Explore every episode of the podcast 🎙Po Na Biso
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| RDC : peut-on éviter l’escalade militaire ? | 23 Oct 2026 | 00:04:10 | |
Depuis l’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire appelé à succéder à l’Alliance fleuve Congo (AFC), la salve de réactions se poursuit et, désormais, on note des actions, essentiellement de la part des autorités congolaises : suspension des partis proches de Joseph Kabila, interdiction de voyage pour les officiers généraux et supérieurs, directives encore plus restrictives du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC). Bref, une escalade politique pour l’instant. Peut-on éviter l’escalade militaire ? Bonjour ! Je m’appelle Fred Bauma. Je suis le directeur exécutif d’Ebuteli. Vous écoutez le 42e épisode de la saison 6 de Po Na Biso. Nous sommes le vendredi 23 octobre 2026. Dans cet épisode, je m’interroge sur la logique de la guerre. Qu’est-ce qui change réellement dans cette nouvelle configuration ? Pour le gouvernement, il s’agit d’une confirmation de ce que le président Félix Tshisekedi disait déjà en 2024 : « Joseph Kabila (...) prépare l'insurrection. AFC, c'est bien lui ». Le porte-parole du gouvernement l’a d’ailleurs situé dans sa métaphore préférée : c’est le fils aîné du père, le Rwanda. Dans une certaine mesure, il s’agit donc d’une continuité, avec le mérite d’une clarification des acteurs. Cette nouvelle variante de la rébellion a d’ailleurs annoncé qu’elle reprendrait les engagements pris par l’AFC/M23 dans le cadre des négociations de Doha. D’autre part, il y a aussi des silences : la coalition de l’opposition C64 ne s’est pas exprimée malgré les pressions. Elle se réunira à Rome dans quelques jours. Au sein de la classe politique et de la société civile, les positions oscillent entre prise de distance, réaffirmation de l’attachement au président et appel au dialogue ; on relève également, quoique dans une moindre mesure, des déclarations individuelles de soutien au FRN. Les Églises catholiques et protestantes, quant à elles, n’ont pas encore adopté de position publique commune sur cette nouvelle configuration. Au sein de la communauté internationale, seule la Belgique, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, et, timidement, l’Union africaine, ont condamné cette nouvelle dynamique. Mais dans ces silences et ces réactions variées, une chose ressort : l’inconnu, l’attente, la violence prochaine. Jusqu’à ce qu’il y ait une autre indication claire, le FRN n’est rien d’autre qu’un M23 rénové, disent certains. Comme l’AFC avant lui. Il lui faut donc poser un « acte signature » pour démontrer l’effectivité de sa menace. Il lui faut faire la guerre. C’est, du moins implicitement, ce que l’on lit derrière cette interrogation récurrente : « Qu’est-ce que ça signifie vraiment, l’arrivée de Kabila ? » S’ensuivent alors les interrogations sur la direction de cette violence : Une progression vers le sud, Uvira, Fizi-Baraka, peut-être Kalemie et le Grand Katanga. Ou alors vont-ils prendre la direction de Walikale et le nord-est de la RDC ? Le gouvernement congolais saura-t-il les arrêter ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Joseph Kabila à la tête du FRN : ce qui change, ou pas | 16 Oct 2026 | 00:07:00 | |
L’Alliance Fleuve Congo (AFC), c’est fini. Désormais, c’est le Front pour la refondation de la nation, le FRN. Le 12 octobre, Joseph Kabila, ancien président de la RDC, a été annoncé à la tête de ce mouvement politico-militaire qui rassemble notamment les responsables de l’AFC et du Mouvement du 23 mars (M23). Une annonce qui suscite encore des émois, mais qui apporte aussi une certaine clarté dans la compréhension de la crise. Comment expliquer qu’on en soit là ? Bonjour ! Je suis Ange Makadi Ngoy, chercheuse à Ebuteli. Vous écoutez le 41e épisode de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 16 octobre 2026. Condamnation, désolidarisation, réaffirmation de soutien au président Félix Tshisekedi… Ce sont quelques-unes des réactions qui ont suivi l’annonce de la prise de la tête de la rébellion par Joseph Kabila. Trois jours plus tôt, le concerné, dans un discours publié sur les réseaux sociaux, annonçait qu’il dévoilerait « dans les heures, jours et semaines à venir » sa vision pour « sauver » le pays, après avoir estimé que ses « propositions, mises en garde et conseils ont été superbement ignorés par ceux qui nous gouvernent ». Il avait aussi affirmé qu’ « il n’y a rien, mais alors rien du tout à attendre du pouvoir actuel ». Mais pour comprendre cette annonce, il faut remonter d’abord à février 2025 lorsque Joseph Kabila, en exil, sort de son silence. Il publie une tribune dans le journal sud-africain Sunday Times où il critique la gouvernance de son successeur Félix Tshisekedi et dénonce la situation politique et sécuritaire du pays. Dans les semaines qui suivent, il multiplie les prises de parole médiatiques. En avril 2025, il annonce son retour en RDC « par la partie orientale». Et dans une autre adresse à la nation, il critique une nouvelle fois le régime de Tshisekedi et présente ses 12 propositions pour sortir le pays de la crise. Quelques mois plus tard, en octobre 2025, il lance « Sauvons la RDC », une plateforme politique réunissant plusieurs personnalités opposées au régime de Kinshasa. Cette chronologie met en lumière une évolution du positionnement politique et public de Joseph Kabila : d’abord une reprise de la parole politique, ensuite une volonté de structurer une opposition au pouvoir, et enfin une association directe avec un mouvement politico-militaire. Cette association n’est toutefois pas nouvelle : le dernier rapport de juillet des experts des Nations unies évoquait déjà « les liens grandissants » entre lui et l’AFC/M23. Qu’est ce que la présence affichée de Kabila changera-t-elle ? En premier lieu, Kabila apporte au mouvement un nouveau visage : celui d’un ancien chef de l’État qui a dirigé le pays pendant près de 18 ans. Cette dimension peut donner au FRN une visibilité politique nationale et continentale plus importante que celle dont disposait l’AFC/M23 seule, dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| La tournée des facilitateurs de l’Union africaine peut-elle amener à la désescalade dans l’est de la RDC ? | 09 Oct 2026 | 00:04:25 | |
Le panel des facilitateurs de l’Union africaine a entamé, le lundi 5 octobre, une tournée par Goma puis l’a poursuivi à Kigali et enfin à Kinshasa. Elle intervient dans un contexte paradoxal. Alors que les efforts diplomatiques se multiplient pour obtenir une désescalade entre les acteurs impliqués dans le conflit dont la RDC, le Rwanda et l’AFC/M23, les hostilités continuent sur les territoires de Lubero, Masisi, Kalehe, Rutshuru et sur les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Pourrait-elle amener les acteurs en conflit à la désescalade ? Bonjour et bienvenue dans ce 40e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli qui décrypte chaque semaine l’actualité congolaise. Je suis Ildefonse Bwakyanakazi, chercheur à Ebuteli. Cette semaine, nous nous intéressons à la tournée du panel des facilitateurs de l’Union africaine et à ce qu’elle pourrait avoir sur la crise de l’est de la RDC. Trois des cinq anciens chefs d’Etat composant ce panel, Uhuru Kenyatta, Sahle Work Zewde et Mokgweetsi Masisi, ont débuté leurs consultations dans la ville de Goma sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23. Au cours de cette première étape, cette délégation a rencontré les représentants de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha), du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+) ainsi que la coordination de la rébellion de l’AFC/M23. À la deuxième étape, les facilitateurs de l’UA ont rencontré le président Paul Kagame à Kigali, au Rwanda. Lors de la réunion de haut niveau tenue à Gaborone au Botswana en juillet dernier, l’UA avait émis le vœu d’arrimer les initiatives africaines de médiation aux processus internationaux de Washington et de Doha. Ce dernier n’a toujours pas abouti à un accord final mais plutôt à la signature de deux de huit protocoles dont celui sur le cessez-le-feu. A défaut de pouvoir faciliter la mise en œuvre d’un accord final, cette tournée vise à restaurer la confiance entre les parties protagonistes en identifiant les obstacles à la mise en œuvre des engagements pris par les uns et les autres. Elle vise également à inciter au respect du cessez-le-feu et à consolider les mécanismes de vérification, tout en évitant que les hostilités sur le terrain ne fassent dérailler les négociations en cours. Les questions humanitaires et la protection de civils étaient également sur l’agenda des facilitateurs. Par ailleurs, le facilitateur Uhuru Kenyatta envisagerait d'engager des consultations avec certains groupes armés actifs dans l’est de la RDC, vraisemblablement sans l’AFC/M23, puisque déjà au cœur de Doha. Cette démarche s’inscrirait dans la continuité du processus de Nairobi, qui avait également cherché à favoriser le dialogue entre le gouvernement congolais et les groupes armés. Toutefois, l’exclusion éventuelle du M23, le manque de clarté sur l’identité des participants, les modalités du dialogue et les engagements attendus soulèvent des interrogations quant à la portée de cette initiative. L’une des limites du processus de Nairobi résidait précisément dans la difficulté à articuler les différentes dynamiques armées et les enjeux régionaux. Dès lors, la capacité de cette nouvelle démarche à contribuer à une désescalade durable dépendra notamment de son inclusivité, de sa complémentarité avec Doha et de la mise en œuvre effective des engagements qui en découleront. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Le recensement en RDC : les leçons d’hier pour les décisions de demain | 02 Oct 2026 | 00:05:19 | |
Ce lundi 28 septembre, au centre culturel de Kinshasa, le coup d’envoi de la cartographie du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), a été donné. Le dernier recensement remonte à 1984. Depuis, la population, les villes, et l’organisation administrative du territoire ont profondément changé. Le besoin de disposer de données actualisées ne fait donc guère de doute. Mais au-delà du recensement, à quoi ces données serviront-elles concrètement et comment éviter qu’elles deviennent rapidement obsolètes ? Bonjour, je suis Joël Kiniati, data analyst à Ebuteli. Vous écoutez le 39e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 2 octobre 2026. La cartographie lancée au début de cette semaine constitue une étape majeure. Le Bureau central du recensement (BCR) explique que les équipes doivent notamment identifier et géolocaliser les bâtiments, répertorier les ménages et délimiter les zones de dénombrement. Autrement dit, avant de compter la population, il faut savoir précisément où elle se trouve. Pour réussir cette vaste opération, le pays avait estimé ses besoins à 192 millions de dollars américains. Mais lors de la table ronde des partenaires organisée en mars 2026, plus de 200 millions de dollars ont été mobilisés. La mobilisation de ces ressources constitue une étape importante. Mais le défi sera aussi de faire en sorte que cet investissement renforce durablement le système statistique national. Il peut notamment contribuer à moderniser les infrastructures de collecte et de gestion des données, et à doter le pays d’outils capables d’actualiser régulièrement les données démographiques. C’est ici que l’expérience du passé devrait nous conduire à réfléchir. En 1984, en raison notamment de contraintes techniques et matérielles liées à l’exploitation d’un volume considérable de données, les questionnaires individuels n’ont pas été exploités dans leur totalité. L’analyse détaillée des caractéristiques individuelles s’est appuyée sur un échantillon représentant seulement 10 % des données collectées. Autrement dit, seule une petite partie des informations collectées a pu faire l’objet d’une exploitation détaillée. Ce n’est donc pas simplement une question d’archives. C’est aussi une question de continuité : faire en sorte que les données produites aujourd’hui restent accessibles, compréhensibles et utilisables dans les années à venir. C’est précisément l’un des enjeux auxquels le deuxième recensement général de la population et de l’habitat devra répondre. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Le projet de budget 2027 du gouvernement Suminwa : « Le peuple d’abord » va-t-il occuper une place de choix ? | 25 Sep 2026 | 00:03:55 | |
Le 15 septembre, la Première ministre Judith Suminwa a déposé le projet de budget 2027 à l’Assemblée nationale, estimé à près de 25 milliards de dollars américains. La cheffe du gouvernement soutient qu’il s’agit d’un budget d’action et de souveraineté, destiné à répondre à plusieurs défis : le retour de la paix dans l’est du pays, l’amélioration du pouvoir d’achat de la population, la promotion de la production locale, les investissements publics stratégiques, etc. Comme à chaque session budgétaire, de bonnes intentions sont affirmées, mais dans la pratique, les résultats sont contrastés. La croissance budgétaire s’accompagne de l’augmentation du train de vie des institutions et des élites politiques, peu soucieuses du sort du peuple. Les allocations budgétaires pour la lutte contre la pauvreté demeurent faibles. En conséquence, on continue d’assister à l’accentuation des inégalités socio-économiques. Bonjour et bienvenue dans ce 38e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli . Ce podcast analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 25 septembre 2026. Je suis Jolino Malukisa, directeur du pilier gouvernance d’Ebuteli. Au cours de ces dernières décennies, la République démocratique du Congo a fourni beaucoup d'efforts en termes de mobilisations des recettes publiques. De 2007 à 2025, le budget de l’État est passé de 2 à 17 milliards de dollars américains. Aujourd’hui, le parlement est appelé à examiner un budget de 25 milliards de dollars américains. À qui profite cette croissance budgétaire ? Les indicateurs socio-économiques du pays démontrent que le budget de l’État congolais n’est pas utilisé comme un instrument de lutte contre la pauvreté et de réduction des inégalités socio-économiques qui frappent surtout les enseignants, les médecins, les militaires, les policiers et les autres fonctionnaires. Au-delà du train de vie spectaculaire des institutions et des élites politiques, il existe une tension entre les administrations “bouches pleines” ou riches et les administrations “bouches fermées” ou pauvres. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Manifestation de la C64 : la violence et la répression, position de force ou aveu de faiblesse ? | 18 Sep 2026 | 00:03:59 | |
Le 15 septembre, la manifestation à l’appel de la Coalition 64 s’est une nouvelle fois terminée dans la violence. Les partisans de cette plateforme qui s’oppose au changement de la Constitution voulu par le président de la République ont été attaqués par des jeunes partisans du pouvoir. Plusieurs personnes ont été blessées, tandis qu’un manifestant est mort dans la soirée. Les soutiens du président se sont félicités du niveau modeste de la mobilisation. Mais la répression et la violence qui ont émaillé cette journée doivent nuancer ce triomphalisme. Bonjour et bienvenue dans ce 37e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio qui décrypte l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, directeur du pilier violence à l’institut Ebuteli, et cette semaine, nous nous intéressons à la manifestation de la C64, et à ce qu’elle dit du rapport de force politique actuel. Il faut d’abord rappeler que l’opposition congolaise, qui soupçonne le président de la République de vouloir changer la Constitution pour rester au pouvoir en dépit de la limite du nombre de mandats, fait face à des défis importants. Elle est désunie, notamment entre la C64 et Sauvons la RDC, la plateforme de l’ancien président Joseph Kabila, en exil. Et dd’après notre dernier sondage, le président Félix Tshisekedi demeure populaire, notamment dans la capitale, Kinshasa. La guerre qui continue de faire rage dans l’est du pays fait passer au second plan les critiques adressées à la gestion de son gouvernement. Le camp présidentiel, qui se veut à la pointe du nationalisme, utilise largement cette situation pour décrire ses détracteurs comme des traîtres à la patrie. En annonçant un dialogue national le 27 août, le président s’est également posé en rassembleur même si les modalités de ce processus posent largement question. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| RDC : quels enjeux pour la session parlementaire de septembre 2026 ? | 11 Sep 2026 | 00:04:41 | |
Le 7 septembre, le député Augustin Kabuya a demandé au président de l’Assemblée nationale d’aménager l’heure de la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire prévue le 15 septembre. Se fondant sur l’annonce d’une manifestation de l’opposition prévue le même jour, il invoque des considérations d’ordre sécuritaire susceptibles de compromettre le déroulement pacifique de cette cérémonie. La tension politique, déjà perceptible, pourrait-elle perturber la prochaine session parlementaire et déplacer ses priorités ? Bienvenue dans ce 36e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, le podcast d’Ebuteli qui analyse, chaque vendredi, un sujet d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons à la rentrée parlementaire. Je suis Ithiel Batumike, chercheur à Ebuteli. La demande d’Augustin Kabuya peut, d’abord, être interprétée comme la reconnaissance d’un risque de confrontation autour du Palais du peuple. Elle ne prouve pas, à elle seule, que l’opposition a retrouvé toute sa capacité de mobilisation. Mais elle montre que la majorité prend suffisamment au sérieux la manifestation annoncée pour envisager de modifier l’organisation de la rentrée parlementaire. Ensuite, et c’est le cœur de cette analyse, ce report sollicité témoigne du climat de méfiance et de tension qui continue de caractériser la société autour de sujets clivants, tels que l’inclusivité du dialogue annoncé par le président Félix Tshisekedi ou les velléités de changement de la Constitution. Constitutionnellement, la session de septembre est essentiellement budgétaire. Le gouvernement doit déposer le projet de loi de finances au plus tard le 15 septembre, tandis que l’Assemblée nationale dispose de quarante jours pour l’examiner et l’adopter. Mais ces délais sont régulièrement dépassés. L’enjeu sera donc, d’abord, de savoir si le Parlement parviendra cette fois à adopter le budget dans les délais prescrits. L’autre enjeu budgétaire réside dans la répartition des crédits entre les institutions ou les missions de l’État. Cette répartition pourrait opposer les acteurs quant aux priorités du pays. Le niveau des crédits accordés à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sera notamment observé. Alors que l’insécurité fait déjà peser des incertitudes sur les élections de 2028, leur insuffisance pourrait nourrir davantage les soupçons de glissement du calendrier électoral. Le budget permettra donc de mesurer si les engagements en faveur du respect de ce calendrier sont accompagnés des moyens nécessaires. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Convocation du dialogue national par le président Tshisekedi: la neutralité du processus sacrifiée ? | 04 Sep 2026 | 00:06:20 | |
Le 27 août, le président Félix Tshisekedi a annoncé le « dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Celui-ci se tiendra sur le sol congolais pendant une période de trois mois. Il en a dévoilé le format qui commence par les consultations provinciales dans les 26 provinces du pays dont la synthèse nationale servira de base aux assises de Kinshasa. Il exclut les personnes ayant pris des armes et annonce une ordonnance de convocation du dialogue, la mise en place de la commission préparatoire et autres organes (bureau et assemblée plénière), et les mécanismes de suivi de la mise en œuvre. Avant même de parler de l’inclusivité et du contenu qui divisent déjà les parties prenantes à la crise, une question préliminaire se pose : comment assurer la neutralité du processus alors même que le dialogue est annoncé par le président de la République et son architecture est largement définie par lui? Bienvenue dans ce 35e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse les sujets d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons à l’allocution du chef de l’État annonçant le dialogue national. Je suis Reagan Miviri, chercheur principal à Ebuteli. Nous sommes le vendredi 4 septembre 2026. Le « dialogue national » annoncé par le président est clairement présenté comme relevant de la souveraineté institutionnelle de l’État. Alors que les confessions religieuses étaient pressenties pour piloter le dialogue et avaient même eu des séances de travail préparatoires avec le cabinet du chef de l’État à cette fin, elles ont été écartées du rôle de médiateurs. Le président a choisi de garder la conduite du dialogue dans son giron et de limiter les confessions religieuses à une position de participant à la commission préparatoire. Écarter la médiation des confessions religieuses sans proposer une alternative indépendante est problématique à plusieurs égards, mais notre analyse se limite à la notion de neutralité de la médiation ou de la facilitation, indispensable avant, pendant et après le dialogue. Le dialogue, c’est comme un match, à la seule différence que le but n’est pas la victoire d’une équipe mais un compromis permettant la fin du conflit. Comme sur le terrain de foot, il faut au préalable des règles du jeu et un arbitre ou une tierce partie neutre. La crédibilité du match comme du dialogue repose donc sur plusieurs critères dont l’autonomie, l’indépendance et la neutralité de cette tierce partie qui peut assurer la facilitation ou la médiation selon les processus. Avant tout débat de fond, il faut ainsi fixer des règles du jeu acceptées par les principales parties et une entité qui en assure le respect. C’est à cette tierce partie qu’il revient de rechercher l’adhésion des protagonistes à sa facilitation, puis de sécuriser un accord-cadre sur le processus même, notamment sur qui pilote réellement au-delà de la convocation, où se tient le dialogue, qui participe et quelles mesures de confiance précèdent les assises. La confiance entre les parties peut en effet se construire avec le temps mais la confiance dans le processus est primordiale et est souvent liée à la tierce partie neutre. Vous n’avez pas besoin de faire confiance à la partie adverse pour commencer le dialogue. Cependant, il faut un minimum de confiance dans l’arbitre et dans les règles du jeu qui assurent la crédibilité du processus. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Le chef, le parti et le système : sortir de la personnalisation politique en RDC | 28 Aug 2026 | 00:06:17 | |
Le jeudi 20 août, le directoire exécutif national d’Ensemble pour la République suspend Hervé Diakese de ses fonctions de porte-parole et renvoie son dossier devant le comité des sages. Grâce Omari est définitivement exclu. Trois semaines plus tôt, Moïse Katumbi, président de ce parti d’opposition, avait personnellement obtenu une réconciliation entre Olivier Kamitatu et Salomon Kalonda, deux de ses lieutenants. En moins d’un mois, Ensemble est ainsi passé de l’arbitrage du chef aux sanctions du directoire. En filigrane, cette crise offre un aperçu du fonctionnement du système politique congolais : les structures existent, mais la personne du dirigeant reste souvent indispensable pour les faire fonctionner et même pour faire vivre le parti. Bonjour, Je m’appelle Trésor Kibangula. Je coordonne les recherches sur la politique à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous écoutez le 34e épisode de Po Na Biso, le podcast d’Ebuteli qui décrypte, chaque semaine, une question d’actualité en République démocratique du Congo. Nous sommes le vendredi 28 août 2026. La crise d’Ensemble a été présentée comme une opposition entre les partisans du dialogue avec le pouvoir et ceux d’un rapport de force plus dur. Cette lecture donne peut-être trop de contenu politique à une rivalité entre dirigeants. Dans beaucoup de partis congolais, les affrontements portent rarement sur des idéologies ou des programmes clairement distincts. Ils expriment davantage des ambitions, des intérêts et des batailles de positionnement. La ligne vient du sommet. Lorsque le chef change de stratégie, ses lieutenants s’adaptent. Tenez : lorsque Félix Tshisekedi tenait un discours dur envers les responsables catholiques, plusieurs membres de sa majorité multipliaient les attaques contre le clergé. Puis le chef de l’État a « levé l’option » du dialogue après sa rencontre notamment avec le cardinal Fridolin Ambongo. L’Union sacrée de la nation a aussitôt rectifié le tir et le vocabulaire. Ainsi va la vie politique congolaise. Les partis ont évidemment besoin de dirigeants. Le leadership de Moïse Katumbi est reconnu par ses cadres, comme celui de Jean-Pierre Bemba au MLC ou de Vital Kamerhe à l’UNC. Cette autorité devient problématique lorsque le parti ne peut plus définir sa ligne, régler ses conflits ou préparer son avenir sans l’intervention du chef. Même les successions portent la marque de cette personnalisation. Après la mort d’Étienne Tshisekedi, son fils Félix est élu à la tête de l’UDPS en 2018. Son élection passe par un congrès, mais le nom et le capital politique hérités de son père facilitent cette transmission. Son arrivée au pouvoir l’année suivante a probablement aussi contribué à contenir les divisions du parti. Ce fonctionnement déborde les partis et gagne les institutions. En mars dernier, Modeste Bahati, alors deuxième vice-président du Sénat, affirme que le pays souffre davantage de la mauvaise application des textes que de sa Constitution. Ses propos sont interprétés comme une prise de distance avec la réforme constitutionnelle défendue par Félix Tshisekedi. Une pétition est lancée contre lui. Une partie des cadres de son regroupement le désavoue et réaffirme son soutien au chef de l’État. Bahati clarifie sa position, présente ses excuses et proclame sa loyauté. Il finit pourtant par démissionner. Le débat constitutionnel s’est transformé en épreuve de fidélité. ... Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Que fait la RDC de l’argent qu’elle mobilise ? | 21 Aug 2026 | 00:04:33 | |
Depuis quelques jours, l’Eurobond émis par la RDC suscite beaucoup de débats. Certains se demandent s’il fallait emprunter autant d’argent, alors qu’une partie importante des fonds ne sera pas utilisée immédiatement, mais génère déjà des intérêts. D’autres estiment au contraire que la RDC a bien fait de sécuriser ce financement à un moment favorable. Peu importe où on se situe dans ce débat, il pose une question importante sur l’utilisation des ressources que le pays mobilise.
L’Eurobond s’ajoute à plusieurs autres sources de financement, qui ne fonctionnent pas toutes de la même manière. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Dialogue national en RDC : des signes d’ouverture, mais toujours pas de cadre | 14 Aug 2026 | 00:05:06 | |
Depuis l’annonce d’un dialogue national inclusif, l’opposition n’a cessé de multiplier les sorties médiatiques pour poser ses préalables. Elle réclame notamment la décrispation du climat politique : libération des prisonniers politiques, restitution des passeports confisqués et abandon du projet de changement de Constitution.
Je suis Michel Nonga, fellow au pilier politique à Ebuteli. Vous écoutez le 32e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 14 août 2026. Ces derniers jours, une série de signaux a donné l’impression d’une ouverture du pouvoir vers la convocation d’un dialogue national inclusif. L’opposant Olivier Kamitatu a récupéré son passeport. Les dossiers judiciaires d’Emmanuel Ramazani Shadary et d’Aubin Minaku ont été transférés à l’auditorat militaire général. Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, des évêques et plusieurs personnalités ont également participé à une réunion au Palais de la nation autour du président de la République. Enfin, Félix Tshisekedi a renvoyé à l’Assemblée nationale, pour une nouvelle délibération, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum, qu’il pouvait pourtant promulguer.
Trois leçons peuvent se dégager.
Toutes ces séquences interviennent en effet moins d’un mois après l’annonce, le 17 juillet, de l’organisation d’un dialogue national inclusif. Trois jours plus tard, la C64 avait reporté sa marche prévue le 22 juillet pour « donner une chance » à ce dialogue. Elle avait toutefois fixé au pouvoir une échéance : le processus devait être officiellement convoqué au plus tard le 15 août et précédé de mesures de confiance et de décrispation. La C64 demandait également l’abandon du projet de changement de Constitution.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Pourparlers de Kampala avec la CRP : pari de paix ou prime à la rébellion ? | 07 Aug 2026 | 00:07:19 | |
Dans une série de vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, le porte-parole de la Convention révolutionnaire pour la paix (CRP) en Ituri, habillé en treillis, flanqué de trois combattants lourdement armés, a fait une déclaration sur le retour des populations forcées au déplacement depuis 2017. Il attribue l’instabilité en l’Ituri à l’incompétence des services de sécurité, mais surtout à la mégestion et au népotisme de Kinshasa. La CRP, créée à Kampala en mars 2025 par Thomas Lubanga , condamné par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, serait pourtant en pourparlers avec le gouvernement congolais en Ouganda sous la facilitation du président Yoweri Kaguta Museveni. Bienvenue dans ce 31e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse les sujets d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons aux pourparlers engagés avec la CRP. Négocier avec un groupe armé peut permettre de réduire les violences. Mais à quelles conditions cette recherche de la paix ne devient-elle pas une récompense accordée à ceux qui ont pris les armes Bonjour ! Je m’appelle Henry-Pacifique Mayala. Je suis le coordonnateur du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), un projet d’Ebuteli. Nous sommes le vendredi 7 août 2026. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Dialogue national, changement de Constitution, guerre dans l'est de la RDC : à malin, malin et démi ? | 31 Jul 2026 | 00:04:35 | |
En politique comme au domino, chaque action de jeu change les options de l’adversaire. Mais contrairement au domino, en politique, le gagnant est celui qui a le plus de pièces en réserve. Plutôt que de résoudre un problème, le jeu consiste surtout à gagner la partie, à défaire l’adversaire. C’est cela la politique congolaise actuellement et c’est cela le drame dans le contexte actuel. Bonjour ! Je m’appelle Ange Makadi Ngoy, je suis chercheuse à Ebuteli. Vous écoutez le 30e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse un sujet de l’actualité congolaise. Cette semaine, je m’intéresse au jeu politique qui se dessine autour du dialogue national, du changement de Constitution et de la guerre dans l’est de la RDC. Nous sommes le vendredi 31 juillet 2026. Le 17 juillet, lorsque le Cardinal Fridolin Ambongo et Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, ont annoncé, chacun en ses termes, la tenue imminente d’un dialogue national, les réactions ont été en grande partie positives, mais teintées de scepticisme. Plusieurs regroupements de la majorité présidentielle ont salué l’appel au dialogue. La Belgique, la France ou encore l’Union européenne ont encouragé ce développement et des coalitions de soutien au sein de la société civile ont commencé à se former. Dubitative mais pressée, une partie de l’opposition congolaise réunie au sein de la coalition C64 a, elle aussi, encouragé ce processus en posant quelques conditions. Elle a surtout, une deuxième fois, reporté sa marche prévue le 22 juillet pour donner une chance à ce processus. Le pouvoir, quant à lui, n’a cessé d’avancer d’autres pièces : l’agression rwandaise qui transformerait le mandat du chef de l’État en mission, l’occupation d’une partie du territoire qui empêcherait le pays d’organiser les élections, la loi sur le référendum adoptée au Parlement et validée, sous quelques réserves, par la Cour constitutionnelle, rendant possible, juridiquement, le processus de changement de Constitution. À côté de toutes ces pièces, il y a aussi « l’option levée » d’organiser un dialogue politique interne et inclusif. Une autre pièce inattendue pourrait sans doute renforcer la stratégie du pouvoir : le retour au Katanga de Katebe Katoto, frère de l’opposant Moïse Katumbi. Ses prochaines prises de position, après les consultations qu’il compte mener, seront minutieusement scrutées dans les prochains jours afin de comprendre son nouveau rôle dans le jeu politique actuel. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Les angles morts du dialogue national en RDC | 24 Jul 2026 | 00:06:12 | |
Le 17 juillet, le cardinal Fridolin Ambongo a annoncé la convocation d’un dialogue national inclusif, après une audience entre le président de la République Félix Tshisekedi et les confessions religieuses. Depuis, plusieurs voix s’élèvent déjà pour clarifier ce que ce dialogue serait ou ne serait pas. Le pouvoir en place tente de fixer ses lignes rouges et pose les conditions de participation. De son côté, l’opposition exige des garanties et prévient ne pas renoncer à la défense de l’ordre constitutionnel. Le dialogue sera-il une solution aux différentes crises ou un nouveau processus de plus ? Bonjour, Je suis Jessé Busomoke, assistant de recherche au pilier politique à Ebuteli. Vous écoutez le 29e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 24 juillet 2026. Le « dialogue national inclusif » annoncé pour résoudre les crises internes en RDC suscite plusieurs interrogations qui nécessitent une clarification avant sa convocation et ce n’est pas sans raison. La fracture de l’opposition, les désaccords sur l’agenda, le débat sur le degré d’inclusion font partie des épisodes de déjà-vu qui ont marqué les précédents dialogues politiques. Aujourd’hui encore, à la veille du nouveau dialogue annoncé, les mêmes interrogations surgissent. Premièrement, la question de l’inclusivité divise. Si le pouvoir s’attarde sur l’exigence de nommer le Rwanda comme agresseur et d’exclure ceux qui ont pris les armes contre la République, cette ligne reste ambiguë. D’autant que Kinshasa parle déjà avec l’AFC/M23 dans le cadre du processus de Doha. Le parti Ensemble de l’opposant Moïse Katumbi estime qu’il faut ouvrir les portes même à ceux qui ont pris les armes pour fédérer les vues de tous les Congolais et résoudre efficacement la crise actuelle. La plateforme « Sauvons la RDC » autour de l’ex président Joseph Kabila, condamné à mort, est-elle concernée ? Matata Ponyo, leader du parti Leadership pour la gouvernance et le développement (LGD), condamné pour détournement de fonds publics, sera-t-il de la partie ? Alors, cette quête d’inclusivité ouvre un débat plus large. Un dialogue politique peut-il prétendre être inclusif tout en excluant certains acteurs majeurs de la crise ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| RDC : au-delà des « agents fictifs », que révèle vraiment l’audit de la Police nationale congolaise ? | 17 Jul 2026 | 00:04:37 | |
Le 10 juillet 2026, lors du 94e conseil des ministres, Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre de l’Intérieur, a présenté le rapport de l’audit de la base de données de la Police nationale congolaise (PNC). Le constat est alarmant : sur les 157 886 dossiers recensés, près de 64 000 sont déclarés irréguliers. Cela signifie, entre autres, qu’environ 4 policiers sur 10 sont en situation irrégulière. Ces irrégularités pourraient représenter un manque à gagner annuel compris entre 99 et 233 millions de dollars américains pour l’État. Comment expliquer ces dysfonctionnements au sein de la PNC ? Et que peut-on attendre réellement de cet audit ? Bonjour, Je suis Clarisse Ngalula, fellow au pilier politique à Ebuteli. Vous écoutez le 28e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 17 juillet 2026. Ces révélations illustrent un enjeu plus large : celui de la mise en œuvre des réformes publiques. C’est précisément l’un des aspects suivis par Landila, le nouveau baromètre d’Ebuteli consacré aux engagements du gouvernement. S’agissant de la police nationale, la loi de programmation de la réforme a été adoptée et promulguée le 1er juillet 2025. Cet audit révèle toutefois que l’application concrète de cette réforme demeure confrontée à d’importants défis. L’audit du fichier général de la police laisse entrevoir des situations irrégulières avoisinant la moitié des dossiers contrôlés : des policiers fantômes qui pourraient être assimilés aux agents décédés, retraités, déserteurs ou encore non enregistrés dans le fichier officiel de la PNC. Le cumul de fonctions et le doublon pourraient aggraver davantage la situation. Pour assainir le fichier tant décrié, le gouvernement a été sollicité afin d’appuyer le processus de contrôle physique et d’octroi des cartes biométriques. À cet effet, Jacquemain Shabani a lancé le 9 juillet la phase opérationnelle de l’identification des effectifs de la police nationale congolaise. L’ opération sera déployée progressivement sur l’ensemble du territoire national, avec Kinshasa comme province pilote. Elle sera exécutée par la société Africa Business Agency (ABA), en collaboration avec les structures de la PNC. Mais le problème dépasse largement la PNC. Plusieurs institutions publiques ont révélé des anomalies similaires. À l’Assemblée nationale, un rapport interne publié après un mouvement de grève des agents administratifs a fait état d’environ 600 agents fictifs rémunérés par le système dit « Maboko banque » un mécanisme de paiement qui échappe souvent au contrôle. Dans d’autres secteurs, comme l’enseignement ou l’armée, des opérations d’identification ont également révélé des écarts entre les effectifs déclarés et réels. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| L'opposition peut-elle empêcher une modification de la Constitution ? | 10 Jul 2026 | 00:05:31 | |
La semaine dernière, des dirigeants de l’opposition congolaise et des représentants des principales Églises du pays se sont rendus à Bujumbura à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui occupe actuellement la présidence de l’Union africaine. L'initiative de Ndayishimiye a permis de reporter les manifestations qui devaient avoir lieu, mais la question reste posée : est-ce que l’opposition peut réellement empêcher le président Félix Tshisekedi de modifier la Constitution et de prolonger son mandat ? Bonjour et bienvenue dans ce 27e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, une capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC). Ce podcast analyse chaque semaine un sujet d’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 10 juillet 2026. Je suis Jason Stearns, conseiller stratégique chez Ebuteli. Pour de nombreux Congolais, la situation actuelle leur semble familière. Le pays entre dans une période de contestation politique qui rappelle celle de 2015-2018. À l’époque, le président Joseph Kabila était resté au pouvoir au-delà de la fin de son mandat constitutionnel en retardant les élections et en s’appuyant sur des manœuvres juridiques et institutionnelles pour prolonger son règne. En réponse, une coalition d’une ampleur inhabituelle s’était formée. Des organisations de la société civile, des mouvements citoyens tels que LUCHA et Filimbi, des partis d’opposition et, surtout, l’Église catholique ont mobilisé des centaines de milliers de Congolais lors de manifestations à travers tout le pays. Cette coalition a joué un rôle décisif pour maintenir la pression en faveur des élections et, finalement, garantir la première passation pacifique du pouvoir présidentiel de l’histoire du pays. Aujourd’hui, une nouvelle coalition prend forme. L’opposition s’est unie sous la bannière de la Coalition Article 64 (C64). L’Église catholique s’est une nouvelle fois imposée comme un acteur politique central, s’opposant publiquement à la révision constitutionnelle et mettant en garde contre toute tentative visant à supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels. Pour autant, ces similitudes ne doivent pas occulter les différences. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Dirigeants relativement bien perçus, institutions sévèrement jugées : comprendre le paradoxe congolais | 03 Jul 2026 | 00:04:10 | |
Cette semaine, Ebuteli, Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance, et la violence a publié, avec GeoPoll, les résultats d’un nouveau sondage interrogeant les perceptions des Congolais sur l’état du pays, de ses institutions et de ses dirigeants. Comme souvent, ce sont d’abord les chiffres les plus spectaculaires qui ont retenu l’attention : près de 60% de répondants estiment que la RDC va dans la mauvaise direction. Plusieurs institutions politiques et secteurs sont jugés sévèrement : la situation économique, les libertés publiques ou encore la sécurité continuent d’inquiéter. Mais à y regarder de plus près, le résultat le plus intéressant du sondage se trouve peut-être ailleurs. Il réside dans un paradoxe : alors que plusieurs institutions sont mal évaluées, certains dirigeants semblent mieux s’en sortir dans l’opinion. Comment expliquer ce décalage ? Bonjour, je suis Joël Kiniati, analyste des données à Ebuteli. Vous écoutez le 26e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 3 juillet 2026. Avant tout, rappelons que ce sondage ne dit pas ce que pense chaque citoyen pris individuellement, et qu’il ne prétend pas non plus offrir une photographie parfaite de l’opinion congolaise. Il repose sur un échantillon de 1 350 adultes répartis dans les 26 provinces selon leur poids démographique, avec des quotas par sexe et par tranche d’âge. Il a été réalisé par téléphone, en français et en langues nationales. Il ne s’agit donc pas d’un recensement exhaustif, mais d’un outil qui permet de dégager des tendances d’opinion à l’échelle du pays. Les résultats doivent ainsi être lus comme des indications solides sur les perceptions dominantes du moment, plutôt que comme le reflet exact de chaque conviction individuelle. Depuis plusieurs décennies, la vie politique congolaise repose sur des figures plus que sur des institutions. Les partis restent souvent structurés autour de leaders, les campagnes électorales sont fortement personnalisées et, dans le débat public, ce sont fréquemment les individus qui occupent le devant de la scène plutôt que les institutions qu'ils dirigent. Cela ne signifie pas que les dirigeants échappent à toute responsabilité. Les Congolais ont déjà montré par le passé qu’ils pouvaient sanctionner des leaders pour des promesses non tenues, la corruption ou l’insécurité. On l’a vu avec la présidentielle de 2018 et la défaite d’Emmanuel Ramazani Shadary, alors dauphin de Joseph Kabila, président sortant. Dans le contexte actuel, deux facteurs semblent brouiller davantage l’imputation des responsabilités au pouvoir en place : la campagne nationaliste qui renvoie en grande partie des difficultés du pays à l’agression rwandaise, mais aussi la faiblesse d’une opposition politique qui a longtemps peiné à s’organiser et à imposer un contre-narratif suffisament audible, ainsi que la domination du régime en place dans l’espace médiatique. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Assainissement de Kinshasa : les bâtisseurs du Service national peuvent-ils relever ce défi ? | 26 Jun 2026 | 00:05:32 | |
Depuis le 21 juin, 600 jeunes du Service national, communément appelés les Bâtisseurs de la nation, sont arrivés à Kinshasa. Ils constituent le premier groupe des 4 000 agents appelés à appuyer les opérations d’assainissement. La mégapole congolaise, autrefois appelée « Kin la belle », n’offre plus un bon cadre de vie à cause notamment du désordre observé dans la gestion des déchets solides et liquides, malgré l’existence de la Régie d’assainissement et du fonds d’assainissement de la ville. Des opérations telles que « Coup de poing », « Kin Bopeto » ou encore « Kinshasa ezo bonga » n’ont pas atteint leurs objectifs. Aujourd’hui, c’est le Service national qui est mobilisé pour assainir cette ville stratégique où siègent toutes les institutions clés du pays.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| État de siège : le boycott des députés de l'Ituri et du Nord-Kivu peut-il relancer le débat ? | 19 Jun 2026 | 00:04:13 | |
Les caucus des députés nationaux de l’Ituri et du Nord-Kivu ont décidé de suspendre leur participation aux activités de l’Assemblée nationale, à la suite de l’interruption de l’évaluation de l’état de siège et des opérations militaires en cours dans les deux provinces. Cette démarche intervient à la suite de demandes répétées d’une évaluation de cette mesure exceptionnelle. Au-delà du boycott lui-même, que révèle cette décision sur le débat politique autour de l’état de siège et de la manière dont cette mesure est évaluée cinq ans après son instauration ? Bonjour, je suis Ildefonse Bwakyanakazi, chercheur à Ebuteli. Vous écoutez le 24e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 19 juin 2026. Depuis mai 2021, les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu sont soumises à l’état de siège. Ce régime d’exception a été instauré principalement pour rétablir la sécurité dans ces deux provinces confrontées à la persistance des groupes armés et des violences. Il confère des pouvoirs étendus aux autorités militaires et policières et limite les droits des citoyens. Cinq ans après son instauration, cette mesure continue toutefois de faire l’objet de nombreuses critiques quant à son efficacité. Au regard des objectifs qui lui avaient été assignés, l’état de siège produit jusqu’ici des résultats insuffisants. Le niveau de violence a particulièrement augmenté. Certains groupes rebelles ont consolidé leur emprise sur certains territoires. Le M23 a occupé de vastes portions de territoire du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tandis que les Forces démocratiques alliées (ADF) continuent à perpétrer des massacres contre des civils. Les groupes armés de la Convention pour la révolution populaire (CRP) et de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) sont tout aussi actifs en Ituri. En dépit de ce bilan négatif, le parlement congolais a tout de même prorogé cette mesure près de 130 fois, souvent sans débat de fond. En août 2023, alors que les incidents sécuritaires dans les territoires sous état de siège avaient doublé par rapport à la période précédant l’instauration de cette mesure, le président de la République avait convoqué une table ronde afin d’évaluer les résultats : 195 des 196 participants, y compris les élus des provinces sous état de siège, s’étaient prononcés en faveur de sa levée. Trois ans plus tard, cette recommandation reste lettre morte. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Réforme constitutionnelle en RDC : l’ECC cherche-t-elle à recentrer le débat sur le consensus national ? | 12 Jun 2026 | 00:03:51 | |
Du 4 au 7 juin, le comité national exécutif de l’Église du Christ au Congo (ECC) s’est réuni en session extraordinaire. Cet organe de l’Église protestante congolaise s’est exprimé sur le débat autour des réformes constitutionnelles. Sa déclaration a suscité des lectures divergentes : pour certains, elle manque de clarté ; pour d’autres, elle traduit une volonté de ne pas réduire le débat à un simple choix entre changement de Constitution et statu quo. Sur une question aussi clivante, que révèle cette prise de parole ? Bonjour, je suis Olivia Kayumba, fellow au pilier politique d’Ebuteli. Vous écoutez le 23e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 12 juin 2026. Le débat sur le changement, ou non, de la Constitution prend de l’ampleur en RDC. Il oppose la majorité et l’opposition, mais pas seulement. Les églises s’y invitent également. Si plusieurs églises de réveil se sont déjà positionnées en faveur du changement de la Constitution, la position des autres confessions se clarifie peu à peu. L’ECC a décidé de s’impliquer aussi dans ce débat. Avant de se prononcer, ses dirigeants ont choisi d’écouter les différents camps. Ils ont ainsi reçu Augustin Kabuya et le professeur André Mbata pour le compte de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ainsi que Martin Fayulu, pour l’opposition. À l’issue de ces échanges, l’ECC a déclaré que toute « réforme constitutionnelle » devrait se faire dans le respect strict des dispositions de la Constitution, notamment les articles 5, 218, 219 et 220. Elle a également insisté sur la nécessité d’un « large consensus national ». C’est précisément cette combinaison qui suscite des interprétations divergentes. D’un côté, la déclaration rappelle les dispositions constitutionnelles généralement invoquées pour encadrer, voire limiter, les réformes. De l’autre, elle affirme que, je cite, « le peuple peut, dans les conditions d’un « large consensus national (...) et surtout dans un processus légitime, démocratique et transparent, statuer sur les dispositions de l’article 220 ». Pour certains, l’ECC rappelle ainsi les garde-fous existants. Pour d’autres, elle laisse ouverte la possibilité qu’un consensus national puisse conduire à rediscuter même les matières aujourd’hui considérées comme verrouillées ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| RDC : pourquoi le texte sur le référendum suscite-t-il autant d'inquiétudes ? | 05 Jun 2026 | 00:06:20 | |
L’Assemblée nationale s’apprête à adopter le texte qui fixera les conditions d’organisation du référendum en RDC. Déposée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy depuis le 16 décembre 2024, cette proposition de loi est indispensable pour l’exercice de la souveraineté du peuple, a affirmé Aimé Boji, président de l’Assemblée nationale. Cependant, le moment choisi et le contenu actuel de ce texte suscitent de nombreuses inquiétudes quant à l’avenir de la démocratie en RDC. Qu’est-ce qui explique les inquiétudes de certains acteurs face à ce texte ? Bonjour, je suis Ithiel Batumike, chercheur principal à Ebuteli. Vous écoutez le 22e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 5 juin 2026. Le délai accordé à la commission politique, administrative et juridique (PAJ) pour l’intégration des amendements des députés à la proposition de loi portant sur le référendum a expiré. Il ne reste donc plus qu’à procéder dans les tous prochains jours à l’examen des amendements de la commission, puis au vote article par article. Ce vote comblera un vide juridique persistant depuis 2006. Pour autant, certains acteurs ne le perçoivent pas comme une opportunité de consolidation de la démocratie. Au contraire, il vient s’ajouter aux sujets les plus clivants de la vie politique congolaise actuelle. Le débat sur la loi référendaire est pollué par l'ambition affichée par l'UDPS de changer la constitution. Les menaces à la cohésion sociale et le contexte sécuritaire préoccupant entourant cette réforme n’imposent plus désormais retenue, comme ce fut le cas après la chute des villes de Goma et Bukavu au début de l’année 2025. Pourtant, sur le terrain, la réalité n’a pas évolué depuis. Certains acteurs estiment même qu’une telle initiative dans ce contexte pourrait même être considérée comme un quitus à une balkanisation de fait du pays. Mais en dehors de l’opportunité de ce texte, c’est surtout son contenu qui pose problème. Il comporte, en effet, des dispositions qui créent un décor institutionnel extra constitutionnel. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Résurgence d’Ebola : quelles leçons tirer des crises passées ? | 29 May 2026 | 00:05:00 | |
Les installations et le matériel de l’ONG Alima ont été incendiés à l'hôpital général de Rwampara par une foule en colère en date du 21 mai. Cette bourgade située à une dizaine de kilomètres de Bunia dans la province de l'Ituri est au cœur de la nouvelle épidémie d'Ebola qui frappe l'est de la RDC. Cet incident a été déclenché par le refus du personnel de l'hôpital d’autoriser à la famille d’un patient décédé d’Ebola de récupérer son corps pour éviter la contamination. La famille a récupéré le corps par la force et six patients qui étaient suivis, dont trois cas confirmés, se sont enfuis. L'armée et la police sont intervenues pour rétablir le calme. Comment expliquer cette résistance et qu’avons nous appris des crises d'Ebola dans les passées ? Bonjour, je suis Reagan Miviri, chercheur principal à Ebuteli. Vous écoutez le 21e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 29 mai 2026. Le 15 mai 2026, le gouvernement congolais a déclaré la 17e épidémie d’Ebola issue de la souche Bundibugyo pour laquelle il n’existe pas encore ni vaccin homologué ni traitement spécifique. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Depuis, il a été rapporté plusieurs scènes de protestation contre l’enterrement sécurisé des personnes décédées d’Ebola. Ceci n'est pas un phénomène nouveau. Plusieurs incidents similaires ont eu lieu pendant d’autres épidémies et particulièrement pendant la dixième épidémie, qui avait touché la région de Béni et Butembo, entre 2018 et 2020. L'une des explications de la résistance pourrait être trouvée dans l'ignorance de la population face à cette maladie. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Fayulu, Sesanga, Katumbi, Kabund : C64, pour quoi faire ? | 22 May 2026 | 00:04:57 | |
Le mardi 19 mai, une nouvelle plateforme politique et citoyenne a vu le jour à Kinshasa. Son nom : C64, Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel. Objectif affiché : barrer la route à tout projet de changement de la Constitution. Mais derrière cette bannière constitutionnelle, que cherchent réellement Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund ? Assiste-t-on à un retour de l’opposition dans la bataille politique… ou au début d’une tentative de recomposition du rapport de force politique à l’approche de 2028 ? Bonjour, Je m’appelle Trésor Kibangula. Je coordonne les recherches sur la politique à Ebuteli. Vous écoutez le 20e épisode de Po Na Biso, le podcast d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui, chaque semaine, donne notre point de vue sur un sujet d’actualité en République démocratique du Congo. Mardi, à Kinshasa, l’opposition a retrouvé quelque chose qu’elle semblait avoir perdu depuis longtemps : une image de cohésion. Dans une salle chauffée par les slogans, les drapeaux des partis et une foule compacte massée jusque dehors, plusieurs leaders de l’opposition, parmi lesquels Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et un représentant de Moïse Katumbi ont lancé la Coalition Article 64 (C64), du nom de cet article de la Constitution qui donne aux citoyens le devoir de faire échec à toute prise ou exercice du pouvoir en violation de la Constitution. La scène était pensée. Et le message aussi. Mais au-delà de la démonstration de force visuelle, C64 révèle surtout une tentative de repositionnement politique de l’opposition dans un contexte profondément transformé par la guerre dans l’Est, la montée du discours patriotique et le rétrécissement progressif de l’espace politique. Depuis plusieurs mois, le pouvoir domine largement la bataille du récit public. Toute critique du régime est régulièrement exposée au soupçon de complicité avec Kigali ou avec les rebelles du M23. L’opposition peine à exister sans être renvoyée à une forme d’anti-patriotisme. C64 tente justement de sortir de ce piège. Le premier élément marquant est donc stratégique : contrairement à d’autres initiatives récentes, cette coalition prend soin de ne pas s’aligner explicitement avec le courant incarné par Joseph Kabila et sa plateforme Sauvons la RDC. En clair, Fayulu, Katumbi, Sesanga et Kabund essaient de reconstruire une opposition capable de contester le pouvoir sans être immédiatement absorbée dans le schéma « patriotes contre traîtres » imposé par la majorité politique actuelle. Mais derrière la défense de la Constitution, un autre enjeu apparaît rapidement : celui du rapport de force politique. Depuis des mois, les appels au dialogue politique interne se heurtent à la réticence du président Félix Tshisekedi. Les initiatives des Églises catholique et protestante n’ont pas véritablement avancé. Et beaucoup d’acteurs ont désormais le sentiment que Kinshasa n’accepte de discuter que lorsqu’un rapport de force lui est imposé. Les négociations directes engagées avec l’AFC/M23 à Doha, aujourd’hui délocalisées à Montreux, ont renforcé cette lecture. C’est là que C64 prend une autre dimension. Car la bataille contre le changement de Constitution peut mobiliser l’opinion. Elle pourrait permettre à l’opposition de retrouver des clés de remobilisation politique capables de rééquilibrer le rapport de force et, à terme, de pousser le pouvoir à accepter des discussions politiques nationales. Le camp au pouvoir a d’ailleurs essayé de riposter en annonçant à son tour le lancement « dans les jours à venir » de la Coalition des Congolais pour le changement de la Constitution (C4). Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| RDC : l’interminable attente de la relance de la Miba et l’exploitation du cuivre au Kasaï | 15 May 2026 | 00:03:37 | |
Le 7 mai, une entreprise chinoise a présenté un projet de production du cuivre dans le Kasaï-Oriental. Avec une production estimée jusqu’à 500 000 tonnes par an, ce serait l’une des plus grandes mines de cuivre du monde. Mais ce qui retient l’attention ici, c’est la Société minière de Bakwanga (Miba), le partenaire annoncé. Une entreprise que le gouvernement congolais essaie de relancer depuis une vingtaine d’années. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Les sanctions américaines contre Kabila peuvent-elles contribuer à la résolution de la crise du M23 ? | 08 May 2026 | 00:06:00 | |
Le 30 avril, les États-Unis ont sanctionné Joseph Kabila, ancien président de la RDC, pour son soutien à l’Alliance fleuve Congo (AFC) et au Mouvement du 23 mars (M23). Ces sanctions ont été saluées par le gouvernement congolais tandis que le camp de l’ancien président les a qualifiées de décision « profondément injustifiée » et « politiquement motivée ». Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Shabani sauvé, mais quelles leçons tirer ? | 01 May 2026 | 00:04:05 | |
Visé par une motion de défiance, le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani a finalement été sauvé par une motion incidente initiée par le député national Garry Sakata, qui dénonçait des irrégularités. Cette manœuvre met fin à des semaines de tractations, de pressions et de menaces entre partisans du ministre Shabani et députés motionnaires. Mais quelles leçons tirer de cette séquence politique ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Quelle est la situation sur les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu ? | 24 Apr 2026 | 00:03:52 | |
Le 20 avril, à Washington DC et Nairobi, des centaines de Banyamulenge ont défilé pour protester contre la situation de leur communauté sur les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, et en particulier le blocus de cette zone et les attaques de drones. Ceci a remis le sort de cette communauté sur le devant de la scène. Quel est-il exactement ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Motion de défiance contre Jacquemain Shabani : un révélateur des limites du contrôle parlementaire en RDC ? | 17 Apr 2026 | 00:05:07 | |
Le lundi 13 avril, le député national Laddy Yangotikala a déposé une motion de défiance contre Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre de l’Intérieur, pour « son incompétence » à sécuriser les citoyens et leurs biens. Depuis, le député et ses cosignataires font l’objet de pressions de la part de leurs formations politiques, tandis que le bureau de l’Assemblée nationale semble engagé dans une stratégie d’étouffement de cette initiative de contrôle parlementaire. Cette séquence remet dans le débat public une question plus large : la majorité parlementaire est-elle un frein au contrôle ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Pourquoi la sous-traitance migratoire des États-Unis pose problème en RDC | 10 Apr 2026 | 00:04:04 | |
L’annonce de l’arrivée des migrants en provenance des États-Unis d’Amérique soulève une vive controverse en RDC. D’un côté, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, rassure que cette situation serait temporaire, sans coût pour le trésor public congolais, et résulterait d’une décision pleinement souveraine. De l’autre, des questions subsistent sur les dessous de cette décision, tant du côté de la société civile que de l’opposition politique. Pourquoi la RDC rejoint-elle aujourd’hui d’autres pays africains qui avaient répondu favorablement à la demande américaine ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Qualification des Léopards au Mondial 2026 : de la célébration à la récupération politique ? | 03 Apr 2026 | 00:05:10 | |
« C’est Félix Tshisekedi qui l’a fait. On ramène quelque chose d’historique : cela fait 52 ans. Après Mobutu, aucun des présidents passés n’a pu le faire, seul lui y est parvenu », a déclaré Didier Budimbu, ministre des Sports, après la qualification des Léopards pour la Coupe du monde. Et d’ajouter : « Tout droit ti na trois ! » Allusion on ne peut plus claire au projet de changement de Constitution pour permettre au chef de l’État de se représenter pour un troisième mandat. Mais au-delà de l’exploit sportif, cette séquence interroge : où s’arrête la célébration nationale, et où commence la récupération politique ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Élections de 2028 en RDC : les responsabilités face au risque d’un éventuel glissement | 27 Mar 2026 | 00:05:07 | |
« L’évolution du processus électoral est observée avec une attention particulière par Washington (...) ». C’est ce qu’a déclaré le chargé d’affaires de l’Ambassade américaine en RDC à l’issue de son entretien avec Denis Kadima, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), ce 24 mars. Le diplomate américain a affirmé avoir été édifié sur la gestion des élections. Or, la feuille de route publiée par la Ceni en avril 2025 est devenue en partie obsolète du fait de la non réalisation de nombreuses activités. Cette situation fait craindre le report des élections, comme lors de la période de 2016-2018. Qui portera la responsabilité de ce deuxième glissement du calendrier électoral qui se profile à l’horizon ? Bonjour et bienvenue dans ce 12e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui décrypte chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Je suis Ithiel Batumike, chercheur principal du pilier politique à Ebuteli. Nous sommes le vendredi 27 mars 2026. En 2019, les États-Unis avaient imposé des sanctions aux présidents de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle ainsi qu’à trois acteurs de la Ceni pour «avoir repoussé les élections générales de 2016 en 2018 ». Étaient-ils les seuls responsables de ce report ? Les intéressés ont toujours soutenu que cette option avait été levée par l’ensemble de forces politiques et sociales au cours du dialogue de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Cet épisode vient aussi rappeler que les responsabilités en matière électorale sont rarement individuelles ; elles sont souvent le produit d’arrangements politiques plus larges. À moins de trois ans des élections attendues fin 2028, le spectre d’un nouveau glissement se rapproche. La Ceni accumule en silence des retards dans l’exécution de sa feuille de route électorale, principalement par manque de financement. L’identification et l’enrôlement des électeurs n’ont été lancés ni dans la province pilote ni dans les quatre aires opérationnelles, alors que la feuille de route prévoyait toutes ces activités avant mars 2026. Ces retards, combinés à un contexte sécuritaire toujours fragile et à une incertitude politique liée notamment aux velléités de révision ou changement de la Constitution, renforcent les inquiétudes sur le respect des délais. Pendant ce temps, les forces politiques et sociales en RDC semblent, pour l’instant, , faiblement mobilisées sur la question du respect des délais. À la place, une large coalition d’acteurs œuvrant consciemment ou non pour la non organisation des élections dans les délais semble même se dessiner. D’abord, le silence de la Ceni contraste avec ses dénonciations des décaissements tardifs des fonds par le ministère des finances lors du précédent processus. Alors, comment peut-on interpréter ce silence aujourd’hui ? Est-ce une prudence institutionnelle ou une contrainte politique ? Lire la suite sur www.ebuteli.org Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Insécurité à Kinshasa : entre démentis officiels et réalités du terrain | 20 Mar 2026 | 00:03:55 | |
Face à la recrudescence des actes criminels à Kinshasa, la députée Randall Muzito a déposé, le mercredi 4 mars 2026, une question écrite au bureau de l’Assemblée nationale, adressée à Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre de l’Intérieur. Dix jours plus tard, soit le 14 mars 2026, Freddy Ekofo, vendeur de bijoux au marché central de Kinshasa, a été abattu par des hommes armés au quartier Yolo-sud dans la commune de Kalamu. Quelles leçons tirées de cette recrudescence de l’insécurité dans la capitale congolaise ? Bonjour et bienvenue dans ce 11e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Je suis Joël Kiniati, analyste des données à Ebuteli. Nous sommes le vendredi 20 mars 2026. Depuis plusieurs mois, les habitants de Kinshasa dénoncent la multiplication des cas de braquage, de kidnappings, d’attaques de domiciles et d’agressions armées. Une situation alarmante mais différemment perçue par les autorités. Si le président de la République exige un renforcement de la sécurité, la police affirme que plusieurs cas relayés sur internet relèvent de rumeurs ou d’informations non vérifiées alors qu’il existe plusieurs faits vérifiables. Selon l’analyse des éléments collectés dans la presse, au moins 16 faits criminels ont été signalés à Kinshasa entre janvier 2025 et mars 2026. Braquages, attaques de domiciles, pillages de quartiers ou encore kidnappings. Par exemple, en février 2025, un braquage spectaculaire mené par des hommes armés dans une pharmacie à Lemba a fait deux morts et un blessé. En mai de la même année, des hommes armés ont fait irruption sur le site de l’Université de Kinshasa. En plein jour, ils ont braqué des changeurs de monnaie avant de disparaître avec une importante somme d’argent. Dans la commune de Mont-Ngafula, en août, les habitants ont également été confrontés à des épisodes de violence particulièrement marquants : près de 70 maisons ont été pillées en une seule nuit par des bandits armés dans le quartier Matadi-Mayo. Lire la suite sur www.ebuteli.org Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Quel sera l’impact des sanctions américaines contre l’armée rwandaise ? | 13 Mar 2026 | 00:04:51 | |
Les États-Unis ont imposé des sanctions contre l’armée rwandaise et quatre de ses officiers supérieurs. Annoncées le 2 mars, elles constituent un tournant diplomatique dans la crise qui secoue la partie orientale de la République démocratique du Congo. Quel sera l’impact de ces sanctions ? Bonjour ! Je suis Ildefonse Bwakyanakazi, gestionnaire des données du Baromètre sécuritaire du Kivu à Ebuteli. Vous écoutez le 10e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 13 mars 2026. Les sanctions imposées consistent en un gel de tous les avoirs aux États-Unis appartenant à l’armée rwandaise, aux entités qu’elle détient à plus de 50 %, et aux quatre officiers sanctionnés, à l’interdiction pour les entreprises et citoyens américains de réaliser des transactions avec eux et des restrictions de visas pour certains responsables rwandais. En pratique, et à moins que des autorisations spécifiques soient accordées, cela signifie que ces entités ne pourront plus utiliser ni le dollar, ni le système international de paiement Swift, ni les cartes bancaires américaines, qui dominent le système, ni utiliser les services des sociétés technologiques américaines, comme Microsoft et Google. L’impact sur la capacité militaire du Rwanda est difficile à estimer. Son rôle au sein des missions de maintien de la paix de l’ONU n’est pas directement mis en cause. Par ailleurs, l’armée rwandaise ne dépend pas fortement des équipements américains et possède une structure logistique autonome. Toutefois, ses fournisseurs non américains pourraient devoir réévaluer leur coopération à la suite de ces sanctions pour ne pas prendre le risque d’être à leur tour sanctionnés, si le dollar est utilisé dans la transaction par exemple. Ces sanctions pourraient aussi avoir un effet indirect sur les exportations de minerais par le Rwanda. Les acheteurs internationaux devraient notamment être certains que leurs fournisseurs ne sont pas contrôlés par l’armée rwandaise ou un des officiers supérieurs visés s’ils ne veulent pas s’exposer au risque d’être à leur tour sanctionnées. Plus globalement, l’administration américaine envoie un signal aux réseaux financiers internationaux : toute coopération avec ces structures peut désormais exposer à des amendes. Cela pourrait compliquer l’accès aux circuits financiers internationaux pour certaines élites sécuritaires rwandaises. Ces sanctions fragilisent aussi l’image internationale du Rwanda, longtemps présenté comme un partenaire sécuritaire fiable de l’Occident. Elles marquent aussi une rupture symbolique. C’est la première fois que l’armée rwandaise est directement sanctionnée par les États-Unis. Les sanctions interviennent dans un contexte où plusieurs initiatives diplomatiques dont les accords de paix signés à Washington fin 2025 tentaient de stabiliser la région. Washington accuse le Rwanda d’avoir violé ces accords en continuant d’appuyer militairement le M23 malgré le processus diplomatique. En conséquence, les États-Unis cherchent avant tout à utiliser ces sanctions comme levier politique pour contraindre Kigali à respecter ses engagements souscrits dans différents accords en cessant son soutien au M23. L’objectif n’est donc pas seulement punitif mais stratégique. Lire la suite sur www.ebuteli.org Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Secrétariat général de l’OIF : nouveau terrain de guerre entre Kinshasa et Kigali ? | 06 Mar 2026 | 00:06:22 | |
Fin février, la RDC a annoncé sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Juliana Lumumba a été désignée pour rivaliser avec la Rwandaise Louise Mushikiwabo, qui brigue un nouveau mandat, après ceux de 2018 et 2022 à la tête de l’institution. L’OIF est-elle devenue un nouveau champ de confrontation diplomatique entre Kinshasa et Kigali ? Bonjour ! Je suis Ange Makadi Ngoy, chercheuse à Ebuteli. Vous écoutez le 9e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse chaque semaine un sujet de l'actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 6 mars 2026. C’est une nouvelle scène de rivalité entre Kinshasa et Kigali. Cette fois-ci, elle se joue au sommet de la Francophonie. Kinshasa a finalement déposé une candidature au poste de secrétaire général de l’OIF, une organisation dont elle est membre depuis près de 50 ans. Et, c’est la première fois que le pays brigue cette fonction. Pourquoi maintenant ? Depuis l’arrivée du président Félix Tshisekedi au pouvoir, la RDC cherche à renforcer sa présence diplomatique et à reprendre sa place dans les concerts de nations. Mais cette candidature s’inscrit également dans le contexte de tensions entre Kinshasa et Kigali, lié à la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). Depuis 2021, Kinshasa fait face à la résurgence du M23, un groupe armé soutenu par le Rwanda. Avec l’appui de l’armée rwandaise, le M23 a réussi à occuper deux grandes villes du pays : Goma et Bukavu.
Dans ce contexte, l’OIF, dirigée par l’ancienne cheffe de la diplomatie rwandaise, est accusée par Kinshasa, à tort ou à raison, de défendre les intérêts rwandais en lieu et place de ceux des pays membres. En 2022, Jean-Michel Sama Lukonde, alors Premier ministre, avait boycotté la photo de famille de l’OIF. En 2023, l’organisation avait renoncé à auditer le fichier électoral congolais, officiellement « faute de temps », alors qu’une partie de l’opinion congolaise avait une méfiance à son égard. Lors du IXe Jeux de la Francophonie à Kinshasa, Louise Mushikiwabo n’avait pas été invitée par la RDC à l’ouverture de la cérémonie. Les autorités congolaises avaient soutenu, à l’époque, qu’en tant que co-organisatrice, la secrétaire générale de l’OIF n’avait pas besoin d’une invitation formelle.
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| La mort de Willy Ngoma marque-t-elle un tournant dans le conflit du M23 ? | 27 Feb 2026 | 00:04:59 | |
Le 24 février, un drone a tué Willy Ngoma, porte-parole militaire de la rébellion de l’AFC/M23, près de la cité minière de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu. Selon plusieurs rapports et sources diplomatiques, l'attaque de drone, menée dans la ferme de Kishusha, a fait au moins huit autres morts. Que nous apprend cette frappe ciblée sur l'état du conflit et sur l'avenir du processus de paix ? Bonjour et bienvenue dans le 8e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio qui décrypte l’actualité de la RDC. Je suis Jason Stearns, conseiller stratégique d'Ebuteli. La conclusion la plus évidente est peut-être que le cessez-le-feu proposé par le gouvernement angolais et accepté par Kinshasa il y a tout juste une semaine semble déjà obsolète. Cela n'a rien de surprenant : selon notre décompte, au moins huit cessez-le-feu ont été déclarés depuis le début du conflit en 2021, et rares sont ceux qui ont duré plus de quelques semaines. L’AFC/M23 et le gouvernement congolais avaient convenu en avril 2025 de suspendre les combats jusqu'à la fin des pourparlers au Qatar ; ces pourparlers sont toujours en cours, près d'un an plus tard. Plus largement, l'ensemble du processus de paix semble désormais compromis. Lorsque, après la chute de Goma et de Bukavu au début de l'année dernière, les États-Unis et le Qatar ont pris en main le processus de paix, ils ont réussi à empêcher tout combat à grande échelle. Un accord de paix entre les gouvernements rwandais et congolais a été signé à Washington en juillet 2025, puis réaffirmé en décembre. Parallèlement, l’AFC/M23 et le gouvernement congolais ont poursuivi leurs propres pourparlers à Doha, concluant une déclaration de principes en juillet, puis consolidant leurs engagements dans un accord-cadre en novembre. Cette dynamique s'est toutefois effondrée de manière spectaculaire début décembre, lorsque, alors même que les présidents Paul Kagame et Félix Tshisekedi se rendaient à Washington pour signer un nouvel accord de paix, les troupes rwandaises et celles du M23 ont lancé une nouvelle offensive majeure, rejoignant leurs alliés Twirwaneho dans les Hauts plateaux du Sud-Kivu et s'emparant de la ville d'Uvira. Puis, les 31 janvier et 5 février, des drones ont attaqué l'aéroport de Bangboka, près de Kisangani, le quartier général oriental de l'armée congolaise. Le gouvernement congolais n'est pas resté inactif non plus. Fin janvier 2026, il a lancé des attaques à grande échelle contre les positions du M23 et de l’armée rwandaise dans les Hauts plateaux du Sud-Kivu, avec l'appui des milices Wazalendo et de l'armée burundaise, manquant de peu de reprendre Minembwe. L'attaque de drone qui a tué Willy Ngoma s'inscrivait dans le cadre d'une autre offensive dans le territoire de Masisi, au cours de laquelle certains villages ont été repris. Lire la suite sur www.ebuteli.org Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Crise en RDC : Ndayishimiye remettra-t-il l’UA au centre de la résolution, là où ses prédécesseurs ont échoué ? | 20 Feb 2026 | 00:04:56 | |
Depuis le 14 février 2026, Evariste Ndayishimiye, président du Burundi, a pris la présidence tournante de l'Union africaine. Il a annoncé mettre son mandat sous le sceau de la recherche de la paix alors que le continent fait face à plusieurs crises sécuritaires dont la guerre en République démocratique du Congo dans laquelle le Burundi est aussi impliqué militairement. Depuis la récente escalade violence dans la plaine de la Ruzizi, le Burundi a accueilli des milliers de réfugiés congolais venus de la RDC. Le président Ndayishimiye parviendra-t-il à remettre l’organisation régionale au centre de la résolution de la crise en RDC ? Bonjour, je suis Reagan Miviri, chercheur principal sur les conflits à Ebuteli. Vous écoutez le 7e épisode de la saison 5 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 20 février 2026. Le thème annuel de l’UA pour 2026 est l'accès à l’eau. Tout de même, les priorités du mandat burundais seront aussi les questions de paix au Sahel, au Soudan, dans la Corne de l'Afrique et dans les Grands Lacs. Les troupes burundaises sont en RDC en appui à la coalition gouvernementale face à la résurgence du Mouvement du 23 mars (M23) soutenu par le Rwanda avec qui Bujumbura est en froid depuis plusieurs années. L'absence du président Paul Kagame au sommet de l'UA pourrait s'expliquer par cette tension régionale. Le pouvoir burundais est donc dans une situation délicate pour jouer un rôle positif alors qu'il est perçu comme une partie au conflit. Africa Intelligence annonçait qu'Évariste Ndayishimiye envisageait la possibilité de nommer un représentant burundais de haut niveau, au fort capital politique, pour suivre ce conflit. Sur le plan politique et diplomatique, les efforts de l’UA se limitaient à une contribution modeste aux médiations en cours. Avant que Ndayishimiye prenne les rênes de l’Union africaine, celle-ci essayait de se positionner dans le paysage des processus de paix qui sont principalement conduits par le Qatar en ce qui concerne les pourparlers directs entre la RDC et le M23 qui se tiennent à Doha et par les américains en ce qui concerne le processus de Washington qui a déjà abouti à la signature d’un accord de paix entre le Rwanda et la RDC. Ces deux processus peinent malgré tout à faire réaliser ne fut-ce qu’un cessez-le-feu. On constate une dispersion des efforts et un manque de cohérence alors que l‘UA aurait pu jouer ce rôle de coordination. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| La RDC peut-elle éviter une nouvelle dépendance de son secteur minier ? | 13 Feb 2026 | 00:05:49 | |
La semaine passée, une série de signaux a donné l’impression d’un basculement du secteur minier congolais vers l’axe américain. Chemaf, Glencore, Ivanhoe, et même la Gécamines, ont tous pris ou annoncé des décisions allant dans ce sens. Cela a suscité des lectures contrastées, certaines alarmistes, d’autres triomphalistes. Mais, au fond, qu’est-ce que cela pourrait changer pour la RDC ? Bonjour et bienvenue dans ce 6e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse chaque semaine un sujet d’actualité congolaise. Je suis Jacques Mukena, chercheur principal au pilier gouvernance à l’Institut Ebuteli. Nous sommes le vendredi 13 février 2026. Ces signaux soulèvent plusieurs questions. Premièrement, pourquoi cette accélération maintenant ? Si l’accord de partenariat stratégique avec et les États-Unis en est le point de départ, le facteur le plus déterminant se situe probablement du côté américain. L’urgence, pour les États-Unis, n’est pas seulement de sécuriser l’accès à certains minerais, elle est aussi de réduire le monopole de la Chine sur les chaînes de valeur des minerais critiques. Aux États-Unis, le discours sur ces minerais ne se limite plus à la transition énergétique, il est désormais fortement lié aux enjeux de sécurité nationale et de défense. Deuxième question, celle de la dépendance du côté congolais. Pour l’instant, le risque n’est pas un remplacement d’une dépendance par une autre mais plutôt superposition de dépendance si rien ne change dans la structure du secteur. Aujourd’hui, la dépendance vis-à-vis de la Chine est profonde. Pékin est présent sur une part importante des actifs miniers, pèse sur les volumes exportés, et domine surtout le raffinage et la transformation. Une grande partie du cobalt congolais est par exemple exportée sous forme semi-raffinée vers la Chine, où elle est transformée en produits à plus forte valeur ajoutée, notamment les précurseurs pour batteries. La relation qui pourrait se construire avec les États-Unis reste, elle, incertaine. Tout dépendra des choix du gouvernement congolais. Si le partenariat ne débouche pas sur des investissements dans la transformation locale avant exportation, le pays risque de reproduire, avec un autre acteur, les mêmes mécanismes de vulnérabilité. Troisième question, la souveraineté. La RDC est-elle en train de brader ses minerais ? Cette question récurrente dépend surtout de la manière dont ce partenariat sera mis en œuvre côté congolais, notamment de qui décidera, comment, et pour quel but. L’accord signé prévoit un droit de première offre au profit d’acteurs américains pour les projets inscrits dans une réserve stratégique d’actifs. Concrètement, lorsqu’un projet est proposé, des entités américaines disposent d’un délai pour soumettre une proposition et, si elles le font, bénéficient ensuite d’une période de négociation exclusive. En cas de non-intérêt, l’opportunité pourrait ensuite être proposée à d’autres partenaires proches de Washington. Cela réduirait de facto la place d’acteurs extérieurs à ce cercle, notamment la Chine et, plus largement, des acteurs non alignés sur les États-Unis.
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| Avec le M23, les offensives aériennes s'intensifient, les processus de paix toujours sans effet | 06 Feb 2026 | 00:05:27 | |
Dans la nuit du 31 janvier au 1er février, alors que reprenaient timidement les négociations entre l’AFC/M23 et le gouvernement congolais dans le cadre du processus de Doha, l'aéroport international de Bangboka, dans la ville de Kisangani, a été cible d’une attaque par drones kamikaze, revendiquée par la rébellion de l’AFC/M23, elle visait, selon les rebelles, le centre de commandement des drones de l'armée congolaise. Dans ce 5e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d'Ebuteli et du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) qui analyse, chaque semaine, un sujet d'actualité congolaise, nous décortiquons le décalage persistant entre les initiatives diplomatique-s et la poursuite du conflit sur le terrain. Je suis Henry-Pacifique Mayala, coordonnateur du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Nous sommes le vendredi 6 février 2026. Bonjour, Le gouvernement provincial de la Tshopo, dans son communiqué du 3 février, a annoncé la neutralisation de huit drones kamikazes et précisé qu’aucun dégât humain ou matériel n’avait été enregistré. L’attaque aurait été interceptée et neutralisée grâce au système de défense antiaérienne opéré par des contractants privés turcs, déployés pour la protection de l’un des principaux et du plus récemment rénové aéroport de la RDC. Une deuxième tentative a été signalée au début de l’après-midi du 5 février ; l’engin aurait été abattu sans faire de dégâts par les FARDC et leurs alliés, selon des sources sécuritaires. Ces offensives aériennes sont intervenues au même moment que la timide reprise des négociations et la signature des termes de référence du comité conjoint de vérification des violations du cessez-le-feu à Doha. De la même manière, les offensives de la rébellion de l’AFC/ M23 sur la ville d’Uvira sont survenus peu après l'entérinement de l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda. Quelques mois plus tôt, le 15 octobre, des drones des FARDC avaient ciblé et détruit une partie des installations de la mine d’or de Twangiza, au Sud-Kivu, deux jours seulement après la signature du mécanisme de vérification du cessez-le-feu entre la RDC et l'AFC-M23. Le ciblage d’un aéroport ou d’autres infrastructures stratégiques aussi éloignées de la zone d’influence de l’AFC/M23 est un fait inédit, tout comme la revendication explicite de ces attaques par la rébellion. Selon les analyses d’experts en la matière, les débris retrouvés sur le lieu correspondent à des drones Baykar Yiha-III, de fabrication Turque. Ce type de drones disposeraient d’une autonomie limitée à environ 120 minutes, avec un rayon d’action n’excédant pas 120 km. Ces caractéristiques suggèrent que ces drones n’ont pu être lancés qu’à partir d’un périmètre relativement proche, et en tout cas pas depuis la zone contrôlée par l’AFC-M23, trop éloignée. La rébellion de l’AFC/M23, qui avait récupéré un important arsenal militaire lors de la prise de Goma et de Bukavu au début de l'année 2025, n’avait jusque-là pas revendiqué l’usage de capacités aériennes, en particulier de drones kamikazes. Ce n’est que récemment, lors de l’offensive de décembre 2025 sur la ville d’Uvira, que de tels moyens auraient été mobilisés. Ceci pose la question de leur provenance, alors que l’AFC-M23, sous sanctions, ne peut théoriquement pas acquérir ce type de matériel. Lire la suite sur www.ebuteli.org Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Élections 2028 en RDC : et si on ne se posait pas les bonnes questions ? | 30 Jan 2026 | 00:05:01 | |
Ces derniers jours, les personnalités publiques proches de la coalition au pouvoir rivalisent de prises de position sur la nature du mandat du chef de l’État. Pour certains, le dernier quinquennat du président Félix Tshisekedi se serait transformé en mission de défense de la patrie face à l’agression. Pour d’autres, il faudrait tout simplement reléguer les élections au second plan tant que le pays est en guerre. Mais si le vrai enjeu était ailleurs ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Les États-Unis sont-ils encore un partenaire fiable pour la RDC ? | 23 Jan 2026 | 00:04:53 | |
Au cours de la semaine passée, deux événements aux significations contradictoires pour la relation entre la RDC et les États-Unis se sont produits. D’un côté, les rebelles de l’AFC-M23 se sont retirés de la ville d’Uvira après les pressions, au moins verbales, des États-Unis. De l’autre, Washington a décidé de suspendre toute possibilité d’immigration aux États-Unis pour les Congolais, au même titre que 75 autres nationalités. À l’heure où les Etats-Unis multiplient les violations du droit international, sont-ils encore un partenaire fiable pour la RDC ? Bonjour et bienvenu dans le 3e épisode de la saison 6 de Po Na Biso la capsule audio qui décrypte l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, directeur du pilier violence à l’institut Ebuteli, et cette semaine, nous nous intéressons à la crédibilité des États-Unis comme partenaire clé de la RDC. Lorsque Donald Trump est revenu au pouvoir, en janvier 2025, l’idée de forger un partenariat stratégique avec lui semblait cohérente pour Kinshasa. Quoi qu’on pense de lui, il est à la tête de la première puissance militaire et économique mondiale et dispose de moyens de pression réels contre le Rwanda. Par ailleurs, dans sa rivalité avec la Chine et sa volonté de grandeur des États-Unis, il ne pouvait que s’intéresser aux ressources minières dont dispose la RDC. L’année 2025 n’a pas vu les États-Unis exercer des pressions décisives sur le Rwanda, dont les troupes sont toujours présentes dans l’Est de la RDC, mais quelques signes encourageants se sont manifestés : Washington s’est impliqué dans la crise, notamment par l’intermédiaire de Massad Boulos, et ses pressions semblent avoir contribué à obtenir le retrait de l’AFC-M23 et des troupes rwandaises de Walikale-centre en mars. Surtout, les États-Unis sont devenus des médiateurs actifs entre la RDC et le Rwanda, jusqu’à la signature des accords de Washington, le 4 décembre dernier. Dans le cadre de cette relation, la RDC a semblé faire des concessions importantes, avec notamment la signature d’un accord de partenariat stratégique, qui donne la priorité aux entreprises américaines sur une part des ressources congolaises. Depuis, selon Reuters, la RDC a remis à Washington une liste d’actifs pour lesquels les États-Unis auront un droit de préemption, dont des gisements d’or, de lithium, de cuivre, de cobalt et de manganèse. La Gécamines a par ailleurs annoncé la livraison de 100 000 tonnes de cuivre aux États-Unis. La RDC a-t-elle obtenu des gains à la hauteur de ces concessions ? L’AFC-M23 et l’armée rwandaise ont pris la ville d’Uvira le 10 décembre, soit six jours après la signature des accords de Washington, portant atteinte à la crédibilité du processus. Le secrétaire d’État Marco Rubio a publiquement condamné une « violation claire » des accords de paix par le Rwanda, et l’ambassadeur auprès des Nations-Unies Mike Waltz a affirmé que Washington utiliserait « les outils à sa disposition » contre ceux qui sabotent le processus de paix. Mais aucune nouvelle sanction n’a été actée à ce jour à l’égard du Rwanda, pourtant vulnérable en raison notamment de sa dépendance aux financements de la Banque mondiale et au flux de touristes. Sous l’administration Trump, le processus de décision semble être devenu particulièrement lent et chaotique. Mais le M23 s’est malgré tout retiré d’Uvira le 16 janvier pour se repositionner à 30 kilomètres. Était-ce la conséquence des menaces des États-Unis ? Une autre hypothèse serait qu’il s’agit d’un repositionnement stratégique de sa part, pour renforcer d’autres fronts.
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| Campagne controversée de la nouvelle plaque minéralogique en RDC | 16 Jan 2026 | 00:04:08 | |
Le 2 janvier, le directeur général de la Direction générale des impôts (DGI) a publié un communiqué invitant les propriétaires des véhicules à se procurer de nouvelles plaques minéralogiques sécurisées à partir du 6 janvier 2026, en vue de se conformer à la nouvelle réglementation. Cette plaque présenterait l’avantage d’améliorer la sécurité des automobilistes, d’harmoniser le système national d’immatriculation des véhicules, et de faciliter le contrôle routier par les services de la police. Depuis lors, la campagne annoncée suscite des interrogations, tant sur la crédibilité que sur la légitimité de ce type d’ initiative, dans un contexte où l’Etat demeure, dans une large mesure, incapable de faire respecter sa régulation dans le secteur du transport routier. Bonjour et bienvenue dans ce deuxième épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC). Ce podcast analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 16 janvier 2026. Je suis Jolino Malukisa, directeur du pilier gouvernance d’Ebuteli. Lire la suite sur www.ebuteli.org Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Doha, Washington, Luanda… D’où viendra la paix ? | 09 Jan 2026 | 00:04:44 | |
Cette semaine, le président Tshisekedi a effectué deux visites à Luanda où il a eu des entretiens avec son homologue angolais. Une nouvelle initiative de paix est-elle en gestation sous l'égide de l'Angola ? Bonjour et bienvenue dans ce premier épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo. Nous sommes le vendredi 9 janvier 2026. Je suis Fred Bauma, directeur exécutif d’Ebuteli. L’année 2025 s’est terminée sur un sentiment contrarié. Alors que la grandiloquente cérémonie de signature des accords de paix entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis d’Amérique à Washington faisait naître les espoirs d’une fin de guerre, la réalité du terrain est rapidement venue rappeler la profondeur de l’enlisement violent du conflit. Les lignes de front ont brutalement contredit les promesses diplomatiques. Uvira, capitale de refuge de la province du Sud-Kivu et importante frontière commerciale avec le Burundi, tombait entre les mains des rebelles. L’armée congolaise, une nouvelle fois, a été forcée de reculer. De même que les Wazalendo, qui faisaient la loi dans la cité. Et le Burundi, fragile plus que jamais, a fini par retirer une partie de ses troupes déployées en RDC. La guerre semblait alors s'approcher de la province du Tanganyika dans l’ex-Katanga. Un point de non-retour qu’il conviendrait d’éviter. Les réactions verbales n’ont pas tardé. Et elles ont été aussi fortes les unes que les autres. Les USA, par la bouche du représentant permanent aux Nations Unies et du secrétaire d’État, ont condamné le Rwanda et enjoint le M23 de se retirer d’Uvira. L’Union européenne, la Belgique, la France, l’Angleterre ont aussi critiqué cette attaque. Et évidemment, pour le gouvernement congolais, il s’agit d’un énième acte d’agression rwandaise. Sous pression, l’AFC/M23 a annoncé se retirer d’Uvira, tout en demandant le déploiement d’une force neutre. Un mois plus tard, selon plusieurs sources, la ville d’Uvira est toujours sous le contrôle de la rébellion, et les actions de la communauté internationale se font toujours attendre. La chute d’Uvira a confirmé plusieurs failles que la progression du M23 n’a cessé de révéler. D’une part, elle cristallise l’incapacité persistante du gouvernement congolais à résoudre cette crise militairement. D’autre part, elle montre aussi les limites des processus de paix en cours, ainsi que des mécanismes de suivi qui en découlent. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Les intérêts américains peuvent-ils garantir le processus de paix en RDC ? | 19 Dec 2025 | 00:06:25 | |
Ce fut une succession d'événements extraordinaires. Alors même que Paul Kagame et Félix Tshisekedi signaient un accord de paix à Washington, sous le regard de Donald Trump, les troupes rwandaises préparaient apparemment une nouvelle offensive vers Uvira, la deuxième ville du Sud-Kivu. La prise d'Uvira couperait le Burundi de la ligne de front, un enjeu stratégique majeur, comme plus de 12 000 soldats burundais ont été déployés aux côtés de l'armée congolaise. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| La chute d’Uvira pourrait-elle relancer Doha et la tenue du dialogue national ? | 12 Dec 2025 | 00:05:14 | |
La province du Sud-Kivu n’a plus, une nouvelle fois, de chef-lieu sous contrôle de Kinshasa. Le 10 décembre, l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenue par le Rwanda, s’est emparée de la ville d’Uvira, capitale provisoire du Sud-Kivu depuis la chute de Bukavu en février. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Accord de Washington : au-delà du show, qu’en restera-t-il ? | 05 Dec 2025 | 00:04:32 | |
Le jeudi 4 décembre, alors que les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame étaient à Washington pour confirmer l’accord de paix et discuter d’investissements dans la région des Grands Lacs, les combats faisaient encore rage autour de Kamanyola à la frontière entre les deux pays. Ceci illustre le paradoxe de la cérémonie, en présence de Donald Trump : plus de cinq mois après la signature de l’accord de paix par les ministres des Affaires étrangères, il peine toujours à produire des effets tangibles dans l’est de la RDC. Faut-il, malgré tout, espérer une amélioration ces prochains mois ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| L’artisanat minier en RDC est-il réformable ? | 28 Nov 2025 | 00:04:15 | |
Le 17 novembre, un accident, survenu sur le site minier de Kalondo, dans la province du Lualaba, a causé la mort d’au moins 40 personnes. Ce drame a remis sous les projecteurs les faiblesses structurelles du secteur minier artisanal. Pourtant, cette économie, quoique largement informelle, fait vivre des centaines de milliers de ménages. Pourquoi est-il si difficile de réformer ce secteur ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Doha : accord sur le désaccord ? | 21 Nov 2025 | 00:03:49 | |
Le 15 novembre, le gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont signé à Doha un accord cadre, faute de s’entendre sur un accord global et inclusif. Des huit protocoles, mentionnés seuls deux ont été signés et ne sont toujours pas mis en œuvre, alors que six devront faire objet de négociations sur les deux prochaines semaines. En clair, Doha a permis de signer quelque chose, sans vraiment s’accorder sur le fond. Et c’est dans ce contexte que l’annonce d’un dialogue à Lomé, le 17 janvier 2026, tombe. Plusieurs questions demeurent cependant : que signale cette annonce sur la suite de la crise ? Le Qatar va-t-il jeter l’éponge ? L'UA est-elle prête à récupérer la médiation ? Est-ce deux processus concomitants ? Est-ce que Doha va attendre les conclusions de Lomé en janvier pour se poursuivre ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Wagner, pouvoir et sexisme en politique en RDC | 14 Nov 2025 | 00:05:27 | |
C’est une « déclaration personnelle » qu’elle aurait sûrement voulu éviter. Mais face à la violence des attaques sexistes dont elle est la cible, Thérèse Kayikwamba Wagner a publié, le 7 novembre, un communiqué pour dénoncer le harcèlement autour de sa grossesse et de sa vie privée. Alors que la ministre des Affaires étrangères porte le front diplomatique de la crise sécuritaire dans l’Est, la polémique, elle, ne porte pas sur ses actions politiques, mais sur son intimité. Et c’est tout le problème : quand il s’agit d’une femme, on déplace le débat politique vers le contrôle social du corps féminin. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| RDC : le ministre de l’Intérieur peut-il instruire la suspension des motions de défiance en période de guerre ? | 07 Nov 2025 | 00:04:43 | |
Le 5 novembre, Jacquemain Shabani, ministre de l’Intérieur a instruit les assemblées provinciales de voter une résolution suspendant toute pétition et motion de défiance ou de censure compte tenu de la situation sécuritaire dans l’est du pays. Cette décision fait suite à la correspondance de la présidence de la République du 28 octobre, lui confiant la mission d’interdire toute motion ou pétition contre les membres des gouvernements provinciaux ou des bureaux des assemblées provinciales selon le cas. Toutefois, ce rôle politique assigné au ministre de l’intérieur relève-t-il de ses attributions ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Crise M23 : à quoi servent les cessez-le-feu ? | 31 Oct 2025 | 00:04:08 | |
Depuis près de quatre ans, plusieurs processus de médiation ont été initiés pour tenter de trouver une issue à la crise du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans la plupart de ces initiatives, les acteurs internationaux et régionaux ont mis en avant la nécessité d’un cessez-le-feu entre les belligérants. De Luanda à Doha, accords et déclarations ont successivement appelé à l’arrêt des combats. Mais sur le terrain, la réalité est toute autre et les affrontements se poursuivent. Quelle est la pertinence de ces cessez-le-feu ? Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||