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| Titre | Date | Durée | |
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| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre 17 - Une forêt sous-marine - Jules Verne | 16 Mar 2024 | 00:19:45 | |
Première partie - chapitre 17 : Une forêt sous-marine Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Nous étions enfin arrivés à la lisière de cette forêt, sans doute l’une des plus belles de l’immense domaine du capitaine Nemo. Il la considérait comme étant sienne, et s’attribuait sur elle les mêmes droits qu’avaient les premiers hommes aux premiers jours du monde. D’ailleurs, qui lui eût disputé la possession de cette propriété sous-marine ? Quel autre pionnier plus hardi serait venu, la hache à la main, en défricher les sombres taillis ?Cette forêt se composait de grandes plantes arborescentes, et, dès que nous eûmes pénétré sous ses vastes arceaux, mes regards furent tout d’abord frappés d’une singulière disposition de leurs ramures, — disposition que je n’avais pas encore observée jusqu’alors.Aucune des herbes qui tapissaient le sol, aucune des branches qui hérissaient les arbrisseaux, ne rampait, ni ne se courbait, ni ne s’étendait dans un plan horizontal. Toutes montaient vers la surface de l’Océan. Pas de filaments, pas de rubans, si minces qu’ils fussent, qui ne se tinssent droit comme des tiges de fer. Les fucus et les lianes se développaient suivant une ligne rigide et perpendiculaire, commandée par la densité de l’élément qui les avait produits. Immobiles, d’ailleurs, lorsque je les écartais de la main, ces plantes reprenaient aussitôt leur position première. C’était ici le règne de la verticalité.Bientôt, je m’habituai à cette disposition bizarre, ainsi qu’à l’obscurité relative qui nous enveloppait. Le sol de la forêt était semé de blocs aigus, difficiles à éviter. La flore sous-marine m’y parut être assez complète, plus riche même qu’elle ne l’eût été sous les zones arctiques ou tropicales, où ses produits sont moins nombreux. Mais, pendant quelques minutes, je confondis involontairement les règnes entre eux, prenant des zoophytes pour des hydrophytes, des animaux pour des plantes. Et qui ne s’y fût pas trompé ? La faune et la flore se touchent de si près dans ce monde sous-marin !J’observai que toutes ces productions du règne végétal ne tenaient au sol que par un empâtement superficiel. Dépourvues de racines, indifférentes au corps solide, sable, coquillage, test ou galet, qui les supporte, elles ne lui demandent qu’un point d’appui, non la vitalité. Ces plantes ne procèdent que d’elles-mêmes, et le principe de leur existence est dans cette eau qui les soutient, qui les nourrit. La plupart, au lieu de feuilles, poussaient des lamelles de formes capricieuses, circonscrites dans une gamme restreinte de couleurs, qui ne comprenait que le rose, le carmin, le vert, l’olivâtre, le fauve et le brun. Je revis là, mais non plus desséchées comme les échantillons du Nautilus, des padines-paons, déployées en éventails qui semblaient solliciter la brise, des céramies écarlates, des laminaires allongeant leurs jeunes pousses comestibles, des néréocystées filiformes et fluxueuses, qui s’épanouissaient à une hauteur de quinze mètres, des bouquets d’acétabules, dont les tiges grandissent par le sommet, et nombre d’autres plantes pélagiennes, toutes dépourvues de fleurs. « Curieuse anomalie, bizarre élément, a dit un spirituel naturaliste, où le règne animal fleurit, et où le règne végétal ne fleurit pas ! » Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre 16 - Promenade en plaine - Jules Verne | 24 Jan 2024 | 00:17:52 | |
Première partie - chapitre 16 : Promenade en plaine Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Cette cellule était, à proprement parler, l’arsenal et le vestiaire du Nautilus. Une douzaine d’appareils de scaphandres, suspendus à la paroi, attendaient les promeneurs.Ned Land, en les voyant, manifesta une répugnance évidente à s’en revêtir.« Mais, mon brave Ned, lui dis-je, les forêts de l’île de Crespo ne sont que des forêts sous-marines !— Bon ! fit le harponneur désappointé, qui voyait s’évanouir ses rêves de viande fraîche. Et vous, monsieur Aronnax, vous allez vous introduire dans ces habits-là ?— Il le faut bien, maître Ned.— Libre à vous, monsieur, répondit le harponneur, haussant les épaules, mais quant à moi, à moins qu’on ne m’y force, je n’entrerai jamais là-dedans.— On ne vous forcera pas, maître Ned, dit le capitaine Nemo.— Et Conseil va se risquer ? demanda Ned.— Je suis monsieur partout où va monsieur, » répondit Conseil.Sur un appel du capitaine, deux hommes de l’équipage vinrent nous aider à revêtir ces lourds vêtements imperméables, faits en caoutchouc sans couture, et préparés de manière à supporter des pressions considérables. On eût dit une armure à la fois souple et résistante. Ces vêtements formaient pantalon et veste. Le pantalon se terminait par d’épaisses chaussures, garnies de lourdes semelles de plomb. Le tissu de la veste était maintenu par des lamelles de cuivre qui cuirassaient la poitrine, la défendaient contre la poussée des eaux, et laissaient les poumons fonctionner librement ; ses manches finissaient en forme de gants assouplis, qui ne contrariaient aucunement les mouvements de la main.Il y avait loin, on le voit, de ces scaphandres perfectionnés aux vêtements informes, tels que les cuirasses de liège, les soubrevestes, les habits de mer, les coffres, etc., qui furent inventés et prônés dans le xviiie siècle.Le capitaine Nemo, un de ses compagnons, — sorte d’Hercule, qui devait être d’une force prodigieuse, — Conseil et moi, nous eûmes bientôt revêtu ces habits de scaphandres. Il ne s’agissait plus que d’emboîter notre tête dans sa sphère métallique. Mais, avant de procéder à cette opération, je demandai au capitaine la permission d’examiner les fusils qui nous étaient destinés. Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre Onze - Le Nautilus - Jules Verne | 29 May 2023 | 00:21:48 | |
Première partie - chapitre 11 : Le Nautilus Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Le capitaine Nemo se leva. Je le suivis. Une double porte, ménagée à l’arrière de la salle, s’ouvrit, et j’entrai dans une chambre de dimension égale à celle que je venais de quitter.https://fr.wikisource.org/wiki/Fichier:Vingtmillelieue00vern_orig_0083_1.jpgC’était une bibliothèque.C’était une bibliothèque. De hauts meubles en palissandre noir, incrustés de cuivres, supportaient sur leurs larges rayons un grand nombre de livres uniformément reliés. Ils suivaient le contour de la salle et se terminaient à leur partie inférieure par de vastes divans, capitonnés de cuir marron, qui offraient les courbes les plus confortables. De légers pupitres mobiles, en s’écartant ou se rapprochant à volonté, permettaient d’y poser le livre en lecture. Au centre se dressait une vaste table, couverte de brochures, entre lesquelles apparaissaient quelques journaux déjà vieux. La lumière électrique inondait tout cet harmonieux ensemble, et tombait de quatre globes dépolis à demi engagés dans les volutes du plafond. Je regardais avec une admiration réelle cette salle si ingénieusement aménagée, et je ne pouvais en croire mes yeux.« Capitaine Nemo, dis-je à mon hôte, qui venait de s’étendre sur un divan, voilà une bibliothèque qui ferait honneur à plus d’un palais des continents, et je suis vraiment émerveillé, quand je songe qu’elle peut vous suivre au plus profond des mers.— Où trouverait-on plus de solitude, plus de silence, monsieur le professeur ? répondit le capitaine Nemo. Votre cabinet du Muséum vous offre-t-il un repos aussi complet ?— Non, monsieur, et je dois ajouter qu’il est bien pauvre auprès du vôtre. Vous possédez là six ou sept mille volumes…— Douze mille, monsieur Aronnax. Ce sont les seuls liens qui me rattachent à la terre. Mais le monde a fini pour moi le jour où mon Nautilus s’est plongé pour la première fois sous les eaux. Ce jour-là, j’ai acheté mes derniers volumes, mes dernières brochures, mes derniers journaux, et depuis lors, je veux croire que l’humanité n’a plus ni pensé, ni écrit. Ces livres, monsieur le professeur, sont d’ailleurs à votre disposition, et vous pourrez en user librement. » Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Sauvée, Guy de Maupassant (Livre audio) | 06 Dec 2019 | 00:12:45 | |
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| Amour, Guy de Maupassant (Livre audio) | 06 Dec 2019 | 00:14:26 | |
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| Le Père, Guy de Maupassant (Livre audio) | 05 Dec 2019 | 00:10:56 | |
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| La vieille Maison, conte d'Andersen (Livre audio) | 04 Dec 2019 | 00:13:48 | |
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| Nos Lettres, Guy de Maupassant (Livre audio) | 04 Dec 2019 | 00:15:09 | |
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| Petit Claus et grand Claus, conte d'Andersen (livre audio) | 03 Dec 2019 | 00:26:52 | |
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| Le Briquet, conte d'Andersen (livre audio) | 03 Dec 2019 | 00:18:55 | |
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| La Rempailleuse, Guy de Maupassant (Livre audio) | 02 Dec 2019 | 00:16:49 | |
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| Le vilain petit Canard, conte d'Andersen (livre audio) | 02 Dec 2019 | 00:28:11 | |
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| Au Bois, Guy de Maupassant (Livre audio) | 01 Dec 2019 | 00:12:29 | |
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| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre Dix - L'homme des eaux - Jules Verne | 26 Mar 2023 | 00:25:53 | |
Première partie - chapitre 10 : L'homme des eaux Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot C’était le commandant du bord qui parlait ainsi. À ces mots, Ned Land se releva subitement. Le stewart, presque étranglé sortit en chancelant sur un signe de son maître ; mais tel était l’empire du commandant à son bord, que pas un geste ne trahit le ressentiment dont cet homme devait être animé contre le Canadien. Conseil, intéressé malgré lui, moi stupéfait, nous attendions en silence le dénouement de cette scène.Le commandant, appuyé sur l’angle de la table, les bras croisés, nous observait avec une profonde attention. Hésitait-il à parler ? Regrettait-il ces mots qu’il venait de prononcer en français ? On pouvait le croire.Après quelques instants d’un silence qu’aucun de nous ne songea à interrompre :« Messieurs, dit-il d’une voix calme et pénétrante, je parle également le français, l’anglais, l’allemand et le latin. J’aurais donc pu vous répondre dès notre première entrevue, mais je voulais vous connaître d’abord, réfléchir ensuite. Votre quadruple récit, absolument semblable au fond, m’a affirmé l’identité de vos personnes. Je sais maintenant que le hasard a mis en ma présence monsieur Pierre Aronnax, professeur d’histoire naturelle au Muséum de Paris, chargé d’une mission scientifique à l’étranger, Conseil son domestique, et Ned Land, d’origine canadienne, harponneur à bord de la frégate l’Abraham-Lincoln, de la marine nationale des États-Unis d’Amérique. »Je m’inclinai d’un air d’assentiment. Ce n’était pas une question que me posait le commandant. Donc, pas de réponse à faire. Cet homme s’exprimait avec une aisance parfaite, sans aucun accent. Sa phrase était nette, ses mots justes, sa facilité d’élocution remarquable. Et cependant, je ne « sentais » pas en lui un compatriote.Il reprit la conversation en ces termes :« Vous avez trouvé sans doute, monsieur, que j’ai longtemps tardé à vous rendre cette seconde visite. C’est que, votre identité reconnue, je voulais peser mûrement le parti à prendre envers vous. J’ai beaucoup hésité. Les plus fâcheuses circonstances vous ont mis en présence d’un homme qui a rompu avec l’humanité. Vous êtes venu troubler mon existence…— Involontairement, dis-je.— Involontairement ? répondit l’inconnu, en forçant un peu sa voix. Est-ce involontairement que l’Abraham-Lincoln me chasse sur toutes les mers ? Est-ce involontairement que vous avez pris passage à bord de cette frégate ? Est-ce involontairement que vos boulets ont rebondi sur la coque de mon navire ? Est-ce involontairement que maître Ned Land m’a frappé de son harpon ? »Je surpris dans ces paroles une irritation contenue. Mais, à ces récriminations j’avais une réponse toute naturelle à faire, et je la fis.« Monsieur, dis-je, vous ignorez sans doute les discussions qui ont eu lieu à votre sujet en Amérique et en Europe. Vous ne savez pas que divers accidents, provoqués par le choc de votre appareil sous-marin, ont ému l’opinion publique dans les deux continents. Je vous fais grâce des hypothèses sans nombre par lesquelles on cherchait à expliquer l’inexplicable phénomène dont seul vous aviez le secret. Mais sachez qu’en vous poursuivant jusque sur les hautes mers du Pacifique, l’Abraham-Lincoln croyait chasser quelque puissant monstre marin dont il fallait à tout prix délivrer l’Océan. »Un demi-sourire détendit les lèvres du commandant, puis, d’un ton plus calme :« Monsieur Aronnax, répondit-il, oseriez-vous affirmer que votre frégate n’aurait pas poursuivi et canonné un bateau sous-marin aussi bien qu’un monstre ? »Cette question m’embarrassa, car certainement le commandant Farragut n’eût pas hésité. Il eût cru de son devoir de détruire un appareil de ce genre tout comme un narwal gigantesque.« Vous comprenez donc, monsieur, reprit l’inconnu, que j’ai le droit de vous traiter en ennemis. »Je ne répondis rien, et pour cause. À quoi bon discuter une proposition semblable, quand la force peut détruire les meilleurs arguments.« J’ai longtemps hésité, reprit le commandant. Rien ne m’obligeait à vous donner l’hospitalité. Si je devais me séparer de vous, je n’avais aucun intérêt à vous revoir. Je vous remettais sur la plate-forme de ce navire qui vous avait servi de refuge. Je m’enfonçais sous les mers, et j’oubliais que vous aviez jamais existé. N’était-ce pas mon droit ?— C’était peut-être le droit d’un sauvage, répondis-je, ce n’était pas celui d’un homme civilisé.— Monsieur le professeur, répliqua vivement le commandant, je ne suis pas ce que vous appelez un homme civilisé ! J’ai rompu avec la société toute entière pour des raisons que moi seul j’ai le droit d’apprécier. Je n’obéis donc point à ses règles, et je vous engage à ne jamais les invoquer devant moi ! »Ceci fut dit nettement. Un éclair de colère et de dédain avait allumé les yeux de l’inconnu, et dans la vie de cet homme, j’entrevis un passé formidable. Non-seulement il s’était mis en-dehors des lois humaines, mais il s’était fait indépendant, libre dans la plus rigoureuse acception du mot, hors de toute atteinte ! Qui donc oserait le poursuivre au fond des mers, puisque, à leur surface, il déjouait les efforts tentés contre lui ? Quel navire résisterait au choc de son monitor sous-marin ? Quelle cuirasse, si épaisse qu’elle fût, supporterait les coups de son éperon ? Nul, entre les hommes, ne pouvait lui demander compte de ses œuvres. Dieu, s’il y croyait, sa conscience, s’il en avait une, étaient les seuls juges dont il put dépendre. Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Le Diable, Guy de Maupassant (Livre audio) | 30 Nov 2019 | 00:17:29 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Comment on cause, Guy de Maupassant (livre audio) | 30 Nov 2019 | 00:12:08 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr Narrateur : Alain couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Une Visite nocturne, Théophile Gautier (Livre audio) | 29 Nov 2019 | 00:12:07 | |
Narration audio de la nouvelle de Théophile Gautier intitulée Une Visite nocturne proposée par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Moiron, Guy de Maupassant (Livre audio) | 28 Nov 2019 | 00:17:06 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant, proposée par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Les Musiciens de la Ville de Brême, Conte de Grimm (Livre audio) | 27 Nov 2019 | 00:09:39 | |
Narration audio du conte de Grimm intitulé Les Musiciens de la Ville de Brême proposée par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot. Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La Princesse sur un Pois, conte d'Andersen (livre audio) | 16 Jan 2019 | 00:04:00 | |
Conte d'Andersen proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La petite Fille aux Allumettes, conte d'Andersen (livre audio) | 16 Jan 2019 | 00:07:16 | |
Conte d'Andersen proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La Caisse oblongue, Edgar Poe (livre audio) | 16 Dec 2018 | 00:30:52 | |
Nouvelle d'Edgar Poe proposée par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Le Curé de Cucugnan, Alphonse Daudet (livre audio) | 16 Dec 2018 | 00:13:54 | |
Conte d'Alphonse Daudet, tiré des Lettres de mon Moulin, proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La grande Bretèche, Honoré de Balzac (livre audio) | 16 Dec 2018 | 00:51:40 | |
Nouvelle d'Honoré de Balzac proposée par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre Neuf - Les colères de Ned Land - Jules Verne | 08 Mar 2023 | 00:17:54 | |
Première partie - chapitre 9 : Les colères de Ned land Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Quelle fut la durée de ce sommeil, je l’ignore ; mais il dut être long, car il nous reposa complètement de nos fatigues. Je me réveillai le premier. Mes compagnons n’avaient pas encore bougé, et demeuraient étendus dans leur coin comme des masses inertes.À peine relevé de cette couche passablement dure, je sentis mon cerveau dégagé, mon esprit net. Je recommençai alors un examen attentif de notre cellule.Rien n’était changé à ses dispositions intérieures. La prison était restée prison, et les prisonniers, prisonniers. Cependant le stewart, profitant de notre sommeil, avait desservi la table. Rien n’indiquait donc une modification prochaine dans cette situation, et je me demandai sérieusement si nous étions destinés à vivre indéfiniment dans cette cage.Cette perspective me sembla d’autant plus pénible que, si mon cerveau était libre de ses obsessions de la veille, je me sentais la poitrine singulièrement oppressée. Ma respiration se faisait difficilement. L’air lourd ne suffisait plus au jeu de mes poumons. Bien que la cellule fût vaste, il était évident que nous avions consommé en grande partie l’oxygène qu’elle contenait. En effet, chaque homme dépense en une heure, l’oxygène renfermé dans cent litres d’air et cet air, chargé alors d’une quantité presque égale d’acide carbonique, devient irrespirable.Il était donc urgent de renouveler l’atmosphère de notre prison, et, sans doute aussi, l’atmosphère du bateau sous-marin.Là se posait une question à mon esprit. Comment procédait le commandant de cette demeure flottante ? Obtenait-il de l’air par des moyens chimiques, en dégageant par la chaleur l’oxygène contenu dans du chlorate de potasse, et en absorbant l’acide carbonique par la potasse caustique ? Dans ce cas, il devait avoir conservé quelques relations avec les continents, afin de se procurer les matières nécessaires à cette opération. Se bornait-il seulement à emmagasiner l’air sous de hautes pressions dans des réservoirs, puis à le répandre suivant les besoins de son équipage ? Peut-être. Ou, procédé plus commode, plus économique, et par conséquent plus probable, se contentait-il de revenir respirer à la surface des eaux, comme un cétacé, et de renouveler pour vingt-quatre heures sa provision d’atmosphère ? Quoi qu’il en soit, et quelle que fût la méthode, il me paraissait prudent de l’employer sans retard.En effet, j’étais déjà réduit à multiplier mes inspirations pour extraire de cette cellule le peu d’oxygène qu’elle renfermait, quand, soudain, je fus rafraîchi par un courant d’air pur et tout parfumé d’émanations salines. C’était bien la brise de mer, vivifiante et chargée d’iode ! J’ouvris largement la bouche, et mes poumons se saturèrent de fraîches molécules. En même temps, je sentis un balancement, un roulis de médiocre amplitude, mais parfaitement déterminable. Le bateau, le monstre de tôle venait évidemment de remonter à la surface de l’Océan pour y respirer à la façon des baleines. Le mode de ventilation du navire était donc parfaitement reconnu.Lorsque j’eus absorbé cet air pur à pleine poitrine, je cherchai le conduit, « l’aérifère », si l’on veut, qui laissait arriver jusqu’à nous cette bienfaisante effluve, et je ne tardai pas à le trouver. Au-dessus de la porte s’ouvrait un trou d’aérage laissant passer une fraîche colonne d’air, qui renouvelait ainsi l’atmosphère appauvrie de la cellule.J’en étais là de mes observations, quand Ned et Conseil s’éveillèrent presque en même temps, sous l’influence de cette aération revivifiante. Ils se frottèrent les yeux, se détirèrent les bras et furent sur pied en un instant.« Monsieur a bien dormi ? me demanda Conseil avec sa politesse quotidienne. Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Le valeureux petit Tailleur, conte de Grimm (livre audio) | 12 Dec 2018 | 00:22:06 | |
Conte de Grimm proposée par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La Cafetière, Théophile Gautier (livre audio) | 06 Dec 2018 | 00:18:35 | |
Conte fantastique de Théophile Gautier proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre Huit - MOBILIS IN MOBILE - Jules Verne | 20 Feb 2023 | 00:20:25 | |
Première partie - chapitre 8 : Mobilis in Mobile Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Cet enlèvement, si brutalement exécuté, s’était accompli avec la rapidité de l’éclair. Mes compagnons et moi, nous n’avions pas eu le temps de nous reconnaître. Je ne sais ce qu’ils éprouvèrent en se sentant introduits dans cette prison flottante ; mais, pour mon compte, un rapide frisson me glaça l’épiderme. À qui avions-nous affaire ? Sans doute à quelques pirates d’une nouvelle espèce qui exploitaient la mer à leur façon.À peine l’étroit panneau fut-il refermé sur moi, qu’une obscurité profonde m’enveloppa. Mes yeux, imprégnés de la lumière extérieure, ne purent rien percevoir. Je sentis mes pieds nus se cramponner aux échelons d’une échelle de fer. Ned Land et Conseil, vigoureusement saisis, me suivaient. Au bas de l’échelle, une porte s’ouvrit et se referma immédiatement sur nous avec un retentissement sonore.Nous étions seuls. Où ? Je ne pouvais le dire, à peine l’imaginer. Tout était noir, mais d’un noir si absolu, qu’après quelques minutes, mes yeux n’avaient encore pu saisir une de ces lueurs indéterminées qui flottent dans les plus profondes nuits.Cependant, Ned Land, furieux de ces façons de procéder, donnait un libre cours à son indignation.« Mille diables ! s’écriait-il, voilà des gens qui en remontreraient aux Calédoniens pour l’hospitalité ! Il ne leur manque plus que d’être anthropophages ! Je n’en serais pas surpris, mais je déclare que l’on ne me mangera pas sans que je proteste !— Calmez-vous, ami Ned, calmez-vous, répondit tranquillement Conseil. Ne vous emportez pas avant l’heure. Nous ne sommes pas encore dans la rôtissoire ! Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre Sept - Une baleine d'espèce inconnue - Jules Verne | 28 Jan 2023 | 00:19:54 | |
Première partie - chapitre 7 : Une baleine d'espèce inconnue Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot "Bien que j’eusse été surpris par cette chute inattendue, je n’en conservai pas moins une impression très-nette de mes sensations.Je fus d’abord entraîné à une profondeur de vingt pieds environ. Je suis bon nageur, sans prétendre égaler Byron et Edgar Poe, qui sont des maîtres, et ce plongeon ne me fit point perdre la tête. Deux vigoureux coups de talons me ramenèrent à la surface de la mer.Mon premier soin fut de chercher des yeux la frégate. L’équipage s’était-il aperçu de ma disparition ? L’Abraham-Lincoln avait-il viré de bord ? Le commandant Farragut mettait-il une embarcation à la mer ? Devais-je espérer d’être sauvé ?Les ténèbres étaient profondes. J’entrevis une masse noire qui disparaissait vers l’est, et dont les feux de position s’éteignirent dans l’éloignement. C’était la frégate. Je me sentis perdu.« À moi ! à moi ! » criai-je, en nageant vers l’Abraham-Lincoln d’un bras désespéré.Mes vêtements m’embarrassaient. L’eau les collait à mon corps, ils paralysaient mes mouvements. Je coulais ! je suffoquais !…« À moi ! »Ce fut le dernier cri que je jetai. Ma bouche s’emplit d’eau. Je me débattis, entraîné dans l’abîme…Soudain, mes habits furent saisis par une main vigoureuse, je me sentis violemment ramené à la surface de la mer, et j’entendis, oui, j’entendis ces paroles prononcées à mon oreille :« Si monsieur veut avoir l’extrême obligeance de s’appuyer sur mon épaule, monsieur nagera beaucoup plus à son aise. »Je saisis d’une main le bras de mon fidèle Conseil.« Toi ! dis-je, toi !— Moi-même, répondit Conseil, et aux ordres de monsieur.— Et ce choc t’a précipité en même temps que moi à la mer ?— Nullement. Mais étant au service de monsieur, j’ai suivi monsieur ! »Le digne garçon trouvait cela tout naturel !« Et la frégate ? demandai-je.— La frégate ! répondit Conseil en se retournant sur le dos, je crois que monsieur fera bien de ne pas trop compter sur elle !— Tu dis ?— Je dis qu’au moment où je me précipitai à la mer, j’entendis les hommes de barre s’écrier : « L’hélice et le gouvernail sont brisés… »— Brisés ?— Oui ! brisés par la dent du monstre. C’est la seule avarie, je pense, que l’Abraham-Lincoln ait éprouvée. Mais, circonstance fâcheuse pour nous, il ne gouverne plus.— Alors, nous sommes perdus !" Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre Six - A toute vapeur ! Jules Verne | 13 Jan 2023 | 00:21:33 | |
Première partie - chapitre 6 : A toute vapeur ! Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot "À ce cri, l’équipage entier se précipita vers le harponneur, commandant, officiers, maîtres, matelots, mousses, jusqu’aux ingénieurs qui quittèrent leur machine, jusqu’aux chauffeurs qui abandonnèrent leurs fourneaux. L’ordre de stopper avait été donné, et la frégate ne courait plus que sur son erre. L’obscurité était profonde alors, et quelques bons que fussent les yeux du Canadien, je me demandais comment il avait vu et ce qu’il avait pu voir. Mon cœur battait à se rompre. Mais Ned Land ne s’était pas trompé, et tous, nous aperçûmes l’objet qu’il indiquait de la main. À deux encablures de l’Abraham-Lincoln et de sa hanche de tribord, la mer semblait être illuminée par dessus. Ce n’était point un simple phénomène de phosphorescence, et l’on ne pouvait s’y tromper. Le monstre, immergé à quelques toises de la surface des eaux, projetait cet éclat très-intense, mais inexplicable, que mentionnaient les rapports de plusieurs capitaines. Cette magnifique irradiation devait être produite par un agent d’une grande puissance éclairante. La partie lumineuse décrivait sur la mer un immense ovale très-allongé, au centre duquel se condensait un foyer ardent dont l’insoutenable éclat s’éteignait par dégradations successives. « Ce n’est qu’une agglomération de molécules phosphorescentes, s’écria l’un des officiers. — Non, monsieur, répliquai-je avec conviction. Jamais les pholades ou les salpes ne produisent une si puissante lumière. Cet éclat est de nature essentiellement électrique… D’ailleurs, voyez, voyez ! il se déplace ! il se meut en avant, en arrière ! il s’élance sur nous ! » Un cri général s’éleva de la frégate. « Silence ! dit le commandant Farragut. La barre au vent, toute ! Machine en arrière ! » Les matelots se précipitèrent à la barre, les ingénieurs à leur machine. La vapeur fut immédiatement renversée et l’Abraham-Lincoln, abattant sur bâbord, décrivit un demi-cercle. « La barre droite ! Machine en avant ! » cria le commandant Farragut. Ces ordres furent exécutés, et la frégate s’éloigna rapidement du foyer lumineux. Je me trompe. Elle voulut s’éloigner, mais le surnaturel animal se rapprocha avec une vitesse double de la sienne. Nous étions haletants. La stupéfaction, bien plus que la crainte nous tenait muets et immobiles. L’animal nous gagnait en se jouant. Il fit le tour de la frégate qui filait alors quatorze nœuds, et l’enveloppa de ses nappes électriques comme d’une poussière lumineuse. Puis il s’éloigna de deux ou trois milles, laissant une traînée phosphorescente comparable aux tourbillons de vapeur que jette en arrière la locomotive d’un express. Tout d’un coup, des obscures limites de l’horizon, où il alla prendre son élan, le monstre fonça subitement vers l’Abraham-Lincoln avec une effrayante rapidité, s’arrêta brusquement à vingt pieds de ses précintes, s’éteignit, — non pas en s’abîmant sous les eaux, puisque son éclat ne subit aucune dégradation, — mais soudainement et comme si la source de ce brillant effluve se fût subitement tarie ! Puis, il reparut de l’autre côté du navire, soit qu’il l’eût tourné, soit qu’il eût glissé sous sa coque. À chaque instant une collision pouvait se produire, qui nous eût été fatale." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre Cinq - A l'aventure ! Jules Verne | 02 Jan 2023 | 00:16:38 | |
Première partie - chapitre 5 : A l'aventure ! Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot "Le voyage de l’Abraham-Lincoln, pendant quelque temps, ne fut marqué par aucun incident. Cependant une circonstance se présenta, qui mit en relief la merveilleuse habileté de Ned Land, et montra quelle confiance on devait avoir en lui.Au large des Malouines, le 30 juin, la frégate communiqua avec des baleiniers américains, et nous apprîmes qu’ils n’avaient eu aucune connaissance du narwal. Mais l’un d’eux, le capitaine du Monroe, sachant que Ned Land était embarqué à bord de l’Abraham-Lincoln, demanda son aide pour chasser une baleine qui était en vue. Le commandant Farragut, désireux de voir Ned Land à l’œuvre, l’autorisa à se rendre à bord du Monroe. Et le hasard servit si bien notre Canadien, qu’au lieu d’une baleine, il en harponna deux d’un coup double, frappant l’une droit au cœur, et s’emparant de l’autre après une poursuite de quelques minutes !Décidément, si le monstre a jamais affaire au harpon de Ned Land, je ne parierai pas pour le monstre.La frégate prolongea la côte sud-est de l’Amérique avec une rapidité prodigieuse. Le 3 juillet, nous étions à l’ouvert du détroit de Magellan, à la hauteur du cap des Vierges. Mais le commandant Farragut ne voulut pas prendre ce sinueux passage, et manœuvra de manière à doubler le cap Horn.L’équipage lui donna raison à l’unanimité. Et en effet, était-il probable que l’on pût rencontrer le narwal dans ce détroit resserré ? Bon nombre de matelots affirmaient que le monstre n’y pouvait passer, « qu’il était trop gros pour cela ! »Le 6 juillet, vers trois heures du soir, I’Abraham Lincoln, à quinze milles dans le sud, doubla cet îlot solitaire, ce roc perdu à l’extrémité du continent américain, auquel des marins hollandais imposèrent le nom de leur villa natale, le cap Horn. La route fut donnée vers le nord-ouest, et le lendemain, l’hélice de la frégate battit enfin les eaux du Pacifique.« Ouvre l’œil ! ouvre l’œil ! » répétaient les matelots de l’Abraham Lincoln.Et ils l’ouvraient démesurément. Les yeux et les lunettes, un peu éblouis, il est vrai, par la perspective de deux mille dollars, ne restèrent pas un instant au repos. Jour et nuit, on observait la surface de l’Océan, et les nyctalopes, dont la faculté de voir dans l’obscurité accroissait les chances de cinquante pour cent, avaient beau jeu pour gagner la prime." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre Quatre - Jules Verne | 09 Dec 2022 | 00:17:34 | |
Première partie - chapitre 4 : Ned Land Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot "Le commandant Farragut était un bon marin, digne de la frégate qu’il commandait. Son navire et lui ne faisaient qu’un. Il en était l’âme. Sur la question du cétacé, aucun doute ne s’élevait dans son esprit, et il ne permettait pas que l’existence de l’animal fût discutée à son bord. Il y croyait comme certaines bonnes femmes croient au Léviathan, — par foi, non par raison. Le monstre existait, il en délivrerait les mers, il l’avait juré. C’était une sorte de chevalier de Rhodes, un Dieudonné de Gozon, marchant à la rencontre du serpent qui désolait son île. Ou le commandant Farragut tuerait le narwal, ou le narwal tuerait le commandant Farragut. Pas de milieu. Les officiers du bord partageaient l’opinion de leur chef. Il fallait les entendre causer, discuter, disputer, calculer les diverses chances d’une rencontre, et observer la vaste étendue de l’Océan. Plus d’un s’imposait un quart volontaire dans les barres de perroquet, qui eût maudit une telle corvée en toute autre circonstance. Tant que le soleil décrivait son arc diurne, la mâture était peuplée de matelots auxquels les planches du pont brûlaient les pieds, et qui n’y pouvaient tenir en place ! Et cependant, l’Abraham-Lincoln ne tranchait pas encore de son étrave les eaux suspectes du Pacifique. Quant à l’équipage, il ne demandait qu’à rencontrer la licorne, à la harponner, à la hisser à bord, à la dépecer. Il surveillait la mer avec une scrupuleuse attention. D’ailleurs, le commandant Farragut parlait d’une certaine somme de deux mille dollars, réservée à quiconque, mousse ou matelot, maître ou officier, signalerait l’animal. Je laisse à penser si les yeux s’exerçaient à bord de l’Abraham-Lincoln. Pour mon compte, je n’étais pas en reste avec les autres, et je ne laissais à personne ma part d’observations quotidiennes. La frégate aurait eu cent fois raison de s’appeler l’Argus. Seul entre tous, Conseil protestait par son indifférence touchant la question qui nous passionnait, et détonait sur l’enthousiasme général du bord. J’ai dit que le commandant Farragut avait soigneusement pourvu son navire d’appareils propres à pêcher le gigantesque cétacé. Un baleinier n’eût pas été mieux armé. Nous possédions tous les engins connus, depuis le harpon qui se lance à la main, jusqu’aux flèches barbelées des espingoles et aux balles explosibles des canardières. Sur le gaillard d’avant s’allongeait un canon perfectionné, se chargeant par la culasse, très-épais de parois, très-étroit d’âme, et dont le modèle doit figurer à l’Exposition universelle de 1867. Ce précieux instrument, d’origine américaine, envoyait sans se gêner, un projectile conique de quatre kilogrammes à une distance moyenne de seize kilomètres. Donc, l’Abraham-Lincoln ne manquait d’aucun moyen de destruction. Mais il avait mieux encore. Il avait Ned Land, le roi des harponneurs. Ned Land était un Canadien, d’une habileté de main peu commune, et qui ne connaissait pas d’égal dans son périlleux métier. Adresse et sang-froid, audace et ruse, il possédait ces qualités à un degré supérieur, et il fallait être une baleine bien maligne, ou un cachalot singulièrement astucieux pour échapper à son coup de harpon. Ned Land avait environ quarante ans. C’était un homme de grande taille — plus de six pieds anglais — vigoureusement bâti, l’air grave, peu communicatif, violent parfois, et très-rageur quand on le contrariait. Sa personne provoquait l’attention, et surtout la puissance de son regard qui accentuait singulièrement sa physionomie." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre Trois - Jules Verne | 02 Dec 2022 | 00:12:39 | |
Première partie - chapitre trois : Comme il plaira à Monsieur Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot "Trois secondes avant l’arrivée de la lettre de J.-B. Hobson, je ne songeais pas plus à poursuivre la Licorne qu’à tenter le passage du Nord-Ouest. Trois secondes après avoir lu la lettre de l’honorable secrétaire de la marine, je comprenais enfin que ma véritable vocation, l’unique but de ma vie, était de chasser ce monstre inquiétant et d’en purger le monde. Cependant, je revenais d’un pénible voyage, fatigué, avide de repos. Je n’aspirais plus qu’à revoir mon pays, mes amis, mon petit logement du Jardin des Plantes, mes chères et précieuses collections ! Mais rien ne put me retenir. J’oubliai tout, fatigues, amis, collections, et j’acceptai sans plus de réflexions l’offre du gouvernement américain. « D’ailleurs, pensai-je, tout chemin ramène en Europe, et la Licorne sera assez aimable pour m’entraîner vers les côtes de France ! Ce digne animal se laissera prendre dans les mers d’Europe, — pour mon agrément personnel, — et je ne veux pas rapporter moins d’un demi mètre de sa hallebarde d’ivoire au Muséum d’histoire naturelle. » Mais, en attendant, il me fallait chercher ce narwal dans le nord de l’océan Pacifique ; ce qui, pour revenir en France, était prendre le chemin des antipodes. « Conseil ! » criai-je d’une voix impatiente. Conseil était mon domestique. Un garçon dévoué qui m’accompagnait dans tous mes voyages ; un brave Flamand que j’aimais et qui me le rendait bien, un être phlegmatique par nature, régulier par principe, zélé par habitude, s’étonnant peu des surprises de la vie, très-adroit de ses mains, apte à tout service, et, en dépit de son nom, ne donnant jamais de conseils, — même quand on ne lui en demandait pas. À se frotter aux savants de notre petit monde du Jardin des Plantes, Conseil en était venu à savoir quelque chose. J’avais en lui un spécialiste, très-ferré sur la classification en histoire naturelle, parcourant avec une agilité d’acrobate toute l’échelle des embranchements, des groupes, des classes, des sous-classes, des ordres, des familles, des genres, des sous-genres, des espèces et des variétés. Mais sa science s’arrêtait là. Classer, c’était sa vie, et il n’en savait pas davantage. Très versé dans la théorie de la classification, peu dans la pratique, il n’eût pas distingué, je crois, un cachalot d’une baleine ! Et cependant, quel brave et digne garçon ! Conseil, jusqu’ici et depuis dix ans, m’avait suivi partout où m’entraînait la science. Jamais une réflexion de lui sur la longueur ou la fatigue d’un voyage. Nulle objection à boucler sa valise pour un pays quelconque, Chine ou Congo, si éloigné qu’il fût. Il allait là comme ici, sans en demander davantage. D’ailleurs d’une belle santé qui défiait toutes les maladies ; des muscles solides, mais pas de nerfs, pas l’apparence de nerfs, — au moral, s’entend. Ce garçon avait trente ans, et son âge était à celui de son maître comme quinze est à vingt. Qu’on m’excuse de dire ainsi que j’avais quarante ans. Seulement, Conseil avait un défaut. Formaliste enragé, il ne me parlait jamais qu’à la troisième personne — au point d’en être agaçant. « Conseil ! » répétai-je, tout en commençant d’une main fébrile mes préparatifs de départ." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La Mère Sauvage, Guy de Maupassant (Livre audio) | 01 Dec 2022 | 00:19:07 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Je n’étais point revenu à Virelogne depuis quinze ans. J’y retournai chasser, à l’automne, chez mon ami Serval, qui avait enfin fait reconstruire son château, détruit par les Prussiens. J’aimais ce pays infiniment. Il est des coins du monde délicieux qui ont pour les yeux un charme sensuel. On les aime d’un amour physique. Nous gardons, nous autres que séduit la terre, des souvenirs tendres pour certaines sources, certains bois, certains étangs, certaines collines, vus souvent et qui nous ont attendris à la façon des événements heureux. Quelquefois même la pensée retourne vers un coin de forêt, ou un bout de berge, ou un verger poudré de fleurs, aperçus une seule fois, par un jour gai, et restés en notre cœur comme ces images de femmes rencontrées dans la rue, un matin de printemps, avec une toilette claire et transparente, et qui nous laissent dans l’âme et dans la chair un désir inapaisé, inoubliable, la sensation du bonheur coudoyé. À Virelogne, j’aimais toute la campagne, semée de petits bois et traversée par des ruisseaux qui couraient dans le sol comme des veines, portant le sang à la terre. On pêchait là-dedans des écrevisses, des truites et des anguilles ! Bonheur divin ! On pouvait se baigner par places, et on trouvait souvent des bécassines dans les hautes herbes qui poussaient sur les bords de ces minces cours d’eau. J’allais, léger comme une chèvre, regardant mes deux chiens fourrager devant moi. Serval, à cent mètres sur ma droite, battait un champ de luzerne. Je tournai les buissons qui forment la limite du bois des Saudres, et j’aperçus une chaumière en ruines. Tout à coup, je me la rappelai telle que je l’avais vue pour la dernière fois, en 1869, propre, vêtue de vignes, avec des poules devant la porte. Quoi de plus triste qu’une maison morte, avec son squelette debout, délabré, sinistre ? Je me rappelai aussi qu’une bonne femme m’avait fait boire un verre de vin là-dedans, un jour de grande fatigue, et que Serval m’avait dit alors l’histoire des habitants. Le père, vieux braconnier, avait été tué par les gendarmes. Le fils, que j’avais vu autrefois, était un grand garçon sec qui passait également pour un féroce destructeur de gibier. On les appelait les Sauvage. Était-ce un nom ou un sobriquet ?" Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre 15 - Une invitation par lettre - Jules Verne | 17 Jan 2024 | 00:21:27 | |
Première partie - chapitre 15 : Une invitation par lettre Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot Le lendemain, 9 novembre, je ne me réveillai qu’après un long sommeil de douze heures. Conseil vint, suivant son habitude, savoir « comment monsieur avait passé la nuit, » et lui offrir ses services. Il avait laissé son ami le Canadien dormant comme un homme qui n’aurait fait que cela toute sa vie.Je laissai le brave garçon babiller à sa fantaisie, sans trop lui répondre. J’étais préoccupé de l’absence du capitaine Nemo pendant notre séance de la veille, et j’espérais le revoir aujourd’hui.Bientôt j’eus revêtu mes vêtements de byssus. Leur nature provoqua plus d’une fois les réflexions de Conseil. Je lui appris qu’ils étaient fabriqués avec les filaments lustrés et soyeux qui rattachent aux rochers les « jambonneaux, » sortes de coquilles très abondantes sur les rivages de la Méditerranée. Autrefois, on en faisait de belles étoffes, des bas, des gants, car ils étaient à la fois très moelleux et très chauds. L’équipage du Nautilus pouvait donc se vêtir à bon compte, sans rien demander ni aux cotonniers, ni aux moutons, ni aux vers à soie de la terre.Lorsque je fus habillé, je me rendis au grand salon. Il était désert.Je me plongeai dans l’étude de ces trésors de conchyliologie, entassés sous les vitrines. Je fouillai aussi de vastes herbiers, emplis des plantes marines les plus rares, et qui, quoique desséchées, conservaient leurs admirables couleurs. Parmi ces précieuses hydrophytes, je remarquai des cladostèphes verticillées, des padines-paon, des caulerpes à feuilles de vigne, des callithamnes granifères, de délicates céramies à teintes écarlates, des agares disposées en éventails, des acétabules, semblables à des chapeaux de champignons très-déprimés, et qui furent longtemps classées parmi les zoophytes, enfin toute une série de varechs.La journée entière se passa, sans que je fusse honoré de la visite du capitaine Nemo. Les panneaux du salon ne s’ouvrirent pas. Peut-être ne voulait-on pas nous blaser sur ces belles choses.La direction du Nautilus se maintint à l’est-nord-est, sa vitesse à douze milles, sa profondeur entre cinquante et soixante mètres.Le lendemain, 10 novembre, même abandon, même solitude. Je ne vis personne de l’équipage. Ned et Conseil passèrent la plus grande partie de la journée avec moi. Ils s’étonnèrent de l’inexplicable absence du capitaine. Cet homme singulier était-il malade ? Voulait-il modifier ses projets à notre égard ? Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre Deux - Jules Verne | 25 Nov 2022 | 00:15:02 | |
Première partie - chapitre deux : Le pour et le contre Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot "CHAPITRE II LE POUR ET LE CONTRE. À l’époque où ces événements se produisirent, je revenais d’une exploration scientifique entreprise dans les mauvaises terres du Nébraska, aux États-Unis. En ma qualité de professeur-suppléant au Muséum d’histoire naturelle de Paris, le gouvernement français m’avait joint à cette expédition. Après six mois passés dans le Nébraska, chargé de précieuses collections, j’arrivai à New York vers la fin de mars. Mon départ pour la France était fixé aux premiers jours de mai. Je m’occupais donc, en attendant, de classer mes richesses minéralogiques, botaniques et zoologiques, quand arriva l’incident du Scotia. J’étais parfaitement au courant de la question à l’ordre du jour, et comment ne l’aurais-je pas été ? J’avais lu et relu tous les journaux américains et européens sans être plus avancé. Ce mystère m’intriguait. Dans l’impossibilité de me former une opinion, je flottais d’un extrême à l’autre. Qu’il y eut quelque chose, cela ne pouvait être douteux, et les incrédules étaient invités à mettre le doigt sur la plaie du Scotia. À mon arrivée à New York, la question brûlait. L’hypothèse de l’îlot flottant, de l’écueil insaisissable, soutenue par quelques esprits peu compétents, était absolument abandonnée. Et, en effet, à moins que cet écueil n’eût une machine dans le ventre, comment pouvait-il se déplacer avec une rapidité si prodigieuse ? De même fut repoussée l’existence d’une coque flottante, d’une énorme épave, et toujours à cause de la rapidité du déplacement. Restaient donc deux solutions possibles de la question, qui créaient deux clans très-distincts de partisans : d’un côté, ceux qui tenaient pour un monstre d’une force colossale ; de l’autre, ceux qui tenaient pour un bateau « sous-marin » d’une extrême puissance motrice. Or, cette dernière hypothèse, admissible après tout, ne put résister aux enquêtes qui furent poursuivies dans les deux mondes. Qu’un simple particulier eût à sa disposition un tel engin mécanique, c’était peu probable. Où et quand l’eut-il fait construire, et comment aurait-il tenu cette construction secrète ? Seul, un gouvernement pouvait posséder une pareille machine destructive et, en ces temps désastreux où l’homme s’ingénie à multiplier la puissance des armes de guerre, il était possible qu’un État essayât à l’insu des autres ce formidable engin. Après les chassepots, les torpilles, après les torpilles, les béliers sous-marins, puis, — la réaction. Du moins, je l’espère. Mais l’hypothèse d’une machine de guerre tomba encore devant la déclaration des gouvernements. Comme il s’agissait là d’un intérêt public, puisque les communications transocéaniennes en souffraient, la franchise des gouvernements ne pouvait être mise en doute. D’ailleurs, comment admettre que la construction de ce bateau sous-marin eût échappé aux yeux du public ? Garder le secret dans ces circonstances est très-difficile pour un particulier, et certainement impossible pour un État dont tous les actes sont obstinément surveillés par les puissances rivales. Donc, après enquêtes faites en Angleterre, en France, en Russie, en Prusse, en Espagne, en Italie, en Amérique, voire même en Turquie, l’hypothèse d’un Monitor sous-marin fut définitivement rejetée. Le monstre revint donc à flots, en dépit des incessantes plaisanteries dont le lardait la petite presse, et dans cette voie, les imaginations se laissèrent bientôt aller aux plus absurdes rêveries d’une ichthyologie fantastique." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre premier - Jules Verne | 22 Nov 2022 | 00:18:11 | |
Première partie - chapitre premier : Un écueil fuyant Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot "L’année 1866 fut marquée par un événement bizarre, un phénomène inexpliqué et inexplicable que personne n’a sans doute oublié. Sans parler des rumeurs qui agitaient les populations des ports et surexcitaient l’esprit public à l’intérieur des continents, les gens de mer furent particulièrement émus. Les négociants, armateurs, capitaines de navires, skippers et masters de l’Europe et de l’Amérique, officiers des marines militaires de tous pays, et, après eux, les gouvernements des divers États des deux continents, se préoccupèrent de ce fait au plus haut point. En effet, depuis quelque temps, plusieurs navires s’étaient rencontrés sur mer avec « une chose énorme, » un objet long, fusiforme, parfois phosphorescent, infiniment plus vaste et plus rapide qu’une baleine. Les faits relatifs à cette apparition, consignés aux divers livres de bord, s’accordaient assez exactement sur la structure de l’objet ou de l’être en question, la vitesse inouïe de ses mouvements, la puissance surprenante de sa locomotion, la vie particulière dont il semblait doué. Si c’était un cétacé, il surpassait en volume tous ceux que la science avait classés jusqu’alors. Ni Cuvier, ni Lacépède, ni M. Dumeril, ni M. de Quatrefages n’eussent admis l’existence d’un tel monstre — à moins de l’avoir vu, ce qui s’appelle vu de leurs propres yeux de savants. À prendre la moyenne des observations faites à diverses reprises, — en rejetant les évaluations timides qui assignaient à cet objet une longueur de deux cents pieds, et en repoussant les opinions exagérées qui le disaient large d’un mille et long de trois, — on pouvait affirmer, cependant, que cet être phénoménal dépassait de beaucoup toutes les dimensions admises jusqu’à ce jour par les ichthyologistes, — s’il existait toutefois. Or, il existait, le fait en lui-même n’était plus niable, et, avec ce penchant qui pousse au merveilleux la cervelle humaine, on comprendra l’émotion produite dans le monde entier par cette surnaturelle apparition. Quant à la rejeter au rang des fables, il fallait y renoncer. En effet, le 20 juillet 1866, le steamer Governor-Higginson, de Calcutta and Burnach steam navigation Company, avait rencontré cette masse mouvante à cinq milles dans l’est des côtes de l’Australie. Le capitaine Baker se crut, tout d’abord, en présence d’un écueil inconnu ; il se disposait même à en déterminer la situation exacte, quand deux colonnes d’eau, projetées par l’inexplicable objet, s’élancèrent en sifflant à cent cinquante pieds dans l’air. Donc, à moins que cet écueil ne fût soumis aux expansions intermittentes d’un geyser, le Governor-Higginson avait affaire bel et bien à quelque mammifère aquatique, inconnu jusque-là, qui rejetait par ses évents des colonnes d’eau, mélangées d’air et de vapeur. Pareil fait fut également observé le 23 juillet de la même année, dans les mers du Pacifique, par le Cristobal-Colon, de West India and Pacific steam navigation Company. Donc, ce cétacé extraordinaire pouvait se transporter d’un endroit à un autre avec une vélocité surprenante, puisque à trois jours d’intervalle, le Governor-Higginson et le Cristobal-Colon l’avaient observé en deux points de la carte séparés par une distance de plus de sept cents lieues marines. Quinze jours plus tard, à deux mille lieues de là, l’Helvetia, de la Compagnie Nationale, et le Shannon, du Royal-Mail, marchant à contrebord dans cette portion de l’Atlantique comprise entre les États-Unis et l’Europe, se signalèrent respectivement le monstre par 42° 15′ de latitude nord, et 60° 35′ de longitude à l’ouest du méridien de Greenwich. Dans cette observation simultanée, on crut pouvoir évaluer la longueur minimum du mammifère à plus de trois cent cinquante pieds anglais [1], puisque le Shannon et l’Helvetia étaient de dimension inférieure à lui, bien qu’ils mesurassent cent mètres de l’étrave à l’étambot. Or, les plus vastes baleines, celles qui fréquentent les parages des îles Aléoutiennes, le Kulammak et l’Umgullick, n’ont jamais dépassé la longueur de cinquante-six mètres, — si même elles l’atteignent." "L’année 1866 fut marquée par un événement bizarre, un phénomène inexpliqué et inexplicable que personne n’a sans doute oublié. Sans parler des rumeurs qui agitaient les populations des ports et surexcitaient l’esprit public à l’intérieur des continents, les gens de mer furent particulièrement émus. Les négociants, armateurs, capitaines de navires, skippers et masters de l’Europe et de l’Amérique, officiers des marines militaires de tous pays, et, après eux, les gouvernements des divers États des deux continents, se préoccupèrent de ce fait au plus haut point. En effet, depuis quelque temps, plusieurs navires s’étaient rencontrés sur mer avec « une chose énorme, » un objet long, fusiforme, parfois phosphorescent, infiniment plus vaste et plus rapide qu’une baleine. Les faits relatifs à cette apparition, consignés aux divers livres de bord, s’accordaient assez exactement sur la structure de l’objet ou de l’être en question, la vitesse inouïe de ses mouvements, la puissance surprenante de sa locomotion, la vie particulière dont il semblait doué. Si c’était un cétacé, il surpassait en volume tous ceux que la science avait classés jusqu’alors. Ni Cuvier, ni Lacépède, ni M. Dumeril, ni M. de Quatrefages n’eussent admis l’existence d’un tel monstre — à moins de l’avoir vu, ce qui s’appelle vu de leurs propres yeux de savants. À prendre la moyenne des observations faites à diverses reprises, — en rejetant les évaluations timides qui assignaient à cet objet une longueur de deux cents pieds, et en repoussant les opinions exagérées qui le disaient large d’un mille et long de trois, — on pouvait affirmer, cependant, que cet être phénoménal dépassait de beaucoup toutes les dimensions admises jusqu’à ce jour par les ichthyologistes, — s’il existait toutefois." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| L'Odyssée d'une Fille, Guy de Maupassant | 08 Nov 2022 | 00:15:21 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Oui, le souvenir de ce soir-là ne s’effacera jamais. J’ai eu, pendant une demi-heure, la sinistre sensation de la fatalité invincible ; j’ai éprouvé ce frisson qu’on a en descendant aux puits des mines. J’ai touché ce fond noir de la misère humaine ; j’ai compris l’impossibilité de la vie honnête pour quelques-uns. Il était minuit passé. J’allais du Vaudeville à la rue Drouot, suivant d’un pas pressé le boulevard où couraient des parapluies. Une poussière d’eau voltigeait plutôt qu’elle ne tombait, voilant les becs de gaz, attristant la rue. Le trottoir luisait, gluant plus que mouillé. Les gens pressés ne regardaient rien." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La Fenêtre, Guy de Maupassant (Livre audio) | 29 Oct 2022 | 00:14:02 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Je fis la connaissance de Mme de Jadelle à Paris, cet hiver. Elle me plut infiniment tout de suite. Vous la connaissez d’ailleurs autant que moi..., non... pardon... presque autant que moi... Vous savez comme elle est fantasque et poétique en même temps. Libre d’allures et de cœur impressionnable, volontaire, émancipée, hardie, entreprenante, audacieuse, enfin au-dessus de tout préjugé, et, malgré cela, sentimentale, délicate, vite froissée, tendre et pudique. Elle était veuve, j’adore les veuves, par paresse. Je cherchais alors à me marier, je lui fis la cour. Plus je la connaissais, plus elle me plaisait ; et je crus le moment venu de risquer ma demande. J’étais amoureux d’elle et j’allais le devenir trop. Quand on se marie, il ne faut pas trop aimer sa femme, parce qu’alors on fait des bêtises ; on se trouble, on devient en même temps niais et brutal. Il faut se dominer encore. Si on perd la tête le premier soir, on risque fort de l’avoir boisée un an plus tard. Donc, un jour, je me présentai chez elle avec des gants clairs et je lui dis : « Madame, j’ai le bonheur de vous aimer et je viens vous demander si je puis avoir quelque espoir de vous plaire, en y mettant tous mes soins, et de vous donner mon nom." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La Revanche, Guy de Maupassant (Livre audio) | 28 Oct 2022 | 00:21:44 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Me voici à Cannes, en garçon, drôle de chose. Je suis garçon ! À Paris, je ne m’en apercevais guère. En voyage, c’est autre chose. Ma foi, je ne m’en plains pas. Et ma femme est remariée ! Est-il heureux, lui, mon successeur, plus heureux que moi ? Quel imbécile ça doit être pour l’avoir épousée après moi ! Au fait, je n’étais pas moins sot pour l’avoir épousée le premier. Elle avait des qualités, pourtant, des qualités... physiques... considérables, mais aussi des tares morales importantes. Quelle rouée, et quelle menteuse, et quelle coquette, et quelle charmeuse, pour ceux qui ne l’avaient point épousée ! Étais-je cocu ? Cristi ! quelle torture de se demander cela du matin au soir sans obtenir de certitude ! En ai-je fait des marches et des démarches pour l’épier, sans rien savoir. Dans tous les cas, si j’étais cocu, je ne le suis plus, grâce à Naquet. Comme c’est facile tout de même, le divorce ! Ça m’a coûté une cravache de dix francs et une courbature dans le bras droit, sans compter le plaisir de taper à cœur que veux-tu sur une femme que je soupçonnais fortement de me tromper ! Quelle pile, quelle pile !..." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Divorce, Guy de Maupassant (Livre audio) | 15 Oct 2022 | 00:19:40 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Maître Bontran, le célèbre avocat parisien, celui qui depuis dix ans plaide et obtient toutes les séparations entre époux mal assortis, ouvrit la porte de son cabinet et s’effaça pour laisser passer le nouveau client. C’était un gros homme rouge, à favoris blonds et drus, un homme ventru, sanguin et vigoureux. Il salua : — Prenez un siège, dit l’avocat. Le client s’assit et, après avoir toussé : — Je viens vous demander, monsieur, de plaider pour moi dans une affaire de divorce. — Parlez, monsieur, je vous écoute. — Monsieur, je suis un ancien notaire. — Déjà ! — Oui, déjà. J’ai trente-sept ans. — Continuez. — Monsieur, j’ai fait un mariage malheureux, très malheureux. — Vous n’êtes pas le seul. — Je le sais et je plains les autres ; mais mon cas est tout à fait spécial et mes griefs contre ma femme d’une nature très particulière. Mais je commence par le commencement. Je me suis marié d’une façon très bizarre. Croyez-vous aux idées dangereuses ? — Qu’entendez-vous par là ? — Croyez-vous que certaines idées soient aussi dangereuses pour certains esprits que le poison pour le corps ? — Mais, oui, peut-être. — Certainement. Il y a des idées qui entrent en nous, nous rongent, nous tuent, nous rendent fou, quand nous ne savons pas leur résister. C’est une sorte de phylloxéra des âmes. Si nous avons le malheur de laisser une de ces pensées-là se glisser en nous, si nous ne nous apercevons pas dès le début qu’elle est une envahisseuse, une maîtresse, un tyran, qu’elle s’étend heure par heure, jour par jour, qu’elle revient sans cesse, s’installe, chasse toutes nos préoccupations ordinaires, absorbe toute notre attention et change l’optique de notre jugement, nous sommes perdus. Voici donc ce qui m’est arrivé, monsieur." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La Confession, Guy de Maupassant (Livre audio) | 10 Oct 2022 | 00:15:52 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Quand le capitaine Hector-Marie de Fontenne épousa Mlle Laurine d’Estelle, les parents et amis jugèrent que cela ferait un mauvais ménage. Mlle Laurine, jolie, mince, frêle, blonde et hardie, avait, à douze ans, l’assurance d’une femme de trente. C’était une de ces petites Parisiennes précoces qui semblent nées avec toute la science de la vie, avec toutes les ruses de la femme, avec toutes les audaces de pensée, avec cette profonde astuce et cette souplesse d’esprit qui font que certains êtres paraissent fatalement destinés, quoi qu’ils fassent, à jouer et à tromper les autres. Toutes leurs actions semblent préméditées, toutes leurs démarches calculées, toutes leurs paroles soigneusement pesées, leur existence n’est qu’un rôle qu’ils jouent vis-à-vis de leurs semblables. Elle était charmante aussi ; très rieuse, rieuse à ne savoir se retenir ni se calmer quand une chose lui semblait amusante et drôle. Elle riait au nez des gens de la façon la plus impudente, mais avec tant de grâce qu’on ne se fâchait jamais." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Une Soirée, Guy de Maupassant (Livre audio) | 07 Oct 2022 | 00:15:30 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Le maréchal des logis Varajou avait obtenu huit jours de permission pour les passer chez sa sœur, Mme Padoie. Varajou, qui tenait garnison à Rennes et y menait joyeuse vie, se trouvant à sec et mal avec sa famille, avait écrit à sa sœur qu’il pourrait lui consacrer une semaine de liberté. Ce n’est point qu’il aimât beaucoup Mme Padoie, une petite femme moralisante, dévote, et toujours irritée ; mais il avait besoin d’argent, grand besoin, et il se rappelait que, de tous ses parents, les Padoie étaient les seuls qu’il n’eût jamais rançonnés. Le père Varajou, ancien horticulteur à Angers, retiré maintenant des affaires, avait fermé sa bourse à son garnement de fils et ne le voyait guère depuis deux ans. Sa fille avait épousé Padoie, ancien employé des finances, qui venait d’être nommé receveur des contributions à Vannes. Donc Varajou, en descendant du chemin de fer, se fit conduire à la maison de son beau-frère. Il le trouva dans son bureau, en train de discuter avec des paysans bretons des environs. Padoie se souleva sur sa chaise, tendit la main par-dessus sa table chargée de papiers, murmura : « Prenez un siège, je suis à vous dans un instant », se rassit et recommença sa discussion. Les paysans ne comprenaient point ses explications, le receveur ne comprenait pas leurs raisonnements ; il parlait français, les autres parlaient breton, et le commis qui servait d’interprète ne semblait comprendre personne. Ce fut long, très long. Varajou considérait son beau-frère en songeant : « Quel crétin ! » Padoie devait avoir près de cinquante ans ; il était grand, maigre, osseux, lent, velu, avec des sourcils en arcade qui faisaient sur ses yeux deux voûtes de poils. Coiffé d’un bonnet de velours orné d’un feston d’or, il regardait avec mollesse, comme il faisait tout. Sa parole, son geste, sa pensée, tout était mou. Varajou se répétait : « Quel crétin ! »" Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La Martine, Guy de Maupassant (Livre audio) | 04 Oct 2022 | 00:15:40 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Cela lui était venu, un dimanche, après la messe. Il sortait de l’église et suivait le chemin creux qui le reconduisait chez lui, quand il se trouva derrière la Martine qui rentrait aussi chez elle. Le père marchait à côté de sa fille, d’un pas important de fermier riche. Dédaignant la blouse, il portait une sorte de veston de drap gris et il était coiffé d’un chapeau melon à larges bords. Elle, serrée dans un corset qu’elle ne laçait qu’une fois par semaine, s’en allait droite, la taille étranglée, les épaules larges, les hanches saillantes, en se dandinant un peu. Coiffée d’un chapeau à fleurs, confectionné par une modiste d’Yvetot, elle montrait tout entière sa nuque forte, ronde, souple, où ses petits cheveux follets voltigeaient, roussis par le grand air et le soleil. Lui, Benoist, ne voyait que son dos ; mais il connaissait bien le visage qu’elle avait, sans qu’il l’eût cependant jamais remarqué plus que ça. Et tout d’un coup, il se dit : « Nom d’un nom, c’est une belle fille tout de même que la Martine. » Il la regardait aller, l’admirant brusquement, se sentant pris d’un désir. Il n’avait point besoin de revoir la figure, non. Il gardait les yeux plantés sur sa taille, se répétant à lui-même, comme s’il eût parlé : « Nom d’un nom, c’est une belle fille. »" Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| L'Assassin, Guy de Maupassant (Livre audio) | 03 Oct 2022 | 00:13:47 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Les faits sont indéniables, messieurs les jurés. Mon client, un honnête homme, un employé irréprochable, doux et timide, a assassiné son patron dans un mouvement de colère qui paraît incompréhensible. Voulez-vous me permettre de faire la psychologie de ce crime, si je puis ainsi parler, sans rien atténuer, sans rien excuser ? Vous jugerez ensuite. Jean-Nicolas Lougère est fils de gens très honorables qui ont fait de lui un homme simple et respectueux. Là est son crime : le respect ! C’est un sentiment, messieurs, que nous ne connaissons plus guère aujourd’hui, dont le nom seul semble exister encore et dont toute la puissance a disparu. Il faut entrer dans certaines familles arriérées et modestes, pour y retrouver cette tradition sévère, cette religion de la chose ou de l’homme, du sentiment ou de la croyance revêtus d’un caractère sacré, cette foi qui ne supporte ni le doute ni le sourire, ni l’effleurement d’un soupçon." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Vingt mille lieues sous les mers - Première partie - Chapitre 14 - Le Fleuve noir - Jules Verne | 01 Dec 2023 | 00:30:05 | |
Première partie - chapitre 14 : Le Fleuve noir Proposé par audiolude.fr Narrateur : Alain Couchot La portion du globe terrestre occupée par les eaux est évaluée à trois millions huit cent trente-deux milles cinq cent cinquante-huit myriamètres carrés, soit plus de trente-huit millions d’hectares. Cette masse liquide comprend deux milliards deux cent cinquante millions de milles cubes, et formerait une sphère d’un diamètre de soixante lieues dont le poids serait de trois quintillions de tonneaux. Et, pour comprendre ce nombre, il faut se dire que le quintillion est au milliard ce que le milliard est à l’unité, c’est-à-dire qu’il y a autant de milliards dans un quintillion que d’unités dans un milliard. Or, cette masse liquide, c’est à peu près la quantité d’eau que verseraient tous les fleuves de la terre pendant quarante mille ans.Durant les époques géologiques, à la période du feu succéda la période de l’eau. L’Océan fut d’abord universel. Puis, peu à peu, dans les temps siluriens, des sommets de montagnes apparurent, des îles émergèrent, disparurent sous des déluges partiels, se montrèrent à nouveau, se soudèrent, formèrent des continents et enfin les terres se fixèrent géographiquement telles que nous les voyons. Le solide avait conquis sur le liquide trente-sept millions six cent cinquante-sept milles carrés, soit douze mille neuf cent seize millions d’hectares.La configuration des continents permet de diviser les eaux en cinq grandes parties : l’Océan glacial arctique, l’Océan glacial antarctique, l’Océan indien, l’Océan atlantique, l’Océan pacifique.L’Océan pacifique s’étend du nord au sud entre les deux cercles polaires, et de l’ouest à l’est entre l’Asie et l’Amérique sur une étendue de cent quarante-cinq degrés en longitude. C’est la plus tranquille des mers ; ses courants sont larges et lents, ses marées médiocres, ses pluies abondantes. Tel était l’Océan que ma destinée m’appelait d’abord à parcourir dans les plus étranges conditions. Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Une Vente, Guy de Maupassant (Livre audio) | 29 Sep 2022 | 00:15:25 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Les nommés Brument (Césaire-Isidore) et Cornu (Prosper-Napoléon) comparaissaient devant la cour d’assises de la Seine-Inférieure sous l’inculpation de tentative d’assassinat, par immersion, sur la femme Brument, épouse légitime du premier des prévenus. Les deux accusés sont assis côte à côte sur le banc traditionnel. Ce sont deux paysans. Le premier est petit, gros, avec des bras courts, des jambes courtes et une tête ronde, rouge, bourgeonnante, plantée directement sur le torse, rond aussi, court aussi, sans une apparence de cou. Il est éleveur de porcs et demeure à Cacheville-la-Goupil, canton de Criquetot. Cornu (Prosper-Napoléon) est maigre, de taille moyenne, avec des bras démesurés. Il a la tête de travers, la mâchoire torse et il louche. Une blouse bleue, longue comme une chemise, lui tombe aux genoux, et ses cheveux jaunes, rares et collés sur le crâne, donnent à sa figure un air usé, un air sale, un air abîmé tout à fait affreux. On l’a surnommé « le curé » parce qu’il sait imiter dans la perfection les chants d’église et même le bruit du serpent. Ce talent attire en son café, car il est cabaretier à Criquetot, un grand nombre de clients qui préfèrent la « messe à Cornu » à la messe au bon Dieu. Mme Brument, assise au banc des témoins, est une maigre paysanne qui semble toujours endormie. Elle demeure immobile, les mains croisées sur ses genoux, le regard fixe, l’air stupide. Le président continue l’interrogatoire : — Ainsi donc, femme Brument, ils sont entrés dans votre maison et ils vous ont jetée dans un baril plein d’eau. Dites-nous les faits par le détail. Levez-vous." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| La Baronne, Guy de Maupassant (Livre audio) | 28 Sep 2022 | 00:11:38 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "— Tu pourras voir là des bibelots intéressants, me dit mon ami Boisrené, viens avec moi. Il m’emmena donc au premier étage d’une belle maison, dans une grande rue de Paris. Nous fûmes reçus par un homme fort bien, de manières parfaites, qui nous promena de pièce en pièce en nous montrant des objets rares dont il disait le prix avec négligence. Les grosses sommes, dix, vingt, trente, cinquante mille francs, sortaient de ses lèvres avec tant de grâce et de facilité qu’on ne pouvait douter que des millions ne fussent enfermés dans le coffre-fort de ce marchand homme du monde. Je le connaissais de renom depuis longtemps. Fort adroit, fort souple, fort intelligent, il servait d’intermédiaire pour toutes sortes de transactions. En relations avec tous les amateurs les plus riches de Paris, et même de l’Europe et de l’Amérique, sachant leurs goûts, leurs préférences du moment, il les prévenait par un mot ou par une dépêche, s’ils habitaient une ville lointaine, dès qu’il connaissait un objet à vendre pouvant leur convenir." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Le Modèle, Guy de Maupassant (Livre audio) | 27 Sep 2022 | 00:15:29 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Arrondie en croissant de lune, la petite ville d’Étretat, avec ses falaises blanches, son galet blanc et sa mer bleue, reposait sous le soleil d’un grand jour de juillet. Aux deux pointes de ce croissant, les deux portes, la petite à droite, la grande à gauche, avançaient dans l’eau tranquille, l’une son pied de naine, l’autre sa jambe de colosse ; et l’aiguille, presque aussi haute que la falaise, large d’en bas, fine au sommet, pointait vers le ciel sa tête aiguë. Sur la plage, le long du flot, une foule assise regardait les baigneurs. Sur la terrasse du Casino, une autre foule, assise ou marchant, étalait sous le ciel plein de lumière un jardin de toilettes où éclataient des ombrelles rouges et bleues, avec de grandes fleurs brodées en soie dessus. Sur la promenade, au bout de la terrasse, d’autres gens, les calmes, les tranquilles, allaient d’un pas lent, loin de la cohue élégante. Un jeune homme, connu, célèbre, un peintre, Jean Summer, marchait d’un air morne, à côté d’une petite voiture de malade où reposait une jeune femme, sa femme. Un domestique poussait doucement cette sorte de fauteuil roulant, et l’estropiée contemplait d’un œil triste la joie du ciel, la joie du jour, et la joie des autres. Ils ne parlaient point. Ils ne se regardaient pas. — Arrêtons-nous un peu, dit la femme. Ils s’arrêtèrent, et le peintre s’assit sur un pliant, que lui présenta le valet. Ceux qui passaient derrière le couple immobile et muet le regardaient d’un air attristé. Toute une légende de dévouement courait. Il l’avait épousée malgré son infirmité, touché par son amour, disait-on." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
| Enragée, Guy de Maupassant (Livre audio) | 26 Sep 2022 | 00:19:38 | |
Nouvelle de Guy de Maupassant proposée par audiolude.fr , narrateur : Alain Couchot "Ma chère Geneviève, tu me demandes de te raconter mon voyage de noces. Comment veux-tu que j’ose ? Ah ! sournoise, qui ne m’avais rien dit, qui ne m’avais même rien laissé deviner, mais là, rien de rien !... Comment ! tu es mariée depuis dix-huit mois, oui, depuis dix-huit mois, toi qui te dis ma meilleure amie, toi qui ne me cachais rien, autrefois, et tu n’as pas eu la charité de me prévenir ? Si tu m’avais seulement donné l’éveil, si tu m’avais mise en garde, si tu avais laissé entrer un simple soupçon dans mon âme, un tout petit, tu m’aurais empêchée de faire une grosse bêtise dont je rougis encore, dont mon mari rira jusqu’à sa mort, et dont tu es seule coupable ! Je me suis rendue affreusement ridicule à tout jamais ; j’ai commis une de ces erreurs dont le souvenir ne s’efface pas, par ta faute, par ta faute, méchante !... Oh ! si j’avais su ! Tiens, je prends du courage en écrivant et je me décide à tout dire. Mais promets-moi de ne pas trop rire. Ne t’attends pas à une comédie. C’est un drame." Become a supporter of this podcast: https://www.spreaker.com/podcast/livres-audio-par-audiolude--4151072/support. | |||
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