Nos chemins de Liberté est une démarche de collecte de témoignages, portée par la Mairie de Plouguerneau et sa médiathèque 'Les trésors de Tolente', auprès de ses plus anciens habitants. Celles et ceux qui étaient enfants ou adolescents pendant l’Occupation allemande.
Ils et Elles sont invités à raconter leurs souvenirs d’avant, pendant, après la guerre, jusqu’à la construction du jumelage franco-allemand avec la ville d’Edingen- Neckarhausen. Des souvenirs d’enfants, colorés par 8 décennies de vie.
À travers cette série de podcasts, Nos chemins de Liberté présente leurs histoires et portraits, réalisés dans des lieux qui ont marqué cette période de leur existence où il a été question, après la guerre, de penser la relation avec les Allemands. Des lieux et des visages qui font découvrir la commune dans toute sa diversité de paysages, d’histoires et de réalités sociales et humaines.
2024 et 2025 marquent successivement les 80 ans de la libération de Plouguerneau puis de la fin de la seconde Guerre Mondiale. Dans cette actualité qui invite à un travail de mémoire, la commune s’engage ainsi pour révéler, partager et apprendre de cette histoire collective, grâce à ses plus anciens administrés.
La série Nos chemins de Liberté : un nouvel épisode diffusé tous les samedis entre février et juin 2024
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Christophe Jacq vit à Plouguerneau, il est enseignant, diplômé en histoire et littérature.
Entre 2023 et 2024 il réalise un travail de socio-histoire dans le cadre de Nos chemins de Liberté. En participant au recueil d’entretiens, puis en écoutant l’intégralité des témoignages « stylo à la main », il fait des liaisons entre les différents récits de vie collectés, identifie des thématiques communes, constate des convergences, apporte des éléments de compréhension sur le contexte historique et propose des pistes de réflexion sur ce que produit et nous enseigne ce matériau sensible, notamment sur nos représentations.
Son travail, enrichi par des archives réunies par des habitants, prend la forme d’une exposition croisant mémoires, analyses et documents d’archives. Elle est présentée à l’Espace Culturel Armorica du 8 au 28 mai, puis à la médiathèque ‘Les Trésors de Tolente’ jusqu’au 30 août 2025.
En 2025, à travers la création de Gardien(ne)s de mémoire, il réalise une fiction théâtrale qui, sur un arrière plan historique et à travers un paysage qui pourrait apparaitre familier aux Plouguernéens, donne à voir comment dans la période si particulière et complexe que fut la Seconde Guerre mondiale, des personnages réagissent, en fonction de leur psychologie et de leur passé.
Le podcast Passeur d’histoires rend compte de la démarche de Christophe Jacq à travers ces différentes réalisations croisant sciemment différentes disciplines, et qui sont autant de possibilités de nous interroger sur l’héritage mémoriel que nous recevons et transmettons toutes et tous.
Pour la vie
Épisode 23
jeudi 20 mars 2025 • Durée 22:27
Anjela Etienne est présidente du Comité de Jumelage de Plouguerneau - Edingen Neckarhausen.
En 2027, le jumelage Franco-Allemand de Plouguerneau fêtera 60 ans d’existence. Au delà de sa longévité, il se distingue par le prestigieux prix de l’Europe décerné par le Conseil de l’Europe en 1990 ainsi que par la vivacité des liens entretenus par les habitants de Plouguerneau et d’Edingen-Neckarhausen, qui s’exprime sans discontinuer au travers d’une multiplicité d’activités culturelles, sportives et touristiques.
À travers le temps, le jumelage est aussi devenu un interlocuteur de référence pour les acteurs locaux souhaitant entreprendre un projet en s’appuyant sur la puissance des liens entretenu avec les jumeaux d’outre-Rhin.
En 2024 pour Nos chemins de Liberté, c’est donc naturellement que le Comité de Jumelage a été sollicité pour prendre part à une démarche venant s’adresser aux générations qui, n’ayant pas connu la Seconde Guerre mondiale, demeurent toutefois héritières de la reconstruction du lien avec les Allemands et dont le Comité de jumelage a été un des artisans.
Le Comité de Jumelage, avec l’appui du Fonds citoyen franco-allemand, a également favorisé la mise en place du Bureau des souvenirs, un dispositif installé à la Médiathèque ‘Les trésors de dolente’ puis à l’Espace Culturel Armorica de Plouguerneau, pour élargir la collecte de mémoire à toutes celles et ceux qui sont dépositaires d’un souvenir lié à la commune d’avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.
Dans le podcast Pour la vie Anjela pose des mots sur les fondements du Jumelage et sur l'énergie qui anime l’ensemble de ses adhérents.
Sur la route de Saint Michel
Épisode 21
mercredi 19 juin 2024 • Durée 14:03
« On ne peut pas oublier ça. Et tout le monde ensemble, on descendait tous ensemble bras dessus bras dessous en chantant »
Jeanne Léon a beaucoup de souvenirs de son adolescence pendant la guerre. Le couvre feu, les laisser-passer, les réquisitions, les événements dramatiques aussi, survenus même le jour de la Libération. Ce qui lui revient en premier c’est ce jour où elle est partie sur la route de Saint Michel, voir les américains, arrivés au cœur du bourg…
Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.
Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.
___
Citation
" On aura commencé et fini avec Jeanne…
Une page qui s’ouvre et se ferme à la fois
La première fois qu’on a rencontré Jeanne
C’était à l’Ephad de Plouguerneau
Elle est arrivée tranquillement
Poussée sur sa chaise roulante
Dans la salle des familles on était tout un petit groupe à l’attendre
Elle n’était pas pour autant impressionnée
Elle semblait contente de savoir qu’on venait l’écouter
Silencieuse elle regardait chacun et chacune d’entre nous
Alors quand Jeanne commence à parler
on sent qu’elle n’avait pas oublié
Ses souvenirs convergent surtout sur la Libération
Car cette Occupation Jeanne n’en voulait pas
Une enfance entravée
Empêchée aussi
Des interdictions répétées
Des privations familiales
Des gestes impardonnables
Une vie d’incertitudes
Alors comment oublier ?
Comment pardonner aussi
Ça se comprend
Quand les américains libèrent le bourg
Jeanne est alors heureuse
La fierté revient
Progressivement
Et la voix de Jeanne redevient lumineuse
Elle raconte la joie du bourg
De se retrouver libre à nouveau
Cette circulation qui est rendue possible
À toute heure du jour et du soir
Alors la fête on la comprend
On y est
Avec Jeanne
Bras dessus bras dessous
On chante avec elle
Avec eux aussi
Même aujourd’hui on ressent cette joie collective
C’est beau une vie libérée
Ça ne pouvait pas être plus dur que ça ne l'était déjà
Épisode 20
mardi 11 juin 2024 • Durée 55:37
« Que veux-tu, à l’âge qu’on avait on était plutôt spectateurs, mais sans avoir d’opinion. La seule chose qui nous intéressait c’était les réflexions de nos parents, des anciens »
Jean Breton n’a quasiment pas connu l’avant guerre. Mais par ses yeux de très jeune enfant, il perçoit des choses importantes sur l’Autre, sur la vie, sur les événements. À travers son récit, c’est aussi toute la vie paysanne que Jean raconte, ainsi que son plaisir de la mer, de la pêche. Comme une obsession.
Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.
Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.
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Citation
" Ça aura été le dernier enregistrement
Du moins pas tout à fait
On avait déjà enregistré Jean en Breton
Avec Yannig à l’Armorica
J’avais rien compris mais son visage happait mon regard
Avec les photos que Jean avait amené avec lui,
ici on dit ‘envoyé’,
j’avais pu voir quelques bouts de sa vie
Pour la version en français
Je suis allé dans sa ferme
Elle est située à un croisement
Entre le Zorn et le Vougot
Dans les terres
C’était durant le printemps
On s’est installé dans la véranda
Le soleil nous réchauffait
La brise qui rentrait par la porte sentait les prémices de l’été
Et toujours ce regard puissant
Celui des hommes qui savent
Et Jean a commencé son histoire
Les goemoniers de Saint-Michel
La migration dans les terres pour trouver du travail
L’installation dans une ferme
Celle-ci
Et la guerre
Puis la reprise de la ferme parentale
Les engrais qui apparaissent avec les machines
Le récit de Jean c’est celui d’un roman paysan
D’un roman d’ici
D’une paysannerie qui a disparu avec cette génération
Et qu’on essaye aujourd’hui de faire renaître
La vie de Jean c’est celle que mon père me racontait
Celle que je voyais dans les photos des livres qu’il lisait
C’est drôle de voir les images vivre
D’observer la vie dans les mains et les visages
Et de se dire qu’on va, plus tard, les photographier aussi
Jean sait
Il est lucide sur la vie
La sienne
Et celle des autres aussi
Il discerne les événements traversés et rencontrés
Il aime autant la terre que la mer
Il est sucré et salé Jean
Durant l’entretien son fils est venu
Il a préparé du café
Sorti le pain et le beure
Déposé le tout sur la table de la véranda
Et j’ai compris qu’il était 4h
L’heure du rite quotidien entre le père et le fils
Les tranches coupées et beurées
Que l’on vient tremper dans le bol de café
En silence
Et puis on ramasse les miettes
Dans le creux de la main
On débarrasse
Et la vie reprend
Dehors on sentait la mer
Et Jean continuait son récit
J’étais bien avec lui
J’apprenais la vie
La sienne
La mienne aussi
J’aurais voulu que l’après-midi dure
Mais tout a une fin peut-être
Mais non
Les histoires restent en nous
Les souvenirs aussi
Ils nous alimentent
Pour toujours
Plus jamais ça
Épisode 19
mercredi 5 juin 2024 • Durée 34:52
« J’ai fait du porte à porte ici, chez tous les copains que j’avais à Plouguerneau, pour qu’ils prennent un Allemand chez eux au moment du jumelage »
Georges et Renée Lindivat ont fait partie des fervents artisans du jumelage de Plouguerneau avec Edingen-Neckarhausen. Ils ont favorisé des rapprochements et ils ont créé des liens très forts entre les habitants des deux villes : « tous ces gens-là avaient connu la guerre et ne voulaient pas que ça recommence ».
Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.
Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.
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Citation
" C’est à coté d’un vivier
Non loin de Saint-Michel
Faut trouver une ruelle
Une impasse
J’ai tourné en rond
Et puis j’ai trouvé un homme
Je lui ai demandé s’il connaissait cette adresse
Celle que j’avais écrite sur un morceau de papier
La maison de Monsieur et Madame Lindivat
Il m’a regardé sans me parler
Je lui ai expliqué la raison de ma venue
Il a eu confiance et m’a amené à l’adresse
Sur le chemin il m’a parlé
J’ai compris qu’il s’agissait du jardinier
Là-bas la maison trônait face à la mer
Au milieu de petites dunes
Ça avait l’air d’un endroit secret
À l’abri
Mais pas de tous les vents
Madame Lindivat m’a accueilli
Elle m’a laissé installer le matériel dans le salon
Monsieur Lindivat finissait son déjeuner
Quand il est arrivé je me suis souvenu de son visage
Jeune je le croisais au tennis
À la pharmacie aussi
Il avait pas changé
Toujours ce regard
Gentil et sérieux à la fois
Surtout quand il avait sa blouse blanche
Avec tout plein de stylos dans la poche avant
Quand Yannig est arrivé
On a pu commencer l’entretien
Là les souvenirs étaient précis
Précieux aussi
Avec les Lindivat la vie du bourg se dessinait
Les tensions autour du religieux
La vie des commerçants et des familles
C’était pas la même vie que dans les terres ou bords de mer
Quand la guerre est arrivée elle a frappé durement la famille
Malgré la peine de Madame, ils sont allé au devant
Toujours de l’avant
Chez eux la réconciliation c’est avant tout une question d’engagement
C’est en actes et pas en paroles
On ne dit pas ce qu’on fait
Car ce sont les faits qui parlent à la place des hommes et des femmes
Alors ils ont œuvré
Tous les deux
Quitte à forcer un peu la main des récalcitrants
Car chez les Lindivat la rencontre se fait par des expériences
Il faut des tiers
Des passeurs de balles
Mais pas celles de la guerre
Celle des terrains de foot
Et de tennis aussi
Dans les communes on a besoin de ces personnes
De celles qui osent agir
Par conviction
Par nécessité aussi
De ces entraineurs qui changent le cours d’une destinée
Qu’elle soit individuelle ou collective
Et Monsieur et Madame Lindivat,
en double,
ce sont des sacrés joueurs
Inépuisables
C'est triste les guerres
Épisode 18
mercredi 29 mai 2024 • Durée 32:46
« C'est triste les guerres »
La vie de Joséphine Talec n’a pas été simple. Un accident emporte son père en 1944, la laissant seule avec son frère et sa mère. Dans sa famille, le traumatisme de la Grande Guerre est dans les mémoires et amplifie la peur vis à vis des Allemands. Malgré la dureté de la vie, Josephine grandit. Elle raconte les êtres et les actions d’importance : sa grand-mère, l’entraide avec les réfugiés, un peu de la vie de ceux qui ont résisté, et la réconciliation à laquelle le jumelage de Plouguerneau a contribué.
Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.
Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.
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Citation
« Entre Lilia et Perroz
Entre une descente et une montée
C’est là qu’il y a la ferme de Josephine
Si on lève les yeux
Au-dessus des talus
On sent la mer
C’est la petite baie de Keridaouen
Quand on arrive dans la petite maison avec Yvon son fils
Josephine s’est endormie
On s’installe et Joséphine se réveille et reprend ses esprits
La vie de Joséphine n’a pas été simple
Le goémon qui ne rapporte rien
La ferme qui nourrit à peine la famille
Et le père qui part travailler à la DP de Brest
Et là le père meurt d’un accident de travail
Mort pendant la guerre mais pas de la guerre
Pour Joséphine c’est pas de chance
Elle aurait pu être pupille et faire des études
C’est triste les guerres
Là il a fallu rester à la ferme
Pour aider au travail
Pour aider une mère esseulée
Dans ce quartier de Kerougoun
Les allemands sont pas trop là
Ils sont là-bas
Du côté de l'Île Derc'h
On les sent par les restrictions
Dans les déplacements
Dans la nourriture
Avec la présence des réfugiés aussi
Et puis les réquisitions et les bombardements à la fin
Alors Josephine a un peu de colère
De la peur aussi liée aux bombardements
Qui restera toujours
Quand les avions passent
Alors à la fin de la guerre, à Lilia, on a fêté ça
Et après, bien plus tard, malgré ces souvenirs,
Josephine pardonnera
C’est une autre vie
D’autres rencontres
Avec les Allemands
On nous disait pas la vérité
Épisode 17
vendredi 24 mai 2024 • Durée 20:34
« On avait peur, mais d’un côté non, puisque mon père avait fait un sous-terrain au fond du jardin »
Alexine Kervella avait 5 ans en 1939. De la guerre, elle garde des émotions très fortes liées au passage des avions, au retentissement des bombes et à ce moment où son père a été fait prisonnier. La guerre, ce sont aussi des amitiés indéfectibles nouées avec de la famille éloignée, venue se réfugier à la ferme. Avec sa fille Irène, Alexine partage ses souvenirs qui vont jusqu’au jumelage avec Edingen-Neckarhausen auquel son père a contribué. « Pardonner, c’est se donner la main. C’est se dire que c’est fini tout ça ».
Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.
Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.
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Citation
« Alexine il a fallu la convaincre
Géraldine a dû solliciter tout plein de monde
Sa belle-mère, une petite fille, des voisins…
Alexine lui a même raccroché au nez pensant que c’était une erreur
Faut dire qu’elle renonce rarement Géraldine
À force d’insister, Alexine a fini par accepter
Alors le jour de l’entretien,
quand on est arrivé devant sa maison,
une grande bâtisse en hauteur qui domine un des ronds-points de Lilia,
on avait le sentiment d’être devant un château fort
Mais y’avait personne…
On s’est dit qu’elle avait oublié Alexine
Ou alors qu’elle voulait plus
Et puis finalement elle est arrivée
Que dis-je, elles sont arrivées en force !
Alexine, Irène sa fille, Morgane sa petite fille et une petite nièce Léane qui venait faire l’entretien avec nous
Bref, on sentait qu’elle avait une garde rapprochée Alexine
Alors quand tout ce monde s’est retrouvé dans la cuisine
on avait un peu l’impression d’être dans le métro
à une heure de grande influence
Quand l’entretien a commencé on savait plus trop qui parlait
Qui avait les souvenirs d’avant
Entre Alexine et sa fille on assistait à un duo
Au bout d’un moment, on a plus cherché à comprendre
On s’est dit que ces deux-là faisaient la paire
Alors on a écouté
On a vu qu’au quartier les allemands étaient pas très présents
Ils sont tout de mêmes venus dans ces terres
Mais on aussi entendu les restrictions
La vie faite de privations
Et de rencontres aussi
Avec d’autres membres de la famille venus se réfugier à la ferme
Dans le flot de mots on a aussi entendu un personnage
Le père
Celui d’Alexine
Ce père qui est appelé parrain
Dans notre imaginaire on avait le sentiment d’être en Sicile
Avec Coppola et les Corléone
Les familles qui s’apparentent à des clans ont toujours une référence
Et chez les Kervella c’est un père charismatique
Marchand de cochon
Il avait le cœur sur la main
Et quand on sort de la guerre et de ses restrictions,
la générosité c’est quelque chose d’essentiel
Ça ne s’oublie pas
Surtout si ça dure dans le temps
La ferme au-dessus du pont de Paluden
Épisode 16
mercredi 15 mai 2024 • Durée 27:47
« Je suis François Roudaut, retraité de la terre »
La vie de François Roudaut nous raconte sans pareilles quelques-unes des facettes de Plouguerneau. Une enfance à la ferme puis l’ostréiculture, la Marine, le métier de gardien du phare de l’Ile Wrac’h puis celui de pêcheur à Perroz… Du haut de Paluden où il habite, François a vu les Allemands arriver. Ceux qui ont pris son père, prisonnier durant 5 années. « Quand mon père est rentré, il ne nous connaissait pas ». François raconte et nous transporte, soutenu par son fils Olivier qui l’accompagne. Entre eux, les souvenirs et la parole circulent, depuis toujours.
Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.
Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.
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Citation
« Quand on nous a parlé de François
On nous a tout de suite mis l’eau à la bouche
Un ancien gardien de phare
Un patron pêcheur de Perros
Une ferme située au-dessus du pont de Paluden…
Quand François est apparu dans la chapelle de l'Ehpad
on a presque cru au miracle
Dans sa chaise roulante son visage était vif
Un regard qui scrute en silence
Sur sa tête, une casquette de marin
Elle semblait amarrée ici depuis toujours
Son fils Olivier l’accompagnait
Il avait de l’attention à son égard
On sentait aussi toute son admiration
Les gens de mer, qui plus est quand ils sont pères, se respectent
François a d’abord raconté sa vie en breton
Quelques semaines plus tard en français
Entre les deux langues, je me suis rendu sur la ferme
C’est un quartier de Plouguerneau qui échappe aux regards
Faut dire que sur la vieille route de Lannilis
c’est l’Aber qui capte toute l'attention
En prenant le dernier chemin à gauche on la trouve cette petite ferme
De là on visualise les mots et les souvenirs de François
Le pont gardé, les allemands de l’autre côté
Les veillées plus ou moins clandestines…
Le père emprisonné durant de nombreuses années
Une vie bien occupée par les Allemands et le travail à la ferme
À la libération, 5 ans plus tard, ils se reconnaissent à peine ces deux-là
Leurs retrouvailles sont quelques peu empêchées
Mais on sent que la vie va être différente tout de même
Mais avec les restes des Allemands
les enfants continuent à jouer à la guerre
Certains perdront des doigts pour qu’ils acceptent de passer à d’autres jeux
À d’autres vies
Alors François peut, à nouveau, se jeter de la cale de Perros
Avec les copains et la marée montante
ils se laissent flotter jusqu’au pont de Paluden
La liberté glisse sur tous leurs corps
Leurs cris résonnent au fond de l’Aber
Mais de joie cette fois-ci
C’est important d’entendre les enfants crier et jouer à nouveau
Le fusil du Traon
Épisode 15
mercredi 8 mai 2024 • Durée 18:26
« Je crois que Plouguerneau peut servir d’exemple à cette fin de guerre, lorsqu’on voit le résultat de ce jumelage. »
François et Valentine Lagadec s’aiment depuis presque toujours. Ils ont vécu l’un et l’autre deux réalités différentes de la guerre mais ils se retrouvent sur l’importance du jumelage de Plouguerneau avec Edingen-Neckarhausen, auquel ils ont contribué. Dans leur témoignage, le 15ème de 'Nos chemins de liberté', résonnent avec force les mots de Valentine, dont la famille a été meurtrie par la guerre : « Il faut toujours savoir pardonner ».
Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.
Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.
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Citation
« François et Valentine c’est un sacré souvenir
C’est avec eux qu’on a débuté l’aventure
À l’Ehpad, on était tous et toutes là
Un peu fébrile mais heureux
Quand François et Valentine sont arrivés,
ils étaient sur leur 31 !
Faut dire qu’il y avait Monsieur le Maire parmi les intervieweurs
Et pour cette génération on rigole pas avec les institutions
On s’est dit que l’entretien allait être compliqué s’ils ne voyaient pas Yannig derrière le Maire…
Mais finalement, quand ils se sont installés,
leurs souvenirs sont revenus
Et la figure de Yannig a refait surface
Ces deux-là, au départ, n’avaient rien de commun
Elle vivait dans une petite ferme d’un autre bourg et il était dans une grande exploitation d’ici
La guerre a été difficile pour Valentine et plutôt simple pour François
À la fin de la guerre, ces deux là se rencontrent
Il l’a vu de l’autre coté de la rue et il a su
Ils ne se quitteront plus
Valentine a perdu son frère mais elle veut, d’entrée de jeu, pardonner
François lui, court à travers champ et voit plein de chose
Du côté du Traon il observe derrière un talus
Devant lui des choses étranges se déroulent
Alors que la guerre est toute proche de la fin,
il récupère une grenade qu’il dégoupille et…
Il s’empare aussi d’un fusil allemand
La famille mettra quelque temps à s’en séparer
En le jetant au fond de l’aber
Comme pour oublier cette période de la vie
François et Valentine c’est aussi leur photo
On voulait les photographier au lever du jour
Pour les couleurs incroyables des champs et de l’Aber Wrac'h
On a installé le matériel aux aurores, dans la nuit
Et quand ils sont arrivés, en avance, ils étaient beaux
Amoureux comme au premier jour
Farceurs aussi
Avec eux il y avait aussi Valérie l’animatrice de l’Ehpad et Danielle la présidente de l’association
Et heureusement
Elles étaient heureuses d’être-là, avec eux et nous
Pour Valérie et Danielle, Nos chemins de liberté ça avait du sens
Pour créer ce dialogue entre les générations d’ici et d’ailleurs
Alors cette photo c’était un peu comme celle qu’on fait pour un mariage
Celle qu’on a envie de garder dans le temps
Celle qu’on passe de génération en génération
S’il y en avait qu’une dans la série,
je crois que ça sera celle-là
C’est comme ça
Elle en dit long
Ou pas assez peut être
À Lannerchen, le travail à la ferme continue
Épisode 14
vendredi 3 mai 2024 • Durée 19:05
« On devait travailler la terre avec notre corps »
Jean-Marie Calvez est né à Lannerchen et c’est depuis Lannerchen qu’il fait le récit de 102 ans d’une vie de travail à la ferme. Une ferme du grouanec depuis laquelle, pendant la guerre, les contacts avec les allemands ont été peu nombreux, tout comme les explications sur les raisons et la tournure du conflit. « En vieillissant, on apprend pas mal de choses » nous livre Jean-Marie, pour ce 14ème témoignage de ‘Nos chemins de liberté’.
Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.
Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.
___
Citation
« Jean-Marie c’est le 4ème
De ceux du Grouanec
Et le dernier des podcasts de ce coin de la commune
C’est aussi le seul qui vit encore là où il a toujours habité
À Lannerchen
Il se voit pas ailleurs
Avec ses chats
Dans sa petite ferme située au bord de la route de Lesneven
Dans le dernier virage avant de changer de commune…
Après le départ de son ami Louis Guével
Il est devenu le doyen de Plouguerneau
Il a passé le cap des 100 ans
Depuis 2 ans si mes souvenirs sont bons
Et franchement ça se voit pas
Quant on l’a vu la première fois,
ce qui frappe, c’est son regard
Ses yeux parlent
Ils sont là
On se plonge dedans
Sans savoir pourquoi
Peut-être parce qu’on y est bien
Parce qu’on s’y sent bien
Il y a du réconfort là-dedans
De l’apaisement aussi
Malgré les années qui passent,
il a le regard plein de lumière
Comme ceux des enfants
Et il s’adresse à vous en crochetant ses pupilles dans les vôtres
Comme savent si bien le faire les petits qui veulent vous raconter une histoire
La première fois, on voulait faire l’entretien en breton
Pas moi car j’y connais rien
Mais Yannig, avec Cannelle qui avait aussi appris la langue à l’école
Mais va savoir pourquoi, il a fini par parler français
Bon, on a pas insisté
Contrairement à Emile, Louis ou encore Yves
Jean-Marie semble ne pas avoir vécu la même guerre
Alors qu’il n’est qu’à une centaine de mètres de la ferme d’Emile et d’Yves,
sa guerre est tout autre
À cette période là, la vie, sa vie, c’est celle de la ferme
Il voit des choses mais pas trop
Sur son et ce territoire, la vie continue
Comme si de rien n'était
Mais entre les lignes de vie de sa main
Jean-Marie nous dit des choses
Quand il parle, on entend le témoignage d’Alice Ogor à Lesmel
Le travail face à la dureté de la vie
Au bout d’un peu plus d’une heure d’entretien, Jean-Marie a fini de nous livrer son récit
Yannig, je le sens un peu frustré
Il aurait tant aimé l’écouter en breton…
Et Yannig il est pas du genre à renoncer
Quelques mois plus tard on y est retourné
Là, Jean-Marie, il a voulu nous la refaire à l’envers !
Mais finalement il a parlé breton tout du long…
Avec Yannig car le breton ça s’apprend pas en quelques semaines
J’ai donc rien compris, mais j’ai écouté les sons
La musique de cette langue
Elle transporte
Elle inspire
En 2025 vous aurez la chance d’avoir Jean-Marie en version originale
Avec Yannig on va monter 4 des témoignages que vous avez entendu en Breton
Et ça va nous permettre de comprendre le rôle d’une langue dans la manière de se raconter
De se rencontrer
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Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa
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Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »
Équipe municipale, coordinatrice du projet
Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté
Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants
pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou
et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom
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Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication
Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec
Graphisme : Stéphanie Plateau
Musique : Alexandre Varlet
Coordination, communication : Géraldine Genin
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Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa
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Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »
Équipe municipale, coordinatrice du projet
Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté
Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants
pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou
et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom
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Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication
Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec
Graphisme : Stéphanie Plateau
Musique : Alexandre Varlet
Coordination, communication : Géraldine Genin
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Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa
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Équipe municipale, coordinatrice du projet
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Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants
pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou
et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom
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Graphisme : Stéphanie Plateau
Musique : Alexandre Varlet
Coordination, communication : Géraldine Genin
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et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom
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Graphisme : Stéphanie Plateau
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