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Explore every episode of the podcast Le Jardin - podcast littéraire

Dive into the complete episode list for Le Jardin - podcast littéraire. Each episode is cataloged with detailed descriptions, making it easy to find and explore specific topics. Keep track of all episodes from your favorite podcast and never miss a moment of insightful content.

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J’échappe à tous les radars : rencontre avec Anna-Livia Marchionni, autrice du livre L’électricité dans mon corps, lauréate du Prix de L’Instant 202615 sept. 202600:46:16

Le livre d’Anna-Livia Marchionni, L’électricité dans mon corps, paru aux Éditions du Sonneur, vient de recevoir le Prix de L’Instant 2026, remis cette année sur la péniche littéraire Nanna, située juste à côté de Notre-Dame.

Nous nous sommes retrouvés un peu plus tard avec l’autrice dans un parc ensoleillé pour parler de livre, de marginalité, de pression sociale et de toutes ces voix dans nos têtes qui nous poussent à nous comporter de telle ou telle manière.

Rejoignez-nous dans le jardin.

Plus d’informations sur le livre sur le site de l’éditeur https://www.editionsdusonneur.com/livre/lelectricite-dans-mon-corps/ 

Les interviews des lauréats du Prix de L’Instant

2021 : Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot de Mika Biermann, Éditions Anacharsis > https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/8814343

2022 : Amour, extérieur nuit de Mina Namous, Éditions Dalva > https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/10835423

2023 : Tropicale tristesse de Jean-Baptiste Maudet, Éditions Le Passage > https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/15016920

2024 : Le Ciel en sa fureur d’Adeline Fleury, Éditions de l'Observatoire > https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/15473536

2025 : Scarborough de Luc Dagognet, Éditions Do > https://lejardin-podcast.buzzsprout.com/1756912/episodes/17489704 

Les conseils musicaux de l’autrice 

Ces trois conseils font l’objet de très courtes citations musicales dans le podcast.

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Rendez-vous à Tokyo : une chanson d’amour au cœur de l’été 17 août 202600:03:06

J’ai écrit cette chanson pendant la pandémie de Covid en mémoire d’un amour lointain vécu au Japon.

Comme l’été est propice aux amours éphémères et durables, je vous en propose une version en musique.

Vous pouvez aussi (re)découvrir la chanson en hommage à Yayoi Kusama en suivant le lien > https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/18626648

Voici l’intégralité des paroles :

Rendez-vous à Tokyo

Tu m'as donné rendez-vous à Tokyo,
Au pied de la statue d'un chien fidèle.
Tu m'as donné rendez-vous à Tokyo, 
Garçon de Shibuya aux airs rebelles.

Mais où vont tous ces gens qui ne connaissent pas,
La douceur de ta peau, la chaleur de tes reins.
Dis-moi des mots d'amour sous le soleil bas.
Mais où vont tous ces gens qui ne connaissent rien.

J'ai brûlé de désir pour toi dans la grande ville,
Ton corps arc-en-ciel tout en néons.
J'ai brûlé de désir pour toi dans la grande ville, 
Perdus dans des ruelles sans nom.

Mais où vont tous ces gens qui ne connaissent pas,
La douceur de ta peau, la chaleur de tes reins.
Dis-moi des mots d'amour sous le soleil bas.
Mais où vont tous ces gens qui ne connaissent rien.

Oublie les mesquineries, les envieux, les jaloux.
Dans le parc résonne le cri des corbeaux.
Reste avec moi : allez ! Viens ! Tentons le coup ! 
Dans le parc résonne le cri des corbeaux.

Mais où vont tous ces gens qui ne connaissent pas,
La douceur de ta peau, la chaleur de tes reins.
Dis-moi des mots d'amour sous le soleil bas.
Mais où vont tous ces gens qui ne connaissent rien

Il s’agit d’un amour gay et transnational comme vous l’aurez peut-être deviné. 

Le temps a passé et Tokyo ne dessine plus à mes yeux la même carte du trendre ; mais je veux rendre hommage aux amours perdues comme aux amours naissantes 

et je vous souhaite un bel été !

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Quand chante le Sabiá : une petite anthologie de la poésie brésilienne20 juil. 202600:50:49

Bienvenue dans un voyage au cœur de la poésie brésilienne, une invitation à parcourir plusieurs siècles de création littéraire, du romantisme au modernisme, à travers les plus grandes voix du Brésil. Dans cet épisode, les mots résonnent en portugais, cette langue si musicale, avant de se dévoiler en français, pour laisser entendre toute la richesse de leurs images et de leurs émotions.

Au fil des poèmes lusophones, la nature devient une présence vivante : les forêts tropicales, les fleuves, les plages, les montagnes, les fleurs de maracujá, les colibris, les palmiers… et surtout le sabiá, l'oiseau emblématique du Brésil dont le chant est inséparable de la saudade, ce mot portugais presque intraduisible qui exprime à la fois le manque, la nostalgie, le désir et la tendresse.

Cette anthologie nous entraîne dans un pays de contrastes, où la beauté des paysages dialogue avec l'histoire, les souvenirs, l'amour, les rêves, la mélancolie et les combats pour la liberté. De Fagundes Varela à Carlos Drummond de Andrade, de Júlia da Costa à Manuel Bandeira, chaque poète offre une facette différente de l'âme brésilienne.

Fermez les yeux, laissez-vous porter par la musicalité du portugais, par le souffle des mots et par les silences qui les accompagnent. Que vous soyez amoureux de littérature, curieux de la culture lusophone ou simplement en quête d'un moment de beauté, ce voyage poétique vous invite à écouter le Brésil autrement : à travers sa langue, ses paysages, ses oiseaux, ses rêves… et cette saudade qui continue de chanter, comme le sabiá, longtemps après que le poème s'est achevé.

Le livre important pour ce podcast, c’est l’anthologie :

LA POÉSIE DU BRÉSIL du XVIe au XXe siècle, choix & présentation de Max de Carvalho, une anthologie de poèmes brésilien, parue aux Éditions Chandeigne en octobre 2012

Liste des poètes et des poésies sélectionnés

Romantisme

  • Fagundes Varela (1848-1875) A FLOR DO MARACUJÁ / LA FLEUR DE LA PASSION
  • Júlia Da Costa (1844-1911) PRIMAVERA / PRINTEMPS 
  • Castro Alves (1847-1871) VERSOS DE UM VIAJANTE / VERS D'UN VOYAGEUR 

Parnasse

  • Alberto De Oliveira (1857-1937)  A VOZ DAS ÁRVORES / LA VOIX DES ARBRES 
  • Raimundo Correia (1859 - 1911)  ÁRIA NOTURNA / ARIA NOCTURNE 
  • Olavo Bilac (1865-1918)  NUMA CONCHA / DANS UN COQUILLAGE 
  • Francisca Júlia (1871-1920) RÚSTICA/ RUSTIQUE 

Symbolisme

  • B. Lopes (1859-1916) NAMORADOS / LES AMOUREUX 
  • Cruz e Sousa (1861-1898) CAVEIRA / TÊTE DE MORT 

Modernisme

  • Manuel Bandeira (1886-1968)  LUA NOVA / NOUVELLE LUNE et SEGUNDA CANÇÃO DO BECO / DEUXIÈME CHANSON DE L'IMPASSE 
  • Oswald de Andrade (1890-1954) MEUS OITO ANOS / MES HUIT ANS
  • Guilherme De Almeida (1890-1969) MORMAÇO / TOUFFEUR 
  • Mário Quintana (1905-1994) COCKTAIL PARTY et OPERAÇÃO ALMA / OPÉRATION ÂME 
  • Carlos Drummond de Andrade (1903-1987) A PUTA / LA PUTE 
  • Thiago de Mello (1927-2010)  O ANIMAL DA FLORESTA / L'ANIMAL DE LA FORÊT
  • José Paulo Paes (1926-1998) A CASA / LA MAISON

Les courts extraits musicaux

Construção, Chico Buarque : le texte décrit la journée d’un ouvrier avec une construction grammaticale remarquable et une forte critique sociale.

https://youtu.be/wBfVsucRe1w?is=QaWT9pKFVXXXi_vr

Águas de Março, Tom Jobim : une succession d’images poétiques inspirées de la nature qui évoquent la fin de la saison des pluies et le renouveau. 

https://youtu.be/g2P_OupxkB8?is=cs42oAcoHuyiTgSk

Travessia, Milton Nascimento (paroles de Fernando Brant) : une chanson d’une grande intensité

https://youtu.be/tBa2Z28oPRU?is=YwoCFuabCTMyuU86

Une bossa nova libre de droit vient ajouter un rythme brésilien, merci leberch sur Pixabay.


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Contre le backlash anti-woke : trois romans pour comprendre les violences faites aux femmes28 juin 202600:26:22

Féminicides, violences faites aux femmes et littérature, je vous présente trois romans pour “rester éveillés”.

Avec les autrices Patricia Melo (Brésil) et Dahlia de la Cerda (Mexique), je vous propose en effet un épisode sur le féminisme, la colère et la puissance de la littérature.

Il m’a été inspiré par la lecture successive de trois magnifiques romans :

Celles qu'on tue, Patrícia Melo, traduction d’Elodie Dupau, 2023, Éditions Buchet/Chastel (puis 2024 chez 10/18 pour la version poche)

Mexico Médée, Dahlia de la Cerda, traduction de Lise Belperron, 2026, Éditions du sous-sol (pas encore paru en poche)

Chiennes de garde, Dahlia de la Cerda, traduction de Lise Belperron, 2024, Éditions du sous-sol (puis 2025 chez Points en poche)

En introduction de cette épisode, vous entendez un très court extrait de la chanson Master Teacher d’Erykah Badu : https://youtu.be/Dieo6bp4zQw?si=-m2FsPTgDdr1wVEe 

Vers la 7e minute, vous pouvez entendre un très court extrait de la chanson d’Eddy de Pretto, Kid : https://youtu.be/XfbM3LD0D9Q?si=xW7L7h71xlg--nw1

Enfin vers la 13e minute, vous découvrez un extrait de la chanson Ni Miedo Ni Piedad du rappeur mexicain Eme Malafe, les paroles de cette chanson sont traduites dans Mexico Médée : https://youtu.be/uemD1_C9u7o?si=NHLWsZ30pjAVL2ZK 

En vignette d'illustration du podcast, j'ai repris l'idée des éditions du sous-sol avec une image inspirée par la grande photographe mexicaine Graciela Iturbide (née le 16 mai 1942 à Mexico).

Je vous lis plusieurs extraits au cours du podcast.

En voici un, situé pages 157 et 158 de l’édition de poche du livre de Patricia Melo paru chez 10/18 :

« La Femme aux Pierres Vertes reprend :

- C'est un fait que les hommes ont des élans d'agressivité, nous en avons tous, mais les hommes, eh bien, ils sont... hum... pense à un réservoir d'agressivité : chaque fois que les hommes reçoivent un non, chaque fois que quelqu'un (et surtout quelqu'une) leur désobéit, chaque fois qu'ils bataillent dans les bouchons, qu'ils perdent les élections, qu'ils perdent la face, qu'ils perdent un pari, un jeu, de l'argent, chaque fois qu'ils prennent une cuite, qu'ils sont réprimés, qu'ils ratent quelque chose, qu'ils ne bandent pas, que nous rions d'eux, qu'ils sont rejetés, leur réservoir se remplit un peu plus. Et s'ils se prennent un nouveau savon de leur chef, si leur équipe perd encore le championnat, si leur monnaie perd de la valeur, si la voiture de devant leur fait une queue de poisson, si leur ami reçoit une augmentation, eh bien, tout ce sentiment de contrariété jette de l'huile sur le feu, toute cette énergie s'accumule dans le réservoir d'agressivité, qui se remplit, se remplit, et déborde d'agressivité contenue, et cette agressivité doit périodiquement être déchargée, pour ne pas faire exploser le réservoir ou même le tuer d'une attaque cardiaque. Alors vient la décharge. Les vannes s'ouvrent. Et toute cette fange tombe sur qui ? Sur les femmes. Tuer des femmes est la soupape de sécurité de la mono-haine des protomachos. Bien sûr que je parle d'une façon générale. Une partie des protomachos déverse sa fange sur les homosexuels, les immigrés, les transgenres, les Noirs, les pauvres, mais la majorité, la grande majorité, concentre toute sa haine sur les femmes. Le protomacho est mono-agressif. C'est pour cette raison qu'ils ont été bannis de notre paradis. Alors que notre haine sert à beaucoup de choses.

Nous sommes ici pour en parler : que faisons-nous de notre haine ? »

Extrait de Chiennes de garde, tiré des pages 66 et 67 de l’édition parue chez Points en poche, dans une traduction de Lise Belperron :

« Tu te rends vite compte qu'on ne progresse qu'en foutant le bordel. Pas beaucoup, mais quand même.

Tu captes que le gars de la rue d'en face braque des banques et conduit déjà un pick-up ou que le voisin pickpocket s'est acheté son écran plat ou que le gamin qui bosse comme tueur à gages porte des baskets de marque. Et tu compares ça aux gonzesses, jeunes ou vieilles, qui même en bossant du lever au coucher du soleil à l'usine ou dans les beaux quartiers pour nettoyer la merde des riches, même en passant leurs journées à vendre des donuts, n'arrivent pas à s'en sortir. Tu compares ce que gagne un voyou avec ce que tu gagnes toi en te crevant au boulot, et je te jure, pour de vrai, chéri, ça donne envie de ruer dans les brancards, de choper la vie par la peau du cou, de prendre des risques.

Moi je n'arrêtais pas de penser : "Et si j'allais sauter des palissades avec mon frère, et si je me mettais avec le Tongolo pour braquer des banques ?" Ça me donnait envie. Je fantasmais, je fantasmais à l'idée de faire des conneries et m'acheter mes propres affaires : des Vans avec des lacets impeccables, des saucisses et des cochonneries plein le frigo. Je ne sais pas, que des conneries. Jusqu'au jour où le désespoir m'est tombé dessus, derrière la nuque, tellement la faim nous tordait le ventre. Alors j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai volé son couteau à mon frangin. Je l'ai aiguisé avant d'aller dans la rue.

Je me suis vouée au Diable, parce que dans ce genre d'affaires, tu peux pas compter sur Dieu. J'ai sauté dans un bus, je suis descendue, j'ai parcouru plusieurs rues, je suis arrivée dans un quartier rempli de bars et j'ai cherché un enfoiré de petit bourge trouillard avec une tête de crétin pour lui extorquer son fric, son fric qui venait sûrement de l'exploitation de gens de mon quartier. J'en ai trouvé un tout couillon bourré comme un coing, et je lui ai dit: "Continue à marcher, bâtard. Fais pas le malin, ou je te plante deux trois fois dans le cul, fils de pute. Donne-moi ton portable, ton portefeuille, tes baskets, bâtard; tous tes bijoux, pédé. Fais gaffe, joue pas au con." Je l'ai complètement dépouillé. Cinq mille pesos en deux minutes, mon gars. J'suis bien une meuf de mon quartier, quoi. »

En introduction, je parle du concept "woke" et je lis une traduction du très beau texte de Martin Luther King tiré d'un discours prononcé en juin 1965, à l'université Oberlin dans l’Ohio. Voici ici la version originale :

"All I'm saying is simply this: that all mankind is tied together; all life is interrelated, and we are all caught in an inescapable network of mutuality, tied in a single garment of destiny. Whatever affects one directly, affects all indirectly. For some strange reason I can never be what I ought to be until you are what you ought to be. And you can never be what you ought to be until I am what I ought to be - this is the interrelated structure of reality. John Donne caught it years ago and placed it in graphic terms: 

No man is an Island, entire of itself; every man is a piece of the continent, a part of the main... 

And then he goes on toward the end to say: any man's death diminishes me, because I am involved in mankind; and therefore never send to know for whom the bell tolls; it tolls for thee. 

And by believing this, by living out this fact, we will be able to remain awake through a great revolution."


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“Mais qu’est-ce que c’était que la mer ?” : Goliarda Sapienza, L’Art de la joie, et quatre autres livres20 mai 202600:47:37

“Mais qu’est-ce que c’était que la mer ?” 

Le titre de cet épisode est une courte citation tirée du tout premier chapitre de L’Art de la Joie, le chef-d’œuvre de l’autrice italienne Goliarda Sapienza. Tout l’épisode est dédiée à cette écrivaine de génie. Écoutez jusqu’à la fin pour profiter de la lecture des extraits de livre !

La force de l’écriture de Goliarda Sapienza tient à son mélange rare de liberté, d’intensité psychologique et de vitalité sensuelle. Elle écrit sans morale imposée, sans idéologie rigide, avec une franchise presque physique sur le désir, la douleur, la folie, la politique et le rapport au corps.

Ce qui la rend unique, c’est aussi sa voix : à la fois très cultivée et instinctive, capable de passer de la violence à la tendresse, de la lucidité politique à une grande sensualité, et un amour de la vie.

Son écriture donne souvent l’impression d’une vérité vécue plutôt que d’une littérature « fabriquée » : elle transforme ses blessures personnelles et son expérience de marginale en une langue très vivante, charnelle et indocile.

Je parle dans cet épisode de cinq livres en particulier, tous traduits par Nathalie Castagné et tous disponibles en édition de poche chez Le Tripode : 

  • Rendez-vous à Positano
  • L’Art de la Joie
  • Lettre Ouverte
  • L’Université de Rebibbia
  • Moi, Jean Gabin

Au tout début du podcast vous entendez un court extrait de la chanson “Le Ragazze di Porta Venezia” par M¥SS KETA, que vous pouvez écouter ici : https://youtu.be/kKZM9mQUkpI?si=WbM1d0fpW9XHwm25 

Juste après, vous découvrez la voix de Goliarda Sapienza lors d’une interview télévisée sur son expérience carcérale : https://youtu.be/KMh-1NVk-8g?is=PmhcxgqFuX0bk8UD 

Dans cet extrait, elle dit que l’on ne fait véritablement connaissance avec son pays qu’en trois lieux : en prison, à l’hôpital et à l’asile psychiatrique !

Bonne écoute et belles lectures !


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Pulsions de vie : Le Roman de Murat, une discussion entre Yann Bergheaud et Marc Besse, animée par Clément Bénech10 avr. 202601:14:37

J’adore l'œuvre de Jean-Louis Murat. Je connais bien sa musique. Mais je ne m’étais jamais interrogé sur le genre musical dans lequel on pourrait “classer” cette musique. 

Et bien c’est le blues ! Un blues nourri de multiples influences. Un blues qui n’est pas une imitation. Un “blues français”. Inimitable, à fleur de peau, exigeant. Comme son auteur, compositeur, interprète. Un troubadour qui nous a quitté trop tôt et trop brutalement en 2023.

Cette révélation, je la dois à Yann Bergheaud, fils de Jean-Louis Murat, qui avec la collaboration de Marc Besse, a publié aux éditions Albin Michel, la très belle biographie intitulée : “Le Roman de Murat”.

Yann Bergheaud est enseignant à l’université Jean Moulin, à Lyon. Il a fondé l’Institut Jean-Louis Murat. Marc Besse, journaliste aux Inrockuptibles, est chroniqueur rock et auteur de la biographie “Bashung(s)”.

La rencontre a lieu dans la librairie de Sandrine Babu, L’Instant, à Paris - 15e arrondissement. Elle est animée par Clément Bénech, écrivain, journaliste… et grand fan de l’oeuvre de Jean-Louis Murat, bien sûr. 

Alors dit-on “muratien” ou “muratophile” ? Vous le saurez en écoutant cette discussion passionnante !

En introduction du podcast vous entendez un court montage sonore constitué de quatre chansons signées Jean-Louis Murat, dont deux préférées par les auteurs, l’une par un membre du public, et la quatrième pour faire un zoom sur l’album méconnu “​​​​Madame Deshoulières”.

  • La chanson de Dolorès (L’Irrégulière), Live in Dolorès, 1998
  • Fort Alamo, Dolorès, 1996
  • L’Au-delà, Le Moujik et sa femme, 2002
  • Bobo, Madame Deshoulières, 2001

Je vous invite également à réécouter l’épisode du 11 juin 2023 consacré à Jean-Louis Murat, mon hommage personnel, suite à sa disparition : 

https://lejardin-podcast.buzzsprout.com/1756912/episodes/12994745

À bientôt !


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Ceux qui ne sont rien : rencontre avec Élodie Dupau, traductrice du livre de Patrícia Melo20 mars 202600:41:15

Élodie Dupau est traductrice littéraire de poésies, romans, nouvelles, contes, albums jeunesse et essais, tous écrits par des auteurs portugais ou brésiliens. J’ai souhaité discuter avec elle de son travail sur le livre de Patrícia Melo : Ceux qui ne sont rien, paru aux éditions Buchet-Chastel.

Dans cet entretien, Élodie Dupau nous révèle les obstacles et les défis rencontrés lors de la traduction d’un tel monument. Elle nous fait, entre autres surprises, découvrir une crypto-langue, une langue secrète employée par les personnes transgenres au Brésil : le Bajubá. 

Elle lit également cinq extraits tirés du livre Ceux qui ne sont rien (pages 98 ; 103 ; 111 ; 170 et 384).

Ce livre de l’autrice brésilienne Patrícia Melo a été comparé aux Misérables de Victor Hugo par son ampleur et par sa description quasi sociologique des gens contraints de vivre “à la rue”, à même la rue. C’est un livre passionnant rythmé par la musique brésilienne et les péripéties d’une galerie de personnages hauts en couleur et très attachants.

Bonne lecture !

Sélection de chansons citées dans le livre

  • Taki Taki, DJ Snake en featuring avec Selena Gomez, Cardi B et Ozuna
  • Brado de Xangô, Tião Casemiro
  • Skunk, Matuê
  • Mãe, Emicida
  • Jorge da Capadócia, Caetano Veloso, Jorge Ben Jor (court extrait dans ce podcast)
  • Deixa a vida me levar, Zeca Pagodinho
  • Um beijo, MC Xuxú (court extrait dans ce podcast)
  • Ain’t Got No, I Got Life, Nina Simone (court extrait dans ce podcast)

Autres livres évoqués lors de la discussion

  • Celles qu’on tue, Patrícia Melo
  • Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente, Caio Fernando Abreu
  • Contos novos, Mário de Andrade

Un dernier extrait pour vous donner envie de lire le livre

« Est-ce que je dois faire demi tour ? se demanda-t-il en tournant de nouveau à gauche, dans une ruelle avec davantage de commerces, tous fermés. « A vendre », « Bail à céder », « A louer », disaient les pancartes sur les façades. Il dut passer deux autres gros pâtés d'immeubles avant de voir de la lumière chez un coiffeur, dont la porte était entrouverte. Il entra essoufflé, sans même savoir ce qu'il disait, le garçon qui le reçut en resta pétrifié, croyant à un braquage, et Chilves ne savait pas quoi faire, il criait au secours, devant le tableau qui affichait au mur le menu des coupes de cheveux : dégradé, surfeur, aérodynamique, pagodeiro, militaire, mulet-tressé, et soudain entra dans le salon, venu de l'arrière-boutique, un monsieur âgé, alarmé par les cris, « Jéssica va avoir le bébé », criait Chilves, « le bébé va naître », et l'homme, selon ce qu'il passa le reste de sa vie à raconter à ses amis et clients, comprit « tout de suite que c'était pas un tour de voyou ni un braquage », prit calmement une serviette, un rasoir de barbier et son téléphone portable, puis suivit Chilves, aussi vite que son age le lui permettait, tournant à droite et à gauche, tout en essayant de joindre les secours par téléphone. »

Ceux qui ne sont rien, Patrícia Melo

Extrait p. 329


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Le cheval oblitéré : chanson hommage à Yayoi Kusama04 févr. 202600:03:05

J’ai écrit cette chanson en hommage à Yayoi Kusama, artiste japonaise que j’admire depuis de nombreuses années.

Yayoi Kusama est l'une des plus grandes artistes du siècle, devenue icône pop à la faveur de ses collaborations avec de grandes marques et à la marchandisation accrue de ses créations sous forme de produits de papeteries, de licences variées… J’ai découvert son œuvre au Japon dans sa ville de naissance puis à Tokyo dans les musées mais aussi grâce à un super documentaire diffusé au cinéma d’art et essai de Shibuya.

Bientôt centenaire elle a survécu à une autre géante - traversée, elle aussi, par ses obsessions : la franco-américaine Louise Bourgeois. 

J’espère que vous aimerez cette chanson dont voici les paroles :

La vie rêvée de Yayoi,

C'est une vie avec des pois.

Traverse l’océan et vois :

L’Amérique. C’est joli !


Kusama mama mama mama

Kusama mama mama mama

Yayoi youpi youpi youpi

Yayoi youpi youpi youpi


Troque tes cheveux noir de jais

Pour une perruque rose bonbon.

Que le fantôme du potiron,

Hante ton art à jamais.


Kusama mama mama mama

Kusama mama mama mama

Yayoi youpi youpi youpi

Yayoi youpi youpi youpi


Des reflets infinis se déploient,

Sous ta frange nette d'enfant sage.

Peins des portes sur les nuages.

Chasse le désespoir. Quel exploit !


Kusama mama mama mama

Kusama mama mama mama

Yayoi youpi youpi youpi

Yayoi youpi youpi youpi


A l’ombre d'une fleur gigantesque,

Tu oublies de penser au suicide,

À tes peurs, à la folie et au vide,

Dans un délire cauchemardesque.


Kusama mama mama mama

Kusama mama mama mama

Yayoi youpi youpi youpi

Yayoi youpi youpi youpi


Sur la route de Shinano,

Tu réécris ton enfance.

Une vie pop, sans souffrance,

Où grandit ton beau mécano.


Kusama mama mama mama

Kusama mama mama mama

Yayoi youpi youpi youpi

Yayoi youpi youpi youpi


Poinçonneuse des obsessions,

Tu dessines ta vérité.

Il réclame ton cheval oblitéré :

Plus d'amour, de vie et de passion.


Kusama mama mama mama

Kusama mama mama mama

Yayoi youpi youpi youpi

Yayoi youpi youpi youpi


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Mes classiques LGBTQIA+ : Wilde, Proust, Yourcenar, Woolf, Gide, Genet, Mishima, etc.01 févr. 202600:55:34

Dans cet épisode, je vous parle d’une sélection d’auteurs et de livres LGBTQIA+, gay, queer, spécialement importants pour moi. Une sélection qui remonte loin dans le temps mais qui s’arrête au début des années 90, et je vous explique pourquoi dans le podcast.

Pour illustrer mon propos, je vous propose en introduction une définition du concept "queer" due à Bell Hooks que j'ai trouvée dans le livre The short story of queer art, signé Dawn Hoskin :

« être queer, ce n'est pas une question de sexualité (même si cela peut en être une dimension), mais plutôt une question d'identité, celle d'un individu en désaccord avec son environnement, qui doit inventer, créer et trouver un endroit où il peut s'exprimer, s'épanouir et vivre. »

Bonne écoute !

MA SÉLECTION 

Les Antiques

Homère (750–700 av. J.-C.) : Iliade

Platon (c. 427 – c. 347 av. J.-C.) : Le Banquet, vers 385–370 av. J.-C.

Les Précurseurs

Walt Whitman (1819-1892) : Leaves of Grass (Feuilles d’herbe, 1855)

Oscar Wilde (1854–1900) : Le Portrait de Dorian Gray, 1890

André Gide (1869–1951) : Corydon, 1924–1925

Marcel Proust (1871–1922) : À la recherche du temps perdu, 1913–1927

E. M. Forster (1879–1970) : Maurice, écrit en 1913–14, publié en 1971

Virginia Woolf (1882 – 1941) : Orlando, 1928

Jean Cocteau (1889–1963) : Le Livre blanc, 1928

Marguerite Yourcenar (1903–1987) : Mémoires d’Hadrien, 1951

Jean Genet (1910–1986) : Journal du voleur, 1949

Pier Paolo Pasolini (1922-1975) : Anthologie parue chez Points

James Baldwin (1924–1987) : Giovanni’s Room (La Chambre de Giovanni, 1956)

Yukio Mishima (1925–1970) : Confessions d’un masque, 1949 

Les auteurs “BEAT”

William S. Burroughs (1914–1997) : Naked Lunch (Le Festin nu, 1959)

Jack Kerouac (1922–1969) : On the Road (Sur la route, 1957)

Allen Ginsberg (1926–1997) : Howl, 1956

Les Contemporains 

Bai Xianyong (1937-) : Garçons de cristal, 1983

Andrew Holleran (1944– ) : Dancer from the Dance (Le Danseur de Manhattan, 1978) 

Armistead Maupin (1944– ) : Tales of the City (Les Chroniques de San Francisco, 1978‑2024), adaptée en série TV en 2019

Le montage sonore au tout début du podcast met en avant de très courts extraits de musique pop pour rendre hommage à des icônes gay des années 70 jusqu’au années 90.

Vous reconnaîtrez : Jimmy Somerville et Bronski Beat avec Smalltown Boy, version remixée par Arnaud Rebotini qu’on trouve dans la bande originale du film 120 battements par minute de Robin Campillo ; Madonna avec Vogue et son légendaire “Strike a pose” ; Mylène Farmer et Sans Contrefaçon ; Queen avec I Want to Break Free ; Donna Summer et Barbara Streisand avec No More Tears (Enough is Enough) ; et enfin, Dalida avec Mourir sur Scène.


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Dans la fiction, dans l’invention : rencontre avec Karim Kattan, auteur de L’Éden à l’aube - Prix Hors-Concours 202506 janv. 202600:44:05

Karim Kattan est né à Jérusalem, mais il a grandi à Bethléem, une ville de jardins ! Dans cet épisode, l’auteur d’origine palestinienne, nous apprend qu’un des mots arabes pour désigner un jardin est : al bustan, le nom d’un jardin de paradis, d’un éden. Et c’est pour son dernier roman L’Éden à l’aube que je le reçois justement.

Ce magnifique roman vient d’être couronné par le Prix Hors-Concours 2025, après un très beau parcours en librairie et dans le cœur des critiques. Il s'agit d'une histoire d’amour à Jérusalem entre deux hommes, deux Palestiniens : Gabriel et Isaac.

Pendant notre conversation, l'auteur a réalisé que tous ses titres avaient un jardin comme horizon... prédestination ?

  • Préliminaires pour un verger futur, recueil de nouvelles, éditions Elyzad, 2017.
  • Le Palais des deux collines, roman, éditions Elyzad, 2021. 
  • L'Éden à l'aube, roman, éditions Elyzad, 2024. 
  • Hortus Conclusus, recueil de poésie, éditions L'Extrême Contemporain, 2025.

J'avais déjà lu des extraits de L’Éden à l’aube dans un précédent épisode du podcast disponible ici : https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/16924308

Extrait du Cantique des Cantiques (important pour l’auteur) : 

Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée ; 

Il y a sous ta langue du miel et du lait, 

Et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban. 

Tu es un jardin fermé, ma soeur, ma fiancée, 

Une source fermée, une fontaine scellée.

Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers,

Avec les fruits les plus excellents, 

Les troënes avec le nard.

Conseil lecture de Karim Kattan

  • Le Danseur de Manhattan, Andrew Holleran

Karim Kattan écrit beaucoup en écoutant de la musique, il a même animé une radio sur laquelle il diffusait tard dans la nuit des morceaux très doux, très “ambient”. Voici trois morceaux (parmi de très nombreux) qui ont compté pour l'écriture de L’Éden à l’aube et que vous allez retrouver dans le podcast :

Image de l’épisode : ​​Hortus conclusus et Fons signatus, enluminure conservée à la Bibliothèque Meermanno Koninklijke de La Haye.




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Une vie édifiante : l’œuvre autobiographique de Maya Angelou16 déc. 202500:38:41

J’ai dévoré les sept tomes de l’œuvre autobiographique de Maya Angelou. 

Née Marguerite Johnson en 1928 à Saint-Louis et décédée en 2014, Maya est le nom qu’elle s’est choisi pour développer sa carrière d’artiste. C’était le petit nom que lui avait donné son frère chéri quand ils étaient tous deux enfants.

Maya Angelou est une romancière, une poète, une dramaturge, une essayiste, une actrice, une scénariste, une productrice, une documentariste, une professeure d'université. Mais elle fut aussi danseuse, chanteuse et même prostituée comme on l’apprendra dans l’un des tout premiers tomes de sa biographie. Mais elle est peut-être et avant tout une militante, tour à tour pacifiste aux côtés de Martin Luther King, puis plus activiste - inspirée par Malcom X. C’est un personnage clé du mouvement américain des droits civiques.

Sur les 7 tomes de son œuvre autobiographique, 6 ont été traduits en français et existent aujourd’hui en édition de poche au Livre de Poche :

  1. Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage
  2. Rassemblez-vous en mon nom
  3. Chanter, swinguer, faire la bringue comme à Noël
  4. Tant que je serai noire
  5. Un Billet d'avion pour l'Afrique
  6. Une chanson jetée au ciel (Traduction littérale) : Non traduit ou non publié en France
  7. Deux versions en français : Maman & Moi & Maman ou Lady B

Une vie édifiante à la fois particulièrement instructive sur l’époque, sur le combat pour les droits civiques aux États-Unis, pour comprendre la vie des afro-américains dans un état ségrégationniste, pour saisir la richesse de l’après-guerre où la lutte pour les droits individuels rejoint celle plus vaste des peuples à se gouverner eux-mêmes à travers la décolonisation et enfin une période où les arts sont florissants de l’explosion du jazz, au premier opéra afro-américain Porgy and Bess, en passant par la danse ou le théâtre la première dès la pièce  les Nègres de Genet, jouée par des afro-américains. 

Une vie édifiante aussi dans le sens d’une vie vertueuse. Pas au sens contraint et réduit, pas une vertu de catéchisme, mais au sens de la vertu des anciens : une vie bonne, une vie pleine, dans laquelle se trouvent réalisées toutes les possibilités que l’on porte en soi, comme être vivant, comme être humain, et comme individu singulier. Et aussi une vie menée tambour battant avec des valeurs fortement ancrées en soi. Une volonté qui triomphe des épreuves nombreuses, une forme d’optimisme et de croyance inébranlable pour défendre sa position et assurer la vie de son fils. 

Une vie à dire la vérité : s’il est une vertu pour reprendre le thème précédent caractéristique de Maya Angelou c’est bien la franchise, la bonne foi. Dire ce que l’on pense, ce que l’on fait (y compris sur ce n’est pas glorieux), la vérité même si elle n’est pas agréable à entendre.

Enfin elle ne s’apitoie jamais sur son sort. Quel que soit l’épreuve qui se dresse sur son chemin, le deuil passe et elle agit. Elle arrive à se sortir de toutes les situations aussi difficiles soient elles par l’action, en empruntant un autre chemin ou en revenant au chant et à la danse.

Extraits et citations musicales 

  • George Gershwin, Porgy and Bess, Arr. et dir : André Prévin
  • Court extrait d’une conférence publique de Maya Angelou
  • Abbey Lincoln et Max Roach, Freedom Day
  • Maya chantant du calypso, Run Joe
  • Billie Holiday, Strange Fruit
  • Della Reese, Blue Skies

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Voyage au cœur de la vérité et du courage en Argentine : L'Appel de Leila Guerriero15 nov. 202500:18:43

"Quel si petit endroit pour un si grand enfer."

L’épisode du Jardin que vous écoutez est consacré à l’histoire de Silvia Labayru, une histoire tragique, de résistance et de résilience, qui a fait l’objet d’un livre d'une force et d'une importance rares, fort justement intitulé : L'Appel.

Ce livre L’Appel est signé par la journaliste argentine Leila Guerriero, traduit par Maïra Muchnik et publié en France aux éditions Rivages. Le livre paru à la fin de l’été vient tout juste d’être couronné par un prix littéraire : le prix du meilleur livre étranger 2025.

Ce récit est une enquête-roman, une forme hybride qui a nécessité plus de deux ans d’entretiens et des mois d’écriture, c’est autant un témoignage historique, qu’un portrait saisissant d'une femme d'exception : Silvia Labayru. 

Son histoire nous plonge dans les années sombres de la dictature militaire argentine (1976-1983) et nous confronte à la distinction célèbre entre les vérités et la réalité. 
Leila Guerriero, par un travail méticuleux d'orfèvre, cherche à nous faire toucher du doigt la réalité crue de cette époque, à travers le prisme de multiples voix.

Aujourd'hui, nous allons explorer la rencontre entre ces deux femmes puissantes – l'enquêtrice et son héroïne – et la manière dont ce livre parvient à déconstruire les simplifications, notamment sur le rôle des femmes survivantes, qui ont pu survivre à la terreur d'un État, la dictature des généraux argentins. Nous évoquerons aussi l'acte à la fois professionnel et personnel que fut la traduction de cet ouvrage.

L'héroïne de L'Appel, Silvia Labayru, est une femme d'une force vitale à toute épreuve. Militante révolutionnaire du groupe Montoneros, elle est séquestrée, torturée et violée à l'ESMA, l'un des pires centres clandestins de détention de la dictature. Sur environ 5 000 détenus, seuls 200 ont eu la vie sauve.

Pour conclure, il est fascinant de mettre en parallèle L'Appel de Leila Guerriero et le roman d'horreur Notre part de nuit de Mariana Enríquez. Ces deux femmes argentines, de générations différentes, sont traversées par le même traumatisme historique.



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La poésie est du côté de la musique : une rencontre avec Clara Ysé pour « Des lances entre les phalanges »13 oct. 202500:22:35

“La poésie est du côté de la musique, plus que du côté de la littérature.”

“La poésie est un dialogue avec le vide, avec le silence.”

Autrice, compositrice et  interprète de très belles chansons à l’écriture inspirée, à la fois sensible et sensuelle,  Clara Ysé, développe aussi une œuvre de romancière et de poétesse.

C’est cette artiste accomplie qui était l’invitée d’Élodie et d’Anne-Laure, libraires de la Librairie Ici, sur les Grands Boulevards à Paris, 2e arrondissement.

Clara Ysé y présente son nouveau recueil de poésie « Des lances entre les phalanges », paru aux éditions Seghers.

C’est Meropi qui pose les questions et anime la rencontre.

Bonne écoute et surtout belles lectures !


Au début de ce podcast un court montage mais en avant trois extraits tirés de chansons de Clara Ysé : 

  • Le monde s’est dédoublé (2023)
  • Douce (2023)
  • Magicienne (2023)

Album : Oceano Nox

Plus d’infos ici.


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Création littéraire et IA : une rencontre avec Tatiana de Rosnay autour de Dalloway / Les Fleurs de l'Ombre21 sept. 202500:46:23

Autrice d’une vingtaine de romans, de nombreuses nouvelles et de deux biographies, Tatiana de Rosnay a en cette rentrée 2025 la chance de voir l'un de ses livres adapté pour le grand écran. Elle ne découvre pas les joies et les spécificités liées à cet exercice, car c’est la cinquième fois qu’un de ses livres fait  l’objet d’une telle adaptation, après notamment : Elle s’appelait Sarah, Moka ou Boomerang.

Le livre dont nous parlons tout particulièrement aujourd’hui s’intitule Les Fleurs de l’Ombre. Il est paru en 2020 aux éditions Robert Laffont. Le film, lui, s’appelle Dalloway et est réalisé par Yann Gozlan avec Cécile de France, Lars Mikkelsen et Mylène Farmer, qui interprète… une voix très particulière. Une nouvelle édition poche du livre aux éditions Pocket reprend à la fois le titre et l'affiche du film. C'est donc un livre avec deux titres !

Dans ce podcast, nous parlons avec Tatiana de Rosnay de création littéraire, des nouvelles menaces créées par l’IA générative, de bilinguisme, et, de l’importance des lieux qui ont été témoins de la vie des écrivains. Nous discutons aussi du travail de Virginia Woolf, Romain Gary et Daphné du Maurier.

Bonne écoute et surtout belles lectures !

« Des Moments comme celui-ci Sont des bourgeons sur l’arbre de la vie ; ce sont des fleurs de l’ombre. » - Mrs Dalloway, Virginia Woolf, 1925 

C'était le soixante-cinquième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
Si vous avez aimé ce dernier épisode, partagez-le avec vos amis, laissez un commentaire ou une note, s'il vous plaît. 
Votre soutien est précieux.

Courtes citations musicales tirées du film avec l’aimable autorisation de la production : 

  • Ebb And Flow, Intros - Neutral Pads & Pulses, Tom Gire, Brand X Music 
  • Revenge Coven, Nemesis X 2, Sergey Azbel, Brand X Music

L'image créée pour ce podcast montre des "fleurs de l'ombre" qui envahissent un écran au point d'en sortir. Cela illustre la paranoia engendrée par l'IA, autant que les menaces bien réelles qui lui sont attachée.

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Jamais, plus jamais ce monde-là ! : un épisode autour du “Seigneur des Porcheries” de Tristan Egolf, la pièce, le roman, l’enquête02 août 202500:29:09

D’abord, il y a un roman monstre : Le Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf. Un roman maudit aussi refusé par 50 éditeurs et qui aurait pu conduire son auteur au suicide dix ans après l’avoir écrit…

Ou plutôt, d’abord, il y a ma rencontre avec ce monument du roman contemporain grâce à une pièce magnifique à la MC93 de Bobigny, une pièce mise en scène et adaptée par Paul Balagué et la Compagnie en Eaux Troubles d’après Tristan Egolf, en mai 2025. Une pièce monstre comme le roman, une pièce de 5h à découvrir ici : https://www.mc93.com/saison/le-seigneur-des-porcheries 

Et puis, la même année, dans le même temps, il y a un roman-enquête signé Adrien Bosc.

Aujourd’hui, je vous parle donc de ce livre inclassable :

Le Seigneur des porcheries : Le Temps venu de tuer le veau gras et d'armer les justes, traduction de Rémy Lambrechts, Paris, éditions Gallimard, 1998

Bonne écoute et bonne lecture !

CITATIONS TIRÉES DU LIVRE

« C'était un trop gros morceau pour l'avaler d'un coup.

Nous étions déboussolés et perplexes, mais c'était peut-être exactement ce sur quoi John avait compté. La logique étant : ne les laisse pas réfléchir, appuie-toi sur leurs instincts les plus primaires. Cogne dur et vite, pointe les suffrages, clos la réunion et laisse-les tout pantois. La délibération nourrit l'hésitation. »

« Il regardait tout passer, puis sautait à terre pour expédier un nouveau lot de sacs bien bourrés dans la gueule du broyeur — douze arrêts par rue, douze rues par quartier, quatre quartiers par route, une route par soir, cinq soirs par semaine (une manière de vivre, une manière d'en finir). »

CITATION TIRÉE de L’invention de Tristan par Adrien Bosc, livre paru en avril 2025 chez Stock

« Lire un roman, on l'oublie trop souvent, c'est accéder à l'intimité d'un homme. Parfois c'est indécent, indigne, l'écorchure est livrée telle, il n'y a plus de filtre, ce que l'on lit dégoûte, c'est une opération à cœur ouvert. De temps à autre, c'est plus rare, la douleur est là partout mais sans indignité, communicable à tous, un bien commun, qu'on sait désormais en partage, le plus intime alors se fait universel, la douleur une joie collective, celle d'une vérité où chacun se reflète. Le plus souvent, ce n'est ni l'un ni l'autre, et alors ce sont des livres vides, des livres de faiseurs sans âme, des livres propres mais sans odeurs. »

A LIRE

L’article du Monde signé Marion Van Renterghem en 2005, année lors de laquelle Tristan se suicide : https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/07/01/tristan-egolf-itineraire-d-un-ecrivain-meteore_668353_3208.html

COURTES CITATIONS MUSICALES

Gone Sane par Kitschchao, le groupe punk monté à Philadelphie par Tristan Egolf et sa bande : https://youtu.be/_f7k2z5hxHM?si=aC_DbSIfdmWfz4xa Je diffuse cet extrait lors de ma lecture de la citation de Paul Balagué.

Waiting Room par Fugazi. Un autre groupe punk de la fin des années 90. On imagine que Tristan Egolf a pu écouter ce groupe. Je diffuse un extrait au tout début du podcast.

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Persil, sauge, romarin et thym : une rencontre avec Luc Dagognet, auteur de Scarborough, lauréat du Prix de L’Instant 202511 juil. 202500:40:43

Le livre de Luc Dagognet, Scarborough, paru aux éditions Do, vient de recevoir le Prix de L’Instant, remis cette année au Café de la Mairie, café parisien littéraire et sympathique de la place Saint-Sulpice.

Nous nous sommes retrouvés un peu plus tard avec l’auteur dans un parc ensoleillé pour parler création littéraire et évoquer avec faconde le façonnage de son roman “fantaisiste” !

Suivez-nous pour une balade au jardin.

Plus d’informations sur le livre sur le site de l’éditeur https://www.editionsdo.fr/scarborough-luc-dagognet 

Citation « je hais les dimanches » tirée de Scarborough

« Les rideaux baissés, les cafés fermés, les galeries endormies : tristes. Je n'aime pas le son des cloches d'église qui couvre la ville ; ça me donne toujours l'impression d'être revenu mille ans en arrière, que les néons sont éteints et les curés au pouvoir. Quand j'étais petit, c'était encore pire. Le dimanche, jour de repos donc d'ennui, laissait la place à une nouvelle semaine d'école, avec ses angoisses, ses brimades, l'énigme de règles sociales et mathématiques, le froid des salles, les arbres dénudés par la fenêtre, les professeurs qui savent faire rougir. Ennuyez-vous aujourd'hui, vous paniquerez demain, proposait le dimanche - et il fallait faire semblant d'être heureux. Bref, je rentre lundi prochain, quand les cloches se seront tues. »

Les conseils musicaux de l’auteur dans et autour du livre, ainsi que les citations musicales 

Scarborough Fair, Simon and Garfunkel, album Parsley, Sage, Rosemary and Thyme (1966)

Je hais les dimanches, paroles de Charles Aznavour et musique de Florence Véran, est une chanson française des années 1950. Popularisée par Juliette Gréco.

Pass This On, The Knife (2005)

Le groupe Slowdive 

A New Life is Coming, WU LYF

Les conseils lecture de Luc Dagognet

L'Enquête, Juan José Saer, Le Tripode > https://le-tripode.net/livre/juan-jose-saer/meteore/lenquete

à paraître

Rêve d'une pomme acide, Justine Arnal, Quidam > https://www.quidamediteur.com/catalogue/made-in-europe/reve-d-une-pomme-acide

Le Bonheur, Paul Kawczak, La Peuplade > https://lapeuplade.com/archives/livres/le-bonheur 

Les interviews des lauréats du Prix de L’Instant

2021 : Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot de Mika Biermann, éditions Anacharsis > https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/8814343

2022 : Amour, extérieur nuit de Mina Namous, éditions Dalva > https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/10835423

2023 : Tropicale tristesse de Jean-Baptiste Maudet, éditions Le Passage > https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/15016920

2024 : Le Ciel en sa fureur d’Adeline Fleury, éditions de l'Observatoire > https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/15473536

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La Corée sur le Divan : une rencontre en librairie avec les autrices LEE Hong et CHUNG So-Hyun08 juin 202501:21:31

LEE Hong et CHUNG So-Hyun, surnommée amicalement « la reine de l’intrigue » par ses pairs, présentaient leurs livres respectivement : “La Femme de Gangnam” et “Quelqu’un te ressemble”, le 05 Juin 2025 à 19h00 dans la librairie Le Divan, rue de la Convention, Paris 15e. La rencontre était animée par Salomé Quevy, libraire et étudiante en langue et culture coréennes.

Réussites éblouissantes et maladies sombres des individus et de la société, espoirs de la jeunesse et illusions perdues, attentes démesurées et réalités plus prosaïques, sacrifice pour les études des enfants et pressions sociales… la vie coréenne dans tous ses contrastes, ses lumières et sa dureté s’égrène au fil des histoires de ces deux romans d’autrices de la péninsule.

Aujourd’hui environ 90% des auteurs de littérature en Corée sont des autrices, les femmes ont pris de plus en plus de place dans les lettres surtout à partir des années 80 du vingtième siècle. Les lectrices de littérature générale en Corée (comme en France) sont principalement des femmes. 

Au-delà des différences culturelles, la littérature peut nous aider à comprendre l’époque dans laquelle nous vivons, à explorer la condition humaine, et trouver une résonance chez les lecteurs de tous les pays car les thèmes sont universels… et l’humanité une grande famille.

“La Femme de Gangnam” est traduit par Kim Hye-Gyeong et Jean-Claude Decrescenzo ; “Quelqu’un te ressemble” par Irène Thirouin-Yung. Les deux livres sont publiés aux Éditions Decrescenzo.

Biographie des autrices

CHUNG So-hyun a étudié les arts puis l’écriture créative à l’Institut des arts de Séoul. Elle remporte le concours du journal Munhwa Ilbo avec sa nouvelle « Une biographie à reliure rouge » (présente dans le recueil Quelqu’un te ressemble).  

LEE Hong s’impose dès son premier roman en remportant le Prix de l’Auteur contemporain. Elle promeut la littérature coréenne à l’international, dirige une agence dédiée aux autrices et coordonne des projets entre la Corée et l’Europe.

Courts extraits musicaux

En introduction, le morceau “Slowly disappear”, tiré de l’album “Door to fantasy” (2018), par le groupe coréen Numori qui crée une musique hybride aux influences multiples (jazz, chant traditionnel coréen pansori, rock, etc.).

Ensuite un morceau de daegeum, une grande flûte traversière en bambou d'origine coréenne, est joué par un grand maître de cet instrument, WON Jang-hyun, dans l’album “The song of Hanga” (2002). 

Plus loin dans l’entretien, nous entendons un extrait de “Rêverie” de Claude Debussy, interprété par le pianiste japonais Sanshiro. LEE Hong a en effet été inspirée par la musique de Claude Debussy pendant l’écriture de la "Femme de Gangnam".


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Dealer avec la putain de question de l'existence : une rencontre avec Jeanne Rivière, autrice, autour de son livre “Lorraine Brûle”05 mai 202500:44:20

En introduction de ce podcast, nous entendons le bruit de l’eau. Quelqu’un nage. Et c’est vrai que même si nous n’en avons pas parlé lors de l’entretien, la natation joue un rôle important dans le livre du jour. Nous écoutons aussi avec l’aimable autorisation de notre invitée, le morceau Sur la plus haute branche, la rumeur du pendu de l’album Le catéchisme de la joie, par Thee Verduns, l’un des groupes auxquels participe Jeanne Rivière, autrice, musicienne, lorraine !

Mais bien sûr, je n’avais pas invité Jeanne pour parler de musique, mais plutôt de son premier roman Lorraine Brûle, paru dans la Collection Cygne, aux Éditions Gallimard.

Extraits lus dans cet épisode

“Je regarde des peintures préraphaélites de Marie Spartali Stillman et je finis par lire sa biographie. Je fais toujours ça pour savoir comment font les gens au quotidien pour dealer avec la putain de question de l'existence. C'est ça l'intrigue de cette histoire. Ça a l'air tellement simple pour ceux qu'on croise dans le bus ou même qui marchent dans la rue. Pour Marie Spartali Stillman, je retiens qu'elle faisait 1 mètre 90, qu'elle a épousé contre l'avis de ses parents un mec dont la première femme s'était suicidée. Une qui n'a pas réussi à dealer au quotidien avec la question de l'existence.”

“Sur le trajet du retour, on s'arrête à Trèves, qui n'a pas le charme d'un cessez-le-feu. Les bâtiments ont des formes de tartes à la crème, le froid est saisissant, l'orgue de la cathédrale monumental. Les tilleuls sont taillés en tête de chat, comme un Monsieur Patate avec les cheveux dressés vers le ciel gris.”

J’ai aimé le style simple, vif, l’humour de Jeanne,son côté punk.
J’ai aimé aussi l’écriture sans filtre. Elle (la narratrice) dit à un moment qu’il faut avoir honte de ce qu’on écrit pour dégager ce qu’il y a vraiment d'intéressant à dire. Pas faux !
J’aime aussi la dimension politique, elle ne triche pas, elle ne fantasme pas des vies qui ne sont pas la sienne, elle ne cherche pas à faire rêver avec des clichés contemporains. Elle raconte la vie de gens ordinaires et généreux dont on ne parle jamais.

Les excellents conseils-lectures de Jeanne

  • Emmanuelle Pierrot, La version qui n'intéresse personne, 10/18
  • Patti Smith, toute son oeuvre
  • Hervé Guibert, idem

Les envies musicales

  • Chelsea girl, Nico, 1967
  • Violet, Hole, interprétée par Courtney Love, Live in Philadelphia, 1999
  • Quiche Lorraine, The B-52's, Capitol Theatre, 1980

C'était le soixante-et-unième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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Bien-Être de Nathan Hill, Théodoros de Mircea Cārtārescu et Éden à l'aube de Karim Kattan : trois gros coups de coeur06 avr. 202500:53:30

Mieux vaut tard que jamais, voici un épisode sur mes coups de cœur ❤️ littéraires de 2024. Enfin sur trois gros coups de coeur.

J’en ai eu bien d’autres, dont j’ai déjà parlé précédemment dans le podcast, et je vous invite à les retrouver ici : 

  • Le Prisonnier de Hwang Sok-yong : https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/14495107
  • Le Magicien sur la passerelle de Wu Ming-yi : https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/16026490
  • Apeirogon de Colum McCann : https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/15500095

Dans cet épisode, je vais vous parler de trois livres que voici : 

  • Bien-Être, Nathan Hill, Gallimard, traduit de l'anglais par Nathalie Bru ;
  • Théodoros, Mircea Cārtārescu, Éditions Noir sur Blanc ; Traduit du roumain par Laure Hinckel ;
  • Éden à l'aube, Karim Kattan, éditions Elyzad.

Bien-Être, le livre de Nathan Hill a reçu le Prix littéraire Lucien-Barrière (2024), ainsi que le Grand prix de littérature américaine (2024). Je lis un long extrait du chapitre intitulé “Viens avec”... vous comprendrez pourquoi à la fin de l’extrait !
Cet extrait est disponible sur le site de l’éditeur :  https://www.gallimard.fr/catalogue/bien-etre/9782072999901#block-feuilleter

Une playlist, mise en ligne par l’éditeur new-yorkais Alfred A. Knopf, est également disponible sur Spotify : https://open.spotify.com/playlist/5oJI2qPZpiCbj9hj7zMB0U?si=hhP6qWnRRqKrmLNFW2lwoA&pi=8bCgH_edRKC-I

Dans le podcast, je diffuse un court extrait de la chanson 6'1" de Liz Phair, tirée de l’album “Exile In Guyville” ℗ 1993, Matador Records. Autre courte citation musicale issue de cette playlist et du roman : “Precious Things” de Tori Amos, album “Little Earthquakes” ℗ 1991, Atlantic Records. Cela traduit bien l’ambiance musicale de cette époque et l’univers mental de Jack et Elisabeth dans les années 90.

Deuxième monstre et deuxième chef-d’oeuvre absolu, un bébé de 608 pages (80 de moins que le collègue américain), j’ai nommé : Théodoros de Mircea Cārtārescu, Éditions Noir sur Blanc. Il a fait partie de la première sélection du Prix Femina 2024 et de la deuxième sélection du Prix Médicis 2024.
En guise de présentation du livre, voici un extrait :
« Chaque nouvelle génération veut autour d'elle une vie nouvelle, un monde nouveau, des têtes nouvelles, des poètes nouveaux et une musique nouvelle, un nouveau ciel et une nouvelle terre. »

Et enfin, mon troisième et dernier livre coup de coeur, et pas des moindres :
Éden à l'aube, Karim Kattan, Éditions Elyzad
Une histoire d’amour à Jérusalem entre deux hommes : Gabriel et Isaac.
Isaac dans le dernier extrait que je lis à l’antenne semble se moquer (gentiment) de deux grandes stars de la chanson en langue arabe : Fairouz et Oum Kalthoum. Connues pour leurs chansons d’amour, elles ont ensorcelé l’Afrique du Nord, du Liban et d’Egypte jusqu’au Maroc. Je diffuse ici deux courts extraits.
“Ana La Habibi” interprété par Fairouz dont les deux premiers vers sont “J’appartiens à celui que j’aime, et celui que j’aime m’appartient”.
"Alf Leïla We Leïla", chanson mythique de plus de 50 minutes, dont on peut traduire le titre par “Les Mille et Une Nuits”, interprétée par Oum Kalthoum en 1969 et écrite par le poète Morsi Djamil Aziz.

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Dis seulement une parole : une rencontre avec Bénédicte Dupré La Tour, autrice de “Terres Promises” - Mention du public du Prix Hors Concours 2024 10 mars 202500:54:44

Au début de cet épisode, vous entendez “du vent qui souffle dans un couloir glacé, la bise qui souffle sur une lande dans un couloir de montagne avec dans le ciel un oiseau qui tournoie et pousse un cri perçant… parce qu'il fait très froid dans Terres Promises !”

Ces mots sont ceux de l’autrice Bénédicte Dupré La Tour. Son livre Terres Promises se déroule en effet dans une Amérique sauvage, sur un territoire inhospitalier, avec des chercheurs d’or, des cowboys et des indiens… mais sans jamais “faire allégeance”, en faisant en sorte que ce qui ressemble à un Western n’en soit pas un ! 
Nos imaginaires ont été colonisés par le mythe de la conquête de l’Ouest. Il s’agit ici d’évacuer toutes références historiques pour ne garder que l’invasion, les violences et les relations entre les personnages.

En projetant sur le papier nos rêves américains, nos fantasmes sur les cowboys et les indiens, nos illusions sur la ruée vers l’or, Bénédicte Dupré La Tour ramène tout ce fatras à hauteur d’hommes et de femmes, et à une histoire de violence et de prédation. Elle libère nos esprits et tire un trait définitif sur le mythe de la Frontière et de la conquête de l’Ouest.

Bénédicte Dupré La Tour m’a confié vers la fin de ce podcast qu’elle n’écoutait pas de musique quand elle écrit : 
“Je n'écoute pas de musique quand j’écris parce que pour moi, écrire, c’est déjà de la musique. Je suis dans une partition. J’ai besoin d’écouter le rythme d’une phrase, la musicalité des mots. Cela viendrait trop me perturber.”

Le livre Terres Promises est paru fin août 2024 aux éditions du Panseur, jeune maison d'édition qui a ouvert ses portes en 2019. Il a été couronné par le Prix Hors Concours 2024 - Mention du public.

C’est un vrai bonheur de lecture. Bénédicte Dupré La Tour a su dans ce premier roman convoqué toutes les forces de la littérature en écrivant d’une plume dense. En suivant le destin de huit personnages en quête d’ailleurs, partis à l’aventure et pris dans une nature et une histoire qui les dépassent, elle arrive à capter notre attention en se montrant tour à tour cruelle, poétique ou incantatoire.

Voici une simple phrase du roman, que j’aime beaucoup et qui donne un aperçu du style de l’autrice : 
"Il est des joies fugaces au spectacle du monde, qui font bondir le cœur en un élan sans cause." 
Je lis trois autres extraits plus longs lors de notre entretien.

Conseils de lecture évoqués par l'autrice au cours de la discussion :

  • L’Iliade et L’Odyssée d’Homère
  • Méridien de sang de Cormac McCarthy
  • Les Jardins statuaires de Jacques Abeille
  • Les Saisons de Maurice Pons

Et à la fin de l’épisode, l’autrice livre une dernière recommandation à celles et ceux qui voudraient se lancer dans l’écriture : celle de « cultiver ses obsessions ».

Alors bonne écoute et belle lecture !

C'était le cinquante-neuvième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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À LA TECHNIQUE

Interview, captation, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’outro : Mélodie hongroise, Franz SCHUBERT, avec des arrangements électroniques.

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S’inventer des souvenirs : dialogue avec David Naïm, auteur du roman “L’ombre pâle”, lauréat du Prix Hors-Concours 2024, paru aux Éditions de l'Antilope06 févr. 202500:47:15

David NAÏM croit aux fantômes. C’est lui qui me l’a avoué lors de notre entretien. Nous nous sommes rencontrés pour parler de son livre L'ombre pâle, paru aux Éditions de l'Antilope, et  lauréat du Prix Hors-Concours 2024.

Dans ce livre, il y a effectivement des fantômes. Le narrateur dialogue avec les disparus aussi naturellement qu’avec les membres bien vivants de sa famille. Dans cette quête mémorielle, Simon (le personnage principal du livre qui ne manque pas d'ironie) cherche à tisser des liens avec un père parti trop vite, et à comprendre un grand-père dont la vie est nimbée de mystères. Cette quête va nous conduire de Paris à la Tunisie, et de la Tunisie à Las Vegas, pour notre plus grand plaisir de lecteur ! Dans ce roman qui se dévore comme un polar, on apprendra ce qu'est un talit, un dibbouk, et l'on se penchera aussi sur un pan de l'histoire mal connue des Juifs séfarades pendant la Deuxième Guerre Mondiale... Je ne vous en dis pas plus.

Bonne écoute et bonne lecture !

Présentation du roman par l’éditeur

Simon n’a jamais entretenu de relations très intimes avec son père. Pourtant, au moment du décès de ce dernier, Simon doit bien s’occuper des obsèques. Chez les Juifs, la tradition veut que l’homme soit enterré enveloppé dans son talit, son châle de prière. Simon part donc à la recherche de la précieuse housse qui contient le talit de son père. Il la retrouve et, quand il l’ouvre, il découvre deux talits intimement emmêlés par leurs franges. Le deuxième talit semble appartenir au grand-père mystérieusement disparu il y a fort longtemps. Mais si les talits sont emmêlés, le deuil ne peut pas se faire. Une seule solution : faire retrouver au grand-père sa place dans la mémoire familiale. Se noue alors un échange intime entre Simon et le fantôme de son père.

Je diffuse un long extrait du roman qui a été lu en direct par le comédien David Sidibé lors de la cérémonie du Prix Hors-Concours. Cette cérémonie s'est déroulée le 26 novembre 2024 à la Maison de la Poésie à Paris. Vous entendrez l'extrait à la minute 34:20 de ce podcast.

Créé en 2016, le prix Hors Concours récompense chaque année l’auteur·ice d’un roman ou récit francophone, publié par une maison d’édition indépendante. Il propose à son comité de lecture une découverte de la littérature de création, contemporaine et récente.

Courtes citations musicales

Ugly Beauty, Thelonious Monk, album “Underground” ℗ Originally Released 1968 Sony Music Entertainment Inc.

C'était le cinquante-huitième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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À LA TECHNIQUE

Interview, captation, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
En intro : Tuesday Glitch, morceau Pixabay
Musique d’outro : Mélodie hongroise, Franz SCHUBERT, avec des arrangements électroniques.

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Le jardin de mon père, la bibliothèque de ma mère : une rencontre avec Louise Browaeys, autrice de La Reverdie, éditions La Mer Salée13 janv. 202500:53:50

Une permacultrice qui conçoit un jardin, comme une écrivaine qui compose une phrase, cherche avec entrain à positionner au mieux les verts et les verbes de manière que chacun puisse interagir avec les autres, voir leur sourire et les illuminer.
Extrait de La Reverdie, Louise Browaeys, 2023

Quel plaisir pour moi de recevoir l’autrice Louise Browaeys dans le podcast Le Jardin ! La Reverdie, livre paru aux éditions de La Mer Salée, est son troisième roman. Louise Browaeys y tisse des liens entre la couleur verte, les arbres, la poésie, la naissance d'un amour...
Elle tisse aussi des liens entre les humains et d’autres liens encore entre les humains et la “nouture”, une nature-nourrice, nous dans la nature. Elle a construit son livre comme on bâtit une cabane à partir de fragments cueillis au jour le jour. Comme une cabane ouverte à toutes celles et à tous ceux qui aiment les livres, les mots, le thé aux orties et les promenades en forêt.

Belle balade !

En plus des trois passages du livre que je lis durant l’entretien, je diffuse un long extrait, tiré des toutes premières pages, et qui a été lu en direct par le comédien David Sidibé lors de la cérémonie du Prix Hors-Concours. Cette cérémonie s'est déroulée le 26 novembre 2024 à la Maison de la Poésie à Paris. Vous entendrez l'extrait à la minute 44:20 de ce podcast.
Créé en 2016, le prix Hors Concours récompense chaque année l’auteur·ice d’un roman ou récit francophone, publié par une maison d’édition indépendante. Il propose à son comité de lecture une découverte de la littérature de création, contemporaine et récente.

Courtes citations musicales
Louise Browaeys m’a expliqué qu’elle aimait écouter de la musique en écrivant. Voici trois exemples tirés de sa playlist :

  • Double Concerto en D mineur pour Violon et Hautbois, BWV 1060, de Jean-Sébastien Bach, par Hans-Peter Westermann et la Camerata Köln  ℗ 1993 BMG Entertainment
  • Comme une bouteille à la mer, Psy 4 de la Rime, Album Enfants de la Lune, 2005 
  • The Taste Of Blood, SQÜRL et Jozef Van Wissem, Only Lovers Left Alive (Original Motion Picture Soundtrack) ℗ 2021 Naked Kiss Music Inc. / Bad Blood Films Inc. under exclusive license to Sacred Bones Records

C'était le cinquante-septième épisode du podcast littéraire LE JARDIN. 
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Très belle année 2025 à toustes !

À LA TECHNIQUE

Interview, captation, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
En intro : Plastic Flowers, morceauu Pixabay
Musique d’outro : Mélodie hongroise, Franz SCHUBERT, avec des arrangements électroniques.

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La magie des albums pour la jeunesse : une rencontre avec Sophie Van der Linden, critique spécialiste de la littérature jeunesse20 déc. 202400:59:05

J’avais rendez-vous avec Sophie Van der Linden, critique spécialiste de la littérature jeunesse, à Paris, au siège des éditions Gallimard Jeunesse. Nous avons parlé de la passion de Sophie pour les albums, ces livres fabuleux qui mêlent l’art du récit à celui de l’illustration, pour le plus grand plaisir des petits, comme des grands !

Nous étions dans une salle de réunion baptisée Pierre Marchand, du nom du co-créateur en septembre 1972 du département jeunesse de Gallimard.

Alors que le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis ("Salon de Montreuil", pour les intimes) vient de s’achever sur une note réjouissante car il a réussit à réunir presque 200 000 visiteurs et plus de 400 maisons d’édition, nous vous invitons à un voyage dans la littérature jeunesse, avec comme fil rouge l’un des catalogues les plus prestigieux du secteur.

Belles découvertes !

Courtes citations musicales évoquant des “héros”, des auteurs, des livres parus aux éditions Gallimard Jeunesse. Avec dans l’ordre d’apparition dans le petit montage sonore : 

  • Le Petit Prince, lu par Gérard Philippe, en écho à l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry ;
  • En sortant de l’école, poème de Jacques Prévert, interprété par Yves Montand. Il a été illustré par Jacqueline Duhème pour créer un bel album ;
  • Générique du dessin animé L’âne TroTro, adaptation télévisuelle d’une célèbre série de livres pour les tout petits ;
  • Extrait de la bande-annonce du film Charlie et la Chocolaterie de Tim Burton d’après l’œuvre de Roald Dahl ;
  • Générique du dessin animé Les Drôle de Petites Bêtes, adaptation télévisuelle de la série créée par Antoon Krings, série dont l’on fêtait les 30 ans d’existence en 2024 ;
  • Extrait de la bande-annonce du film de Chris Columbus, Harry Potter à l’école des sorciers d’après l'œuvre de J. K. Rowling.

QUELQUES ESSAIS ET ROMANS DE SOPHIE VAN DER LINDEN

  • Claude Ponti, 2000, Être
  • Je cherche un livre pour un enfant, 2011, Gallimard Jeunesse
  • Tout sur la littérature Jeunesse, 2021, Gallimard Jeunesse
  • La Fabrique du monde, 2014, Folio
  • Après Constantinople, 2019, Gallimard
  • Arctique Solaire, 2024, Denoël

SÉLECTION D'OUVRAGES DANS LE CATALOGUE GALLIMARD JEUNESSE

  • Macao et Cosmage, 1919, Edy-Legrand
  • Mon chat, 1930, Nathalie Parain
  • Le Petit Prince, 1946, Antoine de Saint-Exupéry
  • Lettres des îles Baladar, 1952, J. Prévert, André François
  • James et la grosse pêche, 1966, Roald Dahl
  • Vendredi ou la vie sauvage, 1971, Michel Tournier
  • Tobie Lolness, 2006, Timothée de Fombelle
  • À la Croisée des mondes, 1998, Philip Pullman
  • Harry Potter à l’école des sorciers, 1998, J. K. Rowling
  • Le Livre des étoiles, 2001, Érik L’Homme 
  • Nous traverserons des orages, 2023, Anne-Laure Bondoux 
  • L’Album d’Adèle, 1986, Claude Ponti 
  • La Belle Lisse Poire du Prince de Motordu, 1980, Pef 
  • Rois et Reines de Babel, 2020, François Place 
  • Loups, 2024, Elena Selena 
  • Colorama, 2017, Cruschiform

C'était le cinquante-sixième épisode du podcast littéraire LE JARDIN. 
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La condition d’épouse : discussion avec ANNA FUNDER, autour de L’Invisible Madame Orwell - Prix du Meilleur livre étranger 2024, Éditions Héloïse d’Ormesson04 déc. 202400:53:27

J’ai eu le grand plaisir de dialoguer avec l’autrice australienne ANNA FUNDER, à l’occasion de la sortie de son nouveau livre : “L'Invisible Madame Orwell”, traduit par Carine Chichereau, et publié par les Éditions Héloïse d'Ormesson. 
Cet ouvrage passionnant vient tout juste d’être couronné par le prix du Meilleur livre étranger 2024, dans la catégorie Non Fiction.

Derrière chaque grand homme se cache une femme… une grande femme.
L’homme, c’est Eric Blair, alias George Orwell, écrivain mythique, adulé, dont l'œuvre visionnaire a suscité un regain d’intérêt depuis son passage dans le domaine public (le 1er janvier 2021). Dans “1984”, sa vision d'une société dans laquelle les individus ont perdu absolument toute liberté, jusqu'à la liberté de penser, résonne de manière inquiétante avec le monde d’aujourd’hui.
La femme, c’est son épouse entre 1936 et 1945 : Eilen O’Shaughnessy.
ANNA FUNDER, après avoir lu de nombreuses biographies dédiées à Orwell, a découvert en 2005, six lettres de la première épouse de George Orwell à sa meilleure amie, Norah Symes Myles. C’est notamment la première lettre écrite d’une plume vive et pleine d’humour qui a produit un véritable “coup de foudre” de notre autrice pour ce personnage.

Extrait de la première lettre d’Eilen O’Shaughnessy à sa meilleure amie, Norah Symes Myles :

“Il y a déjà un moment que j'ai écrit l'adresse, depuis j'ai joué avec trois chats, roulé une cigarette (oui je les roule, maintenant, mais pas à la main), tisonné le feu et réussi à exaspérer Eric (c'est-à-dire George) - tout ça parce que je ne savais pas vraiment quoi t'écrire. J'ai perdu l'habitude d'entretenir une correspondance assidue au cours des premières semaines de notre mariage car nous nous querellions sans cesse, si âprement que j'ai pensé gagner du temps en n'ecrivant qu'une seule fois à tout le monde après que le meurtre ou la séparation serait accompli !”

ANNA FUNDER a décidé alors de mener une enquête pour rendre hommage à Eilen O’Shaughnessy, une femme brillante et talentueuse, qui a joué un rôle majeur dans la vie et l'œuvre de George Orwell. 
Rôle que je vous invite à découvrir en écoutant cet épisode et en lisant le livre qui redonne sa voix à une femme délibérément “effacée” par son mari et par l’Histoire.

L'illustration en cover de cet épisode provient d'un dessin numérique d’Eileen O’shaughnessy par Bérangère Rouchon-Borie, inspiré par une photo d'identité d'Eilen O’Shaughnessy.

Autres ouvrages d’Anna Funder parus aux Éditions Héloïse d'Ormesson

  • “Stasiland”, traduit par Mireille Vignol, 2007 
  • “Tout ce que je suis”, traduit par Julie Marcot et Caroline Mathieu, 2013 

Chansons inspirées par l’œuvre de George Orwell ("La Ferme des Animaux" et, surtout, par "1984") qui font l’objet d’un montage sonore au tout début de cet épisode du podcast. Avec par ordre d’apparition : 

  • We Are the Dead, album Diamond Dogs, David Bowie
  • 2 + 2 = 5, album Hail to the Thief, Radiohead
  • Big Brother, album 15e Round, Bernard Lavilliers 
  • Sexcrime, album 1984, Eurythmics
  • Pigs on the wing, album Animals, Pink Floyd 


C'était le cinquante-cinquième épisode du podcast littéraire LE JARDIN. 
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Ainsi va le monde : rencontre avec l'écrivain Jake HINKSON dans la librairie L'Infinie Comédie14 nov. 202400:42:06

Benoît Trémolières, libraire de L'infinie Comédie à Bourg-la-Reine, reçoit l'écrivain américain Jake HINKSON, à l'occasion de la parution en français de son nouveau livre : Ainsi va le monde, aux éditions Gallmeister.
Benjamin Guérif, responsable de collection chez Gallmeister, traduit les propos de l'auteur

Ainsi va le monde, roman noir de 528 pages, est traduit de l‘américain par Sophie Aslanides.

Dans cet épisode, il est fait mention d’autres auteurs américains qui ont pu inspirer Jake HINKSON comme Jim THOMPSON ou David GOODIS… mais aussi Ernest HEMINGWAY qui avait un jour décrit, selon lui, la seule façon pour un écrivain de traiter avec Hollywood, juste à la frontière de l’état de Californie : « Vous leur jetez votre livre, ils vous jettent de l'argent en retour, puis vous sautez dans votre voiture et vous repartez comme vous êtes venu ».

Résumé du livre Ainsi va le monde par l'éditeur

Alice vient de se disputer avec Jason, son amant. Elle part en claquant la porte. Il fait nuit noire et elle se met en quête de sa voiture. Surgit alors d’une ruelle un inconnu, qui lui saute dessus. Alice se débat, parvient à se saisir du couteau de son agresseur et le frappe. L’homme s’écroule. Elle le laisse là, jette le couteau ensanglanté et court se réfugier chez son amant. Sous le choc et terrifiée par les conséquences de son acte, Alice refuse d’appeler la police. Ensemble, ils décident de retourner sur les lieux pour récupérer l’arme du crime et s’occuper du cadavre. Mais arrivés sur place, le couteau a disparu. Et le corps aussi…

Courte citation musicale

Quelques mesures de “Prelude & Rooftop”, premier morceau composé par Bernard Herrmann pour la bande originale du film Vertigo (Sueurs froides) d’Alfred Hitchcock (1958). L’affiche du film créée par le graphiste américain Saul Bass a inspiré Aurélie Bert, directrice artistique des éditions Gallmeister, pour la couverture du livre de Jake HINKSON.

C'était le cinquante-quatrième épisode du podcast littéraire LE JARDIN. 
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À LA TECHNIQUE

Interview, captation, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’outro : Mélodie hongroise, Franz SCHUBERT, avec des arrangements électroniques.

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Taïwan Fiction : une plongée dans les littératures chinoises, la SF et le réalisme magique avec le traducteur Gwennaël GAFFRIC 03 nov. 202400:37:12

J’ai eu la chance d’interviewer le traducteur littéraire Gwennaël Gaffric, docteur en études chinoises et transculturelles, maître de conférences et directeur du département d'études chinoises de l’Université Lyon 3 Jean Moulin. Nous étions à distance et ce jour-là de drôles d’ondes se sont invitées dans notre conversation, donnant un timbre un peu robotique à nos voix. C’était plutôt bien vu parce que nous avons beaucoup parlé de science-fiction dans cet épisode. Une science-fiction venue de Taïwan et de Chine !

En plus de son travail à l’université et de son activité de traducteur, Gwennaël Gaffric dirige en effet la collection "Taiwan Fiction" de l’Asiathèque.
À travers cette collection, ils ont publié des auteurs “qui s'emparent de thématiques universelles, en tout cas qui peuvent aussi éveiller chez des lecteurs qui ne sont pas asiatiques, qui ne sont pas taïwanais, non seulement un désir d'ailleurs, mais aussi le fait de reconnaître que certaines thématiques sont largement partagées aujourd'hui”.
Gwennaël Gaffric a notamment traduit les volumes best-sellers de la trilogie du Problème à trois corps de Liu Cixin, paru chez Actes Sud.

Dans ce podcast, nous donnons la part belle à trois ouvrages publiés par L’Asiathèque : 

  • Le Magicien sur la passerelle de Wu Ming-yi 
  • Ton temps hors d'atteinte de Xia Jia
  • et Membrane de Chi Ta-Wei

À la fin de l’échange, Gwennaël Gaffric nous conseille également deux autres ouvrages toujours parus dans la même maison dédition : 

  • Le Banquet aphrodisiaque de Li Ang 
  • et Arborescences de Chi Hui, Aiki Mira, luvan 

Enfin Gwennaël Gaffric nous a recommandé quatre courtes citations musicales qui apparaissent au cours de l’échange : 

  • au tout début une chanson par le groupe Tsng-kha-lâng (裝咖人) qui chante le folklore des villages ruraux taïwanais. Le leader et chanteur du groupe Tiunn Ka-siông a écrit un roman fantastique qui sera publié par L’Asiathèque (en cours de traduction) ;
  • un extrait de “Life Like A Summer Flower” (2003) de l’artiste chinois Pu Shu ;
  • une comptine pour enfant qui fait écho au premier chapitre du livre de Xia Jia : “L'escargot et le Loriot”, composée par Zuo Hongyuan, un célèbre musicien de la République de Chine, vers la fin des années 1970 ;
  • un court extrait de “Secret Agent Man” (1966) par Johnny Rivers et que l’on retrouve dans le chapitre “Johnny-les-rivières” du livre de Wu Ming-yi : Le Magicien sur la passerelle.

En plus de ces courtes citations, je vous propose une création réalisée à partir d’un extrait situé au tout début du livre Membrane de Chi Ta-Wei. Cette chanson a été créée grâce à l’IA Suno.

C'était le cinquante-troisième épisode du podcast littéraire LE JARDIN. 
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Interview, captation, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d'intro et d’outro : Mélodie hongroise, Franz SCHUBERT, avec des arrangements traditionnels sur instruments chinois en intro et une vesrion plus électro en outro.

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La pensée queer contre la répression et la tentation sécuritaire : rencontre avec Mickaël Tempête, auteur de “La gaie panique : Une histoire politique de l'homophobie”07 oct. 202400:45:14

Aux États-Unis, dans quarante-huit états précisément, la “gay panic defense” peut être invoquée lors d’un procès comme un cas de “légitime défense”. Un individu en présence d’une personne LGBTQI+, présence trop intime, trop rapprochée, pourrait être pris d’une panique irrépressible, irraisonnée et immaîtrisable justifiant d’un accès de violence soudain…
C’est en partant de cette stratégie légale que Mickaël Tempête a proposé le titre de son dernier essai paru en septembre 2024 aux éditions Divergences : “La gaie panique : Une histoire politique de l'homophobie”.
En tordant juste un peu l’expression, il renverse le stigmate et crée un titre à la fois accrocheur et lourd de sens.

Dans cet essai très stimulant, l’auteur s'appuie sur des discours politiques, des études scientifiques, et des événements médiatiques pour analyser comment l'homophobie, autrefois incarnée par des persécutions étatiques, s'est transformée en une gestion sécuritaire. Il critique cette approche qui, sous couvert de protection, renforce les inégalités en intégrant les personnes LGBTQI+ dans une logique de contrôle social et de peur.

Alors que les violences envers les personnes LGBTQI+ connaissent une recrudescence inquiétante, l'auteur dénonce cette mise en scène d'une "guerre sexuelle" qui produit une masculinité dominante en discriminant ceux qui sont perçus comme marginaux.
L’essai interroge la permanence des violences homophobes en s’intéressant aux structures de pouvoir et à leur reproduction. Mickaël Tempête lie également ces questions à des enjeux contemporains de masculinité hégémonique et de domination, offrant ainsi une perspective révolutionnaire sur la dissidence sexuelle.

Le livre invite à repolitiser avec radicalité les combats LGBTQI+ pour lutter contre le risque d’une « contraction sécuritaire » et contre toutes autres formes de répressions. Un beau programme !

C'était le cinquante-deuxième épisode du podcast littéraire LE JARDIN. 
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Interview, captation, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Courte citation musicale suggérée par l’auteur : The Cold Song (Vladimir Cauchemar Remix) · Klaus Nomi · Vladimir Cauchemar The Cold Song ℗ 2023 Spindizzy Music under exclusive license to Sony Music France SAS
Musique d’outro : Mélodie hongroise, Franz SCHUBERT, avec des arrangements électro.

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Plaidoyer pour la paix : présentation des livres “Apeirogon” de Colum McCann et “Une journée dans la vie d'Abed Salama” de Nathan Thrall02 sept. 202400:59:19

La Guerre Israël-Hamas qui se déroule depuis des mois bouscule nos certitudes, questionne nos démocraties et nous horrifie par l’ampleur des atrocités commises dans un camp comme dans l'autre. Elle ne vient pas seulement s’ajouter à la longue litanie des guerres du conflit israélo-arabe, elle semble les dépasser toutes en drames humains et en intensité.

Dans cet épisode, je vous présente deux livres, Apeirogon de Colum McCann, et Une journée dans la vie d'Abed Salama de Nathan Thrall, qui m’ont aidé à prendre du recul, à faire un pas de côté. Deux livres qui ont renforcé ma conviction de la nécessité de reprendre le dialogue afin de trouver une solution durable de paix, qu’elle soit “à deux États” ou “un État binational”. 

Car comme le dit si bien William Marx, professeur au Collège de France : 

“quiconque se déclare pour l’un ou pour l’autre camp n’a rien compris à ce qui se passe. Il faut être pour le droit des Palestiniens à disposer d’un État viable et prospère comme pour celui des Israéliens à vivre en paix et en sécurité dans le leur. Le problème est de penser les deux ensemble.”

Ces deux livres sont aussi passionnants à lire que riches d’informations. Ils nous rappellent aussi que, quand on reconnaît en chacun, même notre pire ennemi, sa part d’humanité, alors le dialogue et la compréhension mutuelle demeurent possibles. En revanche, quand on déshumanise en permanence son adversaire, seule la guerre semble possible. 
Ces deux livres sont : 

  • Apeirogon de Colum McCann, publié à la fin de  l’été 2020 par les éditions Belfond, dans une traduction de Clément Baude. Republié au format poche par 10/18 un an plus tard. 

et

  • Une journée dans la vie d'Abed Salama - Anatomie d'une tragédie à Jérusalem de Nathan Thrall, publié le 11 janvier 2024 dans la collection NRF Essais de Gallimard, dans une traduction de Frédéric Joly.

AUTRES OEUVRES ET AUTEURS CITÉS

  • Tribune de William Marx, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Littératures comparées, publiée le 15 novembre 2023 dans le journal Le Monde, « Ce qu’Œdipe et Antigone nous disent de la crise au Proche-Orient »
    Lien https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/11/15/william-marx-professeur-au-college-de-france-ce-qu-dipe-et-antigone-nous-disent-de-la-crise-au-proche-orient_6200202_3232.html
  • Entretien vidéo de Wajdi Mouawad, dramaturge, directeur du Théâtre de la Colline, dans le quotidien libanais L’Orient Le Jour, publié le 14 mai 2024 sur Youtube, « Ce qui est radical aujourd’hui, c’est la nuance. »
    Lien https://youtu.be/Fd7RTpHQ5VY?si=_AKHXFTvII6XO5Ud 
  • Le Cantique des Cantiques
  • Les Mille et Une Nuits : conte de L’invitation à la paix universelle. Traduction par Joseph-Charles Mardrus. Librairie Charpentier et Fasquelle, 1903 (Tome 12, p. 180-187).
  • Edward W. Said (1935-2003) universitaire, théoricien littéraire et critique palestino-américain, extrait de son livre Humanisme et démocratie, Paris, Fayard, 2005
  • Mahmoud Darwich (1941-2008) une des figures de proue de la poésie palestinienne, poésie Rita et le Fusil


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Étrangeté de la nature, monstruosité des humains : un voyage haletant avec ADELINE FLEURY, autrice de “Le Ciel en sa fureur” - Prix de l’Instant 202421 août 202400:49:25

Jeudi 13 juin 2024, l’autrice Adeline Fleury a reçu le prix de l'Instant pour son livre paru en début d’année aux éditions de l’Observatoire : Le Ciel en sa fureur.
Un mois plus tard, nous nous sommes donnés rendez-vous à Paris dans le Parc Clichy - Batignolles Martin Luther-King pour évoquer cette remise de prix, et surtout pour parler du roman, de sa genèse, des travaux d’écriture, de relecture et d’accompagnement.

Adeline Fleury est romancière,  journaliste et ghostwriter. Elle a donc beaucoup de choses à partager avec vous sur cette activité passionnante et parfois déroutante qu’est l’écriture.
Dans Le Ciel en sa fureur, Adeline Fleury convoque des contes et légendes, un terroir normand entre mer et campagne, des faits divers bouleversants, des personnages hauts en couleur dont quatre femmes : Julia, la vétérinaire ; la grande Stéphane, maréchal-ferrante ; la Vieille, une guérisseuse ; et la fille du pavillon numéro 13…
Découvrons le livre en compagnie de l'autrice.

EXTRAITS DE L’INTERVIEW

“On écrit d'abord pour des lecteurs et d'abord pour raconter une histoire, raconter un pan d'humanité.”

“Je crois que le roman, c'est la liberté dans le cadre. On peut y aborder toutes sortes de sujets dans un cadre quand même avec ces codes aussi.”

“J'interroge la part de monstruosité et d'humanité. Ce ne sont pas des personnages manichéens, ce n'est pas tout blanc, tout noir. Ils sont tous, ils portent en eux une certaine monstruosité et ça m'obsède. Qu'est-ce qui fait qu'on bascule à un moment, que le monstre prend plus le pas sur l'humain ?"

“Les faits divers, c’est ma source d'inspiration. Ce n'est pas le fait divers sensationnaliste qui m'intéresse, c'est ce qu’il dit de la société. Et après, quand on le prolonge, ça a un pouvoir romanesque assez jubilatoire, il faut l'avouer.”

EXTRAIT DU LIVRE*

“Il a grandi dans l’obscurité et le silence, la lueur du jour et le bruit du monde ne sont qu’agression. Il a toujours l’impression de se heurter à un mur, un mur invisible qui a remplacé celui décati de la cave. Même s’il le désirait ardemment, il ne pourrait jamais vivre parmi les vivants, il fait partie des ossements depuis la naissance, malgré sa chair, il n’est que squelette et pourriture. Il appartient au peuple des ombres, malgré les vives protestations de son être, il demeure un mort-vivant, il traîne sa carcasse en même temps que sa peine, personne ne peut supporter pareil fardeau. Toutes les nuits, il suffoque dans l’abîme et ses ténèbres.”

*Cet extrait est mis en musique et chanté dans l’épisode grâce au générateur Suno.

AUTRES LIVRES DE L’AUTRICE

Les Frénétiques, Julliard, 2022
Les combattantes, Michel Lafon, 2022
Ida n'existe pas, Les Pérégrines, 2020
Je, tu, elle, Les Pérégrines, 2018
Femme absolument, JC Lattès, 2017
Rien que des mots, Les Pérégrines, 2016
Petit éloge de la jouissance féminine, Les Pérégrines, 2015

C'était le cinquantième épisode du podcast littéraire LE JARDIN. Champagne !
Je suis heureux de poursuivre cette aventure depuis avril 2021 et d’aller à la rencontre de nouveaux textes et de nouveaux écrivains à chaque épisode.
Si vous avez aimé ce dernier épisode, partagez-le avec vos amis, laissez un commentaire ou une note, s'il vous plaît. 
Votre soutien est précieux.

À LA TECHNIQUE

Interview, captation, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’intro et outro : Mélodie hongroise, Franz SCHUBERT

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À la découverte du manga d’auteur : rencontre avec Léopold Dahan, traducteur du japonais et spécialiste du gekiga29 juil. 202400:55:45

Nous avions rendez-vous avec Léopold Dahan, lundi 24 juin 2024 à 15h30 au café Frosh, un joli café de Kyoto installé dans une machiya - une maison traditionnelle en bois de l’ancienne capitale impériale japonaise. Notre entretien est rythmé par le tic-tac du balancier d’une vieille pendule qui ornait l’un des murs.
Avec Léopold Dahan, traducteur du japonais vers le français, spécialisé dans le manga et notamment le gekiga, nous parlons de différents mangas qu’il a traduits. 
Au fil de la conversation, on découvre ce qu’est le métier de traducteur et la passion de Léopold pour les mangas des années 50 à 70.

Régalez-vous !

LES MANGAS CITÉS (par ordre d’apparition dans la discussion)

L’âme du Kyudo, Hiroshi Hirata, Delcourt

La Voleuse de chien en Anthropocène, Tokushige Kawakatsu, Le Lézard Noir

Tokyo Blues, Tokushige Kawakatsu, Le Lézard Noir

Charivari, Maki Sasaki, Le Lézard Noir

La Vis, Yoshiharu Tsuge, Cornélius

Initial D, Shûichi Shigeno, Kazé puis Crunchyroll

Violence and Peace, Shinobu Kaze, Le Lézard Noir

Le Voyage de Shuna, Hayao Miyazaki, Sarbacane

La Fille à la Moto, Oji Suzuki, Atrabile 

Jouer au Loup, Kuniko Tsurita, Atrabile

Le Chat Noir, Hideshi Hino, IMHO

Futaro journal d’un réformé, Futaro Yamada (1922-2001), adapté par la dessinatrice Bun Katsuta, Le Lézard Noir

En complément, voici une playlist composée à partir des ouvrages du mangaka Yoshiharu Tsuge et constituée par Léopold Dahan, à écouter sur YouTube en suivant ce lien :
https://youtube.com/playlist?list=PLVFRUaykPglKOzyED00cP4q86Ad3jglP1&si=inx5QLQJompQtASe

Cet épisode forme un diptyque sur le thème du manga avec l’épisode précédent “Briser le masque”, consacré au mangaka Gengoroh Tagame que vous pouvez écouter ici : https://www.buzzsprout.com/1756912/15414809
Ou sur toutes les applications de podcast.

DÉFINITIONS
Seinen : manga dont la cible est avant tout constituée par les jeunes adultes de sexe masculin.
Gekiga : mangas d’auteurs, allant du roman graphique et du manga historique, jusqu’au manga de baston au style réaliste.
Shônen : mangas pour jeunes garçons.
Shôjo : mangas pour jeunes filles.

L'illustration de dragon utilisée dans le visuel de cet épisode provient du manga Tokyo Blues de Tokushige Kawakatsu publié par les éditions Le Lézard Noir.

C'était le quarante-neuvième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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Rendez-vous pour le prochain épisode.

COURTS EXTRAITS MUSICAUX

Komachauna, Linda Yamamoto, sortie le 20 septembre 1966, Minoruphone
Comic Strip, Serge Gainsbourg, 1967, Philips
Superstition, Stevie Wonder, 1972, album Talking Book, Motown

À LA TECHNIQUE

Interview, captation, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’outro : Mélodie hongroise, Franz SCHUBERT, avec un arrangement électronique

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Briser le masque : une rencontre avec l’artiste et mangaka gay GENGOROH TAGAME15 juil. 202400:35:38

Représenter le désir homosexuel au Japon

Le 12 juin dernier, j’avais rendez-vous à Setagaya, un quartier situé à l’ouest de Tokyo, avec Gengoroh Tagame qui est à la fois mangaka (auteur de manga), artiste érotique gay et éditeur du magazine gay japonais G-men. Il travaille depuis longtemps sur des illustrations, des récits, des histoires gay érotiques et pornographiques. Et il développe depuis une dizaine d’années des mangas pour tout public, de 7 à 77 ans !

Le Japon est un pays paradoxal en ce qui concerne la situation de la communauté LGBTQIA+. Derrière une tolérance de façade, le pays reste le seul membre du G7 à ne pas autoriser le mariage homosexuel et à interdire l’adoption pour les couples du même sexe. Il est de ce fait régulièrement pointé du doigt pour son mépris des droits homosexuels. 

Gengoroh Tagame peut être considéré comme le créateur du manga gay. 
Il a grandi et découvert sa sexualité dans les années 70 (bien avant Internet). Et j’ai été surpris de constater que nos expériences de jeunes hommes gays, même à 10 000 kilomètres de distance et dans des cultures bien différentes, étaient très similaires. Notamment en ce qui concerne un système commun de références littéraires et artistiques… c’est peut-être cela la culture gay !

Je vous invite à découvrir l’univers de ce créateur japonais important pour la communauté LGBT,  ainsi que l'oeuvre d'un authentique artiste, œuvre que Gengoroh Tagame développe avec sérénité, persévérance et passion.

Nous avons réalisé l'interview en anglais. Je vous propose ici une traduction en français. La voix française de Gengoroh Tagame est celle de l'acteur Jérémie Lacaume que je remercie chaleureusement pour cet exercice. J'ai gardé la voix de l'auteur en anglais au début de chacune de ses réponses.

MANGAS DE L’AUTEUR DISPONIBLES EN FRANCE

2018 : Le Mari de mon Frère, Éditions Akata
2020 : Our Colorful Days, Éditions Akata
2022 : Virtus, Éditions H&O
2022 : House of Brutes, Éditions Dynamite / La Musardine - Prix Sade 2022
2023 : Désirs Bruts, Éditions Dynamite / La Musardine
2024 : Nos Rendez-Vous Gourmands, Éditions Akata


EXTRAITS DE L’ENTRETIEN 

“Cette représentation d'une personne adulte gay ordinaire, je ne la trouvais nulle part. Je n'avais aucune idée de la personne que je serais quand je serais grand.
Quand j'ai commencé à dessiner l'histoire de « Our colorful days », je pense que j'ai souhaité dessiner l'histoire que j’aurais voulu lire quand j'étais moi-même un jeune adulte."

“Qu'est-ce qui est important dans une œuvre d'art ? C'est la profondeur avec laquelle l'artiste se révèle à travers ses œuvres. C'est très important. C'est ce que je pensais et que je pense toujours."

“J'aime l'ukiyo-e, la gravure sur bois traditionnelle japonaise, et j'aime particulièrement l'artiste Tsukioka Yoshitoshi. J'apprécie énormément ses gravures sur bois. En revanche, le shunga n'est pas assez réaliste pour moi, parce qu'il comporte trop de déformations des corps.”

Gengoroh Tagame a bien voulu commenter cinq planches tirées de ses mangas dans la deuxième moitié de cet épisode.
Vous pouvez découvrir ces cinq extraits en cliquant sur ce lien :
https://docs.google.com/document/d/1uKVoTC4UfwiLmz6t8KHreedAlbvGeZJKGICVsv7zi0I/edit?usp=sharing

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La musique des mots et des sentiments : Taipei Pianissimo, un livre de Chiang-sheng KUO03 juin 202400:39:03

Séparée de la Chine par un étroit détroit, idéalement située sur une route commerciale importante, la petite île de Taïwan est un pays de métissage, où s’exprime la diversité culturelle des peuples qui sont passés par là, de ceux qui y sont restés, et de ceux qui y vivent depuis toujours.
En ce début de 21e siècle, l’île devient peu à peu un refuge pour les  écrivains d’expression chinoise, qu’ils soient nés à Taïwan ou qu’ils viennent des diasporas chinoises de Malaisie ou d’ailleurs.
Il faut dire qu’à Taïwan, le pluralisme des idées et l’ouverture aux autres, aux autres gens tout comme aux influences de l’extérieur, sont de mise. C’est presque un art de vivre quand on vit sur un petit territoire insulaire tourné vers le vaste monde.

Yann Brancherie, de la librairie Le Divan à Paris, recevait justement un écrivain taïwanais Chiang-sheng KUO pour son nouveau livre paru aux éditions Picquier : TAIPEI PIANISSIMO.
C’est un petit événement en soi car il n’est pas facile de faire venir des autrices et des auteurs d’Asie.

Au cours de la rencontre en librairie, Monsieur KUO s’exprime en mandarin et est traduit par Madame Odile LAI, interprète de conférence et traductrice en langue chinoise. J’ai gardé la voix de l’auteur au début de chacune de ses réponses et, très vite, c’est la voix de son interprète que l’on entend. Podcast francophone oblige !
À la fin de l’interview, nous entendons aussi la voix de Madame Juliette PICQUIER, l’éditrice du livre, qui nous explique le choix du titre en français.

Dans ce très beau roman, il est question de piano et d’amour. Yann nous a donc passé deux extraits musicaux. Tout d’abord, le Lento en ré mineur de Rachmaninov, interprété par Glenn Gould.
Puis, c’est la pianiste japonaise Fujiko Hemming qui interprète La Campanella, composée en 1838 par Franz Liszt.

Bonne écoute !

Présentation du livre par les éditions PICQUIER

Un veuf qui pleure une musicienne. Un accordeur de piano qui cache une vie de secrets. Un piano Steinway désaccordé. Un voyage à la découverte de soi à travers le temps et les continents, d’une maison d’enfance dans une ruelle de Taipei à New York sous la neige. Quelle trahison et quel chagrin d’amour ont poussé un jeune prodige de la musique à renoncer à la grandeur ? La beauté naît-elle sur scène, sous les mains du pianiste, ou se cache-t-elle dans l’âme du piano ? Voici un roman d’une délicatesse infinie, tout bruissant de silences, de notes, d’accord parfait et d’amour tu, d’une nostalgie et d’une poésie envoûtantes. Taipei pianissimo a décroché tous les plus grands prix littéraires de Taïwan en 2020.

Chiang-sheng Kuo (né en 1964) écrit depuis plus de trente ans et a remporté de nombreux prix pour ses œuvres de fiction et de non-fiction. Il est titulaire d’un doctorat en art dramatique de l’Université de New York et il est actuellement professeur au département des langues et de la création littéraire de l’Université nationale de Taipei.

C'était le quarante-septième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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À LA TECHNIQUE

Captation, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’intro : Une étude de Franz LISZT “Sospiro”, interprétée au guzheng, un instrument traditionnel chinois, et à la harpe
Musique d’outro : Mélodie hongroise, Franz SCHUBERT, avec un arrangement électronique


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“Chercher son indien” : le voyage intérieur avec le livre “Tropicale Tristesse” de JEAN-BAPTISTE MAUDET - Prix de L’Instant 202314 mai 202400:45:35

Jean-Baptiste Maudet est maître de conférences en géographie à l'université de Pau, spécialiste de géographie culturelle.
Il est aussi l'auteur de trois romans, tous trois parus aux éditions Le Passage :

  • Tropicale Tristesse, 2022, Prix de l’Instant 2023
  • Des Humains sur fond blanc, 2020 
  • Matador Yankee, 2019, Prix Orange du Livre 

Dans cet épisode, nous faisons, à plusieurs reprises, allusion au chef-d’œuvre du grand anthropologue et ethnologue Claude Lévi-Strauss : Tristes Tropiques, 1955, Éd. Plon, Collection Terre Humaine.

Tropicale Tristesse tisse plusieurs fils narratifs : l’aventure d’une exploratrice malgré elle ou plutôt d’une “extrapoleuse”, Jeanne Beaulieu ; l’histoire d’amour de Paul et Claudia à Séville dans les années 90, années de l’exposition universelle andalouse ; et enfin, une lecture entre les lignes du livre de Claude Lévi-Strauss.
Tirons ces fils avec l’auteur et suivons-le en Amazonie et ailleurs.

Extraits de l’épisode

“Quand on raconte une histoire, on ne se rend pas compte qu’on la raconte d’une certaine façon.”

“Chercher son indien délivre un autre message, et cela devient se chercher soi-même.”

“Jeanne Beaulieu, l’héroïne, est plus du côté Bridget Jones, que de celui d’Indiana Jones !”

Recommandation
À voir au cinéma le film brésilien, ​​La Fleur de Buriti, de Renée NADER MESSORA et João SALAVIZA, Festival de Cannes 2023 - Un Certain Regard Prix d'Ensemble.

C'était le quarante-sixième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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Rendez-vous pour le prochain épisode.

À LA TECHNIQUE

Interview, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’intro et outro : Mélodie hongroise, Franz SCHUBERT, avec deux arrangements différents
Courte citation musicale : Amazoniaque, Yves Simon, 1983, RCA


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Apprendre à vivre : la sagesse des épicuriens, lectures tirées des “Maximes Capitales” d’Épicure et du poème philosophique “De la Nature” de Lucrèce20 avr. 202401:09:17

« Étranger, ici tu seras bien si tu y restes ; ici le souverain bien est le plaisir . »
Inscription que l’on pouvait lire à Athènes à l'entrée du Jardin d'Épicure, selon Sénèque.

Le Jardin, c’était le siège de son école de philosophie, de sa secte, le rendez-vous des épicuriens. Un peu en retrait du centre d'Athènes, il avait été acquis par le philosophe pour 80 mines (432 grammes d'argent). 

Le Jardin, c’est aussi le nom de mon podcast, lancé en avril 2021.
Pour fêter les trois ans de cette aventure, j’ai voulu me pencher sur la sagesse du philosophe qui a inspiré le nom du podcast.

Pour ce faire, je passe par un intermédiaire de choix : le poète romain Lucrèce qui a magnifiquement repris la philosophie du maître grec dans son livre “De la Nature”.

Ici, on va donc parler d’atome, d’ataraxie, de clinamen, de plaisir et de volupté… un beau programme, non ?

Repères chronologiques 

  • Démocrite d'Abdère (- 460 / - 370), philosophe grec considéré comme matérialiste en raison de sa conception d'un Univers constitué d'atomes et de vide.
  • Épicure (- 342 / - 270)
  • Lucrèce (- 94 / - 54), né à Pompéi, mort à Rome.

Saint Jérôme écrit :
“Date de naissance du poète Lucrèce. Par la suite, devenu fou pour avoir bu un philtre, après avoir composé durant ses intervalles de lucidité quelques livres que Cicéron corrigea ensuite, il se tua de sa propre main, à l'âge de 44 ans.”

À lire

  • Exercices spirituels et philosophie antique de Pierre Hadot, aux éditions Albin Michel
  • Lettres, maximes et autres textes d’Épicure, aux éditions GF Flammarion
  • L’étonnement philosophique - une histoire de la philosophie de Jeanne Hersch, aux éditions Folio essais
  • De la Nature de Lucrèce, traduit par Alferd Ernout, aux éditions Les Belles Lettres

C'était le quarante-cinquième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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COURTES CITATIONS MUSICALES

“Material Girl”, Madonna, 30 janvier 1985, album “Like a Virgin”, label Sire Records (Warner Bros) 
“Le Soleil noir”, Barbara, 1er octobre 1968, label Philips. Son titre oxymorique est tiré du poème El Desdichado (1854) de Gérard de Nerval.
“Histoire de faussaires”, Georges Brassens, Album n° 12, 1976, Editions Musicales 57

À LA TECHNIQUE

Interview, prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Image de la vignette : La Grande Touffe d'herbes (1503), un dessin d'Albrecht Dürer conservé dans la Collection graphique du musée Albertina à Vienne.
Musique d’outro : Mélodie hongroise de Franz SCHUBERT, arrangement électro

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L’inventivité humaine triomphe des obstacles : L’Odyssée d’Homère et les aventures d’Ulysse sur mer, sur terre et dans les Enfers09 mars 202401:30:15

Après vous avoir accompagné.es, en début d’année, lors d’une visite guidée du camp grec sous les remparts de Troie et vous avoir narré la colère d’Achille, objet central de l’Iliade, j’aimerais vous donner des clés de lecture de l’Odyssée d’Homère. 

Pour écouter l’épisode sur l’Iliade, suivez le lien : https://bit.ly/iliade-homere

Les deux grandes épopées homériques se répondent. Dans l’Odyssée, vous allez en effet en savoir plus sur le destin des héros de la Guerre de Troie, et, tout spécialement, sur celui d’Ulysse, l’homme aux mille tours, l’homme inventif et rusé qui va vivre de nombreuses aventures.

Ces deux chefs-d’œuvre, au fondement de la littérature et de la culture grecques, ont une structure en miroir. Composés tous deux de 24 chants, 15 000 vers pour l’Iliade, 12 000 pour l’Odyssée, la rage guerrière du début de la guerre se mue en nostalgie, en regret et en tristesse dans le récit du retour. Les dix ans de guerre deviennent dix ans de périple sur la mer Méditerranée.

Au début de l’épisode je vous lis les dix premiers vers de l’Odyssée dans la traduction de Frédéric Mugler paru chez © Actes Sud en 1995 et repris en poche par Babel. Les extraits ultérieurs seront issus de cette même traduction.

L'histoire de l'Odyssée est divisée en trois grandes parties : 

  1. la Télémachie (chants I à IV), 
  2. les Récits d'Ulysse (chants V à XII) 
  3. et finalement la Vengeance d'Ulysse (chants XIII à XXIV)

Je vais essayer de résumer pour vous ces 24 chants.
Prêts pour le voyage ?
C’est parti !

Extraits musicaux

Au tout début de cet épisode, vous avez entendu un montage composé de : 

  • Di misera regina tiré du “Retour d’Ulysse dans sa patrie” de Monteverdi
  • Heureux qui comme Ulysse, chanson chantée par Georges Brassens
  • Le générique du dessin animé Ulysse 31
  • The Odyssey, un morceau de rock métal par Symphony X.

À la neuvième minute de cet épisode, vous pouvez entendre une chanson sur un rythme hip hop créée grâce à l’intelligence artificielle du générateur de musique Suno. Le flot (flow) des paroles un peu robotique s’approche-t-il de la scansion des aèdes (poètes de la Grèce antique) ? Nul ne le saura jamais. 
Mais je trouvais amusant de proposer cette création sur les mêmes dix premiers vers de l’Odyssée, Chant I, dans une traduction d'Hélène Tronc © Éditions Gallimard.

C'était le quarante-quatrième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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HWANG SOK-YONG un grand auteur témoin de l’histoire de la Corée : rencontre avec Jean-Noël Juttet, traducteur du livre LE PRISONNIER paru aux éditions Picquier13 févr. 202400:57:05

Dans cet épisode, nous avons rendez-vous avec Jean-Noël Juttet, agrégé et docteur en lettres modernes, traducteur avec Choi Mikyung de livres venus de Corée.
Nous nous sommes entretenus à distance car M. Juttet vit à Séoul. Fin connaisseur de l’Asie, il a vécu au Pays du Matin Calme, à Taïwan, au Japon, en Thaïlande, il se consacre depuis plusieurs années maintenant à la traduction pour nous faire découvrir ce pan encore trop méconnu en France de la littérature étrangère : la littérature coréenne.
Nous parlons à la fois de son métier, et surtout, de l'œuvre du grand écrivain coréen né en 1943, Hwang Sok-yong, à l’occasion de la sortie en librairie aux éditions Picquier de son dernier livre : « Le Prisonnier ».

« Qu’elle est fragile cette liberté à laquelle j’ai tant aspiré, moi écrivain prisonnier d’un pays divisé, prisonnier de mon époque et de ma langue ! »

LE PRISONNIER

Une plongée bouleversante dans l’univers carcéral, doublée d’un cours sur l’histoire récente de la Corée par l’un de ses acteurs majeurs ! Hwang Sok-yong affirme avoir une excellente mémoire. Et Le prisonnier, ce texte autobiographique de 831 pages en est une illustration éblouissante. On y croise une foule de personnages que l’auteur a rencontré lors de ses combats pour une vie meilleure pour tous, dans le cadre d’un état plus démocratique. 


LIVRES DE HWANG SOK-YONG TRADUITS EN FRANÇAIS

Les Terres Étrangères, 2004 (1970 pour la parution en Corée)
Monsieur Han, 2002 (1970 pour la parution en Corée)
La Route de Sampo, 2002 (1973 pour la parution en Corée)
L'Ombre des Armes, 2003 (1985 pour la parution en Corée)
L'Invité, 2004 (2001 pour la parution en Corée)
Shim Chong, fille vendue, Éditions Zulma, 2010 (2003 pour la parution en Corée)
Princesse Bari, 2013 (2007 pour la parution en Corée)
L'Étoile du Chien qui attend son repas, 2016 (2008 pour la parution en Corée)
Toutes les Choses de notre Vie (2016, 2011 pour la parution en Corée)
Au Soleil Couchant (2017, 2015 pour la parution en Corée)
Le Prisonnier, 2021 (2017 pour la parution en Corée)

POUR ALLER PLUS LOIN

J’ai proposé un article sur la littérature coréenne et l'œuvre de Hwang Sok-yong à Paris Librairies.
Vous pouvez le lire ici >> https://www.parislibrairies.fr/litterature-coreenne/ssh-10347

COURTES CITATIONS MUSICALES DE CHANSONS, MUSIQUES TRADITIONNELLES OU CLASSIQUES, TOUTES CITÉES PAR HWANG SOK-YONG DANS “LE PRISONNIER”

Étude N.5 pour flûte solo, Isang Yun, interprétée par Sooyun Kim
Rosée du matin, chanson de 1971, Yang Hee-eun
La Marche pour le bien-aimé, en hommage aux événements de Gwangju
Est-ce que je suis venu pour pleurer ?, chanson populaire de Nam Jin
Seongju Gut, « le Rituel pour la Poutre Faîtière », musique chamanique coréenne interprétée par Gugakwon, Institut national des arts traditionnels coréens

C'était le quarante-troisième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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Apprendre à faire la paix : l’ILIADE d’Homère, clés de lecture de cette épopée pleine de bruits et de fureur03 janv. 202401:22:33

24 chants, 500 pages, plusieurs centaines de personnages, 16 000 vers…
le poème épique l’ILIADE d’Homère narre la guerre de Troie, la “guerre qui fait pleurer”, ses grands faits d'armes, sa violence, ses retournements de situation. 
Ou serait-ce plutôt l’histoire de la colère du héros grec Achille pendant cette même guerre, le récit inventé de sa rage, de sa violence, de sa douleur et de sa peine ? 
L’Iliade est une œuvre immense qui a voyagé à travers les siècles, un trésor culturel, un texte aussi fascinant qu’imposant. 

J’aimerais vous donner envie de le lire. 
C’est tout l’objectif de ce podcast : vous transmettre des clés de lecture qui vous permettent de vous repérer dans l'œuvre, d’en connaître les principaux acteurs et d’identifier les grands tournants du récit.

Vous avez rendez-vous avec des héros grecs - Agamemnon, Ménélas, Achille, Ulysse, Diomède… ; avec des Troyens - Priam, Hector, Pâris, Andromaque… ; et avec des dieux et des déesses aussi - Zeus, Héra, Athéna, Poséidon, Apollon, Aphrodite…
Vous allez être témoin de leurs exploits, de leurs colères, de leurs pleurs, de leur folie, de leur entêtement, de leurs hésitations. Tenez-vous bien, ça déménage !

Archaïque, sinueuse, répétitive, la langue d’Homère, le "prince des poètes", fait couler beaucoup d’encre et travailler d’arrache-pied les philologues. Nous retiendrons juste sa beauté : lâchez prise, acceptez de ne pas tout comprendre et plongez dans ce texte d’une grande poésie.

La promesse de cette lecture, c'est d'entrer en résonance avec un texte qui a joué un rôle capital dans l’histoire de la littérature et des arts en Occident. Au delà du sang et des larmes, c'est aussi d'entrer en empathie avec les deux camps. Il n'y a ni bons, ni méchants chez Homère, juste des hommes faillibles et des dieux capricieux.
Mon vœu, enfin, c'est qu'en analysant au plus près la "mère de toutes les guerres", on finisse par lui préférer la paix.

Au fil du podcast, je lis de courts extraits de l’ILIADE, dans la nouvelle traduction proposée en 2019 par Pierre Judet de La Combe et parue dans le recueil TOUT HOMÈRE, un ouvrage publié sous la direction d'Hélène Monsacré, une coédition Les Belles Lettres avec Albin Michel.

POUR ALLER PLUS LOIN

Les podcasts du même Pierre Judet de La Combe, “Quand les Dieux rodaient sur la Terre", sur France Inter https://www.radiofrance.fr/personnes/pierre-judet-de-la-combe

La série : "L’Iliade d'Homère - du mythe à la philosophie" dans Les Chemins de la philosophie sur France Culture https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-l-iliade-d-homere-du-mythe-a-la-philosophie

C'était le quarante-deuxième épisode du podcast littéraire LE JARDIN. 
Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire ou une note, s'il vous plaît. Votre soutien est archi précieux.
Rendez-vous pour le prochain épisode.

À LA TECHNIQUE

Prise de son et montage : François-Xavier ROBERT

Musique d’outro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, arrangement électro

Courtes citations musicales : Rediscovering Ancient Greek Music (2017) https://youtu.be/4hOK7bU0S1Y?si=JxRefUQlnJnaJ3Rv ; Extrait de La Belle Hélène de Jacques Offenbach, le "couplet des rois", création par André Barbe et Renaud Doucet à l'opéra de Hambourg https://youtu.be/4oFsiFv4HyI?si=CePLZmlvQOAvkTXJ 

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L’exil, la famille et la construction romanesque : rencontre avec Soufiane Khaloua, auteur de La Vallée des Lazhars et lauréat du prix Hors Concours 202315 déc. 202300:47:05

Western, road movie, histoire d’amour, récit initiatique, le premier roman de Soufiane Khaloua, La Vallée des Lazhars, mêle habilement les genres pour nous raconter l’histoire de deux familles rivales qui vivent un peu à l’écart de l’agitation du monde, au Maroc à la frontière avec l’Algérie.
Publié par les éditions Agullo, maison bordelaise dont la devise est « Abolir les frontières », le livre a reçu le prix Hors Concours 2023, le 28 novembre à la Maison de la Poésie.
Dans ce podcast, nous faisons connaissance avec l’auteur lauréat, Soufiane Khaloua, qui nous parle de contrebande, de famille, d’exil et d’hospitalité.

Présentation de l’éditeur

Un grand camion blanc parcourt une piste qui serpente au creux d’une vallée, à la frontière Est du Maroc. À son bord, Amir et son père. Cet été, ils rendent visite à leur famille après six ans d’absence. Amir est né en France, mais son père, ici, dans la vallée des Lazhars. Ils sont membres du clan Ayami. Le jeune homme a tout l’été pour retrouver une identité qui lui est un droit de naissance et dont il a pourtant du mal à s’emparer. Une Renault 18 gravit une pente et fait une arrivée tonitruante dans la nuit. À son bord, Haroun, « cousin préféré » d’Amir, revient d’un exil de trois ans. Il vient assister au mariage de sa sœur Farah, fiancée à un membre du clan d’en face, les Hokbani, qui vouent aux Ayami une haine réciproque et immémoriale. Haroun apporte avec lui les histoires haletantes de ses aventures dans tout le Maghreb. Mais petit à petit, derrière ses récits luxuriants, Amir découvre une autre version, une réalité différente, intimement liée à la vallée et à ses secrets. La Vallée des Lazhars est l’histoire d’une jeunesse qui se heurte à des frontières de toutes sortes et qui tente de s’en affranchir, par la verve, le panache, la désobéissance – par une solution qui lui est une seconde nature, l’exil.

En introduction de ce podcast, on entend la voix de Gaëlle Bohé qui annonce le titre du livre lauréat. Gaëlle est directrice de Fontaine O Livres, Le pôle des acteurs indépendants de l'édition et de l'écrit. Elle a fondé l'Académie Hors Concours, association organisatrice du prix littéraire.
Le comédien qui lisait les extraits sur scène s’appelle David Sidibé.
La photo reprise dans le visuel de cet épisode est de Benjamin Charlery.

Créé en 2016, le prix Hors Concours récompense chaque année l’auteur·ice d’un roman ou récit francophone, publié par une maison d’édition indépendante. Il propose à son comité de lecture une découverte de la littérature de création, contemporaine et récente.

Pour en savoir plus sur  l'Académie Hors Concours, vous pouvez consulter son site Internet (hors-concours.fr), ou bien la retrouver sur les médias sociaux :  Instagram (@prixhorsconcours), Facebook (@HorsConcours) et Twitter (@PrixHC).

C'était le quarante-et-unième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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À LA TECHNIQUE

Prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’outro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, arrangement électro
Courtes citations musicales : Flow sur Pixabay 

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Le conflit intérieur comme moteur de la fiction : rencontre avec Caroline BOUFFAULT, autrice de Thelma - Mention spéciale du prix Hors Concours 202305 déc. 202300:35:28

Mardi 28 novembre 2023, dans la soirée, au cœur de Paris dans la Maison de la Poésie, passage Molière, l’autrice Caroline Bouffault a reçu la Mention spéciale du Prix Hors Concours 2023 pour son premier roman : Thelma.
Ce livre est publié par les éditions Fugue, maison d'édition indépendante tout juste fondée en 2022.

Caroline Bouffault se trouvait sur scène en compagnie de la journaliste Isabelle Motrot, membre du jury.

J'étais assis au deuxième rang pour enregistrer l’intégralité de la remise de prix et les interviews des différents auteurs. Nous nous sommes ensuite retrouver le surlendemain avec l'autrice, dans les locaux de l’Académie Hors Concours pour compléter l’entretien. Cet épisode du podcast est le fruit de ce partenariat et la synthèse des deux interviews.

Présentation du livre Thelma par l’éditeur
Certains ont des amis imaginaires ; d’autres, des tyrans intérieurs. Celui de Thelma s’appelle l’Entraîneur. Il règne sur son quotidien, lui enjoint de compter les calories et lui impose une discipline de fer. Soumise à sa loi, la lycéenne épuise son entourage et flirte avec l’abîme. Mais avec l’appui de son amie Violette, une issue se dessine : du marathon ou de la séduction de son professeur de sport, quel projet déraisonnable saura la tirer des griffes de l’Entraîneur ? Combative et lucide, fragile et ironique, Thelma tâche de s’inventer un chemin parmi des adultes aussi désorientés que leurs cadets. La trajectoire de la jeune fille s’entrechoque à celle de ses proches, et le roman nous plonge tour à tour dans les aléas de la vie de couple, les passions des amitiés adolescentes, les paradoxes des fratries… Avec empathie, justesse et une irrésistible drôlerie, Caroline Bouffault signe avec Thelma une comédie dramatique intergénérationnelle, qui est aussi un premier roman émouvant et solaire.

On entend en introduction de ce podcast la voix de Christine Delrocq annoncer la mention spéciale accordée à Caroline Bouffault. Christine est chargée de la programmation littéraire du Prix Hors Concours.
Le comédien qui lisait les extraits sur scène s’appelle David Sidibé.

Créé en 2016, le prix Hors Concours récompense chaque année l’auteur·ice d’un roman ou récit francophone, publié par une maison d’édition indépendante. Il propose à son comité de lecture une découverte de la littérature de création, contemporaine et récente.
Pour en savoir plus sur  l'Académie Hors Concours, vous pouvez consulter son site Internet (hors-concours.fr), ou bien la retrouver sur les médias sociaux :  Instagram (@prixhorsconcours), Facebook (@HorsConcours) et Twitter (@PrixHC).

C'était le quarantième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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À LA TECHNIQUE
Prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’outro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, arrangement électro
Courtes citations musicales : Stranger Things sur Pixabay 

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Ginette KOLINKA, le courage de témoigner : rencontre avec JDMORVAN et Victor MATET pour la sortie de la BD “Adieu Birkenau” 16 nov. 202300:49:19

“La haine, c’est déjà un pied à Auschwitz” - Ginette KOLINKA

JDMORVAN est scénariste de bande dessinée et Victor MATET journaliste à France Info.  Avec Ginette KOLINKA, survivante d’Auschwitz et grande témoin de la Shoah, ils co-signent le scénario de la bande-dessinée ADIEU BIRKENAU, parue aux Éditions Albin Michel, en partenariat avec le Mémorial de la Shoah.
Ginette KOLINKA, née Ginette Cherkasky le 4 février 1925 à Paris, est une personnalité hors-du-commun d’une vitalité extraordinaire. Les deux auteurs nous aident à mieux la connaître et posent leur pierre à l’édifice de passeur de mémoire, si nécessaire aujourd’hui alors que les derniers survivants des camps d’extermination nazis disparaissent.

En parallèle à la BD, l’exposition “Ginette Kolinka, itinéraire d’une survivante d’Auschwitz” se tient au Mémorial de la Shoah de Drancy jusqu’au dimanche 28 janvier 2024, avant de voyager dans toute la France.

Le podcast a été enregistré chez une autre grande dame : la résistante et journaliste Madeleine RIFFAUD qui lutta toute sa vie contre les injustices. Merci mille fois à elle !

RAPPELS HISTORIQUES

Shoah
La Shoah, « la catastrophe » en hébreu, désigne spécifiquement la mise à mort de près de 6 millions de Juifs d’Europe par l’Allemagne nazie et ses collaborateurs pendant la Seconde Guerre mondiale.
La Shoah en France, c’est :

  • 76 000 juifs déportés dont 11 000 enfants.
  • 25% de la population juive en France est victime de la Shoah.
  • 3 000 survivants à peine au retour des camps.
  • 79 convois de déportation des Juifs de France sont sur les trois années, 1942, 1943 et 1944, notamment depuis le camp de Drancy.

Grandes dates de la prise de conscience

  • Le procès de Nuremberg du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946
  • Nuit et Brouillard d’Alain Resnais en 1956
  • Procès Eichmann Jérusalem en 1961
  • Shoah de Claude Lanzmann en 1985
  • Procès de Klaus Barbie à Lyon en 1987
  • Procès Maurice Papon en 1997

CITATION

Poème de Madeleine RIFFAUD écrit à la prison de Fresnes en 1944

Mitard

3

Les grosses clefs dans les serrures
Même la nuit tournent encore
Et les éclats de leurs voix dures
Me font sursauter si je dors.

Bottes ferrées dans les couloirs.
Porte entrouverte et refermée :
Un camarade est emmené.

Sur les murs, il y a des cris
Des mots gravés avec un clou.
Oh désespoir, ou espoir fou
De ceux qui sont morts avant moi…

Je sens bien qu’ils sont encore là
Autour de moi, et me regardent.
Leurs yeux s’allument quelquefois
Dans le noir comme dans les étoiles.

Et ma tête s’appuie
À leurs épaules d’ombre.

C'était le trente-neuvième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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À LA TECHNIQUE

Prise de son, interview et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’outro : Mélodie hongroise de Franz SCHUBERT, arrangement électro
Courtes citations musicales : Le Chant des Marais ou Chant des déportés, interprété par Ginette KOLINKA ; Un Autre Monde du groupe Téléphone (1984), Jean-Louis Aubert : chant, guitare rythmique ; Louis Bertignac : guitare solo, chant, chœurs ; Corine Marienneau : basse, chœurs ; Richard Kolinka : batterie, percussions : Paul « Wix » Wickens : synthétiseur ; sadness-in-roads-to-nowhere-23407 et dark-cinematic-apocalyptic-153277 sur Pixabay

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Manifeste pour renouer avec la nature : rencontre avec Michel BLAY, auteur de L'Ordre du Technique31 oct. 202301:08:23

Philosophe et historien des sciences, physicien, directeur de recherche honoraire au CNRS, auteur de plus d’une vingtaine de livres, Michel BLAY nous invite à une méditation, un voyage dans le temps et l’histoire des idées dans son nouvel ouvrage : L'Ordre du technique - Comment il s'est imposé ? Comment en sortir ?
paru aux Éditions L'échappée.

Comme le démontre la crise écologique, l’humanité est engagée dans une fuite en avant qui peut la conduire à sa destruction par l’altération complète de son milieu de vie.
Ce livre nous permet de comprendre comment nous en sommes arrivés là, tout en nous donnant les clés pour engager une réorientation radicale.

Citation de Paul Valéry

La machine gouverne. La vie humaine est rigoureusement enchaînée par elle, assujettie aux volontés terriblement exactes des mécanismes. Ces créatures des hommes sont exigeantes. Elles réagissent à présent sur leur créateur et les façonnent d’après elles. Il leur faut des humains bien dressés ; elles en effacent peu à peu les différences et les rendent propres à leur fonctionnement régulier, à l’uniformité de leurs régimes. Elles se font donc une humanité à leur usage, presque à leur image.
Il y a une sorte de pacte entre la machine et nous-mêmes, pacte comparable à ces terribles engagements que contracte le système nerveux avec les démons subtils de la classe des toxiques. Plus la machine nous semble utile, plus elle le devient ; plus elle le devient, plus nous devenons incomplets, incapables de nous en priver. La réciproque de l’utile existe.  

La Machine gouverne, Paul Valéry

Citation de Jean-Paul Michel 

Quand on vient d'un monde d'Idées la surprise est énorme
de connaître
que les choses ont un goût de choses et
de se perdre en elles - délice
d'une excursion en montagne d'une
promenade devant
la mer - simplement baigné par l'élément
- d'un coup pourvu de tout le
désirable.
De plain-pied maintenant avec toute réalité friable
Savoureuse loin de tout discours absorbé par le 
Paysage - à mon tour arbre, chose, décor,
- la brioche molle de toute réalité, ses saveurs
de cannelle, de noix concassées et de vanilles -
Serait-ce donc cela l'Accès ? -
Qu'interdisaient toute colère, tout enthousiasme, toute certitude
abstraite quant à ce qui "devait" advenir ? -
Et l'ignorance de ce qu'il fallait
La maladresse, ses épreuves, pour aller
Enfin dans la lumière
Des choses simples et belles ?

Quand on vient d'un monde d'Idées la surprise est énorme, Jean-Paul Michel

Autres livres de l’auteur

Les Raisons de l’infini, Gallimard, 1993
Dieu, la nature et l’homme, Armand Colin, 2013
Critique de l’histoire des sciences, CNRS éditions, 2017

C'était le trente-huitième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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À LA TECHNIQUE

Interview : François-Xavier ROBERT et Meropi MORFOULI

Courts extraits musicaux :
Concerto en sol majeur de Maurice Ravel pour piano et orchestre, Concert “Strauss-Ravel” avec le chef d’orchestre russe Vladimir Jurowski et la pianiste Hélène Grimaud, le 24 janvier 2009 à la Cité de la musique (Paris).

Les poètes, album Paname de Léo Ferré, paru en 1960 chez Barclay.
“lls marchent dans l'azur la tête dans les villes 
Et savent s'arrêter pour bénir les chevaux 
Ils marchent dans l'horreur la tête dans des îles 
Où n'abordent jamais les âmes des bourreaux”

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Une BD pour proclamer la fierté : rencontre avec Antoine Idier et Pochep, auteurs de Résistances Queer - Une histoire des cultures LGBTQI+17 oct. 202300:59:54

Bande dessinée et sciences humaines font souvent bon ménage. C’est particulièrement le cas ici avec la BD :
Résistances Queer - Une histoire des cultures LGBTQI+,
à paraître le 18 octobre 2023 en co-édition entre les éditions de La Découverte et Delcourt.
Partons à la découverte de cette histoire de l’homosexualité, de ses cultures, de ses luttes, de ses héros !

Nous avons rencontré les deux auteurs de cette BD au cœur de Paris, au siège des éditions La Découverte :
Antoine Idier, scénariste de l’album, est sociologue et historien. Il s’intéresse à l’histoire de l’homosexualité, aux cultures et aux expressions minoritaires (politiques, artistiques, culturelles).
Pochep, illustrateur et coloriste sur ce projet, est auteur de bandes dessinées et collabore aussi avec de nombreux magazines comme Fluide Glacial, La Revue Dessinée, TOPO...Il est le fondateur de la revue entièrement illustrée Bulge, qui détourne les codes des magazines homosexuels. Grâce à lui, la BD Résistances Queer, très riche en contenus, se lit aussi de manière très fluide et son dessin, au trait souvent caricatural, est plein d’humour.

Nos deux auteurs vont nous permettre de rencontrer de nombreuses personnalités importantes dans l’histoire et les cultures homosexuelles : Oscar Wilde, Marcel Proust, Karl-Maria Kertbeny, Michel Foucault, Karl Heinrich Ulrichs, Havelock Ellis, Judith Butler, Colette, André Gide, Jean Genet, Virginia Woolf, Violette Leduc, et bien d’autres encore très connues, moins connues ou inconnues.
Une BD nécessaire qui s’adresse à toutes celles et ceux désireux de comprendre les luttes des minorités LGBTQI+ et, nécessaire aussi pour se rappeler qu’il est toujours d’actualité de proclamer nos fiertés !

Autres ouvrages des auteurs
Antoine Idier
Les Vies de Guy Hocquenghem, Fayard, 2017
Archives des mouvements LGBT+, Textuel, 2018
Pureté et impureté de l'art. Michel Journiac et le sida, Sombres torrents, 2020

Pochep
Vieille Peau, éd. Audie/Fluide Glacial, 2017 
Histoire dessinée de la France, avec Jérémie Foa, co-édition La Découverte et La Revue Dessinée
Un homme d'intérieur, éd. Exemplaire, mars 2022

C'était le trente-septième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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À LA TECHNIQUE

Prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’outro : Mélodie hongroise de Franz SCHUBERT, arrangement électro
Courtes citations musicales :
Reprise en 1989 par Jimmy Somerville de You Make Me Feel (Mighty Real), chanson de Sylvester enregistrée en 1977
The 80s Retrowave Synthwave par The_Mountain, sur Pixabay https://pixabay.com/music/synthwave-the-80s-retrowave-synthwave-143303/

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Liberté, Égalité, Pédérité ! : une rencontre pour repolitiser nos existences avec Florent Manelli et Anthony Vincent autour du livre collectif P*d*s, orchestrée par Fanny de la librairie À la marge de Montreuil08 sept. 202300:55:22

En se réappropriant l’insulte “p*d*” et en faisant un symbole de lutte et de fierté, un “outil politique, historique et militant”, les gays/homosexuels/queers/LGBTQIA+ affirment leur identité. Ou plutôt leurs identités plurielles, multiples, aussi riches et diverses que les couleurs de l’arc-en-ciel. 

Cette diversité et ces identités, on en retrouve un bel échantillon dans le livre collectif “P*d*s”, coordonné par Florent Manelli, auquel Anthony Vincent a participé avec six autres auteurs : Jacques Boualem, Camille Desombre/ Matthieu Foucher, Adrien Naselli, Julien Ribeiro, Ruben Tayupo et Nanténé Traoré. Soit huit plumes au total, huit parcours de vie, huit textes à découvrir, “huit points de vue sur les luttes p*d*”.

Comme l’explique Anthony, les hommes qui aiment les hommes peuvent se référer à des grands modèles, des grands anciens :  “Il y a plein de figures tutélaires, d’auteurs, de “frères de texte” qui représentent autant d’actes individuels, de pointillés, et je trouvais intéressant de relier ces pointillés ensemble à travers un ouvrage collectif.”

Les écrivains - Hervé Guibert, Armistead Maupin, Guillaume Dustan ; les philosophes, sociologues, chercheurs - Audre Lorde, Monique Wittig, Didier Éribon ; les militants - Didier Lestrade, Mark Ashton, Sylvia Rivera, toutes et tous sont cités lors de la rencontre par nos deux auteurs. Aux écrivains, on pourrait ajouter bien sûr des figures tutélaires comme Marcel Proust, Oscar Wilde, André Gide, Jean Genet et tant d’autres… Comme le rappelle Anthony : “Être à la marge de la marge offre une vue imprenable sur la société, ses travers, ses angles morts.”

Cette rencontre a été enregistrée en direct à la librairie “À la marge” de Montreuil.
MERCI à Fanny qui posait les questions, ainsi qu’à Julie, les deux libraires fondatrices de cette belle librairie.
https://librairiealamarge.fr/

Un extrait du livre P*d*s est disponible sur le site des éditions Points : https://www.editionspoints.com/ouvrage/pedes-collectif/9791041410224

CITATIONS TIRÉES DU PODCAST

“P*d* est un genre en soi.”

“Être p*d*, c’est se donner la possibilité de faire autrement.”

AUTRES OUVRAGES CITÉS

Sororité, Collectif dirigé par Chloé Delaume
L’odeur des pierres mouillées, Léa Rivière
Straight Jacket, Matthew Todd
Les humilié.es, Rozenn Le Carboulec
Pourquoi les gays sont passés à droite, Didier Lestrade

AUTRES RÉFÉRENCES CITÉES

Le code Hays (Hollywood, 1934)
Morgan Noam, psy, https://www.morganlucas-therapie.com/ 
Hugo Bardin, alias Paloma, dans Drag Race : “J’adore les homosexuels, c’est tellement romanesque.”
André Baudry : créateur de la revue homophile Arcadie.
Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) : mouvement parisien et autonome, fondé en 1971.

C'était le trente-sixième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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À LA TECHNIQUE

Prise de son et montage : François-Xavier ROBERT
Musique d’outro : Mélodie hongroise de Franz SCHUBERT, arrangement électro
Courtes citations musicales : Plastic Flowers par Electronic senses, sur Pixabay https://pixabay.com/music/synthwave-plastic-flowers-10122/

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Homme libre, toujours tu chériras la mer ! : lectures poétiques de Baudelaire, Yourcenar, Genet, Rimbaud et Pessoa, spécial été 202324 août 202300:38:25

Voici un épisode d’été de votre podcast littéraire “Le Jardin”.
Je vous propose des lectures de poèmes de Charles Baudelaire, Marguerite Yourcenar, Fernando Pessoa, Jean Genet et Arthur Rimbaud.
Un seul fil directeur : l’amour de la poésie…et peut-être aussi la mer, le sommeil, l’amour, la mélancolie, le spleen.
Bonne écoute !

L’homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est  ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Charles Baudelaire (1821-1867)

L’homme et la mer se trouve dans la première partie intitulée “Spleen et Idéal” du célèbre et scandaleux recueil des Fleurs du mal.

Deux chiffres : 

  • Chaque année, entre 5 et 13 millions de tonnes de plastique terminent dans les océans. Les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons d'ici 2050.
  • Plus de 20 000 décès de migrants enregistrés en Méditerranée depuis 2014.

La mer et ses profondeurs, on la retrouve aussi comme métaphore du sommeil dans un texte en prose de la grande Marguerite Yourcenar (1903-1987). Issu de Feux (1936), recueil de textes inspirés de la mythologie et par la douleur d’une passion amoureuse à sens unique.

Extrait d’interview 
Marguerite Yourcenar interviewée par Jacques Chancel dans Radioscopie en 1980, Ina

Fernando Pessoa (1888-1935) : le grand poète portugais de Lisbonne, un autre mélancolique.
Lecture de trois poèmes : Dans la nuit terrible ; Ajournement et Tripes à la mode de Porto, textes tirés de Bureau de tabac & autres textes d'Alvaro de Campos, éditions Chandeigne, traduction de Max de Carvalho.

Claude Debussy (1862 - 1918) avait cinq ans à la mort de Charles Baudelaire. Il a mis cinq de ses poèmes en musique.
Extrait musical :  Rêverie de Claude Debussy, interprété par le pianiste, musicien japonais Sanshiro https://youtu.be/QW6D93Oy374

Jean Genet (1910-1986) : lecture de son poème La Parade
Dans une lettre à son ami Roland Laudenbach, Genet écrit : “J’ai griffonné un petit poème à propos d’un jeune boxeur que j’appelais “Geo-la-voix-d’or-battu”, et que j’ai gardé en cellule, à la 230, bien des matins dans mes draps.”
Le vers “Par toi-même soit toi mon coeur multiplié” est un souvenir de Baudelaire :
“Mon coeur multiplié jouit de tous vos vices” (Les Petites Vieilles).

Extrait d’interview de Jean Genet à l’âge de 72 ans, extrait d'un entretien avec Bertrand POIROT-DELPECH réalisé et filmé le 25 janvier 1982.
Extrait du journal présenté par Claude Sérillon annonçant la mort de Jean Genet, Ina.

C'était le trente-cinquième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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Écrire comme on vit une expérience de sortie de corps : rencontre avec GABRIEL CHOLETTE, auteur de “Les Carnets de l’Underground”03 juil. 202300:41:10

Oubliez le “sex, drugs & rock’n’roll”, expression phare de la contreculture des années 60 et 70, et découvrez le “sex, drugs & techno” du début des années 2000 avec un guide expert : Gabriel Cholette.
Il nous tient la main pour aller à la rencontre d’une culture underground, nocturne, une culture de la fête, une culture queer de danse et d’excés, dans les raves, avec ses amis de la tribu des “club kids”, des jeunes qui se construisent sur les dance-floors.

Gabriel vit et travaille à Montréal, il est docteur en littérature médiévale et chargé de cours à l'Université de Montréal.
Son premier livre “Les Carnets de l’Underground” a été publié chez Tryptique dans la collection “Queer”, le 13 janvier 2021 au Canada. Sa parution en anglais, “Scenes from the Underground” a eu lieu chez House of Anansi le 4 octobre 2022. Et enfin, le 13 juin 2023, la maison d’édition basée à Bordeaux “Le Gospel” a repris le livre en France. 

“Un cocktail d’excès, de décalage, de provocation, d’hybridité et de déviance…”
Paul-François Sylvestre, L’Express Canada

“Petit manuel pour non-initié·es”
Isabelle Beaulieu, LQ revue Lettres québécoises

“Une plume rythmée et poétique”
Vincent Gauthier, Bible urbaine

PRÉSENTATION DE L'ÉDITEUR
Les carnets de l’underground, ce sont les notes de terrain d’un club kid de Montréal, doctorant en études médiévales, qui court du Mile End à Berlin, en passant par Manhattan, pour ne rien manquer du lifestyle sexe, drogues et musique techno. Écrits dans une langue orale, désinhibée, rythmée par une pratique de l’écriture héritée d’Instagram.
« Bert me place en haut sur le rebord de la cabine pour prendre des photos tests parce que l’éclairage est beau. Je viens d’entendre pour la première fois l’expression “faire de la soupe”: ça veut dire mélanger les fonds de poche de tout le monde qui s’est ramassé dans la cabine des toilettes du club, md ouvertes, kétamine, vieux speed sec, pills de e crushées, pour en faire des grosses lignes qui vont nous permettre d’oublier les quarante-huit dernières heures qui ont été difficiles. »

LES 3 CONSEILS DE LECTURE DE GABRIEL

Candyass, Nick Comilla

Les Argonautes, Maggie Nelson

La Déesse des mouches à feu, Geneviève Pettersen

LES 3 SONS CONSEILLÉS PAR GABRIEL

Phantom Studies, Ben Klock et Marcel Dettmann

Batuque, Dom la Nena, Jeremy Sole & Atropolis Remix

Gimme some, Weval

AUTRES RÉFÉRENCES CITÉES DANS LE PODCAST

Le vin de la Saint-Martin, d'après Pieter Bruegel, vers 1527, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

L'amour est un chien de l'enfer, Charles Bukowski

American Psycho, Bret Easton Ellis


C'est le  trente-quatrième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. 
Rendez-vous pour le prochain épisode !

À LA TECHNIQUE

Conception et interview : François-Xavier ROBERT

Musique d’intro : création d’une musique originale techno grâce à l’IA avec https://www.beatoven.ai/

Bruitages et sons divers : chants d’oiseaux

Contact

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Errer et semer des chansons : hommage à l’auteur-compositeur-interprète Jean-Louis MURAT (1952-2023)10 juin 202300:23:45

“Chanter est façon d'être au monde
Chanter est ma façon d'aimer
Mon coeur est sorti de la ronde
Chanter est ma façon d'errer”

Voici le premier couplet de la chanson “Chanter est ma façon d'errer”, le quatrième titre de l’album “Le Cours ordinaire des choses” de Jean-Louis MURAT.
Cet immense auteur-compositeur-interprète vient de nous quitter. Dans cette chanson, tout comme dans plusieurs entretiens, il revendiquait une forme d’errance. Une errance poétique. Une liberté, bien à lui, d’écrire et de composer.
Sa disparition m’a beaucoup touché et je tiens à lui rendre hommage en vous invitant à découvrir son travail dans cet épisode exceptionnel du podcast Le Jardin. 
Et comme il le confesse dans la chanson “Perce-neige” de l’album “Dolorès” : 

“Rien n'est important, j'écris des chansons 
Comme on purgerait des vipères"

Bonne écoute et bon dernier voyage à Jean-Louis MURAT au pays des poètes !

CITATIONS

Entre deux draps 

Entre deux draps de toile belle et bonne, 
Que très souvent on rechange, on savonne, 
La jeune Iris, au cœur sincère et haut, 
Aux yeux brillants, à l'esprit sans défaut, 
Jusqu'à midi volontiers se mitonne. 

Je ne combats de goûts contre personne, 
Mais franchement sa paresse m'étonne ; 
C'est demeurer seule plus qu'il ne faut 
Entre deux draps. 

Quand à rêver ainsi l'on s'abandonne, 
Le traître amour rarement le pardonne : 
À soupirer on s'exerce bientôt : 
Et la vertu soutient un grand assaut, 
Quand une fille avec son cœur raisonne 
Entre deux draps.

Antoinette DESHOULIÈRES (1638 - 1694)


À LA TECHNIQUE

Conception et réalisation : François-Xavier ROBERT

Courtes citations musicales : 

  • Accueille-moi paysage, Album : Taormina (2006), V2 Records / Universal Music Group ; 
  • J'ai fréquenté la beauté, Album : Babel (2014), PIAS ; 
  • Suicidez-vous le peuple est mort (1981) ;
  • Déjà deux siècles...89…, Album : Cheyenne Autumn (1989), Virgin Records ;
  • Avalanche IV, Album : I'm Your Fan: The Songs Of Leonard Cohen By…, produit par le magazine Les Inrockuptibles (1991) ;
  • Brûle-moi, Album : Dolorès (1996), Virgin records ;
  • Les Hérons, Album : Mustango (1999), Virgin records ;
  • Entre deux draps, Album : Madame Deshouillères (2001), Virgin records ;
  • Caillou, Album : Taormina (2006), V2 Records / Universal Music Group ; 
  • La Fontaine de sang, Album : Charles et Léo (2007), V2 Records ;
  • Tout est dit, Album : Vénus (1993), Virgin Records ;
  • Chanter est ma façon d'errer, Album : Le Cours ordinaire des choses (2009), V2 Records / Universal Music Group ;
  • Il neige, Album : Toboggan (2013), PIAS.

Extraits des émissions : À la dérive avec Jean-Louis Murat, ​​rencontre enregistrée en 2018 par Aurélie Sfez, pour radio Nova ; L’Heure Bleue sur France Inter, interviewé par Laure Adler en 2018 ; Comme on nous parle avec Pascale Clark le 7 décembre 2011 ; Le grand entretien de François Busnel, lundi 26 septembre 2011 ; Hors Champs en 2014 avec Laure Adler

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Prix littéraire François Sommer 2023 : entretiens avec Sybille GRIMBERT, lauréate du prix avec son roman “Le dernier des siens” ; et avec Vanessa MANCERON pour le livre “Les veilleurs du vivant”01 juin 202300:25:50

“Quand le dernier d'une espèce disparaît, vous ne retrouverez rien, nulle part, qui vous rappellera cet être-là. C'est fini. C'est une mort, doublée d'une mort.”
Sybille GRIMBERT, autrice de “Le dernier des siens” (extrait de l’entretien)

Le vendredi 20 janvier 2023 avait lieu la remise du Prix littéraire François Sommer 2023, dans les salons de l’Hôtel de Guénégaud à Paris. Il s’agit du siège de la fondation François Sommer et du Musée de la Chasse et de la Nature.
Ce prix qui existe depuis plus de quarante ans met en lumière des livres, des essais aussi bien que des romans, qui abordent le thème de la nature. 
Les jurés, cette année, ont dû se pencher sur huit livres, issus d’une sélection effectuée à partir d’un ensemble de pas moins de quatre-vingt nouveautés littéraires.

Partons à la rencontre du livre lauréat et de son autrice, ainsi que des autres livres de la sélection.

LE LIVRE LAURÉAT en 2023

SYBILLE GRIMBERT  Le dernier des siens, roman paru aux éditions Anne Carrière

LES 7 AUTRES AUTEURS FINALISTES

  • FAHIM AMIR Révoltes animales (Divergences) 
  • GABRIELLE CHITEAU-FILBA Sauvagines (Stock) 
  • MARIELLE MACÉ Une pluie d’oiseaux (Corti) 
  • VANESSA MANCERON Les veilleurs du vivant - Avec les naturalistes amateurs (Les Empêcheurs de penser en rond) 
  • RAPHAËL MATHEVET et ROMÉO BONDON Sangliers - Géographies d’un animal politique (Actes Sud) 
  • KARINE MIERMONT Vies de forêt (L’Atelier contemporain) 
  • FANNY TAILLANDIER Delta (Le Pommier)

AUTRES INTERVENANTS DANS LE PODCAST

  • Vanessa Manceron - autrice de “Les veilleurs du vivant”
  • Xavier Pattier  - Président du Jury du Prix François Sommer 
  • Alban de Loisy - Directeur Général de la Fondation François Sommer 
  • Monsieur de Loisy a lu un texte de Henri de Castries - Président de la Fondation François Sommer 
  • Dorian Jude, libraire du musée de la Chasse et de la Nature 
  • Emma-Louise Lavigne et Adrien Desingue, étudiants du Master Gouvernance de la transition écologie et sociétés (AgroParisTech/Paris Saclay)

“Et cela m'a transformée aussi dans la mesure où aujourd'hui, je ne peux plus passer devant une petite plante qui pousse au bord d'un trottoir sans la regarder de près et m'interroger sur qui elle est, d'où elle vient, la regarder de près, regarder la texture de ses feuilles et donc rentrer dans le détail aussi. C'est une autre expérience du monde végétal et animal. C'est un mode d'attention qui fait surgir de la nouveauté et de l'étonnement, de l'émerveillement aussi, et qui permet de faire exister ces êtres qui, sans cela, sont invisibles et à côté desquels on passe sans même y faire attention.”
Vanessa MANCERON (extrait de l’entretien)

À LA TECHNIQUE

Conception et interview : François-Xavier ROBERT
Musique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusion
Courte citation musicale : Flow de https://pixabay.com/
Bruitages et sons divers :
pingouins qui braient ; oiseaux des jardins anglais

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#10MARSJELIS et je lis le premier chapitre de BE-BOP, livre de Christian Gailly paru aux Éditions de Minuit10 mars 202300:02:21

BE-BOP est un livre de Christian Gailly paru en 1995 aux Éditions de Minuit et réédité dans la collection poche "Minuit double" du même éditeur.

Si vous aimez le jazz, ce petit livre est écrit pour vous. Le rythme même de l'écriture fait penser à une  improvisation lors d'un concert de cette musique qui n'est jamais aussi émouvante et forte que lorsqu'elle est jouée en live, en direct.
Le be-bop, c'est ce premier mouvement de libération de la forme jazz qui aboutira au free jazz. Mais bon, ce livre n'est pas un traité de musicologie. C'est un roman, super bien écrit et qui donne envie de jouer et d'écouter de la musique, mais aussi de voyager sur les rives du Lac Léman...

C'est aussi un hommage à Charlie Parker (1920-1955), surnommé "Bird",  saxophoniste alto et l'un des jazzmen les plus influents de l'histoire.

J'ai décidé de vous lire le premier chapitre du livre de Christian Gailly, "BE-BOP", parce qu'aujourd'hui 10 mars, sur l'initiative du Centre National du Livre (CNL), c'est #10MARSJELIS.
Donner envie de lire, c'est l'un des objectifs de mon podcast. Et je souhaitais modestement participer à cet événement.

Pour accompagner ma lecture, j'ai ajouté un léger grésillement, celui d'un vieux disque vinyle, ce grain si caractéristique qui crée un volume. J'ai mis aussi un extrait de Charlie Parker interprétant "Lover Man", morceau de musique cité par l'auteur dans son texte.

Rendez-vous bientôt pour un nouvel entretien avec un auteur.

Bonne écoute et surtout bonnes lectures !

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Rêver d'un jardin à Tivoli : tentative, poétique et musicale, d'éloge de la Villa d'Este en Italie26 févr. 202300:01:23

L'automne dernier, j'ai enregistré le bruit de l'eau dans les jardins de la Villa d'Este.
Au début de ce court poème musical, vous pouvez entendre ce son si particulier, capté dans l'allée des "Cent Fontaines" - le Cento Fontane. Et à la fin, vous entendrez celui de la fontaine de la "Petite Rome" - Fontana di Rometta.

On pourrait croire que Rome arriverait facilement à bout de toute capacité d'émerveillement, tellement elle regorge de sites enchanteurs. Mais sa campagne aussi a de quoi enthousiasmer le plus blasé des voyageurs. C'est le cas des jardins de la Villa d'Este, joyau de la Renaissance situé dans la petite ville de Tivoli.

Pour accompagner mon texte "Rêver d'un jardin à Tivoli", en plus des bruits d'eau, j'ai testé une application d'intelligence artificielle pour créer un morceau électronique au rythme entrainant.
J'espère que ces essais vous plairont.

Rendez-vous très vite pour un nouvel épisode du podcast littéraire Le Jardin plus conventionnel, et avec l'interview de plusieurs auteurs qui s'intéressent à la nature dans leurs romans et leurs essais. Il y sera question du dernier survivant de son espèce, de gens qui observent les oiseaux...

À suivre !

C'est le vingt-huitième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.

Texte, bruitage, musique et montage : François-Xavier ROBERT

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Se couler dans l’imaginaire et écrire de bonnes histoires : une rencontre avec l’écrivain Victor DIXEN27 janv. 202300:34:18

Il est des écrivains qui aiment explorer les territoires les plus mystérieux et les plus lointains de l’imaginaire. Victor DIXEN fait partie de cette famille d’auteurs, toujours à la recherche des meilleures histoires à raconter et de mondes à inventer ou à réinventer, pour “vivre plusieurs vies en une et dans plusieurs mondes”. 

J’ai pu rencontrer Victor DIXEN sur le stand des éditions Robert Laffont lors du SLPJ (Salon du livre et de la presse jeunesse) de Montreuil en Seine-Saint-Denis.
Écoutons-le !

Les musiques et extraits de livres audio de ce podcast sont tirés des Livres 1 et 3 de la saga Vampyria. Les textes sont lus par Marie du Bled. Des liens vers ces livres audio sont indiqués en bas de cette page.
Merci aux éditions Robert Laffont et aux équipes de Lizzie.
Pour en savoir plus sur l’auteur, vous pouvez vous rendre sur son site : http://victordixen.com/

EXTRAITS

“J'adore écrire la nuit et j'adore lire la nuit aussi. Je pense que c'est un moment où l'imagination peut s'envoler sans aucune contrainte.”

“Débrider, étymologiquement, c'est enlever la bride. Effectivement, c'est laisser la cavale de l'imagination partir au triple galop. Et oui, j'ai envie de partir très loin sur le dos de mon imagination.”

“Souvent, l'originalité ce n'est pas une idée qui jaillit d'elle-même comme ça de nulle part. C'est plutôt la mise en relation de choses qui n'étaient pas connectées jusqu'à présent.”

“La lecture, pour moi, c'est un acte de résistance pour se réapproprier son temps, pour se réapproprier le temps long.”

“Même si on se nourrit de ses souvenirs et de ses sensations, j’écris plus pour sortir de ma peau. J’essaie d’inventer des personnages principaux qui sont, au contraire, différents de moi. Je n’essaie pas de faire œuvre d’auto-fiction. Ce que je veux, c’est de la Fiction avec un F majuscule.”

“Souvent dans la vie on a l’impression d’être sur un chemin tout tracé, on se raconte un histoire sur son passé mais aussi sur son futur. Et lorsqu’on fait un tirage de cartes [de tarot], c’est comme si on enlevait les œillères et qu’on voyait tous les chemins qui s’ouvrent à nous.”

LES LIVRES DE L’AUTEUR

  • Extincta (Robert Laffont, 2019) 
  • Cogito (Robert Laffont, 2019) 
  • Tambours dans la nuit (Griffe d’Encre, 2014)
  • Série Vampyria (2020- en cours)
  • Série Phobos (Robert Laffont, 2015 - 2017)
  • Série Animale (Gallimard Jeunesse, 2013-2015)
  • Série Le Cas Jack Spark (Jean-Claude Gawsewitch, 2009-2012)

POUR UNE IMMERSION SONORE TOTALE

Vampyria, Livre 1 : La Cour des Ténèbres - Victor Dixen - Lizzie

Vampyria, Livre 2 : La Cour des Miracles - Victor Dixen - Lizzie

Vampyria - Livre 3 La Cour des Ouragans - Victor Dixen - Lizzie

C'est le vingt-septième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.

À LA TECHNIQUE

Conception et interview : François-Xavier ROBERT

Citations musicales et extraits : Saga Vampyria de Victor Dixen, tome 1 (La Gigue sans repos) : © Éditions Robert Laffont, S.A.S., Paris, 2020 ℗ Lizzie, un département d’Univers Poche, Paris, 2021 ; tome 3 (tous les autres extraits) : © Éditions Robert Laffont, S.A.S., Paris, 2022 ℗ Lizzie, un département d’Univers Poche, Paris, 2022

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