Pendant deux ans, j'ai refusé qu'on m'appelle conseillère en image. Je disais : c'est plus que ça.
Il y a quinze jours, quelqu'un m'a dit qu'on ne comprenait rien à ce que je faisais. Elle avait raison, et ça m'a coûté deux ans.
Dans cet épisode, je démontre pourquoi le personal branding, même très bien fait, arrive systématiquement après le verdict.
Le personal branding est un système de preuve : il travaille ce que tu dis de toi. Le travail de l'image est un système de signal : il travaille ce que tu émets, en continu, sans ton autorisation.
Et une preuve exige de l'attention pour être reçue, là où un signal est traité sans attention.
Surtout, je remets le mot image à sa vraie taille. Ce n'est pas une photo de profil. C'est trois couches : ce que ton corps émet (posture, voix, rythme, présence, énergie), ce que ton enveloppe émet (soin, silhouette, tenue), et seulement en dernier ce que tes supports enregistrent. Une photo n'est pas un objet graphique : c'est la captation d'une posture. On ne photographie pas ce qui n'est pas là.
Au programme : les six secondes de vidéo muette qui valent un semestre entier, la contagion émotionnelle, l'expérience de 1977 qui prouve que la perception qu'on a de toi te transforme réellement, les deux chiffres célèbres que je refuse d'utiliser n'importe comment, et l'étude qui montre que ce n'est pas la beauté qui paie mais le soin.
Sources :
Todorov, A., Mandisodza, A., Goren, A. & Hall, C. (2005). Inferences of Competence from Faces Predict Election Outcomes. Science, 308.
Nisbett, R. & Wilson, T. (1977). The Halo Effect. Journal of Personality and Social Psychology.
Ambady, N. & Rosenthal, R. (1993). Half a Minute: Predicting Teacher Evaluations from Thin Slices of Nonverbal Behavior. JPSP.