Cette semaine, je rencontre le peintre Jean-Pierre Schneider dans son atelier, baigné par la belle lumière de l'automne parisien.
Formé à l'Ecole des Beaux-Arts de Lille, il a longtemps exploré la peinture abstraite, mais sans jamais renoncer à la peinture de paysage sur le vif avec son chevalet.
Aujourd'hui, lorsqu'il peint, une question, rapidement, s'impose à lui : que faire de tout cet imprévu qui surgit au détour d'un geste ou au cœur de la matière sur le tableau ? Que faire de ces accidents et de ces résistances sur la toile ?
Peindre, pour Jean-Pierre Schneider, c'est accepter que cet imprévu lui révèle une voie qu'il n'avait pas envisagée, une voie plus libre et plus ouverte que celle qu'il avait d'abord pressentie. Comme si peindre impliquait de renoncer à une intention première pour se laisser guider par ce qui, dans le tableau, cherche à exister.
Cette tension entre intention et renoncement ne concerne pas seulement l'artiste face à sa toile. Elle se retrouve dans nos vies. Nous aussi, chaque fois que nous élaborons nos projets, que nous tentons d'avancer avec une idée, toujours, nous rencontrons l'inattendu. C'est sans doute là que se joue notre capacité à rester fidèles à notre élan tout en nous ouvrant à ce que la vie nous invite à découvrir.
En quoi, précisément, la création passe-t-elle par un renoncement ? C'est la question de la semaine.