Dans la nuit du 7 au 8 mars 2014, le vol Malaysia Airlines MH370 quitte Kuala Lumpur à destination de Pékin. À bord du Boeing 777 se trouvent 239 personnes. Le trajet doit durer un peu moins de six heures et rien, au moment du décollage, ne laisse présager le drame qui va suivre.
Peu après une heure du matin, alors que l’appareil approche de l’espace aérien vietnamien, le contrôle malaisien demande à l’équipage de contacter Hô Chi Minh. Le pilote répond calmement : « Bonne nuit, Malaysia 370. »
Ce seront les derniers mots entendus depuis l’avion.
Quelques instants plus tard, le transpondeur cesse d’émettre. Le MH370 disparaît des écrans des contrôleurs civils sans lancer le moindre appel de détresse. Aucun message ne signale une panne, un incendie ou un détournement. L’appareil ne poursuit pourtant pas sa route vers Pékin. Il fait demi-tour, traverse de nouveau la Malaisie, puis prend la direction de l’océan Indien.
Quelqu’un semble avoir modifié sa trajectoire.
Pendant plusieurs heures, les autorités ignorent où se trouve l’avion. Les premières recherches sont lancées dans la mauvaise zone, en mer de Chine méridionale, sur le trajet qu’il aurait normalement dû suivre. Mais une découverte va bouleverser toute l’enquête.
Même après avoir disparu des radars, le terminal satellite du MH370 a continué à échanger automatiquement avec le réseau Inmarsat. Ces signaux, appelés « poignées de main », ne contiennent aucun message et ne donnent pas directement la position de l’appareil. Ils prouvent cependant qu’il est toujours alimenté et qu’il continue de voler.
Le dernier échange est enregistré à 8 h 19, près de sept heures après la dernière communication radio.
À partir de simples variations de temps et de fréquence dans ces signaux, des ingénieurs tentent de reconstituer le voyage invisible du Boeing. Leurs calculs conduisent vers une zone immense et presque inaccessible du sud de l’océan Indien, à des milliers de kilomètres de la route prévue.
Commence alors l’une des opérations de recherche les plus vastes et les plus coûteuses de l’histoire de l’aviation. Navires, avions et robots sous-marins inspectent des millions de kilomètres carrés. Pourtant, l’épave principale reste introuvable.
Plus d’un an après la disparition, un morceau d’aile est découvert sur une plage de La Réunion. D’autres débris apparaissent ensuite sur les côtes de l’océan Indien. Ils confirment que le MH370 s’est bien abîmé en mer, mais ils ne permettent ni de localiser précisément l’appareil ni d’expliquer ce qui s’est passé à bord.
Pourquoi le transpondeur a-t-il cessé de fonctionner ? Qui a fait demi-tour ? Pourquoi l’avion a-t-il continué à voler pendant des heures dans la direction opposée à Pékin ? Les passagers et l’équipage étaient-ils encore conscients ? Le pilote a-t-il volontairement conduit l’appareil vers l’océan, ou une succession de pannes a-t-elle transformé le Boeing en avion fantôme ?
Plusieurs scénarios ont été étudiés : un incendie, une dépressurisation, un détournement, une intervention extérieure ou un acte volontaire commis depuis le cockpit. Certaines hypothèses correspondent à une partie des faits, mais aucune ne permet encore de reconstituer avec certitude l’ensemble de la nuit.
Douze ans après la disparition, le mystère reste entier. Les données satellites dessinent une trajectoire probable. Les débris prouvent que l’avion a terminé sa course dans l’océan Indien. Mais les causes du drame, les dernières heures vécues à bord et l’emplacement précis de l’épave demeurent inconnus.
Comment un Boeing 777 transportant 239 personnes a-t-il pu disparaître presque sans laisser de traces ? Et surtout, que s’est-il réellement passé à bord du MH370 après ces derniers mots : « Bonne nuit, Malaysia 370 » ?