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Explore every episode of the podcast Le Lobby

Dive into the complete episode list for Le Lobby. Each episode is cataloged with detailed descriptions, making it easy to find and explore specific topics. Keep track of all episodes from your favorite podcast and never miss a moment of insightful content.

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Le Fier Gala + Pride à Joigny26 May 2026
Le mois des fiertés arrive, alors on met un coup de projecteur sur deux événements pour célébrer notre queerness cette année. Le Fier Gala aura lieu le 12 juin au théâtre de l'Opéra Comique. Au programme, une soirée de concert et de fête, et surtout un événément caritatif pour trois associations LGBT+. Le président et fondateur du Fier Gala, Maximillien Marçais-Husson, est notre invité ! Billetterie : https://billetterie.lefiergala.com/content (Et nos trente premier.es auditeurices peuvent bénéficier d'une réduction avec le code promo FIER26 !!) En deuxième partie, nous serons rejoints par Amar Lefevre, président et fondateur de l’association JOIGNY EST FIERE DE SA DIVERSITE… C’est lui qui organise le Marche des fiertés dans cette commune d’à peine 10 000 habitants situé dans l’Yonne, à moins de deux heures de Paris. La quatrième édition de cette Pride rurale aura lieu le 20 juin.
"Brûle, bébé", le premier roman de Sara Forever28 Apr 2026
Vous l’avez très probablement découverte dans DRAG RACE FRANCE sous le nom de Sara Forever, une drag queen polyvalente qui sait tout faire : chanter, danser, et même cligner de l’oeil avec les deux yeux. Il faut dire que derrière Sara Forever se cache un danseur et performeur déjà aguerri. Finaliste de l’émission, il utilise sa notoriété pour prendre part au combat politique : on l’a vu sur une grande scène place de la République pour appeler à voter à gauche lors des élections législatives anticipées de 2024. Une scène qui rappelle le début de son premier roman, Brûle, bébé, paru au Diable Vauvert Matthieu Barbin est notre invité !
Avec Gabriela28 Apr 2026
Ce soir nous recevons un artiste à la voix de velours, il compose, écrit, performe une pop... J’avais pas envie de dire “acidulée”, parce que c’est le mot est trop facile, alors j’ai pensé à un mélange d’épices et de saveurs, mais là non plus, ça m’allait pas de caractériser ta musique de pop Ducros, même si toi aussi tu viens du Sud et que tu te décarcasses... Et ce qui m’est venu, finalement c’est que je trouve qu’il y a quelque chose dans ta musique d’un bon vin, y a de la rondeur, on sent bien le côté tellurique, puisque tu n’as pas peur des thématiques profondes, comme évoquer les vertiges du désir, et à la fois, y a un goût de légèreté, c’est fruité, aérien dans les sonorités, on sent le soleil qui a réchauffé les vignes. Et puis c’est ludique, enivrant, sensuel et ça pétille, voilà je dirais qu’on est sur une pop comme un bon vin pétillant italien. Gabriel.a est notre invité !
Célébrer les identités fem !03 Mar 2026
Le collectif Femstival revient pour une nouvelle édition de sa soirée bimbo intello MINIJUPE MAXICERVEAU Coup de projecteur sur le collectif Femstival, qui organise divers événements à Paris et ailleurs. Vous vous êtes peut-être déjà rendu.es à la Bikini Bottom, la soirée à la gloire des bottoms, ou encore à la Fifty fifty, la soirée 100% non-binaire... Ce samedi 7 mars, rendez-vous à la Flèche d’or pour la soirée Mini-jupe Maxicerveau, à mi-chemin entre la conférence Ted Talk intellol et le DJ set enflammé. Rita et Lisa, membres du collectif Femstival, sont avec nous pour nous en dire plus. > Prenez vos places : https://shotgun.live/fr/events/minijupe-maxicerveau3 En deuxième partie d’émission, il sera question d’un ciné-club pas comme les autres. Depuis deux ans, Elsa et Ilana partagent sur leur compte Instagram Tu Gaytes Quoi?leurs coups de cœur et leurs déceptions cinématographiques, en offrant un regard queer, féministe et surtout aiguisé sur les séries et les films du moment. Ce jeudi 5 mars, elles nous invitent au cinéma Le Méliès à Montreuil pour une projection du film Taekwondo, de Marco Berger, une “pépite d’homoérotisme”. > Prenez vos places : https://meliesmontreuil.fr/FR/fiche-film-cinema/M3054/taekwondo.html
Mirage gay à la Star Academy ?03 Feb 2026
Chris da Cunha est en studio avec nous ce mois-ci pour un débrief queer de la dernière saison de la Star Academy !!!!!
Loa Mercury : une icône pop en motocross09 Dec 2025
Loa Mercury est notre invitée ce mois-ci à l'occasion de son concert à guichet fermé à la Maroquinerie, le 15 décembre. Loa Mercury c’est une voix envoûtante, qui prend le temps, qui impose son propre rythme, c’est un souffle puissant C’est aussi des images, des limousines, des flammes, des talons aiguilles, une tenue iconique de motarde et du cristal. C’est des yeux clairs qui hypnotisent et qui ne sont pas sans rappeler ceux de Marie Laforêt Dans son sourire, ça étincelle, c’est doux comme du velours, ça coule. En deuxième partie d'émission, nous recevons Côme et Matt du Caelif, le collectif des associations étudiantes d'Île-de-France, qui lance une enquête sur les LGBTIphobies dans l'enseignement supérieur. L'enquête est ouverte jusqu'en mars. Pour participer, c'est par ici : https://framaforms.org/enquete-discriminations-lgbtphobes-dans-lenseignement-superieur-1758993932
« Battant.e.s » : une soirée pour continuer à faire vivre la lutte contre le VIH11 Nov 2025
Cette semaine, nous recevons Christophe Martet, président de l'association Vers Paris et la Seine-Saint-Denis sans sida, et la drag queen Lolita Banana. Ce 20 novembre, l'association Vers Paris et la Seine-Saint-Denis sans sida organisent une grande journée de réengagement citoyen contre le VIH. Au programme : des rencontres avec les acteurs associatifs, médicaux et institutionnels qui luttent contre l'épidémie, et un show réunissant des artistes queers tels que Lou Trotignon, Noam Sinseau, ou encore notre invitée Lolita Banana, qui a choisi de visibiliser sa séropositivité dans l'émission Drag Race France dont elle fut candidate. Nous recevons aussi Christophe Martet, figure emblématique de la lutte contre le VIH, ancien président d'Act-Up Paris mais aussi journaliste à Têtu, puis fondateur de Yagg et de Komitid.  Ca se passe au théâtre de la Concorde, c'est gratuit sur réservation, et la billetterie est ici : https://theatredelaconcorde.paris/evenements/battant-es/ En deuxième partie d'émission, nous recevons Juliette Cordemans, bénévole à l'association des journalistes LGBT. L'AJL organise un prom ce samedi 15 novembre à Césure. Au programme : une table ronde sur les paniques morales autour des enfants, un drag show, des DJ sets. La billetterie — à prix libre — est ici : https://www.helloasso.com/associations/ajl/evenements/out-la-prom-show-et-dj-set
L'HEBDO — "Mâle de mer" : quand Grindr nous hante05 Nov 2025
Dans Mâle de mer, son dernier court-métrage, le réalisateur queer Maël Caradec met en scène une romance gay à Brest. Il est notre invité cette semaine, aux côtés de l'acteur Adam Abdo. Mâle de mer sera diffusé au festival Chéries-Chéris, le festival du film LGBT+ de Paris, les 19 et 22 novembre.
Juliet Drouar : politiser la thérapie, thérapiser la politique24 Oct 2025
Le soin communautaire, fil rouge de notre émission en compagnie du thérapeute et auteur queer Juliet Drouar, à l'occasion de la parution de son dernier essai : Trauma — En finir avec nos violences. Dans son dernier essai paru chez Stock, Juliet Drouar explore la relation entre nos traumatismes individuels et les mécanismes de domination qui sous-tendent nos sociétés. Le résultat : un livre foisonnant, mais facile à lire, qui nous pousse à nous interroger sur ses propres blessures et sur ses propres violences ; et nous met sur la voie d’une guérison collective… En deuxième partie d'émission, parole à Hélène, coiffeuse chez le salon Rapunzel, qui propose désormais chaque premier lundi du mois des coupes gratuites pour les personnes en transition.
L'HEBDO — Pour une bisexualité radicale !10 Oct 2025
Le 23 septembre dernier, c'était la journée de la visibilité bisexuelle. L'occasion de se pencher sur l'histoire du militantisme bisexuel en France. C’est justement ce que propose la militante Stéphanie Ouillon dans son dernier livre : “Quelle bisexualité radicale ? : Sur les traces de la bisexualité politique en France”, paru le 3 octobre dernier aux éditions Tahin Party. Elle est également artiste et créatrice du média la newsletter bie. Nous avons rencontré quelques problèmes techniques lors de l'enregistrement de cet épisode, le voici donc retranscrit ci-dessous ! Tu définis la bisexualité comme “l'attraction sexuelle et ou romantique pour plus d'un sexe ou genre”. Tu l’utilises aussi comme terme parapluie pour englober d'autres termes comme la pansexualité, l'homosexualité par exemple. Qu'est ce qui a motivé ce choix?  Stéphanie Ouillon : Dans la communauté, il y a pas mal de débats sur comment on se définit en tant qu'individus. Moi, j'ai un parti pris assumé, qui n'appartient qu'à moi, c'est d'utiliser le terme bisexuel parce que historiquement c’est l’un des premiers qui a été utilisé, qui a été visible aussi l'identité politique. Et puis c'est un terme aussi qui a beaucoup évolué depuis son apparition dans notre langage. Je trouve que c'est très intéressant de pouvoir continuer à voir son sens se muter et intégrer plein de réalités et de pratiques et de comportements érotiques et sexuels — romantiques aussi, sans forcément avoir une définition hyper précise, ce qui est un enjeu aujourd'hui dans certaines disciplines, notamment scientifiques.  Il y a aussi des débats au sein de la communauté LGBT+ : est-ce qu’il faut dire bi ou pan ? Est ce que le terme “bi” renforce la binarité de genre ? Moi je décide de m'abstraire de ça, je préfère m'intéresser à la portée des comportements bisexuel, pansexuel, plurisexuels de manière générale, et à leur portée politique. Dans le livre, tu retraces une partie de l'histoire du militantisme bisexuel en France, ou plutôt comment la bisexualité s'est intégré au militantisme radical. On remonte aux années 70 et aux débuts de la politisation du mouvement homosexuel, jusqu'aux années environ 2010 avec le mouvement TPG. Quelles sont tes sources ? J’ai d’abord plongé dans les archives du FHAR, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire, qui est un des premiers, si ce n'est le premier groupe mouvement politique autour de l'homosexualité en France. La première archive où j'ai entendu parler de bisexualité, c'était dans le documentaire de Carole Rossopoulos sur le FHAR. On entend une personne qui prend la parole dans un amphi et dit que politiquement, il vaut mieux se revendiquer l’homosexualité que la bisexuqlité. Et après, j'ai creusé.  Je suis allée voir un livre qui s'appelle Rapport contre la normalité, qui est un recueil qui a été publié en 1971 et qui regroupe des articles et des textes qui ont été écrits et édités par le FHAR, dans un journal de gauche qui s'appelait Tout. On y trouvais pour la première fois quatre pages dédiées à l'homosexualité. Ce sont les premières archives où vraiment j'ai trouvé les mots bisexualité et bisexuel cités en tant que pratique, et c’étaient plutôt des textes à charge.  Donc moi j'ai voulu essayer de comprendre pourquoi, dans un corpus de textes où par ailleurs les bisexuels n'ont pas l'air de prendre la parole elleux-même, pourquoi les militants militantes du HAR étaient aussi remontés contre la bisexualité et contre les bisexuels. Et pour ça, j'ai été voir les archives de la principale revue qui publiait des textes dits homophiles à l'époque qui s'appelle “Arcadie” créée en 1954. Et j'ai décidé d'aller explorer. J'ai décidé de commencer en 1967, un petit peu avant mai 68, quand il y a les premiers slogans et les premières revendications homosexuelles révolutionnaires pour comprendre ce qu'on disait à l'époque : qu'est ce qui peut être pouvait circuler entre personnes homosexuelles, entre militants et militantes sur la bisexualité. Et alors quels étaient les discours sur la bisexualité dans ces milieux ? Dans la revue Arcadie, il y a un auteur qui s'appelle Daniel Guérin, qui est surtout connu pour son travail sur l'anarchisme et qui, lui, se revendique ouvertement bi. En tout cas à l'époque, il prend plusieurs fois la parole, il écrit plusieurs articles dans dans la revue Arcadie, où il défend très ouvertement la bisexualité.  On peut aussi lire un entretien qui est mené par la célèbre militante écoféministe Françoise d'Eaubonne, qui a été à la rencontre d'un couple d'hommes qui vit ensemble depuis des années et qui refuse de se dire homosexuel. Et même si elle est suspicieuse quant à la bisexualité, ce qui est super c’est qu'elle retranscrit l'entretien, elle donne la parole à deux personnes qui se disent bies, des hommes qui racontent comment ils sont aussi sortis avec des femmes, tout allait bien, et puis ils se sont rencontrés et puis au bout d'un moment, ils se sont rendu compte qu'ils étaient amoureux…  Dans les fameuses pages du journal Tout dont je parlais, il y  aun lexique, ave cla définition du mot “bisexuel”, une définition satisfaisante, je cite : “qui aime à la fois avec leur propre sexe et avec l'autre. Ne peuvent jamais l'être totalement dans la société actuelle : normale, naturelle, famille, merde.” Donc je pense que la personne qui a écrit était bisexuelle. Et puis un peu plus tard, on va croiser des bisexuels dans les fanzines TPG des années 1970, mais ce sera surtout dans le courrier des lecteurices. Donc les bis ne sont jamais en pleine lumière, ne font jamais l’objet d’une pleine pageou d’une une… Dans la revue Arcadie, entre 1967 et 1974, sur 1100 articles, il n'y en a qu'un seul où le mot bisexualité apparaît dans le titre.  Il y a une deuxième occurrence, toujours pendant la période du FHAR :  c'est un article qui parle de la bisexualité arabe. C’est une des rares fois où des homosexuels mobilisent la notion de “bisexualité”, ce qui n’est pas anodin.  En 1981, dans la Revue d’En-Face, on a un dossier qui parle, je cite “de diverses attitudes féministes face à la question masculine”, où un article défend la bisexualité comme politique viable, dans un contexte de forte opposition entre les lesbiennes radicales et les féministes du MLF. Les hommes bis et les femmes bies sont-iels logé.e.s à la même enseigne ? En 1967, Dominique d’Alleyrac publie le livre Dossier homosexualité, assez bien reçu par la critique des Arcadiens : il passe en revue les discours médicaux et scientifiques de l'époque sur l'homosexualité et également sur la bisexualité, qu'il nomme plutôt “hermaphrodisme psychosexuel” (un héritage de l’histoire sémantique de la bisexualité). D’Alleyrac mène aussi certains entretiens avec, avec sur le terrain, avec des personnes bi. Il y a un entretien avec un couple, un homme et une femme, qui sont aussi bi tous les deux et qui ont des relations à en dehors de leur couple. L’idée c’est que chez les hommes, la part “déviante” de leur sexualité va prendre le dessus tôt ou tard. Donc ça veut dire que les hommes bisexuels vont finir en homosexuels. Pour les femmes, c’est différent. Une femme bie, c’est mieux que l’homosexualité exclusive :  ça veut dire qu'elle n'est pas 100 % frigide, et ça la rend toujours disponible pour la maternité et pour les hommes au sein du mariage. Donc les hommes bis seraient des gays refoulés, et les femmes bies seraient récupérables par le patriarcat. On retrouve ces mêmes arguments du côté du FHAR quelques années plus tard. Dans son Manifeste gay, le militant homosexuel Carl Wittman dit en somme : la bisexualité, pourquoi pas, mais aujourd’hui, on a besoin de revendiquer l’homosexualité. Parce qu'il faut aussi dire et bien garder en tête qu'à l'époque, c'était ce qui était réprimé, voire pénalisé. Donc ça fait sens, mais ça a dit aussi qu'il faut reléguer la part hétérosexuelle, entre gros guillemets, de la sexualité bie, car ce serait la seule façon de déconstruire les normes et pouvoir avoir des relations égalitaires. Si on reste à avoir des relations dites hétéro, on ne peut pas déconstruire ses propres normes. Et l'argument qui est proposé par les homosexuels, c'est qu’on ne peut lutter contre le patriarcat qu'en en sortant, qu'en ayant des relations d'abord entre hommes et entre femmes. Et quand on aura appris à interagir différemment et qu'on aura démantelé le patriarcat, alors on pourra avoir une bisexualité “dérivée de l'homosexualité”, comme le dit Guy Hocquenghem.  Comme si la bisexualité était utopique ? Exactement. Le sociologue australien Steven Angelides parle lui-même de “bisexualité utopique”, il étudie à quel point la bisexualité a été remise à plus tard, invisiblisée, et conçue comme “utopique” tout au long de l’histoire des mouvements homosexuels. Dans le livre, tu parles de “bisexualité radicale”, ce qui permet de poser non pas la question de avec qui on relationne, mais de comment on relationne. Dans le sens où on peut vivre des relations hétérosexuelles de manière non-hétéronormée, et qu’à l'inverse, on peut vivre des relations homosexuelles hétéronormées. Le message de la bisexualité radicale, c'est de nous mettre en garde contre l'hétéronormativité qui peut frapper tout le monde finalement ? Oui! Dans mon livre, je cite Pierre Niedergang, auteur de Vers la normativité queer. Il attire l'attention justement sur la tendance dans les milieux queer à déprécier tout ce qui va ressembler à une “soumission à la norme”, qui va être entendue comme hétérosexuelle, reproductive et néolibérale. Et lui, il dit : attention, il peut y avoir des manières queers d'habiter les normes, on le voit avec les parentalités queers, par exemple. Et moi je pense qu’on peut investir la sexualité hétéro de manière queer.  Ensuite, il  y a effectivement la question de comment on relationne. Moi j’aime beaucoup ce que dit Doucha Belgrave, je cite : « Bisexuelle on me rappelle : ambiguïté pour le moins, compromission de toute façon. Moi je dis : côtoyer des êtres humains dont les comportements ne sont plus toujours conditionnés par leurs sexes. Regarder. Choisir. Parmi des individus/ues : trouver mon compte sans m’en raconter. J’ai refusé les prescriptions selon lesquelles je ne devais aimer que des hommes. Je refuse de nouvelles normes ». On parle beaucoup du choix lesbien, et moi j’ai envie de parler du choix bisexuel. Je ne vais pas choisir de relationner en fonction de son genre, mais parce qu’il y a des choses qui chez cette personne m’attirent, etc. Bien sûr, il ne s’agit pas de nier la force des normes sociales, de la culture, de tout ce qu'on nous a appris… Être féministe et bisexuel, c’est le travail de toute une vie. Mais on peut rencontrer des personnes, tout au long de notre vie, qui indépendamment de leur genre sont dans cette démarche-là, de créer des relations saines et sans domination. Et pour moi ça s'inscrit dans le cadre plus large d'un horizon libertaire.  Tu parles aussi de la dificulté à nommer certains comportements comme bisexuels. Il y a une interview du comédien Artus qui date de décembre 2024 dans le magazine Têtu. Il raconte : “Tom Hardy lui, il vient, je lui roule une énorme pelle. Il a cette masculinité, ce côté un peu bestial que je trouve attirant.” Et en fait, à aucun moment on va qualifier l'artiste de bisexuel. Le journaliste préfère parler d’hétéro-curiosité. Ca renvoie encore une fois la bisexualité à une phase, à quelque chose de temporaire. Changer notre rapport au genre dans les relations, c'est quelque chose qui peut être très radical. Notamment pour des gens dont le rapport au genre peut fluctuer, ou les personnes non-binaires. Qu’est-ce que la visibilisation des questions trans change à la perception de la bisexualité ? La militante bie et genderqueer israélienne Shiri Eisner en parle dans un livre qui n’est toujours pas traduit en français. Il y a des points de contact entre les vécus bis et les vécus trans, sans nier la transphobie chez les personnes bies et la biphobie chez les personnes trans. Présentation : Mal et Adrien Montage : Adrien Musique de fin : POW3RBTTM, Power Beau Tom
La soul rock indie et sexy de Tout le monde s’appelle clara17 Sep 2025
Pour fêter la 7e saison du Lobby, on reçoit un groupe qu’il va falloir suivre de très près. Les 5 musiciennes de Tout le monde s’appelle clara ont fêté leur premier anniversaire à Rock en Seine cet été. Elles présentent leur single “Murmures’ en avant première au Lobby et nous racontent le bonheur de faire de la musique entre meufs. En cette rentrée tristement marquée par le suicide de la directrice d’école lesbienne Caroline Grandjean, dans le Cantal, on reçoit Timothée Magellan, co-fondateur de l’association Queer Education – une association pour une école plus inclusive et protectrice de ses élèves et personnels queer. Il a publié une tribune dans le journal Libération suite au suicide de sa consoeur. Programmation musicale — Murmures, Tout le monde s’appelle clara — Fashion Designa, Theodora — Juste amis, Théa L'équipe de l'émission Aux micros : Mal et Alexis Présentation : Antonella Francini et Maële Diallo Réalisation : Suzanne Saint-Cast
Vinii Revlon et Amandine Gay nous ouvrent les portes de la scène ballroom parisienne21 Jul 2025
Pour finir la saison, Le Lobby vous emmène au ball ! Amandine Gay et Vinii Revlon sont nos invité.e.s à l'occasion de la sortie de Ballroom, série documentaire consacrée à la ballroom scene et à la House of Revlon, à voir à partir du 30 juillet sur France TV Slash !
Javel Habibi célèbre la 40e édition de son cabaret à la Flèche d'or15 Jul 2025
Cette semaine, on reçoit la drag queen Javel Habibi, host des soirées Habibi à la Flèche d'or, à quelques jours de la 40e édition ! Chaque mois depuis plusieurs années, Javel Habibi convie plusieurs artistes à performer sur la scène de la flèche d'or dans une soirée au croisement du drag et du cinéma. Car out of drag, Javel est Florent Gouëlou, réalisateur de notamment de Trois nuits par semaine, avec Cookie Kunty (à voir jusqu'au 18 juillet sur France.TV), mais aussi de Habibi, chanson pour mes ami.e.s, un documentaire qui raconte la préparation d'une soirée cabaret. Rendez-vous les 18 et 19 juillet à la Flèche d'or pour la 40e édition des soirées Habibi. Prenez vos places : https://shotgun.live/fr/events/soirees-habibi-40e Dès le 16 juillet, on va à la Flèche d'or pour une projection exceptionnelle à prix libre de Habibi, chanson pour mes ami.e.s, le film consacré aux soirées Habibi réalisé par Florent Gouëlou lui-même. À voir sur le site d'ARTE, le court-métrage Nous les prochains : https://www.arte.tv/fr/videos/117668-000-A/nous-les-prochains/ Et puis sur France TV, jusqu'au 18 juillet, le film Trois nuits par semaine : https://www.france.tv/films/films-drame/7259690-trois-nuits-par-semaine.html L'agenda — On écoute L’heure des Prololottes : incroyable podcast de Laurène Marx et Rose Lamy qui dissèquent des oeuvres problématiques  — On va au festival Paris l'été, pour la soirée Slutty fauns, la carte blanche de Sara Forever au Jardin des Tuileries
"Ces gens-là", les tendres récits queers d'Olga·Auguste Volfson08 Jul 2025
Cette semaine, iel fait son grand retour : l'auteurice des piquants éditos testos Olga·Auguste Volfson est de passage dans notre studio pour la parution de son premier recueil de nouvelles. Dans Ces gens-là, on croise une dizaine de personnages queers dont l'identité n'est pas le sujet, et c'est rafraichissant. Pour son premier livre, publié dans la jeune maison d'éditions Fièr·e·s, Olga·Auguste nous raconte avec tendresse des histoires d'amour, de rupture, de retrouvailles et de joies, le queer dans son quotidien le plus banal. Iel notre invité·e ce soir. L'agenda du Lobby Tous les lundis : Viewing parties de King of drag, la nouvelle téléréalité drag king produite par Revry, au Cavern Space Monkey. Entrée libre 15/07 : Vernissage de l'exposition Kwir nou éxist de Raya Martigny et Édouard Richard au Jardin des Tuileries. Entrée libre, à voir jusqu'au 25 juillet : https://www.louvre.fr/expositions-et-evenements/evenements-activites/kwir-nou-exist 16/07 : Bingo drag d'Esther à la ReCYclerie. Gratuit, sur réservation : https://shotgun.live/fr/events/le-bingo-d-esther-2 24/07 : Chicago au cinéma en plein air de la Villette à 21h Programmation musicale > Buzz, Maddy Street > Otras Mujeres (live @Le Lobby), Yadam > Summer Body, La Giu > Bicycle Race, Queen L'équipe de l'émission Aux micros : Zoé, Mal, Alexis Présentation : Colin Gruel Réalisation : Suzanne Saint-Cast
"Vilaine garçon", le tube de l'été de CHÉRI01 Jul 2025
C'est l'été ! Il fait très chaud mais ce n'est certainement pas notre invitée qui va faire baisser le mercure... CHÉRI est de retour ! Deux ans après l'explosif EP Chéripop, et quelques mois après son coming-out trans, elle vient de sortir une première chanson, le tubesque Vilaine garçon, qui annonce un nouveau projet musical, toujours plus queer, toujours plus cunt. Elle est notre invitée. Présentation : Colin Aux micros : Aglaé, Zoé et Alexis Réalisation : Suzanne Saint-Cast
La Guinguette du Lobby @La Flèche d'or !06 Jun 2025
Pour fêter la fin de sa sixième saison et le début du mois des fiertés, l'équipe du Lobby s'est installée à la Flèche d'or le temps d'une soirée consacrée à la transmission de l'histoire de nos luttes et de nos récits. Depuis 6 ans, l’équipe du Lobby, le rendez-vous LGBT+ de Radio Campus Paris, reçoit à son micro des militant.e.s, des chercheureuses et des artistes qui font les luttes queers d’aujourd’hui. Toutes les semaines, on raconte la queerness au présent. Pour clôturer cette sixième saison, on vous invite à voyager dans le temps. Être queer c'est se poser la question de ce qu'on hérite, de ce qu'on invente et de ce qu'on transmet. Des récits, des combats, des désirs, des danses. C'est savoir que certain.es nous ont précédé.es, ont pavé la voie, mais que d'autres suivront. Pour cette unique soirée consacrée à la transmission, Le Lobby sort du studio pour installer sa guinguette à La Flèche d'Or, le samedi 7 juin. Nos invité.e.s : Jeanne du Roure, doctorante à l’EHESS, en troisième année de thèse. Son travail porte sur l’évolution des relations affectives des personnes homosexuelles de plus de 60 ans… Antoine Idier, historien, son dernier essai, Réprimer et réparer (ed. Textuel), retrace une histoire de la répression de l’homosexualité en France. Il est également le co-auteur, avec Pochep, de la bande-dessinée Résistances queers Mar, chargé du pilotage du projet d'archives de l'association Acceptess-T, et Ingrid Grimaldi, bénéficiaire de l'association. Côté live Adiel Golliot, artiste slam, vainqueur.e du championnat de France en 2021 et demi-finaliste mondial en 2022 ! Iel anime aussi des ateliers d’écriture, notamment en milieu carcéral. Ses textes mais aussi son film explorent son rapport au genre et à son identité. Pierre et la Rose, chanteur, auteur et compositeur, on le croise régulièrement sur les scènes de cabarets queers de Paris avec sa voix d'ange et ses textes ciselés. Hot Bodies, le projet électro-folk de Gérald Kurdian, une artiste qui sait tout faire, de la pop, de l’électro, et donc maintenant de la folk. De transmission il est encore question ici puisque Hot Bodies puise son inspiration dans les protest songs américaines, et dans ses émois adolescents… Son EP, “Digital Fairy/Folk songs”, est attendu pour le mois de septembre Présentation : Colin Gruel, Lucie Robert-Bouvet et Zoé Monrozier Soirée réalisée avec le soutien de la Dilcrah.
Le Bal des Pxtes + La Flèche d'or célèbre le mois des fiertés27 May 2025
La fête est à l'honneur dans Le Lobby ce soir à quelques jours du début du mois des fiertés ! Ce mois-ci, nous recevons Djombo Goddess, Olivia Verner et Kata Loba, de l'équipe du Bal des putes, une soirée queer, érotique, et transgressive. À découvrir le 31 mai dès 19h aux Trois Baudets, et le 27 juin à la Marbrerie à Montreuil ! Prenez vos places : https://lestroisbaudets.com/billetterie En seconde partie, nous accueillons Rachida Djellab, responsable programmation à la Flèche d'or, dans le 20e. Avec elle, on découvre le programme du mois de juin de ce lieu culturel emblématique, en difficulté financière. Pour soutenir la Flèche d'or : https://flechedor.org/ Et rendez-vous ce samedi pour le Queeraoké de soutien : https://shotgun.live/fr/events/queeraoke La Guinguette du Lobby Depuis 6 ans, l’équipe du Lobby, le rendez-vous LGBT+ de Radio Campus Paris, reçoit à son micro des militant.e.s, des chercheureuses et des artistes qui font les luttes queers d’aujourd’hui. Toutes les semaines, on raconte la queerness au présent.  Le 7 juin, à partir de 21h, Le Lobby installe sa guinguette à la Flèche d’Or, le temps d’une soirée exceptionnelle consacrée à la transmission. Parce qu’être queer, c’est aussi savoir que des générations nous ont précédé.es, et que d’autres suivront. Comment l'histoire queer se transmet-elle ? Que faire des héritages queers reçus ? Que transmettrons-nous à notre tour ? Au programme : 21h-22h30 : Émission de radio en direct  Avec l'autrice Hélène Giannecchini (Un désir démesuré d’amitié, éditions Seuil, 2024), Mar et Ingrid de l'association Acceptess-T, et l'historien Antoine Idier (Réprimer et réparer, éditions Textuel, 2025) ; et les performances live d’Adiel (slam), Pierre et la rose (chanson), et Hot Bodies (pop) 22h45-23h15 : Showcase de Thx4Crying (hyperpop) “Je chante et je pleure” : c’est ainsi que se présente sommairement Florian Vanayagas Bertonnier, alias Thx4Crying. Dans un premier album très personnel, l’artiste se dévoile dans toute sa sensibilité, et rend hommage aux jeunes queers et à “la vie bizarre” qui les attend. 23h30-2h : DJ set des élèves de la Trans Academy du collectif WITH US Depuis bientôt 3 ans, le collectif WITH US, initié par la produtrice Julie Desire, célèbre les identités fluides et transgressives, et forme et accompagne des jeunes DJ trans et non-binaires, encore bien trop rares. Prenez vos places : https://shotgun.live/fr/events/guinguette-du-lobby
L'HEBDO — Homophobie d'État : quand archives sortent les victimes de l'oubli15 May 2025
Dans son dernier essai, l'historien Antoine Idier propose une vaste enquête dans les archives pour remonter la piste de l'homophobie d'État Ce mardi 6 mai, le Sénat a adopté avec modifications en deuxième lecture la proposition de loi portant réparation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1945 et 1982. Selon le site internet du Sénat, cette deuxième lecture a fixé les bornes de cette période de 1945 à 1982, alors que l’Assemblée nationale avait adopté un texte dont la date de début était 1942. De plus, la deuxième lecture a “supprimé le mécanisme de réparation financière adopté par l’Assemblée nationale”. Par rapport à la première proposition, c’est un recul, sur un projet de loi qui n’est déjà pas jugé suffisant pour réparer les préjudices causés par la justice et la police française pendant des décennies. En effet, cette répression concerne entre 10.000 et 50.000 personnes, quasi exsclusivment des hommes qui ont été condamnés pour leur homosexualité, et pour 90% d’entre eux, ils ont subi une peine de prison ferme. Antoine Idier était venu parler de cette proposition de loi au micro du Lobby en décembre 2023. Il vient de publier Réprimer et réparer. Une histoire effacée de l'homosexualité, aux éditions Textuel, en avril 2025. Il est chercheur au centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, maitre de conférence à sciences po saint germain en laye et spécialiste de l’histoire des homosexualités et des cultures minoritaires et dans cet ouvrage, il fait  l’histoire des dispositifs pénaux ayant réprimé l’homosexualité, et  critique les politiques contemporaines de réparation de cette repression. Par l’étude des sources judiciaires et policières, il propose une vue plus large sur la question, et c’est ce dont nous allons discuter aujourd’hui. Présentation : Aglaé Réalisation : Colin
L'HEBDO — Transphobie : le Royaume-Uni en pleine panique morale09 May 2025
Cette semaine, cap sur le Royaume-Uni, où le camp transphobe vient de gagner une nouvelle bataille. Le 16 avril dernier, la plus haute instance juridique du Royaume-Uni, la Cour Suprême, a décidé unanimement que la définition légale d’une femme repose sur le sexe biologique et non sur le genre. Alors évidemment, cette définition exclut les femmes trans*.  Plusieurs associations LGBTQI+ ont alerté sur les conséquences que cela pourrait avoir sur les droits des personnes trans*, notamment les organisations Equality Network et Scottish Trans qui craignent que ce jugement « limite la portée de la reconnaissance de genre » et que le genre des personnes trans ne soit « plus reconnu dans de nombreuses situations » Pour parler des conséquences de cette définition, nous recevons Margot Mahoudeau, autrice du livre La Panique Woke, militante féministe et queer, mais aussi co-présidente de l’association Espace Santé Trans : une association fondée en 2015 située en île de France qui rassemble des militanz et professionnel.le.s de santé, engagé.es dans la protection des droits et la promotion de la santé des personnes trans.  L'association Espace santé trans organise un goûter ce vendredi 9 mai à La Bulle — Maison des Solidarités LGBT+. Toutes les infos ici : https://www.instagram.com/espacesantetrans/ L'événement est destiné aux personnes trans et aux personnes en questionnement. Pour aller plus loin... "Huge blow for trans rights as Supreme Court says: you are not women", The Independent.  “Au Royaume-Uni, la définition légale d’une femme repose sur le sexe biologique et non sur le genre, tranche la Cour suprême”, Le Monde.  “Royaume-Uni : Nouvelles directives (et inquiétudes) sur la transidentité après la décision de la Cour suprême”, 20 minutes.  'Trans People Woke Up To A Bleak New World Today. How Did We Get Here?', Huffpost (jane fae)  Présentation : Sam Réalisation : Colin Musique de fin : Auf Wiedersehen, Cécilia Da Colonia
"Mabel" : Camion Bip Bip au plus haut de sa forme29 Apr 2025
Le quatuor punk lesbien est de retour avec "Mabel", un troisième EP aux paroles plus acérées que jamais, sur une musique enflammée. Camion Bip Bip est de retour, et en grande forme. Lauréat.es du Prix Têtu Jeune Talent en décembre, et à quelques semaines d'une Maroquinerie déjà à guichet fermé, iels sortent leur troisième opus, Mabel, 5 titres dans lesquels le groupe va encore plus loin dans ses propositions artistiques, et emmène ses fans dans des territoires nouveaux. En seconde partie d'émission, à quelques jours du 1er mai, nous recevons Tim du collectif Queer parlons travail, pour tracer un trait d'union entre luttes queers et lutte des classes. > Queer Parlons Travail organise des permanences une fois par mois à la Flèche d'or ! Et puis côté chroniques, Cha nous parle aussi du 1er mai, et de tous ses engagements militants qui pèsent sur sa vie sexuelle :(
L'HEBDO — Éloi, l'icône gou1ne qu'on a bien méritée24 Apr 2025
En pleine tournée et à peine remise de son Olympia, la chanteuse lesbienne Éloi fait un crochet par le studio du Lobby pour présenter son dernier album, « BLAST. ». Vous avez entendu parler de la théorie selon laquelle les personnes queer marchent à une allure plus rapide que la moyenne ? Est-ce que c’est parce que de manière générale on sait où on va ? Est-ce que c’est pour fuir les hétéros puants et les risques d'agression ? Est-ce que c’est parce qu’on est des stars qui avons tant à accomplir ? Je ne sais pas, mais ce dont je suis sure, c'est que ça a à voir avec les tubes queers qu'on met a fond dans nos casques. Notre invitée du jour fabrique des sons qui font partie de mon panthéon des tubes qui font sprinter. Et quand je l'écoute en marchant dans la rue, entre les paroles qui évoquent la nostalgie adolescente ou la rupture amoureuse et les BPM qui s'affolent, j'ai souvent l'impression d'être le personnage principal d'un film qui termine une flamboyante course poursuite. Éloi est notre invitée cette semaine <3. Éloi sera en concert dans de nombreux festivals cet été, notamment Solidays à la fin du mois de juin, et le Cabaret Vert à la mi-août. Présentation : Lucie Robert-Bouvet Réalisation : Colin Gruel
L'HEBDO — LGBTIphobies, racisme... : quand la médecine maltraite17 Apr 2025
Dans "La santé soigne-t-elle vraiment tout le monde ?", le jeune médecin Miguel Shema interroge les rapports de pouvoir dans le monde de la santé, des écoles de médecine aux cabinets. L’autre jour, j’attendais mon amie devant sa fac de médecine. J’étais planté devant un bâtiment, que je qualifierais de "visuellement imposant par son style brutaliste", répondant au nom de "bâtiment Paul Broca". C’est alors qu’on m’a expliqué qu’il était le fondateur de l’anthropologie, et qui m’a-t-on dit a fait de merveilleuses découvertes sur le cerveau, mais aussi avait eu la fâcheuse tendance à mesurer les proportions de crânes afin de déterminer les groupes d’humains qui étaient inférieurs aux autres, soutenant des thèses eugénistes et racistes. Et présenté comme ça, je me suis dit qu’avec le recul qu’on avait sur le sujet, on aurait eu envie d’éviter de mettre au grand jour ce monsieur, surtout dans un campus universitaire de médecine. Mais qui suis-je après tout, si ce n’est qu’un odieux cancelleur. On me répondra même peut-être que le recul, on l’a, et que la médecine n’est plus du tout utilisée pour justifier des thèses racistes. Ni sexistes d’ailleurs, et encore moins homophobes, que c’est une institution universelle qui soigne tout le monde de la même façon. Si vous êtes convaincu de cela, et bien je suis désolé, mais je vous prie de rester avec nous.  Car non, la médecine n’échappe pas aux rapports de dominations. Pour en parler nous recevons Miguel Shema, militant et étudiant en médecine.  L'équipe de l'émission Présentation : Mal Landru Réalisation : Colin Gruel
L'HEBDO — « Pour Sasha » : Témoigner pour lutter contre la transphobie11 Apr 2025
Cette semaine, nous recevons Pauline Chiron, qui publie "Pour Sasha" (Libertalia), une magnifique livre-hommage à sa soeur, victime de transphobie. Comment sort-on de la sidération ? Par quoi on commence quand on veut parler de la disparition de nos adelphes ?  La militante trans Lexie Agresti apporte une réponse dans la préface du livre que nous allons présenter aujourd’hui : “Nos vies entrent encore doucement dans le faisceau conscient des expériences humaines et la fraîcheur de notre présence pour une majorité nécessite que le témoignage existe, continue d’exister et convoque l'immense diversité de ce que “trans” fait vivre, du beau au plus tragique.” C’est à travers le témoignage que notre invitée Pauline Chiron honore la mémoire de sa sœur Sasha, qui s’est suicidée en 2021. Son ouvrage Pour Sasha, paru en février de cette année aux Editions Libertalia, se présente comme une archive absolument nécéssaire, celle de la vie d’une jeune femme trans, passionnée de mode, aux multiples références musicales, cinématographiques, d’une grande élégance et d’une fidélité amicale sans faille. Plonger dans ce témoignage c’est peut être un peu se lier d’amitié avec Sasha, s’enthousiasmer avec elle et partager sa douleur et celle de ses proches mais c’est avant tout de rappeler que oui la transphobie tue, et qu’on arrêtera jamais d’en parler.  Références citées dans l'émission — Le podcast Des modes et des moods : https://open.spotify.com/episode/7pt7LIOrNDOfszASOAUxn5 — L'artiste Holokid L'équipe de l'émission Présentation : Diego De Cao Réalisation : Colin Gruel
Les États-Unis mettent en péril la lutte contre le sida01 Apr 2025
Alors que l'administration Trump annonce une baisse de 83% de l'aide humanitaire internationale, réduisant à peau de chagrin le financement du PEPFAR, faut-il s'attendre à un rebond épidémique du VIH ? Depuis 2003, le PEPFAR (President's Emergency Plan for AIDS Relief - ou le plan d’urgence contre le sida) a permis de sauver des milliers de vies à travers le monde. Mais le retour de Trump à la Maison Blanche laisse craindre le pire. La nouvelle administration a décidé de se réduire largement l'USAID, l'agence d'aide humanitaire internationale, accusée d'"insubordination". Ces coupes budgétaires menacent directement le PEPFAR, et tombent comme un couperet pour les ONG qui luttent contre le VIH. Pour en parler, nous recevons : - Dominique Costagliola, épidémiologiste, directrice de recherche émérite à l'INSERM, et membre de l'Académie des Sciences. Elle travaille sur le VIH depuis 1986, et elle a signé récemment une tribune dans Le Monde appelant à défendre les libertés académiques et la recherche scientifique face à la censure à l'oeuvre aux États-Unis ; - Christophe Martet, président de l'association Paris et Seine-Saint-Denis sans sida, personne vivant avec le VIH depuis 1985. "Métamarphose" : un ballet queer sur les années sida En seconde partie d'émission, nous recevons le danseur et chorégraphe Amar, pour parler de son spectacle "Métamarphose", un dyptique qui nous replonge dans les années 1979-1985, à voir au Théâtre 12 les 28 et 29 avril. Réservez vite vos places ici : https://www.theatreonline.com/Spectacle/Metamarphose/90841 L'équipe de l'émission Présentation : Colin Réalisation : Suzanne Interviews : Zoé, Cha et Sam Chroniques : Ayelen, Cléo et Mal Programmation musicale : "Un bon fils", Bon Fils (2025) ; "La question", Bilal Hassani (2025)
Grève féministe avec les FemRevs + bars queer franciliens03 Mar 2025
À l'occasion de la grève du 8 mars, nous recevons les FemsRevs (ou Féministes Révolutionnaires), association féministe parisienne, très active dans le champ associatif féministe, marxiste et queer ces dernières années. Préparer la grève, c'est tout un programme : organisation collective, imagination et motivation, on en parle en première partie d'émission.  En deuxième partie d'émission, nous recevons Hélène du bar le bonjour madame, Hélène (une autre) du bar montreuillois le Mont Vénus, qui a ouvert ses portes en 2024, et Astrid de l'association du Passage, qui cherche à ouvrir un lieu queer dans l'Est parisien. Comment ouvrir un bar queer ? Quelles en sont les difficultés et les joies? On en parle pendant trente minutes avec nos trois invitées. Rendez-vous le 7 mars à 18h30 à Gare de l'Est pour la marche de nuit féministe, et à 19h30 au WAB (We Are Brewers) pour un quizz culture avec le Passage. ERRATUM: Nous avons évoqué l'interdiction de la marche féministe de nuit du 7 mars pendant l'émission, elle est à ce jour uniquement menacée d'interdiction par la Préfecture. L'AG féministe Paris-Banlieues se prépare à faire appel dans le cas où la manifestation serait interdite. Rendez vous le samedi 8 mars à 14H place de la République, pour la manifestation annuelle de la journée internationale des droits des femmes. Autre rendez-vous printanier : un village antifa organisé notamment par les FemsRevs, restez à l'affût de leurs actualités sur leur site et leurs réseaux sociaux. Les comptes Instagram des bars: Le Mont Vénus / Le bonjour madame / Le Passage /  Les musiques de l'émission: "Patate" de Meryl, sorti le 28/02/2025. "LR RN" de Lalla Rami, sorti le 28/02/2025. L'équipe du Lobby: Suzanne à la réalisation, Sam et Emma aux interviews, Mal et Cha aux chroniques, et Zoé à la présentation.
L'HEBDO — « Biarritz en été » : la carte postale de Patxi Arsa28 Feb 2025
LES COUPS DE CŒUR DU LOBBY #1. Cette semaine, on vous fait découvrir le jeune chanteur Patxi Arsa, qui a publié à l'automne son premier EP, "Biarritz en été". Biarritz en été, c'est le premier EP de Patxi Arsa, qui a donc grandi sur la côte basque. Mais sur les six chansons qui composent cet opus, il n’est pas question de vacances joyeuses sur les plages d’une station balnéaire. Dans ce décor de carte postale, Patxi Arsa raconte la découverte de son homosexualité, la honte de soi, l’homophobie omniprésente à l’école et dans les repas de famille. La sensation d’être différent au moment où tout le monde autour profite de l’été, du soleil et des vêtements légers pour draguer et faire l’amour pour la première fois. Six chansons, donc, sur BIARRITZ EN ÉTÉ, entre rap et musique pop, entre détresse et papillons dans le ventre, six chansons qui racontent une certaine trajectoire queer et qui touche pourtant à quelque chose de presque universel. Présentation et réalisation : Colin Gruel
L'HEBDO — Traduire en queers : rencontre avec Stéphanie Lux21 Feb 2025
Que devons-nous aux traductrices queers ? On en parle avec l'autrice et traductrice littéraire Stéphanie Lux. Ce vendredi dans le Lobby, nous recevons la traductrice d’allemand et d’anglais Stéphanie Lux, pour nous parler de son récent livre publié aux éditions de la Contre Allée intitulé Des Montagnes de questions (2024) et de ses projets en cours. Ces dernières années dans le paysage féministo-queer ont fleuri plusieurs collectifs, maisons d’éditions, ou personnalités qui se sont attelées à la traduction, pour  permettre au lectorat francophone d’avoir accès à des textes qui n’avaient pas encore été traduits, et qui étaient pourtant cultes dans d’autres pays, notamment aux Etats Unis. On peut penser par exemple à Stone Butch Blues de Leslie Feinberg, qui a été le fruit d’une traduction collective et de plusieurs années de travail. Que veut dire concrètement être traductrice aujourd’hui?  Qu’est-ce que cela change d’être ouvertement lesbienne dans le monde éditorial ? Comment réussir à faire traduire des textes engagés qui nous tiennent à cœur sans compromettre sa carrière ?  Stéphanie Lux nous parle de son parcours, de ses engagements, et de ses prochains projets. Références citées dans l'émission Stéphanie Lux, Des Montagnes de questions, éditions de La Contre Allée, 2024. https://lacontreallee.com/catalogue/des-montagnes-de-questions/ Traductions évoquées dans l’émission de Stéphanie Lux: Tamsyn Muir, Nona la Neuvième, Actes Sud, 2024. Romy Hausmann, Chère enfant, Actes Noirs, 2021. Stephanie Haerdle, Fontaines, histoire de l’éjaculation féminine de la Chine ancienne à nos jours, Lux Canada, 2021. Noémie Grunenwald, Traduire en Féministe/s, éditions de La Contre Allée, 2019. https://lacontreallee.com/auteurs/noemie-grunenwald/ Leslie Feinberg, traduction collective, Stone Butch Blues, éditions Hystériques & AssociéEs, 2021. https://hysteriquesetassociees.org/sbb/  Sarah Schulman, La Gentrification des esprits, B42, 2018. Sarah Schulman, Les Liens qui empêchent, B42, 2024. https://editions-b42.com/categorie-produit/auteurs/schulman/ L'équipe de l'émission Présentation : Zoé Monrozier Réalisation : Colin Gruel Musique de fin : i luv you de Louise Bsx
L'HEBDO — "Plan cho no blabla" : Et si on parlait de Grindr ?07 Feb 2025
Dans une passionnante enquête qui vient de sortir, le journaliste Thibault Lambert se demande comment Grindr, l'incontournable application de rencontres, a changé les gays. Je ne sais pas dire quand j’ai entendu le mot “Grindr” pour la première fois. Est-ce que c’était par une amie hétéro qui s’était créé un faux profil pour faire de la pub à son événement drag ?  Est-ce que c’était par ce couple fou amoureux et installé qui me raconte au détour d’une phrase que c’est par une tap sur l’appli que tout a commencé ?   Est-ce que c’était via mon abonnement aux comptes instagram qui recensent les agressions racistes et transphobes qui y ont lieu ?  Je ne sais plus dire, mais ce que je sais, c’est que Grindr est un point commun qui relie toutes les personnes gays, pédées et affiliées : on y croise son psy, ses amis, son prof, son voisin de palier, et sa dragqueen préférée. Je sais aussi que malgré sa mauvaise réputation d’appli violente qui traite le sexe et les personnes comme des produits de consommation, on peut y faire de belles rencontres et qu’après un hookup, parfois, la conversation se poursuit tard dans la nuit, qu’on rentre chez soi avec le sentiment d’avoir fait une belle rencontre, qui va compter.  Une chose est sûre : on est en 2025, je vis à Paris depuis 10 ans, je suis ce qu’on appelle une “gouine à pédés” et Grindr fait partie intégrante de mon monde, et incarne une partie de la culture gay, qu’on le veuille ou non.  Parce que cette application, c’est avant tout un outil, donc ni bon ni mauvais en soi. Et je suis persuadée que les façons de relationner de s’aimer et de faire du sexe, notamment via cette application, racontent beaucoup de la relation des pédés à eux mêmes.    Thibault Lambert a 29 ans, il est journaliste. Grindr l'accompagne depuis les débuts de sa vie sexuelle, à 17 ans. Dans Ce que Grindr a fait de nous (JC Lattès), il mêle son parcours intime à d'autres voix pour comprendre ce que l'application a vraiment changé aux rencontres gays. Il est notre invité cette semaine. L'équipe de l'émission Présentation : Lucie Réalisation : Colin Gruel Musique de fin : "Boyz", de Charli XCX, remixé par Baby B
Juliet Drouar : un regard queer à hauteur d'enfant04 Feb 2025
Dans son premier roman "Cui-cui" (Seuil), l'auteur trans Juliet Drouar se glisse dans la peau d'un adolescent queer victime d'inceste. « J'entends mon père monter. Boule dans l'estomac. Envie de me chier dessus. Les bruits feutrés de ses pas dans l'escalier. Au bout du couloir la porte de sa chambre s'ouvre. Se ferme. Plus rien. Peur. Excitation dans le bas-ventre. Non, non, non. Nausée. Coincée au fond de la bouche. Les dents du font qui baignent, comme il dit. Je pense plus qu'à ça. Je onte le son dans mes écouteurs. Encore plus fort. [...] Envie d'y aller. Non. Si, je me vois me lever., aller dans sa chambre. Excitation, beurk. Non. Je me lève. J'ouvre la porte ? J'ai ouvert ma porte. Non. Trop tard, il a entendu, j'ai ouvert la porte. Somnabulisme. Cut. » Juliet Drouar, Cui-Cui Dans un premier roman à couper le souffle, Juliet Drouar raconte l'inceste et les traces qu'il laisse sur le corps de son personnage, et propose un récit en forme de manifeste pour les droits des enfants. Ces enfants qui prennent de plus en plus de place dans les réflexions queers aujourd'hui. Quels sont les liens entre les luttes queers et les luttes contre l'"adultisme", la domination des enfants par les adultes ? Maddy Street, étoile montante de la scène queer En deuxième partie d'émission, nous recevons Maddy Street, à l'occasion de son passage à la Boule Noire le 12 février ! Iel vient nous parler de son dernier EP, Heart choices, où iel affirme son style, tout en refusant de se conformer à un seul genre musical. Rendez-vous aussi le 15 février au Trabendo pour le concert de la Queerale
L'HEBDO — "Nucléaires" : l'exposition explosive sur les parentalités queers31 Jan 2025
Hier s'est ouverte au DOC (19e arrondissement) l'exposition "Nucléaires", qui raconte en photo l'histoire des parentalités queers. Lorsqu’on est queer, on s’est souvent vu refuser le droit de faire famille comme les autres. Que ce soit par des coming-out qui ont déchiré notre propre tissu familial, des lois limitant ou même interdisant l’accès à la procréation hors du sacro-saint couple hétéro-cisgenre, ou encore des siècles d’invisibilisation de nos identités, si bien que faire famille “queer” ne viendrait même pas à l’idée de certain.e.s, tant ces notions semblent lointaines, voire impossible à s’approprier. Et pourtant, si penser une famille queer semble vertigineux, c’est aussi car on fait face au champ de possibles, hors de la famille nucléaire maman papa les enfants et le labrador. Ces modèles familiaux queers ont été invisibilisés, sont restés trop longtemps dans l’impensable, si j’étais un peu taquin je dirais même trans-parent. Nous en parlons avec les deux commissaires de l'exposition Lisa Durand, mère et lesbienne, est à l’initiative du compte Instagram Matergouinité. Il rassemble des réflexions sur les parentalités queer et travaille à leur visibilité. Graphiste et développeuse, elle a organisé un événement consacré au design graphique et à l’édition indépendante à la Gaité Lyrique (Papier Brûlant, 2017), et fait partie de l’association et de l’équipe de foot les Dégommeuses. Lucile Dumont est éditrice et chercheuse en sciences sociales. Elle a pris part à plusieurs aventures éditoriales, contribue à la presse indépendante et s’investit dans l’organisation d’événements culturels et militants, autour de la littérature ou du sport (Traduire les pensées féministes et lesbiennes, SLAP Festival, 2023; Le sport, aux antipodes du queer?, Centre Pompidou, 2024). Dernièrement, elle a rédigé la postface du recueil de poésie de Dorothy Allison Les femmes qui me détestent (Hystériques & AssociéEs, 2024). Elle est également membre des Dégommeuses. L'équipe de l'émission Présentation : Mal Landru Réalisation : Colin Gruel
SPECIAL NOËL — Un Noël queer est-il possible ? Avec Mamari13 Dec 2024
Cette semaine, épisode spécial en compagnie de l'humoriste Mamari, qui joue son spectacle "Trop drôle pour mourir" le 24 décembre au Théâtre République.
Léa Michaëlis célèbre les amours lesbiennes en photo10 Dec 2024
Dans son dernier ouvrage "Sapphic Lovers", la photographe Léa Michaëlis tire le portrait d'une quarantaine de couples lesbiens. Photographier des couples lesbiens dans leur intimité. C’est le projet d’un recueil de photographie qui paraît ces jours-ci, Sapphic Lovers et autres histoires d’amours lesbiennes. Léa Michaëlis a parcouru la France pour rencontrer une quarantaine de couples, dont elle a voulu immortaliser les histoires, et ce faisant, créer de l’archive queer. Ou, comme elle le dit elle même, “documenter les amours saphiques pour garder trace de nos existences”. En seconde partie d'émission, place à l'agenda, et coup de projecteur sur un atelier d'initiation au shibari qui aura lieu à la Mutinerie ce samedi 14 décembre ! On sera avec Ana et Aël, qui organisent cet atelier. Tout le programme de la Mutinerie est à retrouver ici : https://www.lamutinerie.eu/programme L'équipe de l'émission Présentation : Colin Gruel Réalisation : Suzanne Saint-Cast Chroniques : Cha, Mal et Juliette Interview : Zoé et Antonella Programmation musicale : "Gos musclées", de Rebeka Warrior ; "Partout", de Laura Cahen
L'HEBDO — Chemsex : stopper l'épidémie06 Dec 2024
Quelques jours après la journée internationale de lutte contre le VIH/Sida, on s'intéresse au chemsex, une pratique répandue dans la communauté gay, et même désormais au-delà. Chem sex c’est contraction de chemistry sous entendu drogues et de sexe. C’est donc du sexe sous l’emprise de drogues.   J’ai passé en revue dans mon esprit les films où je me disais, peut-être qu’il y a une représentation de chem sex. dans 120 battements par minute, dans la série it’s a sin, dans les films de xavier dolan ?  Je me suis rendue compte de deux choses. Que c’est pas si évident d’en trouver en tout cas où on parle explicitement de cette pratique. Et aussi que dans mon imaginaire, comme dans celui de beaucoup de gens, c’est lié à la communauté queer et surtout au milieu des hommes gays.  Ces derniers temps, selon le médecin Thibaut Jedrzejewski, le chemsex est "en train de devenir une épidémie". Pour en parler, nous recevons Sébastien Quenu, président de l'association Chems Pause. L'association organise des groupes de paroles : - entre consommateurs.rices tous les vendredis de 19h à 21h30 à la Bulle (22 rue Malher, dans le 4e arrondissement de Paris). - et un premier groupe de parole mixte avec pair-aidant·es le dimanche 15 décembre de 18h30 à 21h au même endroit L'équipe de l'émission Présentation : Antonella Francini Réalisation : Colin Gruel Musique de fin : Bikeuse amoureuse, extrait de la bande-originale des "Reines du drame"
L'HEBDO — Dans les coulisses des « Reines du drame », avec Alexis Langlois29 Nov 2024
Cette semaine sort « Les Reines du drame », le mélodrame musical queer d'Alexis Langlois. Une histoire d'amour impossible, entre esthétique y2k et camp. Présenté à la Semaine de la critique à Cannes, Les Reines du drame raconte l’histoire d’amour passionnée de Mimi et Billie, deux stars que tout oppose. La première est une diva pop formatée par un télécrochet, la seconde, une icône punk féministe. Dans ce film haut en couleurs et très référencé qui nous ramène aux années 2000, (pour le meilleur et pour le pire), nous sommes guidés par une youtubeuse ultrabotoxée, Steevie Shady, la “plus grosse bitch des internets”, interprétée bien sûr par Bilal Hassani. Si à tout cela on ajoute des musiques originales signées Rebeka Warrior et Yelle, forcément ça donne une fable musicale résolument camp et irrémédiablement queer. Comme un petit cadeau pour notre communauté, un bonbon aussi sucré qu’un tube pop des années 2000. Alexis Langlois, réalisateurice des Reines du drame, est notre invité·e cette semaine. L'équipe de l'émission Présentation : Juliette Mouëllic Réalisation : Colin Gruel
L'HEBDO — Autodéfense : Quand les tap€ttes tapent fort22 Nov 2024
Cette semaine, alors que de graves agressions homophobes ont été mises en lumière, on se demande comment se défendre. Notre invité.e organise des ateliers d'autodéfense à destination des hommes gays, cis ou trans. Il y a une dizaine d'années, tard dans la nuit, je rentrais chez moi après une soirée passée chez des copines. J'étais un peu ivre, je traversais la ville tranquille, et au détour d'une rue, un groupe d'une dizaine de mecs au loin, a commencé à m'insulter en se rapprochant de moi. J'ai eu très peur parce que j'avais entendu dire que, contrairement à ce qu'on a l'habitude de dire, la meilleure défense, c'est pas l'attaque, la meilleure défense, c'est la fuite. Et le 3x500, dans le froid à trois heures du mat, je le sentais pas. À mesure que leurs cris devenaient de plus en plus menaçants, je ne sais pas ce qui s'est passé en moi, mais j'ai aboyé. J'ai aboyé très fort dans leur direction pendant quelques minutes. Et ils étaient tellement surpris qu'ils ont arrêté tout de suite. Cette histoire, elle me fait rire parce que c'est la grosse chiennasse qu'ils invoquaient à mon passage, qui a pris possession de mon corps ce soir-là et qui m'a défendue contre eux.  Bon, en attendant, malheureusement des histoires d'agressions physiques qui se terminent mal, c'est partout, tout le temps. Le compte Instagram "le coin des LGBT" recensait d'ailleurs récemment les trois meurtres et tentatives de meurtre contre des hommes gays qui ont eu lieu en France en l'espace d'une semaine au début du mois de novembre.  Je suis une gouine entourée de pédés, et les côtoyer, c’est aussi côtoyer des récits beaucoup trop nombreux de sales regards, d’insultes, de crachats et de coups. À chaque fois, ça me retourne le bide, à chaque fois, j’enrage. Notre invité.e, Dal Chibane, est formé.e à divers arts martiaux. Iel travaille depuis une dizaine d'années à la transmission et l'apprentissage de l'autodéfense féministe à travers des ateliers. Venez assister au cours d'autodéfense de Dal ce dimanche 24 novembre, Chez Olympe > https://www.helloasso.com/associations/friction-magazine/evenements/atelier-d-autodefense Un atelier organisé par Friction Magazine ! L'équipe de l'émission Présentation : Lucie Robert-Bouvet Réalisation : Colin Gruel
L'HEBDO — Séries, cinéma : les LGBT+ crêvent-iels enfin l'écran ?15 Nov 2024
Cette semaine, nous avons rendez-vous avec Maxime Donzel, qui publie "Pride & Pop corn" aux éditions FIRST. J’ai toujours aimé le cinéma et attendu des films qu’ils me changent en profondeur. Adolescente, j’ai cherché partout des personnages dans lesquels me retrouver, des romances où m’imaginer, j’ai cherché des modèles en dehors de l’hétérosexualité. J’ai eu le sentiment de grandir sans représentation, alors quelle était ma joie dès que je trouvais un personnage lesbien, quelle fut mon euphorie en découvrant The L Word, ou le drôlissime But I’m a Cheerleader. J’avais le sentiment de ne plus être seule et d’accéder à une nouvelle communauté imaginaire. Et en rencontrant des personnes queers, j’ai eu le sentiment qu’à travers cette culture partagée émergeait un Nous. Les personnages et films queers sont essentiels pour grandir et s’inventer autrement dans une société hétéronormée. Et pour en parler, j’ai la joie de recevoir Maxime Donzel pour son livre Pride et pop-corn, sorti le 10 octobre 2024 aux éditions FIRST L'équipe de l'émission Présentation : Lisa Woisselin Réalisation : Colin Gruel Musique de fin : Goodluck Babe!, Chappell Roan
"Gou!nes" : une célébration de la diversité des identités lesbiennes12 Nov 2024
Après "Péd3s" publié en 2023, la collection Féministe des éditions Points récidive avec un nouvel ouvrage collectif consacré aux lesbiennes. Elles sont huit à signer un texte dans "Gou!nes", le nouvel ouvrage collectif des éditions Points. Elles sont autrices, journalistes, traductrices, artistes et racontent leur lesbianisme : comment elles l'ont découvert, comment elles se le sont approprié. Huit itinéraires gouins uniques qui conjugent l'homosexualité féminine au pluriel. On rit avec Marie Kirschen qui se demande pourquoi les lesbiennes sont toujours copines avec leur ex. On interroge nos privilèges avec Amandine Agic qui regrette que la lutte des classes ait été évacuée des luttes queers. On panse aussi les plaies laissées par l'hétérosexualité obligatoire et l'homophobie (intériorisée). Maëlle Le Corre, qui a coordonné l'ouvrage, et Amandine Agic, qui y signe un texte, sont nos invitées ce soir. En seconde partie d'émission, nous accueillons Grégory Tilhac, directeur artistique du festival Chéries-Chéris, qui fête ses 30 ans cette année. 70 films queers internationaux sont projetés dans les cinémas mk2 du 15 au 24 novembre. Dans l'actualité, on file à New York, une semaine après la victoire de Donald Trump. Le journaliste trans Hanneli Victoire, qui s'est expatrié là-bas, nous raconte comment la communauté LGBT+ a réagi à la large défaite de Kamala Harris, qui annonce 4 années difficiles. Côté chronique, Antonella se livre comme toujours sur sa trépidante vie amoureuse, et Cha s'émeut du résultat des élections états-uniennes. L'équipe de l'émission Présentation : Colin Interviews : Mal et Éléa Chroniques : Antonella et Cha Réalisation : Suzanne
L'HEBDO — Peut-on encore imaginer une école féministe ?08 Nov 2024
À l'occasion de la semaine du harcèlement scolaire, nous recevons Emi Heddache, ancienne CPE qui a quitté l'Éducation Nationale. Dans une brillante conférence gesticulée, elle raconte son parcours du combattant pour changer l'école de l'intérieur. Spoiler : elle a jeté l'éponge. Entrée à l'Éducation Nationale en 2008 comme surveillante, Emi Heddache devient quelques temps plus tard CPE. Entre temps, elle est aussi devenue parente, et par la même occasion, elle a chopé le virus du féminisme. Quelques années plus tard, elle fera son coming-out lesbien. Mais en attendant, depuis son bureau, elle voit tout : les collégiennes à qui on reproche de ne pas avoir une tenue correcte, les jeunes queers en devenir qui, comme elle avant elleux, sont harcelé.e.s à la récréation, les stéréotypes de genre qui se renforcent pendant et entre les cours, les violences psychologiques, physiques, sexuelles aussi parfois que les élèves s'infligent. Et elle ne fait pas qu'assister passivement à tout ça : elle décide d'agir. Mais elle se rend vite compte que l'école est une vieille machine conservatrice, très difficile à changer de l'intérieur. Il y a deux ans, Émi a donc quitté l'Éducation Nationale, essorée aussi par la baisse continue des moyens. Tout cela, elle le raconte dans une conférence gesticulée, Rébellion d'une CPE,  découvrir ce samedi à 17h30 à la Station - Gare des Mines : https://www.helloasso.com/associations/queer-education/evenements/conference-gesticulee-rebellion-d-une-cpe-par-emi-heddache Références citées dans l'émission — Gabrielle Richard, Hétéro, l'école ?, Éditions du remue-ménage. Réécoutez Gabrielle Richard dans notre précédente émission consacrée au harcèlement scolaire : https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/79j8-lhebdo-harcelement-scolaire-comment-rendre-lecole-plus-sure-pour-les-lgbt — Édith Maruéjouls, Faire je(u) égal, Éditions double-ponctuation — Sylvie Ayral, La fabrique des garçons, Presses universitaires de France Musique de fin : Trop bonne, trop conne, par Louise Bsx, extrait de son EP qui sort ce vendredi.
L'HEBDO — Élections américaines : la communauté queer retient son souffle01 Nov 2024
Cette semaine, avec l'historien Anthony Castet, on s'intéresse aux enjeux queers des élections américaines, qui auront lieu le mardi 5 novembre. Le 5 novembre prochain, vous n’êtes pas sans savoir que les Etats-Unis auront un ou une nouvelle présidente. deux choix : Donald Trump à nouveau ou Kamala Harris. Selon Corentin Sellin, professeur, spécialiste des Etats-Unis, ce sera l’élection la plus serrée depuis 25 ans.  En effet, Kamala Harris partirait approximativement avec un socle de 226 grands électeurs, ce qui signifie qu’elle doit en gagner 44 pour franchir la barre des 270 grands électeurs et être élue.  Pour Donald Trump qui part lui avec un socle de 219 grands électeurs, il lui en faudrait 51 pour atteindre les 270. Dans un contexte où les lois transphobes se sont multipliés dans de nombreux États, et que Donald Trump renforce sa rhétorique LGBTphobe, on se demande quelles peuvent être les conséquences de l'élection du candidat Républicain le 5 novembre prochain. Pour en parler, nous recevons Anthony Castet, maître de conférence à l’Université de Tours, docteur en études Nord-Américaines, spécialiste des questions historiques, politiques et juridiques liées aux identités LGBTQ+, et auteur La fabrique de l’égalité LGBTQ+ aux Etats-Unis (Presses Universitaires François Rabelais) Disclaimer : cet épisode a pu être enregistré grâce aux autorisations requises pour la participation de notre invité. Présente-nous les positions des deux candidats quant aux questions LGBT+ et aux droits LGBT qui leur sont accordés. Anthony Castet: On a deux candidats qui sont radicalement opposés sur le traitement d'un groupe minoritaire. On a un parti républicain bien sûr, qui, fidèle à ses valeurs conservatrices, fidèle aux valeurs de la famille et plutôt reste plutôt hostile au progrès des droits des personnes LGBTQ+ aux États-Unis. Donc on va on en parlera probablement en détail, mais Trump, au cours de son mandat en tant que président des États-Unis, s'est évertué finalement à mettre en place une politique extrêmement régressive pour attaquer les droits fondamentaux des personnes LGBTQ+ et plus particulièrement des personnes trans. On va on va probablement développer, mais pour mais.  A titre d'exemple, à peine Trump avait il prêté serment en 2017 que la page de la Maison Blanche consacrée aux personnes LGBT a été supprimée. Et puis, bien sûr, la décision la plus controversée de son premier mandat reste le rétablissement de l'interdiction faite aux Américains transgenres de servir dans l'armée américaine, alors que Barack Obama l'avait suspendue en 2016. Et pour Camel Harris, alors? Pour Camel Harris, effectivement. Alors là, ce qui est intéressant, c'est que oui, on a on a clairement une candidate qui est alliée du mouvement. Elle a reçu un soutien franc et massif du mouvement LGBTQ+. Hormis le Cabinet, cette association organisation gay conservatrice fidèle au parti républicain.  Les électeurs LGBTQ+ ne sont pas à considérer comme appartenant à un bloc monolithique. Donc moi, ce que j'ai envie de dire, c'est que ce mouvement dans ce mouvement, diversité et dissension coexiste, même si clairement, une victoire de Donald Trump ne sera pas synonyme de progrès pour les droits de ces personnes et donc pour le mouvement LGBTQ+, évidemment. Faire élire Kamala Harris est une question de vie ou de mort, surtout pour les personnes trans.  En quelle mesure Kamala Harris est-elle véritablement engagée sur les questions LGBT+ ? Anthony Castet: Harris est incontestablement une alliée du mouvement LGBTQ+. Elle se montre notamment au cours des Prides un peu partout dans le pays. Elle affiche clairement son soutien politique à ce mouvement. Et je dirais qu'en tant que telle, c'est une femme politique de conviction qui s'est forgée une carrière avec, chevillée au corps la défense du droit comme ligne de mire. Mais je dirais qu'elle est aussi capable de se remettre en question lorsqu'elle a tort. Et elle a fait qu'elle a fait des erreurs, notamment sur les questions d'orientation sexuelle et d’identité de genre.  Alors il faut savoir que, comme ministre de la Justice de Californie, on lui a reproché et on lui reproche encore sa fermeté sur la question de l'incarcération des personnes de couleur et notamment des personnes trans noires. On lui a aussi, on a aussi critiqué ses prises de position contradictoires sur la peine de mort, ce qui a suscité quelques remous, pour ne pas dire l'indignation, au sein du mouvement trans plus particulièrement. Mais je crois que, comme Harris a su entendre les critiques et elle a vraiment mené un travail de réflexion sur les préoccupations des populations les plus marginalisées du mouvement et a su se faire pardonner avec des gestes certes emblématiques, comme en s'excusant publiquement, en faisant acte de contrition ou en indiquant aussi les pronoms par lesquels elle souhaitait être désignée lors d'un discours à Los Angeles en 2019.  Je dirais en tout cas que son action politique en faveur des personnes LGBTQ+ ne remonte pas à l'élection de Joe Biden.  L'élection de Joe Biden a provoqué une réaction de rejet dans les états trumpistes. Les législateurs fidèles à Trump ont utilisé la loi comme arme de destruction massive pour invisibiliser les personnes trans. Anthony Castet Pendant le mandat de Joe Biden, on a vu se multiplier les propositions de loi transphobe dans de nombreux États américains. Est ce qu'une potentielle élection de Kaminari pourrait changer la donne ? Pour être tout à fait honnête, absolument pas. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'aux États-Unis, on est sur un système fédéral. Donc il y a l'État fédéral et vous avez les États fédérés. Et en fait, les États sont parfaitement libres d'adopter les politiques qu'ils entendent mener. S’ils décident de s’en prendre aux personnes trans, ils peuvent le faire facilement. Parce que les Républicains acquis à Donald Trump ont des majorités très claires dans plusieurs États, pour mener une guerre culturelle sans merci, sans états d'âme contre les personnes LGBTQ+.  Ceci étant, ce qu'il faut savoir, c'est qu'en fait ces lois transphobes sont apparues juste après l'élection de Joe Biden. L'élection de Joe Biden a provoqué une réaction de rejet dans les états trumpistes. Ce que l'on observe en fait, c'est que les législateurs fidèles à Trump ont utilisé la loi comme arme de destruction massive pour invisibiliser les personnes trans en les entravant, par exemple dans les domaines de l'accès à la santé et des soins qui, je le rappelle, visent à soutenir l'autonomie de ces personnes dans leur parcours de transition ou d'affirmation de genre dans l'accès à l'éducation. Et donc, au total, j'ai regardé les derniers chiffres qui sont assez spectaculaires. Près de 1600 projets de loi ont été déposés dans différentes législatures d'État depuis quatre ans. Entre 2022 et 2023, le nombre de projets de loi pénalisant les personnes trans a doublé. On a beaucoup entendu parler de la loi “Don’t say gay”. Ce texte était destiné à censurer les cours des enseignants et donc remettre en cause leur liberté académique pour tout ce qui concerne les questions autour de la race, l'orientation sexuelle, l'identité de genre et plus largement l'histoire des personnes LGBT+. Ron DeSantis, l'actuel gouverneur de Floride et qui a des prétentions présidentielles, livre une guerre culturelle sans états d'âme contre les personnes LGBTQ+ et plus particulièrement les personnes trans ainsi que la culture drag.  Donc je dresse un tableau un peu cataclysmique, mais je tiens à nuancer, parce qu’il ne faut pas douter un seul instant que ces nombreuses lois d’État ont pour la plupart été rejetées. Pour deux raisons : d'abord parce que ces lois sont une atteinte manifeste à la liberté d'expression qui est garantie par le Premier amendement ; et ensuite, parce que ces lois constituent également une privation de liberté pour les personnes LGBT+, notamment les personnes trans, ce qui pourrait remettre en cause leur constitutionnalité en vertu de l’égale protection des lois du 14ᵉ amendement, puisque ces lois stigmatisent une classe d'individus.  Est ce que tu peux expliquer et expliquer ce que c'est que l’Equality Act, pour l’instant bloqué au Sénat par les Républicains ? Et est ce que c'est vraiment quelque chose qui pourrait changer la donne pour les personnes LGBT ?  Cette loi est fondamentale parce qu'elle va protéger de la discrimination les personnes LGBTQ+. Mais moi je dis toujours qu'une loi n'est jamais invincible. C'est-à-dire qu'en fait on peut tout à fait ester en justice en contestant la loi face à la Cour Suprême. J'ai des tas d'exemples à citer où la Cour suprême a fini par juger que telle loi était inconstitutionnelle.  Donc en fait, en termes d'armes pour légiférer en faveur des droits LGBT, on a surtout le 14ᵉ amendement… Exactement. Essentiellement pour les deux raisons dont j'ai évoqués précédemment. C’est cet amendement qui permet de défendre des libertés qui sont jugées fondamentales, comme le mariage et puis, bien sûr, l'égale protection des lois : on s'assure en fait que la loi s'applique de manière uniforme à l'ensemble des citoyennes et des citoyens.  Prenons deux exemples. En 1996, la Cour Suprême adopte l’arrêt Romer v. Evans. En jeu : un amendement qui interdisait clairement la protection des personnes homosexuelles dans l'État du Colorado. Et donc le juge Kennedy a estimé que cet amendement était contraire à la clause de l’égale protection des lois du 14ᵉ amendement.  Autre exemple en 2003, avec l'abrogation des lois anti sodomie. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'au départ ces lois s'appliquaient de manière uniforme, peu importe votre orientation sexuelle. Et au début des années 70, l'État du Texas a décidé de changer la loi pour ne viser que les personnes homosexuelles. Là encore, des juges de la Cour Suprême ont estimé qu’il y avait eu une atteinte claire et nette à l'égale protection des lois du 14ᵉ amendement. Et donc les lois anti sodomie ont été jugées anticonstitutionnelles.  Les Américain·es LGBTQ+ ont subi de plein fouet une citoyenneté de seconde zone. Anthony Castet La Cour Suprême a donc un rôle très important aux États-Unis, elle a permis des avancées, mais il y a aussi un risque de retour en arrière. On sait que Joe Biden avait en quelque sorte sanctuarisé le mariage pour tous grâce à une loi votée par le Congrès en 2022. Mais est ce que les autres droits peuvent être en sursis quelque part ? Oui, bien sûr. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a des phases de flux et de reflux aux États-Unis et que donc les droits ne sont jamais véritablement acquis. N'importe qui peut les remettre en cause à partir du moment où vous faites appel aux opérateurs juridiques.  Les droits acquis grâce à la Cour Suprême, ils étaient déjà dans la Constitution, ils sont dans les textes fondateurs. Mais ce qu'il manquait, c'était des activistes, des militants, des penseurs qui ont finalement réussi à articuler ces textes fondateurs avec les nombreux récits authentiques des personnes LGBTQ+ et ce qu'ils vivaient. Bien sûr, la citoyenneté étasunienne des minorités sexuelles et de genre s'est construite sur la base d'une injonction à une sexualité procréatrice, s'est construite sur la base d'une criminalisation de la sodomie et d'une opposition féroce à la reconnaissance de droits et de toute forme d'égalité. C’est ce qu’on peut appeler la politique du dégoût. C'est une politique déshumanisante qui s'est progressivement instaurée au XXᵉ siècle jusqu'au plus haut sommet de l'Etat fédéral.  Les Américain·es LGBTQ+ ont subi de plein fouet une citoyenneté de seconde zone. De quelle manière ? En les contraignant à l'effacement, au refoulement, à la placardisé tion, à la compartimentation de leur vie, à l'homophobie intériorisée et aussi au phénomène de la outing, ce qui n'est pas sans effet sur la santé mentale de ces personnes. Maintenant, il est vrai que malgré cette longue histoire marquée par l'oppression, les questions LGBTQ+ sont passées lentement mais sûrement de l'ombre à la lumière, ouvrant la voie à des victoires décisives en termes de visibilité sociale, d'avancées juridiques, mais aussi de représentation politique.  L’élection du 5 novembre peut-elle changer la donne ? L'élection ne ne va rien changer de manière significative par rapport à la Cour suprême, hormis le pouvoir de nomination du Président. Et donc si Trump est réélu, je pense que la plus grande crainte pour le mouvement LGBTQI+, c'est que Donald Trump soit en mesure de nommer de nouveaux juges extrêmement conservateurs. Après la révocation du droit à l’avortement (l’arrêt Roe v. Wade, en 2022), le juge Clarence Thomas n'a pas caché son souhait de démanteler certains des droits fondamentaux des Américaines et des Américains LGBTQ+, des droits acquis au niveau fédéral. Et parmi eux, le droit à la vie privée, avec donc le possible retour de loi contre la sodomie et puis bien sûr le mariage pour les couples de même sexe. Si Trump est élu, c’est un scénario possible ? Bien entendu. Avant la révocation de l’arrêt Roe v. Wade, on disait très souvent que les juges ne retoquaient pas la jurisprudence. Mais aujourd'hui, avec ce qui s'est passé en 2022 et la révocation du droit fédéral à l'avortement, oui, tout est possible. Parce qu'en fait, de ce droit fédéral à l'avortement découle un certain nombre d'autres libertés, notamment le droit à la vie privée. Et donc, dans l'affaire Lawrence vs Texas de 2003, qui a abrogé les lois anti sodomie, ce que le juge Kennedy a tenu absolument à sanctuariser, c'est le droit à la vie privée. À partir du moment où on a désormais des juges extrémistes qui affichent leur intention politique en disant qu'ils étaient prêts à se saisir des droits fondamentaux des Américains et des Américains LGBTQ+ parce qu'il estime que l'orientation sexuelle et l'identité de genre ne sont pas des caractéristiques immuables et que la reconstitution que la Constitution des États-Unis ne leur reconnaît pas des droits au sens strict du terme, alors on a de quoi s’inquiéter. il y a une brèche ouverte dans le mur de séparation entre les Églises et l'Etat, et la liberté religieuse est érigée en dogme absolu pour justifier une différence de traitement à l'égard d'un groupe minoritaire, à savoir la communauté LGBTQ+. Anthony Castet Dans ton livre, tu parles d'une guerre culturelle menée contre les LGBT+ notamment par l'Église. On sait que les Etats-Unis mettent beaucoup en avant la liberté religieuse et que, et notamment on a vu récemment que la Cour suprême a joué contre les droits LGBT au nom de cette liberté religieuse. Récemment, une créatrice de sites web a pu refuser ses prestations à un couple homosexuel au nom de sa foi chrétienne. Donc on voit que là, la liberté d'expression l'emporte complètement sur la non-discrimination. Est ce que tu peux nous parler rapidement de cette question de la liberté religieuse qui dessert en fait les LGBT ? Ce qu'il faut savoir, c'est que pour des raisons historiques, la religion occupe une place centrale dans la construction de la nation américaine. Elle participe intégralement à la structuration de la vie publique. Les responsables politiques sont invités à parler publiquement de leur foi pour mettre en avant leurs qualités vertueuses. Mais même si effectivement la liberté religieuse est protégée par le premier amendement, il ne faut pas oublier que la Constitution fédérale est avant tout un document séculier et humaniste. C'est-à-dire que c'est un document qui ne prend le parti d'aucune religion. Au départ, cet amendement était destiné à protéger les Églises d'une éventuelle dérive autoritaire du pouvoir politique et d'éviter toute persécution religieuse, faisant du pays un véritable refuge pour ces peuples opprimés en raison de leur croyance religieuse. Ça, je dirais, c'est c'est la base, c'est le contrat.  Maintenant, ce qu'on observe et ce que tu mentionnes à juste titre, c'est qu'il y a une brèche ouverte dans le mur de séparation entre les Églises et l'Etat, et la liberté religieuse est instrumentalisée. Elle est érigée en dogme absolu pour justifier une différence de traitement à l'égard d'un groupe minoritaire, à savoir la communauté LGBTQ+. Et d'ailleurs, c'est là une des caractéristiques de cette guerre culturelle qui est menée contre le mouvement LGBTQ+. Et donc, si effectivement, les croyances religieuses ne peuvent être ni reconnues ni considérées comme supérieures aux lois du pays, les risques éventuels des empiètements religieux sont rigoureusement écartés, mais ils sont réels.  J'ai un exemple en tête : en 2015, au moment où justement la Cour suprême valide le mariage pour les couples de même sexe, Kim Davies, greffière du Kentucky, élue au suffrage universel, qui a souvent basculé entre le camp démocrate et le camp républicain, a été inculpée et même brièvement incarcérée pour outrage. Elle n'était pas parvenue à faire valoir son droit à une objection de conscience en refusant de permettre à des couples de même sexe de se marier.  Lorsqu'on a des responsables politiques qui s'emparent de la morale pour légiférer au nom de leurs convictions morales, alors je mets des guillemets conviction morale profonde et sincère sans avoir à revendiquer leurs motivations religieuses. Pour moi, cette stratégie politique vise à cimenter un ordre itératif qui nous amènerait à une théocratie. Il suffit que l'orientation politique choisie soit étiquetée comme étant morale, bonne pour le pays, pour s'insinuer dans la loi. Et pour moi, c'est un processus, là, qui est pernicieux, parce que le processus démarre par une revendication à la liberté religieuse, et elle se conclut par l'adoption de lois extrémistes contre l'avortement, contre les personnes trans, sans que la religion n'ait besoin d'être mentionnée dans le texte législatif. Est ce que tu pourrais un peu nous nous parler du tissu associatif LGBT aux États-Unis? Quelle force de frappe les associations en cas de victoire de Donald Trump, par exemple ? Alors oui, les associations, les organisations font beaucoup de bruit. Elles sont essentielles en démocratie pour marquer leur opposition en cas d'attaque ou de politiques régressives. Mais ce que l'on observe, c'est que la structuration du mouvement LGBTQ+ aux États-Unis s'est construite autour d'une multitude d'organisations militantes très actives, très variées, avec de grandes divergences dans leurs stratégies politiques. Cela dit, je dirais qu'il y a une certaine émulation entre ces organisations qui, je trouve, est particulièrement utile en démocratie pour justement faire avancer le débat d'idées. Malgréune forme de concurrence entre elles, elles ont le mérite d'exister et de faire avancer, d'éclairer les consciences et de faire avancer ces questions. Quelques chiffres pour s'en convaincre : 68 % des électeurs, toutes orientations sexuelles confondues, se déclarent sensibles à la question du traitement des personnes LGBTQ+. C'est quand même un chiffre relativement important. Et parmi ces électeurs, on a 30 % qui déclarent voter pour un candidat qui soutiendra leurs convictions dans ce combat pour l'égalité des personnes LGBTQ+.  Maintenant, ce qu'il faut savoir, c'est qu'aux États-Unis, pour garantir la pérennité de ces associations et de ces organisations, l'argent est un gage de solidité et de fiabilité. C'est un moteur essentiel qui permettra à ces organisations d'exister, bien entendu au sein de l'espace public, afin d'asseoir leur crédibilité, d'occuper l'espace médiatique et culturel tout en œuvrant à la réalisation de leurs objectifs et en formant, il faut le dire, une nouvelle génération de militants et de cadres, afin que ces personnes puissent se lancer en politique, voire même occuper des postes clés à la Maison-Blanche. Donc, ce que je dirai, c'est que la conquête des cœurs et des esprits perdure et exige patience et détermination malgré de possibles revirements. Présentation : Zoé Monrozier Réalisation : Colin Gruel Programmation musicale : Ding Dong, de Sylvia Kreusch
L'HEBDO — Cineffable, un festival pour célébrer le cinéma lesbien et féministe24 Oct 2024
Jeudi prochain, c'est le coup d'envoi de la 36e édition du festival international du film lesbien et féministe de Paris, j'ai nommé le festival Cineffable. On fait le point sur la programmation et l'histoire du festival avec deux bénévoles qui travaillent justement à la sélection des films qui sont projetés à Cineffable : Patty et Sarah-Anaïs. > Retrouvez toute la programmation du festival sur le site de Cineffable : https://www.cineffable.fr/fr/f_prog.htm
L'HEBDO — Comment les discours transphobes se sont-ils imposés en France ?17 Oct 2024
La militante trans Maud Royer est notre invitée cette semaine à l'occasion de la sortie de son essai "Le lobby transphobe" (éditions Textuel) Ils sont peu nombreux mais font beaucoup de bruits. Ils sont militantes féministes, psychanalystes ou parents d'ados trans, membres d'associations ou auteurs de livres, et murmurent à l'oreille des politiques. Eux, ce sont les transphobes. Et selon notre invitée Maud Royer, on pourrait désormais carrément parler d'un lobby. Que s'est-il passé pour qu'un discours transphobe, importé des États-Unis ou de Grande-Bretagne, réussisse à s'imposer en France ? Comment la panique morale a-t-elle réussi à prendre ? Comment s'organise l'offensive médiatique ? ` C'est à ces questions et à beaucoup d'autres que Maud Royer, présidente de l'association Toutes Des Femmes, répond dans son nouvel essai, Le Lobby transphobe, qui vient de paraître aux éditions Textuel. Elle est notre invitée cette semaine. La transcription de l'épisode n'est pas encore disponible, désolé ! L'équipe de l'émission Présentation : Diego de Cao Réalisation : Colin Gruel Musique de fin : No genius de Raissa et Redcar Générique : Jacob de Lucie Antunes
Karim Kattan : gaies amours à l'ombre des checkpoints israéliens15 Oct 2024
Nous recevons l'auteur palestinien Karim Kattan pour son dernier livre "L'Éden à l'aube" (éditions Elyzad), qui paraît un an après le début du génocide à Gaza Dans une Palestine fantastique, peuplée de joyeuses légendes malgré le poids de la colonisation, Isaac et Gabriel s'aiment. Karim Kattan raconte leur histoire d'amour dans un livre, L'Éden à l'aube, sorti à la fin de l'été. Un an après le 7 octobre, son roman nous fait voyager à Jérusalem, une ville terrassée par le khamsin, un vent violent qui ensevelit tout sous le sable. Et il nous montre une Palestine réenchantée, même si la guerre rôde partout autour des deux amants. Venez rencontrer Karim Kattan en librairie ! 17 octobre : Librairie La P’Tite Denise, Saint-Denis 18 octobre : Librairie Les Mots à la Bouche, Paris 14 novembre : Librairie Les Traversées, Paris 16 novembre : Institut du Monde Arabe, Paris 📖 Cette semaine sort l'ouvrage collectif Que ma mort apporte l'espoir, que vous pouvez pré-commander ici : https://www.editionslibertalia.com/catalogue/orient-xxi/que-ma-mort-apporte-l-espoir-poemes-de-gaza 👉 À lire : la tribune de Karim Kattan dans le journal Le Monde publiée le 8 octobre dernier : https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/10/08/karim-kattan-ecrivain-palestinien-pourquoi-gaza-a-t-elle-disparu-derriere-des-sophismes-des-approximations-des-murmures-desoles_6346692_3232.html L'agenda : OUT ! La teuf En deuxième partie d'émission, place à un événement queer en Île-de-France. Ce soir, pleins feux sur OUT ! La teuf, une soirée proposée par l'AJL, l'associations des journalistes LGBTI+. Rendez-vous ce samedi à Césure pour des tables rondes, un show résolument queer animé par notre ami Miroslav Toi les mains, et des DJ sets. Pour prendre ses places (à prix doux) c'est par ici > https://www.helloasso.com/associations/ajl Programmation musicale — Réparer le monde, Léonie Pernet (2024) — Big dreams, Maddy Street (2024) L'équipe de l'émission Présentation : Colin Gruel Interviews : Lucie Chroniques : Lisa et Nelly Réalisation : Suzanne Saint-Cast
L'HEBDO — Nommer la lesbophobie pour mieux la combattre10 Oct 2024
Sarah Jean-Jacques et Sophie Pointurier viennent de publier "Le déni lesbien" (Ed. Harper Collins), un livre rempli de témoignages de femmes lesbiennes. Il y a quatre ans sortait le livre Le Génie Lesbien d’Alice Coffin. Un titre provocateur pour les uns et… très sérieux pour les autres. Ce qui est clair, c’est que le titre comporte le mot “lesbien”, et ça… c’est pas si courant et ça a été une belle occasion de mesurer ce que ce mot provoque lorsqu’il est prononcé, assumé, brandi.  Comme un écho, les deux chercheuses Sarah Jean-Jacques et Sophie Pointurier, fondatrices de l'Observatoire de la Lesbophobie, viennent de publier Le déni lesbien. Elles ont rencontré une vingtaine de femmes lesbiennes, de la journaliste Marie Labory à l'autrice Fatima Daas en passant par l'humoriste Tahnee et la sénatrice écologiste Mélanie Vogel, qui racontent leurs expériences de lesbophobie. La transcription n'est pas encore disponible. L'équipe de l'émission Présentation : Zoé Monrozier Réalisation : Colin Gruel Programmation musicale : Sweet bitch, extrait du nouvel EP de Maddy Street, qui sort aujourd'hui !
L'HEBDO — Mélanie Vogel, une lesbienne au Sénat04 Oct 2024
Cette semaine, on a la chance de recevoir la sénatrice écologiste lesbienne Mélanie Vogel, pour avoir son regard sur la situation politique, deux mois après la victoire de la gauche aux Législatives anticipées. Dans un Sénat largement acquis à la droite, depuis de nombreuses années, Mélanie Vogel détonne. Élue en septembre 2021, la sénatrice des Français-es établis hors de France se positionne comme féministe et antiraciste, alors même que le gouvernement fraîchement nommé s’oppose à l’égalité des droits des personnes LGBTQIA+; avec pas moins de huit ministres héritiers de la Manif pour tous. Comment la parole des minorités peut-elle encore se faire entendre dans le monde politique ? Pourquoi la présence de personnalités queer au sein d’institutions politiques comme le Sénat peuvent-elles changer la donne ? Comment arrive-t-on à se faire entendre en tant que femme lesbienne sur une scène politique très conservatrice ? On va lui poser la question. La transcription de cet épisode n'est pas encore disponible. L'équipe de l'émission Présentation : Juliette Mouëllic Réalisation : Colin Gruel Programmation musicale : Bizarre, le dernier titre de l'artiste hyperpop Thx4Crying Suivez-nous sur Instagram !
L'HEBDO — La Flèche d'or rouvre ses portes !27 Sep 2024
Lieu queer et politique incontournable du 20e arrondissement, La Flèche d'or rouvre ses portes après 4 mois de fermeture forcée pour travaux. Les amoureux.ses de la nuit parisienne connaissent bien La flèche d’or. Pour celleux qui ne la connaissent pas, on vous raconte. Dans le 20e arrondissement de Paris, rue de Bagnolet, au pied de l’église de Saint-Blaise, entre les jolies maisons basses et les graffitis, il y a une ancienne petite gare. La gare de Charonne. Elle flotte sur les rails de la petite ceinture de Paris. Toit de briques rouges, un magnifique mur vitré. Et il s’en passe des choses dedans. C’est un lieu de fête, DJ sets, concerts, drag, stand up, mais c’est aussi un lieu éminemment politique avec un versant associatif, maraudes, aides alimentaires ou encore cantine solidaire.  Mais ce lieu magnifique a vécu une année 2024 mouvementée. Fermé pendant 4 mois à cause d’une remise aux normes, il a rouvert en juin, non sans difficultés financières. Mais ouf ! Ce week-end, les 27, 28 et 29 septembre, la Flèche d’or fête les 4 ans du lieu tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec un programme alléchant. Pour en parler, nous recevons Adé Mpundu, responsable des activités socioculturelles et solidaires de la Flèche d’or.  La transcription de cet épisode n'est pas encore disponible. Rendez-vous sur le site internet de la Flèche d'or et sur ses réseaux sociaux pour retrouver le programme détaillé : https://flechedor.org/ L'équipe de l'émission Présentation : Antonella Francini Réalisation : Colin Gruel Musique de fin : Méchant.e.s, de Grace et Volupté Van Van, un groupe de rap queer toulousain à découvrir sur leur Bandcamp : https://gracevoluptevanvan.bandcamp.com/ Générique : Jacob, de Lucie Antunes
L'HEBDO — Roméo et Julio : drame shakespearien au pays des drag kings20 Sep 2024
Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! Cette semaine avec le drag king Arthur Rainbow
Le Cabaret des dessous lesbiens + Visibilité bi17 Sep 2024
Au programme cette semaine : un cabaret lesbien, et une journée de visibilité bi ! En 2019, Léa Lootgieter et Pauline Paris publient Les dessous lesbiens de la chanson (éditions iXe), un passionnant ouvrage qui retrace une histoire de la chanson lesbienne des 20e et 21e siècles. 5 ans et une réédition plus tard, le livre se décline en cabaret. Après une première édition auréolée de succès en juin, le spectacle sera de retour ce dimanche 22 septembre Chez Olympe à Pantin, pour une édition spéciale drag king, puis le 2 octobre aux Trois Baudets. Sur scène : Adrienne Pauly, Mélodie Lauret ou encore le drag king Power Beautom. Et en seconde partie, on parle de bisexualité et de biphobie. Lundi prochain, ce sera la journée internationale de visibilité bi, et la veille, pour l'occasion, l'association Bi Cause et le collectif Bi Pan Paris organisent une marche et une soirée festive au Pas Si Loin à Pantin. On en parle avec Vi-Vi et Lucille qui viennent représenter ces deux assos !
L'HEBDO — Au Japon, la lente avancée des droits pour les LGBTI+ (REDIFFUSION)13 Sep 2024
Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! Cette semaine avec Aline Henninger, historienne
Le salon de beauté de Quentin Zuttion + Queer sur l'herbe10 Sep 2024
L'équipe du Lobby est de retour en direct cette semaine avec deux invité.e.s : l'auteur de BD Quentin Zuttion et la performeuse Jeanne. Quentin Zuttion est de retour ! Dans Salon de beauté (Éditions Dupuis), adapté du roman de Mario Bellatin, il raconte l'histoire de Jeshua, flamboyant coiffeur confronté brutalement à une épidémie dévastratrice. Son salon devient alors un refuge pour les malades dont il s'occupe. Quentin Zuttion vous donne rendez-vous le 25 septembre à 19h à la Librairie ICI à Paris pour une rencontre. En seconde partie, nous recevons Jeanne, l'organisatrice des après-midi Queer sur l'herbe. Depuis trois ans, ces shows queers se jouent gratuitement aux Buttes Chaumont et s'y retrouvent des drag queens, des chanteureuses, des circassien.nes et des personnes du milieu associatif et militant. Prochain rendez-vous le 14 septembre pour une édition anniversaire de Queer sur l'herbe ! Programmation musicale — Parapatxi, Patxi Arsa — I will die 4 u, Lauren Auder L'équipe de l'émission Présentation : Colin Gruel Interview : Antonella Chronique : Cha Réalisation : Suzanne Saint-Cast
L'HEBDO — Harcèlement scolaire : comment rendre l'école plus sûre pour les LGBT ? (REDIFFUSION)06 Sep 2024
Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! Cette semaine avec la sociologue Gabrielle Richard, et avec Cha Tisserand-Burnel, membre du collectif Queer Education
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