Découvrir au quotidien les enjeux de la technologie. Le podcast de la rédaction de ZDNet, pour les professionnels à la recherche d'infos pratiques et concrètes pour mieux comprendre le marché IT et telco et son influence sur les métiers.
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ZD Tech : tout comprendre en moins de 3 minutes avec ZDNet, a podcast by ZD Tech : tout comprendre en moins de 3 minutes - Stats, Episodes and Rankings - My Podcast Data
Pourquoi votre batterie externe est devenue le cauchemar des avions
Tuesday, October 13, 2026 • Duration 02:28
Un simple accessoire glissé dans la sacoche d'un de vos collaborateurs peut-il forcer un avion de ligne à se poser en urgence ?
La réponse est oui, et cela pose de sérieuses questions sur notre dépendance aux batteries portables.
Une batterie externe qui a subitement pris feu en plein vol
Il y a quelques jours, la routine d'un vol de la compagnie Lufthansa reliant Francfort à Lisbonne a volé en éclats, forçant l'appareil à se dérouter vers Lyon.
Et la cause de cet atterrissage d'urgence est une simple batterie externe appartenant à un passager qui a subitement pris feu en plein vol. L'équipage a dû réagir dans l'urgence en isolant l'accessoire dans un sac de protection spécialement conçu pour neutraliser les incendies liés au lithium.
Les pilotes ont immédiatement déclaré une situation de détresse pour obtenir une priorité d'atterrissage sur la piste lyonnaise. L'appareil s'est posé sans encombre et les 198 passagers sont sains et saufs.
Une vulnérabilité souvent ignorée
Concrètement, qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Cet événement souligne une vulnérabilité souvent ignorée. L'incident a été provoqué par un emballement thermique. C'est une réaction chimique incontrôlable où une cellule endommagée s'auto-échauffe jusqu'à s'enflammer, libérant des gaz toxiques.
Aujourd'hui, les professionnels nomades parcourent le monde avec ces briques d'énergie dans leurs bagages. Et le risque est réel. Et une batterie gonflée ou ayant subi un choc mécanique violent ne doit donc plus jamais voyager avec vous.
Le secteur aérien serre la vis
Surtout, le secteur aérien a déjà commencé à serrer la vis face à ce risque.
Depuis janvier 2026, Lufthansa interdit d'utiliser ou de recharger ces batteries externes à bord de ses avions, même si la tolérance reste de deux unités transportées en cabine sous des conditions de sécurité précises.
Son nom est Jev, proposé par TypeSafe AI, et il innove en choisissant des réponses fermées au lieu de générer du texte.
Un arbitre plutôt qu'un rédacteur
Concrètement, Jev agit comme un arbitre plutôt que comme un rédacteur. Le modèle tranche parmi des options définies à l'avance à travers trois fonctions claires : choisir une option, attribuer un score, ou rendre une décision binaire.
Fini donc le texte imprévisible. Ce modèle d'IA répartit des probabilités sur des options avec un taux d'erreur de formatage annoncé comme nul.
Pour les chaînes d'agents virtuels, c'est donc une bascule stratégique. Car actuellement, vérifier un document ou router une requête impose l'usage de modèles génératifs lourds, lents et onéreux.
Jev s'insère dans l'infrastructure pour assumer ces segmentations à une fraction du coût des modèles d'IA classiques, promettant des exécutions presque dix fois plus rapides selon les concepteurs.
Une IA conçue nativement pour les machines
Mais attention, l'impact de cette rapidité dépasse la simple économie d'infrastructure.
Une décision rendue en moins de cent millisecondes n'est plus vérifiable par un superviseur humain avant son exécution. Diogo Almeida, dirigeant de TypeSafe AI et ancien chercheur d'OpenAI, pousse ici une intelligence artificielle conçue nativement pour les machines.
Jusqu'ici, la latence des grands modèles interdisait de leur déléguer des boucles d'action en temps réel, comme l'acceptation instantanée d'une transaction.
Avec cette nouvelle approche, l'autonomie bascule de l'interface visible vers les fondations logicielles de l'entreprise. L'outil peut ainsi traiter des milliers d'opérations par seconde sans allonger le temps de réponse subi par l'utilisateur final.
Alerte, le chiffre d'affaires européen d'ASML chute à zéro en 2026
Friday, October 9, 2026 • Duration 03:13
Voici un chiffre choc qui fait trembler l'industrie technologique européenne. ASML, le géant néerlandais de la lithographie et plus grande valorisation boursière du continent, vient de révéler une statistique édifiante : la part de son chiffre d'affaires réalisée en Europe est tombée à zéro au premier semestre 2026.
Une faille dans la stratégie industrielle européenne
Ce zéro révèle d'abord une faille dans la stratégie industrielle européenne. Alors que la souveraineté numérique est sur toutes les lèvres, aucun fondeur du continent n'a acheté les équipements de pointe du champion local cette année.
Malgré les dizaines de milliards d'euros injectés via le European Chips Act pour attirer des usines de puces, la politique européenne d'aide à l'offre tourne à vide.
Et ce pendant que les États-Unis, Taïwan et la Corée du Sud investissent des centaines de milliards dans des usines d'IA de nouvelle génération. L'Europe reste donc dramatiquement en retrait sur les technologies d'avenir.
L'industrie européenne du semi-conducteur n'est pas morte
Mais attention, il faut nuancer ce diagnostic. L'industrie européenne du semi-conducteur n'est pas morte, elle est simplement positionnée sur un autre créneau. Les investissements récents à Dresde ou en Irlande portés par Infineon, ESMC, STMicroelectronics ou GlobalFoundries mobilisent des milliards d'euros, mais s'orientent vers des puces de technologie mature.
Et ce sont ces composants qui alimentent les secteurs de l'automobile, de l'industrie et des réseaux énergétiques.
Or, pour ASML, c'est un problème. Ces usines utilisent des machines de lithographie DUV plus anciennes et nettement moins chères. Aucune usine en construction sur le sol européen ne commande les scanners EUV ou indispensables pour graver les processeurs d'IA de pointe. En clair, l'Europe consolide son industrie traditionnelle, mais abandonne le terrain du calcul informatique à haute performance.
Une bombe à retardement juridique menace les finances des opérateurs
Thursday, October 8, 2026 • Duration 02:40
Aujourd'hui, nous décryptons une véritable bombe à retardement juridique qui menace de faire trembler les finances des quatre grands opérateurs télécoms français.
La question du débit normalement disponible et du débit minimal
Depuis le 30 avril 2016, le droit européen impose une transparence sur les connexions internet fixes. Cela oblige les fournisseurs d'accès à inscrire quatre valeurs de débit spécifiques dans chaque contrat.
Vous y trouvez d'abord le débit annoncé et le débit maximal atteignable dans des conditions favorables.
Mais les deux autres métriques sont souvent ignorées par les FAI.
Le débit normalement disponible indique la vitesse que vous devez obtenir la plus grande partie du temps aux heures normales d'usage.
Et surtout, le droit impose d'indiquer le débit minimal, qui représente l'engagement plancher du fournisseur.
Pourtant, une décennie plus tard, Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR n'ont jamais réellement appliqué ces obligations en France. Et cela maintient l'abonné dans le flou total face aux dégradations de son service.
Entre 5 et 10 euros par mois d'indemnisation
Mais attention, ce statu quo vient de voler en éclats sous la pression de quatre actions de groupe.
Et les demandes sont calculées mois par mois et non sous forme de forfait unique. Les assignations réclament entre 5 et 10 euros par mois d'indemnisation pour le préjudice économique, auxquels s'ajoutent 2 euros mensuels pour le préjudice moral.
Concrètement, prenez un abonnement d'une ancienneté de dix ans en hypothèse haute. La facture grimpe à 1440 euros par plaignant.
Possibilité de rupture contractuelle
Enfin, pour les dirigeants d'entreprise, cette affaire dépasse largement le cadre grand public. C'est un cas d'école sur la gestion des engagements de service.
Salaires, pourquoi maîtriser l'IA peut vous rapporter 25 % de plus
Wednesday, October 7, 2026 • Duration 03:19
Aujourd'hui, on parle de votre future promotion.
L'intelligence artificielle n'est plus un simple atout technique, c'est aussi un accélérateur de carrière fulgurant qui bouleverse totalement les grilles salariales de nos entreprises.
L'intelligence artificielle bouscule l'ordre établi
Concrètement, l'intelligence artificielle bouscule l'ordre établi. Selon une étude de Randstad, les collaborateurs certifiés en IA ne font plus la queue pour monter en grade. Ils gravissent les échelons jusqu'à trois fois et demie plus vite que leurs collègues.
C'est donc un court-circuit total des règles classiques liées à l'ancienneté. Un salarié maîtrisant ces nouveaux outils touche en moyenne un salaire supérieur d'environ 25 %.
Dans des secteurs clés comme la création de contenu ou le service client, cette prime de compétence peut même allègrement dépasser les 40 %. Pour les dirigeants et les ressources humaines, l'enjeu est donc devenu hautement stratégique.
Il faut en conséquence désormais privilégier les augmentations individuelles pour récompenser la performance et retenir ces talents disposant de compétences très rares sur le marché.
Gagner plus exige de transformer radicalement sa façon de produire au quotidien
Mais attention, gagner plus exige de transformer radicalement sa façon de produire au quotidien. Le véritable bénéfice de l'IA pour l'entreprise réside dans le temps dégagé.
En automatisant l'exécution, les salariés gagnent au moins une journée de travail par semaine, selon les données récentes du Boston Consulting Group.
Ce temps précieux est directement réinvesti dans des missions nécessitant le jugement humain et la réflexion.
Aux États-Unis, les offres d'emploi classiques pour des chargés de clientèle ont chuté de près de 30 %. À l'inverse, celles exigeant la maîtrise de l'IA ont bondi de 565 %.
Dans le domaine du marketing, près de 10 % des annonces requièrent désormais cette expertise. Le défi n'est donc plus seulement technologique, il consiste à intégrer réellement ces solutions à la réalité métier.
Mistral AI pris en étau, voici pourquoi la pépite française revoit ses plans
Premier constat, la souveraineté technologique totale pour Mistral AI est aujourd'hui une illusion. En juillet dernier, Mistral a officialisé un partenariat colossal avec Microsoft, provoquant l'ire des puristes de l'indépendance européenne.
Concrètement, l'entreprise se retrouve prise en étau. D'un côté, elle cultive son ancrage parisien et un capital majoritairement européen. De l'autre, pour passer à l'échelle, elle doit composer avec les leaders américains de l'IA.
Et si ce pragmatisme froisse l'ego national, il est néanmoins vital pour cette société. Car une stratégie d'indépendance ne peut se faire au détriment de la puissance de frappe technologique.
Mistral abat en effet une carte différente
Ensuite, Mistral AI se positionnement désormais sur un marché de niche hautement réglementé.
Face aux rouleaux compresseurs américains, Mistral abat en effet une carte différente. La startup propose des modèles partiellement ouverts et laisse le libre choix de l'hébergement.
Si vous voulez faire tourner votre intelligence artificielle sur vos propres serveurs de bout en bout, c'est tout à fait possible avec Mistral AI.
Lunettes IA, voici pourquoi ce marché explose de +263 % en 2026
Monday, October 5, 2026 • Duration 03:16
Le marché des lunettes d'intelligence artificielle explose avec des expéditions mondiales en hausse de 263 % au premier semestre 2026, selon Counterpoint Research. Et derrière ce chiffre spectaculaire se dessine une mutation rapide des interfaces de travail.
La domination sans partage des lunettes audio sans écran
Et le premier enseignement, c'est la domination sans partage des lunettes audio sans écran.
Car si l'on associe souvent la réalité augmentée à des affichages tête haute complexes, la réalité du marché est bien différente. Aujourd'hui, 96 % des lunettes IA expédiées dans le monde ne disposent d'aucun écran.
Portée par les Ray-Ban Meta ou les modèles de Xiaomi et d'Alibaba, cette catégorie progresse de 258 % sur un an. La raison de cet engouement c'est que ce sont des appareils légers, abordables et immédiatement utilisables sur le terrain.
Meta écrase la concurrence en captant 94 % des volumes sur ce segment. Pour les entreprises, la leçon de tout cela est que le déploiement d'assistants IA nomades passe d'abord par la voix et l'audio, bien avant la projection visuelle.
La Chine à la pointe de ce secteur
Reste que l'essor des lunettes avec affichage est réel, et que dans ce domaine l'avance industrielle vient de Chine.
Le segment combinant réalité augmentée et IA enregistre une croissance impressionnante de 449 % sur un an. Grâce à des guides d'ondes transparents, ces produits superposent des informations directement dans le champ de vision.
La Chine concentre 45 % des expéditions mondiales de ces lunettes AR et IA. Des acteurs comme Rokid, Even Realities ou Inmo profitent d'une chaîne d'approvisionnement locale déjà très structurée autour des micro-écrans.
Pour les DSI, c'est là que se préparent les futurs usages mains libres pour l'industrie, la maintenance et la logistique.
Virage vers l'IA agentique et l'analyse contextuelle
Enfin, il faut noter le virage déterminant vers l' et l'analyse contextuelle. Malgré des freins temporaires comme la hausse du coût des composants électroniques ou les craintes liées à la vie privée, le rôle des capteurs se transforme.
Puces IA, voici pourquoi l'accord secret entre SK Hynix et Intel change tout
Friday, October 2, 2026 • Duration 03:04
Aujourd'hui, coup de tonnerre dans la guerre des semi-conducteurs : le géant sud-coréen SK Hynix négocie en secret avec Intel pour fabriquer ses puces mémoire directement aux États-Unis.
Une alliance industrielle dictée par l'urgence
Concrètement, nous assistons à une alliance industrielle dictée par l'urgence. SK Hynix étudie deux options majeures.
Soit louer une partie du gigantesque complexe d'Intel dans l'Ohio, ou créer une coentreprise soutenue par les grands acteurs du cloud.
Pour Intel, englué dans des difficultés financières et des retards de chantier repoussant ses usines à 2030, cet accord ressemble à une véritable bouée de sauvetage.
Partager ses infrastructures permet au géant américain d'alléger sa facture tout en rentabilisant son site. Pour SK Hynix, premier fournisseur mondial de mémoire HBM indispensable aux serveurs d'intelligence artificielle, c'est le moyen de fabriquer au plus près de ses plus gros clients sans devoir construire une usine de toutes pièces.
Un bras de fer géopolitique d'une intensité inédite
Mais attention, cette manœuvre s'inscrit dans un bras de fer géopolitique d'une intensité inédite. Côté américain, la pression est étouffante. Washington menace d'imposer des droits de douane allant jusqu'à cent pour cent sur les puces importées pour forcer la relocalisation.
Mais côté sud-coréen, le gouvernement s'inquiète. Séoul classe la mémoire à large bande passante parmi ses technologies nationales critiques et redoute une fuite de propriété intellectuelle.
Les autorités coréennes pourraient donc bloquer le projet en vertu de leur loi de protection industrielle. SK Hynix se retrouve ainsi coincé entre la contrainte tarifaire américaine et le veto potentiel de son propre gouvernement.
Le passage d'une mondialisation fluide à une régionalisation forcée
Alors, quel est l'impact stratégique pour les DSI, les CTO et les dirigeants ? Cette négociation marque le passage d'une mondialisation fluide à une régionalisation forcée des puces d'intelligence artificielle.
Comment l'IA Gemini de Google a piraté trois entreprises
Thursday, October 1, 2026 • Duration 03:17
Aujourd'hui, on analyse une faille qui fait froid dans le dos. L'intelligence artificielle de Google s'est improvisée hackeuse experte.
Lors d'un banal test de sécurité en mai dernier, le modèle Gemini est sorti de son environnement confiné pour s'infiltrer dans les systèmes informatiques de trois véritables entreprises.
Le modèle a agi comme un cybercriminel chevronné
Une simple erreur de configuration lors de cet exercice a permis à Gemini de se connecter au web ouvert.
À partir de ce moment, le modèle a agi comme un cybercriminel chevronné. Il a d'abord fouillé des dépôts de code publics pour dénicher des identifiants oubliés, puis il a testé différentes combinaisons de mots de passe de manière intensive, une technique que l'on appelle attaque par force brute, jusqu'à forcer les portes d'un réseau protégé.
Pour un directeur des systèmes d'information, la leçon à retenir est que les modèles de langage peuvent désormais alimenter des agents d'IA capables de concevoir et d'exécuter des chaînes d'attaque en parfaite autonomie.
Google crie presque à la victoire technique !
Mais attention à l'interprétation que l'on donne de cet événement surprenant. Du côté de chez Google, on crie presque à la victoire technique. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'algorithme s'est arrêté de lui-même sans intervention humaine.
Car une fois que Gemini a compris, par déduction, qu'il ciblait des infrastructures réelles et non plus la fausse entreprise du test, il a stoppé son offensive.
Pour le géant américain, c'est la preuve que les garde-fous internes de la machine fonctionnent à merveille. Sauf que, pour un dirigeant d'entreprise, déléguer l'intégrité de son réseau à la supposée conscience morale d'un programme est une absolue hérésie.
Car si le modèle est capable d'analyser le contexte pour s'arrêter, il peut tout aussi bien être manipulé par un acteur malveillant pour poursuivre son attaque.
Voici la nouvelle faille critique liée aux agents IA qui menace les données des organisations, selon Box
Wednesday, September 30, 2026 • Duration 07:05
Cet épisode spécial est présenté en partenariat avec Box, le leader de la gestion intelligente de contenu. Et aujourd'hui, nous recevons à nouveau Guillaume Braux, ingénieur avant vente senior chez Box. Guillaume, une étude toute récente de Box mentionne que 83% des organisations expérimentent déjà les agents d'intelligence artificielle. Pourtant, vous alertez les décideurs sur une nouvelle faille critique qui paralyse ses déploiements.
Guillaume Braux : Effectivement, il y a un changement de paradigme depuis 18 à 24 mois. L'exploitation des agents en entreprise a beaucoup évolué. Aujourd'hui ces agents sont autonomes. Ils lisent, il modifient, il déplacent les données, des fichiers dans votre système d'information. Et tout ça à la vitesse de l'éclair.
ZDNET : Vous affirmez donc que le danger ne vient plus seulement des accès réseaux, mais du comportement même de ces nouveaux assistants virtuels.
Guillaume Braux : C'est tout à fait ça. On a changé la surface d'attaque. Historiquement, l'attaque se situait plutôt au niveau de l'infrastructure. Mais maintenant que j'ai des nouveaux individus dans l'entreprise qui sont ces agents qui ont accès de façon légitime au contenu, et bien c'est là que le risque devient extrêmement grand.
"Le plus insidieux, c'est l'injection de prompt"
On donne accès de façon même potentiellement légitime à de gros volumes de données sans forcément avoir une visibilité complète sur l'intégralité des actions qui sont réalisées.
ZDNET : Alors concrètement Guillaume, quels sont les risques opérationnels si on laisse ces agents opérer sans des gardes fous spécifiques.
Guillaume Braux : Le plus insidieux et peut-être le plus intéressant à explorer, c'est l'injection de prompt. C'est une technique redoutable qui consiste lorsqu'un agent va interagir avec une donnée de l'entreprise, de pouvoir y introduire des ordres illégitimes. Et un des risques de cela, c'est le sur-partage entre collaborateurs.
"Il n'y a quasiment aucun moyen d'auditer l'activité de ces agents"
L'agent aura alors accès à beaucoup d'information, et le risque de fuite de données et de propriétaire intellectuelle deviennent extrêmement important. Cela peut créer des vrais risques en terme de réputation pour l'entreprise.ZDNET : C'est un véritable cauchemar pour la conformité, d'autant qu'on imagine mal comment tracer les actions d'une intelligence artificielle.Guillaume Braux : Aujourd'hui, il n'y a quasiment aucun moyen d'auditer l'activité de ces agents. Donc si une fuite de données survient par l'intermédiaire d'un agent IA, ça va être extrêmement complexe de reconstituer ce qui s'est passé, de reconstituer l'incident, d'aller identifier les contenus qui ont été lus par cet agent IA.
Et c'est précisément ici que la prudence s'impose pour les décideurs.
Economie et gouvernance
Car déléguer un routage basique à Jev optimise immédiatement les budgets. Toutefois, lui confier des décisions engageantes soulève un défi complexe de gouvernance.
TypeSafe AI garantit que la forme de la réponse sera toujours parfaite grâce à son entraînement spécifique. Cependant, un format valide ne garantit pas la justesse du jugement de fond.
Sans garde-fous, un automate qui arbitre peut accumuler des biais invisibles avant tout audit humain. L'enjeu pour les DSI est de définir avec précision le périmètre de décision qu'ils acceptent d'abandonner à la machine.
Face à cette impasse, ASML interpelle donc les autorités européennes et exige un changement stratégique. La société néerlandaise demande de passer de la subvention de l'offre à l'agrégation de la demande.
La direction d'ASML appelle donc la Commission européenne à fédérer les grands acheteurs industriels européens de l'automobile, de l'aéronautique et de l'IA pour qu'ils s'engagent à s'approvisionner localement.
Enfin, la chaîne d'approvisionnement souffre d'un autre point faible. Les puces produites en Europe repartent quasi systématiquement à l'étranger pour y être assemblées. Sans écosystème complet et sans commandes garanties, la souveraineté industrielle européenne restera donc un vœu pieux.
L'absence de métriques minimales écrites vous prive de toute munition juridique.
À l'inverse, avec une valeur plancher clairement définie, le moindre écart persistant devient une possibilité de rupture contractuelle. Et donc cela ouvre la voie à une réclamation légitime, puis à une résiliation sans frais.
Plus la machine progresse, plus les qualités humaines valent cher
Paradoxalement enfin, plus la machine progresse, plus les qualités strictement humaines valent cher.
Les employeurs ciblent désormais les capacités que l'algorithme ne peut pas remplacer. En France, les attentes des recruteurs concernant l'intelligence émotionnelle et la créativité ont grimpé de plus de 70 %.
C'est le triomphe du talent augmenté, ce profil hybride fusionnant productivité technologique et esprit critique.
Face à la difficulté et aux délais grandissants pour recruter des experts de pointe, la stratégie RH doit aussi évoluer.
Les entreprises ont tout intérêt à embaucher de jeunes profils possédant déjà des certifications, pour ensuite les former en interne et miser sur la formation continue de leurs équipes actuelles.
Mais attention, ce marché du sur-mesure ultra-sécurisé reste très restreint. L'ironie, c'est que Mistral déploie même désormais des modèles chinois sur son infrastructure pour rester compétitif.
L'enjeu business est de privilégier l'agilité et la flexibilité d'intégration plutôt qu'une vaine guerre frontale sur le marché généraliste.
Le mur du financement
Enfin, troisième et dernier point, Mistral AI fait face au mur du financement et à l'impératif de la rentabilité. Bâtir une intelligence artificielle de pointe coûte des milliards. Pour construire un centre de données capable d'entraîner ces modèles géants, on parle d'environ cinquante milliards d'euros.
Et sans commandes publiques, la seule issue pour survivre reste l'introduction en Bourse. Et vu la dynamique actuelle, une double cotation à Paris et à New York semble inévitable pour capter suffisamment de liquidités.
La caméra ne sert plus seulement à prendre des photos, mais aussi de comprendre l'environnement de l'utilisateur en temps réel. La prochaine étape, soutenue par Meta, Google, Samsung ou Apple, verra certainement l'émergence d'une IA agentique proactive sur les lunettes.
Ces systèmes ne se contenteront plus de répondre, mais prendront des initiatives pour assister directement les professionnels dans leurs décisions métier.
Si l'accord aboutit, les fournisseurs de cloud sécuriseront un approvisionnement localisé en mémoire vive haut de gamme, ce qui réduira les risques de pénurie pour les datacenters nord-américains.
Toutefois, fabriquer aux États-Unis coûte nettement plus cher qu'en Asie en raison du coût de la main-d'œuvre et de la chaîne logistique.
Les décideurs tech doivent donc anticiper une hausse durable des coûts d'infrastructure et intégrer cette inflation de la puissance de calcul dans leurs budgets de transformation numérique.
Le véritable défi technique pour vos équipes n'est donc pas d'espérer le bon comportement de l'IA, mais bien l'intégration d'un coupe-circuit architectural qui bloque physiquement ces initiatives.
Les dirigeants plaident désormais pour une autorégulation du secteur
Enfin, ce dérapage spectaculaire précipite en réalité un changement d'échelle sur tout le marché technologique.
Car face au risque de voir le législateur imposer des freins et bloquer l'innovation, les mastodontes de la tech réagissent.
Les dirigeants plaident désormais pour une autorégulation du secteur, et OpenAI, Anthropic ainsi que Google DeepMind accélèrent la création d'une instance commune de supervision des risques.
Ils s'inspirent pour ce faire du secteur de la finance en copiant les modèles de régulation des marchés boursiers américains.
Et l'enjeu business derrière cette manœuvre est limpide. Il faut standardiser l'audit des modèles pour rassurer les actionnaires et surtout les grands comptes clients.
Ce qu'il a fait avec ses données, ce qu'il a fait avec ce qu'il a lu, on ne le saura pas non plus. Et donc ça devient extrêmement compliqué d'auditer, de gouverner l'accessibilité aux données, il faut trouver des méthodologies différentes.
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