2025 restera une année charnière pour les organisations de la société civile. L'aide publique au développement des pays membres du Comité d'aide au développement de l'OCDE a chuté de 23,1 % en termes réels, soit la plus forte contraction annuelle jamais mesurée depuis la création de l'indicateur en 1969. Aux États-Unis, l'administration Trump a supprimé 83 % des programmes de l'USAID, gelant plus de 60 milliards de dollars, soit près de 40 % du financement humanitaire mondial. En France, l'aide publique au développement a subi une coupe de plus de 2,1 milliards d'euros. En Europe, l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon et la France ont réduit simultanément leur aide deux années consécutives pour la première fois depuis 1995. Même la Suisse n'a pas été épargnée.
Les ONG en ressentent déjà les effets concrets : licenciements, projets suspendus, et pour certaines, la menace d'une fermeture pure et simple. Dans ce contexte de désengagement public massif, tous les regards se tournent vers la philanthropie privée. Mais peut-elle réellement combler un tel gouffre ?
La question est loin d'être rhétorique. En Europe, selon les estimations de l'European Research Network on Philanthropy couvrant 23 pays, la philanthropie représente environ 104,5 milliards d'euros par an. En Suisse, les quelque 13 000 fondations d'utilité publique engagent chaque année plus de 6 milliards de francs suisses au service de projets d'intérêt général, un chiffre lui-même revu à la hausse ces dernières années. Des volumes considérables, mais qui restent sans commune mesure avec les budgets publics qui s'effacent.
Alors que signifie concrètement ce basculement pour les organisations qui vivent de ces financements ? Comment doivent-elles se repositionner ? Et quel rôle la philanthropie peut-elle, et veut-elle, réellement jouer dans ce nouveau paysage ?
C'est à ces questions que répond, dans ce nouvel épisode de DONORS | TIPS, Karin Jestin, conseillère en philanthropie stratégique et fondatrice de Philanthropic & Humanitarian Initiatives.
Au fil de l'échange, plusieurs enjeux clés sont abordés :
L'ampleur réelle des coupes budgétaires et les thématiques les plus touchées.
Ce que la philanthropie peut, et ne peut pas, absorber face à ce déficit.
Comment le rôle de la philanthropie évolue dans un contexte de désengagement public.
Ce que ce basculement signifie concrètement pour les petites et moyennes organisations.
Comment le rôle des ONG doit se réinventer face à ces transformations.
Les conseils pratiques pour anticiper ces évolutions sur les prochaines années.
Quand l'État recule, la philanthropie ne peut pas simplement combler le vide : elle doit aussi choisir où elle veut aller, avec qui, et pourquoi. Un épisode nécessaire, au moment où ces questions ne peuvent plus attendre.
Bonne écoute !