Retour

Explorez tous les épisodes du podcast Santé publique (2024-2025) - Nathalie Bajos

Plongez dans la liste complète des épisodes de Santé publique (2024-2025) - Nathalie Bajos. Chaque épisode est catalogué accompagné de descriptions détaillées, ce qui facilite la recherche et l'exploration de sujets spécifiques. Suivez tous les épisodes de votre podcast préféré et ne manquez aucun contenu pertinent.

Rows per page:

1–28 of 28

TitreDateDurée
Leçon inaugurale - Nathalie Bajos : La production sociale des inégalités de santé03 Apr 202501:04:42

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Créée en partenariat avec l'agence nationale Santé publique France, la chaire annuelle Santé publique est destinée à encourager l'excellence de la recherche et le débat intellectuel au meilleur niveau sur les questions de santé publique.

Leçon inaugurale - Nathalie Bajos : La production sociale des inégalités de santé

Résumé

Les inégalités de santé, phénomène aussi ancien qu'universel, représentent un enjeu majeur de justice sociale. Les statistiques sanitaires attestent de leur ampleur dans tous les pays du monde. De nombreuses recherches, relevant pour la plupart de l'épidémiologie sociale, ont permis d'identifier nombre de déterminants sociaux de l'état de santé comme le niveau d'étude, la profession, le revenu ou le lieu de résidence. C'est une perspective complémentaire que propose l'analyse sociologique de la production sociale des inégalités de santé. Elle appelle tout d'abord à considérer que ces inégalités sont l'une des manifestations les plus saillantes de l'inscription des structures sociales dans les corps et qu'il importe en conséquence d'appréhender les principaux rapports sociaux de pouvoir, qui renvoient notamment aux positions de genre, de classe et ethnoraciale, qui façonnent les pratiques sociales. Elle invite aussi à ne pas appréhender le biologique indépendamment du social mais à penser l'interaction complexe entre ces deux dimensions. Elle engage enfin à analyser les pratiques de santé au sein de trajectoires de vie, de la naissance jusqu'à la mort, en interaction avec les conditions d'accès et de prise en charge par les systèmes de soins.

Nathalie Bajos

Directrice de recherche (Inserm), directrice d'étude (EHESS), professeure invitée du Collège de France

Nathalie Bajos, sociologue et démographe, est directrice de recherche à l'Inserm et directrice d'étude à l'EHESS. Elle conduit ses travaux au sein de l'Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux – sciences sociales, politique, santé (Inserm-CNRS-EHESS). Ses recherches portent sur la production sociale des inégalités de santé, dans le champ de la sexualité et de la santé sexuelle (coresponsable des trois enquêtes nationales sur la sexualité 1992, 2006, 2023), sur le Covid-19 et sur les maladies cardio-vasculaires (projet ERC-Synergy 2020-2027). Basés sur de grandes enquêtes quantitatives en population générale et des enquêtes qualitatives, en France et à l'international, les résultats de ses recherches pluridisciplinaires, qui associent sociologues, démographes, épidémiologistes et économistes, sont mobilisés au service de la décision publique et des professionnels de santé.

Membre de nombreuses commissions scientifiques en France et à l'étranger, elle a par ailleurs été responsable du département de la promotion de l'égalité et de la lutte contre les discriminations du Défenseur des droits (2015-2018), a assuré la direction de l'enquête sociologique de 2020 sur les violences sexuelles dans l'Église catholique de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église, et préside le Conseil national du sida et des hépatites virales depuis février 2024.

Séminaire - Laure Pitti : Système de santé et inégalités à l'épreuve de la pandémie de Covid-19 : le cas de la Seine-Saint-Denis29 Apr 202500:51:00

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

La production sociale des inégalités de santé

Séminaire - Laure Pitti : Système de santé et inégalités à l'épreuve de la pandémie de Covid-19 : le cas de la Seine-Saint-Denis

Laure Pitti

Professeure de sociologie, Université Sorbonne Paris Nord

Résumé

En étudiant les effets de la pandémie de Covid-19 à l'échelle d'une commune de Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France hexagonale, on questionnera la reproduction des inégalités sociales de santé et la transformation des mondes de la santé à l'épreuve des crises. Il s'agira en premier lieu d'analyser ce que la pandémie et la crise sanitaire qu'elle a engendrée révèlent des inégalités sociales de santé et de l'organisation des soins dans les espaces urbains relégués ; en second lieu de mettre au jour les mutations que cette pandémie a provoquées (ou accélérées) en matière de gouvernement métropolitain de la santé (Honta et Basson, 2017). On proposera d'appréhender la pandémie de Covid-19 comme un révélateur des transformations des figures urbaines de la santé publique (Fassin, 1998), invitant à décloisonner le contexte de crise pour l'insérer dans une chronologie plus longue de la territorialisation de l'organisation des soins et des dispositifs de lutte contre les inégalités sociales de santé.

Laure Pitti

Laure Pitti, historienne et sociologue, est professeure de sociologie à l'université Sorbonne Paris Nord, chercheuse à l'Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux, Fellow de l'Institut Convergences Migrations et chercheuse associée à l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes). Ses travaux portent, d'une part, sur l'immigration (post)coloniale en France, au croisement d'une sociohistoire des rapports sociaux de classe et de racialisation ; d'autre part, sur les métamorphoses de la médecine sociale à partir d'enquêtes sur la médecine générale en territoires populaires en France depuis les années 1960. Elle a récemment publié Algériens au travail. Une histoire (post)coloniale (Presses universitaires de Rennes, 2025) et codirige le programme de recherche pluridisciplinaire « Dynamiques alternatives dans le travail de soins primaires » (Dynatras, Irdes, 2025-2028), lauréat de l'appel à projets « Services, interventions et politiques favorables à la santé » 2024 de l'Institut pour la recherche en santé publique (Iresp).

01 - La production sociale des inégalités de santé : Covid-19 : conditions de vie et exposition au virus29 Apr 202500:59:38

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

01 - La production sociale des inégalités de santé : Covid-19 : conditions de vie et exposition au virus

Résumé

Dès le début de la pandémie de Covid-19, de fortes inégalités de santé, ont été mises en évidence dans de nombreux pays. Les personnes disposant de faibles revenus et appartenant à des minorités ethnoraciales sont les plus touchées par la pandémie. À partir de l'analyse des données d'une grande enquête socio-épidémiologique réalisée en France, cette séance s'attachera à montrer l'importance des conditions de vie et de travail pour rendre compte de la diffusion du virus. Elle interrogera l'efficacité des politiques de prévention mises en place qui ont permis de freiner efficacement la diffusion du virus, mais qui ont contribué à accentuer les inégalités.

Créée en partenariat avec l'agence nationale Santé publique France, la chaire annuelle Santé publique est destinée à encourager l'excellence de la recherche et le débat intellectuel au meilleur niveau sur les questions de santé publique.

Séminaire - Jeremy Ward : Covid-19 : inégalités sociales et décisions vaccinales en contexte de controverse06 May 202500:48:21

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

La production sociale des inégalités de santé

Séminaire - Jeremy Ward : Covid-19 : inégalités sociales et décisions vaccinales en contexte de controverse

Jérémy Ward

Chargé de recherche, Inserm

Résumé

Parce qu'elles touchent l'ensemble de la population, les politiques vaccinales sont un lieu privilégié pour observer les inégalités de santé contemporaines. Dans cette présentation, nous reviendrons sur les mécanismes sociaux expliquant ces inégalités, mais nous nous pencherons aussi sur les paradoxes que révèle l'étude de la vaccination aujourd'hui. En effet, la multiplication et la politisation des débats portant sur la vaccination complexifie la relation habituellement observée entre ressources sociales et adoption des bonnes pratiques de santé. La non-vaccination peut ainsi refléter un manque de ressources limitant l'accès au système de soin mais aussi son contraire : la capacité à trouver des sources d'information concurrentes et l'assurance pour questionner l'autorité médicale. De plus, la vaccination fait particulièrement ressortir la complexité des processus de décision de santé et, en particulier, l'écart qui peut exister entre ce que les personnes pensent et ce qu'elles font ainsi que la prégnance de l'indécision dans ces processus. À partir d'enquêtes par questionnaire portant sur une grande diversité de vaccins et d'un retour sur les ethnographies des résistances vaccinales, nous proposons donc d'explorer les manières dont les inégalités sociales pèsent sur les processus de décision en santé dans un contexte où les savoirs médicaux sont contestés.

Jérémy Ward

Jérémy Ward est sociologue et chargé de recherche à l'Inserm (Cermes3, Villejuif). Depuis 2020, il est membre expert de la commission technique des vaccinations à la Haute Autorité de la santé. Depuis 2023, il coordonne le réseau SHS-Vaccination-France avec Patrick Peretti-Watel et Pierre Verger. Ses travaux traitent de l'émergence de débats publics et des rapports ordinaires à la science sur les thématiques médicales. Son approche se situe à l'intersection de la sociologie politique, de la sociologie des sciences et de la sociologie de la cognition et des représentations. Il a principalement travaillé sur la vaccination en France et sur une diversité d'autres sujets tels que la prescription d'hydroxychloroquine ou les rapports ordinaires aux essais cliniques et aux conflits d'intérêts.

02 - La production sociale des inégalités de santé : Covid-19 : les logiques sociales de la prévention06 May 202500:57:56

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

02 - La production sociale des inégalités de santé : Covid-19 : les logiques sociales de la prévention

Résumé

En France et dans de nombreux pays, les personnes appartenant aux catégories sociales les plus défavorisées et aux minorités ethnoraciales ont moins recours à la vaccination contre le Covid-19. Ces personnes sont, par ailleurs, plus souvent confrontées que les autres à diverses formes de discriminations. À partir des données d'une grande enquête socio-épidémiologique réalisée en France, on étudiera les liens entre expériences de discrimination et non recours au vaccin contre le Covid-19 dans les différents champs où les discriminations peuvent s'exercer, à savoir les relations avec les professionnel(le)s de santé, mais aussi l'emploi, le logement, les relations avec les services publics.

Séminaire - Muriel Darmon : Plasticité et réparation sociales des cerveaux après un AVC13 May 202500:54:04

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

La production sociale des inégalités de santé

Séminaire - Muriel Darmon : Plasticité et réparation sociales des cerveaux après un AVC

Muriel Darmon

Directrice de recherche en sociologie, CNRS, CESSP

Résumé

Comment expliquer que, même à gravité et prise en charge équivalentes d'un accident vasculaire cérébral (AVC), les membres des classes populaires en récupèrent moins bien que ceux des classes moyennes et supérieures, et les femmes que les hommes ? Que des propriétés sociales puissent influencer ainsi la plasticité cérébrale sur laquelle comptent et travaillent les équipes médicales et professionnelles en rééducation ? Une ethnographie de services hospitaliers de neurologie et de rééducation, combinée aux données statistiques et épidémiologiques existantes, permet d'apporter des éléments de réponse à ces questions. Elle fait apparaître les logiques sociales qui structurent les récupérations neurologiques, et elle ouvre la voie à une explication sociologique des différences de récupération post-AVC.

Muriel Darmon

Muriel Darmon est sociologue et directrice de recherche au CNRS dans le Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-EHESS-Paris 1), et coresponsable de l'ERC Gendhi (« Gender Health Inequalities », Synergy 2019). Elle est notamment l'auteure de Devenir anorexique. Une approche sociologique (La Découverte, 2003, 2008), La Socialisation (Armand Colin, 2006, 2010, 2016, 2023), Classes préparatoires. La fabrique d'une jeunesse dominante (La Découverte, 2013, 2015), Socialization (Polity Press, 2024), ainsi que de Réparer les cerveaux. Sociologie des pertes et des récupérations post-AVC (La Découverte, 2020).

Elle a occupé la fonction de présidente de l'Association française de sociologie entre 2017 et 2021, de membre du groupe d'expert(e)s chargé par le Conseil supérieur des programmes et le MEN de rédiger les nouveaux programmes de sciences économiques et sociales pour le lycée en 2018-2019, et de membre du groupe de travail de la Haute Autorité de santé « Guide du parcours de santé de l'accident vasculaire cérébral (AVC) » en 2023-2024. Elle est membre du comité de rédaction de la revue International Sociology Reviews, de la revue Sociology et de la collection Princeton University Press « studies in Cultural Sociology », et a été membre de l'editorial board de la revue Sociological Theory (2021-2024) et du comité de rédaction et directrice de la revue Sociétés Contemporaines (2008-2024).

03 - La production sociale des inégalités de santé : Maladies cardio-vasculaires : l'infarctus du myocarde a-t-il un genre ?13 May 202500:59:05

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

03 - La production sociale des inégalités de santé : Maladies cardio-vasculaires : l'infarctus du myocarde a-t-il un genre ?

Résumé

Si les hommes sont plus souvent confrontés à la survenue d'un infarctus du myocarde que les femmes, elles sont en revanche plus à risque de décéder des suites de cette pathologie que leurs homologues masculins. Une analyse sociologique basée sur des entretiens conduits auprès de femmes et d'hommes ayant été récemment touchés par cette pathologie permet d'éclairer ce paradoxe épidémiologique observé dans de nombreux pays du monde. On étudiera les logiques sociales qui construisent la perception des symptômes, la décision d'accéder au système de soins et les conditions de prise en charge par les professionnels de santé et qui peuvent contribuer à la surmortalité des femmes.

Séminaire - Camille Lancelevée : La prison pour asile ?20 May 202500:37:07

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

La production sociale des inégalités de santé

Séminaire - Camille Lancelevée : La prison pour asile ?

Camille Lancelevée

Maîtresse de conférences, université de Strasbourg, laboratoire SAGE (Sociétés, Acteurs et Gouvernement en Europe)

Résumé

Les données épidémiologiques le montrent depuis le début des années 2000 : la population carcérale française est composée, pour une part importante, de personnes avec des troubles psychiatriques graves. Face à ce constat, plusieurs questions se posent : pourquoi les prisons françaises semblent-elles devenues des asiles contemporains ? Peut-on désormais les considérer comme des lieux de soin ? Dans quelle mesure la peine de prison est-elle devenue un temps thérapeutique ? Cette intervention, appuyée sur les données empiriques produites au cours d'une ethnographie multisituée de plusieurs années (2011-2022), propose d'interroger les évolutions croisées de la psychiatrie publique et de la justice pénale pour comprendre la réalité complexe des troubles mentaux en prison et l'expérience de celles et ceux qui s'y trouvent confrontés.

Camille Lancelevée

Camille Lancelevée est maîtresse de conférences en sociologie à l'université de Strasbourg et chercheuse au Laboratoire sociétés, acteurs et gouvernement en Europe (SAGE, UMR 7363). Elle enquête, dans une démarche ethnographique, sur les politiques, pratiques et expériences en santé mentale. Elle a réalisé sa thèse de doctorat sur la santé mentale en milieu carcéral, en France et en Allemagne, et poursuit désormais ses recherches autour des inégalités sociales en santé mentale. Ses recherches l'amènent, par ailleurs, à s'intéresser aux enjeux épistémologiques que rencontrent les sciences sociales lorsqu'elles s'engagent sur le terrain de la santé.

04 - La production sociale des inégalités de santé : Santé mentale : le genre de la dépression20 May 202501:04:20

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

04 - La production sociale des inégalités de santé : Santé mentale : le genre de la dépression

Résumé

Les inégalités en matière de dépression sont marquées. Ces troubles psychiques sont plus fréquents chez les femmes et chez les personnes appartenant aux catégories sociales les plus défavorisées. Basée sur les données d'enquête en santé publique et sur des recherches sociologique récentes, cette séance s'attachera à interroger le caractère genré de la définition même des troubles dépressifs et à analyser comment les normes de genre tendent à orienter la façon dont les femmes et les hommes sont exposés différemment aux troubles dépressifs. On étudiera aussi la manière dont les personnes concernées appréhendent ces troubles, leurs conditions de recours au système de soins et les réponses des professionnels de santé selon le sexe de leurs patients.

Séminaire - Emmanuel Beaubatie : Santé sexuelle : minorités sexuelles et de genre27 May 202500:45:35

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

La production sociale des inégalités de santé

Séminaire - Emmanuel Beaubatie : Santé sexuelle : minorités sexuelles et de genre

Emmanuel Beaubatie

Chargé de recherche, CNRS

Résumé

Les minorités sexuelles et de genre sont souvent étudiées sous l'angle de la santé. Leur santé sexuelle en particulier, est au cœur des préoccupations. Cependant, le périmètre et la nature de ces enjeux de santé dépendent pour une grande part de la manière que l'on a de définir et de circonscrire ces populations. Souvent agglomérées sous l'acronyme LGBT (lesbiennes, gays, bi.es, trans), les minorités sexuelles et de genre rassemblent des existences diverses et variées. Cette présentation propose de rendre compte de cette pluralité, ainsi que des enjeux de santé associés. Longtemps cantonnées à l'étude de l'infection à VIH chez les hommes gays, les recherches sur la santé sexuelle des LGBT se sont peu à peu étendues aux autres lettres de l'acronyme. Elles se sont par ailleurs élargies au-delà de la seule sphère des pratiques sexuelles, intégrant plus largement les caractéristiques sociales et les modes de vie. L'exposé reviendra sur les différentes façons d'appréhender les minorités sexuelles et de genre dans les recherches sur la santé sexuelle, tout en proposant de nouvelles perspectives. Elle s'attardera sur l'importance déterminante des socialisations sexuelles et préventives, sur le caractère inextricable du genre et de la sexualité, sur l'enchevêtrement du genre et de la sexualité avec les appartenances de classe et de race, ou encore sur les effets diffus de la condition minoritaire.

Emmanuel Beaubatie

Emmanuel Beaubatie est sociologue, chargé de recherche au CNRS. Il est membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP) à Paris et enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il travaille sur le genre et la sexualité en faisant dialoguer les études féministes avec des méthodes et des concepts issus de la sociologie des classes sociales. Ses recherches explorent la multiplicité sexuelle et de genre au-delà de la binarité femme/homme, ainsi que les mobilités de genre et de sexualité au cours de la vie. Il s'intéresse également aux frontières du sujet politique du féminisme et à la réflexivité en sciences sociales. Parmi ses publications, on trouve Transfuges de sexe. Passer les frontières du genre (La Découverte, 2021) et Ne suis-je pas un.e féministe ? (Seuil, 2024).

05 - La production sociale des inégalités de santé : Santé sexuelle : corps, sexualité, santé27 May 202501:01:05

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

05 - La production sociale des inégalités de santé : Santé sexuelle : corps, sexualité, santé

Résumé

La nouvelle enquête de 2023 sur le « Contexte des sexualités en France » montre que l'activité sexuelle continue de se diversifier, et notamment celles des femmes, que l'on considère le nombre de partenaires sexuels, les rapports avec des personnes de même sexe ou bien encore les pratiques réalisées. Mais les inégalités entre les femmes et les hommes restent marquées. Ces différences s'inscrivent dans un clivage normatif qui oppose toujours, même si de manière moins marquée qu'auparavant, une sexualité féminine « affective » à une sexualité masculine « naturelle ». Révélatrice des inégalités sociales de genre qui prévalent dans d'autres sphères sociales, cette dichotomie produit des tensions qui peuvent rendre plus difficile pour les femmes, et pour les personnes dont la sexualité ne correspond pas au cadre normatif de l'hétérosexualité, l'adoption de pratiques préventives.

Séminaire - Raphaël Perrin : Quand la médecine produit les inégalités : le cas de l'avortement03 Jun 202500:46:26

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

La production sociale des inégalités de santé

Séminaire - Raphaël Perrin : Quand la médecine produit les inégalités : le cas de l'avortement

Résumé

En France, à la condition de passer par un médecin ou une sage-femme, la loi autorise toutes les femmes à accéder à l'avortement dès lors qu'elles respectent le terme limite de quatorze semaines – c'est l'interruption volontaire de grossesse. Le recours à l'IVG est particulièrement sûr, et repose sur un travail médical dépourvu de dimension diagnostique ou pronostique dont les modalités sont fixées par les recommandations des autorités de santé.

Pourtant, selon les femmes, et surtout selon les médecins à qui elles en font la demande, l'accès et les modalités de l'avortement varient considérablement. Les femmes peuvent ainsi avorter plus ou moins vite, à des termes de grossesse plus ou moins avancés. Elles sont traitées avec bienveillance ou réprimandées pour leur comportement jugé irresponsable. Elles peuvent choisir d'avorter par telle ou telle méthode, de réaliser, ou non, un entretien psychosocial, d'adopter une contraception… ou elles y sont forcées. En montrant que l'effectivité du droit à l'avortement dépend de l'organisation du système de santé, des préférences et des pratiques hétérogènes des médecins, cette séance interrogera la manière dont ces derniers produisent des inégalités sanitaires, mais aussi, plus largement, sociales et politiques.

Raphaël Perrin

Docteur en sociologie de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP). Ses travaux portent sur la domination médicale et sur l'accès à l'IVG. Il est l'auteur de l'ouvrage Le Choix d'avorter. Contrôle médical et corps des femmes, paru chez Agone.

06 - La production sociale des inégalités de santé : De la pratique à la culpabilité. Les enjeux contemporains de l'avortement en France03 Jun 202500:59:13

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

06 - La production sociale des inégalités de santé : De la pratique à la culpabilité. Les enjeux contemporains de l'avortement en France

Résumé

L'avortement représente une cause importante de mortalité et de morbidité dans les pays où sa pratique est interdite ou fortement limitée. Si sa pratique ne pose plus de problèmes de santé en France, certaines femmes continuent toutefois à rencontrer des difficultés à accéder au système de soins et d'autres doivent se rendre à l'étranger pour interrompre une grossesse qu'elles ne souhaitent pas poursuivre. Le droit à l'avortement continue aujourd'hui à ne pas être reconnu comme un droit comme un autre, en dépit de son inscription récente dans la Constitution française. Les données d'enquêtes quantitatives et qualitatives permettront d'interroger l'injonction sociale à la culpabilité et sa répercussion sur la santé des femmes.

Séminaire - Giovanni Prete : Leurs enfants après eux : les victimes pédiatriques, sentinelles des inégalités d'exposition aux contaminations industrielles10 Jun 202500:40:42

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

La production sociale des inégalités de santé

Séminaire - Giovanni Prete : Leurs enfants après eux : les victimes pédiatriques, sentinelles des inégalités d'exposition aux contaminations industrielles

Giovanni Prete

Maître de conférences, Iris, Université Sorbonne Paris Nord

Résumé

Des recherches médicales mettent en évidence un accroissement des cancers pédiatriques dans de nombreux pays. Si certains suggèrent que cet accroissement est lié à l'amélioration du suivi des enfants et du diagnostic de leur état de santé, d'autres pointent des changements majeurs de l'environnement de vie, en particulier la diffusion généralisée de contaminants toxiques. En s'appuyant sur une enquête sociologique en cours portant sur les controverses qui entourent les effets sanitaires des pesticides aux États-Unis et en France, la présentation évoquera les enjeux sociaux et politiques de ces effets. Elle soulignera en particulier la difficulté qu'il y a à documenter précisément les inégalités sociales d'exposition aux pesticides.

Giovanni Prete

Giovanni Prete conduit des recherches sur les enjeux sociaux et politiques de la santé au travail et de la santé environnementale. Il étudie les mobilisations individuelles et collectives qui visent à faire reconnaître le lien entre expositions environnementales et professionnelles et problèmes de santé dans différents secteurs d'activité, en particulier le secteur agricole. Il s'intéresse à la place des savoirs scientifiques et à leur circulation dans différentes arènes (administrative, judiciaire, scientifique) et à l'usage du droit dans les mobilisations. Il a récemment publié (avec Jean-Noël Jouzel) L'agriculture empoisonnée. Le long combat des victimes des pesticides (Presses de sciences po, 2024).

07 - La production sociale des inégalités de santé : Santé et environnement : les risques du travail10 Jun 202501:00:45

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

07 - La production sociale des inégalités de santé : Santé et environnement : les risques du travail

Résumé

Les accidents du travail représentent un enjeu majeur de santé publique qui touche principalement les ouvriers et employés peu qualifiés. Leur ampleur reste sous-estimée alors même que les conditions de travail apparaissent de plus en plus précaires. En s'appuyant sur des recherches quantitatives et qualitatives, on interrogera les raisons qui sont à l'origine de leur invisibilisation dans les données de santé publique et les caractéristiques de l'organisation du travail et des conditions de l'activité professionnelle qui favorisent leur survenue. On s'attachera également à rendre compte des logiques sociales et institutionnelles qui conduisent à minimiser les causes organisationnelles et structurelles des accidents du travail lors des procédures d'accès aux droits à réparation.

Séminaire - Anne Marchand : Comprendre les facteurs d'invisibilisation des cancers professionnels17 Jun 202500:46:39

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

La production sociale des inégalités de santé

Séminaire - Anne Marchand : Comprendre les facteurs d'invisibilisation des cancers professionnels

Anne Marchand

Giscop 93

Résumé

Avec près de 430 000 nouveaux cas chaque année en France, l'incidence du cancer ne cesse d'augmenter ; elle a ainsi doublé depuis le début des années 1990. Tandis que nombre de recherches portent sur les comportements dits individuels (tabagisme, consommation d'alcool, alimentation, activité physique), les facteurs professionnels, qui concernent pourtant des millions de salarié(e)s, font l'objet d'une attention beaucoup moins soutenue. Nous étudierons les logiques sociales, économiques et politiques qui permettent de comprendre l'invisibilisation des cancers liés aux conditions de travail, dans la recherche scientifique et dans les politiques de prévention.

Anne Marchand

Sociologue et historienne, affiliée au laboratoire IRIS, Anne Marchand s'est intéressée dans ses recherches aux mécanismes qui rendent plus ou moins invisibles les effets du travail sur la santé, particulièrement dans l'épidémie de cancer. Ses travaux interrogent, plus largement, les effets des frontières historiquement construites entre santé publique, santé au travail et santé environnementale sur la santé des populations.

08 - La production sociale des inégalités de santé : Santé et travail : la reconnaissance des maladies professionnelles17 Jun 202501:06:37

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

08 - La production sociale des inégalités de santé : Santé et travail : la reconnaissance des maladies professionnelles

Résumé

Les maladies professionnelles sont sous-déclarées et sous-reconnues en France comme dans d'autres pays industrialisés. Elles touchent principalement les personnes qui se situent en bas de l'espace social et les minorités ethnoraciales. La reconnaissance d'une maladie professionnelle est un processus social qui résulte de plusieurs étapes. Toutes les pathologies résultant d'une exposition professionnelle ne sont pas perçues comme telles par les personnes concernées. Elles ne sont pas toujours identifiées comme maladies liées au travail par les professionnels de santé qui sont éventuellement consultés. Et quand elles le sont, une démarche de reconnaissance juridique est loin d'être systématiquement enclenchée et n'aboutit pas toujours à une réparation financière. Les logiques sociales et institutionnelles qui construisent ces différentes étapes seront analysées au regard des recherches récentes en santé publique et en sociologie.

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales : Remarques conclusives26 Jun 202500:08:15

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales

Remarques conclusives

Nathalie Bajos

Directrice de recherche (Inserm), directrice d'étude (EHESS), professeure invitée du Collège de France

Colloque - Pierre-Yves Geoffard : Discussion26 Jun 202500:09:54

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales

Session 3 : Interroger la structuration sociale des inégalités de santé en anthropologie et en épidémiologie

Pierre-Yves Geoffard : Discussion

Pierre-Yves Geoffard

Professeur, Paris School of Economics

Pierres-Yves Geoffard

Études de mathématiques (thèse de doctorat) et d'économie (DEA), visiting scholar à Stanford puis à l'Université de Chicago, chercheur au CNRS depuis 1995, directeur d'études à l'EHESS, professeur à l'École d'économie de Paris. Je travaille sur les systèmes de santé, et en particulier sur les inégalités sociales de santé.

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales : Introduction26 Jun 202500:28:28

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales : Introduction

Nathalie Bajos

Directrice de recherche (Inserm), directrice d'étude (EHESS), professeure invitée du Collège de France

Présentation

Les inégalités de santé, qui se maintiennent à un niveau très élevé dans les différents pays du monde, représentent un enjeu majeur de justice sociale. Si ce constat est unanimement partagé par la communauté scientifique et si de multiples recherches ont permis d'identifier nombre de déterminants sociaux de la santé, l'analyse des processus sociaux qui produisent ces inégalités reste à approfondir, notamment dans une perspective intersectionnelle qui articule les rapports sociaux de domination renvoyant aux positions de genre, de classe et raciale.

Ce colloque, organisé par le Collège de France et l'équipe de recherche du projet ERC Gendhi (Gender and Health Inequalities), a pour objectif de confronter différents modèles théoriques d'analyse de la production des inégalités de santé, qu'ils portent sur des étapes spécifiques de cette production (atteintes à la santé, accès aux soins, prise en charge médicale), ou qu'ils en proposent une approche globale. Le caractère heuristique de ces modèles sera interrogé au prisme des résultats des recherches qui s'en inspirent. Seront convoquées des recherches qui relèvent de la sociologie, de l'anthropologie, de l'économie et de l'épidémiologie sociale, qui s'appuient sur des données quantitatives ou qualitatives et qui portent sur différents contextes nationaux. Ces échanges permettront d'interroger les politiques publiques qui visent à réduire ces inégalités.

Colloque - Seth Holmes : Enviro-Anthropo-Genesis: The Co-production and Destruction of Bodies of People, Land and Water26 Jun 202500:43:02

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales

Session 3 : Interroger la structuration sociale des inégalités de santé en anthropologie et en épidémiologie

Seth Holmes : Enviro-Anthropo-Genesis: The Co-production and Destruction of Bodies of People, Land and Water

Seth Holmes

Chancellor's Professor, UC Berkeley Division of Society and Environment, Department of Environmental Science, Policy and Management, University of California, Berkeley ; ICREA Researcher, University of Barcelona

Résumé

Enviro-Anthropo-Genesis proposes a new way to understand the simultaneous co-production of environments and people on multiple levels. At certain junctures, the environments and people simultaneously destroy one another. Bodies of land and water may be made and unmade by social formations from the aftermaths of colonialism to the racializations of plantation societies, from solution-oriented high-tech food systems to movements for environmental sustainability. Social structures are, in turn, assembled and disassembled by environmental formations from protected waterways that irrigate intensive agriculture to borderlands that solidify racialized hierarchies and national imaginaries, from polluted air and water that intensifies sickness among certain racialized and classed populations to courts and governments approving legal rights to seas and mountains. This broad theoretical framework is being developed in relation to ongoing ethnographic research into transnational industrial food systems and the bodies – of land, water and people – making up their infrastructure. The presentation draws from ongoing research into the health and health care of Indigenous Mexican migrant farmworkers and food supply chain workers in the United States as well as of Latin American, North African and Eastern European migrant farmworkers and food supply chain workers in Western Europe.

Seth Holmes

Seth M. Holmes is a Chancellor's Professor in the UC Berkeley Division of Society and Environment, Department of Environmental Science, Policy and Management, and a researcher in ICREA Catalan Institution for Research and Advanced Studies and the Department of Social Anthropology at the Universitat de Barcelona. He is Co-Chair of the Berkeley Center for Social Medicine, Co-Director of the MD/PhD Track in Medical Anthropology coordinated between UC Berkeley and UC San Francisco and Director of the Interinstitutional Hub for Global Social Medicine at Barcelona. He is Principal Investigator of the ERC Project "FOODCIRCUITS: Hidden Connections between Migrants and Societies". A medical anthropologist and physician, Holmes works on social hierarchies, health inequities, and the ways in which such asymmetries are naturalized, normalized, and resisted in contexts of transnational im/migration, agro-food systems, and health care. He has received national and international awards from the fields of anthropology, sociology, geography, and documentary film, including the New Millennium Book Award, the Margaret Mead Award and the Textor Prize. In addition to scholarly publications, he has written for popular media such as The Guardian, The Huffington Post and Salon.com and spoken on multiple NPR, PRI, Pacifica Radio and Radio Bilingüe radio programs.

Colloque - Greta Bauer : A New Framework for Understanding Social Privilege and Health26 Jun 202500:43:27

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales

Session 3 : Interroger la structuration sociale des inégalités de santé en anthropologie et en épidémiologie

Greta Bauer : A New Framework for Understanding Social Privilege and Health

Greta Bauer

Professor and Director, Eli Coleman Institute for Sexual and Gender Health, University of Minnesota Medical School

Résumé

While health research has increasingly included a role for stigma and discrimination in impacting health, privilege is often left to be implicitly understood as a lack of these. This undertheorization of privilege limits our understanding of how social power shapes health. I present a seven-fold model of privilege and its intersectional formation. Privilege is conceptualized as taking seven forms: just and fair experience, allowed harmful ignorance, promotion and facilitation, implicitly understood meaning, respect for autonomy and bodily integrity, successful moves to innocence, and assumed good intentions. Each form can be enacted through interpersonal or structural mechanisms. While this seven-fold model can be applied to individual conceptualizations of privilege (e.g., heterosexual privilege, white privilege), an intersectionality framework is key to understanding how power and privilege differentials operate relationally to affect health. Intersectionality helps explain, for example, why the traditional socioeconomic gradient of health has differential returns for people of different races, gender expressions, and disabilities, or why a generally privileged position such as maleness may not present an advantage when considered in relation to other social positions and contexts. I provide a set of thinking tools for incorporating this seven-fold and intersectional understanding of privilege into public health work.

Greta Bauer

Greta Bauer, PhD, MPH is a Professor and Director of the Eli Coleman Institute for Sexual and Gender Health in the University of Minnesota Medical School. She holds the endowed academic chair in sexual health. Prior to 2022, Dr. Bauer was a Professor in the Department of Epidemiology and Biostatistics in the Schulich School of Medicine & Dentistry at Western University in London, Canada, where she held a Sex and Gender Science Chair through the Canadian Institutes of Health Research (CIHR). Dr. Bauer has authored more than 150 peer-reviewed papers, book chapters, and technical reports related to health equity. As an epidemiologist, her focus on sexual and gender health has been both substantive and methodological, with a focus on the impacts of social marginalization. She is a leader in transgender and non-binary health, and in incorporating intersectionality into quantitative research methods.

Colloque - Anne McMunn : Discussion26 Jun 202500:16:01

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales

Session 2 : Saisir l'incorporation du social : socialisation (sociologie) et embodiment (social epidemiology)

Anne McMunn : Discussion

Anne McMunn

University College London

Anne McMunn is Professor of Social Epidemiology in the Research Department of Epidemiology & Public Health at UCL. Anne's research is concentrated on the social determinants of health within a life course epidemiological framework. More specifically, she investigates the influence on health and wellbeing of family care and unpaid care work, employment and social relationship characteristics, and she is also interested in how gender and socioeconomic position structure these associations. She is Co-Director of Equalise: ESRC Centre for Lifecourse Health and was recently PI of the EUROCARE international consortium investigating the impact of providing adult care at different stages of the life course across European countries in different

Colloque - Michelle Kelly-Irving : Socio-Structural Processes Underlying the Production of Health Inequalities over the Life Course: Theoretical Tools and Empirical Evidence26 Jun 202500:38:04

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales

Session 2 : Saisir l'incorporation du social : socialisation (sociologie) et embodiment (social epidemiology)

Michelle Kelly-Irving : Socio-Structural Processes Underlying the Production of Health Inequalities over the Life Course: Theoretical Tools and Empirical Evidence

Résumé

Understanding how structural, social and psychosocial factors come to affect our health resulting in health inequalities allows us to move beyond description towards policy interventions. Based on concepts developed by scholars from different disciplines, I will provide the backdrop to a conceptual framework for research on social-to-biological processes, which may be important contributors to health inequalities. I will explain the broad sets of mechanisms that may allow us to comprehend how socially structured exposures become embodied over the life course. I will describe an intersectional embodiment dynamic framework, its uses, and how it may serve to examine the manner through which intermeshed systems of oppression affect social exposures, which may be expressed biologically. Using empirical evidence over the last decade from the field of social epidemiology I will explain the usefulness of this framework as a tool for carrying-out and interpreting research through an equity lens, providing scientific evidence to challenge genetic and other forms of essentialism, often used to dismiss social inequalities in health.

Michelle Kelly Irving

Michelle Kelly-Irving est directrice de recherche à l'Inserm. Elle travaille sur la production des inégalités sociales de santé au cours de la vie par le biais des processus d'incorporation. Elle est épidémiologiste sociale et travaille au centre d'épidémiologie et de recherche sur les populations de santé (CERPOP) de l'Inserm-université de Toulouse, en France, où elle dirige l'équipe de recherche EQUITY.

Colloque - Muriel Darmon : Qu'est-ce qu'une approche en termes de socialisation permet d'apporter à l'étude des inégalités de santé ?26 Jun 202500:41:06

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales

Session 2 : Saisir l'incorporation du social : socialisation (sociologie) et embodiment (social epidemiology)

Muriel Darmon : Qu'est-ce qu'une approche en termes de socialisation permet d'apporter à l'étude des inégalités de santé ?

Muriel Darmon

Directrice de recherche, CNRS, CESSP

Résumé

La socialisation peut être définie comme la façon dont la société forme et transforme les individus, et son étude vise à rendre compte empiriquement des processus de sociogenèse des dispositions individuelles. Après avoir tracé les grandes lignes de ce modèle, et déploré qu'il ait été peu appliqué au domaine de la santé, je montrerai ses contributions à l'étude de pathologies très diverses, dans mes propres travaux sur l'anorexie et l'AVC et plus largement dans ceux de l'équipe Gendhi sur les familles d'enfants en bas âge et leurs consultations avec un large spectre de professionnels de santé, les groupes adolescents et les infirmeries scolaires, les patients et professionnels de différents services de prise en charge des pathologies cardiovasculaires, du cancer colorectal ou des démences. Analyser ces terrains en sociologues de la socialisation, c'est d'abord se donner les moyens d'éclairer à la fois la production sociale des corps et de la santé, et les processus de recours et d'accès aux soins qui se différencient selon le ressenti des symptômes et leur expression. C'est ensuite donner à voir les relations entre patients et médecins comme des interactions sociales entre des individus socialement disposés (à agir comme ils agissent, et à penser comme ils pensent), et montrer que le travail médical opère sur des patients qui ne sont pas des individus génériques mais qui sont construits par des processus de socialisation antérieurs. Les approches en termes de socialisation fournissent par conséquent une grille de lecture puissante pour mettre au jour, notamment, les mécanismes de classe et de genre qui expliquent l'existence et la reproduction des inégalités de santé, et pour identifier les lieux et les modalités d'action contre elles.

Muriel Darmon

Muriel Darmon est sociologue et directrice de recherche au CNRS dans le Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-EHESS-Paris 1), et coresponsable de l'ERC Gendhi (« Gender Health Inequalities », Synergy 2019). Elle est notamment l'auteure de Devenir anorexique. Une approche sociologique (La Découverte, 2003, 2008), La Socialisation (Armand Colin, 2006, 2010, 2016, 2023), Classes préparatoires. La fabrique d'une jeunesse dominante (La Découverte, 2013, 2015), Socialization (Polity Press, 2024), ainsi que de Réparer les cerveaux. Sociologie des pertes et des récupérations post-AVC (La Découverte, 2020). Elle a occupé la fonction de présidente de l'Association française de sociologie entre 2017 et 2021, de membre du groupe d'expert(e)s chargé par le Conseil supérieur des programmes et le MEN de rédiger les nouveaux programmes de sciences économiques et sociales pour le lycée en 2018-2019, et de membre du groupe de travail de la Haute Autorité de santé « Guide du parcours de santé de l'accident vasculaire cérébral (AVC) » en 2023-2024. Elle est membre du comité de rédaction de la revue International Sociology Reviews, de la revue Sociology et de la collection Princeton University Press « studies in Cultural Sociology », et a été membre du comité éditorial de la revue Sociological Theory (2021-2024) et du comité de rédaction et directrice de la revue Sociétés Contemporaines (2008-2024).

Colloque - Cyrille Delpierre : Discussion26 Jun 202500:16:27

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales

Session 1 : Expliquer les inégalités de santé en économie et sociologie

Cyrille Delpierre : Discussion

Cyrille Delpierre

Directeur de recherche, CERPOP, Inserm, Université Toulouse III

Cyrille Delpierre est épidémiologiste, directeur de recherche Inserm. Depuis 2021, il dirige le Centre d'Épidémiologie et de Recherche en santé des POPulations (CERPOP), unité mixte de recherche Inserm-Université Toulouse III, et est coresponsable de l'équipe EQUITY dédiée à l'étude des inégalités sociales de santé (ISS). Ses recherches portent sur les mécanismes par lesquels l'environnement social est biologiquement incorporé, comment il peut affecter le fonctionnement biologique et ainsi favoriser le développement de maladies et leur progression. Ses travaux ont deux objectifs généraux : i) expliquer les ISS non seulement par des expositions physico-chimiques, des comportements de santé et une prise en charge par le système des soins socialement distribués, mais aussi par des expositions psychosociales susceptibles de modifier des processus biologiques et favoriser le développement de pathologies à distance ; ii) développer ou participer à des interventions susceptibles de réduire les ISS.

Colloque - Janet Shim : Sociological Tools for Understanding the Social Production of Health Inequalities26 Jun 202500:40:13

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales

Session 1 : Expliquer les inégalités de santé en économie et sociologie

Janet Shim : Sociological Tools for Understanding the Social Production of Health Inequalities

Janet Shim

Professor, University of California, San Francisco

Résumé

This presentation will cover some commonly used theoretical concepts and frameworks used in the sociology of health and illness, to understand and analyze the social production of health inequalities. These theoretical tools have been used to interrogate and examine how structural forces, institutional processes, cultural discourses and ideologies, and interactional dynamics intersect to influence the myriad pathways through which health is produced. These range from the scientific knowledge base we use to intervene on illness and disease, to the social determinants that stratify our exposures to health risks, to the ways in which we organize our healthcare and healing systems, to the encounters – both within and outside the clinic – in which bodies, wellbeing, risk, and difference are regulated and intervened on. The presentation will also include some exploration of how these theoretical tools interact with empirical approaches, as well as the interdisciplinary works and possibilities that exist.

Janet Shim

Janet K. Shim, PhD, MPP, is Professor of Sociology in the Department of Social and Behavioral Sciences at the University of California, San Francisco. Her program of research focuses on two areas: the sociological analysis of knowledge production in the health sciences, particularly how they understand social difference and health inequality; and the study of healthcare interactions and how they produce unequal outcomes. Her work has been funded by the US National Institutes of Health and the National Science Foundation. Dr. Shim is currently a member of the U.S. NIH Genomics and Society Working Group, and Senior Editor of Social Science & Medicine. Her books include Heart-Sick: The Politics of Risk, Inequality, and Heart Disease (New York University Press, 2014), and the co-edited volume, Biomedicalization: Technoscience, Health, and Illness in the U.S. (Duke University Press, 2010). Her articles have appeared in journals such as Science, American Sociological Review, Journal of Health and Social Behavior, AJOB Empirical Bioethics, Social Science & Medicine, Social Studies of Science, and Sociology of Health and Illness.

Colloque - Owen O'Donnell : An Economist's Perspective on What We Know, Can Know and Need to Know About the Causes of Health Inequality26 Jun 202500:42:58

Nathalie Bajos

Santé publique (2024-2025)

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - La production sociale des inégalités de santé : approches théoriques et données empiriques. Perspectives internationales : Introduction

Session 1 : Expliquer les inégalités de santé en économie et sociologie

Owen O'Donnell : An Economist's Perspective on What We Know, Can Know and Need to Know About the Causes of Health Inequality

Owen O'Donnell

Professeur, Erasmus University Rotterdam

Résumé

Socioeconomic health inequality is substantial, ubiquitous and persistent. From an economics perspective, I review what is known about its causes in high-income countries and consider what can be known and needs to be known. Causal analyses have not yet delivered strong, consistent evidence that education, income and wealth impact health in adulthood, but there is evidence that cash benefits paid to low-income households often improve infant and child health outcomes. Changes in adult health have large effects on income and wealth, and childhood ill-health both persists into adulthood and constrains economic outcomes in that phase of life. What can be known about the causes of health inequality is constrained by the limited scope for causal analysis to identify effects of socioeconomic exposures that potentially take their toll on health over the life course, cumulatively and multiplicatively. To reduce health inequality, its causes need not necessarily be known, provided health policies that improve the health of the socioeconomically disadvantaged can be identified and implemented. Political support for such policies may, however, depend on knowledge (or beliefs) about the causes of health inequality.

Owen O'Donnell

Owen O'Donnell is Professor of Applied Economics in the School of Economics and the School of Health Policy & Management at Erasmus University Rotterdam, and a Research Fellow of the Tinbergen Institute. His research is in the field of health economics, particularly health inequality, health insurance and health behaviour. He has published in leading field journals in economics and in demography, epidemiology and medicine. He is an Editor of the Journal of Health Economics.

© My Podcast Data · Projet indépendant · Données issues d'Apple & Spotify