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90's - #40 - 1999 : la relève29 déc. 202400:49:26

A l’aube des années 2000, curieusement, apparait une portée de nouveaux artistes qui fait table rase du passé. Même chez un vieux de la vieille comme Santana, ce sont des petits jeunots qui vont lui permettre de renouer avec le succès grâce à l’album Supernatural. Mais en dehors du Mexicain, pas une vieille barbe à l’horizon. Dans ce renouveau, le Club Mickey montre son indéniable savoir-faire avec deux chanteuses à qui sourit le Billboard. Christina Aguilera avec son Génie dans la bouteille et surtout Britney Spears qui n’a pas fini de faire parler d’elle. Jennifer Lopez et les Destiny’s Child, pour leur part, assoient définitivement la tendance Rn’B. Si la Britpop s’essouffle déjà, le rock anglais retrouve un peu d’air avec le vivifiant Muse, emmené par Matthieu Bellamy. Mais c’est l’électro pop qui a le vent en poupe. Voilà d’abord Fat Boy Slim et son icônique Right Here Right Now. Voici encore Eiffel 65, un collectif italien et son entrainant Blue (Da Ba Dee) qui commença par un flop magistral. Et voilà surtout un Moby, renaissant de ses cendres, qui électrolyse le blues et le gospel, faisant sienne l’expression : c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe. Enfin, last but no least, le hip hop change de couleur avec l’arrivée d’Eminem dans ses rangs. Le XXIe siècle peut commencer.

90's - #39 - 1998 : la French Touch22 déc. 202400:46:38

Dix ans auparavant, madame Tatcher a voulu enrayer cette espèce de second summer of love qui se développait autour des musiques répétitives, des raves et des techno-fêtes. Nombre de Dj se sont donc exilés dans le reste de l’Europe dont la France qui a découvert cette house plurielle. Des jeunes gens, plutôt issus de la moyenne bourgeoisie, ont non seulement adhéré à ces musiques mais les ont également pratiquées en se faisant offrir à Noël ou pour leur anniversaire, des claviers ou des ordis dotés de séquenceurs numériques en lieu et place des traditionnelles guitares. Toutefois, par leur origine sociale, leur culture musicale était plus large et plus riche que celle de leur modèles anglais. D’où des compositions très électro se distinguant de la house et de la techno, avec une sorte de house rive gauche dont St Germain, Dimitri From Paris, Etienne de Crécy puis Daft Punk sont les fers de lance de la French Touch. Une appellation, teintée d’admiration, créée par les british pour désigner cette métamorphose de la house musique. En 1998, l’expression passe dans le grand public avec trois succès planétaires. L’album de Air, Moon safari, Music Sounds Better With You par Stardust et Gym Tonic, crédité à Bob Sinclair. Le terme french touch ne recouvrant aucun genre mais plus une origine commune, la France, il fut vite abandonné. Mais l’électro à la française intégrait, à quelques encablures du XXI siècle, l’histoire de la pop musique par la grande porte. 

90's - #38 - 1997 : La symphonie des paradoxes15 déc. 202400:44:45

Voilà une année à paradoxes. Blur qui déteste le grunge, la considérant comme une musique de bourrins, en fait une sorte de pastiche. Raté, ce sera leur plus gros hit. Les Anglais se gaussent de ce duo français électro et les traite de punks stupides. Merci pour le nom, Daft Punk les ridiculise avec une compo qui fait le tour de monde. Chumbawamba vomit sur le système mais le système lui ouvre les portes de la fortune. The Verve compose le tube de l’année mais ce sont les Rolling Stones qui empochent les royalties. White Town est un groupe formé d’un seul gars et qui plus est très brun puisqu’il est d’origine indienne. Puff Daddy signe un titre qui fait un carton mais dont il n’a rien composé ni écrit. Grace à Aqua, Barbie devient un être sexué bien avant le film. A quoi, il convient de rajouter Radiohead qui, avec trois chansons sans relief ni envergure, en font une seule qui décoiffe les charts. Restent à citer deux nouveaux venus. Prodigy qui transforme le courant électro hard  en bombe nucléaire que l’on appellera désormais le Big Beat. Et, les All Saints dont la chanson Never Ever est un modèle de production

90's - #37 - 1996 : Girl Power08 déc. 202400:45:32

Sur le marché du Boys Band, c’est une véritable inflation. Les Boyz II men, les Take That sont rejoints par les Boyzone, les Worlds Apart et autres 2B3 ou Alliage. Un épiphénomène proche de l’attrape-nigaud qui prend beaucoup de place au détriment de vrais talents, relégués dans l’ombre. Ouf, un coup d’arrêt magistral va leur être porté par un groupe de filles, que l’on aurait pu croire leur alter égo au féminin, mais pas du tout. Les Spice Girls ont des atouts, le premier d’entre eux étant d’avoir bossé la musique, la danse, leurs voix et d’avoir viré ceux qui voulaient en faire un Girls Band. Que les garçons de salle aux physiques avantageux aient fait diversion se constatent dans la raréfaction de nouveaux artistes d’avenir. Les seuls à passer la rampe le font grâce à des hits de poids mais sans lendemain. No Doubt et Don’t Speak, Nada Surf et Popular, Gala et Freed from Desire, Robert Miles et Children resteront longtemps dans la mémoire collective mais ne permettront pas le démarrage d’une vraie carrière. A l’exception toutefois de trois groupes dans des genres très typés. Marilyn Manson dans un metal indus alterno. Bien aidé par Trent Reznor. Weezer, sous l’égide de Rivers Cuomo, et sa pop intellectuelle décalée. Jamiroquai qui abandonnant l’acid jazz de ses débuts pour pour une pop soul funk léchée décroche enfin la timbale avec Virtual Insanity.

90's - #36 - 1995 : Du paradis des citrouilles au mur des merveilles01 déc. 202400:49:01

Ils sont jeunes, talentueux et drôles. Supergrass, leur nom, n’aurait pas pu être plus éloquent. Ils sont jeunes, talentueux et un brin tourmenté. Billy Corgan et ses Smashing Pumpkins s’installent d’emblée dans la cour des grands. Ils sont électro-pop mais musiciens et regrette le bon vieux temps du rock and roll. Alors ils vont faire les poubelles, c’est à dire créer Garbage. Elles sont encore jeunes, talentueuses l’évidence et savent ce qu’est bonne chanson. Joan Osbourne et Alanis Morissette le prouvent avec One Of Us et Ironic. Il a passé sa jeunesse dans les gangs avant de devenir crooner comme Iglésias,  Coolio Iglésias comme disait un de ses musiciens qui avait du mal à prononcer Julio. Donc le paradis des gangsters, il l’a vu de près et peut en parler savamment. Suffisamment pour être la meilleure vente de l’année avec plus de 6 millions de singles. En Jamaîque aussi, on voudrait ressembles à des gangsta mais au bout de quelques bédots ça tourne à la franche déconnade avec Ini Kamozé dont le gun tire du diabolo fraise. Une année franchement cool avec en prime deux albums renversants qui marqueront les esprits. Radiohead et Oasis sont alors au sommet de leur art. Et ça va durer quelque temps.

90's - #35 -1994 : Néopunk et nouvelle Britpop24 nov. 202400:47:21

En astrophysique, les étoiles les plus lumineuses sont les supernovas. Elles brillent parce qu’elles meurent. Cette appellation n’est pas passée dans le vocabulaire du rock pourtant, depuis Hendrix et maintenant avec Kurt Cobain, elle aurait pu. Avec la fin de Nirvana, le grunge perd le souffle. Toutefois, l’un de ses groupes précurseurs Soundgarden rencontre enfin le succès après dix ans de galères. Mieux vaut tard que jamais.

Si, aux Etats-Unis, le grunge quitte le devant de la scène c’est qu’il est repoussé vers le fond par des gamins pressés, aux tempos surgonflés comme un moteur de mobylette, qui enquillent des titres si courts qu’on se demande où finit l’un et où commence l’autre. Green Day et The Offspring épousent l’urgence de leur jeune public dans un néo-punk bien plus fun que l’ancien. A l’inverse Beck et Sheryl Crow font l’éloge des paumés un tantinet rêveurs mais ô combien attachants. On aurait pu en rester là, si de l’autre côté de l’Atlantique, ces sacrés Britishs, une fois de plus, remettaient tout en question avec le son Supersonic des frères Gallagher. Oasis réinventait la britpop. Une britpop avec un monde underground trip hop dont Portishead et son Glory Box, passe de l’ombre à la gloire, malgré son crédo antisystème

90's - #34 - 1993 : Le 45-tours passe son tour17 nov. 202400:50:05

Cette année- la, disparaissent le 45-tours et Frank Zappa qui n’en aurait eu pas grand-chose à battre puisqu’il avait signé une quarantaine d’albums mais pas un seul 45-tours. C’est aussi la fin de Dire Straits et des Pixies en tant que groupe. Mais ni Mark Knopfler ni Frank Black ne mettent un terme à leur carrière. Deux groupes de moins mais trois cents de plus.

J’ai compté le nombre de nouveaux groupes apparus en 1993. Seuls douze survivront assez longtemps pour voir la lumière dont All Saints, Garbage, Nada Surf et les Fugees. Et trois français, Daft Punk, Dionysos et Mass Hysteria. Un quart des survivants, c’est pas mal. En 1993, l’Eurodance maîtrise un peu mieux son sujet ce qui permet à What Is love, Mr Vain et I Like To move It de se distinguer d’une production stérile. Deux nouveaux entrants amènent un sang neuf. Dr Dre se veut le pape d’une nouvelle science musicale, la mixologie. Et, Bjork, une petite islandaise balance de grandes gerbes bouillantes pour réveiller une pop musique s’embourgeoisant. Le rock assure le minimum syndical mais haut de gamme avec Nirvana, Aerosmith et Lenny Kravitz. Quant aux Breeders, elle tire un boulet de canon qui atteint sa cible : meilleur titre de l’année

90's - #33 - 1992 : Premiers tomes pour Tom et Thom10 nov. 202400:51:46

Pour qu’un groupe atteigne un certain niveau créatif, de deux choses l’une. Soit tous les membres s’entendent merveilleusement bien et ont le regard tourné vers un même horizon. Dans ce cas, de l’addition des bonnes volontés résulte, comme en arithmétique, d’une somme plus grande que le potentiel de chaque musicien. Souvent même, ils s’admirent l’un l’autre. Puis la vie, des aspirations différentes et un destin contrariant vont mettre un terme à la belle histoire. C’est rare mais ça existe  

Pour preuve, Rage Against The Machine, l’un des deux groupes marquant de l’année 92 est un modèle du genre. On pourrait la même année et dans le même segment, citer Ugly Kid Joe et Les Spin Doctors. A l’inverse, il y a des groupes avec deux têtes, deux forts égos qui se frottent, qui se toisent, ne laissant rien passer à son alter égo ? C’est dans cette sorte de champ magnétique entre deux pôles qu’ont évolué Lennon et McCartney, Jagger et Richard, Robert Smith et Simon Gallup. Et Thom York et Johnny Greenwood, les deux maîtres à penser de Radiohead qui montrent le bout de leur talent en 1992, avec Creep, un titre tellement au-dessus du lot qu’il passe inaperçu cette année-là. Radiohead a duré un bout de temps. Ca n’a pas été le cas des Four Non Blondes où les orages magnétiques à répétition ont eu raison de la magnétosphère.

90's - #32 - 1991 : Une année monstrueuse03 nov. 202400:58:24

Comme dans le Bordelais, il y a dans la pop musique des cuvées d’exception.

En 1991, je suis tombé de ma chaise plus souvent qu’à mon tour. De tristesse quelquefois, en apprenant la mort de Freddie Mercury ou celle de Miles Davis. Leo Fender, le père de la guitare électrique a également fait ses adieux cette année-là. Vince Taylor aussi, mais lui je le croyais mort depuis longtemps vu l’invraisemblable quantité de produits toxiques qu’il avait ingurgités. Mais pour compenser ces quelques larmes, j’avais connu bien des bonheurs.

Des émotions à répétitions. Dans quel ordre, je ne sais plus mais écoutez un peu ce qui déboula dan nos tympans cette année-là. Les Red Hot avec Under The Bridge, Give It Away et Breaking The Girl. Nirvana et son Nevermind, grave non ? Ajoutez Losing my Religion de Rem, Wind Of Change de Scorpions, Enter Sandman de Metallica. C’est déjà cossu mais c’est pas fini. Voila que les Guns transforment une chansonnette de Dylan en un morceau d’anthologie. Quant à U2, une fois encore, il nous transcende le cœur et l’estomac avec un One tombé du ciel. Ah, oui j’oubliais Pearl Jam et la découverte d’Eddie Vedder. Putain, pour mes 50 ans, la pop musique ne s’était pas foutu de ma gueule.

90's - #31 - 1990 : Ça tourne rond pour Mariah Carey27 oct. 202400:48:40

La décennie commence en fanfare mais tendance cirque avec de sacrés numéros. Entrée en scène de l’Eurodance et de sa production artificielle, mi électro mi synthpop, dévolu aux troupeaux des prépubères et des adolescents crédules. Il y’aura malgré tout quelques joyaux mais peu. A peu près fabriqués sur le même moule et destinés à un public équivalent mais plus sensible aux apparences esthétiques, les New Kids on The Block lancent la vogue des Boys Band. Plus sérieusement, le hip hop se mâtine de pop avec MC Hammer. L’électro affirme ses valeurs funky en convoquant

 Maceo Parker et Bootsy Collins pour le tube de Deee Lite, le Groove au cœur. Le rock indus montre le bout de ses forges dans les compos de Nine Inch Nails. Mais, la vedette dont tout le monde s’entiche sans vraiment savoir de quoi il retourne, c’est le Seattle Sound. Il parait que dans cet état américain qui jouxte le nord de la Californie, il y’a des groupes, des studios et des ingé-sons plus roots que roots, des purs de chez pur. Et toutes les maisons de disques y dépêche leur A&R pour ne pas passer à côté des Alice in Chains et consorts. Mais le clou du spectacle, est une toute jeune auteure compositeure avec une voix plus large que le spectre solaire. Elle s’appelle Mariah Carey.

80's - #30 - 1989 : Les temps changent, encore ?30 juin 202400:50:49

Cent ans après la prise de la Bastille, le populo et son expression musicale, la musique pop se porte plutôt pas mal. D’autant qu’en 1989, se prépare une petite révolution avec la sortie confidentielle des deux premiers albums de deux groupes qui marqueront de façon indélébile les années 90.

Si Nirvana et The Offspring ne déclenchent pas ce coup-ci les clameurs et le tumulte, ils ont au moins planté la première graine de la sédition. Tears For Fears aussi plante sa graine, celle de l’amour et opère sa révolution en abandonnant la synthpop pour le retour à de vrais musiciens.

Même les discothèques sont en ébullition. Ecartelé entre l’ancien régime d’un disco obsolète et la fureur technoïde de l’acid house, elles accueillent Jive Bunny et ses remixes comme un novateur traditionnaliste. Sans parler des playboys de la new wave, Depeche mode, qui vire sa cuti et passe au rock and roll pur jus. Ajoutez, Phil Collins, Phil le gentil, le gendre idéal, qui rue dans les brancards et dénoncent les maux de notre société. Manquerait plus que la Madone aille foutre le souk au Vatican. Oops, nom de dieu, mais c’est qu’elle l’a fait, la Ciccone. Vu comme c’est parti, je crois bien que les années 90 ne vont pas ressembler aux années 80. Mais alors pas du tout !

 

Playlist 1989

LA LAMBADA - KAOMA

SWING THE MOOD - JIVE BUNNY AND THE MASTERMIXERS

LIKE A PRAYER - MADONNA

SHE DRIVES ME CRAZY - FINE YOUNG CANNIBALS

SOWING THE SEEDS OF LOVE - TEARS FOR FEARS

PERSONNAL JESUS - DEPECHE MODE

KINGSTOWN TOWN - UB40

ABOUT A GIRL - NIRVANA

ANOTHER DAY IN PARADISE - PHIL COLLINS

I WANNA BE ADORED - STONE ROSES

80's - #29 - 1988 : ses amis râlent pour Nelson23 juin 202400:50:14

La star de l’année, personne ne l’a vu depuis un bout de temps. Non seulement parce que l’on a pas le droit de montrer ses photos mais surtout parce qu’il croupit en prison depuis 25 ans. Alors la pop musique décide, pour l’anniversaire de ses 70 ans d’organiser un concert dans le stade de Wembley, diffusé dans le monde entier. Que du beau linge. 

Toutefois, c ‘est une jeune noire inconnue, armée de sa seule guitare et d’une voix unique, qui transit l’auditoire. Tracy Chapman renverse la table. Curieusement, le zoulou blanc, Johnny Clegg qui se bat contre l’apartheid depuis ses débuts n’y est pas. Pas plus que Midnight Oil, mais là ça se comprend. On ne va pas mélanger les combats. Eux c’est pour la reconnaissance de la communauté aborigène d’Australie qu’ils font des pieds et de mains et des chansons.

Toutefois dans cette lutte contre ces différentes formes de racisme, le film Bagdad Cafe, tourné en un mois, avec un budget de misère, se montre dix fois plus éloquent et sa chanson resonne comme un hymne à la tolérance. Quant aux Pixies, qui planent très haut, bien au-dessus de tous ces problèmes, ils résument pourtant notre état psychologique de pauvres humains avec Where Is My Mind ?

 

Playlist 1988

NEED YOU TONIGHT - INXS

BEDS ARE BURNING - MIDNIGHT OIL

ASIMBONANGA - JOHNNY CLEGG

CALLING YOU - JEVETTA STEELE

THEME FOR S’EXPRESS - S’EXPRESS

DON’T BELIEVE THE HYPE - PUBLIC ENEMY

WHERE IS MY MIND - THE PIXIES

TALKIN’ ABOUT REVOLUTION - TRACY CHAPMAN

ORINOCO FLOW- ENYA

ESSA MOCA TA DIFFERENTE - CHICO BUARQUE DE HOLLANDA

80's - #28 - 1987 : La house c'est très sample16 juin 202400:47:23

Au beau milieu des années 80, à Détroit et à Chicago, les jeunes étudiants et les jeunes travailleurs raffolent des soirées festives et dansantes. Ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est plus, c’est qu’ils veulent se mettre en transe sur des sons qui défoncent.

Or, justement, de jeunes Dj peu argentés, se lancent dans des collages musicaux sur les rythmes des toutes nouvelles drums Machine et des boucles échantillonnées à partir de disques de rhythm and blues. Du disco au rabais. A Detroit, on parle de techno. A Chicago, on appelle ça de la house.

Quand cette tendance arrive an Angleterre, elle enthousiasme une génération paupérisée par la politique de Margaret Tatcher. La Dame de Fer va même filer un coup de main à son essor, en obligeant les discothèques à fermer à 2h du matin. D’où le développement des free et rave parties dans des usines désaffectées et toute sorte de lieux incongrus. Le grand public en prendra connaissance avec le succès de Pump Up The Volume. Ce nouveau pan de la pop musique, électro, tribal et underground va s’affirmer comme un phénomène de société majeur en faisant tache d’huile dans le monde entier.

Mais pour l’instant ce sont encore les U2, les Guns, les Cure et les Madonna qui focalisent l’attention. Et la fluette Suzanne Vega qui n’a aucune idée de son rôle central dans l’invention du MP3, le futur support de la musique.

 

Playlist 1987

SWEET CHILD O’ MINE - GUN‘S AND ROSES

WITH OR WITHOUT YOU - U2

THE TIME OF MY LIFE - BILL MEDLEY & JENNIFER WARNES

DON’T DREAM, IT’S OVER - CROWDED HOUSE

GOT MY MIND SET ON YOU - GEORGES HARRISON

PAID IN FULL - ERIC B & RAKIM

LA ISLA BONITA - MADONNA

PUMP UP THE VOLUME - MARSS

TOM‘S DINER - SUZANNE VEGA

JUST LIKE IN HEAVEN - THE CURE

80's - #27 - 1986 : Un boulevard pour la rue09 juin 202400:52:16

Au fur et à mesure des années et de son importance économique, la musique pop ressemble plus à un château de milliardaires qu’à une caverne de Liverpool.  Et nombre d’aspirants-vedette ne rêvent que d’une chose, eux aussi toucher le pactole.

En contrepartie, la pure authenticité qui transparaissait chez les Kinks, les Who et tous ces presque prolos des classes moyennes semble évanouie. Bien sûr il y’a encore Bruce Springsteen, Neil Young et quelques autres. Mais s’ils n’ont jamais dérogé à leur nature, ils sont néanmoins devenus des monstres, habitués au gigantisme. Quant aux punks et leurs clones, on les sent plus intéressés par la vraie thune que par le bon tube.

Mais, cette année-là deux groupes vont me faire mentir. Les Smiths originaires de Manchester et les Beastie Boys, natifs de Brooklyn. Oh, leurs musiques n’ont rien à voir entre elles, je vous l’accorde. Mais leur démarche est semblable et leur investissement artistique sans faux-semblants. Leur public n'est pas composé de fans mais de convertis. Dans la pop metal également, deux groupes se montrent plus investis que les autres : Metallica et Bon Jovi. Disons qu’ils en veulent et se défoncent pour y parvenir. Tout le contraire d’Europe, le groupe suédois qui ne comptait pas faire de la plus incroyable mauvaise chanson un tube interplanétaire.

 

Playlist 1986

TAKE MY BREATH AWAY - BERLIN

THE QUEEN IS DEAD - THE SMITH

SLEDGEHAMMER - PETER GABRIEL

THE FINAL COUNTDOWN - EUROPE

KISS - PRINCE

LIVIN’ ON A PRAYER - BON JOVI

FIGHT FOR YOU RIGHTS - BEASTY BOYS

MASTER OF PUPPETS - METALLICA

GRACELAND - PAUL SIMON

WALK LIKE AN EGYPTIAN - THE BANGLE

 

80's - #26 - 1985 : Usa for Africa02 juin 202400:49:23

La grande affaire de l’année c’est « Usa for Africa. » Au départ, Lionel Richie, Stevie Wonder et Michael Jackson sont pressentis pour écrire la chanson caritative, au profit des Ethiopiens qui doit être interprétée par le gotha du showbiz américains. Mais Stevie Wonder à autre chose à faire, Lionel Richie ne semble pas inspiré. Seul Michael Jackson s’y colle vraiment et finit la chanson la veille de l’enregistrement.

Une session d’enregistrement conduite par Quincy Jones qui n’est pas certain d’arriver à canaliser les égos des 44 plus grosses stars de la scène américaine. Il y a là Ray Charles, Bob Dylan, Paul Simon, Tina Turner, Stevie Wonder, Bruce Springsteen, Diana Ross, Kim Carnes et une trentaine d’autres du même acabit et seuls vingt-et-un d’entre eux auront à chanter au moins une ligne de texte, les autres seront noyés dans les chœurs.

Pour le lancement, cinq mille stations de radios passent le titre le même jour à la même heure. Numéro 1 dans tous les pays sauf deux, l’Allemagne et l’Autriche. L’Autriche qui se distingue en donnant naissance à deux titres remarquables. Rock me Amadeus de Falco, 1er titre en langue allemande à être n°1 au Billboard. Et Life is life d’Opus dont le refrain sera repris en chœur par les publics du monde entier. Autre événement notable, l’album Brothers in Arm de Dire Straits est le premier Cd à dépasser le million d’exemplaires en termes de vente. Le premier mais pas le dernier.

 

Playlist 1985

We are the world - USA FOR AFRICA

Russian - Sting

take on me- a-ha

life is life - opus

Money for nothing - Dire Straits

Condition of the heart - Prince

Rock me - Amadeus Falco

In between days - The Cure

Running up that hill - Kate Bush

The Captain of her- Heart Double

80's -#25 - 1984 : Made in Deutschland26 mai 202400:53:56

Si vous avez un tantinet suivi l’histoire de la pop musique, vous avez compris qu’elle s’était déroulée aux Etats-Unis et en Grande -Bretagne. La pop musique ne parle qu’une langue, l’anglais. Au reste les rares insertions d’artistes d’autres provenances comme Abba le font soit dans la langue des Beatles soit sans paroles comme Jean-Michel jarre. Quant à l’Australie des Bee Gees ou le Canada de Neil Young, je vous rappelle que le Canada était encore un Dominion britannique jusqu’en 1982 et l’Australie jusqu’en 1942. Or la pop musique ayant à peu près colonisé toutes les oreilles de la planète, ce leadership des States et des British ne pouvaient durer éternellement. Est-ce parce que les Allemands sont des anglo-saxons que l’Allemagne a été la première tête de pont d’une pop européenne ? Mais toujours en anglais ! En tout cas, en 1984, Alphaville, Scorpion et Nena s’imposent à Londres et à New York comme s’ils avaient toujours fait partie de l’aventure. Sans vouloir redonder, si vous avez suivi l’histoire, vous avez compris que les synthétiseurs et consorts se taillent désormais la part du lion dans les productions pop. Au point qu’un pur guitariste, Van Halen lui-même, délaisse les cordes au profit des claviers. Mais ce n’est pas tout. Si Tears For Fears sublime également les claviers, Art Of Noise sous la conduite de Trevor Horn produit les premières œuvres électro, mais musicales celles-ci, contrairement aux expérimentations de Kraftwerk, de Tangerine Dream ou de Yellow Magic Orchestra.

 

Playlist 1984

Forever Young - Alphaville

99 Luftballons - Nena

Still Loving You - Scorpions

Smooth Operator - Sade

Purple Rain - Prince

Jump - Van Halen

Born In The Usa - Bruce Springsteen

Pride (In The Name of Love) - U2

Shout - Tears For Fears

Close To The Edit - Art of Noise

80's -#24 - 1983 : A l’assaut des tabous19 mai 202400:49:58

Toute société a ses tabous et ses interdits. Ils sont religieux, moraux, sexuels et politiques. Or, dans les pays occidentaux, ils se heurtent à un autre principe : la liberté de conscience. Au début des années 80, pas mal se sacro-saints fondements ont déjà rendu les armes mais il en reste.

Or la musique contrairement au cinéma et aux livres que l’on peut toujours censurés, la musique, elle, est plus difficilement contrôlable. De sorte que quand Frankie Goes To Hollywood fait, dans Relax, la promotion des sexualités homosexuelles et débridées des backrooms for men, la chaîne Mtv a beau censuré le vidéoclip, elle participe à sa propagation par d’autres canaux et contribue à une des meilleures ventes de l’année. Idem avec Cindy Lauper qui déboulonne l’anti-lesbianisme et le paternalisme en chantant Girls Just Want To Have Fun. Et si Sweet Dreams ne fait qu’évoquer les pollutions nocturnes, Madonna entame sa croisade pour revendiquer une liberté sexuelle ostentatoire.

Reste l’auto-censure pratiquée par U2 qui va peu à peu réécrire Sunday Bloody Sunday. Au départ c’est un brûlot anti- Ira et Uda (les deux factions qui s’entretuent en Irlande) que les prudents musiciens de U2 édulcorent en une sorte d’évangile pacifique. Seul le refrain fait allusion aux fameux dimanches sanglants de 1920 et de 1972. L’industrie phonographique inventera en 1985 le Parental Advisory, un avertissement aux auditeurs que le contenu d’un disque n’est peut-être pas pour toutes les oreilles.

 

Playlist 1983

Holiday - Madonna

True - Spandau Ballet

Every Breath You Take -Police

Relax - Frankie goes to Hollywood

Girls Just Want To Have Fun - Cindy Lauper

Sunday Bloody Sunday - U2

Sweet Dreams - Eurythmics

All Night Long - Lionel Richie

Reggae Night - Jimmy Cliff

Owner of A Lonely heart - Yes

80's - #23 - 1982 : L’année de Michael Jackson12 mai 202400:52:22

A bien y regarder, l’année 1982 fait le grand écart. D’un côté, il y a la puissance nucléaire de Michael Jackson. Assisté d’une escouade de généraux en chef du tonneau de Quincy Jones ou d’Eddie Van Halen, sans oublier la machine de guerre que représentent les plus équipés des studios d’enregistrement de Los Angeles. A quoi s’ajoutent des vidéos clips de promotion réalisés par le gotha hollywoodien.

A l’autre bout, dans les brumes du New Jersey, tout seul avec son spleen, sa guitare et son harmonica, Bruce Springsteen enregistre sur un 4-pistes à k7 à trois balles, un album criant de vérité amère. David ne terrasse pas Goliath mais il fait jeu égal.

Par ailleurs, sur le flanc du reggae, Chris Blackwell, son père adoptif, abandonne la musique jamaïcaine qu’il juge abâtardie par des loustics comme Culture Club. Pour le rock glamour, typiquement british, initié par David Bowie, c’est également le chant du cygne avec l’album Avalon de Roxy Music et de son mentor Brian Ferry. Quant au hip hop, il fait un pas de géant avec Grand Master Flash qui délivre son message à toute la communauté des jeunes afro-américains qui ne d’identifient pas dans la société du spectacle de Michael Jackson.

 

Playlist 1983

Thriller - Michael Jackson

Do you Really Want To Hurt Me - Culture Club

Sexual Healing - Marvin Gaye

Pass the Dutchie - Musical Youth

Eye of The Tiger - Survivors

1999 - Prince

I Zimbra - The Talking Heads

Johnny 99 - Bruce Springsteen

The Message - Grandmaster Flash and The Furious Five

Avalon - Roxy Music

80's - #22 - 1981 : Electronic drums05 mai 202400:51:12

Cette année-là disparaissent Bob Marley, Bill Haley et Georges Brassens qui, s’il avait marié la langue de Shakespeare comme celle de La Fontaine, aurait dépassé en notoriété tous les songwriters de la pop music.

Une pop musique presque entièrement colonisée par les synthétiseurs. Que ce soit Phil Collins en solo, Laurie Anderson, un groupe à elle toute seule, Genesis, Soft Cell, Kim Wilde, David Bowie ou Queen, Kim Carnes ou Vangelis, ils sont partout. D’autant que les constructeurs japonais qui jusqu’alors se bornaient à copier les guitares américaines et les pianos européens, ont un savoir-faire en électronique mis à profit non seulement dans la création de synthés innovant et peu couteux mais également dans la production de machines satellites tels les arpégiateurs, les séquenceurs et d’autres lignes d’effets spéciaux. Korg, Roland, Yamaha dament le pion aux Américains.

Sauf, très momentanément, en ce qui concerne la boîte à rythmes. La Linn Drum, apparue au début des années 80, véritable séquenceur de batterie est en passe de mettre au chômage toute une profession. Même Phil Collins, batteur émérite, l’emploie pour son méga tube In The Air Tonight. D’ailleurs sur les 10 titres de cette sélection, seuls trois (les Stones, Genesis et Queen) emploient une vraie batterie.

 

Playlist 1981

I'VE SEEN THAT FACE BEFORE - GRACE JONES

ABACAB - GENESIS

IN THE AIR TONIGHT - PHIL COLLINS

TAINTED LOVE - SOFT CELLS

START ME UP - THE ROLLING STONES

KIDS IN AMERICA - KIM WILDE

UNDER PRESSURE - QUEEN & DAVID BOWIE

LES CHARIOTS DE FEU - VANGELIS

O SUPERMAN - LAURIE ANDERSON

BETTE DAVIS EYES - KIM CARNES

80's - #21 - 1980 : La synthpop prend le pouvoir28 avr. 202400:49:56

Même si la Jamaïque s’est révélée au reste du monde, au milieu des années 70 grâce au reggae, l’île avait adapté, dans les années 50, avec une forte identité, les musiques négro-américaines. Une jamaïquisation, largement propagée par le biais de sound system, notamment avec Prince Buster et les productions de Island record dirigé par Chis Blackwell. C’est là que se développe le ska et le rock steady. Au demeurant, ce n’est qu’au début des années 80, en Angleterre, que le ska va connaître son heure de gloire, notamment grâce au label à damier noir et blanc, 2 Tones. Mais c’est le reggae, et la figure légendaire de Bob Marley qui focalise l’attention et séduit même le maître du groove Stevie Wonder. Un Stevie Wonder, dont l’autorité musicale a conféré aux synthétiseurs dont il est un adepte, une légitimité instrumentale qui donne naissance à la synthpop. Une esthétique anti-punk qui s’affirmer dès 1980 avec Orchestral Manœuvre in The Dark et Blondie ou Giorgio Moroder ou encore Kate Bush dans une dimension d’un niveau supérieur.

Sur les cendres du punk, se développe également un rock froid, austère et névrotique dont le représentant le plus emblématique s’appelle Joy Division et dont s’inspirera plus tard le rock gothique. Quand au rock tout court, depuis qu’il s’est trouvé un Boss, il coule comme une rivière de larmes.

 

Playlist 1980

REDEMPTION SON - BOB MARLEY

THE RIVER - BRUCE SPRINGSTEEN

FAME - IRENE CARA

MASTER BLASTER (jammin’) - STEVIE WONDER

CALL ME - BLONDIE

BABOOSHKA- KATE BUSH

ENOLA GAY - ORCHESTRAL MANOEUVRES IN THE DARK

CELEBRATION - KOOL AND THE GANG

FOOD FOR TOUGH - UB40

LOVE WILL TEARS UP APART - JOY DIVISION

70's - #20 - 1979 : "Rumeurs urbaines"24 mars 202400:54:44

Quand ils étaient tristes, les afro-américains ont inventé le blues. Pour faire la fête et danser, ils ont pondu le ryhthm and blues. Pour nourrir leur âme, ils ont transformé le gospel en soul music. Pour défendre le Black Power, ils se sont libérés dans le free jazz. C’est dire si la condition sociale des Noirs américains s’est largement cristallisée dans leurs musiques, seule expression culturelle impossible à museler. Rien d’étonnant alors, que, pour animer à peu de frais les block party (les repas de quartier), des gamins du Bronx, ont imité les griots mais en jouant sur les mots. Tout en s’accompagnant de boucles funky et de scratchs rythmiques sur des platines vinyles en bout de course. Suffisait qu’une doyenne de la phonographie, ruinée mais visionnaire, se dise et si on en faisait un disque ? A l’aube des années 80, le hip hop entrait dans le bal. Le ska aussi mais il n’allait pas faire long feu. En revanche, deux groupes qui ramaient depuis belle lurette, voyaient enfin le bout du tunnel. Après des années d’enfer, Highway To Hell propulsait Ac/Dc au firmament du hard rock. Et Supertramp devenait superstar, du jour au lendemain. Quant à Pink Floyd, il rajoutait une brique au mur pour mieux l’effondrer.

 

Playlist 1979

OOGIE WONDERLAND - EARTH, WIND AND FIRE

I WAS MADE FOR LOVING YOU - KISS

THE LOGICAL SONG - SUPERTRAMP

MY SHARONA - THE KNACK

HIGHWAY TO HELL - AC/DC

ANOTHER BRICK IN THE WALL - THE PINK FLOYD

LONDON CALLING - THE CLASH

ONE STEP BEYOND - MADNESS

BRASS IN POCKET - THE PRETENDERS

RAPPER‘S DELIGHT - SUGARHILL BAND

70's - #19 - 1978 : Ça swingue pour le funk17 mars 202400:56:35

Dans le funk, la vedette, c’est la section rythmique et ses syncopes. On dit de James Brown   qu’il est le parrain du funk mais pas son père. Car chez James Brown, la vedette c’est James Brown et sûrement pas ses musiciens, ses employés, dévolus à un pattern, certes funky, mais droit comme un I. Au cours des années 70, le funk pointe son nez chez Sly, Bobby Womack , Wilson Pickett mais sans pour autant prendre le leadership. C’est le disco, en l’utilisant comme un ingrédient dansant, qui va lui servir de tremplin. Avec Le freak, c’est chic , Nile Rodgers et Bernard Edwards imposent le funk comme un genre à part, en le popularisant auprès du public blanc qui découvre alors ces vieux de la vieille, les Commodores, Kool and the Gang ou encore Earth Wind and Fire qui s’engouffrent dans le disco-funk comme des morts de faim.

Par ailleurs, le rock qu’on pensait moribond redresse la tête en s’appuyant sur deux guitaristes d’exception : Mark Knopfler en Grande Bretagne et Eddie Van Halen, aux Etats-Unis. Et la pop music n’est pas en reste avec deux nanas aussi jolies que douées : Kate Bush et Debbie Harry. Même le punk, dont on attendait peu, parvient, grâce à Police, à montrer que lui aussi mène à tout, à condition d’en sortir.

 

Playlist 1978

SULTANS OF SWING - DIRE STRAITS

WUTHERING HEIGHTS - KATE BUSH

HOLD THE LINE - TOTO

BAKER STREET - GERRY RAFERTY

YMCA - THE VILLAGE PEOPLE

ROXANE - THE POLICE

‘AIN’T TALKIN’ ‘BOUT LOVE - VAN HALEN

HEART OF GLASS - BLONDIE

FREAK - CHIC

I WILL SURVIVE - GLORIA GAYNOR

70's - #18 - 1977 : La fièvre et la ferveur10 mars 202400:46:54

Cette année-là, certains y voient un signe, La Fièvre du samedi soir remplit les salles et comblent les discothèques. Tandis que le King, le roi Elvis, l’inventeur du rock and roll, pour ainsi dire, devenu gros et gras, disparait de la scène. Oh, le rock n’est pas mort mais il est mal en point. A force de consommer des drogues dures comme des bonbons, il n’y a plus grand monde pour porter le flambeau. Même Clapton, avec sa reprise d’un titre de JJ Cale, Cocaïne, qui se voulait un cri d’alerte sur les méfaits de la dope, est chanté en chœur par l’auditoire comme un hymne à la poudre de Perlimpinpin. D’ailleurs, le rock aussi a abandonné la salle de concert. Pour se produire dans des stades. C’est le début de l’Arena rock que Queen cristallise avec We Are The champions et We Will Rock You, deux chansons non plus destinées à l’intention du public mais plutôt écrites pour des supporters. Aux States, le vivier et tellement vide que l’album « Rumours « de Fleetwood Mac passe pour le phénix de l’année. Non, il faut le reconnaitre, cette année-là, le disco semble indétrônable d’autant qu’il fait feu de tout bois. Avec des clarinettes dans Let’s All Chants de Michael Zagger. Avec des castagnettes, dans une version flamenco d’un tube des Animals. Ou en cachant sa tête comme les synthétistes de Space, une idée qui donnera des idées aux futurs Daft Punk.

 

Playlist 1977

WHITE RIOT - THE CLASH

THE CHAIN - FLEETWOOD MAC

WE ARE THE CHAMPIONS - QUEEN

WE WILL ROCK YOU - QUEEN

COCAINE - ERIC CLAPTON

STAY‘IN ALIVE -THE BEE GEES

LET‘S ALL CHANT - MICKAEL ZAGER BAND

MR BLUE SKY - ELO

MAGIC- FLY SPACE

DON‘T LET ME BE MISUNDERSTOOD - SANTA ESMERALDA

 

70's - #17 - 1976 : Le disco mène la danse03 mars 202400:54:38

C’est une année triangulaire. Avec trois angles franchement opposés et trois sommets complètement singuliers. A tout seigneur, tout honneur, un néo-classicisme très moderne se développe avec un respect marqué pour les glorieux ancêtres. Que ce soit Stevie Wonder louant Sir Duke où les Eagles exaltant Hotel California. Même la vague disco bénéficie d’orchestrations soignées grâce à Abba qui s’inspire de Phil Spector et à travers les Bee Gees qui transcendent les vocaux des Everly et des Beach Boys. Ou encore Santana qui réhabilite le pur solo de guitare électrique dans le sillon d’un Jeff Beck. Autre sommet aussi inattendu qu’avant-gardiste, ce bol d’Oxygène de pure électronique que Jean-Michel Jarre dispense à toute la planète. On parle de musique synthétique plutôt que d’électro. Mais ça viendra. Enfin à l’opposé de ces musiciens sérieux et inspirés, et d’une opposition véhémente et revendiquée, apparaissent, sortis des caniveaux de New York et de Londres, des incultes musicaux et sans futur, désireux de faire briller leur rébellion nihiliste. Crasseux et pourris, les Punks visent plutôt la Une des tabloïds que la première place du Billboard. Avec les Sex Pistols et les Ramones, la pop, bien malgré elle, passe du monde de la culture au phénomène de société. 

 

Playlist 1976

DADDY COOL - BONEY M

DANCING QUEEN - ABBA

HOTEL CALIFORNIA - THE EAGLES

YOU SHOULD BE DANCING - THE BEE GEES

EUROPA - SANTANA

I WISH - STEVIE WONDER

SIR DUKE - STEVIE WONDER

LET’S DANCE - THE RAMONES

ANARCHY IN TH UK - THE SEX PISTOL

OXYGEN - JEAN-MICHEL JARRE

70's - #16 - 1975 : Bande on the band25 févr. 202400:59:59

Jusqu’au début des années 60, la musique était enregistrée en direct. Tous les musiciens devaient jouer ensemble, que ce soit un groupe de rock ou un orchestre symphonique. Au moindre couac, on revenait à la case départe et on recommençait. De deux pistes, on passe à quatre en 1963 puis à huit en 1968. Comme en témoignent les albums des Beatles ou des Beach Boys, le magnétophone et son environnement, le studio, se métamorphosent en un véritable instrument de création pour la pop musique. Au début des années 70, on passe à 24, voire 32 pistes. Ce qui permet non seulement aux musiciens d’être enregistré piste par piste mais aussi d’utiliser plusieurs pistes pour un seul intervenant. Loisible également de réaliser des sous-mixes de plusieurs pistes que l’on transfère ensuit sur une seule piste, laissant toutes les autres disponibles pour rajouter ce qui passe par la tête. Beaucoup de boulot et de bricolage auxquels ne sont pas prêts tous les producteurs et ingénieurs du son. Toutefois, en 1975, Pink Floyd, Queen et Ten CC vont atteindre une telle magnificence sonore avec, respectivement Shine On Your Crazy Diamond ,  Bohemian Rhapsody  et  I’m Not in love  que plus aucun studio ne va rechigner à mettre les mains dans le cambouis, l’oxyde de fer en l’occurrence. Autre grand bénéficiaire des progrès de l’enregistrement (spécifiquement en durée), la musique disco peut faire sa tambouille avec une économie de moyens et de personnels. Donna Summer et Giorgio Moroder en fournissent une preuve exemplaire avec leur version allongée de Love To Love You Baby.

 

Playlist 1975

NO WOMAN NO CRY - BOB MARLEY

I’M NOT IN LOVE - TEN CC

KASHMIR - LED ZEPPELIN

BORN TO RUN -BRUCE SPRINSTEEN

FEELING - MORRIS ALBERT

SAILING - ROD STEWART

WALK THIS WAY - AEROSMITH

SHINE ON YOUR CRAZY DIAMOND - PINK FLOYD

BOHEMIAN RHAPSODY - QUEEN

LOVE TO LOVE YOU BABE- DONNA SUMMER

70's - #15 - 1974 : La naissance du disco18 févr. 202400:52:33

En termes de loisir populaire, « aller danser » présentait de nombreux avantages. Moins cher qu’une place de cinéma ou de café-concert, cette activité permettait également de faire des rencontres. Avec l’émergence du rock et de la pop, la jeunesse veut danser sur ces nouveaux rythmes non plus interprétés par un orchestre mais diffusés par des haut-parleurs, fût-ce ceux d’un Juke Box. Du dancing à la discothèque, il n’y a qu’un pas, allégrement franchi au cours des années 60. La clientèle est nombreuse et la demande s’accentue pour des titres dansants. Le rhythm and blues s’avère le principal fournisseur des dance-floors. Charge pour le disc-jockey d’enquiller les titres de la meilleure façon sans casser le rythme. Une collection de disques, « Formidable Rhythm and Blues », fournit même des sets sans interruption entre les titres. En 1974, la sortie de Rock You baby par George McRae a ce petit quelque chose de sonore en plus qui séduit immédiatement le public des discothèques. Par ailleurs, un bricolo de la bande magnétique, Tom Moulton parvient à prolonger la durée de Never Say Goodbye, une reprise de Gloria Gaynor, arrangée à la sauce de Rock You baby. Simultanément, débarquent Lady Marmelade, Barry White et Tsop. Dans tous les cas, du rhythm and blues, on a gardé le groove et l’esprit funky, auxquels s’ajoutent un synthé simpliste mais mélodieux. Quand Abba remporte le Prix de l’Eurovision avec Waterloo, il n’intègre aucune de ces recettes mais va pourtant être intronisé succès disco car il fait danser. Désormais, le disco c’est ce qui fait danser en boîte. Un point c’est tout.

 

Playlist 1974

WEET HOME ALABAMA - LYNYRD SKYNYRD

WATERLOO- ABBA

ROCK YOU BABE - GEORGES McCRAE

TSOP -MFSB

REBEL REBEL- DAVID BOWIE

I CAN’T HELP - BILLY SWAN

YOU’RE THE FIRST, THE LAST, MY EVERYTHING - BARRY WHITE

LADY MARMELADE - PATTI LABELLE

AUTOBHAN - KRAFTWERK

LOVE IS ALL - ROGER GLOVER

NEVER CAN SAY GOOGBYE- GLORIA GAYNOR

70's - #14 - 1973 : A l'ombre de Londres11 févr. 202400:54:41

Cette année-là, plusieurs événements majeurs vont passer quasiment inaperçus. Que Clapton sorte un nouvel album, c’est plutôt courant. Qu’un des titres fasse un hit, pas de quoi en faire des gorges chaudes. Oui, mais voilà, cet I Shot The Sheriff vient de mettre en lumière un courant musical dont personne n’avait entendu parler, tout en braquant les projecteurs sur un type à la drôle de coiffure qui habite un taudis dans une île perdue des Caraïbes. Un truc pour les émigrés jamaïcains pense-t-on à Londres. Que nenni, mon ami, Bob Marley et le reggae viennent de poser le pied dans la capitale de la pop music. Qu’un autre émigré, de Zanzibar celui-là, rejoigne un petit groupe de punk comme il y’en a des milliers, quel intérêt, quelle importance ? Bon, leur single Killer Queen plait au public. Mais de là à imaginer que Queen va devenir un killer, y’a de la marge, dit-on à Londres.

C’est vrai qu’à Londres, on suppute beaucoup, on encense très vite puis on oublie aussi rapidement. Mais tout le monde et d’accord pour estimer que ce jeune blanc bec qui n’y connait rien en musique et lance un label phonographique en signant un demi-demeuré, là c’est clair, personne ne miserait une livre sterling, même pas un kopeck. Comment allouer le moindre crédit à Richard Branson, à Virgin, à Mike Oldfield et ses clochettes ? Non, mais, on est la capitale de la pop music. C’est bien vrai se dit Elton John, moi, mes conneries du genre  Yellow Brick Road , je vais aller les enregistrer en France, à Hérouville. Et Bowie, il fait rien Bowie ? Ah si, il produit un petit truc, un dénommé Lou Reed. A Londres, évidemment.

Playlist 1973

ANGIE - THE ROLLING STONES

WALK ON THE WILD SIDE - LOU REED

KILLING ME SOFTLY WITH THIS SONG - ROBERTA FLACK

GOODBYE YELLOW BRICK ROAD- ELTON JOHN

LIVE AND LET DIE - THE WINGS

TUBULAR BELL - MIKE OLDFILED

KILLER QUEEN - QUEEN

LA GRANGE - ZZ TOP

I SHOT THE SHERIF -ERIC CLAPTON

JOKER - STEVE MILLER BAND

70's - #13 - 1972 : La conquête de l'espace04 févr. 202400:54:52

Maintenant que les portes sont ouvertes et que les murs sont tombés, la pop music commence de ressembler à un open space. On a beau être très éloigné de l’autre, en fait, on en a jamais été aussi proche. Sinon, comment expliquer que le très introverti Jeff Beck, claquemuré dans le smog de son manoir rockailleux ait pu jammer avec la petite merveille ensoleillée de la Motown, pour un Superstiton d’anthologie. Autre exemple, le roi Ziggy descend de son trône martial pour aller prêter main forte à des petits voisins dans le besoin et leur offrir un hymne de jouvence. Oui, All The Young Dudes est un cadeau de Bowie aux gamins de Mott The Hoople. Quant à Deep Purple, ce sont non seulement les murs, les portes et toute la toiture qui ont disparu pour leur permettre d’écrire Smoke on The water. Au reste, chez les Afro-américains, on se dit qu’avec un tel espace pourquoi ne pas le meubler avec des grosses cocottes, des basses énormes, et des violons et des trompettes, en veux-tu en voilà, pour rendre hommage, avec Papa Was A Rolling Stone, à un paternel sans logis. La nature a horreur du vide de sorte que séduite par cet espace grand ouvert, elle imagine pouvoir y développer de nouveaux instruments qui remplaceraient avantageusement les bricolages des musiciens.  Toute la pop espère beaucoup de ces nouvelles machines qu’on appelle synthétiseurs. Même si Stevie Wonder où Bowie ont commencé de les expérimenter, pour l’heure ils demeurent accessoires. Enfin, accessoire, accessoire, c’est vite dit. Car y’a quand même un tube. Pocorn, une couillonnade sautillante, exécutée sur un synthé Moog qui a fait le tour de la planète. C’est le début de l’électro mais ça on le comprendra plus tard.

 

Playlist 1972

A HORSE WITH NO NAME - AMERICA

POPCORN - HOT BUTTER

HEART OF GOLD - NEIL YOUNG

SMOKE ON THE WATER - DEEP PURPLE

ALL THE YOUNG DUDES - MOTT THE HOOPLE

SUPERSTITION - STEVIE WONDER

ZIGGIE STARDUST - DAVID BOWIE

PAPA WAS A ROLLNG STONES - THE TEMPTATIONS

WITHOUT YOU - HARRY NILSON

WHILE MY GUITAR GENTLY WEEPS - GEORGES HARISSON

70's - #12 - 1971 : A la lumière du psychédélisme28 janv. 202400:57:48

La démarche psychédélique initiée par Aldous Huxley au milieu des années 50 a été propagée par les musiciens hippies dans les années 60. Principalement par l’absorption de psychotropes et la mise en avant de créations graphiques pour les pochettes de disques et les affiches de concerts. Toutefois, elle ne prend pas fin au début des années 70. Tout au contraire, elle devient la matière brute dans laquelle deux groupes majeurs vont forger un monde musical nouveau. Les Doors, bien sûrs, dont le nom symbolise ces portes de la perception à ouvrir, sans plus attendre, pour accéder à la pleine jouissance des sens. D’ailleurs, en 1971, est tourné le premier film porno-culte « Derrière la porte verte ». Quant aux Pink Floyd, ils s’approprient le psychédélisme comme s’il s’agissait de leur planète personnelle. Une planète inconnue où l’expérimentation sonore et visuelle ne rencontrent aucune limite, même pas techniques. Imagine chante Lennon en écho à cette perspective qui souffle aussi, plus ou moins fort, chez Sly et son funk rudimentaire, chez Bowie dont le look se gorge de couleurs criardes, chez Led Zeppelin dont le Stairway to Heaven entraine les auditeurs au-delà des portes du Paradis. Enfin, même un pilier de la soul music, le principal architecte du son Stax, Isaac Hayes en personne, pousse les portes du rhythm and blues avec ce monument d’inventivité sonore qu’est le thème de Shaft. L’avenir n’a plus de clôtures.

 

Playlist 1971

SHAFT - ISAAC HAYES

HERE’S TO YOU - JOAN BAEZ

IMAGINE - JOHN LENNON

STAIRWAY TO HEAVEN - LED ZEPPELIN

RIDERS ON THE STORMS - THE DOORS

FAMILY AFFAIR - SLY AND THE FAMILY STONES

LIFE ON MARS - DAVID BOWIE

ONE OF THESE DAYS - PINK FLOYD

BEHIND BLUE EYES - THE WHO

FATHER AND SON - CAT STEVENS

70's - #11 - 1970 : Les temps changent21 janv. 202400:56:45

Un monde s’éteint à petits feux. Presley sous les sunlights de las Vegas, Janis pour avoir cramer la corde par les deux bouts et Jimi Hendrix a rejoint les étoiles du firmament. Woodstock finit sur un écran de cinéma comme un documentaire sur l’ère du Peace And Love. Les Beatles aussi jettent l’éponge mais aucun n’abandonne. Ils étaient un, ils seront désormais quatre. Paul Simon, tourné vers l’avenir franchit le pont tout seul. Quant à Clapton, le survivor, il joue désormais aux Dominos pour les beaux yeux de Layla. Car l’avenir commence ici et maintenant. Difficile de ne pas l’entendre tonner, dans les power chords d’un hard rock naissant, sous la bannière de Black Sabbath, de Deep Purple et de Free. Comment ne pas le voir apparaître dans la gravité que revêt, contre toute attente, la black musique avec un Marvin Gaye ou un Edwin Starr, abandonnant le registre pour midinettes au profit d’une vision engagée. Pourquoi, ces nouveaux arrivants qui se nomment Elton John ou Cat Stevens se montreraient-ils moins talentueux que les gloires du passé. En tout cas, ce présent du futur s’exprime avec un accent furieusement british. Et encore, on ne sait pas tout car, dans la pénombre, sont en train de se former les lumières de demain. Les Queen, les Electric Light Orchestra, les Emerson Lake and Palmer. Pour ne parler que des Anglais. Car de l’autre côté d l’Atlantique, also, on fourbit des lendemains qui chantent avec Aerosmith, Kansas ou Weather Report. Ce sont toujours les jeunes pousses qui font de grands arbres.

 

Playlist 1970

LADY D‘ARBANVILLE - CAT STEVENS

LET IT BE - THE BEATLES

INSTANT KARMA - PLASTIC ONO BAND

MY SWEET LORD - GEORGES HARRISON

PARANOID - BLACK SABBATH

ALL RIGHT NOW - FREE

WHAT‘S GOING ON - MARVIN GAYE

BRIDGE OVER TROUBLE WATER - SIMON&GARFUNKEL

YOUR SONG - ELTON JOHN

LAYLA - DEREK AND THE DOMINOS

Hors-série spécial années 50 - Aux origines de la pop24 déc. 202300:41:33

Qui aurait dit que cette musique née dans les champs de coton branchée sur le courant électrique et articulée par des doigts agiles allait renvoyer Beethoven et Tchaikovski au musée du vieux monde, faire tomber le mur de Berlin et produire plus de milliards que toutes les industries réunies.

Dans cet épisode hors série de Mémoires d'outre-pop, retrouvez une sélection de morceaux des années 50 qui ont inspiré tous les grands groupes des décennies suivantes.

 

Playlist de l'épisode

CALDONIA - LOUIS JORDAN

ROCKET 88 - JACKIE BRENSTON

THAT’S ALL RIGHT MAMA - ELVIS PRESLEY

ROCK AROUND THE CLOCK - BILL HALEY

BO DIDDLEY- BO DIDDLEY

ROLL OVER BEETHOVEN - CHUCK BERRY

TUTTI FRUTTI - LITTLE RICHARD

BE BOP A LULA - GENE VINCENT

BLUES SUEDE SHOES - ELVIS PRESLEY

GREAT BALLS OF FIRE -JERRY LEE LEWIS

THAT’LL BE THE DAY - BUDDY HOLLY

C’MON EVERYBODY - EDDIE COCHRAN

 

 

 

60’s - #10 - Comme un air de seventies17 déc. 202300:56:44

A l’aube des années 70, la pop musique contemple confiante, un avenir radieux. Les Beatles, à la suite du Sergent Poivre ont récidivé avec le Double Blanc et viennent d’en rajouter une couche, grâce au miraculeux Abbey Road. De sommet en sommet, ils tutoient le céleste. Du côté du rock, l’évolution est remarquable à travers ce groupe au psychédélisme racé qui forge des sons kaléidoscopiques. Pink Floyd ouvre une voie dans laquelle on les sent nombreux à vouloir s’engouffrer comme Yes, Nice ou Soft machine.

La soul musique avec son contingent de vieux briscards comme Marvin Gaye et d’enfants prodiges comme Stevie Wonder n’est pas prêt de cesser de faire danser la planète. D’autant que des petits Blancs, tel Steve Winwood du Spencer Davis group où les furieux virtuoses du Chicago Transit Authority rajeunissent le genre en lorgnant vers le jazz rock. Quant aux valeurs sûres, Bob Dylan, les Stones, elles semblent indéboulonnables sans jamais se répéter. Mieux, les racines mêmes de la plus pure des musiques négro-américaines, le gospel revient à l’honneur en fracassant tout sur son passage grâce à Oh Happy Day, classé 63e des chansons du 20e siècle par la très officielle Association des Industrie du Disque Américain. Tout va pour le mieux. Or, l’avenir sera encore mieux que ce que l’on espérait.

 

Playlist de l'épisode

SPINNING WHEEL - BLOODY SWEET AND TEARS

LAY LADY LAY - BOB DYLAN

IT‘S A MAN - CHICAGO

GET BACK - THE BEATLES

THE BALLAD OF JOHN AND YOKO - THE BEATLES

COME TOGETHER - THE BEATLES

SOMETHING - THE BEATLES

THE COURT OF THE KING CRIMSON - KING CRIMSON

MORE - THE PINK FLOYD

OH HAPPY DAYS - EDWIN HAWKINS SINGER

60’s - #9 - Rage against the war10 déc. 202300:47:55

La guerre du Viet-Nam occupe toutes les pensées. Ca ne date pas d’aujourd’hui mais aujourd’hui, les images télé, les témoignages des rescapés, l’inanité de cet engagement devient une évidence. Surtout pour les jeunes Américains qui n’ont aucune envie d’aller perdre leur vie pour une cause perdue et discutable. Bien entendu la musique s’en est déjà fait l’écho mais en abordant Broadway et le champ de la comédie musicale avec Hair, ce n’est plus seulement la jeunesse qui clame son opposition mais tout l’establishment. Quant à Creedence Clerwater Revival, il rappelle, avec Fortunate Son, que seule la jeunesse dorée échappe au carnage. Enfin, John Lennon le plus connu des musiciens, plus réputé que Jésus Christ, demande au monde de donner une chance à la paix.

Comme pour égayer cette sombre ambiance, c’est le moment où le funk commence à faire son intéressant sous la houlette de Sly and Family Stone qui fait un malheur à Woodstock. Autre grand moment de ce festival historique, Joe Cocker dans sa version dépouillée de With A Little Help From My Friends. Heureux public qui découvre également un guitariste éblouissant en la personne de Carlos Santana. Mais ce n’est ni à la guerre ni à Woodstock qu’apparait un Ovni british tout droit venu de l’espace. Il s’appelle David Bowie et sera l’étoile filante à travers le ciel des années 70.

 

Playlist de l'épisode

SUSPICIOUS MIND - ELVIS PRESLEY

LET THE SUNSHINE IN - THE 5TH DIMENSION

DANCE TO THE MUSIC - SLY AND THE FAMILY STONE

I WANT YOU BACK - THE JACKSON’S 5

WITH A LITTLE HELP FROM MY FRIEND - JOE COCKER

PROUD MARY - CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL

SOUL SACRIFICE - CARLOS SANTANA

FORTUNATE SON - CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL

GIVE PEACE A CHANCE - JOHN LENNON

SPACE ODDITY - DAVID BOWIE

60’s - #8 - Sexe, rock & barricades03 déc. 202300:47:04

Soyons clairs, quand les barricades s’élèvent, les barrières tombent. En 1968, à Paris, les pavés volent mais la révolution est dans tous les esprits de la planète. On veut changer le monde. Alors, Janis Joplin balaie la bienséance par un Summertime sensuel et ennivrant. Led Zeppelin bombarde le rock de sons surpuissants avec Whole Lotta Love. Les Who explosent les normes avec un opéra rock : Tommy. Et les Beatles, encore eux, toujours eux, explosent le sillon d’un Hey Jude de huit minutes qui n’en finit pas de durer. Sans oublier Arthur Brown qui incendie les charts britanniques. Le Summer of Love a réveillé les consciences et débouché sur un été chaud.

L’année suivante ce sera Woodstock où tous les incendiaires de la pop musique se trouveront réunis pour un ultime concert, un chant du cygne boueux et magnifique. Mieux, c’est aussi cette année là que des petits nouveaux destinés à un grand avenir font leur premier pas en sortant leurs premiers albums : Blood, Sweat and Tears, Creedence Clearwater Revival, Fairport Convention, Fleetwood Mac, Frank Zappa,The Move, Neil Young, Status Quo, Deep Purple, The Soft Machine, Joni Mitchell. Vu le barouf ambiant, on ne les entend pas. Mais ça viendra.

 

Playlist de l'épisode

GOING UP THE COUNTRY - CANNED HEAT

SUMMERTIMES - JANIS JOPLIN

MRS ROBINSON - SIMON & GARFUNKEL

RAIN & TEARS - THE APHRODITE ‘S CHILD

I HEARD IT THROUGH - THE GRAPEVINE

FIRE - ARTHUR BROWN

LADY MADONNA - THE BEATLES

HEY JUDE - THE BEATLES

I’M FREE - THE WHO

WHOLE LOTTA LOVE - LED ZEPPELIN

60’s - #7 - L’Australie s’invite à la fête26 nov. 202300:45:53

En studio, on travaille désormais sur huit pistes. Ça ne double pas les possibilités, ça les décuple. Les ondes aussi ont fait de sacrés progrès, la télé se diffuse en mondovision. Les premières radios libres plantent leurs piquets dans la manche. La musique rapporte tellement d’argent que Time Is Money en prend un coup dans l’aile. Rien n’empêche qu’on prenne son temps.

Cette sonorisation mondiale de la pop music résonne aux antipodes, chez les anglophones locaux. Notamment en Australie où les Easybeats et les Bee Gees pensent qu’eux aussi ont des choses à faire valoir. Ces progrès se déclinent également en courants progressifs dont les Moody Blues se présentent comme le premier jalon. Mais, la grande affaire, l’évènement majeur, c’est que les Beatles abandonnent la scène. Non pour prendre leur retraite mais dans l’intention de publier un album que l’on n’aura pas à reproduire en live. Les deux premiers titres sont prêts mais il en reste pas mal à écrire et à enregistrer. Or, les Stones, leur éternels concurrents, Cream le super groupe de cadors, sans parler de ces Bee Gees aux orchestrations beatlesques, inquiètent Brian Epstein, le manager des Fab Fours. Pour éviter de laisser le champ libre à la concurrence, il implore les Beatles de sortir les deux titres en urgence. Penny Lane et Strawberry Fields Forever annoncent Sergent Peppers mais personne ne s’en doute encore...

 

Playlist de l'épisode

MASSACHUSSETS - THE BEE GEES

FRIDAY ON MY MIND - THE EASY BEATS

NIGHT IN WHIT SATIN - MOODY BLUES

WHITE ROOM - CREAM

PENNY LANE - THE BEATLES

STRAWBERRY FIELDS FOREVER - THE BEATLES

ALL YOU NEED IS LOVE- THE BEATLES

SYMPATHY FOR THE DEVIL - THE ROLLING STONES

JUMPIN JACK FLASH - THE ROLLING STONES

BABY COME BACK - THE EQUALS

60’s - #6 - Peace & Love19 nov. 202300:40:57

La résistance à l’invasion anglaise ne se fait pas attendre. L’une est volontaire et consciente : créons ou valorisons des clones des groupes anglais. Voilà comment on façonne de toutes pièces, les bien nommés Monkees singeant les Beatles. Mais la formule a ses limites.

En revanche, la jeune Amérique, suralimentée de matérialisme et d’American Way of Life, fait une crise de foi qui commence en Californie et se répand sur tout le territoire. Peace and Love devient le mantra de la beat génération. De sorte que l’industrie phonographique américaine, en quête de nouvelles idoles, dépêche ses agents dans toute la Californie pour signer, à prix d’or, tout chevelu revendicatif armé d’une guitare avec des fleurs dans les cheveux. Ces talents qui auraient mis des années à percer se voient propulser du jour au lendemain sur le devant de la scène.

Un mouvement qui fait tache d’huile chez les afro-américains qui ont, eux, pas mal de revendications sous le coude depuis l’abolition de l’esclavage. "Respect", un titre d’Otis Redding magnifié par Aretha Franklin, va cristalliser ce nouveau souffle. Toutefois, la musique soul n’est pas encore prête à mélanger sa voix à la révolution hippie. Pour l’heure, elle fourbit l’avenir en embauchant de jeunes recrues. Stevie Wonder aujourd’hui, Michael bientôt.

 

Playlist de l'épisode

I’M A BELIEVER - THE MONKEES

HEY JOE - JIMI HENDRIX

SOMEBODY TO LOVE - JEFFERSON AIRPLANE

LIGHT MY FIRE - THE DOORS

SAN FRANCISCO - SCOTT MCKENZIE

ODE TO BILLIE JOE - BOBBY GENTRY

THE DOCK OF THE BAY- OTIS REDDING

THE LETTER - THE BOX TOPS

RESPECT - ARETHA FRANKLIN

I WAS MADE TO LOVE HER - STEVIE WONDER

60’s - #5 -La ”British Invasion”12 nov. 202300:44:54

Les Etats-Unis sont protectionnistes. En matière de musique, ça se traduit par des mesures spécifiques. Par exemple, pour avoir le droit d’être distribué, un disque doit avoir été gravé aux States. Ce qui entraine des différences notables entre le disque original et sa version américaine. L’ordre des titres change et quelquefois une chanson disparait car jugée déplaisante aux oreilles yankees.

Parfois aussi, on modifie l’orthographe du titre ou sa ponctuation, et entraîner des contresens dommageables comme pour Paint it Black des Stones. Bien entendu, ces nouvelles gravures peuvent prendre un certain temps. Voilà comment l’industrie phonographique américaine entendait se préserver des importations concurrentes.

Mais à partir de 1966, le marché américain se voit ébranler par une véritable invasion des productions anglaises. Les Beatles, les Rolling Stones, les Kinks, Donovan sont plébiscités par la jeunesse américaine. Un signe qui en dit long.

Quand les Beatles entament leur tournée aux Etats-Unis, les salles prévues se révèlent si limitées pour les réservations qu’on est obligé d’organiser, en urgence et dans l’improvisation la plus totale, les concerts dans des stades, non prévus à cet effet, surtout niveau son, mais seuls capables d’accueillir le public sans risquer l’émeute. Des stades pour des musiciens, c’est du jamais vu ! Et des musiciens étrangers, de surcroît !

 

Playlist de l'épisode

Sunny afternoon - the kinks

mellow yellow - donovan

no milk today - herman hermit’s

summer in the city - lovin’ spoonful

i got you babe - sonny & cher

paint it black - the rolling stones

a wither shade of pale - procol harum

happy together - the turtles

a day in the life - the Beatles

Beck's Bolero - Beck

60’s - #4 -Le règne du producteur05 nov. 202300:41:17

Un disque s’enregistre en studio. La chanson peut avoir toutes les qualités, les musiciens peuvent être les meilleurs dans leur partie, si la finalisation en studio n’est pas au top, il n’en sortira rien de bon.

Dans un studio d’enregistrement, le grand manitou c’est le producteur. D’autant plus qu’au milieu des années 60, les magnétophones passent de deux à quatre pistes. Ce qui permet non seulement l’enregistrement, instrument par instrument mais également l’ajout de parties musicales ou d’effets une fois la base de l’œuvre enregistrée, ce qu’on appelle les overdubs.

Du côté de la black music, l’élaboration du son en studio, que ce soit chez Stax ou à la Motown, était déjà primordiale et leur procurait une supériorité indéniable dans la réalisation de petits bijoux destinés à se vendre comme des petits pains. En revanche, pour les producteurs de culture européenne, voire académique, le son devenait non une qualité mais un instrument à part entière dont on pouvait expérimenter tous les possibles.

Au reste, que ce soit dans l’un ou l’autre cas, le son devient la poutre maitresse de toute l’industrie phonographique. Et le maître du son, c’est le producteur. Sans George Martin, les Beatles n’auraient pas quitté leur caverne. Sans Brian Wilson, les garçons de la plage n’auraient jamais entendu les bonnes vibrations.

 

Playlist de l'épisode

WHEN A MEN LOVES A WOMAN - PERCY SLEDGE

IT‘S A MAN‘S MAN‘S WORLD - JAMES BROWN

TRY A LITTLE TENDERNESS - OTIS REDDING

STOP IN THE NAME OF LOVE - THE SUPREMES

REACH OU I‘LL BE THERE - FOUR TOPS

YELLOW SUBMARINE - THE BEATLES

FOR WHAT IT WORTH - BUFFALO SPINGFIELD

WOULDN‘T IT BE NICE - THE BEACH BOYS

GOOD VIBRATIONS - THE BEACH BOYS

CALIFORNIA DREAMING - THE MAMAS AND THE PAPAS

60’s - #3 - Le pouvoir du groupe29 oct. 202300:41:35

En Amérique, on connait les rockers et le nom du groupe qui les accompagne. Mais pas toujours. Kif kif dans le rhythm and Blues.

Les Anglais vont innover en faisant du groupe la star. Or c’est bien connu, comme l’union fait la force, la créativité des groupes anglais tout comme leur anti-conformisme atavique va provoquer une onde de choc sur les musiques populaires, désormais baptisée musique pop.

Les Who, les Beatles, le Kinks, les Rolling Stones, les Them, les Shadows, aplanissent les frontières musicales entre les genres et instituent un nouveau paradigme. Ajoutez à cette révolution, celle des masses adolescentes qui se reconnaissent dans ces bandes, ces bands et vous comprenez le tsunami qui va déferler sur le monde.

Et en tout premier lieu aux Etats-Unis qui fort de son leadership en la matière, ne s’attendaient pas à une sorte de retour de manivelle qui non seulement les détrônait dans les charts mais tarissait leur royalties. Mais le pire était ailleurs. Car l’Anglais avait mis de l’esprit dans ses textes et ringardisait les chansonnettes proprettes pour midinettes. 

Pour être honnête, et surtout chez les Beatles, Bob Dylan avait montré la voix. Une chanson peut aussi avoir du sens. Ca a même été longtemps, la raison d’être des chansons. Au moins depuis les troubadours

 

Playlist de l'épisode

SOUND OF SILENCE - SIMON&GARFUNKEL

YOU REALLY GOT ME - THE KINKS

WILD THING- THE TROGGS

LIKE A ROLLING STONES- BOB DYLAN

(i can‘T GET KNOW ) SATISFACTION - THE ROLLING STONES

GLORIA -THEM

EVE OF DESTRUCTION - BARRY MCGUIRE

YESTDERDAY - THE BEATLES

MY GENERATION - THE WHO

MY GIRL- THE TEMPTATIONS

60’s - #2 - Soul&sound22 oct. 202300:41:08

En Europe, les radios sont sous contrôle étatique tout comme la télé naissante. Aux Etats-Unis, c’est plus libre mais très localisé. Ce sont donc les disques, 33-tours et 45-tours, qui sont le principal vecteur de médiatisation tout en devenant une industrie majeure. Donc, soyons clairs, pour vendre des disques, il faut que les gens aient envie de les acheter. D’où la course aux gros succès, aux tubes, aux hits.

Berry Gordy vient du rhythm and blues mais c’est un genre plutôt apprécié des noirs. D’ailleurs jusqu’à peu, sa production phonographique, était labelisée Race Record. En montant sa maison de disque à Detroit, la Motown (contraction de Motor et Town), il veut le public blanc. Il s’entoure d’une équipe de hit makers dont Smokey Robinson, Holland, Dozier et Marvin Gaye. Des tubes et un son car le son concoure aux tubes.

En revanche, Jim Stewart vient de la country. Il s’installe chez lui, à Memphis, dans un cinéma désaffecté pour lance son label Stax. Lui aussi avec une équipe, non de Hit Makers mais d’artistes Makers dont Isaac Hayes, Steve Cropper ou encore Booker T. Des artistes et un son ça donne par exemple Otis Redding. Voilà les deux mamelles de la soul musique qui va déferler sur le monde et s’imposer comme la maître-étalon du son pop. 

 

Playlist de l'épisode

THE LOCOMOTION - LITTLE EVA

GREEN ONIONS - BOOKER-T AND THE MG’S

BE ME BABY - THE RONETTES

APACHE - THE SHADOWS

HELP! - THE BEATLES

I SAW HER STANDING THERE - THE BEATLES

THE TIME THERY ARE A CHANCHING - BOB DYLAN

TURN TURN TURN - THE YARDBIRDS

RUBY TUESDAY - THE ROLLING STONES

HONKY TONK - THE ROLLING STONES

60’s - #1 - L’ADN de la pop14 oct. 202300:41:56

Qui aurait pu imaginer qu’une musique de cul-terreux, gorgées d’idées noires, ayant pris racines dans des champs de blanc coton au sud des Etats-Unis, serait à l’origine de la sono mondiale d’aujourd’hui ?

Et les choses sont allés vite. Dès que le blues, car c’est de lui dont on parle, a pressé le pas pour monter à la ville, il s’est mis à faire du rythm and blues. Diaboliquement dansant, furieusement excitant, de quoi donner la fièvre aux corps à tous ces blanc becs qui n’avaient jamais connu que la country traditionnelle aux mœurs compassés. Alors, quand Elvis joue de son pelvis pour faire bouger un vieux blues, les chanteurs de country que sont Eddy Cochran, Buddy Holly, Carl Perkins ou Bill Haley sont contaminés par ce rock n’roll dévastateur que les enfants noirs du rythm and blues qui se nomment Chuck Berry et Little Richard ont déjà défloré. Une nouvelle race humaine adore. On les surnomme les teenagers.

Et des teenagers, il y en a partout, surtout en Angleterre où les disques de ces bluesmen et de ces rockers débarquent à Liverpool et à Manchester. Dans ces villes tristes, dévastées par la guerre et grises comme l’ennui, cette musique remplace les vents marins par un souffle nouveau et inespéré. On les comprend, ces gamins britishs n’ont qu’une idée en tête, à plein poumons, respirer cet air-là. Voilà comment est née la pop musique.

 

Playlist de l'épisode

Johnny Be good - Chuck Berry

Hit The road Jack - Ray Charles

Let's twist again - Chubby Checker

Stand bye me - Ben E.king

Hoochie Koochie - Alexis Korner

Blowin' the wind - Bob Dylan

O Pretty Woman - Roy Orbinson

If I had a hammer - Trini Lopez

The House of the rising sun - The Animals

I get Around - Beach boys

 

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