Dans ce nouvel épisode du Retour au réel, nous questionnons l'amitié. Si l'amitié est l'une des plus belles choses qui soient sur terre, souvent source d'instants sacrés qui sont un avant-goût de l’éternité, parfois, les amitiés que nous menons nous déçoivent.
Comme l'a écrit Aristote, sans amis, nul ne choisirait de vivre. Que serait une vie de solitaire, sinon un horrible cauchemar ?
Au fond, l'amitié est une affaire de choix, d’actes à poser ou à ne pas poser, puisque nos choix sont le fruit de délibérations intérieures, cela regarde aussi notre intelligence. L’amitié est une réalité à construire, à penser, et à réaliser librement.
En nous basant sur l'Éthique à Nicomaque d'Aristote, nous évoquerons les trois formes d'amitiés fondées sur l'utile, l'agréable et la mutuelle bienveillance.
Si l’on réfléchit bien, la justice n’est pas incompatible avec l’égoïsme. La véritable amitié est un dépassement de la justice, il y a dans l’amitié une gratuité fondamentale, on passe de la logique de l’échange à celle du don. Cela pose néanmoins la question de la réciprocité, et des attentes légitimes qu'on peut avoir envers autrui.
"L'ami vrai est celui qui sait regarder sans envie notre bonheur", écrit Gustave Thibon.
Nous évoquerons les conditions de l'amitié, le rôle des ressemblances et des différences, la confiance, le temps, la souffrance et les vertus nécessaires à l'amitié.
Nous poserons aussi la question de savoir si les amitiés homme-femme sont possibles en dehors de toute ambivalence.
Nous évoquerons également les relations toxiques, les mauvaises influences et la perversité.
Comment rester charitable à l'égard de personnes qui vraisemblablement font tout pour nous nuire ?
À l'opposé de l'hypocrisie, on serait tenté de proposer la sincérité comme vertu. Nous essayerons de régler le compte de cette prétendue vertu qui n'est bien souvent que le faux nez de l'égoïsme.
Aristote évoque également dans son livre l'amitié politique, une vertu bien oubliée à l'ère de l'individualisme et de la concurrence permanente.