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TitlePub. DateDuration
Le marché immobilier belge se retrouve suspendu à un fil géopolitique18 Mar 202600:03:57
Imaginez, vous êtes belge, vous avez un projet immobilier, vous êtes enfin prêt à signer chez le notaire, et voilà qu'une guerre à 4500 km de Bruxelles vient potentiellement rebattre toutes les cartes. Ca paraît lointain le Moyen-Orient, surtout quand on parle de briques et de crédits hypothécaires, pourtant la connexion est beaucoup plus directe qu'on ne le croit. Laissez-moi vous expliquer pour quelle raison. Le premier canal de transmission, c'est l'énergie et donc les matériaux. On oublie trop souvent que la construction, c'est une industrie extrêmement énergivore pour produire du ciment, de l'acier, du verre. Il faut du gaz, beaucoup de gaz. Or, si le conflit au Moyen-Orient s'installe dans la durée, les prix de l'énergie pourraient repartir fortement à la hausse. Et, avec eux, les coûts de construction. Ce n'est pas de la théorie, on l'a vécu. Entre fin 2020 et mi-2022, les matériaux de construction avaient pris quasiment 36% en Belgique. Ce choc-là, le secteur l'a encaissé, mais plutôt difficilement. La Fédération Embuild prévient, après trois ans de demandes fragiles, de faillites en série et de permis de bâtir en recul, il n'y a plus de coussins amortisseurs : un nouveau choc énergétique et ce sont des chantiers qui s'arrêtent, des projets de rénovation qui passent à la trappe et des promoteurs qui gèlent leurs programmes. Deuxième canal, et celui-là touche directement votre portefeuille : les taux d'intérêt. Le taux fixe moyen sur 25 ans est remonté à 3,8%, soit le même niveau qu'au pic de l'automne 2023. Et la tendance n'est pas rassurante du tout. L'obligation belge à 10 ans, le taux de référence qui pilote les crédits hypothécaires, a bondi de 30 points de base en une semaine seulement. La raison est limpide : si l'énergie flambe, l'inflation repart. Et si l'inflation repart, la Banque Centrale Européenne va serrer la vis, c'est-à-dire ne pas baisser les taux, voire peut-être même les remonter. La Banque Centrale Européenne, il faut le savoir, a été profondément traumatisée par l'épisode post-Covid et par la crise ukrainienne. Elle ne laissera donc pas l'inflation redémarrer sans réagir, quitte à faire mal aux emprunteurs. C'est là qu'on boucle la boucle avec le troisième canal de transmission, le troisième effet, celui sur les prix de l'immobilier. L'équation est cruelle, mais elle est mathématique : quand les taux montent, la capacité d'emprunt des ménages diminue, la demande faiblit et les prix finissent par céder. Donc on n'est pas du tout à l'abri d'un scénario comparable si la situation devait dégénérer au Moyen-Orient. Faut-il pour autant céder à la panique? Non. Plusieurs économistes interviewés estime que ce conflit pourrait s'éteindre plus vite qu'on ne le pense. Trump a besoin d'une énergie bon marché pour son économie américaine. Il a des élections bientôt ici en novembre. Et il est tout à fait capable de décréter la victoire, même sans l'avoir réellement obtenue sur le terrain. Mais l'inconnue majeure reste Netanyahou, dont l'agenda ne coïncide pas forcément avec celui de la Maison-Blanche. Et donc le marché immobilier belge, en somme, se retrouve suspendu à un fil géopolitique. Et ce fil, il est entre les mains de gens qui ne pensent pas du tout à votre crédit hypothécaire. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Quand les Etats-Unis font la guerre, c'est l’Europe qui trinque20 Mar 202600:03:36
Le baril de pétrole s’envole, les courbes de volatilité s'affolent, l’escalade entre les États-Unis et l’Iran fait trembler toutes les salles de marché du monde. Devinez qui explique le mieux cette situation ? Pas un économiste de Wall Street, ni un stratège du Pentagone mais un fabuliste du XVIIe siècle : Jean de La Fontaine. Sa fable "Les deux taureaux et une grenouille" raconte exactement ce que l’Europe est en train de vivre. Ecoutez bien la fable, c’est redoutable d’efficacité. Deux taureaux se livrent un combat sans merci pour un territoire. Loin de là, dans un marécage, une grenouille tremble de peur. Sa voisine lui dit : "mais pourquoi t’inquiéter ? Ce combat ne nous regarde pas et il est d’ailleurs lointain". La première grenouille répond "Détrompe-toi, le taureau vaincu sera chassé et viendra se cacher ici, dans nos marécages. Et ses gros sabots nous écraseront". Trois siècles plus tard, c’est exactement ce qui se joue. Les deux taureaux, vous les avez reconnus, d’un côté les États-Unis, de l’autre l’Iran. Le choc est violent, mais voilà l’injustice. Les Américains, eux, se battent à l’abri. Ils ont deux immenses océans qui les protègent. Ils produisent leur propre pétrole, leur propre gaz. Le taureau américain encaisse les coûts sans que son économie ne vacille. Nous, les Européens, nous sommes la grenouille. Aucun océan entre nous et le chaos. Ajoutez à ça une dépendance énergétique colossale, et quand le baril s’embrase là-bas, c’est notre pouvoir d’achat qui brûle ici. D’abord à la pompe, évidemment, mais ne vous arrêtez pas là. Le gaz suit le pétrole, et sans gaz bon marché, impossible de produire du verre ou du ciment, à un coût raisonnable du moins. Traduction concrète : les matériaux de construction deviennent hors de prix, les chantiers ralentissent ou s’arrêtent, et pour des milliers de familles, le rêve de devenir propriétaire de son logement recule encore d’un cran. Côté entreprises, même scénario : seules celles qui disposent de ce qu’on appelle un vrai pricing power, c’est-à-dire cette capacité d’augmenter leur prix sans faire fuir le client, résisteront. Les autres, elles, verront leurs marges écrasées, littéralement écrasées sous les sabots du taureau. Voilà pourquoi Jean de La Fontaine est un génie intemporel. Sa grenouille nous tend un miroir. Et la transition énergétique, c’est vrai, on la présente souvent comme une affaire de climat, point barre. Mais cette crise en Iran révèle sa vraie nature : c’est aussi une question de souveraineté, de survie économique pure. Tant que l’Europe importera son énergie, elle restera une grenouille dans son marécage, à la merci du prochain combat de taureau. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Guerre au Moyen-Orient, flambée du pétrole, la Russie se frotte les mains…19 Mar 202600:03:54
Les Américains bombardent l’Iran, le pétrole flambe, et pendant ce temps, Vladimir Poutine compte les billets, 150 millions de dollars de recettes supplémentaires par jour. Vous avez bien entendu : par jour. Mais le pire, c’est que ce n’est même pas le seul cadeau que Washington fait au Kremlin. Amid Faljaoui notre chroniqueur économique nous explique pourquoi cette guerre au Moyen-Orient est en train de devenir la meilleure nouvelle pour la Russie depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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La guerre en Iran est-elle née d’une menace fantôme ?23 Mar 202600:04:18
Samedi soir, Donald Trump a publié sur son réseau social un ultimatum de guerre : si l'Iran ne rouvre pas le détroit d'Ormuz, dans les 48 heures, les Etats-Unis frapperont et anéantiront ces centrales électriques. En commençant d'ailleurs par la plus grande. Quand on sait que la plus grande installation énergétique iranienne pourrait désigner Bouchehr, la centrale nucléaire, on mesure la gravité du propos. La réponse iranienne a d'ailleurs été immédiate. Le commandement militaire a prévenu : toute attaque contre nos infrastructures entraînera des frappes sur l'ensemble des installations énergétiques, informatiques et de dessalement américaines et alliées dans le Golfe. Traduction concrète : les usines qui fournissent de l'eau potable à Riyad, Doha et Abu Dhabi sont menacées. Les data centers qui font tourner la finance régionale sont également menacés. Et quant aux nœuds numériques par lesquels transitent les ordres de bourse et surtout les flux logistiques planétaires, ils sont également en danger. Pendant que le monde fixait le détroit d'Ormuz, l'Iran a frappé Dimona, le site nucléaire israélien que personne ne nomme jamais officiellement, mais que tout le monde connaît. Donc, frapper Dimona, c'est dire à Israël : votre sanctuaire est fini, c'est l'escalade dans l'escalade. Soyons clairs, le régime iranien est une théocratie absolument brutale et personne ne peut avoir de sympathie pour ce régime. Mais la lucidité oblige au moins à poser une question : cette guerre avait-elle la moindre raison d'exister? La directrice de renseignement américain, Tulsi Gabbard, proche de Donald Trump, a reconnu devant le Sénat que l'Iran n'avait fait aucun effort pour reconstituer son programme d'enrichissement nucléaire après les frappes de juin 2025. Un autre intervenant, Joe Kent, le directeur du Centre national de contre-terrorisme, vient de démissionner il y a quelques jours en déclarant que l'Iran ne représentait aucune menace imminente. Quant au médiateur Omane, il a indiqué que les négociations avançaient plutôt bien. Même Tucker Carlson, le journaliste vedette, l'ex-journaliste vedette de Fox News, pourtant l'un des plus fervents soutiens de Trump, a qualifié cette guerre de trahison des promesses électorales. Souvenez-vous, en effet, Trump a bâti toute sa carrière politique en dénonçant les guerres de ses prédécesseurs, l'Irak de Bush, la Libye d'Obama, les fiascos de l'argent, donc jetés par les fenêtres, répétait-il. Lui, disait-il, ne ferait jamais cette erreur. Il parlait encore vendredi dernier de réduire progressivement l'opération. Car oui, Trump ne parle jamais de guerre, mais d'opération. Le voilà donc aujourd'hui, enfermé dans une escalade qu'il ne maîtrise plus face à un adversaire qu'il a visiblement sous-estimé. Et donc l'Iran ne plie pas, l'Iran frappe même Dimona, menace le Golfe tout entier et retourne la pression. On a l'impression que l'histoire bégaye. En 2003, une guerre lancée sur des mensonges a déstabilisé le Moyen-Orient pour 20 ans. Et là, en 2026, on risque une déflagration mondiale, non pas sur la base d'une menace réelle, en tout cas immédiate, mais plutôt sur base de testostérone et de calculs politiques. Le chronomètre est en train de tourner, puisque l'ultimatum expire en principe ce soir. En juin, Trump disait avoir anéanti le programme nucléaire iranien. Huit mois plus tard, il lance une nouvelle guerre pour la même raison. Aujourd’hui, son ultimatum expire à 23h44, l’Iran ne plie pas, et Trump découvre ce que tous les présidents américains finissent par découvrir au Moyen-Orient. La chronique d’Amid Faljaoui, tout de suite.​​​​​​​​​​​​​​​​ --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Quand la géopolitique fait trembler les taux immobiliers belges24 Mar 202600:04:00
Imaginez un fil invisible, un fil qui part du détroit d’Ormuz, qui passe par la Maison-Blanche, qui traverse la Banque Centrale Européenne et qui arrive dans le bureau de votre banquier à Namur, à Liège, à Bruxelles. Ce fil existait. En ce moment, il est en train de se tendre. Le taux fixe moyen pour un crédit immobilier sur 25 ans (la durée que choisit la majorité des Belges) flirte désormais avec les 4%. On vient de retrouver, voire de dépasser, les niveaux de l’automne 2023. Aujourd’hui, on est revenu au-dessus de cette ligne rouge psychologique. Dans votre portefeuille, ça donne quoi exactement ? Pour un emprunt de 300.000 euros, par exemple, il y a un an, vous deviez payer environ 1453 euros par mois. Aujourd’hui, il faut 1559 euros. C’est 106 euros de plus chaque mois, pendant 25 ans. Faites le calcul, on parle tout de même de plus de 30.000 euros d’intérêt en plus sur la durée de votre prêt hypothécaire. Pour le même appartement, au même prix. Comment en est-on arrivé là ? Là encore, il faut suivre le fil. Le Moyen-Orient s’embrase avec la guerre en Iran. Le pétrole s’envole, le gaz suit évidemment à la hausse. Quand l’inflation menace, que font les banques centrales ? Elles remontent les taux d’intérêt ou, au minimum, elles arrêtent de les baisser. La Banque Centrale Européenne, qui était tranquillement en train d’organiser une détente monétaire, c’est-à-dire une baisse des taux, pourrait changer d’avis, lever le pied, voire faire demi-tour cet été. Donc l’OLO belge, l’obligation à 10 ans (pour faire simple, c’est le thermomètre qui sert de référence à votre taux d’intérêt hypothécaire) tourne à des niveaux qu’on n’avait plus vus depuis le grand retour de l’inflation en 2022. Les économistes belges interrogés sur le sujet ne tournent pas autour du pot : si le conflit en Iran dure, les 4% d’intérêt sont tout à fait possibles pour votre prêt hypothécaire. Ce lundi 24 mars, quelque chose a un petit peu bougé : Donald Trump a changé de ton, il a moins menacé, moins de bras de fer verbal. Un pas, même timide, vers la désescalade. Les marchés financiers, hier encore, ont poussé un grand ouf de soulagement. Le pétrole a cessé de grimper et a commencé même à se détendre. Les taux d’intérêt se sont un petit peu calmés. Les 4% d’intérêt de prix hypothécaires, pour le moment, on s’en éloigne. Mais votre "capacité" à acheter un toit ne dépend plus seulement de votre salaire ou de votre épargne, elle dépend d’un homme qui est dans le bureau ovale à Washington, d’un conflit à quelques milliers de kilomètres de là, d’un baril qui monte ou qui descend. La géopolitique on croit toujours que c’est loin. Puis un matin, elle s’invite dans votre mensualité. L’effet papillon, ce n’est plus un concept de physicien, c’est carrément dans votre relevé bancaire. Vous êtes en train de chercher un bien immobilier ? Alors ce qui s’est passé ce lundi entre Trump et l’Iran pourrait changer le montant de votre mensualité. Amid Faljaoui notre chroniqueur économique vous explique ce lien invisible entre la géopolitique et votre crédit hypothécaire --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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La stratégie économique chinoise derrière l’industrialisation de l’espionnage25 Mar 202600:04:10
Espionnage, espionnage économique, imaginez que Kevin Zhang, consultant à Hong Kong, vous contacte sur LinkedIn. Il vous propose mille euros pour une petite note. Vous acceptez. Trois mois plus tard, vous lui transmettez des documents classifiés Otan sans même réaliser que vous êtes devenu un espion. Science-fiction ? Non. C’est ce que la Sûreté de l’État belge vient de documenter. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, a lu le rapport, et ce qu’il en tire va vous surprendre. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30. Mots-Clés : espionnage, officiers de renseignements, chinois, Shanghai, hameçon, OTAN, Taïwan, documents classifiés, Piège, echo, Tate, affaire, Sûreté de l'État, rapport, réseaux sociaux, Covid, LinkedIn, spin-off, monde universitaire, technologies, biotech, semi-conducteur, cash, investisseur, sociétés miroirs, mission commerciale, belge, princesse Astrid, experts, cybersécurité, délégation, TikTok, Tému, vidéos, CapCut, applications, législation, cible de choix, russes,Union européenne.

  

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Les géants des réseaux sociaux obligés de modifier leur application en profondeur : c’est tout leur modèle qui vacille26 Mar 202600:03:34
Un jury vient de condamner Meta et Google pour avoir rendu une jeune américaine dépendante à Instagram et à YouTube. Dépression, anxiété, idées suicidaires, et tout ça a commencé dès l'enfance. Le verdict : 6 millions de dollars de dommages et intérêts compensatoires et punitifs.  6 millions, c'est une goutte d'eau pour des entreprises qui valent des milliers et des milliers de milliards. Mais l'essentiel, il n'est pas là, il est ailleurs. Par 10 voix sur 12, le jury américain a retenu une responsabilité particulièrement lourde. Et ça, ça ouvre la porte à des sanctions bien plus importantes. Autrement dit, les 6 millions, c'est juste l'apéritif. Pourquoi est-ce que ce verdict peut tout changer? Parce que jusqu'ici, les réseaux sociaux étaient protégés par la loi américaine, si je puis dire. Quelqu'un poste un contenu nocif sur leur plateforme, ce n'est pas notre problème, répondaient ces entreprises. La loi était plutôt de leur côté. Cette fois, les avocats ont été beaucoup plus malins. Ils n'ont pas attaqué le contenu. Ils ont attaqué le produit lui-même. Quand vous ouvrez Instagram, le scroll est infini. Il n'y a jamais de fin de page. Votre cerveau ne reçoit jamais le signal "c'est fini, tu peux t'arrêter". Non, les vidéos se lancent toutes seules, les unes après les autres. Les likes déclenchent une petite dose de dopamine comme une machine à sous qui clignote. Les filtres transforment le visage des adolescentes au point qu'elles ne se reconnaissent plus dans le miroir. Tout ça, ce n'est pas un bug, c'est le cahier des charges de ces sociétés, c'est de l'ingénierie de la dépendance, c'est volontaire, ce sont nos menottes psychologiques invisibles. C'est exactement ça que le jury a sanctionné. Pas un poste, pas une vidéo, pas un commentaire, mais le produit, exactement comme on condamne une cigarette pour la nicotine qu'elle contient. Alors la suite? La suite, on la voit venir. Des milliers de familles ont déjà porté plainte. Plus d'un millier de districts scolaires aux États-Unis poursuivent ces entreprises. Plusieurs procureurs d'État sont en ordre de bataille. La veille d'ailleurs de ce verdict, au Nouveau-Mexique, un autre jury avait condamné Meta à 375 millions de dollars pour avoir exposé des mineurs à des prédateurs sexuels. Si ces entreprises sont effectivement forcées demain ou après-demain de modifier leur application en profondeur, c'est tout leur modèle économique qui vacille : notre attention, évidemment, c'est leur matière première. Quand vous scrollez 30 minutes avant de dormir, votre temps de cerveau est découpé et vendu aux annonceurs. Chaque minute de scroll en moins, c'est une minute de pub en moins. Et la pub, c'est quasiment tout ce qu'ils vendent. Les géants du tabac, souvenez-vous, ont fait appel aussi pendant 20 ans à des procès pareils. Ils ont fini à genoux avec des amendes colossales et des paquets de cigarettes couverts d'avertissements sanitaires. L'horloge vient de démarrer pour les géants du like. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Pourquoi l'or baisse-t-il quand tout le monde s'attend à ce qu'il monte ?27 Mar 202600:03:57
Aujourd'hui, je vais vous parler d'un mystère, celui de la baisse du cours de l'or. En théorie, c'est vrai que c'est simple. Quand le monde va mal, l'or monte : en période de guerre, en période de crise, en période de panique. Dans ce genre de scénario, les investisseurs se réfugient généralement dans l'or et son prix grimpe. C'est un petit peu le b. a.-ba de la finance. Sauf que cette fois, c'est exactement l'inverse : fin janvier, l'or a battu son record historique à près de 5600 dollars l'once. Depuis, en pleine guerre en Iran, en pleine tension sur le détroit d'Ormuz, l'or est retombé autour de 4400 dollars. On pourrait se dire qu'il y a un bug dans le système mais, en réalité, c'est tout le contraire. C'est justement ça qui est intéressant à comprendre. Le premier réflexe en période de stress, ce n'est pas de se réfugier dans l'or, mais c'est de chercher du cash. Beaucoup d'investisseurs achètent à crédit, empruntent pour investir davantage. Tant que les marchés montent, tout le monde est content. Mais quand les marchés plongent, les courtiers les appellent et leur disent "remettez du cash sur la table immédiatement". C'est ce qu'on appelle un margin call, comme on dit en finance. C'est redoutable parce qu'à ce moment-là, il faut trouver de l'argent très vite. Dans l'urgence, on ne vend pas ce qu'on veut, on vend ce qu'on peut. Et, surtout, on vend ce qui a monté, ce sur quoi on a des gains à prendre. Or, justement, l'or venait de gagner plus de 60% en 2025 et avait encore bondi d'environ 25% en janvier dernier. Donc on liquide l'or pour couvrir ses pertes ailleurs, même en pleine crise, même si c'est absurde en apparence. C'est exactement ce qu'on a vu en 2008 pendant la crise financière et en mars 2020 au début du Covid. À chaque fois, le métal jaune a d'abord baissé avant de remonter en flèche quelques semaines plus tard. Deuxième élément à garder en tête : les banques centrales. Ces dernières années, la Chine, l'Inde, la Turquie achetaient massivement de l'or. La banque centrale chinoise en a acheté 15 mois d'affilée. C'était d'ailleurs un moteur très puissant de la hausse. Mais en période de guerre ces achats peuvent ralentir : les priorités changent et quand les gros acheteurs lèvent le pied, le prix s'en ressent forcément. Et puis il y a un troisième facteur qu'on sous-estime souvent : les taux d'intérêt. L'or ne rapporte rien, vous le savez bien, zéro dividende, zéro coupon, zéro intérêt. Quand les taux d'intérêt montent, les investisseurs se disent tout naturellement "pourquoi garder un actif qui ne rapporte rien alors que je peux placer mon argent à 4 ou 5% pratiquement sans risque?"  Comme le dollar joue lui aussi le rôle de valeur refuge, quand il monte, il fait directement concurrence à l'or. Résultat, l'or peut perdre plus de 20% en deux mois, même quand le monde va mal comme c'est le cas aujourd'hui. C'est un petit peu contre-intuitif, mais c'est parfaitement logique quand on comprend la mécanique. L'or est une protection, c'est vrai, mais pas une protection instantanée, c'est plutôt une assurance qui met du temps à se déclencher. Les marchés ne fonctionnent presque jamais comme les manuels le prévoient. Le vrai luxe, en finances, ce n'est pas seulement de détenir de l'or, c'est surtout de comprendre pourquoi il baisse quand tout le monde s'attend à ce qu'il monte. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Révolution pétrolière : l'Iran enterre-t-il le pétrodollar ?31 Mar 202600:04:20
On vous parle d'envahir l'île de Kharg, de saisir le pétrole iranien. Mais la vraie bataille se joue autour d'une monnaie. Pour la première fois depuis cinquante ans, du pétrole circule au Moyen-Orient sans passer par le dollar. Et ça, c'est bien plus dangereux pour les États-Unis qu'un débarquement. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, nous raconte. L'île de Kharg, petit territoire du golfe Persique d'où part l'essentiel du pétrole iranien, cristallise les tensions géopolitiques actuelles. Lorsque Washington menace cette installation, il vise directement les revenus de Téhéran et une artère énergétique cruciale vers l'Asie. Mais l'enjeu véritable se situe 500 kilomètres plus au sud, dans le détroit d'Hormuz, ce goulot d'étranglement de quelques kilomètres seulement où passe un cinquième du pétrole mondial. Quand le conflit a éclaté, le trafic maritime dans ce passage stratégique s'est effondré, provoquant une flambée des prix du pétrole. Téhéran a alors annoncé la réouverture du détroit, mais exclusivement aux navires "non hostiles", excluant de facto les tankers liés aux États-Unis et à Israël. Si officiellement cette décision relève de considérations sécuritaires, un critère monétaire s'est officieusement imposé. Selon plusieurs révélations de presse, l'Iran a posé deux conditions pour autoriser le passage dans le détroit. La première, politique, consiste à ne pas participer aux agressions contre le pays. La seconde, beaucoup plus discrète mais potentiellement révolutionnaire, exige de ne plus facturer le pétrole en dollars - la devise de l'ennemi - mais en yuan chinois. Cette exigence remet en question un système établi en 1974, lorsque les États-Unis ont conclu un pacte avec l'Arabie Saoudite : protection militaire contre facturation pétrolière en dollars. Depuis cette date, tout pays souhaitant acheter du pétrole doit d'abord se procurer des dollars américains. Cette demande mondiale constante pour la devise américaine permet aux États-Unis de placer leur dette à des taux avantageux et de financer leurs déficits récurrents ainsi que leurs interventions militaires sans risquer la faillite. Ce mécanisme du "pétrodollar" montre aujourd'hui des signes de fragilité. Au début des années 2000, à peine 2% du commerce pétrolier s'effectuait en dehors du dollar. Après les sanctions imposées à la Russie, cette proportion dépasse désormais 20%. La Chine règle déjà une partie de ses achats énergétiques en yuan, tandis que l'Arabie Saoudite elle-même explore des contrats libellés dans d'autres monnaies. Le détroit d'Hormuz devient ainsi le théâtre d'une expérimentation monétaire grandeur nature. L'enjeu crucial réside dans la monnaie qui sera utilisée pour facturer le pétrole iranien une fois le trafic normalisé. Si le dollar s'impose à nouveau, l'Amérique aura préservé bien plus qu'un simple rocher dans le Golfe. Mais si le yuan l'emporte, cela démontrera qu'il est possible d'acheter de l'énergie en contournant la devise américaine et ses sanctions - une brèche qui, historiquement, ne se referme jamais. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Google prend-il le pouvoir sur notre information ?30 Mar 202600:04:19
Vous pensez lire un journal, en réalité vous lisez de plus en plus une version réécrite par Google. En effet, chaque jour, des millions d’Européens parcourent des titres de journaux ou de médias dans les résultats de recherche, puis décident, en une fraction de seconde, de cliquer, ou pas. Ce réflexe repose sur une confiance implicite, à savoir que le titre de l’article reflète bien le travail du journaliste, sauf que ce n’est déjà plus tout à fait vrai. Depuis plusieurs années, Google modifie massivement les titres affichés. Officiellement, il s’agit d’optimiser la lisibilité ou de mieux correspondre à la requête. Dans les faits, une étude de 2025 montrait que la majorité des titres d’articles étaient déjà modifiés, altérés, parfois légèrement, parfois plus fortement. Un cap est en train d’être franchi. Google, en effet, ne se contente plus d’ajuster, il commence à générer : avec l’intelligence artificielle, les titres d’articles peuvent désormais être reformulés sans reprendre les mots du journaliste. Autrement dit, la vitrine éditoriale d’un média peut être réécrite par une machine extérieure sans validation, sans transparence et, surtout, sans responsabilité. Les effets ne sont pas neutres. Une ironie peut être effacée, une nuance peut être simplifiée, une critique peut être transformée en ambiguïté. Dans certains cas, déjà observés, le sens même d’un article peut être totalement déformé par une reformulation trop agressive. Pas par malveillance, par logique d’optimisation. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Google n’est pas un éditeur, c’est juste un intermédiaire qui maximise votre clic, notre clic. Et pour maximiser ce clic, il ajuste le message quitte à s’éloigner de l’intention initiale du journaliste. Le problème c’est que ce détail, si je puis dire, touche au cœur même du modèle économique des médias. Un titre, ce n’est pas un accessoire, c’est un actif stratégique. C’est ce titre qui capte l’attention, c’est lui qui déclenche l’audience, c’est lui qui génère les revenus. Le modifier c’est intervenir directement dans la chaîne de valeur de l’information. Ce scénario, on l’a déjà vu des dizaines de fois. La différence, ici, c’est que l’enjeu n’est pas technique, il est carrément démocratique. Pendant ce temps, en Europe, c’est le silence radio. On a des lois pour encadrer les plateformes, un Digital Market Act, des droits voisins pour protéger la presse. Mais sur ce point précis (qui contrôle le titre que vous lisez) il n’y a quasiment rien. Pas de transparence obligatoire, pas de signalement clair, pas de véritable opto généralisé pour les éditeurs. Autrement dit, une plateforme privée peut redéfinir la manière dont l’information nous est présentée, sans que nous le sachions et sans que les producteurs de cette information, c’est-à-dire les journalistes, puissent réellement s’y opposer. La question n’est donc plus technique, elle est simple et politique : qui contrôle l’accès à l’information, la manière dont elle nous est racontée ? Parce qu’à partir du moment où le titre, c’est-à-dire l’angle, la promesse et parfois même le sens, peut être réécrit par un acteur qui n’est pas responsable éditorialement, ce n’est plus seulement de l’optimisation, c’est quasiment, il faut le dire, une prise de pouvoir sur notre information. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Marchés financiers : quand la géopolitique pulvérise les prévisions de 202601 Apr 202600:03:47
En janvier, tout le monde était d'accord : 2026 serait une année tranquille pour les marchés. Trois mois plus tard, le pétrole a augmenté de 63%, les obligations se sont effondrées et Wall Street vient de vivre son pire trimestre depuis quatre ans. Amid Faljaoui notre chroniqueur économique nous raconte comment un consensus unanime s'est fracassé sur la réalité d'une guerre. Le premier trimestre boursier 2026 restera dans les annales comme le pire depuis 2022. Les trois grands indices américains ont tous basculé dans le rouge, avec le S&P 500 qui a perdu 5% et le Nasdaq qui a cédé 7%. Cette débâcle ne s'est pas limitée aux États-Unis : l'Europe a subi la même punition tandis qu'en Asie, le Nikkei japonais s'est effondré de 13% sur le seul mois de mars. Le tournant décisif s'est produit le 28 février avec une escalade militaire impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran qui a fait basculer tous les équilibres. Cette crise géopolitique majeure a provoqué un effet domino sur l'ensemble des marchés mondiaux, transformant les prévisions optimistes du début d'année en cauchemar économique. La première conséquence de cette escalade militaire a été spectaculaire sur le marché pétrolier. Le détroit d'Ormuz, ce couloir maritime stratégique par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, a été quasiment paralysé. Cette situation a propulsé le prix du baril de 72 à 118 dollars, soit une hausse vertigineuse de 63% en un seul mois. Cette flambée énergétique a déclenché un cercle vicieux inflationniste. Quand l'énergie s'embrase, tous les secteurs suivent inexorablement : le transport, l'alimentation, la fabrication de tous les produits manufacturés. Cette spirale des coûts menace de relancer une inflation que les banques centrales pensaient avoir maîtrisée. Le choc le plus préoccupant concerne paradoxalement le marché des obligations d'État, ces reconnaissances de dette que les gouvernements vendent pour se financer. Traditionnellement, quand le monde traverse une crise, les investisseurs se réfugient vers ces placements considérés comme les plus sûrs. Mais cette fois, l'inverse s'est produit, créant une situation inédite sur les marchés financiers. Les conséquences concrètes de cette défiance se font déjà sentir. Les taux des crédits immobiliers américains ont grimpé à 6,38%, tandis que les banques centrales, qui prévoyaient de baisser leurs taux directeurs cette année, annoncent désormais qu'elles vont au minimum les maintenir, voire même les relever. Cette volte-face monétaire bouleverse tous les calculs économiques. Si les marchés boursiers ont évité un crash total, c'est grâce à une intervention massive des grands pays industrialisés. Ces derniers ont ouvert les vannes de leurs réserves stratégiques, libérant 400 millions de barils sur le marché pour stabiliser les cours. Cette mesure d'urgence a permis d'amortir le choc, mais son efficacité reste limitée dans le temps. Car c'est là que se cache l'enjeu majeur pour les trois trimestres restants de 2026. Les marchés financiers ont fondamentalement changé de nature : ils ne réagissent plus aux indicateurs économiques traditionnels mais aux rumeurs de paix ou de guerre. Cette transformation marque un basculement historique où l'émotion a pris le pas sur la raison dans les décisions d'investissement, créant une volatilité imprévisible qui constitue peut-être le véritable risque de l'année. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Deepfakes : pourquoi l'astuce virale pour démasquer les escrocs ne fonctionne déjà plus02 Apr 202600:03:32
Une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux prétend enseigner une méthode infaillible pour détecter les escrocs lors d'appels en visioconférence. Cependant, cette technique présente un défaut majeur : les cybercriminels ont également accès à cette information. Ces derniers ne se contentent plus de tentatives de séduction en ligne, mais visent directement les données bancaires et les virements frauduleux de leurs victimes. Notre chroniqueur économique Amid Faljaoui analyse pourquoi cette solution miracle pourrait déjà être obsolète. Imaginez recevoir un appel en visioconférence. Vous voyez votre interlocuteur, vous l'entendez parler, mais êtes-vous absolument certain que ce visage à l'écran n'est pas fabriqué par un logiciel en temps réel ? La réponse est non, et c'est exactement là que réside le problème. Personne ne peut plus être certain de l'authenticité d'un visage en vidéo, une réalité qui ouvre la porte à de nouvelles formes d'escroquerie particulièrement sophistiquées. Sur les réseaux sociaux, une créatrice de contenu propose une solution apparemment simple : demander à votre interlocuteur de passer sa main devant son visage. Si c'est un deepfake, ce faux visage généré par intelligence artificielle, le masque numérique devrait sauter et révéler la supercherie. Cette astuce, largement partagée, donne l'impression d'offrir une protection infaillible contre ces nouvelles arnaques numériques. Le problème majeur de cette méthode réside dans sa date de péremption, probablement déjà dépassée. Les outils de deepfake évoluent à une vitesse vertigineuse, et ce qui faisait bugger ces technologies hier ne les fait plus broncher aujourd'hui. La vidéo continue pourtant de circuler massivement, et les utilisateurs continuent de s'y fier aveuglément. Cette situation illustre un piège classique de la vulgarisation sur les réseaux sociaux. Contrainte par le format court de 40 à 60 secondes, l'information se simplifie et évacue les nuances essentielles. En matière de sécurité numérique, supprimer ces "oui mais" devient particulièrement dangereux, car cela crée une fausse impression de sécurité. Les deepfakes représentent aujourd'hui une menace économique réelle. Des escrocs utilisent le visage de patrons pour demander la validation de paiements urgents, ou se font passer pour des conseillers bancaires en visioconférence. Des entreprises, y compris en Belgique, perdent des dizaines de milliers d'euros sur des appels vidéo de quelques minutes seulement. Face à cette menace évolutive, les experts recommandent de ne jamais se fier à un seul test. Il faut multiplier les vérifications : demander un mouvement de profil (les deepfakes gèrent encore mal les rotations), vérifier la synchronisation entre les lèvres et le son, poser une question absurde pour observer les micro-expressions. Et surtout, en cas de doute sur un virement, raccrocher et rappeler sur un numéro trouvé indépendamment. Car un conseil de sécurité périmé s'avère pire qu'aucun conseil : il donne aux victimes la certitude, seule chose qui profite vraiment aux escrocs. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Trump tout-puissant : quel coût pour le monde qui lui résiste ?03 Apr 202600:03:56
Donald Trump ne croit en rien. Les ayatollahs iraniens croient en tout, jusqu’au martyre. Entre ces deux extrêmes, l’économie mondiale suffoque. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, nous raconte comment le cynisme absolu et le fanatisme absolu produisent exactement le même résultat : le chaos. Le Financial Times a publié cette semaine une chronique dévastatrice sur Donald Trump. La thèse de cet article tient en une phrase : le président américain ne comprend pas les gens qui croient en quelque chose. Pour cet homme d'affaires tout se négocie. Le problème c'est que cette vision du monde se fracasse contre la réalité. Et la facture, c'est nous tous qui la payons. Depuis l'offensive américano-israélienne contre l'Iran le détroit d'Ormuz est fermé. Et quand on ferme Ormuz, on ne ferme pas simplement un robinet parmi d'autres : on coupe un cinquième du pétrole mondial d'un seul coup. Le baril de Brent a d'ailleurs connu en mars sa plus forte hausse mensuelle depuis que les relevés existent. Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie a été catégorique : c'est, selon lui, la plus grave crise énergétique de l'histoire, plus grave d'ailleurs que les chocs des années 70. Ce n'est pas que du pétrole. Quand le Golfe s'arrête, les engrais, le soufre, l'aluminium s'arrêtent aussi. Ce qui veut dire concrètement que cette guerre finit par toucher non seulement le prix à la pompe, mais aussi le prix du pain sur votre table. Tout cela parce que Trump trouvait curieux que l'Iran ne capitule pas devant la puissance de feu américaine. Son envoyé Steve Witkoff l'a d'ailleurs admis avec une candeur désarmante : toute cette force aurait dû pousser Téhéran à négocier. Et pourtant, ça n'a pas été le cas. Voici donc le paradoxe de cette crise : la plus grande puissance militaire du monde est dirigée par un homme convaincu que tout le monde a un prix. Dans un monde où ses adversaires agissent souvent par conviction, l'Iran défend sa révolution. Poutine poursuit son rêve de Grande Russie. Pékin joue le temps long d'une très vieille civilisation. On peut évidemment détester tous ces projets. Mais les ignorer quand on contrôle la première économie mondiale, cela coûte des points de croissance énormes à la planète entière. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Le pétrole iranien se fige sous terre, Téhéran face à un compte à rebours30 Apr 202600:03:51
Tout le monde regarde les bateaux dans le détroit d'Ormuz. Tout le monde scrute les tweets de Donald Trump. Mais Amid Faljaoui, éditorialiste en chef du magazine Trends Tendances, vous explique dans sa chronique économique que le vrai drame iranien se joue à mille mètres sous terre et qu'il reste à Téhéran exactement quinze jours avant un point de non-retour irréversible. Tandis que l'attention mondiale se concentre sur les navires dans le détroit d'Ormuz et les déclarations de Donald Trump, le véritable enjeu se situe à mille mètres sous la surface iranienne. Ce n'est pas une horloge politique qui dicte le tempo, mais bien une horloge géologique dont le compte à rebours pourrait s'avérer fatal pour l'économie pétrolière iranienne. Cette semaine, Donald Trump a affirmé sur Truth Social que Téhéran lui aurait confié être "en état d'effondrement". Les Iraniens contestent cette version et maintiennent leur capacité de résistance. Hassan Ahmadian, universitaire de Téhéran, a d'ailleurs synthétisé la stratégie iranienne autour de trois piliers commençant par la lettre M : les munitions (reconstitution des stocks de missiles), les marchés (vente clandestine de pétrole à la Chine via des navires aux balises GPS désactivées) et les "mid-terms" (élections américaines de novembre, où la hausse des prix à la pompe pourrait affaiblir Trump électoralement). Mais il y a un problème inattendu. Le pétrole n'est pas du stock dans une cave, c'est du flux. Et un flux ne se met pas en pause comme un film sur Netflix. Le site d'information financière Zero Hedge a fait cette semaine une démonstration limpide : le système iranien est conçu pour pomper, charger, expédier en continu du puits jusqu'au tanker chinois. À cause du blocus, les bateaux ne partent plus. Donc on ne charge plus, donc on ne pompe plus. Et quand le pompage s'arrête brutalement, la pression souterraine s'effondre. Conséquence : le brut iranien, lourd et collant, commence à se figer dans les minuscules pores de la roche. Téhéran serait donc à moins de 15 jours du point de non-retour. L'Iran croit qu'en gagnant du temps, il fatigue l'Amérique. En réalité, il s'abîme lui-même. Téhéran a peut-être les 3 M, mais sous ses pieds, c'est la géologie qui négocie. Et la géologie se moque des sondages électoraux américains. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Divorce pétrolier : Amid Faljaoui décrypte la rupture des Émirats avec l'OPEP29 Apr 202600:03:53
Imaginez : vous êtes invité chez votre cousin, et pendant le repas, votre frère annonce devant tout le monde qu'il quitte la famille. C'est exactement ce qui s'est passé mardi 28 avril, à Djeddah, en Arabie saoudite. Les Émirats arabes unis ont quitté l'OPEP, en plein sommet du Golfe. Amid Faljaoui, éditorialiste en chef du magazine Trends Tendances nous décrypte ce divorce qui va changer le prix de l'essence, et redessiner le Moyen-Orient. L'OPEP, cette organisation qui rassemble depuis 1960 les grands pays producteurs de pétrole, a pour mission de contrôler la quantité de pétrole extraite du sol. Le principe est simple : moins il y a de pétrole sur le marché, plus les prix augmentent. C'est donc cette organisation qui influence directement le prix que nous payons à la pompe. Ce mardi soir, les Émirats arabes unis, troisième producteur de ce club, ont annoncé qu'ils quittaient l'OPEP dès ce vendredi 1er mai. Mais pourquoi cette rupture soudaine ? Le premier piège à éviter, c'est de croire que tout vient de la guerre en Iran. La vraie raison ne vient pas de là, elle vient du Texas. Depuis 15 ans, les Américains se sont mis à produire massivement leur propre pétrole, le pétrole de schiste, en allant le chercher dans la roche. Ils achètent moins de pétrole en provenance du Moyen-Orient. L'OPEP perd donc des clients et du pouvoir. À l'intérieur de l’OPEP, il y a deux stratégies qui s'affrontent. La stratégie du prix, défendue par l'Arabie saoudite : produire moins pour maintenir le baril à 100 dollars. Riyad en a besoin pour équilibrer son budget. Et puis il y a la stratégie du volume, défendue par les Emiratis qui veulent vendre un maximum tant que le pétrole vaut encore quelque chose. Parce que bientôt, avec la voiture électrique, plus personne n'en voudra de ce pétrole. Il vaut donc mieux monétiser maintenant, surtout quand votre économie est diversifiée, comme c'est le cas des Émirats arabes unis. Mais il y a aussi la mémoire qui explique ce qui se passe aujourd'hui. En juillet 2021, les Émirats Arabes Unis osent dire non à Riyad lors d'une réunion de l'OPEP. Les Saoudiens ont fait monter la pression. La réunion a été suspendue. Et après deux semaines de palabres et de marchandages, les Émirats Arabes Unis ont fini par céder. Humiliation publique. Aujourd'hui, c'est l'heure de la revanche pour les Émirats Arabes Unis. Et la guerre en Iran a fait le reste. Qui a soutenu Téhéran pendant les derniers 60 jours de bombardement ? La Russie. La Russie n'est pas membre de l'OPEP, mais elle est partenaire dans une alliance plus large qu'on appelle OPEP+. Les Émirats claquent donc les deux portes en même temps. Adieu à Riyad, adieu à Moscou. Ce n'est pas pour autant un basculement total vers l'Ouest. Pour leur sécurité, les Émirats arabes unis choisissent les Américains et les Israéliens qui les ont protégés des missiles et drones iraniens. Pour leur portefeuille en revanche, ils gardent le cap sur l'Est. La Chine reste leur premier client. Donc protégé par Washington, payé par Pékin, voilà la nouvelle équation des pays du Golfe. Le Moyen-Orient ne sera sans doute plus jamais comme avant. Chacun trie ses partenaires : qui me protège, qui m'achète mon pétrole, qui me lâche. Après 66 ans d'existence, l'OPEP vient peut-être de signer son acte de décès. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Avons-nous sacrifié la guérison du cancer pour développer ChatGPT ?15 Apr 202600:03:53
Et si la course au chatbot, ces robots conversationnels comme ChatGPT, à qui vous pouvez poser n'importe quelle question, nous avait empêché de guérir le cancer? C'est ce qui circule sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. On attribue cette phrase à Demis Hassabis, le patron de Google DeepMind et prix Nobel de chimie. Un Nobel qui parle et qui dit ça, ça impressionne, sauf que ce n'est pas exactement ce qu'il a dit. Dans une interview publiée le 7 avril dernier, Hassabis a effectivement exprimé un regret : il aurait préféré que l'intelligence artificielle reste plus longtemps dans les laboratoires, qu'on fasse davantage de projets, par exemple comme AlphaFold, un programme qui a réussi à comprendre la forme de 200 millions de protéines. C'est important parce que pour fabriquer un médicament, il faut d'abord comprendre comment une protéine est construite. AlphaFold a fourni ce plan pour la quasi-totalité des protéines connues. 3 millions de chercheurs dans le monde s'en servent désormais tous les jours. Mais de là à dire qu'on aurait guéri le cancer sans ChatGPT, il y a un fossé. Un fossé que seuls les réseaux sociaux peuvent franchir en une phrase ou en une vidéo de 60 secondes. Parce que le vrai sujet, c'est un bête problème économique. Aujourd'hui, un ingénieur de haut niveau en intelligence artificielle peut gagner entre 500 000 et 1 million de dollars par an pour améliorer un assistant conversationnel comme ChatGPT. Et le même ingénieur, s'il choisit de travailler dans un laboratoire pharmaceutique, gagnera 3 à 4 fois moins. Effectivement, les meilleurs cerveaux vont là où l'argent est, et ça, c'est un véritable problème. Mais, attention, c'est là que le raisonnement simpliste s'effondre. Cette course aux assistants virtuels a rapporté énormément d'argent aux géants de la tech. Et cet argent va en partie dans la recherche médicale.  Demis Hassabis, lui-même, a créé une filiale qui utilise l'intelligence artificielle pour inventer de nouveaux médicaments. Cette entreprise a signé des contrats avec deux géants pharmaceutiques pour près de 3 milliards de dollars. Son premier médicament contre le cancer, entièrement conçu par l'intelligence artificielle, est entré en essai clinique cette année. On teste d'ailleurs sur de vrais patients un remède qu'aucun chercheur humain n'aurait trouvé seul. Autrement dit, l'argent des chatbots finance la recherche contre le cancer. C'est le paradoxe que personne ne veut voir parce qu'il est effectivement moins spectaculaire qu'un titre indigné sur TikTok. Oui, la répartition des talents n'est sans doute pas idéale aujourd'hui, mais le marché est en train de se corriger tout seul. Et le jour où concevoir des médicaments par IA rapportera autant que fabriquer un assistant virtuel, les ingénieurs changeront de camp ces mécaniques. Donc le vrai message de Hassabis n'est pas que l'IA nous a trahis, c'est que l'IA médicale va devenir le prochain grand marché. Et ça, c'est une excellente nouvelle pour tout le monde. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Détroit d'Ormuz : de bien commun à arme économique mondiale14 Apr 202600:04:14
"Ouvert à tous ou fermé à tous ". C'est une phrase courte. Presque évidente. Et pourtant, si Donald Trump l'avait appliquée ce matin, au détroit d'Ormuz, il aurait pu avoir le monde entier de son côté : la Chine, l'Europe, les pays du Golfe. Il ne l'a pas fait. Et maintenant il se retrouve seul, avec une guerre qui coûte de plus en plus cher, et un baril de pétrole qui vient de repasser les 100 dollars. Amid Faljaoui notre chroniqueur économique vous en dit plus. Il y a des phrases qui semblent anodines et qui sont parfois en réalité de véritables bombes comme celle prononcée par l'ancien diplomate américain Richard Haass : "Le détroit d'Hormuz doit être ouvert à tous ou fermé à tous." Depuis ce lundi matin, la marine américaine contrôle l'entrée et la sortie du détroit. Tout navire passé par un port iranien peut donc être saisi. Washington appelle ça un "blocus" mais en économie on parle de nationalisation forcée d'une route maritime internationale. Le détroit d'Ormuz n'appartient plus à tout le monde mais à qui appartient-il désormais ? Depuis mars, Téhéran ferme, perçoit des droits de passage et fait monter les enchères et le monde entier a crié fort justement au scandale. Aujourd'hui, Washington fait exactement pareil, avec d'autres objectifs mais la même mécanique : fermer, contrôler, décider qui passe. Qui paye la facture ? La Chine qui importe 1,6 million de barils iraniens par jour, soit 15% de toute sa consommation pétrolière. Et le brut livré à Pékin tourne déjà aujourd'hui autour de 130 à 140 dollars le baril. Trump espère que cette facture forcera la Chine à pousser l'Iran à négocier. C'est stratégiquement cohérent mais 191 millions de barils iraniens sont déjà en ce moment sur des tankers en pleine mer. Selon les experts, les effets réels ne se feront sentir à Pékin que dans deux à trois mois. La Chine a le temps. Et pendant ces deux à trois mois, ce sont les marchés qui paniquent, les assureurs maritimes qui font exploser leurs primes et les prix qui montent pour tout le monde, y compris pour les électeurs américains. L'Iran attend. Sa stratégie est d'une cohérence implacable : transformer ce conflit en hémorragie économique mondiale. Si le blocus se durcit, Téhéran sortira son dernier joker, le Bab al-Mandab, au large du Yémen, un deuxième goulot d'étranglement. Si les États-Unis avaient brandi le principe "ouvert à tous, fermé à tous" comme un étendard universel, ils auraient pu rallier à leur cause la planète entière derrière eux : la Chine, l'Europe, les pays du Golfe. C'était la coalition disponible, prête à se former. Mais en imposant un blocus Washington a tout gâché. Un détroit, ce n'est pas une arme, c'est un bien commun. Et quand il devient une arme, comme c'est le cas aujourd'hui, c'est l'économie mondiale entière qui saigne. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Et si demain, vous pouviez devenir milliardaire tout seul, sans employé, sans bureau, juste avec l’intelligence artificielle ?13 Apr 202600:03:59
Imaginez un type seul chez lui, dans son salon à Los Angeles, il n'a pas de bureau, pas d'employés, pas d'investisseurs, juste un ordinateur et une carte bancaire avec 20 000 dollars dessus. Neuf mois plus tard, son entreprise génère 400 millions de dollars de chiffre d'affaires. Et elle est en route pour 1,8 milliard cette année. Comment est-ce possible? Grâce à l'IA, l'intelligence artificielle. L'homme s'appelle Mathieu Gallagher, il a 41 ans et son idée est très simple : créer un site internet où les Américains peuvent consulter un médecin en ligne et se faire livrer des médicaments contre l'obésité. Vous savez, les fameux Ozempic, Wegovi et compagnie. Rien de neuf sur le principe. Ce qui est neuf, c'est qu'il a tout fait faire par l'intelligence artificielle. Son site web a été codé par ChatGPT et par Cloud. Les publicités ont été fabriquées par des générateurs d'images et de vidéos liées à l'intelligence artificielle. Son service client, c'est un robot d'intelligence artificielle disponible jour et nuit. Quand un client veut parler à un humain, c'est un clone de la voix de Galagher qui décroche. Pas lui, mais sa copie numérique. En clair, un seul homme a fait le travail d'une entreprise de 200 personnes. Et les chiffres sont vertigineux : 300 clients le premier mois, 250 000 un an plus tard. Son concurrent direct, la société Imzenhairs, emploie 2400 salariés pour un chiffre d'affaires à peine supérieur. Sa marge bénéficiaire est trois fois plus faible que celle de la société de Gallagher. Le New York Times, qui est quand même la référence, a raconté cette histoire début avril comme une sorte de conte de fées technologique. Sam Altman, le patron d'OpenAI, la maison mère de ChatGPT, avait d'ailleurs parié que ce genre d'histoire arriverait. Il a gagné son pari. Il disait que grâce à l'intelligence artificielle, on assisterait à des entreprises fondées par une seule personne et qui feront un milliard de dollars. Il a donc gagné son pari. Attention, le conte de fées a une face différente, cachée. Car ce que le New York Times n'a pas raconté, c'est ce qu'il y a sous le capot : six semaines avant l'article, la FDA, l'autorité américaine qui contrôle les médicaments aux États-Unis, avait envoyé un avertissement officiel à la société de cette personne pour publicité mensongère. En effet, le site laissait croire que ces produits étaient validés par les autorités sanitaires. C'est faux. Pire encore, des enquêtes ont révélé que des centaines de profils de médecins qui recommandent cette société sur Facebook, sont des faux fabriqués par l'intelligence artificielle. Les photos des clients, avant et après leur perte de poids, également des faux générés par l'IA. Et une plainte collective a été déposée en Californie pour envoi massif de spam publicitaire. Vous voyez donc le problème? L'intelligence artificielle a permis à cet homme de construire un empire en quelques mois. Mais elle lui a aussi permis de fabriquer des faux médecins, de falsifier des preuves et de tromper des centaines de milliers de clients. Le tout à une échelle industrielle. Sam Altman, le patron d’OpenAI, la maison mère de ChatGPT l’avait promis. Un entrepreneur américain vient de le faire : un milliard de dollars en moins d’un an, depuis son salon. Mais attention : cette success story cache peut-être la plus grande arnaque de l’ère de l’IA. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, nous explique tout ça.​​​​​​​​​​​​​​​​ --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Un laboratoire d’intelligence artificielle vient de créer un logiciel capable de pirater n’importe quel système informatique au monde10 Apr 202600:04:22
Imaginez un cambrioleur capable de trouver la faille de n'importe quelle serrure au monde, en quelques heures, voire quelques minutes. La serrure de votre banque, de votre hôpital, de votre centrale nucléaire. Maintenant, imaginez que ce cambrioleur n'est pas un homme, mais un logiciel, et qu'il vient d'être inventé, ce qui est le cas. Ce logiciel s'appelle Mythos. Il a été créé par Anthropic, l'un des laboratoires d'intelligence artificielle les plus puissants au monde. Et ce que Mythos sait faire donne des sueurs froides à toute l'industrie technologique : vous lui donnez quasiment n'importe quel programme informatique, un système d'exploitation, un navigateur, le logiciel qui fait tourner votre smartphone et il en trouve les failles de sécurité, et par milliers, y compris des vulnérabilités que les meilleurs ingénieurs de la planète n'avaient pas repérées depuis 27 ans, même dans des systèmes pourtant réputés ultra sécurisés. Bien sûr, on a déjà entendu ce refrain. Souvenez-vous, en 2019, un autre laboratoire d'intelligence artificielle avait dit à peu près la même chose : notre modèle est trop dangereux pour être diffusé. Puis, quelques mois plus tard, il l'avait quand même diffusé, et le monde ne s'était pas effondré. On pourrait donc croire que Mythos, c'est juste du marketing. Après tout, sa maison mère Anthropic affiche aujourd'hui plus de 30 milliards de dollars de revenus et se prépare plus que probablement à entrer en bourse. Rien de tel, évidemment, qu'un récit de modèle trop puissant pour le commun des mortels pour convaincre effectivement les investisseurs de sortir leur chéquier. Sauf que, cette fois, il y a un petit détail qui change tout : Apple, Google, Microsoft et des dizaines d'acteurs du cloud et de la cyber sécurité ont accepté de collaborer avec Anthropic pour justement tester Mythos dans un programme appelé Project Glasswing. Or Google est un concurrent direct d'Anthropic dans l'intelligence artificielle. Le plus vertigineux, c'est le principe : si Mythos travaille pour vous, il repère vos failles et évidemment aide à les corriger. Mais s'il travaille contre vous, il peut aider à les exploiter. Donc le même outil a deux usages : le bouclier et l'épée. C'est un peu comme si on avait inventé un médicament qui, selon la dose, peut vous guérir ou vous tuer. Mais l'histoire prend effectivement un tournant inattendu quand on regarde qui ce programme dérange le plus. Il ne dérange pas les pirates informatiques, il dérange surtout le Pentagone parce que, depuis des années, les services de renseignement américains font exactement ce que Mythos menace de rendre beaucoup plus difficile : ils stockent secrètement des failles dans les logiciels, y compris américains. Pourquoi? Pour s'en servir comme cyber-armes le jour venu. C'est une partie de leur arsenal numérique. Et si des outils comme Mythos contribuent à corriger systématiquement ces failles, ils renforcent la sécurité. Mais, évidemment, ils réduisent aussi ce stock de brèches exploitables par l'armée américaine. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Trump-Iran : quand un cessez-le-feu se transforme en chèque sans provision09 Apr 202600:04:12
L'Iran vient d'inventer un péage sur la plus grande autoroute pétrolière du monde. Le cessez-le-feu de Trump n'a même pas tenu 24 heures. Et pendant que les marchés célèbrent une paix qui n'existe pas encore, 4.500 Marines supplémentaires font route vers le Golfe. Qui bluffe ? Qui paye ? Et surtout : combien ça va vous coûter ? C’est le sujet de la chronique d'Amid Faljaoui. Oubliez les missiles, oubliez les déclarations martiales de part et d'autre. La véritable bataille entre Washington et Téhéran se joue désormais sur un terrain que vous connaissez tous très bien : votre portefeuille. Tard dans la nuit du mardi 7 avril, Donald Trump annonce un cessez-le-feu avec l'Iran. Les marchés pétroliers réagissent immédiatement par une forte baisse des cours ce mercredi. Sauf que 24 heures plus tard, cette paix ressemble déjà à un chèque sans provision et les marchés financiers vont très vite s'en rendre compte. Le nerf de cette guerre se situe au détroit d'Hormuz. Après l'annonce du cessez-le-feu, seulement quelques navires ont franchi ce passage stratégique. Le Financial Times révèle que l'Iran a instauré une taxe d'un dollar par baril sur chaque tanker qui traverse le détroit. Un dollar par baril, ça paraît modeste, mais c'est un précédent historique : Téhéran vient d'inventer le péage sur la plus grande autoroute pétrolière du monde. C'est exactement ce que les Américains voulaient empêcher. La proposition iranienne en 10 points constitue un véritable programme économique : maintien du contrôle iranien sur le détroit, levée des sanctions américaines, paiement de compensations à l'Iran, retrait des troupes. L'Iran ne demande pas seulement la paix, il demande à être payé pour la paix. Évidemment, Trump a balayé cette version d'un revers de main sur les réseaux sociaux. Les deux camps n'ont pas la même lecture du texte et c'est toute l'économie mondiale qui risque de trinquer. L'essence à 4 dollars le gallon aux États-Unis plombe les sondages de Trump à quelques mois des élections de mi-mandat. Les assureurs maritimes maintiennent des surprimes de guerre qui renchérissent chaque cargaison. Les chaînes d'approvisionnement asiatiques et européennes restent sous tension. Le plus révélateur reste la réaction du Pentagone : le secrétaire à la défense Pete Hegseth précise que les 50.000 soldats américains restent déployés et prêts à reprendre le combat. Le Financial Times rapporte que 4.500 marines supplémentaires font route vers la région. La baisse du pétrole ce mercredi, c'est ce qu'on appelle en finance un "trade d'espoir" : un pari fondé sur l'envie que les choses s'arrangent. Or, sur les marchés comme en géopolitique, l'espoir n'est jamais une stratégie. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Faux experts, vraies arnaques : le business de la peur financière08 Apr 202600:04:34
Sur YouTube, ils vous annoncent la fin du monde financier. Ils mélangent des faits, des rumeurs et des complots. Et à la fin, surprise, ils ont un rapport financier gratuit à vous vendre. Dans sa chronique, Amid Faljaoui démonte la mécanique de ceux qui transforment votre angoisse en business. L'industrie de la peur financière ne connaît pas la crise et prospère. Vous les avez sans doute aussi croisés sur YouTube ou sur les réseaux sociaux : des gens très sérieux, avec des cartes militaires en arrière-plan et un ton grave. Au début, c'est plutôt convaincant. Ils vous parlent par exemple d'une séance de bourse étrangement plate, 6 heures de stagnation avec à peine 0,2% d'amplitude. Ils vous disent que cette absence de volatilité de la bourse est une sorte de "camisole algorithmique" avec comme sous-entendu que des institutions financières auraient été mandatées pour écraser la volatilité. Ça sonne bien mais c'est absurde car la séance en question, c'est celle du jeudi 2 avril, veille directe du "Good Friday", c'est-à-dire le jour où les bourses américaines sont fermées : ça ne s'appelle pas une camisole algorithmique, ça s'appelle juste une veille de jour férié. Bref, la séance la plus banale de l'année. La mécanique ne s'arrête pas là. Les mêmes experts enchaînent faits réels et rumeurs spectaculaires. 30 avions F-35 auraient été pulvérisés. "Rumeurs non confirmées", dit-il, et dans la phrase suivante, on raisonne comme si c'était un fait acquis. La pièce logique, elle est redoutable. Si les marchés baissent, le chroniqueur avait raison. Et s'ils sont stables, c'est qu'ils sont manipulés. Donc c'est encore pire. La thèse est infalsifiable. Ce n'est plus de l'analyse, c'est de la voyance en costume-cravate. Vient ensuite la culpabilisation : "nous ne sommes pas prêts pour ce qui arrive". Suivie aussitôt évidemment de la phrase de réconfort : "mais ne vous en voulez pas, il y a encore des gens moins préparés que vous". C'est très habile, vous et le chroniqueur en question, vous êtes ensemble, vous êtes du bon côté de ceux qui voient les choses. Et enfin, le coup de grâce : téléchargez gratuitement notre rapport spécial. Votre adresse e-mail contre leur solution miracle. Toute la vidéo, au fond, n'était qu'un entonnoir de vente, une publicité déguisée en renseignements militaires. Les risques géopolitiques sont réels et graves, mais transformer la guerre en argumentaire commercial, c'est instrumentaliser l'angoisse de ceux et celles qui épargnent pour leur famille. La prochaine fois qu'on vous annonce l'apocalypse financière, posez-vous une seule question : "Qu'est-ce qu'on me vend ?" Si la réponse arrive dans les 30 dernières secondes de la vidéo, vous avez votre réponse. Ce n'était pas de l'information, c'était une publicité avec du sang dessus. Mots-clés : Donald Trump, Iran, Etats-Unis, cessez-le-feu, banque, Pentagone, pétrole, Oman --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Bitcoin à zéro : l'économiste qui a prédit la crise de 2008 oublie un détail crucial07 Apr 202600:03:51
Un économiste célèbre a prédit la crise de 2008. Aujourd'hui, il annonce que le Bitcoin ira à zéro. Son argument est brillant. Mais il a oublié de vous dire un détail. Un détail qui ressemble à un aveu. Et qui change tout. C'est l'objet de la chronique d'Amid Faljaoui. Steve Keen, l'économiste qui avait prédit la crise financière de 2008, vient d'affirmer dans le célèbre podcast "The Diary of a CEO" de Stephen Barlett que le Bitcoin ira à zéro. Sa théorie repose sur un argument énergétique : selon lui, le Bitcoin consomme trop d'électricité et les gouvernements finiront par "couper le robinet", surtout après la guerre en Iran. Un raisonnement séduisant en apparence, mais qui révèle plusieurs failles importantes lorsqu'on l'examine de plus près. L'argument énergétique de Steve Keen présente effectivement des lacunes significatives. Si personne ne nie que le Bitcoin consomme beaucoup d'électricité, l'économiste omet de mentionner que cette énergie provient aujourd'hui en grande partie de sources renouvelables. Il passe également sous silence l'amélioration constante de l'efficacité énergétique des puces de minage et l'existence du "Lightning Network", une technologie qui permet désormais des millions de transactions avec une consommation quasi nulle. Le Bitcoin de 2026 n'a plus grand-chose à voir avec celui de 2010. L'hypothèse selon laquelle le Bitcoin serait le premier secteur sacrifié en cas de restrictions énergétiques soulève également des questions. Pourquoi cette cryptomonnaie serait-elle prioritairement visée alors que le streaming vidéo mondial consomme davantage d'énergie et que les centres de données de l'intelligence artificielle "explosent les compteurs" ? Cette sélectivité dans l'analyse interroge sur la neutralité du raisonnement proposé. Par ailleurs, l'idée d'un consensus mondial des gouvernements pour interdire le Bitcoin semble peu réaliste au regard des faits actuels. Des pays comme le Salvador ou les Émirats arabes unis font exactement le contraire en adoptant le Bitcoin comme outil de souveraineté économique. Cette diversité d'approches gouvernementales contredit l'hypothèse d'une interdiction coordonnée à l'échelle planétaire. Le détail le plus révélateur de cette analyse réside dans un aveu fait par Steve Keen à l'animateur du podcast. L'économiste a reconnu qu'on lui avait proposé d'acheter du Bitcoin à une livre sterling et qu'il n'avait pas saisi cette opportunité. Cette confession éclaire différemment sa position actuelle sur la cryptomonnaie. Face à une occasion manquée de cette ampleur, deux attitudes sont possibles : reconnaître son erreur d'appréciation ou construire un raisonnement sophistiqué pour justifier rétrospectivement sa décision. Quand un actif est détenu par des fonds d'investissement, adopté par des États souverains et utilisé par des centaines de millions de personnes, prédire qu'il ira à zéro relève moins de l'analyse économique que du pari émotionnel déguisé en raisonnement économique. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Google face à la révolte : 560 ingénieurs contre les contrats militaires28 Apr 202600:04:07
Imaginez. Vous êtes le patron de Google, et lundi matin, 560 de vos meilleurs ingénieurs vous écrivent une lettre ouverte pour vous dire de ne surtout pas signer un contrat. Que se passe-t-il dans la Silicon Valley ? Et pourquoi ça nous concerne, nous, Européens, plus qu'on ne l'imagine ? Réponse tout de suite avec Amid Faljaoui, éditorialiste en chef du magazine économique Trends Tendances. Sundar Pichai, le patron mondial de Google, a découvert lundi matin dans sa boîte mail une lettre ouverte signée par 560 de ses meilleurs ingénieurs. Leur message tient en une ligne : "Ne signez pas avec le Pentagone, en tout cas pas sans protection". Cette révolte interne révèle les tensions croissantes autour de l'utilisation militaire de l'intelligence artificielle dans la Silicon Valley. Pour comprendre cette fronde, il faut revenir sur le cas d'Anthropic, une jeune entreprise d'intelligence artificielle américaine créatrice de Claude, un robot conversationnel concurrent de ChatGPT. Son patron, Dario Amodei, avait accepté de collaborer avec le gouvernement américain pour des opérations militaires, mais sous conditions strictes : pas d'armes autonomes létales et pas d'espionnage généralisé des citoyens américains. La réaction de l'administration Trump fut brutale : Anthropic s'est retrouvée sur liste noire et tous les ministères américains ont reçu l'ordre d'arrêter d'utiliser Claude immédiatement. Le signal envoyé à toute la Silicon Valley est limpide : on ne dit pas non au Pentagone. C'est précisément ce qui inquiète les ingénieurs de Google. Selon les fuites, leur patron s'apprêterait à accepter sans conditions. Gemini, l'intelligence artificielle de Google, pourrait demain servir à des opérations militaires secrètes. Le véritable scandale ne réside pas dans le fait qu'une entreprise américaine aide son armée, mais dans le revirement de Google. En 2018, l'entreprise travaillait sur un programme pour améliorer le guidage des frappes de drones. Face au tollé interne et aux dizaines de démissions d'ingénieurs, Google avait reculé et promis solennellement : plus jamais d'armes, plus jamais de surveillance. Sept années plus tard, cette promesse a été discrètement effacée. Demis Hassabis, patron de la division intelligence artificielle de Google, justifie ce revirement en une phrase : "Le monde a changé". Ce qui se joue aujourd'hui dépasse largement Google. C'est toute l'intelligence artificielle américaine qui bascule. OpenAI, créateur de ChatGPT, a cédé aux pressions. Son patron Sam Altman s'est même excusé, qualifiant sa décision d'"opportuniste et bâclée". Anthropic résiste mais paie le prix fort. Google doit trancher dans les prochains jours. L'Europe observe cette bataille depuis les gradins, alors que nos entreprises, hôpitaux, banques et administrations utilisent quotidiennement ces outils américains. Si demain le Pentagone prend le contrôle de ces technologies sans garde-fous, qui décidera de leur usage ? La question du pouvoir réel dans ces géants technologiques se pose avec acuité : actionnaires, dirigeants ou ingénieurs capables de démissionner en masse ? Dans la Silicon Valley, le talent a toujours fait la loi, mais face à la raison d'État, l'éthique pèse moins lourd qu'un contrat à neuf chiffres. Quand une démocratie perd le contrôle de son intelligence artificielle, elle ne le récupère jamais. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Une révolution silencieuse touche les ménages belges24 Apr 202600:03:55
Ces dernières semaines, ces derniers jours, avec la crise iranienne qui dure, les prix de l’énergie continuent de monter, nos responsables politiques s’écharpent, avec les uns qui disent "il faut aider les ménages" et les autres qui répondent "c’est impossible, on n’a plus les moyens". Après le Covid, après l’Ukraine, les caisses de l’État sont vides. Ces deux camps se trompent en réalité de débat. Le vrai débat est ailleurs, et il est quelque part plus inquiétant. Pour comprendre, petit voyage dans le temps. Dans les années 80, quand vous gériez votre budget, vous aviez ce que les économistes appellent une "marge d’arbitrage". Ça veut dire que quand le mois était difficile, on pouvait reporter une dépense. La machine à laver qui faiblit, on la fait tenir six mois de plus. Le canapé qu’on estime un petit peu fatigué, on attend l’année prochaine. Les vacances, on les prend, mais on reste en Belgique. La nouvelle voiture, on la décale. C’est ce qu’on appelle la consommation discrétionnaire. Pourquoi discrétionnaire ? Parce que vous avez le pouvoir de décider de reporter, voire de renoncer. Aujourd’hui, regardez tout ce qui sort automatiquement chaque mois. Le forfait téléphonique, l’Internet, Netflix, Spotify, Disney+, Amazon Prime, le cloud pour vos photos, sans doute ChatGPT ou Gemini, la salle de sport, le journal en ligne et, bien sûr, le loyer ou le crédit, l’électricité, le gaz, les assurances. Sur toutes ces dépenses, qu’est-ce que vous pouvez supprimer demain ? Honnêtement, presque rien. C’est ce que l’économiste Thibault Prébet décrit très très bien dans l’un de ses livres, et notamment "Démographie, la bombe tranquille". Nous sommes passés d’une économie où l’on pouvait arbitrer à une économie où tout est devenu un abonnement. Et un abonnement, par définition, vous ne le reportez pas. Pas de paiement, pas de service. Le compte est coupé, point barre. Voilà donc la révolution silencieuse, voilà la véritable bombe. Une part énorme du budget des ménages aujourd’hui est devenue irréductible, incompressible, verrouillée. Et cette part d’abonnement grandit chaque année. Quand demain la crise iranienne fera remonter le mazout, le gaz, l’électricité, les carburants, où voulez-vous que les gens coupent ? Ils ne peuvent plus reporter une voiture qu’ils n’achètent plus, ils ne peuvent plus reporter des vacances qu’ils ne prennent déjà plus, ils ne peuvent plus reporter des restos qu’ils ont déjà supprimés. Toutes les soupapes traditionnelles sont verrouillées, fermées. C’est là que le débat politique devient surréaliste. Parce que la véritable question n’est plus, faut-il aider ou non ? La vraie question est : que reste-t-il à serrer dans un budget familial où presque tout est déjà sous prélèvement automatique ? Et ça, c’est une nouvelle équation pour nos politiques, pour les syndicats, pour les banques aussi, qui voient bien que le défaut de paiement n’arrive plus en bout de mois, mais en milieu du mois. Une petite question avant la chronique économique d’Amid Faljaoui : Netflix, Spotify, Basic Fit, votre forfait, votre cloud… Faites le compte. Parce qu’Amid va nous expliquer pourquoi Et pourquoi personne ne veut en parler --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Pourquoi l'intelligence artificielle rend l'anglais indispensable au travail23 Apr 202600:03:51
Vous pensiez que l'intelligence artificielle allait vous dispenser d'apprendre l'anglais ? Que ChatGPT ferait le boulot à votre place ? C'est tout le contraire qui est en train de se produire. Et la Belgique, figurez-vous, vient de bondir dans le top 10 mondial de la maîtrise de l'anglais, explique Amid Faljaoui dans sa chronique économique. Vous avez sans doute entendu cette petite musique : l'intelligence artificielle va tuer les traducteurs, les profs de langue, les interprètes. Plus besoin d'apprendre l'anglais. Aujourd'hui, c'est exactement le contraire qui se produit. Une enquête vient de paraître, elle a interrogé plus de 1300 directeurs des ressources humaines dans 17 pays. Le verdict est sans appel : 81% d'entre eux estiment qu'avec l'arrivée de l'intelligence artificielle, l'anglais devient encore plus indispensable qu'auparavant. Pourquoi cette évolution ? Pour quatre raisons très simples. D'abord, parce que la quasi-totalité des outils d'intelligence artificielle sont conçus en anglais. Ensuite, parce qu'il faut vérifier ce que l'IA raconte, et la matière première est anglo-saxonne. Troisième raison : pour écrire un "prompt" efficace, il faut maîtriser la langue de Shakespeare. Enfin, parce que l'automatisation déplace les responsabilités vers le haut. Et plus on monte dans la hiérarchie, plus on doit parler anglais. La Belgique vient de bondir à la 9e place mondiale du classement de la maîtrise de l'anglais. 9e sur 123 pays. L'année dernière, nous étions 13e. Mais soyons honnêtes : ce beau 9e rang pour la Belgique, on le doit en grande partie à la Flandre. En Wallonie et à Bruxelles francophone, le retard reste encore réel. Le cocorico belge sonne nettement plus flamand que wallon et c'est précisément pour cela qu'il faut se réveiller au sud du pays. Les pays qui imposent un niveau minimum d'anglais à la sortie du secondaire ont souvent des entreprises plus performantes, plus productives, avec des clients plus satisfaits. La corrélation est limpide. Si vous dirigez une PME wallonne ou bruxelloise, ne tombez surtout pas dans le piège de croire que l'intelligence artificielle va vous dispenser de former vos équipes. C'est même l'inverse. Plus vos collaborateurs maîtriseront l'anglais, plus ils tireront parti de l'intelligence artificielle. Plus vos équipes sauront vérifier ce que l'IA leur sort, plus elles seront employables demain ou après-demain. Si vous êtes salarié aujourd'hui, seul un employeur sur cinq exige une certification d'anglais à l'embauche. Mais d'ici cinq ans, ils seront plus d'un sur deux. Le TOEIC, le TOEFL, le Cambridge deviendront un atout déterminant sur un CV. L'intelligence artificielle ne dispense donc pas d'apprendre l'anglais, elle le rend au contraire plus stratégique que jamais dans un monde professionnel en pleine mutation. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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L'Allemagne abandonne l'automobile pour les armes : un mirage à 1000 milliards22 Apr 202600:03:42
L'Allemagne pivote, l'Allemagne se réarme, l'Allemagne renaît. C'est ce que tous les journaux nous ont raconté cette semaine. Sauf qu'Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, a regardé les chiffres. Et ces chiffres racontent une tout autre histoire. Une histoire bien plus inquiétante, où il est question d'un cache-sexe, d'un cessez-le-feu qui ferait tout s'écrouler, et de Chinois qui, eux, ne perdent pas leur temps. Le Wall Street Journal a récemment publié un article présentant l'Allemagne comme un pays en pleine réinvention, abandonnant progressivement l'automobile pour se tourner vers la production d'armements. Mercedes et Volkswagen transforment leurs usines pour produire des drones, des missiles et notamment des pièces destinées au bouclier antimissile israélien. Au total, 1000 milliards d'euros ont été débloqués, présentés comme le symbole de la grande renaissance industrielle allemande. Pourtant, les chiffres révèlent une réalité bien différente. L'industrie allemande perd actuellement 15.000 emplois par mois, soit 180.000 postes par an. Volkswagen, dont les bénéfices ont chuté de 44%, vient d'annoncer la suppression de 50.000 emplois d'ici 2030. Cette hémorragie d'emplois contraste violemment avec le discours triomphaliste sur le réarmement du pays. L'ensemble de l'industrie de défense allemande emploie environ 150.000 personnes. Autrement dit, l'Allemagne perd en une seule année plus d'emplois industriels qu'il n'y en a dans tout son secteur de l'armement. Les économistes de plusieurs instituts de réflexion l'affirment sans détour : même en triplant les dépenses militaires, l'industrie de l'armement ne compensera jamais les pertes subies par l'industrie automobile. Cette renaissance militaire repose sur un fondement fragile : la guerre en Ukraine. Près d'un quart des armes produites en Allemagne sont actuellement destinées à l'Ukraine. Que se passera-t-il le jour où un cessez-le-feu sera imposé ? Le jour où un accord de paix sera signé ? Les carnets de commandes se videront brutalement, transformant cette belle histoire industrielle en une sévère désillusion. Pendant que l'Allemagne mise tout sur l'armement, la Chine conquiert méthodiquement des parts de marché dans l'industrie automobile mondiale. Le réarmement allemand n'est pas une véritable solution industrielle, mais plutôt un artifice qui dissimule une réalité dérangeante : la Chine est en train de s'approprier l'industrie automobile européenne. Les milliards investis dans la défense ne changeront pas cette donne fondamentale. L'Allemagne risque de se retrouver dans une impasse : dépendante d'une industrie militaire alimentée par un conflit qui ne durera pas éternellement, tout en ayant perdu sa suprématie dans l'automobile face à la concurrence chinoise. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Dette publique : comment une sanction de Moody's pourrait devenir un atout pour De Wever21 Apr 202600:04:18
Vendredi soir, l’agence américaine Moody’s a dégradé la note de la dette publique de la Belgique. Sur le papier, c’est une mauvaise nouvelle. Une gifle, même. Et pourtant, figurez-vous qu’il y a un homme, tout ce week-end, qui a probablement souri en lisant ses journaux. Un seul. Amid Faljaoui, notre chroniqueur vous dis qui, et surtout pourquoi, dans quelques secondes.​​​​​​​​​​​​​​​​ Il existe en Belgique une règle non écrite que tout le monde connaît : les grands efforts budgétaires ne se font que sous la menace. Cette particularité belge permet de comprendre pourquoi la dégradation de la note de notre dette publique par Moody's, apparemment mauvaise nouvelle, constitue peut-être un cadeau politique inespéré pour le Premier ministre. Pour saisir l'enjeu, il faut d'abord comprendre le rôle d'une agence de notation. Celle-ci fonctionne comme un professeur qui évalue votre bulletin pour informer vos créanciers de votre sérieux en tant qu'emprunteur. La note "Triple A" désigne l'élève modèle, tandis que "A1", nouvelle note attribuée à notre pays, caractérise encore un bon élève, mais avec quelques points d'attention. Plus la note baisse, plus les taux d'intérêt augmentent. Cette dégradation pourrait considérablement arranger Bart De Wever. Le mécanisme ressemble à celui d'une entreprise qui doit restructurer mais n'ose pas assumer seule cette décision face à ses équipes et actionnaires. La direction fait alors appel à un consultant externe. Celui-ci produit un rapport qui confirme ce que tout le monde savait déjà, puis repart avec ses honoraires. Mais sa présence change tout : les mesures impopulaires ne sont plus celles du patron, elles découlent du rapport du consultant. L'agence Moody's vient précisément de jouer ce rôle de consultant externe de la démocratie belge. Son rapport permet à Bart De Wever de déclarer à ses partenaires de coalition : "Ce n'est pas moi, ce sont les marchés financiers". Cette stratégie transforme le Premier ministre en simple exécutant de décisions imposées par les forces du marché. Si ce mécanisme fonctionne une nouvelle fois, il révèle quelque chose d'inquiétant sur notre système politique. La Belgique dispose pourtant de tous les atouts pour bien se gouverner : une administration compétente, un Bureau du Plan respecté, des économistes reconnus. Malgré ces ressources, il faut qu'une agence de notation américaine nous sermonne pour que nous nous décidions enfin à agir. Bart De Wever a donc de quoi sourire, mais ce sourire devrait plutôt nous faire réfléchir. Une démocratie qui n'avance qu'à coups d'avertissements étrangers n'est pas une démocratie en pleine santé. L'agence Moody's a accompli son travail, mais le nôtre reste encore à faire. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Le Pakistan, nouveau fournisseur de protection nucléaire au Moyen-Orient20 Apr 202600:04:17
Et si la plus grande révolution stratégique de 2026 ne venait ni de Washington, ni de Moscou, ni de Pékin… mais du Pakistan ? Un pays avec 170 têtes nucléaires et le projet fou de couvrir à la fois l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite sous le même parapluie. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, vous explique comment la bombe atomique est devenue un vrai business et pourquoi ce n'est plus Paris qui écrit la doctrine nucléaire, mais le Pakistan qui vend au plus offrant… des polices d'assurance ! Début mars, Emmanuel Macron annonçait une révolution stratégique : la France allait passer à la "dissuasion avancée". Concrètement, l'arsenal nucléaire français ne se contenterait plus de protéger l'Hexagone, mais deviendrait un bouclier pour l'Europe entière, avec des garanties étendues aux alliés et des exercices militaires communs. Une idée brillante qui a immédiatement inspiré... le Pakistan. Car Islamabad a rapidement saisi l'opportunité commerciale de cette nouvelle approche. Il y a quelques mois, le Pakistan et l'Arabie Saoudite ont signé un accord de défense mutuelle historique : toute agression contre l'un sera considérée comme une agression contre les deux. Le détail qui change tout ? Le Pakistan reste le seul pays musulman officiellement doté de l'arme atomique, avec 170 têtes nucléaires. Riyad vient donc de se glisser sous le parapluie nucléaire pakistanais. Une hypothèse fait actuellement le tour des chancelleries et des services secrets internationaux : l'Iran, sous pression militaire des États-Unis et d'Israël depuis fin février, pourrait lui aussi chercher refuge sous cette protection nucléaire pakistanaise. Un scénario qui placerait Islamabad dans une position inédite : offrir sa garantie nucléaire à deux rivaux absolument irréconciliables. D'un côté l'Arabie saoudite sunnite, de l'autre l'Iran chiite. Deux puissances régionales qui s'affrontent déjà par procuration au Yémen, au Liban et en Syrie. Pourtant, cette configuration géopolitiquement explosive pourrait bien devenir réalité, transformant le Pakistan en arbitre nucléaire du Moyen-Orient. Derrière cette révolution stratégique se cache une logique purement économique. Personne ne prête sa bombe nucléaire par pure sympathie. L'Arabie saoudite avait d'ailleurs financé le programme nucléaire pakistanais dans les années 80 : ce nouvel accord ressemble donc à un retour sur investissement particulièrement juteux. Pour l'Iran, les contreparties seraient différentes mais tout aussi attractives : Islamabad pourrait obtenir du gaz iranien à prix cassé ou un accès privilégié à des ports stratégiques. Si cette hypothèse se confirme, la dissuasion nucléaire cesserait d'être un simple symbole de prestige national pour devenir un véritable service commercial. Le Pakistan, longtemps perçu comme un État fragile, se muerait alors en fournisseur de sécurité incontournable du Moyen-Orient. Dans un monde où les grandes puissances se replient sur elles-mêmes, le parapluie nucléaire se privatise. Et ce n'est désormais plus Paris qui dicte la doctrine, mais Islamabad qui vend ses polices d'assurance au plus offrant. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Hermès perd 14% en Bourse : les secrets d'un empire du luxe dévoilés17 Apr 202600:04:00
Hermès. La marque de sac à main la plus désirée du monde et que personne ne peut s'offrir… ou presque. Cette semaine, l'action a perdu 14% en une seule journée. Et la raison, personne n'ose la dire tout haut : Hermès est en réalité une marque de masse. Déguisée en mythe absolu. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique vous explique pourquoi. Vous voulez un sac Hermès, un Birkin ou un Kelly ? Vous entrez en boutique et on vous dit "désolé, pas de sac aujourd'hui, revenez dans six mois, peut-être dans un an, peut-être jamais d'ailleurs". C'est précisément cette frustration organisée qui fait et qui faisait la force d'Hermès. Plus c'est inaccessible, plus on le désire, plus on le désire et plus ça vaut cher. Ce cercle magique a duré des décennies mais cette semaine, le charme a commencé à se fissurer. Les ventes du premier trimestre pour Hermès ont déçu les actionnaires : l'action Hermès a chuté de 14% en une seule séance. Mais les véritables raisons sont autres et révèlent les failles d'un modèle économique paradoxal. Car derrière l'image d'exclusivité absolue se cache une réalité bien différente. Premier secret : Hermès est une marque de masse déguisée en marque d'exception. Plus de la moitié de son chiffre d'affaires ne vient pas des sacs mythiques à plus de 10.000 euros mais de produits bien plus accessibles : ceintures, foulards, parfums, bijoux fantaisie. Le Birkin, c'est la vitrine. Mais le vrai fonds de commerce, c'est le cadeau d'anniversaire à 300, 400, 500 euros. Tant que l'économie va bien, tout le monde achète le foulard pour rêver du sac. Quand l'économie ralentit, ces achats s'évaporent les premiers. C'est exactement ce qui s'est passé ce trimestre. Deuxième secret : même les sacs iconiques montrent des signes de faiblesse. Sur le marché de l'occasion américain, le nombre de Birkin et Kelly disponibles a triplé depuis 2020. Ce qui était introuvable devient trouvable. Et quand quelque chose devient plus facile à trouver, le désir diminue mécaniquement. Ce n'est donc pas une crise Hermès isolée, c'est une crise plus large des objets de prestige extrême, traités pendant des années comme des valeurs-refuges, au même titre que l'or. Il y a pourtant un contre-exemple tout à fait éclairant. La marque italienne Brunello Cucinelli, adorée des ultra-riches, a crû de 14% au premier trimestre. Sa recette ? Rester exclusif à 100% et ne jamais chercher le volume. Son chiffre d'affaires est dix fois plus petit que celui d'Hermès. Pour grandir, Hermès a dû s'ouvrir. Pour s'ouvrir, il a fragilisé son mythe. Trop grand pour rester un mythe pur et trop exclusif pour être une vraie marque grand public. Hermès reste une machine extraordinaire : 17 milliards d'euros de vente, 40% de marge. Mais peut-on être à la fois le rêve inaccessible et le cadeau d'anniversaire raisonnable ? Peut-on vendre l'exclusivité absolue et le porte-clés assorti ? On ne peut pas tout avoir, visiblement. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Est-ce que l’État belge s’enrichit quand le prix de l’essence monte ?16 Apr 202600:03:57
Est-ce que l’État belge s’enrichit quand le prix de l’essence monte ? Beaucoup le croyaient. La réalité est bien plus compliquée et bien moins rassurante. Hier matin, la Banque nationale de Belgique a mis les points sur les i. Amid Faljaoui notre chroniqueur économique vous dit tout. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Pourquoi décrocher une étoile Michelin, économiquement, c’est parfois le début des ennuis ?04 May 202600:03:47
Ce lundi 4 mai à Anvers, le monde de la gastronomie belge retient son souffle : le guide Michelin va dévoiler sa nouvelle sélection de restaurants étoilés en Belgique et au Luxembourg. Evidemment pour les chefs c'est le Graal, le prestige mais, justement, derrière ce prestige il y a une réalité économique que peu soupçonnent. Gagne-t-on de l'argent quand on a une étoile au Michelin ?  Première surprise, c'est vrai que l'étoile, c'est un boulet de canon commercial dès que vous la décrochez. Oui, sauf que, et c'est là que ça devient passionnant, écoutez cette phrase de Manon Schenck : L'étoile, c'est bon pour l'égo du chef, mais sur le plan de la rentabilité, je faisais des marges plus importantes quand j'étais Bib gourmand. Vous avez bien entendu, une catégorie en dessous et cette dame gagnait davantage. Julien Malès confirme : un étoilé est plus difficile à rentabiliser qu'une bonne brasserie. Pourquoi ce paradoxe? Parce qu'avec l'étoile, tout coûte plus cher, la masse salariale explose, plus question de mettre des étudiants en salle, il faut des serveurs aguerris, il faut des sommeliers, du personnel formé, les indexations salariales plombent les comptes, et l'énergie flambe, les matières premières grimpent, et impossible de tout répercuter sur le client. Les Belges, d'ailleurs, il faut aussi en tenir compte, sortent moins, regardent le ticket de plus près, ne commandent plus la deuxième bouteille de vin. Or, c'est précisément sur tous ces extras que se font les meilleures marges. Les chiffres sont d'ailleurs parlants. Au Pré de chez vous, à Namur, il faut servir 140 couverts par semaine juste pour atteindre l'équilibre. 15 couverts de plus, ça donne 3 000 euros de bénéfice net, pas plus. La Villa Lorraine à Bruxelles, avec ses 80 couverts, a renoncé à courir après les étoiles. Trop grand, ingérable. Donc la taille idéale d'un étoilé belge, sans doute entre 30 et 40 couverts. Vous allez me dire, comment survivent-ils alors? Par la diversification. L'hôtellerie pour Marie Trignon à La Roseraie. Événements privés pour les banques chez Manon Schenk. Le domaine du Chandel, lui, assume : leur étoilé n'atteint pas l'équilibre, c'est un outil marketing pour vendre du vin. Quant à Quentin Gallopin, il projette d'ouvrir une brasserie juste à côté parce que c'est là, paradoxalement, qu'on fait du business. Donc la leçon économique quand tomberont les noms des nouveaux étoilés, c'est qu'une distinction prestigieuse n'est pas un business model, un modèle d'affaires, c'est surtout un produit d'appel, une vitrine. La rentabilité, elle, se construit sans doute ailleurs, comme dans le luxe, dans le sport de haut niveau. La gloire et la marge, visiblement, c'est un petit peu de monde distinct. Et pourtant, à l'heure où je vous parle, des dizaines de chefs croisent en ce moment les doigts pour décrocher leur étoile, parce que quand on la reçoit, tout de même, tous les sacrifices prennent soudain un sens. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Pourquoi les Émirats demandent-ils des dollars aux États-Unis ?05 May 202600:04:38
Imaginez un homme qui a 285 milliards de dollars sur son compte en banque. Et qui, un beau matin, frappe à la porte de son banquier pour demander un prêt. Bizarre, non ? C'est pourtant exactement ce que viennent de faire les Émirats arabes unis auprès de la banque centrale américaine. Pourquoi un pays aussi riche a-t-il besoin d'aide ? Réponse avec Amid Faljaoui, éditorialiste en chef du magazine économique Trends Tendances. Avec la guerre en Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz, le robinet à dollars des Émirats arabes unis s'est brutalement tari. Le mécanisme est simple : le pétrole exporté par Abu Dhabi se paie en dollars. Mais avec le détroit fermé, plus aucun tanker ne sort, donc plus aucun dollar ne rentre. Pendant ce temps, les Émirats continuent de dépenser des dollars quotidiennement pour importer leur nourriture, leurs voitures, faire fonctionner leurs banques ou défendre leur monnaie nationale, le dirham. C'est là que réside le nœud du problème. Le dirham est arrimé au dollar depuis 1997 à un taux fixe de 3,67. Pour maintenir ce taux de change, la Banque centrale des Émirats doit disposer en permanence de dollars. D'où leur demande de "swap" : un échange où la banque centrale américaine prête des dollars aux Émirats, qui mettent des dirhams en garantie. Chacun récupère ensuite son bien. Il ne s'agit pas d'un cadeau, mais d'une bouée de sauvetage préventive. Officiellement, un cessez-le-feu a été signé entre les États-Unis et l'Iran le 17 avril, mais celui-ci reste très fragile. Les Émiratis anticipent donc le pire scénario : une guerre qui s'éternise, des spéculateurs qui parient contre le dirham et des capitaux qui fuient le pays. Dans cette optique, le swap constitue une assurance préventive. Mais les Américains n'ont accordé ce privilège qu'à cinq alliés : la zone euro, le Japon, le Royaume-Uni, le Canada et la Suisse. Étendre ce privilège à un pays du Golfe représente une révolution monétaire. Selon le Wall Street Journal, les Émirats auraient prévenu Washington que sans accès aux dollars, ils pourraient vendre leur pétrole en yuan. Or, depuis 1974, le pétrole se paie en dollars partout dans le monde, obligeant tous les pays à stocker la devise américaine. C'est le socle invisible de la suprématie américaine. Si un grand exportateur du Golfe bascule vers le yuan chinois, c'est tout l'édifice du "dollar roi" qui pourrait vaciller. La guerre en Iran ne se joue donc pas uniquement dans le détroit d'Ormuz, mais aussi à Wall Street. Chaque crise rappelle une vérité fondamentale : le billet vert n'est plus simplement une monnaie, il est devenu une arme géopolitique. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Le système de paiement par carte bancaire ou smartphone va-t-il bientôt disparaître ?08 May 202600:04:25
On a tendance à regarder, à scruter la Silicon Valley, mais beaucoup d'innovations qui débarquent dans nos vies passent d'abord par la Corée du Sud. C'est en quelque sorte notre laboratoire avancé. C'est pour ça que je veux vous parler aujourd'hui d'une histoire qui se passe à Séoul. Parce que demain, dans deux ans, dans cinq ans, elle se passera peut-être chez nous. Cette histoire, c'est celle de Toss, une fintech qui équivaut à une sorte de Revolut, version super app. Plus de 30 millions d'utilisateurs, presque 60% du pays. Toss vient de lancer un service appelé FacePay. Le principe est simple : vous entrez dans un café, vous commandez, vous regardez l'écran à la caisse, et hop, c'est payé. Pas de carte, pas de smartphone, juste votre visage. D'où le nom FacePay. Aujourd'hui, il y a des centaines de milliers de commerces qui sont déjà équipés en Corée du Sud ou en cours d'équipement. L'objectif est clair : faire disparaître peu à peu la carte bancaire du geste quotidien. Certains trouveront ça magnifique sur le papier. Pourtant, écoutez deux choses avant de rêver, si je puis dire. Premièrement, la Chine a déjà essayé le paiement par le visage. En 2017, Alibaba a lancé un produit très très proche, Smile to Pay. Donc vous souriez à la caisse et vous payiez. Mais l'adoption s'est heurtée à une méfiance profonde puisqu'une enquête chinoise a montré qu'une très large majorité des Chinois s'inquiétaient de la sécurité de leurs données biométriques. La Chine, qui n'est pas exactement reconnue pour son obsession de la vie privée, a quand même vu apparaître une résistance. Deuxièmement, et c'est vraiment l'argument à retenir, votre visage, vous ne pouvez pas le changer. Si on vous vole votre code de carte, la banque vous envoie un nouveau dans la semaine. Mais si une base contenant votre visage est piratée, vous gardez votre visage à vie. Ce n'est pas du tout théorique. En 2015, par exemple, l'administration américaine a perdu 5,6 millions d'empreintes digitales dans un piratage massif. Et les fraudeurs, aussi, gardent ce qu'ils ont volé. Pour toujours. Ce n'est donc pas une peur abstraite. D'ailleurs les selfies falsifiées ont bondi de 58% en un an. Le cabinet Gartner estime que d'ici fin 2026, 30% des entreprises ne feront plus confiance à la reconnaissance faciale utilisée toute seule. Dernier détail, capital : Toss, cette société sud-coréenne, prépare son entrée en bourse à New York pour une valorisation tout de même de près de 10 milliards de dollars. Et, comme par hasard, juste avant son introduction en bourse, les chiffres explosent. On parlait d'un million d'inscrits à FacePay à la fin de l'année dernière, puis on a parlé de deux millions quelques semaines plus tard. Là maintenant on parle de trois millions. Alors vous sentez bien l'odeur de la communication avant l'introduction en bourse, n'est-ce pas? Alors là, le son de tout ça, c'est quoi? C'est que la Corée, c'est vrai, c'est un peu notre boule de cristal. Ce qui s'y passe arrive souvent chez nous en différé, c'est vrai. Et donc, si on veut demain payer son café en regardant juste une caméra, posons-nous la vraie question maintenant, et pas dans 3 ou 5 ans. Est-ce que sortir une carte bancaire de son portefeuille, est-ce que c'est vraiment un calvaire? Il faudra se reposer cette question. Par contre, perdre son visage à vie, ça, c'est définitif. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Détroit d'Ormuz : l'impasse de Trump expliquée par le fondateur d'Amazon07 May 202600:04:10
Imaginez deux portes. La première, vous pouvez la franchir, et si cela ne vous plaît pas, vous reculez. La deuxième, vous la franchissez… et elle se referme derrière vous. Cette image très simple, c'est celle d'un des plus grands patrons du monde. Et figurez-vous qu'elle explique, ce matin, pourquoi Donald Trump est en train de s'enliser au détroit d'Ormuz. Amid Faljaoui notre chroniqueur économique nous explique tout cela, et c'est passionnant. Il existe dans le vocabulaire des grands patrons une image très simple qui peut faire gagner ou perdre des centaines de milliers d'euros, voire des millions. Cette image, on la doit à Jeff Bezos : celle des deux portes. Selon le fondateur d'Amazon, il existe dans la vie d'une entreprise deux types de décisions, donc deux types de portes. La première, c'est la porte à deux sens. Vous la franchissez, vous évaluez la situation de l'autre côté et si cela ne vous convient pas, vous reculez. La deuxième porte, c'est la porte à sens unique. Vous la franchissez et derrière, elle se referme. Impossible de revenir en arrière. Ces décisions-là, explique Jeff Bezos, doivent être prises lentement, après consultation, après débat et avec beaucoup de prudence. Le grand piège, c'est de confondre les deux portes. Le plus souvent, les grandes entreprises traitent toutes leurs décisions comme des portes à sens unique. Résultat : elles s'enlisent dans des comités, ralentissent et meurent souvent par excès de lenteur. Mais il existe l'erreur exactement inverse. Et c'est précisément ce qui se passe avec Donald Trump au détroit d'Ormuz. Avant de lancer l'opération "Epic Fury", les chefs militaires américains ont averti le président : "Si vous frappez, l'Iran fermera le détroit par où passe un cinquième du pétrole mondial." La réponse de Trump était claire : l'Iran capitulerait rapidement et, en cas de fermeture, les États-Unis rouvriraient le détroit sans difficulté. Trump a traité une porte à sens unique comme une porte à deux sens. Désormais, il ne peut plus ni gagner militairement, ni reculer politiquement. Il est coincé, la porte s'est refermée derrière lui. La leçon vaut pour les chefs d'État, mais aussi pour les dirigeants d'entreprises et les citoyens. Avant chaque décision importante, il convient de se poser une seule question : "Si je me trompe, puis-je revenir en arrière ?" Si la réponse est oui, alors foncez, décidez rapidement, déléguez, expérimentez. Si la réponse est non, prenez le temps nécessaire, sollicitez les avis contraires, cultivez le doute. Jeff Bezos a théorisé ces principes en 2015. Aujourd'hui, Donald Trump nous en offre la démonstration la plus chère de l'histoire du 21e siècle. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Luxe : la leçon que Rolex et Ferrari donnent à Hermès05 May 202600:04:23
Un sac Birkin, une montre Rolex, une Ferrari. Trois marques mythiques, trois objets que les riches du monde entier s'arrachent. Et pourtant, l'une d'entre elles est en train de craquer pendant que les deux autres prospèrent. Pourquoi ? Amid Faljaoui vous l'explique dans sa chronique économique. Une récente étude de la banque d'affaires Bernstein, relayée par Bloomberg, confirme les difficultés d'Hermès évoquées la semaine dernière. La chute ne concerne plus seulement l'action de la maison française, mais touche désormais directement son produit phare : le sac Birkin. Ce sac mythique, fabriqué à la main et impossible à obtenir sans figurer sur une liste d'attente interminable, était devenu en vingt ans un véritable produit financier déguisé en accessoire de mode. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Un Birkin acheté 10 000 dollars il y a quelques années se revendait 22 000 dollars deux ans plus tard. Aujourd'hui, ce même sac ne trouve preneur qu'aux alentours de 14 000 dollars. Le sac le plus convoité de la planète a ainsi perdu près de 40% de sa valeur de revente en trois ans. L'action Hermès suit la même trajectoire descendante, chutant de 35% en un an, passant de 2 600 à environ 1 600 euros. Cette dégringolade s'explique par l'explosion du marché parallèle de la revente. Selon la banque UBS, le marché américain de l'occasion compte aujourd'hui trois fois plus de sacs Kelly et Birkin qu'en 2020. Cette saturation a mécaniquement fait chuter les prix et fragilisé l'exclusivité de la marque. Bloomberg propose une analyse particulièrement éclairante en comparant la stratégie d'Hermès à celles de Rolex et Ferrari. Ces deux marques ont fait le choix audacieux de reprendre le contrôle de leur marché de l'occasion. Rolex certifie désormais elle-même ses montres d'occasion avec un sceau officiel, une garantie internationale de deux ans et une révision par ses horlogers. Résultat : ces montres certifiées se revendent 25% plus cher que les autres, et le chiffre d'affaires du programme a bondi de 319 millions de dollars en 2024 à 530 millions en 2025. Ferrari a adopté une approche similaire. Une Ferrari d'occasion certifiée devient la porte d'entrée pour de nouveaux clients et permet aux anciens de monter en gamme. Hermès, à l'inverse, a abandonné ce marché aux revendeurs et aux maisons de vente, avec des conséquences prévisibles. Cette stratégie a ouvert la voie à deux phénomènes néfastes : des spéculateurs achètent désormais en boutique uniquement pour revendre avec une marge, tandis que des copies de plus en plus sophistiquées polluent le marché. Pourtant, qui mieux qu'un artisan Hermès pourrait distinguer un authentique Birkin d'une contrefaçon ? La leçon reste universelle : aucun actif n'échappe à la loi de l'offre et de la demande, et toute marque qui ne contrôle pas la revente de ses produits finit par subir le marché au lieu de le maîtriser. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Donald Trump a-t-il perdu son pari en voulant affaiblir la Chine en attaquant l'Iran ?11 May 202600:04:17
Mercredi prochain, Donald Trump posera les pieds à Pékin pour son grand sommet avec Xi Jinping. Il va arriver dans la capitale chinoise avec, dans ses bagages, un bilan qu'aucun de ses conseillers n'avait osé prédire : sa guerre contre l'Iran a renforcé la Chine. Elle mérite qu'on s'y arrête parce qu'elle bouscule à peu près tout ce qu'on nous a raconté ces derniers mois. Reprenons depuis le début. En février dernier, quand les États-Unis et Israël frappent l'Iran, le récit, en tout cas officieux, à Washington, est limpide. La cible réelle, ce n'est pas Téhéran, c'est Pékin. Pourquoi? Pour faire flamber le pétrole, que la Chine importe massivement par le détroit d'Ormuz, et étrangler ainsi l'économie chinoise. Du Trump grand stratège, joueur d'échecs en quatre dimensions, comme aiment d'ailleurs à le présenter ses partisans. Plusieurs mois plus tard, regardons les faits : la Chine a encaissé le choc. Elle avait des stocks. Elle a régulé les prix. Et son économie a tenu. Mieux encore: la Chine a transformé la crise en opportunité. Avec un pétrole cher et volatile, le monde entier accélère sa transition vers les énergies vertes. Et qui fabrique les panneaux solaires, les batteries, les éoliennes? La Chine, qui contrôle plus de 70% de la production mondiale. Les exportations chinoises de technologies propres explosent. Donc Trump a, sans le vouloir, doublé le chiffre d'affaires des usines de Shenzhen. Mais il y a plus subtil encore. À force de fâcher ses alliés à coup de droits de douane, le président américain a rendu Xi Jinping fréquentable. Depuis le Liberation Day d'avril 2025, c'est-à-dire le jour où il a imposé ses droits de douane, la popularité mondiale de la Chine dépasse celle des États-Unis. C'est du jamais vu. Et Pékin en profite. En mars dernier, le premier ministre chinois, Li Keqiang, réunissait les patrons du monde entier pour leur vanter la fiabilité chinoise. Pékin en havre de stabilité face à un Washington imprévisible, on aura tout vu. Et puis, il y a la monnaie. Le grand combat de Pékin, c'est d'internationaliser sa monnaie, le yuan, c'est de faire exister sa devise face au dollar. La guerre en Iran a tout accéléré. Depuis mars dernier, Téhéran, effectivement, laisse passer certains navires dans le détroit contre des paiements en devise chinoise, en yuan, ou en crypto-monnaie. D'autres pays se mettent d'ailleurs à utiliser les systèmes de paiement chinois pour se prémunir contre les sanctions américaines. C'est clair, c'est évident, le dollar n'a pas encore perdu sa couronne, rassurons-nous, mais sa couronne vacille. Bien sûr, tout n'est pas gagné pour Pékin. Si le Moyen-Orient continue à brûler, c'est clair que la croissance chinoise finira par en souffrir. C'est vrai aussi que l'Europe se méfie de plus en plus de la déferlante de produits verts chinois. Tant que Xi Jinping refusera de libéraliser ses contrôles de capitaux, la devise chinoise, le yuan, restera un challenger du dollar, mais pas un rival sérieux du billet vert. La leçon de ces derniers mois est cinglante : Donald Trump croyait jouer aux échecs en quatre dimensions. En réalité, il jouait aux dames et il s'est fait souffler ses pions. Reste à savoir, ce mercredi à Pékin, lequel des deux hommes en a vraiment conscience. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Créer de l’attachement : le nouveau terrain de jeu des géants de l’IA12 May 202600:04:30
Aujourd'hui, nous allons parler d'un homme qui, quelque part à San Francisco, sourit, voire même rigole tout seul dans son bureau. Cet homme s'appelle Dario Amodei. Il dirige Anthropic, une des sociétés les plus influentes dans la course mondiale à l'intelligence artificielle. C'est le "créateur", si je puis dire, du chatbot Claude. Cet homme, Dario Amodei, vient de recevoir gratuitement le plus extraordinaire des cadeaux publicitaires. Un cadeau signé Richard Dawkins, le pape de l'athéisme, sans jeu de mots. Il a 85 ans. Il est biologiste réputé de l'université d'Oxford. C'est l'un des plus grands Pesprits sceptiques du XXe siècle. C'est l'homme qui, en 2006, a écrit un livre, "Pour en finir avec Dieu", qui a dynamité méthodiquement tous les arguments en faveur d'une puissance supérieure. Richard Dawkins, c'est l'incarnation du "montrez-moi les preuves". Bref, tout le contraire d'un naïf. Ce scientifique vient de passer deux ou trois jours à discuter avec Claude, donc le chatbot d'Anthropic. Il lui a soumis le manuscrit d'un roman qu'il écrit. La machine, si je puis dire, lui a répondu avec, je cite, un niveau de compréhension si subtil, si sensible, si intelligent que Richard Dawkins a fondu". Il a rebaptisé sa machine Claudia et il a fini par lui dire "tu ne sais peut-être pas que tu es consciente, mais tu l'es sacrément". Donc l'homme qui a passé 40 ans de sa vie à expliquer que ressentir quelque chose ne prouve rien, s'est presque converti parce qu'une IA a compris son roman, cherchez l'erreur. Maintenant, oubliez deux minutes le scandale philosophique. Regardez la mécanique commerciale. Parce que là derrière, se joue une bataille à plusieurs centaines de milliards. Aujourd'hui, Claude, ChatGPT, Gemini, le chat de Mistral... pour le grand public, c'est à peu près les mêmes choses. Les capacités sont en train de converger. Et quand les produits deviennent quasiment identiques, indiscernables, sur quoi se joue la différence? Sur l'attachement. Les marketeurs ont un mot pour ça, en anglais, la stickiness. Ça veut dire la viscosité, ce qui vous colle à la peau. Or ce qui colle un humain à un produit, c'est l'émotion. Si vous croyez que votre IA ressent quelque chose, vous ne changez plus de fournisseur. Vous l'humanisez, votre IA. Vous la défendez. Vous la baptisez Claudia. Ce n'est plus un abonnement, c'est un mariage avec votre IA. C'est exactement pour ça que les patrons de l'intelligence artificielle n'ont aucun, mais aucun, intérêt à tuer ce mythe. Chez OpenAI, Ilya Sutskever, un scientifique, avait déjà laissé entendre que GPT-4 pouvait être légèrement conscient. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais il sait ce qu'il a dit. Dario Amodei, lui, dit aujourd'hui qu'il ne sait pas si ses modèles sont conscients, mais qu'il reste ouvert à l'idée. Traduction commerciale : surtout ne fermez pas la porte. Le doute est rentable, le mythe c'est le fossé qui vous sépare de vos concurrents, c'est la barrière à la sortie, c'est la menotte dorée qui empêche vos abonnés de vous quitter. Donc la véritable question demain ne sera plus : quelle IA est la plus puissante? Ce sera : laquelle ai-je envie de retrouver le soir en rentrant du travail? Le jour où des milliards d'humains répondront Claudia, la guerre commerciale sera finie.  Derrière cette histoire qui ressemble à une plaisanterie se cache, vous allez le voir, --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Détroit d'Ormuz : les voyages en avion vont-ils redevenir un luxe ?13 May 202600:04:18
Vos prochaines vacances en avion risquent de vous coûter beaucoup plus cher que prévu. Pourquoi ? Parce que le kérosène a doublé, parce que les compagnies aériennes low-cost commencent à trembler de peur, et parce qu’en Europe, trois géants se préparent à rafler la mise. Amid Faljaoui décrypte les bouleversements du ciel européen et leurs conséquences sur votre portefeuille. Vous connaissez peut-être ces vols à 20 ou 30 euros pour passer un week-end à Barcelone ou à Rome. Profitez-en car cette époque pourrait bien être révolue. Depuis le début de la guerre Iran-États-Unis, le détroit d'Ormuz est fortement perturbé. Cette route s'avère stratégique puisqu'une partie importante des importations européennes de kérosène, le carburant des avions, dépend directement ou indirectement de cette région. Résultat : le prix du kérosène a flambé jusqu'à plus que doubler sur certains marchés européens. Cette situation est particulièrement grave car dans une compagnie aérienne, le carburant constitue souvent le premier poste de dépenses. Quand ce poste explose, les bénéfices fondent très rapidement. Concrètement, la compagnie allemande Lufthansa a annoncé de fortes réductions de capacités pour cet été, tout en accélérant la retraite de certains avions anciens très gourmands en carburant. Concernant les compagnies low-cost, il faut distinguer deux catégories. D'un côté, les plus solides comme Ryanair, qui ont couvert une partie importante de leurs achats de carburant à l'avance. Elles ont verrouillé une partie de leurs prix avant la flambée. De l'autre côté, les compagnies plus fragiles comme Wizz Air, qui a beaucoup misé sur certaines routes au Moyen-Orient et dispose de marges plus faibles. Ce qui se prépare en Europe, c'est probablement un très grand tri. Les compagnies les plus solides vont survivre. Les plus fragiles devront réduire leurs lignes, chercher des partenaires ou se faire racheter. Les grands groupes observent cette situation de très près car moins de concurrents signifie moins de pression sur les prix et, à terme, des billets plus chers. Si la crise au détroit d'Ormuz se calme rapidement, le secteur encaissera le choc. Mais si elle perdure, les compagnies aériennes supprimeront des routes, augmenteront les prix et les ménages renonceront à certains voyages. Pendant 30 ans, nous nous sommes habitués à prendre l'avion presque comme le train ou le métro. Demain, le voyage en avion risque de redevenir ce qu'il a été très longtemps : non pas un luxe inaccessible, mais un petit luxe auquel on réfléchit avant de s'offrir. Mots-clés : KLM, Air France, Easyjet, pénurie, marchés financiers, capital, vente à découvert, baisse, action, IAG, British Airways, essence, courses, loyer --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Iran, nucléaire, Taïwan : les tabous de la rencontre Trump-Xi Jinping15 May 202600:04:18
Donald Trump et Xi Jinping se sont retrouvés à Pékin autour d'un banquet somptueux : canard laqué, soupe de homard, et même du tiramisu italien servi à un président qui ne boit pas de café. Mais derrière ce festin, trois sujets brûlants n'ont absolument PAS été abordés. Trois silences qui pourraient redessiner l'équilibre du monde, du Japon jusqu'au Brésil. Amid Faljaoui notre chroniqueur économique nous explique pourquoi ces non-dits valent tous les discours. La scène se déroule à Pékin : Donald Trump et Xi Jinping, les deux hommes les plus puissants du monde, se retrouvent autour d'une table de banquet. Mais derrière les fourchettes, l'essentiel réside dans ce que ces deux dirigeants n'ont pas abordé. Cette histoire diplomatique tient en une seule phrase : ce sont parfois les silences qui parlent le plus fort. Premier silence : l'Iran. Trump et le président chinois ont expédié le sujet en 30 secondes. D'accord, Téhéran ne doit pas avoir la bombe. Un traitement expéditif pour la crise nucléaire la plus dangereuse du moment. Deuxième silence : la Chine elle-même est devenue une puissance nucléaire colossale. Aujourd'hui, Pékin dispose de 600 ogives nucléaires avec l'ambition d'en posséder 1000 d'ici 5 ans, objectif : atteindre la parité avec les arsenaux américain et russe. Les deux dirigeants n'ont pas dit un seul mot sur le sujet. Le troisième silence est le plus explosif : Taïwan. Le président chinois a prévenu Trump que cette petite île pouvait provoquer une situation extrêmement dangereuse. À la sortie, Trump s'est contenté de dire que la Chine était belle, que la Chine était magnifique. La stratégie de Pékin est d'une finesse redoutable. La Chine n'attend pas du tout un grand renversement officiel. Elle espère une phrase ambiguë de Donald Trump qu'elle pourra ensuite brandir pour dire au monde : "Regardez, l'Amérique est en train de lâcher Taïwan". Et là, tous les pays asiatiques qui vivent à l'ombre de la protection militaire américaine comme le Japon, la Corée du Sud ou encore les Philippines se poseraient la même question angoissante : "Si Washington abandonne Taïwan sur un coup de tête, qui nous garantit que dans le futur, en cas d'agression chinoise, l'Amérique viendra nous défendre ?" Le raisonnement est identique en Amérique latine. Selon l'agence d'information financière Bloomberg, les présidents brésilien, mexicain, chilien observent ce sommet américano-chinois avec un calcul pragmatique. Ils se disent : si les Américains eux-mêmes n'arrivent pas à couper le cordon ombilical avec la Chine, pourquoi iraient-ils sacrifier leurs relations commerciales avec Pékin pour faire plaisir à Washington ? En diplomatie, le menu compte toujours moins que les silences. Le silence de Trump et du président chinois sur ces trois sujets qui peuvent embraser la planète vaut tous les discours. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Netflix modifie le paysage médiatique francophone en lançant un abonnement avec publicité18 May 202600:04:18
C’est officiel, Netflix lancera son abonnement avec publicité en Belgique dès 2027. Cette formule publicitaire existe déjà depuis 2022 dans une douzaine de pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis…) mais pas chez nous. Cette annonce a été faite fin de la semaine dernière à New York. Pour les abonnés, ça va changer la donne, et pour le paysage médiatique francophone encore plus. En 2020, Red Astings, le patron de Netflix, disait que son modèle sans publicité, donc de streaming sans publicité, était le meilleur. Pas par morale, par simple calcul. Deux ans plus tard, donc en 2022, c’est un virage à 180 degrés : il a introduit la publicité. Et ça paye, visiblement, puisque Netflix vise 3 milliards de dollars de recettes publicitaires en 2026. C’est déjà le double de 2025. Vous allez me dire, pourquoi étendre la publicité à la Belgique et à d’autres pays maintenant ? C’est simple : parce que la croissance des abonnés ralentit un peu partout dans le monde, parce que les hausses de prix atteignent leurs limites, et parce que la concurrence se durcit. En février dernier, Netflix a perdu la bataille pour le rachat de Warner Bros. La chaîne Discovery a été raflée par Paramount et, si l’opération se finalise, Paramount va récupérer la chaîne HBO, le blockbuster des Harry Potter, des Game of Thrones et même la chaîne CNN. Bref, de quoi détourner pas mal d’abonnés. Donc Netflix, c’est simple, doit trouver de l’oxygène. Et l’oxygène, c’est la pub : c’est plus rentable qu’un blockbuster. Une fois que la machine est mise en place, il suffit de vendre l’attention, la nôtre, notre attention qui est déjà captée, et l’attention, effectivement, Netflix en a beaucoup. Vous allez me dire, combien d’abonnés vont claquer la porte ? Difficile à dire, mais Netflix a déjà fait son calcul. Là où la formule publicitaire existe déjà, plus de 60% des nouveaux abonnés la choisissent. Ça, c’est pour le côté consommateur. Deuxième front, le marché publicitaire belge. Netflix, en effet, ne vient pas que chercher des abonnés. Il vient aussi chercher des budgets publicitaires auprès des annonceurs. Les premiers visés et les premières victimes, si je puis dire, ce seront les acteurs commerciaux. Côté francophone, RTL Belgique est en première ligne. La RTBF est mieux protégée par sa dotation publique. Mais RTL, les plateformes vidéo locales, les régies belges, toutes vont voir débarquer un concurrent mondial avec une arme redoutable, c’est-à-dire la publicité programmatique. C’est quoi la publicité programmatique ? C’est de la pub achetée en temps réel, ciblée bien plus finement qu’à la télé classique. À la télé, tout le monde voit à peu près la même pub. Sur Netflix, l’annonceur visera des segments plus précis. Un amateur de polar recevra une pub. Sa voisine, qui est fan de comédie, recevra une autre pub. Alors, la télé belge fait aussi de la publicité programmatique sur Auvio ou sur RTL Play. Mais c’est à petite échelle. Netflix débarque avec une marque mondiale, des millions et des millions d’heures d’attention et des partenaires aussi solides que Amazon ou Yahoo. La véritable leçon de cette info, c’est que pendant 15 ans, le streaming nous a vendu une libération : payez et fini la pub. On peut le dire aujourd’hui, la promesse a été trahie. Aujourd’hui, on paye et on regarde la pub. Netflix n’a donc pas tué la télé, Netflix a inventé. Ou pire, la télé payante avec de la publicité, c’est-à-dire le pire des deux mondes. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Finfluenceurs : comment TikTok ruine les jeunes investisseurs19 May 202600:04:17
La femme d'Amid Faljaoui lui a envoyé un TikTok sur les deuxièmes enfants. Amid pense à son fils, c'est exactement lui. Sauf que tout est faux. Et derrière cette petite vidéo, il y a une économie de plusieurs centaines de milliards, et un piège qui ruine aujourd'hui des milliers d'investisseurs en Bourse. Amid Faljaoui nous explique tout ça dans sa chronique économique. Selon cette vidéo TikTok, un premier et un deuxième enfant n'auraient jamais le même caractère. Quand l'aîné arrive, tout tourne autour de lui, il reçoit toutes les attentions, toutes les règles, toutes les attentes des parents. Il apprend à obéir, il demande "est-ce que j'ai le droit ?". Quand le deuxième enfant arrive, l'aîné a fixé les règles du jeu, et pour exister, le deuxième fait l'inverse : il négocie au lieu d'obéir et conteste au lieu de se conformer. Le deuxième enfant serait donc fait pour la rébellion et la prise de risque. Cette vidéo a pourtant tort ! Cette théorie du deuxième enfant sort d'un livre américain de 1996 signé Frank Sullivan, un best-seller à l'époque. Mais en 2015, une chercheuse allemande, Julia Rohrer, a voulu vérifier cette théorie. Elle a fait passer des tests de personnalité à 20.000 adultes en Allemagne, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, comparant dans chaque famille l'aîné et le deuxième enfant. Résultat ? Zéro différence. Cette vidéo révèle une économie qui pèse des centaines de milliards. Si on y croit, c'est à cause de "l'effet Barnum", du nom de ce forain américain célèbre qui prétendait que dans ses spectacles, il y a quelque chose pour tout le monde. C'est ce qui fait tourner les réseaux sociaux : une vidéo qui vous flatte, qui vous range dans une case sympathique, c'est ce qui marche le mieux. Vous likez, vous partagez. Et quand vous multipliez ça par 100 millions, vous avez une machine à fabriquer de l'argent. La psychologie sur TikTok n'est pas là pour instruire, elle est là pour garder les utilisateurs devant leur smartphone. Le même piège existe aussi en bourse sur TikTok. Des gens se présentent comme des spécialistes de la bourse, les finfluenceurs, ils expliquent que telle action va exploser, que telle crypto-monnaie va rendre riche. On vous flatte, on vous fait croire que vous avez compris quelque chose. Beaucoup de jeunes investisseurs s'informent uniquement sur TikTok et certains y laissent leurs économies. La leçon de cette chronique "économico-psychologique" est simple. Quand une explication tombe trop bien sur votre cas, méfiez-vous. Soit elle est si vague qu'elle colle à n'importe qui, soit elle est fabriquée exprès pour vous plaire. Et dans ce cas, ce n'est pas du savoir, c'est un produit. Et derrière le produit, il y a quelqu'un qui touche le chèque. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Intelligence artificielle : quatre pistes d’action pour éviter l'apocalypse sociale20 May 202600:04:39
En 1900, il y avait vingt millions de chevaux au travail aux États-Unis. Soixante ans plus tard, il en restait moins de trois millions. Pas parce qu'ils étaient devenus mauvais mais parce qu'ils ne rapportaient plus assez. Et si, avec l'intelligence artificielle, c'était à notre tour ?" Cette question provocante, posée par le chroniqueur économique Amid Faljaoui, interroge notre avenir face à la révolution de l'IA. Avec l'intelligence artificielle, les humains risquent-ils de subir le même sort que les chevaux du XXe siècle, remplacés massivement par des machines plus rentables ? À ce jour, rien ne valide ce scénario catastrophe. Le taux d'emploi en Europe et aux États-Unis atteint l'un de ses plus hauts niveaux historiques. Malgré les crises, l'inflation, les tensions géopolitiques et l'émergence de l'intelligence artificielle, les statistiques ne révèlent aucune destruction massive d'emplois. Paradoxalement, ceux qui parlent le plus de l'apocalypse de l'emploi sont les patrons de l'intelligence artificielle eux-mêmes : Sam Altman, le dirigeant de ChatGPT, ou encore Dario Amodei chez Anthropic. La raison est simple : plus leur technologie paraît disruptive, plus la valorisation de leur entreprise s'envole. Il s'agit donc d'un discours commercial, mais à force de répétition, ils installent la peur dans l'opinion publique. Le vrai danger ne réside pas dans le chômage de masse, mais dans le fait que tous les bénéfices de l'intelligence artificielle se concentreront dans les poches de quelques dizaines de milliers de personnes sur 8 milliards d'êtres humains. Pendant ce temps, l'IA dévore tout ce dont elle a besoin : l'électricité, le foncier, les minerais rares. Les conséquences concrètes se font déjà sentir : les factures d'électricité grimpent, le prix du logement flambe, et malgré un travail constant, le pouvoir d'achat diminue. Cette révolution silencieuse redistribue les cartes économiques sans que la majorité de la population en bénéficie. Face à cette situation, le magazine The Economist propose quatre solutions concrètes. Premièrement, taxer les entreprises qui s'enrichissent grâce à l'IA plutôt que ceux qui travaillent. Deuxièmement, garantir un revenu de remplacement à la danoise. Troisièmement, renforcer les droits de succession pour éviter qu'une caste de rentiers se constitue et transmette sa fortune indéfiniment. La quatrième piste, la plus radicale, consiste en un dividende citoyen. L'idée : nationaliser partiellement les géants de l'intelligence artificielle ou les contraindre à reverser une part de leurs bénéfices à tous les citoyens. Un message urgent s'adresse aux responsables politiques qui s'occupent encore trop peu d'IA : il ne faut pas attendre que la maison brûle pour acheter l'extincteur. Car les chevaux, eux, n'ont jamais eu droit à un plan de reconversion. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Le retour de la 2CV en version électrique : un aveu de dépendance pour l'Europe ?22 May 202600:04:23
La mythique 2-2, comme on l’appelait à l’époque, c’est-à-dire la 2 chevaux, pourrait bien renaître. Pas exactement la 2 CV de nos grands-parents mais, tout de même, une petite Citroën électrique inspirée de cette icône automobile. La maison mère Stellantis prépare pour 2028 une génération de citadines électriques fabriquées en Europe, avec un objectif choc : un prix tournant autour de 15.000 euros. Est-ce une belle histoire de nostalgie qui va revenir là ? En apparence seulement : derrière ce retour de la voiture populaire, il y a surtout un aveu de faiblesse de l’industrie européenne. Je m’explique. A la fin des années 2010, les constructeurs européens avaient abandonné peu à peu les petites voitures abordables comme la Citroën C1 ou la Peugeot 108. Parce que les normes de sécurité et de dépollution rendaient ces modèles de moins en moins rentables : sur une petite auto vendue à bas prix, chaque équipement supplémentaire coûte cher. Donc les marques automobiles ont préféré fabriquer plus gros et surtout des SUV, beaucoup plus rémunérateurs, évidemment. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Le marché des voitures neuves à moins de 15.000 euros s’est presque vidé. Dans ce désert, évidemment, les constructeurs chinois ont vu une autoroute avec des électriques simples, bien équipées et très agressives sur les prix. Et aujourd’hui ? Aujourd’hui, l’Europe automobile tente de revenir sur le terrain qu’elle avait déserté. Renault a ressorti la R5, Fiat mise sur sa Panda et Citroën pourrait jouer la carte plus émotionnelle : une descendante spirituelle de la 2 chevaux. Mais comment fabriquer en Europe une petite électrique populaire, sans perdre de l’argent ? La réponse n’est pas totalement officielle, mais elle est tout de même lisible quand on regarde les communiqués de presse. Pour tenir ce prix, Stellantis pourrait devoir s’appuyer sur son partenaire chinois, Lipmotor, ou au moins sur une partie de son écosystème technologique (plateforme, composant, batterie). Pour le moment, rien n’est confirmé pour cette future Citroën, mais c’est vrai que le groupe Stellantis reconnaît vouloir renforcer sa compétitivité en mobilisant l’écosystème chinois du véhicule électrique, tout en produisant davantage en Europe. Donc pour ressusciter la voiture populaire européenne, l’Europe devra peut-être emprunter une partie de sa recette à Pékin. La Commission européenne tente de corriger le tir pour aider les constructeurs automobiles européens. On parle d’un cadre européen pour les petites électriques avec des règles adaptées, des super crédits carbone et des soutiens pour produire localement. Et tout ça est nécessaire et ce sera peut-être une bonne nouvelle pour les automobilistes. Mais il ne faut pas se tromper d’histoire ou de récit. En 1948, c’est vrai que la 2 chevaux originale était un miracle d’ingéniosité française. Elle était légère, elle était simple, elle était bon marché. Mais en 2028, sa lointaine héritière, pourrait être plutôt un bel objet marketing, une réponse industrielle certes utile, mais aussi le révélateur d’une dépendance. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Elon Musk trillionnaire : le "hold-up poli" de SpaceX21 May 202600:04:08
Le 12 juin prochain, Elon Musk pourrait devenir le premier trillionnaire de l'Histoire. Il pèserait mille milliard de dollars à lui tout seul. Vous allez l'entendre partout cette semaine. Sauf que derrière le chiffre vertigineux, c'est un trompe-l'œil. Et même, selon Amid Faljaoui, ce serait un "hold-up poli". Le 12 juin prochain, SpaceX, la société de fusées d'Elon Musk, viserait une entrée en bourse au Nasdaq. SpaceX n'a pas encore confirmé officiellement cette information. Mais si cette opération se concrétise, Elon Musk pourrait effectivement devenir le premier trillionnaire de l'histoire. Les chiffres donnent le vertige : SpaceX pourrait être valorisée jusqu'à 1750 milliards de dollars. Mais ce chiffre vertigineux est un peu trompeur. Premier élément souvent oublié dans cette équation : Elon Musk n'a pas besoin d'attendre le 12 juin pour être riche. Sa fortune personnelle est déjà estimée à 780 milliards de dollars. L'entrée en bourse ne va pas le rendre encore plus riche, elle va surtout rendre visible une richesse que les marchés valorisaient déjà en privé. Ce n'est donc pas une naissance, c'est plutôt un dévoilement de ce qui existe déjà. Deuxième élément, plus dérangeant : cette opération, bien qu'évidemment légale, ressemble néanmoins à un hold-up poli. La raison ? Il y aurait deux catégories d'actions distinctes. Les petits investisseurs achètent une action et obtiennent droit à une voix. Elon Musk, lui, conserve des actions spéciales où une action lui donne droit à dix voix. Résultat : avec une petite partie du capital, Elon Musk garderait environ 80% du pouvoir de décision. Troisième élément troublant : le prix demandé reste vertigineux. Cette valorisation de 1750 milliards de dollars représente 100 fois ce que SpaceX gagne actuellement en un an. Les investisseurs paieraient donc un prix énorme pour des profits qui n'existent pas encore. Ils parient que Starlink deviendra un géant mondial de l'Internet, que Starship révolutionnera le transport spatial et que les contrats publics se multiplieront exponentiellement. C'est un sacré pari, et l'histoire de la bourse invite plutôt à la prudence. Selon une étude du Nasdaq lui-même, trois ans après leur entrée en bourse, près de deux sociétés sur trois accusent un retard de plus de 10% sur le marché. Dernier élément, peut-être le plus contre-intuitif : même trillionnaire, Musk ne pourra jamais vraiment dépenser cette fortune. Pourquoi ? Parce qu'elle serait principalement composée d'actions SpaceX. S'il en vend ne serait-ce que 1%, le marché boursier s'inquiétera. D'autres investisseurs suivront, vendront à leur tour, le cours baissera et sa fortune diminuera mécaniquement. C'est le paradoxe des ultra-riches : leur richesse existe tant qu'ils n'y touchent pas. Si l'opération se confirme le 12 juin, ce ne sera pas seulement une entrée en bourse, ce sera un précédent. Wall Street applaudirait une entreprise valorisée comme un empire, en laissant tout le pouvoir à un seul homme. Avec une gouvernance totalement verrouillée, ce n'est pas un investissement ordinaire, c'est clairement un pari sur un mythe. Mots-clés : New York, PIB, Belgique, Saudi Aramco, Facebook, Meta --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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"Apprenez à juger, pas à coder" : le conseil surprenant de la boss d'Anthropic à ses enfants26 May 202600:03:48
La patronne de l'une des IA les plus puissantes du monde a dit au Wall Street Journal ce qu'elle conseille à ses propres enfants. Ce n'est pas "apprenez à coder". C'est tout l'inverse. Et ça change tout pour vos enfants en blocus comme l'explique Amid Faljaoui dans la chronique économique. En ce moment, les étudiants sont en blocus et certains parents s'interrogent : à quoi bon ces efforts si l'intelligence artificielle va bouleverser le monde du travail ? Cette question légitime trouve une réponse inattendue dans les propos de Daniela Amodei, présidente et cofondatrice d'Anthropic, la société qui développe Claude, l'une des intelligences artificielles les plus performantes au monde. Interrogée récemment par le Wall Street Journal sur les conseils qu'elle donne à ses propres enfants, sa réponse détonne. Elle ne leur dit pas "apprenez à coder", mais plutôt "apprenez à penser par vous-même, apprenez à juger, à décider". La femme qui construit la machine conseille à ses enfants exactement ce que cette machine ne sait pas faire. L'intelligence artificielle peut produire mille réponses en une seconde, mais elle ne vous dira jamais laquelle compte vraiment pour votre vie. Elle ne choisit pas à votre place, ne juge pas, n'assume rien. Donnez la même IA à deux personnes : l'une se noiera sous les réponses, l'autre saura laquelle retenir et pourquoi. La différence entre ces deux personnes n'est pas la machine, c'est la clarté d'esprit. Cette clarté, c'est savoir ce qui compte, savoir ignorer le reste, savoir trancher. L'IA est un moteur surpuissant, la clarté d'esprit représente la main sur le volant. Le blocus n'apprend pas à votre enfant à aller plus vite que la machine, mais il lui apprend à devenir celui qui tient ce volant, à trier, hiérarchiser, décider seul sous pression. Ce muscle-là ne se développe que dans la difficulté. En 1971 déjà, le prix Nobel d'économie Herbert Simon avait tout anticipé. Il prédisait que lorsque l'information deviendrait infinie et gratuite, elle ne vaudrait plus rien. Ce qui deviendrait rare, donc précieux, c'est la capacité à voir clair dans le bruit. En économie, le prix d'une chose dépend de sa rareté. Aujourd'hui, le bien le plus rare, c'est un esprit clair. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Les États-Unis lâchent-ils vraiment l’Europe… ou présentent-ils juste l’addition ?29 May 202600:04:32
Tu es un rédacteur spécialisé en info et culture populaire, capable d’adapter un ton sérieux et journalistique au style dynamique de Classic 21 (RTBF). Ta mission : - Lire attentivement l’article reproduit ci-dessous (écrit par le directeur de Trends-Tendances). - Identifier son angle, son enjeu principal et le point de tension. - Proposer **5 titres percutants**, dont **au moins 3 sous forme de question**, adaptés au public de la RTBF / Classic 21. - Le ton doit être : - clair, vif et accrocheur ; - journalistique mais accessible ; Contraintes : - Les titres doivent être courts (maximum 12 à 15 mots). - Pas de jargon économique trop lourd. - Chaque titre doit pouvoir tenir seul en homepage web. Texte : L'Amérique serait en train de tourner le dos à l'Europe. C'est vrai, en partie du moins, parce que selon le Wall Street Journal, le Pentagone s'apprêterait à réduire fortement les forces qu'il enverrait nous défendre en cas de conflit. On parle d'un tiers, parfois même de la moitié. Ces soldats, ces avions, ces navires ne disparaissent pas, ils partent vers l'Asie pour faire face à la Chine. Forcément, le premier réflexe, c'est de crier à la trahison. On se dit, les Américains nous lâchent. Si ce n'était pas une trahison, mais simplement la fin d'un abonnement ?  Depuis 1945, l'Europe vit tranquillement sous le parapluie américain. Un parapluie qui ne nous coûtait presque rien, si je puis dire. Pendant que Washington payait les chars, nous, on pouvait financer nos retraites, nos hôpitaux, nos belles routes. On a appelé ça d'ailleurs le dividende de la paix. Mais, au fond, c'était une énorme subvention de sécurité payée par le contribuable américain. Cette subvention aujourd'hui s'arrête. Pas par méchanceté, mais par calcul cynique. Parce que le véritable adversaire des Américains aujourd'hui, ce n'est plus la Russie, c'est la Chine. Ce virage vers l'Asie, ce n'est même pas une idée de Trump : c'est Obama qui l'avait lancé dès 2011. Trump ne fait qu'accélérer le mouvement. Du coup, en Europe, un mot revient partout : l'autonomie stratégique. Ca sonne bien, ça fait très fier. Sauf que derrière ce joli mot, cette jolie expression, il y a une facture. Et c'est nous qui allons la payer. Mettons un chiffre là-dessus. L'an dernier, au sommet de l'OTAN à La Haye, les Alliés se sont engagés à consacrer 3,5% de leur richesse nationale à la défense, alors qu'on est plutôt autour de 2% aujourd'hui. Pour la Belgique, par exemple, cet écart représente environ 10 milliards d'euros en plus, chaque année. Pour un pays déjà en déficit, qui a déjà été mis sous surveillance négative par l'agence de notation Moody's, ça revient à doubler notre budget de la défense. La véritable question n'est pas de savoir si l'Europe va se défendre, c'est de savoir ce qu'on va couper pour payer ça? Les pensions? Les hôpitaux? Ou alors on empruntera encore plus et on se fera sans doute dégrader une fois de plus. Cela dit, soyons honnêtes, rien n'est encore joué. L'OTAN existe toujours. C'est sans doute aussi une façon de faire pression avant le sommet d'Ankara en juillet prochain. En clair, payez plus, sinon on s'en va. Trump négocie donc autant qu'il se retire. Mais, sur le fond, le constat est là : il reste. Le problème aujourd'hui c'est que l'Europe achète sa défense chacun dans son coin. 27 pays, 27 armées, et donc 27 gaspillages. Si on dépense plus chacun de son côté, on va creuser la dette pour rien. Mais si on décide, enfin, de dépenser ensemble, de mutualiser, de bâtir une véritable industrie commune, alors là, oui, ça peut devenir de la croissance et de la véritable souveraineté. Autrement dit, le vrai danger ne vient pas de Washington. Il vient de nous, de notre vieille habitude de payer cher et de choisir mou, si je puis dire. Trump nous présente l'addition, c'est clair, et la seule question qui compte, c'est de savoir si, cette fois, elle va enfin nous forcer à grandir.  très salée même : pour la Belgique, on parle de dix milliards d’euros de plus. Chaque année. Amid Faljaoui va vous expliquer pourquoi ce qui ressemble à une mauvaise nouvelle pourrait bien être, au fond, la meilleure chose qui pouvait nous arriver. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Ozempic peut-il ressusciter les centres commerciaux ?28 May 202600:03:55
Imaginez un médicament. Un seul. Capable de faire revivre des centres commerciaux entiers. Ça paraît fou ? C'est pourtant la thèse très sérieuse du Financial Times. Une molécule qui change l'appétit, puis la garde-robe, puis votre manière de consommer. Amid Faljaoui vous explique comment votre corps est devenu un sujet de macroéconomie. La question posée par le Financial Times interpelle : un médicament contre l'obésité peut-il réellement sauver des centres commerciaux ? Les traitements contre le diabète comme Ozempic ou Wegovy sont aujourd'hui massivement détournés pour perdre du poids. Un adulte américain sur huit en a pris en 2025, soit déjà deux fois plus qu'en 2024. Cette explosion d'usage génère des conséquences inattendues sur l'économie globale. Si des millions de personnes ont moins faim, elles mangent et boivent mécaniquement moins. Des entreprises comme Coca-Cola, McDonald's ou les fabricants de snacks observent ce phénomène avec une inquiétude grandissante. Leurs chiffres d'affaires commencent à refléter cette baisse d'appétit généralisée, créant un nouveau défi pour ces géants de l'industrie alimentaire. Mais il existe un effet moins visible et pourtant considérable : celui des vêtements. Aux États-Unis, certaines enseignes constatent déjà une baisse des ventes de grandes tailles au profit des plus petites tailles. La logique est implacable : quelqu'un qui perd 20 kilos ne rentre plus dans ses anciens vêtements et doit racheter pantalons, chemises, robes, costumes. Multipliez cette nécessité par des millions de personnes et vous obtenez un marché colossal. C'est ici qu'intervient la thèse étonnante du Financial Times. Si tous ces consommateurs doivent renouveler leur garde-robe, où vont-ils effectuer leurs achats ? Peut-être en partie dans les centres commerciaux, notamment ceux qui ont été vidés par Amazon, Zalando ou Shein depuis plus de dix ans. Ce médicament réussirait donc là où le marketing a échoué : ramener les clients en magasin physique. Il convient toutefois de rester prudent avec ce raisonnement. D'abord, on peut renouveler sa garde-robe sans nécessairement se rendre dans un centre commercial. Ensuite, on ne refait sa garde-robe qu'une seule fois, pas tous les mois. Or un centre commercial ne survit pas grâce à un achat ponctuel mais grâce à un trafic régulier et récurrent. La véritable question se situe ailleurs. Ces médicaments ne créent pas seulement une vague d'achats de vêtements. Ils donnent naissance à une nouvelle économie qu'on pourrait appeler "économie de la transformation personnelle". Une molécule modifie l'appétit, l'appétit transforme le panier de consommation du ménage, le panier influence la garde-robe, la garde-robe booste la confiance, et la confiance redéfinit la manière de consommer. La vraie interrogation n'est donc pas de savoir si Ozempic va sauver les centres commerciaux, mais plutôt qui va capter l'argent de cette métamorphose. Un business immense se dessine pour ceux qui sauront comprendre et exploiter cette transformation. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Faut-il endurcir ses enfants pour les préparer à un avenir plus facile ?27 May 202600:03:48
Dans l'entreprenariat, une scène revient régulièrement... Un patron, la soixantaine, qui a bâti sa boîte en 30 ans puis ses enfants n'en veulent pas, ne la reprendront pas. Là, vous voyez un homme se décomposer littéralement. Parce que cet homme, ça fait longtemps qu'il ne travaille plus pour l'argent. L'argent, il l'a. Il travaille pour transmettre. Et l'idée de vendre à un inconnu ou, pire, de devoir fermer l'entreprise, ça le déchire. Justement, il y a une vidéo qui tourne et qui parle exactement de cette peur, de cette angoisse-là. Ce serait le fondateur de Dubaï qui reçoit un journaliste qui lui demande "Que voyez-vous dans l'avenir de votre pays?" Le fondateur répond : "Mon grand-père montait un chameau, mon père aussi. Moi je conduis une Mercedes, mon fils une Land Rover et mon petit-fils en conduira une aussi. Mais mon arrière-petit-fils, lui, remontera sur un chameau." Le journaliste ne comprend pas cette phrase du fondateur de Dubaï, alors l'homme lâche la phrase, celle qui fait des millions de vues : "Les temps durs créent des hommes forts. Les hommes forts créent des temps faciles. Les temps faciles créent des hommes faibles. Et les hommes faibles créent des temps durs." Là, tous les parents qui écoutent se reconnaissent, parce que c'est exactement leur angoisse. J'ai trop protégé mes enfants, je les ai ramollis. Le confort les a rendus faibles. Sauf que le fondateur de Dubaï n'a jamais dit ça. Cette phrase ne vient pas du désert, d'une sagesse du désert, elle vient d'un roman. Voilà pour le mythe, passons maintenant à l'économie, aux choses réelles. Une étude célèbre, sur 20 années, concernant 3200 familles fortunées, a constaté que 70% d'entre elles perdent leur patrimoine à la deuxième génération et 90% à la troisième. Ces chiffres sont contestés, mais ils donnent une sorte d'ordre de grandeur. Le plus intéressant, c'est la cause : ce n'est pas la bourse, ce ne sont pas les impôts. Dans 6 cas sur 10, c'est la communication des familles qui ne parlent jamais d'argent, des héritiers qu'on n'a jamais préparés. Vous voyez le renversement? Le faux proverbe dit, dans cette vidéo : "Durcissez vos enfants". Et les vrais chiffres disent, "non, parlez-leur". Attention, ça ne concerne pas que les patrons ce que je vous raconte : la plupart d'entre nous n'avons pas d'entreprise à léguer, mais nous transmettons tous quelque chose (un rapport à l'argent, au travail, à l'effort). Et ça, ça se transmet pareil. Pas en privant, mais en parlant. Le véritable héritage, pour l'immense majorité des familles, ce n'est pas un bilan comptable, c'est ce qu'on dit à table. Parce qu'un héritage, entreprise ou pas, ne se perd jamais à la bourse, il se perd dans le silence. Alors voici mon idée : un enfant qui refuse votre héritage n'est sans doute pas un enfant faible, c'est souvent un enfant à qui on a demandé de signer, mais sans jamais lui avoir parlé. Donc le véritable fondateur de Dubaï n'a jamais parlé de temps durs, mais moi je vous le dis : ce ne sont pas les temps durs qui transmettent quoi que ce soit, c'est une conversation qu'on a eue à temps.  Vous avez forcément vu passer cette vidéo. Le fondateur de Dubaï, une histoire de chameau, et cette phrase virale : " les temps durs créent des hommes forts. " Des millions de vues, et puis tous les parents qui culpabilisent d’avoir trop gâté leurs enfants. Sauf qu’Amid Faljaoui notre chroniqueur économique a vérifié. Et ce qu’il a découvert va vous faire voir la transmission, votre argent et vos enfants, complètement autrement. C’est sa chronique, juste après. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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Et si vendre nos biens publics ne réglait rien au fond du problème ?01 Jun 202600:04:08
En 1985, un vieux premier ministre britannique prend la parole, Harold Macmillan, et il regarde Margaret Thatcher qui est en train de tout privatiser et lâche une formule qui est restée célèbre : c'est, dit-il, comme une famille ruinée qui vend d'abord l'argenterie, puis les beaux meubles et puis les tableaux de maître.  40 ans plus tard, on y est partout en Wallonie : nos grandes villes vendent leurs bijoux de famille. Charleroi, par exemple, met en vente un domaine de ski en Savoie, acheté en 1965. Aujourd'hui, le réchauffement climatique a fait fondre la neige, plus de ski et donc plus rien à en tirer. Liège vend sa célèbre maison de la presse. Quant à Mons, elle vend des maisons trop chères à rénover. Jusque là, on peut applaudir : vendre un domaine de ski sans neige, un bâtiment vide qui tombe en ruine, c'est du bon sens. Personne ne dit le contraire. Le problème est ailleurs : il est dans la façon de présenter ses ventes immobilières, comme si elles réglaient le budget. Là, il faut dire la vérité. Parce que Macmillan ajoutait une deuxième phrase, moins connue, mais très essentielle : ne confondez jamais ce que vous possédez et ce que vous gagnez. Prenons un exemple tout simple : vous vendez votre voiture, vous touchez 10.000 euros, une fois, et c'est tout. Par contre, votre salaire, lui, tombe chaque mois. Donc vendre la voiture, ça ne remplace pas un salaire, et c'est ça le piège. Et pour une ville, c'est pareil. Charleroi a vendu pour 4,5 millions d'euros de bâtiments en un an, ou un peu plus, mais son trou budgétaire reste de 74 millions. 4,5 millions face à 74 millions, on peut dire que c'est une goutte d'eau. Le plus frappant c'est que Charleroi est loin d'être mal géré. Au contraire, depuis que Thomas Dermine est à sa tête, d'après les chiffres qu'elle avance, c'est une des villes qui dépense le moins en Wallonie (211 euros par habitant pour fonctionner contre 308 en moyenne). Et cette ville a réduit son personnel d'un quart en 10 ans. C'est une ville qui serre tous les boulons. Et qui garde quand même 74 millions de trou budgétaire. C'est donc la preuve que vendre l'argenterie n'y changera rien. Pourquoi ce trou budgétaire? A cause des pensions, de la police, des pompiers, du CPAS. 234 millions par an, presque la moitié du budget. Et ça, ça revient chaque année. On vend donc un bout de montagne une fois, mais la facture des pensions, elle, revient tous les mois.  La meilleure preuve de ce que j'avance c'est Mons. Mons vend ses maisons trop coûteuses. Mais Mons refuse de vendre ses forêts. Pour quelle raison? Parce que ses forêts rapportent un million par an (du bois, de la chasse, de la pêche). Voilà donc une très bonne règle : on garde ce qui rapporte et on vend ce qui coûte. Le souci, c'est que tout le monde n'a pas de forêt. Charleroi, par exemple, ce sont surtout des écoles et des bureaux. Ça coûte, ça ne rapporte pas. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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AKT for Wallonia : célébrer l'entrepreneuriat et résoudre ses blocages02 Jun 202600:04:33
Ce mardi 2 juin, une soirée est organisée à Wavre pour célébrer l'entrepreneuriat wallon. Mais si l'on doit encore rappeler qu'il faut aimer les entrepreneurs, n'est-ce pas déjà le signe d'un problème ? Amid Faljaoui explique pourquoi le vrai défi n'est pas seulement de donner envie d'entreprendre, mais de faire grandir nos entreprises, de les financer et de garder nos centres de décision ici. La soirée "AKT for Wallonia", organisée par la Fédération Wallonne des entreprises, s'articule autour d'un mot d'ordre efficace : oser, valoriser, grandir. Cette initiative rappelle une réalité fondamentale. Sans entrepreneur, il n'y a pas de croissance durable, pas d'emploi solide et pas de nouvelles recettes fiscales. Mais quand une région doit expliquer qu'il faut célébrer l'entrepreneuriat, c'est qu'elle n'a pas totalement intégré cette évidence dans son économie. L'entrepreneur n'est pas une exception que l'on met en vitrine une fois par an. Il fait partie du paysage économique quotidien. La Wallonie n'a pas attendu cette soirée pour bouger. Depuis des années, des patrons, des incubateurs, des chambres de commerce, des investisseurs, des médias comme Trends Tendance, des écoles, des cercles d'affaires et des acteurs publics tentent de changer les mentalités. Ce travail existe déjà et produit des effets. Le récit entrepreneurial wallon n'est donc pas absent, mais il doit devenir encore plus fort. Car le récit compte. Une région qui ne raconte pas ses entrepreneurs finit toujours par décourager ceux qui pourraient le devenir. Cependant, le récit ne suffit pas. Le problème wallon est aussi économique, financier et psychologique. Point essentiel : nos entreprises sont souvent trop petites. Pour grandir, une entreprise a besoin de clients, d'énergie, de management, mais également de capitaux privés, de business angels, d'actionnaires patients, d'entrepreneurs qui ont réussi et qui acceptent de remettre une partie de leur argent gagné et de leur expérience dans le circuit. C'est ici que les patrons wallons doivent se regarder dans le miroir. Il ne suffit pas de demander plus d'esprit d'entreprise aux jeunes, aux écoles ou au pouvoir public. Ceux qui ont réussi doivent aussi se demander ce qu'ils font concrètement pour aider d'autres à se lancer, à reprendre, à grandir. Un autre sujet, plus délicat, mérite attention : certains patrons wallons manquent d'ambition de croissance. L'entrepreneur crée une belle PME, traverse les crises, embauche, construit une réputation, puis vend au moment où l'entreprise pourrait changer d'échelle. Résultat : des centaines d'entreprises sont vendues trop tôt et des sièges de décision partent. Cette soirée "AKT For Wallonie" remet donc le bon sujet sur la table. Un bon récit donne envie, mais ne finance pas la croissance et ne remplace pas le capital privé. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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