« J'ai plus de job, pas de chômage, j'ai même plus d'ordinateur. » C'est là qu'en est Francis Lelong un mercredi soir d'avril 2007. Il a cofondé Sarenza. Il en est le CEO. Ils ont levé des milions. Mais 2 heures de conseil d'administration plus tard, il est viré.
Ses associés se sont retournés contre lui, son argent est bloqué dans la boîte, et dans la nuit on change les serrures : il ne peut même pas récupérer ses affaires.
Ce qu'on lui demande ensuite, tous les fondateurs virés l'ont entendu :
« Si tu parles, tu ne lèveras plus jamais d'argent. »
Il a parlé quand même.
Libération a sorti l'enquête. Deux jours après, il avait son chèque.
Presque vingt ans plus tard, Francis a monté Alegria, sa quinzième boîte, qui forme des entreprises françaises à l'IA.
Et il observe la France vivre ce qu'il a vécu : se faire virer de sa propre révolution.
Hugging Face : vendue 15 milliards, trois fondateurs français, pas un euro de VC français. Mistral : 3 milliards levés chez BlackRock, Samsung, ASML…
Les États-Unis investissent 1 200 milliards dans l'IA cette année. Nous, 95.
Il dévoile ce que les patrons français avouent en “off” : « Si je peux diviser par deux mes équipes, je le ferai avec plaisir »
Mais ce qui m'a le plus marqué dans cette conversation, ce n'est pas la colère.
C'est le calme avec lequel il annonce la suite :
- un robot humanoïde estimé à 25 dollars de l'heure dès 2027
- 600 000 salariés d'Amazon remplacés par des robots d’ici cinq ans
- le modèle social français qui, selon lui, ne survivra pas.
Alors selon vous la France est-elle en train de passer à côté de la plus grande révolution depuis Internet ?
Bonne écoute.
PS : il explique aussi comment 700 agents d’openai se sont échappés cet été - c’est flippant
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