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La réputation // Margot Déage, Maud Ventura, Gloria Origgi, Robert Maggiori02 Dec 202401:33:47

CONVERSATION

Présentée par Robert Maggiori

Avec : 

Margot Déage, Sociologue

Maud Ventura, Écrivaine 

Gloria Origgi, philosophe


De même que l’on parle et devient sujet en recevant la langue des autres, de même ce que l’on est et ce que l’on pense dépend, en grande partie – du moins originairement – de ce que les autres pensent et pensent que je suis. Aussi le matamore ou l’olibrius qui affirmerait ne tenir aucun compte de ce qu’autrui pense de lui serait-il peu crédible. Chacun sait qu’un seul mot venant d’un proche, voire d’un inconnu, peut aussi bien redonner courage et vie que blesser mortellement l’âme. De ce que l’on dit (fari) ou pense (putare) de nous, naissent soit la fama (laquelle, avant d’être «gloire» ou «célébrité» est d’abord une nouvelle, souvent incontrôlée, qui se diffuse rapidement et largement), soit la réputation, faite des opinions, des jugements, des façons, positives ou négatives, dont on est «estimé» ou «considéré» par autrui. Il serait hasardeux d’estimer que la réputation relève moins de ce que l’on est que de ce qu’on a fait, publiquement. Répondant assez mal à la volonté, aléatoire et peu susceptible d’être contrôlée, elle ne se réduit cependant pas à une simple «extension» du moi, pas plus que l’habit ne fait le moine. Elle est une forme de présence d’autrui et de la société en moi, dont je ne puis (ni ne veux souvent) me départir et qui, un peu comme un accent dans la façon de parler, m’annonce, me précède («elle arriva pour un concert à Paris précédée d’une réputation sulfureuse…»), me préfigure, me porte… C’est pourquoi, comme à l’honneur autrefois, l’atteinte à la réputation écorche non l’apparence mais la personne elle-même. Certes, on peut rester coi, vivre heureux en vivant caché, mais si l’on a recherché une «visibilité», la renommée ou la célébrité, et qu’on les a gagnées par son travail, ses talents, ses exploits, son art, alors leur amenuisement ou leur volatilisation seront vécues comme une sorte de mutilation, qu’accompagne la souffrance du «retour à l’anonymat». C’était le cas, jadis, de certaines figures du sport ou du spectacle, dont plus personne ne retrouve les noms ni ne sait qu’elles eurent à une époque une immense popularité.

La révolution numérique, les réseaux sociaux, la communication instantanée et généralisée ont modifié les choses. La réputation n’est plus attachée à une notoriété acquise par ses œuvres (peu importe leur nature: cinématographiques, architecturales, culinaires, sportives, artistiques, littéraires, graphiques….) mais peut naître en quelques secondes d’un tweet, d’une story, une image ou une vidéo qui «font le tour du monde». Plus encore: elle est liée à la simple «activité», souvent ludique, à laquelle chacun(e) se livre sur les réseaux sociaux et qui, volens nolens, suscitent une e-reputation, tantôt durable, le plus souvent éphémère, mais, du fait qu’à sa formation contribuent de parfaits inconnus, totalement incontrôlable et à la merci de tous. (...) Il suffit d’un message, repris et relayé avec une incompréhensible et ignoble gourmandise – un ragot, un persiflage, une calomnie, une allégation gratuite… – pour ruiner une réputation, ou plutôt l’inverser en «mauvaise réputation», sceau infâme imprimé non sur les «habits» de la victime mais sa peau même. Que s’est-il passé dans la société pour que naisse à si grande échelle le désir de dénigrement, de diffamation. Si « l’ homme est un loup pour l’homme », la guerre, on le sait est de tous contre tous. Mais qu’advient-il s’il se mue en corbeau, postant, la nuit, dans des réseaux asociaux, messages et lettres de délation?


Robert Maggiori



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C’était mieux avant ? // Cynthia Fleury, Robert Maggiori, David Djaïz13 Nov 202401:36:18

N’a-t-on pas dit, longtemps, que du passé il fallait faire table rase, afin que les lendemains chantent et que l’avenir soit radieux ? Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et aujourd’hui il semble bien qu’on ait changé de cap et fait un demi-tour complet : on ne veut plus regarder vers le futur, inconnu, trop chargé de menaces encore indéchiffrables, et on se retourne avec délectation vers le passé, connu, irréversible, mais interprétable à loisir, tel un mythe. Déjà rognée par de multiples et plus ou moins vraisemblables dystopies, l’utopie cède la place à ce que le sociologue Zygmunt Bauman a nommé, dans un ouvrage écrit quelques mois avant sa disparition en 2017, une « rétrotopie », faite de la volonté rétrograde de revenir à un passé tantôt réinventé, tantôt idéalisé ou sacralisé, qui fait dire à ceux et celles qui la portent « C’était mieux avant ! »

Comment expliquer cette navigation à rebours, dans les mentalités, les postures sociales ou les discours politiques ? Cela n’existe pas, une société ou une civilisation qui affirme : voilà, la perfection est atteinte, en tous les domaines, il s’agit désormais d’aller vers le moins bien, le pire. Comme l’écrit Thomas d’Aquin (Somme théologique, I-II, Q97, a1), il semble naturel, pour la raison humaine, d’« aller par degrés de l’imparfait au parfait », ou du moins de s’en approcher « progressivement ». Ce qui est pensé et fait, partout et à toute époque, l’est toujours en vue d’une amélioration, d’un pas en avant, d’un progrès – même si les résultats, ensuite, non calculés, non prévus, se révèlent catastrophiques. Nul n’aurait l’idée de construire exprès des ponts moins solides, des télescopes moins précis ou des avions moins sûrs que ceux qui existent. C’est pourquoi l’avenir demeure un habitat naturel d’espoirs et de légitimes expectatives – sinon une sphère de liberté, où tout peut encore advenir. On peut comprendre évidemment que l’élan vers le futur, telle la perche du sauteur en hauteur, s’appuie sur le sol de la tradition, de ce que le passé a charrié comme expériences, leçons, mises en garde. Mais comment comprendre que la foi dans le progrès – au nom de laquelle on a parfois justifié le pire – se dissipe et puisse laisser se répandre une « épidémie globale de nostalgie » (Bauman), voire un passéisme qui se rend lui-même aveugle aux réalités présentes ? C’était vraiment mieux avant ? Mais avant… Quand ? Avant 1989 ? Avant les Trente glorieuses ? La Première guerre ? L’âge des Lumières ? La Renaissance ? Le Moyen Âge ? l’Empire romain ? Quand il y avait l’esclavage, quand les enfants mouraient en nombre à la naissance, quand les femmes n’avaient aucun droit, quand on ne savait pas soigner les épidémies, quand on s’éclairait à la bougie ? Nul ne nie que de sombres nuages obscurcissent l’avenir, que le changement climatique menace la vie même sur Terre, que la révolution numérique et les réseaux sociaux ont provoqué des modifications radicales dans les façons de connaître, de faire, d’être et d’être-ensemble, provoqué de profondes déchirures du tissu social et renforcé la croyance que dans les États-nations la politique est impuissante. Est-ce parce que la route devant nous est de brouillard que l’on préfère, non sans risques, regarder dans le rétroviseur ? C’était mieux avant ? Peut-être. Du moins si on enferme la question dans une simple psychologie personnelle : bien sûr, c’était mieux avant, car « avant » est le temps de la jeunesse, le temps, pour chacun, de ses vingt ans.

Robert Maggiori


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Qu'est-ce que l'amour maternel ? 21 May 202401:13:31

L’amour maternel est un amour à l’origine de la vie de tout humain : c’est la relation la plus ancienne qui soit, une relation nourricière, littéralement vitale à l’enfant qui vient au monde. Sans les soins et le nourrissage prodigués par la mère ou la personne en charge du nouveau-né, celui-ci ne pourra connaître un développement harmonieux. Quelle est la nature de cet amour premier ? Relève-t-il de l’instinct ? Comment un individu – une femme – devient-elle capable d’un tel amour ? Quels sont les effets et les traces de l’amour maternel dans la vie de l’individu devenu grand ?


#philomonaco


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SANDRA LAUGIER // Antivirus Philosophique Nº1011 Apr 202000:10:12

Sandra Laugier en conversation avec Joseph Cohen.


Sandra Laugier est philosophe et chroniqueuse au journal Libération. Ses recherches portent sur la philosophie du langage et de la connaissance, philosophie analytique, la philosophie du langage ordinaire; la philosophie états-unienne classique et contemporaine; la philosophie morale contemporaine de langue anglaise, les études de genre; et la philosophie en lien avec la culture populaire (cinémas, séries TV).


Joseph Cohen est un des membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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CORINE PELLUCHON // Antivirus Philosophique Nº911 Apr 202000:11:25

Corine Pelluchon en conversation avec Joseph Cohen.


Corine Pelluchon est professeur de philosophie à l’université Paris-Est-Marne-La-Vallée, et collabore régulièrement au blog de philosophie du journal Libération. Spécialiste de philosophie morale et politique et d’éthique appliquée, elle est membre du conseil scientifique de la fondation Nicolas-Hulot pour la Nature et l’Homme.


Joseph Cohen est un des membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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AVITAL RONELL // Antivirus Philosophique Nº803 Apr 202000:14:02

Avital Ronell en conversation avec Joseph Cohen.


Avital Ronell est critique littéraire et philosophe, ainsi que professeur de littérature comparée et d’allemand à l’Université de New York, et professeur de philosophie et médias à la European Graduate School en Suisse.


Joseph Cohen est un des membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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GUILLAUME LE BLANC // Antivirus Philosophique Nº731 Mar 202000:08:00

Guillaume Le Blanc en conversation avec Joseph Cohen.


Guillaume Le Blanc est philosophe et professeur de philosophie à l’université Paris Est Créteil. Son travail porte essentiellement sur la question de la « critique sociale ». Il étudie plus spécifiquement les limites complexes qui distinguent précarité, exclusion, vie décente et normalité. Il explore la créativité des vies ordinaires comme réinvention des normes.


Joseph Cohen est un des membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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GÉRARD BENSUSSAN // Antivirus Philosophique Nº629 Mar 202000:10:27

Gérard Bensussan en conversation avec Joseph Cohen.



Gérard Bensussan est philosophe, professeur à l’université de Strasbourg et chercheur aux Archives Husserl de Paris de l’École Normale Supérieure. Spécialiste de l’idéalisme classique allemand et de la philosophie juive, il fut à l’initiative de la fondation du Parlement des philosophes de Strasbourg.

Joseph Cohen est un des membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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CAMILLE RIQUIER // Antivirus Philosophique Nº527 Mar 202000:09:07

Camille Riquier en conversation avec Joseph Cohen.


Camille Riquier est professeur de philosophie et vice-recteur à la Recherche à l’Institut catholique de Paris, membre de la revue Esprit et lauréat de l’Académie française pour son ouvrage Archéologie de Bergson qui a reçu le prix La Bruyère. Il est co-rédacteur des annales bergsonniennes.

Joseph Cohen est un des membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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CYNTHIA FLEURY // Antivirus philosophique Nº424 Mar 202000:06:10

Cynthia Fleury en conversation avec Joseph Cohen.


Cynthia Fleury est enseignant – chercheur en philosophie politique et psychanalyste. Professeur à l’École des mines (PSL/Mines-ParisTech) et à l’American University of Paris. Elle est membre du Comité consultatif national d’éthique et membre fondateur du réseau européen des femmes philosophes de l’Unesco et dirige la chaire de philosophie à l’Hôpital Hôtel-Dieu (AP-HP/Paris et ENS).

Joseph Cohen est un des membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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ÉTIENNE BIMBENET // Antivirus Philosophique Nº324 Mar 202000:07:26

Étienne Bimbenet en conversation avec Joseph Cohen.


Étienne Bimbenet est professeur à l’université Bordeaux-Montaigne, il enseigne la philosophie contemporaine et la phénoménologie. Ses recherches portent sur l’origine animale de l’être humain et sur l’anthropologie du point de vue phénoménologique.

Joseph Cohen est un des membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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CLAIRE MARIN // Antivirus philosophique Nº224 Mar 202000:05:23

Claire Marin en conversation avec Joseph Cohen.


Claire Marin est philosophe et membre du Centre international d’études de la philosophie française contemporaine à l’École normale supérieure et professeur de philosophie en classes préparatoires.

Joseph Cohen est un des membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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ANASTASIA COLOSIMO // Antivirus philosophique Nº124 Mar 202000:04:32

Anastasia Colosimo en conversation avec Joseph Cohen.


Anastasia Colosimo est enseignante en théologie politique à l’Institut d’études politiques de Paris. Elle a étudié le droit et la criminologie à la faculté Panthéon-Assas, et à Columbia University.

Joseph Cohen est un des membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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La charge mentale : le fardeau invisible des mères28 Mar 202401:12:50

Le terme de « charge mentale » a été introduit dans les années 1980 en sociologie du travail pour désigner la part psychique et cognitive qui accompagne le plus souvent l’effectuation d’une tâche physique. Rapidement, cette notion a été reprise dans une perspective féministe pour éclairer des aspects méconnus du travail de soin effectué principalement par les femmes dans le cadre du foyer. La charge mentale vient alors désigner les aspects psychiques, cognitifs et émotionnels impliqués dans le fait de prendre soin des autres, notamment des jeunes enfants, et les tensions induites pour les femmes par le partage inégal du travail de soin. Nous reviendrons sur la genèse de ce concept et montrerons son importance pour décrire et rendre visible des aspects méconnus du travail de soin prodigué le plus souvent par les mères, et pour permettre de mettre en discussion et de mieux partager ce travail essentiel sur lequel repose la continuation de la vie et du monde.


#philomonaco


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Où va la philosophie française ? // Geneviève Fraisse : Genre et sexualité11 Mar 202000:30:33

Au sein de la grande tradition de la philosophie, celle-ci s’est toujours pensée comme la possibilité inhérente à l’être humain de se départir de son discours national en vue de le faire accéder à l’universalité de la raison. En même temps, la philosophie n’aura jamais cessé de s’inspirer de langues singulières. C’est ainsi que nous parlons, par exemple, de « philosophie allemande », « américaine » ou « anglo-saxonne », « grecque », et, aussi, « française ». En effet, toute l’histoire de la philosophie témoigne de cette tension à tel point qu’elle n’a jamais su se fixer dans l’une ou dans l’autre de ces deux tendances.

Notre dessein sera de penser le rapport entre la langue française et la pensée philosophique dans chacune de ces modalités en avançant les questions suivantes : comment l’universalité de la pensée philosophique se voit-elle interrogée, voire réorientée par la singularité de la langue française ? Quel avenir se tient encore en réserve au cœur de cette rencontre exceptionnelle entre ces deux langues, philosophique et française ? Comment cette rencontre, si prolifique et subtile, peut-elle encore aujourd’hui, créer et inventer ? Quelles sont les préoccupations majeures de ce que l’on entend par « philosophie française » aujourd’hui ?

Afin d’avoir quelque chance de comprendre les enjeux actuels à l’œuvre dans les multiples transformations de la philosophie française contemporaine, il nous faudra repenser non pas uniquement son rapport aux autres traditions philosophiques, mais aussi aux autres disciplines du savoir. Nous tenons à déployer la multiplication impressionnante des « gestes » à l’œuvre en philosophie française et en misant sur le débat entre ses différents courants, nous chercherons à présenter les questions les plus pressantes pour celle-ci tout en suggérant, sinon des passerelles entre ses multiples tendances au moins des mises au jour de leurs principaux motifs. Ainsi, nous rouvrirons au cœur de la philosophie française un dialogue soutenu entre ses différentes composantes et ses courants divergents en proposant à la fois des intersections entre philosophie française et les autres régimes de connaissance, tout en requérant les courants aujourd’hui majeurs de la philosophie française à confronter leurs approches : phénoménologique, herméneutique, théorie critique, déconstruction, épistémologie, philosophie analytique, néo-réalisme ou réalisme spéculatif, etc. Nous verrons se construire depuis ces vecteurs multiples, une reprise capable de mettre en question le statut du politique, de l’éthique, du sociétal ainsi que les différents domaines du savoir scientifique.



Ce colloque, coordonné par Isabelle Alfandary, Sandra Laugier, Astrid von Busekist, Raphael Zagury-Orly et Joseph Cohen, interrogera la « philosophie française » telle qu’elle s’énonce au présent et face à notre monde contemporain. En somme : « où va la philosophie française ? »



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Où va la philosophie française? // Anne Emmanuelle Berger : Genre et sexualité11 Mar 202000:35:07

Au sein de la grande tradition de la philosophie, celle-ci s’est toujours pensée comme la possibilité inhérente à l’être humain de se départir de son discours national en vue de le faire accéder à l’universalité de la raison. En même temps, la philosophie n’aura jamais cessé de s’inspirer de langues singulières. C’est ainsi que nous parlons, par exemple, de « philosophie allemande », « américaine » ou « anglo-saxonne », « grecque », et, aussi, « française ». En effet, toute l’histoire de la philosophie témoigne de cette tension à tel point qu’elle n’a jamais su se fixer dans l’une ou dans l’autre de ces deux tendances.

Notre dessein sera de penser le rapport entre la langue française et la pensée philosophique dans chacune de ces modalités en avançant les questions suivantes : comment l’universalité de la pensée philosophique se voit-elle interrogée, voire réorientée par la singularité de la langue française ? Quel avenir se tient encore en réserve au cœur de cette rencontre exceptionnelle entre ces deux langues, philosophique et française ? Comment cette rencontre, si prolifique et subtile, peut-elle encore aujourd’hui, créer et inventer ? Quelles sont les préoccupations majeures de ce que l’on entend par « philosophie française » aujourd’hui ?

Afin d’avoir quelque chance de comprendre les enjeux actuels à l’œuvre dans les multiples transformations de la philosophie française contemporaine, il nous faudra repenser non pas uniquement son rapport aux autres traditions philosophiques, mais aussi aux autres disciplines du savoir. Nous tenons à déployer la multiplication impressionnante des « gestes » à l’œuvre en philosophie française et en misant sur le débat entre ses différents courants, nous chercherons à présenter les questions les plus pressantes pour celle-ci tout en suggérant, sinon des passerelles entre ses multiples tendances au moins des mises au jour de leurs principaux motifs. Ainsi, nous rouvrirons au cœur de la philosophie française un dialogue soutenu entre ses différentes composantes et ses courants divergents en proposant à la fois des intersections entre philosophie française et les autres régimes de connaissance, tout en requérant les courants aujourd’hui majeurs de la philosophie française à confronter leurs approches : phénoménologique, herméneutique, théorie critique, déconstruction, épistémologie, philosophie analytique, néo-réalisme ou réalisme spéculatif, etc. Nous verrons se construire depuis ces vecteurs multiples, une reprise capable de mettre en question le statut du politique, de l’éthique, du sociétal ainsi que les différents domaines du savoir scientifique.



Ce colloque, coordonné par Isabelle Alfandary, Sandra Laugier, Astrid von Busekist, Raphael Zagury-Orly et Joseph Cohen, interrogera la « philosophie française » telle qu’elle s’énonce au présent et face à notre monde contemporain. En somme : « où va la philosophie française ? »



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Où va la philosophie française? // Camille Froidevaux-Metterie : Genre et sexualité 11 Mar 202000:31:18

Au sein de la grande tradition de la philosophie, celle-ci s’est toujours pensée comme la possibilité inhérente à l’être humain de se départir de son discours national en vue de le faire accéder à l’universalité de la raison. En même temps, la philosophie n’aura jamais cessé de s’inspirer de langues singulières. C’est ainsi que nous parlons, par exemple, de « philosophie allemande », « américaine » ou « anglo-saxonne », « grecque », et, aussi, « française ». En effet, toute l’histoire de la philosophie témoigne de cette tension à tel point qu’elle n’a jamais su se fixer dans l’une ou dans l’autre de ces deux tendances.

Notre dessein sera de penser le rapport entre la langue française et la pensée philosophique dans chacune de ces modalités en avançant les questions suivantes : comment l’universalité de la pensée philosophique se voit-elle interrogée, voire réorientée par la singularité de la langue française ? Quel avenir se tient encore en réserve au cœur de cette rencontre exceptionnelle entre ces deux langues, philosophique et française ? Comment cette rencontre, si prolifique et subtile, peut-elle encore aujourd’hui, créer et inventer ? Quelles sont les préoccupations majeures de ce que l’on entend par « philosophie française » aujourd’hui ?

Afin d’avoir quelque chance de comprendre les enjeux actuels à l’œuvre dans les multiples transformations de la philosophie française contemporaine, il nous faudra repenser non pas uniquement son rapport aux autres traditions philosophiques, mais aussi aux autres disciplines du savoir. Nous tenons à déployer la multiplication impressionnante des « gestes » à l’œuvre en philosophie française et en misant sur le débat entre ses différents courants, nous chercherons à présenter les questions les plus pressantes pour celle-ci tout en suggérant, sinon des passerelles entre ses multiples tendances au moins des mises au jour de leurs principaux motifs. Ainsi, nous rouvrirons au cœur de la philosophie française un dialogue soutenu entre ses différentes composantes et ses courants divergents en proposant à la fois des intersections entre philosophie française et les autres régimes de connaissance, tout en requérant les courants aujourd’hui majeurs de la philosophie française à confronter leurs approches : phénoménologique, herméneutique, théorie critique, déconstruction, épistémologie, philosophie analytique, néo-réalisme ou réalisme spéculatif, etc. Nous verrons se construire depuis ces vecteurs multiples, une reprise capable de mettre en question le statut du politique, de l’éthique, du sociétal ainsi que les différents domaines du savoir scientifique.



Ce colloque, coordonné par Isabelle Alfandary, Sandra Laugier, Astrid von Busekist, Raphael Zagury-Orly et Joseph Cohen, interrogera la « philosophie française » telle qu’elle s’énonce au présent et face à notre monde contemporain. En somme : « où va la philosophie française ? »



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Où va la philosophie française? // Olivier Abel : Philosophie et religion05 Mar 202000:25:28

Au sein de la grande tradition de la philosophie, celle-ci s’est toujours pensée comme la possibilité inhérente à l’être humain de se départir de son discours national en vue de le faire accéder à l’universalité de la raison. En même temps, la philosophie n’aura jamais cessé de s’inspirer de langues singulières. C’est ainsi que nous parlons, par exemple, de « philosophie allemande », « américaine » ou « anglo-saxonne », « grecque », et, aussi, « française ». En effet, toute l’histoire de la philosophie témoigne de cette tension à tel point qu’elle n’a jamais su se fixer dans l’une ou dans l’autre de ces deux tendances.

Notre dessein sera de penser le rapport entre la langue française et la pensée philosophique dans chacune de ces modalités en avançant les questions suivantes : comment l’universalité de la pensée philosophique se voit-elle interrogée, voire réorientée par la singularité de la langue française ? Quel avenir se tient encore en réserve au cœur de cette rencontre exceptionnelle entre ces deux langues, philosophique et française ? Comment cette rencontre, si prolifique et subtile, peut-elle encore aujourd’hui, créer et inventer ? Quelles sont les préoccupations majeures de ce que l’on entend par « philosophie française » aujourd’hui ?

Afin d’avoir quelque chance de comprendre les enjeux actuels à l’œuvre dans les multiples transformations de la philosophie française contemporaine, il nous faudra repenser non pas uniquement son rapport aux autres traditions philosophiques, mais aussi aux autres disciplines du savoir. Nous tenons à déployer la multiplication impressionnante des « gestes » à l’œuvre en philosophie française et en misant sur le débat entre ses différents courants, nous chercherons à présenter les questions les plus pressantes pour celle-ci tout en suggérant, sinon des passerelles entre ses multiples tendances au moins des mises au jour de leurs principaux motifs. Ainsi, nous rouvrirons au cœur de la philosophie française un dialogue soutenu entre ses différentes composantes et ses courants divergents en proposant à la fois des intersections entre philosophie française et les autres régimes de connaissance, tout en requérant les courants aujourd’hui majeurs de la philosophie française à confronter leurs approches : phénoménologique, herméneutique, théorie critique, déconstruction, épistémologie, philosophie analytique, néo-réalisme ou réalisme spéculatif, etc. Nous verrons se construire depuis ces vecteurs multiples, une reprise capable de mettre en question le statut du politique, de l’éthique, du sociétal ainsi que les différents domaines du savoir scientifique.

Ce colloque, coordonné par Isabelle Alfandary, Sandra Laugier, Astrid von Busekist, Raphael Zagury-Orly et Joseph Cohen, interrogera la « philosophie française » telle qu’elle s’énonce au présent et face à notre monde contemporain. En somme : « où va la philosophie française ? »



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Où va la philosophie française ? // Nathalie Sarthou Lajus : Philosophie et religion05 Mar 202000:28:46

Au sein de la grande tradition de la philosophie, celle-ci s’est toujours pensée comme la possibilité inhérente à l’être humain de se départir de son discours national en vue de le faire accéder à l’universalité de la raison. En même temps, la philosophie n’aura jamais cessé de s’inspirer de langues singulières. C’est ainsi que nous parlons, par exemple, de « philosophie allemande », « américaine » ou « anglo-saxonne », « grecque », et, aussi, « française ». En effet, toute l’histoire de la philosophie témoigne de cette tension à tel point qu’elle n’a jamais su se fixer dans l’une ou dans l’autre de ces deux tendances.

Notre dessein sera de penser le rapport entre la langue française et la pensée philosophique dans chacune de ces modalités en avançant les questions suivantes : comment l’universalité de la pensée philosophique se voit-elle interrogée, voire réorientée par la singularité de la langue française ? Quel avenir se tient encore en réserve au cœur de cette rencontre exceptionnelle entre ces deux langues, philosophique et française ? Comment cette rencontre, si prolifique et subtile, peut-elle encore aujourd’hui, créer et inventer ? Quelles sont les préoccupations majeures de ce que l’on entend par « philosophie française » aujourd’hui ?

Afin d’avoir quelque chance de comprendre les enjeux actuels à l’œuvre dans les multiples transformations de la philosophie française contemporaine, il nous faudra repenser non pas uniquement son rapport aux autres traditions philosophiques, mais aussi aux autres disciplines du savoir. Nous tenons à déployer la multiplication impressionnante des « gestes » à l’œuvre en philosophie française et en misant sur le débat entre ses différents courants, nous chercherons à présenter les questions les plus pressantes pour celle-ci tout en suggérant, sinon des passerelles entre ses multiples tendances au moins des mises au jour de leurs principaux motifs. Ainsi, nous rouvrirons au cœur de la philosophie française un dialogue soutenu entre ses différentes composantes et ses courants divergents en proposant à la fois des intersections entre philosophie française et les autres régimes de connaissance, tout en requérant les courants aujourd’hui majeurs de la philosophie française à confronter leurs approches : phénoménologique, herméneutique, théorie critique, déconstruction, épistémologie, philosophie analytique, néo-réalisme ou réalisme spéculatif, etc. Nous verrons se construire depuis ces vecteurs multiples, une reprise capable de mettre en question le statut du politique, de l’éthique, du sociétal ainsi que les différents domaines du savoir scientifique.

Ce colloque, coordonné par Isabelle Alfandary, Sandra Laugier, Astrid von Busekist, Raphael Zagury-Orly et Joseph Cohen, interrogera la « philosophie française » telle qu’elle s’énonce au présent et face à notre monde contemporain. En somme : « où va la philosophie française ? »



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Où va la philosophie française? // Philippe Portier : Philosophie et religion05 Mar 202000:32:27

Au sein de la grande tradition de la philosophie, celle-ci s’est toujours pensée comme la possibilité inhérente à l’être humain de se départir de son discours national en vue de le faire accéder à l’universalité de la raison. En même temps, la philosophie n’aura jamais cessé de s’inspirer de langues singulières. C’est ainsi que nous parlons, par exemple, de « philosophie allemande », « américaine » ou « anglo-saxonne », « grecque », et, aussi, « française ». En effet, toute l’histoire de la philosophie témoigne de cette tension à tel point qu’elle n’a jamais su se fixer dans l’une ou dans l’autre de ces deux tendances.

Notre dessein sera de penser le rapport entre la langue française et la pensée philosophique dans chacune de ces modalités en avançant les questions suivantes : comment l’universalité de la pensée philosophique se voit-elle interrogée, voire réorientée par la singularité de la langue française ? Quel avenir se tient encore en réserve au cœur de cette rencontre exceptionnelle entre ces deux langues, philosophique et française ? Comment cette rencontre, si prolifique et subtile, peut-elle encore aujourd’hui, créer et inventer ? Quelles sont les préoccupations majeures de ce que l’on entend par « philosophie française » aujourd’hui ?

Afin d’avoir quelque chance de comprendre les enjeux actuels à l’œuvre dans les multiples transformations de la philosophie française contemporaine, il nous faudra repenser non pas uniquement son rapport aux autres traditions philosophiques, mais aussi aux autres disciplines du savoir. Nous tenons à déployer la multiplication impressionnante des « gestes » à l’œuvre en philosophie française et en misant sur le débat entre ses différents courants, nous chercherons à présenter les questions les plus pressantes pour celle-ci tout en suggérant, sinon des passerelles entre ses multiples tendances au moins des mises au jour de leurs principaux motifs. Ainsi, nous rouvrirons au cœur de la philosophie française un dialogue soutenu entre ses différentes composantes et ses courants divergents en proposant à la fois des intersections entre philosophie française et les autres régimes de connaissance, tout en requérant les courants aujourd’hui majeurs de la philosophie française à confronter leurs approches : phénoménologique, herméneutique, théorie critique, déconstruction, épistémologie, philosophie analytique, néo-réalisme ou réalisme spéculatif, etc. Nous verrons se construire depuis ces vecteurs multiples, une reprise capable de mettre en question le statut du politique, de l’éthique, du sociétal ainsi que les différents domaines du savoir scientifique.

Ce colloque, coordonné par Isabelle Alfandary, Sandra Laugier, Astrid von Busekist, Raphael Zagury-Orly et Joseph Cohen, interrogera la « philosophie française » telle qu’elle s’énonce au présent et face à notre monde contemporain. En somme : « où va la philosophie française ? »



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Où va la philosophie française ? // Gérard Bensussan : Philosophie et religion05 Mar 202000:21:53

Au sein de la grande tradition de la philosophie, celle-ci s’est toujours pensée comme la possibilité inhérente à l’être humain de se départir de son discours national en vue de le faire accéder à l’universalité de la raison. En même temps, la philosophie n’aura jamais cessé de s’inspirer de langues singulières. C’est ainsi que nous parlons, par exemple, de « philosophie allemande », « américaine » ou « anglo-saxonne », « grecque », et, aussi, « française ». En effet, toute l’histoire de la philosophie témoigne de cette tension à tel point qu’elle n’a jamais su se fixer dans l’une ou dans l’autre de ces deux tendances.

Notre dessein sera de penser le rapport entre la langue française et la pensée philosophique dans chacune de ces modalités en avançant les questions suivantes : comment l’universalité de la pensée philosophique se voit-elle interrogée, voire réorientée par la singularité de la langue française ? Quel avenir se tient encore en réserve au cœur de cette rencontre exceptionnelle entre ces deux langues, philosophique et française ? Comment cette rencontre, si prolifique et subtile, peut-elle encore aujourd’hui, créer et inventer ? Quelles sont les préoccupations majeures de ce que l’on entend par « philosophie française » aujourd’hui ?

Afin d’avoir quelque chance de comprendre les enjeux actuels à l’œuvre dans les multiples transformations de la philosophie française contemporaine, il nous faudra repenser non pas uniquement son rapport aux autres traditions philosophiques, mais aussi aux autres disciplines du savoir. Nous tenons à déployer la multiplication impressionnante des « gestes » à l’œuvre en philosophie française et en misant sur le débat entre ses différents courants, nous chercherons à présenter les questions les plus pressantes pour celle-ci tout en suggérant, sinon des passerelles entre ses multiples tendances au moins des mises au jour de leurs principaux motifs. Ainsi, nous rouvrirons au cœur de la philosophie française un dialogue soutenu entre ses différentes composantes et ses courants divergents en proposant à la fois des intersections entre philosophie française et les autres régimes de connaissance, tout en requérant les courants aujourd’hui majeurs de la philosophie française à confronter leurs approches : phénoménologique, herméneutique, théorie critique, déconstruction, épistémologie, philosophie analytique, néo-réalisme ou réalisme spéculatif, etc. Nous verrons se construire depuis ces vecteurs multiples, une reprise capable de mettre en question le statut du politique, de l’éthique, du sociétal ainsi que les différents domaines du savoir scientifique.

Ce colloque, coordonné par Isabelle Alfandary, Sandra Laugier, Astrid von Busekist, Raphael Zagury-Orly et Joseph Cohen, interrogera la « philosophie française » telle qu’elle s’énonce au présent et face à notre monde contemporain. En somme : « où va la philosophie française ? »



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Où va la philosophie française? // Georges Didi-Huberman : Où va la pensée française? 21 Feb 202000:21:26

Au sein de la grande tradition de la philosophie, celle-ci s’est toujours pensée comme la possibilité inhérente à l’être humain de se départir de son discours national en vue de le faire accéder à l’universalité de la raison. En même temps, la philosophie n’aura jamais cessé de s’inspirer de langues singulières. C’est ainsi que nous parlons, par exemple, de « philosophie allemande », « américaine » ou « anglo-saxonne », « grecque », et, aussi, « française ». En effet, toute l’histoire de la philosophie témoigne de cette tension à tel point qu’elle n’a jamais su se fixer dans l’une ou dans l’autre de ces deux tendances.

Notre dessein sera de penser le rapport entre la langue française et la pensée philosophique dans chacune de ces modalités en avançant les questions suivantes : comment l’universalité de la pensée philosophique se voit-elle interrogée, voire réorientée par la singularité de la langue française ? Quel avenir se tient encore en réserve au cœur de cette rencontre exceptionnelle entre ces deux langues, philosophique et française ? Comment cette rencontre, si prolifique et subtile, peut-elle encore aujourd’hui, créer et inventer ? Quelles sont les préoccupations majeures de ce que l’on entend par « philosophie française » aujourd’hui ?

Afin d’avoir quelque chance de comprendre les enjeux actuels à l’œuvre dans les multiples transformations de la philosophie française contemporaine, il nous faudra repenser non pas uniquement son rapport aux autres traditions philosophiques, mais aussi aux autres disciplines du savoir. Nous tenons à déployer la multiplication impressionnante des « gestes » à l’œuvre en philosophie française et en misant sur le débat entre ses différents courants, nous chercherons à présenter les questions les plus pressantes pour celle-ci tout en suggérant, sinon des passerelles entre ses multiples tendances au moins des mises au jour de leurs principaux motifs. Ainsi, nous rouvrirons au cœur de la philosophie française un dialogue soutenu entre ses différentes composantes et ses courants divergents en proposant à la fois des intersections entre philosophie française et les autres régimes de connaissance, tout en requérant les courants aujourd’hui majeurs de la philosophie française à confronter leurs approches : phénoménologique, herméneutique, théorie critique, déconstruction, épistémologie, philosophie analytique, néo-réalisme ou réalisme spéculatif, etc. Nous verrons se construire depuis ces vecteurs multiples, une reprise capable de mettre en question le statut du politique, de l’éthique, du sociétal ainsi que les différents domaines du savoir scientifique.



Ce colloque, coordonné par Isabelle Alfandary, Sandra Laugier, Astrid von Busekist, Raphael Zagury-Orly et Joseph Cohen, interrogera la « philosophie française » telle qu’elle s’énonce au présent et face à notre monde contemporain. En somme : « où va la philosophie française ? »



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Où va la philosophie française? // Hélène Cixous : Où va la pensée française? 21 Feb 202000:26:57

Au sein de la grande tradition de la philosophie, celle-ci s’est toujours pensée comme la possibilité inhérente à l’être humain de se départir de son discours national en vue de le faire accéder à l’universalité de la raison. En même temps, la philosophie n’aura jamais cessé de s’inspirer de langues singulières. C’est ainsi que nous parlons, par exemple, de « philosophie allemande », « américaine » ou « anglo-saxonne », « grecque », et, aussi, « française ». En effet, toute l’histoire de la philosophie témoigne de cette tension à tel point qu’elle n’a jamais su se fixer dans l’une ou dans l’autre de ces deux tendances.

Notre dessein sera de penser le rapport entre la langue française et la pensée philosophique dans chacune de ces modalités en avançant les questions suivantes : comment l’universalité de la pensée philosophique se voit-elle interrogée, voire réorientée par la singularité de la langue française ? Quel avenir se tient encore en réserve au cœur de cette rencontre exceptionnelle entre ces deux langues, philosophique et française ? Comment cette rencontre, si prolifique et subtile, peut-elle encore aujourd’hui, créer et inventer ? Quelles sont les préoccupations majeures de ce que l’on entend par « philosophie française » aujourd’hui ?

Afin d’avoir quelque chance de comprendre les enjeux actuels à l’œuvre dans les multiples transformations de la philosophie française contemporaine, il nous faudra repenser non pas uniquement son rapport aux autres traditions philosophiques, mais aussi aux autres disciplines du savoir. Nous tenons à déployer la multiplication impressionnante des « gestes » à l’œuvre en philosophie française et en misant sur le débat entre ses différents courants, nous chercherons à présenter les questions les plus pressantes pour celle-ci tout en suggérant, sinon des passerelles entre ses multiples tendances au moins des mises au jour de leurs principaux motifs. Ainsi, nous rouvrirons au cœur de la philosophie française un dialogue soutenu entre ses différentes composantes et ses courants divergents en proposant à la fois des intersections entre philosophie française et les autres régimes de connaissance, tout en requérant les courants aujourd’hui majeurs de la philosophie française à confronter leurs approches : phénoménologique, herméneutique, théorie critique, déconstruction, épistémologie, philosophie analytique, néo-réalisme ou réalisme spéculatif, etc. Nous verrons se construire depuis ces vecteurs multiples, une reprise capable de mettre en question le statut du politique, de l’éthique, du sociétal ainsi que les différents domaines du savoir scientifique.


Ce colloque, coordonné par Isabelle Alfandary, Sandra Laugier, Astrid von Busekist, Raphael Zagury-Orly et Joseph Cohen, interrogera la « philosophie française » telle qu’elle s’énonce au présent et face à notre monde contemporain. En somme : « où va la philosophie française ? »


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Table ronde sur les Soins palliatifs dans la société moderne // Court spectacle par l’Equipe de l’Unité de Soins Palliatifs21 Feb 202001:18:42

Table ronde sur les Soins palliatifs dans la société moderne : M. le Conseiller de Gouvernement, Mme le Directeur du CHPG ; Dr Jean-Marc LA PIANA, Directeur de La Maison de Gardanne, pionnier et figure des Soins palliatifs en France, le Président de l’EAPC (European Association for Palliative Care) ; Mme Josiane TADDEI, Présidente de JATALV, et Robert Maggiori, philosophe et membre fondateur des Rencontres Philosophiques de Monaco.


Modérateur : un ou une représentant(te) soignant(te).


Animation en cours de table ronde par Sandra MEUNIER, art-thérapeute et clown.


Débat avec le public.


Modérateur : Dr JF CIAIS, Chef de service des Soins palliatifs et supportifs


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S'informer // Dov Alfon, Raphaël Glucksmann, Laurie Laufer, Asma Mhalla 08 Feb 202401:39:16

Une conversation présentée par Robert Maggiori, critique littéraire, et membre fondateur des Rencontres Philosophiques de Monaco

Avec

Dov Alfon, Directeur de la rédaction et la publication au quotidien Libération

Raphaël Glucksmann, Député européen et essayiste

Laurie Laufer, Psychanalyste

Asma Mhalla, Spécialiste des enjeux politiques et géopolitiques de la Tech


Informer est un droit, s’informer un devoir. Il n’est techniquement pas impossible de savoir quelles circonstances, quelles situations politiques économiques ou militaire, quels régimes de gouvernement, quels types de pouvoirs autoritaire, dictatorial, totalitaire, etc., entravent le devoir d’informer.  Mais il est plus malaisé de déterminer les causes qui rendraient labile, «occasionnel», intermittent, le devoir de s’informer. Renonce-t-on de force à ce dernier lorsqu’aucune résistance, aucune «opposition» ne semblent assez fortes pour rétablir le droit bafoué ? A-t-on, comme on dit, «perdu confiance» vis-à-vis d’organes d’information dont on pense qu’ils ont des objectifs - les mal nommés - politiques, idéologiques, n’ayant plus rien à voir avec la «formation» des citoyens à laquelle devrait participer une information objective, variée, ancrée à des sources sûres, argumentée, vérifiée? Ou le mal est-il plus profond, et tient d’abord à la confusion entre information et communication, puis à l’hégémonie de celle-ci sur l’autre? Si l’on considère en effet qu’il est plus important de communiquer que d’informer, alors il sera admis de tous, d’une part, que le fait de dire compte plus que ce qui est dit, compte plus que la véracité (la rigueur, le bien-fondé, la justesse…) de ce qui est dit, et, d’autre part, que l’opinion vaut en tous points le savoir. Les méga-entreprises de communication plus fortes que les Etats, grâce à leurs réseaux sociaux, dans lesquels chacun «s’exprime», ont transformé ce mal en pandémie universelle, et transformé la vérité en «option», en «avis». Quelles conséquences pour l’information, la formation, l’éducation des citoyens?


#philomonaco


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Enseigner la philosophie // Brigitte Sitbon 21 Feb 202000:11:06

Poser la question de l’enseignement de la philosophie en France, c’est, d’abord, reconnaître cette caractéristique française qui est d’exposer dès le secondaire les élèves non aux grands courants ni à l’histoire de doctrine, mais aux problèmes et aux problématiques de la pensée philosophique et ainsi rappeler, maintenir, soutenir l’engagement pédagogique de faire de la philosophie une pierre de voûte de la formation intellectuelle, culturelle et civique de tout un chacun. Mais c’est aussi, et peut-être surtout, ne pas esquiver la lourde tâche d’élaborer une réflexion approfondie et circonstanciée sur les nouveaux défis et difficultés que pourrait connaître l’enseignement de la discipline aujourd’hui : défis « internes », tenant à sa réorganisation, dont il faut évaluer la nécessité, et défis « externes », venant de nouvelles donnes sociales, économiques, politiques et technologiques. Faire l’état des lieux de l’enseignement de la philosophie en France, c’est s’interroger sur le sens que doit avoir une « réforme » et les perspectives que celle-ci peut ouvrir ou fermer. La « pensée française » doit grandement à la présence d’un enseignement de la philosophie dispensé aux lycéens et lycéennes. Cette présence est-elle toujours garantie ? Sous quelle forme peut-elle se révéler encore plus féconde ? Qu’en est-il aujourd’hui, qu’en sera-t-il demain, de l’enseignement de la philosophie en France ?


Présentée par Robert Maggiori, philosophe et membre fondateur des Rencontres Philosophiques de Monaco.


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Le temps // D'où vient le temps? : Nicolas de Warren - Temps et être21 Feb 202000:34:20

En quel lieu se lient temps et être ? Depuis quelle origine le temps se révèle-t-il comme le milieu où l’être apparaît ou peut apparaître ? Depuis quelle source le temps détermine-t-il l’être de tous les êtres ? En allant à la limite de cette question : d’où provient le don du temps et comment constitue-t-il l’horizon à partir duquel nous pouvons percevoir l’être des mots et des choses, des êtres et des existences ? D’où vient, en somme, le présent du temps, ce à partir de quoi nous pouvons penser à la fois le temps qui passe et le temps qui vient ?


Présentée par Joseph Cohen.


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Conférences // Georges Didi-Huberman : Allons-nous donc renoncer à être romantiques?28 Jan 202000:52:02

L’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht, le 15 janvier 1919, fut comme un prélude déjà cruel aux « sombres temps » à venir du nazisme. Une question se posait déjà à certains penseurs de ce temps, au premier rang desquels Walter Benjamin et Ernst Bloch : comment construire une espérance politique à partir d’une telle barbarie en marche ? On s’aperçoit que les « testaments » des deux spartakistes assassinés avaient fait appel à un lyrisme poétique quelque peu surprenant au premier abord. Or ce lyrisme doit se comprendre à partir d’une position philosophique issue du premier romantisme allemand, ainsi que du romantisme républicain des Français des années 1830-1848. Les textes de jeunesse de Walter Benjamin en donnent, non seulement un témoignage, mais encore une raison d’être philosophique.

La conférence sera suivie d’un dialogue avec les membres fondateurs philosophes Joseph Cohen, professeur au University College Dublin, Robert Maggiori, critique littéraire (Libération) et Raphael Zagury-Orly, professeur à Sciences po.

La conférence se fait dans le cadre du Prix de la Principauté 2019 qui a été décerné à Georges Didi-Huberman conjointement par la Fondation Prince Pierre et les Rencontres Philosophiques de Monaco pour l’ensemble de son oeuvre.



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Le temps // Marc De Launay : Ces passés qui ne passent pas - Temps, histoire, témoignage27 Jan 202000:28:10

L’histoire – Hegel nous l’a enseigné – engage l’humanité à témoigner des événements qui l’ont constituée et façonnée. L’humanité se doit ainsi de se reconnaître dans le déploiement de son histoire, et donc se comprendre comme le devenir historique du sens, de l’éthique et de la raison. Paradoxalement, et à même ce devenir historique, il survient des événements aussi singuliers qu’imprévisibles qui, loin d’avancer et conforter le récit progressiste de l’histoire, le consomment et l’interrompent. En ce sens, tout en passant, le temps se voit toujours rattrapé par des événements historiques qui ne passent pas et ne se laissent pas reléguer au passé. Comment penser ces passés qui se refusent à leurs mises au passé et qui incessamment rompent, par leurs singularités ineffables, le fil directeur et conducteur, le sens, l’orientation et la raison de l’histoire ? Dans le sillage de cette question, il faudra donc repenser les modalités selon lesquelles l’homme peut se rapporter à ces événements historiques singuliers et comment ceux-ci affectent la possibilité même de constituer un discours rationnel quant à son devenir historique. Comment l’humanité doit-elle témoigner de son propre passé dès lors que ce passé emporte la possibilité même d’en témoigner ? Comment penser le témoignage d’événements historiques singuliers sans les réduire à une narrativité – narration ? – toujours déterminée et déjà trop prompte à les justifier ?


Présenté par Raphael Zagury-Orly.


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Le temps // Catherine Chalier : Ces passés qui ne passent pas - Temps, histoire, témoignage27 Jan 202000:27:14

L’histoire – Hegel nous l’a enseigné – engage l’humanité à témoigner des événements qui l’ont constituée et façonnée. L’humanité se doit ainsi de se reconnaître dans le déploiement de son histoire, et donc se comprendre comme le devenir historique du sens, de l’éthique et de la raison. Paradoxalement, et à même ce devenir historique, il survient des événements aussi singuliers qu’imprévisibles qui, loin d’avancer et conforter le récit progressiste de l’histoire, le consomment et l’interrompent. En ce sens, tout en passant, le temps se voit toujours rattrapé par des événements historiques qui ne passent pas et ne se laissent pas reléguer au passé. Comment penser ces passés qui se refusent à leurs mises au passé et qui incessamment rompent, par leurs singularités ineffables, le fil directeur et conducteur, le sens, l’orientation et la raison de l’histoire ? Dans le sillage de cette question, il faudra donc repenser les modalités selon lesquelles l’homme peut se rapporter à ces événements historiques singuliers et comment ceux-ci affectent la possibilité même de constituer un discours rationnel quant à son devenir historique. Comment l’humanité doit-elle témoigner de son propre passé dès lors que ce passé emporte la possibilité même d’en témoigner ? Comment penser le témoignage d’événements historiques singuliers sans les réduire à une narrativité – narration ? – toujours déterminée et déjà trop prompte à les justifier ?


Présenté par Raphael Zagury-Orly.


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Le temps // Le temps file : Temps et accélération - Jean-Pierre Dupuy06 Dec 201900:40:56

Si sa définition traditionnelle marque en quoi le temps est une présence indéfinie, homogène et invariable au sein de laquelle se déploient êtres, choses et événements se succédant de façon ininterrompue, l’expérience du temps dévoile aussi cette présence constante comme tantôt alourdie par des lenteurs, tantôt avivée par des accélérations. Comment penser à la fois ces deux données irréconciliables du temps : son écoulement continu et les singularités de ses expériences vécues, qui en font varier la durée ? Sa constance et sa persévérance irréversibles et les moments, les instants, les scansions de ses expériences, parfois accusant des atermoiements, parfois filant telles des précipitations ? Il nous faudra aussi chercher à savoir en quoi ce qu’il convient de nommer l’accélération du temps entraîne des changements sociaux considérables, des transmutations politiques, des modifications insoupçonnées de la sphère intersubjective. En effet, l’actualité est traversée par une accélération du temps où de nouvelles possibilités d’existence ne cessent de s’ouvrir à un rythme effréné. Fort paradoxalement, nous ressentons le sentiment de ne plus posséder le temps nécessaire pour entreprendre quoi que ce soit. Et ainsi, les individus tendent à privilégier des activités de faible satisfaction, de court terme, par rapport à d’autres plus valorisantes, mais toujours différées. Or la technique n’est pas seule responsable de ce phénomène, la cause est aussi idéologique et correspond au « projet de la modernité » : le désir d’autonomie. Nous ne voulons être liés à rien et être toujours disponibles de sorte à ne jamais manquer quoi que ce soit. Quelles sont les sources et quelles seront les conséquences de cette situation temporelle affectant l’ensemble de nos expériences, personnelles et sociales ?


Présenté par Joseph Cohen.


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Le temps // Le temps file : Temps et accélération - Pierre-Antoine Chardel 06 Dec 201900:27:47

Si sa définition traditionnelle marque en quoi le temps est une présence indéfinie, homogène et invariable au sein de laquelle se déploient êtres, choses et événements se succédant de façon ininterrompue, l’expérience du temps dévoile aussi cette présence constante comme tantôt alourdie par des lenteurs, tantôt avivée par des accélérations. Comment penser à la fois ces deux données irréconciliables du temps : son écoulement continu et les singularités de ses expériences vécues, qui en font varier la durée ? Sa constance et sa persévérance irréversibles et les moments, les instants, les scansions de ses expériences, parfois accusant des atermoiements, parfois filant telles des précipitations ? Il nous faudra aussi chercher à savoir en quoi ce qu’il convient de nommer l’accélération du temps entraîne des changements sociaux considérables, des transmutations politiques, des modifications insoupçonnées de la sphère intersubjective. En effet, l’actualité est traversée par une accélération du temps où de nouvelles possibilités d’existence ne cessent de s’ouvrir à un rythme effréné. Fort paradoxalement, nous ressentons le sentiment de ne plus posséder le temps nécessaire pour entreprendre quoi que ce soit. Et ainsi, les individus tendent à privilégier des activités de faible satisfaction, de court terme, par rapport à d’autres plus valorisantes, mais toujours différées. Or la technique n’est pas seule responsable de ce phénomène, la cause est aussi idéologique et correspond au « projet de la modernité » : le désir d’autonomie. Nous ne voulons être liés à rien et être toujours disponibles de sorte à ne jamais manquer quoi que ce soit. Quelles sont les sources et quelles seront les conséquences de cette situation temporelle affectant l’ensemble de nos expériences, personnelles et sociales ?


Présenté par Joseph Cohen.


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Le temps // L'irréversible et la nostalgie : Camille Riquier - Temps et conscience06 Dec 201900:32:23

L’être humain recèle toujours une certaine nostalgie. Et sans doute cette expérience de la nostalgie est-elle, avec l’émerveillement, la source du philosopher. En quoi consiste-t-elle, la nostalgie ? En l’appel d’un passé révolu ou d’un lieu perdu. Or cet appel n’émane pas d’un passé ou d’un lieu vers lequel l’être humain n’aurait qu’à retourner afin de s’y installer ou s’y cloîtrer au détriment de son présent. Cette interpellation, comme le remarquait Novalis, engage l’être humain à voir au cœur du présent se révéler la pleine conscience du temps, et donc l’irréversibilité essentielle de la temporalité. Pleine conscience du temps au cœur du présent, la nostalgie n’est ainsi jamais le retour à ce qui aura été oublié, à la terre natale que l’on aurait quittée ou à l’enfance perdue. Bien plutôt, la nostalgie, cette « douleur que pose la proximité du lointain », pour reprendre ici la phrase de Heidegger, si elle nous expose à une certaine expérience du retour, nous fait se retourner vers une autre terre que celle que nous aurions quittée, une autre enfance que celle que nous aurions vécue, et nous engage à une autre remémoration que la représentation de ce qui aurait été oublié. La nostalgie, justement parce que le temps a et est passé, nous plonge dans la constatation que l’instant vécu au présent, on ne le vivra jamais plus. On le vit pleinement et en le vivant, il passe aussi hors du présent pour se conjuguer au passé. C’est pourquoi l’instant vécu, même s’il passe et se voit dépassé, n’est jamais entièrement perdu. Il vient habiter la mémoire, là où la réminiscence peut toujours rappeler le passé au présent dans l’expérience du souvenir. Mais est-ce là une chance ou un malheur ? Une richesse ou un tourment ? L’être humain, pris dans l’invariabilité irréversible du temps, se voit-il condamné à vivre dans la douleur du temps passé ou alors celle-ci peut-elle le projeter vers ce qu’il a à être ? Et si oui, comment ? À partir de quel temps la pensée philosophique ouvre-t-elle à la possibilité pour l’humain de constituer une idée d’humanité capable d’incarner à la fois une conscience du passé historique tout en l’orientant vers un avenir ?


Présenté par Robert Maggiori.


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Le temps // L'irréversible et la nostalgie : Cynthia Fleury - Temps et conscience06 Dec 201900:54:42

L’être humain recèle toujours une certaine nostalgie. Et sans doute cette expérience de la nostalgie est-elle, avec l’émerveillement, la source du philosopher. En quoi consiste-t-elle, la nostalgie ? En l’appel d’un passé révolu ou d’un lieu perdu. Or cet appel n’émane pas d’un passé ou d’un lieu vers lequel l’être humain n’aurait qu’à retourner afin de s’y installer ou s’y cloîtrer au détriment de son présent. Cette interpellation, comme le remarquait Novalis, engage l’être humain à voir au cœur du présent se révéler la pleine conscience du temps, et donc l’irréversibilité essentielle de la temporalité. Pleine conscience du temps au cœur du présent, la nostalgie n’est ainsi jamais le retour à ce qui aura été oublié, à la terre natale que l’on aurait quittée ou à l’enfance perdue. Bien plutôt, la nostalgie, cette « douleur que pose la proximité du lointain », pour reprendre ici la phrase de Heidegger, si elle nous expose à une certaine expérience du retour, nous fait se retourner vers une autre terre que celle que nous aurions quittée, une autre enfance que celle que nous aurions vécue, et nous engage à une autre remémoration que la représentation de ce qui aurait été oublié. La nostalgie, justement parce que le temps a et est passé, nous plonge dans la constatation que l’instant vécu au présent, on ne le vivra jamais plus. On le vit pleinement et en le vivant, il passe aussi hors du présent pour se conjuguer au passé. C’est pourquoi l’instant vécu, même s’il passe et se voit dépassé, n’est jamais entièrement perdu. Il vient habiter la mémoire, là où la réminiscence peut toujours rappeler le passé au présent dans l’expérience du souvenir. Mais est-ce là une chance ou un malheur ? Une richesse ou un tourment ? L’être humain, pris dans l’invariabilité irréversible du temps, se voit-il condamné à vivre dans la douleur du temps passé ou alors celle-ci peut-elle le projeter vers ce qu’il a à être ? Et si oui, comment ? À partir de quel temps la pensée philosophique ouvre-t-elle à la possibilité pour l’humain de constituer une idée d’humanité capable d’incarner à la fois une conscience du passé historique tout en l’orientant vers un avenir ?


Présenté par Robert Maggiori.


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Leçons de philosophie // Sandra Laugier : Wittgenstein et le langage 08 Nov 201900:52:53

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Avoir une voix // Pr. Florence Askenazy, Peter Szendy, Clara Ysé, Gaël Rakotondrabe29 Jan 202402:04:39

Une conversation présentée par Robert Maggiori, philosophe, critique littéraire et membre fondateur PhiloMonaco

Avec

Pr. Florence Askenazy, psychiatre et professeure de psychiatrie

Peter Szendy, philosophe

Et la participation de

Clara Ysé, chanteuse

Gael Rakotondrabe, pianiste


On peut ne pas avoir de voix: l’aphonie peut être occasionnelle, passagère, ou chronique, si elle est provoquée par quelque maladie du larynx empêchant les vibrations des cordes vocales, une paralysie due à l’atteinte du nerf récurrent, un gonflement des ganglions lymphatiques bronchiques, un carcinome de l’œsophage, des tumeurs du médiastin en général – ou des causes neurologiques, psychiatriques, psychologiques. Mais lorsqu’on «on a une voix», on ne sait pas d’emblée si on a juste une voix – et pas deux, pour voter démocratiquement – si on a voix au chapitre, si l’on est une voix, un représentant éminent pouvant parler au nom de tous, et de la morale, ou bien si on a la voix de Tina Turner, la Callas ou Pavarotti. Ce qui semble plus évident, c’est que «nul n’a ma voix» – mais là encore l’ambiguïté demeure: nul n’a la voix que j’ai, avec son timbre unique (marque absolue de mon «identité»), ou bien nul ne peut parler à ma place? Pourquoi, par ailleurs, donne-t-on sa parole pour promettre, et sa voix pour élire – pour choisir un(e) candidat(e) qui fait des promesses? Et lorsqu’on parle – fort, bas, sottovoce – ce qui, muet, est dans ma tête, est-ce encore une «voix»? Quelle «langue» parle ma «voix intérieure»? Un vrai casse-tête, la voix (qui peut en outre être une «voix de tête»). La langue viendrait après la parole, mais la parole suit-elle ou précède-t-elle la voix? A la parole va toute noblesse: mais la voix ne dit-elle pas plus que la parole? Parfois, on dirait que vis-à-vis de la parole, la voix joue à en être une sorte d’inconscient: l’une exprime, explique, informe, exhorte, ordonne, supplie, fait taire, accuse, excuse, tandis que l’autre, malicieuse, peut la faire tourner en bourrique, la rend plus sincère ou plus menteuse, la sacralise ou la ridiculise – par un simple bégaiement, une débit trop rapide ou trop lent, un trémolo, une fausse intonation, un bafouillage, une articulation ratée, une enrouement bien ou mal venu, un petit chat dans la gorge.


Titres interprétées par Clara Ysé :

- Douce

- L'Étoile

- Pyromanes

- Magicienne

- Soleil à minuit ou Lettre à M

- Le monde se dédouble


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Conférence Qu'est-ce que la philosophie? donnée par Emanuele Coccia le 7 juin 2018 au Musée océanographique dans le cadre du Colloque des Rencontres Philosophiques de Monaco.

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La grossesse et la maternité à l'ère des biotechnologies // Laura Lange24 Jan 202401:06:06

Avec Laura Lange, philosophe, conférencière et chroniqueuse


Nous partageons tous un point commun : celui d'être né du corps d'une femme, qui nous a porté et qu'on appelle traditionnellement la mère. Mais en raison d'évolutions multiples au cours de l'histoire, la maternité s'est progressivement détachée du corps, jusqu'à la perspective d'une maternité sans corps promise par l'utérus artificiel. Imaginez que le corps ne fasse plus la mère, qu'il ne fasse plus d'enfant ! Imaginez ne naître d'aucune femme, n'être d'aucun autre !

Nous reviendrons sur l'histoire de la maternité et les mythes qu'elle a engendrés, ainsi que sur les révolutions (sociales, politiques, techniques, scientifiques, médicales) ayant différencié l'identité féminine du corps de la mère, pour livrer un éclairage nouveau sur les enjeux de la procréation médicalement assistée (PMA) et de son extension polémique, la gestation pour autrui (GPA). La discussion s’ouvrira sur une réflexion salutaire sur la perspective d'une procréation indépendante du corps. Et si on ne naissait plus des femmes ? Au-delà du corps de la mère, cette question concerne l'humanité tout entière.


#philomonaco


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De l'opinion, regards philosophiques sur l'actualité // Patrick Savidan24 Oct 201900:20:29
De l’actualité, de ce qui est en acte après avoir été en puissance, de ce qui arrive, de l’événement, la philosophie, depuis Aristote, n’a cessé de parler. Mais de l’actualité au sens usuel, des « actualités », telles qu’elles sont présentées à la télévision, à la radio ou dans les journaux, le philosophe est souvent un spectateur discret ou un témoin sans fonction particulière. Il n’est pas douteux pourtant que « ce qui arrive », les faits qui au jour le jour font l’« actualité », s’éclairerait d’un jour nouveau s’il était soumis au regard ou au crible des philosophes, analysé avec le langage et les concepts de la philosophie et non simplement décrit avec le langage stéréotypé des « observateurs » attitrés. Philosophie de l’actualité, actualité de la philosophie.

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Philosopher maintenant // Frédéric Gros : Crise et nouveaux défis24 Oct 201900:15:40

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Philosopher maintenant // Marc Crépon : Crise et nouveaux défis24 Oct 201900:13:48

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