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Explore every episode of the podcast Vision(s)

Dive into the complete episode list for Vision(s). Each episode is cataloged with detailed descriptions, making it easy to find and explore specific topics. Keep track of all episodes from your favorite podcast and never miss a moment of insightful content.

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VISION(S) PRÉSENTE Des ailes aux talents E01 — Aurélie Lanoiselée par Léna Ghar29 Aug 202400:13:14

La romancière Léna Ghar a rencontré Aurélie Lanoiselée, brodeuse et lauréate du prix Liliane Bettencourt dans la catégorie « Talents d’exception » en 2009.

 

Formée à l’École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris, Aurélie Lanoiselée oriente ses recherches vers la broderie haute couture. Ses expérimentations, qui bouleversent les codes de la broderie traditionnelle par l’utilisation de matériaux modestes combinés à des matériaux précieux, ont inspiré Christian Lacroix et Christophe Josse, et mené à différentes collaborations avec les maisons Carven, Givenchy et Dior.


Vision(s) est en pause ! Avant de commencer la nouvelle saison, on m’a offert la possibilité de partager un contenu qui pourrait vous intéresser ! Ce sont 8 épisodes tirés la nouvelle saison du podcast « Des Ailes aux talents », qui met à l’honneur neuf lauréats du Prix Liliane Bettencourt. Chaque épisode de ce podcast est le fruit d’une rencontre entre un talent et une plume afin de mettre en lumière l’artisanat d’art. Je suis curieux d’avoir vos retours. On se retrouve très rapidement en octobre. Merci et bonne écoute !


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VISION #67 — CHARLOTTE ABRAMOW | « J'aime mettre en lumière des sujets importants avec une touche d'humour ou un décalage poétique »14 Aug 202400:50:51

Comme beaucoup, j’ai découvert le travail de Charlotte Abramow avec son projet Maurice, tristesse et rigolade, une série photographique touchante dédiée à son père, victime à ce moment-là d’un cancer et d’un coma. Le projet est en grande partie mis en scène et pourtant, je n’ai rarement été aussi touché par certaines images. Cela se joue sur des détails : un sourire, un regard, une main posée délicatement sur le visage, un nez qui dépasse de la couette du lit. C’est un projet qui change le regard sur la maladie et qui fait du bien. Une façon de faire face, de la douleur à la résilience artistique. De ce fait, je n’étais pas très surpris, en rencontrant Charlotte, de retrouver la même part d’humanité, de sensibilité et d’humour chez elle.


Dans cet épisode, la photographe et vidéaste belge commence par nous raconter ses premiers souvenirs liés à la photographie, influencée par sa mère qui capturait des moments familiaux avec un appareil argentique Nikon. À 13 ans, Charlotte découvre la photographie de manière autodidacte, capturant des images simples sur son Skyblog. C'est en découvrant les œuvres de Paolo Roversi qu'elle ressent un véritable électrochoc artistique, qui la pousse à explorer plus profondément ce médium. Son parcours la mène à l'école des Gobelins à Paris, où elle affine ses compétences techniques et développe son style singulier.


Charlotte nous parle également de ses collaborations avec la chanteuse Angèle, des premières images jusqu'à la réalisation de clips. Charlotte explique comment elle a abordé la vidéo, un médium nouveau pour elle, en s'inspirant de sa manière de photographier. Cette transition vers la vidéo a élargi son champ d'expression artistique, lui permettant de raconter des histoires de manière encore plus immersive.


Enfin, l’artiste aborde des sujets plus larges tels que l'importance de la couleur dans son travail, son rapport au corps et à la féminité, ainsi que son engagement pour une représentation diversifiée et inclusive. Elle évoque également ses projets éducatifs, comme le manuel Sex Education avec Netflix, qui visent à transmettre des notions essentielles de respect et de consentement à travers l'image.


Cet épisode est une plongée captivante dans le parcours et les inspirations de Charlotte, une artiste qui photographie avec le cœur et qui transforme la réalité en poésie visuelle.


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VISION #59 — MANON LANJOUÈRE | Le travail de l'imaginaire01 Apr 202400:50:06


Après le premier Live autour de la thématique de la photographie plasticienne, j’avais envie de prolonger en podcast avec le travail très intéressant de Manon Lanjouère.


Plongé dans des espaces intimes, physiques, ou métaphysiques, le travail pluridisciplinaire de Manon Lanjouère interroge nos imaginaires et révèle un séduisant alliage de sciences et de poésie. Ces deux disciplines disposées sur un même plan dégagent une inquiétante étrangeté plastiquement attractive. La recherche scientifique, dans les domaines de l’astronomie, de la météorologie ou encore de l’océanographie, est souvent le point de départ et la source de ses projets.


En s’inspirant de la littérature et textes de vulgarisation scientifique et en empruntant les codes liés au monde scientifique tels que le systématisme protocolaire, les expériences, la collecte d’échantillons ou encore le matériel de laboratoire, bien qu’il ne s’agisse le plus souvent que de transpositions, de conversions ou de ré-interprétations, les productions de l’artiste nous plongent alors au centre d’événements naturels qui ne pourraient avoir lieu qu’en rêve. Des phénomènes naturels qui bien qu’expliqués scientifiquement gardent pourtant sur nous un pouvoir de fascination important.


Derrière chaque histoire, la tentative de comprendre l’interaction entre le paysage et l’humain reste centrale. Manon Lanjouère est dans une constante interrogation sur notre rapport à la Terre, au vivant, à l’Univers et questionne la frontière entre artificiel et naturel à l’ère de l’anthropocène. 


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VISION #58 — LOUIS LEPRON | Du journalisme à la photographie17 Mar 202401:05:15

Après avoir publié un podcast avec Yan Morvan, un photographe en activité depuis plus de 50 ans, j’ai voulu questionner Louis Lepron, journaliste et photographe récent. Il ne s’agissait en aucun cas de les comparer mais il est intéressant, dans le fil chronologique des podcasts publiés, de constater, malgré une différence d’expérience notable, que les photographes se posent toujours autant de questions. Certes, ce ne sont pas toujours les mêmes, mais la photographie, comme tout art, appelle au questionnement, interpelle et fait douter.


Louis est resté pendant plus de 10 ans au sein du même média, Konbini, dans lequel il réalisait d’ailleurs déjà beaucoup de photos, la plupart du temps après les interviews. Il y a un peu plus d’un an au moment où l'on enregistre ce podcast, il décide de tout quitter pour devenir indépendant et tenter sa chance dans la photographie, passion quasi viscérale depuis de nombreuses années. Les questionnements et le parcours qui en découlent depuis sont très intéressants et peuvent toucher un grand nombre de personnes.


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VISION #57 — YAN MORVAN | « Je fais des photographies qui racontent l’histoire du monde »03 Mar 202400:48:46

En préparant l’entretien, Yan Morvan, photographe depuis plus de 50 ans, me glisse au téléphone qu’il s’intéresse à « la comédie humaine ». Un concept intéressant vu son parcours. Photojournaliste, artiste, enquêteur, écrivain..., Yan n’aime pas qu’on le range dans une case, ça tombe bien. Je comprends au fur et à mesure de l’entretien qu’il est un vrai passionné, collectionneur d’images et d’histoires.


Dans ce podcast riche en contenu et anecdotes, Yan Morvan évoque ses débuts à Libération et ses premiers projets, notamment sur les Blousons Noirs à Paris. Il revient sur certains moments charnières de sa carrière : la photographie de Lady Di, la guerre au Liban et la période Newsweek, sa rencontre avec Guy Georges, sérial killer, autrefois indic pour la police. Nous parlons de son rapport à la photographie, notamment de son intérêt pour la chambre photographique 20x25, utilisée pour la série au long cours Champs de Bataille.


Pendant toute sa vie de photographe, Yan Morvan s’est intéressé aux obsessionnels et aux personnes « à la marge ». Il continue aujourd’hui en traitant le sujet du crack à Paris, entre deux commandes de presse en Ukraine ou en Palestine. Derrière son côté provoc, le photographe est finalement un grand sensible. Je pense qu’on le comprend dans ce podcast. Du moins, je l’espère.


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VISION #56 — EDOUARD JACQUINET | Le rapport égoïste dans la création et la solitude en photographie18 Feb 202400:43:25

Edouard Jacquinet fait partie de ces gens qui se posent énormément de questions. Comme je suis dans le même cas, j’arrive à le comprendre très rapidement. Au départ, sa sensibilité, son regard et la profondeur de ses séries m’interpellent tout de suite. Son dernier projet, Charly Martins, l’histoire de sa rencontre avec un crooner singulier, que j’ai découvert sous la forme de livre à Arles l’été dernier, me touche aussi beaucoup. J’avais envie d’en savoir plus.


Dans ce podcast, Edouard creuse son parcours non linéaire, protéiforme. Il évoque ses deux projets principaux, son envie presque viscérale de photographier, son rapport au temps… Il traite aussi de sujets plus globaux, par exemple, son questionnement autour du rapport égoïste dans la création ou du lien qu’il tisse avec la solitude — thématique récurrente dans son travail. Quand la chanson de Charly Martins, Nous Allons Nous Revoir, retentit au milieu du podcast, j’en ai des frissons. J’espère que ce podcast vous touchera aussi.


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VISION #55 — JONATHAN LLENSE | « J'aime triturer, façonner les éléments pour mieux arranger le réel »01 Nov 202300:41:19

Un bob bien ancré sur la tête, un short et une paire de Converse colorée. Il faisait chaud ce jour-là. Quand je vois Jonathan LLense monter sa rue du 20ème arrondissement avec un grand sourire — quoiqu’un peu essoufflé — je comprends rapidement l’ironie et l'impression de fugacité qui émanent de ses photographies. J’ai découvert son travail il y a quelques années pendant PhotoSaintGermain, où il présentait Uncertain Life & Sure Death à la Galerie du Crous. Sorti d’ailleurs également en livre aux Éditions FP&CF, il présentait son ressenti à l’égard d’un pays qu’il ne connaissait pas du tout : l’Inde. J’ai ici volontairement omis d’utiliser le mot « série » ou « projet », qu’il abhorre absolument. Parlons plutôt d’un « regroupement d’images » ou de « moments ». 


Jonathan LLense joue avec le quotidien et l’ordinaire et impose toujours un pas de côté. Lors de ses différents voyages, par exemple en Inde ou à Tahiti (résultat d’un livre sorti en 2023 dans la collection de Louis Vuitton Fashion Eye), l’artiste joue avec les représentations et les clichés et les détournent à sa façon. Ses photographies ne sont jamais littérales, elles titillent le spectateur et appellent au questionnement. Conscient des codes de l’art contemporain et de la photographie dite « amateure », il utilise la plupart du temps un flash direct et écrasant. Comme le dit Patrick Remy, directeur artistique de son nouveau livre, « ses images dressent le catalogue de ses obsessions (…) il aime triturer, façonner les éléments, pour mieux arranger le réel à l’envi ».


Ce podcast, accompagné par l’habillage sonore du dernier projet de Pierre Rousseau, Mémoire de Forme, est, comme son travail, intriguant et sans concession.


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Un podcast réalisé et produit par Aliocha Boi/ Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Pierre Rousseau


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VISION #54 — NOLWENN BROD | La puissance des détails et des formes, la rencontre au centre de l'image15 Oct 202300:44:29

C’est un samedi après-midi de début d’été. J’arpente une ruelle du 20e arrondissement où la photographe et réalisatrice Nolwenn Brod habite.

 

Tout ici est particulièrement silencieux et calme, à l’image du temps suspendu que l’on retrouve dans ses séries. Je me souviens de la délicatesse et de la pudeur du projet Le temps de l’immaturité, que j’avais vu à la Galerie du jour en 2021 ; du ton discret et de la sobriété presque religieuse de la série Les Hautes solitudes, exposée aux Champs libres à Rennes en 2023. 

 

« Obsédée par les signes », comme elle-même se définit, Nolwenn Brod tisse ses récits photographiques en suivant la puissance des détails et des formes, à la recherche d’un rythme qui place au centre la rencontre — ce qui se passe entre elle et l’autre. Elle l’appelle « interstice ».


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Un texte et podcast réalisé par Nando Gizzi, produit par Aliocha Boi/ Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Gaspar Claus et son projet Adrienne, disponible ici


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VISION #53 — JULIEN COQUENTIN | « Je me rends compte que chacune de mes séries se nourrit directement de ce que je suis en train de vivre »13 Sep 202301:10:31

Un photographe sur les traces du loup de l’Aubrac. C’est le titre intrigant d’un article de M le magazine du Monde dans lequel j’ai découvert le travail de Julien Coquentin. Photographe depuis plusieurs années en parallèle de son travail d’infirmier, qu’il a aujourd’hui quitté, Julien consacre sa photographie à des réalisations à mi-chemin entre le documentaire et une certaine forme d’intimité. 


Habitant dans l’Aveyron et moi à Paris, nos chemins se croisent finalement lors de la première semaine des Rencontres d’Arles. Il est environ 15h, les cigales chantent à tue-tête et la chaleur bat son plein. Je suis très heureux de rencontrer un homme humble et généreux. Nous discutons pendant plus de deux heures de son parcours, de sa double vie, de ses différentes séries photographiques (Tôt un dimanche matin, Saisons noires, Tropiques et la dernière, Oreille Coupée), de sa relation quasi-fusionnelle avec son éditeur David Fourré et de ses différents livres… Son timbre de voix, doux et posé, nous accompagne pas à pas. Un podcast qui s’écoute comme un conte, au récit bien construit et touchant. 


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Un texte et podcast réalisé, écrit et produit par Aliocha Boi/ Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Adam Badí Donoval et son projet Sometimes Life Is Hard And So We Should Help Each Other, disponible ici


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VISION #52 — CHARLES THIEFAINE | « Le photographe influence le sujet qu’il traite et l’image qu’il crée »28 Jun 202300:32:32

Charles Thiefaine est un photographe que j'ai découvert récemment grâce à son livre auto-édité, Tahrir — un travail sur un moment-clé de l’histoire irakienne, l’occupation de la place Tahrir à Bagdad par les manifestants, pendant de longs mois. Dans ce projet et d’autres encore, il y a quelque chose qui me frappe : Charles photographie principalement des lieux et des pays « sous tension », que l’on retrouve souvent à la une des journaux télévisés ou en couverture de quotidiens français, mais il ne va pas chercher clairement les images qui choquent ou qui font vendre. 


Pour Tahrir, par exemple, Charles Thiefaine ne s’intéresse pas frontalement à la violence, pourtant bien présente, mais plutôt aux postures physiques ambivalentes qu’adoptent les jeunes Irakiens face à celle-ci. Nous avions déjà évoqué le sujet avec Emeric Lhuisset, il y a quelque temps : nous assistons aujourd’hui à une obsolescence de la photographie de guerre « traditionnelle » et des photographes comme Charles, au regard documentaire et plasticien, participent à ce renouveau. Le rendez-vous est donné chez moi, à Paris. Le jeune photographe prend son temps pour appuyer son propos. Un podcast court mais néanmoins très intéressant. Bonne écoute.


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Un texte et podcast réalisé, écrit et produit par Aliocha Boi/ Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Party Escort Bot et son projet Bodycam, disponible ici


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VISION #51 — DOLORÈS MARAT | « Quand je déclenche, je ressens une émotion intime, aussi vive qu’instinctive »07 Jun 202300:56:44

Rencontrer la photographe Dolorès Marat a été pour moi un véritable voyage. Nous ne sommes restées ensemble que quelques heures, assises dans sa cuisine, et ce fut un moment d’une grande douceur. Sa voix, son sourire. L’odeur des oranges posées sur la table. Le poil de Zoom, son chat, que je sentais se faufiler entre mes jambes. Cette lumière dorée qui irradiait la pièce. Un léger courant d’air qui passait par la fenêtre entrouverte. Sa manière de raconter les histoires. Résiliente, joyeuse, fragile. 


En cet après-midi de mars, au commencement du printemps, le temps s’arrête. Même le son du vieux coucou semble surgir d’une autre dimension. J’éprouve cette sensation que Dolorès décrit au moment de déclencher l’appareil photo : une émotion intime, aussi vive qu’instinctive, que la photographie lui permet de cristalliser. 


Au fil de notre discussion, je comprends très vite la chance que j’ai de la rencontrer et d’écouter son histoire. Et surtout, je mesure l’importance de faire entendre sa voix de femme et de photographe. 


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Nous avons la chance d'avoir deux partenaires pour ce podcast :


L'UPP, l'Union des Photographes Professionnels, organisation historique qui défend, représente et informe les photographes tout au long de l’année. 


🤝 Participez au Prix UPP 2023 


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VISION #66 — EMMA LE DOYEN | « J'ai un rapport très primaire à l'idée de la sauvegarde : si je capture, je sauve »17 Jul 202400:57:09

J’ai toujours trouvé les photographies d’Emma Le Doyen intrigantes, accessibles et esthétiques à la fois. C’est ainsi que la photographe définit aussi ses images : elle recherche la beauté dans le quotidien, les choses à la fois simples et “pudiques”. Dans ce podcast, je la trouve spontanée, surprenante, touchante et drôle.


On découvre sa grande passion pour les définitions, son histoire de vie — de son enfance immergée dans un milieu artistique (et non intellectuel, selon elle) à un parcours scolaire chaotique — qui finalement la dirige vers ce qu’elle aime par-dessus tout : créer, que cela soit au départ en dessinant qu’en photographiant. D’ailleurs, l’artiste évoque l’une de ses premières expériences en photographie de nuit avec ses amies ainsi que son amour pour la photographie argentique, qu’elle découvre d’abord en noir et blanc puis en couleur.


Emma nous entraîne également dans ses projets personnels, ses obsessions et ses réflexions sur la mémoire, le temps et l'authenticité de ses souvenirs capturés en images. Durant toutes ces années, elle continue de développer et nourrir un travail personnel qui se concentre principalement sur des projets au long cours où le temps est en effet essentiel. On pense au livre HécatombeTV, où elle photographie pendant près de 10 ans toutes les télévisions cathodiques abandonnées dans la rue. Il y a aussi son projet de cœur, Marcelle, sur sa grand-mère, qu’elle documente pendant près de 11 ans.


Tous les projets photographiques personnels en cours d’Emma sont souvent empreints d’une forme de mélancolie douce, comme si les reliques pouvaient devenir remèdes. Dis moi au revoir, son premier projet auto-édité paraîtra courant octobre 2024. C’est le récit poétique et métaphorique de la vie d’un sentiment amoureux. Et c’est aussi dans cette dynamique qu’elle reprend un travail plastique et ajoute le dessin à sa pratique quotidienne.


Au début, je parlais de photographies “esthétiques” pour décrire le travail de l’artiste. Dans le podcast, elle nous rappelle l’une de ses définitions : L'esthétique (ou théorie des arts libéraux, gnoséologie inférieure, art de la beauté du penser, art de l'analogon de la raison) est la science de la connaissance sensible.


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VISION #50 — MARGUERITE BORNHAUSER | « J’ai envie de sortir la photographie de son cadre »24 May 202300:44:53

J’avais déjà réalisé en 2020 un premier podcast avec Marguerite Bornhauser, sous le format « Épisode », aux côtés de Julie Vallon. Son travail et son approche d’artiste plasticienne — utilisant principalement le médium photographique — me fascinaient déjà beaucoup. Depuis, son travail a encore évolué. 


Marguerite joue toujours avec certaines couleurs et textures mais expérimente aussi la matière, les médiums. Elle utilise par exemple la peinture sur verre, le microscope, le télescope ou même des photogrammes pour le Grand Palais. L'artiste déploie également une manière de faire vivre ses photographies, sous forme d’installations diverses, de sculptures, de collaborations avec d’autres artistes… 


Tout comme j’aime parcourir les pages de ce livre immuable, posé là depuis quelques années sur ma table de chevet, j’ai parfois envie de me replonger dans le travail d’artistes avec lesquels je me suis déjà entretenu. Ce podcast a lieu dans son atelier, à Montreuil, lors d’une journée ensoleillée. Bonne écoute. 


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VISION #49 — GÉRALDINE LAY | Les interstices et les petits accidents de la vie ordinaire01 May 202300:52:57

« Les failles ordinaires » : un titre étonnant, celui d’une série photographique réalisée par Géraldine Lay, il y a quelques années. Je m’arrête sur celui-ci car je le trouve très représentatif de son travail global. La photographe s’intéresse aux interstices, aux « petits accidents » de la vie ordinaire, aux failles, sans aucun doute.


Son approche, qui s’éloigne complètement du photoreportage ou de la photographie documentaire, m’a tout de suite intéressé. Je connaissais son travail depuis quelques années et j’ai saisi l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Far East, pour réaliser cet entretien. 


De ses études à Arles à son parcours en tant que productrice et éditrice chez Actes Sud, en passant par le développement de son regard photographique : Géraldine Lay nous livre ici un podcast passionnant. Elle nous parle de la genèse et du contexte de ses différentes séries réalisées ces dernières années, qu’elle qualifierait de « coupures » ou de « temps de pause/pose ». La projet Anecdote de Motohiko Hamase, un musicien japonais de jazz et de musique ambient, accompagne sa voix.


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VISION #48 — MATHIEU RICHER MAMOUSSE | « Il y a beaucoup de profondeur dans la beauté »19 Apr 202300:46:01

Une barbe de quelques jours, les cheveux mi-longs, le teint hâlé et le regard vif et alerte. J’ai découvert le travail de Mathieu Richer Mamousse l’année dernière, à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz à Arles, lors de l’exposition collective Dress Code. À cette occasion, 40 artistes étaient invités pour évoquer les liens entre vêtement et identité. Le vêtement, qui peut en effet être un instrument d’affranchissement, de revendication ou être porteur de désir mais qui peut aussi être codifié et vecteur de normes plus restrictives. 


Mathieu avait choisi de montrer un corpus de photographies réalisées durant des manifestations de foi religieuses dans différents pays, qu’il avait également publié dans son livre autoédité Anima. Plongé tout de suite dans son univers, j’ai été frappé par ses images, très colorées, contrastées - très esthétiques finalement. Un esthétisme assumé par son auteur, qui s’en sert pour traiter ensuite en profondeur les différents sujets qui le passionnent. 


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VISION #47 — VINCENT CATALA |Le rapport au temps et à l'espace29 Mar 202300:41:30

Installé au Brésil depuis près de dix ans, Vincent Catala rentre peu en France, son pays natal. C’est l’achèvement récent du projet Íle de la Saudade, qu’il mène là-bas depuis 2014, qui le fait revenir plus souvent ces derniers temps. En effet, le moment est venu pour le photographe de restituer ce travail immersif au long cours, et de lui faire traverser l’Atlantique. Un ensemble désormais conséquent, qui dresse un portrait étonnant du Brésil, loin des représentations habituelles attachées à ce pays. C’est donc à l’occasion de son dernier passage à Paris que j’ai eu le plaisir d’échanger longuement avec lui.


Vincent a une voix posée, douce. Il prend le temps de contextualiser son parcours et son travail. À l’oral comme derrière l’objectif, il analyse et plante minutieusement le décor. Ce temps de l’observation et de la captation d’un environnement, puis de sa transcription sensible en image, il a appris à le prendre librement au Brésil, territoire où le rapport au temps et à l’espace est particulier.


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Un texte et podcast réalisé et écrit par Lily Lajeunesse, un podcast produit par Aliocha Boi/ Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Nathan Melja (unreleased).


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VISION #46 — SARAH BALHADÈRE|L'intime, la mémoire et l'importance de la lumière et des couleurs15 Mar 202300:40:59

La peau lisse. Le teint olive. Méditerranéen presque. Les pommettes tachetées. Le regard camouflé. Elle vous observe sans que vous ne vous en doutiez. Tapis derrière sa curiosité. Elle entend ce que vous ne dites pas. Devine les mouvements que vous vous refusez. Par pudeur. Timidité. Peut-être même par lâcheté. Elle les voit pourtant. Vos élans. Elle les capture. Sur un miroir. Elle vous tend votre reflet. Tel qu’il fut. L’instant d’avant. Un clic. Et le tour est joué. À tout jamais. 


Benjamin Cazeaux-Entremont, écrivain et co-fondateur de la résidence d’artiste La Chapelle Saint-Antoine, a écrit ces quelques lignes pour dresser le portrait de notre invitée. Photographe de l’intime, de la mémoire, jonglant avec la lumière (naturelle) et les couleurs, souvent très vives, poussées à leur paroxysme par le tirage argentique, le travail de Sarah Balhadère retenait notre attention depuis quelque temps déjà.


Dans ce podcast, brillamment accompagné par la musique de Broshuda, la photographe évoque son parcours et de nombreux sujets passionnants : son rapport singulier à la couleur et au tirage et les émotions et sensations qui en découlent, le lien très fort à la musique dans son travail et cette recherche de « l’état de flow », l’importance de la collaboration et de l’exercice de la résidence.


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Un texte écrit par Benjamin Cazeaux-Entremont, un podcast réalisé et écrit par Aliocha Boi, produit par Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Broshuda


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VISION #45 — CLÉMENT CHAPILLON | « En photographiant, je cherche à partir ailleurs »23 Feb 202300:58:05

Basé dans le sud de la France, Clément Chapillon, photographe documentaire que je suis depuis de nombreuses années, fait généralement une halte d’une semaine par mois à Paris. Il passe la plupart de son temps au Carré Bisson, espace situé au coeur de Belleville, où il peut préparer dans les meilleures conditions ses prochaines expositions, livres et projets. Je saisis l'occasion pour enregistrer ce podcast début février. L’oeil vif mais un peu fatigué, Clément m’accueille généreusement. J’en ai aucun doute : c’est un orateur éloquent. 


Après une carrière de plus de 10 ans dans les métiers du digital et de la communication, Clément Chapillon est rattrapé par une forme de « nécessité » de photographier. Fin 2015, il décide donc de tout quitter et de commencer une autre vie, celle qui le hantait depuis de nombreuses années. Son travail explore les territoires, leurs habitants et les liens qui les unissent à travers un style personnel emprunté au « réalisme poétique ». Ses récits, à la frontière entre le réel et l'imaginaire, s'inspirent de témoignages actuels ou d'écrits anciens pour documenter l'espace géographique et mental des lieux.


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Nous avons la chance d'avoir deux partenaires pour ce podcast :


L'UPP, l'Union des Photographes Professionnels, organisation historique qui défend, représente et informe les photographes tout au long de l’année. 


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Un podcast réalisé et écrit par Aliocha Boi, produit par Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Pierre Rousseau (et son très beau projet Mode Par Défaut).


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VISION #44 — ÉMERIC LHUISSET08 Feb 202300:45:34

Après avoir grimpé en vélo l’une des routes les plus pentues de Paris, j’arrive tout en haut du 20e arrondissement, dans l’atelier d’Emeric Lhuisset. Dans cette pièce située au rez-de-chaussée, on retrouve entre autres de grands tirages, notamment les séries Théâtre de guerre et L'autre rive, évoquées ensuite dans le podcast. On voit aussi plusieurs livres, un gilet pare-balles griffé du mot PRESS, un casque de protection… On ne peut pas se tromper, Emeric Lhuisset travaille bien dans des pays en guerre. Le regard alerte, quasi hypnotique, l’artiste prend le temps – à l’instar de ses nombreux projets engagés réalisés au long cours – de réaliser avec moi cet entretien de plus d’une heure.


🤝 Ce podcast a été réalisé en partenariat avec MPB, la plus grande plateforme en ligne au monde pour acheter, vendre et échanger du matériel photo et vidéo d’occasion.


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Un podcast réalisé et écrit par Aliocha Boi, produit par Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Charlie Janiaut et Akhira Sano (avec son projet Particle Dialogue - Observation and Recording). 


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VISION #43 — CAMILLE GHARBI25 Jan 202300:52:11

Le rendez-vous est donné chez moi, un samedi après-midi d’un mois d’octobre particulièrement gris, même pour Paris. J’avais déjà vu et entendu Camille Gharbi quelques mois auparavant sous le ciel bien plus lumineux d’Arles, lors d’une table ronde sur la dimension militante de l’édition photo à laquelle elle participait. À cette occasion, j’avais déjà pressenti une photographe à la personnalité et aux idées fortes, poussée au geste photographique par un engagement profond et sincère, mais assez pudique, voire timide, avec des fragilités qu’elle n’a pas peur de montrer.  


Je retrouve ces mêmes traits de caractère lors de notre rencontre pour le podcast. Camille arrive un peu stressée et elle ne le cache pas ; elle est inquiète de ne pas réussir à tout exprimer, ou plutôt de ne pas réussir à l’exprimer de la meilleure façon. Pourtant, dès qu’elle s’installe sur le canapé devant la grande baie vitrée et que sa silhouette se dessine devant nos yeux par effet du contre-jour, Camille Gharbi dégage une vraie force, celle d’une femme déterminée qui croit fermement à la puissance et à l’importance des images.


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Un podcast réalisé et écrit par Nando Gizzi, produit par Aliocha Boi et Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Mondkopf et son projet Spring Stories.


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VISION #42 — WILLIAM KEO11 Jan 202300:38:52

Je rejoins William Keo dans les bureaux et la galerie de l’agence Magnum, rue Léon Frot, dans le 11ème arrondissement.. Le photographe me propose rapidement d’en faire un tour. Le lieu est malheureusement vide — j’enregistre le podcast en plein moment de creux, entre deux expositions, celle d’Alex Webb, The Suffering of Light, et Deja View, une collaboration entre Martin Parr et le collectionneur de photos Lee Shulman. Tout juste nominé aux côtés de Myriam Boulos en 2021, William navigue dans cet espace qui lui semble bien familier. « Je passe mes journées ici, j’arrive tôt le matin et je repars tard le soir. Je considère la photographie comme un travail à plein temps. » 


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Un podcast réalisé et écrit par Aliocha Boi, produit par Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Hajj et Modern Collapse du label Dawn.  


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VISION #41 — YANN STOFER14 Dec 202200:43:11

Il y a ce mot japonais, « nagori », qui se traduit littéralement par le « reste des vagues », une sorte nostalgie de la séparation, et surtout la saison qui vient de nous quitter. C’est souvent ce que l’on ressent face aux derniers jours des vacances d’été. Après un temps de pause, on s’apprête à reprendre le cours de nos vies, avec, pourtant, toujours cette envie d’être ailleurs, loin de la frénésie des villes et du temps qui passe, inexorablement.


La frénésie, l’agitation, je la ressens bien chez Yann Stofer, ancien batteur, désormais photographe, que je rencontre une soirée de fin d’été, dans le 11ème arrondissement, à Paris. C’est Julien Magre - interviewé lors de la troisième saison du podcast - qui m’avait parlé de son fascinant travail. Après une bière bien fraîche, Yann, crâne rasé, tatouages répartis sur tout le corps, débit de parole bouillonnant, m’invite dans son petit bureau. Il s’ensuit un entretien généreux, parfois décousu, à l’instar de son parcours de vie, mais drôlement intéressant et riche en informations et expériences.   


Le nouveau livre de Yann Stofer est disponible ici. Vernissage de l'exposition vendredi 16 décembre 2022 à partir de 18 heures, 25 rue Chanzy 75011 Paris.  


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Un podcast réalisé et écrit par Aliocha Boi, produit par Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Perez.


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VISION #65 — JONATHAN BERTIN | Le parcours d’un passionné, d’internet au livre photo26 Jun 202400:49:02

Il y a un mot qui me vient immédiatement pour décrire Jonathan Bertin : passionné. De ses premiers pas en photographie, au téléphone, où il capture de manière compulsive des scènes du quotidien, il en vient aujourd’hui, avec son dernier livre sorti chez Four Eyes Editions, à se consacrer pendant plus d’un an de manière viscérale à un courant artistique bien connu : l'impressionnisme. Quand on s’intéresse à la photographie et à la culture photographique, on peut difficilement passer à côté du travail de Jonathan, que cela soit sur ses différents réseaux (Instagram, Youtube, Twitch) ou désormais en librairie et dans les salles d’exposition. Oui, Jonathan est un photographe qui vient de l’univers Instagram et oui, l’influence a eu et a encore une grande place dans son quotidien. Il l’assume : il faut savoir raconter ses images. Quand on regarde de plus près, comme je l’ai fait ces dernières années, on ne peut pas le résumer à cela. Jonathan est un obsessionnel et un rêveur, deux qualités souvent présentes chez un artiste.


Dans ce podcast, Jonathan nous emmène dans son univers, soulignant l'importance des couleurs dans sa pratique. Ayant grandi en Normandie, il a rapidement été influencé par son environnement familial riche en créativité, sans pour autant avoir reçu une éducation centrée sur la culture ou l’histoire de l’art. Il partage également son expérience des voyages, soulignant évoquant combien explorer de nouveaux environnements nourrit son inspiration et enrichit sa vision artistique. La Covid-19 a été une période marquante pour lui, le forçant à redécouvrir la beauté de son quotidien et à ajuster sa méthode de création et d'inspiration.


Le podcast aborde également l'impact des réseaux sociaux sur sa carrière son parcours, un outil qui a façonné ses débuts et lui a permis de partager sa passion avec une large audience. Jonathan évoque ses influences, notamment le photographe Ernst Haas ou plus récemment Jack Davison, et explique comment ces inspirations ont enrichi sa pratique. Il décrit son projet récent Impressionism, qui vise à capturer de manière innovante en photographie le mouvement, la lumière et les couleurs. Jonathan termine en partageant ses réflexions sur l'importance de rester curieux, d'expérimenter sans cesse et de voir le monde avec un regard toujours renouvelé. Un podcast passionnant.


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VISION #40 — FRANÇOISE HUGUIER30 Nov 202200:43:31

Ce jour-là, l’ambiance était lourde. Il faisait anormalement chaud pour un mois d’août et les nuages commençaient à devenir de plus en plus menaçants. Après un assez long trajet de métro, je sors à l’arrêt Mairie des Lilas et un déluge s’abat sans véritable surprise sur moi. Je me couvre tant bien que mal sous l’entrée d’un PMU douteux, un vieil homme me tient la jambe : « Rien ne va plus en France, la politique, la météo, c’est bientôt la fin du monde, je vous le dis… » Je suis coincé ici, le matériel pour enregistrer le podcast dans mon sac, sans parapluie, avec un pessimiste aguerri et de plus en plus de personnes venant s’agglutiner sous le portail. La pluie, déjà extrêmement forte, s’est depuis transformée en grêle. Je commence à stresser, j’ai tout de même rendez-vous avec Françoise Huguier, l’une des plus grandes photographes françaises à ce jour. 


Après de longues minutes d’attente, Françoise m’envoie finalement un taxi et j’arrive dans sa maison de Romainville, complètement trempé, mais satisfait de pouvoir enfin la rencontrer. Je comprends tout de suite que Françoise Huguier est un personnage. Son accueil est direct, sans fioritures, c’est une passionnée. Elle est enchantée de parler de sa vie faite de multiples rebondissements, incidents, voyages et rencontres. Le début de l’entretien, entrecoupé de nombreuses bouffées de cigarettes, peut enfin démarrer. Clic.    


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VISION #39 — CHARLES NEGRE16 Nov 202200:43:08

 « Ces images sont des mensonges. Quel crédit peut-on encore accorder au principe photographique qui veut qu’une image soit fidèle au réel ?  Notre perception balance entre l’impression de réalité, l’illusion et son interprétation. » Voici le texte de description du projet de diplôme de Charles Negre, photographe de nature morte et de studio, réalisé il y a plus de 10 ans. Une intrigante entrée en matière, qui résonne parfaitement avec les questions que je désire lui poser, et ce depuis longtemps. 

  

Le rendez-vous est donné au Studiolo, une galerie et bureau partagé en plein quartier de Belleville, à Paris. J’arrive à bout de souffle, après avoir gravi à vélo les routes pentues du 20e. « Je déménage, il n’y aura aucune photo sur place ». Charles m’avait bien prévenu, le lieu est vide. Un fort écho se fait entendre, les conditions ne sont pas idéales pour l’enregistrement d’un podcast. Les cheveux mi-longs, gominés et plaqués à l’arrière, Charles s’installe rapidement en face de moi, dans cet espace en transition. L’enregistrement peut commencer.   


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VISION #38 — CLAUDINE DOURY26 Oct 202200:52:33

Quand Claudine Doury entre dans une pièce, tout va très vite. On est tout de suite entraîné dans un flot d'idées et de désirs qui fusent. La première fois que je la rencontre il y a un an à l'Agence VU', c'est d'abord sa voix que j'entends, provenant du fond du couloir. Une voix au débit rapide, qui s'emballe. Enthousiaste, chaleureuse, nerveuse aussi. Je suis immédiatement fascinée par l'énergie de cette femme, son excitation et son envie débordante de rencontrer des gens, de les photographier, de vivre. Une femme et photographe qui a multiplié les voyages et les aventures en territoires inconnus, obsédée par l'ailleurs et aimant le défi, et dont on sent parfois une certaine agitation, une inquiétude. Peut-être celle de ne pas pouvoir tout faire. 


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Un podcast réalisé par Aliocha Boi et écrit par Lily Lajeunesse, produit par Noyau.studio, monté et mixé par Alexis Chapuis et mis en musique par Matthias Puech et son projet A Geography of Absence.


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VISION #37 — HARRY GRUYAERT05 Oct 202200:33:56

Si j’avais su au moment de la création de Vision(s), en 2019, que j’inviterais un jour à mon micro Harry Gruyaert, membre de l’agence Magnum, pionnier européen de la photographie couleur, je ne l’aurais jamais cru. Et pourtant me voici face à lui, pour mon plus grand plaisir. « Tu sais, je ne suis pas très verbal… », c’est l’une des premières phrases qu’il a prononcée après avoir passé la porte de son studio situé en plein Marais, à Paris. 


Au premier abord, Harry semble un peu méfiant. Ne connaissant pas l’univers du podcast, le faire participer n’a pas été une mince affaire. À 81 ans, le photographe belge ne fait pas confiance à tout le monde. Je le comprends assez vite ; au bout du troisième ou quatrième rendez-vous, il commence déjà à se détendre. Finalement, je reste avec lui un peu plus de quatre heures. Il me montre son nouveau livre Between Worlds, publié chez EXB, certains tirages accrochés au mur ou empilés sur la table, ses films appelés A Sense of Place, imaginés avec sa galerie Fifty one. Il m’accorde beaucoup de temps, un temps pourtant précieux pour ce photographe compulsif. En repartant, j’ai le sourire aux lèvres. Je le vois passer à côté de moi à toute vitesse, en vélo. Un instant suspendu.


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Un podcast réalisé par Aliocha Boi, produit par Noyau.studio, monté et mixé par Alexis Chapuis et mis en musique par Tuur Florizoone. Merci à Paul Mougeot pour son aide.


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Gallery 51
Between worlds 


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VISION #36 — DENIS DAILLEUX22 Jun 202200:40:15

C’est à l’agence de photographes VU’, au mois de septembre 2021, que je rencontre Denis Dailleux pour la première fois. Je viens d’y commencer un stage, la photographie est nouvelle pour moi. Et je ne le sais pas encore, mais je m’apprête à découvrir l’univers incroyablement tendre, subtil, atemporel, de ce photographe qui aime les gens et sublime les corps. Lors de nos rendez-vous de travail à l’agence VU’, il me confie son histoire, ses voyages, ses doutes, et son rapport intime, quasi viscéral, à la photographie. Il parle longuement, doucement, digresse souvent, et moi j’écris. Une relation d’écoute et de bienveillance mutuelle se tisse progressivement. Pour ce podcast, c’est à peu près le même exercice, devenu assez naturel entre nous. Il me reçoit chez lui un soir de printemps, dans sa jolie maison de Pierrefitte-sur-Seine. Timide et généreux, il y cultive les fleurs comme il photographie les gens : avec délicatesse, humilité et exigence. 


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VISION #35 — LOUIS CANADAS01 Jun 202200:45:01

De loin, je le regarde parler. Le crâne complètement rasé, une longue barbe touffue et un corps longiligne. Il arbore un sourire franc. La première fois que je rencontre Louis Canadas, c’est lors de la signature de son nouveau livre Tour, publié aux éditions Secondes. Je suis cependant avec attention le travail de ce photographe depuis quelques années. Quand on parcourt son site ou son Instagram, on a un aperçu de son intrigant travail. Ce qui frappe en premier ? Je ne pourrais pas dire. Peut-être son username « supercomportement », les couleurs surnaturelles de ses photos, ses compositions, souvent penchées, complexes. Tiens, Michel Drucker moulé en tenue de vélo. Un peu plus bas, un marathon nudiste. On scrolle, on scrolle. Encore plus bas, Jean Claude Van Damme, l’air nostalgique, avec une lumière dorée, très bling bling. Louis Canadas semble laisser court à son imagination débordante. Le bon sens et les codes qui pourraient créer une « bonne photographie » semblent peu l’intéresser. Ça tombe bien, moi non plus. Remplissez vos gourdes, enfilez un short, ça va être sportif. Bonne écoute.   


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VISION #34 — CHA GONZALEZ18 May 202200:39:37

La première chose qui m’a frappé quand j’ai vu les photos de Cha Gonzalez, c’est la lumière. Une maîtrise de la lumière, dans des lieux pourtant souvent très sombres, que je n’avais vue nulle part ailleurs. Et puis vient l’aspect pictural. On pourrait croire que toutes ses photos ont été soigneusement composées et mises en scène : les mouvements, les gestes, les regards. Pourtant, la plupart de ses images ont été prises sur le vif, à la manière d’un photographe de rue. Cette pratique photographique qui a été son « premier amour » – après la peinture et le dessin.  Elle déclenche toujours au bon moment, celui qui nous fait ressentir en tant que spectateur des émotions profondes, parfois insoupçonnées. J’étais donc très content de pouvoir enregistrer ce podcast. Entre deux reportages pour Libération, le rendez-vous est donné à Paris, dans le 11ème arrondissement. Laissez-vous embarquer dans l’univers de Cha Gonzalez, accompagné par le son techno du producteur et DJ, Sina XX. Excellente écoute !  


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VISION #33 — ADRIEN VAUTIER04 May 202201:02:59

En 2019, je me rends en Normandie à l’occasion du Prix Bayeux, pour enregistrer un podcast sur la photographie de guerre avec Edouard Elias et Sandra Calligaro. À cette occasion, je rencontre Adrien Vautier, lui-même photoreporter. Boule à Z, de nombreux tatouages, un débit de parole élevé, toujours bien entouré, la plupart du temps de ses collègues photographes rencontrés sur le terrain. En discutant avec lui, je décèle tout de suite une grande sensibilité. On se retrouve finalement quelques années plus tard pour enregistrer ce podcast et parler de son fascinant parcours. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le photographe d’une trentaine d’années maîtrise l’art du storytelling, et c’est assez rare pour le souligner. Le podcast est long dans sa durée mais s’écoute très facilement. On vous laisse plonger dans ce Vision numéro 33 à votre rythme, bonne écoute. 


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👀 Pour aller plus loin 


Julien Daniel - Guillaume Herbaut - Manon Boquen – Rendez-vous photos - Divergence images - Marie-Pierre Subtil - Revue 6 mois - Edouard Elias - Sandra Calligaro - Rafael Yaghobzadeh - Morgane Bona - Veronika Dorman - Wilson Fache - Allan Kaval.  


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VISION #32 — MYRIAM BOULOS20 Apr 202200:30:40

Chaque année, l’agence Magnum Photos vote pour intégrer à sa prestigieuse liste de photographes de nouvelles recrues. La Libanaise Myriam Boulos (ainsi que le Français William Keo) ont été sélectionnés comme nominés à l’issue de la 74e assemblée générale. C’est ainsi que j’ai découvert le travail de cette talentueuse photographe. Rendez-vous à Paris pour un entretien un peu plus court que d’habitude mais riche en contenu et en musique. L’habillage sonore est signé Habibi Funk, label de réédition basé à Berlin, dédié à la musique du monde arabe. Une petite voix timide mais affirmée, Myriam Boulos introduit son univers en nous décrivant une photo très simple mais touchante : une toute petite fleur jaune qui semble léviter à l’intérieur d’une main élégante, celle de sa grand-mère. Bonne écoute.  


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👀  Pour aller plus loin 


Mona Benjamin - Róisín Tapponi (Shasha, Habibi Collective) - Mona Eltahawy - Lee Friedlander.  


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EPISODE #13 - Comment photographier la présidentielle ?06 Apr 202200:51:24

Cas très rare dans Vision(s) : dans ce podcast sous le format Épisode, nous évoquons une actualité chaude, l’élection présidentielle. À travers le prisme de la photographie, bien entendu. Pour ce faire, j’ai le grand plaisir de m’entretenir avec Agnès Dherbeys et Stéphane Lagoutte, deux photographes membres de l’agence Myop, spécialisée dans la photographie documentaire et le photo-reportage. Rendez-vous à Bastille dans notre petit studio d’enregistrement pour un échange qui, je l’espère, sera aussi intéressant pour moi que pour vous. 

  

Agnès Dherbeys est née en Corée du Sud en 1976 et grandit en France. Photographe au parcours empirique, elle fait des études en journalisme puis rencontre un photographe et s’installe en Thaïlande. Elle apprend sur le terrain et se retrouve très rapidement à couvrir une actualité chaude et, comme elle l’explique dans le podcast, « l’histoire qui se déroule sous ses yeux ». Une bonne école pour la suite de sa carrière.  

  

Né en 1974, Stéphane Lagoutte fait des études en arts plastiques puis se lance dans une carrière de photographe, principalement d’actualité, couvrant des sujets de société. Après quelques années, il revient à une photo plus plasticienne et documentaire, qui interroge le médium, en parallèle d’une carrière de photographe de presse.  


Les deux photographes ont couvert les élections présidentielles actuelles. C’était déjà le cas de Stéphane, qui avait, en 2016, eu un parti pris photographique fort en couvrant les élections au flash, avec une lumière très directe, en réalisant des portraits qui font penser parfois à du Bruce Gilden. « Mais avec moins cette volonté de faire ressortir la matière de manière excessive », selon lui. Cela permettait au spectateur de voir de façon très crue les expressions du visage, parfois les défauts, les traces, la fatigue. Agnès, quant à elle, s’intéresse aux détails, aux expressions, souvent des grimaces, avec une post-production et un format particulier, souvent vertical. 


Dans ce podcast, je pose plusieurs questions. En voici quelques-unes. Comment photographier la présidentielle ? Comment déclencher quand on travaille pour un organe de presse impliqué politiquement, que ce soit à gauche ou à droite ? La neutralité journalistique existe-elle encore ?  Comment être singulier et s’éloigner parfois de la photographie reportage « classique » ?  

  

Nous évoquons également, entre autres, la notion de temps en photographie de presse, le poids des images et leur partage, parfois à tort, sur les réseaux sociaux, le rapport au portrait officiel de campagne, un projet collectif appelé Politique, Paillettes sorti en 2017… Excellente écoute. 

  

Politique Paillettes est disponible dans son intégralité et gratuitement :  

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[EN] VISION #64 — CÉCILE SMETANA | « The most interesting photographs are the ones that question how it is to be human »12 Jun 202400:45:30

J’ai eu le grand plaisir de découvrir le travail de Cécile Smetana, photographe documentaire franco-danoise, à l’occasion de cet entretien. En faisant mes recherches, j’apprends qu’elle débute comme photojournaliste dans des zones de conflits et de crises, principalement en Afrique centrale, mais qu’elle s’est éloignée du photoreportage depuis plusieurs années, partageant aujourd’hui son travail entre projets personnels et commandes commerciales. Cette rupture avec une certaine tradition du photojournalisme s’est imposée à Cécile comme une nécessité pour trouver son identité de photographe. Ne souhaitant plus documenter ces territoires à travers le prisme de la violence ou de la misère, elle envisage aujourd’hui son écriture documentaire du point de vue de la subjectivité et de l’intime. Dans ses projets personnels, qu’elle continue de réaliser auprès de communautés africaines, en Afrique centrale et dans d’autres régions du monde, la photographe cherche à transmettre les histoires individuelles des personnes qu’elle rencontre sur place et avec qui elle noue une relation. 
En parcourant son travail, je suis effectivement frappée par la douceur et l’intimité qui en émanent. Ses images, majoritairement des portraits, sont calmes, empreintes d’une intemporalité presque magique. Les personnes qu’elle photographie irradient de lumière et apparaissent souvent en présence d’éléments naturels et de paysages évanescents, comme dans un rêve. On sent une proximité et un dialogue avec les sujets, qui laissent s’exprimer la subjectivité dans la présence et le regard. 


Pour lire le texte en entier : https://www.visions.photo/podcasts/cecile-smetana


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[EN]


I had the great pleasure to discover the work of Cécile Smetana, a French-Danish documentary photographer, on the occasion of this interview. During my research, I learnt that she began her career as a photojournalist in conflict and crisis zones, mainly in Central Africa, but that she moved away from photojournalism several years ago and now shares her work between personal projects and commercial commissions.

Cécile felt that this break with a certain tradition of photojournalism was necessary to find her own identity as a photographer. No longer wishing to document these territories through the lens of violence or misery, she now envisages her documentary approach from a subjective and intimate point of view. In her personal projects, which she continues to carry out among African communities, in Central Africa and in other regions of the world, the photographer seeks to convey the individual stories of the people she meets locally and with whom she develops a relationship. Looking through her work, I was struck by the gentleness and the intimacy emanating from it. Her images, mostly portraits, are calm and filled with an almost magical timelessness. The people in her photographs glow with light and often appear in the presence of natural elements and evanescent and dreamlike landscapes. Her photographs convey an intimate dialogue with their subjects, allowing them to express their individuality freely, both through their presence and eyes.


To read the full text : https://www.visions.photo/podcasts/cecile-smetana-en


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VISION #31 — GRÉGOIRE ELOY23 Mar 202200:54:17

Pour ce podcast, j’ai rendez-vous en plein Marais, dans le 3ème arrondissement de Paris. Grégoire Eloy, gagnant du Prix Niepce 2021,  m’accueille d’une voix douce et posée, un œil porté sur l’ouvrier qui termine les travaux dans la cour extérieure. Nous prenons le temps de discuter. Grégoire semble être un vrai passionné, au vu de la grande bibliothèque remplie de livres photos qui longe l’escalier. « Ça, c’est la rangée des livres scandinaves, là il y a les livres japonais. Les français sont là. Tiens, il manque un livre. » Quel bonheur de se retrouver avec un photographe qui transmet un tel enthousiasme ! Nous commençons l’enregistrement. Sa fille, qui rentre de l’école, se place dans l’escalier « pour capter le wifi » et aussi sûrement, pour écouter son père. Le chat familial, très craintif, fait des allers-retours à pas feutrés. Une heure de discussion captivante.


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Christophe Agou, Antoine Passerat, New York 1954.55 - William Klein, Stanley Greene, Roy DeCarava, Chaos - Josef Koudelka, Michael Ackerman, F93, Stéphane Sautour, Marc Boissonnade, Etienne Berthier (LEGOS), Simon Gascoin, Pierre René (association Moraine), Frédérique Gaillard, Eugène Trutat, Alexandre Schubnel, Loïc Labrousse, Thomas Ferrant.


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VISION #30 — NICOLA LO CALZO09 Mar 202200:58:08

« Nous sommes transfuges à notre classe de la même façon que les esclaves marrons l'étaient en échappant à l'esclavage et en devenant des hommes  et des femmes libres, c'est-à-dire que c'est pour  nous une nécessité absolue, et comme pour eux et pour elles, notre survie exige de contribuer  de toutes nos forces à la destruction de la classe et cela ne peut s'accomplir que par la destruction de l'hétérosexualité comme système social basé sur l'oppression et l'appropriation des femmes par les hommes... ». 


Le 30ème sous notre format Vision commence avec la lecture d’un extrait de La pensée Straight de Monica Wittig. Le ton est donné. J’ai rendez-vous dans le 12ème arrondissement avec Nicola Lo Calzo, « photographe, artiste queer et enseignant-chercheur », comme l’indique sa biographie. L’appartement de Nicola se situe dans l’un des derniers étages d’un grand immeuble, qui surplombe tout Paris. Une magnifique lumière douce entre dans la pièce du salon en cette matinée d’automne. Une odeur de café se propage. Comme tout Italien qui se respecte, Nicola fait lui aussi du très bon café. Des yeux vifs, un débit de parole très rapide. Il me présente tout d’abord ses différents livres, publiés principalement aux éditions Kehrer et André Frère. Ses propos m’intéressent et me captivent presque instantanément.  

  

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👀  Pour aller plus loin 


L’opaque éclat du passé de l’esclavage - Gaetano Ciarcia, Lucile Combreau, La Pensée Straight - Monique Wittig, Pier Paolo Pasolini, Édouard Glissant, James Baldwin, Afropea – Leonora Miano, Ivor Miller.


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VISION #29 — PATRICK WACK23 Feb 202200:58:04

Le podcast se lance sous fond de musique de propagande à la gloire de Mao Zedong. Patrick Wack, notre invité, nous décrit d’une voix calme et posée sa rencontre tout à fait singulière avec un pèlerin habillé en uniforme de garde rouge dans les montagnes du Tibet. Un ghetto-blaster autour du cou, il pose fièrement. On s’imagine nous aussi au milieu des montagnes, entendant cette mélodie et ce chant assonant. Fermons les yeux et plongeons-nous dans le décor. Nous vous souhaitons une très belle écoute.


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👀  Pour aller plus loin 


Eric Leleu, The Long River - Nadav Kander, Phantom Shanghai - Greg Girard, Chinese Interiors - Robert van der Hilst, Belt and Road Initiative, Pierre Vinclair.   


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VISION #28 — REBEKKA DEUBNER09 Feb 202200:52:43

« Dans mes photos, c’est un peu un temps de mousson : il fait très lourd, très humide. Il n’est pas nécessairement en train de pleuvoir, mais juste avant. C’est le Japon, l’été, 90 pourcent d’humidité dans l’air. Il fait moite, c’est un peu collant. La lumière et la température changent mais il y a quand même ce point commun. » C’est ainsi que Rebekka Deubner, mon invitée du jour, commence le podcast.  « Quel temps fait-il dans vos photographies ? » Cette question, c’est Fathia Djarir, en préparant l’entretien de SMITH, qui l’a posée pour la première fois. Depuis, j’aime bien l’incorporer dans certains podcasts, lorsque cela semble pertinent. J’ai devant moi une artiste sensible, encore jeune, et qui se pose beaucoup de questions. C’est aussi pour cela que l’exercice de l’entretien est intéressant. Mettre des mots sur son travail. On prône toujours la prise de recul. Et pourquoi pas l’inverse par moment ? L’artiste répond souvent à l’instinct, tout en conservant une fluidité déconcertante.     


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👀  Pour aller plus loin 


Un barrage contre le Pacifique - Marguerite Duras, Hiroshima mon amour - Alain Resnais, The Banquet - Nobuyoshi Araki, Neue Welt - Wolfgang Tillmans, Redheads - Joel Meyerowitz, Pluie noire - Shohei Imamura. 


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VISION #27 — LAURA HENNO26 Jan 202200:47:15

La première fois que je rencontre Laura Henno, c’est à l’occasion de la visite de presse de sa nouvelle exposition, fin 2021, intitulée Radical Devotion, à la galerie Nathalie Obadia. J’arrive l’un des premiers. Je suis directement frappé par ces tirages de diverses formes, certains sont très grands, d’autres sont assemblés comme des polyptiques. Et ces photographies, la plupart du temps mises en scène, dégagent une certaine tension, notamment par le regard souvent frontal des sujets. Le temps semble s’être arrêté. L’artiste expose ici sa série encore en cours sur Slab City, « la dernière ville libre des États-Unis ». 


Je m'interroge sur le titre. Une dévotion, c’est déjà un fort attachement et un geste radical. Pourquoi y ajouter ce qualificatif ? Et une dévotion à quoi ? À qui ? Une dévotion, c’est un moment d’amour inconditionnel, presque une transe. On se livre, on donne de sa personne, de son intimité. On aime aussi de manière sincère, on vénère parfois un dieu ou une figure, qu’elle soit religieuse ou non. Entre images fixes et en mouvement, Laura Henno s’attarde à montrer des personnes en lisière, à la marge, ou que l’on place à la marge. Des vies invisibles en somme. Des migrants comoriens, des adolescents fragiles, en passant par des mineurs isolés ou bien, plus récemment, par une communauté souvent « blessée », en autarcie. Ces sujets photographiés par l’artiste vouent une dévotion certes, mais à une certaine liberté. Au fait de vivre pleinement. Ou de vivre tout simplement.  


Pour aller plus loin 


Walker Evans, Robert Frank, Dorothea Lange, Diane Arbus, Stephen Shore, William Eggleston, Jeff Wall, Don DeLillo, Jim Harrison, Russel Banks, Toni Morrison, James Baldwin, Philip Roth, Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau, John Akomfrah, Francis Alÿs, Steve McQueen, Mohamed Bourouissa, Wang Bing, Roberto Minervini, Peter Watkins, Gianfranco Rosi, FSA  


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VISION #26 — CYRILLE WEINER12 Jan 202201:03:27

Une voix douce, posée, qui semble remplie de sagesse. Cyrille Weiner aime prendre son temps. Principalement quand il réalise ses différents projets depuis le début des années 2000, mais aussi dans ses propos, souvent mûrement réfléchis. J’enregistre ce podcast dans son studio, en proche banlieue parisienne. En arrivant, j’aperçois en premier lieu plusieurs éléments : quelques tables, des écrans calibrés, signe d’un travail précis, et des étagères remplies de livres très graphiques. Nous commençons l’enregistrement avec la description d’une photo tirée de Jour de fêtes, un projet qui interroge la porosité entre le décor et le paysage et qui projette le spectateur dans une atmosphère où la limite entre réalité et fiction est troublée. Un prologue intéressant pour comprendre son travail.  


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VISION #25 — BETTINA PITTALUGA01 Dec 202100:44:24

La porte s’ouvre : béquilles en main, une jambe plâtrée, déjà criblée de dessins ou de mots en tout genre. Bettina Pittaluga sort d’un petit accident mais les yeux sont pétillants et le sourire, bien présent. Dès les premières secondes, je peux deviner chez elle une spontanéité et une intégrité peu commune. La configuration est plutôt originale. Allongée sur son lit, la jambe en question posée sur un coussin, je me place à côté d’elle, sur une chaise de bureau. L’entretien prend l’apparence d’un début de séance chez le psy. Et si Vision(s) était en quelque sorte une thérapie pour certaines et certaines photographes que je rencontre ? Je me pose la question et je souris intérieurement. Je mets mon casque, fais un test son, et l’entretien commence.  


Musiques utilisées dans le podcast


Phone Call

Composée par Daniel Malet et Benjamin Benamou 


Nice Boat

Composée par Daniel Malet, Benjamin Benamou et Tony Lecorne 

Paroles de Sabrina Bellaouel, Benjamin Benamou et Daniel Malet 


Oh, We Can Fly !

Composée par Daniel Malet, Benjamin Benamou et Tony Lecorne 

Paroles de Benjamin Benamou 


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Pour aller plus loin 


Vincent Dessaily, Neïla Czermak Ichti, Lisa Signorini, Mathieu Rigouste, Diadié Diombana, Chez Francis, Diamantino Quintas, Pro Image Service, Boycott Magazine, Alexia Fiasco, Espace Angela Davis.


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VISION #24 — LEO D'ORIANO17 Nov 202100:57:05

Une voix assez grave, posée mais aussi quelques oscillations qui laissent transparaître une grande sensibilité et une émotivité assumée. Notre invité du jour, Léo d’Oriano, est un jeune photographe à l’approche documentaire, guidé par une démarche lente et nourrie par des pratiques multiples : portraits, paysages, photo de rue, qu’elle soit prise sur le vif ou mise en scène. C’est avant tout l’émotion et l’histoire racontée aux spectateurs qui le guident et qui le font appuyer sur le déclencheur. Nous avons le plaisir d’avoir passé une heure en sa compagnie pour ce podcast enregistré dans le 11ème arrondissement. 


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Pour aller plus loin 


Les vilains petits canards de Boris Cyrulnik, Family de Masahisa Fukase, Ray & Liz de Richard Billingham, Les dernières retrouvailles de Minju Song  


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EPISODE #12 - Comment se porte le livre photo ?10 Nov 202100:45:27

Aujourd’hui, nous traitons d’un sujet qui nous tient à cœur et qui nous a été aussi beaucoup demandé depuis la création du podcast : parler du livre photo et de­ la situation du monde de l’édition photographique. Pour échanger à ce propos, nous sommes très contents de recevoir Marianne Théry des éditionsTextuel, un grand nom parmi les maisons d’édition dits de “beaux-livres” et le duo Matthieu Charon et Rémi Faucheux de RVB Books, une maison d’édition indépendante consacrée à la conception et à la réalisation de livres d’artiste. 


Depuis près d’un demi-siècle, cette édition française contribue à l’émergence des auteurs et à la reconnaissance de leurs propositions photographiques. Le livre photo, c’est clairement la consécration pour beaucoup de photographes. Cette photographie, on la regarde aujourd’hui souvent sur un écran et elle défile sous nos yeux, parfois très rapidement. Avec le livre photo, devenue objet, elle se matérialise sous forme de récit, de séquence et est accompagné par une vision singulière et une esthétique graphique. C’est finalement un moyen d’expression essentiel pour chaque photographe et artiste. 


Il y a quelques années, Éric Karsenty, du magazine Fisheye, signait un article très intéressant dans lequel il évoquait une « offre pléthorique dans une économie en crise ». De plus en plus de livres photo mais de moins en moins de librairies. Un marché de niche, des livres qui coûtent cher à produire, sans oublier bien sûr l’émergence de l’auto-édition.  La situation a-t-elle changé aujourd’hui ?  


Dans ce podcast, nous échangeons avec nos invités de la situation du livre photo lors de la création de leurs maisons d’édition respectives (1994 pour Textuel et 2011 pour RVB Books). Marianne Théry, Matthieu Charon et Rémi Faucheux nous parlent également de leur ligne éditoriale. Chez Textuel, on publie de grands noms de la photographie, comme Harry Gruyaert ou Joël Meyerowitz, pour ne citer qu’eux, mais aussi des photographes plus jeunes, qui ont aussi une pratique pluridisciplinaire, par exemple, SMITH, exposée l’été dernier aux Rencontres d’Arles, ou bien Alex Prager, photographe américaine de la mise en scène, aux photos « hyperréalistes ». Chez RVB Books, les livres photo, très graphiques, deviennent des objets uniques. On pense notamment au livre d’Alexandre Guirkinger, La Ligne, dont on a parlé avec beaucoup de plaisir récemment dans Vision(s). 


Nous évoquons notamment d’autres initiatives, par exemple celle de France Photo Book, qui veut valoriser et défendre auprès des professionnels, amateurs et collectionneurs de livres, la diversité et la spécificité française en matière d’édition photo. Quant est-il de l’auto-édition, des salons du livre photo indépendant comme Polycopies ou off-print ? Nos trois invités donnent leurs avis. Pour finir, Marianne, Matthieu et Rémi nous parlent de certains livres singuliers, qui les ont frappés et dont ils ont du mal à se détacher…. Nous vous souhaitons une excellente écoute !   


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Pour aller plus loin 


Sur la piste de Big Foot - Guy Le Querrec, Thomas Mailaender , Grégoire Pujade-Lauraine, Marina Gadonneix, Noémie Goudal, Karma - Oscar Monzon, Michel Poivert, SMITH, Une histoire mondiale des femmes photographes, Agnes Dahan / Raphaëlle Picquet, La ligne - Alexandre Guirkenger, Printed In Germany - Christopher Williams, New York 1954-55 - William Klein.


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[EN] VISION #23 — CHRISTOPHER ANDERSON26 Oct 202100:56:30

L’idée de faire un podcast en anglais nous traversait l’esprit depuis longtemps. Sauf cas particulier (l’enregistrement à distance du podcast d’Arnaud Montagard, un photographe français basé à New-York), nous avions pour le moment toujours privilégié un enregistrement « physique », d’humain à humain, notamment pour la qualité du son et la richesse de la rencontre. Lors de différents sondages sur Instagram, plusieur s personnes nous ont soufflé le nom de Christopher Anderson. Et nous avons eu la bonne surprise de découvrir qu’il habitait à Paris, avec sa femme Marion et ses enfants. L’occasion était rêvée et nous l’avons saisie, tout simplement. Nous vous souhaitons de prendre un plaisir équivalent à celui-que nous avons eu en le réalisant. Bonne écoute !  


N.B. Nous avons gardé le podcast en version originale (en anglais donc). Pour les Français qui ne parlent pas du tout anglais et qui voudraient suivre le podcast, nous avons traduit le podcast à l’écrit grâce à l’aide précieuse d’Emma et de Coline, deux auditrices que nous remercions vivement.  

Voici cette traduction : http://urlr.me/NkYjr   

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Michael Finkel, Magnum Photos, Bill Callahan, Chuck Close, Garry Winogrand, Approximate Joy, publié par Stanley / Barker, Cop, publié pa Stanley / Barker, Son,  publié par Stanley / Barker, Pia,  publié par Stanley / Barker, Capitolio, publié par Images En Manoeuvres Editions.

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VISION #63 — CÉLINE CLANET | Une photographie documentaire immersive29 May 202400:53:09

Je tombe sur le travail de Céline Clanet l’été dernier, à Arles. Dans l’une des nombreuses librairies des Rencontres, le gros livre de sa série Ground Noise, présentée en même temps à Croisière, attire tout de suite mon attention. Avec sa couverture soignée et étrange, son titre énigmatique appelle à une émotion synesthésique, l’idée évocatrice d’un son pour décrire ses photos. Difficile de résister à la tentation d’ouvrir le livre, puis de courir voir l’exposition. Devant les images, je me sens transporté dans un univers à la fois fascinant et dérangeant, où les registres microscopiques et cosmiques se rejoignent dans un noir et blanc intense qui scelle des sensations secrètes, presque mystiques.


Intrigué par une telle approche où le documentaire, l’expérimental et le poétique cohabitent, je commence à m’intéresser à ses autres projets. Je découvre ainsi ses longues années d’immersion en Laponie et la rencontre avec le peuple Sámi (Máze, Kola, Pasvik). Puis, ses travaux de commande, toujours sur le fil d’une recherche personnelle et d’une exploration du lointain, du secret, du caché, ou de l’inconnu (Accès réservé, Les Chapieux…). Enfin, Les îlots farouches, le projet avec lequel Céline participe à la grande commande nationale du ministère de la Culture et de la BnF, Radioscopie de la France, qui affirme une fois de plus son intérêt pour des sujets et des histoires liées à la nature, avec une sensibilité véritablement écologique, presque militante.


Céline Clanet reviendra dans cet épisode de Vision(s) sur l’ensemble de son parcours, de ses recherches et ses explorations, sur les raisons profondes de ses choix, sur ses intuitions, ses questionnements, ses doutes… Porté par sa voix douce et ferme, nous découvrons une photographe généreuse et bienveillante, dotée d’une extrême lucidité sur le métier de photographe et d’une grande maturité intellectuelle, qui ne cesse de s’interroger sur les méthodes et le sens même de sa démarche.


Dans le texte qui accompagne le livre de sa série Kola, la photographe écrit s’être immergée dans l’histoire et le paysage qu’elle souhaitait raconter « comme on enfonce un pied dans une neige dont l’épaisseur reste inconnue ». En effet, cette formule est très évocatrice de la conception qu’a l’artiste de la photographie en général : une photographie comme une aventure, fondée avant tout sur le sentiment d’excitation et sur le plaisir tout personnel de la découverte. Pour elle, cela semble être un moyen de vivre des expériences uniques, un prétexte pour explorer des espaces singuliers, trouver des refuges silencieux dans le chaos du monde et étancher une certaine soif d’absolu. Et en même temps une idée de la photographie qui contient aussi toute la dimension du risque : quand le pied va-t-il toucher le sol sous la neige, et que va-t-il trouver au fond ? Le dialogue avec Céline Clanet est une occasion pour se confronter à ce vertige.


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VISION #22 — MARIE QUEAU20 Oct 202100:37:41

Une petite voix enjouée mais convaincante, au débit rapide et saccadé, le tout accompagné par la musique électronique du compositeur et musicien December. Dès le début du podcast, la description d’une première image nous plonge instantanément dans un univers étrange et « différent ». On préfère vous prévenir, pour écouter ce passionnant Vision #22, il faudra garder l’esprit alerte. Les pensées de l’artiste-photographe Marie Queau sont rapides et fluctuantes, elles fourmillent pour notre plus grand plaisir ! 


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Pour aller plus loin 


Gabriel Orozco, Lewis Baltz, Sur le globe d’argent de Andrzej Zulawski, July 15th, 4am de December, CNES, Area Books, Amélie Lucas-Gary, Loose Joints, Entorse Magazine, Benjamin Schmuck


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VISION #21 — JULIEN MAGRE06 Oct 202100:41:42

Depuis plus de 20 ans, Julien Magre photographie sa famille, sa femme, ses enfants et quelques paysages. Se considérant comme spectateur de sa propre vie, il choisit avec une grande sensibilité des fragments d’intimité, des « entre-moments » où se mêlent joie, tristesse et mélancolie. La préparation de ce podcast a été marquée par la complexité des images, qui ont souvent plusieurs niveaux de lecture, et par les nombreux  projets et livres de Julien. Nous sommes ainsi très heureux d’enregistrer et de partager un moment de près d’une heure avec lui à l’occasion de ce 21ème Vision.


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VISION #20 — ALINE DESCHAMPS22 Sep 202100:38:36

Une voix douce, un grand sourire et des histoires touchantes à nous raconter. Pour ce 20ème Vision, c’est au tour d’Aline Deschamps, photographe franco-thaïlandaise basée à Beyrouth, de passer derrière notre micro. De passage à Paris, nous avons eu le plaisir de la rencontre et d'évoquer son travail documentaire et artistique subtil et riche. Une belle découverte.

  

Après un diplôme de master en relations internationales à la Sorbonne et en arts médiatiques numériques, elle décide de fuir une vie trop bureaucratique et de finalement se consacrer à la photographie. Elle-même dotée d’une double-nationalité, le travail d’Aline Deschamps s'oriente tout naturellement vers des questions d’identité telles que la migration, l’héritage culturel ou même le genre…

  

Dans ce podcast, nous parlons notamment de deux projets principaux et récents de la photographe. Le premier, I Am Not Your Animal, dépeint le quotidien de travailleuses domestiques, originaires de Sierra Leone et immigrées à Beyrouth. Pour ce projet, Aline Deschamps a mis en lumière ces femmes et les a photographiées dans leur intimité et dans deux lieux bien précis : leur appartement et Ramlet El Bayda, la seule plage publique de la ville. Comme elle nous l’explique dans l’entretien, le titre de la série découle des discussions approfondies que la photographe a eues avec ce groupe de femmes, dont la plupart ont pu échapper à des ménages abusifs et avaient été victimes de trafic d’êtres humains. Une phrase revenait sans cesse : « Ils ne m'ont pas traitée comme un être humain, ils m'ont traitée comme un animal ».

  

Nous évoquons également une série plus récente : Out of Blood and Concrete. Le 4 août 2020, une explosion à Beyrouth a décimé le quartier de Karantina, à l'est du port de la capitale libanaise. Aujourd'hui, ses habitants sont démunis. Beaucoup ont perdu des êtres chers, ont été blessés ou ont vu leur maison détruite. Entre détails, portraits et paysages, Aline Deschamps a décidé de documenter cet écosystème éphémère où se croisent bénévoles, ouvriers du bâtiment et habitants du quartier. La série a également pris la forme d’un reportage publié dans Libération.


Enfin, plusieurs sujets liés à la photographie sont également abordés dans ce 20ème Vision : son processus créatif, son rapport au noir et blanc et à la couleur ainsi qu’aux mélanges des techniques et des médiums (flash, réalité virtuelle, texte). Il est évoqué aussi son rapport au temps, à l’esthétique et les liens entre musique et image. Un podcast passionnant que l’on vous laisse découvrir. Bonne écoute !


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Randa Mirza - Beirutopia, Clément Cogitore - Branguino, Evangelia Kranioti, Bertrand Mandico, Jean-Paul Sartre - L’existentialisme est un humanisme, Alex Webb, Nanna Heitmann, Neha Hirve, Elliot Verdier, Emeric Lhuisset, Thewanthdean - Bye and Bye, Ibrahim Maalouf - Maeva in Wonderland, Simrah Farruk, Jameela Elfaki

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VISION #19 — THOMAS PAQUET15 Sep 202100:35:58

Depuis la création de Vision(s) en 2019, nous avons eu comme invité(e)s un grand nombre de photographes-artistes avec des approches qui parfois s’opposent, s’entremêlent ou résonnent les unes par rapport aux autres : du photoreportage, qui répond souvent à un temps court, à une photographie plus documentaire ou bien plasticienne, au temps plus long ou bien même des photographes jouant avec plusieurs mediums et techniques…  

  

Vision(s) n’est en tout cas pas le podcast d’UN genre photographique, mais d’une pluralité d’approches et de regards. Nous espérons vous partager des informations ou des propos intéressants et stimulants, peu importe le format, peu importe l’invité.e, et peu importe le sujet. Connaissant ce monde de l’image, nous nous refusons de toujours mettre les photographes dans une case, nous croyons plutôt au propos et à la sensibilité de chacun et de chacune. Nous continuerons ainsi notre chemin ensemble pour cette saison 3. Place au podcast.  


Nous sommes très heureux de débuter cette nouvelle saison de Vision(s) avec Thomas Paquet, artiste franco-canadien "photo-sensible", dont le travail photographique tend à dépasser une représentation ou un enregistrement du réel, ce que mettait en avant Roland Barthes dans un contexte et à une époque différente. L’artiste, quant à lui, manipule les illusions, brouille les frontières entre science et poésie, matérialité et abstraction, objectivité et subjectivité… 

  

Loin de certaines pratiques photographiques, Thomas Paquet aime prendre son temps. Sa pratique en elle-même, en demande beaucoup. L’artiste joue avec des poses longues, voire très longues. Il se tient éloigné de cette surabondance d’informations et d’images que l’on retrouve à l’ère du numérique et des réseaux sociaux. À son rythme, dans son espace d’expérimentation à Néons-sur-Creuse, Thomas explore la matière photographique. 

  

Son travail s’articule autour de protocoles, jouant de plusieurs techniques « alternatives » ou anciennes : polaroid, collodion humide, cyanotype, sténopé mais aussi l’argentique ou même des tirages à la gomme bichromatée. Ces techniques, Thomas se les réapproprient et, comme il l’explique dans le podcast, cela tient parfois du miracle. Pour donner un exemple : en exposant une journée entière (en plein soleil d’été) dans une boîte du papier noir et blanc, celui-ci se transforme et se révèle « coloré ». 

  

Dans ce podcast, nous parlons avec Thomas Paquet de plusieurs sujets : de ses différentes séries, notamment Horizons, L’ombre des heures ou même Et pendant ce temps le soleil tourne, de son livre Horizons, de ses différentes expositions, de sa quête pour toujours aller au-delà des possibilités et des limites du document photographique. Nous vous laissons plonger dans l’univers de cet artiste surprenant. Bonne écoute !  


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Nicolas de Staël, Pierre Soulages, Zao Wou-Ki, Mark Rothko, Carl André, Richard Serra, James Turrell, Pierre Cordier (chimigramme), Garry Fabian Miller, Berenice Abbott, Albert Camus, Gaston Bachelard, Jim Harrison, Henry David Thoreau, Thierry Bigaignon, Diamantino Quintas.


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VISION #18 — EDOUARD TAUFENBACH & BASTIEN POURTOUT25 Aug 202100:38:56

Chaque vision est singulière, porteuse de sens et de changement. Le but de ce format est de rassembler de nombreux artistes et que chacun nous délivre sa vision et son expérience de la photographie. 


Fusionnel, c’est le mot pour qualifier le duo Édouard Taufenbach et Bastien Pourtout. Les deux artistes visuels travaillent en étroite collaboration depuis 2018 et créent depuis des projets dont la construction et l’agencement se réalisent par le biais de jeux, de répétitions, d’accumulations, tout en suivant certains protocoles bien précis. Après Elsa & Johanna, nous sommes donc très ravis, pour ce 18ème podcast sous un format Vision, d’accueillir à nouveau des artistes travaillant en tandem.   

  

En 2020, Edouard Taufenbach et Bastien Pourtout sont lauréats, avec le compositeur Régis Campo, du Prix Swiss Life à 4 mains pour le projet Le Bleu du ciel. En plein
confinement, le duo de photographes a la chance de partir en résidence à la Villa Médicis, à Rome, pour capter le vol des hirondelles. Une expérimentation commune qui se déploiera aussi au croisement des médiums photographique et musical, avec Régis Campo, pour qui les notes se transforment en oiseaux. Ce projet est ensuite exposé au Musée La Piscine de Roubaix, au salon photographique Approche de Paris, dans diverses galeries dont la galerie parisienne Thierry Bigaignon et la galerie La Belle Étoile lors des Rencontres d’Arles, puis à Arrêt sur l’image galerie, à Bordeaux. Fruit de leur riche collaboration, un livre a été publié aux éditions Filigranes, dans lequel les photographies sont présentées sous la forme d’un leporello (un livre accordéon) et peuvent être regardées en écoutant la musique aérienne de Régis Campo.  

  

Le Bleu du Ciel est une série autour du mouvement des hirondelles et des couleurs du ciel et est l’histoire d’un voyage. Il part d’un souvenir d’enfance, de la musique de ces oiseaux dans le ciel et de leur rassemblement sur les fils électriques avant leur grand départ pour l’Afrique, annonçant la fin de l’été.  

  

Dans ce podcast, dont l’habillage sonore est signé en grande partie par Régis Campo, que nous remercions grandement, le duo de photographes nous parle notamment de leurs nombreuses références, de leur vision du travail collaboratif, de leur rapport aux
spectateurs et du lien étroit entre leur pratique et la musique. Nous espérons que ce podcast vous plaira. Bonne écoute !  


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L'empire des lumières de René Magritte, Citizen Kane d'Orson Welles, Michel Journiac, ORLAN, Pierre Molinier , Georges Perec, Éric Rohmer, Arnaud Desplechin, Régis Campo, Olivier Messiaen et les oiseaux, Gérard Grisey, Pierre et Gilles, Gilbert et George, Gina Pane.


Musiques de Régis Campo utilisées pendant le podcast  


Régis Campo - Become A Bird
Régis Campo - Rondini, addio al maestro (dedicated to Ennio Morricone)
Régis Campo - Àst (a pop song dedicated to Björk
Régis Campo - The Light 


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