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Explore every episode of the podcast La Poudre
Dive into the complete episode list for La Poudre. Each episode is cataloged with detailed descriptions, making it easy to find and explore specific topics. Keep track of all episodes from your favorite podcast and never miss a moment of insightful content.
| Title | Pub. Date | Duration | |
|---|---|---|---|
| Découvrez Folie Douce, le nouveau podcast de Lauren Bastide | 18 Jan 2024 | 00:03:08 | |
Après La Poudre, Lauren Bastide présente Folie Douce, le podcast de conversations intimes pour libérer la parole sur la santé mentale.
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Pourquoi, quand on nous demande si ça va, la seule bonne réponse est oui ? Pourquoi personne ne dit qu’il ou elle est suivi.e par un psy, pourquoi ça reste honteux de traverser une dépression, de souffrir de troubles psychiques ou d’addictions ? Pourquoi la santé mentale continue d’être aussi tabou ?
Deux fois par mois, Lauren Bastide reçoit des personnalités pour parler de leur parcours de santé mentale en profondeur, avec humour et bienveillance. L’occasion aussi de parler de la sienne.
Car parler de son vécu ou de celui de ses proches, c’est ouvrir la voix sur des sujets encore trop tabous. C’est interroger cette notion de normalité qui condamne à la marge toutes celles et ceux qui ne s’y conforment pas. C’est aussi se demander : quel rôle ont les inégalités sociales et genrées dans la fabrication de cette normalité ?
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| Épisode 149 - Vandana Shiva n°2 | 20 Dec 2023 | 01:01:20 | |
Il y a un mois, le 15 novembre, on a vécu un moment totalement exceptionnel à Verdragon, le lieu collectif de l’association Front de mères. On n’exagère même pas : c’était l’enregistrement de cet épisode de La Poudre, le deuxième avec Vandana Shiva, qui est un peu le top du féminisme. C’était en public, gratuit, et il y avait tellement de monde qu’on a du s’assoir par terre.
Vandana Shiva, pour nous, c’était vraiment l’invitée ultime, pour cet épisode de La Poudre si spécial. Ecoféministe dès son plus jeune âge (34:11), née dans une forêt du nord de l’Inde (13:30), au sein d’une famille très engagée (21:41), elle se bat depuis des décennies pour une agriculture paysanne, traditionnelle, biologique, contre les géants de l’agroalimentaire. Heureuse de se trouver dans un lieu si emblématique de la convergence des luttes féministes, antiracistes et écologistes (6:19), elle raconte le mouvement Chipko, et les luttes de ces femmes activistes contre la destruction du patrimoine végétal (7:56). L’image de la graine est très importante dans sa pensée (39:46), pleine de symbolisme : elle dit qu’il faut planter, partout où on le peut (39:05).
Elle qui garde toujours espoir (6:31) rappelle que le capitalisme, c’est avant tout du vol, celui de la nature, pour l’enrichissement de quelques milliardaires (30:22).
On vous l’a dit : c’est un épisode TRES spécial de La Poudre. Écoutez-le jusqu’à la fin, Lauren vous en dit plus.
La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.
Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Mahieu.
Prise de son : Nicolas Fogel.
Montage et mixage : Marion Emerit.
Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Jocya Rabarone.
Merci encore à Corinne Laloux pour la traduction et à Front de Mères et Verdragon pour leur accueil.
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| (ARCHIVES) Épisode 30 - Aïssa Maïga | 31 Aug 2023 | 01:07:24 | |
Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à ré(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe au cinéma, avec des actrices et réalisatrices ! 🎶 Rendez-vous un jeudi sur deux sur @spotifyfrance.
Aujourd’hui, on vous propose de (ré)découvrir l’épisode 30 avec Aïssa Maïga. On y parle de la joie de vieillir, de la mort aussi, et de comment le mouvement #metoo l’a inspirée. Bonne écoute !
Au micro de Lauren Bastide, Aïssa Maïga raconte comment le mouvement #metoo l’a inspirée (3:35), son enfance à Fresnes parmi de multiples référents parentaux (10:38), la mort de son père et la mort dans son existence (15:43), le fait de devenir mère à l’âge de 21 ans et son rapport à son utérus (24:17), son propre témoignage dans le livre « Noire n’est pas mon métier » (38:49), les figures de femmes engagées dans le cinéma français (51:35), la joie de vieillir (53:17), et le traitement médiatique de la féminité noire (57:15). Aïssa Maïga est une comédienne née en 1975 à Dakar. Elle vient de publier l’ouvrage collectif « Noire n’est pas mon métier » aux éditions du Seuil, dans lequel 16 actrices noires racontent les expériences à la fois racistes et sexistes qu’elles ont pu vivre en exerçant leur métier en France. À l’âge de 4 ans, Aïssa Maïga quitte le Sénégal avec son père pour emménager à Fresnes, puis à Paris. À 19 ans, après trois années passées en école de théâtre et l’obtention de son baccalauréat, elle participe à un premier projet artistique au Zimbabwe, « Le Royaume du passage d'Éric Cloué » (1986). Elle foule les planches du théâtre Mogador et des Folies Bergères pendant quelques années puis, en 1996, elle joue dans un premier long-métrage : « Saraka Bô » de Denis Amar. Depuis, Aïssa Maïga a tourné plus d’une trentaine de films, notamment devant la caméra de Cédric Klapisch ou de Michel Gondry, ainsi qu’une dizaine de séries TV. Nominée dans la catégorie meilleur espoir féminin aux Césars en 2007, elle est aujourd’hui l’une des plus célèbres actrices française. On a pu la voir récemment dans la mini-série « Le rêve français » diffusé sur France 2 et dans le film « Il a déjà tes yeux » de Lucien Jean-Baptiste. La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Coordination : Zisla Tortello. Mixage : Laurie Galligani.
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| Épisode bonus - Médias et silenciations | 23 Jul 2020 | 01:22:34 | |
Sihame Assbague, journaliste et militante antiraciste, Léa Lejeune, journaliste au magazine Challenges et co-fondatrice de l’association Prenons la Une !, et Jennifer Padjemi, journaliste pigiste et fondatrice de la newsletter afroféministe What’s Good, étaient les premières invitées de Lauren Bastide sur Zoom pour un enregistrement en public le 9 juin 2020.
L’édito de Lauren :
Vous vous rappelez cette une du Parisien sortie pendant le confinement ? Ces 4 chercheurs, 4 hommes blancs d’un certain âge qui s’étalaient en une pour nous raconter le monde d’après ? Ça m’a mise en colère, je vous l’avais déjà dit. Tout comme me mettent en colère ces plateaux de télé ou des personnes blanches débattent sans fin de la réalité du racisme en France, ou ces émissions de radio, entièrement constituées d’hommes, qui débattent sur le féminisme. Ces plateaux, ces unes et ces émissions ne sont pas une exception. Ils sont la règle. Vous voulez des chiffres ? Les voilà, ils viennent de sortir, tout frais : le CSA a publié une enquête fin juin. Le taux d’expertes dans les journaux radiophoniques et télévisés a chuté de 38% à 20% pendant le confinement. Et comme la France ne voit pas les couleurs, on n’a pas les chiffres pour les personnes racisées mais il suffit d’allumer son téléviseur pour l’observer. Pourtant, et c’est le crédo de cette émission, les meilleures expertes seront toujours les concernées. Pour en parler j’ai réuni trois journalistes : Sihame Assbague, Léa Lejeune et Jennifer Padjemi, pour la toute première table ronde de La Poudre sur Zoom, le 9 juin dernier, quelques jours après la première grande manifestation contre les violences policières de l’été 2020, convoquée par Assa Traoré. Le débat fut passionnant et je remercie toutes celles et ceux qui étaient connectés avec nous ce jour-là.
Résumé de l’épisode :
Pour la première table ronde Zoom de La Poudre, les journalistes Sihame Assbague, Léa Lejeune et Jennifer Padjemi décortiquent le rôle des médias en temps de crise au micro de Lauren Bastide. Qu’on parle de confinement ou des récentes et historiques manifestations antiracistes, vivre ces événements en tant que journalistes (06:32) est une expérience particulière. Pour Sihame Assbague, militante antiraciste de longue date, les médias sont, aujourd’hui encore, l’une des institutions qui perpétuent le racisme structurel en France (13:25). Elle appelle à aller au-delà de la question des représentations en veillant à varier les points de vue représentés sur les plateaux et non seulement l’apparence des invité·e·s (15:34). Pour Jennifer Padjemi, le lien entre expérience du confinement dramatique et sous-représentée, et révoltes contre les violences policières n’est plus à démontrer (18:20). Pour elle, les médias ont un rôle déterminant pour représenter toutes les réalités des populations mais il leur faut pour cela non seulement reconnaître les manquements actuels (26:10) mais aussi mettre en place de vraies stratégies pour faire évoluer en profondeur les rédactions aujourd’hui aveugles à certaines problématiques. C’est aussi ce que défend Léa Lejeune qui, avec l’association Prenons la Une !, travaille depuis plusieurs années à fournir des données objectives pour appuyer la lutte pour le changement (31:09). Si pour elle les quotas sont un outil utile, pour Jennifer Padjemi et Sihame Assbague il s’agit avant tout de veiller à la diversité des discours véhiculés (55:40). Elles s’accordent à dire que la pression exercée aujourd’hui par les réseaux sociaux (57:12), tout comme la formation des jeunes générations de journalistes sont parmi les meilleures pistes pour que les médias reflètent enfin une image plus fidèle de la société qu’ils analysent (01:18:40).
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Programmation et coordination : Gaïa Marty et Nora Hissem
Montage et mixage :
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| Épisode 78 - Myriam Leroy | 16 Jul 2020 | 01:12:21 | |
Myriam Leroy, écrivaine et journaliste, est l’invitée du 78e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’adolescence, d’écriture et de harcèlement.
L’édito de Lauren :
Je me rappelle bien du monde d’avant. On n’était pas si mal finalement. On avait l’impression que tout pouvait basculer, qu’on allait peut-être enfin décider de se lever et de se barrer et de leur dire : « On vous emmerde ! » On était en plein dans cette énergie le jour où j’ai rencontré Myriam Leroy à Bruxelles, pour le Bruxels Podcast Festival. C’était le 29 février, le lendemain de la cérémonie des Césars, vous savez celle où… C’était le lendemain et donc on avait une drôle de gueule de bois, mais l’envie d’en découdre et la rage au cœur. Je vous propose de replonger, comme un voyage dans le temps, vers ce moment précis. De nous imaginer, toutes les deux, sur la scène de la grande salle de l’Atelier 210 à Bruxelles, face à un public belge plein de bienveillance, et de rêver à un après où l’on retrouverait un peu cette énergie-là. Ah ! Une toute petite dernière chose, beaucoup de militantes belges m’ont écrit après cette rencontre pour me dire que le féminisme était plus vibrant en Belgique que mon invitée semble le décrire dans l’interview. Il faut leur rendre justice : c’est vrai !
Résumé de l’épisode :
Myriam Leroy est journaliste, et autrice de plusieurs romans à succès, même si elle n’arrive pas toujours encore à se dire écrivaine (10:56). Née en 1982, elle grandit dans le Brabant Wallon, une province de Belgique qu’elle décrit comme sans histoire. Adolescente, elle saisit rapidement les rouages du jeu de la séduction (21:20), une période qui l’a inspirée pour écrire Ariane, son premier roman, dans lequel elle capture toutes les ambiguïtés de cet âge de transition et toute la subtilité de la frontière délicate entre amitié et amour. Après une école de journalisme, elle est d’abord pigiste puis réalise en 2011 un webdocumentaire engagé sur l’IVG. La même année, elle commence à travailler comme chroniqueuse à la radio en Belgique. Elle y tient entre autre une rubrique très populaire intitulée « Myriam Leroy n’aime pas », au ton sarcastique assumé où s’exprime son humour pointu (28:26). En 2013, elle rejoint l’équipe d’Ali Baddou dans « La Nouvelle édition » sur Canal plus. C’est l’une de ses chroniques sur ce plateau, à propos de Dieudonné, qui lui vaudra son premier raid de cyberharcèlement (39:58), une expérience d’une violence sans précédent. Aujourd’hui, elle est en mesure de décortiquer son caractère systémique (43:07), de témoigner et d’informer sur la misogynie ancrée dans le cyberharcèlement (01:00:56), qui élimine les voix de femmes des réseaux sociaux. Elle bascule dans la fiction en 2018 avec son premier roman, puis en sort un second, Les Yeux rouges, en 2019, une autofiction parlant de l’expérience du cyberharcèlement (47:50), dans lequel, elle explore aussi la question de la violence des femmes (01:06:10). Depuis peu investie avec succès dans des projets théâtraux, sa dernière pièce, ADN, évoque un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : la filiation et son lien à l’identité (01:10:50).
Merci au Brussels Podcast Festival d’avoir rendu cet enregistrement possible.
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Programmation et coordination : Gaïa Marty
Mixage : Marion Emerit
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| Épisode 77 - Dali Misha Touré | 02 Jul 2020 | 00:57:49 | |
Dali Misha Touré, écrivaine et entrepreneuse, est l’invitée du 77e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de violence, de frontières et de maternité.
L’édito de Lauren :
« J’aimais bien être seule. J’aimais écrire et parler seule. Personne ne m’écoutait mieux que moi-même. Je savais si bien résoudre mes propres problèmes que j’aurais voulu avoir une amie comme moi. Je n’aimais pas le bruit, même quand j’étais à l’école. Certains jours, j’aurais aimé être sourde parce que j’entendais des choses qui me blessaient, des mots durs qui sortaient de la bouche de ma mère ou de mon père. Je me répétais souvent que je n’étais pas faible mais qu’au contraire j’étais très forte. La vérité, c’est qu’au fil des années je faiblissais à l’intérieur et que ça se voyait peu à peu à l’extérieur. Je n’arrivais pas à sourire normalement : j’étais anxieuse, songeuse, et personne ne le comprenait. J’aurais bien aimé pleurer, mais je n’y arrivais pas ; j’aurais bien aimé me sentir mieux, mais je n’y arrivais pas non plus. J’avais parfois le sentiment d’être née pour rien, de vivre sans joie et de rire sans volonté… un sentiment de bassesse qui m’étouffait. Pourtant, au fond, je me sentais plus intelligente que ceux qui m’entouraient : j’arrivais à me comprendre alors qu’eux n’essayaient même pas de le faire. »
Dali Misha Touré, Cicatrices, Hors d’atteinte, 2019.
Résumé de l’épisode :
Dali Misha Touré est autrice de plusieurs romans et entrepreneuse. Elle est née en 1994 et a grandi à Aulnay-sous-Bois (08:30), une enfance heureuse à cheval entre deux langues : le Soninké à la maison, le Français à l’extérieur (10:43). Elle commence à écrire très tôt, en commençant par des poèmes et des lettres pour ses professeur·e·s (12:26). Inspirée par ses lectures de récits de témoignages, elle cherche au travers de ses écrits à donner une voix aux invisibles qui croisent son chemin (14:25). Elle tente ainsi de mieux comprendre celles et ceux qui l’entourent et de rendre leurs récits manquants audibles (16:50). C’est à 15 ans qu’elle autopublie son premier roman, Cicatrices, avec le soutien de sa professeure de français et de la mairie d’Aulnay-sous-Bois (21:38). Elle est alors très encouragée, tant par sa famille que par ses lecteur·ice·s et autopubliera deux autres livres à la suite du premier (23:58). À 17 ans, elle se marie et rêve alors de faire des études de portugais et de voyager (25:11). Après quelques temps à la fac, elle tombe enceinte de son premier enfant, une expérience qui la comble et lui ouvre de nouvelles perspectives, la poussant à prendre une pause dans son parcours universitaire. Elle découvre également la langue arabe, qui réoriente son choix d’occupation professionnelle. Musulmane, sa foi est très importante pour elle (41:00) et elle crée son entreprise en 2018, Al Jannah, un lieu de cours religieux, de vente de vêtements mais aussi depuis peu de lieux de rencontre pour les femmes (05:30). En 2018 également, Marie Hermann de la maison d’édition indépendante Hors d’atteinte lui propose de republier Cicatrices à compte d’éditeur, donnant une seconde vie à ce premier roman (28:52). Profondément ancrée dans les différentes facettes de son identité, elle souhaite que soient mieux comprises ces multiplicités (27:28), et reconnu le choix des femmes désirant porter le voile (38:07). De son côté, en plus de son activité entrepreneuriale, elle a repris des études de psychothérapie et se lance tout juste dans l’écriture de la suite de Cicatrices !
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
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Mixage : Marion Emerit
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| Épisode 76 - Rachel Keke | 18 Jun 2020 | 00:52:20 | |
Rachel Keke, gouvernante et porte-parole des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, est l’invitée du 76e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de femmes, de race et de classe.
Pour soutenir le combat des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, vous pouvez leur faire un don en suivant ce lien : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/0oz7r5n8
L’édito de Lauren :
Intersectionnalité. Est-ce que vous comprenez bien ce mot ? Est-ce que vous le pensez excessif ? Galvaudé ? Dangereux ? Insuffisant ? Il est pour moi la clé de tous les mouvements sociaux actuels. Il est la grille de lecture essentielle afin de relier les luttes féministes, antiracistes et décoloniales. Et comme je ne suis pas la personne la plus légitime pour vous l’expliquer, j’ai eu envie de vous relire le passage du texte de la juriste et chercheuse africaine-américaine Kimberlé Williams Crenshaw, tel qu’il est apparu pour la première fois sous sa plume en 1994. Ne jamais oublier que ce mot a été pensé au départ pour traduire le réel des femmes noires victimes de violences.
Résumé de l’épisode :
Rachel Keke est l’une des porte-parole de la grève des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, démarrée le 17 juillet 2019. Elles se battent depuis bientôt un an pour que soient reconnues les conditions de travail désastreuses – quand elles ne sont pas tout simplement illégales –, qui leur sont imposées par leur employeur, STN, sous-traitant du groupe Accor (26:00). Rachel Keke est née en 1974 et a grandi en Côte d’Ivoire, à Abidjan (08:20). Elle commence à travailler à 16 ans en tant que coiffeuse. À 26 ans, elle arrive en France, souhaitant y utiliser ses compétences et poursuivre dans la même voix (09:00), mais les complexités liées à l’obtention de papiers à son arrivée l’en empêche. Après avoir travaillé en tant que garde d’enfants, elle arrive dans l’hôtellerie. STN est le quatrième sous-traitant qu’elle a connu, des entreprises dont les conditions de travail et les cadences inhumaines ont déjà été signalées et combattues par plusieurs mouvements de grèves et procès dans ce milieu professionnel. Accidents du travail, corps abîmés par les tâches répétitives et épuisantes, mépris, quand les femmes de chambre n’ont pas à subir du harcèlement moral et des agressions sexuelles (40:56), Rachel Keke dénonce la réalité effrayante de ces emplois précaires majoritairement féminins (26:00) et les conséquences de la sous-traitance les excluant du régime réservé aux employé·e·s du groupe hôtelier (21:45). Après des années de silence de la part des syndicats qu’elle et ses collègues avaient consultés, c’est finalement la CGT HPE (pour Hôtels de prestige) qui répond à leurs demandes d’aide et de soutien pour faire valoir leurs droits (31:56). Rachel Keke souligne cependant l’importance pour elles de prendre elles-mêmes la parole face aux médias et aux politiques, en tant que premières concernées et expertes des violences qu’elle subissent (37:07). Fragilisées par leur position en tant que femmes racisées, souvent immigrées et piégées par les exigences de renouvellement de leurs papiers (42:50), une situation dont les entreprises de sous-traitance tirent parti, elles trouvent malgré tout de nombreux soutiens, qui leur donnent courage et aide financière pour tenir sur la longueur. Elle appelle à ne pas se voiler la face sur les discriminations subies par les personnes racisées aujourd’hui, entre autres les violences policières (45:18), contre lesquelles elle constate qu’elles n’ont quasiment aucun recours possible. Quant au mouvement de grève des femmes de chambre, Rachel Keke garde espoir alors que la plaidoirie est en cours en ce moment, et espère pouvoir compter sur la jurisprudence de précédents procès gagnés par d’autres femmes de chambre dans cette situation (48:28) pour avoir gain de cause.
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
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| (Rediff) Épisode 21 - Assa Traoré | 07 Jun 2020 | 00:50:53 | |
Parce que les vies noires comptent. Parce que La Poudre et Nouvelles Écoutes soutiennent le combat contre le racisme systémique et les violences policières. Parce que nous assistons aujourd’hui, partout dans le monde, à une révolution. Parce que nous voulons la vérité pour Adama. Je vous propose aujourd’hui de réécouter l’interview d’Assa Traoré, parue pour la première fois dans La Poudre le 14 décembre 2017. Écoutez. Comprenez. Soutenez : https://www.okpal.com/adama-traore/?utm_campaign=01C1J63EN1CGGN0EFQCEN0X52T&utm_medium=campaign_endfunnel-okpuid_01E9VHGVZVXD4067Q6CHR5RJBG-20200602&utm_source=share_twitter#/
Au micro de Lauren Bastide, Assa Traoré raconte son rôle d'aînée dans une famille de 17 enfants (04:50), son lien avec son père, perdu à l’âge de 14 ans (08:08),et aux deux premières épouses de celui-ci (13:21) son métier d’éducatrice à Sarcelles (20:13), la stigmatisation dont sont victimes les jeunes garçons des quartiers populaires (24:05) le soir de la mort d’Adama Traoré (26:30), les faits qui ont conduit à l’incarcération de deux de ses frères (34:00), et son lien au Mali, où son père et Adama sont enterrés (40:13).
Assa Traoré est née en 1985 à Paris. Très jeune, elle s’occupe des plus petits de ses sœurs et frères, issus des premiers mariages de son père. Suite à une intervention dans son école primaire, elle décide de devenir éducatrice spécialisée. Le 19 juillet 2016, son jeune frère Adama Traoré, qui fête ses 24 ans ce jour-là, perd la vie dans la gendarmerie de Persan après une interpellation à Beaumont-sur-Oise. Dans les heures qui suivent sa mort, sa famille met en cause la responsabilité des forces de l’ordre dans son décès. Les autorités nient. Une bataille judiciaire et médiatique s’ensuit. Assa se consacre entièrement à cette lutte, et devient porte parole de l’association “Justice pour Adama”. En mai 2016, elle co-signe avec la journaliste Elsa Vigoureux “Lettre à Adama”, un ouvrage qui raconte ce combat.
La Poudre est une production Nouvelles Écoutes.
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| Épisode 75 - Iris Brey | 28 May 2020 | 01:07:28 | |
L’autrice, chercheuse et critique Iris Brey est l’invitée du 75e épisode de La Poudre, le sixième et dernier de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de grec ancien, de mères infanticides et de regard féminin.
L’édito de Lauren :
Je voulais vous écrire un texte super émouvant parce que c’est le dernier épisode de La Poudre produit en confinement. Je voulais vous dire plein de trucs sur la mort, sur la vie, sur la surveillance, sur le contrôle... Je voulais peut-être même vous confier des failles à moi, vous expliquer que j’oscille entre deux mondes, toujours, le très lumineux et le très obscur, que ça m’épuise et que ce qu’on vient de vivre a aiguisé tout ça a un point presque intolérable par moment. Je voulais vous parler des émotions extrêmes qu’on a ressenties collectivement et vous promettre qu’on se remet de tout. Et puis je me suis rendue compte que je faisais que ça, en fait, des textes super émouvants en intro de mes podcasts. Je suis tellement prévisible. Donc pour une fois je vais faire sobre. Et juste vous dire merci. Merci de m’écouter, merci de me suivre, merci de me soutenir. Merci pour vos partages sur les réseaux sociaux. Merci d’avoir suivi les lives Instagram sur le compte de La Poudre. Merci de me dire si souvent merci. Merci aussi à mes invitées Fania Noël, Julia Cagé, Claire Marin, Anne Cheng et Alice Coffin pour leur générosité lors de ces enregistrements à distance, grâce à elles je crois qu’on a vraiment toutes les clés pour le penser, ce fameux monde d’après. Je suis vraiment fière de cette série, qui se termine en beauté avec la chercheuse et critique Iris Brey. Juste avant tout ça, elle était en première ligne de cette révolution féministes menée par les femmes du cinéma français. Vous savez ? Celle qui reprend là, maintenant, tout de suite.
Résumé de l’épisode :
Iris Brey est chercheuse, journaliste et critique. Elle est aussi l’autrice de deux livres plongeant dans les dessous des images et des représentations produites par nos sociétés, dans les séries d’abord, puis dans le cinéma. Née en 1984 d’un père américain et d’une mère française, elle grandit entre Paris, les États-Unis et le Japon (15:17). Elle développe ainsi un rapport aux langues très particulier, renforcé par ses études en grec ancien (19:40), qui lui donnent une conscience aigüe des systèmes de perception créés par les mots eux-mêmes. Outre le grec, elle étudie aussi littérature (23:13) et cinéma, et travaille ainsi sur la construction des imaginaires, notamment autour de la représentation des corps féminins (26:30). Elle examine dans ses travaux de recherche ces figures féminines, toujours passées au crible d’un regard désirant masculin, ce que la chercheuse Laura Mulvey avait appelé le male gaze. Elle questionne aussi les lieux dévolus aux figures de femmes, toujours punies pour avoir occupé l’espace public sans but précis (28:12), mais aussi les violences qui leur sont faites. Le cinéma, qui rend captif son public (33:10), est peuplé de scènes de viol, quasiment exclusivement filmées du point de vue de l’agresseur et souvent mêlées à des notions de désir (39:49). C’est ce lieu commun qu’Iris Brey dénonce et appelle à faire évoluer pour que chacun·e prenne conscience de ces représentations qui alimentent la culture du viol. C’est parce que le cinéma prend une telle place dans le monde culturel aujourd’hui et parce que ses acteur·ice·s ont une visibilité et parfois un pouvoir économique ayant très peu d’égal, que ce milieu est selon elle aussi lié à la vague féministe actuelle (45:55). Elle y est elle-même engagée pour faire bouger ces lignes, notamment au sein du collectif 50/50 pour 2020 (12:59) qui œuvre à remettre en question la répartition du pouvoir dans ces espaces professionnels de création (11:03). Elle a aussi accompagné l’essentiel témoignage d’Adèle Haenel à Médiapart (49:04), constatant
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| (Rediff) Épisode 49 - Déborah Lukumuena | 25 May 2020 | 01:06:05 | |
Après le confinement, le Podcast Club de Nouvelle Écoutes continue ! Chaque jour, un.e membre de l’équipe met en avant son épisode préféré d’un podcast Nouvelles Écoutes. Aujourd'hui, il s'agit de la recommandation d'Ashley, productrice.
« Comme pas mal de personnes, j’ai découvert Déborah Lukumuena grâce à sa performance incroyable dans « Divines » d’Houda Benyamina. Je me souviendrai toujours du jour où j’ai écouté cet épisode. C’était un samedi, je revenais de chez ma mère, j’étais dans un train pour rentrer à Paris. L’histoire de cette actrice m’a retournée. J’ai adoré entendre son discours radical, intransigeant et sans concession. Le passage où elle parle du rôle de la colère dans sa vie m’a marqué : l’entendre revendiquer ce sentiment, tellement mal perçu chez les femmes noires, m’a fait un bien fou. Bonne (ré)-écoute à tou.te.s ! »
Au micro de Lauren Bastide, Déborah Lukumuena parle de sa réussite (5:49), de sa double enfance en région parisienne et de la colère qui l’habite (7:16), de ses liens avec la République démocratique du Congo (11:48), de l’importance de la littérature (14:50) et de l’arrivée du cinéma dans sa vie (16:12), ainsi que de la complexité des personnages qu’elle aime incarner (23:06). Elle évoque aussi le long casting de "Divines" (26:23), la beauté de Maïmouna (attention spoiler, 35:00), les liens entres les différents personnages qu’elle joue (38:50), la stigmatisation des actrices noires (43:22), les choix qui guident sa carrière (47:54), les réactions racistes auxquelles elle a dû faire face suite aux Césars (51:00) et son rapport à elle-même (60:00).
Déborah Lukumuena est comédienne. Née en 1994, elle est passionnée de littérature et rêve d’abord de devenir professeure de français. C’est en regardant la série Les Tudors qu’elle a le déclic qui la mène à passer le casting pour le film d’Houda Benyamina, "Divines", pensant briguer un rôle de figurante. Sélectionnée pour jouer l’un des deux personnages principaux, elle décroche en 2017 le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa performance. Elle entre alors au conservatoire et a depuis joué dans "Roulez jeunesse" et "Les invisibles" au cinéma, ainsi que dans la pièce "Anguille sous roche" au théâtre. Elle y joue seule sur scène et porte magistralement un monologue puissant et politique.
La Poudre est une production Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Mixage du générique du cycle Cinéma : Charles de Cillia
Coordination : Gaïa Marty
Mixage : Paul Lambert de Cursay
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| Épisode 74 - Alice Coffin | 21 May 2020 | 01:07:09 | |
La journaliste et militante Alice Coffin est l’invitée du 74e épisode de La Poudre, le cinquième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Paris, de médias et de politique.
L’édito de Lauren :
Salut vous allez bien ? Moi je suis toujours confinée parce que mes enfants ne retournent pas à l’école pour l’instant. Et aussi parce que je crois qu’étrangement j’ai trouvé un certain confort dans cet isolement forcé, je ne sais pas si je dois m’en inquiéter. Ce qui me manque ce sont les sorties culturelles. La toute dernière que j’ai faite c’était à Bobino en mars, j’étais retournée voir VIRIL, vous savez ce spectacle dont je vous ai déjà parlé dans l’introduction de mon épisode avec Casey. VIRIL c’est Virginie Despentes, Béatrice Dalle et Casey qui lisent sur scène des textes féministes et queer radicaux. Je les relis en ce moment, c’est tellement bon, et mon préféré, celui qui résume le mieux mon désir, c’est celui-ci, le texte culte écrit en 1992 par l’artiste américaine Zoe Leonard. Un texte qui avait été tapé à la machine et distribué sur des tracts, à la main, à New York, et ici librement traduit. Désolée ça aura pas autant de gueule que quand c’est Béatrice Dalle qui le dit.
Résumé de l’épisode :
Alice Coffin est journaliste et militante, autrice d’un livre très attendu sur le génie lesbien qui sortira en octobre 2020 (52:44). Née en 1978, elle grandit à Paris dans le 12e, dans une famille nombreuse, ouverte et aimante (20:34). Elle comprend très jeune tous les paradoxes des injonctions aux comportements genrés (25:58) et milite contre le système hétéropatriarcal dans plusieurs collectifs et associations (24:23), dont La Barbe depuis 2010, la European Lesbian Conference dont elle est cofondatrice ou encore la LIG (Lesbiennes d’Intérêt Général), premier fonds de dotation féministe et lesbien. Après les manifestations lors du vote de la loi pour le mariage pour tous et leur traitement médiatique régulièrement atterrant (30:50), elle s’attaque au concept de « neutralité » qui n’est souvent en réalité qu’un moyen de silenciation des minorités (31:50). Pour elle, le regard des femmes issues des minorités est pourtant essentiel, leur position dans la société et les difficultés qu’elles doivent surmonter pour s’y adapter leur permettant de voir et de lutter plus efficacement contre les oppressions structurelles (45:23). Elle reste cependant méfiante des discours annonçant qu’il n’y aura pas de retour en arrière, ayant été témoin des stagnations, reculs et backlashs sur divers fronts, de la place des femmes dans le cinéma français aux débats sur la PMA (42:30). Engagée depuis peu à l’échelon local pour Europe Écologie les Verts, elle affirme toute la force politique que revêtent les corps lesbiens qui s’affichent dans l’espace public (47:55). Activiste depuis de nombreuses années, elle voit de nombreuses similarités entre les combats féministes et écologistes (01:00:20) et appelle à se passer du regard des hommes pour inventer un ailleurs et un autrement (56:33).
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Programmation et coordination : Gaïa Marty
Mixage : Marion Emerit
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| (Rediff) Épisode bonus - Fashion Revolution | 12 May 2020 | 00:50:35 | |
Pour continuer de vous accompagner pendant le déconfinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, continue le Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute.
Dans cet épisode bonus enregistré le 22 avril 2017 lors de la journée “Fashion Revolution”, organisée en hommage aux victimes de l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh, le 24 avril 2013, Lauren Bastide tend son micro à 4 femmes militant au quotidien pour une industrie de la mode plus respectueuse des droits humains et de l’environnement : Anaïs Dautais, Laura Brown, Nayla Ajaltouni et Stéphanie Calvino.
Installées au bord du Canal Saint-Martin, elles racontent successivement leurs ressentis après avoir appris l’effondrement du Rana Plaza, le 24 avril 2013 : Laura (06:19), Anaïs (08:18), Stéphanie (11:50), et Nayla (15:14). Elles dénoncent la promesse mensongère de la mondialisation (20:59), énumèrent les problèmes écologiques qui sont liés à la fast-fashion (21:33), et les pistes à suivre pour consommer responsable (25:25). Elles racontent la double peine que subissent les femmes travailleuses dans l’industrie du textile (42:21), la mode éthique comme un combat féministe (44:48) et livrent des mantras de consommatrices et consommateurs responsables à appliquer dès demain (48:50).
Au micro de Lauren Bastide : Anaïs Dautais, créatrice de la marque Les Récupérables dont les vêtements sont créés à partir de matériaux récupérés et “upcyclés”, Nayla Ajaltouni, coordinatrice du Collectif Éthique sur l’étiquette, qui regroupe des associations de solidarité internationale, des syndicats, des mouvements de consommateurs et des associations d’éducation populaire, Laura Brown, fondatrice d’Éthipop, une communauté de créat-eur-rice-s éthiques et responsables, et Stéphanie Calvino, organisatrice des conférences « Anti_Fashion » et membre du Collectif 52.
Merci à Sébastien Kopp et à Veja pour avoir associé La Poudre à cet événement.
La Poudre est une production Nouvelles Écoutes.
Réalisation de l’épisode : Xavier Faltot pour La Chambre à Air.
Réalisation sonore et générique : Aurore Meyer-Mahieu.
Coordination : Zisla Tortello.
Mixage : Laurie Galligani
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| Épisode 73 - Claire Marin | 07 May 2020 | 01:04:40 | |
La philosophe Claire Marin est l’invitée du 73e épisode de La Poudre, le quatrième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de maladie, d’identité et de soin.
L’édito de Lauren :
« On aimerait que la rupture soit une coupure franche. Bien droite et nette, d’un seul coup, comme le sabre qui décapite. Mais la rupture est déchirure. À la différence de la séparation qui laisserait chacun redevenir la part entière qu’il était déjà auparavant, comme le rappelle l’étymologie, la rupture est une déchirure. Elle ne retrouve que rarement les contours nets de chacun. On ne rompt pas comme on découpe le long des pointillés, respectant soigneusement le patron qui reprend notre forme exacte. On déchire dans le tissu d’une vie commune où les identités des uns et des autres se sont si étroitement mêlées que plus personne ne sait vraiment où il commence et où l’autre s’arrête. Mais celui qui veut rompre croit le savoir. Il croit pouvoir dessiner l’ombre où il perçoit sa silhouette propre et veut se débarrasser de ce flou indécis, des présences qui l’encombrent, des liens qui l’empêchent d’être vraiment lui-même.
La rupture propre, comme un chiffre qui se divise sans reste, est sans doute impossible. Nous ne pouvons pas nous ‘‘réduire dans le temps, semblable à un nombre, sans qu’il reste une fraction bizarre’’, pour reprendre l’expression de Nietzsche. Même rompus, les liens peuvent rester sensibles, membres fantômes, témoins d’une ancienne vie. »
Rupture(s), Claire Marin, Éditions de l’Observatoire, 2019.
Cet épisode a été enregistré le 29 avril 2020, en confinement, un jour de pluie.
Résumé de l’épisode :
Claire Marin est philosophe, enseignante, et autrice de plusieurs livres passionnants dont le dernier, Rupture(s), résonne très fort avec la situation actuelle. Née en 1974 à Paris, son enfance à Nantes est pleine de lectures, de solitude et de lenteur (11:11). Docteure en philosophie, cette discipline a été un coup de cœur pour elle dès le lycée (14:41) et joue un rôle important dans sa vie. Frustrée par son côté parfois aride et abstrait, elle se sert de ses outils et les rend plus accessibles, plus en prise avec le réel et notamment avec le corps au travers d’une philosophie de la maladie (20:13). Elle-même diagnostiquée d’une maladie auto-immune qu’elle raconte pudiquement dans son roman Hors de moi, elle fait aujourd’hui partie des personnes ‘‘à risque’’ (07:05) et aborde avec clarté les enjeux d’une société qui s'appuierait uniquement sur des critères quantitatifs d’évaluation de la santé de ses citoyen·ne·s pour statuer sur leurs droits et libertés (35:00). Elle évoque également la dangerosité de la culpabilisation des malades pour dédouaner les politiques (41:11), une tendance déjà largement observée avant même l’impact du Covid-19. La crise actuelle est pour elle une rupture (24:40) qui apporte une nouvelle instabilité dans nos vies déjà bien plus mouvantes que celles des générations précédentes (27:30). Elle ne croit cependant pas en sa valeur transformatrice, même si elle espère certaines conséquences positives comme une plus grande présence des femmes sur le devant de la scène, elles qui sont si essentielles au combat actuel contre la maladie (09:20). Enseignante en classe préparatoire dans le Val d’Oise à côté de ses travaux de recherches, elle constate l’impossibilité de mettre en place les recommandations gouvernementales dans des espaces délaissés par la République depuis longtemps, ce dont sont bien conscientes les populations concernées, lassées d’être considérées comme des citoyen·ne·s de seconde zone lorsqu’elles ne sont pas tout simplement oubliées et maltraitées (57:10). Claire Marin appelle à reconnaître toute la légitimité de cette colère et celles générées par la crise en cours et à mettre des mots dessus grâce à la philosophie (47:20).
Bonne écoute, et continuez de faire par
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| (ARCHIVES) Épisode 49 - Déborah Lukumuena | 17 Aug 2023 | 01:07:50 | |
Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à ré(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe au cinéma, avec des actrices et réalisatrices ! 🎶 Rendez-vous un jeudi sur deux sur @spotifyfrance.
Aujourd’hui, on vous propose de (ré)découvrir l’épisode 49 avec Déborah Lukumuena. On y parle de la stigmatisation des actrices noires, des Césars, de réussite et de littérature. Bonne écoute !
Au micro de Lauren Bastide, Déborah Lukumuena parle de sa réussite (5:49), de sa double enfance en région parisienne et de la colère qui l’habite (7:16), de ses liens avec la République démocratique du Congo (11:48), de l’importance de la littérature (14:50) et de l’arrivée du cinéma dans sa vie (16:12), ainsi que de la complexité des personnages qu’elle aime incarner (23:06). Elle évoque aussi le long casting de Divines (26:23), la beauté de Maïmouna (attention spoiler, 35:00), les liens entres les différents personnages qu’elle joue (38:50), la stigmatisation des actrices noires (43:22), les choix qui guident sa carrière (47:54), les réactions racistes auxquelles elle a dû faire face suite aux Césars (51:00) et son rapport à elle-même (60:00). Déborah Lukumuena est comédienne. Née en 1994, elle est passionnée de littérature et rêve d’abord de devenir professeure de français. C’est en regardant la série Les Tudors qu’elle a le déclic qui la mène à passer le casting pour le film d’Houda Benyamina, Divines, pensant briguer un rôle de figurante. Sélectionnée pour jouer l’un des deux personnages principaux, elle décroche en 2017 le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa performance. Elle entre alors au conservatoire et a depuis joué dans Roulez jeunesse et Les invisibles au cinéma, ainsi que dans la pièce Anguille sous roche au théâtre. Elle y joue seule sur scène et porte magistralement un monologue puissant et politique. La Poudre est une production Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Mixage du générique du cycle Cinéma : Charles de Cillia Coordination : Gaïa Marty Mixage : Paul Lambert de Cursay.
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| Épisode 72 - Anne Cheng | 30 Apr 2020 | 01:12:44 | |
La sinologue Anne Cheng est l’invitée du 72e épisode de La Poudre, le troisième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Confucius, de sinophobie et de vanité.
L’édito de Lauren :
Cette crise nous oblige à nous demander à quoi on sert. Il y a ceux et surtout celles, qui ont des métiers essentiels à la société. Celles qui sont sur le front, à se battre contre la maladie, à soigner nos ancien·ne·s, à nous nourrir, à nous assurer un environnement propre et sain. Je voudrais remercier ces femmes-là et leur faire la promesse qu’on ne les oubliera pas demain, quand il faudra se battre pour qu’elles soient rémunérées à la hauteur de leur importance et traitées avec le respect qui leur est dû. Moi je fais partie des confiné·e·s, des professions dites intellectuelles, des bullshit jobs, des télétravaillants, des pas essentiel·le·s, des utiles, à la rigueur. Mais j’ai la chance inouïe de faire le travail le plus merveilleux du monde : interviewer des femmes. Je suis plus reconnaissante que jamais d’avoir ce privilège-là. Il me permet de poursuivre avec vous le cycle #ellespensentlapres en compagnie de l’une des plus grandes penseuses que j’ai jamais rencontrées. Anne Cheng est sinologue et professeure au Collège de France. J’avais eu la chance de l’interviewer une première fois pour mon émission Les Savantes, sur France Inter, il y a deux ans de cela. Je voulais qu’elle vienne ici, dans La Poudre, partager avec vous ce savoir immense qu’elle détient sur la Chine. Il m’a semblé que c’était urgent et elle a accepté mon invitation. Bande de veinardes et de veinards !
Résumé de l’épisode :
Anne Cheng est sinologue et professeure au Collège de France depuis 2008. Directrice de collection et autrice de nombreux ouvrages, sa vision sur les liens entre la France et la Chine est éclairante. Née à Paris en 1955, elle grandit en France avec son père, François Cheng, poète et membre de l’Académie française (11:07). Sa mère, repartie en Chine juste avant la Révolution culturelle, ne pourra à nouveau entrer en contact avec elle que dix ans plus tard. Anne Cheng se réapproprie son lien avec la Chine en s’attaquant à 26 ans à la traduction d’un texte fondateur : les entretiens de Confucius (16:36). Elle crée ainsi des attaches au pays d’origine de ses parents par un biais qui lui est propre (23:00). Au travers de son parcours de chercheuse, elle étudie en profondeur les origines et les reconfigurations diverses du lien entre la France et la Chine : depuis les idées reçues plutôt positives au XVIIe siècle – bien que biaisées par les objectifs des Jésuites (29:50) –, en passant par les premières traces de sinophobie après le XVIIIe, jusqu’aux clichés racistes hérités de la période coloniale. Clichés qui ressortent avec violence aujourd’hui, bien que le racisme contre les personnes asiatiques ne date pas d’hier : elle, comme ses filles en ont d’ailleurs déjà fait les frais par le passé (40:08). Cette histoire ancienne et tortueuse qu’elle étudie depuis longtemps est à présent teintée des effets de la mondialisation, dans laquelle la Chine a une place centrale, ce que la crise actuelle rend incontestable (34:48). Elle observe avec recul et finesse la place de ce pays et de son influence grandissante, notamment dans de nombreux pays d’Afrique (49:36). Elle appelle cependant à sortir de la mise en miroir entre Chine et Occident qui crée une binarité effaçant toute la complexité de ces cultures et de leurs relations (46:40). En ce moment, si son travail de recherche est évidemment perturbé par les circonstances actuelles (07:27), elle est attentive à ce qui se passe ici comme là-bas (06:19) et continue à analyser sans angélisme le rôle de l’Empire du milieu dans la crise en cours (58:11).
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
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Réalisation e
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| (Rediff) Épisode 11 - Najat Vallaud-Belkacem | 27 Apr 2020 | 01:03:45 | |
Pendant cette période de confinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, organise un Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute.
Dans ce onzième épisode de La Poudre, Najat Vallaud-Belkacem se livre, au micro de Lauren Bastide, à l’Hôtel de Rochechouart du Ministère de l’Éducation Nationale.
Najat Vallaud-Belkacem est ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche depuis août 2014. Elle est née en 1977 dans le village de Beni Chiker, au Maroc. Najat Vallaud-Belkacem arrive en France à l’âge de 4 ans et grandit dans la banlieue d’Amiens. Diplômée de l’Institut d’Études Politiques de Paris, elle est militante du parti socialiste, et est élue pour la première fois en mars 2004, Conseillère Régionale du Rhône-Alpes. Pendant la campagne présidentielle de 2007, elle est porte-parole de Ségolène Royal. Le 15 mai 2012, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault la nomme Ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement. En Août 2014, elle devient la première femme à occuper le poste de ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Au micro de Lauren Bastide, Najat Vallaud-Belkacem dresse le bilan de son mandat gouvernemental de 5 ans (02:50), raconte son enfance dans la vallée du rif au Maroc (08:40), son adolescence sage dans les quartiers nord d’Amiens (19:15), sa difficulté à se trouver des modèles de femmes (25:15), les attaques sexistes et racistes dont elle a fait l’objet (32:25), la bataille autour de de son projet « ABCD égalité » (41:00). Elle donne aussi sa définition de la laïcité (47:30) et dévoile son désir d’en découdre avec le FN (53:35).
La Poudre est une production Nouvelles Écoutes.
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu.
Mixage : Zaki Allal.
Assistante de production : Zisla Tortello.
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| Épisode 71 - Julia Cagé | 23 Apr 2020 | 00:57:30 | |
L’économiste Julia Cagé est l’invitée du 71e épisode de La Poudre, le deuxième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de dette, de représentation et de revenu universel.
L’édito de Lauren :
Bon. Alors j’ai une théorie. Ça vaut ce que ça vaut mais, pour moi, cette crise produit un effet loupe. Tout ce qui arrive, c’est comme avant, mais en version grossie. Les violences policières dans les quartiers populaires c’est pas nouveau, mais c’est pire. Les injonctions sexistes dans les magazines féminins c’est comme d’hab, mais ça choque plus. La fragilité des vieux, la mise en danger des pauvres, l’importance de l’école gratuite, la difficulté à vivre en couple hétérosexuel, on était au courant, mais le confinement rend tout exagéré, colossal. Sur le plan individuel c’est pareil, nos névroses prennent beaucoup de place, nos soucis de santé aussi. On n’est rien d’autre que ce qu’on est, mais y a plus moyen d’y échapper : on est confiné·e·s dans nos propres petits enfers personnels. Moi par exemple, là, je me rend compte que je suis maman, alors qu’avant j’avais quand même plusieurs heures dans la journée où je pouvais l’oublier. Je me sens fille de mes parents, plus qu’avant, parce qu’ils me manquent et que je suis loin d’eux. Je saisis encore plus à quel point je suis privilégiée et comme le confort matériel dont je bénéficie change tout dans ce contexte. Il y a un truc qui me saute au yeux, quelque chose que je contournais un peu jusqu’ici : je suis cheffe d’entreprise. Mon associé Julien et moi, on se prend la crise en pleine figure. Le podcast, c’est gratuit. On gagne des sous uniquement grâce à la pub. Et en temps de crise, bah de la pub y en a pas, enfin pas beaucoup en tout cas. On a peur de tout perdre et on est prêts à se battre pour que ça n’arrive pas. On se retrouve tous les deux à parler d’exonération d’URSSAF, de prêt garanti par l’état, d’activité partielle et de banque publique d’investissement. Et comme dans les médias on n’entend que des vieux gars parler de tout ça, j’ai eu envie d’échanger avec une économiste, jeune, brillante, progressiste, pour vulgariser.
Résumé de l’épisode :
Julia Cagé est chercheuse en économie et l’autrice de plusieurs brillants ouvrages, dont Le Prix de la démocratie dans lequel elle explore les ressorts économiques du fonctionnement de la vie politique française. Née en 1984 à Metz, elle déménage souvent étant enfant (11:58) mais rentre en classe préparatoire à Marseille et finit par intégrer l’École normale supérieure, poussée par son admiration pour les figures intellectuelles de gauche (13:35). De gauche, elle l’est certainement et ne s’en cache jamais. Elle a d’ailleurs été la conseillère économique de Benoît Hamon lors de la campagne présidentielle de 2017. Cette prise de position est souvent utilisée pour discréditer son travail de chercheuse (15:18) mais elle l’assume sans ambage, dénonçant au contraire la supposée neutralité d’un certain milieu de la recherche (17:19). Lors de la campagne, elle a été l’une des actrices majeures de la proposition du candidat sur le revenu universel (20:10), aujourd’hui revenu au centre des débats. À l’époque, elle a dû faire face à de nombreuses marques d’un sexisme bien ancré, tant dans la presse que dans la politique (26:46). Elle est aujourd’hui plus assurée dans son positionnement féministe, appelant à utiliser les outils de l’état de droit pour changer durablement les règles et faire entendre les femmes (29:40). Elle rappelle d’ailleurs le besoin d’une représentation descriptive pour une démocratie en bonne santé (30:56). Dans la crise actuelle, elle appelle de ses vœux une relance verte de l’économie, un chemin toujours plus nécessaire vers la transition (32:40). Elle souligne aussi toute l’importance de l’impôt (40:00) pour parvenir à une société plus juste et sa dénonciation du système de dons des plus ri
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| Épisode 70 - Fania Noël | 16 Apr 2020 | 01:09:59 | |
L’autrice et militante Fania Noël est l’invitée du 70e épisode de La Poudre, le premier enregistré en confinement. À contexte particulier, discussion particulière : cet épisode mêle parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde d’après. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de révolte, de rêve et de révolution.
L’édito de Lauren :
Avec Fania Noël, on devait se voir pour de vrai, avant que la pandémie nous confine. On avait programmé ce rendez-vous dans le monde d’avant. Vous vous rappelez ? On en était là : Adèle Haenel s’était barré, Aïssa Maïga leur avait mis le nez dans leur racisme, Virginie Despentes avait dit : « On se lève et on se casse ! », à la manif’ on était des milliers, déterminées, et au village féministe, Mwasi, Lallab et d’autres asso avaient appelé à sortir de l’effroi. À force de s’époumoner on commençait à avoir - enfin, moi je l’avais -, la vague impression qu’on était entendues, que nos cris résonnaient et puis d’un coup, silence. Confiné·e·s. Enfermé·e·s chez nous ou envoyé·e·s au front, nous voilà à nouveau silencié·e·s. Nos combats passeront après. Les violences contre les femmes ont augmenté de plus de 30% au sein des foyers depuis le début du confinement. Les femmes les plus précaires, aides à domicile, aide-soignantes, caissières, ouvrières, sont abandonnées, sans protection contre la maladie. Dans les médias, sexisme et racisme s’en donnent à cœur joie, et un grand quotidien propose à quatre vieux gars blancs de raconter le monde de demain. Comment peuvent-ils penser le monde de demain, eux qui ne comprennent pas même les violences de celui d’aujourd’hui ? C’est à elles de l’énoncer.
Résumé de l’épisode :
Autrice, fondatrice de la revue AssiégéEs, hôtesse de deux podcasts et militante dans l’association Mwasi depuis plusieurs années, Fania Noël lutte pour une société antiraciste, antisexiste et anticapitaliste, en créant des outils accessibles pour ces combats. En ce moment, elle en appelle plus que jamais aux utopies pour lutter contre la stupeur et l’effroi créés par le confinement et ses conséquences (06:10). Née en Haïti et arrivée à deux ans en France, elle est diplômée de la Sorbonne en sciences-politiques (07:34). Ses études l’aident à théoriser sa connaissance instinctive des rapports de pouvoir et de l’impact qu’ils ont sur les corps de ses proches (12:18). Elle cherche des lieux militants pouvant répondre à ses interrogations et ses envies de changer le système mais ne trouve pas d’espaces répondant à l’intersection des discriminations dont elle fait l’expérience (30:22). C’est finalement internet qui se révèlera le catalyseur de sa politisation personnelle (33:50). Cette position particulière d’être une femme noire en militantisme blanc finit par la mener en 2015 à la rencontre de Mwasi, collectif afroféministe dont elle fait depuis partie (36:29). En 2016, elle monte un camp d’été décolonial avec la militante Sihame Assbague et se retrouve en butte à de nombreux opposant·e·s, de la gauche comme de la droite, qui ne supportent pas l’idée de réunions en non-mixité et leur vision de la lutte antiraciste. Cette expérience se reproduit avec la tenue du festival Nyansapo organisé par Mwasi en 2017, ce qui ne l’empêche pas de continuer à agir. Si la colère est un bon point de départ, elle revendique son dépassement pour pouvoir construire l’après et l’autrement (16:50). Dans la crise actuelle qui révèle plus que jamais le racisme systémique (48:09), elle dénonce l’impact psychologique de l’impossible mythe de la « housewife » noire (54:40) et appelle à s’approprier les outils théoriques pour que demain, la lutte reprenne encore plus fort (01:04:50).
Les sons de manifestation que vous entendez dans l’introduction ont été enregistrés par Lauren Bastide le 8 mars 2020.
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Programmation
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| Nouvelles Écoutes présente Et toi, ça va ? | 11 Apr 2020 | 00:02:52 | |
Nouvelles Écoutes présente « Et toi, ça va ? » un podcast animé par la journaliste Dolores Bakèla sur les sons de ce premier confinement planétaire. Tous les vendredis, elle prends le pouls du confinement en passant des coups de fils à l’équipe élargie de Nouvelles Écoutes. Des Outre-Mer à Rio de Janeiro, en passant par la France métropolitaine, chaque épisode sera dédié à un sujet que la pandémie actuelle bouleverse : les droits individuels, la violence de classe, la solitude ou l'exiguïté…
Ce podcast inaugure le nouveau flux « Studio 56 », le laboratoire sonore du studio Nouvelles Écoutes pour expérimenter, inventer, jouer avec le son.
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| (Rediff) Épisode 37 - Emma | 09 Apr 2020 | 01:03:20 | |
Pendant cette période de confinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, organise un Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute.
Au micro de Lauren Bastide, Emma raconte son enfance près de Troyes (06:20), le métier d’ingénieure informatique (10:28), son besoin profond de changer le monde (13:40), la maternité comme catalyseur d’injustices (16:30), le lien entre travail et féminisme (22:06), son militantisme contre les violences policières (29:10), le travail émotionnel (39:05), la charge mentale (44:00), les réseaux sociaux qui précarisent le militantisme (53:02), et le droit à la colère (56:48).
Emma est une activiste, autrice et dessinatrice née en 1981 à Troyes. Elle vient de publier « La charge émotionnelle », troisième tome de sa série de bandes dessinées intitulée « Un autre regard », aux éditions Massot. Elle y aborde notamment les thèmes du consentement, des violences policières et de la charge émotionnelle. Après un BTS Informatique, Emma intègre une école d’ingénieurs. Une fois diplômée et intégrée dans la vie active, sa première grossesse lui fait prendre la mesure du sexisme systémique. Elle crée alors un blog sur lequel elle publie des planches au dessin très simple abordant des sujets qui la révoltent. En mai 2017, Emma rassemble ses dessins dans une première bande dessinée. La veille de sa sortie, elle publie une planche intitulée « Fallait demander » sur le thème de la charge mentale. En quelques heures, sa communauté passe de 40 000 à 250 000 abonné-e-s. Le deuxième tome suivra quelques mois plus tard, en novembre 2017. Elle est aujourd’hui suivie par une vaste communauté, qu’elle contribue à conscientiser par son trait efficace et didactique.
La Poudre est une production Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Coordination : Zisla Tortello
Mixage : Laurie Galligani
ERRATUM : le texte de la bande-dessinée d'Emma qui s'intitule « Montrez-moi ces seins » est l'œuvre d'Ariane Papillon. Il n'a donc pas été inspiré par une lectrice comme il est mentionné dans l'épisode, mais écrit par celle-ci et illustré par Emma.
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| Épisode 69 - Géraldine Dormoy | 02 Apr 2020 | 01:15:10 | |
Géraldine Dormoy, journaliste et autrice, est l’invitée du 69e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’influence, d’internet et d’injonction.
L’édito de Lauren :
Nous sommes le 30 mars 2020, selon l’AFP 3,4 milliards d’êtres humains sont actuellement en confinement. J’enregistre cette introduction depuis chez moi et j’espère que vous allez bien. La conversation avec Géraldine Dormoy que vous vous apprêtez à écouter date de septembre dernier. Je venais de lire son livre, Un Cancer pas si grave, qui m’avait impressionnée. Dans ce journal, elle raconte son cancer du sein. Un cancer qui n’était pas si grave, elle en a réchappé, mais ce titre décrit bien aussi le flegme de cette journaliste que je connais, et apprécie depuis des années. Franchement, le calme et la franchise de Géraldine Dormoy font du bien par les temps qui courent. C’était donc en septembre 2019, c’était juste après le décès de Maëlle Sigonneau. Maëlle… Ça me bouleverse de penser à Maëlle. Qu’est-ce que j’aimerais l’entendre parler de santé, de féminisme et de politique en ce moment, avec sa vision acérée et sa douceur déterminée. Maëlle était l’autrice et la narratrice du podcast Impatiente produit par Nouvelles Écoutes. Elle l’avait co-créé avec l’anthropologue Mounia El Kotni. Dans ce documentaire, Maëlle raconte son cancer du sein et décrypte les injonctions sexistes qui ont parsemé son parcours de patiente. Son cancer était grave. Elle en est morte le 17 août 2019. Elle avait 33 ans. Quand vous aurez fini d’écouter cet épisode de La Poudre, prenez le temps, s’il-vous-plaît, d’aller écouter les sept épisodes d’Impatiente. Surtout le tout dernier, que nous avons mis en ligne il y a quelques jours : « La révolte gronde ». Après, si vous voulez bien, on réfléchira à ce que notre système de santé a de violent et d’injuste, et comment nous souhaitons construire le monde d’après.
Résumé de l’épisode :
Géraldine Dormoy est l’autrice du livre Un Cancer pas si grave dans lequel elle raconte son cancer du sein. Journaliste, elle a travaillé à L’Express Style presque dix ans et est l’une des blogueuses mode précurseuses. Née en 1976, elle a grandit dans le Val d’Oise (12:14) dans une famille unie, ce qui ne l’empêche pas de grandir avec une certaine anxiété qu’elle a appris à gérer au fil des années. Très jeune, en partie influencée par sa fascination pour le monde de la mode, elle entretient un rapport pas toujours serein avec son corps et son poids (21:23) qui la mène jusqu’à la boulimie. C’est Internet et le soutien qu’elle y trouve dans les communautés en ligne qui lui permet de mettre des mots sur ses troubles alimentaires (26:00). C’est Internet encore qui la met sur le chemin qui sera le sien : en 2005, perdue professionnellement, elle ouvre un blog (35:12). Le succès qu’elle y rencontre la pousse à reprendre des études (37:00) et, après une formation à l’Institut français de la mode, elle rentre à L’Express Style en tant que journaliste en 2009. Passionnée par la mode, elle garde tout de même un certain recul avec le milieu et, aujourd’hui encore, analyse avec précision les écueils rencontrés par les influenceuses contemporaines (43:51) ou l’absence de vrais changements post #Me Too (47:10). C’est en 2017 qu’elle est diagnostiquée pour son cancer du sein. Un moment de sa vie qu’elle raconte avec franchise dans son livre, n’omettant ni son quotidien, ni les questions de sexualité (24:38) de rapport à son corps, ou encore les nombreuses remises en question des injonctions sexistes qui continuent à s’abattre sur les patientes (58:21) tout au long de leur parcours de soin.
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Programmation et coordination : Gaïa Marty
Mixage : Charles de Cillia
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| (Rediff) Épisode Bonus - Présent·e·s avec Elisa Rojas | 26 Mar 2020 | 01:08:36 | |
Pendant cette période de confinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, organise un Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute.
Dans cet épisode bonus enregistré le 11 octobre 2018 au Carreau du Temple dans le cadre du cycle de conférences « Présent·e·s » qui explore la place des femmes dans l’espace public, Elisa Rojas raconte la création de son blog « Aux marches du Palais » comme un contre espace public (07:35), ce que l’étude du droit lui a apporté en tant que militante et femme handicapée (10:29), l’invisibilisation des luttes d’émancipation pour les personnes handicapées des années 70 (17:25), le CLHEE, organisation non-mixte, intersectionnelle et anticapitaliste (26:25), la contradiction interne des deux grandes lois de 1975 pour l’intégration des personnes handicapées (30:53), la lutte contre l’institutionnalisation (36:09), l’importance des réseaux sociaux dans son militantisme (47:48), les violences spécifiques contre les femmes handicapées (51:58), la difficulté de l’accès aux Disabilities Studies pour les militants francophones (1:02:35) et le droit à une vie à soi (01:04:09).
Elisa Rojas est avocate et activiste pour les droits des personnes handicapées. Elle est co-fondatrice du C.L.H.E.E (Collectif Lutte et Handicaps pour l'Égalité et l’Émancipation). Née au Chili en 1979, Elisa Rojas emménage en France avec ses parents à l’âge de 2 ans et suit un parcours scolaire d’abord en institution spécialisée, puis en école ordinaire. Une fois diplômée du baccalauréat, elle entame des études de droits à l’université Paris I Panthéon Sorbonne. À l’âge de 25 ans, alors qu’elle est encore étudiante, elle interpelle les médias au sujet du Téléthon, qu’elle qualifie de campagne de communication géante. Après avoir passé le Barreau de Paris en 2007 et s’être installée à son compte, en 2013, elle créé son blog, « Aux marches du palais », qui lui permet de porter ses premiers combats politiques. Le C.L.H.E.E, dont elle un membre actif aujourd’hui, est un collectif intersectionnel et anti-capitaliste composé d’activistes directement concernés par le handicap. Il se bat particulièrement contre l'institutionnalisation qui domine les politiques du handicap en France.
La Poudre est une production Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Coordination : Zisla Tortello
Mixage : Laurie Galligani
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| Épisode 68 - Vandana Shiva - (doublé en français) | 19 Mar 2020 | 00:41:23 | |
This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.
La militante écoféministe Vandana Shiva est l’invitée du 68e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de garder espoir, d’enlever les arbres et désobéir.
L’édito de Lauren :
Le 21 janvier 2017 j’étais à Washington, pour la Women’s March. Cela a donné l’épisode « La Marche » que j’ai posté le 8 mars 2017. C’est la que j’ai enregistré « We are not afraid of Donald Trump » du générique. J’arrive pas à croire que cela fait déjà trois ans. C’était je pense l’étincelle, la case départ de la révolution féministe que nous sommes en train de vivre. Ce jour là il y a avait un demi-million de femmes dans les rues, de Washington. Et ce jour là j’ai rencontré une femme : Ashley McCray.
Cette rencontre a été déterminante pour moi. C’est grâce à elle une j’ai compris que le patriarcat, le colonialisme et le capitalisme étaient les trois facettes d’un même système.
Résumé de l’épisode :
Vandana Shiva mène depuis près de cinquante ans des combats écologistes et féministes dans le monde. Malgré cette lutte de longue haleine, elle est aussi l’une de celle qui porte le plus la notion d’espoir dans ses discours et ses écrits (02:45). Un espoir qu’elle ne cesse d’affirmer comme essentiel pour éviter le défaitisme : il faut combattre le fatalisme et se servir du temps qu’il reste pour agir, non pour fuir et abandonner la planète (03:29). Née le 5 novembre 1952 à Dehradun (Inde), elle fait des études de physique et de philosophie des sciences, en Inde puis au Canada. Après avoir œuvré contre la construction de gigantesques barrages, ou encore avec le mouvement Chipko (31:16) pour la préservation des forêts dans son pays d’origine, elle agit depuis de nombreuses années pour conserver l’autonomie des paysans sur l’utilisation des semences en se positionnant contre le brevetage des graines (14:17). Elle rappelle ainsi l’importance de garder du recul par rapport aux « avancées technologiques » (11:11) qui doivent rester des outils et donc pouvoir être remis en question. Lorsque cette remise en question n’est plus possible, ou détournée sous couvert de discours paternalistes, elle révèle le néocolonialisme véhiculé par les multinationales de l’agroalimentaire, qu’elle dénonce sans relâche. Si Vandana Shiva porte un combat écologiste, elle s’inscrit aussi dans les luttes féministes, démontrant les liens profonds entre ces problématiques. Elle a d’ailleurs reçu le prix Nobel alternatif en 1993 pour ces engagements conjoints. Elle revendique la valeur des savoirs réputés « féminins » de soin et de sens de la communauté pour servir de guide dans la transition qu’il faut aujourd’hui entreprendre (22:26). Pour cela, l’activiste rappelle aussi le pouvoir de la désobéissance civile, un outil militant utilisé notamment par Extinction Rebellion ces derniers temps (33:24). De son côté, elle ne baisse pas les bras et continue à inspirer les militant·e·s écoféministes à travers le monde.
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
La voix française de Vandana Shiva est incarnée par Patricia Loison, merci à elle.
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Traduction : Agnès El Kaïm
Programmation et coordination : Gaïa Marty
Prise de son voix française : Charles de Cillia
Montage et mixage : Marion Emerit
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| Episode 68 - Vandana Shiva - 🇬🇧 | 19 Mar 2020 | 00:40:39 | |
Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter.
The ecofeminist activist Vandana Shiva is the guest of the 68th episode of La Poudre.With Lauren Bastide, they talked about staying hopeful, hugging trees and disobey.
Lauren’s foreword:
On the 21st of January 2017, I was in Washington D.C. at the Women’s March. This gave birth to the episode « La Marche », published on the 8th of March 2017. That’s where I recorded the « We are not afraid of Donald Trump » that you can hear in the opening credits. I can’t believe it’s been three years already. It was the spark, the starting point of the feminist revolution we are living today. On that day, half a million women were on the streets in Washington. And on that day, I met one woman : Ashley McCray.
This encounter was crucial for me. Thanks to her, I understood that patriarchy, colonialism and capitalism are three sides of the same system.
Episode summary:
Vandana Shiva has been leading both environmentalist and feminist fights for more than fifty years accross the globe. Despite this long-term endeavor, she is also one of the few carrying the idea of necessary hope in her speeches and writings (02:45). She sees hope as essential to avoid defeatism: we need to fight fatalism and use all the remaining time to act instead of running away and abandoning the planet (03:29). Born on the 5th of November 1952 in Dehradun (India), she studied physics and science philosophy, in both India and Canada. After fighting against gigantic dams construction, or taking part in the Chipko movement for forest preservation in India, she has been working towards peasants’ autonomy in their use of seeds by taking a stance against seed patenting (13:17). She warns us about keeping in perspective the various “technological advances” (11:11) which have to remain mere tools which can be challenged and reassessed. When they cannot be called into question, or their reevaluation is made impossible by paternalist discourses, it reveals the neocolonialist methods of the food-processing industry she condemns relentlessly. If Vandana Shiva has been fighting for the environment, she has also taken part in feminist battles, establihsing the profound link between the two. She has indeed received the Alternative Nobel Prize in 1993 for her activism in these intertwined issues. She reminds and honors the value of “womanly” knowledge regarding care and sense of community to help guide us in the much needed transition (22:26). To reach this goal, she also reminds us of the power of civil disobedience, an activist tool used nowadays by Extinction Rebellion among others (33:24). As for Vandana Shiva, she does not give up and keeps on inspiring ecofeminist activists around the world.
Executive Producer : Nouvelles Écoutes
Production and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu
Production assistant : Gaïa Marty
Editing and mixing : Marion Emerit
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| (ARCHIVES) Épisode 52 - Céline Sallette | 03 Aug 2023 | 01:10:25 | |
Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à ré(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe au cinéma, avec des actrices et réalisatrices ! 🎶 Rendez-vous un jeudi sur deux sur @spotifyfrance.
Aujourd’hui, on vous propose de (ré)découvrir l’épisode 52 avec Céline Sallette. On y parle de « mâle gaze », d’Arcachon et d’utérus. Bonne écoute !
Au micro de Lauren Bastide, Céline Sallette parle de ce que cela signifie d’être actrice (03:59), de son enfance à Arcachon (09:34), de ses débuts au théâtre et des potentialités infinies qu’elle y découvre (16:39). Elle évoque aussi le miroir que lui renvoie son parcours professionnel (23:56), la figure de Pygmalion qui a traversé sa vie (27:00), son premier rôle dans Meurtrières (30:47), le « male gaze » au cinéma (34:28), le statut privilégié des acteur-ice-s (50:05), le jeu comme performance du corps (53:43), son dialogue avec son utérus (55:40), et ce que cela change d’être dirigée par une femme, une actrice, une amie (58:46). Céline Sallette est une actrice de théâtre et de cinéma, aux rôles puissants et évocateurs. Née en 1980 à Bordeaux, elle monte sur les planches encore adolescente. Grisée par les sensations que lui procurent le jeu et la scène, elle suit une licence d’art théâtral avant de faire un stage aux côtés d’Ariane Mnouchkine puis de finalement rentrer au conservatoire d’art dramatique de Paris. Après de premiers rôles au théâtre, elle joue dans Meurtrières de Patrick Grandperret en 2006. C’est son rôle dans L’Apollonide en 2011 - pour lequel elle décrochera une nomination au César du meilleur espoir féminin - qui la révèle au grand public. Elle enchaîne ensuite avec des rôles tout en complexité au cinéma, joue dans la série Les Revenants pendant 3 ans et fait un retour très remarqué au théâtre avec la pièce Molly Bloom, la chair qui dit oui, un long monologue qu’elle interprète dans un décor mouvant. Plus récemment, elle a incarné le personnage emblématique de la Hyène dans l’adaptation de la trilogie de Virginie Despentes : Vernon Subutex. La Poudre est une production Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Mixage du générique du cycle Cinéma : Charles de Cillia Coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit.
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| Épisode bonus - La France et les féminismes | 12 Mar 2020 | 01:30:05 | |
Maboula Soumahoro, docteure en civilisation du monde anglophone et spécialiste des études africaines-américaines, Élise Thiébaut, journaliste et écrivaine, et Aurore Koechlin, doctorante en sociologie, étaient au Columbia Global Center au micro de Lauren Bastide pour un enregistrement en public le 4 février 2020.
L’édito de Lauren :
C’était le 4 février 2020 au Columbia Global Center
Ce soir-là, dans une salle chaleureuse, magnifique, remplie de poudreuses et de poudreux attentifs, je recevais trois femmes qui pensent le féminisme en France aujourd’hui : la chercheuse Maboula Soumahoro, la sociologue Aurore Koechlin et la journaliste et autrice Élise Thiébaut. On s’est demandé comme notre belle nation embrassait le combat féministe. Spoiler : c’est pas joli joli.
Merci à Loren Wolfe d’avoir facilité cet événement.
Je suis très heureuse de pouvoir le partager avec vous aujourd’hui.
Résumé de l’épisode :
La France a-t-elle un problème avec les féministes ? Spoiler alert : oui.
Est-ce qu’on parle de la France qui accueille le mouvement #MeToo par une tribune sur le droit d’importuner (01:21:08) ? Est-ce qu’on parle de la France où 149 femmes par an meurent sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint sans que le gouvernement ne daigne débloquer un euro supplémentaire pour les associations (13:24) ? Est-ce qu’on parle de la France qui accorde douze nominations aux Césars à un réalisateur accusé de viol ? Est-ce qu’on parle de la France qui tient à tout prix à arracher leur voile aux femmes musulmanes qui le portent (52:30) ? Est-ce qu’on parle de la France où on appelle « féministe » des personnes tenant H24 des propos transphobes ? Est-ce qu’on parle de la France qui interdit la PMA aux lesbiennes jusqu’à il y a très peu de temps, et aux trans, toujours ? Est-ce qu’on parle de la France qui voit comme une menace le fait que des femmes noires se réunissent en ateliers non-mixtes (21:28) ? Est-ce qu’on parle de la France où les travailleuses du sexe, en raison de lois répressives, voient leur situation se dégrader de jour en jour ? Oui, on parle bien de cette France-là.
Au micro de Lauren Bastide, Maboula Soumahoro, maîtresse de conférence et autrice, Élise Thiébaut, journaliste et écrivaine et Aurore Koechlin, doctorante en sociologie et militante démontent le mythe d’une France féministe (06:50) et décryptent comment le pays de Monique Wittig est aussi le théâtre d’affrontements incessants sur les droits des femmes.
Merci à l’équipe du Columbia Global Center d’avoir rendu cet enregistrement possible.
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
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| Épisode 67 - Jeanne Cherhal | 05 Mar 2020 | 00:58:57 | |
Jeanne Cherhal, flamboyante compositrice et interprète, est l’invitée du 67e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’Aurélia Aurita, de Colette Renard et de Barbara. L’édito de Lauren : Je crois que La Poudre, je l’ai faite pour me fabriquer des sœurs. Jeanne Cherhal fait partie de ces sœurs qui me sont tombées dessus, sans prévenir. On s’est aimées alors qu’on ne s’était même pas rencontrées. Elle, en m’écoutant parler, moi, en l’écoutant chanter. Un jour, elle m’a demandé de souffler sur de la poudre, devant une caméra, pour son clip. Et du coup, moi, je lui ai demandé de venir parler dans un micro pour La Poudre. Cet épisode est dans la boîte depuis quelques mois, mais je voulais vous le balancer là, autour du 8 mars, parce que Jeanne, au fond, incarne cette valeur un peu galvaudée mais pourtant tellement essentielle au mouvement féministe : la sororité. Résumé de l’épisode : 40 ans. Année de grâce et d’épanouissement. C’est ce que célèbre Jeanne Cherhal, brillante compositrice et interprète qui enchante la chanson française depuis 20 ans, dans L’an 40, son dernier album sorti il y a quelques mois (04:12). Née en 1978 à Erbray, près de Nantes, elle grandit dans ce petit coin de campagne entourée de figures qui peuplent ses compositions : sa grand-mère, femme d’agriculteur (10:44), sa mère, passionnée de théâtre et de littérature (12:56) et son père, plombier (15:10). Elle apprend le piano toute seule, en rejouant Sheller en solitaire au piano. Une façon acharnée de travailler en répétant qui la porte encore aujourd’hui (17:28). Jeune autodidacte musicale, elle est aussi précoce dans ses prises de conscience féministes : c’est au collège qu’elle s’insurge pour la première fois contre l’un de ses professeurs tentant d’imposer ses vues sur l’avortement à sa classe de 4e (20:20). Elle chante ainsi sur la condition des femmes depuis ses premiers albums, ne se refusant comme sujet ni les règles, ni les agressions sexuelles, et fait même parfois de la chanson son arme militante en écrivant des titres en réponse à un rappeur contre l’avortement ou en soutien aux Pussy Riot (39:50). Elle débute très jeune sur scène et a gagné en assurance au fil des années et de ses titres écrits comme autant de petites nouvelles (53:30), combattant son syndrome de l’impostrice qui se calme avec le temps (25:55). Dans ce milieu souvent encore très masculin, elle impose aujourd’hui sa vision créatrice et met en avant les femmes qui travaillent à ses côtés (44:37). Ce soutien aux autres figures féminines qui lui tiennent à cœur s’incarne d’ailleurs encore et encore dans ses projets : de la reprise d’un album entier de Véronique Sanson, à son hommage à Barbara comme compositrice sur la scène de la Philharmonie, jusqu’aux portraits de femmes qu’elle publie sur les réseaux sociaux pour célébrer la sortie de L’an 40. Elle agit dans son art comme dans son quotidien, en toute sororité. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! Le morceau que vous entendez dans l’introduction est « L’An 40 » de Jeanne Cherhal. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Montage et mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.
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| Épisode 66 - Casey | 20 Feb 2020 | 00:58:49 | |
Casey, la rappeuse de légende, est l’invitée du 66e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de rap, de rock et de rage.
L’édito de Lauren :
C’était le 13 novembre 2019, au festival Les Créatives, à Genève, une quinzaine culturelle et intersectionnelle qui est l’un des plus géniaux événements féministes du monde. Ce soir-là, j’ai interviewé Casey en public. On était une petite centaine dans un café du centre. J’étais impressionnée, je l’avoue, ça faisait près de trois ans que j’essayais d’obtenir un entretien avec elle. Parce qu’elle n’est pas seulement l’un des plus grands noms du rap en France depuis près de vingt ans, mais aussi une autrice à la plume d’exception, porteuse d’idées politiques, indispensable à celles et ceux qui veulent faire avancer la société dans le bon sens, celui de la révolution.
La veille je l’avais vue sur scène aux côtés de Virginie Despentes et de Béatrice Dalle dans Viril, un spectacle musical qui compile des textes radicaux féministes, signés par Paul B. Preciado, Valérie Solanas, Audre Lorde, Leslie Feinberg et d’autres. C’était dingue. Vraiment dingue.
Résumé de l’épisode :
Après six ans, Casey, voix iconique et adulée du rap français (04:36), revient avec un nouveau projet explosif, Ausgang et une réédition de ses deux premiers albums solo, Libérez la bête et Tragédie d’une trajectoire.
Née en 1976 à Rouen, Casey se passionne pour le rap à l’adolescence. Elle y trouve des représentations de sa réalité (12:15) et une échappatoire intellectuelle au racisme qu’elle rencontre dans sa scolarité (18:57). Présente sur des mixtapes à partir de 1995, elle sort un premier album solo en 2006, puis un second, en 2010, qui rendent mythiques son flow unique et ses textes qui bousculent. Sa famille vient de Martinique, elle qui a grandi dans le 93, deux lieux qu’elle considère « chez elle » (26:02). Nourrie de l’œuvre d’Édouard Glissant et d’Aimé Césaire, elle glisse dans ses écrits la notion d’hybridité et la pensée décoloniale (27:30). Elle affirme la grandeur du rap (04:36), milite pour son droit à s’embourgeoiser (37:33) à l’image du rock, style dans lequel elle aime s’engouffrer pour des projets collectifs. Son dernier opus porte ses idées politiques, la défense des faibles et des cassés et traite des failles et de l’envie, parfois, de se soustraire au monde (41:47).
Si son identité de genre n’a jamais été une zone d’exploration (24:57), elle connaît le poids du patriarcat (47:03) et les thématiques qu’elle aborde se rapprochent de celles des plus grandes penseuses féministes d’aujourd’hui, comme Virginie Despentes, qu’elle rencontre en 2015. En 2019, elle plonge dans la pensée queer en commençant à jouer dans Viril (10:05), un spectacle mis en scène par David Bobée, accompagné par le groupe Zëro, où elle partage l’affiche avec Despentes et Béatrice Dalle. Elles y déclament, sur fond de rock, des textes radicaux de Valérie Solanas, Paul B. Preciado, Zoe Leonard et Leslie Feinberg, comme pour mieux exprimer toute la « virilité » et de la colère des femmes.
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
Le morceau que vous entendez dans l’introduction est « Aidez-moi » de Casey.
Merci au festival Les Créatives pour avoir rendu cet enregistrement possible.
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
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| Épisode 65 - Cécile Duflot | 06 Feb 2020 | 01:05:09 | |
Cécile Duflot, écologiste convaincue, figure de la vie politique française et aujourd’hui présidente de l’ONG Oxfam France, est l’invitée du 65e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de foi, de robe et de gêne.
L’édito de Lauren :
« Ce sont les jeunes comme nous qui seront les plus touchés par l’immobilisme de nos dirigeants. Des recherches montrent que la pollution engendrée par la combustion des énergies fossiles constitue la principale menace pesant sur la santé des enfants dans le monde. Au mois de novembre, cinq millions de masques ont été distribués dans les écoles de New Delhi, la capitale indienne, en raison des brouillards de fumées toxiques. Les énergies fossiles nous étouffent, littéralement.
La science s’écrie qu’il est urgent d’agir, et pourtant nos dirigeants osent l’ignorer. Nous continuons donc à nous battre. [...]
Cette action doit être forte et à grande échelle. Car la crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. Nos dirigeants politiques ne peuvent plus fuir leurs responsabilités. »
Tribune parue le 29 novembre 2019 dans Project Syndicate et signée par Greta Thunberg, Luisa Neubauer, Angela Valenzuela, Evan Meneses et Hilda Flavia Nakabuye.
Résumé de l’épisode :
Cécile Duflot, grande figure de la scène politique française, est aujourd’hui la présidente de l’ONG Oxfam France qui lutte contre les inégalités. Un combat pour elle intimement lié à celui qu’elle mène pour l’écologie (07:02). À Oxfam, elle a participé à porter la plus grande mobilisation en ligne de France : l’Affaire du siècle, un recours en justice contre l’état français pour inaction face au changement climatique (10:46). Née le 1er avril 1975, elle grandit en Seine-et-Marne entre un père syndicaliste et une mère dont les convictions écologiques rythmaient son enfance (15:02). Une famille qui lui a aussi transmis de fortes valeurs de vie collective et un attachement à la foi catholique qu’elle formule plus volontiers aujourd’hui pour appuyer sur la différence de traitement des communautés religieuses dans une France crispée sur la question de la laïcité (22:21). Venue à Paris, elle enchaîne les petits boulots pour payer ses études et obtient un DEA de géographie ainsi qu’un diplôme de l’ESSEC en alternance. Elle adhère aux Verts en 2001, devient porte-parole du parti en 2005 et sa plus jeune secrétaire national en 2006. Réélue à 92,7% des voix en 2011, elle est nommée en 2012 ministre du logement et de l’égalité des territoires dans le gouvernement de François Hollande. Un parcours fulgurant qui ne lui vaut pourtant pas la reconnaissance dont profite ses pairs masculins (35:45) ! Ce sexisme de la vie politique s’incarne très publiquement dans les réactions face à son jean porté en conseil des ministres et sa robe à l’Assemblée nationale (42:24). En 2014, elle quitte le gouvernement, en désaccord avec les valeurs défendues par le nouveau premier ministre, Manuel Valls (51:17). Si elle croit toujours à l’importance de l’action publique (12:03), elle se retire de la vie politique en 2017 et prend la direction d’Oxfam France en 2018. Cette institution, au-delà des ses actions sociales et environnementales, met en place des actions très concrètes en interne pour prévenir le harcèlement au travail. Un positionnement qui lui importe après avoir témoigné dans le procès Baupin (55:38). Elle appelle aujourd’hui à « un combat contre la gêne », pour pouvoir enfin dénoncer les violences dont sont victimes les femmes (1:00:05).
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
Les extraits de discours que vous entendez dans l’introduction proviennent de la conférence de presse des militantes pour le climat Vanessa Nakate, Luisa Neubauer, Greta Thunberg, Isabelle Axelsson et Loukina Tille, qui a eu lie
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| Épisode 64 - Mazarine Pingeot | 23 Jan 2020 | 01:20:03 | |
L’écrivaine et intellectuelle Mazarine Pingeot est l’invitée du 64e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de secret, de viol et d’intimité.
L’édito de Lauren :
La honte d’être fatiguée, triste ou malade.
La honte d’être victorieuse, forte, douée.
La honte de son corps.
La honte de sa sexualité.
La honte de ce qui nous fait du bien.
La honte de ne pas boucler ses fins de mois.
La honte d’être mère.
La honte de ne pas être mère.
La honte de ses addictions, la honte de ses traumatismes, la honte de sa spiritualité.
La honte d’avoir été agressée, harcelée, violée.
J’ai réalisé récemment que ce sentiment de honte était permanent dans la psyché des femmes. Et cette honte, c’est un mécanisme puissant de silenciation. Quand on a honte on se tait. Quand on a honte on reste seul·e. Dire « moi aussi », toutes ensemble, c’est une façon de lever la honte et de lever la loi du silence.
Résumé de l’épisode :
Mazarine Pingeot est une autrice, intellectuelle et une figure bien connue de l’opinion publique française. Son dernier roman, le poignant Se taire (éd. Julliard) porte sur un sujet malheureusement central dans la pensée et le combat féministe : le viol, qu’elle traite ici dans un souci de nuance et de complexité (11:59). Elle grandit entre des parents aimants (26:02) mais tapie dans le secret de leur relation. Un secret qui deviendra d’autant plus important à préserver après l’élection de son père, François Mitterrand qui endosse la fonction présidentielle en 1981. Son adolescence parisienne, bien que banale dans son quotidien (21:21), n’en est pas moins rythmée par le passage de la frontière invisible entre le dedans – où tout le monde sait – et le dehors – où il faut se taire. Un secret dont elle se sent responsable et qu’elle protège de toutes ses forces (30:07) mais qui imprime sa marque sur sa personnalité, ajoutant au sentiment d’imposture, lot des femmes dans le système patriarcal (36:22). Pour faire ses preuves, elle passe des concours prestigieux et anonymes, comme celui de l’ENS, où elle est admise en 1994. C’est en sortant du déjeuner auquel l’avait conviée son père pour fêter cet accomplissement, que sa vie bascule : des paparazzis les prennent en photo et dévoilent son existence dans la presse (44:32). Agrégée de philosophie en 1997, elle est enseignante, chroniqueuse, et se lance dès 1998 dans l’écriture avec son premier roman intitulé Premier roman (57:28) qui reçoit un accueil ambivalent, où son identité n’est pas étrangère aux critiques acerbes. Elle ne se laisse pas décourager et, en tant qu’écrivaine, traite au fil des années de sujets sensibles en interrogeant la société qu’elle habite. Roman après roman, elle se réapproprie sa propre histoire, mais explore également l’infanticide dans Le Cimetière des poupées ou le viol et le silence entourant ses victimes dans son dernier roman, Se taire (01:02:20).
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Programmation et coordination : Gaïa Marty
Montage et mixage : Marion Emerit
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| Épisode 62 - Maggie Nelson - (doublé en français) | 26 Dec 2019 | 01:06:17 | |
This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.
L’immense autrice et penseuse Maggie Nelson est l’invitée du 62e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Judith Butler, de violence et d’amour.
L’édito de Lauren :
C’est drôle, ces derniers jours les bleuets sont apparus parmi les coquelicots et les pissenlits dans la petite prairie qui borde la rivière.
Les cueillir et les faire sécher entre les pages 58 et 59.
Au fond de l’eau un reflet lapis lazuli attire mon regard.
Je plonge ma main dans l’eau. Je ramasse l’objet. C’est un morceau de mosaïque, ou peut-être un carreau de piscine. Bleu comme la rivière. Bleu comme les bleuets. Bleu comme un coup sur ma cuisse, comme mon âme les soirs d’été, comme l’encre de mon stylo sur mon carnet.
Résumé de l’épisode :
Maggie Nelson est née en 1973 à San Francisco où elle a grandit (08:50). Ses parents, amours de jeunesse mariés jeunes, divorcent un an avant que son père ne meurt d’une crise cardiaque. Un drame qui marque son adolescence (17:16) autant que les récits familiaux, dont celui de sa tante Jane, la sœur de sa mère, morte assassinée (25:08). Elle déménage à New York pour faire ses études et y rencontre des figures littéraires telles qu’Eileen Miles et Annie Dillard qui se révèleront très importantes pour l’autrice qu’elle est en train de devenir. Elle publie de la poésie dès 2001 et sort son premier premier essai en 2005, Jane, a Murder où elle se confronte à l’histoire de sa tante qu’elle retrace et explore. À la publication de ce livre, par un concours de circonstance le dossier de l’assassinat de Jane est rouvert. Ce procès sera le thème de son premier roman, Une partie rouge (2009) où son style d’écriture, entre notes très structurées et référencées, autofiction et poésie se déploie déjà avec brio (14:20). Elle complètera cette trilogie sur le rapport des femmes à la violence par The Art of Cruelty, un essai paru en 2009, en même parallèle de Bluets, un recueil de pensées autour du bleu dans lequel elle dissèque les ressorts de la dépression (37:10). En 2015, elle publie Les Argonautes, un nouveau roman hybride autour – entre autre – de sa grossesse et de la transformation de son compagnon Harry (54:36). Ce livre, traduit dans une dizaine de langues met son nom sur le devant de la scène littéraire mondiale. Sa pensée, profondément queer, complexe et limpide à la fois, lui vaut une reconnaissance dans de nombreux pays et un lectorat déjà en attente de son prochain écrit.
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
La voix française de Maggie Nelson est incarnée par Marie Labory, merci à elle.
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Traduction : Céline Leroy
Programmation et coordination : Gaïa Marty
Prise de son voix française : Charles de Cillia
Montage et mixage : Marion Emerit
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| Episode 62 - Maggie Nelson - 🇬🇧 | 26 Dec 2019 | 01:05:37 | |
Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter.
The incredible author and thinker Maggie Nelson is the guest of the 62nd episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about Judith Butler, violence and love.
Lauren’s foreword
It’s funny, these past few days, bluets have appeared among poppies and dandelions in the small meadow near the river.
I gathered them and put them to dry between the pages 58 and 59.
In the river, a lapis lazuli sparkle catches my eye in the water.
My hand dives in.
I take the object. It’s a piece of mosaic, maybe a swimming pool tile. As blue as the river. As blue bluets. As blue as a bruise on my thigh, as my soul on summer evenings, as my pen’s ink on my notebook.
Episode summary
Maggie Nelson was born in 1973 in San Francisco where she grew up (08:50). Her parents, high-school sweethearts who were married very young, divorced a year before her father’s death from a heart attack. This tragic event, as well as her family’s story – especially her mother’s sister murder – left their mark on her adolescence (17:16). She moved to New York to go to university and met there important litterary figures such as Eileen Miles or Annie Dillard who both influenced and inspired the young writer she was becoming. She started publishing poetry in 2001 and Jane, a Murder, her first essay in which she explored and confronted her aunt’s death, went out in 2005. Coincidentally, the trial on Jane’s death was reopened at the same time. She published her first novel on the subject, The Red Parts, in which her writing style, between very structured notes and references, autofiction and poetry bloomed (14:20). She completed a trilogy on women and violence in 2009 with another essay, The Art of Cruelty, published the same year as Bluets, a collection of thoughts on the colour blue in which she explores depression’s intricacies (37:10). In 2015 she published The Argonauts, a new hybrid novel revolving around her pregnancy and the parallel transformation of her companion, Harry (54:36). This book, published in a dozen foreign languages, puts her at the forefront of world literature. Her sharp, complex and subtle writing and queer thought gives her recognition in many countries and a wide audience already waiting on her next book.
Executive Producer : Nouvelles Écoutes
Production and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu
Production assistant : Gaïa Marty
Editing and mixing : Marion Emerit
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| L'art & La Poudre #2 - À Beaubourg | 19 Dec 2019 | 01:14:42 | |
Quelle place pour les femmes artistes dans les collections des musées ? À quel prix sont vendues leurs œuvres sur le marché de l’art ? Combien sont-elles dans les écoles d’art, dans les galeries, dans les manuels d’histoire ? Les femmes artistes peuvent-elles vivre de leur art ? Camille Morineau, commissaire d’exposition, Fabienne Dumont docteure en histoire de l’art et critique et Aïcha Snoussi, artiste plasticienne en ont débattu au micro de Lauren Bastide lors d’un enregistrement public le 4 avril 2019 au Centre Pompidou.
Résumé de l’épisode :
Pour ouvrir la discussion, Camille Morineau, Aïcha Snoussi et Fabienne Dumont exposent chacune l’élément déclencheur qui leur a fait prendre conscience du biais sexiste présent dans le milieu de l’art (05:45). Elles œuvrent toutes pour en déboulonner les barrières et en détricoter les injonctions. Camille Morineau, par exemple, a monté l’exposition majeure « elles@centrepompidou » à Beaubourg en 2009 à partir des collections du musée, (09:36) confirmant ses intuitions profondes : les femmes artistes sont nombreuses, elles ont œuvré dans tous les champs de la création et elles ont, pour beaucoup été mises de côté. Fabienne Dumont, elle, s’est attaquée à exhumer et mettre en lumière l’histoire des des femmes artistes féministes des années 1970 (14:53). Quant à Aïcha Snoussi, elle rend hommage à celles qui l’ont précédée et inspirée (19:25) dans son cheminement vers la déconstruction de toutes binarités (21:13). Interroger l’art des femmes est parfois résumé à interroger s’il y a un art féminin (23:48), une affirmation que les trois invitées de Lauren Bastide contestent. Elles soulignent cependant le profond sexisme qui imprègne l’histoire de l’art (26:21), nécessitant beaucoup de travail pour rectifier l’invisibilisation dont elles sont victimes. Une invisibilisation d’autant plus forte pour les femmes racisées comme le rappelle Aïcha Snoussi (29:53). Enfin, elles clôturent cette passionnante discussion en mentionnant que ce travail de longue haleine pour faire rentrer les artistes femmes dans les manuels et dans les musées (38:00) doit être doublé d’un soutien financier pour contrevenir à la précarité qui les touche plus que leurs homologues masculins (48:25).
Achetez des œuvres d’artistes femmes, bonne écoute et continuez de faire parler La Poudre !
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Programmation et coordination : Gaïa Marty
Montage et mixage : Marion Emerit
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| Épisode 60 - Priscillia Ludosky | 28 Nov 2019 | 01:10:05 | |
Priscillia Ludosky, lanceuse d’alerte et militante, est l’invitée du 60e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de démocratie, de résistance et d’écologie.
L’édito de Lauren :
Sortir. Marcher. Brandir des pancartes. Lever les poings.
Crier. Protester. Contester. Refuser. Persister.
S’unir. S’élever. Se soutenir. S’allier.
Être gazé·e·s. Être frappé·e·s. Être ignoré·e·s.
Recommencer.
Résumé de l’épisode :
Priscillia Ludosky est née en 1985 en banlieue parisienne où elle grandit (10:50). Poussée vers une profession sécurisante par sa famille, elle travaille pendant onze ans dans la banque (16:12). En 2017, elle amorce un changement de carrière et crée sa propre entreprise de cosmétiques bio. Le 29 mai 2018, elle met en ligne une pétition fouillée et sourcée pour protester contre la hausse du coût du carburant après avoir découvert que les nouvelles taxes ne finançaient en rien la transition écologique, comme annoncé pour les justifier (25:12). Véritable lanceuse d’alerte (32:25), sa pétition recueille en quelques mois des centaines de milliers de signature : c’est l’un des principaux déclencheurs du mouvement des Gilets Jaunes. Le 17 novembre 2018, elle prend une part active au premier rassemblement national de celui-ci et s’engage à long terme dans cette lutte. Au sein du mouvement, elle accepte de prendre une place en tant que porte-parole de tou·te·s celleux qui ont signé sa pétition, mais ne s’attribue jamais un rôle de leadeuse. Sa mesure et sa mise à distance des forces politiques tentant de s’approprier son discours lui valent une légitimité et de nombreuses plateformes dont elle fait bon usage pour continuer à porter les enjeux du mouvement, comme le référendum d’initiative citoyenne (44:30). Aujourd’hui, elle continue le combat entamé il y a un peu plus d’un an et montre son engagement dans les causes qui lui tiennent à cœur, dont la lutte contre les violences policières (59:40) ou celle pour de vraies politiques écologiques (01:06:05).
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
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| Nouvelles Écoutes présente Intime & Politique | 25 Nov 2019 | 00:01:52 | |
Nouvelles Écoutes présente Intime & Politique, un flux de podcasts féministes produits par Nouvelles Écoutes et proposés par Lauren Bastide.
Intime & Politique, ce sont des documentaires sonores de 4 à 6 heures qui s’attaquent aux racines des discriminations sexistes et des stéréotypes de genre. Dans cette première saison, trois réalisateur·ice·s activistes exploreront la thématique des corps sexués des femmes et proposeront de décaler les regards pour faire évoluer les comportements et les mentalités, à travers d’intenses plongées sonores et sensorielles dans le quotidien des femmes.
Pour vous abonner : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/intime-politique/id1488643718
Et pour suivre toute l’actualité de l’émission, abonnez-vous au compte @intimeetpolitique_ne sur Instagram.
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| (ARCHIVES) Épisode 26 - Alice Diop | 20 Jul 2023 | 01:07:26 | |
Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à ré(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe au cinéma, avec des actrices et réalisatrices ! 🎶 Rendez-vous un jeudi sur deux sur @spotifyfrance.
Aujourd’hui, on vous propose de (re)découvrir l’épisode 26 avec Alice Diop. On y parle de l’indicible, de transfuges de classe, de sociologie et de colère. Bonne écoute !
Au micro de Lauren Bastide, Alice Diop raconte le cinéma comme un moyen de montrer l’indicible, sans harangue ni slogans (04:05), son documentaire, « La mort de Danton », un récit du sentiment de transfuge de classe (08:00), le culte que son père vouait à François Mitterrand (12:50), le sentiment précoce de devoir protéger et représenter ses parents (15:20), comment la méthode de pédagogie différenciée, et la lecture, ont sauvé l’adolescente timide qu’elle était (20:16), comment elle est partie à la rencontre de sa famille et de sa féminité au Sénégal (27:50), la révélation qui l’a détournée de ses recherches en histoire et en sociologie pour se consacrer à la réalisation de documentaires (38:12), la place de la colère dans son travail (41:45), passer par les trajectoires individuelles pour raconter l’universel (47:37), la démarche féministe de son documentaire « Vers la tendresse » (52:22). Alice Diop est cinéaste, autrice et réalisatrice de documentaires. Elle est née en 1979 à Aulnay-sous-bois. En février 2017, elle a reçu le César du meilleur court métrage pour son documentaire « Vers la tendresse » dans lequel quatre jeunes hommes issus des quartiers populaires racontent leurs rapports à l’amour et à la sexualité. Une réflexion profonde et nuancée sur la masculinité. Après un Master en Histoire et un DESS en sociologie visuelle, Alice Diop découvre les travaux de l’anthropologue et réalisatrice Éliane de Latour qui sont pour elle une révélation. Après s’être nourrie de documentaires, elle intègre l’atelier documentaire de la Fémis. Entre 2006 et 2018, Alice Diop a réalisé 6 documentaires dont « La Tour du monde » (2005), "Les Sénégalaises et la Sénégauloise » (2007), « La mort de Danton » (2011), qui a reçu le prix des Bibliothèques au Cinéma du Réel et une Étoile de la SCAM en 2012, et « La permanence » récompensé du Prix de l'institut français Marcorelles au Cinéma du Réel en 2016. La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Coordination : Zisla Tortello. Mixage : Laurie Galligani.
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| Épisode 59 - L'IVG et la loi | 14 Nov 2019 | 01:27:37 | |
Marie-Noëlle Battistel, députée, Lisa Carayon, maîtresse de conférence en droit, spécialiste des questions du droit à disposer de son corps et Sharlen Sezestre, chargée de plaidoyer international au Planning familial étaient au micro de Lauren Bastide le 12 juillet 2019 dans le cadre d’un enregistrement public à l’Assemblée nationale pour les vingt ans de la Délégation aux droits des femmes.
L’édito de Lauren :
C’était le le 12 juillet dernier, à l’Assemblée Nationale.
La Délégation aux droits des Femmes de l’Assemblée, et sa présidente Marie-Pierre Rixain, m’avaient invitée à enregistrer un épisode de La Poudre.
Franchement j’en ai vu des lieux prestigieux, j’en ai vécu des moments dingues, mais ce jour-là j’avais un petit pincement au ventre inédit. Un certain sentiment de gravité.
J’ai voulu qu’on parle du droit à l’IVG. Ce droit que l’Assemblée Nationale a donné aux femmes le 17 janvier 1975. Ce droit qu’on pourrait tout aussi bien nous enlever. Vous étiez nombreuses ce jour-là, dans la salle. L’émotion était forte. Je suis fière de partager ce moment avec vous aujourd’hui.
Description de l’épisode :
La loi Veil du 17 janvier 1975 est l’un des tournants historiques majeurs de l’histoire récente des droits des femmes. Pourtant, dès le début des échanges, Lisa Carayon et Sharlen Sezestre rappellent à quel point les compromis politiques qu’avaient dû faire Simone Veil pour faire adopter ce texte ont situé la loi dans le champs du médical, de l’exception et de la négociation sur le droit des femmes à disposer de leurs corps (09:57). Avec Marie-Noëlle Battistel, elles insistent sur la fragilité de l’acquisition de ce droit (14:02) et sur les forces politiques qui le menacent aujourd’hui. Après une remise en question de la nécessité-même d’une loi (21:08), elles s’interrogent sur celle du délai d’accès à l’IVG, dont les bornes temporelles sont encore en discussion aujourd’hui (23:02). Elles balayent également les questions cruciales de la double clause de conscience, pesant encore aujourd’hui sur la possibilité des femmes de se voir refuser l’intervention par les praticien.ne.s consulté.e.s (31:04), la limitation géographiques causée par la réduction du nombre de médecins présent.e.s et de centres accessibles (31:58) et celle de la remise en question de la médicalisation de cet acte (37:28). Si certaines des limitations ont été supprimées depuis le vote de 1975, comme la clause de détresse par exemple (45:28), ou l’entretien obligatoire (50:47), et si certaines avancées ont pu voir le jour comme le délit d’entrave voté en 2017 (53:04), Lisa Carayon et Sharlen Sezestre rappellent la grande disparité territoriale et les questions profondément intersectionnelles qui viennent contrebalancer ce tableau encourageant et rappeler les inégalités des femmes dans l’accès à l’avortement. Cette dernière replace aussi ce droit tel qu’il est appliqué en France par rapport au contexte international, affirmant la nécessité d’une solidarité pour le défendre au-delà des frontières (1:03:33). Tandis que Marie-Noëlle Battistel et Marie-Pierre Rixain, présidente de la Délégation, assurent leur volonté de continuer à agir contre les violences gynécologiques et pour un soutien financier des actions menées, Lisa Carayon clôture cet important échange en affirmant que si l’envie est grande de se battre pour la constitutionnalisation du droit à l’avortement, de nombreuses lois sont déjà à notre disposition pour tenter de faire respecter les droits des femmes (1:32:22). Saisissons-nous en et poursuivons le combat !
Bonne écoute et continuez de faire parler La Poudre !
Liste d’associations et de sites œuvrant à l’information et à la pratique d’IVG en France et dans le monde :
Le planning familial (France) : https://www.planning-familial.org/fr
Paye ton IVG (France) : https://www.facebook.com/payetonivg/
Federacja na rzecz Kobiet i Planowania Rodziny (Pologne) : http://federa.org.pl/
Prochoice America (États-Unis) : https://www.pr
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| Épisode 58 - Inès Rau | 31 Oct 2019 | 01:04:54 | |
Inès Rau, mannequin étincelante et actrice, est l’invitée du 58e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de corps, d’âme et de liberté.
L’édito de Lauren :
Elles s'appelaient Claudia, Cindy, Linda et Naomi.
Elles étaient placardées au dessus de mon lit d’adolescente. Jambes nues, peau luisante, cheveux longs et ondulés.
Il y avait bien un poster de Brad Pitt dans un coin, mais c’était elles qui m’obsédaient, c’était elles mes saintes-patronnes.
On les appelait les super modèles.
Elles ont servi de véhicules à des injonctions ravageuses pour l’estime de soi des femmes.
C’est par leur faute que pendant des années j’ai acheté de la fast fashion, passé mes jambes à la cire chaude, claqué ma paye en balayage, fait des régimes, porté des strings… Habitudes dont le féminisme m’a aidé à me délester.
Mais elles étaient indépendantes, flamboyantes, et célèbres pour gagner plus d’argent que le photographe qui les immortalisait ou que le styliste qui les habillait. D’ailleurs, l’hymne de cette bande de femmes, c’était Freedom de George Michael.
Elle n’ont pas subi leur beauté, elles en ont fait une arme.
D’ailleurs, personne n’aurait songé à les traiter d’idiotes.
Résumé de l’épisode :
Inès Rau est mannequin, actrice et autrice d’un livre autobiographique Femme (Flammarion). Elle s’est inventée et se considère comme sa propre œuvre d’art (05:28). Née en 1990, elle grandit en petit garçon dans les quartiers populaires de Nancy (08:00), une enfance qui contribue à faire d’elle la femme libre et sûre d’elle qu’elle est (09:50) malgré des relations familiales complexes. Elle garde cependant un amour et une admiration profondes pour sa mère et pour sa grand-mère dont elle porte le nom (12:30). Sa seconde naissance advient lorsqu’elle débarque à Paris, à 18 ans (20:08). Elle y vit dans une grande précarité, mais aussi dans le monde de la nuit, grâce auquel elle apprend à assumer la féminité qu’elle a toujours porté en elle (25:00). Elle entreprend une transition de genre et travaille rapidement comme mannequin, sans jamais évoquer son histoire (29:23). En 2017, Playboy fait d’elle la première playmate transgenre, c’est son coming out. Si elle est fière de son parcours, elle n’en reste pas moins méfiante face au dévoiement de l’expérience de la transidentité (32:50) et doit gérer la curiosité souvent déplacée qui entoure son anatomie (38:05). Curiosité qu’elle gère avec brio, parlant librement de sa sexualité, de la beauté de son corps de son rapport au hommes (43:50) et de son identité (49:25). Malgré les attaques transphobes auxquelles elle a dû faire face (54:47), son engagement écologiste la porte aujourd’hui et sa carrière d’actrice, débutée avec le rôle de Marcia dans l’adaptation en série de Vernon Subutex ne fait que commencer (06:45) !
La chanson que vous entendez dans l’introduction est Freedom! ‘90 de George Michael.
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
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| L'art & La Poudre #1 - Laure Prouvost et Martha Kirszenbaum | 17 Oct 2019 | 01:11:40 | |
L’artiste contemporaine Laure Prouvost et la commissaire d’exposition Martha Kirszenbaum, duo à l’origine du pavillon français de la Biennale de Venise 2019 sont les invitées du premier épisode du cycle L’art & La Poudre en partenariat avec l'association Aware. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’art, de femmes et de poulpe.
L’édito de Lauren :
L’art n’a pas de nation. L’art n’a pas de temps. L’art n’a pas de sexe. Ou si ? En mai, après l’ouverture de la Biennale, à Venise, l’eau s’est mise à monter. Je suis allée sur le toit du pavillon français. J’ai embarqué dans un bateau, avec deux femmes. C’était Laure Prouvost, l’artiste, et Martha Kirszenbaum, la commissaire. Grandes, lumineuses, musclées, invincibles, belles… On a vogué des jours. On a vogué des nuits. On a atteint une île et on a accosté. Sur le sol, au bord de l’eau, des micros. On s’est assises, et on a parlé.
Résumé de l’épisode :
Quelle place pour les femmes dans l’art contemporain ? Comment les artistes françaises entrent-elles dans les musées, les foires et prix internationaux, les institutions ? Laure Prouvost, née en 1978 à Croix, est l’une des artistes contemporaines les plus reconnues de sa génération. Avec Martha Kirszenbaum, jeune commissaire d’exposition née en 1983 à Vitry-sur-Seine, elle a réalisé le pavillon français à la Biennale de Venise 2019. L’œuvre qui en a résulté, Deep Sea Blue Surrounding You (Vois ce bleu profond te fondre) est un voyage sensoriel et initiatique, l’épopée mystique et transfrontalière d’une douzaine de personnages, de la banlieue parisienne à la lagune vénitienne. Toutes deux passées par un parcours international (05:15), elles revendiquent la liberté que leur a apporté ce changement de paradigme (09:30) et le questionnement sur les identités et les frontières qu’il entraîne. Un questionnement qui fait partie intégrante de leur proposition à la Biennale (10:06). Elles ont pourtant grandi en France : Laure Prouvost dans le Nord (18:32), une enfance campagnarde et réfractaire à l’autoritarisme du système scolaire, et Martha Kirszenbaum en région parisienne (22:46), entre classicisme versaillais et parents moins conventionnels.C’est l’Angleterre qui accueille Laure Prouvost dès ses débuts et lui remet le prix Turner. Elle devient ainsi la première française à recevoir cette prestigieuse récompense pour une œuvre qui, déjà, questionnait les frontières et les moyens de les contourner (31:39). Pour Martha, ce sont les États-Unis qui lui offrent la possibilité de diriger un centre d’exposition, alors qu’elle manquait de modèles de femmes commissaires d’exposition dans son pays d’origine (26:00).Au-delà de ces problématiques géographiques, Laure Prouvost évoque au micro de Lauren Bastide sa propre féminité (39:24) mais aussi sa mise en scène du corps féminin dans ses œuvres (43:00). Sensibles à la place des femmes et à leur représentation dans l’art, elles sont d’ailleurs toutes les deux signataires de l’appel « Not suprised » qui dénonce les violences sexuelles dans le monde de l’art (55:57). Un monde où les femmes peinent encore à trouver leur place et un équilibre entre vie privée et vocation (1:01:25).
Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !
Les extraits sonores et les morceaux de Lafawndah et Flavien Berger que vous entendez dans l’épisode sont extraits de l’œuvre Deep Sea Blue Surrounding You (Vois ce bleu profond te fondre). Merci à Laure Prouvost pour son autorisation.
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Programmation et coordination : Gaïa Marty
Mixage : Clotilde Fauchille
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| Episode 55 - Chris - 🇬🇧 | 19 Sep 2019 | 01:05:15 | |
Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 27 juin 2019. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : 🇫🇷.
The singer, musician, producer and performer Chris is the guest of the 55th episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about performance, control and sex.
Chris is an international pop music icon. This discussion starts with an exchange on the importance of queer thought and her creative work (04:36). Born Héloïse Letissier in 1988 in Nantes (France) and passionate about literature, she studies theatre and literature in Lyon. She mentions how lucky she was to grow up surrounded by books (06:08), with a father who is a literature teacher and a very free and independent mother (11:10). This did not prevent her from feeling strangely out of place and nostalgic as a child (14.22). Fortunately, theatre will rescue her from this spleen (15:22). She recalls the sexist violence she had to face at the Lyon school for the performing arts (27:13), which pushed her to abandon her dream of becoming theatre director… Never mind, she embarked on a trip to London, met a drag queen trio and decided that her life would revolve around queerness (34:58): Christine and the Queens was born. In 2014, her first album comes out: "Chaleur humaine" will sell more than a million copies. The same year, she wins the Victoire de la musique prize as woman performer of the year. Shorter hair, shorter name, her second album, "Chris", comes out in October 2018 and offers a more precise definition of her vision of femininity (38:08) while defending her claims for various sexualities and her own pansexual identity (49:20). She makes visible a burning, hungry and uninhibited feminine desire, in a much needed feminist gesture!
Executive producer: Nouvelles Écoutes
Production and signature tune: Aurore Meyer-Mahieu
Translation: Zisla Tortello
English voice-over: Elise Anderson-Scotto
Production assistant: Gaïa Marty
Recording: Charles de Cillia
Mixing: Clotilde Fauchille
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| Episode Witches - Mona Chollet - 🇬🇧 | 19 Sep 2019 | 00:59:24 | |
Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 11 octobre 2018. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : 🇫🇷.
In this episode revolving around witches, Mona Chollet deciphers why society is in need of witches (03:29) and talks about her childhood in Switzerland (06:20). She also evokes contemporary witches role models (11:03), what it means to have “a life of your own” (15:41), the economic reasons for witch hunts (22:20), how medicine was confiscated by men (29:10), ecofeminism (37:02), the cultural heritage of femininity (40:50), how witch hunts are in fact misogynistic mass crimes (46:14) as well as radical feminism (50:35).
Mona Chollet is a journalist and essayist born in 1973 in Geneva, Switzerland. Her last book, “Witches: the Undefeated Power of Women” published in September 2018 by La Découverte publishing house, is an ongoing success. After a B.A. in literature in Geneva, she left for Lille (France) to study journalism at the École Supérieur de Journalisme. After her graduation, Mona Chollet did some freelance work for Charlie Hebdo magazine. Today, she is head of publication and journalist for the Monde Diplomatique and is also the author of five highly documented and captivating essays. The last three are considered as true bibles for feminist activists : « Beauté fatale - Les nouveaux visages d’une aliénation féminine » ( "Fatal Beauty, The New Faces of Feminine Alienation" - 2012 - Zones éditions), « Chez soi, une odyssée de l’espace domestique » ( "At Home, a Domestic Space Odyssey" - 2015 - Zones éditions) et « Sorcières, la puissance invaincue des femmes » ( "Witches, the Undefeated Power of Women" - 2018 - éditions La Découverte).
Executive producer: Nouvelles Écoutes
Production and signature tune: Aurore Meyer-Mahieu
Translation: Zisla Tortello
English voice-over: Laura Benson
Production assistant: Gaïa Marty
Recording: Charles de Cillia
Mixing: Clotilde Fauchille
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| Episode 38 - Anne Hidalgo - 🇬🇧 | 19 Sep 2019 | 01:07:48 | |
Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 1er novembre 2018. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : 🇫🇷.
In this episode, Anne Hidalgo talks about what it is to be a political woman in 2018 (03:57), her childhood in Lyon and her memories of Andalusia (04:48), her family history impacted by Franco’s nationalism (10:30), her French naturalisation at 14 years old (18:05), how she became a feminist (21:47), the link between Paris and her political career (27:25), the parity law (39:00), how to stay healthy when faced with her opponents’ attacks (48:15), why she was opposed to separate spaces at the afrofeminist festival Nyansapo (57:10) and her relationship with her uterus (1:05:49).
Anne Hidalgo is Paris’ mayor since March 2014 and the first woman to ever hold this position. Born in June 1959 near Cadix in Andalusia (Spain), she arrived in France with her family in 1961 and grew up in a working-class neighbourhood in Lyon. In 1984, after her studies in labour and trade-union law, she becomes health and safety inspector in the French department Val-de-Marne. She is then 23 years old and the youngest person in France to hold this position. She becomes a member of the French socialist party in 1994. She starts up in politics in 1997, working for Martine Aubry who is then minister of Employment and Solidarity and becomes her advisor. In 2001, she runs for the municipal elections in the 15th arrondissement in Paris. She wins a seat at the Paris city council. She becomes the previous mayor of Paris Bertrand Delanoë’s deputy mayor. In September 2012, she announces her decision to run for the next municipal election in 2014, which she wins against the right-wing candidate Nathalie Kosciusko-Morizet. In October 2018, she gets the authorisation from the Paris’ Tribunal to pedestrionise a whole section of the Seine’s banks. This measure symbolises her term, centered on environmentalism and the fight against cars.
Executive producer: Nouvelles Écoutes
Production and signature tune: Aurore Meyer-Mahieu
Translation: Zisla Tortello
English voice-over: Sharon Mann
Production assistant: Gaïa Marty
Recording: Charles de Cillia
Mixing: Clotilde Fauchille
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| Épisode 56 - Gloria Steinem - (doublé en français) | 25 Jul 2019 | 00:40:36 | |
This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.
L’immense militante féministe américaine Gloria Steinem est l’invitée du 56e épisode de La Poudre. Figure historique des luttes féministes aux États-Unis, elle revient sur son parcours et ses combats. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’écriture, de voyage et d’intuition.
L’édito de Lauren
J’ai interviewé Gloria Steinem.
Non mais voilà, j’ai interviewé Gloria Steinem. C’est merveilleux, c’est du miel dans les oreilles, la puissance théorique de cette femme. Ce qu’elle dit sur la parole, sur la non-violence, sur les médias, sur le racisme. Elle est absolument extraordinaire, elle a la voix et la beauté militante enchanteresse d’une femme de 80 ans qui a passé sa vie sur la route à partager la pensée féministe. Et même si le son laisse un peu à désirer, et j’en suis profondément désolée, je remercie du fond du cœur le Mona Bismarck Center et les éditions Harper Collins de m’avoir permis d’échanger avec Gloria Steinem en public ce soir-là.
Avant de laisser la place à notre entretien, je voudrais dire merci aux Gloria Steinem françaises. Il y en a plein, elles sont nombreuses, ces militantes du quotidien qui donnent leur temps et leur énergie à notre combat, au péril de leur vie personnelle et même de leur santé, parfois. Elles se reconnaitront, et puis, elles sont plein à être passées ici, à ce micro. Mais, parce que j’ai envie, j’adresse aujourd’hui une pensée immense à Paye Ta Schnek alias Anaïs Bourdet, pour le travail incroyable qu’elle a abattu depuis 2012 avec ce Tumblr qui a changé la vie de bien des femmes. Merci Anaïs !
Bon, je vais vous laisser en compagnie de Gloria, passez un bel été, je reviens à la rentrée pour une saison 4 de La Poudre encore plus explosive. Prenez soin de vous, et surtout continuez de faire parler La Poudre.
Résumé de l’épisode
Gloria Steinem est née en 1934 dans l’Ohio et raconte son incroyable parcours dans son dernier livre, « Ma vie sur la route ». C’est donc en parlant d’écriture et de l’importance de partager nos histoires que débute cette discussion avec Lauren Bastide (05:49). Elle évoque son enfance atypique et les traces qu’ont laissées les histoires de ses parents sur ses propres choix de vie (06:57), mais aussi ses années passées sur la route et l’état d’esprit d’ouverture qu’elle y a cultivé (09:12). Les combats féministes qui l’ont portée toutes ces années l’ont poussée à combattre sa peur de la prise en parole en public (13:37) mais aussi à apprécier les rencontres et le rapport particulier qui s’établit entre les personnes lorsqu’elles sont en présence les unes des autres (14:24). Une évidence qu’elle a redécouverte en Inde, lors de ses premiers voyages (18:05), maintenue par les usages des femmes et dont s’est d’ailleurs inspiré Gandhi dans la création de son mouvement de résistance pacifiste ! (18:50) Avec Lauren Bastide, elle évoque ensuite la création de son propre média comme une étape nécessaire pour que les problématiques et les discours des moins privilégié.e.s finissent par prendre de la place dans l’espace public (16:19). Un discours qu’elle a toujours souhaité profondément intersectionnel, rappelant que les avancées féministes aux États-Unis sont majoritairement portées par des femmes racisées, et ce, depuis toujours (22:16). Mais si tous ces projets ont pu se réaliser, c’est aussi un petit peu grâce au Dr John Sharp, le médecin qui, comme elle le rappelle au micro de Lauren Bastide, l’a aidée à avorter à une époque où sa démarche était illégale (26:53). Elle rappelle ainsi l’importance de partager ces expériences qui font partie de la vie de nombreuses femmes et de protéger leurs droits durement acquis dans des sociétés qui se sont construites sans, voire contre elles (27:17). Après ces éclairages du passé, cette discussion se clôture sur la vision de Gloria Steinem de la révolution féministe en cours et sur la colère comme moyen de la nourrir
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| Episode 56 - Gloria Steinem - 🇬🇧 | 25 Jul 2019 | 00:40:21 | |
Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter.
The great feminist activist Gloria Steinem is the guest of the 56th episode of La Poudre. Historical figure of feminist fights in the United States, she rewinds on her journey and her battles with Lauren Bastide. Together, they talked about writing, travelling and loving.
Lauren’s foreword
I interviewed Gloria Steinem.
No, but, really, here it is: I interviewed Gloria Steinem. It’s wonderful, it’s like honey in your ears, the theoretical power of this woman. What she says about speech, about non-violence, about the media, about racism. She is absolutely extraordinary. She has the voice and the mesmerising beauty of an eighty year-old activist, who spent her life on the road, sharing the feminist thought. And even though the sound isn’t of the finest quality, and I’m terribly sorry about that, I thank from the bottom of my heart both the Mona Bismarck Center and Harper Collins France who allowed me to talk to Gloria Steinem in public that evening.
Before moving on to our interview, I want to say thank you as well to all our French Gloria Steinems. There are many of them, these day-by-day activists who give their time and energy for our fight, at the expense of their personal life and even health, sometimes. They will know who they are, actually many of them already came through here. But just because I fancy it, I turn my thoughts to Paye ta Schnek, also known as Anaïs Bourdet, for the amazing work she has done with her Tumblr since 2012, changing so many women’s lives. Thank you Anaïs.
Now, I leave you by Gloria Steinem’s side. Have a beautiful summer, I’ll come back in the fall with an ever more explosive season 4 of La Poudre. Take care of yourselves and keep The Powder alive.
Episode summary
Gloria Steinem was born in 1934 in Ohio and tells her incredible journey in her last book, « My Life on the Road ». Talking about writing and the importance of sharing our stories both open her discussion with Lauren Bastide (05:49). She mentions her unusual childhood and the marks her parents’ personal stories left on her own life choices (06:57), but also her years spent on the road and the open state-of-mind she developed there (09:12). The feminist fights she upheld pushed her into surpassing her own fear of speaking in public (13:37) but also into appreciating the encounters and the specific bond created by being in the actual presence of each other (14:24). She rediscovered this necessary and simple relation, preserved by women in India, during one of her first trips there (18:05) ; a technique which inspired Gandhi in the creation of his pacifist resistance movement! (18:50) With Lauren Bastide, she brings up the creation of her own media as a necessary step to make sure the less privileged’s discourses and issues end up taking space in the public sphere (16:19). Discourses she always fought to maintain as intersectional as possible, reminding us that feminist advances in the US were always mainly supported by women of colour (22:16). But if all her projects came to life, it is also - a little bit - thanks to Dr John Sharp, the doctor who helped her abort at a time when the procedure was illegal (26:53). She reminds us how important sharing these experiences - which are part of so many women’s lives - is, and how important it is to protect these hard-won rights in societies built without, if not against, women (27:17). After shedding some light on her past and its lessons, this discussion ends on Gloria Steinem’s vision of the current feminist revolution and on the necessary anger fueling it and driving activists everyday (33:00).
This episode was recorded at the Mona Bismarck American Center the 19th of March 2019.
Executive Producer : Nouvelles Écoutes
Production and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu
Production assistant : Gaïa Marty
Mixing : Charles de Cillia
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| Épisode Bonus - Patriarchy is Burning | 11 Jul 2019 | 01:28:02 | |
Sharone Omankoy, militante et fondatrice du collectif Mwasi, Lexie, créatrice du compte Instagram Aggressively Trans et Émilie Jouvet, cinéaste et photographe étaient sur la scène du festival « Patriarchy is Burning », crée par Gang of Witches, au micro de Lauren Bastide pour un enregistrement en public, le 16 juin 2019.
L’édito de Lauren :
RADICALITÉ
RADICALITÉ
RADICALITÉ
RADICALITÉ
Plus je pense à ce mot, moins je comprends ce qu’il veut dire. Et pourtant je le revendique et je le chéris. Radicale. Bien sûr. On ne lâche rien. C’est une histoire totale, un féminisme de la totalité, un féminisme pour les 99%, pour citer deux livres que je vous mets en référence dans La Poudre lit.
Ce jour là, j’étais au Yoyo, sur scène, au cœur de l’exposition « Patriarchy is Burning » orchestrée par Gang of Witches, incroyable collectif de sorcières artistes au sublime univers graphique. Il y avait un public attentif, et sur scène, Sharone Omankoy, la fondatrice du collectif Mwasi, Lexie, du compte Agressively Trans, et Émilie Jouvet, réalisatrice porno féministe.
Et contre toute attente, il est sorti de notre échange comme un sentiment d’apaisement, de fluidité, de soin de soi.
Comme elle peut être douce, la radicalité.
Résumé de l’épisode :
C’est le mot-même de «radicalité » qui est tout de suite remis en question par Sharone Omankoy, militante afroféministe depuis de nombreuses années, qui ouvre le bal en évoquant sa surprise quand on a taxé Mwasi - le collectif afroféministe qu’elle a co-créé -, de radical notamment à cause de leur non-mixité (08:33). Lexie renchérit en expliquant en quoi être simplement qui elle est et en parler a fait d’elle quelqu’un de radical aux yeux des autres (11:26). Pour Émilie Jouvet, c’est le fait d’être taxée de radicale qui l’a poussée à l’être (14:06).
Et si tout n’était qu’une histoire de corps ? Le regard de la société sur son propre corps a nourri l’afroféminisme de Sharone Omankoy (18:25), et le désir de Lexie de montrer des corps trans sur son compte Instagram (21:40). Émilie Jouvet, elle, ne cesse d’interroger à qui appartiennent les corps des femmes et qui décide de leur sort (29:35).
Entre parcours de PMA (31:06) et législations violentes sur les corps trans qui avaient encore court jusqu’à très récemment (41:50), Émilie Jouvet et Lexie rappellent les oppressions pesant sur les communautés minorisées, dont les positions politiques dites « radicales » ne sont que la revendication du droit de vivre librement. C’est cette violence qui les pousse à prendre la parole, le stylo ou la caméra pour qu’émergent enfin des représentations de leurs vécus (43:55).
Mais porter ces revendications use. L’articulation des oppressions et le travail de pédagogie permanent épuisent.
Les trois militantes insistent sur le besoin de recul, de calme, de protection. Sharone Omankoy rappelle la différence entre enjeux collectifs et besoin thérapeutique individuel (55:06) et toutes trois délivrent quelques conseils pour se mettre à l’abri et prendre soin de soi.
Pour finir, saviez-vous qui sont les TERFS ? Rendez-vous avec Lexie pour un petit détour par l’univers des féministes « radicalement » transphobes (56:47).
Cette rencontre se clôture sur de riches échanges avec le public autour de l’énergie à consacrer à la pédagogie, de conseils pour prendre soin de soi ou de ce qu'il faut pour être un•e bon•ne allié•e (1:02:18).
Bonne écoute ! Et continuez de faire parler La Poudre !
La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Coordination : Gaïa Marty
Mixage : Marion Émerit
Pour faire parler La Poudre sur les réseaux sociaux, rendez-vous sur Instagram @lapoudretv, sur Twitter @lapoudrene et sur Facebook sur la page La Poudre podcast.
Vous l’avez sûrement remarqué, La Poudre aime les livres. Si vous aussi, rendez-vous sur notre site La Poudre lit, où nous recommandons toutes les deux semaines des ouvrages pour aller plus loin après l
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| Épisode 54 - Sarah Ourahmoune | 13 Jun 2019 | 01:15:48 | |
Au micro de Lauren Bastide, Sarah Ourahmoune parle de son enfance à Clichy (07:58), du sport comme valeur fondamentale (09:25) et de son premier contact avec la boxe (17:40). Elle évoque aussi la situation des femmes dans ce sport à ses débuts (20:38), son premier combat (22:40), comment s’imposer dans le milieu sportif (27:10) et son rapport à son corps (32:20). Elle témoigne enfin de la difficulté de la reprise après la maternité (1:02:34), de la puissance d’un corps de sportive de 34 ans (1:07:52) et de son rôle dans la société (1:11:54).
Sarah Ourahmoune est la boxeuse la plus médaillée de France. Dix fois championne de France, trois fois championne d’Europe, championne du monde en 2008 et médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Rio en 2016, elle commence la boxe à 14 ans à Aubervilliers, alors que la compétition n’était pas encore autorisée aux femmes. Née en 1982, elle gagne sa première médaille en 1999, peu de temps après l’ouverture de l’accès à la compétition. En dehors de son impressionnant palmarès de boxe, elle a une formation d’éducatrice spécialisée et poursuit des études à Sciences Po où elle développe son entreprise : Boxer inside. Elle y utilise la boxe comme moyen de développement personnel et forme des publics divers, notamment en entreprise. Engagée politiquement, elle fait aujourd’hui partie du Comité national olympique et sportif français en charge des mixités et est une des porte-parole des Jeux Olympiques de 2024.
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Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Coordination : Gaïa Marty
Mixage : Audrey Ginestet
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| Épisode 141 - Camille Étienne | 05 Jul 2023 | 01:10:15 | |
Prise dans le tourbillon d’une promo marathon qui lui a fait “prendre dix ans” (09:47), l’activiste pour le climat Camille Etienne a réussi à faire un crochet par le studio de La Poudre pour présenter son vibrant premier essai “Pour un soulèvement écologique : Dépasser notre impuissance collective”.
Elle, dont l’engagement permet d’apaiser la colère (07:28), expose au micro de Lauren Bastide la nécessité de transformer la peur en énergie pour se battre contre l’inaction climatique (46:26), dresse un parallèle entre les logiques de destruction du vivant et le patriarcat (53:18) et voit l’impuissance comme une construction sociale (55:28).
Cette passionnée de philosophie relate son enfance en Savoie, au rythme de la nature (13:08), élevée par des femmes puissantes (18:10).
Elle qui a d’abord voulu être juge pour enfants (23:19), dénonce le fait d’être constamment ramenée à son physique (39:42) et revendique une vulnérabilité éminemment politique (12:03). Elle nous révèle les rouages de sa confiance en elle et de sa combativité qui lui permettent aujourd’hui de tenir tête aux grands de ce monde (04:37).
La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.
Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.
Prise de son : Thomas Torrès
Montage et mixage : Marion Emerit.
Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Sophie Volatier-Godard.
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| Épisode 53 - Katell Quillévéré | 30 May 2019 | 01:11:27 | |
Au micro de Lauren Bastide, Katell Quillévéré parle de sa méthode de travail sur les émotions (04:54), de son enfance entre Abidjan et la France (11:45), de son éducation catholique (14:17) et du lien entre perte de foi et cinéma (15:05). Elle évoque aussi le fait de se sentir garçon (20:55), comment elle est devenue réalisatrice (26:00) ainsi que son premier long-métrage (32:13), le privilège au cinéma (37:00), la convention collective pour laquelle elle se bat (41:04), le rôle des films dans sa vie (46:50), l’écriture de personnages féminins complexes (49:52) et la direction d’acteur-ice-s (55:50).
Katell Quillévéré est une réalisatrice et scénariste aux personnages féminins puissants. Née en 1980 à Abidjan, elle revient en France vers 5 ans. Après un DEA de cinéma à l’université Paris VIII et un passage très formateur par la Société des réalisateurs de films, elle réalise son premier court-métrage, À bras le corps, en 2005. Il est sélectionné à Cannes pour la Quinzaine des réalisateurs et aux Césars du cinéma. Ses longs-métrages - Un poison violent réalisé en 2010, puis Suzanne, en 2013 - emportent tous les suffrages et sont également sélectionnés dans des compétitions cannoises. En 2016, elle adapte avec succès le roman de Maylis de Kérangal, Réparer les vivants. Très engagée pour la création et la diversité dans le cinéma, elle a co-fondé le festival du moyen-métrage de Brive et participe activement aux réflexions autour de la convention collective du cinéma.
La Poudre est une production Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Mixage du générique du cycle Cinéma : Charles de Cillia
Coordination : Gaïa Marty
Mixage : Audrey Ginestet
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| Épisode 51 - Julie Gayet | 16 May 2019 | 01:06:56 | |
Au micro de Lauren Bastide, Julie Gayet parle du choix du nom de sa société de production (04:24), de son enfance entre Paris et banlieue (06:48), des figures de femmes de sa famille (10:00), de son passage du chant au jeu (17:00) et du travail du corps (19:44). Elle évoque longuement son expérience avec Agnès Varda (21:03), mais aussi ses transformations d’actrice (32:24), la prise de conscience de sa féminité (36:58), la question du cinéma au féminin (43:03), son engagement contre les violences faites aux femmes (51:30) et la ménopause (1:04:19).
Julie Gayet est actrice et dirige la société de production Rouge international. Née en 1972 en région parisienne, elle fait du chant lyrique enfant puis, adolescente, en vient à la comédie. Son premier grand rôle au cinéma lui est offert par Agnès Varda en 1994, dans Les Cent et une nuits de Simon Cinéma. Elle ne quittera plus les plateaux où elle se transforme de film en film, souvent méconnaissable, toujours au service de l’œuvre des réalisateurs. Elle remporte plusieurs prix pour son rôle dans Sélect Hôtel en 1997, ainsi que le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 2014 pour Quai d’Orsay. En 2007, elle monte sa société de production, Rouge international qui produit des films et documentaires engagés et créatifs, comme Grave de Julia Ducournau ou Visages Villages d’Agnès Varda et JR. Julie Gayet milite aussi contre les violences faites aux femmes. Elle fait partie du collectif 5050x2020, du mouvement #Maintenantonagit pour récolter des fonds pour les associations de terrain et est cofondatrice de l’association Info-endométriose qui travaille à la reconnaissance de cette maladie.
La voix que vous entendez dans l’introduction est celle d’Agnès Varda dans un entretien pour Télérama Dialogue.
La Poudre est une production Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Mixage du générique du cycle Cinéma : Charles de Cillia
Coordination : Gaïa Marty
Mixage : Clotilde Fauchille
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| Épisode 50 - Laurence Lascary | 09 May 2019 | 00:57:15 | |
Au micro de Lauren Bastide, Laurence Lascary parle de son choix d’être productrice (04:01), de son enfance en banlieue parisienne (05:19), de son attachement au département de la Seine Saint-Denis (06:10), des films qui l’ont marquée (12:44) et du chemin qu’elle s’est tracée (14:53). Elle évoque aussi son passage à New York et l’optimisme qu’elle en a rapporté (18:40), à quel point les représentations comptent (25:46), son rôle en tant qu’actrice du changement (35:12), la complexité des sujets qu’elle porte (45:53) et son expérience d’écriture (51:41).
Laurence Lascary est productrice. Née en 1980, elle grandit à Bobigny. Après un master à la Sorbonne et à l’INA, elle travaille à Studio Canal, puis part à New York pour un poste chez Unifrance. L’optimisme qu’elle tire de cette expérience la pousse en 2008 à monter sa propre structure de production sans attendre : De l’Autre Côté du Périph. Grâce à sa société, elle s’attache à faire bouger les lignes des représentations. Après plusieurs puissants documentaires pour la télévision, elle produit en 2016 un premier long-métrage, L’Ascension, qui rafle le prix du public et le grand prix du jury au festival de l'Alpe d'Huez et fait plus d’un million d’entrées. Très engagée, elle est aussi membre du Conseil National des Villes, du Collège diversité du Ministère de la Culture et coprésidente du collectif 50/50 pour 2020 qui lutte pour la parité dans le monde du cinéma.
La Poudre est une production Nouvelles Écoutes
Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu
Mixage du générique du cycle Cinéma : Charles de Cillia
Coordination : Gaïa Marty
Mixage : Paul Lambert de Cursay
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