Vous avez remarqué comme les "sprinters" de l'exécution absolue commencent à doucement, pour ne pas dire discrètement, ranger leurs trompettes ou au moins installer une sourdine ? Les années passent, les IA se répandent, les tâches chronophages se font avaler par les agents et autres automatisations, l'exécution rencontre sa vraie valeur : presque rien.
D'un coup, jaillit alors une évidence qu'un autre groupe de bipèdes (dont je fais partie) essaie de faire entendre depuis des années en se faisant rouler dessus par la merveilleuse masse, la majorité, la doxa. Cette évidence n'étant rien d'autre que la revendication du rôle central, majeur (mais personne n'a dit unique ou principal), des idées. La source de tout ce qui est exécuté. Ce phénomène nous amène à nous intéresser, à l'intérieur du groupe de spécimens portés davantage sur l'idéation que sur l'obsession de l'exécution quasi compulsive : celles et ceux qui "attendent" presque toujours la dernière minute, l'ultime instant pour passer à l'action à l'approche d'une échéance, juste avant d'être frappés par la deadline.
Bien qu'anxiogène (pour eux-mêmes comme pour les autres ), leur mode opératoire si critiqué et méprisé par la bien-pensance générale rencontre aussi souvent le succès, provoque tout autant de résultats et se hisse bien autant sur les podiums que celui des "exécuteurs", voire nettement plus souvent. Comment fonctionnent-ils ? Ou, devrais-je dire pour ne pas faire le faux-c*l, comment fonctionnons-nous ? Est-ce par masochisme que nous construisons nous-mêmes les pires conditions de pressions, d'urgence et d'obligation à un quasi héroïsme en toute fin de délai ? Est-ce par nature ?
Et, plus intéressant encore, comment y parvenons-nous ?