imaginé un univers où la musique s'allie à la narration. En live sur scène, l'aventure prend vie grâce à des vidéos de stop-motion, offrant au public une expérience visuelle unique, aussi immersive que sonore.

Des influences futuristes et hypnotiques

Le quatuor puise son inspiration chez le batteur Yussef Dayes, le groupe de jazz futuriste The Comet Is Coming, mais aussi le jazz fusion des américains de Snarky Puppy et la néo-soul australienne de Hiatus Kayote. De ces artistes, ils retiennent un esprit futuriste, des arrangements hypnotiques, des atmosphères oniriques et le goût pour l'improvisation. 

« L'improvisation a une immense place dans notre musique, explique Léo Colman, claviériste du groupe. On peut retrouver des impros dans tous les morceaux, dans les accompagnements aussi, notamment en live. Il y a quand même des structures et des points de rendez-vous mais en live, on fait très rarement les mêmes accompagnements, on suit beaucoup l'improvisateur. On sert la musique et l'émotion le plus possible. »

Un voyage entre lumière et obscurité 

Après un début d'album lumineux et dansant, un virage soudain s'opère au cœur du disque. L'épopée fantastique se poursuit avec une arrivée sur une planète morte, silencieuse, victime de la suppression du groove. Plusieurs titres s'assombrissent, enrichis de textures et d'effets électroniques, créant la bande-originale d'un monde parallèle. Puis en fin d'album, on aperçoit une lueur d'espoir, ouverture vers un renouveau.

Avec Ernest Spaceship, Raccoon Tycoon propose un jazz innovant et rafraichissant, mêlant récit fantastique et « cosmic groove ». Un voyage audacieux porté par la créativité sans limites de musiciens talentueux, prêts à repousser toutes les frontières.

«Paper Can’t Wrap Fire»: Don Glori embrase les genres avec son jazz fusion16 May 202500:03:10

Le multi-instrumentiste de Melbourne, Don Glori, est de retour avec un troisième album intitulé Paper Can't Wrap Fire. Un disque dans lequel il s'éloigne du pur jazz pour explorer d'autres univers musicaux avec toujours plus de créativité.

Don Glori poursuit son ascension créative vers une musique qui navigue toujours plus entre les genres. On trouve dans Paper Can't Wrap Fire des chansons plus soul, r'n'b et funk que ses précédents albums aux racines très jazz, même si on ne s'éloigne jamais totalement du genre. Le niveau musical de ce disque impressionne, avec de superbes improvisations de vents, des harmonies vocales qui évoluent avec fluidité, et d'incessants changements de tempo ou de tonalité, faisant presque de chaque titre un medley.

La traduction du titre de l'album, un vieux proverbe chinois, signifie : « On ne peut nier la vérité ». Une idée comme un fil rouge déroulé dans toutes les paroles. Les textes parlent de la recherche de la vérité, des masques sociaux que l'on porte au quotidien, ou encore de l'impression de clarté après l'introspection. Le morceau « Brown Eyes » évoque, par exemple, l'expérience des minorités et leur pouvoir dès qu'elles se rassemblent.

Pour ce troisième opus, Don Glori s'est entouré de sa famille et de nombreux amis issus du carrefour créatif qu'incarne Melbourne. On retrouve aussi sur cet album l'extraordinaire trompettiste Audrey Powne et la touche latine du producteur brésilien Alcides Neto. Paper Can't Wrap Fire est un disque très réussi, entre la finesse d'un jeu parfaitement maîtrisé et la chaleur de la soul, le tout porté par un désir puissant de nouveauté dans le jazz.

Avec l’album «3+6», Alba déconstruit l’amour et réinvente la pop15 May 202500:05:04

Au festival de Cannes 2024, elle avait électrisé le tapis rouge derrière ses platines. Retour sur le parcours d'Alba, DJ et musicienne, qui s'est affirmée depuis la sortie, l'an passé de 3+6, un album aussi audacieux que déroutant. Un projet qui, loin des sentiers battus, brouille les pistes et déconstruit les genres. Entre expérimentation sonore et exploration sans frontières, il fait fi des conventions et réinvente la scène musicale contemporaine française.

À 25 ans, Alba incarne la liberté créative. L’artiste franco-mexicaine autodidacte, fait tout toute seule: chanteuse, compositrice, autrice, DJ, productrice et vidéaste.

En cinq ans, elle a tissé son propre son, un enchevêtrement audacieux de pop cinématographique, d’électro en clair-obscur, de rythmes latins et d’une chanson française des années 70, revisitée et détraquée.

Son dernier projet, incarne cette quête de singularité, où chaque morceau semble un puzzle d’émotions mal rangées, des sentiments déformés par des bugs, où l’amour se chante sans guimauve, sans violons, mais dans une étrange tension.  

Les chansons d'Alba, loin de se contenter de récits amoureux classiques, déjouent les attentes. Dans Le Mauvais Pied, par exemple, ce n’est pas une simple chanson d’amour, mais une chaussure qui raconte  les fissures du couple et les non-dits. Un amour qui se  fredonne comme un texto jamais envoyé. Cette approche décalée fait d’Alba une artiste à part. 

Alba n’est pas une étoile montante, mais bien une comète qui  explose toutes les étiquettes. Elle nous livre un univers sonore où rien ne dure, mais tout résonne avec sa  voix douce comme une caresse mais qui coupe comme un scalpel

Sirens of Lesbos séduisent avec un nouvel album au titre intrigant14 May 202500:03:13

I Got a Song, It's Gonna Make us Millions (« J'ai une chanson qui nous rapportera des millions ») s'intitule ce troisième opus du groupe Sirens of Lesbos. C'est le fruit de réflexion de deux sœurs d'origines érythréennes et soudanaises, Jasmina et Nabyla Serag, nées en Suisse. Navigant entre électro, indie pop, reggae et soul, agrémenté d'une bonne dose d'afrobeats, le duo a concocté 14 titres éclectiques qu'il présente le 14 mai 2025 à l'occasion de son concert de lancement au Badaboum à Paris.

Les Flammes, les Victoires du rap : une troisième édition en plus grand et en public13 May 202500:06:02

C’est reparti pour une troisième édition des Flammes ce mardi 13. « Les Flammes » c’est un peu l’équivalent des Victoires de la Musique, mais pour le rap. Cette année, 56 artistes vont concourir dans 25 catégories, pour la plupart ouvertes au vote du public.  

Le rappeur Tiakola, 26 ans, est donné favori cette année avec neuf nominations dont celles d’Artiste masculin de l’année, Morceau de l’année et Album de l’année. Juste derrière lui, un autre artiste devenu en 5 ans une superstar : SDM (29 ans).

Dans la catégorie vedettes confirmées, on trouvera encore l’incontournable Booba, GIMS et Aya Nakamura entre autres. Mais aussi de jeunes pousses qui pourraient bien créer la surprise comme Théodora qui s’est fait connaître l’an dernier grâce au tube « Kongolese sous BBL»

Derrière cette cérémonie des Flammes, deux médias en ligne spécialisés dans les cultures urbaines : Yard et Booska-P

Grande première cette année : la cérémonie investit la Seine musicale à Boulogne-Billancourt, aux portes de Paris. Elle peut accueillir deux fois plus de spectateurs (4000 en tout) que le théâtre du Châtelet où avaient eu lieu les deux premières éditions devant un public composé surtout de professionnels de la filière. Cette fois, le public peut y assister : 2000 places ont été mises en ventes et sont envolées très rapidement. L'événement est retransmis en direct sur les plateformes YouTube de Booska-P, mais aussi sur Twitch et M6 + et en différé à 23 h sur la chaîne W9.  

Billie Eilish, l'icône de la génération Z, de passage à Paris pendant sa tournée mondiale10 Jun 202500:05:35

Actuellement en tournée pour promouvoir son troisième album studio sorti en 2024, Hit Me Hard And Soft, Billie Eilish se produit les 10 et 11 juin à l'Accor Arena à Paris, les deux dates françaises de ce tour mondial à succès. À 23 ans, la chanteuse américaine collectionne les records et est devenue l'idole de sa génération.

On peut même dire que cette jeune femme brune et timide est l'icône pop de la génération Z. Vegan, soucieuse de la cause animale, elle se revendique également féministe et écologiste. C'est aussi l'une des rares stars de premier plan à prendre publiquement position contre le président Donald Trump. Sur scène, elle se produit en short et T-shirts XXL. Billie Eilish refuse l'hypersexualisation ou de jouer de son physique. C'est sa musique qui compte avant tout. Une musique hybride, ni franchement pop ou électro. Mais un peu les deux à la fois.

En trois albums, Billie Eilish a imposé un style unique, marqué par des textes mélancoliques sur ses tourments intérieurs qu'elle susurre à l'oreille de ses fans et des refrains fédérateurs, qu'elle compose depuis le début avec son frère Finneas. Scolarisée à la maison, Billie Eilish Pirate Baird O'Connell de son vrai nom, suit des cours de danse et de chant dès le plus jeune âge. Tout commence en 2015, elle a 14 ans, Billie et son frère mettent en ligne le titre « Ocean Eyes ».

Après le succès d'un premier mini album en 2017, c'est son premier album studio deux ans plus tard qui lui assure un succès mondial. Avec notamment un tube, à l'instrumentation minimaliste, accompagnant un texte sarcastique sur un amant méchant : « Bad Guy ».

En dix ans de carrière, Billie Eilish collectionne les récompenses. Elle a récemment remporté sept American Music Awards, qui viennent rejoindre neuf Grammy Awards, mais aussi deux Oscars, pour deux chansons originales : « No tie to die » pour un James Bond, et un titre de la bande originale de Barbie réalisé par Greta Gerwig où sa voix murmurante sur une question existentielle fait mouche « What Was I Made For », (en français : dans quel but ai-je été fabriquée).

Récemment, le titre « Birds Of A Feather », tiré de l'album Hit Me Hard And Soft sorti l'an dernier, cumule plus de deux milliards d'écoutes sur les plateformes de streaming. Billie Eilish soigne aussi l'univers visuel de ses clips. Une attention peut-être liée à sa synesthésie, cette particularité neurologique qui associe les sens, pour elle, les sons ont une couleur ou une texture.

Elle-même neuroatypique, touchée du syndrome de la Tourette, la chanteuse de 23 ans est aussi attentive aux questions de santé mentale. Elle en parle lors de ses concerts et veut prendre soin de ses fans. Ce qui explique sans doute que beaucoup campent depuis plusieurs jours à Paris devant l'Accor Arena pour être au premier rang dans la fosse et apercevoir leur idole.

Le duo féminin afro-caribéen Mystically chante la «Résilience» en mode reggae09 Jun 202500:08:20

Issues d'un métissage entre la Martinique, le Congo et la France, Adeline Aurokiom et Marie-Lou Fauconnet se sont rencontrées dans une guinguette parisienne et chantent depuis près de 20 ans en duo. Après Ladie's Words en 2016 et Iration en 2020, ces deux voix envoûtantes reviennent avec leur troisième album. Alliant reggae, soul et musiques du monde, Résilience invite à la réflexion à travers des mélodies puissantes et des paroles engagées.

The Black Jesus Experience, entre héritages et résistances (Sakifo 2025)06 Jun 202500:05:35

Pour sa 22e édition, le festival Sakifo, à La Réunion, accueille une soixantaine d'artistes venus des quatre coins du monde. Parmi eux, un collectif très attendu basé en Australie à l’identité plurielle et singulière, The Black Jesus Experience.

Le nom du groupe est à lui seul un manifeste. Il évoque une figure symbolique et hybride, à la fois spirituelle et politique, incarnation de la résistance noire. Né à Melbourne, le collectif réunit depuis une quinzaine d’années dix musiciens issus de diasporas multiples, maorie, marocaine, zimbabwéenne, éthiopienne. Leur signature : une fusion dense entre afrobeat, jazz, rap, funk et musiques éthiopiennes.

En 2019, ils enregistrent un album marquant en collaboration avec Mulatu Astatké, figure tutélaire de l’éthio-jazz. Cette rencontre intergénérationnelle, entre une légende octogénaire et un groupe en mouvement, confirme leur ambition artistique : faire dialoguer les cultures, croiser les mémoires, inventer une langue musicale commune.

Leur septième album, Good Evening Black Buddha, prolonge cette démarche. On y entend notamment les vibrations du didgeridoo, comme un lien sonore entre Australie et Afrique. Les textes, en anglais et en amharique, portent une parole ancrée dans les luttes, mais sans grandiloquence. Une colère discrète, canalisée dans un chant habité, pensé comme un outil de transmission.

Dans un territoire comme La Réunion, marqué par l’histoire de l’esclavage et le métissage, la venue de The Black Jesus Experience résonne avec force. Une musique de l’exil et de la réappropriation, qui trouve ici un écho naturel. Chanter pour eux, c’est avant tout faire voyager la parole là où elle a été trop longtemps étouffée.

The Black Jesus Experience, en concert au Sakifo, le 6 juin 2025, à La Réunion.

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Le blues afrorock du groupe français Wati Sera célèbre la richesse des cultures05 Jun 202500:07:00

Quand le blues saharien rencontre l’afrorock psychédélique, cela donne naissance au groove de Wati Sera. Ce quatuor de musiciens français puise dans des sonorités africaines pour nous plonger dans des univers oniriques et puissants. Ils viennent de sortir leur premier EP Le temps est venu et commencent une tournée à travers la France. Une aventure musicale qui met en lumière la diversité et l'engagement pour un monde plus radieux.

Avec «Club Tounsi», Ammar 808 accommode le mezoued aux boucles électro04 Jun 202500:06:05

Sofyann Ben Youssef est connu sous le nom de scène de Ammar 808. Ce producteur de musique électronique a sorti le 23 mai 2025 Club Tounsi, son troisième album studio. Il y explore, en mode électro, un genre folklorique tunisien appelé le mezoued.

S’il vit au Danemark depuis quelques années, Sofyann Ben Youssef, alias Ammar 808, reste attaché aux rythmes traditionnels de son pays natal. Sur Club Tounsi, il les marie avec bonheur à ses boucles électroniques. C’est un mariage qui, selon lui, vient tout naturellement : « la tradition, j’essaye d’abord de comprendre d’où elle vient, ma démarche étant d’avoir une certaine justesse dans le propos. Une fois que j’ai compris cela, ajoute -t-il, je fais mes recherches et je peux y mettre ma patte personnelle. »

Ammar  808 explore sur les huit plages du disque un genre folklorique appelé le mezoued. C’est un style devenu très populaire ces dernières années dans toute la Tunisie après avoir été banni dans un premier temps par les médias tunisiens qui le jugeaient peu respectable, considérant qu'il provenait des ghettos. Pour ce nouveau disque, Ammar 808 a fait appel aux voix de trois artistes tunisiens : la chanteuse lyrique Mariem Bettouhami, Mahmoud Lahbib, un vétéran de la tradition et Brahim Riahi, un spécialiste du chant soufi.

À lire aussiAmmar 808, retour vers le mezoued avec l'album «Club Tounsi»

Julien Clerc sort «Une Vie», un 28e album studio plein d'émotion03 Jun 202500:06:10

Avec ses chansons, il accompagne la vie des Français depuis presque 60 ans. Julien Clerc fait son grand retour avec un album intitulé Une vie dont il signe – comme à l’accoutumée – toutes les musiques.

Pour son 28e disque, Julien Clerc a posé sa musique sur des textes d’auteurs chevronnés commeGaëtan Roussel, Benjamin Biolay (qui a aussi réalisé l’album), Carla Bruni, David McNeil ou encore Serge Lama. Mais il a fait appel aussi à un jeune parolier, Paul Ecole qui lui a écrit trois chansons, dont le titre phare  « Saint-Nazaire ».  Julien Clerc y rend hommage à son demi-frère, le journaliste Gérard Leclerc, mort en août 2023 dans l’accident d’avion qu’il pilotait. Au fil des onze titres, Julien Clerc raconte tour à tour ses joies ou ses peines mais il n’oublie pas pour autant de parler d’amour comme sur « Toi et moi », une chanson signée Carla Bruni.

L’une des chansons « Le parvis » s’inspire d’une scène qui a bouleversé beaucoup de Français. C'était le 3 mars 2023 à Biarritz, dans le sud ouest de la France, lors des obsèques de la professeure d'espagnol Agnès Lassalle. Elle avait été poignardée par un élève dix jours plus tôt. Son compagnon, Stéphane Voirin, avait ému la France entière en dansant, seul, devant le cercueil de celle avec qui il partageait cette passion. Le titre « Le Parvis », écrit par Paul Ecole s’inspire de cette séquence.

La réalisation de l’album est signée Benjamin Biolay qui signe d’ailleurs l’une des chansons : « Mes nuits du centre-ville ». Julien Clerc repartira sur les routes dès 2026 avec une tournée intitulée Une Vie. Il fêtera ses 80 ans sur scène, à l'Accor Arena de Paris, le 9 octobre 2027.

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«Reasons To Stay» de Tanika Charles, entre émotion brute et élégance soul02 Jun 202500:05:57

Voix incontournable de la scène soul canadienne, Tanika Charles sort un quatrième album, Reasons To Stay. Un disque qui prend la forme d'une série de lettres adressées à sa famille, à elle-même et à chacun d'entre nous, où elle se livre à cœur ouvert.

Avec Reasons To Stay, Tanika Charles signe un album à la fois ancré dans les traditions de la soul et résolument moderne. S'y entremêlent les racines du blues, du jazz, du gospel et du r'nb, rehaussées de touches psychédéliques et de clins d’œil au hip-hop. Un métissage sonore maîtrisé, porté par une voix exceptionnelle, à la fois douce et puissante.

Tanika Charles manie sa voix comme un instrument, passant sans effort apparent du registre de poitrine à celui de tête, avec une fluidité impressionnante. Elle joue avec les ornements, preuve s'il le fallait de sa technique vocale solide, toujours au service de l’émotion. Chaque élément musical trouve sa juste place : une batterie bien ancrée, une basse mélodique, des chœurs gospel en soutien, des envolées de cordes, des solos inattendus de flûte traversière. L’ensemble est chaleureux et on sent une véritable complicité entre les musiciens.

Un album comme une série de lettres

Mais Reasons To Stay ne brille pas uniquement par sa forme : c’est aussi un album d’une sincérité désarmante. Tanika Charles s’y livre à cœur ouvert, explorant ses failles, ses relations complexes, ses douleurs passées. L'album prend la forme d'une série de lettres ouvertes adressées à sa famille, à elle-même, au monde. Dans « Don't Like You Anymore », elle évoque par exemple la nécessité de s’éloigner de sa mère, dans un geste de libération.

Chaque titre porte une émotion différente : la tendresse, la colère, la nostalgie, le rejet ou encore la déception. Dans un morceau poignant, les seules paroles – « You’ve Got It Wrong, So Wrong » – sont répétées en boucle, de plus en plus déformées par les effets. Et pourtant, malgré la noirceur de certains thèmes, l’album ne s’abandonne jamais à la mélancolie. Tanika Charles transforme ses blessures et en tire une œuvre lumineuse, pleine de force et d’authenticité.

Reasons To Stay est un album de résilience. Il célèbre le cheminement vers la paix intérieure et l’acceptation de soi. Avec ses onze titres puissants, il s’impose comme une véritable déclaration d’indépendance émotionnelle.

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