Explore every episode of the podcast Anatomie d'un titre
| Title | Pub. Date | Duration | |
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| KING PORTER STOMP - ON N'ARRĂTE PAS LE PROGRĂS | 15 sept. 2026 | 00:03:38 | |
Ăa avait lâair assez dingue le tournant du XXe siĂšcle. LâĂ©poque de tous les possibles et des brevets industriels : le gramophone, l'automobile, et mĂȘme la TSF. Bref, jâimagine que c'est Ă ce moment-lĂ quâon commence Ă dire des trucs comme âon arrĂȘte pas le progrĂšsâ et quâon sâacharne Ă poser les bases du monde moderne. Alors dans le jazz, musique du rĂȘve amĂ©ricain, câest pareil. Partant du blues, du gospel et des marches militaires, les musiciens, Ă commencer par les pianistes, se mettent Ă inventer⊠En 1906, câest le sacre officiel de la main gauche avec le ragtime (littĂ©ralement âtemps dĂ©chiquetĂ©â). Un dĂ©rivĂ© de la marche militaire avec un petit cĂŽtĂ© syncopĂ©, comme si le soldat se mettait Ă danser. En arrivant Ă Harlem, le ragtime se transforme en stride. LittĂ©ralement âenjamberâ en anglais, ce que faisait dĂ©jĂ la main gauche dans le ragtime : enjamber la basse pour retomber sur lâaccord, Ă la seule diffĂ©rence quâon y ajoute de lâimprovisation, de la libertĂ© et de la crĂ©ativitĂ©. Gardez les mĂȘmes ingrĂ©dients, rĂ©partissez-les en diffĂ©rente s voix des fanfares de la Nouvelle OrlĂ©ans et vous obtenez le Dixieland ou Hot Jazz avec son lot de grands solistes, Ă commencer par Louis Armstrong. Lâautre grande diffĂ©rence entre le stride et le dixieland, câest le rythme. Si le stride enjambe, le Dixieland marche tout droit, en marquant bien chaque temps. Et câest Ă ce moment-lĂ quâapparaĂźt le Stomp... Jelly Roll Morton, King Porter Stomp (Vocalion - 1926) Fletcher Henderson, King Porter Stomp (Columbia - 1928) Benny Goodman, King Porter Stomp (Victor - 1935) HĂ©bergĂ© par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| HONEYSUCKLE ROSE - CECI N'EST PAS UNE FLEUR | 14 sept. 2026 | 00:03:20 | |
SacrĂ©e annĂ©e que lâannĂ©e 1998. PremiĂšre Ă©toile Ă la coupe du monde, lancement du tout premier module de la Station Spatiale Internationale et⊠premiĂšre cartographie du clitoris, par le Dr Helen OâConnell. Avant ça, une fois nâest pas coutume, les hommes ont jouĂ© avec pendant des siĂšcles sans savoir ce que câĂ©tait. Câest simple, on en parlait le moins possible. Et quand on le faisait, câĂ©tait en usant et abusant de toutes sortes de mĂ©taphores dĂ©licates, trĂšs souvent liĂ©es Ă la nature, et en grande majoritĂ© aux fleurs. Dans le Roman de la Rose par exemple, Ćuvre majeure de la poĂ©sie mĂ©diĂ©vale, la scĂšne de la cueillette est assez explicite. Parce-que les fleurs, ça se mange. Et lĂ encore, ça ne date pas dâhier. Sur les murs de PompĂ©i par exemple, les archĂ©ologues ont retrouvĂ© des fresques en lâhonneur du sexe oral, attestant de la pratique au moins 79 ans avant JĂ©sus Christ. Avec quelques restrictions quand mĂȘme : seules les esclaves sexuelles ou les lesbiennes avaient le droit de sâadonner Ă la pratique, jugĂ©es dĂ©gradante, sale ou juste complĂštement taboue pour tout homme qui se respecte. Bref, on a compris, jusquâĂ trĂšs rĂ©cemment, le cunnilingus avait plutĂŽt mauvaise presse. Mais parmi les artistes engagĂ©s dans la dĂ©fense du plaisir fĂ©minin, on trouve un musicien de jazz, connu pour ses excĂšs, son cĂŽtĂ© clown, son amour de la vie et un certain talent pour la composition : l'incroyable monsieur Fats Waller. A la fin des annĂ©es 20, le pianiste avait ses quartiers au Connieâs Inn, lâun des speakeasy les plus frĂ©quentĂ©s de Harlem. Secret, interdit et convoitĂ©. Le Connieâs Inn Ă©tait de toute Ă©vidence le lieu idĂ©al pour accueillir la toute premiĂšre reprĂ©sentation dâune ode au cunni en version swing... Mildred Bailey and Her Alley Cats, Honeyscukle Rose (1935 - Decca Records) Lena Horn feat. Benny Carter, Honeysuckle Rose (1943) Sarah Vaughan, Live at Misterâs Kelly (EmArcy - 1958) Anita O'Day, Anita (Verve - 1956) HĂ©bergĂ© par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Stars Fell on Alabama - attaque de Léonides | 11 sept. 2026 | 00:03:04 | |
 âIl y avait des milliers de corps lumineux qui traversaient le firmament dans toutes les directions. Il y avait une petite brise et aucun nuage Ă lâhorizon.â Pouvait-on lire dans la Florence Gazette le 13 novembre 1933. Lendemain de âla nuit oĂč les Ă©toiles sont tombĂ©esâ en Alabama. La veille, 12 novembre, le ciel sâĂ©clairait dâune pluie de LĂ©onides. Joli nom pour un essaim de mĂ©tĂ©orite nâest-ce pas ? Peut-ĂȘtre que ça vous connaissez, les LĂ©onides câest chaque mois de novembre, avec des annĂ©es plus lumineuses que dâautres. Et visiblement, 1933, câĂ©tait quelque chose. Il y a dâabord eu un livre : Stars Fell on Alabama, Ă©crit par Carl Carmer. Puis une chanson Ă©crite par Frank Perkin avec des paroles de Mitchell Paris et un titre inspirĂ© du livre de Carmer : Stars Fell On Alabama. Cannonball Adderley Quartet, In Chicago (Mercury - 1959) Keith Jarrett Trio, Somewhere (ECM - 2013) Toots Thielemans, Stars Fell On Alabama (Columbia - 1955) HĂ©bergĂ© par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Take the A Trane - Le RER du jazz | 10 sept. 2026 | 00:03:05 | |
Dans les annĂ©es 30, Billy Strayhorn, jeune musicien prometteur, sâinstalle Ă New York, au plus prĂšs de son nouveau mentor et patron : Duke Ellington. Big Apple oblige, il y avait quand mĂȘme une petite heure de marche entre la rĂ©sidence du Duke Ă Harlem et le petit appartement de Billy Strayhorn Ă Sugar Hill. Heureusement, une ligne de train toute neuve relie les deux collĂšgues en quelques stations seulement : la ligne A, inaugurĂ©e le 10 septembre 1932. Une ligne que Billy connaĂźt bien. Non seulement, il la voit depuis sa fenĂȘtre, mais surtout, il la prend presque tous les jours pour aller rendre visite Ă Ellington. Et quand il nây est pas, ce sont les gens qui viennent Ă lui⊠Enfin, quand ils ne se trompent pas de train. Une fois sur deux, les invitĂ©s de Billy montent par habitude dans la ligne D. Grave erreur! Une station avant la sienne, le train bifurque et fonce tout droit vers le Bronx. Alors, Ă chaque fois quâil invitait lâun de ses amis de lâautre bout de la ville, il rĂ©pĂ©tait la mĂȘme phrase : âTake the A Trainâ! Tito Puente, Tren Expresso (RCA Victor - 1950) Chaka Khan, Echoes of an Era (Elektra - 1982) George Benson, Bad Benson (CTI - 1974) HĂ©bergĂ© par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| On the Sunnyside of the Street - the dark side of Fats Waller | 09 sept. 2026 | 00:03:00 | |
Prenez une veste, attrapez votre chapeau et laissez vos soucis Ă la porte. Ce soir on va se promener On the Sunnyside of the Street! Câest LA chanson anti-dĂ©pression par excellence. Anti Grande DĂ©pression mĂȘme. Avec des paroles qui laissent deviner tout un pan de lâhistoire Ă©tats-unienne. Au lendemain du krach de 1929, la crise nâĂ©pargne personne. Les banques sont vides, les usines sont Ă lâarrĂȘt et 14 millions de personnes perdent leur emploi.  Ăvidemment, les musiciens noirs sont parmi les premiers touchĂ©s. Alors ils se mettent Ă vendre des mĂ©lodies sous le manteau, comme ça, pour se faire de lâargent rapide. Et on a quelques indices qui nous laissent penser que Fats Waller Ă©taient de ceux-lĂ . En 1929, il a 25 ans et, mĂȘme sâil nâest pas encore la vedette quâil deviendra, il est dĂ©jĂ une figure importante de la scĂšne newyorkaise. Et - vous mâavez vu venir - la lĂ©gende raconte que ce serait lui le vĂ©ritable auteur de On the Sunnyside of the Street, et quâil lâaurait vendu Ă Jimmy McHugh, cĂ©lĂšbre compositeur de Broadway, pour une bouchĂ©e de pain. Enfin, je dis la lĂ©gende, mais en rĂ©alitĂ©, la lĂ©gende sâappelle Maurice Waller et nâest autre que le fils du pianiste, qui racontait Ă qui voulait lâentendre que son pĂšre avait regrettĂ© toute sa vie dâavoir vendu On the Sunnyside of the Street, surtout en voyant le succĂšs immĂ©diat de la chanson. HĂ©bergĂ© par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Darn That Dream - Shakespeare Ă Broadway | 08 sept. 2026 | 00:02:56 | |
Au XVIIe, un certain William Shakespeare faisait se rencontrer la mythologie grecque et le folklore britannique dans une comĂ©die en cinq actes intitulĂ©e Songe dâune nuit dâĂ©tĂ©. Et le 29 novembre 1939, le public amĂ©ricain dĂ©couvrait Ă Broadway, Swinginâ the Dream, une réécriture jazz de la piĂšce, imaginĂ©e par Erik Charell. Toujours une histoire dâamour compliquĂ©e, toujours des fĂ©es et de la magie, mais cette fois-ci un nouveau dĂ©cor. Un haut lieu de la mythologie jazz : la Nouvelle OrlĂ©ans des annĂ©es 1890. Louis Armstrong dans le rĂŽle dâun tisserand Ă tĂȘte dâanne, Maxine Sullivan dans celui reine des fĂ©es, Bud Freeman, Benny Goodman et lâaudace dâun casting en grande majoritĂ© noir dans un pays rĂ©git par des lois sĂ©grĂ©gationnistes.  Le rĂ©sultat ? Un flop Ă 2 millions de dollars. Aujourdâhui encore, les experts sâarrachent les cheveux pour dĂ©terminer la cause dâun tel tollĂ©. MĂȘme si lâhypothĂšse la plus probable reste quand mĂȘme le racisme. Peut-ĂȘtre aussi que la piĂšce Ă©tait naze mais ça, nous nâavons aucun moyen de le prouver. Tous les livrets ont Ă©tĂ© perdus. Ne nous reste de Swinginâ the Dream que quelques articles et une bande son. Les plus grands standards dâalors mais aussi quelques compositions originales, dont celle qui mâintĂ©resse aujourdâhui : Darn That Dream. âOse ce rĂȘveâ.  HĂ©bergĂ© par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||
| Willow Weep For Me - Rentrée sous les saules | 07 sept. 2026 | 00:03:10 | |
Septembre 1932. Câest la rentrĂ©e au Radcliffe College de Cambridge, Massachussets. Sur le campus, les saules pleureurs nâont pas bougĂ©. Ann Ronell, elle, est encore un peu bronzĂ©e, en plein blues de fin dâĂ©tĂ©, et son amour de vacances Ă mal tournĂ©. Bon dâaccord, jâinvente un peu pour dramatiser. En rĂ©alitĂ©, rien ne prouve quâAnn Ronell avait le cĆur brisĂ© en septembre 1932, mais quand on Ă©coute la chanson quâelle a Ă©crite ce jour-lĂ en regardant les saules câest quand mĂȘme assez Ă©vident. Willow weep for me. LittĂ©ralement âSaules, pleurez pour moiâ. Parce-que oui, en plus dâĂȘtre autrice, compositrice et paroliĂšre, Ann Ronell parle aux arbres. Elle fait mĂȘme beaucoup mieux que ça, elle les met en musique... Milt Jackson and the Thelonious Monk Quintet (Blue Note - 1956) Booker T. & the MGâs, Soul LImbo (Stax Records - 1968) Billie Holiday & Her Orchestra, Lady Sings the Blues (Clef Records - 1956) Nina Simone, The Amazing Nina Simone (Colpix Records - 1959) Dakota Staton, Time to Swing (Capitol Records - 1959) HĂ©bergĂ© par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. | |||