🎙Po Na Biso – Details, episodes & analysis

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🎙Po Na Biso

🎙Po Na Biso

Ebuteli et le Groupe d'étude sur le Congo

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Frequency: 1 episode/7d. Total Eps: 267

Ausha
Chaque vendredi, Ebuteli et le Groupe d'étude sur le Congo (GEC) vous proposent « Po Na Biso (anciennement Po Na GEC) ». Il s’agit d’une capsule audio en format court (4 minutes maximum) qui résume, explique et donne le point de vue du GEC et d'Ebuteli sur les questions d’actualité en République démocratique du Congo. Présenté tour à tour par les membres d'Ebuteli à la manière d’un message vocal de WhatsApp, sans artifice ni habillage, ce podcast se veut proche de ses auditeurs à qui il apporte des éclairages succincts sur les enjeux sociaux, politiques, économiques et sécuritaires en RD Congo. Vous pouvez écouter « Po Na Biso » sous forme de podcast disponible sur Spotify, Deezer, Soundcloud, Apple Podcasts ou sur votre application d’écoute préférée, voire via vos enceintes et autres assistants vocaux intelligents.  Il est surtout possible de recevoir l’audio de « Po Na Biso » directement sur WhatsApp si vous vous êtes inscrit sur le fil WhatsApp du GEC et d'Ebuteli. Sinon, il suffit d’envoyer  « GEC » ou « Ebuteli » via WhatsApp au +243 894 110 542. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Campagne controversée de la nouvelle plaque minéralogique en RDC

Season 6 · Episode 2

vendredi 16 janvier 2026Duration 04:08

Le 2 janvier, le directeur général de la Direction générale des impôts (DGI) a publié un communiqué invitant les propriétaires des véhicules à se procurer de nouvelles plaques minéralogiques sécurisées à partir du 6 janvier 2026, en vue de se conformer à la nouvelle réglementation. Cette plaque présenterait l’avantage d’améliorer la sécurité des automobilistes, d’harmoniser le système national d’immatriculation des véhicules, et de faciliter le contrôle routier par les services de la police. Depuis lors, la campagne annoncée suscite des interrogations, tant sur la crédibilité que sur la légitimité de ce type d’ initiative, dans un contexte où l’Etat demeure, dans une large mesure, incapable de faire respecter sa régulation dans le secteur du transport routier.

Bonjour et bienvenue dans ce deuxième épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC). Ce podcast analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 16 janvier 2026. Je suis Jolino Malukisa, directeur du pilier gouvernance d’Ebuteli.


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Doha, Washington, Luanda… D’où viendra la paix ?

Season 6 · Episode 1

vendredi 9 janvier 2026Duration 04:44

Cette semaine, le président Tshisekedi a effectué deux visites à Luanda où il a eu des entretiens avec son homologue angolais. Une nouvelle initiative de paix est-elle en gestation sous l'égide de l'Angola ?


Bonjour et bienvenue dans ce premier épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo. Nous sommes le vendredi 9 janvier 2026. Je suis Fred Bauma, directeur exécutif d’Ebuteli. 


L’année 2025 s’est terminée sur un sentiment contrarié. Alors que la grandiloquente cérémonie de signature des accords de paix entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis d’Amérique à Washington faisait naître les espoirs d’une fin de guerre, la réalité du terrain   est rapidement  venue rappeler la profondeur de l’enlisement violent du conflit. Les lignes de front ont brutalement contredit les promesses diplomatiques.


Uvira, capitale de refuge de la province du Sud-Kivu et importante frontière commerciale avec le Burundi, tombait entre les mains des rebelles. L’armée congolaise, une nouvelle fois, a été forcée de reculer. De même que les Wazalendo, qui faisaient la loi dans la cité. Et le Burundi, fragile plus que jamais, a fini par retirer une partie de ses troupes déployées en RDC. La guerre semblait alors s'approcher de la province du Tanganyika dans l’ex-Katanga. Un point de non-retour qu’il conviendrait d’éviter. 


Les réactions verbales n’ont pas tardé. Et elles ont été aussi fortes les unes que les autres. Les USA, par la bouche du représentant permanent aux Nations Unies et du secrétaire d’État, ont condamné le Rwanda et enjoint le M23 de se retirer d’Uvira. L’Union européenne, la Belgique, la France, l’Angleterre ont aussi critiqué cette attaque. Et évidemment, pour le gouvernement congolais, il s’agit d’un énième acte d’agression rwandaise. Sous pression, l’AFC/M23 a annoncé se retirer d’Uvira, tout en demandant le déploiement d’une force neutre. Un mois plus tard, selon plusieurs sources, la ville d’Uvira est toujours sous le contrôle de la rébellion, et les actions de la communauté internationale se font toujours attendre.


La chute d’Uvira a confirmé plusieurs failles que la progression du M23 n’a cessé de révéler.  D’une part, elle cristallise l’incapacité persistante du gouvernement congolais à résoudre cette crise militairement. D’autre part,  elle montre aussi les limites des processus de paix en cours, ainsi que des mécanismes de suivi qui en découlent.


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Braquage de la Rawbank à Kinshasa : une intervention, mille défaillances

Season 5 · Episode 42

vendredi 24 octobre 2025Duration 03:46

Le jeudi 16 octobre, Kinshasa s’est figée. La place Victoire, habituellement bouillante et animée, s’est transformée en théâtre d’un désordre inédit. Une tentative de braquage à l’agence Rawbank a suffi pour paralyser l’un des points chauds de la capitale : tirs nourris, cris, circulation bloquée, véhicules blindés, militaires et policiers déployés dans la panique. En quelques minutes, ce lieu emblématique a sombré dans le chaos, exposant les failles sécuritaires où la précipitation tient lieu de stratégie. Mais que retenir d’un tel événement ? Plus que le braquage lui-même, c’est la manière dont l'intervention a été menée qui interroge.


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La SADC réussira-t-elle à mettre fin à la crise du M23 ?

Season 4 · Episode 2

vendredi 19 janvier 2024Duration 04:13

Après une année de déploiement, les forces de la Communauté  de l’Afrique de l’Est (EAC) ont quitté le territoire congolais suite au non renouvellement de leur mandat par le gouvernement congolais. Ce dernier reprochait à ces forces de n’être pas assez offensives contre  le Mouvement du 23 mars (M23). Le président congolais, Félix Tshisekedi, les a même accusés de cohabiter avec les rebelles du M23.


C’est pour remplacer ces forces que Kinshasa a négocié le déploiement de la force de la communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) dont le premier contingent est arrivé à Goma le 27 décembre 2023. Cette force s’ajoute aux  sociétés militaires privées et aux groupes armés locaux communément appelés Wazalendo (traduisez en français patriote) qui sont en appui aux Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).


Le remplacement de la force de l’EAC par celle de la SADC va-t-il mettre fin à la crise sécuritaire liée à l’activisme du M23 ? 


Bonjour et bienvenue dans ce deuxième  épisode de la saison 4 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Agenonga Chober, chercheur principal pour les Uélé au sein du pilier violence d’Ebuteli. Nous sommes le vendredi 19 janvier 2024.


Début décembre 2023, les contingents de la force régionale de l’EAC se sont retirés. Ils devraient être remplacés par la mission  de la SADC en RDC – (SAMIDRC) – qui, à terme, devrait être composée de contingents sud-africain, malawite et tanzanien.


Pour l’instant, seule l’Afrique du Sud a déployé un contingent de 200 militaires environ, un déploiement qui ne fait pourtant pas consensus dans ce pays.  À ce contingent, d’autres pourraient s’ajouter d’ici fin janvier

Ayant un mandat offensif, selon les autorités militaires du Nord-Kivu, la force de la SADC est appelée à combattre les rebelles du M23 comme souhaité par le gouvernement de Kinshasa qui a exclu toute négociation avec le M23. 


La SAMIDRC réussira-t-elle à démanteler le M23 et à restaurer la paix à l’est de la RDC  ? 

En 2013, c’est avec l’appui de la SADC à travers la brigade d’intervention de la Monusco que le M23 fut maîtrisé. Mais la donne  a changé .Pour l’instant, la force de la SADC ne bénéficie ni du mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, ni de ses moyens.


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RDC : comment évaluer les élections ?

Season 4 · Episode 1

vendredi 12 janvier 2024Duration 04:54

Ce premier épisode de Po Na GEC de 2024 est une bonne occasion de commenter les élections qui viennent de se dérouler. Quelle a été leur crédibilité et quels en ont été les principaux résultats ?


C'est le début de la quatrième saison de Po Na GEC, capsule audio du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) et d'Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, qui tente chaque semaine d'éclairer un sujet d'actualité en RDC. Je suis Jason Stearns, directeur du GEC. Nous sommes le vendredi 12 janvier 2024.


Il y a eu aussi des aspects positifs de ce processus électoral : il n'y a pas eu de coupure d'Internet, comme lors des élections précédentes, et les candidats de tous bords ont pu se déplacer et tenir des meetings relativement librement pendant la campagne électorale proprement dite – mais beaucoup moins pendant la période qui l'a précédée. La commission électorale nationale indépendante (Ceni) a publié les résultats des élections présidentielles sur son site web jusqu'au niveau des bureaux de vote, ce qui n'avait pas été fait lors des dernières élections, et elle a retransmis des mises à jours régulières des décomptes des voix sur un écran géant pour l'élection présidentielle dans son centre Bosolo à Kinshasa.  


Cependant, ces élections ont aussi exposé de nombreuses lacunes logistiques. Elles ont en outre été entachées d'irrégularités et des graves allégations de fraude, de bourrage d’urne en particulier dans certaines parties du pays. La Ceni n'a pas déployé à temps les matériels sensibles y compris les machines à voter et les PV dans chacun des 75 000 bureaux de vote, ce qui a entraîné la confusion et le désordre dans certains endroits. La plus grande mission d'observation des élections, envoyée par l'Église catholique et l'Église du Christ au Congo, a rapporté que dans 551 bureaux de vote (6 % des bureaux observés), des bagarres ont éclaté, souvent parce que les électeurs étaient fatigués d'avoir attendu pendant des heures ou parce qu'ils ne trouvaient pas leurs noms sur les listes électorales. Dans 3 % des cas, des bourrages d'urnes ou des achats de voix ont été observés, et dans environ un quart des endroits, les dispositifs électroniques de vote, anciennes machines à voter, sont tombées en panne. SYMOCEL, une mission d'observation, a rapporté que 58 % des bureaux de vote ont ouvert tardivement et 13% n'ont simplement pas ouvert du tout. En fin de compte, cette confusion a probablement contribué à une faible participation : seuls 43 % des électeurs inscrits ont pu voter, le taux le plus bas jamais atteint. 


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Élections de 2023 en RDC : quand le respect des délais prime sur la qualité

Season 3 · Episode 50

vendredi 22 décembre 2023Duration 04:08

Si les élections ont effectivement eu lieu le 20 décembre malgré les incertitudes, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et la classe politique congolaise ont manqué une occasion cruciale de renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral. Après trois scrutins controversés, ces élections, les premières depuis la passation pacifique du pouvoir de 2019, devaient symboliser un progrès démocratique majeur pour les Congolais. Cependant, elles ont été entachées par de nombreuses irrégularités, soulevant des doutes quant à leur intégrité. Quelles leçons en tirer?


Bonjour et bienvenue dans ce 50e et dernier épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de l’Université de New York et d’Ebuteli, qui cherche à éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Jacques Mukena, chercheur principal en gouvernance à Ebuteli. 


Nous sommes le vendredi 22 décembre 2023.


Le 20 décembre, dès l’aube, les électeurs ont afflué en masse dans les centres de vote à travers le pays, déterminés à exercer leur droit de vote malgré les incertitudes persistantes, jusqu’à la veille, sur un éventuel report du scrutin. La Ceni, présidée par Denis Kadima, a ignoré les appels à un audit indépendant du fichier électoral, une démarche qui aurait pu renforcer la confiance dans le processus. De même, la Ceni n’a pas suffisamment pris en compte les enjeux logistiques, refusant de reporter, même brièvement, les élections pour permettre une meilleure préparation et un déploiement adéquat du matériel de vote. Cette décision rigide de s’en tenir strictement à son calendrier a entraîné une série de complications inattendues pour les électeurs : les retards dans l’ouverture des bureaux de votes, absence d’équipements dans les bureaux de votes ou, dans d’autres cas, présence du personnel de la Ceni mais sans matériel nécessaire, des dispositifs de vote dysfonctionnels et des listes électorales incomplètes. Bien consciente des défis logistiques, la Ceni a maintenu la date des élections, tout en précisant que le déploiement du matériel se poursuivrait même le jour du vote. 


Normalement dans une logique dictée par la crédibilité du processus, ces contraintes auraient objectivement justifié un report des élections, mais, malgré la brèche ouverte de certains candidats à la présidentielle concernant les irrégularités du processus électoral en cours,  la date du 20 décembre a été maintenue. Cette décision reflète un choix assumé de privilégier le respect du calendrier électoral établi, quitte à négliger les aspects qualitatifs et les exigences de fiabilité du processus électoral.


Après le scrutin, une série de déclarations politiques, à la fois prévisibles et familières, a été entendue. Dès la nuit du 20 décembre, cinq candidats présidentiels, dont Martin Fayulu et Denis Mukwege, ont appelé à la réorganisation des élections. De son côté, Moïse Katumbi appelle à une mobilisation générale en cas de proclamation d’un autre vainqueur que lui. Le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, bien qu’ayant boycotté le scrutin, accuse le président sortant Tshisekedi d’être responsable des irrégularités et appelle à la mobilisation populaire. Pendant ce temps, le gouvernement se félicite du respect des délais constitutionnels, minimisant les irrégularités observées comme faisant partie intégrante de tout processus électoral.


Mais qu’en est-il du peuple au milieu de ces controverses politiques ? En dépit des imperfections et des retards, une grande partie des électeurs a montré un engagement remarquable, certains restant dans les files d’attente jusqu’à tard dans la nuit, voire jusqu’au lendemain, pour exercer leur droit de vote. Ceci souligne non seulement leur désir de participer activement au processus démocratique, mais aussi leur souhait de voir les acquis démocratiques préservés et renforcés.

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Défis et solitude : l’unique candidature féminine à la présidentielle de la RDC

Season 3 · Episode 49

vendredi 15 décembre 2023Duration 04:36

En RDC, l’élection présidentielle doit se tenir mercredi prochain, le 20 décembre. Aujourd’hui moins d’une semaine avant le scrutin, Joëlle Bile, l’une des deux seules femmes à s’être présentée, se retire et annonce son soutien au candidat président, Félix Tshisekedi. Sur les 20 candidatures restantes, seulement une femme, Marie-Josée Ifoku, résiste. Mais, quels sont les défis pour une femme candidate à l’élection présidentielle en RDC ?

Bonjour et bienvenue dans ce 49e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de l’Université de New York et d’Ebuteli, qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Alice Viollet, responsable de programme du Groupe d’étude sur le Congo. Nous sommes le vendredi 15 décembre 2023. Aujourd’hui, nous faisons une rétrospective des candidatures féminines à la présidentielle en RDC.

Tout d’abord, qui est Joëlle Bile, deuxième femme inscrite sur la liste de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), qui vient de se retirer ? Joëlle Bile a travaillé comme journaliste pour plusieurs médias internationaux pendant 15 ans. Elle s’est ensuite tournée vers la communication. Candidate à l'investiture de la plateforme de la société civile Alternative pour un Congo nouveau, elle est battue par Floribert Anzuluni. Joëlle Bile se présente néanmoins à l'élection présidentielle. Sa candidature n’a pas été réceptionnée par la Ceni dans un premier temps, mais la décision a été retournée par la Cour constitutionnelle, le 30 octobre. Ce vendredi, le 15 décembre, elle se retire de la course à la présidentielle au profit du président sortant, Félix Tshisekedi afin de « consolider les acquis » « tout en préservant [la] souveraineté nationale ».

L’unique candidate désormais en lice, c’est Marie-Josée Ifoku. Elle a poursuivi des études universitaires en administration en France et au Canada. Elle retourne en RDC en 2004. En 2018, elle se présente une première fois à l’élection présidentielle en RDC. Elle préside le parti Alliance des élites pour un nouveau Congo. Son programme s'articule autour du concept de la « kombolisation » (du lingala kombo, le balai en français), qui vise le nettoyage du pays des antivaleurs qui le gangrènent.

Les nombreux obstacles rencontrés pour une femme candidate ont été abordés lors d'une discussion sur la participation des femmes dans les processus électoraux en RDC, organisée en octobre dernier par Ebuteli et le GEC, réunissant près d’une vingtaine de femmes et d’hommes activistes des droits de femmes, candidats, chercheurs, journalistes, bloggeuses, membres de la société civile spécialisés dans l’éducation civique et électorale. D'abord, la question de la maturité politique des femmes est soulevée, certains doutant de leur capacité à s'engager en politique. De plus, la prédominance des hommes au sein des partis politiques pose un défi, ces derniers occupant principalement des postes de décision, laissant souvent les femmes limitées à des rôles de mobilisation. Le défi financier pour mener une campagne électorale est également important, avec des coûts très élevés pour la précampagne et la campagne électorale. Cela a incité certaines candidates à se retirer de la course. Enfin, la conciliation entre les responsabilités personnelles et politiques est un défi supplémentaire pour les femmes candidates.

Les chiffres confirment les doutes des congolais sur les candidatures féminines. Selon un sondage mené entre avril et mai 2022 par le GEC et Ebuteli, avec le Bureau d’études, de recherche et de consulting international (Berci), même si près de deux Congolais sur trois estiment qu'il faudrait que le gouvernement mette en œuvre la 

parité entre hommes et femmes dans les institutions de la République à tous les niveaux, à la question « Jusqu’à quel point soutenez-vous les femmes qui servent l’État au poste de Présidente de la République », seuls 32% ont répondu par l'affirmative.


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Processus électoral en RDC : quels enseignements tirer du retrait des observateurs de l’Union européenne ?

Season 3 · Episode 48

vendredi 8 décembre 2023Duration 05:13

Le 29 novembre 2023, l’Union européenne a décidé d’annuler sa mission d’observation électorale en raison d’un désaccord avec le gouvernement congolais autour du déploiement des équipements de communication de la mission. Cet incident vient s’ajouter à une série de controverses qui entourent un processus électoral déjà fortement critiqué. Que nous inspire cette décision de l’UE et quel impact aura-t-elle sur le déroulement des élections ?

Bonjour ! Je m’appelle Chimène Popoli. Je suis fellow à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Nous sommes le vendredi 8 décembre 2023. Vous écoutez le 48e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui éclaire, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise.

La dernière mission d’observation électorale en RDC remonte à 2011. Lors des élections de 2018, le régime de Joseph Kabila n’avait pas autorisé le déploiement des missions internationales d’observation électorale, dans un contexte de détérioration des relations avec l’UE.  L’ambassadeur de l’UE avait été expulsé et la Maison Schengen fermée sur décision du gouvernement congolais.

Aujourd’hui, les relations entre le pouvoir de Félix Tshisekedi et l’UE ne sont pas non plus au beau fixe. La Délégation de l’UE en RDC n’a pas toujours de nouvel ambassadeur depuis le départ, il y a quatre mois, de Jean-Marc Châtaigner. Ce dernier était longtemps soupçonné par l’entourage du chef de l’État d’être trop proche de l’opposant Moïse Katumbi. Nicolas Berlanga Martinez, successeur de Châtaigner, vient à peine d’arriver à Kinshasa et attend désormais de présenter ses lettres de créances au chef de l’État congolais, après avoir obtenu, enfin, l’agrément du ministère des Affaires étrangères.

Malgré tout, Kinshasa a invité la mission d’observation électorale de l’UE. Mais les services de sécurité ont intercepté certains matériels et équipements de communication nécessaires à la mission pour son déploiement en provinces. Après l’échéance de trois ultimatums, Bruxelles a alors estimé, le mercredi 29 novembre, que « ce n’est désormais plus possible de déployer ses 42 observateurs à long terme ». En coulisses, cette décision vient conforter la position du cabinet de Josep Borell, chef de la diplomatie de l’UE, dont la conseillère Afrique, Maud Arnould, « n’a jamais voulu » de cette mission d’observation européenne en RDC, croit savoir une source diplomatique occidentale basée à Kinshasa. De l’autre côté, les autorités congolaises, loin des regrets officiels, ont prétendu que certaines machines de la mission d’observation de l’UE pouvaient favoriser « le piratage d’un système informatique existant ». Ce qui aurait fait craindre aux services une éventuelle « infiltration » du système informatique de la Commission électorale nationale indépendante.

Ces craintes ne sont cependant pas nouvelles face aux initiatives extérieures destinées à contribuer à la transparence des élections en cours. En mai de cette année, invitée pour auditer le fichier électoral, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) avait également renoncé à cette mission sur fond de suspicions de connivence, alimentées par Kinshasa, entre les experts de l’OIF et la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l’organisation.

L’audit du fichier finalement réalisé par les experts choisis par la Ceni continue d'être l’objet de controverse. Et il n’est pas mal indiqué de penser que ce couac entre le gouvernement et l’UE renforce la méfiance autour de ce processus électoral dont la transparence est déjà critiquée par une partie de la société civile et de l’opposition.

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Force régionale de l’EAC : une fin de mandat à hauts risques

Season 3 · Episode 47

vendredi 1 décembre 2023Duration 03:46

Sur les 18 points du communiqué final du sommet de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), le 24 novembre dernier, un seul concernait sa force régionale, présente dans l’est de la RDC. Sur ce point, on apprenait que Kinshasa avait refusé de renouveler le mandat de cette force, qui expire le 8 décembre. Cependant, ce refus soulève plus de questions qu’il n’en résout. Le plus grand flou demeure, en effet, sur le calendrier de ce départ, et l’impact qu’il pourrait avoir sur le terrain.


Bonjour et bienvenue dans ce 47e épisode de la saison 3 de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence à l’Institut Ebuteli, et cette semaine, nous nous intéressons au départ de la force régionale de l’EAC. 


À peine plus d’un an après l’arrivée de ses premières troupes, cette force d’intervention, la première jamais mise sur pied par l’EAC, va donc bientôt se retrouver sans mandat. C’est ce qu’a fermement soutenu le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Jean-Pierre Bemba, lors du sommet d’Arusha auquel il représentait la RDC. Aux yeux du gouvernement congolais, cette force est en fait rapidement devenue indésirable, notamment pour n’avoir jamais mis en œuvre son mandat initial, à savoir de forcer les groupes armés présents dans l’est de la RDC, dont le M23, à déposer les armes. La Force régionale de l’EAC a plutôt agi en tant que force d’interposition, gelant le conflit entre l’armée congolaise et le M23 en attendant d’éventuelles négociations avec celui-ci. Or ce dialogue n’a en réalité jamais été voulu par Kinshasa, pour qui le véritable responsable de cette situation est le Rwanda. L’approche de la Force régionale de l’EAC l’a en tout cas rapidement rendue impopulaire, en RDC. En pleine campagne électorale, son renouvellement aurait donc été politiquement délicat à gérer.


Mais ce non-renouvellement du mandat n’a pas été véritablement programmé. L’EAC ne sera notamment pas en mesure, sur le plan logistique, de retirer toutes ses troupes d’ici le 8 décembre. 

Surtout, la Communauté de développement de l’Afrique australe, ou SADC, en qui Kinshasa voit une alternative mieux à même de défendre ses intérêts, n’est pas prête à prendre le relai à cette date. On connaît certes les pays contributeurs de troupes pressentis pour cette mission : l’Afrique du Sud, le Malawi, et la Tanzanie. Mais pas encore son format précis. Surtout, le financement de cette nouvelle force, dont le budget est estimé par certaines sources à plus de 400 millions de dollars par an, n’est pas assuré. Ce point est particulièrement important alors que l’autre force de la SADC, déjà déployée au Mozambique, rencontre précisément de sérieuses difficultés financières.


Signe de ces questions non résolues, les dirigeants de l’EAC, eux-mêmes divisés, n’ont pas totalement clarifié les prochaines étapes. Ils ont « décidé » d’une concertation entre les chefs d’État-major de l’EAC et de la SADC avant le 8 décembre. Le produit de cette réunion devrait être remis au prochain sommet de l’EAC pour considération. Toutefois, les dirigeants d’Afrique de l’Est n’ont pas qualité pour décider d’une réunion impliquant la SADC. Et pour l’instant, aucune date n’a été annoncée pour ce nouveau sommet. 


Le flou demeure donc sur ce qu’il se passera, sur le terrain, après le 8 décembre. Les troupes kényanes et ougandaises, dont l’action est vue comme inefficace, voire ambigüe par Kinshasa, amorceront-elles un retrait ? Mais qui occupera leurs positions laissées vacantes, dont celles de Bunagana, Rutshuru-centre et Kibumba ? Le M23 semble en bonne posture pour occuper certaines d’entre elles. Le front, gelé à d’autres endroits, pourrait-il redevenir actif entre l’armée congolaise et le M23 ?


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Élections en RDC : l'opposition face au défi de l’unité

Season 3 · Episode 46

vendredi 24 novembre 2023Duration 03:36

Réunis à Pretoria sous l’égide de l’ONG sud-africaine In Transformation Initiative (ITI), les représentants de cinq candidats de l’opposition politique sont parvenus, le 17 novembre, à mettre sur pied une feuille de route pour la constitution d’une plateforme électorale dénommée « Congo ya makasi ». Cette feuille de route comprend un programme commun de gouvernance et dégage les critères d’une candidature commune à la présidentielle de décembre. Une semaine plus tard, l’unité espérée semble incertaine. Quelle en serait l’incidence sur la présidentielle du 20 décembre ?

Bonjour ! Je m’appelle Jean-Baptiste Bagula. Je suis fellow à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Nous sommes le vendredi 24 novembre 2023. Vous écoutez le 46e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d'Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui éclaire, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise.

Les travaux de Prétoria auraient pu constituer une bonne base pour l’opposition de proposer une candidature commune à la présidentielle. D’autant que, dans un contexte électoral à tour unique, le président de la République est élu à la majorité simple des suffrages exprimés. La désignation d’un candidat commun de l’opposition pouvait alors éviter la dispersion des voix et fédérer les forces en faveur du candidat désigné. Bien plus, elle pouvait permettre de mutualiser les moyens afin de mener une campagne électorale optimale dans un pays réputé continent.

Les écueils de la classe politique congolaise n’ont pas permis d’atteindre cet objectif.  Les événements qui ont suivi les travaux de Pretoria le démontrent. Dès la clôture de ces discussions, la feuille de route conçue n’a pas reçu l’aval du candidat Martin Fayulu. Celui-ci a soutenu que  « ce qui prime, c’est d’abord la mise en place d’une large coalition afin de lutter contre les fraudes électorales et garantir la transparence des élections, préalablement à la question de candidature unique ».

À l’heure où nous enregistrons cette capsule audio, seuls les candidats Matata Ponyo, Franck Diongo et Seth Kikuni se sont retirés de la course au profit de Moïse Katumbi, reconnaissant que « l'urgence d'une candidature unique de l'opposition s'impose comme la meilleure stratégie » pour faire face à ce qu’ils qualifient de « plan macabre [du pouvoir] contre l’avenir de notre nation ». Ils se regroupent ainsi derrière Moïse Katumbi qui, selon eux, est apparu, lors des tractations de Pretoria, comme le « candidat capable de conduire l’opposition vers la victoire ».

Pour l’instant, le candidat Delly Sesanga poursuit l’élan de sa campagne électorale, sans se prononcer sur la question. Martin Fayulu et Denis Mukwege, dont les délégués ont pris part aux travaux de Pretoria, quant à eux, se sont montrés ensemble jeudi lors de la publication d’un communiqué conjoint annonçant une plainte contre le président de la Commission électorale nationale indépendante.

Il semble acquis que l'opposition n'a pas réussi à concrétiser l'unité en vue de l'élection présidentielle imminente. Cependant, l'absence d'une candidature commune, bien que susceptible de fragmenter les votes de l'opposition, ne signifie pas nécessairement une défaite inévitable. Les résultats de l'élection précédente en 2018 ont démontré que l'opposition avait réussi à remporter la victoire contre le pouvoir sans présenter de candidature unique. À l'inverse, bien que l'unité autour d'une candidature commune puisse accroître les chances de succès, elle ne garantit pas automatiquement la victoire. La dynamique de la campagne électorale et la capacité des acteurs impliqués à surveiller le déroulement du processus de vote joueront un rôle tout aussi crucial.

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