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Explorez tous les épisodes du podcast Nos Chemins de Liberté

Plongez dans la liste complète des épisodes de Nos Chemins de Liberté. Chaque épisode est catalogué accompagné de descriptions détaillées, ce qui facilite la recherche et l'exploration de sujets spécifiques. Suivez tous les épisodes de votre podcast préféré et ne manquez aucun contenu pertinent.

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TitreDateDurée
Passeur d'histoires20 Mar 202500:39:20

Christophe Jacq vit à Plouguerneau, il est enseignant, diplômé en histoire et littérature.

Entre 2023 et 2024 il réalise un travail de socio-histoire dans le cadre de Nos chemins de Liberté. En participant au recueil d’entretiens, puis en écoutant l’intégralité des témoignages « stylo à la main », il fait des liaisons entre les différents récits de vie collectés, identifie des thématiques communes, constate des convergences, apporte des éléments de compréhension sur le contexte historique et propose des pistes de réflexion sur ce que produit et nous enseigne ce matériau sensible, notamment sur nos représentations.

Son travail, enrichi par des archives réunies par des habitants, prend la forme d’une exposition croisant mémoires, analyses et documents d’archives. Elle est présentée à l’Espace Culturel Armorica du 8 au 28 mai, puis à la médiathèque ‘Les Trésors de Tolente’ jusqu’au 30 août 2025.

En 2025, à travers la création de Gardien(ne)s de mémoire, il réalise une fiction théâtrale qui, sur un arrière plan historique et à travers un paysage qui pourrait apparaitre familier aux Plouguernéens, donne à voir comment dans la période si particulière et complexe que fut la Seconde Guerre mondiale, des personnages réagissent, en fonction de leur psychologie et de leur passé.

Le podcast Passeur d’histoires rend compte de la démarche de Christophe Jacq à travers ces différentes réalisations croisant sciemment différentes disciplines, et qui sont autant de possibilités de nous interroger sur l’héritage mémoriel que nous recevons et transmettons toutes et tous.

Pour la vie20 Mar 202500:22:27

Anjela Etienne est présidente du Comité de Jumelage de Plouguerneau - Edingen Neckarhausen.

En 2027, le jumelage Franco-Allemand de Plouguerneau fêtera 60 ans d’existence. Au delà de sa longévité, il se distingue par le prestigieux prix de l’Europe décerné par le Conseil de l’Europe en 1990 ainsi que par la vivacité des liens entretenus par les habitants de Plouguerneau et d’Edingen-Neckarhausen, qui s’exprime sans discontinuer au travers d’une multiplicité d’activités culturelles, sportives et touristiques.

À travers le temps, le jumelage est aussi devenu un interlocuteur de référence pour les acteurs locaux souhaitant entreprendre un projet en s’appuyant sur la puissance des liens entretenu avec les jumeaux d’outre-Rhin.

En 2024 pour Nos chemins de Liberté, c’est donc naturellement que le Comité de Jumelage a été sollicité pour prendre part à une démarche venant s’adresser aux générations qui, n’ayant pas connu la Seconde Guerre mondiale, demeurent toutefois héritières de la reconstruction du lien avec les Allemands et dont le Comité de jumelage a été un des artisans.

Le Comité de Jumelage, avec l’appui du Fonds citoyen franco-allemand, a également favorisé la mise en place du Bureau des souvenirs, un dispositif installé à la Médiathèque ‘Les trésors de dolente’ puis à l’Espace Culturel Armorica de Plouguerneau, pour élargir la collecte de mémoire à toutes celles et ceux qui sont dépositaires d’un souvenir lié à la commune d’avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

Dans le podcast Pour la vie Anjela pose des mots sur les fondements du Jumelage et sur l'énergie qui anime l’ensemble de ses adhérents.

Sur la route de Saint Michel19 Jun 202400:14:03

« On ne peut pas oublier ça. Et tout le monde ensemble, on descendait tous ensemble bras dessus bras dessous en chantant »

Jeanne Léon a beaucoup de souvenirs de son adolescence pendant la guerre. Le couvre feu, les laisser-passer, les réquisitions, les événements dramatiques aussi, survenus même le jour de la Libération. Ce qui lui revient en premier c’est ce jour où elle est partie sur la route de Saint Michel, voir les américains, arrivés au cœur du bourg…

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

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Citation

 

" On aura commencé et fini avec Jeanne…
Une page qui s’ouvre et se ferme à la fois

La première fois qu’on a rencontré Jeanne
C’était à l’Ephad de Plouguerneau
Elle est arrivée tranquillement 
Poussée sur sa chaise roulante

Dans la salle des familles on était tout un petit groupe à l’attendre
Elle n’était pas pour autant impressionnée
Elle semblait contente de savoir qu’on venait l’écouter
Silencieuse elle regardait chacun et chacune d’entre nous 

Alors quand Jeanne commence à parler 
on sent qu’elle n’avait pas oublié 
Ses souvenirs convergent surtout sur la Libération
Car cette Occupation Jeanne n’en voulait pas 

Une enfance entravée 
Empêchée aussi
Des interdictions répétées
Des privations familiales
Des gestes impardonnables
Une vie d’incertitudes

Alors comment oublier ?
Comment pardonner aussi
Ça se comprend

Quand les américains libèrent le bourg
Jeanne est alors heureuse 
La fierté revient 
Progressivement 
Et la voix de Jeanne redevient lumineuse

Elle raconte la joie du bourg
De se retrouver libre à nouveau
Cette circulation qui est rendue possible 
À toute heure du jour et du soir

Alors la fête on la comprend 
On y est
Avec Jeanne
Bras dessus bras dessous 
On chante avec elle 
Avec eux aussi
Même aujourd’hui on ressent cette joie collective

C’est beau une vie libérée " 

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

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Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

Ça ne pouvait pas être plus dur que ça ne l'était déjà11 Jun 202400:55:37

« Que veux-tu, à l’âge qu’on avait on était plutôt spectateurs, mais sans avoir d’opinion. La seule chose qui nous intéressait c’était les réflexions de nos parents, des anciens »

Jean Breton n’a quasiment pas connu l’avant guerre. Mais par ses yeux de très jeune enfant, il perçoit des choses importantes sur l’Autre, sur la vie, sur les événements. À travers son récit, c’est aussi toute la vie paysanne que Jean raconte, ainsi que son plaisir de la mer, de la pêche. Comme une obsession.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.  

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Citation

 

" Ça aura été le dernier enregistrement
Du moins pas tout à fait
On avait déjà enregistré Jean en Breton
Avec Yannig à l’Armorica 
J’avais rien compris mais son visage happait mon regard 

Avec les photos que Jean avait amené avec lui, 
ici on dit ‘envoyé’,
j’avais pu voir quelques bouts de sa vie

Pour la version en français 
Je suis allé dans sa ferme 
Elle est située à un croisement 
Entre le Zorn et le Vougot 
Dans les terres

C’était durant le printemps
On s’est installé dans la véranda
Le soleil nous réchauffait
La brise qui rentrait par la porte sentait les prémices de l’été
Et toujours ce regard puissant
Celui des hommes qui savent

Et Jean a commencé son histoire
Les goemoniers de Saint-Michel
La migration dans les terres pour trouver du travail
L’installation dans une ferme
Celle-ci
Et la guerre
Puis la reprise de la ferme parentale
Les engrais qui apparaissent avec les machines

Le récit de Jean c’est celui d’un roman paysan
D’un roman d’ici 
D’une paysannerie qui a disparu avec cette génération 
Et qu’on essaye aujourd’hui de faire renaître

La vie de Jean c’est celle que mon père me racontait
Celle que je voyais dans les photos des livres qu’il lisait 
C’est drôle de voir les images vivre
D’observer la vie dans les mains et les visages 
Et de se dire qu’on va, plus tard, les photographier aussi

Jean sait 
Il est lucide sur la vie
La sienne 
Et celle des autres aussi 
Il discerne les événements traversés et rencontrés
Il aime autant la terre que la mer
Il est sucré et salé Jean 

Durant l’entretien son fils est venu
Il a préparé du café 
Sorti le pain et le beure
Déposé le tout sur la table de la véranda
Et j’ai compris qu’il était 4h

L’heure du rite quotidien entre le père et le fils
Les tranches coupées et beurées
Que l’on vient tremper dans le bol de café
En silence
Et puis on ramasse les miettes
Dans le creux de la main
On débarrasse 
Et la vie reprend

Dehors on sentait la mer 
Et Jean continuait son récit
J’étais bien avec lui
J’apprenais la vie
La sienne
La mienne aussi

J’aurais voulu que l’après-midi dure
Mais tout a une fin peut-être
Mais non
Les histoires restent en nous
Les souvenirs aussi
Ils nous alimentent 
Pour toujours " 

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

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Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

Plus jamais ça05 Jun 202400:34:52

« J’ai fait du porte à porte ici, chez tous les copains que j’avais à Plouguerneau, pour qu’ils prennent un Allemand chez eux au moment du jumelage »

Georges et Renée Lindivat ont fait partie des fervents artisans du jumelage de Plouguerneau avec Edingen-Neckarhausen. Ils ont favorisé des rapprochements et ils ont créé des liens très forts entre les habitants des deux villes : « tous ces gens-là avaient connu la guerre et ne voulaient pas que ça recommence ».

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

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Citation

 

" C’est à coté d’un vivier 
Non loin de Saint-Michel
Faut trouver une ruelle
Une impasse

J’ai tourné en rond
Et puis j’ai trouvé un homme
Je lui ai demandé s’il connaissait cette adresse
Celle que j’avais écrite sur un morceau de papier
La maison de Monsieur et Madame Lindivat
Il m’a regardé sans me parler

Je lui ai expliqué la raison de ma venue
Il a eu confiance et m’a amené à l’adresse
Sur le chemin il m’a parlé
J’ai compris qu’il s’agissait du jardinier

Là-bas la maison trônait face à la mer 
Au milieu de petites dunes
Ça avait l’air d’un endroit secret 
À l’abri
Mais pas de tous les vents

Madame Lindivat m’a accueilli
Elle m’a laissé installer le matériel dans le salon 
Monsieur Lindivat finissait son déjeuner 

Quand il est arrivé je me suis souvenu de son visage
Jeune je le croisais au tennis 
À la pharmacie aussi
Il avait pas changé
Toujours ce regard
Gentil et sérieux à la fois
Surtout quand il avait sa blouse blanche
Avec tout plein de stylos dans la poche avant

Quand Yannig est arrivé
On a pu commencer l’entretien
Là les souvenirs étaient précis 
Précieux aussi

Avec les Lindivat la vie du bourg se dessinait
Les tensions autour du religieux
La vie des commerçants et des familles
C’était pas la même vie que dans les terres ou bords de mer

Quand la guerre est arrivée elle a frappé durement la famille
Malgré la peine de Madame, ils sont allé au devant 
Toujours de l’avant

Chez eux la réconciliation c’est avant tout une question d’engagement
C’est en actes et pas en paroles
On ne dit pas ce qu’on fait
Car ce sont les faits qui parlent à la place des hommes et des femmes

Alors ils ont œuvré 
Tous les deux
Quitte à forcer un peu la main des récalcitrants
Car chez les Lindivat la rencontre se fait par des expériences 

Il faut des tiers
Des passeurs de balles
Mais pas celles de la guerre
Celle des terrains de foot 
Et de tennis aussi

Dans les communes on a besoin de ces personnes
De celles qui osent agir 
Par conviction
Par nécessité aussi

De ces entraineurs qui changent le cours d’une destinée 
Qu’elle soit individuelle ou collective

Et Monsieur et Madame Lindivat,
en double, 
ce sont des sacrés joueurs
Inépuisables " 

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

C'est triste les guerres29 May 202400:32:46

« C'est triste les guerres »

La vie de Joséphine Talec n’a pas été simple. Un accident emporte son père en 1944, la laissant seule avec son frère et sa mère. Dans sa famille, le traumatisme de la Grande Guerre est dans les mémoires et amplifie la peur vis à vis des Allemands. Malgré la dureté de la vie, Josephine grandit. Elle raconte les êtres et les actions d’importance : sa grand-mère, l’entraide avec les réfugiés, un peu de la vie de ceux qui ont résisté, et la réconciliation à laquelle le jumelage de Plouguerneau a contribué.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

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Citation

 

«  Entre Lilia et Perroz
Entre une descente et une montée
C’est là qu’il y a la ferme de Josephine
Si on lève les yeux
Au-dessus des talus
On sent la mer 
C’est la petite baie de Keridaouen 

Quand on arrive dans la petite maison avec Yvon son fils
Josephine s’est endormie
On s’installe et Joséphine se réveille et reprend ses esprits

La vie de Joséphine n’a pas été simple 
Le goémon qui ne rapporte rien
La ferme qui nourrit à peine la famille
Et le père qui part travailler à la DP de Brest

Et là le père meurt d’un accident de travail
Mort pendant la guerre mais pas de la guerre
Pour Joséphine c’est pas de chance
Elle aurait pu être pupille et faire des études
C’est triste les guerres

Là il a fallu rester à la ferme
Pour aider au travail
Pour aider une mère esseulée

Dans ce quartier de Kerougoun 
Les allemands sont pas trop là
Ils sont là-bas
Du côté de l'Île Derc'h

On les sent par les restrictions
Dans les déplacements
Dans la nourriture
Avec la présence des réfugiés aussi
Et puis les réquisitions et les bombardements à la fin

Alors Josephine a un peu de colère
De la peur aussi liée aux bombardements
Qui restera toujours 
Quand les avions passent

Alors à la fin de la guerre, à Lilia, on a fêté ça
Et après, bien plus tard, malgré ces souvenirs,
Josephine pardonnera
C’est une autre vie
D’autres rencontres
Avec les Allemands "

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

On nous disait pas la vérité24 May 202400:20:34

« On avait peur, mais d’un côté non, puisque mon père avait fait un sous-terrain au fond du jardin »

Alexine Kervella avait 5 ans en 1939. De la guerre, elle garde des émotions très fortes liées au passage des avions, au retentissement des bombes et à ce moment où son père a été fait prisonnier. La guerre, ce sont aussi des amitiés indéfectibles nouées avec de la famille éloignée, venue se réfugier à la ferme. Avec sa fille Irène, Alexine partage ses souvenirs qui vont jusqu’au jumelage avec Edingen-Neckarhausen auquel son père a contribué. « Pardonner, c’est se donner la main. C’est se dire que c’est fini tout ça ».

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

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Citation

 

«  Alexine il a fallu la convaincre
Géraldine a dû solliciter tout plein de monde
Sa belle-mère, une petite fille, des voisins…
Alexine lui a même raccroché au nez pensant que c’était une erreur 
Faut dire qu’elle renonce rarement Géraldine
À force d’insister, Alexine a fini par accepter

Alors le jour de l’entretien,
quand on est arrivé devant sa maison,
une grande bâtisse en hauteur qui domine un des ronds-points de Lilia,
on avait le sentiment d’être devant un château fort

Mais y’avait personne…
On s’est dit qu’elle avait oublié Alexine
Ou alors qu’elle voulait plus

Et puis finalement elle est arrivée
Que dis-je, elles sont arrivées en force ! 
Alexine, Irène sa fille, Morgane sa petite fille et une petite nièce Léane qui venait faire l’entretien avec nous
Bref, on sentait qu’elle avait une garde rapprochée Alexine

Alors quand tout ce monde s’est retrouvé dans la cuisine
on avait un peu l’impression d’être dans le métro
à une heure de grande influence

Quand l’entretien a commencé on savait plus trop qui parlait
Qui avait les souvenirs d’avant
Entre Alexine et sa fille on assistait à un duo
Au bout d’un moment, on a plus cherché à comprendre
On s’est dit que ces deux-là faisaient la paire

Alors on a écouté
On a vu qu’au quartier les allemands étaient pas très présents
Ils sont tout de mêmes venus dans ces terres
Mais on aussi entendu les restrictions
La vie faite de privations
Et de rencontres aussi
Avec d’autres membres de la famille venus se réfugier à la ferme

Dans le flot de mots on a aussi entendu un personnage
Le père
Celui d’Alexine 
Ce père qui est appelé parrain
Dans notre imaginaire on avait le sentiment d’être en Sicile
Avec Coppola et les Corléone

Les familles qui s’apparentent à des clans ont toujours une référence
Et chez les Kervella c’est un père charismatique
Marchand de cochon
Il avait le cœur sur la main

Et quand on sort de la guerre et de ses restrictions,
la générosité c’est quelque chose d’essentiel
Ça ne s’oublie pas
Surtout si ça dure dans le temps "

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

La ferme au-dessus du pont de Paluden15 May 202400:27:47

« Je suis François Roudaut, retraité de la terre »

La vie de François Roudaut nous raconte sans pareilles quelques-unes des facettes de Plouguerneau. Une enfance à la ferme puis l’ostréiculture, la Marine, le métier de gardien du phare de l’Ile Wrac’h puis celui de pêcheur à Perroz… Du haut de Paluden où il habite, François a vu les Allemands arriver. Ceux qui ont pris son père, prisonnier durant 5 années. « Quand mon père est rentré, il ne nous connaissait pas ». François raconte et nous transporte, soutenu par son fils Olivier qui l’accompagne. Entre eux, les souvenirs et la parole circulent, depuis toujours.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

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Citation

 

«  Quand on nous a parlé de François
On nous a tout de suite mis l’eau à la bouche

Un ancien gardien de phare
Un patron pêcheur de Perros
Une ferme située au-dessus du pont de Paluden…

Quand François est apparu dans la chapelle de l'Ehpad
on a presque cru au miracle

Dans sa chaise roulante son visage était vif
Un regard qui scrute en silence
Sur sa tête, une casquette de marin
Elle semblait amarrée ici depuis toujours

Son fils Olivier l’accompagnait
Il avait de l’attention à son égard
On sentait aussi toute son admiration
Les gens de mer, qui plus est quand ils sont pères, se respectent

François a d’abord raconté sa vie en breton
Quelques semaines plus tard en français
Entre les deux langues, je me suis rendu sur la ferme

C’est un quartier de Plouguerneau qui échappe aux regards
Faut dire que sur la vieille route de Lannilis
c’est l’Aber qui capte toute l'attention

En prenant le dernier chemin à gauche on la trouve cette petite ferme
De là on visualise les mots et les souvenirs de François
Le pont gardé, les allemands de l’autre côté
Les veillées plus ou moins clandestines…
Le père emprisonné durant de nombreuses années
Une vie bien occupée par les Allemands et le travail à la ferme

À la libération, 5 ans plus tard, ils se reconnaissent à peine ces deux-là
Leurs retrouvailles sont quelques peu empêchées
Mais on sent que la vie va être différente tout de même

Mais avec les restes des Allemands
les enfants continuent à jouer à la guerre
Certains perdront des doigts pour qu’ils acceptent de passer à d’autres jeux
À d’autres vies

Alors François peut, à nouveau, se jeter de la cale de Perros
Avec les copains et la marée montante
ils se laissent flotter jusqu’au pont de Paluden
La liberté glisse sur tous leurs corps
Leurs cris résonnent au fond de l’Aber
Mais de joie cette fois-ci

C’est important d’entendre les enfants crier et jouer à nouveau "

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

Le fusil du Traon08 May 202400:18:26

« Je crois que Plouguerneau peut servir d’exemple à cette fin de guerre, lorsqu’on voit le résultat de ce jumelage. »

François et Valentine Lagadec s’aiment depuis presque toujours. Ils ont vécu l’un et l’autre deux réalités différentes de la guerre mais ils se retrouvent sur l’importance du jumelage de Plouguerneau avec Edingen-Neckarhausen, auquel ils ont contribué. Dans leur témoignage, le 15ème de 'Nos chemins de liberté', résonnent avec force les mots de Valentine, dont la famille a été meurtrie par la guerre : « Il faut toujours savoir pardonner ».

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

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Citation

 

«  François et Valentine c’est un sacré souvenir
C’est avec eux qu’on a débuté l’aventure
À l’Ehpad, on était tous et toutes là
Un peu fébrile mais heureux

Quand François et Valentine sont arrivés,
ils étaient sur leur 31 ! 
Faut dire qu’il y avait Monsieur le Maire parmi les intervieweurs
Et pour cette génération on rigole pas avec les institutions
On s’est dit que l’entretien allait être compliqué s’ils ne voyaient pas Yannig derrière le Maire…

Mais finalement, quand ils se sont installés,
leurs souvenirs sont revenus
Et la figure de Yannig a refait surface

Ces deux-là, au départ, n’avaient rien de commun
Elle vivait dans une petite ferme d’un autre bourg et il était dans une grande exploitation d’ici
La guerre a été difficile pour Valentine et plutôt simple pour François
À la fin de la guerre, ces deux là se rencontrent
Il l’a vu de l’autre coté de la rue et il a su
Ils ne se quitteront plus

Valentine a perdu son frère mais elle veut, d’entrée de jeu, pardonner
François lui, court à travers champ et voit plein de chose
Du côté du Traon il observe derrière un talus
Devant lui des choses étranges se déroulent

Alors que la guerre est toute proche de la fin,
il récupère une grenade qu’il dégoupille et…
Il s’empare aussi d’un fusil allemand
La famille mettra quelque temps à s’en séparer
En le jetant au fond de l’aber
Comme pour oublier cette période de la vie

François et Valentine c’est aussi leur photo 
On voulait les photographier au lever du jour
Pour les couleurs incroyables des champs et de l’Aber Wrac'h
On a installé le matériel aux aurores, dans la nuit
Et quand ils sont arrivés, en avance, ils étaient beaux
Amoureux comme au premier jour
Farceurs aussi

Avec eux il y avait aussi Valérie l’animatrice de l’Ehpad et Danielle la présidente de l’association
Et heureusement 
Elles étaient heureuses d’être-là, avec eux et nous
Pour Valérie et Danielle, Nos chemins de liberté ça avait du sens
Pour créer ce dialogue entre les générations d’ici et d’ailleurs

Alors cette photo c’était un peu comme celle qu’on fait pour un mariage
Celle qu’on a envie de garder dans le temps
Celle qu’on passe de génération en génération

S’il y en avait qu’une dans la série,
je crois que ça sera celle-là
C’est comme ça
Elle en dit long 
Ou pas assez peut être "

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

__

  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

À Lannerchen, le travail à la ferme continue03 May 202400:19:05

« On devait travailler la terre avec notre corps »

Jean-Marie Calvez est né à Lannerchen et c’est depuis Lannerchen qu’il fait le récit de 102 ans d’une vie de travail à la ferme. Une ferme du grouanec depuis laquelle, pendant la guerre, les contacts avec les allemands ont été peu nombreux, tout comme les explications sur les raisons et la tournure du conflit. « En vieillissant, on apprend pas mal de choses » nous livre Jean-Marie, pour ce 14ème témoignage de ‘Nos chemins de liberté’.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

___

Citation

 

«  Jean-Marie c’est le 4ème
De ceux du Grouanec
Et le dernier des podcasts de ce coin de la commune

C’est aussi le seul qui vit encore là où il a toujours habité
À Lannerchen
Il se voit pas ailleurs
Avec ses chats
Dans sa petite ferme située au bord de la route de Lesneven
Dans le dernier virage avant de changer de commune…

Après le départ de son ami Louis Guével
Il est devenu le doyen de Plouguerneau
Il a passé le cap des 100 ans
Depuis 2 ans si mes souvenirs sont bons
Et franchement ça se voit pas

Quant on l’a vu la première fois,
ce qui frappe, c’est son regard
Ses yeux parlent
Ils sont là
On se plonge dedans
Sans savoir pourquoi
Peut-être parce qu’on y est bien 
Parce qu’on s’y sent bien
Il y a du réconfort là-dedans
De l’apaisement aussi

Malgré les années qui passent,
il a le regard plein de lumière
Comme ceux des enfants
Et il s’adresse à vous en crochetant ses pupilles dans les vôtres
Comme savent si bien le faire les petits qui veulent vous raconter une histoire

La première fois, on voulait faire l’entretien en breton
Pas moi car j’y connais rien
Mais Yannig, avec Cannelle qui avait aussi appris la langue à l’école
Mais va savoir pourquoi, il a fini par parler français
Bon, on a pas insisté

Contrairement à Emile, Louis ou encore Yves
Jean-Marie semble ne pas avoir vécu la même guerre
Alors qu’il n’est qu’à une centaine de mètres de la ferme d’Emile et d’Yves,
sa guerre est tout autre
À cette période là, la vie, sa vie, c’est celle de la ferme

Il voit des choses mais pas trop
Sur son et ce territoire, la vie continue
Comme si de rien n'était
Mais entre les lignes de vie de sa main
Jean-Marie nous dit des choses
Quand il parle, on entend le témoignage d’Alice Ogor à Lesmel
Le travail face à la dureté de la vie

Au bout d’un peu plus d’une heure d’entretien, Jean-Marie a fini de nous livrer son récit 
Yannig, je le sens un peu frustré
Il aurait tant aimé l’écouter en breton…
Et Yannig il est pas du genre à renoncer

Quelques mois plus tard on y est retourné
Là, Jean-Marie, il a voulu nous la refaire à l’envers !
Mais finalement il a parlé breton tout du long…
Avec Yannig car le breton ça s’apprend pas en quelques semaines
J’ai donc rien compris, mais j’ai écouté les sons
La musique de cette langue
Elle transporte
Elle inspire

En 2025 vous aurez la chance d’avoir Jean-Marie en version originale
Avec Yannig on va monter 4 des témoignages que vous avez entendu en Breton
Et ça va nous permettre de comprendre le rôle d’une langue dans la manière de se raconter
De se rencontrer "

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

J'ai du revenir à Lilia24 Apr 202400:51:24

« Faut faire avec, comme on dit à Brest »

Quelques semaines après sa naissance au Reun, à Lilia-Plouguerneau, les parents de Jeannine Simon l’emmènent vivre à Brest, pour une autre vie. Mais en 1942, l’intensité de la guerre la déracine. La famille revient se blottir dans une petite ferme aux murs non-extensibles et s’efforce de grandir, malgré le campement allemand voisin, à Kervenni. La vie de Jeannine se construit et se reconstruit ainsi, pétrie de cette urgence d’aller de l’avant. Elle partage son expérience avec sa petite fille Fanny, pour ce 13ème témoignage de 'Nos chemins de liberté'.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

___

Citation

 

«  C’est une histoire de cinéma
Une mamie de Brest qui, pour les fêtes de Noël,
envoie un colis à sa petite fille de Paris

Ce colis, elle l’a emballé avec une feuille du Télégramme
Alors quand le colis arrive là-bas c’est comme un message secret jeté à la mer
Le Télégramme, pour les Bretons d’ailleurs, c’est comme une trace d’ici
En ouvrant le colis, le mari récupère la page
Il la scrute, la parcourt et…
Il y un article sur Plouguerneau
Un article qui parle de 'Nos Chemins de Liberté'

Alors les deux parisiens ils se disent que ça c’est un signe
C’est la mamie qui leur fait une demande sans leur dire réellement
Ils nous contactent et tombent sur Géraldine
Et Gégé elle aime les histoires comme ça
Les belles histoires
En plus à cette époque on ne trouvait personne qui avait vécu à Lilia
Et cette mamie là, si !

Gégé elle prépare la rencontre
C’est sa spécialité
Elle tisse des liens pour créer de la confiance partagée

Alors à la fin du mois de mars, cette mamie de Brest et sa petite fille de Paris sont venues ici
À Lost an aod
Cette mamie c’est Jeannine
Sa petite fille c’est Fanny
Et ces deux-là elles nous fendent le cœur

Leur récit est celui d’un bébé qui quitte Lilia dès sa naissance
Car ses parents s’installent sur Brest
Ils vont à la ville et changent un peu de vie
C’est en migrant qu’on peut voir la vie changer
La ferme devient HLM
Le trois pièces, ses commodités
Avec tout le confort d’une vie urbaine
La vie moderne quoi
Pas celle de Tati tout de même
Presque
Du moins nous on y croit
On l’espère

Mais la guerre arrive
Trop vite
Trop tôt
Elle met un arrêt à cette modernité
Elle met un arrêt au rêve d’une meilleure vie
Pas celle où l’argent rentre plus vite
Mais juste celle où c’est un peu plus facile
Moins rude
Moins pénible

Alors la famille de Jeannine revient à Lilia
Dans la ferme familiale
Sans eau, ni électricité, ni commodités
Une vie de rien
C’est sans doute ce qu’on appelle la survie
Celle du peu
Du manque aussi

Alors Jeannine elle voit tout ça
Elle sent et ressent la marche arrière
Le retour à la case départ
Elle trouve ça un peu injuste tout de même
Et on la comprend
On pleure avec elle
Faut dire qu’en l’écoutant elle devient un peu notre mamie à nous aussi

Sa vie est cloisonnée à la ferme
Avec le campement Allemand juste à coté
Et eux ils ont le confort de la vie moderne qu’elle avait sur Brest De la nourriture
De l’électricité
De la musique
De la joie aussi
Mais bon, on fait avec quoi
Jeannine elle tente de faire avec
Mais elle a arrêté de respirer

Alors quand la guerre se termine elle se dit que ça va repartir
Que le retour sur Brest ce sera le retour du progrès
Mais Brest est sous terre
Et les constructions vont se faire attendre
Alors on se contente des baraquements
Puis du HLM

On est content pour Jeannine car on sent que c’est repartie pour elle
Comme avant la guerre
On a envie d’applaudir et de la prendre dans nos bras
Mais Jeannine va perdre son mari
Encore une guerre quoi
La guerre de l’absence
D’une famille amputée
Et pour Jeannine la famille c’est un tout undissociable

Mais notre mamie elle lâche rien
C’est un résistante
Elle retourne à la case départ
Pour tout reconstruire

Jeannine c’est une bâtisseuse
Elle franchit les cols de l’existence avec ses petits pieds
Elle lâche rien
Elle ne subit pas, elle éprouve
Elle se forme par les épreuves
Elle est belle à écouter
À voir aussi

On se dit que Fanny elle a de la chance d’avoir une grand-mère comme ça
Qu’en voulant que sa mamie témoigne elle nous a fait un sacré cadeau
Que sa Jeannine ça l’universalise
Qu’elle devient un peu notre grand-mère à tous et toutes

Jeannine elle voulait transmettre sa vie qu’à sa famille
Que c’était suffisant pour elle
Qu’il faut savoir rester discrète
Ne pas trop se montrer
Par pudeur et aussi respect des autres membres de la famille

Elle a raison
Mais Jeannine elle ne sait pas une chose
Avec ce récit elle est devenue la mamie de tout le monde
Et on est aussi un peu de sa famille maintenant
Elle a tout compris Jeannine
Et Fanny elle a bien fait de l’amener à nous
De l’amener à vous "

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

On était pas maître chez soi17 Apr 202400:14:45

« On a eu du dur »

Pendant la guerre, la famille d’Yves le Gat a été contrainte de loger des soldats allemands dans leur ferme. Une entrée rude dans la vie qui marque l’enfant de 4 ans. 80 ans plus tard, pour ce douzième témoignage de ‘Nos chemins de liberté’, il laisse remonter ses souvenirs.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

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Citation

 

«  On a eu du dur »
Pour Yves, la vie commence difficilement
Chez lui les débuts sont souvent rudes
Mais Yves se résigne difficilement 
Voire jamais

Une ferme achetée sous hypothèque par son père
Avec son parrain ils parviennent à la sauver
Quelques mois plus tard, la guerre arrive
Quelques années plus tard, les Allemands viennent occuper la ferme familiale
On aurait de meilleurs départs pour Yves et sa famille

Alors quand il arrive devant nous à la maison de retraite,
dans sa chaise roulante,
on sent le poids des ans
Son corps est fait de labeur
Sa voix chevrotante invite à la compassion
On se demande si la mémoire ne va pas lui jouer des tours

On sent le silence
On est dans son silence
Par respect
Mais il est nécessaire
Pour trouver le souffle
Pour laisser remonter les souvenirs

Mais Yves est là
Face à nous
Et bien là

Dans un même élan, il se souvient de l’arrivée et du départ des Allemands
Comme un mauvais livre qu’on ouvre et qu’on veut refermer dans un même mouvement
Sans attendre
Pour passer à autre chose
Pour être dans la vie
Pour redevenir maître de son destin

Il veut nous raconter la présence des allemands à la ferme
Le feu de bois dans la chambre des soldats
Quand, eux, les enfants, ont froid
Le bruit dans la chambre qu’il faut traverser et qui empêche de dormir
Entendre leurs rires quand, eux, les enfants, sont contraints au silence
La guerre a ceci de particulier qu’elle peut inverser et tordre les comportements liés aux âges

L’école réquisitionnée qui les conduit à faire classe dans une grange
Elle aussi froide
Alors on marche, en rond, comme dans la cour d’une prison
Ce froid qui fige les corps des enfants
Ce froid qui signe leur fragilité
Leur peur aussi

Les enfants ne sont pas fascinés par les guerres
Ils comprennent l’incertitude d’une vie
La fragilité de leur propre existence

Alors on comprend la difficulté du pardon
Du bout des lèvres Yves dira oui
Car l’Eglise l'impose

Yves a appris à respirer
Avec le temps, il n’a plus envie d’être contraint
Par la force
Yves dispose de son libre arbitre
Il est libre
Par la joie"

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

La ferme de Kroas Prenn11 Apr 202400:21:13

« C’est toujours pareil. Ça passe pas. »

Cadet de sa famille, Émile était tout jeune en 1939 et il se souvient plus de la Libération et de la rencontre avec les américains dans la ferme du Grouanec, que de l’entrée et de la vie pendant la guerre. Quelques années passent et sa jeunesse est envoyée en Algérie. D’une guerre à une autre, il prend conscience de ce que les conflits représentent et laissent comme traces. Il partage ses souvenirs dans ce 11ème témoignage de ‘Nos chemins de Liberté’.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

___

Citation

 

"Émile je le connais depuis des lustres
C’est le père de mes voisins Serge et Marie-Laure
Avant que les Rucard ne vendent la ferme, 
je l’ai toujours vu gambader
Au travail malgré la retraite
En vadrouille malgré le poids des efforts

Émile on aime s’asseoir à ses côtés
Et on l’écoute
Ça fait toujours du bien
Il remet les choses dans l’ordre
Il est vif d’esprit et de regards
La blague toujours au coin de la bouche
L’intelligence acérée qui fait des mots justes
C’est comme un grand frère soutenant et avenant
Alors je n’aurais jamais imaginé qu’il avait l’âge d’une guerre

Et quand il m’a dit qu’il en avait connu plusieurs
Je me suis posé la question de son âge…
Mais Émile sait rester jeune

Enfant, au bout du bourg, il avait vu des choses
Dans la ferme de Kroas Prenn des évènements se sont passés
Alors fallait l’écouter

Avec Christine et Cannelle on est allé le voir
Dans sa nouvelle petite maison du bourg
Dans son jardin il y avait une trace de la ferme d’avant
Sa biquette
Et Émile il l’aime fort son Huguette
Il l'a promène partout
Un jour je suis sure qu’il l’amènera à la médiathèque
Ces deux là sont inséparables
Ils forment un joli couple

Quand Émile se remémore ses souvenirs d’enfants,
il nous embarque dans sa vie
Sa mère en vélo qui part chercher de la nourriture
Les allemands qui passent vaillants devant la ferme
Puis les mêmes qui repassent les mains derrière la nuque…
Les Américains qui s’installent derrière la ferme
Les premières jeeps, les premiers hommes de couleurs
Emile il observe tout

Mais Émile il veut surtout parler de l’autre guerre
Celle qui le marque
Celle où le Français devient l’occupant
Celle qui le conduit à comprendre ce qu’est l’engagement
Le sens de l’honneur 

Alors d’une guerre à l’autre, il mesure la légitimité de la paix
Il a l’intelligence de la complexité
Et dans ses mots et ses apprentissages, il entend l’ennemi 
Il comprend l’absurdité des conflits qui perdent leur sens quant on sait
Il relativise 
Emile pleure les morts
Les amis de l’Algérie qui sont partis ou qui vont partir

Il y a des épreuves qui forgent à jamais des amitiés
Avec Émile on comprend ce que faire la guerre veut dire
Ce que faire la guerre implique

Des décennies plus tard,
quand les dissonances de valeurs frappent au fond du coeur,
on comprend pourquoi les guerres viennent perturber le sommeil des hommes"

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

Dans la rue neuve de Plouguerneau05 Apr 202400:20:23

« Et on a réussi à le convaincre qu’il valait mieux être amis qu’ennemis »

Marie-Pierre et François se connaissent depuis presque toujours. Enfants, la guerre va toucher leurs familles. Adultes, ils participeront avec conviction à la construction du jumelage de Plouguerneau avec la ville allemande d’Edingen-Neckarhausen. Dans ce 10ème témoignage de ‘Nos chemins de Liberté’ ils racontent leur projet de réconciliation.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

___

Citation

 

"Par une fin de matinée ensoleillée
On se rend du coté de Saint-Michel
Dans la maison des Jollé
C’est là qu’ils habitent maintenant

À l’entrée il y a une ancienne tourelle de mitrailleuse
Dans le jardin un blockhaus
Les traces n’ont pu être enlevées
Et les Jollé ils ont vécu dans la guerre
Et leurs souvenirs aussi restent
Comme le béton des allemands

Ils nous accueillent dans leur véranda 
Face à la mer
Elle happe les regards 
Le soleil chauffe 
Un petit silence s’installe
Et les souvenirs reviennent

Dans la rue Neuve il y a de la vie en devenir
Les maisons se construisent
Les enfants arrivent et se côtoient 
Ils rient et préparent les devoirs
Parmi eux, il y a François et Marie-Pierre
Ils ne se quitteront plus

Quand la guerre arrive
Les familles voient leurs vies bouleversées
Les pères partent et les mères restent
Les enfants observent en silence
Entre sidération et admiration
Ils voient des choses
Dans les rues assombries de Plouguerneau leurs mots sont bleus 

Marie-Pierre est lucide
Elle observe l’occupation des allemands dans le bourg
François aime contempler les troupes qui défilent
Les chants le fascine
Mais les parents veillent à garder une distance
Eux savent ce qu’il en est

Après la guerre, les Jollé œuvrent au jumelage
Malgré les oppositions 
Ils tiennent bon
Chez eux le pardon est une religion

Dans la bouche de Marie-Pierre les mots sont doux 
On entend l’importance de voir l’ennemi se transformer en ami
Et chez eux l’amitié c’est pour la vie 
C’est plus puissant que les guerres
Et comme dit François :  "plus on devient vieux, plus on devient sage « 

Avec les Jollé ont a de l’espoir
Et si les croyances pouvaient renverser les guerres !"

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

Quand l'enfant rencontre l'adulte29 Mar 202400:23:28

« Il y a quelque chose qui reste. Quelque chose qui reste. »

Lorsque la guerre arrive, Robert Guillerm a 4 ans. En enfant curieux de tout et un peu turbulent, il voit, vit et retient beaucoup d’événements ayant traversé Plouguerneau. Plus tard, avec son parcours militaire, il se documente et prend conscience de ce qu’il a vécu. Il partage ses sentiments et ses apprentissages, dans ce neuvième témoignage de 'Nos chemins de liberté'.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

Citation

 

« Robert est arrivé par hasard
Sur le tard
Il avait croisé le Maire lors d’une réunion des anciens combattants
Yannig nous a dit que, petit, il vivait non loin du l’usine du Traon
En face de sa fenêtre les allemands circulaient
Et lors de la Libération, il avait vu
Il savait des choses
Alors fallait l’interviewer

Habitant entre Rennes et Plouguerneau, on a dû attendre son retour
Un mois plus tard, le voilà donc face aux micros
On avait hâte
Pour savoir

En face de nous, on a le sentiment d’avoir un jeune homme
On le voit et sent jovial
Heureux et curieux
Comme l’enfant turbulent qu’il a été durant la guerre

Pour lui la guerre est une aventure
Un spectacle
Devant les fenêtres de sa maison il est au cinéma
Et il en n’en rate pas une
Et si un événement a lieu dans le bourg ou dans ses alentours
Il accourt
Malgré le danger
Malgré la mère et le Maire

Curieux comme l’est un enfant
Ses souvenirs sont joyeux
Durant la guerre
Sa vie de gamin est un jeu
Et heureusement d’ailleurs

On a le sentiment de revoir La vie est belle de Roberto Benigni
Ce film où un père, pour son fils, tord la réalité de l’atrocité des camps
Robert c’est un peu Guido et Giosue réunis

Mais Robert va grandir
Il va rentrer dans la Marine
Découvrir ce qu’est la guerre
Apprendre ses autres dimensions
Éprouver les contrastes

Alors, au moment des jumelages
Il aura du mal
Le dilemme est en lui
Ses souvenirs d’une enfance joyeuse
La conscience d’un adulte éveillé

Mais Robert sait
Il sait faire vivre les deux sentiments
Et tant mieux
Il n’oublie jamais l’enfant qui est en lui"

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

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Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

J'ai toujours ça dans la tête21 Mar 202400:27:56

Marie-Thérèse Cariou a grandi avec une peur tenace des Allemands, héritée de ses parents. Bien après la guerre, ses enfants feront l’expérience du jumelage de la commune avec Edingen-Neckarhausen. Pour ce huitième épisode de ‘Nos chemins de liberté’, elle raconte, avec sa fille Odile, le cheminement de sa famille.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

Citation

 

« Quand on rentre dans sa salle à manger
Là où Marie-Thérèse nous a installé
C’est son regard qui retient l’attention
Il est lumineux
D’un bleu buriné par le temps
Délavé par les pluies d’ici

Marie-Thérèse est maintenant dans une grande maison 
Entre le Bourg et Saint-Michel
Avant, avec ses parents, elle habitait une ferme
À côté de Lesmel

Là-bas, au quartier
elle en a vu des choses
Faut dire qu’elle dominait l’Aber Wrach
Alors au loin elle a vu Brest
La nuit surtout 
Le feu, les éclairs
Et pour un enfant, ces souvenirs sont indélébiles

Quand elle parle de ses souvenirs de guerre
On sent les émotions
Comme si la guerre avait eu lieu hier

Le jour de la photo
Avec sa file Odile
Elles ont voulu revenir à la ferme d'antan
Quand elles prennent la pause
Les corps marquent un temps d’arrêt
Et les regards en disent long

Quand elle regarde vers l’horizon
On ressent l’angoisse de Marie-Thérèse
Et Odile est aussi embarquée dans les tourments de sa maman
Le ciel est comme une menace

Elles voient et revoient Brest en feu
Au loin

On a le sentiment d’y être à nouveau
Elles regardent en l'air
Et si les avions revenaient…
Et Marie-Thérèse a à nouveau peur

Elle a toujours ça dans la tête
Ça ne part pas
Malgré les années"

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

J'ai vu un homme pleurer13 Mar 202400:40:00

« On s’est dit, et bien, tous les allemands ne sont pas méchants. On s’est dit ça »

Pour ce septième témoignage de ‘Nos chemins de Liberté’, Pierre Le Ven partage avec détails les souvenirs de son enfance passée à Keridaouen. À travers eux, on discerne son attention au monde, à ce qui s'est passé pendant la guerre et à ceux qui s'en sont allés.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

Citation

 

« Pierre il a un sacré portefeuille
Bien épais
Ce ne sont pas des liasses
Ou alors des billets d’où
D’ici et d’ailleurs aussi

Car dedans il transporte des photos 
Par dizaines
De tous les Le Ven 
De toutes les générations et périodes du clan 
De Kerazan, de Carentec, des îles, de Lilia mais pas du Bourg
Faut que ce soit tout proche de la mer et des marées

Alors, quand il commence à parler le Pierrot,
faut s’accrocher 
Pas se perdre
Y’a tellement de branches dans la famille 
qu’on a le tournis des dates et des lieux

Faut surtout pas le couper 
Il risquerait de se bloquer
Mais une fois qu’il a déposé leur noms et histoires,
faut toujours respecter les ancêtres et les origines,
alors Pierrot, avec son regard plein de malice,
commence son histoire

Celle des goémoniers de Kerazan et de l’ile d’Erc'h
Et là il nous embarque

Pierrot c’est un peu comme le Petit Nicolas
Les histoires racontées sont imagées
Ce sont celles des enfants de Lilia
qui, lorsque la guerre est finie, 
continuent de se faire la guerre

Les anecdotes sont si inspirantes 
que la guerre est au bout de nos yeux 
On la voit, on la sent et on la respecte

Dans son regard d’enfant 
nos vies d’adultes s’éclairent autrement

Les enfants aussi savent raconter les guerres
Les enfants aussi savent parler aux adultes
Pierrot enseigne sans nous faire saigner

Pierrot a vu un homme pleurer
Pierrot sait nous faire pleurer 
De rires et d’émotions 

Pierrot aurait rêvé de voguer sur les mers
De naviguer sur les océans
La vie en a décidé autrement
Il a dû opter pour chauffeur de car
Une autre manière de voyager

On aurait aimé,
comme bien d’autres,
être transporté dans son car Riou
Pour écouter des histoires
Pour rigoler avec ses anecdotes
Pour vivre ensemble
Le temps d’un voyage"

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

Face à l'Aber Wrac'h06 Mar 202400:18:49

« Et on a été sauvé ! Ça a été formidable. Mais on a eu la trouille quand même »

Quand la guerre s’est terminée, Albertine Talec avait 10 ans. À Perroz où elle a grandi, avec la mer et face à l’Aber Wrac’h, elle raconte ses souvenirs pour ce sixième témoignage de ‘Nos chemins de Liberté’. De l’expérience de la guerre à celle du jumelage avec la ville d’Edingen-Neckarhausen, bien des années plus tard.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

Citation

 

« Albertine habite dans la côte de Perros
À côté de la maison de mes parents
C’est une figure locale
Avant son entretien, je ne l’avais jamais croisé 
Etrange…

Le jour de l’enregistrement, on y est allé à 4
Géraldine, Christine, Cannelle et moi
Derrière la grille
Quand on est entré dans le jardin
On avait le sentiment d’être ailleurs
Et l’arrivée d’Albertine a renforcé les couleurs du jardin

Albertine c’est un peu la Brigitte Bardot du coin 
Chez elle tout est fleuri
Son jardin, sa maison et son verbe
Dès le départ on s’est dit qu’on allait pas s’ennuyer

Avant même que les micros ne soient branchés
Albertine se racontait
On a vite compris que ça ne servirait à rien de lui dire d’attendre
Fallait qu’on se dépêche pour ne pas en perdre une miette

Albertine adore parler
Elle a le sens des mots 
Des formules aussi
Son débit et sa voix sont ceux d’une jeune femme
Elle veut être entendue et attendue

Albertine aime la vie 
La joie, les fêtes et les rencontres
Les voyages aussi
On sent une énergie vitale
Le goût de la vie
De celle de la jeune fille qu’elle était durant l’occupation
De sa culture du plaisir
Malgré les évènements

Alors la guerre elle l’a vu
Pas a Perros
Mais de l’autre côté
Sur l’Aber Wrac’h
 
Comme on assiste à des scènes de spectacle
Sous ses yeux d’enfants elle a vu et entendu la guerre
Le spectacle s’ouvre et se referme
Comme le rideau d’un théâtre
 
Albertine elle en a des souvenirs
Elle les délivre à une vitesse incroyable
Sans crier gare
Passe d’une période à l’autre 
Faut s’accrocher
Parfois les dates se mélangent
Les histoires aussi

À la fin, on est un peu épuisé
Mais Christine est aux anges
Albertine lui rappelle des souvenirs de famille
Elle est aussi admirative de son caractère
Celui des femmes de la côte
On dit que le vent y est pour quelque chose...
Mais la vie sans hommes
car les goémoniers sont aux îles
y est aussi pour quelque chose

Tel un puzzle
Il nous faudra du temps
Pour ordonner ses souvenirs
Pour faire de son récit une vie bien iodée
Un récit plein de sel…"

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

Le bol de soupe29 Feb 202400:22:55

"Je n’étais pas en colère contre eux. Je ne suis pas en colère contre ça".

Pour ce cinquième épisode de ‘Nos chemins de Liberté’, Léon Le Guen a rassemblé ses souvenirs. Parmi eux, le bol de soupe, un souvenir qui nous dit ce qu’était la guerre dans la vie simple d’un enfant de 8 ans.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

Citation

 

« Léon c’est un peu comme Jeanne, Joséphine ou encore Marie-Thérèse
La guerre c’est comme s’il ne l’avait pas vu
Alors quand il arrive devant les micros, il ne comprend pas trop les raisons de sa présence
On sent qu’il est prêt à repartir
De peur de déranger peut-être

Il n’aime pas trop ça causer seul Léon
Chez lui les mots c’est à l’économie
C’est comme aller à confesse
Faut dire qu’il aurait apprécié retrouver les anciens du quartier
Ceux et celles d’avant
Quand la vie était une affaire de collectif
Et sans doute que, dans leurs échanges, les souvenirs auraient été plus faciles à revenir
Une vie collective c’est aussi des souvenirs de groupe

Alors Léon se lance

Souvent il donne l’impression de s’arrêter
Sans jamais vouloir continuer
On laisse les silences s’étirer
Et si rien ne vient on le questionne
À nouveau
Et il repart
Et on se dit tant mieux
On ne sait jamais

Dans les mots de Léon on distingue le sens
Il dit et redit que la guerre peut ne pas avoir marqué une vie
Il dit que cette vie de guerre on n’avait pas le temps de s’en préoccuper
On avait d’autres chats à fouetter
Le travail, la ferme, la famille, le quartier, le sou pour vivre

Au bout d’une heure
alors qu’on avait la sensation que tout avait été dit
on lui demande s’il voulait rajouter un dernier souvenir
On fait ça par politesse sans doute
Pour se dire au revoir et à bientôt pour la photo

Et là, Léon, comme si de rien n’était,
il nous raconte le souvenir du bol de soupe
Celui qu’on donnait aux enfants de l’école à l’heure du déjeuner

Un bol d’eau chaude en fait
Un bol pour faire genre
Et, en face de lui, les Allemands eux, ont des omelettes bien généreuses
On est un peu estomaqué par ses mots en apparence anodins
Par leur portée
Leur symbolique aussi

Mais Léon n’a pas de colère
Il fait le constat
Sans être naïf
Il est lucide sur ce qu’est la guerre aussi
Comme bien d’autre qu’on a rencontré
Qu’on a raconté"
 

 

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

Derrière les barbelés du Spins22 Feb 202400:19:32

"On a été encerclé par les allemands. On a vu démolir toutes les dunes du Spins et ils ont commencé à faire les blockhaus".

À la grève blanche où sont postés les allemands, la famille de Francine et Marie Le Goasduff a été la seule à être autorisée à rester. Leur vie s'est organisée, derrière les barbelés. Elles racontent leurs souvenirs pour ce quatrième épisode de Nos chemins de Liberté. 

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

Citation

 

« Christine en parlait avec des lumières dans ses yeux 
Yannig aussi
Les sœurs, les 3, devaient être interviewées !
Le genre d’évidence qu’on n'a pas envie de questionner
Surtout quand on n’a pas toutes les cartes en main

Ici, tout le monde les connaissait
Et même la France d’ailleurs  
Faut dire qu’elles étaient passées aux infos 
Régionales et nationales !
Au 20h même
Celui de TF1

Il me fallait alors simuler
Omettre une certaine forme d’ignorance
Faire comme si je connaissais les sœurs Le Goasduff
Comme si j’avais déjà croisé les chemins de Francine, Marie et Jeanne…

Souvent, dans un processus d’intégration, faut mentir pour accéder aux histoires
Pour comprendre l’Histoire d’un territoire
Quand des femmes sont des Institutions c’est qu’elles incarnent des valeurs d’importance
Des valeurs d’appartenance
Des cultures qui se préservent
Qui passent de générations en générations

Alors les sœurs Le Goasduff sont les amies de tout le monde 
Chacun partage une anecdote comme on partage un gâteau de famille
Chacun dispose d’un bout de l’histoire

Alors un jour d’été, en fin de journée, 
quand on est arrivé chez Francine et Marie
avec nos micros et enregistreurs
j’avais l’impression de rentrer à l’Elysée
Le matin j’avais même repassé ma chemise

Et heureusement car Francine et Marie étaient sur leur trente-et-un
Toutes belles
En couleurs
On devait être autour du 14 juillet
Un vrai feu d’artifice
Elles avaient aussi dû aller chez le coiffeur
Bref, elles nous attendaient !

Tout de suite elles se sont étonnées de ne pas voir de caméras
Juste des micros a demandé Francine ?
Oui oui ai-je murmuré de peur de me prendre une remarque
Sans les caméras on avait l’air pas à la hauteur de ce rendez-vous
De leur rendez-vous !

Christine, en douceur, leur a expliqué l’absence d’images
L’importance de préserver leur voix
L’arrivée des « podcasts » aussi dans cette modernité mouvante
La puissance du décalage dans un monde qui va si vite
La douceur de perdre son temps en prenant celui du temps d'écouter
Pour apprendre autrement
Pour les découvrir différemment

Si Francine parlait beaucoup, Marie observait 
Son regard était là
Comme la présence d'une Maîtresse d’école qui sait se faire respecter
En silence 
Christine a su rassurer
Créer une confiance partagée
Et l’entretien a pu commencer

On était content de les écouter 
On sentait leur envie de transmettre
De ne pas oublier
De ne pas les oublier

Dans leurs récits croisés on était touché
On était au bon endroit
Là où les questionnements se font 
Là où les évidences s’écroulent 
Là où les certitudes s’effritent 
Là où les apprentissages se font

Après deux heures d’échanges
On avait pu se rencontrer
On avait pu faire connaissance
De sujets à sujets
De personne à personne

Francine et Marie ne sont pas des objets d’Histoire
Elles ne sont pas à mettre au musée
Elles sont des femmes sujettes de leur histoire
Elles sont un peu comme nos grands-mères
Elles sont une partie de l’histoire vivante de Plouguerneau 
Pour toujours

C’est pas si mal les podcasts
On va pouvoir les entendre
De loin et de près

Comme les sœurs sont inséparables
Pour la photo c’est Jeanne qui est venue avec Francine
Marie avait trop mal aux jambes
On était triste qu’elle ne soit pas là
À côté de la ferme de la famille 
Là où elles avaient vécu derrière les barbelés

 

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

La guerre est déclarée15 Feb 202400:24:48

"Ils ont monté le mât et puis ils ont commencé à remonter le drapeau nazi. Le drapeau rouge avec la croix gammée".

En 1939, Louis Guével avait 17ans. Trop jeune pour être mobilisé, il est resté travailler dans la ferme familiale, au Grouanec. Ses souvenirs sont rassemblés dans ce troisième épisode de Nos chemins de Liberté.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

Citation

 

« C’était au cours de l’été
Par une journée ensoleillée et chaude
Plouguerneau avait des airs d’Aix-en-Provence
On s’attendait à entendre les cigales

On se demandait où était le ferme des Guével
Frédéric des archives savait
Il nous a proposé de nous montrer le chemin
On a suivi sa voiture en allant au bout de la frontière
C’était à côté du Grouaneg 
A un ou deux kilomètres de là
La ferme était imposante ! 

Sur le palier de sa maison, Louis attendait
La casquette en place
Il nous a fait rentrer dans sa cuisine
Là trônait une grande table
En bois
Massive
On sentait qu’elle avait dû accueillir des sacrés repas de famille
On avait aussi l’impression qu’on était dans la salle du conseil municipal

Faut dire que Louis il connaissait bien le conseil 
Il y avait siégé de nombreuses années
Alors il s’est installé au centre
Et nous on s’est tous et toutes mis en face de lui
Comme des enfants 
Comme ses enfants
Comme ses administrés

On a installé les micros
Branché les câbles
Et appuyé sur les boutons d’enregistrement

Yannig et Christine ont commencé à poser les questions
Fallait parler fort car Louis avait un peu du mal à entendre
S’il avait perdu un peu des oreilles, niveau mémoire c’était tout autre chose
Il avait les jours, les dates, les heures, les minutes et les faits 
On en revenait pas ! 

En quelques minutes on était avec lui
Dans sa vie de jeune qui observait la guerre
On la voyait se dérouler sous nos yeux 
Dans nos oreilles on entendait les bruits de la guerre
En fermant les yeux on avait même les images
Bref, on était au cinéma de Louis
Avec lui on a su comment la guerre avait été déclarée ici 

Après deux heures d’écoute on était rassasié
Louis avait le sourire des jours heureux
Il était content de nous avoir livré tout ça
Pour fêter ce moment singulier, son fils nous a offert à boire
C’est un rite 

Après, Louis nous a ramené à la porte
En douceur
Malgré la chaleur
Christine a voulu faire une photo
Elle aime bien les souvenirs et les rencontres Christine
Alors…

En partant je me suis dit que j’allais faire son portrait dans sa cuisine 
Au milieu de la table
Entre les deux fenêtres
Comme une photo de Président…

Mais Louis s’en est allé avant
Sans doute qu’il n’aimait pas trop poser devant un objectif…

Avec ses 3 enfants on a quand même décidé de la faire cette photo
Sa photo
On a demandé à la police municipale de vider Plouguerneau 
On voulait pas d’habitants, voitures, vélos…
Comme si c’était la guerre qui avait tout emporté
Et dans la rue principale ils ont pris la pause
Sur la photo on sent le silence d’un bourg qui n’est plus maitre de son destin
On sent aussi l’absence d’un père qui manque à ses enfants

Louis nous a fait un beau cadeau
Un témoignage qui restera
Pour ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants
Pour Plouguerneau aussi

Louis il a toujours eu le sens de l’intérêt général
Alors merci Monsieur

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  •  Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

Ça sentait fort08 Feb 202400:25:23

 

"C'est les allemands qui m'ont dit que c'était la guerre"

Alice Ogor est née à Lesmel. L'année de ses 9 ans, la guerre s’introduit dans sa vie. Elle raconte son histoire, pour ce deuxième épisode de Nos chemins de Liberté.

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

___

Citation

 

"En face du château de Lesmel
Dans une chaumière qui n’existe plus

Alice et sa famille ont vécu là
À quelques mètres des Allemands  

Dans les mots d’Alice on discerne la puissance d’une vie qui a été pensée
Alice ne subit pas tout le temps
Elle agit avec détermination et discrétion

Alice rigole souvent quand elle décrit le difficile
Ça créé une forme de dyschromie qui invite à l’écouter
À tendre l’oreille pour la comprendre
Dans la douceur de sa voix et de ses rires, on finit alors par entendre
Par l’entendre
Il a fallu laisser de l’espace et du silence pour faire sortir ses mots  

Ici la guerre n’est pas centrale dans la vie
Dans sa vie
Mais, le jumelage le sera davantage
C’est l’ouverture

Le respect des différences et des différents
Mais pas une différence qui détruit
Une différence qui est respectueuse de chacun
Quand la différence est destructrice, elle a une odeur
Qui reste dans les souvenirs
Qui est celle du sensible"
 

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  •  Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  •  Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  •  Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

 

 

Au nom du père24 Jan 202401:15:24

Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. 

Le récit de Denis Simon, 88 ans, est le premier à être diffusé. Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

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Citation

 

"Denis a rassemblé tous ses souvenirs
Mais aussi ceux des oncles, tantes et voisins
Son savoir n’est pas livresque
Son savoir est mémoriel
Durant plusieurs années, il est allé écouter
Interroger ceux et celles qui avaient connu la guerre à Plouguerneau
La libération aussi
Recueillir leurs histoires pour construire le sens d’une trajectoire
Denis a collecté patiemment des fragments d’une guerre pour reconstruire sa vie

Le sens d’une vie

Après plus de deux heures d’échanges
On mesure l’importance de son témoignage
Dans la vie de Denis et celui de sa famille,
la guerre lui a pris un père 
Elle a enfermé sa mère dans une tristesse des profondeurs

Face à l’effroi d’une vie qui bascule sans crier gare
Denis a mené sa guerre 
Il a sublimé la mort par la vie
Le vide par le plein

Simon nous permet de relativiser
Sa famille c’est un peu la notre
Son récit c’est un peu celui de Plouguerneau

Il porte en lui cette vie
Il porte en lui les mémoires collectées
Il porte en lui les défunts
Il porte en lui la nécessité de ne pas oublier

Denis est vivant
Il chante les morts"

Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

 

 

 

Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

 

  • Équipe municipale, coordinatrice du projet

Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

 

  • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou 

et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

 

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  • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

Graphisme : Stéphanie Plateau

Musique : Alexandre Varlet

Coordination, communication : Géraldine Genin

 

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