Explore every episode of the podcast Une psychanalyse à fleur d'inconscient
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| Au 5 rue de Lille, Jacques Lacan, psychanalyste ( Podacast n° 65) | 18 Sep 2026 | 00:10:19 | |
Au 5 rue de Lille, c’est là que Jacques Lacan exerçait son métier de psychanalyste. Selon la tradition, tragediante et comediante, ces deux termes avaient été attribués à Napoléon par sa mère, Laetitia Bonaparte. Mais ils ne sont pas malvenus à l’égard de Lacan, quand dans l’analyse, il mettait en scène le transfert de ses analysants. Homme de théâtre, Lacan l’était incontestablement. Il jouait le plus souvent à guichet fermé, pour un seul spectateur, son analysant. Il arrivait cependant qu’en ce lieu, les autres analysants présents à ce moment-là y jouaient le rôle de figurants, mais sans savoir exactement dans quelle pièce ils jouaient, quel en était, sinon pour eux-mêmes, le scénario. Cette façon dont Lacan se glissait dans les personnages de l’histoire familiale de chaque analysant m’a fait penser à ce qu'il décrivait dans ses premiers écrits, à propos des Imagos, termes qu’il avait empruntés surtout à Mélanie Klein et un peu aussi à Freud. Cette approche des Imagos c’est ce qui lui a permis je pense de poser les premiers linéaments de sa logique du signifiant. Il les évoque dans “L’au-delà du principe de réalité” qui fait écho à l”au-delà du principe de plaisir de Freud. Cet au-delà est pour Lacan ce monde des Imagos, ce monde que par sa présence réelle, il tente de réveiller, souvenirs du passé qu’il réanime de par ce que les analystes nomment souvent maniement du transfert. Il y est donc, avant tout, question de technique analytique et d’une qualité de l’analyste peu souvent évoquée celle du tact. Ces imagos sont en somme les traces mnésiques inconscientes des objets oedipiens que par la magie du transfert L’analyse réanime en quelque sorte, leur redonne vie. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Mon premier rendez-vous avec le psychanalyste Jacques Lacan ( Podcast n° 65) | 27 Aug 2026 | 00:09:59 | |
je crois qu’avec mes précédents podcasts, j’ai essayé de gagner un peu de temps avant de vous raconter mes souvenirs concernant cette première séance de psychanalyse avec Jacques Lacan. Je vais donc entrer, cette fois-ci, dans le vif du sujet. La veille j’avais appelé pour avoir ce rendez-vous . L’échange avait été très court. de ma part ce fut “ J’ai besoin de vous voir”, de la sienne “ “Venez demain, six heures un quart". Le lendemain en arrivant tout intimidée, au 5 rue de Lille, une surprise m’attendait. Je pense être restée quelques instants dans la salle d’attente, puis, m’’invitant à le suivre, Lacan s’est mis à effectuer quelques pas, comme une danse très lente, dans le sas qui séparait son bureau de la salle d’attente. Il écartait en partie les bras comme pour se faire admirer. Cel fut donc sa toute première interprétation. Il mettait en acte ce signifiant que j’avais ainsi prononcé “ J’ai besoin de vous voir”. Une fois entré dans son bureau, il m'a écouté avec beaucoup d’attention, en silence, puis il m’a, je dirais “ cérémonieusement”, raccompagnée jusqu’à la porte d’entrée, en m’aidant même à remettre mon manteau. En préparant ce podcast, à propos donc de cette toute première interprétation de Lacan, j’ai pensé à une phrase que disait volontiers ma mère quand elle n’était pas très convaincue de ce qu’on lui racontait “ je suis comme Saint Thomas, je ne crois qu’à ce que je vois”. En repensant à cette expression, j’ai eu la curiosité et aussi le plaisir de relire ce qui est écrit de la vie de Saint Thomas dans la Bible.Lorsque les disciples lui avaient annoncé la résurrection du Christ, trois jours après avoir été mis au tombeau, Thomas avait demandé à le voir, en chair et en os, pour pouvoir le croire. Il est appelé Saint Thomas le douteur. il est en somme le grand patron des névrosés obsessionnels. Ceci apporte en quelque sorte la preuve que les interprétations de l’analyste peuvent être actives, efficaces des années après ! Dans un prochain podcast je vous décrirais peut-être davantage les talents de comédien de Lacan quand il mettait en scène le transfert de ses analysants. Comment osait-il faire tout ce cinéma sans craindre d’être ridicule ! Il avait dit un jour “ Regardez-moi, je suis un clown ! Il avait ajouté aussi “ mais ne m’imitez-pas ! “ Pourquoi donnait-il ce conseil de ne pas l’imiter? J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) J'ai commencé aussi à mettre tous mes podcasts sur la Chaîne Youtube. Ils ne sont pas encore devenus célèbres ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Incipit. Ici commence la psychanalyse ( Podcast n°64) | 03 Jul 2026 | 00:08:16 | |
Je ne sais pas trop comment évoquer l'importance qu'a eu pour moi, cette rencontre avec le psychanalyste Jacques Lacan, Peut-être que l'approche littéraire en sera plus aisée si on se réfère aux toutes premières phrases qui commencent un livre et qui décident ou non le lecteur à poursuivre sa lecture. Ce sont des Incipit. Sur les manuscrits du moyen-âge était le plus souvent écrit « ici commence le livre ». Ici avait commencé, pour moi, la psychanalyse. Peut-être, mis au regard de ces incipit littéraires, ne s'interroge-t-on pas assez sur les premiers mots, les premières phrases que chacun choisit pour s'adresser à celui qui va devenir son psychanalyste. Mais avant de les évoquer je dois d'abord raconter ce qu'il en a été de ma rencontre avec la psychanalyse avant de préciser en quelles circonstances j'ai décidé de téléphoner au 5 rue de Lille pour avoir rendez-vous avec ce célèbre psychanalyste Jacques Lacan . Dans ces années 1970, peu après les événements de mai 68 nous avons participé, mon mari et moi, aux grands mouvements de libération des femmes avec la lutte pour le droit à la contraception et à l'avortement non seulement avec le MLF mais également avec un groupe d'extrême gauche qui s'appelait Secours rouge. A l'époque je n'avais rien lu de Freud et encore moins de Lacan mais je mettais en acte avec beaucoup d'enthousiasme et de conviction toutes les composantes du complexe de castration féminin, telles que Freud les a décrites, dans mes activités politiques. C'est donc dans ce contexte que j'ai un jour appelé au 5 rue de Lille pour pouvoir rencontrer Lacan et commencer avec lui une psychanalyse. Lacan était déjà un psychanalyste très connu dans le monde intellectuel français,. Dans mon désir de faire une analyse avec lui, il y avait une dimension de défi. J'ignorais quelle serait sa réponse. Je vous dirais dans mon prochain podcast ce qu'il advint de ce premier rendez-vous. Il s'est en effet avéré pour moi bien surprenant : Lacan y avait en effet risqué, d’entrée de jeu, dès les premières minutes, une interprétation. J’en étais restée interloquée ( j’aime bien ce mot. il est riche de sens). J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Comment choisit-on son psychanalyste ? (Podcast n° 63) | 08 May 2026 | 00:11:22 | |
Sous le signe du petit bonheur la chance, comment l'analysant choisit-il son psychanalyste ? Le choix du psychanalyste avec lequel on souhaite entreprendre une psychanalyse semble en effet soumis la plupart du temps au hasard, au hasard des rencontres, cependant ce choix est non seulement prédéterminé mais surdéterminé comme tout symptôme. Comme on dit “c'était écrit”” mais en un lieu de Réel que Freud a nommé l’inconscient . C’est là que se trouvent inscrites les lettres, les marques de son nom propre. Donc pour découvrir comment on choisit son psychanalyste, il convient tout d’abord d’évoquer l’importance du nom propre du sujet dans toute analyse. Elle à d’ailleurs été soulignée par Lacan, il indiquait en effet ceci “ vous savez, comme analystes, l’importance qu’à dans toute analyse le nom propre du sujet. Vous devez toujours faire attention à comment s’appelle votre patient.” Qu’est-ce qu’un nom propre ? C’est donc la question que se pose Lacan à partir de la clinique analytique. Je cite Lacan : “il ne peut y avoir de définition du nom propre que dans la mesure où nous nous apercevons du rapport de l’émission nommante avec quelque chose qui dans sa nature radicale est de l’ordre de la lettre. Pour appuyer sa définition, il donne l’exemple des deux noms propres, Cléopâtre et Ptolémée, qui ont permis de déchiffrer, à partir des lettres grecques et coptes connues, les hiéroglyphes de la pierre de Rosette. A partir de leur nom propre, les analystes peuvent-ils déchiffrer les pierres de Rosette de leurs analysants, déchiffrer les lettres de leur désir, celles qui se sont inscrites au lieu de l’Autre, celui de l’inconscient ? Pour étayer mon propos sur cette question du nom propre et son importance dans le déchiffrage des symptômes et même de toutes les formations de l’inconscient, y compris celles de la psychopathologie de la vie quotidienne, j’évoquerai, un exemple clinique qui m’appartient, pour décrire comment, entre beaucoup d’autres choses, le nom propre du sujet intervient, sans qu’il n’en sache rien, dans le choix du psychanalyste avec qui il espère faire une psychanalyse. Il semble bien en effet qu’il doit exister entre l’analysant et l’analyste ce que j'appellerai une sorte “accointance" ou de connivence de lettres entre leurs noms propres. J’utilise ce petit assemblage de lettres dans ce podcast :
J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| La renommée d'Emile Zola ( podcast n° 62) | 19 Mar 2026 | 00:09:26 | |
Se demandant par quels mécanismes les poètes et les romanciers arrivent à nous intéresser, à nous toucher, par leurs œuvres, Freud compare leurs inventions littéraires tout d’abord aux jeux des enfants, puis aux fantaisies ou aux rêveries diurnes des adultes en proie aux insatisfactions de leur vie réelle. Ces fantaisies sont toujours des rêves de gloire associés à des rêves érotiques puisque tous les exploits du sujet sont toujours en fait dédiés à une Dame. Le poète ou le romancier est celui qui sait mettre en mots ses fantaisies et c’est en s’identifiant à ses héros, que le lecteur partage toutes leurs épreuves et leurs triomphes. Cet auteur devient célèbre, il est reconnu. Il a, comme on dit, un nom, voire un grand nom. Tout comme James Joyce voulait se faire un nom, un nom dont les universitaires s’occuperaient pendant trois cents ans, Emile Zola comptait “lancer son nom à la face de tous ceux qui l’avaient méprisé, en choisissant pour dieux, l’orgueil et le mépris, surtout en faisant mordre ses ennemis par le serpent de l’envie ». C’est tout au moins ce qu’il écrivait à Paul Cézanne, l’année de ses vingt ans. Mais ne peut-on pas dire que Zola avait aussi trouvé, indépendamment de son oeuvre littéraire, son heure de gloire dans la réalité et d’une façon inattendue, un peu en marge de ses talents de romancier, lorsque fort courageusement il s’est risqué à prendre parti dans l’affaire Dreyfus, avec son célèbre « J’accuse ». N’a-t-il pas eu ainsi l’occasion de mettre en acte et en scène ce dont il témoignait l’année de ses vingt ans, celui de jeter à la face du monde ce nom, son nom, Emile Zola. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| L'hystérie de Gustave Flaubert, dans sa vie et dans son oeuvre ( Podcast n 61) | 29 Jan 2026 | 00:11:24 | |
Gustave Flaubert, l’un de nos grands écrivains français pourrait être étudié aussi comme un très beau cas d’hystérie masculine, aussi beau que celui de Dostoïevski. Vous savez peut-être qu’en son temps, Freud avait écrit un magnifique essai ayant pour titre Dostoïevski et le parricide. Il y analysait cliniquement ce qu’il appelait son hystéro-épilepsie, un forme grave d’hystérie qui prenaient la forme de crises d”épilepsie. Selon lui, elles n'étaient pas d’origine organique mais manifestations de sa névrose hystérique. Pour Freud, ces attaques de mort signifient qu’on a souhaité la mort de quelqu’un et que maintenant on est ce mort. Que selon la théorie analytique cet autre est le père et qu’ainsi l’attaque hystérique est une punition pour ce souhait de mort du père haï”. Gustave Flaubert dans sa correspondance avait lui même décrit ces premières attaques de mort, Il a transcrit, tout comme Dostoiveski, dans ses œuvres aussi les traces de sa névrose et notamment dans l’un de ses trois contes, “La légende de Saint Julien l’hospitalier”. Écrit dans une très belle langue, très riche, comme un beau conte médiéval, on peut dire que cette légende a été pour lui en somme la chanson de geste de sa névrose. Ce conte de Flaubert peut être mis au rang des grandes oeuvres qui célèbrent ce désir de la mort du père et des effets qu’il a sur le sujet. De nombreuses analyses, surtout littéraires, de ce conte ont été faites. Quelques interprétations analytiques ont également été tentées. On peut remarquer que Gustave Flaubert était appelé “l’Ermite de Croisset” et tout comme Saint Julien, il demeurait au bord d’un fleuve, en bord de Seine. Pourtant à la différence de Julien, il n’avait pas consacré sa vie à Dieu mais à la littérature. Il a ainsi assumé la paternité et la célébrité de ses œuvres mais surtout dans cette légende de Saint Julien, il a pu décrire la magnifique transmutation de la haine en amour qu’exige de nous notre civilisation et qui ennoblit notre parcours d’être humain. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| La parole du père, celle de Jacob Freud ( Podcast n°60) | 08 Dec 2025 | 00:08:24 | |
Parmi tous les rêves que Freud nous a confiés dans L'interprétation des rêves, il y en a un qui me paraît mériter particulièrement notre attention, Il a d’ailleurs été souvent repris dans le fil de son ouvrage. C’est le rêve dit du comte de Thun. Il est en quelque sorte la source, l’assise même non seulement de ce travail de déchiffrage du rêve mais aussi de toute l'œuvre freudienne. On y trouve en effet rapporté, à cette occasion, une parole du père qui pour Freud a dû décider de toute sa destinée d’homme et d'inventeur de la psychanalyse. Je ne peux tirer de ce rêve que quelques fils qui pourront servir à ma démonstration. Freud se montre dans ce rêve d’humeur belliqueuse. La veille, à la gare, partant en vacances, il rencontre le Comte de Thun. Toute une série d’associations surgissent à propos de ceux qui sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche. Il chantonne même un air des noces de Figaro : « s’il veut la danse, Monsieur le Comte, ce sera moi… », C’est ainsi que Freud se met à la place de Figaro qui espère se venger du Comte Almaviva qui convoite sa fiancée Suzanne. C’est un rêve de lutte des classes. Mais l’essentiel est quand même que dans le fil de ce rêve, Freud nous raconte un souvenir d’enfance où, alors âgé 7 ou huit ans, il avait uriné dans la chambre de ses parents et en leur présence. Son père, Jacob Freud, en ces circonstances, avait alors prononcé ces paroles fatidiques “ on ne fera rien de ce garçon”. Freud nous dit que ce rêve du Comte de Thun est un typique rêve d’ambition urétrale ainsi qu’un rêve de vengeance à l’égard du père : dans le texte du rêve, « il voit, de façon plastique, son père, infirme qui urine devant lui. Une inversion donc de cette scène d’enfance humiliante. Mais ce n’est que dans un autre chapitre qu’il consacre à l’absurdité dans les rêves et qu’il associe toujours d’ailleurs aux rêves de mort de personnes chères, qu’il nous en donnera son interprétation avec une série d’équivoques signifiantes qui malheureusement ne peuvent être qu’en grande partie, perdues en français. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Idées de suicide dans la névrose obsessionnelle et dans l'hystérie ( Podcast n°59) | 08 Nov 2025 | 00:10:36 | |
Je ne suis pas sûre que de nos jours, beaucoup d’analystes et d'analysants se plongent encore dans les textes de Freud et notamment dans celui de ces cinq psychanalyses. Je souhaiterais vous donner envie de les lire et de les relire comme étant de beaux exemples de ce qu’est la clinique analytique à sa source. Ainsi parmi ces cinq psychanalyses, dans celle de l'Homme aux rats, Freud décrit «quelques obsessions et leurs explications » (p 220) Donc en plus de la description et du déchiffrage de sa grande obsession des rats, obsession selon laquelle, son père et sa dame seraient condamnés au supplice des rats, supplice chinois au cours de lequel on introduisait de force un rat affamé dans l’anus du supplicié, Il en décrit deux autres à titre d’exemple, sous le terme de « compulsion au suicide ». Dans les deux exemples que Freud nous donne il s'agit toujours d'une implication logique qui a cette structure : « Si .... Alors…. “ Freud écrit « si différente que puisse paraître cette compulsion de la précédente, l'ordre direct de se suicider,elles ont un trait important commun : leur genèse en tant que réaction à une rage extrêmement soustraite au conscient, rage dirigée contre la personne qui trouble l'amour.” Comment ces idées de suicide prennent-elles forme dans la névrose hystérique ? Freud nous l’indique, pour avoir éprouvé de tels désirs de mort, il se produit une identification à ce mort. Et cette fois-ci on peut se référer à la première des cinq psychanalyses, celle de Dora. Est-ce que la même forme de l'implication logique appliquée aux obsessions peut rendre compte de ce mode hystérique selon lequel se manifeste le désir de suicide ? En bref, j'aimerais bien trouver la petite formule qui correspondrait à l'hystérie. Parmi les lettres que Freud envoyait à Fliess, on trouve quelques élaborations théoriques qui figuraient sous le titre de manuscrits. Dans l’un d’entre eux le manuscrit le bien nommé manuscrit N, il nous donne un autre exemple du mode de rapport au suicide, par identification hystérique au désir de l’Autre, c’est celui de Goethe tel qu’il le retranscrit dans son roman, “Les souffrances du jeune Werther”. Dans ce roman aussi bien que dans sa biographie “Poésie et Vérité”, Goethe s’était en effet identifié à l’un de ses proches, prénommé Jérusalem, et qui avait attenté à ces jours, après avoir été fermement éconduit par le mari de la femme qu’il aimait. Gide s’était plaint que, dans ce roman de Goethe, Werther n’en finissait pas de mourir et il est vrai qu’il ne nous épargne rien de ses intolérables souffrances, mais si ce roman a eu malgré tout tellement de succès auprès de ses contemporains, c’est peut-être lié au fait que Goethe y exprimait dans son oeuvre son désir de tuer l’autre au travers de lui-même. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| La père-version ou version vers le père (Podcast n° 58) | 22 Sep 2025 | 00:12:24 | |
Comment le père intervient-il pour que la primitive relation à la mère qui est source de toutes les félicités et modèle de toutes les satisfactions futures dans l’amour qui nait entre un homme et une femme, ne se transforme pas en cauchemar, un cauchemar dont on n’arrive pas à se réveiller, C’est là que de tout temps, intervient ce que Lacan appelle la père-version ou version vers le père. Je vous propose tout d’abord une approche poétique de cette père-version ou version vers le père, en évoquant une des légendes de l’Odyssée. Vous savez qu’Homère y raconte les aventures d’Ulysse et de ses compagnons. Parmi celles-ci, il décrit leur rencontre avec la redoutable magicienne Circé lorsque leur navire accosta sur son île. Leur ayant offert diverses nourritures et des breuvages, elle en profita pour tous les empoisonner puis les frappant avec une baguette, elle les métamorphosa en porcs et les enferma dans une porcherie. Ulysse, apprenant par l’un de ses compagnons, le seul qui avait échappé à cette métamorphose, le sort infortuné de ces hommes, s’apprête bien sûr à aller les sauver. Il est aidé dans cette entreprise par Hermès qui lui indique en effet comment s’y prendre avec Circé. Il ne doit accepter aucune boisson ou nourriture et surtout lorsqu’elle le touchera de sa baguette pour le transformer lui aussi en cochon, il doit se précipiter sur elle avec son épée, comme pour la tuer. Circé, devant ces manifestations de virilité, lui propose de la rejoindre dans son lit. Il accepte mais pas avant qu’elle ait redonné à ses compagnons forme humaine et surtout après lui avoir fait promettre de ne pas porter atteinte à sa virilité. Il oublie ainsi pendant toute une année, dans les bras de Circé, la fidèle Pénélope qui l’attend toujours au pays. Cette légende de Circé m’a paru être à la fois, une jolie métaphore de ce que Freud appelle la perversion infantile polymorphe mais elle est aussi une épopée de la conquête d’une virilité assumée avec un homme, le père, qui est là pour servir de modèle et même d’initiateur. Comme nous l’indique Lacan, il est là pour servir de modèle à la fonction, la fonction de symptôme. Dans cette légende, c’est Hermès qui joue ce rôle. Au terme de ce propos, je soulignerai simplement que ce terme de perversion est bien loin d’être univoque et que ce concept prend appui sur cette forme spéciale de négation qu’est la Verleugnung ou Démenti et qui porte sur l’absence de phallus de la mère. Cette Verleugnung, il convient de la suivre à la trace dans le texte freudien, parce que ces mécanismes ne sont pas du tout identiques dans la névrose et la perversion. Cela permet d’éclairer sous un jour différent ce qui peut se dire de cette “nouvelle économie psychique” qui se présenterait sous la forme de perversion ordinaire ou de perversion généralisée dans le champ social.. J'essaierai de développer ce propos dans un de mes prochains podcasts. Mais c’est aussi à chacun d’aller s’en faire une idée. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| La forme érotomaniaque de l'amour au féminin ( Podcast n°57) | 29 Aug 2025 | 00:09:30 | |
Dans l’un de ses textes, “Propos introductifs pour un congrès sur la sexualité féminine”, Lacan oppose, selon le sexe, la forme fétichiste de l’amour à sa forme érotomaniaque. Cette opposition étant posée, la forme fétichiste, celle des hommes a été souvent décrite, mais celle des femmes, cette forme érotomaniaque de l’amour, l’est beaucoup moins et peut pourtant ouvrir des pistes intéressantes dans l’approche de la sexualité féminine. C’est un grand psychiatre, Gaétan de Clérambauld, qui, dans les années 1920, a été le chantre de toutes ces femmes érotomanes. Il détermina les caractéristiques de leur délire. Cette érotomanie se manifeste par la conviction délirante d’être aimée par un homme, la plupart du temps, célèbre. C’est dans ce fil, que je vais donc aujourd’hui vous parler d’une femme érotomane, mais qui ne se comptait pas parmi les amoureuses de prêtres et de médecins ou d’écrivains célèbres mais qui avait en effet choisi d’être aimée par un professeur au Collège de France. C’est ainsi qu’un beau jour de l’année 1964, Alfred Sauvy qui était à l'époque un sociologue de renom, reçut cette missive : “ Cher Monsieur, veuillez surveiller les armes qui vous appartiennent !” Ainsi commença une très longue histoire d’amour, un amour par correspondance. En tout, elle lui écrivit 3000 lettres. Alfred Sauvy les colligea toutes et surtout les garda dans un grenier de campagne, précieusement enfermées dans trois coffrets noirs. transmises de mains en mains, j’ai eu la chance de les recevoir en héritage. Elles constituent une très émouvant témoignage de ce que peut être l’amour d’une femme pour un homme, mais un amour fou. Ainsi dans l’une de ses lettres, elle écrivait ceci : “Cher Monsieur, rien de neuf, vous me paraissez bien loin, ma lettre devrait nous rapprocher mais je crains qu’elle ne soit lue. la sorcière semble un peu calmée pour l’instant. J’ai arrêté mes travaux de désensorcellement mais je vais les reprendre demain. Quelques lignes plus loin, elle écrit “ La sorcière s’étonne un peu que vous n’ayez pas sombré comme les autres, que vous ne soyez pas passé au service du Diable. Il paraît d’après elle que c’est une évolution normale. Pour moi, je sais bien que vous êtes un don de Dieu. Il fait bien les choses. Merci, toujours merci pour votre solidité et votre grande indulgence. mon seul bonheur est de penser à vous.” Est-ce qu’il ne vous paraît pas ainsi que tout son délire d’amour n’est là que pour tenter de remédier à ce que Lacan a appelé la forclusion du nom du père, dans la psychose. C’est en somme un appel désespéré à la métaphore paternelle. Alfred Sauvy est là pour la sauver des persécutions de la sorcière, ainsi d’ailleurs que de celles de Belzébuth, que, dans les dernières années de sa vie, elle finit par appeler de ce petit nom presque affectueux, Beau-Zébré.
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| De la haine à l'amour, la fonction du leader dans un groupe humain ( Podcast n° 56) | 16 Jul 2025 | 00:09:39 | |
Tous les événements mondiaux actuels qui nous inquiètent beaucoup m’ont incité à relire le livre de Freud, Malaise dans la civilisation. Il y évoque la question de l’agressivité humaine avec cette formule qu’il emprunte au philosophe Hobbes “ L’homme est un loup pour l’homme”. " L’homme est en effet tenté de satisfaire son besoin d’agressivité au dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagement, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer”. Quelle solution Freud nous propose–t-il ? Il déclare fermement qu’une communauté d’individus ne tient ensemble par des relations d’amour que si elle peut trouver à l’extérieur de cette communauté, des ennemis à détester et donc à l'égard desquels elle peut exercer son agressivité et ses manifestations d'intolérance, en somme réussir à les dériver vers eux. Pour Lacan c’est par la parole, par un pacte symbolique conclu entre les rivaux que la jalousie, la concurrence agressive, imaginaire entre le moi et ses petits autres peuvent être assumées, symbolisées et donc finalement abandonnées, par un processus d’identification à l’objet rival. Je me suis demandée s’il n’y avait pas quelque chose d’équivalent dans le texte freudien qui pouvait approcher de la fonction pacifiante de la métaphore paternelle promue par Lacan, cette fonction du père qui seule peut mettre un terme à ces luttes sans merci entre les rivaux. Je crois que ce qui se rapproche le plus de ce mécanisme décrit par Lacan c’est ce que décrit Freud à propos des hommes qui prennent la responsabilité de maintenir la cohésion d’un groupe en tant que leaders, ceux qu'on appelle des meneurs d'hommes. Il évoque dans les dernières pages de son malaise dans la civilisation le fait que “ la misère psychologique de la masse” est aggravée quand certaines personnalités à tempérament de chef ne parviennent pas à jouer ce rôle important qui doit leur revenir dans la formation d’une masse. Ce rôle est celui de l’Idéal du moi. C’est vers lui que converge en effet l’amour que doivent éprouver chacun des individus qui composent ce groupe. A ce point de sa démonstration Freud nous renvoie par une note à un autre de ses textes celui de Psychologie des foules et analyse du moi, où en effet on en apprend un peu plus sur cette fonction de leader, de chef qui est là pour assurer la cohésion du groupe. Freud indique que celui-ci s’autorise à réoccuper la place du père de la horde primitive, père qui ayant été tué, est , par la suite et de ce fait, au fondement de la loi. A ce titre celui qui reprend cette place est donc un héros, car il ne peut venir l’occuper qu’au prix de nombreuses épreuves dont il finit par triompher. De cette fonction, nous pouvons peut-être évoquer à titre d’exemple le destin si étrange de Volodirr Zelinski. C’est à lui que je dédie ce podcast, parce que je trouve qu’il est un magnifique exemple de cette si belle fonction du chef et surtout du héros, un héros humain et donc très fragile. Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’il soit un jour assassiné par les soins de Poutine. De l’amour ou de la haine, nul ne peut en effet prévoir qui l’emportera. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Masochisme dit féminin et complexe de castration masculin ( Podcast n° 55) | 23 Jun 2025 | 00:12:14 | |
Le terme de masochisme est d’invention récente. Il a été inventé en 1886 par un psychiatre Kraft-ebing. Il s'est lui-même inspiré de la vie et de l'œuvre d’un écrivain autrichien, Leopold Sacher Masoch. Son roman s'appelait La Vénus à la fourrure, l’auteur y décrivait une forme d’érotisme où la jouissance est atteinte par l’humiliation et la souffrance. Un tableau au centre de ce roman lui sert de métaphore, il représente une Vénus drapée dans une fourrure. Elle tient à la main un fouet tandis que le héros est couché à ses pieds. Dans son roman, Sacher Masoch évoque d’autres figures bibliques qui viennent alimenter ses fantasmes masochistes, celle d'Holopherne cruellement décapité par Judith et aussi celle de Samson, dépossédé de sa puissance, une première fois, quand dans son sommeil, Dalila coupe sa chevelure, source de sa force, puis les philistins lui crèvent les yeux, devant sa maîtresse, qui l’a une nouvelle fois, trahi. Autant dire que déjà dans cette œuvre il y a de la castration dans l’air. Cette question du masochisme qui fait d’ailleurs couple avec le sadisme à également pris beaucoup d’importance dans le champ de la psychanalyse. Mais dans les textes de Freud, ce n’est plus une femme phalliqiue qui détient un fouet mais presque toujours une figure paternelle. On découvre aussi que ce masochisme associé à la passivité alors qu’il est souvent décrit comme constituant en quelque sorte l’être de la femme, on découvre donc que ce masochisme féminin quand Freud entreprend de le décrire est celui des hommes. Pour lui, cette jouissance masochiste est étroitement liée au complexe de castration masculin et à ses angoisses. Pour le démontrer il suffit de lire un de ses textes qui a pour titre “ Problème économique du masochisme” Freud y décrit trois formes de masochisme, celui qu’il nomme masochisme érogène, qu’il définit comme étant jouissance pulsionnelle de la souffrance, le plaisir que procure la douleur, puis le masochisme qu’il qualifie de féminin et enfin le masochisme moral. Il aborde, pour décrire ce masochisme féminin, aussi bien les fantasmes masochiste des hommes névrosés que ceux des pervers. On pourrait bien sûr le retrouver également dans la psychose. Les uns, les névrosés s'expriment par des symptômes et notamment par l'impuissance, les autres, les pervers, par ce que Freud appelle des "dispositifs pervers" ou encore des "mises en scène". En fonction des signifiants pulsionnels qui y sont mis en jeu, se manifestent, suivant les cas, le désir d'être dévoré, battu, d'être castré, violé comme une femme et d'accoucher. Il existe un très bel exemple clinique de toutes les composantes du complexe de castration masculin en lien avec ce masochisme. C’est celui que Freud nous a décrit dans son article intitulé “Dostoiveski et le parricide”. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Le grand bal masqué du symptôme ( Podcast n° 54) | 17 May 2025 | 00:10:21 | |
Aujourd’hui, avec ce nouveau podcast, je vous invite au grand bal masqué du symptôme et je partirai du fait que dès le début de l'invention freudienne nous voyons toujours avec émerveillement à quel point le fil du signifiant nous est utile et efficace pour lire toutes les histoires cliniques que Freud nous raconte, mais aussi comment, lui, sans rien savoir encore de cette approche possible à partir de la linguistique, en avait repéré l'essentiel avec ce qu'il appelait "la symbolique". Autrement dit, comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, Freud faisait usage des équivoques signifiantes pour déchiffrer le sens du symptôme sous ses masques. Il arrive très souvent que Lacan nous invite à relire Freud et à nous transporter à nouveau aux temps des Etudes sur l’hystérie, en y retrouvant par exemple l’histoire d’Elisabeth Von R. Il va en effet l’évoquer dans l’une des séances du séminaire des Formations de l’inconscient pour décrire le symptôme comme étant « le masque du désir ». Le choix de ce terme « le masque du désir » n’est pas anodin. Quand femmes et hommes, invités à un bal masqué, se mettent des loups de velours noir sur le visage, c’est avant tout pour ne pas y être reconnus. C’est un déguisement. Mais pourtant tout le jeu de séduction entre les personnages consiste à essayer de se reconnaître grâce à de légers indices. Cela ne peut que provoquer des quiproquos. Je pense au bal masqué de Verdi où sous les masques l’intrigue dramatique se déploie entre les personnages. Mais Freud lui-même, à propos des symptômes d'Elisabeth, écrivait, en se référant aux paroles du poète, dans Faust “ ce petit masque-là fait augurer un sens caché”. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Un été avec Jacques Lacan (podcast n° 53) | 18 Apr 2025 | 00:07:12 | |
Dans mon dernier podcast j’ai évoqué le livre de Jacques Roubaud, “Ma vie avec le docteur Lacan”. Or toute une collection sous ce titre existe chez Gallimard. On y trouve “Ma vie avec Proust”, “Ma vie avec Mauriac”, ou encore Ma vie avec Stéphane Mallarmé”. Les auteurs y témoignent de leur étroit compagnonnage avec chacun des auteurs qu’ils ont choisi d’évoquer. Dans sa minuscule autobiographie, Jacques Roubaud, lui, en fait une sorte de pastiche ironique puisqu’il n’y décrit que trois ou quatre brèves rencontres mais qui furent pourtant décisives avec celui qui fut un si célèbre psychanalyste. Mais il a aussi une autre collection de livres qui m’a bien plu, c’est celle d’Un été avec…. J’en ai lu quelques-uns, “Un été avec Montaigne”, avec Homère ou Victor Hugo ou encore “Un été avec la comtesse de Ségur”. Tous ces auteurs nous invitent, cette fois-ci, à partir en vacances avec eux en partageant leurs lectures. Leur emboitant le pas, j’ai donc choisi comme titre de mon podcast “ Un été avec Jacques Lacan” puisqu'il y est en effet question de vacances. C’était dans les années 1975, c’était presque l’été, peut-être en mai ou juin. Dans la semaine j’avais été voir un film dont j’ai oublié le titre. L’intrigue décrivait les liens étroits d’une jeune fille avec son père. Je me souviens que pour fêter son anniversaire, il avait organisé en son honneur un concert avec Gilbert Bécaud, une vraie vedette. Ce qui était donc un somptueux cadeau, le cadeau d’un père à sa fille. Ce film qui n’était après tout qu’une gentille comédie romantique, m’avait permis d’admirer et surtout d’envier ces liens si harmonieux, d’un certain point de vue idyllique, tout à fait oedipiens, entre un père et sa fille, Au cours des séance d’analyse qui avaient suivi, j’avais parlé des effets de transfert qu’avait eu pour moi ce film, réactualisant ainsi mes relations à mon père, mais je n’avais pas tout de suite fait le lien avec le fait que le temps des vacances approchait et avec cela l’arrêt pour deux longs mois des séances d’analyse. C’est en ces circonstances que Lacan m’a alors invité à venir à Guitrancourt, dans sa maison de campagne, pendant ses vacances d’été, pour poursuivre mes séances d’analyse. Ce fut mon été avec Jacques Lacan !
J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| " Ma vie avec le docteur Lacan" ( Podcast n°52) | 19 Mar 2025 | 00:08:41 | |
Bienvenue sur ce site de podcasts “ Une psychanalyse à fleur d’inconscient”. Aujourd’hui je vais vous parler d’un minuscule petit livre, il mesure à peine une dizaine de centimètres, mais il n’a vraiment pas besoin d’ếtre plus grand puisque son texte ne contient tout au plus que quatre cinq phrases. Ce livre a été écrit par Jacques Roubaud. C’est à la fois un poète et un mathématicien. Ce livre a été présenté sous un titre que je ne connaissais pas celui de biographie en oblique et il avait pour titre “ Ma vie avec le docteur Lacan”. Je ne pouvais donc que me sentir concernée par cette vie-là ! Cette biographie est donc rédigée comme un compte-rendu, quelques notes jetées sur une page. Jacques Roubaud y note par exemple la similitude des prénoms entre sa fille et celle de Sylvia Bataille. Toutes deux s’appelaient en effet Laurence, mais surtout il y évoque plus que très brièvement, avec une grande sobriété, trois rencontres avec Lacan survenues à plusieurs années d’intervalle. En lisant cette biographie d’à peine quelques pages avec ce titre “ ma vie avec le docteur Lacan” on ne peut que penser à tous les analysants de Lacan écrivant ces autobiographies en oblique, en transversales, au travers de leur psychanalyse sous ce titre générique “ Ma vie avec le psychanalyste Jacques Lacan”. quelques-unes de ces autobiographies sont connues. Une de celle que je préfère, pour ma part, est celle écrite par Gérard Haddad qui a pour titre “ Le jour où Lacan m’a adopté”. D’abord bien que non analysé, le simple contenu manifeste de son rêve est bien intéressant au sens propre de ce terme. Lacan y prononçait cette phrase décisive “ Vous êtes mon fils adoptif”. Comme Gérard Haddad ne nous livre pas ce qu’il en est de son interprétation, nous ne pouvons en dire plus sur ce beau rêve, si ce n’est quand même évoquer les effets de transfert qu’il provoque en nous. Donc pour ma part, j’ai pensé à cet autre fils adoptif bien connu de la littérature latine qu’est Brutus et à la célèbre phrase de César, prononcée au moment de mourir sous les coups de ceux qui le trahissent : “ Tu quoque, me fili”, toi aussi mon fils !” Quoi qu'il en soit, pour ne pas m’avancer plus sur ce chemin, cet ouvrage est en effet un bel hommage à la psychanalyse elle-même et à tous ses modestes ouvriers, aussi bien analysants que psychanalystes. Cet hommage aux analysants, en la personne de Gérard Haddad, n’est que justice parce qu’après tout, comme l’indiquait Lacan, c’est quand même l’analysant qui est à la tâche, la tâche de sa propre analyse. Il en est co-esponsable et y compris dans le choix de son psychanalyste. A propos de ces biographies en oblique, j’avoue que grâce à elles j’ai ainsi pris la tangente avec le sujet de ce podcast. En effet ce qui peut aussi les définir grâce à ce qualificatif d’oblique (on pourrait dire aussi de traviole) c’est le fait qu’elles peuvent servir de prétexte à une autobiographie de l’auteur. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Avec l'Homme aux rats et l'Homme aux loups, Etudes sur la névrose obsessionnelle ( Podcast n°51) | 23 Feb 2025 | 00:10:32 | |
C’est en 1907 que Freud fit ses premières armes dans cette guerre sans merci que se livre l’obsessionnel. Avec l’Homme aux rats, il avait réussi à pénétrer au cœur des combats de cette névrose. Tandis que la bataille faisait rage, faisant alliance avec son patient, prenant sa défense, il l’a aidé à lutter contre son grand délire obsessionnel, sa grande obsession des rats. Après le temps des “Études sur l’hystérie” qui ont présidé à la naissance de la psychanalyse, vient maintenant le temps des études sur la névrose obsessionnelle. Dans les minutes de la société psychanalytique de Vienne dans la séance du 30 octobre 1907, on apprend que Freud a fait une conférence dont le titre était "Commencement d’une histoire de malade". D’après ce qu’en écrit Rank dans son compte rendu, il s’agit d’un cas très instructif de névrose obsessionnelle, celui d’un jeune homme de 29 ans, juriste. Il a peur qu’il arrive quelque chose de terrible à deux personnes qu’il aime beaucoup : son père et la dame qu’il vénère. Freud a eu beaucoup de mal à déchiffrer cet écheveau très compliqué autour de cette dette à payer coûte que coûte, faute de quoi son père et sa dame devraient subir ce supplice des rats, mais dès cette époque il avait quand même appris beaucoup de choses concernant la structure d’une névrose obsessionnelle. Dans l’approche de cette forme de névrose, dans les années 1914,1915 Freud décrit un autre cas de névrose obsessionnelle qui peut échapper à l’attention des lecteurs, c’est celui de l’Homme aux loups. Il le présente comme tel dans les premières pages de son texte en contestant le diagnostic des psychiatres qui avaient toujours indiqué qu’il souffrait d’une psychose maniaco-dépressive. Freud indique en effet qu’arrivé à l'âge adulte, l’homme aux loups souffrait d’une névrose obsessionnelle spontanément guérie mais ayant laissé des séquelles. Ce n’est qu’après les années 1920 avec son “Au-delà du principe du plaisir” que Freud effectue un nouveau déchiffrage de la structure d'une névrose obsessionnelle avec ce qu'il appelle "la désintrication des pulsions de vie et de mort". C'est ainsi qu'il décrit les effets dévastateurs de la pulsion de mort lorsqu'elle est à l'œuvre dans la vie de l'obsessionnel sous la forme de la pulsion de destruction ainsi que le rôle impitoyable qu’y joue le Surmoi quand il retourne toute l'agressivité qu’il éprouve envers son rival contre lui-même. Cette dernière approche de Freud permet, je trouve, de relire beaucoup plus facilement tout ce que Lacan a avancé de la névrose obsessionnelle avec l’aide du graphe de désir dans le séminaire des Formations de l’inconscient, lorsqu’il oppose au désir insatisfait de l’hystérique, le désir impossible de l'obsessionnel. Mais ceci exigerait bien d’autres développements. ce sera pour une autre fois. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| D'énigmes en quiproquos et quolibets, le style de Lacan ( Podcast n°50) | 26 Jan 2025 | 00:12:29 | |
Lacan, en ce temps des premiers séminaires, s’exprimait dans un langage audible par tous et je me suis souvent demandé ce qui avait pu infléchir à ce point son style, au cours des années, quels transferts avaient ainsi modifié son mode d’adresse à ses auditeurs. Pourquoi aurait-il éprouvé le besoin de devenir de plus en plus hermétique, était-ce survenu en raison et à la mesure de son succès dans les milieux intellectuels français ou bien était-ce plutôt lié son effort de rendre la psychanalyse transmissible par une sorte de mathématisation qui l’aurait nécessité ? Quoiqu’il en soit, il est frappant c’est de constater à quel point dans ces premiers séminaires, il tentait de faire passer son message à ses auditeurs, tandis que, au cours des dernières années, il faisait tout pour leur compliquer la tâche. Il ne parlait plus que par énigme et quiproquos. Comment, par exemple, déchiffrer cet aphorisme qu’il proposait dans son texte si difficile, si ardu, » L’étourdit » : « Une femme ne rejoint L’Homme que dans la psychose » ? Ou encore comment saisir la portée de ce qu’il énonçait dans son texte “Propos introductif à un congrès sur la sexualité féminine”, “ Si la position du sexe différe quant à l’objet c’est de toute la distance qu’il y a entre la forme fétichiste et la forme érotomaniaque de l’amour”. En associant ces deux formules lacaniennes à propos des femmes et de la psychose, et surtout en prenant appui sur la forme grammaticale que Freud avait donné du délire érotomaniaque : “ Non ce n’est pas elle, ma mère, que j’aime, mais c’est lui, parce qu’il m’aime” on peut rendre compte à la fois du changement d’objet nécessaire aux chemins empruntés par la féminité à savoir l’abandon de la mère comme objet d’amour pour pouvoir entrer dans l’Œdipe en nouant un lien au père et surtout un lien au phallus dont celui-ci est le détenteur, mais aussi de la sortie de l’Oedipe de la petite fille qui pour Freud était resté dans l’ombre, puisque pour lui, la fille se réfugie dans l’Oedipe comme dans un port : Pour lui, il n’est pas question qu’elle mette les voiles ! Or avec ces trois temps du délire érotomaniaque, dont le troisième, avec cette phase de dépit, on peut éclairer ce que Lacan a appelé, la versagung, la fondamentale déception de la fille à l’égard du père, de ne jamais lui avoir donné un enfant. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Quand les petites filles rêvent de la mort de leur mère (Podcast n° 49) | 30 Dec 2024 | 00:13:49 | |
C’est un fait que dans le champ analytique le désir de la mort du père est largement pris en compte, admis, mais que par contre ce qu’il en est du désir de la mort de la mère éprouvé par la fille est en grande partie élidé, même si la la haine pour la mère qui permet à la fille de franchir l’étape de l’Oedipe est bien décrite et connue. Voici le texte du rêve « Un lynx ou un renard ( Luchs oder Fucks) se promène sur le toit, puis quelque chose tombe ou c'est elle qui tombe, et alors on ramène sa mère, morte, à la maison et alors elle se met à pleurer des larmes de douleur. » Dans les lignes qui suivent Freud décrit « les divers états psychiques » d'une petite fille hystérique. Il évoque à son propos de nombreux rêves qui expriment ses désirs de mort à l'égard de sa mère. « Tantôt elle assistait aux obsèques d'une vieille femme, tantôt elle se voyait avec sa sœur assises à table en vêtements de deuil ». Tous ces rêves de mort de la mère, qui ne sont d’ailleurs pas seulement l’apanage des petites filles, puisque les garçons peuvent aussi rêver de la mort de leur mère, m’ont fait penser à ce que Lacan avait dit à propos de la jouissance féminine, du fait que si les femmes n’en disaient mot c’était avant tout parce qu’elles en auraient été littéralement terrifiées. Quelles pourraient être les raisons de cette terreur, de cette épouvante ? Une assertion de Lacan pourrait servir de piste de réflexion “ Une femme ne prend sa place dans le rapport sexuel qu’en tant que mère”. Dès lors, tous ces rêves de mort de la mère peuvent l’indiquer : Dans cette jouissance au-delà du phallus telle que Lacan l’évoque d’une façon logique peut-être s’agit-il d’un redoutable affrontement à la mère où il s’agit de triompher d’elle, une façon de prendre fantasmatiquement sa place, certes non plus dans le désir du père mais dans le désir d’un homme. Ainsi je me risquerai bien à dire que dans le rapport sexuel, une femme remet en jeu son très primitif rapport à la mère non pas du côté de l’amour mais peut-être du côté de la haine. Dans le discours analytique, on parle très peu de ce désir de mort comme s’il était si profondément refoulé qu’il est littéralement inaccessible, parce qu’au fond intolérable. Il est grand temps d’appeler à notre secours Dionysos qui est non seulement le dieu du vin et de la vigne mais aussi des Bacchanales. Il parcourait ainsi les montagnes du Cithéron en compagnie de toute une troupe de ménades. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Tendance au suicide et sentiment de culpabilité (Podcast n°48) | 23 Nov 2024 | 00:12:12 | |
Dans l’un des derniers chapitres des Essais de psychanalyse, sous le titre « Etats de dépendance du moi » Freud aborde la question du Surmoi et du sentiment de culpabilité qu’il engendre. A à son propos, il se pose cette question « Comment se fait-il que le Surmoi se manifeste essentiellement comme sentiment de culpabilité et avec cela, fasse preuve envers le moi d’une dureté et d’une sévérité extraordinaire ? Il l’explique par le fait qu’il est le produit des premières identifications du sujet. Identifications qui sont survenues en un temps ou, petit enfant il se trouvait soumis sans défense à l’autorité et à la volonté de ses parents, à leur caprice. Si Freud évoque une identification paternelle précoce, Mélanie Klein, elle décrit plutôt un surmoi archaïque maternel qui serait à l’oeuvre avant même le franchissement de la situation oedipienne, Quoiqu’il en soit le Surmoi plonge profondément dans le ça et Il en a toute la violence et la cruauté. Il persécute littéralement le sujet. Freud analyse alors les méfaits de ce Surmoi dans la mélancolie, la névrose obsessionnelle et l'hystérie. Dans ce même article, Freud attribue aux effets délétères du Surmoi, ce qu’il appelle la réaction thérapeutique négative comme étant le refus énergique de guérir. Le seul moyen de lutter contre ce refus étant de retrouver ses sources inconscientes surmoïques. En note il décrit ainsi les difficultés que rencontre l’analyste pour lutter contre ce refus délibéré de guérir. Il nous indique que le cas le plus favorable est celui où ce sentiment de culpabilité est un sentiment emprunté à quelqu’un d’autre. C’est à dire qu’il est la trace d’un ancien objet d’amour abandonné. Une fois cette trace retrouvée, le sentiment de culpabilité qui l’accompagnait peut à son tour être abandonné. Un autre cas qui peut aussi être favorable, c’est le cas où la personnalité de l’analyste lui permet de se mettre à la place de l’idéal du moi de l’analysant. Mais cela pose tout aussitôt, comme Freud le souligne, toute une série de problèmes éthiques car l’analyste n’est pas là pour jouer le rôle de sauveur ou d’éducateur. Il y a pourtant une échappée possible à ce dilemme. On peut la décrire en évoquant la légende d’Oreste, celui qui ayant assassiné sa mère et son amant pour venger son père Agamemnon réussit à se libérer des poursuites, des furies, en venant plaider sa cause assisté par Athéna, la déesse de la sagesse, avec Apollon, comme avocat. De plus cela a le mérite de nous reposer des appels au Père Eternel. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Approches analytiques de la frigidité avec Marie Bonaparte et avec Lacan ( Podcast n°47) | 27 Oct 2024 | 00:13:29 | |
Marie Bonaparte a participé d'une façon tout à fait personnelle, à la question de la sexualité féminine. Elle nous donne en effet, de par les problèmes sexuels qu'elle a tenté toute sa vie de résoudre, une approche vivante et inattendue de la question de la frigidité. Marie avait entendu parler du Professeur Halban, lui aussi de Vienne, qui pratiquait des interventions chirurgicales pour guérir ses patientes de leur absence de plaisir orgasmique. Il rapprochait, dans ce but, le clitoris du méat urinaire. Elle devint une enthousiaste propagandiste de cette méthode avant de devenir celle, non moins enthousiaste, de la psychanalyse. Elle ne put en tout cas que reconnaître l'échec total de cette méthode chirurgicale en ce qui la concernait. Des années après tirant partie de tout ce qu'elle a appris de son analyse, elle a donc abordé la question du complexe de castration féminin, en étant au reste extrêmement fidèle au texte freudien, dans un livre qui a pour titre " Sexualité de la femme " (paru en 10/18, 1977). Concernant le débat sur la phase phallique de la petite fille, Marie Bonaparte reste strictement dans la ligne freudienne, elle reprend tous les arguments de Freud, concernant le changement d'objet, l'abandon nécessaire de la mère pour se tourner vers le père, l'abandon de l'activité pour la passivité et donc l'abandon de la masturbation phallique (clitoridienne) qui marquent la spécificité du destin féminin. Mais le passage de cet ouvrage de Marie Bonaparte qui m'a paru le plus intéressant est ce qu'elle décrit le rapport sexuel comme " Un combat de deux mâles " quand les femmes n'ont pas abandonné leur activité phallique et sont restées, comme elle les nomme " clitoridiennes " et non pas " vaginales " : " … l'accouplement de ces femmes-là avec un homme garde toujours plus ou moins quelque chose d'un combat. Le coït d'une femme clitoridienne avec un homme est, en effet comparable au combat de deux hommes où le plus faible est vaincu, pénétré, transpercé, et où seul le vainqueur remporte le trophée de l'orgasme dans le retour à lui seul dévolu, " au corps maternel ". Il semble que ces accouplements-là nous offre le reflet, le vestige conservé jusqu'à nos temps évolués de cette lutte primitive au domaine biologique entre le mâle et la femelle, postulée par Ferenczi, pour le retour nostalgique au corps maternel, lutte de laquelle la femme est sortie vaincue ". C’est en effet la preuve, ce combat sexuel avec l’homme vécu comme un objet rival, que la mère comme objet d’amour n’a pas en effet été abandonné. Cela nous permet de conjuguer cette approche de Marie Bonaparte à celle de Lacan. Pour Lacan, en effet la frigidité peut être levée dans l’analyse, car elle est à un défaut de ce qu'il appelle " castration symbolique ", c'est-à-dire ce en quoi l'enfant, fille ou garçon a dû renoncer à être l'objet comblant de la mère. " La frigidité, pour étendue qu'en soit l'empire, et presque générique, si on tient compte de sa forme transitoire, suppose toute la structure inconsciente qui détermine la névrose, même si elle apparaît hors de la trame des symptômes. Ce qui rend compte d'une part de son inaccessibilité à tout traitement somatique - d'autre part à l'échec ordinaire des bons offices du partenaire le plus souhaité. Seule, l'analyse la mobilise, parfois incidemment, mais toujours dans un transfert qui ne saurait être contenu dans la dialectique infantilisante de la frustration, voire de la privation, mais bien tel qu'il mette en jeu la castration symbolique. " ( Propos directifs pour un congrès sur la sexualité féminine). L’expérience clinique de Marie Bonaparte sert d’exemple à son propos. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) | |||
| Non, la psychanalyse n'est en rien concernée par les neurosciences ( Podcast n° 46) | 07 Oct 2024 | 00:07:19 | |
Je sais bien que ce titre va être contesté car certains psychanalystes pensent et affirment haut et fort que la psychanalyse va être remise au goût du jour avec les nouvelles techniques d'imagerie médicale et les avancées de la neurologie mais je vais quand même m’en tenir à cette affirmation : Non, les avancées de la neurologie ne concernent en rien la psychanalyse. Elle n’appartient pas à ce champ de recherches. Quand Freud a abandonné Charcot et ses tentatives d'approche anatomique de l'hystérie et quand il a décrit le mode de fonctionnement de l'appareil psychique, il a bien dit et écrit qu'il ne s'agissait pas pour lui - et en aucun cas - dans sa description, de localisations anatomiques. Et même, si pour le décrire, il a emprunté à la neurologie une partie de son vocabulaire, pour des raisons de commodité, tels ces mots de neurones ou de synapses, il suffit de lire l'esquisse d’une psychologie scientifique ainsi que le chapitre 7 de L’interprétation des rêves, pour découvrir qu'il décrit ainsi un mode de fonctionnement de l'appareil psychique qui vise à rendre compte de la clinique analytique qu'il découvre en même temps que son auto-analyse. L’inconscient freudien, entre perception et conscience, est constitué par ce qu’il appelle les traces mnésiques de l’objet ou encore des signes de la perception, traces mnésiques qui se constituent au cours de deux sortes d’expérience pour l’enfant nouveau-né, l’expérience de la satisfaction, lorsque affamé, il réclame de l’aide par ses cris. L’objet qui lui répond, cette première Autre, la mère, est donc la source de ces premières traces, de ces coordonnées de plaisir, mais existe aussi une seconde expérience; ce que Freud appelle l’épreuve de la souffrance. C’est elle qui laisse de mauvais souvenirs, ceux du trauma. Avec ces traces mnésiques de l’objet, Freud s'est servi de ce vocabulaire exactement comme Lacan emprunte à la linguistique le terme de signifiant et de signifié. D'ailleurs, il suffit pour le constater de voir comment dans l'Éthique de la psychanalyse Lacan reprend ligne à ligne ce travail de Freud sur l'appareil psychique et pour le retraduire en termes de "frayages signifiants". Ce qui prouve bien qu'il ne saurait s'agir en quoique ce soit de trajets nerveux ni d'une quelconque localisation cérébrale. Mais par contre on peut dire que c’est par ces signifiants que le corps lui-même est affecté. Il n’en est donc pas la source mais en subit ses effets. De cela les hystériques en sont les meilleurs témoins, puisqu’ils savent en faire démonstration par leurs symptômes corporels, selon les choix d’objets petits a qu’ils ont effectués et surtout selon les locutions verbales avec lesquelles ils les manifestent, “ça m’a fait battre le coeur”, “j’en ai eu les jambes coupées” ou encore, et c’est plus grave, “ les bras m’en sont tombés !”. Ainsi, dans cette marée montante des neurosciences, le grand texte de Lacan “ fonction et champ de la parole et du langage” devrait servir de phare dans la tempête au moins pour les analystes, si ce n’est pour d’autres. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Le noeud borroméen et quelques règles données par Lacan pour son maniement ( Podcast n° 45) | 30 Aug 2024 | 00:15:51 | |
Claude Lévi-Strauss dans l’un de ses ouvrages, “La Pensée sauvage”, avait consacré un chapitre à ce qu’il appelait l’art du bricolage. Je trouve que la façon dont Lacan utilise ces bouts de ficelle relève en effet de cet art. C’est en 1972 que Lacan a emprunté à Guilbaud ce nœud borroméen. Il a trouvé qu’il lui allait « comme bague au doigt » pour y démontrer ce qu’il avait déjà mis en évidence depuis fort longtemps, les trois registres du symbolique, de l’imaginaire et du réel. Théodule Guilbaud était un mathématicien qui s’était lui aussi intéressé à l’application des mathématiques aux sciences sociales. C’est d’’une façon très tardive, de 1973 à 1976, au cours des trois séminaires « Les non-dupes errent », « RSI » et « le Sinthome », qu’il élabore alors un nouveau mode d’approche de la psychanalyse avec sa théorie des nœuds, avec ce qu’il appelle ses ronds de ficelle. Chemin faisant, il nous livre les secrets de leur maniement dans la mesure où ils sont faits, fabriqués, pour rendre compte de « sa pratique», les trois registres du symbolique, de l’imaginaire et du réel, noués ensemble dans le nœud, structurant le champ de l’expérience analytique. J’ai donc regroupé pour en constituer un petit Vademecum, les conseils que Lacan nous donne, et se donne à lui-même, dans une certaine mesure, puisque cette nouvelle logique de « sacs et de cordes » est en cours d’élaboration. J’en ai dégagé ces trois règles Ce noeud borroméen, il faut l’utiliser “ Bêtement” Il ne faut pas non plus mettre la charrue avant les bœufs et s’intéresser à ce nœud avant d’avoir lu et travaillé l’ensemble des séminaires de Lacan. C’est en effet eux qui permettent son usage effectif. Son maniement implique de même une référence constante au texte freudien. Je me pose cette question : quels seront les auditeurs de ce podcast qui arriveront jusqu”au bout ? En guise de récompense, Pour le prochain j’évoquerai l’amusant lapsus calami d’un assassin cité par Freud. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| L'importance du nom propre, du nom de son père ( Podcast n°44) | 08 Aug 2024 | 00:11:22 | |
Il n'est pas facile de saisir, dans une approche analytique, l'importance du nom propre. J'ai plusieurs fois essayé de reprendre pas à pas les textes de Lacan où il en parle, notamment celui d' "Un discours qui ne serait pas du semblant", mais je n'ai pas réussi à en faire, à mon idée, un juste repérage sauf quand même quelques points qui sautent aux yeux : 1 - Le nom propre a ceci de particulier que, bien sûr, vous le portez, mais que ce nom vous a quand même été donné par quelqu'un, votre père, votre mari et quelquefois votre mère quand il n'y a pas eu d'acte de reconnaissance par le père et qu'il ne vous a pas donné son nom. Porter volontiers ou non ce nom qui vous a été donné, l'accepter ou le refuser, se trouver des noms de plume, de théâtre ou de psychose, c'est une façon de prendre position par rapport à ce don du nom, poser votre désir par rapport au désir du père ou de l'homme qui vous l'a donné ou pas donné. 2 - En même temps, c'est aussi un nom qui vous permet de vous repérer dans votre lignée, la lignée de vos ancêtres. Il est frappant de constater comment dans la Bible nous pouvons lire une longue litanie de noms organisés en fonction d’une filiation paternelle et ce qui m'a toujours frappé dans cette longue énumération, c'est que justement le nom des femmes qui ont porté ces fils est le plus souvent élidée, comme si c’était une façon symbolique d’instaurer la métaphore paternelle, littéralement donc d'effectuer la substitution de ce nom du père à ce qu’il en était du désir de la mère. 3 - On trouve, dans toute analyse, y compris bien sûr dans la sienne, la façon dont chacun utilise son nom propre en le mettant en scène dans les rêves et les symptômes - Les névrosés brodent autour des lettres de leur nom propre ou des significations qu’on peut leur donner pour construire ce que Freud appelait le roman familial du névrosé et Lacan, la chanson de geste de la névrose dont le sujet est le héros. Au titre d’exemple, on peut évoquer comment on a pu découvrir dans l’après coup au moment où on a su son nom le fait que le Petit Hans qui s’appelait en fait Herbert Graff avait ainsi utilisé les lettres de son nom propre pour raconter sa fantaisie de la girafe chiffonnée, “Giraffe”, celle qui représentait tantôt sa mère, sous la forme de la grande girafe, tantôt sa soeur Anna, comme petite girafe. Cette fantaisie participant à toute l’élaboration signifiante de sa phobie, celle qui le protégeait du désir envahissant de sa mère. Pour préciser dons ce qu’il en est de cette fonction du nom propre dans l’analyse, dans une première approche on peut dire que le nom propre, étant pris dans les symptômes, participe ainsi à cette fonction de suppléance du nom du père qui est attribué au symptôme mais ça mériterait d'être un peu plus solidement étayé, étayé par la clinique. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Un rêve de Freud où, par ses talents d’orateur, il fait de l’obstruction au parlement ( podcast n°43) | 12 Jul 2024 | 00:05:53 | |
Ce sont les circonstances actuelles, en cette période électorale animée, qui m’ont donné l’idée de reprendre ce rêve de Freud car nous avons besoin plus que jamais d’un peu d’humour et même d’espoir. Ce rêve qui se trouve donc dans le grand ouvrage princeps de Freud, L'interprétation du rêve, est là, avec d'autres, pour démontrer que les rêves sont toujours égoïstes et sont les célébrations du Moi du sujet. C’est toujours ce Moi le héros du rêve, quelques soient ses déguisements. Ce rêve rappelle un peu celui de la monographie botanique. Là encore c’est un livre exposé dans la vitrine d’un libraire qui le provoque : Freud écrit « Le nom de la nouvelle collection est : orateurs (ou discours) célèbres, et le numéro 1 de la série porte le nom du docteur Lecher. » c’est le texte même du rêve. Il est donc très court. Dans l’analyse de ce rêve, Freud s’étonne de l’intérêt qu’il porte à ce dénommé Lecher. Il le définit en effet comme « l’orateur perpétuel de l’obstruction allemande au parlement ». C’est donc un incorrigible parleur ou orateur mais qui ne le fait que pour empêcher les autres de parler. De fait, ce Lecher, c’est lui, Freud, obligé de parler plusieurs heures par jour avec de nouveaux analysants. Cela peut paraître curieux à une première lecture, d’accorder tellement plus d’importance au fait de parler plutôt qu’au fait d’écouter. Mais peut-être qu’après tout Freud constate que l’analyse est en effet une expérience de parole et que ce rêve le met tout particulièrement en évidence. En tout cas Freud le proclame en effet « je suis donc moi-même de la sorte un orateur ou un parleur perpétuel » Une note des traducteurs cite la série des signifiants oraux qui sont à l’oeuvre. de ce rêve Je cite cette note parce qu’elle met bien évidence ce qu’il en est de la voix comme objet petit a Je cite « Le rêve joue avec le paradigme du discours (Rede), de l’orateur ( Redner) et enfin du Dauerredner, du député qui garde la parole pendant des heures au Parlement pour faire obstruction. Mais reden veut dire aussi parler tout simplement. » On peut quand même remarquer que ce rêve n’est pas interprété à proprement parler. Il n’est là que pour souligner le fait que Freud s’est identifié dans son rêve à ce député qui ne cesse de faire obstruction à la parole des autres, qui littéralement les empêche de parler. Alors on peut certes penser que c’est peut-être un avertissement qu’il s’adresse à lui-même, un effet de son Surmoi « Tu parles un peu trop, mesure tes paroles » ? En effet en français, j’ajouterai bien à la liste de ces signifiants allemands, celui de « parler à bon escient » ou encore « parler en connaissance de « cause » ». Mais il est vrai aussi qu’avec cette invention de la psychanalyse et le déchiffrage du sens de ces rêves, il est devenu un véritable homme de parole et pas seulement un parleur. De fait, on peut aussi penser que de voir son nom propre exposé dans la vitrine d’une librairie mérite bien de s’identifier à ce dénommé Lecher, quelques soient par ailleurs les défauts qui l’ont rendu célèbre. A noter enfin que, comme nous ne savons pas quel était pour Freud le sens de ce rêve, nous nous trouvons dans la même situation que l’analyste écoutant le rêve d’un analysant. Avant de savoir ce que lui nous en dira, nous pouvons toujours analyser ce qu’il provoque en nous d’effets de transfert. A ce propos, je me souviens avoir raconté en cours d’analyse, un rêve où je faisais parler Jacques Alain Miller. il disait en substance : » Je fais toujours ce que je dis ». Lacan m’avait rétorqué sobrement qu’en attendant, c’était quand même moi qui avait fait ce rêve ! Il en va de même pour Freud, c’était lui qui avait fait ce rêve et qui comptait bien faire de l’obstruction au parlement par la magie de son verbe. | |||
| La structure en psychanalyse ( Podcast n° 42) | 19 Jun 2024 | 00:10:51 | |
Au moment où le structuralisme était en vogue et que les philosophes l'opposaient à l'existentialisme, Lacan précisait, aux journalistes qui lui posaient souvent la question, ce que, lui, en tant que psychanalyste, mettait sous ce terme de structure et quel usage rigoureux il en faisait dans la champ de la psychanalyse. C'était en décembre 1966. Il avait accordé un interview au Figaro le 1 er décembre 1966, avec ce titre “ Un psychanalyste s’explique” Il disait à ce journaliste ceci : " Ce qu'on voit dans Freud, c'est un homme qui est tout le temps en train de débattre sur chaque morceau de son matériel linguistique, d'en faire jouer les articulations. Voilà Freud, un linguiste… toute l'œuvre de Freud est à déchiffrer en fonction d'une grille linguistique qui n'a été inventée qu'après lui ". Freud avait donc devancé Saussure. C’est dans cet interview que nous trouvons la définition la plus explicite de ce qu’est cette référence à la structure en psychanalyse : " La structure n'a pas la même signification pour chacun. Ainsi pour moi, le mot structure désigne exactement l'incidence du langage comme tel dans ce champ phénoménal qui peut être groupé sous la rubrique de ce qui est analysable au sens analytique. Je précise dans le champ de ma recherche dire " structuré comme un langage " est un pléonasme ". Les deux termes structure et langage sont équivalents, peuvent être substitués l’un à l”autre. Et maintenant si vous souhaitez trouver des preuves dans le texte freudien de ce que Lacan avance que Freud était un linguiste avant même l’invention de la linguistique, vous pourrez relire un texte passionnant qui a pour titre "L'intérêt de la psychanalyse" avec un de ses chapitres a d’ailleurs pour titre "L'intérêt pour les sciences du langage" Et oui ! Freud n'avait pas attendu Lacan pour s'intéresser à la linguistique ! Lacan reprendra ces fantasmes de grossesse pour en faire un mode d'instauration de la fonction paternelle dans la psychose et la névrose, laissant dans l'ombre, élidée, la question de leur rôle dans la perversion. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Sous le manteau de Noé; Les trois fonctions du père symbolique, imaginaire et réel ( podcast n° 41) | 19 May 2024 | 00:12:05 | |
A l’occasion d’un voyage en Italie, j’ai eu l’occasion d’admirer les fresques de la collégiale de San Giminiano, en Toscane. Une de ces fresques m’a bien amusée et intéressée. Elle décrit la scène du manteau de Noé. Selon la parole biblique, Noé, ignorant les effets du jus de la vigne, s’était enivré et une fois endormi, avait laissé voir tous ses attributs virils à ses trois fils. Sur cette fresque, on y voit donc en clair l’objet de l’interdit à savoir le pauvre petit zizi du père, avant qu’il ne soit vivement recouvert de son manteau par deux de ses fils respectueux, Sem et Japhet. D’après cette fresque on ne peut pas deviner que le troisième des fils, Cham, s’est, quant à lui, risqué à en avoir le cœur net et à jeter un petit coup d'œil sur la nudité du père. Il a même incité ses frères à braver cet interdit. Sans doute ce coup d'œil n’est-il pas loin de là, admiratif, puisque pour cette outrecuidance, Cham sera lourdement puni. Noé, sorti de son ivresse, le maudit et surtout le condamne à devenir l’esclave de ses deux frères. J’ai relu tout ce qu’il en est raconté dans la Genèse. Il y est décrit notamment comment les deux frères, pour recouvrir le corps du père de son manteau et mettre ainsi fin à cet intolérable spectacle, lui tournent le dos et marchent donc à reculons pour ne pas avoir à le regarder en face. Avec ce mythe du manteau de Noé, il semble bien que ce soit l’insuffisance de l’organe viril du père au regard du signifiant phallique que les fils ne doivent constater à aucun prix, pour pouvoir continuer à se soutenir de sa fonction d’exception et trouver ainsi leur statut d’hommes. Cette si amusante mise en scène ainsi que toutes les descriptions bibliques de la vie de Noé peuvent servir de points d’appuis pour aborder les trois registres dans lesquels intervient la fonction paternelle, le registre du réel, de l’imaginaire et du symbolique. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Psychiatre, psychologue, psychanalyste, lequel choisir ? ( Podcast n°40) | 23 Apr 2024 | 00:08:27 | |
Pour qui s’intéresse à cette question, Il n'est certes pas facile de savoir ce qui peut bien différencier un psychiatre d'un psychologue et d'un psychanalyste car ces trois praticiens ont au moins en commun le fait qu'ils s'occupent tous les trois de la souffrance psychique,. Si nous faisons apparaître ces deux termes de guérison et de suggestion, ils vont être pour nous deux éléments de différenciation décisifs Le psychiatre vous écoutera et vous parlera mais ce sera de surcroît car c'est un médecin : il vous donnera quelques paroles d'encouragement mais il vous prescrira également des médicaments. C'est avant tout sur eux qu'il compte pour vous guérir. Le psychologue ou psychothérapeute, vous écoutera et vous parlera, c'est en effet par la parole qu'il espère vous guérir de vos symptômes. Mais vous serez avec lui en face à face, c'est à dire que vous vous parlerez, de vous à lui et de lui à vous, et peut-être sera-t-il ainsi sollicité de vous répondre quelquefois du tac au tac. Le psychanalyste vous écoutera surtout - et par ses interprétations fort rares - vous permettra de vous guérir vous-même. Vous êtes allongé sur un divan, et le psychanalyste se trouve derrière vous pour n'avoir à prêter attention qu'à vos paroles et également pour se dérober à votre regard, pour mieux s'effacer devant vous. Mais cette première approche est loin d'être suffisante et c'est la que ce terme de Suggestion est très utile puisque tous trois n'en font pas du tout le même usage. Ce terme on peut je pense le définir comme le fait d'influencer quelqu'un, de lui imposer éventuellement une image, une pensée, une conduite, mais si on passe du nom au verbe, on peut choisir soit le verbe suggestionner, qui existe, soit le verbe suggérer. La césure entre ces deux verbes, suggestionner et suggérer, permet d'établir une coupure entre la psychanalyse et les autres formes de thérapies psychiques. Le psychanalyste ne suggestionne pas, il suggère, par ses interprétations ; Il « sussure », comme dit Lacan, des signifiants qui ont le pouvoir de guérir la névrose, voire la perversion. Ces faits liés à ces deux termes guérison, suggestion, on peut les retrouver dans le texte freudien, ce qui différencie la psychanalyse des autres formes de psychothérapie c'est un double renoncement : tout d'abord, celui concernant le plus court chemin pour arriver à la guérison au profit de l'élucidation des mécanismes en jeu, d'autre part le renoncement à la suggestion ou tout au moins à son utilisation mise à chaque fois en suspens, déboutée par le déchiffrage de ce que traduit, à chaque étape de l'analyse, l'amour de transfert, à savoir une manifestation du désir de l'analysant dans son lien au désir du psychanalyste. Par le biais du transfert, dans l'analyse, si la guérison des symptômes peut être obtenue c'est en retrouvant leurs sources infantiles : "… pour dissoudre les symptômes, il faut remonter à leurs origines, réveiller le conflit qui leur a donné naissance et orienter ce conflit vers une autre solution, en mettant en œuvre des facteurs qui à l'époque où sont nés les symptômes n'étaient pas à la disposition du malade". Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Qu'est ce que le complexe de castration ? ( Podcast n° 39), | 30 Mar 2024 | 00:11:48 | |
Dès les années 1900, au moment où Freud écrit son oeuvre initiale l’Interprétation des rêves, il analyse déjà quelques rêves qu’il met sous la rubrique “ Rêves de castration”. C’est donc là qu’il en découvre la dimension clinique. Parmi tous ces rêves, J’en ai retenu deux qui abordent si on peut dire clairement la question. Pour le premier Freud écrit “ Un garçon de trois ans et cinq mois, qui visiblement accepte mal le retour de campagne de son père, se réveille un matin perturbé et énervé et répète sans cesse la question ; pourquoi papa a porté sa tête sur une assiette ? Ce premier rêve exprime donc que cette crainte de castration est liée à une idée de vengeance du père par rétorsion. C’est l’enfant qui a d’abord souhaité castrer son père. Le second rêve que Freud lui a adjoint exprime alors cette angoisse de castration. C’est le rêve d’enfance d’un étudiant souffrant d’une grave névrose obsessionnelle. Il se souvient que dans sa sixième année, il avait souvent rêvé ceci “ Il va chez le coiffeur se faire couper les cheveux. Arrive une grande femme aux traits sévères, qui approche de lui et lui tranche la tête. il reconnait cette femme comme étant sa mère.” C’est le moins qu’on puisse dire, ce type de rêves fait dans l’enfance ne doit pas contribuer à favoriser les rapports harmonieux entre les hommes et les femmes une fois devenus adultes. La première fois que Freud parle, tout au moins d’une façon un peu élaborée, du complexe de castration masculin, dans les « Trois essais sur la théorie de la sexualité », en 1905, ce qu’il appelle complexe de castration c’est la difficulté du petit garçon à accepter que la mère ne soit pas pourvue du même organe que le sien. » il note que ce n’est pas le cas de la petite fille « elle ne se refuse pas à accepter et reconnaître l’existence d’un sexe différent du sien, une fois qu’elle a aperçu l’organe génital du garçon ; elle est sujette à l’envie du pénis qui la porte au désir si important plus tard, d’être à son tour un garçon. » Quelques années plus tard en 1914, dans son texte « Pour introduire le narcissisme »[1], Freud aborde à nouveau cette question du complexe de castration en le ramenant cette fois-ci non plus à la question de la castration de l’Autre mais de la sienne propre, une castration qui met en grand danger son narcissisme. Mais en ces mêmes années, dans le texte de l’Homme aux loups, dans cette partie qu’il intitule “ Complexe de castration et érotisme anal” en prenant appui sur la petite parcelle d’hystérie de l’Homme aux loups, nous pouvons aisément trouver un point de jonction entre la façon dont Freud aborde cette question du complexe de castration et ce que Lacan a élaboré, à propos de ce complexe, des trois modes d’instauration de la fonction paternelle, pour le sujet dit normal, le sujet névrosé, et le psychotique. Là où on peut effectuer cette articulation c'est en effet autour de la grossesse symbolique de L'homme aux loups que peut s'effectuer cette passerelle de l'un à l'autre.
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| La fonction secrète de l'hystérie dans la transmission de la psychanalyse ( podcast n° 38) | 10 Mar 2024 | 00:13:24 | |
C’est pour réhabiliter l’hystérie, lui redonner ses titres de noblesse que j’ai choisi, dans l’un de mes premiers livres, ce terme d’éloge à son sujet. "Eloge de l’hystérie", et d’ailleurs en mettant, pour une fois, à l’encontre de toutes les idées reçues, cette hystérie du côté du masculin. Son titre complet étant "Eloge de l'hystérie masculine" avec comme sous-titre “sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse” C’est un renversement qui est très utile, car, du coup, les analystes qui se sont toujours beaucoup intéressé aux femmes hystériques sont mis, à leur tour, sur la sellette, interrogés sur leur propre hystérie, sur leurs symptômes et donc sur leur désir inconscient. L’hystérie je la définirai donc comme une aptitude humaine fort répandue, celle de pouvoir traduire les douleurs psychiques intolérables en douleurs corporelles. C’est Madame Cécilia M., une mystérieuse héroïne des Études sur l’hystérie, qui a donné à Freud le secret de fabrication du symptôme hystérique. Elle lui a donc appris que l’hystérique redonne toujours à des locutions verbales les plus ordinaires, les plus utilisées, si ce n’est les plus usées, leur sens premier, leur sens d’origine. En voici un florilège: “ça m’a fait battre le coeur” “ J’en ai eu froid dans le dos" “J’en ai le souffle coupé”. “J’ai été clouée sur place” - “les bras m’en sont tombés” - “ j’en ai plein le dos”. C’est donc avec toutes ces expressions verbales que l’hystérique fabrique ses symptômes corporels : des palpitations, des vomissements, des diarrhées, des paralysies, des douleurs de dos et bien d’autres choses encore. Avec ce que je vous ai dit du symptôme hystérique on peut donc décrire comment chaque psychanalyste réinvente, remet la psychanalyse au monde avec ses propres fantasmes de grossesse qui s’expriment toujours par un symptôme hystérique. Je vous donne tout de suite un exemple de ces fantasmes de grossesse, avec celui de l’Homme aux loups, l’un des plus célèbres cas décrits par Freud dans les cinq psychanalyses. Je ne vais pas bien sûr vous raconter toute son histoire mais juste vous décrire son symptôme hystérique. Son désir d’être aimé du père et d’en recevoir un enfant se manifestait par un symptôme intestinal : Il souffrait d’une constipation opiniâtre qui ne cédait que lorsqu’un homme, son valet de chambre, lui administrait un lavement. Lorsqu’il était ainsi délivré de cet enfant, un enfant un peu particulier, il revenait à la vie, il se sentait renaître. Dans l’analyse, les fantasmes de grossesse de l’analysant et de l'analyste s’expriment avec l’aide du verbe Sauver, sous forme de fantasmes de sauvetage. L’analysant veut être sauvé - guéri par son analyste. De même, l’analyste peut vouloir sauver guérir son analysant. C’est là que la situation peut devenir fort périlleuse car pour l’inconscient, quand un homme sauve une femme, il lui donne un enfant. De même, quand une femme sauve un enfant de la noyade, comme la fille de Pharaon avait sauvé Moïse, elle le met au monde. Elle est sa mère. C’est donc important que l’analyste soit un peu au clair quant à ses propres fantasmes de sauvetage et qu’il sache donc où il en est de son désir de guérir ses analysants. Ce livre Eloge de l'hystérie masculine; sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse est paru chez L'harmattan en janvier 2020. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Approches analytiques de la délinquance ( Podcast n° 37) | 12 Feb 2024 | 00:10:04 | |
Bienvenue sur ce site de podcast Une psychanalyse à fleur d'inconscient. Aujourd'hui je voudrais vous parler des émeutes urbaines survenues il y a quelques mois avec ces hordes de jeunes déchaînés semant le chaos et la destruction autour d’eux et qui sont venues reposer d’une façon aiguë sinon urgente ces questions de la délinquance. Une approche analytique de ces questions ne pourrait bien sûr qu’être bénéfique, ne serait-ce que pour proposer quelques pistes de travail en vue d’y apporter des solutions. Reconnaître ces faits, cette source première de la délinquance se trouvant au sein de la famille est peut-être déjà un premier pas. Il me semble que c’est pour la première fois que cette source essentielle est évoquée par les responsables politiques de ce pays. Ils font en effet nommément appel à la responsabilité des parents. Au cours de ces mêmes années 1950 quand Lacan était encore psychiatre mais quand même déjà psychanalyste, il avait indiqué que les questions de délinquance et de criminalité était lié pour lui à la façon dont la famille de ces sujets se trouvait être non seulement isolée dans le contexte social qui l’entoure et surtout qu’elle était réduite au couple parental et aux enfants, avec donc très peu d’identifications possibles valorisantes et nombreuses à des adultes dont a besoin tout sujet pour trouver sa place dans la société. Dans l’ approche de la délinquance qu’en fait Kate Friedlander, on peut trouver une raison d’espérer, elle se trouve, comme souvent, au niveau de l’école. L’enfant après celui de la famille devra s’adapter à un autre groupe, le groupe scolaire. Elle aussi le préparera à sa future vie en société. C’est peut-être là que l’on pourrait agir de façon préventive, en mobilisant pour cette cause, une armée d’ouvriers, une armée de psychothérapeutes, prêts à intervenir auprès des enfants mais aussi des parents.
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| Crimes et délits ( Podcast n° 36) | 16 Jan 2024 | 00:13:55 | |
Dans le journal d’une analyse, celle de l’Homme aux rats, dès les premières séances, Freud raconte comment son analysant était poursuivi par l’idée qu'il était un grand criminel. Quand cela lui arrivait, il allait chercher l’aide de l’un de ses amis qui avait le pouvoir de le libérer de son obsession . A ce propos, cet été, j’ai lu un livre que j’ai beaucoup aimé qui s’appelle « le criminel et ses juges ». Ce livre écrit par des psychanalystes de la génération de Freud aborde la question du crime et de sa punition par la justice dans une approche analytique en fonction des désirs de meurtre inconscients de tout un chacun, y compris bien sûr des juges. Ce livre qui a été écrit en 1928, par Alexander et Staub. Les auteurs partent tous les deux de la métapsychologie de la névrose, pour éclairer analytiquement ce qu’il en est des actes criminels. Ils démontrent que la névrose est donc l’épanouissement, dans le domaine psychique, des tendances asociales de l’homme cultivé. Elle est dans son contenu psychologique et dans sa structure, une fidèle répétition de la justice pénale de l’histoire primitive [...] Le crime originel sous la forme de l’inceste et du parricide et même la forme de la peine primordiale, la castration. Ce qui n’est pas résolu dans cette approche analytique de la question de la criminalité, c’est le fait que le névrosé, selon la formule chrétienne de la confession, a péché en pensée, tandis que le criminel a péché en action. En 1950, Dans son texte “ Fonctions de la psychanalyse en criminologie”, Lacan a pris appui sur cet ouvrage d’Alexander et Staub, pour expliquer les mécanismes même du crime, par une énigmatique formule qui mériterait un long développement. Il exprimerait ce crime une “déhiscence dans le champ social du groupe familial”. Or si on a recours au dictionnaire, pour apprécier le poids de cette déhiscence du groupe familial dans le champ social, on constate que c’est un terme de botanique. C’est la fonction de certains organes végétaux qui s'ouvrent sans se déchirer à certaines époques pour libérer leur contenu : fruit, graine, pollen ou spore. La métaphore mérite d’être retenue car elle marque ainsi le point d’origine de la criminalité et des actes délictueux qui font bien irruption au sein de la société mais naissent au cœur de la famille. Lacan dans cet article de 1950, utilise encore pour expliquer ces mécanismes, un terme psychiatrique qui peut être fort équivoque, celui d’oedipisme. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Les hommes hystériques, ces ambassadeurs oubliés du pays de l'inconscient ( podcast n° 35) | 17 Dec 2023 | 00:09:33 | |
Aujourd'hui je voudrais vous parler de ces hommes hystériques qui ont pourtant toujours été présents à tous les grands moments, les moments décisifs de l’invention freudienne et notamment à son début. Ils étaient là bien sûr à ce grand moment inaugural où Freud revient de Paris avec son précieux butin, tout ce qu’il a appris de Charcot, après avoir assisté à ses entretiens du mardi à la Salpêtrière. Nous sommes en 1886 et Freud présente à ses confrères viennois, son premier cas d’hystérie masculine. sa conférence n'obtient pas le succès escompté et Freud en garde de l’amertume. Ils sont encore là ces prolétaires, ouvriers du bâtiment, chauffeurs de locomotives ou conducteurs de tramway, pour franchir avec Freud cette étape décisive, au fondement même de la psychanalyse, lorsque Freud étend le concept de traumatisme de la névrose traumatique à toutes les formes d’hystérie mais aussi bien à toutes les formes de névrose. Ils sont encore là, ces hommes hystériques, tellement féminisés, pour franchir une troisième étape, en 1908/1909, lorsque Freud loge à la même enseigne, les hommes et les femmes, sous le drapeau flamboyant de l'hystérie, dans son texte majeur, si éclairant quant à cette structure “ Les fantasmes hystériques et leur rapport à la bisexualité. Mais ce n’est qu’en 1928, avec son texte “Dostoïevski et le parricide”, qu’il donne ainsi ses titres de gloire à l’hystérie masculine. Elle est en effet liée à la question du désir de meurtre du père qui est au coeur de l’Oedipe mais aussi au fondement de la civilisation. Encore un pas de plus, et ces hommes hystériques aident alors Freud à déchiffrer comment cette haine pour le père, dans le cas de la névrose obsessionnelle, trouve elle aussi refuge dans le noyau hystérique de cette névrose, dans son soubassement hystérique. Mais l’importance de cette hystérie masculine peut également être retrouvée lorsque, dans l'enseignement de Lacan, au cours de son séminaire "Les structures freudiennes des psychoses" il a réussi à formuler ce qu’il en était de la structure de la psychose par rapport à la névrose, avec ce terme qu’il a avancé celui de forclusion du Nom-du père. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| L'importance des rêves de début d'analyse (Podcasts n° 34) | 12 Nov 2023 | 00:08:43 | |
Bienvenue sur ce site de podcasts “une psychanalyse à fleur d’inconscient”. Aujourd’hui je voudrais vous parler des trois sources du rêves avec parmi celles-ci une qui est particulièrement intéressante, celle des rêves qui surviennent en cours d’analyse et que Freud appelle rêves autobiographiques et qui révèlent de fait la source de la névrose, l’événement traumatique autour duquel elle s’est organisé. Mais Freud décrit tout d’abord comme première source du rêve celle du désir de dormir. C’est en quelque sorte un désir qui émane du Moi. Il cite comme exemple de rêve, celui de cet étudiant en médecine qui pour ne pas avoir à se réveiller et à se lever, avait rêvé qu’il était déjà à l'hôpital mais dans un lit de malade pour pouvoir y dormir tranquille. Mais ce désir de dormir peut entrer en conflit avec le désir inconscient qui demande à s’exprimer, les vigiles donnent aussitôt l'alarme et le rêve devient rêve d'angoisse ou cauchemar. Il trouble à ce moment-là le sommeil, il provoque le réveil. Ces "rêves à déplaisir" qui semblent faire obstacle au principe de plaisir restent quand même sous sa domination, au titre de sentiment de culpabilité ou de punition pour un désir interdit. Cependant en 1920, dans son "Au-delà du principe de plaisir", il décrit une autre catégorie de rêve qui fait non pas objection mais "exception à la théorie du rêve comme accomplissement de désir", ce sont d'une part les rêves de l'hystérie traumatique point de départ, ne l'oublions pas, de la découverte freudienne, d'autre part les rêves effectués au cours d'une psychanalyse. Ces rêves, souvent fait en début d’analyse, méritent en effet d'être considérés en tant que tels car ils témoignent de ce que Lacan appelait la chanson de geste de la névrose et désignent en quelque sorte, quels seront les buts à atteindre et les étapes qui seront à franchir au cours de cette analyse, ils en tracent en quelque sorte le chemin. Il peuvent être utiles à l’analyste, si ce n’est dans ce qu’on appelle, peut-être de façon présomptueuse, la “ conduite de la cure” mais il peut au moins lui donner quelques repères quant à la structure de la névrose, qu’elle soit phobique, hystérique ou obsessionnelle de l’analysant. Pour l’analysant, même si, en ce premier temps de l’analyse, il n’est pas à même de déchiffrer ce rêve, dans l’après-coup, il pourra découvrir, que tout était déjà là dans ce rêve, écrit avec les lettres de son destin, et notamment les lettres de son nom propre, tracées à partir de son histoire familiale. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des Liliane Fainsilber Musique : Sincerity par Glowing Palace
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| Ceux qui furent les enfants préférés de leur mère ( Podcast n°33) | 19 Oct 2023 | 00:09:37 | |
Aujourd’hui, à propos du souvenir d'enfance de Goethe si amusant, celui où il raconte comment il avait envoyé par la fenêtre toute une série d'ustensiles de cuisine, d'assiettes et de pots sous l’oeil admiratif de leurs voisins, souvenir d'enfance qu’il raconte dans “Fiction et vérité", je me pose la question de savoir quelle place l’oeuvre littéraire de Goethe a eu dans sa vie, tout comme l’oeuvre analytique de Freud dans la sienne ? Le texte de Freud qui a pour titre “ Un souvenir d’enfance dans Fiction et Vérité de Goethe ” peut nous en donner la dimension. Freud prend tout d'abord ce récit de Goethe comme un exemple de ce qu'est en fait un souvenir-écran, " cette chose conservée dans la mémoire" qui est "l'élément le plus significatif de toute cette partie de vie de l'enfance, ou bien qui l'est devenu après-coup, "sous l'effet d'expériences ultérieures". Puis, à partir de ce souvenir d’enfance, il généralise donc cette fonction du souvenir-écran. Il écrit : “On considère en règle générale que c'est le souvenir que l'analysé met en avant, qu'il raconte en premier, par lequel il introduit la confession de sa vie, qui s'avère être le plus important, celui qui recèle donc les clés des tiroirs secrets de sa vie psychique”. Mais ce qui a surtout retenu mon attention dans ce texte de Freud qu'il consacre à ce souvenir d'enfance de Goethe, c'est la conclusion inattendue qu'il en tire : Le jeune Goethe, écrit Freud, témoignait ainsi en racontant ce souvenir de ceci : "J'ai été un enfant chanceux; le destin m'a maintenu en vie bien que je fusse donné pour mort quand je vins au monde. Mais il a éliminé mon frère, de sorte que je n'ai pas eu à partager avec lui l'amour de ma mère"... Or je l'ai exprimé dans un autre endroit, quand on a été le favori incontesté de sa mère, on en garde pour la vie ce sentiment conquérant, cette assurance du succès... Et une remarque du genre : ma force s'enracine dans ma relation à ma mère, aurait pu être mise à juste titre par Goethe en exergue à sa biographie." Question : n'aurait-elle pas pu être également mise en exergue dans la biographie de l'inventeur de la psychanalyse ?
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| Polémiques autour des séances courtes de Lacan ( Podcast n° 32) | 21 Sep 2023 | 00:12:42 | |
Les séances dites courtes de Lacan suscitent encore de nos jours de vives polémiques d’autant plus qu’elles sont mises en exercice par d’autres analystes, aussi la question mérite-t-elle d’être posée à la lumière de ce que lui-même a pu en dire et en écrire. En 1953, dans son grand texte des Ecrits « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse » il avait abordé ce sujet en écrivant « Nous voulons … toucher un autre aspect particulièrement brûlant dans l’actualité, la fonction du temps dans la technique. Nous voulons parler du temps de la séance. Pour lui, il indique que c’est un élément qui appartient manifestement à la réalité, puisqu’il représente notre temps de travail, et sous cet angle, il tombe sous le coup d’une réglementation professionnelle qui peut être tenue pour prévalente » Mais il soulève alors un autre aspect beaucoup plus important, les incidences du temps de la séance tout d’abord par rapport à l’analyste puis par rapport à l’analysant. Concernant le temps de la séance par rapport à l’analyste et par rapport au groupe analytique il évoque “le caractère scrupuleux, pour ne pas dire obsessionnel, que prend pour certains sinon pour la plupart, l’observation d’un standard dont les variations historiques et géographiques ne semblent au reste inquiéter personne, est bien le signe de l’existence d’un problème qu’on est d’autant moins disposé à aborder qu’on sent qu’il entraînerait fort loin dans la mise en question de l’analyste ». Bien au-delà donc de ces questions institutionnelles, cette question du temps des séances est liée à la question de la part de l’analyste dans le travail de l’analyse, ce en quoi il va pouvoir favoriser, provoquer, l’émergence, le surgissement de la vérité. Il parle donc du temps de la séance par rapport à ce que raconte l’analysant. Il écrit : « Pour le sujet en analyse, d’autre part, on n’en saurait méconnaître l’importance. L’inconscient, profère-t-on, sur un ton d’autant plus entendu qu’on est moins capable de justifier ce qu’on veut dire, l’inconscient, dit-on, demande du temps pour se révéler [...] Mais nous demandons quelle est sa mesure ? Est-ce celle de l’univers de la précision… ? Peut-être en prendrons-nous quelque meilleure idée en comparant le temps de la création d’un objet symbolique et le moment d’inattention où nous le laissons choir ?
Je me pose quand même cette question: est-il donné à tout analyste de pratiquer ces séances courtes et en tout cas de les pratiquer de façon systématique. Il faut quelquefois un peu de temps à l’analyste pour pouvoir briser ce discours de l’analysant et lui permettre d’accoucher de cette parole.
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| Les femmes et le phallus (Podcast n° 31) | 30 Aug 2023 | 00:09:54 | |
Aujourd'hui je voudrais vous parler d'une gente dame, célébrée par Rabelais, qui prenait grand soin des attributs virils de son mari alors qu'il s'apprêtait à partir en escarmouche. Certes depuis mai 68, la libération des mœurs et la découverte de moyens de contraception efficaces ont modifié les rapports entre les hommes et les femmes, tout au moins dans nos pays, mais les ont-ils pour autant simplifiés et surtout améliorés ? Aussi l'évocation de l'éthique rabelaisienne qui place le souverain Bien au niveau des braies et des braguettes peut-elle être, dans notre approche, de quelques secours pour redonner son poids et ses pouvoirs de séduction non pas à l'organe masculin en tant que tel, mais à son symbole, celui qui était célébré au temps des divins mystères, sous la forme d'un phallus érigé, ce phallus sous l'égide duquel, les femmes et les hommes se trouvent ainsi rangés, d'un côté ou de l'autre. Ce phallus en devient ainsi un objet d'intérêt commun. En témoigne cette gente dame rabelaisienne, l'épouse du dit seigneur de Melville, qui voyant son mari tout armé partir en guerre avec son Roi, se préoccupait fort de ses parties intimes mal protégées selon elle et lui enjoignit de les couvrir d'un lourd casque de combat. Rabelais accompagne la morale de l'histoire, de ces vers : « Celle qui vit son mari tout armé. Fors la braguette, aller à l’escarmouche, Lui dit : « Ami, de peur qu’on ne vous touche, Armez cela, qui est le plus aimé. » Quoi ! tel conseil doit-il être blâmé ? Je dis que non, car sa peur la plus grande De perdre était, le voyant animé, Le bon morceau dont elle était friande. » Aussi avec cette supplique de la dame nous pouvons relire par exemple l'approche freudienne de la féminité selon laquelle il faudrait qu'une femme réussisse à étendre son amour de l'organe au porteur de celui-ci. Ce récit de Rabelais m'a aussi fait penser à un fragment d'une des plus tardives interventions de Lacan, à Genève, qui avait pour titre le symptôme où il y évoquait ce qu'il en est de la prédominance phallique dont se plaignent beaucoup les féministes pour y souligner que, selon lui, ce sont les femmes qui y trouvent les plus grands avantages. « Moi, je serais assez porté à croire, affirmait-il, que, contrairement à ce qui choque beaucoup de monde, c’est plutôt les femmes qui ont inventé le langage. D’ailleurs, la Genèse le laisse entendre. Avec le serpent, elles parlent – c’est-à-dire avec le phallus . Quoique ce soit l’un de mes rêves, on peut tout de même se poser la question – comment est-ce qu’une femme a inventé ça ? On peut dire qu’elle y a intérêt. Contrairement à ce qu’on croit, le phallocentrisme est la meilleure garantie de la femme. Il ne s’agit que de ça ». La Vierge Marie avec son pied sur la tête du serpent, cela veut dire qu’elle s’en soutient ». C'est merveilleux je trouve que Lacan évoque à propos de ce phallocentrisme définie comme la meilleure garantie de la femme, toutes les représentations de la Vierge foulant au pied le serpent. On peut en effet considérer qu'en le foulant ainsi au pied, comme le Petit-Hans avec sa girafe chiffonnée, elle en fait un signifiant. Dans cette anecdote racontée par Rabelais, outre l'importance de cette question du phallus, nous pouvons aussi retrouver avec ce bon morceau dont elle était friande, par ce glissement de l'objet viril à l'objet oral, cet objet primordial, le sein. La friandise, la gourmandise décrivent ces plaisirs de la bouche. Ainsi est évoqué ce que Lacan, dans son algèbre, a nommé l'objet petit a. J'ai emprunté ce récit au Tiers livre des faits et dits du bon Pantagruel dans le chapitre « Comment la braguette est la pièce principale de l'armure pour les hommes de guerre. C'est en effet un chapitre plein d'enseignement, comme j'ai essayé de le démontrer.
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| Une approche lacanienne de la sublimation ( Podcast n° 30) | 04 Aug 2023 | 00:10:56 | |
Bienvenue sur ce site de podcast, une psychanalyse à fleur d'inconscient. Aujourd'hui, je voudrais vous parler de l'un des destins de la pulsion, celui de la sublimation. Elle peut être considérée, à la suite de Lacan, comme un travail de symbolisation de la perte, une célébration de l'objet perdu. Freud, malgré la définition qu'il en a donné, « une satisfaction de la pulsion sans refoulement », n'a pas tout à fait réussi, malgré son étude de Léonard de Vinci, à tracer la métapsychologie de cette sublimation. Lacan, lui a franchi un pas de plus dans cette approche mais en repartant justement de l'un des plus anciens textes de Freud, son « Esquisse d'une psychologie scientifique » dans laquelle il décrit les premiers liens du petit nourrisson à sa mère. Freud y décrit comment le bébé découvre la présence de cette Autre préhistorique, la mère, en tant qu'elle est capable d'apporter satisfaction à ses besoins, lorsqu'il l'alerte par ses cris. Par son intermédiaire il fait tout d'abord l'expérience de la satisfaction, lorsque elle lui donne le sein, mais tout aussi bien l'épreuve de la souffrance. En effet elle n'obéit pas toujours au doigt et à l'oeil, elle vaque à ses occupations et ne répond pas toujours à son attente. C'est cette grande Autre archaïque qui est célébrée par tous ses troubadours, poètes, peintres, musiciens mais aussi psychanalystes. Cette Autre préhistorique, cette première étrangère, point d'origine de l'inconscient, se divise, selon Freud, en deux parties. L'une entre dans le champ des représentations inconscientes, au Das Ding, c'est cet objet qui échappe à toute symbolisation, à tout jugement qu'il soit d'attribution ou d'existence. Autour de cet objet par contre, s'organisent donc toutes les représentations inconscientes soumises au principe de plaisir, ce que Lacan appelle la ronde des signifiants. Ainsi cerné par du symbolique, s'instaure au cœur du sujet un point de réel, qui n'est autre que celui de l'objet perdu de la théorie freudienne et que Lacan appelle la Chose. C'est justement Autour de cette Chose, que pourront être cultivées les fleurs les plus délicates et les plus belles de la civilisation. Par rapport à ce concept de Das Ding, de La Chose, Lacan définit donc la sublimation comme étant le fait d'élever un objet à la dignité de la Chose. Il en devient le signifiant. Pour qu'il puisse ainsi représenter la Chose, cet objet créé par la sublimation doit toujours être construit autour d'un vide évoquant l'absence de l'objet. Les poèmes des troubadours célèbrent la dame inhumaine à jamais inaccessible. De même, les premiers vases, les premières poteries, traces d'anciennes civilisations, les peintures rupestres d'Altamira, même les pommes La sublimation du psychanalyste autour de ce même objet ne pourrait-elle pas mettre à nu la fonction de toutes les formes de sublimation, en constituer une sorte de paradigme en spécifiant les rapports singuliers de chaque psychanalyste à la Chose analytique et notamment en explicitant comment il a, autour de cet objet, à réinventer la psychanalyse à J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse".
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| Secrètes fragrances ( notes sur l’odorat) ( Podcast n°29) | 04 Jul 2023 | 00:10:34 | |
Bienvenue sur ce site de podcasts “ une psychanalyse à fleur d’inconscient”. Aujourd’hui en cette période de vacances, j’ai choisi de vous parler de parfums, des bonnes ou des mauvaises odeurs qui nous ravissent ou nous incommodent. Juliette, Juliette Nouredine, une chanteuse qui compose le plus souvent à la fois les textes et les musiques de ses chansons, a célébré dans l’une d’elles, des parfums, traces de la présence d’une femme aimée ou peut-être de l’homme aimé, on ne sait. Mais ce serait plutôt des parfums de femme qui sont ainsi évoqués. «Je veux garder pour en mourir Ce que vous avez oublié Sur les décombres de nos désirs Votre parfum sur l’oreiller. Laissez-moi deviner ces subtiles odeurs Et promener mon nez Parfait inquisiteur Il y a des fleurs en vous Que je ne connais pas Et que gardent jaloux Les replis de mes draps » On peut mourir d’amour et Juliette, célébrant les secrètes fragrances de son objet d’amour, nous en apporte la preuve, tout au moins en chanson. Mais il est un autre mot, dans le registre de ces odeurs qui est, lui aussi, un peu tombé en désuétude, et qui, au contraire des fragrances, est de l’ordre des mauvaises odeurs, c’est celui de « pestilence ». C’est un mot que Lacan avait utilisé à propos de l’analyste. Il avait en effet trouvé cette très jolie métaphore selon laquelle « l’analyste est un feu follet ». «Un feu follet, affirme-t-il, n’éclaire rien, il sort même ordinairement de quelque pestilence ». Lacan effectue ainsi un bien curieux rapprochement. Est-ce pour indiquer qu’avec les signifiants de ces pulsions partielles qui ont jalonnées son enfance, avec ces pestilences pulsionnelles, l’analyste trouve le chemin de son désir, un désir « averti » concernant « l’humaine condition »? Pour ma part, je me suis souvent posé cette question, à propos de ces bonnes et mauvaises odeurs. Pourquoi Freud et Lacan, dans la même veine, n’ont-ils pas érigé ces effluves odorantes ou nauséabondes au titre d’objet petit a, au même titre que le sein, les selles, la voix et le regard puisque Freud indiquait que les représentations de ces zones sexuelles abandonnées, ces signifiants de la pulsion, pour l’interpréter en termes de logique du signifiant, “dégagent maintenant la même puanteur” que le souvenir infantile évoqué. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| A propos du désir de devenir psychanalyste ( Podcast n° 28) | 10 Jun 2023 | 00:09:16 | |
Bienvenue sur ce site de podcasts Une psychanalyse à fleur d’inconscient. Aujourd’hui je vous poserai bien cette question : Le désir de devenir psychanalyste n’est-il pas du même ordre que le désir qu’expriment les enfants de devenir aviateur, conducteur de train ou camionneur, instituteur ou brocanteur ? Les analystes n’en parlent pas souvent parce que c’est de l’ordre
Rabelais, Le quart livre, chapitre 56. “Comment, parmi les paroles gelées, Pantagruel trouva des mots de gueule »
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Quand Freud empruntait son miroir incendiaire à Archimède ( Podcast 27) | 16 May 2023 | 00:11:22 | |
Bienvenue sur ce site de podcasts, « Une psychanalyse à fleur d'inconscient ». Aujourd'hui J'ai choisi en guise d'introduction, un rêve de Freud que je trouve amusant. Il écrit dans L'interprétation du rêve : « Je me retrouve de nouveau entrain de faire de la chimie au laboratoire de l’université. Le conseiller aulique L m'invite à venir quelque part. Il tient dans Il évoque l' événement de la veille qui a provoqué ce rêve, le fait qu’il avait appris une mauvaise nouvelle, la suppression du lieu où il pouvait jusqu’alors donner ses conférences. et Cela lui avait fait penser à ses débuts de jeune médecin où on lui avait refusé toute aide. Dans son interprétation, Freud décrit la façon dont ce conseiller aulique porte la lampe ou la loupe et évoque par cette association, la statue d’Archimède à Syracuse. Or ce monument célèbre le fait qu'Archimède avait pu mettre le feu aux voiles de la flotte romaine qui assiégeait la ville de Syracuse à l'aide d'un miroir incendiaire. C'est ce même objet que porte le conseiller aulique qui devance Freud. C'est ainsi que Freud met le feu à l'université. Le vernis de la civilisation est extrêmement fragile, il se craquelle et se fissure dans le moindre de nos gestes et de nos propos. Sous les plus belles réalisations humaines, dans les domaines de l’art, de la littérature ou de la politique, réapparaît sans cesse, sous une forme plus ou moins masquée, notre inhumanité à savoir notre désir de destruction envers ceux qui nous entourent. Si nous nous référons à ce que nous pouvons apprendre, à propos du moindre de nos rêves ou de nos actes manqués, nous pouvons découvrir que nous nous y débarrassons allègrement de tous ceux qui peuvent faire obstacle à la réalisation de nos désirs les plus Pour décrire cette foncière méchanceté qui est au cœur de chacun de nous, Freud, comme souvent, aime bien faire appel non seulement au savoir mais aussi à l’humour des poètes. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Comment guérir de sa névrose avec son psychanalyste ? ( Podcast n° 26) | 27 Apr 2023 | 00:09:58 | |
Aujourd'hui j'ai choisi un titre un brin provocateur. Certes la guérison de la névrose n'est pas censée être l'effet premier, le but d'une psychanalyse, mais il n'empêche que cette dernière a des effets et des effets bénéfiques pour le sujet, car sinon comment chaque analysant mais aussi chaque psychanalyste pourrait-il s'engager dans cette entreprise malgré toutes les embûches rencontrées à commencer par le choix d’un psychanalyste, les souffrances réveillées, remises à vif, du fait du transfert, et ce qu’il en coûte à chacun des efforts de toute sorte, surtout et y compris les efforts financiers. En 1978, au moment de la clôture du congrès de la transmission de la psychanalyse, Lacan avait posé cette question « comment se fait-il, que de par l'opération du signifiant, il y a des gens qui Si on tourne un peu autour de ce mot, il est pour le moins ambigu. Il peut décrire le savoir faire du psychanalyste, il connaît le truc, il sait comment s’y prendre. Il évoque donc l’habileté de l’artisan Ces deux versants possibles du truquage vont se trouver mis en jeu, mis en scène à propos des fantasmes de guérison de l’analysant qui existent dans toute analyse, pour peu bien sûr qu’on y prête attention.
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| Joyce-le-symptôme et Dostoïevski-l'hystérie ( podcast n° 25) | 05 Apr 2023 | 00:09:41 | |
Bienvenue sur ce podcast une psychanalyse à fleur d'inconscient”. Aujourd”hui je voudrais vous parler de la façon dont Freud, en son temps, avait relu Dostoïevski, tout comme Lacan avait relu Joyce pour le nommer Joyce le symptôme. Mon espoir étant de tirer quelques profits de ce rapprochement autour de la question de l’hystérie et tout spécialement de l’hystérie masculine. Dans son texte « Dostoïevski et le parricide », Freud écrit : « Ce n’est pas un hasard si trois des chefs d’œuvres de la littérature de tous les temps, L’Œdipe-Roi de Sophocle, le Hamlet de Shakespeare et les frères Karamazov de Dostoïveski, traitent tous du même thème, du meurtre du père. Dans les trois œuvres le motif de l’acte - la rivalité sexuelle pour une autre femme est aussi révélé. » Si Ulysse de Joyce est maintenant considéré comme une œuvre majeure de la littérature mondiale du dernier siècle, la question du parricide me semble y être éludée, tout autant que la question de la rivalité des hommes entre eux pour la conquête d’une femme. Bloom, tout au long de son périple au travers des rues de Dublin sait que Molly a rendez-vous avec l’un de ses amants, il connaît même l’heure de leur rendez-vous, sans pour autant apporter la moindre entrave à cette rencontre. De retour chez lui, il se glisse simplement dans le lit conjugal. Cette “abnégation”, sinon cette “équanimité” devant le triomphe de ses rivaux dans l’amour d’une femme, Freud l’a déjà décrite dans ce même texte de Dostoïevski et du parricide. Il la décrit en prenant pour exemple les héros de certaines autres nouvelles de Dostoïevski, mais en la replaçant dans les composantes du complexe de castration masculin. Avec beaucoup d’assurance mais aussi de sérénité voici ce que Freud en énonce : « le meurtre du père est, selon une conception bien connue, le crime majeur et originaire de l’humanité aussi bien que de l’individu ». De là vient son sentiment de culpabilité. Les motions sadiques envers le père, le désir de le tuer et de le castrer s’inversent et prévaut alors le masochisme dit féminin des hommes. En effet, à cette partie du complexe de castration, vient s'ajouter une autre composante, celle que Freud appelle la bisexualité de chaque sujet. Lorsque cette composante est trop forte, « la menace que la castration fait peser sur la masculinité renforce l’inclinaison du garçon à s’identifier à sa mère, « à tenir le rôle de celle-ci comme objet d’amour pour le père ». Cette prédisposition renforce donc la névrose. Est-ce que ce que Freud nous décrit là ne pourrait pas s’appliquer à Joyce, il semble en tout cas qu’une piste s’ouvre celle d’éclairer ce que Lacan a avancé à propos de Joyce, de cette question de sa « Père-version », ou encore sa version vers le père qu’il a soutenu à la mesure de ses moyens par son écriture, par son art d’écrire. Ce terme de père-version écrit avec un tiret et donc cette version vers le père est donc à prendre, tout au moins dans une première approche, comme correspondant à ce temps de l’Oedipe ou le père se fait préférer à la mère comme étant celui qui détient le phallus. J’ai effectué ce rapprochement dans l’un de mes ouvrages « Eloge de l’hystérie masculine. Sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse » paru chez L’Harmattan en 97. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| L'art d'interpréter les obsessions ( podcast n° 24) | 18 Mar 2023 | 00:13:16 | |
Bienvenue sur ce site de podcast “une psychanalyse à fleur d’inconscient”. Aujourd’hui je voudrais vous parler de l’art d’interpréter les obsessions en le rapprochant de l’art d’interpréter les rêves. Dans le grand texte des cinq psychanalyses, Freud a entrepris de décrire l’Histoire de l’Homme aux rats, faisant ainsi une magnifique approche théorique et surtout clinique de ce qu’est la structure d’une névrose obsessionnelle qu’au début de ses recherches il appelait névrose de contrainte. Le sujet est en effet contraint à penser ou à agir au gré de ses obsessions ou de ses compulsions. Il ne peut s’y dérober. Il agit au commandement. Dans ce texte de l’Homme aux rats Freud rédige un paragraphe ayant pour titre « quelques obsessions et leur explication »1 Il y est question de la technique d’interprétation des obsessions. Il en édicte deux règles : Première règle ne pas se laisser impressionner par leur apparente absurdité « On fait bien, écrit Freud, de ne jamais se laisser troubler, dans cette tâche de la traduction des obsessions, par leur apparente absurdité ; les obsessions les plus absurdes et les plus étranges se laissent résoudre si on les approfondit dûment. » A propos de cette caractéristique des obsessions, dans “L’Interprétation du rêve”, Freud consacre un chapitre spécialement aux rêves absurdes et il faut noter qu’ils ont tous pour thème latent les désirs de la mort du père. Seconde règle : rattacher cette obsession aux événements de la vie courante. Donc en apparence on utilise pour interpréter les obsessions, la même technique que celle de l’interprétation des rêves qui consiste à rechercher le petit événement de la veille qui a provoqué le rêve. Ce que Freud appelle « le reste diurne du rêve ». C’est souvent par là qu’il commence. Il en est de même pour l’obsession, mais on ne peut plus parler de «reste diurne », il s’agit d’événements qui semblent plus marquants et plus déployés dans le temps. Il ne s’agit plus du jour qui précède le rêve, mais de jours, de mois, voire d’années qui précèdent l’obsession. Pour illustrer la portée de ces deux règles, je démontrerai leur efficacité à propos de quelques-unes des obsessions de l’homme aux rats, notamment son obsession de se trancher la gorge avec un rasoir. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". Vous pouvez y retrouver la plupart de ces textes développés ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ )
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| Tous les animaux phobiques du Petit Hans ( Podcast n° 23) | 25 Feb 2023 | 00:11:00 | |
Bienvenue sur ce site de podcast “une psychanalyse à fleur d’inconscient”. Aujourd'hui je voudrais vous parler de l’un des héros des cinq psychanalyses, celui dont Freud a choisi d’évoquer l’histoire, en même temps que celles de Dora, de l’Homme aux loups et de l’Homme aux rats, sans oublier, bien sûr celle pleine d’aléas du Président Schreber. Il s’appelle le Petit Hans. Son histoire a ceci de particulier c’est que c’est une des premières analyses d’enfant. Dès les premiers jours du janvier 1908, son père, Max Graf écrivait à Freud pour lui demander de l'aide au sujet de son petit garçon alors âgé de trois ans. Il avait peur d'être mordu par un cheval et de ce fait refusait de sortir dans la rue. D'autres lettres du père suivirent décrivant le déploiement et l'évolution de ce symptôme ainsi que les tentatives d'interprétation qu’il en faisait. Ainsi naquit l’observation du "Petit Hans", écrite cette fois-ci par Freud. En un second temps, dans le séminaire de la Relation d'objet, Lacan en fit, à son tour, un très long commentaire, la reprenant presque ligne à ligne et jour après jour. La phobie du petit Hans prendra très vite une grande extension, se déployant en de nombreuses formes, sa peur initiale d'être mordu par un cheval deviendra aussi peur des chevaux qui tombent, peur des chevaux lourdement chargés, peur des chevaux ayant quelque chose de noir devant la bouche. D'autres animaux seront eux aussi appelés à la rescousse de ce cheval, deux girafes, la grande et la petite, la cigogne, personnage énigmatique qui apporte aussi bien la mort que la vie, et, presque passés inaperçus, une poule et son poussin à propos desquels ce jeune garçon se pose bien des questions sur les mystères de sa naissance et le rôle qu'avait bien pu y jouer son père. Je ne résiste pas au plaisir de le citer. "A Mungden, dit-il à son père, tu as pondu un œuf dans l'herbe et un poulet en est tout de suite sorti. Tu as pondu un œuf un jour, je le sais, je sais que c'est sûr. Parce que maman l'a dit. Moi - je demanderai à maman si c'est vrai. Hans - ce n'est pas vrai du tout mais moi j'ai une fois pondu un œuf et un poulet en est sorti." Au mensonge de la cigogne des parents, répond le mensonge du poulet du petit Hans. Mais il n'empêche que lui, aussi bien que son père, peuvent mettre au monde des petits poussins. Il vient d'inventer, pour son propre usage, le mythe de la couvade. J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". Vous pouvez y retrouver la plupart de ces textes développés ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ )
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| “Promenons-nous dans le Moi, tant que le Vous n’y est pas !" ( Podcast n° 22) | 02 Feb 2023 | 00:09:30 | |
Bienvenue sur ce site de podcasts “une psychanalyse à fleur d’inconscient. Aujourd’hui je partirai d’une jolie chanson de Serge Gainsbourg qui a pour titre " Le grand méchant vous". Elle peut en effet servir d’exemple à ce dont je veux vous parler aujourd' hui. Alors jeune psychanalyste, au congrès de Marienbad, Lacan avait provoqué quelques remous dans le monde analytique, en y présentant un travail sur le stade du miroir. Il a ainsi fait faire un grand pas à la théorie en mettant ainsi en évidence l’importance dans la structuration du sujet, de la rencontre tout d’abord de sa propre image qui, à un stade très précoce, entre six et dix-mois, constitue en somme la matrice imaginaire source de ses futures identifications. Si cette première rencontre avec son image est source d’exultation il n’en va pas de même des rencontres ultérieures avec l’image des autres humains qui l’entourent. . Lacan a très souvent repris la description de Saint Augsutin décrivant comment un enfant regardait d’un regard empoisonné son petit frère de lait appendu au sein de sa mère. C’est pourtant grâce à ces petits autres que l’enfant découvre le monde illimité de ses désirs et constitue toutes ces identifications avec ses objets d’amour ou ses objets rivaux auxquels il a dû renoncer. On découvre donc que la jalousie y joue un rôle essentiel et nécessaire. Car s’il y était, sûrement il nous mangerait J’ai peur, j’ai peur de ce grand méchant Vous." Quelques strophes plus loin il chante : Mais comment savoir dans cette rivalité Qui de Moi ou qui de vous l’emporte en cruauté Promenons-nous dedans le moi pendant que le Vous n’y est pas!" La métaphore poétique, cette substitution du Vous ou Loup porte ses fruits ! Qui hurle avec les loups, qui se jette dans la gueule du loup et qui de vous ou de Moi l’emporte en cruauté ? J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". Vous pouvez y retrouver la plupart de ces textes développés. ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ )
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| Superstitions, obsessions, compulsions ( Podcast n° 21) | 10 Jan 2023 | 00:11:37 | |
La superstition anciennement évoquait plutôt la croyance en de faux-dieux par rapport aux religions officielles mais de nos jours, elle est définie, par Furetière, comme une « croyance irrationnelle à l'influence, au pouvoir de certaines choses, de certains faits, à la valeur heureuse ou funeste de certains signes ». Un chat noir porte malheur. Être superstitieux, c’est prendre en compte les désirs inconscients qui nous animent, Dans son ouvrage « Psychopathologie de la vie quotidienne », Freud rreprend cette question de la superstition et indique que "chez les névrosés, souvent très intelligents et souffrant d’idées obsédantes et d’états obsessionnels, qu’on constate avec le plus de netteté que la superstition a sa racine dans des tendances refoulées d’un caractère hostile et cruel. La superstition signifie avant tout attente d’un malheur, et celui qui a souvent souhaité du mal à d’autres, mais qui dirigé par l’éducation, a réussit à refouler ces souhaits dans l’inconscient, sera particulièrement enclin à vivre dans la crainte perpétuelle qu’un malheur ne vienne le frapper à titre de Et tous les thérapeutes qui s'occupent de ces Tocs auraient grand intérêt à s'y replonger.
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| De la nécessité des entretiens préliminaires ( Podcast n° 20) | 11 Dec 2022 | 00:09:56 | |
J’ai trouvé, dans un texte de Lacan qui a pour titre « le symptôme », quelques lignes qui évoquent la nécessité des entretiens préliminaires. Cette question n’est pas souvent abordée, celle de savoir à partir de quand celui qui vient demander une analyse s’allonge sur le divan.
Lacan articule cette question des entretiens préliminaires au nom qu’il a donné à celui qui vient demander une analyse, celui d’analysant. De la durée des entretiens préliminaires et de ce qui s’y passe dépendra le fait que l’analysant puisse effectuer ou non sa tache psychanalysante. Du participe passé au participe présent c’est ainsi qu’il met au travail le dit analysant. Il a la charge de déchiffrer lui-même le sens de ses symptômes et de tracer ainsi la voie de sa guérison en présence de l’analyste à qui il s’adresse mais qui est aussi l’objet de ses cogitations, de par l’effet du transfert. Il écrit : « Ce que je voulais dire, c’était que dans l’analyse, c’est la personne qui vient formuler une demande d’analyse qui travaille. A condition que vous ne l’ayez pas mise tout de suite sur le divan auquel cas c’est foutu. » Il précise donc qu’il faut attendre une nouvelle formulation de sa demande : “Quand vous lui dites de commencer – et ça ne doit être ni la première, ni la seconde fois, au moins si vous voulez vous comporter dignement – la personne donc, qui a fait cette demande d’analyse, quand elle commence le travail c’est elle qui travaille. Vous n’avez pas du tout à la considérer comme quelqu’un que vous devez pétrir. C’est tout le contraire. Qu’est-ce que vous y faites là ? Cette question est tout ce pour quoi je m’interroge depuis que j’ai commencé ». Dans ce paragraphe, chaque phrase, chaque mot a son importance. S’en dégagent ces trois points :
J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". Vous pouvez y retrouver la plupart de ces textes développés. ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Liliane Fainsilber Musique : Sincerity par Glowing Palace Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Des Bernard Palissy de la psychanalyse ( Podcast n°19) | 12 Nov 2022 | 00:09:31 | |
Bienvenue sur ce site de podcasts Une psychanalyse à fleur d’inconscient. Aujourd’hui je voudrais à nouveau vous parler d’argent. Dans l’un de ses livres Gérard Haddad se compare à Bernard Palissy brûlant tous ses meubles pour découvrir l’art de la porcelaine. Chaque analysant peut se comparer à cet homme de passion, car la psychanalyse en est une.
Pour l’analyste, ce paiement par l’analysant n’est pas sans importance, ne serait-ce que parce qu’il lui permet de gagner sa vie, mais c’est aussi la preuve, aussi bien pour lui que
J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse. Je l'ai appelé " Le goût de la psychanalyse". Vous pouvez y retrouver la plupart de ces textes développés. ( https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ ) Liliane Fainsilber Musique : Sincerity par Glowing Palace Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Deux rêves de femmes comblées ou la symbolique du rêve (podcast n° 18) | 20 Oct 2022 | 00:11:08 | |
Dans l’Interprétation des rêves Freud consacre un chapitre à la question de la symbolique. Il y écrit : « Quand on s'est familiarisé avec l'emploi surabondant de la symbolique pour figurer le matériel sexuel dans le rêve, on se demande si beaucoup de ces symboles ne sont pas analogues aux signes sténographiques pourvus une fois pour toutes d'une signification précise [...] Il faut ajouter à cela que cette symbolique n'est pas spéciale au rêve, on la retrouve dans toute l'imagerie inconsciente, dans toutes les représentations collectives, populaires notamment: dans le folklore, les mythes, les légendes, les dictons, les proverbes, les jeux de mots courants : elle y est même plus complète que dans le rêve ». J’ai choisi deux exemples de cette « imagerie inconsciente » du rêve. Avec le premier une jeune femme rêve d'un drôle de couvre-chef. Elle raconte : «Je vais me promener dans la rue en été, je porte un chapeau de paille de forme particulière, dont le milieu est relevé en l'air et dont les côtés retombent (ici la description hésite) de telle sorte que l'un tombe plus bas que l'autre. Je suis gaie et me sens en sécurité, et, en passant devant un groupe de jeunes officiers je pense: vous ne pouvez rien me faire. » Cette astucieuse analysante s’était coiffée des organes génitaux de son mari pour être sûre de résister à la tentation de se laisser séduire par tous ces jeunes officiers. «Ah comme j’aime les militaires ! » se disait-elle in petto. Peut-être l’air célèbre de la Grande Duchesse de Gérolstein avait-il inspiré son rêve. Offenbach connaissait l’âme féminine, Freud aussi… Je voudrais aussi souligner au passage, à propos de ce rêve, combien il est une belle démonstration de ce que Lacan soutenait dans les dernières années de son séminaire que l’homme aussi est un symptôme pour une femme. Là, il était au cœur de son agoraphobie, érigé en instrument de sa protection. A propos du second rêve que j'ai choisi, Freud nous dit qu'il « parait aussi très innocent. «]'ai rêvé, dit une dame, quelque chose que j'avais réellement fait dans la journée. Une petite malle était tellement pleine de livres que j'avais peine à la fermer. Je l'ai rêvé comme cela s'était réellement passé. » iI s'agit d'une petite boîte qui a été tellement remplie qu'on n'y peut plus rien introduire. Or tous les coffrets, corbeilles et boites sont toujours des représentations du réceptacle féminin. Jones a consacré un grand texte à la symbolique des mythes, des rêves et des symptômes. Lacan lui a rendu hommage, au moment de sa disparition en commentant ce texte sous ce titre« A la mémoire d’Ernest Jones, sur sa théorie du symbolisme ». Je me demande si on ne peut pas dire que tout ces symboles sont les effets d’anciennes métaphores qui sont en quelque sorte laissées à la disposition du sujet. Il peut les adopter. Elles lui vont comme un gant, mais justement parce qu’il peut les ajuster à sa mesure, leur donner une touche personnelle, les faire siennes. L'inconscient a plus d'un tour dans son sac comme le prouvent ces deux jolis rêves d'érotisme féminin.
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| L'hystérie ou "l'art de saisir le symptôme de l'Autre au vol" (podcast n°17) | 25 Sep 2022 | 00:10:23 | |
J'ai choisi aujourd'hui de vous parler de l'hystérie et de sa place essentielle dans la psychanalyse. Dans un texte tardif de son enseignement qui a pour titre « Joyce le symptôme ». Lacan évoque l'hystérie de Socrate et de la façon dont il saisissait « le symptôme de l'autre au vol » mais tout en soulignant que, l'analyste, doit savoir, lui aussi, saisir le symptôme de l'autre au vol pour pouvoir l'interpréter. Il Je trouve très belle cette expression de l'hystérie comme étant, en Cette approche est de plus un joli pied de nez de l'hystérique à tous ses détracteurs et ils sont nombreux ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||