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Cet épisode bonus est un enregistrement de la rencontre qui s’est tenue le 25 septembre dernier à l’hôtel de ville de Bruxelles, juste après l’écoute publique en avant-première du dernier épisode de Vénus, Esthétiser les femmes mortes. Cette rencontre a été animée par Camille Loiseau, avec qui on a parlé notamment du processus de fabrication des épisodes, de l’usage parfois délicat de l’humour, de colère féministe, et de ce que ça implique de faire un podcast indépendant.
Mille mercis à celles qui ont rendu cette rencontre possible : Camille Loiseau et Morgan Liesenhoff pour le Brussels Podcast Festival, et Delphine Houba, Noémie Feld et Gaelle Zguimi pour la ville de Bruxelles, et aux 300 personnes qui sont venues ce soir-là, c’était profondément émouvant de faire une écoute publique pour la 1ere fois 💜
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Esthétiser les femmes mortes
mardi 26 septembre 2023 • Durée 54:10
Tantôt érotisées, idéalisées ou sanctifiées, tantôt démembrées ou torturées, souvent dénudées et toujours muettes, les femmes mortes sont omniprésentes dans l’art occidental. Que ce soit dans la littérature, les beaux-arts ou le cinéma, elles sont si nombreuses qu’on en vient à trouver ces images normales, sans se demander d’où elles viennent et ce qu’elles véhiculent. Avec Elisabeth Bronfen, autrice de Over Her Dead Body: Death, Femininity and the Aesthetic, cet épisode s’interroge sur l’ampleur de l’esthétisation des mortes, notamment à travers la fascination pour les belles mortes, les liens entre art et médecine, l’héritage de la culture chrétienne, l’instrumentalisation des féminicides au nom de l’art, les stéréotypes misogynes que ces œuvres alimentent, et ce qu’elles disent des sociétés occidentales, où les violences de genre et les féminicides sont bien réels.
Cet épisode est un nouveau format, avec pour point de départ une œuvre : la Vénus au Miroir de Velázquez. Des boys club très privés sous l’Inquisition espagnole aux salles de la National Gallery de Londres, cette œuvre permet de retracer plusieurs siècles de domination de genre, de race et de classe. Lacérée en 1914 par la suffragette Mary Richardson, la toile est devenue à la fois le symbole des militantes pour le droit de vote des femmes en Angleterre, et celui de l’objectification séculaire des « corps féminins ». À travers l’histoire du tableau, cet épisode s’interroge sur la façon dont les cercles de pouvoir masculins ont défini le « grand art », la violence et le corps comme outils militants, les hiérarchies de classe, les violences policières, la suprématie blanche et les tabous qui entourent encore l’analyse sociale et politique des œuvres d’art.
Les références complètes et la transcription sont sur venuslepodcast.com
Le mouvement romantique, qui se développe en France au début du 19e siècle, dans un contexte socio-politique particulièrement misogyne, a contribué à créer une sorte d’archétype de femme sacrifiée, passive et victime, tout en effaçant de l’histoire visuelle les contemporaines féministes, militantes, politiques ou journalistes.
De l’invention de l’amour hétéro-romantique au rejet millénaire du « corps féminin » en passant par la romantisation des femmes mortes, l'épisode s'interroge sur la façon dont toutes ces images de femmes souffrantes et sacrifiées ont produit des stéréotypes de genre encore bien actuels.
Cet épisode a été créé en partenariat avec Paris Musées et le Musée de la vie romantique, à l’occasion de l’exposition Héroïnes romantiques.
Pour parler de tout ca, j'ai eu le plaisir de recevoir Gaelle Rio et Élodie Kuhn, les commissaires de cette exposition.
Cet épisode bonus est une conversation enregistrée au Paris Podcast Festival, qui a eu lieu en octobre 2021. Elle a été animée par Noémie Gmür, qui est podcasteuse et autrice de la bible L’art du podcast. La salle était pleine à craquer et c’était la JOIE de rencontrer en vrai les personnes qui écoutent Vénus. On a parlé des coulisses du podcast, de comment Vénus s’épilait-elle la chatte a vu le jour, du syndrome d’imposture, d’éducation et de responsabilités, du monde du travail, de comment on crée sans être rentier·ère, de classisme, de l’épisode sur Picasso dont j’étais loin de soupçonner toutes les répercussions, et des épisodes à venir 🔥
Mille mercis à toutes les personnes qui étaient là, et merci à vous d’être là, Vénus n’existerait pas sans les personnes qui l’écoutent 💜
Cet épisode a mis du temps à arriver, mais c’était le temps nécessaire pour digérer et retranscrire tout ce qu’il y a à dire sur Picasso (enfin presque).
Figure du génie par excellence, Picasso est une icône quasi-intouchable, que des centaines d’expositions et de records en salles de ventes continuent à alimenter. Au-delà de cette figure mythique, Picasso était un homme particulièrement violent et misogyne. Le caractère destructeur de Picasso est loin d’être limité à sa vie privée, il a au contraire nourri une immense partie de son travail et c’est précisément pour ça qu’il est valorisé. Le cas de Picasso permet de réfléchir sur la façon dont les valeurs virilistes impactent tous les aspects de la culture occidentale, de l’esthétisation des violences sexistes et sexuelles à la fabrique des génies.
On a parlé de tout ça avec mon invitée Sophie Chauveau, autrice de Picasso, le Minotaure.
Avertissement : cet épisode est particulièrement difficile et parle de violences sexistes et sexuelles, de pédocriminalité, de suicide, de la shoah et d’homophobie. Prenez soin de vous.
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• Sources, références et transcription de l'épisode : venuslepodcast.com
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CRÉDITS
Écriture, réalisation et narration : Julie Beauzac
Lectures : Orphée Lamotte
: Fanny Cohen-Moreau
Vénus feat. YESSS : warriors et arts
dimanche 8 novembre 2020 • Durée 01:07:08
Dans cet épisode spécial réalisé en collaboration avec Yesss, le podcast qui célèbre les victoires sur le sexisme, Anaïs, Margaïd, Elsa et moi-même avons reçu des témoignages de personnes qui se sont battues pour exprimer leur créativité, leur force et leur courage. Dans un monde de l'art historiquement dominé par les hommes, où s'exercent toujours de nombreuses dominations encouragées notamment par un solide entre-soi et des inégalités économiques entre les personnes qui font l'art et celles qui l'achètent, ces témoignages de victoires nous on fait beaucoup de bien. Ensemble on a parlé de résilience (30’20), d’éducation et de résistance dans les écoles d’art (12’50), d’art queer (42’40), de censure et de ouin-ouins (10’13), des nombreuses représentations de viol dans l’histoire de l'art (36’20), de précarité (46’54), de vols de cuillères (06’05), de validisme (56’20) et des Guerilla Girls (57’48).
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• Sources, références et transcription de l'épisode : venuslepodcast.com
Les images de la grossesse dans l'art occidental sont très rares, et ce qui ressemble à un sujet de niche permet en réalité de s'interroger sur le tabou ancestral lié au corps dit “féminin”, les origines mêmes du patriarcat (4’25), et l'importance de la culture chrétienne qui continue d'imprégner nos représentations. Dans cet épisode j'ai eu le plaisir de recevoir Emmanuelle Berthiaud, autrice de Enceinte, une histoire de la grossesse entre art et société. Ensemble on a notamment parlé d'utérus baladeur (3’40), de Trump (09’09), de l'opposition entre Ève et Marie (06’29), de classisme (23’40), de slut-shaming (28’01), de l'omniprésence du male gaze (39’55), de Nabilla (38’57), de dépression post-partum et des injonctions qui pèsent encore sur la grossesse et la maternité (46’45).
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• Sources, références et transcription de l'épisode : venuslepodcast.com
Pour aborder cet aspect trop peu connu de l'art occidental j’ai eu le plaisir de recevoir Naïl Ver-Ndoye, co-auteur avec Grégoire Fauconnier de Noir, entre peinture et histoire. Ensemble on a notamment parlé de whitewashing (10'59), de canons de beauté (33'43), de la façon dont les images de propagande construisent le récit national et de l’enseignement de l’histoire encore très empreint de mentalité coloniale (07'30), de l’hypersexualisation des corps noirs (17'01), du racisme scientifique et de la construction de l’altérité (21'11), de l’exposition « le Modèle noir » au musée d’Orsay (26'33) et de Joséphine Baker (22'18).
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Dans ce 2e épisode consacré à Frida Kahlo, on retrouve Hilda Trujillo, directrice du musée Frida Kahlo de Mexico. On s’interroge sur sa relation avec son mari, Diego Rivera, souvent présentée comme « passionnelle » mais qui en réalité correspondait sur de nombreux points à un schéma hétéropatriarcal inégalitaire (6’47). On parle également de son rapport à la sexualité (4’37), au genre (12’11), à la religion (17’50), de son féminisme (14’10), de sa relation aux animaux (16’01) et de ses liens avec les surréalistes (20’49). On se demande enfin pourquoi elle est devenue, depuis près de 20 ans, un objet marketing si éloigné de ce qu’elle était vraiment (23’32), ce qui relève dans ce phénomène de l'appropriation culturelle (27'07) et pourquoi elle n’a pas eu, de son vivant, la reconnaissance officielle qu’elle espérait tant (28’44).
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