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S1E260: Bourse : la Fed a raison de continuer de défier Donald Trump
Season 1 · Episode 260
Friday, June 20, 2025 • Duration 05:12
GESTIONNAIRES EN ACTION. La Réserve fédérale américaine a choisi de garder son taux directeur entre 4,25% et 4,5% cette semaine pour de bonnes raisons, estime Julie Hurtubise, conseillère en placements principale à Gestion de patrimoine TD.
«La Fed a choisi la prudence. Elle pourrait reprendre son cycle d'assouplissement monétaire prochainement, mais n'a pas fourni beaucoup d'informations à ce sujet. Puisque le consensus était qu'il n'y aurait pas de baisse de taux, Donald Trump avait déjà fait connaître son mécontentement avant la décision», rappelle-t-elle.
Julie Hurtubise précise que la Fed a malgré tout laissé entendre qu’elle pourrait abaisser son taux directeur à deux reprises d’ici la fin de 2025, mais a retiré une baisse prévue en 2026.
«Le message de la Fed était cohérent, l'inflation est toujours trop élevée, le marché de l'emploi est robuste et les risques liés aux tarifs et à la géopolitique persistent», dit-elle.
L’inconnue des conflits géopolitiques
Sur les marchés boursiers, le conflit entre Israël et l'Iran retient l’attention. Malgré tout, à ce jour, on n’a pas constaté d’effet de contagion sur les marchés boursiers nord-américains.
«Pour l'instant, la réaction a été de courte durée. C'est souvent le cas avec des tensions géopolitiques lorsqu'elles se retrouvent assez loin des marchés nord-américains. Par contre, on est un peu plus sensibles lorsqu’un conflit frappe cette région parce que ça entraîne souvent une hausse marquée des prix de l'énergie. D’une façon indirecte, on pourrait revoir des pressions inflationnistes liées à la hausse des prix du pétrole, ce qui pourrait entraîner aussi un ralentissement économique mondial», explique-t-elle.
Julie Hurtubise soutient que lorsque l’économie mondiale doit composer avec des conflits géopolitiques, les secteurs défensifs comme les pharmaceutiques, la consommation de base, les infrastructures et les services à la collectivité ont tendance à faire preuve de plus de résilience en Bourse.
À l’inverse, selon elle, les entreprises les plus à risque sont celles qui font beaucoup de commerce international et dont les chaînes d’approvisionnement traversent les zones de guerre.
S1E259: Bourse: voici comment Dollarama a réussi à confondre les sceptiques
Season 1 · Episode 259
Friday, June 13, 2025 • Duration 06:55
GESTIONNAIRES EN ACTION. Dollarama (DOL, 193,94 $) a publié des résultats financiers du premier trimestre de son exercice 2026 supérieurs aux prévisions des analystes le 11 juin.
Le titre a très bien réagi en Bourse, s’appréciant de 10% durant la séance qui a suivi la publication des résultats.
Selon Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins, trois éléments fondamentaux expliquent l’enthousiasme des investisseurs envers la performance de Dollarama. «Premier élément, une croissance des ventes de magasins comparables de 4,9 %. Le deuxième élément, je vous dirais que ce sont les marges brutes qui sont restées quand même élevées, malgré des vents contraires comme les coûts de main-d'oeuvre, la logistique et le taux de change. Et le troisième élément, je vous dirais que c'est la perspective optimiste pour l'année entière», explique-t-il.
Revenant sur la hausse de 4,9% des ventes de magasins comparables, une mesure clé de la performance des détaillants, Luc Girard précise que Dollarama tire bien son épingle du jeu. «Quand on regarde la consommation des ménages, on voit un phénomène de plus en plus important qu'on appelle le ‘downtrading’, qu'on pourrait traduire en français par un ajustement des habitudes de consommation. Premièrement, le consommateur va réduire ses dépenses, mais en second lieu, il va aussi se replier vers des options qui sont beaucoup moins coûteuses, ce qui crée automatiquement des occasions pour la société», dit-il.
Luc Girard explique aussi comment la société pourrait encore améliorer ses marges bénéficiaires d’ici la fin de l’exercice 2026 en misant sur quatre piliers : son pouvoir de négociation, l’optimisation des stocks, sa chaîne d’approvisionnement et sa capacité à relever les prix de certains produits.
Le gestionnaire de portefeuille aborde également l’expansion en Amérique latine et au Mexique, de même que l’acquisition de la chaîne australienne The Reject Shop. La transaction pour l’acquisition de cette dernière devrait se conclure cet été.
Signe que les résultats trimestriels ont été une surprise pour tout le monde, les 15 analystes qui suivent le titre de Dollarama avaient, en moyenne, un cours cible sur un an d’un peu plus de 178$ au moment où les chiffres ont été dévoilés, selon des données de LSEG Refinitiv. Or, le titre a terminé la séance du 11 juin à 192,99$.
S1E258: États-Unis : les « justiciers obligataires » à l’oeuvre
Season 1 · Episode 258
Friday, May 30, 2025 • Duration 06:16
GESTIONNAIRES EN ACTION. On parle beaucoup des obligations à 30 ans du gouvernement américain, qu’on appelle aussi les bons du Trésor, depuis quelques jours, dont les taux d'intérêt ont grimpé autour de 5 %.
Pourquoi est-ce que ça retient autant l'attention?
«Parce que quand le marché obligataire parle, les gouvernements écoutent. Puis le marché obligataire, dans le moment, le message qu'il est en train d'envoyer, c'est qu'il est très inquiet de la direction du déficit américain», explique Sébastien Mc Mahon, stratège en chef, économiste sénior et gestionnaire de portefeuilles à iA Gestion mondiale d’actifs.
Il ajoute qu’en ce moment, le déficit américain est à environ 7% du PIB du pays, ce qui est énorme et beaucoup plus élevé qu’au Canada, où le déficit équivaut à 2% du PIB.
«Aux États-Unis, ça augmente depuis plusieurs années et quand on regarde devant, on dirait que ça devrait continuer d'augmenter. Ce n'est pas soutenable», dit-il.
Selon Sébastien Mc Mahon, les « justiciers obligataires » sont à l’œuvre en ce moment. «Pensez aux fonds de pension, pensez aux grands investisseurs institutionnels… ils commencent à se demander si c'est vraiment une bonne idée de prêter de l'argent au gouvernement américain à long terme et s’il n'y aurait pas de meilleures occasions ailleurs», raconte-t-il.
Pour financer des déficits, les gouvernements doivent emprunter en émettant des bons du Trésor. Si les taux d’intérêt de ces titres grimpent, il devient de plus en plus coûteux de s’endetter.
Baisses d’impôts au menu
Malgré tout, un important projet de loi qui prévoit d’importantes baisses d’impôts a franchi une première étape cette semaine, même si ces dernières réduiraient considérablement les revenus du gouvernement américain.
«Les taux obligataires ont réagi aux négociations et à tout ce qui se tramait pour ce projet de loi. Probablement que ça va prendre encore plusieurs mois avant que le projet de loi soit adopté. Il peut encore changer beaucoup», précise-t-il.
S1E257: Bourse : la plus grande inquiétude n’est pas la décote de la dette américaine
Season 1 · Episode 257
Friday, May 23, 2025 • Duration 05:25
GESTIONNAIRES EN ACTION. L’indice canadien S&P/TSX performe mieux que l’indice phare de la Bourse américaine, le S&P 500, depuis le début de l’année.
La situation s’explique facilement, selon Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100. «Je pense que si on remonte justement au début du mois d’avril, ce qu'il faut retenir, c'est que c'est dangereux de négocier sur les marchés boursiers à court terme, en fonction des nouvelles. La situation peut changer rapidement», précise-t-il.
Selon lui, la surperformance du S&P/TSX depuis le début de l’année est attribuable à l’excellente performance d'un seul secteur. «Le secteur aurifère est en hausse de 30 % depuis le début de l'année. Mais malgré tout, quand on regarde les autres secteurs en détail, ils ont quand même bien fait aussi», explique-t-il.
Les baisses d'impôts avant la décote
Marc L’Écuyer ne croit pas que la décote de la dette américaine par l’agence Moody’s, annoncée le 16 mai, soit responsable de la sous-performance du S&P 500 par rapport à l’indice S&P/TSX.
«La sous-performance date de plus longtemps. Ça ne fait pas seulement une semaine qu'on voit une surperformance de l’indice canadien», dit-il.
Selon lui, le gouvernement américain, le Congrès et le Sénat, négocient un programme de réduction d'impôts qui va être en bonne partie financé par de la dette et non uniquement par une réduction des dépenses. «Je pense que ça, ça pourrait inquiéter les marchés. On le voit depuis quelques jours avec les hausses de taux d'intérêt à long terme aux États-Unis», croit-il.
Il soutient que le gouvernement américain ne peut pas continuer de générer un déficit qui est l’équivalent de 6%-7% du PIB alors que le pays est en période de plein emploi.
Le gestionnaire de portefeuille ajoute que la saison des résultats financiers du premier trimestre a pu profiter des appréhensions entourant la guerre tarifaire. Le vrai test, selon lui, s’amorcera dans quelques mois lorsque les résultats du trimestre en cours seront dévoilés, mais s’étirera au deuxième semestre de 2025.
S1E256: Taux d’intérêt : la Fed devrait procéder à deux baisses cette année
Season 1 · Episode 256
Friday, May 16, 2025 • Duration 05:50
GESTIONNAIRES EN ACTION. Le 7 mai, la Réserve fédérale américaine n’a pas touché à son taux directeur, estimant qu’il valait mieux le garder dans une fourchette de 4,25% à 4,5%.
«Le message clé du communiqué de la Fed, c'est vraiment qu'elle a mentionné que le risque principal était de voir le taux de chômage se détériorer et de voir le taux d’inflation augmenter», explique Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital.
Selon lui, la Fed a ainsi ouvert la porte à une réduction du taux directeur si jamais le marché de l’emploi devait se détériorer davantage.
Il précise qu’avant le 7 mai, les marchés anticipaient que le taux directeur de la banque centrale américaine allait être abaissé de trois à quatre reprises (d’un quart de point de pourcentage à chaque fois) d’ici la fin de l’année. «Aujourd’hui, on prévoit que la Fed ne bougera pas en juin et on anticipe deux baisses de taux d’ici la fin de l’année», dit-il.
Les dirigeants de la Fed ont aussi admis qu’ils ignoraient ce qui attendait l’économie américaine à court terme en raison de la guerre commerciale et de l’imprévisibilité du gouvernement de Donald Trump, ce qui n’envoie pas un bon message.
«C'est sûr qu'une guerre commerciale et des tarifs douaniers, il n'y a rien de bon là-dedans pour la croissance économique. Ce qui est difficile pour une banque centrale, c'est que quand on a une administration qui augmente ou diminue les tarifs douaniers de manière aléatoire, c'est dur pour eux de mettre ça dans leurs modèles», concède Nicolas Vaugeois.
Il précise que l’avenir dira si les investisseurs internationaux voudront investir davantage à l’extérieur des États-Unis ou s’ils voudront y rester aussi présents.
Pas de crise immobilière en vue
En attendant que la Fed prenne la décision de baisser son taux directeur, les taux d’intérêt restent élevés aux États-Unis, ce qui fait craindre pour une crise immobilière à travers le pays. Pour le moment, Nicolas Vaugeois ne voit pas de signal d’alarme de ce côté.
S1E255: Berkshire Hathaway : des changements qui pourraient lui donner un second souffle
Season 1 · Episode 255
Friday, May 9, 2025 • Duration 05:59
GESTIONNAIRES EN ACTION. Le 3 mai, Warren Buffett, le légendaire PDG de Berkshire Hathaway, a annoncé qu'il allait se retirer à la fin de l'année et que Greg Abel, l’actuel président du conseil d’administration et PDG de la division Berkshire Hathaway Energy, allait lui succéder.
Selon Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, on peut anticiper des changements à la haute direction qui seront relativement mineurs une fois que Warren Buffett aura quitté son poste pour se concentrer sur celui de président du conseil d’administration.
« Je ne pense pas qu'il va y avoir de grands changements parce que la structure de l'entreprise, qui est la force principale de Berkshire Hathaway, est qu’il s’agit d’une compagnie d'assurance qui investit dans des actions. C'est ça qui demeure le pilier du succès de la société», croit-il.
En second lieu, il souligne que Greg Abel travaille à Berkshire Hathaway depuis l’an 2000 et que Ajit Jain, le cerveau derrière les activités d’assurance de l’entreprise, reste en poste.
S'inspirer d'Apple
«Prévoir ce qui va se passer, ce n’est pas évident, mais on pourrait essayer de faire un parallèle avec Apple quand Steve Jobs a pris sa retraite. La succession chez Apple s'est quand même bien déroulée», estime-t-il.
Il rappelle que Steve Jobs était un visionnaire qui a bâti une gamme de produits basés sur le design, alors que Tim Cook est un expert en efficience et en profitabilité. «Quand on regarde la valeur des actions d'Apple aujourd'hui, on peut juste constater que la transition a été un succès», dit-il.
Selon Vincent Fournier, on peut s’attendre à un scénario similaire avec Berkshire Hathaway. «Greg Abel a été formé par Warren Buffett. C'est un opérateur. Ça pourrait amener l’entreprise sur une deuxième lancée», croit-il.
La question à 348G$US
Difficile de passer sous silence le fait que Berkshire possédait, à la fin du premier trimestre, des liquidités totalisant 348 milliards de dollars américains.
S1E254: Bourse: le point sur Meta Platforms, l'erreur Microsoft et Booking avec François Rochon
Season 1 · Episode 254
Friday, May 2, 2025 • Duration 06:30
GESTIONNAIRES EN ACTION.La saison des résultats financiers des grandes entreprises technologiques américaines a réservé de belles surprises aux investisseurs cette semaine.
Meta Platforms (META, 572,21$US), qui possède entre autres les réseaux sociaux Facebook, Instagram et WhatsApp, a notamment dévoilé le 30 avril des résultats largement supérieurs aux prévisions pour les trois premiers mois de 2025.
Le 1er mai, le titre a bien réagi en terminant la séance en hausse de plus de 4%.
François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille chez Giverny Capital, et actionnaire de Meta Platforms, confirme que les résultats étaient très bons. «Les revenus ont augmenté de 16% sur un an. Les marges bénéficiaires ont été mieux que prévu», dit-il, soulignant que les résultats de la période correspondante l’an dernier avaient été «extraordinaires», et qu’il était difficile de penser qu’elle allait pouvoir maintenir une telle rentabilité.
«Mais elle y est parvenue», résume-t-il.
Les prévisions pour le second trimestre ont aussi excédé les attentes. Meta Platforms s’attend à ce que ses revenus se situent entre 42,5 et 45,5 milliards de dollars américains durant la période.
«La société pense pouvoir offrir de bons résultats durant le trimestre. La partie que j'ai trouvée bien intéressante, c'est le temps passé sur Facebook, qui a augmenté de 7% au cours des six derniers mois. Alors que beaucoup de gens pensent que Facebook, c'est un peu démodé et que c’est Instagram qui est plus à la mode. Pour Instagram, l’augmentation a été de 6 %. Donc, ça a été encore mieux sur Facebook qu'Instagram», explique-t-il.
L’augmentation sur Threads (lancé par Meta en 2023 pour rivaliser avec X) a même atteint 35%.
«Je pense que s'il y a une entreprise qui a bénéficié de ses investissements en intelligence artificielle depuis trois ans, c'est Meta. Ça lui a permis de mieux cibler les publicités et donc de pouvoir demander des prix plus élevés aux publicitaires», affirme-t-il.
S1E253: Bourse : une saison des résultats financiers déterminante
Season 1 · Episode 253
Friday, April 25, 2025 • Duration 05:30
GESTIONNAIRE EN ACTION. Les marchés boursiers sont au début de la période des résultats financiers trimestriels pour les trois premiers mois de 2025, mais déjà, Julie Hurtubise, conseillère en placement principale à Gestion de patrimoine TD, recommande de porter une attention particulière aux prévisions des équipes de direction.
«Si je me base sur les résultats en soi, les analyses du groupe financier américain Factset estiment qu'il y aura une augmentation d’à peu près de 7,2% des bénéfices pour les entreprises du S&P 500, ce qui marquerait le septième trimestre consécutif de croissance annuelle», dit-elle.
Elle précise que les marchés s’attendent à ce que les actions de petite capitalisation n'affichent aucune croissance des bénéfices, tandis que les entreprises de moyenne et grande capitalisation devraient enregistrer une croissance de plus de 5%, malgré les récentes données économiques plus faibles et les craintes liées à une politique économique plus restrictive.
«Jusqu'à présent, les résultats sont satisfaisants, mieux que ce que plusieurs analystes anticipaient. Je crois que le mot d'ordre vraiment pour cette saison des résultats, c’est les prévisions. C'est difficile pour les analystes d'avoir une conviction quelconque, car les entreprises ne savent même pas comment se positionner elles-mêmes face aux incertitudes causées par le gouvernement américain», explique-t-elle, ajoutant que ces facteurs se reflèteront sur les résultats du second trimestre.
Julie Hurtubise affirme que les analystes ont toujours été plus friands des conférences téléphoniques des équipes de direction qui accompagnent la diffusion des résultats trimestriels que des résultats eux-mêmes. Ces conférences sont, à son avis, encore plus importantes en ce moment.
«Les investisseurs doivent vraiment obtenir des informations supplémentaires. Donc, les conférences téléphoniques apportent des nuances et permettent aux investisseurs d'avoir un meilleur aperçu des prévisions. Présentement, lors de certains appels, les compagnies précisent les licenciements à venir comme Intel (INTC, 21,49$US) et Amazon (AMZN, 186,54$US), les réductions des dépenses et une pause des investissements futurs. Ces informations sont cruciales», affirme-t-elle.
S1E252: Bourse : le dollar américain échoue à jouer son rôle de valeur refuge
Season 1 · Episode 252
Friday, April 18, 2025 • Duration 06:43
GESTIONNAIRES EN ACTION. Toute l’incertitude entourant la guerre commerciale rend la tâche difficile aux investisseurs qui souhaitent mettre en place une stratégie d’investissement à long terme.
Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins, estime malgré tout que chaque période d’instabilité crée des occasions à saisir.
«En ce moment, l'instabilité vient d'une combinaison de facteurs. On a présentement la persistance des taux d'intérêt élevés, les tensions géopolitiques comme en Chine, en Ukraine et au Moyen-Orient. On a aussi l'incertitude qui est provoquée par les tarifs douaniers imposés par la Maison-Blanche. Sans oublier l'évolution rapide des technologies. Tout ça, ça vient augmenter la volatilité des marchés et ça complique les décisions des investisseurs», estime-t-il.
Surtout que le dollar américain, qui sert normalement de valeur refuge lors des périodes de forte volatilité en Bourse, n’a pas joué son rôle cette année.
«On voit la devise américaine qui est plombée par les investisseurs étrangers, qui transfèrent leurs avoirs hors des États-Unis, ce qui crée une pression sur la devise. Il ne suffit plus maintenant de juste regarder les bilans des entreprises. Il faut aussi anticiper le contexte mondial qui va affecter la perception du risque et le comportement des marchés», explique Luc Girard.
Il existe toujours, selon lui, des occasions d’investissement aux États-Unis, mais il faut être plus sélectif.
Les investisseurs devraient selon lui se demander si l’ère du S&P 500 roi et maître des marchés boursiers mondiaux tire à sa fin. «On pourrait être en train d'assister à la naissance d'une nouvelle thématique géographique», juge-t-il.
Selon lui, un portefeuille résilient en 2025 en est un qui peut encaisser les coups sans tout perdre, mais qui a une souplesse pour saisir des occasions. «Ça veut dire qu'il faut penser à la gestion des risques et faire de la diversification géographique et sectorielle», dit-il.
S1E251: Bourse: la Chine tient les États-Unis par les... bons du Trésor
Season 1 · Episode 251
Friday, April 11, 2025 • Duration 06:30
GESTIONNAIRES EN ACTION. Donald Trump a décidé de ramener les tarifs douaniers à l'ensemble du monde, à l'exception de la Chine, à 10 % cette semaine. Les indices boursiers, qui avaient reculé fortement, ont rebondi sur la nouvelle avant de repartir à la baisse le lendemain, donc le 10 avril.
Sébastien McMahon, stratège et gestionnaire de portefeuille à iA gestion mondiale d’actifs, soutient que les investisseurs ont quelques leçons à retenir des montagnes russes boursières des dernières semaines.
«Le Trump 2.0, c'est beaucoup d'imprévisibilité. Ce sont des décisions qui sont basées sur une doctrine qui est très profonde. L'aspect de l'égo du président aussi est difficile à contrôler. Donc, un contexte d'incertitude aussi fort que ça, les investisseurs n'aiment pas ça», explique-t-il.
Il ajoute qu’avec toutes les annonces entendues durant les dernières semaines, il y a beaucoup d'incertitudes à savoir comment on peut évaluer la juste valeur d'un investissement dans un portefeuille. «C'est ce qui rend le travail des investisseurs difficile. Si on parle d’Apple (AAPL, 190,42$US). Comment est-ce qu'on peut évaluer les perspectives de croissance des bénéfices d'Apple dans cet environnement-là? C’est très difficile», raconte-t-il.
À ce jour, c'est surtout la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine qui semble inquiéter les marchés. La raison : la Chine possède beaucoup de titres de dettes américains.
«C'est un dossier qui est important parce que la Chine détient environ 700 milliards de dollars américains de bons du Trésor. La Chine pourrait décider d'utiliser ça comme arme contre les États-Unis en vendant les bons du Trésor en grande quantité», dit-il.
Selon Sébastien McMahon, des ventes à grande échelle feraient reculer la valeur des obligations, ce qui aurait pour effet de pousser les taux obligataires à la hausse. Au moment de refinancer la dette, le gouvernement américain devrait donc emprunter à des taux d’intérêt plus élevés, ce qui rendrait le désendettement du pays beaucoup plus difficile.
«Il pourrait y avoir une spirale à la hausse des taux d’intérêt. C'est un nouveau risque qu'on n'avait pas dans les 10, 15, 20 dernières années aux États-Unis. Tout d'un coup, ça vient sur le dessus de la pile», estime-t-il.
«Si le projet de loi était approuvé par le Sénat dans sa forme actuelle, les baisses d’impôts mettraient encore plus de pression sur le gouvernement américain pour relever les barrières tarifaires afin d’aller chercher des revenus supplémentaires», juge-t-il.
Baisses des dépenses et… des revenus
Depuis le début de la présidence de Donald Trump cette année, on veut réduire les dépenses de l'État. De l'autre, on veut aussi réduire les revenus de l'État avec les baisses d'impôts. Selon Sébastien Mc Mahon, l’adéquation entre ces deux variables demeure un facteur de risque important.
«Il y a une perception importante chez les observateurs politiques et les économistes, mais aussi dans le marché en ce moment, que ça va prendre une crise financière pour forcer le politique à agir. Quand est-ce qu'on va s'en aller vers un budget qui va être plus équilibré? C'est là que les inquiétudes sont installées», dit-il.
Le stratège ajoute que les hausses de taux obligataires à long terme pourraient aussi toucher le Canada si les marchés financiers devaient se montrer insatisfaits du prochain budget fédéral, qui sera dévoilé à l’automne.
«Pour qu’il y ait une crise immobilière, il va falloir que le taux de chômage augmente et que de nombreux ménages se retrouvent dans l’incapacité de payer leurs versements hypothécaires. Ce n'est pas un scénario, selon nous, qui est dans les plus grandes probabilités», raconte-t-il.
Le gestionnaire de portefeuille soutient que l’on ne connaît pas vraiment les raisons derrière la création de cette montagne de liquidités. «Peut-être que c'est une décision tactique qui a un lien avec l'âge de Warren Buffett (94 ans). L’entreprise doit prévoir des fonds pour racheter les actions du milliardaire qui seront léguées à des œuvres de charité à la suite de son décès», explique-t-il.
Si les liquidités n’ont pas offert, historiquement, des rendements aussi élevés que les marchés boursiers, Vincent Fournier ne s’en formalise pas trop dans le cas de Berkshire Hathaway, qui a la capacité d’investir avec effet de levier.
Microsoft (MSFT, 425,40$US) a aussi dévoilé des résultats financiers trimestriels supérieurs aux prévisions après la fermeture des marchés boursiers le 30 avril. Le titre a encore mieux réagi que celui de Meta Platforms le lendemain, terminant la séance sur un gain de 7,6%.
Les services Azure et d’infonuagique de Microsoft ont excédé les prévisions.
François Rochon souligne la croissance de 33% sur un an des revenus de la plateforme Azure.
«Et toute la partie ‘Intelligent Cloud’ a vu ses revenus progresser de 21% sur un an. C’est vraiment impressionnant pour une société de cette taille. Les revenus pour le trimestre ont été de 70 milliards de dollars américains, en hausse de 13% sur un an. C'est phénoménal», dit-il.
Ces dernières années, François Rochon a déjà qualifié Microsoft de l’une de ses pires erreurs à la Bourse. Il soutient que le titre n’est pas une aubaine en ce moment, sans qu’il soit surévalué.
«Je l'avais en portefeuille pendant quelques années, puis je l'ai vendu avant la belle envolée. Je dirais que ça demeure une société extraordinaire, dominante, qui a des avantages compétitifs vraiment très, très forts. Je trouve que l'évaluation de 30 fois les profits estimés pour l'année en cours n'est pas astronomique, mais est quand même assez élevée», dit-il.
Booking Holdings se tire bien d’affaire
Une autre entreprise qui passe un peu plus sous le radar, mais que Giverny Capital détient en portefeuille est Booking Holdings (BKNG, 5101,43$US).
L'entreprise qui permet entre autres aux vacanciers de réserver des chalets ou des chambres d'hôtel, a aussi très bien fait en ce début d’année.
«Au premier trimestre, les revenus ont monté de 8% sur un an, donc ça a été vraiment excellent. La société a aussi été très agressive à racheter de ses actions durant la période, ce qui fait que son bénéfice par action a progressé de 22%. C'est une des choses que j'aime beaucoup dans Booking. Je pense que c'est une belle entreprise dans une belle niche, mais aussi on a une équipe de direction pro-investisseurs qui alloue presque toutes les liquidités générées à des rachats d'actions», explique-t-il.
À 24 fois les profits prévus des 12 prochains mois, le titre n’est pas une aubaine, mais François Rochon estime que c’est tout de même très raisonnable pour une entreprise avec d’aussi bonnes caractéristiques fondamentales.
Julie Hurtubise soutient que certains dirigeants ont aussi l’occasion d’exprimer leurs craintes envers le gouvernement américain, par exemple ceux de General Motors (GM, 46,88$US), qui ne déménagera pas des usines aux États-Unis si une entente peut être encore conclue dans l’industrie.
Un autre problème qu’on peut constater, selon elle, est que les dirigeants ne savent pas comment intégrer les tarifs douaniers dans leurs modèles prédictifs, ce qui apporte aussi beaucoup d’incertitude.
Délaisser les États-Unis pour le Canada?
«Si les gens souhaitent sortir du marché américain, soit par conviction ou par crainte de cette administration-là, je conseille les marchés internationaux et canadiens. Non seulement le marché canadien est moins cher, mais il offre aussi un taux de dividendes plus intéressant que le S&P 500. Donc le S&P/TSX est à 3,2% versus le S&P 500 à 1,4%. Quand les marchés sont en dents de scie, les dividendes nous paient pour être patients», dit-elle.
La conseillère souligne aussi que 40% des revenus des entreprises qui font partie du S&P 500 proviennent de l’international, incluant 7% de la Chine.
«Les ventes sont en baisse, puisque les consommateurs bannissent présentement des produits américains. Alors, tout ça, ce sont de bonnes raisons pour peut-être réduire une exposition au marché américain», croit-elle.
La clé, selon elle, est de miser sur une diversification sectorielle, mais aussi géographique.
On a vu cette semaine la Banque du Canada rester sur les lignes de côté et garder son taux directeur à 2,75 %. On a aussi vu le président de la Réserve fédérale américaine, Jérôme Powell, qui a prévenu que la guerre commerciale allait soutenir l'inflation.
Dans ce contexte, il recommande aux investisseurs d’éviter le piège de vouloir toujours tout anticiper, ce qui est complètement irréaliste.
«Si vous basez vos décisions sur la peur, vous allez toujours vendre au pire moment. Si vous faites preuve d’un enthousiasme exagéré, vous allez payer trop cher pour vos achats. Le meilleur conseil, c'est d'avoir une stratégie qui est claire, qui est adaptée à vos objectifs et aussi à votre tolérance aux risques», croit-il.
Surtout, il faut être capable de garder le cap quand le bruit ambiant devient trop fort.
Dans le contexte d’incertitude actuel, Sébastien McMahon recommande simplement aux investisseurs de garder le cap sur leur stratégie de placements. Il précise que le plus important est de déterminer à quel moment chaque investisseur aura besoin de son argent.
«Acheter de façon régulière dans les marchés, c'est une stratégie payante», juge-t-il.
Du côté institutionnel, il ajoute que les gestionnaires scrutent les marchés des devises, notamment l’euro, le yen et même le dollar canadien.
«Une histoire si évidente, on n'en voit peu. Maintenant, le prochain filon qui pourrait nous amener vers la baisse, peut-être, ça serait les entreprises défensives qui ont quand même bien fait leur travail récemment», dit-il.
Certains titres sont toutefois devenus chers et pourraient à son avis être victimes de prises de profits.