Au fil de l'existence, au gré des circonstances,
il est de ces moments d'expérience du beau où la splendeur de la nature, l'exaltation des sens, la force des sentiments m'atteignent au plus profond.
Les pensées et les mots ordinaires font place au silence d'une joie sereine dont le vide n'est pas vide.
Il trouve en résonance la parure enseignante de ces morceaux donnés ici en partage.
La poésie de la Vie est ce que notre élan nous pousse à Voir et à Sentir en Elle, pour trouver, d'instant en instant, le goût du Renouveau qu'est la Lumière en nous.
Renaud Soubise
Les choix musicaux et les arrangements sont de Sophie Reymond.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Emporté par la puissance de la reliance, je pense à toi.
Puisse ce canal t'aider à relever la tête, à être fière de la grandeur que tu rayonnes et digne de tout ce que tu donnes et reçois, car tu ne reçois jamais rien sans donner, au moins ton accueil.
À distance, je m'efforce d'instant en instant d'être avec toi, et je te tiens la main.
Puisque tu donnes tant, alors la Vie te rend. Elle est en train de te faire le cadeau de l'épreuve, tout simplement parce qu'elle te fait confiance pour la passer.
Tu ne sais plus quand tu as gravi la première marche de l'escalier. Depuis, tu en as déjà tant gravi, le plus souvent dans la grâce de l'insouciance.
Il y aura toujours d'autres marches. Chacune est le nouveau pas du « pas à pas » qui est le tien, au rythme de ton potentiel grandissant à l'infini.
Je sens qu'il y a cette vérité inscrite dans l'intention première de l'origine de tout : rien, absolument rien, n'advient pour qui ou quoi n'est pas à la hauteur de le traverser.
Le défi qui se présente n'a rien de l'apparence.
Aucune apparence n'a de réelle substance.
Si le besoin réel est d'être nourri, le potentiel réel est cette monnaie dont la face est le goût et le revers la faim. La saveur n'a que la volatilité de l'apparence.
Ici, le défi est l'épopée de la suivante marche, le petit pas possible d'après, plus grand pourtant, toujours plus grand, sur le chemin de devenir soi-même.
Ce chemin est ta fortune.
Bienvenue aux problèmes !
Remettre en mouvement des muscles endormis occasionne crampes et courbatures. C'est la santé de l'âme qui s'éveille. La douleur de la renaissance. Les problèmes sont les tourments utiles de l'éclosion. Celui de la chenille est sa destinée de papillon qui la pousse à quitter sa chrysalide via la rupture lente et sensible des membranes menant au renouveau.
La tentation est grande de relâcher les bras et de se résigner à demeurer dans sa coquille. En plus d'être vain, funeste et stérile, cela demanderait le courage inconscient d'une épreuve bien plus grande et bien plus douloureuse que d'aller de l'avant, l'esprit libre et le cœur vaillant.
Il en est ainsi.
Tu as toute liberté de quitter cette salle pour entrer dans la suivante, mais à mesure que tu attends, les murs se rétrécissent. Cela s'appelle le temps.
Il sert la Vérité qui est emplie d'Amour.
Quelle que soit ta place, une autre t'attend. Jusqu'à ce que tu te trouves.
Savoir, Vouloir, Pouvoir n'ont de sens en dehors d'Être,
aucune essence.
C'est Être seulement qui sait, veut et peut,
Être qui s'ouvre, émet et reçoit.
Être suffit et demeure,
le premier à l'origine
et le dernier au bout
que l'expérience révèle.
Quels diamants enfouis
surgissent et resplendissent
de l'assaut des tempêtes
d'espérance, d'illusions, de vérité et de néant ?
Être est.
Être est nous,
nous tous,
nous tout.
Nous ne savons pas qui nous sommes,
Être que nous sommes.
Nous croyons être ce que nous savons,
Cheminements
Saison 1 · Épisode 55
samedi 22 février 2025 • Durée 10:22
Par l'esprit funambule du fil du temps qui passe, devenons sagement tout ce qui nous façonne de ce qui nous fascine.
L'ouverture régulière au questionnement subtil vient colorer de sens le bout du temps qui passe. Il est tant de moments sans but en apparence, qu'il devient inspirant de sillonner en nous ce qui est essentiel.
Aucune seconde ne manque. Chaque fraction mentale, comme chainon cardinal, est le témoin qui passe l'intime de l'infime de l'éternel présent, en cadeau de principe, à la fraction suivante du fil de la Vie, où continuellement nous nous réinventons.
Là, le temps oublié, en soi n'est pas perdu. L'empreinte de tout instant vient nourrir l'existence, où ce que nous perdons est bien trop l'occasion d'exercer consciemment notre intense pouvoir qui est le don de vivre ! Ce qui, tout à la fois, féconde l'expérience en la fertilisant, la rend reproductible autant que transmissible.
Nos croisières formées de toutes circonstances tressent nos destinées comme s'entrecroisent en nous nos spirales d'ADN. Le premier filament est le soin, que la langue, cocasse, dit prendre pour signifier donner : soin de tout, soin de toi, de Soi, pour agréer, garder et protéger le temps impénétrable, mystérieusement alloué. L'œuvre du second brin, en principe mentor, l'élan et l'acuité, l'intensité vivante d'une conscience d'être se cherchant elle-même, consacre le précieux temps à nous actualiser vers l'idéal du Soi, la version la plus proche du meilleur abouti d'un potentiel sublime, ceci parfois au prix de notables détours que dessine pour nous l'école de la Vie, procurant tôt ou tard, lorsqu'on le réalise, ce qu'est une joie saine et la paix tendre et simple. Connaissons seulement que la saveur ancrée d'une telle potion fait intégralement partie de l'équation.
Meilleure version de nous-mêmes, ou bien tout au contraire, la pâle copie dont nous sommes tout aussi capables, en nous illusionnant de leurres édifiants, méandres de décorums dont nous sommes, bien sûr, les seuls architectes et les orchestrateurs, juste par le regard posé sur chaque chose, ou sur chaque personne, fait ou situation. Regard, bien sûr emprunt de toute nos mémoires, néanmoins souverain autant que fondateur. C'est lui à l'origine de nos émotions, de la moindre pensée, de nos élocutions et enfin de nos actes. Tant d'éléments boomerangs qui, en miroir, emplissent l'air immédiat des bulles respirées par nous et tous nos entourages en interdépendances. Regard qui, déjà et toujours, conditionne la suite.
Inspiration
Saison 2 · Épisode 11
jeudi 16 janvier 2025 • Durée 08:07
Hommage à l'ouverture et à la délicatesse.
À toi mon amie, petite sœur qui ouvres grand ton cœur aux pièces embuées de leur fraîche éclosion, offrant à chacune d'elles, en parure de naissance, tous les écrins sonores et inspirés qui font nos épisodes.
Au début, c'est comme une énergie prégnante et nébuleuse qui cherche à s'exprimer et dont j'ignore beaucoup. Je ferme les yeux et la laisse résonner en moi, afin qu'elle prenne corps et sillonne des mots parfois mal assurés. Un message passe, tout d'abord mystérieux, qui se révèle de locutions, nuances, métaphores et autres paraboles, en un matériau qui finalement habite ma conscience et que j'écris, le plus souvent avec plaisir et pas toujours adroitement ni sans inconfort.
Commence alors une relation, qui ne va plus loin qu'avec amour pour l'intention naissante, à accueillir, apprivoiser et à laquelle aussi m'acclimater, afin d'en comprendre et de bien en ingérer et intégrer le sens, et commencer à apprécier la profondeur et les contours de ce qu'elle vient m'apprendre et transmettre.
Le texte qui se dessine n'est cependant pas uniquement signifiant, mais aussi et surtout vivant, doté d'une humeur, d'une tonalité émotionnelle qui s'impose dans la séquence d'affinage au cours de laquelle je me sens être autant acteur qu'observateur ouvert et apprenant de la fidélité nouvellement installée qu'il m'inspire, où il se hisse à une hauteur bonifiée de circonstances et de formulations qui lui donnent image et relief, jusqu'à être lisible à haute voix, ce qui le porte en réalisation, encore objet de moult ajustements avant de pouvoir être enregistré, avec la vigilance qui, à nouveau, donne lieu à nombre d'itérations pour le son, le timbre, le rythme et l'intonation.
Arrive alors le grand moment de solitude pour moi vivant sa mise au monde, d'en envisager le partage à toi qui n'a pas fait ce voyage et te trouves sans doute surprise par l'angle choisi pour éclairer une vérité dont tu n'attendais généralement ni l'un ni l'autre. Mise en abîme, enseignante une fois de plus, de l'estime que je porte à l'auteur que je deviens, quant à la confiance que j'accorde à la justesse de mon rêve émergeant ainsi au Réel, délicate intimité que je te confie.
Célébration
Saison 2 · Épisode 10
lundi 2 décembre 2024 • Durée 06:45
Mais que célébrons-nous, en réalité ?
Le jour de ton anniversaire, je pense fort à toi et m'efforce de te rendre visite, d'appeller ou bien t'écrire pour témoigner et le célébrer.
J'ai cherché le sens réel et sincère de ce que je souhaite pour toi ce jour-là : c'est que tu ailles et sois bien, dans ta tête, dans ton cœur, ton corps et ton esprit... dans ta vie, en fait.
Voilà qui me relie à ce que je visualise, en toi et pour toi, aux moments où je suis à tes côtés, de près ou de loin.
Nous avons cette coutume existentielle de témoigner présence et attention à celle ou celui qui compte pour nous et dont l'âge s'incrémente d'une année.
Je me souviens d'avoir lu que, dans « Les béatitudes », Yvan AMAR s'offusquait de telles félicitations, arguant que nul ne mérite rien de particulier du seul fait de passer de la veille au jour de son anniversaire.
De plus, à mesure que l'âge progresse, il peut s'avèrer délicat de le célébrer. D'aucuns préféreraient qu'on ne le leur rappelle point, alors qu'en vérité, ils supporteraient certainement mal d'être pris au mot, puisque l'attention de la famille et des amis découle justement du fait d'avoir des proches, de compter pour eux, et donc d'être aimé.
Mais, ne sommes-nous pas à la superficie de la question ? Sur le plan spirituel, nous avons appris, voire réalisé, que le temps n'existe pas et qu'au fond, la fraîcheur de notre esprit est assurément celle incarnée de l'enfant intérieur, éternel et serein, que nous ne cessons d'être, qui n'a rien d'infantile, qu'il soit de quelques heures ou bien de décennies et quelle que soit son apparence.
Le mien ne cesse de sourire au tien qui transparaît et m'éblouit d'être qui tu es.
Si le temps n'existe pas, il est suffisamment ancré en nous pour être bien compté : chaque seconde, chaque minute, heure, jour, semaine, mois ou année symbolise nos pas ou quelques enjambées sur un chemin, qui sans doute n'a pas commencé, ayant pourtant « Soi » pour origine, et sans doute ne finira-t-il pas, allant pourtant résolument vers « Soi », en conscience ou inconsciemment.
Conception
Saison 1 · Épisode 54
lundi 25 novembre 2024 • Durée 01:39
La vie, qui se donne à elle-même et ainsi se perpétue.
Trois faisceaux de trajectoires d'énergie de l'Esprit, de la psyché et de la matière se rencontrent, se fondent et se soutiennent en l'ouverture et la fulgurance de la Vie, une vie infime et intime qui vient grandir de ce qu'elle est déjà grande, transformer de ce qu'elle change déjà tout, prendre place, là où n'est rien moins que l'Univers.
L'Amour, qui s'appartient à lui-même et comprend tout, vient s'incarner pour donner à nouveau, sur ce plan qui comprend peu, le sens de l'innocence, refoulée et oubliée, qui ne s'y perd point, s'émancipant à la mesure du besoin du monde.
Du plus profond de nos mémoires, un vieux clou tordu et rouillé restait irréversiblement planté au mur de notre ancien dortoir.
Un grand sac pesant, à l'étoffe incertaine, tout aussi oublié que quiconque l'ayant accroché là, le tirait vers le bas, se fatigant lui-même, ainsi qu'il fatiguait d'un contenu massif, sa patère de fortune.
Il arrivait aux unes, aux uns, aux autres de faire ici la sieste, les hivers calfeutrés, l'été, fenêtres ouvertes aux sons de la campagne et de la maisonnée, auxquels, à notre insu, se mêlait la complainte discrète et continue qu'endurait la matière et du clou et du sac.
Lieu de repos ou de passage, de rencontre et de partage, de séduction ou de conquête, de frottement ou de transgression et de compromission, de recul et de rupture, d'indifférence, de plénitude et/ou de solitude... Se vivaient là les rêves fous, ensommeillés ou engourdis du drame et de la comédie, les affres de la scène humaine, en ce théâtre de lumière, d'insouciance, d'allégresse, d'excitation, de tolérance ou d'étroitesse, de déception et de tracas.
Nul ne prêtait attention aux grincements insignifiants d'un sac usé et tiraillé, pendu à un clou biscornu d'une arrière-salle de l'univers, s'empesant depuis la nuit des temps de l'épaisseur de l'erreur, par laquelle se séparaient, se dispersaient et s'enfermaient les esprits, s'allégeant par ailleurs de toute réalisation de la vérité, dont se nourrissent et s'illuminent les âmes.
Calibré à l'équilibre, le clou ployait sous la charge depuis des millénaires, sa structure craquelante et l'anse déformée du sac gémissant en s'échangeant des tics tacs fondus dans le profond silence des ignorances.
Tension jusqu'à l'extrême déchirure qui initia le grand vacarme de la chute du sac, dont la brutalité assourdissante fracassa toute individualité, depuis son lieu d'éloignement, sur l'unique et implacable vérité du Réel.
Réseau Entreprendre
Saison 2 · Épisode 9
jeudi 4 juillet 2024 • Durée 05:47
Le 4 juillet 2024
Anniversaire du Réseau Entreprendre Seine et Eure
Seine et Eure, Quel réseau !
Professionnel, humain, généreux, bouillonnant,
à hauteur de la cause : « Pour créer des emplois, créons des employeurs », et de nobles principes portés de « Gratuité et Réciprocité ».
Il m'a suffi d'oser croire en moi autant qu'en mon projet, croire et confier aussi en les autres, bien sûr.
Je ne pouvais pourtant entrevoir, ni attendre l'inespéré nectar que tu m'as prodigué en tant que Lauréat. Je n'ai pu que le boire pour le trouver sublime !
Ta confiance accordée a renforcé la mienne, par tous, celles et ceux déjà passés par là et connaissant la voie, qui m'ont tendu la main, stimulant mon audace et atténuant mes doutes.
D'une alchimie, tu œuvres sans pression, ni consigne.
Par ta compréhension, dans le profond respect d'où tu m'as accueilli, mon pas s'est libéré sous ta belle influence qui étoilait ma route.
Je ne peux vraiment dire ni en quoi, ni comment, tout en te fréquentant, s'est éveillé en moi ce qui m'est arrivé.
Personne ne m'a dit qui je devrais mieux être, ce que j'avais à faire. Rien d'autre qu'un grand lot de vertus inspirantes offertes comme source de saine nourriture.
Il y a eu des clubs, des repas, des rencontres, maintes célébrations, des sujets d'ouverture et occasions d'apprendre. Bien plus, en vérité, que le financement et l'accompagnement très personnalisé que je venais chercher.
Toute ma liberté, dans mes priorités, de recevoir, afin que rien ne soit pas fait de ce qui est essentiel.
Si tu m'as trouvé fier, ambitieux, impliqué et très déterminé, tu m'as bien soutenu, challengé, conforté, pour tout dire, reconnu.
J'ai pu être fragile, dispersé, incertain, éloigné, débordant, quelques fois balbutiant ou même en perdition. Tu m'as accompagné, entouré, orienté, endigué, assuré pour me sécuriser.
L'appel de l'aube
Saison 1 · Épisode 52
mardi 11 juin 2024 • Durée 16:52
Pourquoi maintenant, t’inquiètes-tu de tout si partiellement ?
J’ai ouvert un œil. Le jour se lève tout juste. Il doit être à peine six heures.
L’air est si doux. C’est le début de l’été. La forêt est une symphonie. Me rendormir serait tout indiqué, mais je sens qu’une grande vitalité, une énergie fringante et décidée me voudrait déjà dehors.
Le jardin donne sur un très beau sentier s’ouvrant sous les arbres. Je ne proteste pas bien longtemps, avec de faibles arguments. C’est comme un ordre nouveau venant de ma profondeur, indiscutable. Allons-y.
Je gagne l’extérieur en ronchonnant un peu contre moi-même. Tout de même, ce n’est pas très malin, à pareille heure.
La température est extra. Tout est calme, paisible, doux et majestueux. La lumière de l’aurore a la magie de réveiller doucement les couleurs, et de pastelliser toute la puissance éclatante et flamboyante de l’été, comme pour mieux l’annoncer.
Je n’ai que des espadrilles, mais je n’irai pas loin dans le sous-bois. Juste une petite promenade pour marcher en silence dans la forêt, goûter la nature resplendissante.
L’orée de la forêt. Le sentier en faux plat est ample, sablonneux, entortillé de racines. J’ai l’impression que mes sens sont d’une réceptivité fantastique, tout est amplifié comme jamais.
Une pensée du fond de moi, que j’entends comme une voix. « Tu as tout le temps, apprécie ! » Mes semelles sont assez fines pour me donner à palper la souplesse du sable et à deviner les nervures en travers du chemin. Je suis parti sur un rythme très lent. Dessous, la terre est assez dure et pas très loin. J’en perçois la nuance sans laquelle ce serait moins facile. Une petite couche de douceur sur une terre solide et soutenante, sécurisante, c’est idéal. Je me sens porté. Une odeur d’humus, mêlée du végétal des fougères et de quelques feuillus, vient sobrement tempérer la sève dominante des pins. Mon visage est caressé par une petite brise si douce, agréable, faisant bruisser les feuilles. Surtout, ce sont les chants des oiseaux. Ils sont chez eux. La vie bat son plein. Ils se répondent, partageant la charge d’orner le beau silence de l’aube, tout en le consacrant dans ce petit bout de forêt pyrénéenne. Je suis touché par la nature accessible, offrant sa beauté et une telle paix, si simples.
L'Être profond
Saison 1 · Épisode 51
dimanche 26 mai 2024 • Durée 11:15
Éveil de la conscience, seul chemin d'ouverture sur le Réel.
En ouvrant les yeux, au sortir de rêves qui déjà s'oublient, je sonde l'Amour qui vibre en moi : cette sensation indicible dont la source dépasse la dimension sentimentale. Elle n'est ni de mon intellect, ni du corps. Elle emplit les lieux les plus infimes, investit tout, passe partout.
Je capte cette vague d'énergie hors de toute idée, de tout vocabulaire et de toute émotion. C'est un halo, un bruit, une lueur, au sens premier d'une sensation, qui se dilate et se répand à l'intérieur autant qu'à l'extérieur, au-delà de toute barrière matérielle ou psychologique.
Le vrai et grand cadeau, exceptionnel, est la réalisation concrète que cette onde manifeste le Vivant dont elle émane, ce qui induit, dans l'instant qui s'en saisit, une formidable inversion des plans. Ce sont les doigts qui se lâchent, les mains qui s'ouvrent, les battements du cœur qui s'estompent, les inspirs et les expirs qui se muent en un souffle perpétuel, le silence qui se densifie et s'éternise... tant de signes, d'abord montés en surface en déposant le mental, se mélangeant désormais dans un même fond contemplatif qui reflue à son tour, laissant place maintenant à la surenchère d'intensité et d'expansion du signal d'Amour. Comme si la Vie s'ébrouait de grâce de sa propre reconnaissance qu'enfin se rejoignent toutes les parts d'elle-même qui avaient oublié leur Unité. Se perçoivent alors les effets libérateurs du délicieux étirement au réveil de l'être, pour lequel ce moment devient nourriture subtile de l'âme et de l'esprit.
Le flux exprime continûment la substance de vie qui m'anime. J'ai l'intuition que ma perception de chaque instant se joue au niveau de mon ouverture de conscience, laquelle progresse sur sa propre voie vers un degré de complétude qui recule indéfiniment, comme la ligne d'horizon. Cette infinition révèle ce que je ressens être l'Espérance : la reconnaissance confiante et réconfortante, niant la mort, qui lui serait contraire en tant qu'abandon de toute évolution.
Ce n'est pas l'Amour qui s'interrompt, mais l'attention que je lui porte. L'Amour ne traverse pas non plus, tel qu'Il m'apparaît, ni ne s'expanse au-delà de frontières et des reliefs de l'existence. C'est ma conscience qui élargit, en grandissant, sa trouée de l'opacité qui me sépare de Son Omniprésence.
là où nous sommes ce que nous ne savons pas.
Le nous que nous croyons être
n'est que la visée portée d'un je qui s'y voit au centre,
ignorant qu'il n'y a pas de centre,
que le centre est tout,
que la vision centrée réduit et sépare de ce qui est infiniment ouvert et grand.
Je, vibre de la magnificence d'Être
puis projette en ce qui n'est pas.
La toute grandeur de Je est la vibration d'Être,
rien de ce prétendu « il » ou « elle » personnifié.
Or, si observe et s'exprime en nous une présence qui témoigne si bien de notre façon de voir, c'est qu'un tel regard ainsi vu de la sorte, en fait n'est pas le nôtre, mais la fausse apparence de ce que nous croyons être, là où nous nous cachons l'être ultime que nous sommes, qui voit sans être vu derrière la glace sans tain de l'absolue conscience du perpétuel présent.
Voici sans doute pourquoi les sages de toutes traditions nous tannent d'investir pleinement et authentiquement, dans le grand défilé, le temps seul sans durée, celui où épouser l'identité réelle du pouvoir que nous sommes vraiment, de faire que notre Vie soit vivante, à jamais.
C'est lorsque le passé ne se laisse couler qu'il faut s'en alarmer. Notre mémoire s'inscrit tout autant dans le corps, dans l'âme et dans l'esprit. Tout ce que maintenant nous faisons du passé fonde les conditions faisant naître au présent ce qui sert le futur.
Le passé qui n'a pas pu passer, ce n'est plus du passé, mais du présent qui bloque, turbulent, submergé. Il ne trouve plus ni place ni élan pour aller de l'avant. C'est alors maintenant qu'il reste encore du temps, de reprendre les rênes et fluidifier la vie, d'accepter, réguler (...)
Ce bébé est en train de naître, mais il n'a toujours pas poussé son premier cri qui va le rendre viable. Cri qui échappe à mon pouvoir tout autant que celui d'un juste né se dérobe au contrôle de sa mère encore suffocante. La viabilité du texte résonne du rythme, des espaces et de la respiration prodigués par le costume d'effets sonores dans lequel, en sage femme sensible et avisée, tu choisis de l'emmailloter : la forme mélodieuse dans laquelle tu le destines à rayonner, bien plus largement que le sens verbal du vécu, de l'énergie et de l'intention dont il provient et dont il est porteur.
De texte né dans son plus simple appareil, à présent, le voici revêtu, grâce à toi, de la parure l'élevant au rang de l'œuvre à laquelle il advient, de faire vibrer nos âmes et celles de ceux qui la captent.
Merci, Mille Mercis de savoir ainsi t'ouvrir pour comprendre, comprendre pour sentir, sentir pour habiller et parer des épisodes sans quoi nul ne connaîtrait le simple halo de leur éclat.
Chaque foulée, aussi grande ou infime soit-elle, qu'elle marque un détour ou un raccourci, est toujours un rapprochement de l'éternelle jeunesse de l'Âme.
La succession des anniversaires tisse, à la longue, les prémices de la célébration des célébrations : celle d'enfin devenir le « Soi » tangible et immuable qui ne nous a jamais quitté, que nous avons illusionné d'avoir quitté, et dont notre expérience magnifie la Présence en la découvrant, en la réalisant, l'éprouvant et la manifestant.
Nous sommes animés de nostalgie, petit pincement inséré dans les battements du cœur, qui n'a peut-être, maintenant pour nous, ni nom, ni sens, mais brodée en vérité au revers de notre espérance, dont la face n'est autre que la perspective des retrouvailles de l'Âme en Soi, de l'Âme en Dieu.
Il semblerait que nous ascensionnions, d'instant en instant !
C'est tout de même bon de pouvoir s'offrir de méditer là-dessus, une fois chaque année, à chaque tour de roue, après avoir vécu, avoir senti le souffle né de l'élan d'origine, nourri sur la période que l'aboutissement, le jalonnement efface en la livrant à la mémoire.
Voilà !
Je t'embrasse et t'enveloppe de toute Joie et toute Paix, justes pour toi, en ce si beau jour.
C'était la fin du mirage, déjà oublié et ignoré, anéanti, enfoui, en même temps que tout son décorum, comme l'était aussi la sieste qui n'avait pas eu lieu.
L'humanité l'ignorait. À force de s'enfoncer dans l'erreur et dans ses illusions, elle a lesté le sac jusqu'à le faire craquer. Chacun est tombé de sa chaise, d'où qu'il était dans son délire, a délaissé sa singularité pour revenir dans l'Unité qu'il n'avait jamais quitté.
Membres et lauréats, Président, permanents et administrateurs, nous sommes tous ici convives et serviteurs, nourris et nourrisseurs d'un élixir inné qui en chacun abonde : l'ingrédient à la base d'une unique cuisine, dont l'unique recette est de le délivrer sous forme inaltérée.
Nous sommes en connivence, confiance et vigilance à voir grandir les autres sur la piste de danse et à nouer la tresse de notre appartenance.
Cette œuvre est orchestrée, rythmée et cadencée entre les mains expertes d'un beau trio de fées, dont le tempo résonne depuis le cœur de Claire, démontrant chaque jour que dans de tels liens, en fait, nul n'est besoin ni de vis, ni de clous et encore moins de colle. Ils tiennent simplement d'être des liens humains.
« Gratuité et réciprocité » Je vois qu'en vérité, quand moi je deviens Membre, c'est toi, mon cher réseau, qui deviens Lauréat.
La paix, j’en ai tellement besoin. Le choc est passé, mais pas la douleur, ni le ressentiment, encore moins mon inquiétude. Quelle sera ma vie à présent ? Et puis ces charges et tout ce travail…
« Chhhhhh ! Ici, la forêt. À présent, l’aube ».
Ok, ok. Les pas, le souffle, le cœur, la mélodie, tant de battements s’accordent sur le rythme lent. Je m’enfonce dans la grande allée de la cathédrale aux colonnes massives, tortueuses et écorcées, avec sa voute chlorophylle, bariolée de verdure, aux chœurs de mille anges à plumes.
« Tu es bien, là ! ». Tu parles ! Marche silencieuse. Inspir. Expir. Ressenti dans les pieds, les jambes, les bras, jusqu’au bout des doigts, tout le bassin, le dos, et la poitrine, le visage aussi et la bouche. Verticalité. Extension. Relâchement. Qualité de présence. Force de Vie, Silence de Paix. Énergie du Vivant. Amour.
Je progresse une quarantaine de minutes sur le sentier, habité de cette sage autorité, aimante et exigeante, qui parle du fond de ma poitrine, et veille à faire taire ma tête.
Une petite clairière. Plusieurs belles souches. Je m’assieds sur celle qui m’attendait, je ne sais combien de temps. Le vide. Les oiseaux. Un clocher au loin. Les arbres serrés les uns contre les autres. Leurs branches se mêlent et forment une tapisserie murale à maille si fine que je n’arrive plus à les différencier. Cela devient un tout, une unité. La qualité du vide établi en moi est exceptionnelle.
À l'instant, c’est une réalité inédite que je découvre, de l'Amour infini, sans objet. Si cet Amour avait un objet, ce serait la Joie, sans cause. Et si cette Joie avait une cause, ce serait la Paix, indécelable, c'est à dire Absolue... que nous ne devinons qu'en la perdant, en traversant l'erreur, agrandissant l'illusion nous permettant de croire que l'on s'est éloigné, et d'oublier, en nous drapant d'une enveloppe d'insouciance... pour croire alors, et sans limite, au monde de tous les contraires, ce qui nous livre à l'arrogance de la suffisance dans la connivence en la bonne cause, le bien-entendu sur notre bon droit, nos arrêts sur nos acquis, nos frontières et nos paroles définitives, fascinantes d'assurance, justifiant et renforçant nos croyances et nos leurres d'être satisfaits, alors qu'il n'en est rien.
L'ignorance et la cécité n'altèrent nullement la Vérité dont elles éloignent ou qu'elles dissimulent : connaissance que l'Amour demeure infiniment intense et étendu. Rien n'est de ce qu'Il n'est pas, car rien n'est que Lui, et, au travers de nos flots d'erreurs et filtres d'illusions, la distorsion nostalgique qui nous reste est l'énergie d'avoir ce en quoi l'on a cru : longue et douloureuse attente, autant vaine qu'obstinée.
L'attente n'est vraiment pas l'Espérance, la possession vraiment pas l'Amour, avoir raison vraiment pas la Vie. Plus tard ou ailleurs, il n'y a ni bonheur à mériter, ni sommets à gravir, ni de graal à gagner. (...)