Cet été il a fait chaud. Très chaud.Le genre de chaleur où tu commences à considérer le banc de la galerie marchande climatisée comme une destination de vacances.
un collègue me regarde avec ma robe et me dit : “Vous les femmes, vous avez de la chance. Vous pouvez vous habiller comme vous voulez.”
Donc la robe est un privilège…. Je ne savais pas.
Parce que oui, sur le papier, j’ai plus de choix que lui : pantalon, robe, jupe, short…
Sauf qu’avoir plus de choix ne veut pas forcément dire être plus libre.
Parce qu’à partir du moment où une femme choisit ses vêtements, ce choix semble devenir une affaire collective. Tout le monde peut avoir son petit commentaire.
Il est vrai que le vêtement n’est pas seulement un morceau de tissu destiné à éviter de venir travailler nu. C’est un langage.
Entre dans un magasin de vêtements pour enfants, tu n’as même pas besoin de lire les panneaux.
D’un côté : rose, paillettes, licornes, petits hauts ajustés qui dit “sois jolie et restes loin des flaques de boue.”
De l’autre : bleu, gris, vert, dinosaures, fusées, pantalons solides. Des vêtements permettant manifestement de survivre à une expédition dans l’Himalaya.
Et cette collection printemps-été 2026 du patriarcat n’est pas tombée du ciel. Elle s’est construite progressivement.
Pour aller plus loin :
Christine Bard – Une histoire politique du pantalon
Joanne Entwistle – The Fashioned Body
En ce moment exposition à Paris:
Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle au Palais Galliera du 26 septembre 2026 au 14 février 2027.
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