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Explore every episode of the podcast L’esprit critique

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PARTIE 1 -EP183, autour de la rétrospective Kerry James Marshall au MAM04 Oct 202600:16:51

Le Musée d’Art Moderne de Paris consacre une grande rétrospective, intitulée The Histories, au peintre africain-américain Kerry James Marshall, né à Birmingham en Alabama en 1955 et vivant aujourd’hui à Chicago.

Peintre de tableaux de formats monumentaux, mais aussi dessinateur de BD et sculpteur, le travail de Kerry James Marshall se distingue par sa volonté de donner toute sa place aux sujets noirs - africains et africains-américains – ainsi qu’aux évènements qui ont marqué l’histoire étatsunienne d’un point de vue racial, tout en les faisant dialoguer avec l’histoire de l’art européenne et ses codes.

Pour rendre compte de l’histoire et de la vie des Noirs, Kerry Jamaes Marshall utilise une large gamme de pigments – noir d’ivoire, de mars ou de carbone – qui lui permettent de faire apparaître ou disparaître, souligner ou troubler, les sujets dont il s’empare.

« Je cherche à instaurer une présence phénoménale, indéniablement noire et belle », disait Kerry James Marshall voilà dix, dans une citation mise en exergue de cette exposition qui vient d’ouvrir et demeure visible jusqu’à la fin du mois de janvier prochain.

Le commissariat de cette rétrospective, déjà présentée l’an dernier à la Royal Academy of Arts de Londres, est signé Mark Godfrey.

Kerry James Marshall. The Histories vient d’ouvrir au Musée d’Art Moderne de Paris et ce sera visible jusqu’au 24 janvier 2027.  

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PARTIE 2 -EP183, autour de la rétrospective Eva Gonzalès au Petit Palais04 Oct 202600:14:48

Le Petit Palais présente une exposition monographique inédite consacrée à la peintre Eva Gonzalès né en 1847 à Paris et décédée en1883 dans cette même ville, à 36 ans seulement. Pensée en collaboration avec le musée Van Gogh d’Amsterdam, la rétrospective est la première d’envergure à se tenir non seulement en France mais dans le monde, depuis celle organisée par sa famille deux ans après sa mort.Souvent réduite au fait qu’elle fut l’élève d’Edouard Manet, proche des impressionnistes sans appartenir au groupe, formée dans un style classique et domestique mais évoluant vers des couleurs et des thèmes plus acides, Eva Gonzalès est aujourd’hui redécouverte et mise en majesté, à travers près de 100 œuvres – peintures, pastels et gravures – et un parcours chronologique.

Le commissariat général de cette exposition qui a ouvert mi-septembre et se tiendra jusqu’à la fin du mois de janvier 2027 est signé Annick Lemoine, présidente de l’établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie et Stéphanie Cantarutti et Fleur Roos Rosa de Carvalho, respectivement conservatrices en chef au Petit Palais et au musée Van Gogh.

Eva Gonzalès. Parcours d'une artiste libre, cela a ouvert au Petit Palais à la mi-septembre et il est possible de s’y rendre jusqu’à la fin du mois de janvier.

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PARTIE 3 -EP183, autour de l'expositon "Patrimoines en résistance" à la Cité de l'architecture04 Oct 202600:15:02

Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa est le titre de l’exposition qui a ouvert au printemps dernier et demeure visible jusqu’au début de l’année prochaine à la Cité de l’Architecture situé place du Trocadéro à Paris.

Elle propose une réflexion sur les dommages causés, le plus souvent intentionnellement pendant les guerres et conflits au XXIe siècle, au patrimoine de populations concernées par ces violences : patrimoine qui n’est pas seulement monumental et matériel, mais aussi culturel et immatériel.

L’exposition est structurée en trois séquences : effacer, résister et réparer. Elle mêle des œuvres d’artistes contemporains, des éléments cartographiques, des entretiens vidéo avec de nombreux acteurs et actrices de la préservation ou de la restauration du patrimoine, ainsi que plusieurs focus sur des sites martyre allant de l’Arménie à Gaza en passant par l’Ukraine, avec des films en forme de « doubles numériques » des sites abîmés, réalisés en 3D pour permettre de préserver la mémoire des lieux.

Les visiteurs et visiteuses sont accueillies par deux œuvres monumentales : la première se déploie comme une frise dans le couloir qui mène aux salles. Il s’agit de l’œuvre « Panoramique de la falaise », réalisé par le plasticien français Pascal Convert qui montre les trous laissés par la destruction des bouddhas de Bâmiyân par le régime taliban en 2001.

Puis, quand on entre, tout un mur est occupé par une série de photos de trousseau de clés. L’œuvre s’appelle « Au cas où », elle est datée de 2004 et signée de l’artiste gazaoui Taysir Batniji. Il s’agit des clés de maisons de Palestiniens du Nord de Gaza, qui ont dû fuir vers le centre et le Sud de Gaza depuis octobre 2023 et symbolisent leur espoir de retourner un jour chez eux.

Quant au commissariat de ce parcours de ruines et de destructions, il est assuré par les universitaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup, aidées d’Yves Uberlmann, architecte spécialisé dans le relevé numérique 3D.

 

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INTEGRALE -EP183, autour des rétrospectives Kerry James Marshall et Eva Gonzalès et de l'exposition intitulée "Patrimoines en résistance" 04 Oct 202600:47:25

Une rétrospective en majesté d’un des grands peintres de l’histoire noire ; une redécouverte d’une artiste de la couleur et du pastel longtemps négligée ; et une plongée dans les patrimoines en périls et les moyens de les préserver, de Gaza à Odessa.

On s’intéresse, dans « L’esprit critique » de ce jour, à l’exposition que le Musée d’Art Moderne de Paris consacre à l’artiste africain-américain Kerry James Marshall ; au parcours d’Eva Gonzalès montré en quasi-intégralité au Petit Palais à Paris pour la première fois depuis sa mort prématurée il y a presque un siècle et demi ; et enfin à la proposition de la Cité de l’Architecture intitulée : Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa.

Avec :

• Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante

• Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante

• Magali Lesauvage, critique d'art

 

« L’esprit critique » est un podcast enregistré par les équipes de Gong et réalisé aujourd’hui par Etienne Bottini.

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PARTIE 3 -EP182, autour de "Mon Frère" de François Grémaud27 Sep 202600:16:45

Sur une scène épurée et dans un cadre sans décor, deux hommes d’une petite cinquantaine d’année, habillés de la même façon et qui se ressemblent étrangement. L’un parle, l’autre pas. L’un s’appelle François, l’autre s’appelle Christian. L’un est metteur en scène, l’autre n’est pas comédien mais est néanmoins l’interprète, en langue des signes, de cette pièce écrite spécialement pour lui et en partie par lui.

La pièce s’intitule Mon frère et est signé du metteur en scène François Grémaud qui explique que cette création est venue « d’un désir ancien, mais longtemps contenu : celui de donner la parole – la vraie, la pleine – à Christian », son frère sourd de naissance.

Elle tisse trois histoires parallèles : celle de Christian, qui passe par des hauts et pas mal de bas ; celle de la langue des signes et celle, mise en abyme, de la création du spectacle.

Après avoir été montré au Festival d’Avignon cet été, Mon Frère est visible en ce moment à au théâtre du Rond-Point à Paris avant une vaste tournée qui mènera les deux frères dans les prochains mois à Marseille, Neuchâtel, Besançon, Brest, Fribourg, Toulouse, Saint-Ouen, Malakoff, Bordeaux, Dunkerque ou encore Genève.

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PARTIE 1 -EP182, autour du spectacle "The Other Place (After Antigone)" d'Alexander Zeldin27 Sep 202600:12:30

Créée au National Thater de Londres, la pièce The Other Place (After Antigone) du metteur en scène britannique Alexander Zeldin est donnée en ce moment au Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt dans le cadre du Festival d’Automne.

Comme son titre l’indique, derrière l’histoire de ces deux sœurs, Annie et Issy, qui se retrouvent à l’occasion de l’anniversaire de la mort de leur père suicidé et autour de l’urne contenant ses cendres, se rejoue en réalité un conflit éternel, celui du mythe d’Antigone, fille d’Œdipe décidée à enterrer son frère contre l’avis de son oncle Créon, roi de Thèbes.

Ici, l’oncle est prénommé Chris, il porte des baskets New Balance et souhaite disperser les cendres de son frère pour « aller de l’avant » maintenant que le temps a passé, que la maison familiale a été refaite avec une grande baie vitrée donnant sur le jardin et que l’urne n’y aurait plus sa place. Ce qui n’est pas du tout l’avis d’Annie, revenue après de longs mois d’absence et de longues années de silence.

The Other Place (After Antigone) sera visible prochainement à Luxembourg et Genève.

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PARTIE 2 -EP182, autour de "Je meurs de ne pas mourir. (Les deux vies de Thérèse) " d'Aurélia Lüscher27 Sep 202600:18:14

 

Je meurs de ne pas mourir (Les deux vies de Thérèse) est un seul en scène confié à la comédienne Estelle Meyer, mis en scène par Aurélia Lüscher et donné au Théâtre de la Bastille à Paris.

Le texte, signé du dramaturge espagnol Paco Bezerra se fonde sur certains écrits de Thérèse d’Avila, sainte patronne espagnole ayant vécu au XVIe siècle et qui fut la première femme proclamée docteure de l’Église.

Mais imagine que celle-ci, ressuscitée avant l’heure, récupère ses reliques dispersées aux quatre coins du monde, et se met à arpenter les marges de la société espagnole contemporaine.

Alors qu’il devait être montré dans un des principaux théâtres de Madrid, il a été déprogrammé, officiellement pour des raisons budgétaires, mais sans doute aussi sous les pressions de l’extrême-droite choquée de la vision que donne le texte de Paco Bezerra de la sainte espagnole.

Des lectures ont été organisées et un mouvement de soutien s'est déployé - de nombreuses personnalités du monde culturel espagnol dont Javier Bardem et Almodovar signant une lettre ouverte de soutien - mais le texte n'a encore jamais été programmé en Espagne.

Ce qui ajoute à l’intérêt de pouvoir voir aujourd’hui cette pièce, traduite par Clarice Plasteig aux Solitaires Intempestifs en parallèle du travail d’Aurélia Lüscher et Estelle Meyer.

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INTEGRALE -EP182, autour des spectacles "The Other Place (After Antigone)", "Je meurs de ne pas mourir" et "Mon Frère"27 Sep 202600:48:10

Une réinterprétation du mythe d’Antigone ; une relecture jubilatoire et non conventionnelle des écrits et de la vie de Thérèse d’Avila, et une déclaration d’amour d’un entendant à un sourd.
On évoque trois spectacles dans « L’esprit critique » de ce jour. D’abord The Other Place du metteur en scène britannique Alexander Zeldin actuellement représenté au Théâtre de la Ville / Sarah Bernhardt. Ensuite Je meurs de ne pas mourir de la metteuse en scène Aurélia Lüscher qui a été créée au Théâtre de la Bastille. Et enfin, Mon frère du metteur en scène François Grémaud, actuellement visible au Théâtre du Rond-Point avant une large tournée en France et en Suisse.

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INTEGRALE -EP181, autour des romans d'Anne Godard, "Nous aussi", d'Elisa Shua Dusapin, "Sauf la frontière" et de Laura Kasischke, "Baignade Surveillée"20 Sep 202600:41:14

Un roman personnel écrit au pronom impersonnel ; une trajectoire individuelle partie à la rencontre des bouleversements du Proche-Orient ; et la rencontre entre le destin tragique d’un petit enfant et l’épopée de la conquête de la Lune… 

On évoque dans « L’esprit critique » de ce jour trois romans de la rentrée littéraire : Nous aussi troisième roman de l’écrivaine Anne Godard qui paraît aux éditions Actes-Sud et nous plonge dans une autre « Familia Grande ».

Sauf la frontière de la jeune écrivaine franco-suisso-coréenne Elisa Shua Dusapin qui après avoir exploré différents territoires d’Extrême-Orient se rend cette fois au Moyen-Orient, du Liban à la Jordanie dans un livre publié chez Zoé.

Et enfin Baignade surveillée, le nouveau livre de la poétesse et romancière étatsunienne Laura Kasischke publié aux éditions Gallimard.

Avec :

• Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart 

• Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama

• Copélia Mainardi qui écrit notamment pour Libération.

« L’esprit critique » est un podcast proposé par Joseph Confavreux pour Mediapart, enregistré et réalisé par Corentin Dubois et les équipes de Gong.

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PARTIE 1 -EP181, autour du roman d'Anne Godard, "Nous aussi" (Actes-Sud)20 Sep 202600:16:14

Nous aussi est le titre du troisième roman d’Anne Godard, après L’inconsolable il y a vingt ans et Une chance folle voilà dix ans. Il est publié aux éditions Actes Sud et a été retenu sur la première liste révélée par le jury du prix Goncourt.

La professeure de littérature et d’écriture créative à l’université Sorbonne-Nouvelle y dresse un vertigineux et douloureux portrait de famille dans un milieu où l’aristocratie des manières et du vocabulaire le dispute au malaise des pratiques et des silences.

Roman très personnel, mais écrit quasi entièrement au pronom impersonnel ; récit d’une expérience singulière mais inscrite dans le vécu partagé « d’enfants obéissants » mais pas sages pour autant ; description d’un monde parfait mais qui se trouble et déraille au fil des pages…

Le nouveau texte d’Anne Godard s’inscrit explicitement, par son titre, dans une série de publications littéraires catalysées par le mouvement #MeToo, mais veut en renouveler les formes, en maniant autant le scalpel sociologique que l’introspection dans les trous de la mémoire individuelle et les lacunes du récit collectif.

Le quatrième de couverture débute ainsi : « On fait partie d’une grande famille. On sait qu’on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l’été dans notre maison à la montagne. On trouve que c’est normal. C’est chez nous, c’est à nous, c’est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s’appartient. On ne sait pas comment dire je, on n’en a pas besoin, puisqu’on est nous. »

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PARTIE 2 -EP181, autour du texte d'Elisa Shua Dusapin, "Sauf la frontière" (Zoé)20 Sep 202600:11:50

A seulement 33 ans, l’écrivaine franco-suisse Elisa Shua Dusapin, née en Dordogne d’un père français et d’une mère coréenne, a déjà publié plusieurs ouvrages remarqués et récompensés par de nombreux prix.

Le premier, Hiver à Sokcho, prenait place dans cette ville située à la frontière de la Corée du Nord et a obtenu, dans sa version anglaise, le National Book Award. Le second, Les Billes du Pachinko, explorait l’exode de la communauté coréenne vers le Japon dans les années 1950. Le troisième, Le vieil incendie, en forme de tête-à-tête entre deux sœurs au moment de vider la maison familiale, a obtenu le prix Wepler.

Pour son quatrième livre, intitulé Sauf la frontière et publié comme le précédent aux éditions Zoé, Elisa Shua Dusapin quitte l’Extrême-Orient pour le Proche-Orient et nous fait partager son périple partant du Liban, avant de s’installer en Jordanie et de faire un détour par la Palestine et Israël, dans cette région fracassée par les retombées du 7-Octobre 2023 et la violence à outrance déployée par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou.

A Amman, la narratrice apprend l’arabe, mais aussi des rudiments de plomberie en compagnie de Jordaniennes, et se rend à des groupes de paroles dans lesquels s’expriment notamment des réfugiés syriens, avant et après la chute de Bachar al-Assad.

A l’un de ses interlocuteurs, elle répond : « je travaille avec l’énergie de la conviction, du doute, et tant de questions : comment protéger l’identité de ceux qui m’ont fait confiance, préserver leur dignité sans atténuer leur parole ? Comment exprimer ce que dit la violence, sans ajouter à la violence du monde. »

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PARTIE 3 -EP181, autour du roman de Laura Kasischke, "Baignade surveillée" (Gallimard)20 Sep 202600:12:17

Baignade surveillée est le titre du nouveau livre de la poétesse et romancière étatsunienne Laura Kasischke, autrice, parmi de nombreux textes, de La vie devant ses yeux, Rêves de garçons, A moi pour toujours ou encore Esprit d’hiver. L’ouvrage est publié aux éditions Gallimard dans une traduction de l’anglais-américain faite par Céline Leroy.

Si la baignade est surveillée dans cette piscine d’un joli et paisible quartier de Los Angeles, cela n’empêche pas un enfant de cinq ans du nom de Richie Manning de s’y noyer. Nous sommes le 16 juillet 1969, le jour même où Apollo 11 décolle pour la lune depuis le centre spatial Kennedy en Floride.

L’écriture de Laura Kasischke s’enroule alors autour de ces deux évènements, tissant des liens invisibles entre le ciel en train d’aspirer les astronautes Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins et celui, parfaitement bleu et trop ensoleillé, qui se reflète au-dessus de la piscine où pas à pas le petit garçon s’avance vers le grand bain sans que la belle maître nageuse ne le voit.

« Ceux qui pardonnèrent à la maître-nageuse de ne pas avoir le petit garçon se noyer dans la piscine cet après-midi-là mirent cela sur le compte de l’étrange chaos du moment, écrit la romancière. Non seulement cela s’était passé en pleine semaine et en plein été, par une des journées les plus chaudes de la saison (le Jolly Rogers fit d’ailleurs son meilleur chiffre de l’année, peut-être le meilleur chiffre de ses quatre années d’existence), mais, de surcroît, ce matin-là, trois astronautes avaient quitté la Terre pour rejoindre la Lune. »

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PARTIE 3 -EP 180 autour du documentaire "Hair, Paper, Water" de Nicolas Graux et Trương Minh Quý 13 Sep 202600:08:09

Hair, Paper, Water est le titre d’un film documentaire signé Nicolas Graux et Trương Minh Quý qui suit Cao ThịHậu, vieille dame issue d'une région rurale du Vietnam. Elle appartient à la communauté Rục, une minorité ethnique ayant vécu isolée dans des grottes jusqu'aux années 1950, avant d'être déplacée par le gouvernement dans des villages. Vivant avec ses petits-enfants, elle leur transmet la langue fragile des Rục et les savoirs traditionnels forgés dans les grottes où vivait sa communauté alors qu’elle se rend à Saigon pour la première fois afin d’aider sa fille qui vient d’accoucher. Le film a obtenu, en 2025, le Léopard d’or du festival de Locarno dans la compétition intitulée Cinéastes du présent.

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PARTIE 2 -EP180, autour de "Spider-Man. Brand New Day", de Destin Daniel Cretton 13 Sep 202600:14:49

Autre film où des corps sont subitement habités par d’autres êtres, le blockbuster Spider-Man. Brand New Day, signé Destin Daniel Cretton avec les stars Tom Holland et Zendaya dans les rôles-titres.

Dans ce nouvel opus de la franchise Marvel, Peter Parker doit apprendre à vivre sans sa tante May, tuée par le Bouffon vert dans l’opus précédent, mais aussi sans son meilleur ami, Ned Leeds et sans le grand amour de sa vie, MJ partis étudier au MIT, après qu’un sort a effacé de leur mémoire tout souvenir lié à la véritable identité de l’homme-araignée.

Face à ces deuils, Peter Parker / Spider-Man consacre toute son énergie à aider la police new yorkaise à lutter contre les crimes, lorsque surgit une nouvelle menace sous la forme d’une puissance capable de prendre le contrôle des personnes qui se trouvent autour d’elles en passant allègrement d’un corps à un autre.

Bien que cette nouvelle déclinaison de Spider-Man se situe dans une moindre inflation d’effets et de narration que le précédent opus, le film a dépassé tous les précédents au point de devenir le 3ème succès mondial de tous les temps en termes de box-office.

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PARTIE 1 -EP 180, autour de "L'inconnue" d'Arthur Harari13 Sep 202600:15:56

L’inconnue est le titre du nouveau long-métrage du cinéaste Arthur Harari, après Onoda. 10000 nuits dans la jungle sur l’histoire d’un soldat japonais égaré dans la jungle philippine ayant ignoré pendant 30 ans que son pays avait capitulé en 1945, et Diamant noir, polar réalisé dans le milieu des diamantaires d’Anvers, qui avait révélé Niels Schneider, qui joue, méconnaissable, dans ce nouveau film, aux côtés de Léa Seydoux.

Arthur Harari est également scénariste, en particulier d’Anatomie d’une chute, le film signé Justine Triet, auréolé de la Palme d’or à Cannes et de l’Oscar du meilleur scénario.

Montré en compétition à Cannes au printemps dernier, L’inconnue est aussi l’adaptation cinématographique d’une bande dessinée intitulé Le Cas David Zimmerman qu’Arthur Harari avait co-écrite avec son frère Lucas, dessinateur et auteur de BD.

Dans le film qui montre dans ses premiers plans les tours jumelles de Bagnolet pour évoquer le thème du dédoublement et le travail de David Zimmerman, Niels Schneider est en effet un photographe qui passe ses journées à documenter les évolutions de la banlieue parisienne, à partir de photographies anciennes et des clichés prises par son propre père.

Lors d’une fête, il croise une jeune femme avec laquelle il fait l’amour dans une cave, avant de se réveiller au petit matin dans le corps de cette inconnue nommée Eva. Commence alors une quête labyrinthique pour retrouver celle-ci, compliquée par la découverte qu’il n’est pas le seul à avoir ainsi changé de corps et qu’il comprend que le corps de David, SDF, est désormais habité par Malia, également arrachée à son identité après un ébat dans les buissons lors d’un concert.

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PARTIE 4 -EP180, autour du documentaire "Les survivants du Che" de Christophe Réveille13 Sep 202600:10:50

Réalisé par Christophe Réveille, Les survivants du Che raconte une histoire une histoire incroyable et très peu connue, celle de trois guérilleros ayant juré allégeance à Che Guevara et le suivant partout dans sa volonté d’exporter la révolution cubaine qui avait renversé le président Batista en 1959. Après avoir notamment tenté sans succès de soulever le Congo, le Che et ses hommes se retrouvent en Bolivie en 1967. Une partie de l’histoire est connue : le Che est capturé puis exécuté, et photographié sur son lit de mort, nourrissant un imaginaire encore prégnant aujourd’hui. Une autre l’est très peu : une partie de sa garde rapprochée parvient à s’échapper alors qu’ils sont poursuivis par des milliers d’hommes de l’armée bolivienne, parcourant près de 2 400 kilomètres en quelques mois pour rejoindre le Chili. Le documentaire nous donne à voir le témoignage de ses survivants, avec des images d’archives mais aussi un traitement graphique qui situe ce film à mi-chemin du documentaire classique et du film d’animation.

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INTEGRALE -EP 180, autour de "L'inconnue" d'Arthur Harari, de "Spider-Man. Brand New Day" et des documentaires "Hair, Paper, Water" et "Les survivants du Che"13 Sep 202600:50:35

Pour sa rentrée, « L’esprit critique » revient à la fois sur certains films de l’été et sur certaines sorties récentes.

Il sera aujourd’hui question de corps habités par d’autres individus, tant dans un des films les plus déroutants du cinéma français récent, que dans le blockbuster de l’année voire de la décennie.

Mais on fera aussi une incursion dans deux documentaires qui nous entraînent dans deux histoires fort éloignées de nos rivages : la communauté Rục, une minorité ethnique du Vietnam ayant longtemps vécu dans des grottes reculées et l’épopée de quelques camarades de Che Guevara dans la jungle bolivienne après l’exécution de ce dernier en 1967.

On évoque en effet d’abord L’inconnue, le nouveau long-métrage d’Arthur Harari adapté de la BD qu’il avait co-signé avec son frère ; le nouvel opus de la saga Spider-Man avec Tom Holland et Zendaya dans les rôles titrres et deux documentaires sortis en salles cette semaine : Hair, Paper, Water, signé du belge Nicolas Graux et du vietnamien Trương Minh Quý et Les survivants du Che de Christophe Réveille.

 

Avec :  

• Alice Leroy, qui écrit pour les Cahiers du Cinéma

• Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements, et Emitaï.

• Raphaël Nieujwaer qui écrit pour les Cahiers du Cinéma et la revue Études.

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PARTIE 2 -EP179, autour de l'exposition "Cartes Imaginaires" à la BnF28 Jun 202600:14:31

« Cartes imaginaires. Inventer des mondes » est le titre de l’exposition qui a ouvert à la Bibliothèque Nationale de France en mars dernier et demeure visible jusqu’à la fin du mois de juillet.

Elle invite visiteurs et visiteuses à un voyage à la découverte des liens entre cartographie et imaginaire en s’intéressant aux cartes qui ne tracent pas les contours de terres connues mais donnent forme à des territoires imaginaires, que ceux-ci prolongent, détournent ou s’émancipent du monde réel.

Le parcours se fait en quatre étapes. La première nous entraîne dans la cartographie des mondes inexplorés établie au Moyen Âge et à la Renaissance, dans un moment où connaissances et croyances s’entrecroisent et intègrent, aux frontières des mondes connus, des créatures chimériques et des terres incertaines, « là où sont les dragons », avec une volonté de combler les vides du réel.

La seconde nous emmène dans les mondes légendaires qui situent sur le globe des lieux mythiques que l’on trouve dans des récits antiques et médiévaux issus de récits de voyage ou de textes religieux : Atlantide, Eldorado ou royaume du prêtre Jean.

La troisième est consacrée aux mondes forgés par la littérature, où la fiction s’appuie sur des cartes imaginaires qui confèrent une consistance aux univers narratifs, de L’Île au trésor à Game of Thrones en passant par le monde de Narnia ou l’Utopie de Thomas More.

La dernière, intitulée « Les mondes de la carte » fait dialoguer œuvres anciennes et œuvres d’artistes contemporains qui s’inspirent de la cartographie pour déconstruire le dispositif de représentation spatiale lui-même et mettre à jour tout ce qu’on peut y projeter.  

Le commissariat de cette exposition est signé Julie Garel-Grislin et Cristina Ion, conservatrices au département des Cartes et plans de la BnF.

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PARTIE 3 -EP179, autour de la rétrospective Brion Gysin, au Musée d'Art Moderne de Paris28 Jun 202600:13:42

Le Musée d’Art Moderne de Paris présente la première rétrospective de l’œuvre de Brion Gysin dans un musée parisien et l’intitule « Le dernier musée », titre donné par l’artiste à une série d’œuvres réalisée à la fin de sa vie dans laquelle il représente graphiquement et photographiquement le Centre Pompidou qui est alors en train de surgir de terre sous ses fenêtres.

Né en Grande-Bretagne en 1916, Brion Gysin fut à la fois peintre, poète, performeur, écrivain, photographe ; et les 140 œuvres réunies ici permettent d’aborder la dimension protéiforme de son travail.

Associé à la Beat Generation, il est considéré comme l’inventeur de la technique du Cut-up – et un de ses cutters est même ici exposé comme un bijou - mais aussi de la Dreamachine considérée comme un geste pionnier de l’art optique.

On passe ainsi de ce cylindre éclairé de l’intérieur qu’il faut regarder les yeux fermés pour élargir ses perceptions mentales à une calligraphie monumentale, intitulée Calligraffiti of Fire, un polyptique composé de dix tableaux et de plus de 16 mètres de long dont Gysin considérait qu’elle était « LA peinture de sa vie »

L’exposition retrace ainsi le parcours éclaté tant artistiquement que géographiquement de Brion Gysin, marqué notamment par ses années passées au Maroc et à Paris, et le met en regard d’œuvres d’artistes dont il fut proche :  William Burroughs, John Giorno, Keith Haring, Patti Smith ou Ramuntcho Matta...

Le commissariat général de cette exposition qui a ouvert en avril et se termine en juillet est signé par le directeur du Musée d’Art Moderne de Paris, Fabrice Hergott, accompagné d’Olivier Weil, Juliette Theureau et Hélène Leroy.

Brion Gysin. Le dernier musée, c’est visible au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’au milieu du mois de juillet prochain.

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PARTIE 1 -EP 179, autour de la rétrospective Hilma af-Klint au Grand Palais28 Jun 202600:15:48

Hilma af-Klint. Les peintures du Temple (1906-1915)

Et si l’abstraction en peinture n’avait pas commencé, comme on le dit souvent, en 1911, à Munich, lorsque Kandinsky trace au dos de son « Tableau avec cercle » cette phrase « le premier tableau abstrait », mais quelques années avant, à Stockholm ?

La redécouverte de l’œuvre d’Hilma af Klint, née en 1862 et morte en 1944 perturbe la chronologie de l’art moderne avec une force décuplée par le fait que l’artiste avait choisi de garder ses œuvres abstraites cachées, en les faisant sceller pendant vingt ans après sa mort. Il a donc fallu attendre 1986, et l’exposition The Spiritual in Art à Los Angeles, pour que son œuvre soit enfin révélée au grand public. 

Son travail singulier est pour la première fois visible en majesté en France, au Grand Palais, qui expose son grand œuvre : le cycle des Peintures du Temple (1906‑1915), dont la série monumentale intitulée Dix Plus Grands.

Formée à l’Académie royale des Beaux-Arts de Stockholm, Hilma af Klint a mené une double vie artistique : une pratique figurative conforme aux attentes de son époque et, dans le secret, une production avant-gardiste, nourrie par la théosophie et le spiritisme, explorant harmonie cosmique et forces invisibles qui s’exprime à travers des grandes compositions mêlant couleurs vives, motifs organiques, formes géométriques et symboles ésotériques.

Le commissaire de la rétrospective Hilma af Klint, coproduite par le Centre Pompidou et le Grand Palais, qui a ouvert le 6 mai dernier et demeure visible jusqu’à la toute fin du mois d’août, est signé Pascal Rousseau, professeur à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

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INTEGRALE -EP179, autour des rétrospectives Hilma af-Klint et Brion Gysin et de l'exposition "Cartes Imaginaires"28 Jun 202600:44:54

Des œuvres scellées pendant 20 ans et qui obligent à reconsidérer complètement la chronologie habituelle de l’histoire de l’art et de l’abstraction en peinture ; un parcours dans la cartographie réelle des mondes imaginaires, inexplorés, fantasmées ou inventés ; et une trajectoire protéiforme allant de la technique du cut up à la fabrication de machines pour catalyser les rêves.

On discute aujourd’hui, pour ce qui sera le dernier « Esprit critique » de la saison, de l’impressionnante rétrospective que le Grand Palais consacre à la peintre suédoise Hilma af-Klint ; de l’exposition minutieuse que la Bibliothèque nationale de France dédie aux cartes imaginaires depuis les temps médiévaux jusqu’aux jeux vidéos ; et enfin du parcours de l’artiste multiple de Brion Gysin tel qu’il est restitué par le Musée d’Art Moderne de Paris.

Avec :

• Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante 

• Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante

• Rose Vidal, critique et autrice

« L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong.

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INTEGRALE EP-178, autour des specrtacles "Penthésilée" mis en scène par Michael Thalheimer, "Coming Soon" de Soraya Leila Emery 21 Jun 202600:44:18

Une pièce du début du XIXe siècle traduite par Julien Gracq qui raconte le combat amoureux et à mort de la reine des Amazones et d’un demi-héros grec et une chorégraphie qui cherche à émanciper le plaisir féminin en détournant les codes de la représentation des odalisques.

On parle de deux spectacles dans « L’esprit critique » de ce jour : d’abord de Penthésilée mise en scène par Michael Thalheimer dans la salle du Vieux Colombier de la Comédie française ; ensuite de Coming Soon, chorégraphie créée et dansée par Soraya Leila Emery.

Et on termine cette émission non pas avec un exercice critique traditionnel concernant une troisième pièce, mais avec des envies et des ouvertures proposés par chacun et chacune de nos trois titulaires des micros ce jour :

  • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».
  • Vincent Bouquet qui écrit pour ScèneWeb.
  • Callysta Croizer qui travaille pour Mouvement et Les Echos

 « L’esprit critique » est enregistré et réalisé par les équipes de Gong.  

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PARTIE 2 -EP178, autour de "Coming Soon" mis en scène et interprêté par Soraya Leila Emery21 Jun 202600:14:26

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PARTIE 1 -EP178, autour de "Penthésilée" mis en scène par Michael Thalheimer à la Comédie française21 Jun 202600:13:35

Sur une scène en pente, avec en fond comme une stèle de béton géante, une femme, buste droit, seins nus et bouche hébétée, tient dans ses bras un homme nu et ensanglanté dont le cadavre viendra bientôt rouler presque jusque sous les yeux des spectateurs et spectatrices assis·es au premier rang.

Au Vieux-Colombier, salle de la Comédie-Française dont le site Richelieu est fermé pour travaux, la pièce Penthésilée, dans une version proposée par le metteur en scène allemand Michael Thalheimer, débute par son image finale.

Affirmant ainsi immédiatement sa dimension tragique et l’issue inéluctable du combat qui oppose les deux amants et adversaires que sont Penthésilée, reine des Amazones, et Achille, le héros grec fils de Pélée.

Dans la version classique du mythe antique, Penthésilée, lors de la guerre de Troie, accourt à l’aide du roi de la ville, Priam, combat Achille mais finit transpercée par son épée, au moment même où leurs regards se croisent et où Achille tombe amoureux d’elle.

Dans la pièce du poète et dramaturge allemand Heinrich von Kleist, écrite en 1808, et ici proposée dans une traduction de Julien Gracq, Éros et Thanatos ont toujours partie liée, mais la situation est inversée puisque c’est Penthésilée qui finit par tuer Achille.

Elle obéit ainsi à la loi de son peuple, qui lui interdit de tomber amoureuse et de se reproduire autrement qu’avec des guerriers vaincus, capturés et soumis auxquels les Amazones s’unissent lors de la fête des Roses, sans avoir le droit ni de les choisir ni de les aimer.

Michael Thalheimer réduit la distribution de la pièce à trois personnages, Achille et Penthésilée et une femme qui incarne une sorte de chœur individuel synthétisant différents personnages de la pièce.

Penthésilée, de Michael Thalheimer, avec Suliane Brahim, Sébastien Pouderoux et Clotilde de Bayser, est visible jusqu’au 10 juillet.

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PARTIE 2 -EP177, autour de "Works" de Vitaliano Trevisan14 Jun 202600:13:48

Pendant près d’un quart de siècle, Vitaliano Trevisan né en 1960 et mort en 2022, a exercé un nombre infini de métiers dans une région industrieuse du nord-est de l’Italie, en Vénétie : fabricant de cages d’oiseaux, serveur dans une pizzeria, maçon, dessinateur de meubles, glacier, géomètre, magasinier mais aussi dealer dans la mesure où écrit-il, « aux gens qui se demandent ce que les acides ont à voir avec le travail, je dirais que, contrairement à ce qu’on croit, dealer est un travail de tous les points de vue. »

Ces métiers le plus souvent manuels, déclarés ou non, la plupart précaires, Vitaliano Trevisan les a exercés sans avoir toujours le temps d’écrire, mais en se sachant écrivain, même s’il a dû attendre des décennies pour pouvoir se consacrer entièrement à l’écriture de livres, de pièces de théâtre et de scénarios.

En 2016, il publie un ouvrage de plus de 700 pages, intitulé Works, qui rend compte de ses expériences de travail depuis son adolescence dans les années 1970 jusqu’au début des années 2000, en offrant un regard d’une précision littéraire et sociologique inédite sur un monde souvent négligé par les écrivains.

Un livre au ton souvent imprécateurs contre les hypocrisies de la société qui l’entoure, au sujet de laquelle il écrit notamment : « Mais qu’est-ce que l’Italie, me suis-je pris à penser en me levant et en m’acheminant vers le Panthéon, sinon un conglomérat de lieux communs. Les prendre à coups de marteau, voilà une de mes tâches » ?

C’est ce livre qui paraît aujourd’hui en français aux éditions Verdier, traduit par Christophe Mileschi et Martin Rueff, quatre ans après le décès de son auteur et une décennie après sa publication en Italie.

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INTEGRALE -EP177, autour de "La Légende" de Boualem Sansal ; "Works" de Vitaliano Trevisan et "La bagarre" de Lauren Groff14 Jun 202600:41:43

« L’esprit critique » discute de l’ouvrage qui a fait imploser l’édition française et une maison plus que centenaire ; d’un roman monstre sur le monde du travail dans la Vénétie industrieuse de la dernière partie du XXe siècle et d’un recueil de nouvelles américaines qui saisissent leurs personnages – le plus souvent des femmes – à un instant décisif de leurs trajectoires.

On évoque en effet successivement La Légende, le livre écrit en quarante jours par Boualem Sansal après sa détention en Algérie et dont il n’aura échappé à personne qu’il est publié chez Grasset ; de Works signé Vitaliano Trevisan traduit en français par les éditions Verdier dix ans après sa parution initiale en Italie, et enfin de La bagarre, recueil de nouvelles de Lauren Groff qui est sorti aux éditions de l’Olivier.

Avec :

• Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique

• Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart.

• Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama

 

Cet « esprit critique » a été enregistré en public depuis Le Point Fort d’Aubervilliers, à l’occasion du festival de Mediapart. 

« L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé aujourd’hui par Étienne Bottini et les équipes de Gong.

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PARTIE 1 -EP177, autour de "La Légende" de Boualem Sansal14 Jun 202600:14:34

C’est le livre qui a bouleversé le monde éditorial français, signé l’arrêt de mort d’une maison d’édition plus que centenaire et déclenché une fronde inédite d’auteurs et d’autrices venant d’horizons littéraires et politiques hétérogènes contre la mainmise croissante de Vincent Bolloré sur le champ culturel.  

On évoque La Légende, le dernier livre de Boualem Sansal que publient les éditons Grasset. Cet ouvrage raconte sa détention dans les geôles du régime algérien tout en réglant ses comptes avec son ancienne maison d’édition, Gallimard, mais aussi une bonne partie de la presse française, la France insoumise et plus généralement toutes celles et ceux qu’il juge complice de dérouler le tapis rouge à l’islamisation de la France et, à le lire, ils sont nombreux.

A la fois journal d’un prisonnier, manifeste et commentaire politique, autoportrait d’un écrivain récemment reçu à l’Académie française mais s’imaginant entrer dans la légende pour s’assurer peut-être davantage une forme d’immortalité, La Légende est un texte étrange, hétéroclite et parfois confus, dont il faudrait pouvoir parler « en oubliant le bruit qui l’entoure » comme le disait l’article du Monde le chroniquant récemment.

Mais il est néanmoins difficile d’oublier ce bruit, tant ce texte écrit en quarante jours surfe précisément sur le vacarme médiatique qu’a eu l’emprisonnement de l’écrivain, puis sa décision de quitter son éditeur historique pour rejoindre l’empire Bolloré et les sommes astronomiques que ce dernier était prêt à mettre pour obtenir cette prise de guerre.

Un livre qui étonne moins par ses qualités littéraires que par l’absence de travail éditorial ayant entouré un texte qui regorge d’erreurs, et le gouffre entre ce qu’il est et ce qu’il prétend être, par exemple lorsque Sansal écrit qu’il se réjouit de rejoindre Grasset, « une grande maison qui compte tant d’auteurs fameux dont beaucoup sont mes amis, où j’ai trouvé ce que je venais de perdre : de l’amitié, de l’attention, de la confiance, de la correction, et même, chose rare, de la modestie. Chez son directeur, Olivier Nora, que je ne connaissais pas, j’ai trouvé les qualités humaines que ses auteurs lui reconnaissent sans restriction. Je me suis renseigné, quand même. Se tromper deux fois serait grave ».

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PARTIE 3 -EP177, autour de "La bagarre" de Lauren Groff14 Jun 202600:12:23

Une jeune fille qui emmène en autobus son frère à l’esprit déficient pour le laisser dans une institution après la mort de leur mère afin de pouvoir poursuivre ses études ; une mère et ses enfants qui échappent à la violence du père mais pas forcément au vent qui la porte ; un couple formé depuis 25 ans que la femme hésite à défaire moins pour quitter l’homme que pour « frôler à nouveau un avenir radieux » ; un concours de plongeon ; des amies d’adolescence qui se sont parfois perdues de vue mais se retrouvent au chevet d’une amie commune mourante et se racontent la pire chose qu’elles aient faite de leur vie ; une dynastie de banquier dont le canard noir se refait une santé en retapant une cabane du domaine familial et croit rencontrer l’amour…

On trouve tout cela, et encore beaucoup d’autres histoires, dans La bagarre, titre donné à un recueil de neuf nouvelles de l’écrivaine américaine Lauren Groff, autrice de roman remarqués, parmi lesquels Les Furies, Arcadia ou les Terres indomptées, mais également de deux précédents recueils de nouvelles regroupés sous les titres Fugues (Plon, 2009) et Floride (L’Olivier, 2019).

La plupart des nouvelles de ce recueil ont été initialement publiés dans le New Yorker et sont traduites par Carine Chichereau aux éditions de l’Olivier, comme la plupart des textes de Lauren Groff.

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INTEGRALE EP-176, autour de "La Bataille de Gaulle" d'Antonin Baudriy ; "Notre Salut" d'Emmanuel Marre et "Bouchra" de Meriem Bennani et Orian Barki07 Jun 202600:48:42

Aujourd’hui, « L’esprit critique » s’intéresse plus particulièrement à l’intérêt que le cinéma porte en ce moment à la période de Vichy et aux questions de résistance et de collaboration, avec deux films qu’en apparence tout oppose.

D’un côté, La Bataille de Gaulle, signé Antonin Baudry, film à grand spectacle et gros budget sur le parcours de l’homme qui a emblématisé la résistance à Pétain depuis Londres.

De l’autre, Notre salut, d’Emmanuel Marre, prix du scénario à Cannes, qui innove esthétiquement et politiquement pour retracer le parcours d’un petit fonctionnaire rallié à la « révolution nationale » et qui se trouve être l’arrière-grand-père du cinéaste.

Pour terminer cette émission, on changera totalement de registre en évoquant un objet cinématographique peu identifié : une autofiction prenant la forme d’un film d’animation pour adultes. Il s’intitule Bouchra et est signé Meriem Bennani et Orian Barki.

Avec :

  • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements et Emitaï ;
  • Salima Tenfiche, maîtresse de conférences en cinéma à l’université Sorbonne-Nouvelle ;
  • Raphaël Nieuwjaer, qui écrit pour les Cahiers du cinéma et la revue Études.

Cet « esprit critique » a été enregistré en public depuis Le Point Fort d’Aubervilliers, à l’occasion du festival de Mediapart. 

« L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé aujourd’hui par Étienne Bottini et les équipes de Gong.

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PARTIE 2 -EP176, à propos de "Notre Salut" d'Emmanuel Marre07 Jun 202600:14:09

Notre Salut a été une des révélations du Festival de Cannes (où nous n’étions pas), mais a été projeté dans quelques salles en avant-première la semaine dernière, avant une sortie prévue le 30 septembre.

L’idée n’était ni de parler d’un film qu’il n’est pas encore possible de voir pour faire les malins, ni d’absolument vouloir évoquer un long métrage récompensé par le prix du scénario lors du Festival de Cannes. Mais Notre salut d’Emmanuel Marre nous intéressait tout particulièrement.

D’abord parce qu’il s’inscrit dans un moment du cinéma obsédé par l’époque vichyste et la question de la résistance et de la collaboration. Le film d’Emmanuel Marre arrive en effet en écho au biopic sur de Gaulle, mais aussi au long métrage de Xavier Giannoli, Les Rayons et les Ombres, qui retraçait le parcours du collaborationniste Jean Luchaire exécuté à la Libération, et au nouveau film de László Nemes sur Jean Moulin, avec Gilles Lellouche dans le rôle-titre, qui était en compétition à Cannes et sortira en salles à l’automne.

Ensuite parce qu’il s’inscrit dans ce moment avec une grammaire cinématographique qui percute de plein fouet le genre du film d’époque, avec une forme « d’anachronisme contrôlé », pour reprendre les termes de l’helléniste Nicole Loraux, et qu’il parvient peut-être ainsi à être autre chose qu’un film d’histoire dont on attendrait soit de la véracité, soit des leçons.

Et ce même s’il est fondé sur une histoire bien réelle, en l’occurrence celle de l’arrière-grand-père du cinéaste, petit fonctionnaire de la collaboration ordinaire, ayant adhéré avec enthousiasme à la « révolution nationale » pétainiste, après avoir écrit un livre à compte d’auteur intitulé précisément Notre salut sur le choc qu’a été la défaite rapide des armées françaises face à celles d’Hitler.

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PARTIE 3 -EP176, autour de "Bouchra", de Meriem Bennani et Orian Barki07 Jun 202600:12:15

Bouchra est le titre d’un film d’animation signé Meriem Bennani et Orian Barki en forme d’autofiction, puisque Bouchra est, comme Meriem Bennani, une jeune femme vivant sa vie d’artiste et de lesbienne à New York, portant blouson de cuir et piercing.

Mais Bouchra est représentée ici sous la forme d’une coyote aux grands yeux et aux dents acérées dans un monde peuplé d’animaux anthropomorphes : ours, béliers, girafes…

Le film est construit comme une mise en abyme, puisque Bouchra travaille dans son studio à l’écriture d’un film dans lequel elle raconte sa vie amoureuse et son identité queer, vécue ouvertement à New York, mais encore niée au Maroc, dont elle est originaire, même si ses parents sont au courant depuis une décennie et si les échanges avec sa mère restée dans son pays d’origine – et les difficultés d’échanger avec elle sur ce sujet – scandent un film rythmé, dans tous les sens du terme. 

Ce film s’inscrit aussi dans cette tendance des films d’animation pour adulte, à l’instar de deux films présentés à Cannes, Jim Queen, dans lequel un virus étrange transforme tous les hommes gays en hétérosexuels, ou encore Le Vertige, projet animé de Quentin Dupieux.

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PARTIE 1 -EP176, autour du film d'Antonin Baudry, "La Bataille de Gaulle. L'âge de fer"07 Jun 202600:20:54

La Bataille de Gaulle. L’âge de fer est la première partie d’un film de près de cinq heures dont le second tronçon intitulé J’écris ton nom sortira au début du mois de juillet. Il est signé Antonin Baudry, ancien diplomate, auteur de la bande dessinée à succès Quai d’Orsay en 2013, puis du film de guerre sous-marine Le Chant du loup.

Le réalisateur se concentre ici sur les deux premières années de la guerre, c’est-à-dire sur le moment où le « petit colonel » devient général à l’occasion de la débâcle des armées françaises devant les troupes hitlériennes, puis entend incarner la France et la Résistance depuis Londres, en dépit de son isolement, de l’hostilité des Américains et des réticences des Britanniques vis-à-vis de ce militaire dont le film raconte la légende tout en lui donnant, aussi, un aspect chaplinesque, jouant ainsi tout au long du film d’un contraste entre l’hagiographie et la pantomime.

Avec un budget de près de 100 millions d’euros et produit par Pathé, une pelletée d’acteurs stars incarnant les grands noms de la Seconde Guerre mondiale, des moments de dialogue entre Churchill et de Gaulle et des scènes de batailles sur mer ou dans le désert, le diptyque entend être un grand film populaire, et prendre directement sa place au sein d’un certain patrimoine historique et cinématographique français.

Tout en mettant sur un piédestal une figure pour laquelle les principes républicains et la vision de la France étaient totalement incompatibles avec le fait d’accepter, directement ou indirectement, le fascisme : ce qui n’est pas forcément inutile par les temps qui courent…

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PARTIE 1 -EP175, autour d'"Une hirondelle ne fait pas le printemps", d'Annette Messager, au Musée de la Chasse et de la Nature31 May 202600:11:59

Le musée de la Chasse et de la Nature à Paris s’est fait une spécialité d’inviter des artistes contemporains à investir ses espaces pour dialoguer avec ses collections si particulières, faites d’animaux empaillés, de trophées et massacres, de fusils de toutes époques et de toute dimension, de crottes d’animaux divers, de peintures et de tentures.

Celle qui est proposée depuis le 14 avril et jusqu’au 15 septembre par la plasticienne Annette Messager semble relever de l’évidence tant le motif de l’animal traverse l’ensemble de l’œuvre de la plasticienne née en 1943 à Berck-sur-Mer, connue pour un travail fait aussi bien de broderies, de sculptures, de dessins de photographies que d’installations composées à partir d’objets du quotidien, qui a été exposée dans les plus grandes institutions muséales de la planète, du Moma de New York au Centre Pompidou de Paris et a été lauréate du Lion d’or à la Biennale de Venise en 2005

Araignées en bronze ou en assemblage de soutien-gorge, peluches de lapins et d’oursons, mais aussi dessins « d’escargot-cocotte » ou petite sculpture noire de « cheval-chaussure » : le bestiaire d’Annette Messager est vaste et oscille entre le chimérique et l’onirique, entre le sexuel et le sensuel, entre l’humour et le tragique.

Le commissariat de cette exposition intitulée « Une Hirondelle ne fait pas le printemps » est signée Colin Lemoire, historien d’art et écrivain.

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INTEGRALE -EP175, autour de l'exposition d'Annette Messager, de la rétrospective Henry Taylor et de la proposition "Normes corps"31 May 202600:41:58

Un bestiaire artistique composé sur plusieurs décennies immergé dans des collections de chasse et d’animaux empaillés ; un plasticien africain-américain travaillant la mémoire noire et les objets de consommation exposé en une centaine d’œuvre en miroir des tableaux de Picasso et six expositions monographiques qui composent ensemble une réflexion visuelle sur la « puissance subversive des handicap » en entendant faire vaciller le « normcore » en montrant d’autres type de corps.

On discute et dispute aujourd’hui de l’investissement du Musée de la Chasse et de la Nature par Annette Messager avec une exposition intitulée « Une hirondelle ne fait pas le printemps » ; de la grande rétrospective que le Musée Picasso consacre au peintre et sculpteur Henry Taylor et enfin de la proposition intitulée « Norme Corps » qui ouvre la nouvelle saison du Palais de Tokyo.

Avec :

• Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante

• Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante

• Rose Vidal, critique et autrice

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PARTIE 3 -EP 175, autour de la nouvelle saison du Palais de Tokyo, "Normes Corps"31 May 202600:14:00

La nouvelle saison du Palais de Tokyo, pour citer son directeur Guillaume Désanges « interroge positivement les notions de vulnérabilité, de fragilité, de handicap et d’écarts par rapport aux normes pour proposer des expériences artistiques qui bouleversent les idées reçues », et entend bousculer le validisme « ce système qui établit, par des critères physiques et psychologiques une hiérarchie entre les corps, entre ceux dits “normaux“ et ceux jugés “anormaux“ afin de restituer la « puissance subversive du handicap ».

Pour cela, le Palais de Tokyo présente six expositions monographiques d’artistes qui explorent la fragilité, le handicap ou la différence regroupés sous le titre générique « Normes Corps ».

Parmi ces derniers, on trouve les artistes français Pauline Curnier-Jardin et Benoît Piéron et les Britanniques Jesse Darling et Cathy de Monchaux, ainsi que deux sections plus petites consacrées l’une au travail sur les rampes d’accès de l’artiste américain Joseph Grigely, l’autre à celui de Cheryl Marie Wade, morte en 2013, figure tutélaire d’une scène d’artistes handicapés développée à Berkeley, en Californie, à la fin des années 1970, qui revient sur l’invention même du terme « crip », réappropriation positive du terme péjoratif « cripple », pour estropié.

« Normes Corps » a ouvert au début du mois d’avril et demeure visible jusqu’au milieu du mois de septembre.

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PARTIE 2 -EP175, autour de la rétrospective Henry Taylor au Musée Picasso "Where Thoughts provoke"31 May 202600:15:01

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INTEGRALE -EP174. Le Cabaret, entre renouveau et institutionnalisation24 May 202600:40:45

On ne se rendra pas au Lido ni aux Folies Bergère dans « L’esprit critique » de ce jour consacré au cabaret, mais dans plusieurs lieux qui cherchent à renouveler ce genre séculaire.
Que ce soit, parmi d’autres, le Truc, un ancien garage du XXe arrondissement de Paris qui a proposé début mai le « Jardin Rouge Festival » ; le théâtre de l’Atelier qui a accueilli récemment « La Bouche Cabaret » pour un spectacle qui part maintenant en tournée dans plusieurs villes de France, ou encore le Théâtre du Rond-Point qui propose en ce moment, sous la houlette de Pierre Maillet, de faire renaître, dans un club fantomatique nommé Reno Sweeney un « cabaret vertigineux, nostalgique et flamboyant. »

Le cabaret connaît en effet aujourd’hui une véritable vogue, qui en démultiplie les espaces et les formes, aussi bien dans des marges que dans des lieux institutionnels qui pourraient paraître a priori décalés, voire contradictoires, avec les spectacles qu’ils présentent.

En janvier dernier, l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati a même annoncé un plan Cabaret prévoyant notamment une Saison Cabaret qui va se dérouler du 16 septembre au 15 novembre 2026 dans toute la France, afin de renforcer la visibilité des artistes et la connaissance du cabaret qui, pour citer l’ancienne ministre, « appartient à notre patrimoine et est un art bien vivant. »

A la fois ancien et contemporain, le genre du cabaret semble aujourd’hui osciller entre subversion et institutionnalisation, entre rentabilité commerciale et inclusivité politique.

« La Bouche Cabaret » figure de la scène queer, proposait récemment au théâtre de l’Atelier son Gala de printemps et revient prochainement les prochaines semaines dans plusieurs lieux parisiens ainsi qu’à Marseille, Orléans, Lyon ou Grenoble et même Berlin.

Le spectacle de Pierre Maillet « Edith Beale au Reno Sweenay » est, quant à lui, visible au théâtre du Rond-Point jusqu’au 31 mai prochain.

Avec : 

  • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans la revue Mouvement, Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».
  • Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux.
  •  Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb.

« L’esprit critique » est un podcast enregistré par Corentin Dubois et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong.

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PAETIE 3 -EP173, autour du roman d'Ocean Vuong, "L'empereur de la joie" (Gallimard)17 May 202600:17:05

Un personnage nommé Sony d’après la marque japonaise du même nom ; un autre dont le prénom, Hai, se prononce comme on dit « salut » aux Etats-Unis ; une veuve âgée d’origine lituanienne prénommée Grazina ; mais aussi un Russe, une catcheuse gérante de restaurant ou encore Maureen qui finira à tricoter des écharpes dans son fauteuil roulant dans la ville de Defiance, dans l’Ohio…

C’est un melting pot très américain, réuni dans une petite ville marginalisée et paupérisée de Nouvelle Angleterre, que nous donne à lire Ocean Vuong, marketé comme le nouveau prodige des lettres américaines dans son nouveau roman intitulé L’Empereur de la Joie et traduit par Hélène Cohen aux éditions Gallimard.

Petite ville où règnent la malbouffe et les cachets permettant la défonce, et à propos de laquelle le narrateur écrit : « Rien ne s’arrête jamais ici, à part nous. (…) Nous sommes la tache floue derrière les vitres de vos tarins et de vos monospaces, de vos bus greyhound, nos visages déformés par le vent comme les parias des toiles de Munch. »

Tout comme Hai le personnage principal de son histoire, Ocean Vuong, né au Vietnam à la fin des années 1980, est arrivé aux Etats-Unis à l’âge de deux ans. Tout comme lui, il a voulu écrire, rencontrant le succès avec un premier roman intitulé Un bref instant de splendeur, ainsi qu’un recueil de poésie titré Le temps est une mère.

L’Empereur de la Joie débute un soir d’été, au moment où Hai, 19 ans, addict à différents cachets, sans perspectives et presque sans famille, se retrouve sur un pont et sous une pluie battante, prêt à sauter en contrebas, avant d’en être dissuadé par Grazina, et de former avec elle un improbable duo jouant à la guerre et à la famille, pour le plus grand déplaisir du fils de Grazina...

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PARTIE 2 -EP173, autour du roman de Simon Legré, "Un moment orange" (Notabilia)17 May 202600:09:53

Un moment orange est le titre du premier roman de Simon Legré, que publient les éditons Notabilia. Il met en parallèle et en tension une tache d’humidité apparue sur un des murs du studio du narrateur et un « petit doute sur le VIH » énoncée par une médecin lors d’un contrôle de routine.

Le narrateur ne peut partager l’anxiété de l’attente de ses résultats médicaux, ni avec son père venu faire des travaux dans son appartement, ni avec son dernier partenaire qu’il n’a pas prévu de revoir.

Dans le cadre de ce réaménagement, le narrateur tombe sur l’ouvrage d’Hervé Guibert, A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie dans lequel ce dernier racontait sa maladie et le VIH qui détruisait alors son corps, et Simon Legré écrit à ce propos : « Je le feuillette. J’en ai souligné au crayon certains passages, il y a longtemps, peut-être tout sauf par hasard. »

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PARTIE 1 -EP173, autour du roman d'Agathe Charnet, "Peut-être le hasard" (Les corps conducteurs)17 May 202600:13:56

Peut-être le hasard est le titre du premier roman de la dramaturge et metteuse en scène Agathe Charnet, autrice de plusieurs pièces de théâtre. Il est publié aux Corps conducteurs, jeune maison d’édition au nom inspiré d’un ouvrage de Claude Simon qui entend publier des livres qui « électrisent ».

Dans ce texte largement autobiographique, l’autrice retrace une catastrophe à la fois commune et extraordinaire : la démence précoce qui touche sa mère, enseignante de philosophie, alors qu’elle vient seulement d’atteindre la cinquantaine.

Tout à la fois portrait croisé de deux femmes de deux générations différentes, journal de maladie, réflexion sur la fin de vie et expression rageuse de la difficulté à aider les proches souffrants, Peut-être le hasard se présente sous forme de successions d’hypothèses plus ou moins sérieuses et de tranches de vie flirtant avec la mort. Chaque chapitre est ainsi introduit par un titre formulé en des termes comme : « C’est peut-être Balthazar » ; « C’est peut-être la protéine précurseur amyloïde » ; « C’est peut-être le divorce » ; « C’est peut-être le chat roux »…

Agathe Charnet aborde ainsi le « deuil blanc », c’est-à-dire le deuil d’avant le deuil, le deuil d’une personne qui disparaît dans la démence avant de mourir vraiment et qui lui fait écrire en s’adressant directement à sa mère : « Tu ne pleureras pas de joie à l’annonce de ma grossesse et n’activeras pas, malgré mes interdictions, le tam-tam familial pour que chacun soit au courant. Tu ne tiendras pas mon nouveau-né dans tes bras, ne débarqueras pas en catastrophe pour m’aider quand il sera malade, ne feras jamais de réflexion délicieusement crispante sur ma façon de l’élever, ne le garderas jamais pour les vacances scolaires en te plaignant d’être un peu épuisée à la fin. »

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INTEGRALE -EP173, autour des romans "Peut-être le hasard" d'Agathe Charnet, "Un moment Orange" de Simon Legré et "L'Empereur de la joie" d'Ocean Vuong17 May 202600:41:39

Les romans dont nous parlons aujourd’hui sont reliés par une thématique, et celle-ci est sombre, même quand le ton des ouvrages ne l’est pas forcément. Il sera en effet beaucoup question aujourd’hui de maladies et de corps défaillants et/ou vieillissants, perdant la mémoire ou l’usage de leurs fonctions de rétention urinaire. 

On évoque en effet dans ce podcast Peut-être le hasard, premier roman de la dramaturge Agathe Charnet publié aux Corps Conducteurs ; un autre premier roman signé Simon Legré et intitulé Un moment Orange que font paraître les éditions Notabilia et enfin L’Empereur de la joie, le deuxième roman de la nouvelle coqueluche des lettres américaines, Ocean Vuong, que traduisent les éditions Gallimard.

Avec :

• Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama

• Lise Wajeman, professeur de littérature comparée et qui devrait davantage chroniquer l’actualité littéraire pour Mediapart

• Pierre Poligone, cofondateur de Zone Critique, également chargé de cours à l’université.

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PARTIE 1 -EP172, autour du film "Dao" d'Alain Gomis10 May 202600:18:30

Dao, comme nous l’explique un carton qui ouvre le nouveau long-métrage du réalisateur Alain Gomis ainsi titré, cela signifie « mouvement perpétuel et circulaire, qui coule en toute chose et unit le monde ».

Et c’est bien cette ambition de capter un tel mouvement qui anime le cinéaste en mettant et montant en parallèle deux cérémonies familiales reliées entre elles à travers le personnage de Gloria, personnage principal de ce film choral, qui réenterre son père et marie sa fille.

La première cérémonie est un rite animiste qui se tient dans un village de Guinée Bissau un an après la mort du père. La seconde est un mariage qui se tient dans une ferme de la campagne française louée à l’occasion des noces de la fille.

En donnant des rôles à des acteurs et actrices professionnels et non professionnels, y compris à sa propre famille ; en brouillant les pistes entre fiction et documentaire ; en mêlant improvisation et dialogues et scènes jouées et non jouées ; ou encore en donnant accès au making of du long-métrage au point de le débuter par son casting préparatoire, Alain Gomis semble vouloir troubler les rapports entre le vrai et le faux, mais avec néanmoins l’envie d’atteindre à une vérité de ce tout qui peut se jouer dans les rapports familiaux : émotions inattendues ou échanges convenus, gênes soudaines ou joies explosives, poids et légèreté tout à la fois de s’inscrire dans une généalogie et d’être pris dans des liens qui peuvent enfermer ou libérer…

Dao, d’Alain Gomis est sorti en salles le 29 avril dernier.

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PARTIE 2 -EP172, autour de la série "Bandi" d'Eric et Capucine Rochant10 May 202600:14:23

On poursuit cette émission non pas avec un film, mais avec une série proposée par le cinéaste et scénariste Éric Rochant, célèbre pour la série du Bureau des Légendes ou son film Un monde sans pitié, co-écrite et réalisée avec sa fille Capucine Rochant.

Cette série s’intitule Bandi, sans t à la fin, parce qu’elle se déroule en Martinique, et alterne entre français et créole. Elle est filmée à l’opposé des clichés touristiques, dans les quartiers défavorisés de cette île des Antilles.

Disponible sur Netflix en huit épisodes de 55 minutes chacun, la série suit l’évolution de la famille Lafleur, constituée de onze frères et sœurs, que l’on découvre alors que leur mère, pilier et seule source de revenus d’une cellule familiale dont le père est en détention, vient de mourir dans un accident de la route.

Pour survivre et ne pas être séparés, plusieurs des frères se lancent dans le trafic de drogue, dans des styles différents, incarnés par l’opposition entre les deux frères Kylian et Kingsley, qui ont chacun leur façon de faire du business.

Cette série réalisée et produite par des figures du cinéma hexagonal, mais voulant représenter des décors de palmiers, des trafics de drogue, des courses en scooters débridés et des dialogues en créole ne produit-elle que des clichés ? Autrement posé, est-elle exotique en nous montrant un univers rarement vu à l’écran ou exotisante en ne nous présentant que des images attendues voire problématiques ?

Bandi, signé Éric et Capucine Rochant, est disponible sur Netflix depuis le début du mois d’avril.

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PARTIE 3 -EP172, autour du "Diable s'habille en Prada 2", de David Frankel10 May 202600:13:26

Le Diable s’habille en Prada, la suite. Il y a tout juste vingt ans sortait au cinéma un film devenu culte, adapté du best-seller de Lauren Weisberger paru trois années auparavant.

Deux décennies plus tard, le réalisateur et le casting sont restés les mêmes avec David Frankel derrière la caméra et Meryl Streep, Anne Hathaway ou encore Emily Blunt devant celle-ci.

Le film organise les retrouvailles entre Meryl Streep alias Miranda, dirigeante du magazine de mode Runway et son ancienne assistante, Anne Hathaway alias Andy, licenciée du journal d’investigation dans lequel elle travaillait et appelée à la rescousse pour pallier un bad buzz numérique lié à un article publié par l’alter-ego de fiction du magazine Vogue.

Dans Le Diable s’habille en Prada 2, la patronne toxique et cynique qu’était Meryl Streep ne jette plus son manteau en arrivant en bureau en attendant que des assistantes s’en occupent, elle est contrainte de l’accrocher elle-même au porte-manteau, avec quelques difficultés liées aux vingt années qui se sont écoulées entre le premier et le second opus…

Le Diable s’habille en Prada 2 est sorti sur les écrans le 29 avril.

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INTEGRALE -EP172, autour du film "Dao" d'Alain Gomis, de la série "Bandi" signée Eric et Capucine Rochant et du "Diable s'habille en Prada 2" signé David Frankel10 May 202600:47:05

Deux longs-métrages et une série en huit épisodes. La suite d’un objet culturel devenu culte ; un nouveau jalon d’une filmographie exigeante et un déplacement géographique et scénaristique signé par l’un des showrunners les plus connus des écrans français.  La Guinée Bissau, New York et les quartiers défavorisés de la Martinique. Le programme de « L’esprit critique » est particulièrement éclectique.

On discute et dispute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de Dao, le nouveau film du réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis, de la série Bandi, écrite et réalisée par Éric Rochant et sa fille Capucine Rochant ainsi que du Diable s’habille en Prada 2 réalisé comme le premier opus par David Frankel.

Avec :

• Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements et Emitaï.

• Salima Tenfiche, maîtresse de conférences à l’université Sorbonne Nouvelle

• Raphaël Nieuwjaer critique pour les Cahiers du cinéma et la revue Études.

  

« L’esprit critique » est un podcast enregistré aujourd’hui par Corentin Dubois et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong.

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PARTIE 3 -EP171, autour de "Manières d'être vivant", signé Clara Hédouin26 Apr 202600:12:52

Après les succès publics et critiques de la série théâtrale Les Trois Mousquetaires d’après Alexandre Dumas et de la mise en scène en extérieur du roman de Jean Giono, Que ma joie demeure, présentée notamment Festival d’Avignon, la metteuse en scène Clara Hédouin adapte Manières d’être vivant, l’essai du philosophe Baptiste Morizot, figure de la réflexion contemporaine sur le vivant et les relations entre humains et non-humains.

Pour mettre en scène ce texte a priori éloigné du registre théâtral, Clara Hédouin réunit un petit groupe de passionnés de nature au col de la Bataille, dans le Vercors, pour observer d’abord les oiseaux migrants vers l’Afrique.

Après que chacun des acteurs et actrices se renomment pour incarner chacun et chacune des facultés humaines : – le Doute, le Raisonnement, la Poésie, l’Imagination, l’Amour et l’Attention –, ces enquêteurs-philosophes se lancent ensuite sur la piste du loup.  

Manières d’être vivant signé Clara Hédouin était visible récemment à la Criée à Marseille et à la MC93 de Bobigny et sera visible en juin à l’Abbaye de Fontfroide puis à Calais en version extérieure, avant d’aller à Châteauvallon en juillet.

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PARTIE 1 -EP171, autour de "La Maison de Bernarda Alba", signé Thibaud Croisy, au T2G26 Apr 202600:16:00

La maison de Bernarda Alba est l’ultime pièce du poète Federico Garcia Llorca, assassiné par des miliciens franquistes le 19 août 1936, deux mois seulement après avoir terminé ce texte prenant la forme d’un huis clos dans une maison andalouse dans laquelle une mère, Bernarda Alba, enferme ses cinq filles pendant des années pour respecter la tradition du deuil de son mari.

Le metteur en scène Thibaud Croisy en propose une nouvelle traduction, effectuée en collaboration avec Laurey Braguier et publiée à L’Arche, et une nouvelle transposition sur scène, présentée au Théâtre de Gennevilliers, après être passée par Mulhouse et Bordeaux.

Cette mise en scène perturbe la distribution habituelle de la pièce, puisque Thibaud Croisy a pris un homme pour jouer Poncia, la gouvernante et servante de la maisonnée qui commente le drame ; et qu’il a confié les rôles des cinq filles de Bernarda à des actrices aux corps et âges fort dissemblables.

Ce choix de confier les rôles de la pièce non pas à des jeunes actrices qui se ressembleraient mais à des femmes d’âge mûr aux physiques différents souligne la cruauté de la situation de ces femmes célibataires dont les désirs se heurtent aux murs entre lesquels n’apparaissent que des fragments du monde extérieur.

Parmi ces fragments sur lesquels fantasment les femmes enfermées, Pepe le Romano, l’un des plus bels homme de la région, que l’aînée et la plus laide des cinq sœurs, Angustias, pourrait épouser grâce à l’héritage que lui a laissé son père, mais dont est aussi tombée amoureuse la benjamine de la famille, Adela.

La maison de Bernarda Alba de Thibaud Croisy, avec Elsa Bouchain, Charlotte Clamens, Céline Fuhrer, Michèle Gurtner, Emmanuelle Lafon, Helena de Laurens, Lucie Rouxel, Laurence Roy, Hélène Schwaller et Frédéric Leidgens, c’était récemment au Théâtre de Gennevilliers et ce sera bientôt visible à Bordeaux, au TCI à Paris, à Angers, Clermont-Ferrand, Béthune, Juvisy et Valenciennes.  

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INTEGRALE -EP171, autour des spectacles "La Maison de Bernarda Alba" signé Thibault Croisy ; "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell et "Manières d'être vivant" de Clara Hédouin26 Apr 202600:48:42

Un classique du théâtre de l’entre-deux-guerres retraduit ; une référence à une baronne et écrivaine danoise ayant fait un pacte de création avec le diable et une tentative de mettre en et sur scène la philosophie contemporaine du vivant…

On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de l’ultime pièce du poète Federico Garcia Llorca, La maison de Bernarda Alba, mise en scène par Thibaud Croisy au Théâtre de Gennevilliers ; de Vudú (3318) Blixen, titre singulier donné à la nouvelle performance de plus de cinq heures proposée par l’espagnole Angelica Liddell qui était récemment visible au Théâtre de l’Odéon ; et enfin de la proposition de la metteuse en scène Clara Hédouin à partir de l’essai du philosophe Baptiste Morizot intitulé Manières d’être vivant, créé à l’automne à Villeurbanne et donnée récemment à la MC93 de Bobigny.

Avec :

• Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans la revue Mouvement, Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».

 • Caroline Châtelet, qui écrit pour SceneWeb et les les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux.

 •  Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur SceneWeb.

 « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong.

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PARTIE 2 -EP171, autour de "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell26 Apr 202600:18:49

« Je viens d’une génération qui voulait détruire le monde et surtout s’autodétruire, une génération où la folie était au cœur de la création. Le beau était violent, et le violent était beau. Je crois que cette liberté ne doit pas être perdue, cette sauvagerie esthétique, cet excès ! Je suis un samouraï, je me bats jusqu’à la mort. La mort est et sera toujours au centre de ma vie », avait déclaré Angelica Liddell à l’occasion de la remise d’un prix en juin 2025 pour Dämon, el funeral de Bergman.

C’est dans ce registre que s’inscrit Vudú (3318) Blixen, titre de la nouvelle proposition de l’actrice, performeuse et metteuse en scène Angelica Liddell, placé sous le signe de la baronne danoise Karen Blixen, connue sous le nom de plume d’Isak Dinesen, autrice notamment du roman La ferme africaine et qui a donné son nom à l’astéroïde 3318.

La pièce fait partie de la « trilogie des funérailles » proposée par Angelica Liddel, mais a été créée en réalité avant DÄMON, El funeral de Bergman, pièce présentée en juillet 2024 dans la cour d’honneur du Festival d’Avignon.

De Blixen, Liddell retient principalement qu’elle « avait promis son âme au diable, en retour le diable lui avait promis que tout ce qu’elle vivrait désormais deviendrait une histoire ». Et c’est aussi une forme de pacte avec le diable qu’elle veut sceller pour se venger de l’homme qui l’a quittée et laissée avec une douleur irrémédiable qu’elle cherche à exorciser par les mots et les images.

Prenant la forme d’un rituel occulte ou d’une grand-messe en bleu, noir et rouge, la pièce-cérémonie de plus de 5 heures est organisée en succession de cinq actes et tableaux qui paraissent épouser les étapes parfois associées au deuil : le déni à travers une reprise de la chanson de Jacques Brel « Ne me quitte pas » sur un monceau de fleurs blanches ; avant que ne se donnent à voir la colère, la tristesse exprimée notamment par un gigantesque boulet auprès duquel Angelica Liddell s’assoit, puis une forme de résignation traduite notamment par des images de futurs qui n’ont pas existé.

Mais ce cycle censé classiquement se terminer par une reconstruction ne sied pas à la colère de la performeuse qui préfère organiser un final grandiose dans lequel elle orchestre ses propres funérailles, dans un dernier tableau ou le rouge sang a pris la place du bleu des débuts et où résonnent 101 coups de canons ainsi que la musique de Ray Heredia.

Le spectacle a suscité une tribune du collectif « Décolonisons les arts », publiée sur ScèneWeb, et mettant en cause l’imagerie raciale à l’œuvre dans ce spectacle fondée sur une écrivaine dont l’œuvre est fortement située dans le contexte colonial.

Vudú (3318) Blixen, d’Angelica Liddell, c’était récemment visible au Théâtre de l’Odéon.

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PARTIE 3 -EP170, autour du recueil "Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans" de César Aira (Christian Bourgois)19 Apr 202600:13:07

Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans est le titre donné à un recueil de César Aira, sans doute le plus grand écrivain argentin contemporain. Il est composé de différents textes écrits sur une durée de trente ans, chacun faisant environ une centaine de pages, pas tout à fait un roman donc, mais davantage qu’une nouvelle, peut-être la taille d’un fascicule comme ceux que veut composer le docteur Aira dans le texte qui porte le même nom que le recueil.

Le tout fait pas loin de 600 pages, est publié chez Christian Bourgeois et traduit par Serge Mestre et Michel Lafon.

Un épisode dans la vie du peintre voyageur, considéré comme un chef d’œuvre par l’écrivain chilien Roberto Bolaño ouvre ce recueil, dans lequel la réalité se plaît à dérailler ; où l’on rit souvent avant d’être pris de doutes quand l’auteur écrit « Je ne supporte pas les lecteurs qui me disent qu’ “ils ont ri“ avec mes livres, et je déplore amèrement leur attitude » ; et où l’on retrouve à plusieurs reprises la ville de Coronel Pringles, ville dont le nom semblerait inventé si elle n’était pas la cité de la province de Buenos Aires dans laquelle César Aira est né en 1949.

Dans Un épisode dans la vie du peintre voyageur, qui date de 1995, César Aira écrit « On se fracasse contre les mots, et sans le savoir on est passé de l’autre côté, dans le corps-à-corps avec la pensée d’autrui. Il arrive la même chose à un peintre, mutatis mutandis, avec le monde visible. Elle arrivait au peintre voyageur. Ce que disait le monde était le monde. »

Un de ses autres textes, La Couturière et le vent, débute ainsi : « Ces dernières semaines déjà avant de me rendre à Paris, j’ai cherché un sujet pour un prochain roman que je veux écrire : un roman d’aventures, plein d’évènements, de prodiges et d’inventions. Jusqu’à présent je n’ai eu aucune idée, sauf concernant le titre, que j’ai trouvé il y a plusieurs années et auquel je m’accroche avec l’obstination du vide : La Couturière et le vent. »

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