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Épisode n°1 : Découvrir la Posture Narrative
04 May 2026
00:56:45
Descriptif de l'épisodeCitation
Pour Dina : Le regard que l’on porte sur un individu forge son identité !
Une posture avant tout philosophique et existentielle Pour Dina Scherrer, la posture narrative dépasse largement un ensemble de techniques. Elle s’inscrit comme une manière d’être au monde, une manière de regarder la vie et les personnes avec une attention particulière portée au vivant, au sensible, à ce qui fait ressource. Cette posture s’ancre dans une forme d’émerveillement du quotidien, héritée d’une éducation tournée vers la capacité à se réjouir, à capter les moments qui nourrissent l’existence. Elle invite à considérer chaque individu comme porteur d’une richesse déjà là, souvent invisible à ses propres yeux.
Une pratique profondément dignifiante au service des identités abîmées Les pratiques narratives, issues des travaux de Michael White et David Epston, s’inscrivent dans une intention forte de restauration des identités. Elles s’adressent particulièrement aux personnes dont l’histoire dominante est saturée par le problème. L’enjeu n’est pas de corriger ou d’analyser, mais de redonner à chacun la possibilité de redevenir auteur de sa vie, en reconnectant les individus à leur dignité, à leurs résistances et à leurs ressources.
Décentrée influente, la posture narrative est paradoxale et exigeante La posture narrative repose sur un équilibre subtil entre décentrement et influence. Décentrée, parce que le savoir est entièrement du côté de la personne accompagnée, jusque dans la définition même des mots qu’elle emploie. Influente, parce que le praticien choisit intentionnellement les chemins de conversation qui permettent d’ouvrir d’autres histoires, plus riches, plus vivantes, plus dignifiantes. Ce positionnement exige une vigilance constante pour ne pas reprendre le pouvoir à travers l’interprétation, le jugement ou même les compliments.
Rendre le savoir une radicalité souvent sous-estimée Rendre le savoir ne consiste pas simplement à considérer que la personne a les réponses. Il s’agit d’explorer en profondeur la signification singulière de chaque mot, de chaque expérience, de chaque valeur. En invitant la personne à redonner vie à ses propres histoires, le praticien contribue à densifier son identité. Cette démarche permet également de déplacer le jugement, en laissant la personne elle-même évaluer ce qui est juste ou non pour elle.
Sortir de l’emprise de l’histoire du problème L’un des apports majeurs des pratiques narratives consiste à ne pas se laisser recruter par l’histoire du problème. Dina insiste sur la nécessité de porter une attention particulière aux fines traces d’autres histoires, souvent marginalisées, mais pourtant porteuses de ressources. Ce travail d’écoute active et orientée permet de désenfermer la personne d’un récit dominant et de réouvrir un espace de possibles.
La double écoute une compétence centrale du praticien narratif La posture narrative implique une capacité à écouter simultanément l’histoire du problème et les éléments qui n’y correspondent pas. Cette double écoute nécessite une présence accrue et un entraînement spécifique, car les oreilles sont naturellement attirées par ce qui fait souffrance. Le praticien narratif développe ainsi une forme d’attention sélective qui lui permet de repérer et d’amplifier les signaux faibles d’une autre histoire en devenir.
Créer un rivage avant d’explorer la tempête À travers une métaphore forte, Dina décrit la nécessité d’amener la personne sur un rivage sécurisé avant de revisiter le problème. Tant que l’individu est submergé, toute tentative d’analyse est vaine. Le rôle du praticien est alors de créer un espace où la personne peut reprendre appui sur ses expériences, ses compétences et ses liens, afin d’aborder ensuite le problème avec davantage de stabilité et de ressources.
Une pratique qui se muscle au quotidien La posture narrative s’acquiert par un entraînement régulier et intentionnel. Dina évoque des exercices concrets pour développer cette posture, comme l’attention portée aux moments de beauté du quotidien ou la mise en place de repères simples pour structurer ses accompagnements. Ce travail sur soi permet de maintenir une posture cohérente, même dans des situations inconfortables ou face à des récits difficiles.
Les pièges subtils du jugement et de l’expertise Parmi les principaux écueils, Dina souligne la tentation de juger, y compris positivement, ainsi que le risque de se laisser happer par le problème ou de mobiliser une expertise trop rapide. La posture narrative demande de cultiver une forme de curiosité authentique, presque ignorante, qui permet de rester au plus près de l’expérience singulière de la personne.
Une approche qui transforme le regard et libère le pouvoir d’agir En définitive, la posture narrative agit comme un levier de transformation identitaire. En changeant le regard porté sur la personne, elle permet de révéler des dimensions jusque-là invisibles de son histoire. Ce déplacement ouvre un accès renouvelé au pouvoir d’agir, non pas en imposant des solutions, mais en reconnectant la personne à ce qu’elle a déjà mis en œuvre pour faire face à l’adversité.
Pour aller plus loin
Pour prendre contact avec Dina Scherrer, vous pouvez :
Pour Dina : L’Approche Narrative est une pratique qui m’anime, que je trouve un peu magique et qui me tient à cœur de transmettre.
Partager une pratique vivante plutôt que transmettre un savoir figé Dina Scherrer pose d’emblée l’intention de cette série comme un acte de transmission vivante, incarnée et généreuse. Les pratiques narratives ne sont pas présentées comme un corpus théorique à apprendre, mais comme une manière d’être en relation avec les histoires des personnes. Elle insiste sur une dynamique de circulation des idées, où chacun peut s’en inspirer, les éprouver, les laisser résonner dans sa propre pratique, sans prétendre pour autant s’approprier la profondeur de cette approche sans formation.
Une approche accessible pour s’inspirer, mais exigeante pour se transformer L’un des points clés de l’épisode réside dans cette tension assumée entre accessibilité et exigence. Écouter, s’inspirer, expérimenter, oui. Mais devenir praticien narratif implique un véritable chemin d’intégration. Dina insiste sur la digestion progressive des concepts, sur le temps nécessaire pour incarner une posture et non simplement reproduire des techniques. Elle met en garde contre une utilisation superficielle des outils, en rappelant l’importance de rester fidèle à l’intention fondatrice de la pratique.
La posture narrative comme déplacement du regard Au cœur de la série se trouve la posture dite décentrée influente, qui constitue une rupture avec certaines approches classiques du coaching. Il ne s’agit plus d’interpréter ou de diriger, mais d’ouvrir des espaces où la personne peut revisiter son histoire. Cette posture implique un déplacement du pouvoir, une forme de retrait actif qui permet à l’autre de redevenir auteur de son récit, tout en étant subtilement accompagné dans ce processus.
Dissocier la personne du problème pour redonner du mouvement Dina met en lumière un principe fondamental des pratiques narratives : externaliser le problème. En cessant d’identifier la personne à ce qu’elle traverse, il devient possible de desserrer l’étau des récits dominants. Cette dissociation ouvre un espace de liberté, dans lequel d’autres histoires peuvent émerger. L’enjeu n’est pas de résoudre un problème, mais de transformer la relation que la personne entretient avec lui.
Réinjecter du choix et réactiver les valeurs comme boussole Les pratiques narratives permettent de remettre du choix là où les personnes se sentent enfermées. En reconnectant les individus à leurs valeurs, à leurs principes et à leurs préférences de vie, Dina propose une approche qui redonne de la direction et du sens. Il ne s’agit pas de corriger une trajectoire, mais de permettre à chacun de se réaligner avec ce qui compte profondément pour lui.
Sortir de l’isolement en réactivant les liens invisibles Avec des concepts comme le remembering ou le club de vie, Dina explore la manière dont les relations, réelles ou symboliques, peuvent soutenir les trajectoires individuelles. Les pratiques narratives viennent ainsi rompre l’isolement en réinscrivant les personnes dans un tissu relationnel vivant, peuplé de figures significatives qui continuent d’influencer leur manière d’être au monde.
Le pouvoir des témoins et des cérémonies définitionnelles L’approche narrative intègre des dispositifs puissants comme les témoins extérieurs ou les cérémonies définitionnelles. Ces espaces permettent de renvoyer à la personne un miroir réfléchissant de son histoire, enrichi par le regard d’autrui. Ce processus d’écho et de résonance contribue à ancrer les transformations et à renforcer la légitimité des récits alternatifs qui émergent.
Une exploration collective et évolutive des pratiques narratives La série se construit comme un espace d’exploration ouvert, nourri par différentes voix : collègues, praticiens, personnes accompagnées. Dina inscrit son travail dans une logique collective et dialogique, fidèle à l’esprit des pratiques narratives. Elle propose également une interaction directe avec les auditeurs, en répondant à leurs situations concrètes, ce qui ancre la série dans une dynamique vivante et située.
Épisode n°2: Travailler avec les Histoires de Problèmes
31 May 2026
01:08:01
Descriptif de l'épisodeCitation
Pour Dina : Les histoires de problèmes prennent parfois beaucoup trop de place dans la vie des personnes...
Dissocier radicalement la personne du problème Dans cet épisode, Dina Scherrerpose un principe fondateur des pratiques narratives : la personne n’est jamais le problème. Le problème existe, mais il est extérieur, relationnel, inscrit dans une interaction et non dans l’identité même de l’individu. Cette distinction, en apparence simple, est profondément transformatrice. Elle permet de sortir d’une vision figée et culpabilisante pour ouvrir un espace de mouvement, de responsabilité et de liberté.
Les histoires de problèmes comme récits dominants Les problèmes ne sont pas seulement des faits, ce sont des histoires qui prennent toute la place. Elles fonctionnent comme des récits dominants, saturant la perception que la personne a d’elle-même. À force d’être répétées, amplifiées ou validées par l’environnement, ces histoires deviennent des vérités identitaires. Le travail narratif consiste alors à débusquer ces récits, à en comprendre les mécanismes et surtout à ne pas s’y laisser enfermer.
Le pouvoir structurant du regard Le regard porté sur une personne agit comme une prophétie identitaire. Être vu comme mauvais manager, lent ou incompétent finit par produire des effets très concrets sur la manière dont l’individu se perçoit et agit. À l’inverse, un regard ouvert, curieux, débarrassé d’a priori permet à la personne de déployer d’autres dimensions d’elle-même. Ce déplacement du regard constitue un levier central de transformation dans l’accompagnement.
Sortir des étiquettes et des généralisations Les histoires de problèmes s’appuient souvent sur des généralisations simplificatrices : toujours, jamais, incapable, difficile. Ces raccourcis cognitifs enferment la personne dans une identité réduite. Les pratiques narratives invitent à déconstruire ces étiquettes pour redonner de la nuance, de la complexité et de la mobilité aux récits de vie.
Externaliser pour reprendre du pouvoir L’un des gestes clés consiste à externaliser le problème, c’est-à-dire à le considérer comme une entité distincte de la personne. Ce déplacement permet de créer une distance salutaire. La personne n’est plus définie par le problème, elle peut entrer en relation avec lui, observer son influence, et progressivement reprendre du pouvoir sur ce qui lui arrive.
Lutter contre l’effet colonisateur des problèmes Les histoires de problèmes fonctionnent comme des forces colonisatrices. Elles cherchent à occuper tout l’espace psychique, relationnel et identitaire. Elles imposent leur logique, réduisent les alternatives et enferment l’individu dans une vision unique de lui-même. Le travail narratif consiste à résister à cette colonisation en réintroduisant d’autres récits, d’autres expériences, d’autres significations.
Réouvrir le champ des possibles par d’autres histoires Sortir d’une histoire dominante nécessite de faire émerger des histoires alternatives. Ces récits existent déjà, mais ils sont souvent invisibles, discrets, marginalisés. Le rôle du praticien est de les repérer, de les amplifier et de leur redonner une place centrale. C’est à travers cette pluralité retrouvée que la personne peut redevenir auteur de sa vie.
Une posture éthique face au risque de réduction de l’autre Dina met en garde contre une dérive fréquente dans les métiers de l’accompagnement : celle de réduire l’autre à une lecture experte, parfois arrogante. Ce regard centré sur le professionnel peut disqualifier la personne accompagnée. À l’inverse, une posture narrative invite à un regard d’ouverture, qui reconnaît l’autonomie et la complexité de l’autre, et qui refuse toute forme de réduction identitaire.
Accompagner, ce n’est pas résoudre, c’est transformer la relation au problème L’objectif n’est pas de faire disparaître le problème comme par magie, mais de transformer la relation que la personne entretient avec lui. En reprenant conscience de ses compétences, de ses résistances et de ses valeurs, elle diminue l’influence du problème dans sa vie. Elle retrouve une capacité d’action, même lorsque le problème ne peut pas être totalement éliminé.
Pour aller plus loin
Pour prendre contact avec Dina Scherrer, vous pouvez :
Pour Dina : Quand une personne ne voit plus qu’une seule version d’elle-même à travers son problème, notre rôle est de l’aider à retrouver les autres histoires qui existent déjà en elle mais qui ont été mises de côté
Redevenir auteur : une reconquête du pouvoir d’agir Dina Scherrer pose d’emblée un renversement fondamental : il ne s’agit pas de devenir auteur de sa vie, mais de le redevenir. L’individu possède déjà cette capacité, mais peut s’en éloigner lorsqu’il se retrouve enfermé dans des contraintes, des injonctions ou des choix qui ne lui ressemblent plus. Redevenir auteur, c’est réinjecter du choix, retrouver de la cohérence entre ses actions et ses valeurs, et remettre du sens là où il s’était dissous.
Quand l’histoire du problème envahit tout le territoire L’un des points clés développés par Dina est la domination de l’histoire du problème. Lorsqu’une difficulté prend toute la place, elle réduit la perception de soi à une seule version appauvrie. La métaphore du territoire ou de la maison est éclairante : l’individu finit par habiter uniquement une pièce sombre, oubliant toutes les autres. Le travail narratif consiste alors à rouvrir ces espaces oubliés pour redonner de la latitude et du mouvement.
La posture narrative : curiosité radicale et enquête fine Dina incarne une posture d’exploration proche de celle d’un enquêteur. Elle ne se contente jamais de l’histoire dominante mais cherche les incohérences, les traces faibles, les fissures dans le récit. Cette double écoute permet d’identifier ce qui ne colle pas avec le problème et ouvre des brèches vers d’autres histoires possibles. La qualité centrale devient alors une curiosité sincère, précise et engagée.
L’art des questions qui déplacent L’épisode met en lumière la puissance des questions. Certaines questions agissent comme des points de bascule en déplaçant radicalement le regard du client sur lui-même. Elles permettent de passer d’une posture de victime à une posture d’acteur. Ces questions ne sont ni culpabilisantes ni intrusives, mais orientées vers l’action, la réaction et les ressources déjà mobilisées par la personne.
Honorer les résistances : une lecture inversée du symptôme Dina insiste sur un principe fondamental : toute personne résiste à sa manière. Là où un comportement peut être perçu comme problématique, il est aussi une tentative d’adaptation. En explorant ces stratégies, même maladroites, le praticien révèle les intentions positives sous-jacentes et redonne de la dignité à l’expérience vécue.
Multi-histoires : sortir de l’identité unique L’être humain est intrinsèquement multi-histoire. Une même personne peut être décrite sous une infinité d’angles. Pourtant, dans les moments de crise, une seule histoire tend à dominer et à figer l’identité. Le travail narratif consiste à multiplier les récits possibles, à enrichir la perception de soi et à redonner du choix dans la manière de se définir.
Étude de cas : Lucas ou la bulle ressourçante Dina partage l’exemple d’un jeune considéré comme un élève passif. En explorant ce qu’il fait lorsqu’il ne fait rien, elle découvre un univers imaginaire riche, révélateur de créativité, d’humour et de désir de reconnaissance. En honorant cette bulle plutôt qu’en la pathologisant, elle ouvre un espace de transformation sans violence.
Du problème au défi : un basculement décisif En fin d'épisode, Dina invite Yan Mercoeur,dans le cadre d’une démonstration devant des conseillers. Présenté initialement comme un chômeur longue durée sans ressources, Yan est accompagné à partir d’une autre entrée : sa capacité à relever des défis. En racontant son combat contre l’obésité, il révèle détermination, endurance et volonté de vivre. Ce déplacement narratif transforme immédiatement sa posture et redonne crédibilité à son potentiel d’action. Dina ne nie pas la difficulté, mais elle choisit délibérément un autre point d’appui pour initier le travail.
Transformer le regard : de victime à acteur L’un des apports majeurs de l’épisode est cette bascule identitaire. En changeant l’histoire racontée, la personne change de place dans sa propre vie. Elle n’est plus définie par ce qu’elle subit mais par ce qu’elle met en œuvre pour faire face. Cette redignification ouvre des perspectives concrètes d’évolution.
Épaissir les histoires préférées Identifier une alternative ne suffit pas. Dina insiste sur la nécessité d’épaissir cette nouvelle histoire en l’explorant en profondeur : effets, valeurs, témoins, sensations, répétitions. Ce travail donne de la consistance au récit alternatif jusqu’à ce qu’il puisse réellement concurrencer l’histoire dominante.
Alignement et sens : les effets du redevenir auteur Redevenir auteur produit des effets tangibles : sentiment de cohérence, fluidité, plaisir, énergie. À l’inverse, le désalignement génère tension, fatigue et parfois burn-out. L’enjeu n’est pas seulement narratif, il est existentiel. Il s’agit de retrouver une manière d’habiter sa vie en accord avec ce qui compte profondément.
Pour aller plus loin
Pour prendre contact avec Dina Scherrer, vous pouvez :
Pour Dina : Une histoire meurt quand on n’en parle plus, tant qu'on en parle, elle est vivante !
Les regards qui changent une vie À travers l’histoire fondatrice de Christian, son premier employeur, Dina Scherrermontre comment certaines rencontres modifient profondément une trajectoire de vie. Derrière chaque parcours se cachent parfois des personnes qui ont vu en nous un potentiel encore invisible. Ces regards de confiance, ces gestes de reconnaissance et ces paris humains deviennent des points d’appui qui continuent d’agir longtemps après les événements. L’épisode invite à revisiter ces figures discrètes qui ont contribué à notre construction identitaire.
Redevenir auteur de ses relations Les pratiques narratives proposent de ne plus subir les relations mais de redevenir auteur de la place que nous leur accordons dans notre existence. Nous ne choisissons pas toujours les personnes qui traversent notre vie, mais nous pouvons choisir celles auxquelles nous donnons de l’autorité, du crédit et de l’influence. Dina utilise une métaphore simple et puissante : certaines voix méritent que l’on augmente le volume tandis que d’autres peuvent être reléguées à l’arrière-plan. Redevenir auteur de ses relations consiste ainsi à choisir consciemment les personnes qui nourrissent notre identité préférée.
Les conversations de remembering : retrouver les témoins de nos compétences Au cœur de cet épisode se trouve le concept de remembering développé par Michael White et David Epston. Cette pratique consiste à réintégrer symboliquement dans notre vie des personnes qui ont reconnu nos qualités, soutenu nos valeurs ou encouragé nos réussites. Lorsque les difficultés, le doute ou le stress obscurcissent nos ressources, ces personnes deviennent les gardiennes de nos compétences. Elles portent la mémoire de ce que nous savons parfois temporairement oublier de nous-mêmes.
Se regarder à travers les yeux de ceux qui nous ont fait grandir L’une des idées les plus puissantes de cet épisode consiste à changer de regard sur soi-même. Plutôt que de s’évaluer uniquement à partir des critiques ou des échecs, Dina invite à se regarder à travers les yeux des personnes qui nous ont vus réussir, évoluer et grandir. Cette démarche produit souvent un effet de revalorisation profonde. Elle restaure l’estime de soi en reconnectant la personne à des récits de contribution, d’impact et d’utilité qui avaient été éclipsés par les difficultés du moment.
Le club de vie : composer son cercle de soutien Dina présente également l’outil du club de vie. Chaque personne est invitée à identifier les figures qui soutiennent ses projets, ses aspirations et ses défis. Certaines apportent du courage, d’autres de la stabilité, des ressources, des encouragements ou des compétences spécifiques. Cette cartographie relationnelle permet de sortir du sentiment d’isolement et de prendre conscience que nous avançons rarement seuls. Elle invite chacun à devenir le président de son propre club de soutien.
L’histoire d’Hugo ou le pouvoir d’un regard oublié L’épisode est marqué par le récit particulièrement touchant d’Hugo, jeune homme en rupture avec l’institution scolaire. En explorant son parcours, Dina fait émerger le souvenir d’une enseignante de maternelle qui avait cru en lui et valorisé ses talents. Cette figure oubliée devient un levier de transformation inattendu. En retrouvant cette enseignante plusieurs années plus tard, Hugo retrouve aussi une partie de lui-même. Cette histoire illustre la force durable des regards de reconnaissance et leur capacité à réactiver l’espoir.
Dire bonjour à nouveau aux absents L’un des passages les plus émouvants de l’épisode porte sur les personnes disparues. À travers le concept de dire bonjour à nouveau, Dina montre que les relations ne s’interrompent pas nécessairement avec la mort. Les personnes qui nous ont marqués continuent à vivre dans les histoires, les valeurs et les ressources qu’elles nous ont transmises. Les pratiques narratives permettent ainsi de transformer le manque en présence symbolique et de maintenir vivants les liens qui continuent à nous soutenir.
Lutter contre l’isolement par la richesse relationnelle La souffrance tend souvent à isoler les individus et à leur faire oublier leurs ressources relationnelles. Les conversations narratives cherchent précisément à réactiver ces connexions. Qu’il s’agisse de proches, de mentors, de membres d’une communauté, de figures inspirantes ou même de personnages symboliques, l’objectif reste le même : aider la personne à retrouver les multiples liens qui nourrissent sa capacité d’agir.
Développer un œil d’amour sur soi et sur les autres En conclusion, Dina invite les accompagnants à cultiver leur propre œil d’amour. Avant de proposer ce regard aux autres, il est utile de se reconnecter soi-même aux personnes qui ont changé la couleur de notre existence. Cet exercice nourrit la posture d’accompagnement et rappelle que les transformations profondes naissent souvent de la reconnaissance, de l’attention et de la qualité des liens humains.
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