Amid Faljaoui dans sa chronique économique nous dévoile les coulisses des entreprises et passe en revue les grands événements de l'actualité économique.
Le directeur du magazine Trends Tendances nous plonge dans l'univers de la bourse, de la finance, des banques, de la BCE, des crises économiques, de tout ce qui fait l'actualité dans notre société comme les GAFA (Facebook, Amazon, Apple, Google), Elon Musk et Twitter, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, la Banque européenne, le changement climatique, le cours du pétrole, les conflits, Wall Street, l'inflation, les actionnaires, l'argent, le cours de l'euro et du dollar, la vie des patrons et des salariés, des investisseurs, des politiques, l'Union Européenne, les USA, la Chine, le Brexit, les taux d'intérêts, et encore beaucoup d'autres sujets d'actualité.
Il débat également autour du prix de l'électricité et du gaz, de la consommation, de la guerre en Ukraine avec Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, de la hausse et la baisse du prix de l'essence, du diesel et du pétrole, de l'arrivée des voitures électriques, de la délocalisation des entreprises de l'indexation des salaires, de la morosité des marchés, de Donald Trump et des vaccins, etc.
La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours sur Classic 21 à 8h30 dans Coffee on the Rocks et à 17h30 dans On The Road Again.
Les lunettes Ray-Ban qui filment à votre insu font trembler la Bourse
mercredi 14 octobre 2026 • Durée 04:21
Ray-Ban, c'est la marque des pilotes américains et de Hollywood. Depuis quelques mois, c'est aussi la marque des lunettes qui filment les gens à leur insu. Amid Faljaoui nous explique pourquoi ce n'est pas Meta qui a le plus à perdre dans cette affaire.
Cet été, en terrasse ou au bord de l'eau, vous avez peut-être croisé quelqu'un portant des Ray-Ban légèrement plus épaisses que d'habitude, avec un petit point lumineux sur la branche. Ce sont des lunettes connectées : elles prennent des photos, filment, répondent au téléphone et permettent même de converser avec l'intelligence artificielle de Meta, la maison mère de Facebook et d'Instagram. EssilorLuxottica, le fabricant de ces lunettes, en a vendu plus de 7 millions l'an dernier. Un succès commercial indéniable — et pourtant, depuis janvier, l'action EssilorLuxottica a perdu près de la moitié de sa valeur en Bourse.
La raison ? Le régulateur européen de la vie privée exige que ces lunettes avertissent les passants lorsqu'elles filment. Meta assure que ses appareils sont équipés d'un voyant lumineux qui clignote dès que la caméra est active. Sauf que plusieurs médias ont révélé qu'on trouve sur le web, pour quelques euros à peine, un simple autocollant capable de masquer ce voyant — la caméra, elle, continue de tourner.
Mais ce n'est pas cette controverse sur la vie privée qui fait trembler les investisseurs. Ce qui les inquiète davantage, c'est le ralentissement potentiel des ventes face à une concurrence qui s'annonce redoutable : Google et Samsung prévoient d'entrer sur ce marché dès 2026, et Apple préparerait ses propres lunettes connectées pour 2027. Le gâteau va devoir être partagé — et les marchés financiers, qui n'aiment rien tant qu'anticiper, ont déjà commencé à sanctionner EssilorLuxottica.
Dans ce "couple" Meta – EssilorLuxottica, qui risque réellement le plus gros — et pourquoi ? C'est précisément la question à laquelle Amid Faljaoui répond en détail dans sa Chronique économique.
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La cyberattaque des frigos : le signal d'alarme qu'on ne peut plus ignorer
mardi 13 octobre 2026 • Durée 04:03
Des frigos de supermarchés transformés en fours à 50 degrés. C'est ce qui est arrivé en France dans la nuit de dimanche à lundi, dans des centaines de magasins. Des pirates ont pris la main à distance, et le lundi matin, tout était à jeter. Le même jour, chez nous, Delhaize était lui aussi paralysé par un incident informatique. Mais la vraie question n'est pas là. Pourquoi des concurrents tombent-ils tous en même temps ? Et surtout, nos supermarchés belges ont-ils la même faille ? Réponse dans la chronique économique d'Amid Faljaoui.
Dans la nuit de dimanche à lundi, des pirates ont pris le contrôle à distance des systèmes de réfrigération de plusieurs centaines de supermarchés français — Intermarché, Super U, Leclerc. Leur méthode : activer la fonction dégivrage et la laisser tourner toute la nuit. Au petit matin, les congélateurs affichaient 50 degrés. Les employés n'ont eu d'autre choix que de tout jeter. Des millions d'euros de marchandises sont partis à la poubelle en quelques heures.
Le même jour, en Belgique, Ahold Delhaize — la maison mère de Delhaize — confirmait à son tour un incident de sécurité informatique. Les magasins sont restés ouverts, mais les systèmes internes ont été coupés, le service client est devenu injoignable et les commandes en ligne ont été suspendues pour toute la semaine. Un lundi noir, donc, pour la grande distribution des deux côtés de la frontière.
Ce qui doit inquiéter dans cette affaire, ce n'est pas tant le talent supposé des pirates. C'est la concentration des fournisseurs. Comment des enseignes concurrentes peuvent-elles tomber toutes en même temps ? Parce qu'une bonne partie des frigos des supermarchés français sont pilotés par les régulateurs d'un seul et même fabricant : le danois Danfoss. Un fournisseur unique, des centaines de magasins, et donc une seule faille à identifier pour paralyser l'ensemble du système. Et cette faille n'était pas inconnue : Danfoss avait lui-même prévenu que ses anciens modèles ne recevraient plus de mises à jour de sécurité, et avait publié dès 2025 des correctifs pour les modèles plus récents.
Les supermarchés belges utilisent-ils ces mêmes régulateurs Danfoss ? Qui prend en charge le coût des surgelés jetés, des rayons vides, du réassort — l'assureur du magasin, le fabricant, ou le prestataire de maintenance qui n'a pas effectué la mise à jour ? Et au-delà des pertes immédiates, en quoi cet incident est-il à la fois un bon exemple concret du concept de souveraineté numérique et une alerte pour le futur ?
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La Chine n'a jamais eu autant besoin de l'Europe. Pourquoi, et surtout comment en profiter ?
lundi 12 octobre 2026 • Durée 04:30
Quand on parle de la Chine en Europe, on a toujours l'impression d'être du côté des perdants. Chaque année, nous achetons à la Chine pour plus de 350 milliards d'euros, plus que ce que nous lui vendons.
Cette semaine, il n'y a qu'à regarder au Mondial de l'Automobile à Paris, le salon de l'auto parisien, il y a presque autant de marques chinoises que de marques européennes. Ça en dit long sur notre déclin. Tout cela est vrai mais il manque une moitié du tableau.
La Chine n'a jamais eu autant besoin de nous
La Chine qui nous fait peur, c'est celle de Pékin. Le gouvernement central, les subventions, les usines qui vendent à perte pour inonder le marché. Mais il y a une autre Chine qu'on ne voit pas d'ici à Bruxelles ou à Paris. Celle-là cherche des partenaires.
Par exemple les patrons d'entreprises privées. Le président Xi Jinping les a repris en main pour ne pas dire qu'il en a mis quelques-uns en taule. Le fisc chinois traque l'argent de ses patrons qui est placé à l'étranger. Résultat, le patron chinois a peur. Il veut mettre une partie de sa fortune à l'abri. Avant, il allait aux États-Unis. Avec Donald Trump, c'est devenu plus compliqué.
L'Europe a donc une carte à jouer : tous ces patrons chinois ne peuvent pas mettre non plus toute leur bille uniquement à Singapour.
C'est là que ça devient intéressant. Imaginez le montage. Le Chinois apporte l'usine et un produit vendu à perte, tout simplement parce que Pékin le subventionne. L'Européen, de son côté, apporte sa marque, sa distribution et ses clients. Donc la marge se fait en Europe et on la partage moitié-moitié. La part du chinois reste en Europe, puisque c'est ce qu'il veut.
D'ailleurs Stellantis, le groupe de Peugeot, Citroën, Opel et Fiat, a monté exactement ça avec Leap Motor, un constructeur chinois de voitures électriques. Il détient 51% de la co-entreprise, et les voitures sortent de ses usines en Espagne.
Il n'y a rien qui empêche l'Europe de faire exactement, mais dans l'autre sens, en traitant avec les maires des villes et les patrons chinois plutôt qu'avec le Parti communiste. Mais pour ça, il faut y aller en Chine.
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L'envie d'avoir un enfant peut aussi s'attraper au bureau. Une étude allemande menée dans plus de 6500 entreprises l'a d'ailleurs observé. Dans l'année qui suit l'accouchement d'une collègue, la probabilité d'une première grossesse a littéralement doublée chez les autres salariés.
Chez nous, en Belgique, on est à moins d'un enfant et demi par femme. Or pour garder la stabilité d'une population, il faut 2,1 enfants par femme. Pour expliquer ce faible taux de natalité, on pense évidemment au logement trop cher ou au manque de crèche.
Mais on oublie parfois de regarder autour de soi. Qu'est-ce qui nous donne encore envie de devenir parent? Ca s'appelle le désir mimétique : nos envies se nourrissent de celles des autres. Et leur exemple nous rassure.
L'exemple des autres peut aussi jouer en sens inverse.
Au Brésil, par exemple, des chercheurs ont étudié l'arrivée des télé-novellas, des feuilletons télévisés. Les héroïnes menaient une vie moderne, trépidante et avaient peu d'enfants, voire aucun. Elles donnaient envie de leur ressembler aux téléspectatrices. Et dans les régions où ces séries devenaient accessibles, les naissances reculaient davantage.
On peut pourtant leur faire une place à ces bambins. C'est ce que fait TSMC, le fabricant de puces électroniques à Taïwan. En 2023, selon ses propres chiffres, près d'un nouveau-né sur l'île de Taïwan avait un parent salarié du groupe. L'entreprise propose un service de garde d'enfants sur ses sites.
Alors bien sûr, vous allez me dire, la société TSMC gagne beaucoup d'argent et peut se le permettre. Mais ces garderies envoient aussi un autre message. Ici, avoir des enfants fait partie de la vie. On voit des collègues travailler et élever une famille. Et ça devient moins abstrait et peut-être moins effrayant.
Une PME à Namur, Charleroi ou Liège ne peut pas forcément financer une crèche. Elle peut en revanche éviter de faire sentir à une salariée enceinte qu'elle vient d'annoncer une catastrophe ou de regarder de travers un père qui prend son congé parental.
Personne n'a à faire un enfant pour son patron ou pour sauver les statistiques. Mais ceux qui en ont envie devraient pouvoir l'envisager sans avoir peur d'y laisser leur carrière.
Découvrez l'exemple surprenant du Japon, l'influence d'Instagram ou du récit d'une collègue sur le désir d'enfant.
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"Économie de l'inattention" : comment votre négligence enrichit les entreprises
jeudi 8 octobre 2026 • Durée 03:45
Amid Faljaoui a fait le ménage dans son téléphone, et il en est ressorti avec une découverte assez dérangeante. On connaît l'économie de l'attention, mais il existe aussi une autre économie de l'inattention qui gagne de l'argent sur ce que nous oublions et… vous allez sans doute vous reconnaître. Amid Faljaoui nous en dit plus.
Récemment, en supprimant deux applications qui prenaient beaucoup trop de temps pour ce qu'elles rapportaient, un autre constat s'est imposé : le téléphone regorgeait d'applications jamais ouvertes, installées depuis des années, dont on ne se souvenait même plus. C'est ce petit ménage numérique qui a conduit à replonger dans le livre "Négligences", signé par les économistes Maya Bacache-Beauvallet et Françoise Benhamou. Leur thèse : il existe une "économie de l'inattention", et des entreprises gagnent de l'argent grâce à nous précisément quand on ne fait plus attention à elles.
Le meilleur exemple, c'est l'abonnement digital. On a tous pris un jour un abonnement à une plateforme de streaming pour regarder une seule série, ou souscrit une application de sport en janvier, avec les bonnes résolutions qui vont avec. Et puis on ne s'en sert plus. Mais chaque mois, l'argent sort du compte et c'est précisément cet oubli qui profite à d'autres.
Quand notre négligence devient un modèle économique
Que révèle ce livre sur les mécanismes en jeu lorsque notre carte bancaire expire ? Combien notre négligence rapporte-t-elle aux entreprises ? Que fait l'Europe pour protéger les consommateurs ? Et comment certains tentent-ils déjà de transformer votre inattention en nouveau marché ? Réponses dans la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
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Elon Musk trillionnaire : êtes-vous actionnaire de SpaceX sans le savoir ?
mercredi 7 octobre 2026 • Durée 03:45
Elon Musk vaut de nouveau plus de mille milliards de dollars, du jamais vu dans l'histoire de l'humanité ! On pourrait croire que ça ne nous concerne pas. Sauf que beaucoup d'épargnants belges détiennent, sans le savoir, un petit bout de cette fortune hors norme.
Au début de cette semaine, Elon Musk a retrouvé un statut que personne d'autre n'a jamais connu dans le monde : celui d'un homme dont la fortune dépasse les 1000 milliards de dollars. D'après l'indice des milliardaires de l'agence financière Bloomberg, son patrimoine a progressé de 65 milliards en une seule journée pour atteindre 1040 milliards de dollars. Ce n'est pas la première fois que Musk franchit ce seuil symbolique : il l'avait déjà atteint en juin dernier, lors de l'entrée en bourse de SpaceX, avant de le reperdre quelques jours plus tard lorsque l'action avait reculé.
Il faut bien comprendre ce que ce chiffre représente concrètement : il correspond au nombre d'actions que Musk détient — essentiellement dans SpaceX et Tesla — multiplié par leur cours en bourse. Autrement dit, il n'a rien encaissé. Sa fortune a simplement suivi la hausse du prix de ses titres.
C'est précisément là que cette histoire cesse d'être anecdotique et nous concerne tous — vraiment tous. Une bonne partie des épargnants est déjà exposée à la trajectoire boursière d'Elon Musk, sans en avoir conscience. Via les trackers, les fonds indiciels ou encore l'épargne-pension, nos portefeuilles suivent mécaniquement les grands indices boursiers mondiaux. Lorsque Musk a engrangé 65 milliards en une seule journée, l'épargne de millions de particuliers a bougé dans le même sens — à une échelle microscopique, certes, mais elle a bougé, sans que personne n'ait eu son mot à dire.
Qu'est-ce qu'un fonds indiciel, exactement ? Comment SpaceX a-t-il pu intégrer un indice aussi majeur que le MSCI World aussi rapidement après son entrée en bourse ? Et pourquoi les fonds se sont-ils retrouvés dans l'obligation d'acheter des actions SpaceX, sans que les épargnants n'aient eu leur mot à dire ? Amid Faljaoui décrypte tout cela dans sa Chronique économique du jour.
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Un dinosaure, une étude scientifique et des millions partis en fumée
mardi 6 octobre 2026 • Durée 03:57
Un objet qui valait 20 millions de dollars il y a trois ans, et qui aujourd'hui en vaut à peine la moitié — sans avoir changé d'un iota. Ce n'est pas une action en Bourse qui s'est effondrée : c'est un squelette de dinosaure. Derrière cette dépréciation surprenante se cache un mécanisme économique aussi inattendu que révélateur. Amid Faljaoui en décrypte les ressorts.
Le marché de l'art est-il devenu complètement fou ? C'est la question que pose le Financial Times dans un article consacré au marché des squelettes de dinosaures — un marché de niche qui en dit long sur la façon dont se fixe un prix lorsque les souvenirs d'enfance s'en mêlent. Il y a trois ans, lors d'une grande foire d'art à Londres, un squelette était proposé pour la bagatelle de 20 millions de dollars. On le présentait alors comme un jeune T-Rex, surnommé Chomper. Ce même squelette sera mis aux enchères fin octobre chez Sotheby's à New York, rebaptisé Jodi — et la maison de vente n'en espère plus que 6 à 9 millions de dollars. Sur le papier, ce dinosaure a perdu plus de la moitié de sa valeur potentielle.
La raison de cette chute ? Une étude scientifique publiée l'an dernier a tranché un débat qui durait depuis des décennies : ces petits tyrannosaures ne sont pas des T-Rex adolescents, mais bien une espèce à part entière. Chomper est ainsi devenu un Nanotyrannus. Et en perdant son "nom de famille", il a perdu une bonne partie de son prix.
Le plus étonnant dans cette histoire, c'est que le Nanotyrannus est en réalité bien plus rare que le T-Rex. En économie classique, la rareté fait monter les prix. Seulement voilà, le T-Rex dispose d'un avantage considérable : il a un agent publicitaire, et cet agent s'appelle Steven Spielberg. Depuis Jurassic Park en 1993, toute une génération a grandi avec ce monstre en tête. Sur ce marché, c'est une évidence : on paye la célébrité de l'animal au moins autant que ses os.
Comment les maisons de vente construisent-elles aujourd'hui la mise en scène de ces ventes ? Pourquoi les acheteurs de ce type d'objet avancent-ils souvent à l'aveugle ? Et pourquoi aucun milliardaire américain ne viendra-t-il frapper à la porte du Musée des sciences naturelles de Bruxelles pour racheter les squelettes des Iguanodons de Bernissart ? Réponses dans la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
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Crédit immobilier : la crise de confiance française peut-elle coûter cher aux Belges ?
lundi 5 octobre 2026 • Durée 04:08
Pour bien comprendre ce qui se passe, il faut savoir qu'un État emprunte un peu comme vous et moi. Quand une banque a confiance dans un client, elle lui prête à un taux très bas. Mais quand elle commence à douter de lui, elle réclame un taux plus élevé, pour couvrir son risque. C'est ce qui arrive à la France.
L'Allemagne, jugée très solide de son côté, emprunte à 10 ans autour de 3,5%. La France paye maintenant près de 5%. Cet écart entre les 3,5% payés par l'Allemagne et les 5% payés par la France mesure la méfiance des investisseurs, qui doutent que Paris parvienne à réduire sa dette avec un budget très difficile à faire voter et une élection présidentielle au printemps prochain où l'extrême droite est en tête des sondages.
La question qui nous intéresse, nous, en tant que Belges, c'est de savoir si cette méfiance peut gagner la Belgique. Réponse, elle a déjà commencé à le faire. Début septembre, l'État belge empruntait à 10 ans à un petit peu moins de 4%. Aujourd'hui, il paye près de 4,4%. La Belgique reste mieux considérée que la France mais suit tout de même le mouvement et se retrouve désormais plus près de Paris que de Berlin.
Les investisseurs font ce rapprochement parce que nos finances publiques ressemblent beaucoup à celles de nos voisins français, avec une dette qui dépasse ce que le pays produit en une année et un déficit budgétaire qui ne se résorbe pas. Pour un gestionnaire de fonds installé à Londres ou à New York, la France et la Belgique sont assises en fait dans la même salle d'attente. La France a été appelée la première et la Belgique attend son tour quelques chaises plus loin.
Concrètement, cela nous concerne de deux manières. La première passe par notre crédit hypothécaire. Les banques fixent leur taux en regardant notamment celui auquel emprunte l'État belge. Quand ce taux monte, les crédits immobiliers suivent.
La seconde courroie de transmission passe par le budget de l'État. Le gouvernement de Bart de Wever cherche en ce moment 10 milliards d'euros d'économies et de recettes nouvelles. Plus les taux montent, plus la Belgique paye d'intérêt sur sa dette et plus il faudra trouver de l'argent ailleurs.
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Le pointage des chômeurs : bonne idée ou fausse piste ?
vendredi 2 octobre 2026 • Durée 04:01
Georges-Louis Bouchez propose de remettre les chômeurs au pointage quotidien à la commune — une idée qui, de prime abord, paraît relever du bon sens. Seulement, la Belgique l'a déjà fait. Pendant des décennies. Et elle y a renoncé. Pourquoi ? Et faut-il vraiment ressortir le tampon ? Amid Faljaoui nous raconte cette histoire.
Georges-Louis Bouchez veut remettre les chômeurs au pointage quotidien, en personne. Son argument : certains perçoivent leurs allocations en Belgique tout en vivant plusieurs mois à l'étranger. Une mesure qui viserait d'ailleurs plus largement l'ensemble des allocataires sociaux. Et si vous travaillez en lisant cet article, vous vous dites probablement que c'est du bon sens. Quand la collectivité vous aide, il paraît normal de montrer patte blanche, de prouver que vous êtes là et que vous cherchez sérieusement un emploi. Ça se comprend.
Mais la réalité est un peu plus complexe. Jusqu'en 1991, le chômeur se rendait effectivement chaque jour à la commune pour faire tamponner sa carte. Le rythme est ensuite passé à deux fois par mois, avant de disparaître complètement fin 2005. Pourquoi ce système a-t-il été abandonné ? D'abord parce que des dispenses ont été accordées aux travailleurs plus âgés ou à ceux en formation. Ensuite, parce qu'un tampon prouve simplement qu'on est passé au guichet — pas qu'on cherche activement un emploi. Dès 2004, ce mécanisme a été remplacé par un contrôle de la recherche d'emploi : on ne regardait plus seulement où se trouvait le chômeur, mais aussi ce qu'il faisait concrètement pour retrouver du travail.
Il y a un élément qu'on entend rarement dans ce débat : une grande partie de ce que réclame Georges-Louis Bouchez est déjà dans les textes. L'ONEM impose une résidence principale en Belgique, avec un maximum de quatre semaines de vacances à l'étranger par an. Au-delà, sauf exception, les allocations sont suspendues. Les contrôles existent également : depuis 2012, l'ONEM croise ses fichiers avec le registre national, et des chômeurs sont tirés au sort pour se présenter en personne à la commune ou au bureau du chômage. En 2025, l'ONEM a récupéré près de 22 millions d'euros de fraude liée au domicile — et pas uniquement des cas de séjours prolongés à l'étranger.
Quels moyens faudrait-il alors déployer pour mieux faire respecter les règles qui existent déjà ? Quelles seraient les implications concrètes d'un retour au pointage quotidien, notamment pour les communes ? Et surtout, quelles mesures fonctionnent vraiment pour aider les chômeurs à réintégrer le marché de l'emploi ? Pistes de réponse avec Amid Faljaoui dans sa chronique économique.
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L’or est-il devenu moins séduisant pour les investisseurs ?
jeudi 1 octobre 2026 • Durée 03:58
Pourquoi est-ce que l’or baisse alors que le monde va mal ?
Si on devait dresser la liste de tout ce qui, normalement, fait peur aux investisseurs, et donc les pousserait à acheter de l’or, on aurait à peu près la situation actuelle. Pourtant, l’or, au lieu de monter, est en train de baisser (il a perdu environ 6% en septembre, et plus de 20% depuis son record historique de janvier).
L’or n’est-il plus une valeur refuge ?
Pas du tout, mais il y a un élément qu’on oublie souvent : même une valeur refuge est en concurrence avec les autres placements. Aujourd’hui, son principal concurrent, ce sont les obligations américaines.
Quand vous achetez de l’or, il ne vous rapporte rien : pas d’intérêt, pas de dividende. Donc il ne produit aucun revenu. Or, justement, aujourd’hui, si vous prêtez votre argent à l’État américain pendant 10 ans, par exemple, vous obtenez un rendement qui, une fois qu’on enlève l’inflation, approche les 3% nets par an.
Dit autrement, vous avez le choix entre un lingot qui ne rapporte rien et une obligation américaine qui vous rapporte aujourd’hui presque 3% au-dessus de l’inflation.
Si l’or baisse, ce n’est pas parce que le monde va mieux, pas du tout, c’est parce que l’argent rapporte à nouveau beaucoup. Donc même la peur, en quelque sorte, a désormais un prix.
Mais voici ce qui est assez étonnant : pendant que le cours de l’or baisse, les banques centrales, elles, continuent d’en acheter énormément. Car elles ne raisonnent pas sur 3 mois ou 4 mois mais sur 10 ou 20 ans. Et beaucoup de ces banques centrales cherchent progressivement aussi à dépendre un petit peu moins, même nettement moins, du dollar et des actifs américains.
On a donc deux mouvements qui se croisent. À court terme, les taux d’intérêt élevés rendent l’or moins séduisant. A long terme, les banques centrales continuent pourtant d’en accumuler comme une assurance contre les crises monétaires, contre les crises financières ou géopolitiques.
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