Explore every episode of the podcast Chronique économique
| Title | Pub. Date | Duration | |
|---|---|---|---|
| Nos armées européennes sont-elles à la merci d'une décision d'Elon Musk ? | 15 oct. 2026 | 00:03:58 | |
En pleine nuit, d'un simple réglage logiciel, SpaceX a coupé les communications de l'armée ukrainienne. La main sur le bouton : sans doute celle d’Elon Musk. Et si nos armées européennes étaient les prochaines sur la liste ? Amid Faljaoui décrypte.
Tout commence vendredi dernier, quand Donald Trump annonce un accord avec Vladimir Poutine : la Russie livrerait plusieurs millions de tonnes de diesel au marché mondial. En contrepartie, Washington lève temporairement une partie de ses sanctions pour permettre ces livraisons. Ce focus sur le diesel n'est pas anodin : il s'explique par la flambée du prix du carburant aux États-Unis. À trois semaines des élections de mi-mandat, les Américains en veulent à la Maison-Blanche. Or cette flambée est d'abord la conséquence de la guerre que Trump a lui-même lancée contre l'Iran, et donc du pétrole du Golfe. Mais Trump préfère accuser l'Ukraine, dont les drones frappent les raffineries russes.
Autrement dit, Trump — l'homme qui a mis le feu aux prix — va se fournir chez l'agresseur de l'Ukraine et reproche à l'agressé de se défendre. Quand Zelensky a protesté, Trump lui a répondu qu'il était temps pour l'Ukraine de changer de président. Le lendemain, Elon Musk reprenait exactement la même formule sur X, l'ancien Twitter.
Dans la nuit de mardi à mercredi, la rhétorique a laissé place aux faits. L'armée ukrainienne communique grâce à Starlink, le réseau de satellites d'Elon Musk. Or cette nuit-là, selon les médias internationaux, SpaceX a modifié un réglage à distance : dès qu'une antenne se déplace rapidement — sur un véhicule ou un drone — elle perd la connexion. Des missions ont été annulées le jour même, selon Kiev. Et cette même nuit, la Russie frappait une trentaine d'installations électriques, plongeant 600 000 Ukrainiens dans le noir, malgré la trêve sur les infrastructures énergétiques qu'avait annoncée Trump trois jours plus tôt — et que le Kremlin n'a d'ailleurs jamais confirmée.
L'homme le plus riche du monde peut-il donc freiner toute une armée d'un simple réglage logiciel ? Qui a donné l'ordre de brider les antennes satellitaires ukrainiennes ? Et surtout, que cela signifie-t-il pour les armées européennes qui utilisent elles aussi Starlink ? Quelle alternative existe-t-il réellement ? Réponses dans la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Les lunettes Ray-Ban qui filment à votre insu font trembler la Bourse | 14 oct. 2026 | 00:04:21 | |
Ray-Ban, c'est la marque des pilotes américains et de Hollywood. Depuis quelques mois, c'est aussi la marque des lunettes qui filment les gens à leur insu. Amid Faljaoui nous explique pourquoi ce n'est pas Meta qui a le plus à perdre dans cette affaire.
Cet été, en terrasse ou au bord de l'eau, vous avez peut-être croisé quelqu'un portant des Ray-Ban légèrement plus épaisses que d'habitude, avec un petit point lumineux sur la branche. Ce sont des lunettes connectées : elles prennent des photos, filment, répondent au téléphone et permettent même de converser avec l'intelligence artificielle de Meta, la maison mère de Facebook et d'Instagram. EssilorLuxottica, le fabricant de ces lunettes, en a vendu plus de 7 millions l'an dernier. Un succès commercial indéniable — et pourtant, depuis janvier, l'action EssilorLuxottica a perdu près de la moitié de sa valeur en Bourse.
La raison ? Le régulateur européen de la vie privée exige que ces lunettes avertissent les passants lorsqu'elles filment. Meta assure que ses appareils sont équipés d'un voyant lumineux qui clignote dès que la caméra est active. Sauf que plusieurs médias ont révélé qu'on trouve sur le web, pour quelques euros à peine, un simple autocollant capable de masquer ce voyant — la caméra, elle, continue de tourner.
Mais ce n'est pas cette controverse sur la vie privée qui fait trembler les investisseurs. Ce qui les inquiète davantage, c'est le ralentissement potentiel des ventes face à une concurrence qui s'annonce redoutable : Google et Samsung prévoient d'entrer sur ce marché dès 2026, et Apple préparerait ses propres lunettes connectées pour 2027. Le gâteau va devoir être partagé — et les marchés financiers, qui n'aiment rien tant qu'anticiper, ont déjà commencé à sanctionner EssilorLuxottica.
Dans ce "couple" Meta – EssilorLuxottica, qui risque réellement le plus gros — et pourquoi ? C'est précisément la question à laquelle Amid Faljaoui répond en détail dans sa Chronique économique.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| La cyberattaque des frigos : le signal d'alarme qu'on ne peut plus ignorer | 13 oct. 2026 | 00:04:03 | |
Des frigos de supermarchés transformés en fours à 50 degrés. C'est ce qui est arrivé en France dans la nuit de dimanche à lundi, dans des centaines de magasins. Des pirates ont pris la main à distance, et le lundi matin, tout était à jeter. Le même jour, chez nous, Delhaize était lui aussi paralysé par un incident informatique. Mais la vraie question n'est pas là. Pourquoi des concurrents tombent-ils tous en même temps ? Et surtout, nos supermarchés belges ont-ils la même faille ? Réponse dans la chronique économique d'Amid Faljaoui.
Dans la nuit de dimanche à lundi, des pirates ont pris le contrôle à distance des systèmes de réfrigération de plusieurs centaines de supermarchés français — Intermarché, Super U, Leclerc. Leur méthode : activer la fonction dégivrage et la laisser tourner toute la nuit. Au petit matin, les congélateurs affichaient 50 degrés. Les employés n'ont eu d'autre choix que de tout jeter. Des millions d'euros de marchandises sont partis à la poubelle en quelques heures.
Le même jour, en Belgique, Ahold Delhaize — la maison mère de Delhaize — confirmait à son tour un incident de sécurité informatique. Les magasins sont restés ouverts, mais les systèmes internes ont été coupés, le service client est devenu injoignable et les commandes en ligne ont été suspendues pour toute la semaine. Un lundi noir, donc, pour la grande distribution des deux côtés de la frontière.
Ce qui doit inquiéter dans cette affaire, ce n'est pas tant le talent supposé des pirates. C'est la concentration des fournisseurs. Comment des enseignes concurrentes peuvent-elles tomber toutes en même temps ? Parce qu'une bonne partie des frigos des supermarchés français sont pilotés par les régulateurs d'un seul et même fabricant : le danois Danfoss. Un fournisseur unique, des centaines de magasins, et donc une seule faille à identifier pour paralyser l'ensemble du système. Et cette faille n'était pas inconnue : Danfoss avait lui-même prévenu que ses anciens modèles ne recevraient plus de mises à jour de sécurité, et avait publié dès 2025 des correctifs pour les modèles plus récents.
Les supermarchés belges utilisent-ils ces mêmes régulateurs Danfoss ? Qui prend en charge le coût des surgelés jetés, des rayons vides, du réassort — l'assureur du magasin, le fabricant, ou le prestataire de maintenance qui n'a pas effectué la mise à jour ? Et au-delà des pertes immédiates, en quoi cet incident est-il à la fois un bon exemple concret du concept de souveraineté numérique et une alerte pour le futur ?
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| La Chine n'a jamais eu autant besoin de l'Europe. Pourquoi, et surtout comment en profiter ? | 12 oct. 2026 | 00:04:30 | |
Quand on parle de la Chine en Europe, on a toujours l'impression d'être du côté des perdants. Chaque année, nous achetons à la Chine pour plus de 350 milliards d'euros, plus que ce que nous lui vendons.
Cette semaine, il n'y a qu'à regarder au Mondial de l'Automobile à Paris, le salon de l'auto parisien, il y a presque autant de marques chinoises que de marques européennes. Ça en dit long sur notre déclin. Tout cela est vrai mais il manque une moitié du tableau.
La Chine n'a jamais eu autant besoin de nous
La Chine qui nous fait peur, c'est celle de Pékin. Le gouvernement central, les subventions, les usines qui vendent à perte pour inonder le marché. Mais il y a une autre Chine qu'on ne voit pas d'ici à Bruxelles ou à Paris. Celle-là cherche des partenaires.
Par exemple les patrons d'entreprises privées. Le président Xi Jinping les a repris en main pour ne pas dire qu'il en a mis quelques-uns en taule. Le fisc chinois traque l'argent de ses patrons qui est placé à l'étranger. Résultat, le patron chinois a peur. Il veut mettre une partie de sa fortune à l'abri. Avant, il allait aux États-Unis. Avec Donald Trump, c'est devenu plus compliqué.
L'Europe a donc une carte à jouer : tous ces patrons chinois ne peuvent pas mettre non plus toute leur bille uniquement à Singapour.
C'est là que ça devient intéressant. Imaginez le montage. Le Chinois apporte l'usine et un produit vendu à perte, tout simplement parce que Pékin le subventionne. L'Européen, de son côté, apporte sa marque, sa distribution et ses clients. Donc la marge se fait en Europe et on la partage moitié-moitié. La part du chinois reste en Europe, puisque c'est ce qu'il veut.
D'ailleurs Stellantis, le groupe de Peugeot, Citroën, Opel et Fiat, a monté exactement ça avec Leap Motor, un constructeur chinois de voitures électriques. Il détient 51% de la co-entreprise, et les voitures sortent de ses usines en Espagne.
Il n'y a rien qui empêche l'Europe de faire exactement, mais dans l'autre sens, en traitant avec les maires des villes et les patrons chinois plutôt qu'avec le Parti communiste. Mais pour ça, il faut y aller en Chine.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 le media rock de la RTBF.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Qu'est-ce qui influence notre désir d'enfants ? | 09 oct. 2026 | 00:04:12 | |
L'envie d'avoir un enfant peut aussi s'attraper au bureau. Une étude allemande menée dans plus de 6500 entreprises l'a d'ailleurs observé. Dans l'année qui suit l'accouchement d'une collègue, la probabilité d'une première grossesse a littéralement doublée chez les autres salariés.
Chez nous, en Belgique, on est à moins d'un enfant et demi par femme. Or pour garder la stabilité d'une population, il faut 2,1 enfants par femme. Pour expliquer ce faible taux de natalité, on pense évidemment au logement trop cher ou au manque de crèche.
Mais on oublie parfois de regarder autour de soi. Qu'est-ce qui nous donne encore envie de devenir parent? Ca s'appelle le désir mimétique : nos envies se nourrissent de celles des autres. Et leur exemple nous rassure.
L'exemple des autres peut aussi jouer en sens inverse.
Au Brésil, par exemple, des chercheurs ont étudié l'arrivée des télé-novellas, des feuilletons télévisés. Les héroïnes menaient une vie moderne, trépidante et avaient peu d'enfants, voire aucun. Elles donnaient envie de leur ressembler aux téléspectatrices. Et dans les régions où ces séries devenaient accessibles, les naissances reculaient davantage.
On peut pourtant leur faire une place à ces bambins. C'est ce que fait TSMC, le fabricant de puces électroniques à Taïwan. En 2023, selon ses propres chiffres, près d'un nouveau-né sur l'île de Taïwan avait un parent salarié du groupe. L'entreprise propose un service de garde d'enfants sur ses sites.
Alors bien sûr, vous allez me dire, la société TSMC gagne beaucoup d'argent et peut se le permettre. Mais ces garderies envoient aussi un autre message. Ici, avoir des enfants fait partie de la vie. On voit des collègues travailler et élever une famille. Et ça devient moins abstrait et peut-être moins effrayant.
Une PME à Namur, Charleroi ou Liège ne peut pas forcément financer une crèche. Elle peut en revanche éviter de faire sentir à une salariée enceinte qu'elle vient d'annoncer une catastrophe ou de regarder de travers un père qui prend son congé parental.
Personne n'a à faire un enfant pour son patron ou pour sauver les statistiques. Mais ceux qui en ont envie devraient pouvoir l'envisager sans avoir peur d'y laisser leur carrière.
Découvrez l'exemple surprenant du Japon, l'influence d'Instagram ou du récit d'une collègue sur le désir d'enfant.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| "Économie de l'inattention" : comment votre négligence enrichit les entreprises | 08 oct. 2026 | 00:03:45 | |
Amid Faljaoui a fait le ménage dans son téléphone, et il en est ressorti avec une découverte assez dérangeante. On connaît l'économie de l'attention, mais il existe aussi une autre économie de l'inattention qui gagne de l'argent sur ce que nous oublions et… vous allez sans doute vous reconnaître. Amid Faljaoui nous en dit plus.
Récemment, en supprimant deux applications qui prenaient beaucoup trop de temps pour ce qu'elles rapportaient, un autre constat s'est imposé : le téléphone regorgeait d'applications jamais ouvertes, installées depuis des années, dont on ne se souvenait même plus. C'est ce petit ménage numérique qui a conduit à replonger dans le livre "Négligences", signé par les économistes Maya Bacache-Beauvallet et Françoise Benhamou. Leur thèse : il existe une "économie de l'inattention", et des entreprises gagnent de l'argent grâce à nous précisément quand on ne fait plus attention à elles.
Le meilleur exemple, c'est l'abonnement digital. On a tous pris un jour un abonnement à une plateforme de streaming pour regarder une seule série, ou souscrit une application de sport en janvier, avec les bonnes résolutions qui vont avec. Et puis on ne s'en sert plus. Mais chaque mois, l'argent sort du compte et c'est précisément cet oubli qui profite à d'autres.
Quand notre négligence devient un modèle économique
Que révèle ce livre sur les mécanismes en jeu lorsque notre carte bancaire expire ? Combien notre négligence rapporte-t-elle aux entreprises ? Que fait l'Europe pour protéger les consommateurs ? Et comment certains tentent-ils déjà de transformer votre inattention en nouveau marché ? Réponses dans la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Elon Musk trillionnaire : êtes-vous actionnaire de SpaceX sans le savoir ? | 07 oct. 2026 | 00:03:45 | |
Elon Musk vaut de nouveau plus de mille milliards de dollars, du jamais vu dans l'histoire de l'humanité ! On pourrait croire que ça ne nous concerne pas. Sauf que beaucoup d'épargnants belges détiennent, sans le savoir, un petit bout de cette fortune hors norme.
Au début de cette semaine, Elon Musk a retrouvé un statut que personne d'autre n'a jamais connu dans le monde : celui d'un homme dont la fortune dépasse les 1000 milliards de dollars. D'après l'indice des milliardaires de l'agence financière Bloomberg, son patrimoine a progressé de 65 milliards en une seule journée pour atteindre 1040 milliards de dollars. Ce n'est pas la première fois que Musk franchit ce seuil symbolique : il l'avait déjà atteint en juin dernier, lors de l'entrée en bourse de SpaceX, avant de le reperdre quelques jours plus tard lorsque l'action avait reculé.
Il faut bien comprendre ce que ce chiffre représente concrètement : il correspond au nombre d'actions que Musk détient — essentiellement dans SpaceX et Tesla — multiplié par leur cours en bourse. Autrement dit, il n'a rien encaissé. Sa fortune a simplement suivi la hausse du prix de ses titres.
C'est précisément là que cette histoire cesse d'être anecdotique et nous concerne tous — vraiment tous. Une bonne partie des épargnants est déjà exposée à la trajectoire boursière d'Elon Musk, sans en avoir conscience. Via les trackers, les fonds indiciels ou encore l'épargne-pension, nos portefeuilles suivent mécaniquement les grands indices boursiers mondiaux. Lorsque Musk a engrangé 65 milliards en une seule journée, l'épargne de millions de particuliers a bougé dans le même sens — à une échelle microscopique, certes, mais elle a bougé, sans que personne n'ait eu son mot à dire.
Qu'est-ce qu'un fonds indiciel, exactement ? Comment SpaceX a-t-il pu intégrer un indice aussi majeur que le MSCI World aussi rapidement après son entrée en bourse ? Et pourquoi les fonds se sont-ils retrouvés dans l'obligation d'acheter des actions SpaceX, sans que les épargnants n'aient eu leur mot à dire ? Amid Faljaoui décrypte tout cela dans sa Chronique économique du jour.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Un dinosaure, une étude scientifique et des millions partis en fumée | 06 oct. 2026 | 00:03:57 | |
Un objet qui valait 20 millions de dollars il y a trois ans, et qui aujourd'hui en vaut à peine la moitié — sans avoir changé d'un iota. Ce n'est pas une action en Bourse qui s'est effondrée : c'est un squelette de dinosaure. Derrière cette dépréciation surprenante se cache un mécanisme économique aussi inattendu que révélateur. Amid Faljaoui en décrypte les ressorts.
Le marché de l'art est-il devenu complètement fou ? C'est la question que pose le Financial Times dans un article consacré au marché des squelettes de dinosaures — un marché de niche qui en dit long sur la façon dont se fixe un prix lorsque les souvenirs d'enfance s'en mêlent. Il y a trois ans, lors d'une grande foire d'art à Londres, un squelette était proposé pour la bagatelle de 20 millions de dollars. On le présentait alors comme un jeune T-Rex, surnommé Chomper. Ce même squelette sera mis aux enchères fin octobre chez Sotheby's à New York, rebaptisé Jodi — et la maison de vente n'en espère plus que 6 à 9 millions de dollars. Sur le papier, ce dinosaure a perdu plus de la moitié de sa valeur potentielle.
La raison de cette chute ? Une étude scientifique publiée l'an dernier a tranché un débat qui durait depuis des décennies : ces petits tyrannosaures ne sont pas des T-Rex adolescents, mais bien une espèce à part entière. Chomper est ainsi devenu un Nanotyrannus. Et en perdant son "nom de famille", il a perdu une bonne partie de son prix.
Le plus étonnant dans cette histoire, c'est que le Nanotyrannus est en réalité bien plus rare que le T-Rex. En économie classique, la rareté fait monter les prix. Seulement voilà, le T-Rex dispose d'un avantage considérable : il a un agent publicitaire, et cet agent s'appelle Steven Spielberg. Depuis Jurassic Park en 1993, toute une génération a grandi avec ce monstre en tête. Sur ce marché, c'est une évidence : on paye la célébrité de l'animal au moins autant que ses os.
Comment les maisons de vente construisent-elles aujourd'hui la mise en scène de ces ventes ? Pourquoi les acheteurs de ce type d'objet avancent-ils souvent à l'aveugle ? Et pourquoi aucun milliardaire américain ne viendra-t-il frapper à la porte du Musée des sciences naturelles de Bruxelles pour racheter les squelettes des Iguanodons de Bernissart ? Réponses dans la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Crédit immobilier : la crise de confiance française peut-elle coûter cher aux Belges ? | 05 oct. 2026 | 00:04:08 | |
Pour bien comprendre ce qui se passe, il faut savoir qu'un État emprunte un peu comme vous et moi. Quand une banque a confiance dans un client, elle lui prête à un taux très bas. Mais quand elle commence à douter de lui, elle réclame un taux plus élevé, pour couvrir son risque. C'est ce qui arrive à la France.
L'Allemagne, jugée très solide de son côté, emprunte à 10 ans autour de 3,5%. La France paye maintenant près de 5%. Cet écart entre les 3,5% payés par l'Allemagne et les 5% payés par la France mesure la méfiance des investisseurs, qui doutent que Paris parvienne à réduire sa dette avec un budget très difficile à faire voter et une élection présidentielle au printemps prochain où l'extrême droite est en tête des sondages.
La question qui nous intéresse, nous, en tant que Belges, c'est de savoir si cette méfiance peut gagner la Belgique. Réponse, elle a déjà commencé à le faire. Début septembre, l'État belge empruntait à 10 ans à un petit peu moins de 4%. Aujourd'hui, il paye près de 4,4%. La Belgique reste mieux considérée que la France mais suit tout de même le mouvement et se retrouve désormais plus près de Paris que de Berlin.
Les investisseurs font ce rapprochement parce que nos finances publiques ressemblent beaucoup à celles de nos voisins français, avec une dette qui dépasse ce que le pays produit en une année et un déficit budgétaire qui ne se résorbe pas. Pour un gestionnaire de fonds installé à Londres ou à New York, la France et la Belgique sont assises en fait dans la même salle d'attente. La France a été appelée la première et la Belgique attend son tour quelques chaises plus loin.
Concrètement, cela nous concerne de deux manières. La première passe par notre crédit hypothécaire. Les banques fixent leur taux en regardant notamment celui auquel emprunte l'État belge. Quand ce taux monte, les crédits immobiliers suivent.
La seconde courroie de transmission passe par le budget de l'État. Le gouvernement de Bart de Wever cherche en ce moment 10 milliards d'euros d'économies et de recettes nouvelles. Plus les taux montent, plus la Belgique paye d'intérêt sur sa dette et plus il faudra trouver de l'argent ailleurs.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Le pointage des chômeurs : bonne idée ou fausse piste ? | 02 oct. 2026 | 00:04:01 | |
Georges-Louis Bouchez propose de remettre les chômeurs au pointage quotidien à la commune — une idée qui, de prime abord, paraît relever du bon sens. Seulement, la Belgique l'a déjà fait. Pendant des décennies. Et elle y a renoncé. Pourquoi ? Et faut-il vraiment ressortir le tampon ? Amid Faljaoui nous raconte cette histoire.
Georges-Louis Bouchez veut remettre les chômeurs au pointage quotidien, en personne. Son argument : certains perçoivent leurs allocations en Belgique tout en vivant plusieurs mois à l'étranger. Une mesure qui viserait d'ailleurs plus largement l'ensemble des allocataires sociaux. Et si vous travaillez en lisant cet article, vous vous dites probablement que c'est du bon sens. Quand la collectivité vous aide, il paraît normal de montrer patte blanche, de prouver que vous êtes là et que vous cherchez sérieusement un emploi. Ça se comprend.
Mais la réalité est un peu plus complexe. Jusqu'en 1991, le chômeur se rendait effectivement chaque jour à la commune pour faire tamponner sa carte. Le rythme est ensuite passé à deux fois par mois, avant de disparaître complètement fin 2005. Pourquoi ce système a-t-il été abandonné ? D'abord parce que des dispenses ont été accordées aux travailleurs plus âgés ou à ceux en formation. Ensuite, parce qu'un tampon prouve simplement qu'on est passé au guichet — pas qu'on cherche activement un emploi. Dès 2004, ce mécanisme a été remplacé par un contrôle de la recherche d'emploi : on ne regardait plus seulement où se trouvait le chômeur, mais aussi ce qu'il faisait concrètement pour retrouver du travail.
Il y a un élément qu'on entend rarement dans ce débat : une grande partie de ce que réclame Georges-Louis Bouchez est déjà dans les textes. L'ONEM impose une résidence principale en Belgique, avec un maximum de quatre semaines de vacances à l'étranger par an. Au-delà, sauf exception, les allocations sont suspendues. Les contrôles existent également : depuis 2012, l'ONEM croise ses fichiers avec le registre national, et des chômeurs sont tirés au sort pour se présenter en personne à la commune ou au bureau du chômage. En 2025, l'ONEM a récupéré près de 22 millions d'euros de fraude liée au domicile — et pas uniquement des cas de séjours prolongés à l'étranger.
Quels moyens faudrait-il alors déployer pour mieux faire respecter les règles qui existent déjà ? Quelles seraient les implications concrètes d'un retour au pointage quotidien, notamment pour les communes ? Et surtout, quelles mesures fonctionnent vraiment pour aider les chômeurs à réintégrer le marché de l'emploi ? Pistes de réponse avec Amid Faljaoui dans sa chronique économique.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| L’or est-il devenu moins séduisant pour les investisseurs ? | 01 oct. 2026 | 00:03:58 | |
Pourquoi est-ce que l’or baisse alors que le monde va mal ?
Si on devait dresser la liste de tout ce qui, normalement, fait peur aux investisseurs, et donc les pousserait à acheter de l’or, on aurait à peu près la situation actuelle. Pourtant, l’or, au lieu de monter, est en train de baisser (il a perdu environ 6% en septembre, et plus de 20% depuis son record historique de janvier).
L’or n’est-il plus une valeur refuge ?
Pas du tout, mais il y a un élément qu’on oublie souvent : même une valeur refuge est en concurrence avec les autres placements. Aujourd’hui, son principal concurrent, ce sont les obligations américaines.
Quand vous achetez de l’or, il ne vous rapporte rien : pas d’intérêt, pas de dividende. Donc il ne produit aucun revenu. Or, justement, aujourd’hui, si vous prêtez votre argent à l’État américain pendant 10 ans, par exemple, vous obtenez un rendement qui, une fois qu’on enlève l’inflation, approche les 3% nets par an.
Dit autrement, vous avez le choix entre un lingot qui ne rapporte rien et une obligation américaine qui vous rapporte aujourd’hui presque 3% au-dessus de l’inflation.
Si l’or baisse, ce n’est pas parce que le monde va mieux, pas du tout, c’est parce que l’argent rapporte à nouveau beaucoup. Donc même la peur, en quelque sorte, a désormais un prix.
Mais voici ce qui est assez étonnant : pendant que le cours de l’or baisse, les banques centrales, elles, continuent d’en acheter énormément. Car elles ne raisonnent pas sur 3 mois ou 4 mois mais sur 10 ou 20 ans. Et beaucoup de ces banques centrales cherchent progressivement aussi à dépendre un petit peu moins, même nettement moins, du dollar et des actifs américains.
On a donc deux mouvements qui se croisent. À court terme, les taux d’intérêt élevés rendent l’or moins séduisant. A long terme, les banques centrales continuent pourtant d’en accumuler comme une assurance contre les crises monétaires, contre les crises financières ou géopolitiques.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Pourquoi l’affaire Bardella pourrait-elle inquiéter les marchés financiers ? | 30 sept. 2026 | 00:04:07 | |
Lundi dernier, le site d’information Mediapart a publié des messages antisémites attribués au président du RN. Les marchés financiers se moquent de ce que Jordan Bardella aurait écrit à 17 ans, ce qui les intéresse c’est ce que cette affaire fait au duo qui mène le parti.
Les marchés financiers, devraient s’intéresser à cette affaire parce que le RN avance avec un tandem : Marine Le Pen à l’Elysée et Jordan Bardella comme Premier ministre.
Marine Le Pen attend la décision de la Cour de cassation d’ici début avril. Si son recours est rejeté, elle devra porter un bracelet électronique pendant un an, peut-être même en pleine campagne.
Voilà que Bardella, son plan B, prend à son tour un sérieux coup. Pour la première fois, les deux têtes du duo sont fragilisées en même temps. On pourrait penser qu’un RN affaibli va rassurer les marchés financiers, ce n’est pas si simple.
Depuis deux ans, Bardella s’est construit comme le visage présentable du parti auprès des milieux d’affaires. C’est lui qui fait la tournée des patrons, c’est lui qui parle d’économie budgétaire.
Il a même plaidé pour qu’une partie des retraites repose sur de l’épargne placée en Bourse, ce qu’on appelle la capitalisation. Autrement dit, cette affaire abîme d’abord l’homme que les investisseurs trouvaient le plus fréquentable.
Faut-il alors s’attendre à ce que la France emprunte beaucoup plus cher ? Pour le savoir, les financiers regardent ce qu’ils appellent le spread : l’écart entre le taux auquel la France emprunte sur 10 ans et celui que paye l’Allemagne, élève modèle de la zone euro.
Avant l’affaire, cet écart dépassait déjà 1%. Concrètement, pour 100 euros empruntés, la France paye chaque année 1 euro d’intérêt de plus que l’Allemagne. On n’avait plus vu ça depuis 2012.
Mardi, l’écart s’est encore creusé, mais rien ne dit que c’est à cause de cette affaire. Ce qui fait bouger ce spread dans la durée, ce n’est pas un scandale en lui-même, ce sont les sondages qui suivent. Tout dépendra donc des intentions de vote dans les prochaines semaines et des documents que Mediapart pourrait, ou pas, publier.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| À partir de quand est-on vraiment riche en Belgique ? Peut-être plus vite qu'on ne le pense... | 29 sept. 2026 | 00:03:52 | |
Hier, toute la presse a relayé les nouveaux chiffres de la Banque Nationale sur le patrimoine des Belges. On y apprend que pour faire partie des 10% des ménages les plus riches du pays, il faut disposer d'un patrimoine net d'au moins 1,16 million d'euros. Et ces 10% détiennent à eux seuls un peu plus de la moitié de tout le patrimoine belge.
Certains d'entre vous se diront sans doute que, un million, c'est une somme considérable. C'est vrai, surtout quand on sait que la moitié des ménages belges possèdent moins de 287 000 euros, biens immobiliers compris. Mais ce chiffre recouvre une réalité plus ordinaire qu'on ne le croit.
Imaginons un couple bruxellois d'une soixantaine d'années qui a acheté sa maison il y a 30 ans. Selon les notaires, une maison se vend aujourd'hui en moyenne un peu plus de 600 000 euros à Bruxelles. Leur crédit est remboursé, ils ont mis de côté une épargne-pension pendant toute leur carrière, ils ont quelques placements, et peut-être même un petit appartement hérité de leurs parents. Sans jamais avoir eu le sentiment de rouler sur l'or, ce couple se retrouve pourtant sur le papier dans le club des plus riches du pays.
Imaginons que leurs enfants ont aussi acheté une maison identique dans la même rue. Mais comme on soustrait les dettes dans ce calcul, avec près de 600 000 euros de crédit encore à rembourser, le patrimoine net des enfants est presque nul. C'est la même maison, la même rue, et pourtant l'un des deux ménages figure parmi les plus riches du pays, tandis que l'autre ne possède techniquement quasiment rien. C'est dire si ce chiffre des 10% les plus riches mesure aussi, et peut-être surtout, l'âge des ménages.
Cela aide aussi à comprendre pourquoi le débat sur les riches est souvent beaucoup plus compliqué qu'il n'y paraît : on mélange trop facilement ce que quelqu'un gagne et ce qu'il possède. Un cadre peut avoir un très bon salaire, mais un gros crédit et peu de patrimoine. Un retraité peut avoir une pension modeste, mais vivre dans une maison entièrement payée. Et ce retraité ne payera pas ses courses avec la valeur de sa maison, c'est une évidence.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock de la RTBF.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Baisser les taxes sur le carburant, ça paraît simple et ça paraît juste. | 28 sept. 2026 | 00:04:03 | |
Depuis samedi, le litre de diesel peut coûter jusqu'à 2,49 euros en Belgique. Le débat politique est donc reparti de plus belle. Le MR propose ce qu'il appelle un cliquet inversé : quand le prix à la pompe dépasse un certain niveau, l'État prend un petit peu moins de taxes sur chaque litre.
Le problème, c'est le prix de cette mesure. Notre ministre des Finances a fait le calcul : ramener le diesel à 2 euros par exemple, donc près de 50 centimes de moins, coûterait environ 200 millions d'euros par mois. Si la crise dure un an, on dépasse les 2 milliards. Et 2 milliards, c'est à peu près ce que l'État espère récolter en vendant 20% du capital de Belfius. Autrement dit, en un an, on dépenserait tout l'argent de cette vente.
Mais il y a un autre argument plus gênant. Il vient d'Allemagne. Au printemps dernier, Berlin a baissé ses taxes sur les carburants d'environ 17 centimes. Un grand institut économique allemand a vérifié ce qui est vraiment arrivé à la pompe. Pour l'essence, presque toute la baisse est arrivée. Mais pour le diesel, seulement les trois quarts. Le reste est resté dans les poches du secteur pétrolier.
En Belgique, les stations essence ne font pas leur prix comme elles le veulent. C'est l'État qui fixe un prix maximum presque chaque jour. Si les taxes baissent, ce prix maximum baisse aussi. Donc la baisse arrive bien à la pompe. Le problème, c'est que ce prix maximum dépend du prix du diesel sur le marché européen. Or, ce jeudi, l'Allemagne a baissé ses taxes jusqu'à la fin de l'année. Donc, si la Belgique baisse aussi les siennes, on continuera, des deux côtés de la frontière, à acheter autant de diesel alors qu'il en manque. Son prix risque de remonter sur le marché. Et notre prix maximum belge remonterait donc avec lui.
e qu'on gagnerait d'une main, on le reperdrait en partie de l'autre. Et c'est là que le débat devient intéressant, voire même un peu surprenant. Normalement, un parti libéral fait confiance au marché. Et sur un marché, quand un prix monte, c'est un signal. Il nous dit que ce produit devient rare et qu'il faudrait en consommer un petit peu moins. Et baisser les taxes, justement, c'est couper ce signal. Les économistes parlent de signal prix.
Qui veut laisser fonctionner cette alarme? La N-VA, surtout pour protéger le budget fédéral. Et qui veut le couper? Le MR, le Parti libéral. On a l'impression que les rôles sont un petit peu inversés.
Découvrez le dernier point qui a été aussi relevé par cet institut économique allemand en écoutant le podcast de la chronique économique d'Amid Faljaoui en tête de cet article.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| L'assistant IA qui achète pour vous : révolution ou manipulation déguisée ? | 25 sept. 2026 | 00:04:07 | |
Un nouvel assistant d’intelligence artificielle fait désormais les courses à votre place. Il compare, il choisit, il paie. Pour un consultant français, c’est la fin du marketing : plus aucune marque ne cherchera à vous séduire, puisque c’est la machine IA qu’il faudra convaincre. Mais est-ce vraiment aussi simple ? Amid Faljaoui nous en dit plus.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| F-35 : comment un colis UPS a peut-être compromis l'avion furtif de l'armée belge | 24 sept. 2026 | 00:04:09 | |
Tapis rouge, bombardiers dans le ciel et Donald Trump en personne au pied de l'avion : Xi Jinping a été reçu hier comme un pape. Mais au même moment, on apprend que la Chine détient illégalement des pièces du F-35, l'avion furtif américain. Celui-là même que la Belgique vient d'acheter. Le contraste est saisissant, et Amid Faljaoui nous l'explique.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Mots-Clés : avion furtif, furtivité, revêtement anti-radar, Lockheed Martin, avion de chasse, F-16, Géopolitique, Relations internationales, Xi Jinping, Donald Trump, Chine, États-Unis, relations sino-américaines, visite diplomatique, Pékin, Espionnage, Sécurité, espionnage industriel, secret militaire, pièces détachées sensibles, sécurité nationale, renseignement, Hong Kong, approvisionnement, chaîne logistique, UPS, transporteur commercial, colis, sous-traitant, Belgique & Défense, Belgique, armée, Florennes, défense belge, budget
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Et si votre prochain iPhone ne vous appartenait plus ? | 23 sept. 2026 | 00:04:16 | |
Vous avez sûrement déjà vécu ça chez un concessionnaire automobile, vous demandez le prix de la voiture et le vendeur vous répond "c'est autant par mois". Une petite somme, chaque mois, passe mieux qu'une grosse facture.
Apple vient de faire exactement pareil avec l'iPhone. Quand on comprend pourquoi, on comprend pas mal de choses sur l'économie qui nous entoure.
Fin juillet, aux Etats-Unis, Apple s'est mis à louer ses iPhones. Début septembre, il a présenté son premier iPhone pliable. Le prix? Environ 2000 dollars. Jamais un iPhone n'avait démarré avec un prix aussi haut. La faute au coût des composants.
Soit Apple absorbe cette hausse de ses composants, soit il la répercute sur vous. Mais face à une facture plus salée, vous risquez de garder votre vieux téléphone un an de plus. Donc ce sont autant de revenus en moins pour Apple. D'où l'idée de la location.
2000 dollars, on hésite. Une soixantaine de dollars par mois, ça paraît moins brutal. Dans votre tête, ça se range à côté de votre abonnement Netflix ou Spotify, par exemple.
Ce n'est pas la propriété qui devient moins chère : ce qu'on vous vend, désormais, c'est l'usage. Si vous rachetez le téléphone à la fin, les loyers déjà versés sont déduits du prix final. Mais il y a un petit détail : un iPhone acheté, vous pouvez le revendre au bout d'un an ou deux. Un iPhone loué, puis rendu, sa valeur de revente n'est évidemment plus pour vous.
Ce que la location vous offre surtout, en tout cas dans l'esprit d'Apple, c'est de ne pas devoir chercher un acheteur. Autrement dit, c'est cette tranquillité-là qui a un prix.
Apple ne vous vend plus ou pas seulement un appareil, il vous vend aussi des abonnements, musique, stockage, télé. Pas plus tard que mi-septembre, il a renforcé ses offres groupées et tous ses services pour un seul prix dans plus de 100 pays. Mais pas aux Etats-Unis, là où justement Apple loue ses téléphones. Donc, aujourd'hui, personne ne peut encore s'abonner à tout d'un seul coup, téléphone et services compris.
Les deux offres avancent chacune de leur côté mais, attention, elles poursuivent absolument le même but : multiplier les paiements réguliers.
En Europe, que se passe-t-il? Qu'est-ce qui a ouvert la voie ? Ecoutez l'intégralité de la séquence d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Et si c'était l'IA et les brevets qui redessinaient l'emploi chez GSK ? | 23 sept. 2026 | 00:04:07 | |
Il y a deux choses qui changent pas mal la façon de voir cette affaire.
La première : GSK ne va pas mal. Au deuxième trimestre, ses ventes de vaccins que fabriquent la Belgique ont encore progressé de 8%. GSK vend plus cher des vaccins plus pointus, mais en fabrique moins.
Mais le vrai problème est ailleurs : les vaccins, ce n'est plus la priorité du groupe. D'ailleurs, il n'y a quasiment plus de nouveaux vaccins en phase finale d'essai chez GSK. Le groupe mise désormais sur les médicaments de spécialité.
Pour comprendre ce qui se passe à Wavre, il faut regarder un médicament qui n'a rien à voir avec les vaccins. GSK vend un traitement contre le sida qui lui rapporte des milliards chaque année. Entre 2028 et 2030, ce médicament perdra son brevet. Autrement dit, n'importe quel fabricant de générique pourra le copier et les ventes vont évidemment s'effondrer.
Donc le nouveau patron de GSK a lancé en juillet un plan d'économie. Son objectif : financer de nouveaux médicaments, surtout contre le cancer, avant que cette chute des ventes n'arrive.
Les 1217 emplois belges, c'est une partie de cette facture. En clair, les employés du Brabant Wallon payent deux fois. Une fois pour un brevet et une fois pour un virage vers des médicaments qu'ils ne fabriquent pas. C'est la logique d'un groupe coté en bourse. Ca n'a rien à voir avec une entreprise en difficulté.
Puis il y a la deuxième chose : regardons qui part. D'habitude, dans un plan social, c'est l'ouvrier que la machine remplace. Ici, c'est l'inverse. Les ouvriers restent, et ce sont les bureaux et les labos qui se vident. Tout son plan d'économie s'appuiera sur la technologie et l'intelligence artificielle.
Nous sommes peut-être devant le premier grand plan social belge de l'intelligence artificielle, un plan qui ne vise pas l'usine, mais le bureau, le diplômé, le cadre...
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Pourquoi Trump, allié de Zelensky, lui demande-t-il d’arrêter de frapper les raffineries russes ? | 22 sept. 2026 | 00:03:11 | |
Pourquoi le diesel est-il devenu aussi important dans cette guerre ? Parce que la Russie peut continuer à sortir du pétrole de son sous-sol. Mais le pétrole brut, tel quel, ne sert pas à grand-chose, il faut d'abord le transformer.
Une raffinerie, c'est l'usine qui prend le pétrole brut et en fait de l'essence, du kérosène ou du diesel. L'Ukraine a compris une chose simple : si vous voulez faire mal à la machine économique russe, vous ne devez pas forcément l'empêcher de produire du pétrole, vous pouvez aussi l'empêcher de le transformer. D'où les attaques sur les raffineries avec ses drones. Et visiblement, ça commence à faire mal.
Les exportations russes de diesel ont d'ailleurs fortement baissé ces derniers mois. La Russie a même dû limiter certaines exportations pour garder un peu de carburant chez elle. C'est là que le problème dépasse complètement la Russie et l'Ukraine. Parce que le diesel n'est pas simplement un carburant parmi d'autres, il fait tourner une bonne partie de l'économie.
Les camions roulent au diesel, les tracteurs aussi, les machines agricoles, les engins de chantier, une partie du transport de marchandises. Donc quand le prix de l'essence monte, vous le sentez surtout à la pompe. Mais quand le prix du diesel monte, vous finissez par le sentir un peu partout. Dans le prix du transport, des produits agricoles, des matériaux... bref, tout un tas de choses que vous achetez.
Et c'est pour cela que Donald Trump s'inquiète fortement. Aux Etats-Unis, le diesel est monté à des niveaux records et cela tombe particulièrement mal. Les agriculteurs américains sont en pleine période de récolte et leur facture de carburant a littéralement explosé.
Quand vous prenez un peu de recul, cette histoire est complètement dingue. Pendant des années, nous, occidentaux, on a voulu réduire les revenus énergétiques de la Russie. Voilà que l'Ukraine semble enfin réussir à toucher un point sensible, tellement sensible que ce n'est pas Moscou qui lui demande seulement d'arrêter, c'est également Washington, son propre allié.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock de la RTBF.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Suffit-il de débrancher la prise si l’IA devient trop dangereuse ? | 21 sept. 2026 | 00:04:16 | |
Internet, ce sont des câbles et des machines, donc si ça tourne mal, on n'a qu'à débrancher. Mais la vraie question c'est de savoir qui aura le courage de le faire et combien ça coûtera.
Aujourd'hui, l'intelligence artificielle est déjà branchée sur notre vie de tous les jours. Les entreprises s'en servent pour gérer leur stock et leur livraison. Les hôpitaux pour lire des radios. Les banques pour acheter et vendre en bourse. Donc le jour où on coupe cette IA, on coupe tout ça en même temps. Plus l'IA devient utile, plus elle devient impossible à arrêter.
Donc ce qui protège une technologie, ce n'est pas son intelligence, c'est notre dépendance.
Autre problème : celui qui débranche, perd. Une entreprise qui s'arrête par prudence, sa concurrente, elle, va continuer et va lui piquer des clients. Un pays qui s'arrête, si les autres continuent et prennent de l'avance, ce n'est pas possible. Donc personne ne s'arrête.
Est-ce qu'il y a un frein qui a déjà été actionné quelque part? Oui. Aux États-Unis, plusieurs États se battaient encore pour attirer les centres de données qui font tourner l'IA, le Texas en tête. Puis il a vu la facture d'électricité. Voilà donc le seul frein qui semble fonctionner aujourd'hui, qui n'a rien à voir avec la peur de l'apocalypse : c'est une affaire de facture.
Faut-il se rassurer? Pas tout à fait. Quelques états qui freinent, ça ne change rien à la course mondiale. Les centres de données iront simplement se construire ailleurs, là où l'électricité est moins chère. Et certains géants de la tech s'assurent déjà leur propre électricité, y compris en relançant des centrales nucléaires éteintes.
Quand des chercheurs nous ont expliqué que l'intelligence artificielle pouvait menacer l'humanité, personne n'a bougé. Et quand les électeurs ont vu leur facture d'électricité augmenter, là, un gouverneur américain a fait marche arrière en quelques semaines seulement.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Une révolution modifie la manière de vendre du parfum | 18 sept. 2026 | 00:03:47 | |
TikTok transforme la manière de vendre des parfums, avec un phénomène assez étonnant : des jeunes achètent des parfums qu’ils n’ont jamais sentis.
Un écran d’un smartphone peut vous montrer une voiture, vous faire écouter une chanson, visiter un appartement, mais il ne peut pas vous faire sentir une odeur. Pour vendre un parfum sur Internet, il restait toujours un obstacle évident : sentir l’odeur du parfum.
TikTok montre comment contourner cet obstacle. Pour l’industrie, ça change beaucoup de choses. Pendant des décennies, les marques ont tout misé sur le magasin, justement pour faire découvrir un parfum. Les marques ont dépensé pendant des années des fortunes en échantillons, en testeurs, en vendeuses. La logique était simple : d’abord tester puis acheter.
Aujourd’hui, TikTok peut inverser tout ça. Vous ne sentez rien, mais un influenceur vous raconte le parfum et il le compare, par exemple, avec l’odeur d’une chemise propre, du cuir d’une belle voiture ou de l’homme élégant qui sort de sa douche. Votre cerveau fait le reste.
TikTok ne vend plus une odeur, il vend l’idée que vous vous faites de cette odeur. C’est du storytelling.
Et TikTok peut même supprimer une étape entière du commerce, c’est-à-dire laisser avant l’achat. Avant, effectivement, je testais, je me faisais une opinion, et puis j’achetais. Ici, quelqu’un que je suis sur les réseaux sociaux teste à ma place, il me raconte ce qu’il ressent, et j’achète. Autrement dit, on sous-traite son jugement.
Pour les entreprises, c’est formidable de supprimer une étape entre le désir et le paiement. Ça peut augmenter effectivement les chances de vendre. C’est ce qu’on appelle réduire la friction. Plus besoin d’aller en parfumerie, plus besoin d’attendre, parfois même plus besoin de sentir, comme on vient de le dire. Un clic et c’est fait.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Cinq siècles d'écrit bientôt effacés par le podcast et l'IA ? | 17 sept. 2026 | 00:04:17 | |
Et si, après cinq siècles de civilisation de l’écrit, nous étions en train de revenir à une civilisation de l’oral ? TikTok, podcasts, intelligence artificielle : nous lisons moins, nous écoutons davantage. Et à l’ère de ChatGPT, ce basculement pourrait changer bien plus que nos habitudes : il pourrait changer ce qui fait notre valeur. Amid Faljaoui nous explique pourquoi.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Mots-Clés : intelligence artificielle, civilisation de l'oral, retour à l'oral, The Economist, écrit vs oral, ChatGPT, Laurent Alexandre, compétences cognitives, podcast, vidéo, algorithme, lecture longue, raisonnement, pensée critique, IA générative, culture numérique, médias, attention, éducation, compétences du futur, transformation digitale, communication orale, prise de parole, savoir penser, prothèse cognitive, valeur de l'écrit, révolution numérique, société de l'information, fracture cognitive.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Pétrole saoudien bloqué à l'est et à l'ouest : pourquoi le mazout flambe en Europe ? | 16 sept. 2026 | 00:03:50 | |
Tout le monde regarde Bab el-Mandeb. Mais le risque le plus immédiat pour votre citerne à mazout vient peut-être d’ailleurs : d’un oléoduc saoudien de 1 200 kilomètres de long, aujourd’hui à l’arrêt. Amid Faljaoui nous explique pourquoi en trois minutes.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop. Mots-Clés : mazout, pétrole, oléoduc saoudien, Bab el-Mandeb, Arabie saoudite, Houthis, Hormuz, drones irakiens, prix du baril, Brent, mer Rouge, détroit, Yanbu, citerne à mazout, flambée des prix, énergie, géopolitique, crise pétrolière, Bloomberg, Iran, Yémen, Djibouti, Cap de Bonne Espérance, commerce maritime, armateurs, route maritime, prix du mazout, chaîne d'approvisionnement,
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Ralentir l'IA fait trembler Wall Street — mais pas pour les raisons qu'on croit | 15 sept. 2026 | 00:03:55 | |
Hier, on vous disait qu'il y aurait dix pour cent de risque que l'intelligence artificielle fasse disparaître l'humanité. Dix pour cent, selon ceux-là mêmes qui la fabriquent. Lundi, la Bourse a réagi à cet avertissement. Mais pas du tout comme vous l'imaginez. Elle n'a pas eu peur que l'IA aille trop loin. Elle a eu peur qu'elle ralentisse. Et vous allez voir que la Bourse sait mettre un prix sur beaucoup de choses, sauf sur une. Amid Faljaoui nous explique tout.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Mots-Clés : ntelligence artificielle, bourse, marchés financiers, Nvidia, ASML, Anthropic, OpenAI, taux d'intérêt, puces électroniques, centres de données, Wall Street, ralentissement IA, risque extinction, Sam Altman, Elon Musk, indice technologique, effondrement boursier, régulation intelligence artificielle
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| IA mortelle et entente secrète : ce que les patrons de la tech ne vous disent pas vraiment | 14 sept. 2026 | 00:04:11 | |
Un ingénieur vient de claquer la porte d'un des plus grands laboratoires d'intelligence artificielle au monde. En partant, il a prévenu que ces machines pourraient tous nous tuer avant la fin de la décennie. Et ses anciens collègues, au lieu de le démentir, en ont rajouté. Faut-il avoir peur, ou faut-il d'abord regarder qui a intérêt à ce qu'on ait peur ? La réponse ici avec Amid Faljaoui.:
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Mots-Clés : intelligence artificielle, IA danger, Anthropic, OpenAI, agents IA, risque extinction humanité, cartel intelligence artificielle, régulation IA
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Achats publics : l'Europe veut bloquer la Chine, mais à quel prix pour le contribuable ? | 10 sept. 2026 | 00:04:15 | |
Bonne nouvelle, l'Europe va enfin pouvoir refuser les produits chinois dans ses achats publics. Les bus, les panneaux solaires, les logiciels. Deux mille cinq cents milliards d'euros par an sont en jeu. Le problème, c'est que préférer le "Made in Europe" a un prix, que la Commission s'est bien gardée de chiffrer, et qu'on retrouvera dans nos impôts. Amid Faljaoui nous en dit plus dans sa chronique économique.
Chaque année en Europe, les pouvoirs publics dépensent 2.500 milliards d'euros — soit environ 15% de tout ce que produit le continent. Cet argent, c'est celui de nos impôts : il construit des routes, des hôpitaux, achète des bus et des logiciels. Une force de frappe considérable, dont la Commission européenne a décidé de se servir comme d'une arme. Le texte, porté par l'ancien ministre des Affaires étrangères français Stéphane Séjourné, est clair : quand une commune, une ville ou une région achète, elle ne devra plus regarder uniquement le prix et pourra désormais écarter une offre chinoise.
A priori, c'est une bonne nouvelle. Mais il y a plusieurs réalités derrière cette décision dont on parle beaucoup moins. Le meilleur exemple a été donné en Belgique il y a quelques années : celui des bus. En janvier 2024, De Lijn, la société de transport flamande, avait commandé 92 bus électriques à BYD, le géant chinois de la voiture électrique. Trois mois plus tard, le constructeur belge Van Hool tombait en faillite — 1.500 personnes perdaient leur emploi. La commande chinoise n'a pas tué Van Hool à elle seule, mais le symbole est là. Et la réalité la plus gênante dans tout ça, c'est qu'acheter européen coûte plus cher.
La Commission a calculé au million près ce que sa nouvelle réforme va faire économiser en paperasse administrative. En revanche, on ne trouve nulle part une estimation de ce que la préférence européenne va réellement coûter aux citoyens — et donc aux contribuables. Et le détail le plus révélateur de toute cette affaire : les bus BYD commandés par De Lijn ne venaient pas de Chine. Ils sortaient d'une usine BYD installée en Hongrie.
Que manque-t-il à l'Europe et qui va au-delà d'une loi ou d'un règlement ? Quelle leçon en tirer ? Réponses dans la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Trump promet 5.000 dollars à chaque Américain : où est le piège ? | 10 sept. 2026 | 00:04:07 | |
Donald Trump vient-il d'inventer une nouvelle manière d'acheter les élections ? Il promet 5.000 dollars aux Américains si les Républicains gagnent les élections de mi-mandat en novembre prochain. Mais derrière ce cadeau spectaculaire se cache un tour de passe-passe assez incroyable… et ce sont peut-être les électeurs eux-mêmes qui vont le payer, comme l'explique Amid Faljaoui, éditorialiste en chef du Trends Tendances.
Il existe une vieille pratique électorale, bien documentée en Afrique et au Moyen-Orient, qui consiste à distribuer une seule chaussure avant un scrutin — la gauche, par exemple — en promettant aux électeurs qu'ils recevront la droite après le vote, à condition, bien entendu, que le résultat soit le bon. C'est du clientélisme dans ce qu'il a de plus rudimentaire. Ce que vient de proposer Donald Trump s'en rapproche étrangement. Il promet 5.000 dollars à chaque citoyen américain adulte si les Républicains remportent les élections de mi-mandat en novembre et conservent la Chambre et le Sénat. Juridiquement, ce n'est pas un achat de vote au sens strict : le chèque, s'il voit le jour, ne serait pas réservé aux seuls électeurs républicains. Tous les Américains en bénéficieraient. Mais politiquement, le message est saisissant : donnez le pouvoir à mon camp, et vous recevrez 5.000 dollars.
Ce qui rend l'opération encore plus spectaculaire, c'est que Trump ne parle pas de son propre argent. Il a baptisé cette promesse le Ce qui rend l'opération encore plus spectaculaire, c'est que Trump ne parle pas de son propre argent. Il a baptisé cette promesse le "dividend Trump". Le choix du terme est habile : un dividende, c'est ce que perçoit un actionnaire lorsque son entreprise dégage des bénéfices. Sauf que les États-Unis ne sont pas une entreprise bénéficiaire. Ils sont en déficit, et déjà très lourdement endettés. Ce que Trump présente comme un dividende ressemble donc davantage à une nouvelle dépense financée par l'emprunt. Et la facture serait colossale : plus de 1.200 milliards de dollars.
Comment financer un tel dividende sans aggraver encore la dette publique américaine ? En quoi ce "cadeau" pourrait-il relancer l'inflation et pousser les taux d'intérêt à la hausse, ? Et si, au final, ce sont les électeurs eux-mêmes qui se retrouvaient à payer la facture de leur propre chèque ? Pistes de réponses dans le podcast de la Chronique économique avec Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Ce que les mauvais résultats PISA vont vraiment nous coûter | 09 sept. 2026 | 00:04:05 | |
Vous avez tous entendu que les résultats PISA étaient mauvais. Ça, c'est l'info. Ce qu'on ne vous dit pas, c'est ce que ça coûte. Parce que les points que nos ados perdent à 15 ans, ce sont des points de croissance en moins dans vingt ans. Donc des salaires en moins, des recettes en moins, et des pensions de plus en plus dures à financer. Un mauvais bulletin scolaire aujourd'hui, c'est une facture pour tout le monde demain. Explications avec Amid Faljaoui, éditorialiste en chef du magazine économique Trends Tendances.
On surveille l'inflation, la dette publique, les taux d'intérêt — mais il existe un autre indicateur qui devrait nous inquiéter davantage encore : le niveau de nos enfants à l'école. Les derniers résultats PISA sont mauvais. Dans les pays riches, les scores continuent de reculer en mathématiques et en lecture. La Belgique n'échappe pas à la tendance : la compréhension en lecture régresse, et près de trois élèves sur dix n'atteignent pas le niveau minimal requis.
Les raisons sont multiples. Le Covid a laissé des traces profondes — cours manqués, habitudes perdues, absentéisme accru. Mais la baisse avait commencé bien avant la pandémie. Les écrans portent également leur part de responsabilité : passer d'une vidéo à une notification n'apprend pas à suivre un raisonnement. L'OCDE s'inquiète précisément de ces élèves qui lisent vite mais comprennent très mal. Or, quand on ne saisit pas l'énoncé d'un problème, les mathématiques deviennent inévitablement plus difficiles. Il faut aussi regarder l'école elle-même : le temps perdu à rétablir le calme, les enseignants trop souvent laissés seuls face aux élèves qui décrochent, les logiciels déployés sans preuve suffisante de leur efficacité.
La question mérite d'être posée : pourquoi aborder ce sujet sous l'angle économique ? Parce que ces élèves seront demain des salariés, des entrepreneurs et des contribuables. Une bonne éducation, c'est d'abord la liberté de penser par soi-même et de choisir sa vie. Mais c'est aussi la capacité d'inventer, d'entreprendre, de trouver des solutions nouvelles. C'est ainsi qu'un pays crée de la richesse — et pas uniquement en travaillant davantage. Cette richesse permet d'augmenter les salaires et, par ricochet, de financer les pensions. Notre prospérité de demain se prépare dans les classes d'aujourd'hui.
Les scores médiocres des tests PISA auront donc un impact direct sur nos retraites. C'est ce qu'il faut lire derrière ces chiffres. Quant à l'intelligence artificielle, elle peut certes aider à apprendre — mais elle ne peut pas nous dispenser de comprendre. Sans connaissances solides, comment repérer une réponse fausse formulée avec assurance, comme l'IA sait si bien le faire ?
De quels pays faut-il s'inspirer ? Pourquoi l'Angleterre résiste à la baisse globale des résultats ? Et pourquoi le livre est supérieur aux écrans pour l'apprentissage ? Détails avec Amid Faljaoui dans la Chronique économique.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Record de l'extrême droite en Allemagne : la leçon économique | 08 sept. 2026 | 00:03:55 | |
Ce dimanche 6 septembre, l'extrême droite allemande a fait son meilleur score depuis la guerre. Depuis, tout le monde nous explique que c'est à cause de l'immigration. Sauf que c'est justement l'une des régions d'Allemagne où il y a le moins d'immigrés. Que s'est-il vraiment passé ? Et pourquoi mille cinq cents milliards d'euros n'ont-ils pas suffi à l'éviter ? Une histoire allemande qui nous concerne beaucoup plus qu'on ne le croit. Explications avec Amid Faljaoui.
Avec 44%, l'extrême droite a réalisé son meilleur score depuis la guerre dans une région de l'ancienne Allemagne de l'Est. Mais ce qui est encore plus frappant que le score lui-même, c'est la mobilisation : les gens sont allés voter en masse. Ce n'était donc pas un vote de gens fatigués ou résignés, mais au contraire un vote de gens très décidés.
Depuis l'annonce des résultats, l'explication dominante est la même partout : la faute revient à l'immigration. Sauf qu'il y a un problème majeur avec cette lecture : cette région est précisément l'une de celles où il y a le moins d'immigrés en Allemagne.
La véritable explication est ailleurs. Lorsque des populations ont le sentiment que le pays a avancé sans elles, elles cherchent un bouc émissaire — et désignent celui qui se voit, c'est-à-dire l'étranger. Mais la véritable raison, elle est dans le portefeuille. On pourrait alors penser que ces régions ont été abandonnées. Or, depuis la chute du mur de Berlin, l'Allemagne de l'Ouest a transféré plus de 1500 milliards d'euros vers l'Allemagne de l'Est. Et cela a fonctionné, en partie : les routes sont belles, les gares sont neuves.
En 1990, un travailleur de l'Allemagne de l'Est produisait deux fois moins que son homologue de l'Ouest. Aujourd'hui, il produit presque autant — mais il gagne toujours 20% de moins. Et depuis une quinzaine d'années, cet écart ne se réduit plus.
Pour comprendre les raisons de cette stagnation et comment cela a mené aux résultats électoraux en Saxe-Anhalt, mais aussi ce que cela nous révèle plus globalement, écoutez la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Pourquoi l'intelligence artificielle fait grimper le taux de votre crédit hypothécaire | 07 sept. 2026 | 00:04:13 | |
Quel est le rapport entre les centres de données de l'intelligence artificielle et le taux de votre crédit hypothécaire ? À première vue, aucun. En réalité, c'est peut-être ce qui explique que votre prêt vous coûte plus cher aujourd'hui qu'il y a un an. Explication avec Amid Faljaoui, éditorialiste en chef du magazine économique Trends Tendances.
Les taux d'intérêt des crédits hypothécaires sont repartis à la hausse. Et la raison est simple. Lorsqu'une banque prête plusieurs centaines de milliers d'euros sur 25 ans, elle doit elle-même les emprunter sur les marchés. Pour déterminer à quel prix, elle se réfère au taux auquel l'État belge emprunte. Or, fin août, ce taux atteignait 3,81% — un niveau record depuis 2012.
Quelles sont les raisons de cette augmentation ? Le pétrole, l'inflation, des gouvernements qui ne maîtrisent pas leurs finances ? Tout cela joue, certes, mais il manque un coupable dans la liste. Depuis un an et demi, les géants américains de l'intelligence artificielle construisent des centres de données aux quatre coins du monde : des bâtiments colossaux, bourrés de machines, qui coûtent des fortunes. Des investissements si massifs que leurs bénéfices ne suffisent plus à les financer. Ils doivent donc emprunter. L'agence de notation S&P a fait le calcul : 225 milliards de dollars levés en six mois, soit près de dix fois plus que l'année précédente.
Et qui prête cet argent ? Nous ! Notre argent, notre épargne, notre assurance vie, notre fonds de pension. Jusqu'ici, nos banques et nos assureurs prêtaient surtout aux États, mais un nouveau client vient de se présenter au guichet : les sociétés de l'intelligence artificielle. Elles ont besoin de centaines de milliards et, pour être servies en premier, elles proposent de payer un peu plus cher que les autres. Et l'État belge doit s'aligner s'il ne veut pas repartir les mains vides.
Dans sa chronique économique, Amid Faljaoui vous explique pourquoi cela vous concerne directement et se reflète peut-être déjà dans les mensualités de votre prêt hypothécaire.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Pourquoi Revolut n'est pas (encore) une vraie banque | 04 sept. 2026 | 00:04:21 | |
Ce matin, on va comprendre une chose simple. Encaisser une commission et prêter de l'argent, ce n'est pas le même métier. Et c'est tout le pari de Revolut, cette application que vous avez sans doute dans la poche, comme l'explique Amid Faljaoui dans sa Chronique économique.
Vous avez probablement Revolut sur votre téléphone — pour les vacances, pour rembourser un ami ou pour éviter des frais de change. Mais votre salaire, lui, arrive toujours chez BNP Paribas, ING, Belfius ou une autre banque traditionnelle. Ce décalage, c'est toute l'histoire du jour. Le Financial Times consacre une longue enquête à Revolut : née en 2015, sans la moindre agence physique, l'entreprise vaut aujourd'hui plus cher que n'importe quelle banque britannique, à une exception près. Sauf que Revolut n'est pas encore vraiment une banque.
Une banque classique prend votre épargne, vous verse un intérêt minuscule et prête cet argent plus cher à quelqu'un d'autre. La différence entre les deux taux, c'est sa marge — c'est le métier des grandes banques depuis toujours. L'essentiel des revenus de Revolut, lui, vient de commissions : le change, le crypto, les paiements par carte, les abonnements. Deux modèles économiques radicalement différents, deux façons opposées de gagner de l'argent.
Prêter de l'argent, c'est donner une somme aujourd'hui et espérer la revoir dans vingt ans. Trois conditions entrent en ligne de compte. D'abord, il faut savoir dire non : une banque est avant tout une machine à refuser des crédits au bon moment, et cela se construit sur des décennies de données. Ensuite, il faut immobiliser du capital derrière chaque prêt. Et enfin, il faut disposer d'une épargne bon marché à prêter. Or, la plupart des utilisateurs de Revolut s'en servent comme d'un outil pratique — ils ne s'y installent pas.
Pour prêter, il faut de l'épargne. Pour avoir de l'épargne, il faut être la banque principale de ses clients. Et pour être la banque principale, il faut de la confiance. Or, selon le Financial Times, l'association de consommateurs britannique Which? a constaté que Revolut concentrait le plus grand nombre de plaintes pour fraude devant le médiateur financier britannique — devant des établissements bien plus grands qu'elle.
On dit parfois que Revolut veut être le Ryanair de la banque. Pour comprendre ce que cela signifie concrètement, et pourquoi la Banque Centrale Européenne a freiné sa croissance en Europe, écoutez la Chronique économique d'Amid Faljaoui en podcast.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Le baril de pétrole, nouvel arbitre des alliances américaines | 03 sept. 2026 | 00:04:06 | |
Quand Washington a taxé le Canada à cinquante pour cent la semaine dernière, tout y est passé : les meubles, les produits laitiers, le bois. Tout, sauf un produit, soigneusement épargné. Ce produit-là raconte à lui seul la politique étrangère américaine du moment. Amid Faljaoui nous explique en quoi cela concerne aussi la Belgique.
Le vendredi 28 août, Donald Trump a annoncé le plus grand accord pétrolier de l'histoire avec le Venezuela. Le Financial Times en a tiré une conclusion très sévère : les États-Unis ne connaîtraient plus d'alliés, seulement des satellites à qui l'on dicte leur conduite. Mais il manque un élément à cette analyse.
Cet élément, c'est une logique en trois étapes. Les Américains se battent contre l'Iran depuis six mois. Et quand il y a une guerre dans le Golfe, le pétrole monte — les acheteurs craignent une rupture des livraisons et paient plus cher pour être servis. Un pétrole cher devient une essence chère. Or aux États-Unis, l'essence n'est pas seulement un sujet économique : c'est aussi un sujet politique. Et avec des élections de mi-mandat en novembre, un président en guerre avec de l'essence chère est un président qui risque de perdre des sièges au Parlement.
Trump a donc puisé dans la réserve stratégique des États-Unis. Mais ce stock se vide, et début août, il était passé sous les 300 millions de barils. Voilà pourquoi le Venezuela entre en scène. L'accord donne aux États-Unis 55% de la production d'une nouvelle société commune, et une partie sera payée en pétrole livré à Washington à prix coûtant — précisément pour remplir cette réserve stratégique.
Parallèlement, les sanctions contre l'Iran ont été lancées le 24 août, mais elles avancent au ralenti : couper réellement le pétrole iranien du marché ferait monter le prix du baril. Trump a aussi réduit les exercices militaires avec la Corée du Sud — ces manœuvres qui entraînent les deux armées à combattre ensemble et signalent à Séoul que l'Amérique viendra en cas d'attaque. Le motif : Séoul a refusé d'aider les États-Unis contre l'Iran.
Le Canada n'est pas mieux loti. Une large gamme de produits canadiens se voit désormais imposer 50% de droits de douane. Tout y passe — sauf un produit ! Pour savoir lequel et comprendre pourquoi le prix du baril détermine les alliances entre les États-Unis et les autres pays, écoutez la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Quand l'algorithme décide et que l'humain disparaît : le vrai danger de l'IA | 02 sept. 2026 | 00:04:14 | |
Amid Faljaoui nous rassure à moitié. La bonne nouvelle, c'est que l'intelligence artificielle ne viendra pas nous chercher avec une mitraillette. La mauvaise, c'est qu'elle a trouvé beaucoup plus efficace. Elle aura droit de vie ou de mort sur nous, par l'administratif.
La prise de pouvoir de l'intelligence artificielle ne ressemblera pas à une révolte des machines. C'est en tout cas ce qu'affirme Yuval Noah Harari, l'historien israélien, dans un entretien récent accordé au magazine britannique "The Economist". Elle ressemblera plutôt à un abandon. Nous allons confier nos décisions aux algorithmes parce qu'ils vont plus vite et parce que nous finirons par leur faire plus confiance qu'à nos semblables. Autrement dit, le jour où l'IA prendra du pouvoir sur nos vies, elle nous enverra juste un message très poli: "Votre demande a été refusée."
Et cette demande portera sur quoi, exactement? Sur un crédit bancaire, une prime d'assurance, une candidature à un emploi — peut-être même, un jour, l'accès à un traitement médical. Et quand nous demanderons pourquoi, on nous répondra: "Je suis désolé, je n'y peux rien, c'est l'algorithme." La mécanique est en réalité très simple: la révolution industrielle a automatisé la force physique, l'informatique a automatisé le calcul. L'intelligence artificielle, elle, a automatisé l'autorité — c'est-à-dire le droit de dire oui ou non, qui est aussi un droit de vie ou de mort.
L'IA est déjà entrée dans les systèmes qui gouvernent nos vies. Une banque s'en sert pour évaluer notre risque, une assurance pour calculer notre prime, une entreprise pour trier des CV, une administration pour décider qui sera contrôlé. Le vrai danger n'est pas que la machine décide mal. Le danger apparaît quand une décision importante devient incompréhensible, impossible à contester — et quand plus personne ne veut en porter la responsabilité. Derrière chaque algorithme, il y a encore des humains. Mais le jour où le système se trompe, ces humains disparaissent: "Ce n'est pas nous, c'est l'IA." Une décision humaine devient alors une fatalité technique.
Il est désormais trop tard pour refuser l'intelligence artificielle. Amid Faljaoui propose trois choses simples à imposer pour toute décision qui compte, afin d'éviter que les machines ne prennent le pouvoir.
Pour aller plus loin et découvrir ses réponses, écoutez la "Chronique économique" en podcast.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Bart De Wever : perdre du poids, réduire les dépenses, même méthode ? | 01 sept. 2026 | 00:03:46 | |
Vous avez lu partout que la Belgique doit trouver dix milliards d'ici 2029. C'est faux. L'Europe en demande seulement 7,7. Et les deux milliards trois cents de différence, c'est un choix belge, dont personne ne parle. Alors Amid Faljaoui vous explique pourquoi, en partant d'un podcast où le Premier ministre a parlé de tout. De son poids, de l'alcool, de ses insomnies et de ses parents. De tout, sauf de ça.
Ce lundi 31 août, le Premier ministre Bart De Wever s'est confessé pendant plus d'une heure dans un podcast. Il a parlé de son père ouvrier, de sa mère épicière, des 143 kilos qu'il a pesés, de l'alcool, des nuits sans sommeil — et toute la presse en a fait des tartines.
Mais qu'avons-nous appris sur le budget ? Rien. Pourtant, ce podcast nous explique très bien le budget, ou plutôt la mécanique. Le Premier ministre raconte qu'il pesait 143 kilos, qu'il mangeait trop, qu'il buvait trop, et qu'il a tout arrêté. Trois semaines plus tard, il va demander au pays, à nous tous, de nous serrer la ceinture. C'est le récit de la discipline appliquée d'abord à soi-même, et ensuite aux autres. Et il est difficile d'engueuler un Premier ministre qui vous avoue qu'il ne dort pas.
Il y a quand même une phrase qui compte — et curieusement, personne ne l'a mise en titre : "Tout le monde va sentir les conséquences." Cela signifie qu'il n'y aura pas d'efforts ciblés sur une minorité. Cela annonce des mesures larges : TVA, index, dépenses sociales.
Il y a aussi le chiffre que le podcast ne vous donne pas. On répète que la Belgique doit trouver 10 milliards d'ici 2029. Mais ce n'est pas ce que l'Europe exige. Le comité de monitoring — les hauts fonctionnaires belges qui tiennent les comptes de l'État — a calculé l'effort minimal à 7,7 milliards.
Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé, mi-juillet, de monter à 10 milliards et d'y aller deux ans plus tôt que prévu ? Pourquoi, sans cet effort supplémentaire, la dette belge gonflera-t-elle dès 2031 ? Et surtout, à qui est réellement adressé le message du Premier ministre ? Amid Faljaoui répond à ces questions dans sa "Chronique économique" à écouter en podcast.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Faut-il aussi interdire les smartphones en entreprise ? | 31 août 2026 | 00:04:02 | |
47 secondes, c'est le temps que nous restons concentrés sur un écran avant d'aller voir ailleurs. Ce chiffre vient d'une professeure à l'Université de Californie. En 20 ans, notre attention a été divisée par 3.
Après une interruption, il faut 20 à 25 minutes pour revenir à ce qu'on faisait, pour retrouver le fil conducteur et reconstruire mentalement tout ce qu'on avait empilé dans sa tête.
Faisons le calcul, un cadre interrompu toutes les 20 minutes passe sa journée à récupérer de l'interruption précédente. Bref, c'est comme une sorte de moteur qui redémarre sans arrêt et ne monte jamais en quatrième.
Des dirigeants d'entreprises ont applaudi l'interdiction du téléphone dans l'école de leurs filles ou de leurs garçons. Mais les mêmes ont installé dans leur entreprise une redoutable machine à interrompre : messagerie ouverte toute la journée, notifications actives, réunions qui découpent l'agenda en confettis et, surtout, réponse immédiate devenue une sorte de preuve de sérieux.
On s'indigne de la dopamine des adolescents, mais on parle rarement de celle du comité de direction, par exemple, qui consulte ses messages pendant qu'un collègue présente un dossier.
Un psychologue américain le dit dans une interview : le véritable dégât des écrans, ce n'est pas seulement la santé mentale des jeunes, c'est l'attention de tout le monde qui diminue.
Ce n'est plus seulement une affaire de parentalité, c'est aussi une affaire de management. Chers dirigeants d'entreprise, votre entreprise ne paye pas ses cadres pour répondre à un message en 30 secondes. Elle les paye pour réfléchir, décider, inventer.
Or, un cerveau interrompu toutes les 20 minutes ne réfléchit plus vraiment, il réagit. C'est du Pavlov. Alors avant d'acheter un logiciel de productivité ou de reprocher à vos équipes leur manque de concentration, regardez le système que vous leur imposez.
En conclusion : nous avons interdit le téléphone à l'école pour protéger l'attention de nos enfants. Ayons le même courage dans notre entreprise.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Meta choisit de payer : l’addiction aux réseaux sociaux a-t-elle un prix ? | 28 août 2026 | 00:04:26 | |
Des États américains ont reproché à Meta d'avoir fabriqué ces applications pour retenir les jeunes le plus longtemps possible. Mark Zuckerberg, patron de Meta, a donc préféré signer un chèque. Il ne reconnaît aucune faute mais il accepte de limiter les mineurs à deux heures par jour avec un blocage la nuit et pendant les heures d'école.
Mais il y a une question que ce procès ne posera jamais : on a jugé des applications, mais personne n'a jugé l'objet dans lequel vivent ces applications, c'est-à-dire notre smartphone.
Regardez le logo d'Apple : une pomme avec une morsure dedans. Le dessinateur à l'origine de cette pomme jure que ce n'est pas voulu. Tout le monde y voit pourtant la même chose : la pomme d'Adam et Ève.
Racontons cette histoire biblique qui parle d'économie. Adam et Ève vivent dans le jardin d'Éden. Tout leur est permis, sauf de toucher à l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
Arrive le serpent, le diable donc. Il dit à Ève que si elle mange ce fruit, ses yeux s'ouvriront et qu'elle sera comme un dieu ou une déesse. Elle mange, en donne à Adam et leurs yeux s'ouvrent instantanément. La promesse est tenue, sauf que la première chose qu'ils voient, c'est qu'ils sont tous nus. A ce moment-là Dieu les chasse du paradis.
C'est exactement la même chose avec ce contrat de votre smartphone qui joue un petit peu le rôle de l'arbre de la connaissance. Vous avez dans la poche tout le savoir du monde et vous ne payez presque rien. Le prix est ailleurs : dans votre attention, qu'on revend aux annonceurs, dans votre sommeil.
Personne, c'est vrai, ne vous force. Tout est simplement fait pour être irrésistible. C'est ça, l'économie de l'attention. Le produit est gratuit, comme vous le savez, parce que le client, c'est vous.
L'accord entre Meta et la justice américaine touche-t-il à cette machine-là ? Meta garde-t-il son fil personnalisé et son ciblage publicitaire ? Pourquoi Meta accepte-t-il un couvre-feu pour les ados s'il n'a rien fait de mal ? Votre téléphone vous coûte-t-il plus que vous ne l'imaginez ? Ecoutez le podcast de la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Fusillades à Anderlecht : le plan de Bruxelles ne suffit pas | 27 août 2026 | 00:03:35 | |
Quarante policiers, vingt caméras, des couvre-feux. Face aux fusillades à Anderlecht, Bruxelles a sorti son plan mercredi soir. Le seul problème, c'est qu'un prix Nobel d'économie nous dit pourquoi ce plan n'impressionnera personne. En tout cas pas les narcotrafiquants. On écoute les explications de notre chroniqueur économique Amid Faljaoui.
Vendredi soir, un homme cagoulé tirait une douzaine de balles sur un commissariat d'Anderlecht avant de repartir en trottinette électrique. Ce mercredi soir, les autorités bruxelloises ont répondu avec trois chiffres : 40 policiers fédéraux en renfort, 20 caméras mobiles et des couvre-feux possibles dans les quartiers chauds. Pour mesurer ce que valent réellement ces annonces, il suffit de les passer au crible, comme on le ferait pour une entreprise en difficulté.
Commençons par les 40 policiers. La police bruxelloise fonctionne aujourd'hui avec environ 6.800 agents pour un cadre théorique de 7.600. Ces 40 renforts comblent donc à peine 5% du déficit. Les 20 caméras mobiles, ensuite : Bruxelles en compte déjà 450, raccordées au réseau national de lecture automatique de plaques. Le problème n'a jamais été le nombre de caméras, mais leur mise en réseau. Le projet régional censé permettre aux six zones de police d'échanger leurs images de vidéosurveillance n'a jamais pleinement abouti, pour diverses raisons techniques. Quant aux couvre-feux, ils ciblent les quartiers sensibles — là où, précisément, les fusillades ne se produisent plus vraiment, puisqu'elles sont en train de migrer vers d'autres zones.
Trois mesures qui, au fond, ne coûtent presque rien à ceux qui les annoncent. Et pendant ce temps, le trafic, lui, continue de fonctionner comme une véritable entreprise. C'est là qu'intervient l'éclairage du prix Nobel d'économie Gary Becker : le délinquant effectue un calcul rationnel, celui du gain espéré face au risque d'être arrêté. Sur un point de deal, les marges sont considérables et les guetteurs se remplacent en une journée. Dans ce modèle, une arrestation n'est pas une catastrophe.
Amid Faljaoui décrypte dans sa chronique ce qui fait défaut au plan bruxellois pour changer la donne — et pourquoi, en l'état, il ne devrait pas inquiéter grand monde dans les réseaux de narcotrafic.
À écouter dans le podcast de la "Chronique économique".
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Washington peut-il vraiment dégainer l'arme du dollar contre la Chine ? | 26 août 2026 | 00:04:15 | |
Le dollar est l'arme économique la plus puissante du monde. Trump veut l'utiliser pour étouffer l'Iran. Mais face à la Chine, peut-il vraiment appuyer sur le bouton sans provoquer un séisme financier mondial ? C'est le paradoxe explosif que nous explique Amid Faljaoui.
Washington a prévenu les banques et les entreprises étrangères : si elles continuent à commercer avec Téhéran, elles risquent de perdre leur accès au dollar. Or, le dollar étant la monnaie du commerce mondial, une banque privée de cette devise voit ses opérations devenir plus lentes, plus chères et plus compliquées. Face à cette menace, une petite banque étrangère abandonnera presque toujours l'Iran au profit du dollar.
Mais Washington se heurte à un problème autrement plus sérieux : la Chine. Pékin absorberait près de 80% du pétrole exporté par l'Iran et refuse catégoriquement que les États-Unis lui dictent avec qui elle peut commercer.
Théoriquement, Donald Trump pourrait sanctionner une grande banque chinoise — mais en pratique, ce serait extrêmement dangereux. La couper du dollar pourrait pénaliser des entreprises américaines et déclencher une riposte de Pékin aux conséquences imprévisibles.
Le dollar, c'est l'arme nucléaire économique des États-Unis. Mais face à la Chine, Washington découvre qu'il ne peut pas non plus appuyer sur le bouton sans se retrouver lui-même dans la zone d'explosion. De son côté, Pékin ne veut pas non plus une guerre sans fin. La Chine importe effectivement énormément d'énergie et un détroit d'Ormuz paralysé, c'est un pétrole cher lui coûterait très très cher. Le scénario probable est donc celui d'une immense hypocrisie organisée.
Pékin va continuer à défier publiquement Washington, mais réduira peut-être discrètement certains achats ou passera par des intermédiaires, tandis que Trump, lui, va sanctionner quelques sociétés chinoises, mais très secondaires, mais évitera surtout... les grandes banques chinoises.
Quelle pourrait-être la riposte de Pékin ? Quel est le scénario probable ? Quelle est la réaction des marchés financiers ? Les détails dans le podcast de la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
Mots-clés : pétrole, matières premières, échanges, terres rares, smartphone, batteries, voitures électriques, missiles, Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, ministre des Finances, achats, intermédiaires.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Le bon d'État à 3,7 % : bonne affaire ou faux ami ? | 25 août 2026 | 00:04:14 | |
Le nouveau bon d'État rapporte 3,7 %. Bonne nouvelle pour l'épargnant belge… sauf que les intérêts sont payés par l'État, donc par ce même Belge devenu contribuable. Ce qu'il gagne dans une poche, il risque de le reperdre dans l'autre. Amid Faljaoui nous explique ce paradoxe.
Un bon d'État, c'est un mécanisme simple : vous prêtez votre argent à la Belgique, et en échange, l'État vous verse un intérêt chaque année et s'engage à vous rembourser votre capital à l'échéance — ici, en 2036. Pour 10 000 euros placés à 3,7 %, cela représente 370 euros bruts par an, soit 259 euros nets après prélèvement du précompte mobilier de 30 %.
Mais cette échéance de 2036 mérite qu'on s'y attarde. Dix ans, c'est long, et on peut vouloir utiliser cet argent entre-temps. Le bon d'État peut certes être revendu avant son terme, mais revendre ne signifie pas nécessairement récupérer l'intégralité de la mise. Et même en attendant 2036, l'inflation aura fait son œuvre : les 10 000 euros récupérés à cette date n'auront plus qu'un pouvoir d'achat équivalent à environ 8 200 euros actuels. L'État protège votre capital en euros, mais pas entièrement votre pouvoir d'achat.
Si la Belgique propose aujourd'hui un taux de 3,7 % — un niveau qu'on n'avait plus vu depuis 2012 — ce n'est pas par générosité. Les marchés financiers réclament une rémunération encore plus élevée lorsque l'État belge souhaite emprunter, parce que la dette publique est énorme et que les déficits budgétaires ne sont pas maîtrisés. Et c'est là que réside le vrai paradoxe : les intérêts encaissés par l'épargnant ne tombent pas du ciel — ils proviennent indirectement de la poche du contribuable, c'est-à-dire de nous tous. Pour comprendre à qui ce placement peut convenir et pourquoi ce bon d'État est aussi un avertissement collectif, écoutez l'intégralité de la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| La peur est-elle devenue un investissement rentable pour les réseaux criminels ? | 24 août 2026 | 00:04:03 | |
Revenons sur ce qui s'est passé vendredi soir à Anderlecht. Deux hommes sont arrivés en trottinette, tirent à l'arme automatique sur un commissariat, puis disparaissent. Les balles ont traversé la porte. Fort heureusement, personne n'a été blessé.
Samedi matin, et durant tout le week-end, les réactions politiques sont tombées. Le ministre de l'Intérieur est profondément choqué. Le ministre président bruxellois évoque un nouvel avertissement. Le bourgmestre dénonce une pression intolérable. Quant au chef de corps, il avance la piste de représailles après les opérations de l'été. On dérange, dit-il, sous-entendu les narcotrafiquants.
Mais il y a un détail qui change la lecture. Le commissariat est largement désaffecté et la commune souhaite même le vendre. Vendredi soir, fort heureusement, il était fermé.
Pourquoi tirer sur un commissariat largement désaffecté ?
La théorie économique apporte une réponse. Michael Spence, prix Nobel d'économie en 2001, a développé ce qu'on appelle la théorie du signal. Quand vous ne pouvez pas prouver directement votre force, vous envoyez un signal. Pour être crédible, celui-ci doit normalement être coûteux et difficile à imiter. A Anderlecht, vendredi soir, les tireurs ont produit l'apparence d'un signal très coûteux, tout en réduisant son coût opérationnel.
Pour le public, mitrailler un commissariat, c'est attaquer l'État. Mais la cible est un bâtiment désaffecté, choisi en pleine nuit. Le risque pénal reste certes immense, mais celui d'une confrontation et de victimes a été donc fortement limité. C'est donc une opération de communication criminelle à très très haut rendement. Peu de moyens et un écho maximal.
Les auteurs de cette fusillade ne payent d'ailleurs pas toute la facture. En économie, on appelle ça une externalité. Le coût, il est transféré à d'autres. On inquiète les habitants et on dissuade les témoins du quartier de parler. Le message est très clair. Si le commissariat lui-même peut être mitraillé, le calcul de celui ou celle qui envisageait de collaborer change du tout au tout.
Quel est le signal envoyé par l'État ?
Les autorités répondent par des adjectifs : choqué, inacceptable, intolérable. Et puis, par un commissaire aux drogues qui a été annoncé en février, abandonné au mois de mai, ressuscité en juin et toujours pas nommé en ce moment. Son arrivée est programmée, ou promise, pour fin septembre.
On cite aussi 60 millions d'euros pour la sécurité, sans préciser ce qui est nouveau dans cette somme ou ce qui a déjà été dépensé ou évalué. Les réactions des politiques sont obligatoires mais leur valeur dissuasive est malheureusement proche de zéro.
Le crime organisé ne mesure pas l'indignation d'un ministre ou d'un bourgmestre, il mesure la probabilité d'être identifié, de perdre son argent et de voir ses commanditaires être neutralisés.
Donc, vendredi soir, les tireurs ont envoyé des balles dans un immeuble largement désaffecté. L'État a répondu ce week-end par des communiqués dans un espace déjà médiatique saturé.
Les premiers ont donc démontré leur capacité à imposer la peur. Les seconds leur capacité à aligner des mots. Or l'autorité ne se proclame pas, elle se chiffre : suspects arrêtés, avoirs confisqués, réseaux démantelés. Et tant que cette addition n'arrivera pas, tirer sur l'État restera, en tout cas pour le crime organisé, une opération beaucoup trop rentable, hélas.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| [Rediffusion] L'or s'effondre en pleine guerre : les vraies leçons d'une chute inattendue. | 19 août 2026 | 00:04:03 | |
Tous les manuels disent la même chose : en temps de crise, de guerre, on se rue sur l'or. Mais cette fois, l'or n'a pas grimpé. Il s'est effondré. Près de 27 % de chute en pleine guerre en Iran. Comment le refuge suprême a-t-il pu trahir au pire moment ? Et pourquoi remonte-t-il maintenant que la paix s'annonce ? Réponse dans la chronique d'Amid Faljaoui. Indice : ça n'a rien à voir avec la guerre.
Quand une guerre éclate, l'or est censé être la valeur refuge par excellence — celle qui protège quand les marchés paniquent et quand l'incertitude domine. Pourtant, depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, il se passe exactement l'inverse : l'or chute fortement, ce qui semble profondément contre-intuitif. Première explication : quand les investisseurs perdent de l'argent, ils vendent ce qui a bien performé. Or, l'or était l'un des grands gagnants des marchés ces derniers mois. Certains ont donc été contraints de le céder pour reconstituer des liquidités.
Deuxième explication, plus technique : lorsqu'un marché chute brutalement, certains investisseurs reçoivent ce qu'on appelle un appel de marge. Leur intermédiaire financier leur demande de remettre des fonds pour couvrir leurs pertes. Dans l'urgence, ils vendent ce qui se liquide le plus facilement — et l'or figure parmi les actifs les plus liquides au monde. Résultat : même les valeurs refuge peuvent être sacrifiées au pire moment.
Troisième explication : les taux d'intérêt. Les derniers chiffres de l'emploi américain ont été meilleurs que prévu, ce qui laisse penser que la banque centrale américaine pourrait retarder ses baisses de taux. Quand les taux restent élevés, les obligations d'État américaines deviennent plus attractives. Pourquoi détenir de l'or — qui ne rapporte ni intérêt ni dividende — quand des emprunts d'État offrent un rendement solide ? Cette concurrence pèse mécaniquement sur le métal jaune.
Il existe un autre acteur souvent oublié dans l'équation : les banques centrales. Ces dernières années, elles ont été les grandes acheteuses d'or. La Chine, l'Inde, la Turquie et plusieurs pays émergents ont accumulé des réserves à un rythme inédit. Mais certaines d'entre elles peuvent aussi devenir vendeuses, lorsqu'elles ont besoin de financer leur économie ou de soutenir leur monnaie. La bonne nouvelle pour les partisans du métal précieux : cette demande structurelle reste très forte. La leçon à retenir est simple — l'or n'est pas une valeur magique. Quand tout le monde s'attend à le voir monter, il lui arrive parfois de faire exactement l'inverse. C'est peut-être la première règle des marchés : ils adorent prendre les investisseurs à contre-pied.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| [Rediffusion] Ozempic, Wegovy, Mounjaro : et si les médicaments coupe-faim pouvaient freiner la croissance économique ? | 17 août 2026 | 00:04:16 | |
Ozempic, Wegovy, Mounjaro. Ces médicaments coupe-faim sont devenus des phénomènes mondiaux. Selon le Financial Times, ils pourraient modifier nos habitudes de consommation… et peut-être même faire diminuer la croissance. En effet, moins d'appétit = moins d'achats impulsifs ! D'où la question : le capitalisme peut-il tourner avec des consommateurs plus disciplinés ? C'est à cette question que répond aujourd'hui Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique.
L'intelligence artificielle est souvent présentée comme l'innovation la plus disruptive de notre époque. Pourtant, selon le Financial Times, une autre révolution pourrait transformer l'économie : les médicaments anti-obésité comme l'Ozempic ou le Wegovy, ces fameuses molécules GLP-1.
Initialement développés pour traiter le diabète, ces traitements produisent un effet spectaculaire : ils réduisent drastiquement la sensation de faim en agissant directement sur le cerveau. Les patients consomment ainsi moins d'aliments, particulièrement les produits gras, sucrés et ultra-transformés. Le Financial Times s'appuie sur des données révélant que les utilisateurs diminuent significativement leurs achats de snacks et de sodas, tandis que plusieurs industriels observent un ralentissement des ventes sur les produits les plus caloriques.
L'hypothèse du Financial Times repose sur un constat simple : si des millions de personnes réduisent leurs excès alimentaires, une partie de l'économie, construite sur la consommation impulsive, pourrait s'en trouver fragilisée.
Cette analyse s'avère pertinente dans la mesure où notre système économique repose largement sur des achats motivés par l'envie plutôt que par le besoin. Une diminution de ces pulsions d'achat pourrait entraîner une baisse de la demande, et par ricochet, un ralentissement de la croissance économique.
Cette thèse mérite toutefois d'être nuancée. La réduction de certaines dépenses ne signifie pas la disparition de l'argent, mais plutôt sa réorientation vers d'autres postes.
Une personne qui dépense moins en restauration rapide peut rediriger ce budget vers le sport, l'habillement, les voyages, l'épargne ou des produits plus sains. L'argent continue donc de circuler dans l'économie, mais selon de nouveaux circuits.
L'histoire offre plusieurs précédents éclairants, notamment celui de la pilule contraceptive qui, dans les années 1960, a profondément transformé la société. Certains observateurs craignaient alors que cette révolution ne déstabilise l'économie, notamment par une baisse des salaires ou une hausse du chômage masculin. En réalité, cette innovation a principalement facilité l'entrée des femmes sur le marché du travail. L'augmentation du nombre d'actifs a généré davantage de revenus, stimulé la consommation et encouragé les investissements. Loin de s'affaiblir, le système économique s'est élargi.
Les médicaments coupe-faim pourraient suivre une logique similaire. Si certains secteurs alimentaires risquent de pâtir de cette évolution, la réduction des calories superflues pourrait simultanément stimuler les dépenses en santé, prévention et bien-être.
La distinction entre appétit biologique et désir social s'avère cruciale dans cette analyse. Ces médicaments agissent sur la faim physique, mais n'altèrent ni l'ambition, ni le besoin de reconnaissance, ni l'aspiration au confort. Or, ces motivations constituent les véritables moteurs de l'activité économique.
Le Financial Times soulève une question légitime, mais l'histoire démontre que l'économie s'adapte aux changements d'habitudes. Le désir humain ne disparaît jamais : il se réoriente simplement vers de nouveaux objets. Le capitalisme conserve donc toute sa vitalité.
Mots-clés : sucre, recul, prix, ralentissement, réallocation, carte de crédit, généralisation, endettement, crainte, crise, changement, économiste, Schumpeter, destruction créatrice, capitalisme, sédatif
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| [Rediffusion] Intelligence artificielle : quatre pistes d’action pour éviter l'apocalypse sociale | 14 août 2026 | 00:04:39 | |
En 1900, il y avait vingt millions de chevaux au travail aux États-Unis. Soixante ans plus tard, il en restait moins de trois millions. Pas parce qu'ils étaient devenus mauvais mais parce qu'ils ne rapportaient plus assez. Et si, avec l'intelligence artificielle, c'était à notre tour ?" Cette question provocante, posée par le chroniqueur économique Amid Faljaoui, interroge notre avenir face à la révolution de l'IA.
Avec l'intelligence artificielle, les humains risquent-ils de subir le même sort que les chevaux du XXe siècle, remplacés massivement par des machines plus rentables ? À ce jour, rien ne valide ce scénario catastrophe. Le taux d'emploi en Europe et aux États-Unis atteint l'un de ses plus hauts niveaux historiques. Malgré les crises, l'inflation, les tensions géopolitiques et l'émergence de l'intelligence artificielle, les statistiques ne révèlent aucune destruction massive d'emplois.
Paradoxalement, ceux qui parlent le plus de l'apocalypse de l'emploi sont les patrons de l'intelligence artificielle eux-mêmes : Sam Altman, le dirigeant de ChatGPT, ou encore Dario Amodei chez Anthropic. La raison est simple : plus leur technologie paraît disruptive, plus la valorisation de leur entreprise s'envole. Il s'agit donc d'un discours commercial, mais à force de répétition, ils installent la peur dans l'opinion publique.
Le vrai danger ne réside pas dans le chômage de masse, mais dans le fait que tous les bénéfices de l'intelligence artificielle se concentreront dans les poches de quelques dizaines de milliers de personnes sur 8 milliards d'êtres humains. Pendant ce temps, l'IA dévore tout ce dont elle a besoin : l'électricité, le foncier, les minerais rares.
Les conséquences concrètes se font déjà sentir : les factures d'électricité grimpent, le prix du logement flambe, et malgré un travail constant, le pouvoir d'achat diminue. Cette révolution silencieuse redistribue les cartes économiques sans que la majorité de la population en bénéficie.
Face à cette situation, le magazine The Economist propose quatre solutions concrètes. Premièrement, taxer les entreprises qui s'enrichissent grâce à l'IA plutôt que ceux qui travaillent. Deuxièmement, garantir un revenu de remplacement à la danoise. Troisièmement, renforcer les droits de succession pour éviter qu'une caste de rentiers se constitue et transmette sa fortune indéfiniment.
La quatrième piste, la plus radicale, consiste en un dividende citoyen. L'idée : nationaliser partiellement les géants de l'intelligence artificielle ou les contraindre à reverser une part de leurs bénéfices à tous les citoyens. Un message urgent s'adresse aux responsables politiques qui s'occupent encore trop peu d'IA : il ne faut pas attendre que la maison brûle pour acheter l'extincteur. Car les chevaux, eux, n'ont jamais eu droit à un plan de reconversion.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| [Rediffusion] Travail au noir légal : un quart de million de Belges travaillent sans payer d’impôt, est-ce scandaleux ? | 13 août 2026 | 00:04:22 | |
Vous avez peut-être entendu un chiffre qui choque, qui claque : il y a plus d'un quart de million de Belges qui travaillent, je cite, au noir, mais légalement. Il s'agit des flexi-jobs. On vous dit que c'est un scandale qui vide les caisses de l'État. Ce qu'on lit n'est pas tout à fait faux, mais ce n'est pas tout à fait juste non plus.
C'est quoi un flexi-job ? C'est un petit boulot en plus. Mais il y a une règle : pour en exercer un, vous devez déjà avoir un véritable emploi à côté au moins 4 jours sur 5. Et sur cet emploi-là, vous payez vos impôts normalement. Seules les heures supplémentaires, le petit extrait du week-end sont détaxées.
Retenez donc ça : un flexi-job, ce n'est jamais le seul revenu de quelqu'un, c'est toujours un deuxième revenu.
Prenons l'exemple d'un restaurant. Deux personnes sont au comptoir, elles font exactement le même service. L'une est salariée fixe, elle paye donc ses impôts, ses cotisations, l'autre fait un extra en flexi-job et garde tout.
Vu comme ça, c'est vrai que ça paraît injuste. Sauf que la deuxième personne a déjà un emploi taxé ailleurs (un salaire principal et un complément). C'est pas tout à fait la même chose.
Pourquoi est-ce que tout ça énerve? Il y a deux raisons, je pense. La première raison, c'est le mot. Un député flamand parle de travail au noir légalement. C'est vrai que la formule fait mouche, mais n'a pas de sens. Le travail au noir, c'est caché. Le flexijob, c'est exactement l'inverse. C'est déclaré, c'est enregistré et le patron paye même une cotisation à l'État. Donc non, ce n'est pas du noir.
Ce qui est vrai c'est que le travailleur ne paye pas d'impôt sur ces heures-là, sur ces heures supplémentaires. L'État gagne donc moins que sur un emploi classique. Les estimations vont de 100 à près de 500 millions d'euros.
Deuxième raison, et c'est la véritable raison : est-ce que le flexi-job mange les emplois normaux? Le système est né en 2015 pour aider les cafés et les restaurants à passer les coups de feu. C'est très très bien comme idée.
Sauf qu'aujourd'hui, une entreprise sur huit qui emploie des flexi-jobs ne travaille presque plus qu'avec ce genre de système ou avec des étudiants. Le bouche-trou devient le mur. Et ça, c'est vrai, c'est un problème.
Mais soyons justes, la plupart des flexijobbers gagnent très peu, en moyenne 1900 euros par an. Ce n'est pas une fortune et ce sont souvent des pensionnés qui gardent un pied dans la vie active ou des gens qui bouclent leur mois. Ce n'est donc pas une armée de tricheurs, contrairement à ce qu'on voudrait dire.
Ce qui va arriver dès le 1er juillet prochain, le flexi-job pourrait s'ouvrir à tous les secteurs. Ce n'est pas encore voté pour de bon, mais c'est l'intention, y compris pour les soins de santé.
Or, déjà aujourd'hui, un Flexi-job sur cinq travaille dans le secteur de la santé ou de l'enseignement. Des métiers justement qui manquent déjà de bras. Le danger c'est qu'un infirmier lâche son mi-temps fixe pour des heures flexi mieux payées. On n'a pas gagné un soignant de plus, on a juste déplacé celui qu'on avait.
La presse ne ment donc pas, mais elle vous raconte la moitié de l'histoire. Le flexi-job n'est ni bon ni mauvais. La vraie question est simple : est-ce une rustine? Ou est-ce devenu un pneu? Une rustine, ça dépanne une crevaison un soir de coup de feu. C'est bien pratique, mais rouler toute l'année sur des rustines, évidemment, ça finit par lâcher. Et donc la Belgique a inventé un bon système de dépannage. Le problème commence ou commencera le jour où elle roule dessus toute l'année.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| [Rediffusion] Modèle social européen : un luxe que l'Europe n'aura bientôt plus les moyens de s'offrir ? | 12 août 2026 | 00:03:51 | |
Le match Europe-États-Unis ne se joue pas là où vous croyez. Si on regarde les hôpitaux et les écoles, on gagne. Si on regarde le portefeuille et l'innovation, on coule. On ne peut pas éternellement distribuer une richesse qu'on ne produit plus. Ce matin, Amid Faljaoui pose la question qui fâche : le modèle social européen est-il un luxe que nous n'aurons bientôt plus les moyens de nous offrir ?
Si vous traînez sur LinkedIn ou Twitter, vous êtes forcément tombé sur ce tableau comparatif entre l'Union européenne et les États-Unis. Et ces chiffres font du bien. On y voit que chez nous, on vit en moyenne quatre ans de plus qu'aux États-Unis, avec un taux d'homicide 2,5 fois plus bas.
Notre taux de pauvreté est beaucoup plus faible, le nombre de personnes en prison également, et les femmes au travail sont plus nombreuses chez nous qu'outre-Atlantique. Le clou du spectacle ? La dette étudiante : zéro euro chez nous contre 40 000 dollars en moyenne là-bas. Quand on voit ça, on se dit qu'on vit quand même très bien en Europe. C'est un discours très puissant et humainement imparable.
Mais ce tableau oublie soigneusement de mentionner deux chiffres cruciaux. Le premier : le PIB par habitant. En 2008, l'économie européenne et l'économie américaine faisaient quasiment jeu égal. Aujourd'hui, l'Américain moyen est devenu environ 40% plus riche que nous.
Le deuxième chiffre concerne l'investissement dans la tech. Chaque année, les Américains injectent 250 milliards de dollars de plus que nous dans la recherche et le développement. C'est la garantie que les médicaments, l'intelligence artificielle et l'énergie de demain seront inventés là-bas, et que nous devrons les leur acheter.
Notre modèle social, c'est un luxe qui coûte une fortune. Pour offrir des universités gratuites et des hôpitaux modernes, il faut une machine économique qui génère de la valeur. Or l'Europe est en train de devenir championne du monde de la redistribution d'une richesse qu'elle ne produit plus.
Il faut sortir d'une vision manichéenne. Les États-Unis ne sont pas un enfer et l'Europe n'est pas un paradis. Le vrai défi, c'est de comprendre que la protection sociale n'est pas un acquis éternel mais un actif qu'il faut entretenir. On ne peut pas être une puissance mondiale en étant juste une sorte de grand musée où les gens vivent vieux et en sécurité. Pour protéger l'humain, il faut d'abord protéger la croissance qui le finance.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| [Rediffusion] Un laboratoire d’intelligence artificielle vient de créer un logiciel capable de pirater n’importe quel système informatique au monde | 11 août 2026 | 00:04:22 | |
Imaginez un cambrioleur capable de trouver la faille de n'importe quelle serrure au monde, en quelques heures, voire quelques minutes. La serrure de votre banque, de votre hôpital, de votre centrale nucléaire. Maintenant, imaginez que ce cambrioleur n'est pas un homme, mais un logiciel, et qu'il vient d'être inventé, ce qui est le cas.
Ce logiciel s'appelle Mythos. Il a été créé par Anthropic, l'un des laboratoires d'intelligence artificielle les plus puissants au monde. Et ce que Mythos sait faire donne des sueurs froides à toute l'industrie technologique : vous lui donnez quasiment n'importe quel programme informatique, un système d'exploitation, un navigateur, le logiciel qui fait tourner votre smartphone et il en trouve les failles de sécurité, et par milliers, y compris des vulnérabilités que les meilleurs ingénieurs de la planète n'avaient pas repérées depuis 27 ans, même dans des systèmes pourtant réputés ultra sécurisés.
Bien sûr, on a déjà entendu ce refrain. Souvenez-vous, en 2019, un autre laboratoire d'intelligence artificielle avait dit à peu près la même chose : notre modèle est trop dangereux pour être diffusé. Puis, quelques mois plus tard, il l'avait quand même diffusé, et le monde ne s'était pas effondré.
On pourrait donc croire que Mythos, c'est juste du marketing. Après tout, sa maison mère Anthropic affiche aujourd'hui plus de 30 milliards de dollars de revenus et se prépare plus que probablement à entrer en bourse. Rien de tel, évidemment, qu'un récit de modèle trop puissant pour le commun des mortels pour convaincre effectivement les investisseurs de sortir leur chéquier.
Sauf que, cette fois, il y a un petit détail qui change tout : Apple, Google, Microsoft et des dizaines d'acteurs du cloud et de la cyber sécurité ont accepté de collaborer avec Anthropic pour justement tester Mythos dans un programme appelé Project Glasswing. Or Google est un concurrent direct d'Anthropic dans l'intelligence artificielle.
Le plus vertigineux, c'est le principe : si Mythos travaille pour vous, il repère vos failles et évidemment aide à les corriger. Mais s'il travaille contre vous, il peut aider à les exploiter. Donc le même outil a deux usages : le bouclier et l'épée. C'est un peu comme si on avait inventé un médicament qui, selon la dose, peut vous guérir ou vous tuer.
Mais l'histoire prend effectivement un tournant inattendu quand on regarde qui ce programme dérange le plus. Il ne dérange pas les pirates informatiques, il dérange surtout le Pentagone parce que, depuis des années, les services de renseignement américains font exactement ce que Mythos menace de rendre beaucoup plus difficile : ils stockent secrètement des failles dans les logiciels, y compris américains.
Pourquoi? Pour s'en servir comme cyber-armes le jour venu. C'est une partie de leur arsenal numérique. Et si des outils comme Mythos contribuent à corriger systématiquement ces failles, ils renforcent la sécurité. Mais, évidemment, ils réduisent aussi ce stock de brèches exploitables par l'armée américaine.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| [Rediffusion] Pourquoi Carrefour ne gagne que 2,50€ sur 100€ de courses ? | 10 août 2026 | 00:04:05 | |
95 milliards de chiffre d'affaires, mais seulement 2,6 % de marge : pourquoi le géant Carrefour a-t-il des pieds d'argile ? Entre l'offensive de Colruyt et la mutation agile de Delhaize, l'enseigne n'a plus le choix : elle doit "hacker" son modèle. Découvrez comment la data et la franchise sont devenues ses bouées de sauvetage, alors que l'avenir de sa filiale belge reste en suspens.
Sur le papier, le groupe Carrefour avec ses 95 milliards d'euros de chiffre d'affaires ressemble à un mastodonte invincible. Pourtant, cette apparente puissance cache une réalité économique bien plus fragile. Car il ne faut pas confondre la taille et la solidité : le chiffre d'affaires représente l'argent qui passe par la caisse, pas celui qui reste dans les comptes de l'entreprise. Avec une marge de seulement 2,6% au niveau du groupe, Carrefour ne conserve qu'un peu plus de 2,50 euros de profit pour 100 euros de courses. Cette rentabilité dérisoire signifie que la moindre erreur stratégique peut transformer ce maigre bénéfice en perte colossale.
En Belgique, la situation s'avère encore plus préoccupante avec des marges encore plus faibles. Le distributeur français se trouve pris en étau entre deux redoutables adversaires qui ont chacun trouvé leur formule gagnante. D'un côté, Colruyt règne en maître sur le segment des prix bas, fonctionnant comme une véritable machine de guerre qui traque le moindre centime d'économie. Face à cette concurrence impitoyable, le consommateur belge, particulièrement sensible aux prix, n'hésite pas à délaisser Carrefour pour son concurrent moins cher. De l'autre côté, Delhaize a opéré une transformation radicale en convertissant l'ensemble de ses magasins intégrés en franchises, lui conférant une agilité redoutable et la souplesse d'un commerçant de quartier sans la lourdeur administrative d'une grande entreprise.
Pour ne pas couler face à cette double pression concurrentielle, Carrefour a élaboré une stratégie de "piratage" de son propre métier articulée autour de trois axes majeurs. Le premier consiste à développer ses propres produits en devenant fabricant, une démarche cruciale pour restaurer ses marges puisque les produits maison génèrent des profits bien supérieurs à la simple distribution. Le deuxième pilier repose sur l'expansion du modèle de franchise : en confiant ses magasins à des gérants indépendants, l'enseigne allège sa structure tout en percevant des redevances plus stables, réduisant ainsi ses besoins en capital et en personnel.
Le troisième axe exploite ce que l'on peut considérer comme une véritable mine d'or moderne : les données clients. Grâce aux cartes de fidélité, Carrefour analyse les habitudes de consommation sous forme anonymisée pour proposer aux marques des publicités ultra-ciblées. Cette monétisation des données génère des profits nettement supérieurs aux activités de vente traditionnelles, transformant chaque client en source de revenus multiples.
L'actualité récente illustre parfaitement les défis auxquels fait face l'enseigne avec l'ouverture dominicale de ses derniers grands magasins, une mesure directement inspirée par la stratégie de Delhaize. Cependant, cette initiative comporte des risques non négligeables : si les clients se contentent de reporter leurs achats du mardi au dimanche plutôt que d'augmenter leur consommation globale, Carrefour ne génère aucun chiffre d'affaires supplémentaire. Pire encore, l'enseigne doit supporter des coûts salariaux majorés liés au travail dominical. Ce phénomène de cannibalisation des ventes démontre que même pour un géant de cette envergure, la gestion d'une chaîne de distribution reste un exercice d'équilibriste particulièrement délicat.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| [Rediffusion] Peut-on encore parler librement au bureau ? | 07 août 2026 | 00:03:50 | |
Il y a peu de temps encore, on supposait qu’un appel n’était pas enregistré, sauf mention explicite. C’était une sorte de règle tacite ou une forme de courtoisie professionnelle. Aujourd’hui, l’enregistrement est devenu le paramètre par défaut. Ce qui était intrusif devient banal et ce qui relevait du consentement relève désormais du paramétrage technique.
Pourquoi ce basculement ? Parce que l’IA a fait tomber le coût à presque zéro. Transcrire une heure de réunion ne demande plus un stagiaire, mais quelques centimes.
L’intelligence artificielle retranscrit tout, mot à mot, et se charge de faire un résumé ainsi qu’une to-do list quelques minutes après la réunion. On enregistre tout : les cours, les conférences. Dans la vie au bureau, c’est un gain de temps appréciable, notamment pour les réunions Teams, ou même pour les réunions en présence physique.
L’argument est rationnel : les bénéfices sont réels, il y a une trace précise des décisions. La possibilité aussi de rattraper une réunion manquée. Bref, c’est une sorte de mémoire organisationnelle augmentée.
Le vrai sujet, ce n’est pas la productivité, c’est la spontanéité. Quand tout est enregistré, tout est potentiellement partageable. Un trait d’humour devient une citation, une critique devient un extrait, une hésitation devient une petite archive. Il ne faut qu’un clic pour envoyer la totalité de la transcription à quelqu’un qui n’était pas dans la salle. Ça, c’est plutôt positif.
Mais la presse anglo-saxonne cite aussi des cas, par exemple, où après la fin officielle d’une réunion, des participants sont restés connectés pour commenter la performance d’un collègue. Le problème, c’est que l’intelligence artificielle ne quitte pas la pièce. Et, hélas, le compte rendu est parti automatiquement. Ambiance, ambiance.
Les comportements changent, on devient plus prudent, plus lisse, moins direct. On sait qu’on ne parle plus seulement à des humains, mais aussi à une base de données. Donc, la vraie question n’est pas est-ce que c’est utile ? La vraie question est : qui contrôle la mémoire, donc ces données ? Car enregistrer, ce n’est pas seulement conserver, c’est structurer le pouvoir.
Celui qui détient l’archive, donc les données, détient la version officielle des faits. C’est celui qui peut analyser les transcriptions, il peut mesurer qui parle le plus, qui coupe la parole, qui doute, qui domine. Et demain, qui sait ? Qui mérite une promotion ? Techniquement, tout cela est possible.
Mais l’histoire récente montre une chose : quand la technologie rend une pratique facile, elle finit toujours par la normaliser. Donc le paradoxe est assez simple : nous avons gagné en efficacité, nous avons peut-être perdu en liberté informelle.
Dans un monde où chaque mot peut être indexé, recherché et ressorti des mois plus tard, la parole professionnelle au bureau change de nature. Elle devient moins conversationnelle et plus stratégique, plus tactique.
L’intelligence artificielle enregistre désormais tout : réunions, cours, conférences… avec résumé automatique à la clé.
Progrès formidable ou nouvelle forme de surveillance douce ?
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| [Rediffusion] Netflix modifie le paysage médiatique francophone en lançant un abonnement avec publicité | 06 août 2026 | 00:04:18 | |
C’est officiel, Netflix lancera son abonnement avec publicité en Belgique dès 2027. Cette formule publicitaire existe déjà depuis 2022 dans une douzaine de pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis…) mais pas chez nous. Cette annonce a été faite fin de la semaine dernière à New York. Pour les abonnés, ça va changer la donne, et pour le paysage médiatique francophone encore plus.
En 2020, Red Astings, le patron de Netflix, disait que son modèle sans publicité, donc de streaming sans publicité, était le meilleur. Pas par morale, par simple calcul.
Deux ans plus tard, donc en 2022, c’est un virage à 180 degrés : il a introduit la publicité. Et ça paye, visiblement, puisque Netflix vise 3 milliards de dollars de recettes publicitaires en 2026. C’est déjà le double de 2025.
Vous allez me dire, pourquoi étendre la publicité à la Belgique et à d’autres pays maintenant ? C’est simple : parce que la croissance des abonnés ralentit un peu partout dans le monde, parce que les hausses de prix atteignent leurs limites, et parce que la concurrence se durcit.
En février dernier, Netflix a perdu la bataille pour le rachat de Warner Bros. La chaîne Discovery a été raflée par Paramount et, si l’opération se finalise, Paramount va récupérer la chaîne HBO, le blockbuster des Harry Potter, des Game of Thrones et même la chaîne CNN. Bref, de quoi détourner pas mal d’abonnés.
Donc Netflix, c’est simple, doit trouver de l’oxygène. Et l’oxygène, c’est la pub : c’est plus rentable qu’un blockbuster. Une fois que la machine est mise en place, il suffit de vendre l’attention, la nôtre, notre attention qui est déjà captée, et l’attention, effectivement, Netflix en a beaucoup.
Vous allez me dire, combien d’abonnés vont claquer la porte ? Difficile à dire, mais Netflix a déjà fait son calcul. Là où la formule publicitaire existe déjà, plus de 60% des nouveaux abonnés la choisissent. Ça, c’est pour le côté consommateur.
Deuxième front, le marché publicitaire belge. Netflix, en effet, ne vient pas que chercher des abonnés. Il vient aussi chercher des budgets publicitaires auprès des annonceurs. Les premiers visés et les premières victimes, si je puis dire, ce seront les acteurs commerciaux.
Côté francophone, RTL Belgique est en première ligne. La RTBF est mieux protégée par sa dotation publique. Mais RTL, les plateformes vidéo locales, les régies belges, toutes vont voir débarquer un concurrent mondial avec une arme redoutable, c’est-à-dire la publicité programmatique.
C’est quoi la publicité programmatique ? C’est de la pub achetée en temps réel, ciblée bien plus finement qu’à la télé classique. À la télé, tout le monde voit à peu près la même pub. Sur Netflix, l’annonceur visera des segments plus précis.
Un amateur de polar recevra une pub. Sa voisine, qui est fan de comédie, recevra une autre pub. Alors, la télé belge fait aussi de la publicité programmatique sur Auvio ou sur RTL Play. Mais c’est à petite échelle. Netflix débarque avec une marque mondiale, des millions et des millions d’heures d’attention et des partenaires aussi solides que Amazon ou Yahoo.
La véritable leçon de cette info, c’est que pendant 15 ans, le streaming nous a vendu une libération : payez et fini la pub. On peut le dire aujourd’hui, la promesse a été trahie. Aujourd’hui, on paye et on regarde la pub. Netflix n’a donc pas tué la télé, Netflix a inventé. Ou pire, la télé payante avec de la publicité, c’est-à-dire le pire des deux mondes.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| [Rediffusion] Data mining bancaire : la Belgique vers une surveillance financière généralisée | 05 août 2026 | 00:04:17 | |
Et si, demain, le fisc ne vous contrôlait plus parce qu'il a un soupçon… mais parce que votre profil "ressort" d'un algorithme ? Sous couvert de lutte contre la fraude, une réforme très technique est en train de changer en profondeur la relation entre l'État et votre compte en banque. Indépendants, PME, professions libérales : ce qui se met en place vous concerne directement. Une chronique d'Amid Faljaoui pour comprendre, sans jargon, ce qui avance discrètement pendant qu'on regarde ailleurs.
Une nouvelle loi prévoit d'étendre considérablement les capacités de surveillance financière de l'État belge. Le fisc pourrait bientôt analyser massivement les données bancaires de tous les citoyens pour détecter des profils "à risque", marquant un changement radical de méthode. L'Autorité de protection des données tire la sonnette d'alarme et annonce un recours devant la Cour constitutionnelle.
La révolution est silencieuse mais majeure. Traditionnellement, l'administration fiscale ouvre un dossier sur base d'un soupçon précis. Demain, elle pourrait d'abord analyser les données financières de l'ensemble de la population pour faire émerger des comportements jugés suspects. Cette "bascule silencieuse du data mining bancaire" transforme radicalement l'approche du contrôle fiscal.
Actuellement, le Point de Contact Central (PCC), hébergé par la Banque Nationale de Belgique, permet déjà de connaître les comptes bancaires des citoyens et leurs soldes. La nouvelle législation veut considérablement élargir ce périmètre en y ajoutant les comptes à l'étranger, les comptes titres et les crypto-monnaies.
Le projet prévoit de connecter toutes ces informations à l'entrepôt de données du SPF Finances pour permettre une analyse massive. Les autorités se veulent rassurantes en expliquant que les données seront pseudonymisées. Mais "pseudonymiser, ce n'est pas anonyme". Si un profil est jugé suspect, un fonctionnaire peut lever le masque et identifier immédiatement la personne concernée.
L'argument de la présence humaine dans le processus ne convainc pas non plus les critiques. En pratique, cela signifie qu'"un humain reçoit des alertes déjà classées, déjà priorisées", et qu'il suit généralement les recommandations de la machine par manque de temps et face au volume de dossiers à traiter.
Le débat public se concentre souvent sur des exemples anecdotiques, comme la grand-mère envoyant 50 euros à son petit-fils, exemple d'ailleurs utilisé par le gouvernement pour rassurer. Mais la question fondamentale est ailleurs : "Est-ce qu'on accepte qu'un État analyse en continu les données financières de toute la population ?"
Paradoxalement, ce système risque de manquer sa cible. Les fraudeurs organisés et sophistiqués, disposant de structures et de conseillers, s'adaptent rapidement : ils fragmentent, déplacent et contournent. En revanche, les profils qui remonteront le plus souvent seront "simplement non standards" : indépendants, PME, professions libérales, personnes aux revenus irréguliers.
Cette transformation majeure avance dans un silence relatif. Contrairement aux polémiques qui peuvent mobiliser l'attention publique pendant des semaines, ces décisions structurantes "glissent sous le radar" parce qu'elles sont techniques et peu spectaculaires.
Heureusement, des députés vigilants et l'Autorité de protection des données maintiennent la pression. Sans cette vigilance, la Belgique risquerait de se doter discrètement d'"une sorte de Big Brother, certes très poli, mais particulièrement attentif à nos comptes en banque".
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
Merci pour votre écoute Pour écouter Classic 21 à tout moment i: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer Belgique Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez nos autres podcasts : Ainsi que nos séries : Et découvrez nos animateurs dans cette série Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||