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Explorez tous les épisodes du podcast Le goût de M

Plongez dans la liste complète des épisodes de Le goût de M. Chaque épisode est catalogué accompagné de descriptions détaillées, ce qui facilite la recherche et l'exploration de sujets spécifiques. Suivez tous les épisodes de votre podcast préféré et ne manquez aucun contenu pertinent.

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TitreDateDurée
#160 Philippe Starck, designer : « Si on est un peu honnête avec soi-même, autour de soi, on a 85 % d’objets inutiles »10 Oct 202500:46:42

C’est un esprit singulier, iconoclaste, ultra-prolifique, souvent en avance sur son temps, un homme qui a totalement repensé le goût de son époque et celui de sa discipline, au point d’en devenir l’incarnation la plus évidente. Cet homme, c’est Philippe Starck, designer, qui a œuvré, depuis le début des années 1980, à rendre le design plus démocratique et plus accessible. « Il me paraît inacceptable que des gens dans une famille ne puissent pas s’acheter quelque chose de qualité dont ils ont besoin. L’élégance, c’est le nombre, et grâce au nombre, on peut descendre les nombres du prix », estime-t-il dans ce premier épisode de la septième saison du « Goût de M ».


Aujourd’hui âgé de 76 ans, il semble avoir tout inventé, ou presque, avec à son actif plus de 10 000 créations et objets, du plus trivial au plus sophistiqué : brosses à dents, presse-agrumes, robinets, vélos, yachts, et beaucoup de chaises, comme la transparente Louis Ghost… Il a contribué au relooking du Pass Navigo, mais aussi à celui de nombreux lieux, comme le café Costes, ou plus récemment, en 2014, du Caffè Stern, passage des Panoramas à Paris, où il nous accueille.


Volubile et malicieux, le designer se confie longuement sur sa jeunesse qu’il qualifie de « terrifiante », tellement il se sentait seul. Elevé seul par sa mère, il se rappelle avoir dormi à même le sol dans sa chambre, et de s’être amusé avec des jouets d’une manière prémonitoire : « Ils ne me satisfaisaient pas, alors je les limais, je les rectifiais, je les cassais. » Plus tard, il fait des rencontres déterminantes dans son choix de carrière, d’abord avec le styliste français Jean-Charles de Castelbajac, puis avec l’agent italien Arturo Del Punta Cristiani, à qui il présente des des projets sous forme de dessins et qui le met rapidement en relation avec des éditeurs de meubles. Acharné de travail (« 12 heures par jour »), il raconte également sa méthode : « Tout nu devant ma table, devant ma feuille blanche ». Une tenue d’Adam en conformité avec son précepte : « Plus il y a de matérialité, moins il y a d’humanité.»

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Cet épisode a été publié le 10 octobre 2025.

Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.

Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli, Marjorie Murphy et Juliette Savard, enregistré par Guillaume Girault et réalisé par Benoît Thuault.

Musique : Gotan Project

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#159 (LA)HORDE, collectif d'artistes et chorégraphes : « Grâce à TikTok, grâce à ses challenges, on n’a jamais vu autant de jeunes danser, c’est génial »19 Jun 202500:51:10
Rien que leur nom témoigne de la diversité de leurs inspirations puisqu’il fait à la fois référence à l’écrivain Alain Damasio et à son chef-d’œuvre, « La Horde du Contrevent », ainsi qu’à l’univers du jeu vidéo « World of Warcraft ». Le dernier épisode de la saison du « Goût de M » interroge cette semaine le goût du collectif (LA)HORDE, qui secoue la danse contemporaine depuis une dizaine d’années et dirige, depuis 2019, le Ballet national de Marseille. Composé d’un trio de jeunes artistes multimédia, Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel, (LA)HORDE a déjà collaboré avec Christine and the Queens, Madonna, Sam Smith, et a marqué les esprits avec des pièces fortes comme « Room with a View », dont la musique était composée par Rone.

On fait leur connaissance au Théâtre de la Ville, à Paris, où ils dirigeaient « Age of Content », une de leurs pièces qui interroge l’absence de frontières entre le réel et le virtuel. Cet après-midi, fin mai, la vingtaine de danseurs du Ballet national de Marseille, de 16 nationalités différentes, et le trio de cofondateurs débriefent la représentation de la veille, avant d’entamer les répétitions. Ce lieu leur tient à cœur puisqu’ils y étaient des « spectateurs assidus » : « Au Théâtre de la Ville, il y a les artistes les plus underground comme les plus célèbres. On a fait beaucoup de notre éducation théâtrale et chorégraphique ici. »

Ceux qui désignent l’artiste italien Romeo Castelluci comme leur « maître ultime », reviennent sur leur rencontre au début des années 2010, où, ils passaient « beaucoup de temps dans les milieux queers, notamment à danser ensemble dans des soirées », à côtoyer de jeunes stylistes qui allaient se faire une notoriété quelques années plus tard. Former un trio leur apparaît comme une force puisque « les choses positives sont multipliées par trois et tout ce qu’il y a de plus difficile on le divise par trois ». Dans cet épisode, ils racontent leur méthode pour travailler de concert, leur attrait pour la danse « post-Internet », leur défense des personnes en marge et leur découverte de Bassiani, night-club de Tbilissi, qui a nourri leur spectacle « Marry Me in Bassiani », en y inscrivant des mouvements de danses géorgiennes.

(LA)HORDE, collectif à la tête du Ballet national de Marseille, et ses danseurs se produiront au Théâtre des Salins, à Martigues, le 22 janvier 2026, puis à Paris, au Centquatre, du 2 au 4 avril, et à La Villette, du 16 au 25 avril.
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Cet épisode, le dernier de la saison, a été publié le 20 juin 2025.

Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.

Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard, enregistré par Malo Williams. Réalisé en alternance par Guillaume Girault, Emmanuel Baux et Benoît Thuault.

Musique : Gotan Project

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#150 Camille Chamoux, actrice : « Moi, je pense que j’ai pécho essentiellement parce que je suis drôle »03 Apr 202500:54:13
L’actrice, scénariste et metteuse en scène est à l’affiche de la série « Ghosts : Fantômes en héritage », disponible sur Disney + le 9 avril, et sur scène avec « Ça va ça va ». Camille Chamoux nous accueille dans son appartement du 11e arrondissement, à Paris, qu’elle décrit comme « un studio d’enregistrement de musique californien des années 1970 ». Car il y a plein de bois partout, deux guitares, un mange-disque et un piano sur lequel elle joue quelques notes. Et même si elle fredonne « On écrit sur les murs », de Kids United, la Prix Molière 2022 de l’humour (pour « Le Temps de vivre ») s’est moins illustrée dans la chanson que sur les écrans et sur scène. Son goût pour l’interprétation remonte d’ailleurs à son enfance, où elle jouait des textes de Sylvie Joly, Pierre Desproges et Raymond Devos, devant un public constitué de ses deux grands-mères.

Fille d’un père expert dans le secteur de la communication et d’une mère juriste, Camille Chamoux a grandi à Paris, dans une famille de droite, libérale, « où il y a toujours eu de l’espace pour le dialogue ». Un dialogue qui s’est intensifié de ses 8 à 15 ans, jusqu’au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, où les instructeurs jésuites ont dû s’armer de patience pour lui démontrer l’existence d’un Dieu en lequel elle ne croyait pas. A cette époque, elle lit « tout Roald Dahl » et s’entiche des personnages de « La Comédie humaine » et des « Misérables ».

Après des classes en cours préparatoires pour passer le concours de l’Ecole normale supérieure, elle s’oriente vers le théâtre et s’extasie devant les films de Patrice Chéreau et de John Cassavetes. Dans cet épisode du « Goût de M », Camille Chamoux évoque aussi son rapport à la psychanalyse, qui « a décuplé [ses] ressources et [ses] capacités d’invention », sa recherche de l’empathie et son absence d’« obsession du matériel », même si elle adore l’architecture et aime prendre soin de l’aménagement de son intérieur.

Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.

Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
Musique : Gotan Project

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#61 Céline Sallette14 Apr 202200:44:52

Paris 19e arrondissement, une rue en pente. On monte au 3e étage sans ascenseur. Céline Sallette nous reçoit chez elle, un espace « lumineux, rangé mais pas trop », à l'occasion de la diffusion sur Canal+ de la série Infiniti.


La comédienne âgée de 41 ans évoque son enfance sur le bassin d'Arcachon, sa découverte du théâtre à l'âge de 13 ans, sa période baba cool, sa construction dans le regard des autres, son admiration pour Virginie Despentes ou Sofia Coppola, la lente maturation de sa carrière au cinéma, le travail du comédien, sa fascination pour Niki de Saint Phalle, son obsession pour la transformation, sa conversion au zéro déchet, son coup de cœur pour le film Petite nature, la force de caractère des Ukrainiens ou son goût pour les autobiographies et les histoires vraies : « J'aime savoir comment les gens trouvent des solutions à leurs problèmes, à leurs questions existentielles, ça m'intéresse ce partage. »


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal)

préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Mélissa Phulpin

Réalisation :  Emmanuel Baux                 

Musique : Gotan Project

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#60 Déborah Lukumuena07 Apr 202200:43:59

En plein cœur de Paris, à quelques pas du Centre Pompidou. Déborah Lukumuena nous reçoit au sein de la Maison de la poésie, un lieu qu'elle affectionne. « Peut-être que j'ai envie que la poésie me ressemble », glisse l'actrice à l'affiche ces dernières semaines de Robuste de Constance Meyer et d'Entre les vagues d'Anaïs Volpé.


La comédienne âgée de 27 ans évoque son enfance à Epinay-sous-Sénart auprès de sa mère et de quatre frères et sœurs, les mercredis et les samedis passés à la bibliothèque à se réfugier dans la lecture, son admiration pour Emile Zola, Edouard Louis, Rabelais ou Tchekov qui l'ont mené à faire des études littéraires à la Sorbonne, sa découverte de la série Les Tudors qui a déclenché son envie de jouer, le tournage de Divines, la persistance des stéréotypes à l'écran, sa relation conflictuelle à la mode, son dégoût du racisme et son rapport à son propre physique : « Mon corps pas normé va servir d'outil de narration universel pour des réalisateurs et des réalisatrices. Il faut l'intégrer et se l'approprier. Toute mon enfance, on m'a dit : "maîtrise-toi", "canalise-toi". Il y a un rapport à la force qu'en tant que comédienne, il a fallu embrasser. » 


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


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Réalisation :  Emmanuel Baux                 

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#59 Sophie Calle31 Mar 202200:44:20

Paris, 7e arrondissement, à deux pas de la Seine. Sophie Calle nous reçoit au sein même du musée d'Orsay où se tient jusqu'au 12 juin sa toute nouvelle exposition « Les Fantômes d'Orsay ». Ce lieu, elle l'a très bien connu. De la fin des années 1970 au tout début des années 1980, elle a longuement squatté ce qu'il restait du grand hôtel déserté jouxtant l'ancienne gare, qui seront ensuite tous deux transformés en musée. 


L'artiste âgé de 68 ans évoque son enfance à Paris auprès d'une mère noctambule d'une légèreté profonde qui aimait la littérature et d'un père, plus sérieux, amateur d'art au goût très sûr, sa passion pour la Camargue et la corrida, ses années de voyage, son retour en France et sa découverte du grand hôtel d'Orsay, son attachement aux rituels, aux jeux cadrés qui nourrissent son inspiration, son obsession à vouloir préparer sa mort, son éblouissement pour le théâtre, les animaux naturalisés qui peuplent son intérieur et son attachement aux dernières fois : « C'est émouvant les dernières fois. Les derniers mots de mon père, de ma mère, j'ai eu peur de ne pas les entendre. Moi, je garde tout. Je le fais même quand ce n'est pas pour un travail. »


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


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#58 Jean-Charles de Castelbajac25 Mar 202200:39:21

Paris, une rue animée du 17e arrondissement. On passe devant le primeur, les commerces de bouche. On s'arrête devant la très imposante porte d'un immeuble ancien. Direction le 4e étage. Jean-Charles de Castelbajac nous reçoit chez lui, quelques mois après la sortie de son livre Dessins tout-terrain et à l'occasion d'une exposition-atelier qui se tient dans l'espace Jeune public du Centre Pompidou à Paris, jusqu'au 9 mai. Un appartement « habité de lumière » où se succèdent des « souvenirs et des éléments contemporains qui se complètent avec des choses du quotidien ».


Le styliste âgé de 72 ans évoque son enfance au Maroc et une année décisive passée à Nice chez sa grand-mère, son imaginaire qui s'est développé très jeune alors qu'il était en pension en Normandie, ses premiers travaux dans la mode auprès de sa mère qui dessinait des robes, sa passion pour les groupes de rock anglais des années 1960 puis pour le punk, le lancement de sa propre maison en 1978, la manière dont l'art et les collaborations nourrissent sa création, son amour des couleurs, la façon dont il conçoit ses vêtements, son intérêt pour la nouvelle abstraction et son épanouissement actuel : « J'ai longtemps pensé que le succès pouvait dénaturer l'acte de création. Aujourd'hui, je suis moins dans l'idée d'être à contretemps, parce que le temps a rejoint ce que je faisais. »


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


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Réalisation :  Guillaume Girault                   

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#57 Sébastien Tellier17 Mar 202200:41:29

Paris, 18e arrondissement, à deux pas des Puces et de la porte de Clignancourt. Au fond d'une impasse, un grand portail noir. Sébastien Tellier nous reçoit dans son appartement, quelques semaines après avoir sorti un nouvel EP, Symphonic. Un espace qu'il trouve adapté pour composer avec un piano, des guitares et de grandes enceintes. 


Le chanteur âgé de 47 ans évoque son enfance dans une zone pavillonnaire du Val-d'Oise, les dimanches passés à écouter Pink Floyd avec son père, passionné de guitare, et à aller manger chez Wimpy, une chaîne de restauration rapide, son admiration pour Axl Rose, George Michael et les mélodies des années 1980, sa lente transformation en artiste, sa découverte du clip “Sexy Boy" de Air, la composition de « La Ritournelle », sa défiance envers la frime, son obsession du vêtement et sa facilité à écrire des accords touchants : « Si je me mets là au piano, ce qui sort de moi, c'est un truc d'émotion mais pas n'importe quelle émotion : le rêve, la nostalgie, l'envie d'ailleurs, les doutes… C'est ma nature musicale. »


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


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#56 Olivier Saillard10 Mar 202200:44:53

Paris, 2e arrondissement, au cœur du quartier japonais. Un rez-de-chaussée au cœur d'une cour pavée. Olivier Saillard nous reçoit dans son atelier. Un espace assez stable, avec « beaucoup de bois, de blanc » qui accueille un « petit désordre mais bien géré »


L'historien de la mode et directeur artistique de la maison J.M. Weston âgé de 54 ans évoque son enfance dans le Doubs, le grenier dans lequel il aimait se réfugier enfant au milieu de vieux vêtements, son goût des choses populaires, sa rupture avec son milieu familial, sa nostalgie pour le mouvement punk, son homosexualité, l'âge d'or de la mode des années 1980, son travail d'historien, Tilda Swinton et leurs performances, son attachement à l'uniforme qu'il s'est choisi, son dégoût de l'arrogance et sa difficulté à apprécier l'instant présent : « Quand je vois des photos d'avant, je me dis c'était bien mais sur le moment jamais. Je suis incapable de faire ça. »


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#55 Christine Nagel03 Mar 202200:36:04

Paris, 8e arrondissement, dans les locaux Hermès. On monte sous les toits, au neuvième étage. Christine Nagel nous reçoit dans son atelier de création. Un endroit « simple et chaleureux », avec une vue époustouflante sur la capitale, dans lequel tout est « harmonieux »


La parfumeuse âgée de 62 ans évoque son enfance en Suisse auprès d'un père à cheval sur les bonnes manières et d'une mère au caractère plus exubérant, son premier stage dans un laboratoire de chimie qui a déterminé sa vocation, ses premiers pas dans le métier passés à identifier au nez les composants de nombreux parfums, sa rencontre avec Alain Delon, sa sensibilité aux textures et aux matières, son coup de cœur pour le cuir doblis ou le patchouli, son goût des objets porteurs d'une histoire, les bonnes et mauvaises odeurs et le rapport qui lie les senteurs à l'amour : « On dit que quand on aime plus quelqu'un, la première chose qui commence à gêner, c'est odeur de l'autre. »


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#54 Mory Sacko24 Feb 202200:42:09

Paris, 14 arrondissement, rue Losserand. Non loin de la gare Montparnasse. On frappe à la porte. Mory Sacko nous reçoit dans son restaurant MoSuke, un espace « simple et chaleureux », avec des murs blancs, des touches de bois clair et des lumières chaudes.


Le chef étoilé et animateur de l'émission « Cuisine ouverte » sur France 3, âgé de 29 ans, évoque son enfance en Seine-et-Marne dans une famille encore fortement imprégnée de culture malienne auprès de huit frères et sœurs, sa découverte du monde de l'hôtellerie et de l'univers des mangas à la télévision, le temps passé à jouer au foot et aux jeux vidéo, sa curiosité pour l'histoire et les cultures étrangères, ses années de formation auprès de Hans Zahner et de Thierry Marx, son passage à « Top chef » qui a accéléré sa carrière, sa passion pour le Japon et la mode, l'ouverture de sa propre table ou encore son rejet de la cuisine « fusion », jugée marketing, au profit d'une véritable invitation au voyage : « Pour nous, la conversation, c'est sur la totalité du menu qu'on va la ressentir. Toutes les touches venues d'ailleurs viennent améliorer une recette et non pas la pervertir. »


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#53 Géraldine Pailhas17 Feb 202200:42:21

Paris, 14 arrondissement. On se faufile le long d'une allée arborée. C'est par là sur la gauche, on sonne. Géraldine Pailhas nous reçoit chez elle, à l'occasion de la sortie du film Tendre et saignant et de la diffusion de la saison 2 d'OVNI(S)sur Canal+, dans un espace dont elle a décidé « chacun des détails », à la fois« rigoureux et foutraque », baigné de lumière« même quand il n'y en a pas du tout ».


La comédienne âgée de 51 ans évoque son enfance à Marseille auprès d'un père qui a développé un goût tardif pour l'art et l'architecture jusqu'à devenir galeriste, la cuisine de sa grand-mère maternelle venue d'Indochine, son obsession pour les carottes, sa passion pour la danse, le choc de la découverte du Dernier Métro de Truffaut et d'A nos amours de Pialat, sa figuration dans le clip Bamboleo des Gipsy King qui a lancé sa carrière, le tournage du Garçu, sa fascination pour Charlotte Perriand, son inclination pour les tenues androgynes, et son amour profond du cinéma : « Je ne peux pas vivre sans. Quand je ne travaille pas, je vois au moins un film par jour. Les plus riches de mes relations passent par cinéma. »


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#52 Vincent Dedienne10 Feb 202200:42:18

Paris, 11e arrondissement, non loin de Belleville, au fond d'une cour. Vincent Dedienne nous reçoit dans le premier appartement qui le « rassure » et dans lequel il se sent « bien ». S'y trouvent dans les placards, les jeux de société qui ont égayé sa jeunesse et un flipper qui le « détend énormément ».


Le comédien âgé de 35 ans, en tournée avec son seul en scène Un soir de gala, évoque son enfance dans un petit village de Saône-et-Loire auprès de parents adoptifs aimants, son goût pour la couleur jaune et les bonbons Haribo, le choc de la découverte d'un spectacle de Muriel Robin en vidéo à 7/8 ans, sa fascination pour la poésie des chansons d'Alain Souchon ou de Vincent Delerm et pour le lyrisme des films de Xavier Dolan et de Christophe Honoré, son envie de mêler des choses a priori inconciliables, son admiration pour la prose d'Hervé Guibert, son désintérêt croissant pour la mode et sa conversion progressive du sucré au salé. « Maintenant, un crottin de Chavignol peut me faire lever la nuit. »


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#149 Jeanne Friot, créatrice : « Dans la mode, le fait d’avoir un parti pris politique, ça veut dire qu’on va se couper de certains acheteurs, d’une certaine économie »27 Mar 202500:48:58
Porteuse d’une mode inclusive et écoresponsable, Jeanne Friot a été révélée au monde entier à l’occasion des Jeux olympiques de Paris, en juillet 2024. Pendant plus d’un an, elle a imaginé et réalisé l’armure, avec l’artisan Robert Mercier, de la cavalière en argent qui traverse la Seine, semblant presque voler sur son cheval métallique. Une des scènes les plus marquantes de la cérémonie d’ouverture.
La créatrice, qui a fondé sa propre marque il y a cinq ans, nous donne rendez-vous à La Caserne, une ancienne caserne de pompiers reconvertie en incubateur de mode responsable, dans le 10ᵉ arrondissement de Paris, où sont installés ses bureaux et atelier. Jeanne Friot parle de son enfance, dans une famille « non patriarcale », entre une mère directrice artistique dans la musique et un père artiste-peintre. Mais c’est sa grand-mère paternelle qui l’élève, qui lui apprend « à faire la cuisine, à manger, à se mettre à table ».
C’est grâce à elle aussi qu’elle découvre sa vocation : « Je ne comprenais pas pourquoi je voulais le faire, mais c’était une évidence pour moi et j’ai travaillé toute mon adolescence pour pouvoir rentrer dans les bonnes écoles de mode. » Elle étudie à Duperré puis à l’Institut français de la mode, où elle rencontre son mentor, le Néerlandais Josephus Thimister, ancien directeur artistique de Balenciaga, mort en 2019. « Quelqu’un qui m’a montré comment on déconstruit et on reconstruit un vêtement. »
Elle revient sur sa découverte des autrices lesbiennes, vers l’âge de 17 ans, qui a agi « comme un boulet de canon ». « Je me suis dit : “Mais si elles ont cette place dans la littérature, ça veut dire qu’elles peuvent avoir une place dans d’autres industries et dans d’autres arts. Et moi, je peux peut-être faire la mode dont j’ai envie.” »

Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.

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#51 Matali Crasset03 Feb 202200:44:37

Paris, au cœur du quartier de Belleville. Une maison-atelier située dans une ancienne imprimerie, au fond d'une allée. Matali Crasset nous reçoit dans un « espace qui ressemble beaucoup à ses recherches » avec des « bouts de projets, de livres, d'outils utilisés au quotidien ».


La designeuse française âgée de 56 ans évoque son enfance dans un petit village de la Marne auprès d'un père Géo Trouvetou, ses années d'apprentissage auprès de Philippe Starck, le lancement de son propre studio en 1998, son approche de la création autour de scénarios de vie, son souci de recréer du commun, son rejet du canapé ou de la maison cocon, sa volonté de faire de l'hôtel un lieu où l'on vit « quelque chose de très fort qui n'est pas la maison », la nécessité de se tenir à distance des tendances marketing, sa passion pour les couleurs et les connexions entre son travail et l'anthropologie : « Pendant les confinements, je me suis nourrie de sciences sociales et d'art. Il nous faut comprendre comment on s'est tous fourvoyés et comment on peut maintenant déplacer les choses. »


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


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#50 Nicolas Di Felice27 Jan 202200:31:59

Paris, 19e arrondissement. Une rue en pente, non loin des Buttes-Chaumont. On entre dans un immeuble des années 1950, direction le septième étage. Nicolas Di Felice nous reçoit dans un « espace plein de surprises » qui contient au mur des « morceaux de vie encadrés ».


Le directeur artistique de la maison Courrèges évoque son enfance en Belgique, ses premiers fantasmes d'ailleurs lors de trajets en voiture, son goût pour la musique new beat et ces groupes qui exprimaient la possibilité d'être qui tu veux, son apprentissage de la mode, l'influence de Nicolas Ghesquière, son amour pour les blousons en cuir, la nuit, la liberté et son attirance pour les univers riches en contraste. « J'aime l'intensité des extrêmes même si je me plais à me situer au milieu de tout ça. J'ai tatoué sur une jambe ”futurisme” et sur l'autre “passéisme”. J'aime être sur un fil entre ces deux choses là et essayer de trouver mon équilibre. »


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


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#49 Anne-Sophie Pic20 Jan 202200:38:28

Paris, à deux pas du marché Saint-Germain dans le 6e arrondissement. On passe le pas de la porte vitrée pour s'installer chez Jugetsudo, la boutique/salon de thé imaginée par Maruyama Nori. Anne-Sophie Pic nous reçoit dans cet « endroit hors du temps » qu'elle affectionne quand elle est de passage à Paris pour s'occuper d'un de ses restaurants.


La cheffe âgée de 52 ans évoque son enfance auprès d'une lignée de cuisiniers, la transmission du goût des épices, de la betterave, la présence régulière d'artistes au restaurant familial à Valence, sa passion pour le thé ou l'amertume, sa découverte de la gastronomie japonaise, l'importance de ses trois étoiles, son processus de création, sa fascination pour la mode et l'importance d'avoir des équipes mixtes : « Dans une cuisine où il y a des femmes, les hommes sont meilleurs », confie-t-elle.


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


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#48 Juliette Armanet13 Jan 202200:48:01

Un matin froid d'hiver à Paris, dans le 19e arrondissement, quelque part entre le canal de l'Ourcq et les Buttes-Chaumont. On monte dans l'ascenseur, direction le quatrième étage. Juliette Armanet nous reçoit chez elle dans un appartement où trône un piano blanc laqué sur lequel elle nous jouera quelques notes à l'occasion de la sortie de son deuxième album Brûler le feu.


La chanteuse âgée de 37 ans évoque son enfance à Villeneuve-d'Ascq où très jeune déjà elle baigne dans la musique et dans les livres, son admiration pour Shakespeare, Tchekov, Annie Ernaux, Françoise Sagan ou Romain Gary, ses premières compositions à l'adolescence, sa découverte des chansons de Bjork, le poids de ses inhibitions, son obsession pour la question amoureuse et ses nouvelles platform shoes qu'elle ne quitte plus. « Ne soyons pas nous-même, déguisons-nous intérieurement, extérieurement, plaide-t-elle. Les fictions de soi sont la meilleure manière de se connaître. »


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


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#47 Simon Porte Jacquemus06 Jan 202200:39:08

Paris, un hôtel particulier du 8e arrondissement. On grimpe une marche. Simon Porte Jacquemus nous reçoit dans les locaux parisiens de la marque à son nom qu'il a créée il y a plus d'une décennie, un espace « solaire » avec deux terrasses dans lequel il se sent bien.


Le styliste âgé de 31 ans évoque son enfance en Provence où l'ennui le pousse très jeune à se montrer créatif, son obsession pour la télévision, sa fascination pour Isabelle Adjani ou Charlotte Gainsbourg, le choc de la découverte du Mépris de Jean-Luc Godard, son admiration pour le travail de Rei Kawakubo et sa volonté de faire une mode accessible : « Je voulais que ma grand-mère comprenne, ne pas mettre de barrière avec le public. Je trouvais qu'il y en avait trop dans la création. » 


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#46 Anne Berest16 Dec 202100:38:36

Paris, un quartier étudiant un peu hors du temps de la rive gauche. On monte les escaliers en bois. Direction le deuxième étage. Anne Berest nous reçoit chez elle, dans son appartement « parisien mais pas haussmannien », « comme une grotte » qui donne sur une cour assez sombre.


La romancière de 42 ans, qui a sorti à l'automne son nouveau livre La Carte postale et a co-créé pour Arte la série Mytho, évoque son enfance auprès de parents soixante-huitards très permissifs, sa fascination pour une photo de Marguerite Duras, sa volonté de faire revivre pour sa mère ses grands-parents, son oncle et sa tante déportés, son travail d'écriture et son amour de la gastronomie juive : « Quand j'ai compris que ma mère nous a nourris en bonne ashkénaze, ça m'a bouleversée. »


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#45 Sophie Fontanel09 Dec 202100:41:31

Paris 1er arrondissement. Une belle rue qui donne directement sur le jardin des Tuileries. Direction le dernier étage. Sophie Fontanel nous reçoit chez elle, dans un espace « monacal, fait de bric et de broc » dans lequel on reconnaît le grand miroir devant lequel elle se met en scène régulièrement sur Instagram.


La journaliste mode et écrivaine, qui a sorti à l'automne son nouveau livre Capitale de la douceur, évoque son amour de la Côte d'Azur, des crocs et des tongs, sa passion pour l'écriture et les formes narratives, l'agression qu'elle a subi très jeune, son rapport complexe au milieu littéraire, son retour tardif au style de Greta Garbo et Katharine Hepburn et l'allure inspirante des gens qu'elle peut croiser dans la rue. Le tout avec sensibilité et verve : « Le confinement nous a mis des sornettes dans la tête, qu'on pouvait vivre no look. Mais très vite, on est no goût. Le covid nous fait perdre le goût. Voilà. »


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


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#44 Anaïs Demoustier02 Dec 202100:45:36

Paris 19e. Un appartement près du parc des Buttes-Chaumont dans le même immeuble où vit son frère Stéphane, réalisateur. Direction le troisième étage. Anaïs Demoustier nous reçoit chez elle, dans un espace « tourné vers la nature, lumineux mais pas chichiteux ».


La comédienne, à l'affiche de La Pièce rapportée d'Antonin Peretjatko (en salle) et de Chère Léa de Jérôme Bonnell (sortie le 15 décembre), évoque son père passionné de centres commerciaux, sa découverte de Barbara sur le tournage du Temps du loup d'Haneke, son goût des autres et des amours intenses, son coup de cœur pour Annette de Leos Carax et le whisky Caol Ila, son obsession pour les ciels et la délicatesse d'Emmanuelle Devos.


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#43 Audrey Diwan25 Nov 202100:35:30

Paris 18e. Un immeuble haussmannien sur une petite place très vivante entourée de cafés. On pousse la très lourde porte, direction le deuxième étage. Audrey Diwan nous reçoit chez elle, dans un appartement « vivant » fait de bric et de broc qui « évolue au gré des rencontres et de ce que les gens ont envie d'y mettre ».


La réalisatrice, qui sort son deuxième film L'Événement adapté du livre d'Annie Ernaux, évoque sa passion pour la lecture, l'écriture et la nuit, son admiration pour les cinéastes Ken Loach et Hirokazu Kore-Eda, son sentiment de transfuge de classe, son avortement, son goût profond de la liberté et, sur une note plus légère, sa détestation des poireaux et de la sardine.


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#42 Riad Sattouf18 Nov 202100:38:52

Paris, un grand immeuble haussmannien. On prend l'ascenseur, direction le quatrième étage. Riad Sattouf nous reçoit chez lui, dans un appartement « pas très bien rangé, avec des petites choses marrantes à gauche à droite ».


L’auteur de bande dessinée et réalisateur, qui sort le premier tome duJeune acteur sur les aventures de l'acteur Vincent Lacoste au cinéma, évoque son enfance en Syrie, son goût des films violents puis du hard rock, sa découverte du monde avec Tintin, sa passion pour les auteurs de BD de science-fiction (Moebius, Druillet, Loisel…), sa haine des frimeurs et des poseurs et son amour des bonnes choses en apparence simples en art comme en cuisine.


Depuis trois saisons et désormais toutes les semaines, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.


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#148 Blandine Rinkel, écrivaine : « Dans “La Faille”, c’est la première fois que j’emploie un “je” qui est vraiment le mien »06 Mar 202500:51:51
L’autrice et musicienne trentenaire vient de sortir « La Faille », aux éditions Stock, son quatrième livre, « qui s’intéresse aux vies instables, aux vies qui vacillent ou qui vont vaciller, ou aux vies qui composent avec la crise », glisse-t-elle dans cet épisode du « Goût de M ». Fille unique, originaire de Rezé, commune voisine de Nantes, Blandine Rinkel nous reçoit dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, dans son petit appartement avec un piano et une bibliothèque contenant « beaucoup de livres qui parlent de livres ». Mais pour écrire, elle préfère à la capitale les bords des mers.

C’est d’ailleurs dans les vagues de l’océan Atlantique qu’elle a appris à nager avec son père, ancien militaire. Sa mère, professeure d’anglais au collège, issue d’une famille paysanne, l’a encouragée à lire. Elle évoque longuement son rapport très fort et intime à la lecture (« Comme je n’avais pas une grande famille, ça m’a donné envie d’en trouver une ailleurs »), qu’elle pratique assidûment depuis l’enfance, se souvenant notamment de « Quatre Filles et un jean », un roman à succès pour jeunes adultes publié par Ann Brashares en 2001.

A 18 ans, après le bac, elle part vivre à Paris, où elle essaie de s’insérer culturellement et « gobe des pages Wikipedia toutes les nuits à n’en plus finir ». Puis elle s’installe quelque temps à Londres. Dans cet épisode, elle raconte son admiration pour l’écrivain Henry Miller, son plaisir à faire des ateliers en prison, l’affiche évoquant la Révolution française devant laquelle elle aimait se réveiller.

Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.

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#41 Aïssa Maïga11 Nov 202100:39:26

Pour cette troisième saison, le Goût de M vous emmène à la découverte d'une nouvelle personnalité chaque vendredi. Un rendez-vous à retrouver gratuitement sur www.lemonde.fr et sur toutes les plateformes.

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Proche banlieue parisienne, une maison dans une petite rue dégagée. On se croirait presque en Normandie ou au bord de la mer. On s'approche d'un grand portail. Aïssa Maïga nous reçoit chez elle, dans cette batisse ancienne, construite par une femme, qui l'« aide à se sentir ancrée ».


L’actrice et réalisatrice, qui sort le documentaire Marcher sur l'eau, évoque sa petite enfance à Dakar entourée de mystères, sa passion pour Marilyn Monroe, son amour pour Sade, Indochine ou Duran Duran, le racisme auquel elle a été confrontée dans le monde de la publicité et du cinéma, le bonheur d'avoir un espace à soi ou sa détestation des betteraves et des mocassins à gland… 


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#40 Valeria Bruni Tedeschi04 Nov 202100:38:36

Pour cette troisième saison, le Goût de M vous emmène à la découverte d'une nouvelle personnalité chaque vendredi. Un rendez-vous à retrouver gratuitement sur www.lemonde.fr et sur toutes les plateformes.

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Paris, 5e. Un appartement situé au troisième étage. Valeria Bruni-Tedeschi nous reçoit chez elle, un espace qu’elle juge « silencieux, vaste et serein ». L’actrice à l’affiche de La Fracture, le nouveau film de Catherine Corsini, et de la série d’Arte H24, vingt-quatre heures dans la vie d’une femme évoque pour nous comment se sont formés ses goûts.


Dans notre podcast, elle aborde le parfum de l’herbe coupé, la passion de sa famille pour l’art, ses lectures de Leopardi, Goethe ou Raphaël Haroche, L’Incompris de Luigi Comencini, le théâtre, Patrice Chéreau, ses rôles de folles bourgeoises et ceux de « Baby Doll », Gena Rowlands, son clown intérieur, le politiquement incorrect, Woody Allen, la gaiété et le confort de sa garde-robe, le baiser comme thermomètre de l’amour et l’essai de Thich Nhat Hanh, Prendre soin de l’enfant intérieur, selon elle, « plus fort » qu’un anxiolytique.


Valeria Bruni-Tedeschi y révèle notamment qu’elle a déjà été quittée parce qu’on la trouvait mal habillée et son attachement profond à la détente et au politiquement incorrect : « Le rire, c’est l’oxygène pour moi. Quand il n’y a pas le rire, ça m’étouffe un peu. »


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#37 Frédéric Pierrot (épisode complet)03 Nov 202100:36:46

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Frédéric Pierrot est le nouvel invité du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. Le comédien a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia, à l'occasion de la sortie, le 16 juin, du film Seize printemps de Suzanne Lindon, dans lequel il joue le père de l'héroïne. 


Frédéric Pierrot évoque son enfance en Normandie entre un père vétérinaire de campagne et une mère, peintre amateure, qui s'occupait du cabinet de son mari et de ses quatre enfants. Adolescent, il aime flâner à vélo entre la maison familiale et Dieppe, aller au cinéma et se prend de passion pour la clarinette à l'occasion du festival de jazz local Jam Potatoes. Un court séjour aux États-Unis lors duquel, employé comme garçon de vestiaire d'un club de golf, il côtoie musiciens, écrivains, acteurs et danseurs le convainc de se lancer dans une carrière artistique. Attiré par la mise en scène, il devient au gré des rencontres machiniste avant de s'essayer à faire l'acteur.


Le comédien qui a joué devant la caméra de Ken Loach, Jean-Luc Godard, Maïwenn ou Valérie Donzelli estime qu'« il est précieux de ne pas être identifié pour que les gens puissent se projeter ». Pour celui qui a marqué ce début d'année en jouant un psy dans la série En thérapie, il y a beaucoup de rapports entre le travail de l'acteur et celui de l'analyste. « Ce qui se dit n'est pas anodin » et laisse des traces profondes chez l'interprète. L'homme qui a le souci des choses durables aime prendre des nouvelles du monde en regardant les gens depuis une terrasse, curieux des autres et de ce qui l'entoure : « Tout ce qui permet d'ouvrir le monde est profitable, tout ce qui le referme est douloureux. »


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#36 Vincent Darré (épisode complet)02 Nov 202100:34:59

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Vincent Darré est le nouvel invité du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. Le styliste, décorateur, designer a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia, à l'occasion de sa nouvelle collection mode et déco pour Monoprix.


Vincent Darré évoque son enfance dans une famille d'intellectuels de gauche du 14e arrondissement à Paris autour de Mai 68 et notamment l'influence de sa mère, une femme engagée, féministe et excentrique avec une vraie curiosité. Après la séparation de ses parents, il suit son père dans le Lubéron, fréquente une communauté belge baba cool, avant de revenir à Paris jouer les branchés new wave au Palace, aux côtés d'Eva Ionesco ou Christian Louboutin. « On était une bande de prétentieux arrogants, des sortes de petits punks d'opérette. On voulait paraître et être des personnages », se souvient-il de ces années-là.


Bras droit de Karl Lagerfeld chez Fendi puis Moschino, Vincent Darré apprend auprès du grand créateur allemand à transformer tout problème en situation positive et à se réinventer. Pris au piège d'« une trajectoire qui ne [lui] ressemblait pas », il bascule dans les années 2000 de la mode vers la décoration. Avec succès. Pour Vincent Darré, un intérieur réussi, « ce sont de jolies lumières, des couleurs. Et des souvenirs mélangés avec des choses nouvelles ». Le touche-à-tout qui hait la banalité a le goût des personnalités singulières comme Arielle Dombasle, Loulou de la Falaise ou Valérie Lemercier. Celles et ceux « qui ont un monde sur leurs épaules, un univers qui les entoure ».


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#35 Delphine Horvilleur (épisode complet)01 Nov 202100:42:36

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Delphine Horvilleur est l'invitée du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. La rabbine, autrice et philosophe a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia, à l'occasion de la sortie de son essai Vivre avec nos morts (Grasset).


Delphine Horvilleur évoque son enfance dans la campagne champenoise entre un père médecin de campagne qui pense en marchant et une mère, très marquée par ses traumas familiaux, qui pense en prenant des bains. A 17 ans, elle part vivre en Israël. « Des années extraordinaires, raconte-t-elle, dans un pays où l'on sent la volonté de choisir la vie à tout prix. » Un autre séjour, à New York cette fois, lors duquel elle découvre un judaïsme plus progressif décide de sa vocation religieuse après des études de médecine et un début de carrière de journaliste.


Considérée comme une grande voix du judaïsme libéral en France, Delphine Horvilleur aime faire parler les silences. Ainsi, elle explique que « les textes sacrés étaient en attente de notre lecture féministe contemporaine. Une chance pour nous et nos traditions. » D'autant que selon la rabbine, le « féminisme peut contribuer à la réalisation du message d'émancipation ancestral ». Horvilleur confie au passage qu'elle aime glisser des paroles de chanson dans ses sermons. « Il ne faut pas déconnecter la plus profonde des théologies de la plus superficielle des expériences en apparence. Ce sont des mondes qui dialoguent en nous. »


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#34 Sami Bouajila (épisode complet)31 Oct 202100:36:57

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Sami Bouajila est l' invité du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. Le comédien a répondu depuis un hôtel parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia, quelques semaines après avoir reçu le César du meilleur acteur pour sa performance dans Un fils.


Sami Bouajila évoque son enfance à Grenoble entre un père contremaître, amateur de musique et de cinéma à l'aura poétique, et une mère bonne vivante et douce, tous deux originaires de Tunisie. Il se souvient avec tendresse des franches rigolades et de la simplicité de cette vie là. Une bande d'amis et la MJC du quartier l'initient à la liberté et finissent de le plonger dans un grand bain culturel dont il retient aujourd'hui les films d'Arthur Penn, Wim Wenders, John Cassavetes et Ingmar Bergman, les écrits d'Elia Kazan ou les chansons de Jacques Brel, Leonard Cohen et Bernard Lavilliers.


C'est d'abord par le milieu associatif dans lequel il évolue après avoir été objecteur de conscience qu'il se passionne pour le théâtre avant de venir au cinéma. Il accompagne l'éclosion d'une nouvelle génération d'auteurs français (Eric Rochant, Abdellatif Kechiche, Arnaud Desplechin…) porté par son goût de l'aventure et sa sensibilité. S'il reconnaît que ses origines ont pu représenter un frein pour certaines propositions de rôles, il appelle aujourd'hui à assumer une identité française pleinement métissée. « Le regard de l'autre ne regarde que l'autre, je ne le subis plus. »


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#33 Véronique Nichanian (épisode complet)31 Oct 202100:34:10

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Véronique Nichanian est la nouvelle invitée du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. La directrice artistique de la mode homme chez Hermès a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.


Véronique Nichanian évoque son enfance à Paris entre un père épicurien et exigeant qui partage avec ses enfants son goût du voyage, les emmenant notamment à Venise chaque été, et une mère au foyer qui aime cuisiner. Très vite, elle confectionne ses propres vêtements avec plus ou moins de réussite mais un vrai plaisir de faire les choses. Elle se souvient de cet imperméable réalisé à partir d'une toile cirée dont la manche est tombée l'après-midi même. Elle intègre la chambre syndicale de la haute couture avant de faire ses gammes chez Nino Cerruti. Des années de formation joyeuse passées à découvrir de nombreux savoir-faire comme de multiples cultures, partageant son temps entre Paris, l'Italie et le Japon.


En 1988, elle entre chez Hermès avec le projet d'y faire des vêtements et non pas de la mode. « Le vestiaire masculin me convient bien, dit-elle, parce que j'aime ce côté essentiel. » Ce qui ne l'empêche pas d'y intégrer un peu de couleurs et de rendre sensible la sensualité des matières, comme avec ce fond de poche en peau d'agneau. Véronique Nichanian cherche à créer des pièces qui parlent à la personne qui les portent. Comme un objet auquel on s'attache. Avec l'ambition d'inscrire ses créations dans le futur et dans une variété de propositions. « Je trouve totalitaire cet espèce de diktat qu'a imposé la mode d'une silhouette, d'un gabarit. Il est temps que tout cela explose. » Pour elle, avoir du goût, c'est d'abord, « exprimer quelque chose de singulier ».


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#32 Jean-François Piège (épisode complet)30 Oct 202100:34:43

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Jean-François Piège est l'invité du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. Le chef cuisinier a répondu depuis son Grand restaurant à Paris dans le 8e arrondissement aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia, à l'occasion de la sortie de son Grand livre de la cuisine française: recettes bourgeoises et populaires (éd. Hachette Pratique).


Jean-François Piège évoque son enfance à Valence dans la Drôme, entre un père commercial, qui lui transmet le goût d'entreprendre et de faire les choses de ses mains, et une mère coiffeuse qui aime les choses simples et vraies. Et a l'habitude de cuisiner à partir de produits locaux peu chers et de qualité. « Je n'ai jamais mangé une boîte de conserve chez moi, on allait toujours au marché », confie-t-il. Il s'initie avec sa tante au jardinage. Une pratique qui lui donne le goût de l'ingrédient et le mène ensuite à la gastronomie. « J'ai embrassé la cuisine par le jardin. »


Après l'école hotelière, il fait ses armes auprès de grands chefs dans des palaces comme le Plaza Athénée ou le Crillon avant de lancer ses propres tables. « On apprend la cuisine avec celle des autres puis un jour on fait la sienne », proclame-t-il. Il possède désormais 5 restaurants dans Paris (Le Grand Restaurant, Clover Green, Clover Grill, La Poule au pot, A l'épi d'or) aux identités marquées. « Un endroit, il faut qu'il soit singulier pour que ça donne envie aux mangeurs de venir. » Autant d'occasions pour le gastronome qui aime tant transmettre ses savoir-faire de partager avec ses convives d'un repas un peu de sa passion. « Ce qui caractérise la France, ce n'est pas la cuisine, c'est la table. »


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#31 Irène Jacob (épisode complet)29 Oct 202100:36:48

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Irène Jacob est l'invitée du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. La comédienne a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.


Irène Jacob évoque son enfance à Genève entre ses trois frères, son père astrophysicien au CERN qui aimait dessiner des flip books de personnages de cartoons, et sa mère qui, après quelques années passées au foyer, a repris ses études pour devenir psychothérapeute pour enfants. Très jeune, la future comédienne développe un fort intérêt pour les histoires, les déguisements. « Mon père m'a donné le goût des chats et du cinéma », confie-t-elle. Sa mère la pousse davantage vers la musique. Deux passions artistiques qui lui permettent d'accéder à son premier rôle au cinéma : celui d'une professeure de piano dans le film Au revoir les enfants de Louis Malle. En attendant de retrouver Krzysztof Kieślowski pour La Double Vie de Véronique, qui lui vaut un prix d'interprétation à Cannes en 1991.


Grande amoureuse des couleurs et de la cuisine italienne, Irène Jacob a trouvé dans la culture slave la force de l'expression des sentiments jusqu'au tragique. Elle préfère les maisons qui ont de la vie, un peu de « bordel » au look propret des intérieurs qui singent ceux des hôtels. Une énergie qu'elle aime retrouver sur scène. « Le théâtre, c'est l'instant, le présent, quelque chose de vivant », s'enthousiasme-t-elle. Ainsi les comédiennes qu'elle admire le plus – Gena Rowlands, Giulietta Masina ou Marie Trintignant ont cette capacité à aller dans les extrêmes. « Pour moi, le goût, c'est une émotion. »


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#30 Chloé Delaume (épisode complet)29 Oct 202100:42:31

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Chloé Delaume est l'invitée du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. L'écrivaine, qui a reçu le Prix Médicis à l'automne pour son dernier roman Le Cœur synthétique, a répondu depuis son appartement du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.


Chloé Delaume évoque son enfance au Liban puis en banlieue parisienne auprès d'une mère prof de français qui lui transmet l'amour de la lecture. A 10 ans, elle est témoin du meurtre de sa mère par son père et part vivre chez son oncle et sa tante. Elle raconte alors une adolescence difficile, en souffrance, et son goût du gothique, morbide dans l'esthétique comme dans ses pulsions. La langue de Boris Vian et d'Antonin Artaud ou encore la rage du Scum Manifesto de Valerie Solanas lui font l'effet d'un choc. Elle vit un temps de la prostitution puis bascule totalement vers la littérature. « L'autofiction a alors été ma planche de salut.»


Nostalgique des années 1980 et de la vague des « jeunes gens mödernes », dont elle admire l'esthétique pop et synthétique, Chloé Delaume trouve aujourd'hui à se réjouir dans l'émancipation des luttes féministes et de la sororité. « Mais je ne crois pas à l'histoire des femmes puissantes, tempère-t-elle. Je ne pense pas que ce soit un bon outil d'empowerment. » Profondément hétéro « à son grand malheur » de femme tendant à la misandrie, elle confie sa passion pour le shopping plutôt que les balades en plein air pour s'aérer la tête ; son aversion pour l'autotune (« on me fout PNL, j'ai envie d'envahir la Pologne ») et son emballement pour le premier album de Juliette Armanet. « Être une passeuse, conclut-elle, est ma véritable raison d'être. »


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#147 India Mahdavi, designer : « A cause des réseaux sociaux, tout se copie beaucoup plus. C’est difficile de trouver des univers très particuliers »27 Feb 202500:46:59
India Mahdavi dessine des endroits dans lesquels on se sent bien, plein de rondeurs, de couleurs, de sensualité, de chemins de traverse aussi. A l’image de son Bishop, ce tabouret inspiré par la pièce du fou au jeu d’échecs, qui est devenu une de ses signatures. Cette architecte d’intérieur et designer est parmi les plus reconnues de notre époque. Elle a notamment créé les décors de l’Hôtel Townhouse à Miami et de The Gallery at Sketch à Londres et les espaces de boutiques Ladurée.

Parmi ses réalisations récentes, la rénovation des chambres de la Villa Médicis, à Rome, ou encore les intérieurs du Musée PoMo, qui, à Trondheim, en Norvège, vient d’ouvrir ses portes. Au sujet de cet ancien bureau de poste, elle explique : « J’ai beaucoup travaillé sur des fragments du bâtiment qui sont des lieux interstitiels, comme une salle de lecture où on a voulu renouer avec la tradition de l’ornementation folklorique norvégienne. »

Elle accueille « Le Goût de M » rue Lacaze, dans le 7e arrondissement à Paris, où elle a recréé tout un écosystème : un studio de création, une boutique, un showroom et deux espaces d’exposition. Celle qui est née en Iran a connu plusieurs domiciles dans son enfance, aux Etats-Unis, en Allemagne, mais aussi en France. A Saint-Paul-de-Vence, elle goûte à la pédagogie libre de l’école Freinet et s’émerveille de l’architecture contemporaine de la Fondation Maeght. En allant au cinéma, elle découvre des réalisateurs comme Stanley Kubrick, Federico Fellini, Luchino Visconti, pour qui les décors sont des personnages à part entière. Elle confie aussi son admiration pour le chef décorateur britannique Ken Adam, qui a œuvré sur de nombreux James Bond.

Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.

Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
Musique : Gotan Project

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#29 Laure Adler (épisode complet)28 Oct 202100:44:37

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Laure Adler est la nouvelle invitée du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. La journaliste et écrivaine, animatrice de «L'Heure bleue» sur France Inter, chroniqueuse pour l'émission «C ce soir» sur France 5 et autrice du récent essai La Voyageuse de nuit, a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.


Laure Adler évoque son enfance en Guinée, alors encore une colonie française, entre un père ingénieur agronome, passionné par les plantes, et une mère qui avait abandonné son métier de sténo-dactylo pour suivre son mari et élever ses enfants. Elle a alors une vie simple, sans journaux ni livres centrée autour de l'océan où elle aime aller nager. A 17 ans, après un passage par la Côte d'Ivoire, la famille rentre en France du côté de Clermont-Ferrand, mais Laure Adler très engagée dans le mouvement de Mai 68 part vite poursuivre ses études à Paris. Elle y rencontre Simone de Beauvoir, Michel Foucault, Gilles Deleuze et, étudiante, participe à l'effervescence intellectuelle du moment. «Je suis arrivée à un moment où les jeunes étaient accueillis partout. On était considérés presque comme des égaux. On nous disait tout le temps que nous étions l'avenir.»


Le goût des livres, du cinéma, de l'art qui s'est formé à cette époque-là en autodidacte continue de l'accompagner. Marguerite Duras, dont elle signera une biographie, et Annie Ernaux font partie des quelques écrivains qu'elle vénère. «Il faut avoir l'esprit d'aventure avec les livres, s'ensauvager un peu soi-même», prône celle qui est entrée à France Culture comme secrétaire avant de devenir des années plus tard la directrice de la station. Une période dont elle ne garde pas un bon souvenir. La journaliste révèle que faire des interviews l'«angoisse» là où son dernier ouvrage, carnet de voyage autour de la vieillesse, l'a libérée d'un poids et l'a aidée à assumer ses 70 ans. «Mon amoureux se moque de moi, il dit que je suis devenue la madone des Ehpad.»


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#28 Lætitia Dosch (épisode complet)27 Oct 202100:37:24

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Lætitia Dosch est l'invitée du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. La comédienne, qui sera prochainement à l'affiche de Passion simple de Danielle Arbid adapté d'Annie Ernaux, a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.


Lætitia Dosch évoque son enfance à Paris, dans une famille à la Tenenbaum, du nom du film de Wes Anderson, avec un père parti quand elle avait 1 an, plombier devenu rentier à la suite d'un gros héritage, un peu voyou qui aimait les bagnoles, les femmes et le jazz et une mère qui essayait de s'extraire de son destin de femme au foyer. Rêveuse, celle-ci aimait la variété et des chanteurs comme Charles Dumont. Dans cet intérieur plein d'adultes et de reproductions de la nature, façon fausse jungle, la jeune fille se prend d'admiration pour Claude du Club des cinq et Stéphanie de Monaco. « Je me suis construite en imaginant et non en suivant des exemples », confie celle qui découvrira sa vocation pour la scène quelques années plus tard, lors de cours de théâtre dans un collège catholique privé où elle ne se sentait pas à sa place.


Passionnée par le jeu des acteurs (de Johnny Depp à Claire Danes) et le cinéma américain (John Waters, Tim Burton, Jim Jarmusch), français (Noémie Lvovsky, Patricia Mazuy) et danois (Lars Von Trier) des années 1990, elle se lance dans une quête de liberté qui la mène à ses deux premiers films marquants : La Bataille de Solferino et Jeune femme, Caméra d'or à Cannes. Amatrice de grunge, elle fuit la beauté classique et continue de voir dans le jeu le lieu où peut s'exprimer « tout ce qu'on n'a pas le droit de dire, de ressentir, de montrer ». « J'adore être sur scène et sentir que les gens sont bousculés. » Après le confinement et sa performance dans Passion Simple, à venir au cinéma, elle se sent désormais davantage attirée par la tendresse. « Récemment, j'ai redécouvert que je pouvais être une jolie femme. » Comme soucieuse de ne pas faire de cet affranchissement des codes qu'elle incarne avec tant de force à l'écran une nouvelle prison.


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#27 Camille Cottin (épisode complet)26 Oct 202100:46:26

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Camille Cottin est l'invitée du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. La comédienne, qui fait la voix de 22 dans le nouveau film de Pixar Soul (Disney +) et sera prochainement à l'affiche de Stillwater de Tom McCarthy aux côtés de Matt Damon, a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.


Camille Cottin évoque son enfance à Paris, entre un père peintre soixante-huitard et une mère affranchie, éternelle amoureuse, qui refera sa vie avec un analyste financier avant de s'installer dans les Pouilles en Italie avec son dernier compagnon, comme un grand terrain de jeu. « Je n'étais pas totalement dans la réalité », résume celle qui se passionne alors pour Grease ou Chantons sous la pluie. C'est au théâtre plus qu'au cinéma qu'elle fera ses débuts de comédienne – « le rapport à la caméra, c'est quelque chose qui a été difficile » – avant de se faire connaître d'un plus large public avec la pastille « Connasse », diffusée sur Canal +. « Je ne me rendais pas compte qu'on allait m'appeler Connasse peut-être jusqu'à la fin de ma vie. »

Admiratrice de Louis de Funès, l'ancienne enfant turbulente qui confesse avoir un souci avec l'autorité s'épanouit désormais dans les rôles anticonformistes, comme l'agente artistique Andrea Martel de la série Dix pour cent, que sa « virilité rend sexy ». « L'expression de la puissance féminine me plaît », jure l'actrice qui cite King Kong Théorie de Virginie Despentes et Sorcières de Mona Chollet comme deux de ses livres de référence. Un féminisme qu'elle intellectualise aujourd'hui mais qu'elle retrouve déjà en filigrane dans certains goûts affichés plus jeune, comme ce coup de foudre développé au cinéma pour Bagdad Café. Un film, explique-t-elle, qui développait déjà une réflexion intersectionnelle.


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#26 Nicolas Maury (épisode complet)25 Oct 202100:41:17

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Nicolas Maury est l'invité du podcast Le Goût de M proposé par « M Le magazine du Monde », en attendant la ressortie de son premier film comme réalisateur « Garçon chiffon ». L'acteur et cinéaste a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.


Nicolas Maury évoque son enfance à Saint-Yiriex-la-Perche, en Haute-Vienne entre un père, adolescent attardé, avec qui il regardait des westerns à la télé et une mère aimante et douce qui, enfant, faisait l'école à des chats les installant sur des chaises face à un tableau noir. Un amour des félins qu'elle a transmis à son fils qui partage son appartement avec Guguss.


Très jeune, il a l'envie d'être acteur, avec le « désir d'être regardé, révélé ». Impressionné par Vanessa Paradis ou Macaulay Culkin, « des enfants un peu plus grands aux destins exceptionnels ». Son travail de comédien, ce passionné de Proust, Colette ou Duras le vit d'abord dans un rapport très fort au texte. « Quand je joue je ne joue pas un personnage, je joue la personne qui l'a écrit. »


L'acteur a le goût des pirates, des vampires, des légumes farcis. Parle de manque, de désir, de rêves projetés, de sa deuxième nature pleine de trop. De l'idée d'être la poupée de soi-même. Dessiné par d'autres tout en se dévoilant soi-même. Il aime ainsi se réapproprier des vêtements dans lesquels au départ il ne se reconnaît pas. Aller par amour vers des choses qui ne l'attiraient pas. Pour celui qui aime rêver grand et déjouer la fatalité, « la noblesse d'une personne, c'est cette souplesse-là. »


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#25 Géraldine Nakache (épisode complet)24 Oct 202100:43:23

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Géraldine Nakache est l'invitée du podcast Le Goût de M proposé par « M Le magazine du Monde ». La réalisatrice et comédienne, apparue récemment dans la série «La Flamme» sur Canal+, a répondu depuis son appartement du Marais, à Paris, aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.


Géraldine Nakache évoque son enfance à Puteaux,avec en toile de fond la radio et la télé. « C'était notre fenêtre ouverte sur le monde. » 

De ce cocon familial, fidèle à la tradition du shabbat, elle retient également une « certaine façon de voir la vie en biais », l'humour comme « forme de politesse », le goût de la nourriture partagée, les heures passées à chanter et danser dans sa chambre sur Lio ou Mylène Farmer et les rires de son grand frère devant les vidéos enregistrées chez un voisin de l'émission des Nuls alors qu'elle est déjà couchée. « Le décodeur Canal+, c'était le sésame. »


Admiratrice du cinéma de Jacques Demy, de la BD Maus, des autobiographies de la chanteuse Patti Smith, de l'élégance Marina Foïs et de Pierre Lescure ou du travail du photographe Richard Avedon, Géraldine Nakache assume désormais également sa passion pour Céline Dion et la coriandre. Ainsi que son intérêt pour la mode, elle qui, plus jeune, était fière de pouvoir s'acheter son premier Burberry et s'amuser à refaire discrètement la garde-robe de ses petits amis. 


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#24 Joann Sfar (épisode complet)23 Oct 202100:45:40

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Joann Sfar est l'invité du podcast Le Goût de M proposé par « M Le magazine du Monde », à l'occasion de la sortie de son album « La Chanson de Renart » et de son film « Petit Vampire ». Le dessinateur et cinéaste a répondu depuis la librairie Gallimard, boulevard Raspail à Paris, aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia. Un lieu symbolique pour celui qui a « fait ses humanités » à la Sorbonne à Nice, une librairie tenue par le père d'un de ses amis, et qui se dit « armé contre les extrêmes parce qu'étudiant, je les ai lus avec passion ».


Marqué très jeune par la mort de sa mère, Joann Sfar raconte avoir vécu « l'enfance la plus heureuse du monde », lui qui aimait pourtant laisser couler ses larmes : « Je me mettais derrière un miroir, je disais “Oh le pauvre petit orphelin et je me faisais pleurer” », explique-t-il. Il se rappelle sa grand-mère mangeant du crabe en cachette (« C'est forcément casher parce que c'est bon ») ; son père avocat devenu notable, séducteur macho, marrant et dur, qui « d'un coup a dû s'inventer une âme maternelle » ; son grand-père, rescapé de la Shoah, aux « 300 milliards de maîtresses », dont une mère et sa fille allemandes, qui lui expliquait : « L'antisémitisme s'arrête aux portes des chambres d'hôtel. » Une galerie de personnages haut en couleurs qui nourrissent ses œuvres habitées par la question de ce que l'on « peut faire avec le vide ». Ses drôles de monstres qu'il laisse aller dans le réel. « J'ai besoin de fonder mon imaginaire sur un terroir. »


La littérature et le cinéma sont deux autres sources importantes d'inspiration pour le dessinateur qui a eu sa « première relation sexuelle devant Rambo 3 » et qui sorti de l'adolescence a adoré Sylvester Stallone, Jackie Chan ou Chuck Norris. « En faisant des BD, j'avais l'impression d'être spectateur de cinéma », glisse celui qui, enfant, se plaisait à dessiner des singes et des chevaux. Il cite pour compagnon Chagall et William Steig, les livres d'Alexandre Dumas, Frédéric Dard ou Arthur Conan Doyle ou encore Hugo Pratt à qui il voue une profonde admiration. Récemment, il se dit particulièrement marqué par le film « Une fille facile » de Rebecca Zlotowski.


Passionné de philosophie, il défend une fiction empreinte de chaleur, de gourmandise, de passion, à l'image des films de Fellini. Cinéma populaire de son enfance. Et loue notre façon de nous nourrir, de boire, notre rapport à la sensualité, forte de sa liberté : « On ne se rend pas compte à quel point les Français sont hautement éduqués pour ce qui touche à l'art de vivre, confie-t-il. Pour moi, c'est un apprentissage de la délicatesse. » Une approche de la vie qui le porte davantage du côté de François Hollande, ce « personnage à la Sempé qui a une conscience aiguë des limites du pouvoir politique en France », plutôt que d'Emmanuel Macron. « Les gens qui le haïssent le plus, ce sont les monarchistes, ce qui imaginent qu'il a vraiment le pouvoir. » Si Joann Sfar a retenu quelque chose du judaïsme, c'est la défiance des idolâtries.


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#23 Jane Birkin (épisode complet)22 Oct 202100:42:01

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Jane Birkin est l' invitée du podcast Le Goût de M proposé par « M Le magazine du Monde », à l'occasion de la sortie de son album « Oh ! Pardon, tu dormais… », réalisé avec Etienne Daho. La chanteuse a répondu depuis son appartement du VIe arrondissement à Paris aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia. Jane Birkin y revient sur son enfance entre un père issu de la grande bourgeoisie, officier navigateur, héros de la résistance, et une mère, comédienne excentrique. Elle évoque la maison familiale sur l'Ile de Wight, sa fascination pour son frère rebelle. Ses parents et une professeure l'année du bac l'initient à la littérature, au théâtre, au cinéma. Elle se souvient de sa lecture des nouvelles d'Antonia Fraser, de sa découverte de « West Side Story » ou d'un concert mené par le chef d'orchestre Leonard Bernstein, à qui elle demanda un autographe. Une série de rencontres et de hasard la mènent à auditionner pour les planches et pour le cinéma, « Blow Up» d'Antonioni, notamment. « On m'a prise au cinéma parce que j'étais mignonne », s'amuse-t-elle. Elle rencontre son premier mari John Barry, en tournant une comédie musicale, puis Serge Gainsbourg sur le plateau de « Slogan ». Deux hommes qui ont façonné ses goûts. Elle assume son sens très personnel du style, piochant allègrement dans le vestiaire homme. Et son inclination pour les objets usés et humoristiques, dont elle aime s'entourer. Notamment ceux qui représentent des animaux – elle dresse au passage l'éloge de son chien Dolly qui l'a « portée pendant qu'elle était malade » et pendant le confinement. Elle reconnaît sa dette à l'anticonformisme britannique et célèbre la cuisine simple et croustillante qui fait plaisir aux enfants. Pour finir, elle encense le bonheur qu'il y a à se sentir libre et évoque le charme des choses que l'on quitte. Femme de regrets qui se plaît à égayer les autres.


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#22 Lola Lafon (épisode complet)22 Oct 202100:40:18

Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

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Lola Lafon est l'invitée du podcast Le Goût de M proposé par « M Le magazine du Monde », à l'occasion de la sortie de son roman « Chavirer », qui a reçu le prix Landerneau des lecteurs 2020. L'autrice a répondu depuis son appartement du XVIIIe arrondissement à Paris aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia. Lola Lafon y revient sur les différentes résidences qui ont marqué son enfance entre la Roumanie, où ses parents ont émigré peu après sa naissance en 1974, et la France où la famille avait encore des attaches, dans les Landes notamment. Elle évoque son père, professeur de littérature brillant et accessible, spécialiste du XVIIIe siècle, qui adorait courir, le judo et cuisiner avec elle. Et sa mère, d'origine bielorusse et polonaise, passionnée de littérature également. Lola Lafon se souvient des débats très animés à la maison, sur tous les sujets, de la désillusion de ses parents face au communisme mais des rapports formidables entretenus avec les étudiants, de la méfiance de l'ambassade de France pour cette famille à part. Elle garde en mémoire des images fortes, des odeurs, la langue. C'est là qu'elle se prend de passion pour la rigidité de la danse classique après avoir vu « Un Américain à Paris » dans une salle de Bucarest. A la consternation de ses parents, plus sensibles aux mots qu'au langage des corps.


Un podcast produit par Géraldine Sarratia (Genre idéal)

Réalisation : Sulivan Clabaut

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#39 Karin Viard (épisode complet)01 Jul 202100:41:53

Karin Viard est la nouvelle invitée du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. L'actrice à l'affiche cet été des films Tokyo Shaking (en salle), Les Fantasmes (le 18 août) et L'Origine du monde (15 septembre) a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.


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Karin Viard raconte sans fard à quel point la solitude et l'ennui ont marqué son enfance, la honte, le rejet, les souvenirs atroces de Noël…. Après la séparation de ses parents, elle quitte Oran en Algérie pour retrouver Rouen où elle est née et habite dans un appartement rue du Fardeau, « ce qui a fait les beaux jours de ma psy ». Très vite, sa mère les délaisse elle et sa sœur. Elle est alors élevée par ses grands-parents dans un « univers de personnes âgées ». Enfant un peu sauvage, elle se servira du rire pour tenter de s'intégrer. Profondément marquée par ses origines modestes et les années de vache maigre lors de son arrivée à Paris, elle confie avoir « vécu de façon cuisante l'humiliation de classe ».


Le visionnage à 9 ans du film Notre-Dame de Paris avec Gina Lollobrigida et surtout Anthony Quinn en Quasimodo décide de sa vocation. « Il a fait éclater les murs de mon existence. Il m'a procuré une émotion tellement forte. Je me suis dit je veux faire ça. » Cette « capacité d'émotion » a guidé toute sa carrière de Tatie Danielle à Chanson douce en passant par Haut les cœurs et ses collaborations avec de nombreux jeunes réalisateurs. Le cinéma lui a appris à s'aimer davantage, elle qui a « le goût de la joie comme une politesse envers l'autre ». Elle n'aime rien de plus que les personnages ambivalents, qu'elle aborde en laissant de côté la morale, qui « expriment ce qu'il y a de pire et de mieux dans l'humain ». Deux extrêmes qui ont traversé sa vie.


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#38 Guillaume Meurice (épisode complet)17 Jun 202100:36:01

Guillaume Meurice est le nouvel invité du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. L'humoriste et écrivain a répondu depuis les locaux de Radio France aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia. Le chroniqueur de l'émission « Par Jupiter ! », qui a sorti au printemps le livre historique Le Roi n'avait pas ri (éd. JCLattès), prépare pour l'an prochain son nouveau spectacle « Meurice 2022 ».


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Guillaume Meurice évoque son enfance en Haute-Saône entre un père fan de Brassens et une mère passionnée de lecture qui avaient racheté une Maison de la presse-Librairie. Elève espiègle, il se souvient de sa passion pour l'Olympique de Marseille et pour les humoristes qu'il allait voir en spectacle à Vesoul, des dîners joyeux à débattre en famille, de la fois où le vote de son père pour Mitterrand avait été démasqué par son épouse alors qu'il avait promis sa voix aux écologistes. Toutefois, ce n'est qu'une fois étudiant à Aix-en-Provence qu'il commencera à s'intéresser à la politique et se décidera à tenter le Cours Florent à Paris, même si « faire marrer les gens [lui] a toujours plu ».


L'humoriste explique que s'il estime « manquer de répartie », il aime à pratiquer le « aïkido sémantique », en se servant des propos de son interlocuteur pour mieux les questionner. Obsédé par la question du réel, il ne se sent ni « rebelle insurrectionnel » ni « toutou du pouvoir » mais quelque part dans une zone grise entre les deux. « Parfois nos chroniques donnent du baume au cœur à des gens en galère et je me dis que c'est déjà pas mal », résume le végétarien qui a toujours eu le goût de l'irrévérence. « Je ne vois pas de raison d'accepter les choses telles qu'elles sont. »



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#146 Vanessa Springora, autrice : « Mon père est mort quelques jours après la parution du “Consentement”, et j’ai pensé que c’était le livre qui l’avait tué »20 Feb 202500:51:19
En 2020, l’écrivaine et éditrice Vanessa Springora signe « Le Consentement », un livre d’une grande puissance où elle raconte la relation abusive et la prédation qu’elle avait subies adolescente avec l’auteur Gabriel Matzneff. Pendant qu’elle assure la promotion de son livre, elle apprend subitement la mort de son père, avec lequel elle n’avait plus de relation depuis son enfance. En triant des objets lui appartenant, elle découvre des photographies de son grand-père avec des insignes nazis. C’est le début d’une enquête qu’elle va mener sur ses origines. Et qui aboutira, cinq ans plus tard, à son deuxième roman, « Patronyme ».

Vanessa Springora nous accueille chez elle, une ancienne confiserie transformée en habitation, à Belleville, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris. Elle raconte sa scolarité, avec une institutrice pittoresque et ses découvertes de « livres-témoignage » « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée et prostituée », « L’Herbe bleue » de Beatrice Sparks, « Le Pavillon des enfants fous » de Valérie Valère.

Ayant vécu à Mexico, l’autrice donne ses impressions de ce pays d’Amérique du Nord où elle a ressenti un fort tremblement de terre et d’où elle a ramené un objet fétiche : un autel portatif… Elle s’amuse aussi du point commun entre son mémoire de maîtrise sur la notion de trouble dans les romans de Georges Bataille et le nom de la collection qu’elle dirige actuellement chez l’éditeur Julliard : Fauteuse de trouble.

Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.

Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
Musique : Gotan Project

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#21 Woodkid15 Oct 202000:39:45

Woodkid, Yoann Lemoine de son vrai nom, 37 ans, est le nouvel invité du podcast Le Goût de M proposé par « M Le magazine du Monde », à l'occasion de la sortie de son nouvel album « S16 ». Le compositeur et interprète a répondu depuis son appartement du XVIIIe arrondissement à Paris aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia. Woodkid y évoque son enfance à Pommiers, dans le Beaujolais, entre un père, qui travaille dans la pub, cinéphile, et une mère au foyer, amatrice de Barbara et obsédée par une interprétation du « Stabat Mater » de Vivaldi par James Bowman. Il se remémore l'émission « Culture Pub », les films loués dans un vidéoclub (« Splash », « 2001, l'Odyssée de l'espace »), un voyage en Pologne, d'où était originaire sa mère, au tout début des années 1990 et les plats que prenait le temps de cuisiner sa grand-mère. Passionné par le dessin, il entretient une relation d'amour-haine avec la musique qu'il étudie au conservatoire (flûte à bec) puis dans des cours privés (le piano). Adolescent, il a un Mac chez lui dont il se sert pour créer des images, à l'aide de photoshop notamment. Il fera des études d'art graphiques à Lyon, puis sera employé par une société de jeux vidéo à modéliser des décors en 3D en liaison avec le studio de Luc Besson EuropaCorp. Entre-temps, le jeu « Final Fantasy VII », sorti en 1997, et internet ont nourri son imaginaire érotique et la découverte de son homosexualité, qui s'épanouira dans les clubs gays et les saunas. La sensation d'être enfermé dans le salariat le pousse à évoluer. Il réalise des clips pour Yelle, Moby, Katy Perry, Rihanna ou Lana Del Rey et accède à une première forme de célébrité. En 2011 sort son premier titre, « Iron », suivi deux ans plus tard de l'album « The Golden Age ». Woodkid revient sur les grandes thématiques qui habitent son travail : le rapport à l'enfance, l'ombre et la lumière, la vulnérabilité, les utopies et dystopies que génèrent les grandes forces qui dominent le monde. Il raconte son ressenti d'être un transfuge de classe qui a déjà traversé cinquante vies, parle de son esprit scientifique et de sa capacité à mettre en doute et questionner en permanence ses goûts et ses acquis. Son admiration va aux passionnés qui bousculent sa vision de la beauté comme Lars Von Trier au cinéma ou Demna Gvasalia (Balenciaga) dans la mode. Il confie que l'idée du moche l'intéresse de plus en plus. Explicite son rapport à la beauté, à son corps, aux objets. Fan de design, il possède chez lui du mobilier imaginé par Gino Sarfatti, Ettore Sottsass et George Nelson et une grande cuisine centrale à partir de laquelle il organise des dîners, en amateur des plaisirs de la table. Un goût qu'il aime à partager avec ses proches.


Toutes les deux semaines, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

 

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#20 Camille Laurens01 Oct 202000:41:25

Camille Laurens est la nouvelle invitée du podcast Le Goût de M proposé par « M Le magazine du Monde », à l'occasion de la sortie de son nouveau roman « Fille ». L'autrice a répondu depuis son appartement du XXe arrondissement à Paris aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia. Camille Laurens y évoque son enfance à Dijon, son père protestant, scientifique féru de musique classique et d'humour ; sa mère, femme au foyer d'abord, puis secrétaire, volontiers autonome vis-à-vis de son mari. Une vie de famille pas tout à fait comme les autres, chacun des parents ayant une liaison officielle. Elle décrit dès l'âge de 4 ans son goût de la lecture, beaucoup de littérature jeunesse puis, adolescente, des auteurs plus adultes comme Albert Camus ou Françoise Sagan. Marguerite Duras, Roland Barthes, Marcel Proust et Annie Ernaux forment aujourd'hui le panthéon personnel de sa bibliothèque à laquelle elle est très attachée. Cette passion de la littérature la mène en classe prépa à Paris, puis à se lancer dans l'enseignement en Normandie d'abord, puis au Maroc. Les plus belles années de sa vie, dit-elle. C'est là qu'elle commence à être publiée, influencée par les polars qu'elle dévore à longueur de journée, le mouvement Oulipo et le formalisme du nouveau roman avant de basculer vers l'autofiction à la mort de son fils Philippe, quelques heures après sa naissance. Elle parle de son rapport à l'écriture. Et de son histoire avec le féminisme des années 1960 à aujourd'hui avec le mouvement Me Too. Camille Laurens revient pour finir sur son expérience de juré, elle qui remplace Virginie Despentes au Goncourt, et défend le goût comme l'espace d'expression d'une subjectivité.


Toutes les deux semaines, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

 

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#19 Benjamin Biolay25 Jun 202000:45:11

Benjamin Biolay est le nouvel invité du podcast Le Goût de M proposé par « M Le magazine du Monde », à l'occasion de la sortie de son nouvel album « Grand Prix ». Le chanteur a répondu depuis son appartement du VIe arrondissement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia. Benjamin Biolay y évoque son enfance à Villefranche-sur-Saône, l'odeur des merguez aux abords du stade de foot et celle des gitanes filtre qu'il achetait pour sa mère ; son départ pour Lyon et ses années au conservatoire. Il décrit la passion de son père pour la musique romantique allemande ; ses premières compositions à l'âge de 14/15 ans ; son amour alors de la pop anglaise des Beatles à The Smiths. Et revient sur sa rencontre décisive avec Hubert Mounier, le chanteur de L'Affaire Louis' Trio. Il dit son admiration pour les crooners de Sinatra à Jim Morrison, son amour pour Marilyn Monroe ou l'écrivain Scott Fitzgerald. Aborde son rapport à l'Amérique, sa fascination pour les premiers romans de Bret Easton Ellis ou les disques des Strokes ; son statut de chanteur, sa relation à la nuit et pourquoi il a décidé de maintenir la sortie de son premier single en plein confinement. Enfin, se proclamant imperméable au goût des autres, il chante les louanges de Frank Ocean et de Chet Baker, « l'esthète absolu» et dénonce l'obscénité d'une partie de la politique menée par le gouvernement.


Toutes les deux semaines, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.

 

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