Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au Studio Raspail le 4 octobre 2026.
Avec cette semaine :
Nicolas Baverez, essayiste et avocat.
Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.
Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
10 ANS, 10 BUDGETS : UN BILAN
Dès son arrivée au pouvoir, en 2017, Emmanuel Macron a mis en œuvre une politique de l’offre avec des baisses d'impôts pour stimuler la croissance et le tissu productif de l'Hexagone. À l’époque, la dette au sens de Maastricht n’avait pas encore franchi le seuil des 100 % du produit intérieur brut (PIB). Et le déficit était inférieur à 3 % de la richesse nationale.
La politique fiscale du président a engendré, durant la période 2018-2023, une baisse d'impôts (ménages et entreprises) d’une hauteur de 62 milliards d'euros (2,2 points de PIB), selon la Cour des comptes. Mais, revers de la médaille, les gouvernements successifs n'ont pas réalisé, en parallèle, suffisamment d'efforts sur la dépense publique. A cette négligence, s’est ajoutée une succession de crises : Gilets Jaunes, Covid, invasion de l’Ukraine, guerre en Iran. Si ces crises ont alourdi la facture, cependant les choix fiscaux ont également pesé : l’OFCE estime que les décisions durables non financées ont dégradé le déficit structurel. D’autant qu’après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, sans majorité, les votes des projets de loi de finances ont viré au chaos et les gouvernements se sont succédés, sans redonner confiance aux milieux économiques.
Partie de 98,4% du PIB en 2019, la dette française frôle désormais les 120% du PIB avec 3.595,5 milliards d’euros, tandis que le déficit des administrations peine à redescendre sous la barre des 5%. L’an prochain, la dette publique française devrait atteindre 121,7% du PIB, selon les prévisions du gouvernement. Un record historique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La France est aujourd’hui le troisième pays le plus endetté dans la zone euro, après la Grèce et l’Italie qui emprunte à un taux inférieur au nôtre - aujourd’hui 4,7 % - ce qui alourdira encore le budget 2027. La dégradation des finances publiques française ne passe pas inaperçue en Europe.
Pour le dixième et dernier budget de l'ère Macron, le Premier ministre doit faire face à l'envolée des prix de l'essence qui fait repartir l'inflation, à une dette publique à un plus haut historique, sans oublier les tensions internationales. Présenté jeudi, le budget 2027 devrait se traduire par un effort de 43 milliards d’euros. Des économies qui seront en partie absorbées par la charge de la dette. Selon le Haut Conseil des finances publiques, le projet de Sébastien Lecornu repose sur une série d’hypothèses optimistes. Alors que la mobilisation des lycéens dans la rue s’accentue et, comme l’avait écrit Edgar Morin au printemps 1968, « se radicalise et se torréfie » les crédits de l’Éducation nationale qui devraient s’élever à 64 milliards d’euros, soit une augmentation des ressources de 1,2 milliard d’euros paraissent sans rapport avec une réaction qui laisse impuissants le gouvernement et les partis.
APRÈS LE CANADA, LE VATICAN DERNIÈRE CHANCE DE L’EUROPE ?
Au quatrième jour de sa présence en France, le pape Léon XIV s’est rendu à Metz, aux rencontres intitulées « Aux racines de l'Europe pour la paix et l'unité ». Il a prononcé un discours pour « retrouver les fondements premiers » de la déclaration Schuman de 1950. Dans la liste des étapes proposées il y a plusieurs mois par le cardinal Jean-Marc Aveline, grand ordonnateur de cette visite apostolique, figuraient trois autres cités symboliques : Ars-sur-Formans, Lisieux, et Lyon. Mais Léon XIV a choisi « Metz, à cause de l’Europe ! », a indiqué le cardinal. ÀMetz donc, le pape a lancé à l’Europe un appel « à sa survie » à travers la « redécouverte de ses racines » et « l'ouverture au dialogue avec l'autre ». Léon XIV a décrit la façon dont l’ensemble de l’Union européenne a appris à fonctionner depuis sa fondation, où chaque accord se fait au prix de compromis parfois difficiles, mais qui permettent de maintenir des relations pacifiques entre pays qui se sont longtemps combattus. Ainsi, l’Europe est présentée comme un exemple pour le maintien de la paix entre ses membres. Il a notamment loué le modèle de réconciliation franco-allemand, rendu possible par l'action de catholiques : la plupart des pères fondateurs étaient des démocrates-chrétiens ou des sociaux-démocrates. La paix, telle que la conçoit Léon XIV, doit être fondée sur le respect du droit international, la poursuite du désarmement, et le multilatéralisme, qui suppose un dialogue continu entre les nations, sur un pied d'égalité. Sans nommer l’Ukraine, le pape Léon XIV a expliqué qu'il « fallait faire preuve de courage dans la négociation » et « être prêt à sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix » en Europe. Le pape dit se défendre toutefois d'un « irénisme naïf » et s'inspirer des pères fondateurs de l'Europe. Sur les migrants, comme aux îles Canaries en juin 2026, Léon XIV a réclamé des « voies légales et sûres » : accueillir, c’est intégrer « comme dans sa propre famille ». Le propos tombe trois mois après le vote, au Parlement européen, d’un « règlement retour » qui ouvre la voie à des centres d’expulsion hors de l’Union et deux mois après la crise migratoire à Ceuta.
Léon XIV sait que l’année 2027 sera jalonnée de nombreuses élections importantes en Europe. En France, où l’extrême droite menace, il a interpellé des citoyens qui forment « ensemble un peuple au sein duquel la diversité des origines contribue à vivifier la vie démocratique et [à] enrichir l’art de vivre ensemble ». Dans l’avion qui le ramenait à Rome, il a déclaré au sujet de la montée de l’AfD en Allemagne : « On observe une certaine tendance à associer ces points de vue d’extrême droite à une forme particulière de religion », ajoutant que « cela ne constitue pas une expression authentique du christianisme ».
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Une conversation entre Jérôme Lachasse, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 27 septembre 2026.
Avec cette semaine :
Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.
Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
LA FLAMBÉE DU PRIX DE L'ESSENCE ET SES CONSÉQUENCES
POLITIQUES
La flambée des prix des carburants s'est invitée dans l'agenda du Premier ministre, qui met la dernière main à son budget. Elle fait redouter une crise sociale qui percuterait la course à l'Elysée et pourrait profiter au Rassemblement national et à La France insoumise. Face à « une colère immense » en France, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a exhorté à augmenter les salaires et bloquer les prix du carburant, demandant au gouvernement d'arrêter « les cadeaux aux plus riches et aux plus grandes entreprises ». Le gouvernement assure œuvrer pour la « maîtrise des prix », comme le lui a enjoint le 16 septembre, le président de la République. Mais les marges d'action paraissent singulièrement limitées, entre l'état des finances publiques et l'impossibilité d'influer sur le principal facteur de la varation des prix, la guerre au Moyen-Orient.
Pour beaucoup de pays, y compris la France, le dilemme est le même : faut-il laisser les consommateurs supporter le fardeau de l'inflation, ce qui nourrit leur ressentiment et pèse sur la croissance, ou prendre des mesures de soutien et charger la barque de finances publiques déjà sous pression? En réalité, les choix économiques dépendent bien souvent des échéances électorales. Or, les politiques le savent, il n'y a jamais loin de la pompe aux urnes.
Une conversation entre Jérôme Lachasse, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 19 septembre 2026.
Avec cette semaine :
Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.
Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.
Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.
LE CANADA DE MARK CARNEY, DERNIÈRE CHANCE DE L’EUROPE ?
En pleine guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump, le Canada cherche de nouveaux partenaires, tandis que l'Europe, dont les relations avec Washington sont tout aussi houleuses, cherche des appuis à sa stratégie de rééquilibrage entre les deux super-puissances, Chine et États-Unis. Mark Carney dans son discours de Davos du 20 janvier 2026, avait acté le basculement dans un âge des empires fondé sur la coercition. Il y avait exposé le dilemme des puissances moyennes : choisir entre l'autonomie ou la soumission, et proposé une stratégie fondée sur la limitation des dépendances vis-à-vis des empires, la diversification des partenariats et le renforcement de la coopération entre les puissances moyennes.
Mercredi, dans son discours annuel sur l’état de l’Union devant le parlement européen à Strasbourg en présence du Premier ministre canadien Mark Carney, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a proposé que le Canada devienne le « premier membre associé » de l'Union européenne. « Nous voyons le monde avec les mêmes yeux : de l’IA au changement climatique, de l’Arctique à la géopolitique », a souligné Mme von der Leyen, appelant Ottawa et Bruxelles à un . A l’annonce de cette proposition, les eurodéputés se sont levés pour applaudir longuement M. Carney.
Une conversation entre Jérôme Lachasse, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 11 septembre 2026.
Avec cette semaine :
Nicolas Baverez, essayiste et avocat.
Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.
LA VICTOIRE DE L'AfD EN SAXE-ANHALT
43,8 % des suffrages exprimés et 77,8% de participation : le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) a obtenu le 6 septembre, dans le Land de Saxe-Anhalt, un score sans équivalent pour un parti d'extrême droite allemand depuis 1945. C'est dans ce même Land qu'en 1932, le Parti national socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), celui par lequel Adolf Hitler est arrivé au pouvoir, réussissait pour la première fois à obtenir une majorité relative et à diriger le gouvernement d'un des quinze Etats constitutifs de la République de Weimar. L'AfD fait plus que doubler son score de 2021. De son côté, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti du chancelier, Friedrich Merz, chute à environ 17%, deux fois moins qu'il y a cinq ans. Toutefois, faute d'obtenir une majorité de sièges, le parti d'Ulrich Siegmund doit désormais trouver des partenaires s'il veut accéder au pouvoir, et appliquer son programme radical.
Contrairement à d'autres formations d'extrême droite en Europe, l'AID n'a jamais cherché à se « dédiaboliser ». Son programme prévoit notamment une restriction des conditions de naturalisation, l'abolition du droit d'asile, la déchéance de nationalité pour les binationaux "dangereux", la suppression du statut particulier dont bénéficient les Ukrainiens, la mise en place de "programmes volontaires de remigration" et d'expulsions forcées. Il prône par ailleurs un rapprochement avec Moscou, ainsi qu'une reprise des importations de gaz russe abandonnées depuis 2022. Il prévoit en outre la relance d'une politique familiale nataliste, la reprise en main de l'école et le rejet de la transition écologique. Il vise également à exclure des écoles les élèves handicapés et les enfants de réfugiés, ou de réviser l'enseignement de l'histoire pour en finir avec le « masochisme national » et la « perpétuation d'une névrose » autour du nazisme.
Bada : les questions du public (Édouard Balladur et catastrophes climatiques)
Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 6 septembre 2026.
Avec cette semaine :
Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.
Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 6 septembre 2026.
Avec cette semaine :
Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.
Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.
ÉDOUARD BALLADUR ET LA VE RÉPUBLIQUE
Décédé lundi à 97 ans, Édouard Balladur aura connu sous la la Ve République les plus hautes responsabilités. Chargé des affaires sociales au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou à partir de 1964, il est en première ligne au moment de la crise de Mai 68 puis de la négociation des accords de Grenelle. Secrétaire général de l’Elysée lorsque Georges Pompidou accède à la présidence de la République en 1969, il doit, au fur et à mesure de l’aggravation de la maladie qui emportera le chef de l’État, suppléer à ses défaillances physiques et psychiques.
Ignoré pendant son septennat par Valéry Giscard d’Estaing, il revient en 1981 à la politique active avec Jacques Chirac alors maire de Paris qu’il convainc de la nécessité d’une politique libérale. Il en sera l’artisan comme ministre d’État chargé de l'économie, des finances et de la privatisation dans le premier gouvernement de cohabitation de la Vème république. Il met en œuvre une politique la privatisation : d’une trentaine de sociétés et s’attache à la libéralisation des prix et des changes ainsi qu’à la baisse des dépenses et des impôts.
Bada : si vous l’avez manqué : les bistrots parisiens, avec Sofian Bouchfira (2/2)
Une conversation entre Sofian Bouchfira et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 mars 2025.
Dans ce second épisode, Sofian Bouchfira revient sur son enquête de terrain, débutée en tant que garçon de café, qui lui a permis de découvrir la sociabilité et la géographie des bistrots parisiens. Il analyse l’évolution de la limonade à Paris sous l’effet de la législation, de la concurrence des fast-foods dès les années 1980, ainsi que de la transformation des circuits financiers liés aux commerces. Il met en lumière l’invisibilisation du travail féminin et l’affaiblissement des amicales aveyronnaises, bien que certaines associations perdurent. Enfin, il souligne les tensions entre Aveyronnais de Paris et d’Aveyron, où le maintien des maisons familiales et des vacances permet de préserver des liens.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Après une réunion le 18 septembre à l'Elysée avec des chefs de partis et des candidats à la présidentielle, le Président a martelé que les prix de l'énergie étaient dus « intégralement aux guerres». La crise va durer et le prix du pétrole « va rythmer la vie du pays », confirmait Emmanuel Macron devant la presse après la réunion, plusieurs représentants des forces politiques évoquant la probabilité d'un litre d'essence à 3 euros à la fin de l'année. Hanté par la crainte d'un retour des « Gilets jaunes », Matignon a annoncé mardi la prolongation des aides ciblées, réservées aux Français les plus touchés en particulier l'agriculture, le BTP et les pêcheurs. Le nouveau dispositif prévoit une aide de 100 euros pour les gros rouleurs (soit 5,5 millions de Français éligibles contre 3 millions actuellement) et la prolongation du chèque énergie, pour un coût total de 450 millions d'euros. Une réponse trop timorée aux yeux de l'opposition qui réclame des mesures plus ambitieuses pour soulager le pouvoir d'achat tandis que selon un sondage Elabe/BFM, 70% des Français estiment que les mesures d'aides sur le carburant annoncées sont
« insuffisantes ». Si le sociologue à l'université de Caen, Patrick Vassort, spécialiste des mouvements sociaux observe qu'« un certain nombre de feux sont au vert pour qu'une mobilisation se constitue », il rappelle toutefois qu'à la veille d'une année électorale, grèves et manifestations ont tendance à ralentir, les citoyens se trouvant dans l'attente des propositions des candidats.
LES EUROPÉENS ET L'UKRAINE
Alors que l'Ukraine célébrait le 24 août les 35 ans de son indépendance, le Premier ministre britannique, Andy Burnham a choisi de se rendre à Kyiv pour sa première visite à l'étranger avec, le président du Conseil européen Antonio Costa, dont c'était la cinquième visite dans le pays. Andy Burnham n'est pas arrivé les mains vides. Il a annoncé qu'en coordination avec la France et après elle, il avait autorisé le missilier européen MBDA à livrer ses secrets de fabrication à l'Ukraine, afin qu'elle puisse construire sur son sol des missiles de croisière Storm Shadow (qu'on appelle Scalp en France). Depuis Kyiv, Burnham a également coprésidé, en visioconférence, avec le président français et le chancelier allemand, un sommet de la « coalition des volontaires » les 35 pays européens lancée conjointement en 2025 par son prédécesseur Keir Starmer et Emmanuel Macron. Les trois plus grandes puissances européennes considèrent comme contraire à leurs intérêts une victoire de la Russie sur l'Ukraine.
Le même jour, la Commission européenne a annoncé débloquer une nouvelle tranche du prêt de 90 milliards d'euros sur deux ans (2026 et 2027) promis à Kyiv ; elle porte sur 6,1 milliards d'euros « pour les systèmes de défense aérienne, les munitions et les radars dont l'Ukraine a un besoin urgent », précise son communiqué. Cette somme s'ajoute aux 16 milliards d'euros déjà débloqués en 2026, dont 8,35 milliards ont été déboursés. Les responsables européens évoquent déjà un nouveau programme d'aide d'une ampleur comparable, qui pourrait être financé par les avoirs russes gelés. Déjà, l’armée de Kyiv utilise les centres logistiques d'autres pays, comme la Pologne, l'Allemagne et la Roumanie, tandis que les entreprises ukrainiennes du secteur de la défense ont installé leur production dans toute l'Europe, avec par exemple une usine de carburant pour missiles balistiques en cours de construction au Danemark.
Au Royaume-Uni, le soutien à l'Ukraine est défendu par les différents gouvernements depuis 2022, indépendamment de leur couleur politique, et il reste largement partagé, malgré les critiques de certains partis populistes et d'extrême droite. Au sein de la population aussi, le soutien reste fort, alors qu'une certaine lassitude peut s'observer dans d'autres pays européens. Un sondage YouGov de février 2026 indiquait par exemple que 70% des Britanniques souhaitaient une victoire de l'Ukraine, contre seulement 45% des Français.
Les mois qui viennent pourraient voir la victoire de forces électorales plus à l'écoute de la Russie de Poutine dans plusieurs pays clefs de l'Europe. Les partis favorables à Moscou gagnent du terrain, comme en France avec le Rassemblement national ou en Allemagne avec l’AfD.
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Jeudi, Mark Carney, a accueilli favorablement, « cette ambition ». S’exprimant à, son tour devant les députés européens, à Strasbourg, il a assuré que « les sondages montrent qu’une écrasante majorité de Canadiens sont favorables à des liens beaucoup plus étroits avec l’Europe ». Pour le Premier ministre canadien le Canada et l’Europe sont « plus forts ensemble » et ils sont liés par des « valeurs communes », non par des « deals », une allusion claire au président américain, Donald Trump. « Le Canada et l’Europe devraient garantir leur autonomie stratégique grâce à une coopération approfondie couvrant l’ensemble des capacités stratégiques », a développé M. Carney, arguant que les deux blocs devraient « œuvrer en faveur d’échanges numériques fluides, ainsi que d’une libre circulation des produits non agricoles et d’une vaste gamme de services. Nous devrions renforcer les liens entre nos populations, en permettant à nos jeunes de travailler, d’étudier et de vivre où ils le souhaitent, de part et d’autre de l’Atlantique », a-t-il déclaré. Pour autant, le Premier ministre canadien a assuré ne pas chercher la construction d’un « troisième bloc pour devenir une grande puissance rivale qui aurait de meilleures manières ». « Nous ne recherchons pas le pouvoir pour dominer autrui. Nos démocraties sont fondées sur l’État de droit », a-t-il souligné, avant de qualifier cette alliance future de « phare pour les démocraties ».
COMBIEN D’EXTRÊMES DROITES ?
Pour son premier grand discours depuis que la justice lui a rouvert la voie vers l'Élysée, Marine Le Pen a déroulé un programme refermant, point par point, la parenthèse libérale que Jordan Bardella et certains de ses conseillers avaient tenté d'ouvrir, gravant dans le marbre son slogan « ni droite ni gauche ». Pour 2027 elle veut mener « plus que jamais » la « bataille sociale ». Une formule qui sonne comme un désaveu pour ceux qui, en interne, espéraient muscler le versant pro-entreprise du parti. Affichant sa volonté de mettre l’accent sur la « priorité nationale » – « un droit naturel et juste », Marine Le Pen a promis d’appliquer ce principe controversé au logement social, l’un des « grands chantiers » de son potentiel quinquennat. En martelant cette thématique, elle s'est épargnée toute explication sur les polémiques qui ont émaillé la rentrée du RN. C’est à peine si elle a, sur le réseau X, promis de soumettre l’interdiction du voile à un réferendum. Elle n’est pas plus revenue sur la retraite à 62 voire à 60 ans, que sur les saillies racistes et sexistes d'un policier municipal membre du service d'ordre du parti, ou sur la fin de l'aide à l'Ukraine annoncée par le maire de Perpignan, Louis Aliot. Des propos qui viennent rappeler les positions prorusses longtemps tenues par le RN, que n'endosse pas totalement Jordan Bardella. La stratégie du « tandem complémentaire » tenue l'année passée, avec une ligne plus libérale incarnée par Jordan Bardella, et une ligne plus sociale et populiste jouée par Marine Le Pen, prend désormais des allures de duel au sommet.
Le 13 septembre, un autre duo à l’extrême droite mettait en scène ses ambitions, et ses possibles rivalités : Sarah Knafo puis Éric Zemmour ont conclu, chacun à leur tour, les universités d'été de Reconquête. Si le chef de la formation, n'a pas encore confirmé sa probable candidature, il a entamé sa rentrée en ciblant son créneau favori, l'islam, se déclarant contre le port du voile dans l’espace public, pour la « remigration » et critiquant sa meilleure ennemie, Marine Le Pen. Tandis qu’Éric Zemmour mise sur l'identitaire, sa compagne, Sarah Knafo combat sur le champ libéral. L'énarque creuse un sillon dans le secteur économique, portant un discours antifiscal, anti-État et techno-capitaliste, inspiré par Elon Musk et les politiques menées en Argentine et au Salvador.
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Créé en 2013, l'AfD est à l'origine un parti eurosceptique plutôt bourgeois issu du parti libéral, né lors de la crise de la zone euro en opposition aux plans de soutien aux pays du sud de l'Europe. Il se transforme très vite, notamment avec la crise des réfugiés syriens en 2015, en un parti d'extrême droite, raciste et xénophobe, infiltré par de nombreux néonazis. Son électorat est majoritairement masculin. Le parti séduit particulièrement les tranches d'âge intermédiaires, à partir de 35 ans et jusqu'à l'âge de la retraite. Mais pas les personnes âgées. On y retrouve beaucoup d'ouvriers travaillant dans l'industrie.
Selon les sondages, l'AfD arrive en tête dans tous les Länder situés à l'Est de l'ancien rideau de fer, sauf Berlin. C'est le cas du Brandebourg (37%), de la Saxe (42%), de la Thuringe (40%) et du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (35%) où se tiendront des élections régionales le 20 septembre prochain. Toutefois, alors que de multiples crises - afflux migratoire de 2015, pandémie de Covid-19, guerre en Russie, flambée des prix de l'énergie, attentats islamistes sur le sol national - affectent tout le pays, l'AfD gagne du terrain partout dans tout le pays.
QUELLE PLACE POUR LA DETTE DANS LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE ?
Au premier trimestre selon l'Insee, la dette publique française a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5 % du PIB. Le gouvernement vise un déficit à 5% en 2026, contre 5,1 % en 2025, 5,8 % en 2024 et 5,4 % en 2023.
Depuis le 18 août, le taux d'intérêt de notre dette à dix ans est de 4,1 %, soit son plus haut niveau depuis novembre 2008, lors de la crise financière. Il avait alors atteint 4,2 %. Sur les six premiers mois de l'année, la charge de la dette s'est alourdie de plus de 5 milliards d'euros. Mi-juillet, quatre économistes, missionnés par Bercy, ont remis un rapport dans lequel ils estiment à 126 milliards d'euros les efforts à réaliser dès 2027 pour stabiliser le taux de dette publique en France d'ici à 2032.
Faute de quoi celle-ci passerait à 130 % du PIB en 2030.
Sept des candidats à l'élection présidentielle étaient réunis, fin août, par le Medef : Marine Le Pen, Raphaël Glucksmann, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier et Bruno Retailleau. L'ancien Premier ministre Gabriel Attal a proposé de revenir sous les 3 % de déficit d'ici à 2032 et à l'équilibre en dix ans. Il prévoit de « changer assez profondément notre système social» et de reprendre le calendrier prévu de la réforme Borne des retraites, suspendue dans le budget 2026 par le gouvernement de Lecornu. Son concurrent direct, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, veut aussi maîtriser les comptes par le biais du social. Selon lui, la clé de la maîtrise de la dette réside dans celle de la dépense sociale, plus particulièrement des retraites qui représentent 420 milliards d'euros par an, soit 25 % de l'ensemble de la dépense publique. En tête des sondages, Marine Le Pen a déjà un chiffre en tête. Si elle accède à l'Elysée, la candidate du Rassemblement national mènera un plan d'économies de 125 milliards d'euros sur le quinquennat. Ses solutions pour résorber l'endettement : la suppression d'agences de l'État, la lutte contre l'immigration et la baisse de la contribution à l'Union européenne. Le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, estime qu'il suffirait de « foutre au feu » les titres de dette française (environ 20 %) détenus par la Banque centrale européenne pour régler la question. Le candidat Place publique, Raphaël Glucksmann veut aussi « [s|'attaquer à la dette », en faisant des économies mais aussi en mettant à contribution les grands héritages.
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Nouveau Premier ministre de cohabitation sous François Mitterrand de 1993 à 1995, Edouard Balladur suit une ligne libérale identique, notamment avec la réforme des retraites, mais doit reculer sur la mise en place d'un « Smic jeunes ».
En janvier 1995, alors que Jacques Chirac est officiellement en campagne depuis le 4 novembre 1994, Édouard Balladur déclare à son tour sa candidature. Ses bons sondages du début sont démentis dans les urnes : Édouard Balladur ne recueille que 18,6 % des suffrages exprimés, devancé par Jacques Chirac (20,8 %) et Lionel Jospin (23,3 %). En retrait de la vie politique active, il est chargé sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy d’un Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions. On en retiendra l’encadrement des compétences présidentielles, l’interdiction faite aux parlementaires devenus ministres de retrouver leur siège à l’issue de leurs fonctions ministérielles, l’interdiction du cumul d’un mandat parlementaire avec toute fonction élective locale ou avec une fonction exécutive locale, 43 mesures pour la revalorisation du rôle du Parlement et de l’opposition avec notamment le renforcement du rôle des commissions et l’amélioration de la qualité du travail législatif, l’instillation d’une dose de proportionnelle, la réforme du Conseil de la magistrature, l’institution d’un défenseur des droits fondamentaux.
LES CRISES CLIMATIQUES ET LA CARTE DE L’INFLUENCE MONDIALE
Au lendemain de la catastrophe au Népal, le gouvernement de Katmandou a interpellé la communauté internationale sur la responsabilité des grands pollueurs de la planète dans le changement climatique qui a favorisé les inondations dévastatrices du 26 août. Mercredi, un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement concluait : « C’est officiel : nous pouvons dire adieu à l’objectif de limiter à 1,5 °C le réchauffement planétaire visant à éviter les répercussions les plus dangereuses du changement climatique. »
« En perturbant l’équilibre énergétique qui avait caractérisé [notre époque géologique], l’Holocène, l’humanité a quitté la zone de stabilité qui avait permis l’essor des civilisations », constate une note de l’Institut des relations internationales et stratégiques, l’IRIS. Ce n’est pas la planète qui est en danger, mais la capacité des sociétés humaines à maintenir des conditions de vie stables dans un système Terre devenu instable. L’Arctique se réchauffe plus de trois fois plus vite que la moyenne mondiale, les sols s’assèchent et l’océan perd une partie de son rôle de tampon thermique et chimique. Ces dynamiques couplées révèlent une perte de résilience du système Terre, où chaque seuil franchi affaiblit les régulations naturelles des autres. Les pays du Sud subissent de plein fouet les effets du réchauffement (vagues de chaleur, stress hydrique, crises alimentaires) sans disposer des capacités d’adaptation nécessaires, tandis que les pays du Nord externalisent une partie de leur empreinte carbone par le commerce. La frontière climatique agit sur la fracture Nord-Sud, tout en la rendant plus visible et plus explosive : le climat devient un terrain de revendication, de dette et de justice.
Dans certaines régions, l’humidité et la chaleur atteignent les seuils physiologiques de tolérance humaine plusieurs jours par an, menaçant l’habitabilité à l’horizon 2050, notamment dans les pays du Golfe, dans la corne de l’Afrique et en Inde. Les deltas du Nil, du Gange et du Mékong sont menacés par la montée des eaux, tandis que des petits États insulaires du Pacifique planifient des relocalisations de population. Ce déplacement de populations à venir n’est pas seulement une question humanitaire : il redéfinira les frontières, les flux migratoires et les sécurités collectives. La crise de l’habitabilité devient un fait géopolitique majeur, fait valoir l’IRIS. La gouvernance mondiale du climat ne repose donc plus exclusivement sur les États. Elle se déploie à travers une mosaïque d’institutions internationales, d’acteurs privés, de juridictions nationales, de coalitions de villes et de nouveaux dispositifs financiers.
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