Quand Pierre me contacte, il est ingénieur depuis plus de dix ans chez Airbus.
Un parcours solide, reconnu, dans une grande entreprise où tout est en place pour construire une belle carrière.
Et pourtant, une question s’installe.
Discrète au départ. Puis de plus en plus présente.
À quoi sert, au fond, ce que je fais ?
Pas dans une logique individuelle.
Mais dans un monde qui change.
Un monde fini, traversé par des limites physiques, écologiques, énergétiques.
Pierre est de ceux qui ne peuvent pas faire comme si.
Ses lectures — d’Olivier Hamant, d’Aurélien Barrau, de Jean-Marc Jancovici, des rapports du GIEC, ou encore de Pablo Servigne — viennent mettre des mots sur ce qu’il ressent déjà.
Un décalage grandissant entre les logiques de performance dans lesquelles il évolue…
et les enjeux réels du monde dans lequel nous vivons.
Ce désalignement n’est pas confortable.
Parce qu’il ne permet plus de se raconter d’histoire.
Parce qu’il oblige à regarder en face la finalité de son travail.
Notre travail a consisté à ne pas détourner le regard.
À prendre cette lucidité au sérieux.
À transformer cette tension en direction.