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Explorez tous les épisodes du podcast Illuminations

Plongez dans la liste complète des épisodes de Illuminations . Chaque épisode est catalogué accompagné de descriptions détaillées, ce qui facilite la recherche et l'exploration de sujets spécifiques. Suivez tous les épisodes de votre podcast préféré et ne manquez aucun contenu pertinent.

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TitreDateDurée
Radio Mékong & Radio Hà Nội for Palstn | At. Oncléo VN16 Aug 202400:03:04

1. 00:00:02 Radio Mékong for Palstn : traduction d’un tweet de Hossam Shabat + traduction très-libre d’un post de @wizard_bisan1 2. 00:01:03 . Radio Hà Nội for Palestn : Atelier Oncléo VN SOUTENIR L'ATELIER : https://fr.tipeee.com/atelier-oncleo

Hommage à Refaat Alareer, poète assassiné qui résiste à la mort • Gaza est ce qui résiste à la mort17 Dec 202300:09:15

Bande sonore du poésie-tract en ligne : https://youtu.be/b5yNkxdAucE?si=NNdR2PT7jE8WpOf5


« Let it be a tale » : ainsi s'achève le dernier poème du poète palestinien Refaat Alareer (رفعت العرعير), assassiné il y a quelques jours par l'armée israélienne à Gaza. Dans Le feu et le récit, Agamben rapporte une histoire racontée par G. Scholem dans son livre sur la mystique juive, que S. J. Agnon lui aurait transmise : « Quand le Baal Shem avait une tâche difficile devant lui, il allait à une certaine place dans les bois, allumait un feu et méditait en prière, et ce qu’il avait décidé d’accomplir fut fait. Quand, une génération plus tard, le « Maggid » de Meseritz se trouva en face de la même tâche, il alla à la même place dans les bois et dit : Nous ne pouvons plus allumer le feu, mais nous pouvons encore dire les prières – et ce qu’il désirait faire devint la réalité. De nouveau une génération plus tard, Rabbi Moshe Leib de Sassov eut à accomplir cette même tâche. Et lui aussi alla dans les bois et dit : Nous ne pouvons plus allumer un feu et nous ne connaissons plus les méditations secrètes qui appartiennent à la prière, mais nous savons la place dans les bois où cela s’est passé, ce doit être suffisant ; et cela suffit. Mais quand une autre génération fut passée et que Rabbi Israël de Rishin, invité à accomplir la même tâche, s’assit sur son fauteuil doré dans son château, il dit : Nous ne pouvons plus allumer le feu, nous ne pouvons plus dire les prières, nous ne savons plus la place mais nous pouvons raconter l’histoire de comment cela s’est fait. Et encore une fois cela suffit. » Il est possible de lire cette anecdote comme une allégorie de la littérature, commente Agamben. Mais on voudrait ajouter pour l'aujourd'hui : il est possible que la scène où trouve lieu la seule littérature importante actuellement, la seule poésie qui vaille pour notre temps, la poésie qui trouve son lieu en dépit de toute l'horreur et de tout le malheur qui y sont administrés chaque jour avec la plus grande technique, à savoir Gaza qu'on assassine, il est possible que cette scène ne soit justement plus une scène, un théâtre, une allégorie, ou une métaphore. Et c'est cette histoire qu'il faut raconter. Gaza est ce qui résiste à la mort. Ce qui signifie à plus forte raison : Gaza est la poésie qui résiste à sa mort. Toute poésie et toute littérature véritables sont en effet mémoire de ce qui résiste et répétition ou reprise de cette mémoire de ce qui résiste, mémoire de ce dont nous sommes toujours capables : vivre. Face à l'événement Palestine, on peut se dérober, et se blottir au chaud tout contre notre « petit cœur étroit qui ne peut enfermer qu'une certaine dose de malheur ». On peut parader sur les plateaux de la Grande Librairie, plein de fausses nuances intelligentes, l'air grave, les traits du visage marqués, fatigués d'être au monde en sa province, et les yeux vitreux qui dégoulinent pourtant d'une sincérité qu'on feint à soi-même – on pense évidemment à Emmanuel Carrère*, mais aussi à Leïla Slimani, et à toute la bande des importants littérateurs français. Tout cela : est mort. Tout cela : est dégoûtant. Sachons, pour notre part, héler Gaza la sauvage, accueillir son souffle, son âme, la raconter encore et l'encourager plus, elle qui nous apprend tous les jours ce que vivre peut encore signifier : résister. Cela doit suffire. Cela suffira. Cela suffit. * https://www.instagram.com/reel/C0zwy-... Une coproduction de l'Atelier, réalisée sans aide ni financement (mais qui veut bien, à l'avenir, recevoir beaucoup d'aides et de financements, contact facile par mail oncleo.contact(at)gmail.com). Crédits dans la description YouTube du lien mis plus haut. Dans d'autres genres, tu peux toujours follow le collectif VTFP   / videotraceforplstn  


« Nous sommes en train de devenir des demi-morts » • La honte d'être civilisé • RMSS • RadioMed06 Dec 202300:03:39

Message radio de la Méditerranée - RMSS (Radio Méditerranée Sans Soleil). Ce message a été envoyé par réaction à une vidéo de Gaza vue récemment. Une vidéo qui n’explique rien mais « donne [tout] à voir », comme dirait l’autre. Sur insta, elle donne à voir ici https://www.instagram.com/reel/C0ZBbUYo_qE/?igshid=MzRlODBiNWFlZA== / https://www.instagram.com/p/C0eDPx2oTwJ/ Musique encore volée aux Oiseaux-Tempêtes  @oiseaux-tempete2985  qui sont toujours superbes, titre « Out of sight » https://oiseaux-tempete.bandcamp.com/track/out-of-sight

Video-tract for Palestine from the Mediterranean Sea06 Dec 202300:01:38

Video-tract for Palestine from the Mediterranean Sea • en attendant mieux • en soutien aux palestiniens qui meurent et résistent à la mort • à partir d’une proposition originale de Ghassan Salhab et du groupe https://www.instagram.com/videotraceforplstn/ Feat JLG qui lit Breton et ​⁠​⁠​⁠​⁠ @oiseaux-tempete2985  feat Mohannad Abu Abed (22 ans, voices of Gaza) https://www.instagram.com/reel/Czi4i2Xi31E/?igshid=MzlpaWJkbjZ3NzRj « Je crois à la vertu absolue de tout ce qui s’exerce, spontanément ou non, dans le sens de l’inacceptation, et ce ne sont pas les raisons d’efficacité générale, dont s’inspire la longue patience révolutionnaire, raisons devant lesquelles je m’incline, qui me rendront sourds aux cris que peut nous arracher à chaque minute l’effroyable disproportion de ce qui est gagné à ce qui est perdu, de ce qui est accordé à ce qui est souffert. » (Breton) « Et bien, nous devons crier au contraire plus fort » (JLG) Et comment disait Foucault, déjà ? « Me demanderait-on comment je conçois ce que je fais, je répondrais, si le stratège est l'homme qui dit: "Qu'importe telle mort, tel cri, tel soulèvement par rapport à la grande nécessité de l'ensemble et que m'importe en revanche tel principe général dans la situation particulière où nous sommes", eh bien, il m'est indifférent que le stratège soit un politique, un historien, un révolutionnaire, un partisan du chah ou de l'ayatollah; ma morale théorique est inverse. Elle est "antistratégique" : être respectueux quand une singularité se soulève, intransigeant dès que le pouvoir enfreint l'universel. Choix simple, ouvrage malaisé : car il faut tout à la fois guetter, un peu au-dessous de l'histoire, ce qui la rompt et l'agite, et veiller un peu en arrière de la politique sur ce qui doit inconditionnellement la limiter. Après tout, c'est mon travail ; je ne suis ni le premier ni le seul à le faire. Mais je l'ai choisi. » #ceasefire #ceasefirenow #gaza #palestine #falestini

Deleuze sur les palestiniens ft. Mahmoud Darwich ft. Dal'ouna20 Oct 202300:18:46

Ce que dit Deleuze de la revendication des palestiniens, à savoir devenir ce qu’ils sont, c’est-à-dire un peuple tout à fait « normal », se trouve justement et superbement dit par leurs poètes, par exemple Mahmoud Darwich. Peut-être s'agit-il d'ailleurs moins d'une revendication que d'une pure affirmation : nous aussi, nous aimons la vie. Nous "aussi", traduit Elias Sanbar, comme pour dire que cette affirmation est pluraliste plutôt que dialectique ou prédatrice – et ce bien qu'elle puisse passer par des armes. Ce qui frappe dans la double intervention de Deleuze, c'est l'extrême proximité d'avec la situation présente. On serait pas loin de se plaindre, complètement désespéré : est-ce que quelque chose pourrait changer au-delà des gueules des ministres et des bouffons sur les billets ? Musiques : Dal'ouna, @ramzi.aburedwan, et surtout l'hommage collectif à Darwich disponible ici : https://www.youtube.com/playlist?list=PL-OLiTGn3zXB0zkuDAshfjQS3M62LFTey

Karaoke Poetry • #Proseastreamer pour le concours Arte radio28 Aug 202300:03:17

L'Atelier s'essaie pour le concours Arte radio, avec un fragment de docu-fiction : https://audioblog.arteradio.com/blog/203804/podcast/210796/karaoke-poetry

Pessoa • « Nous possédons tout ce à quoi nous renonçons » (une minute de #proseastreamer)17 Jul 202300:00:59

Texte : Bernardo Soares, Livro do Desassossego (Personne)

Musique : The Blaze, Dreamers



Une minute de prose à streamer, à la volée. Parce que pourtant, en dépit de tout ce que tu dis qui est vrai, Bernardo, on devait partir et ne plus rien laisser intact ! 

— Dommage ce format « short », bien trop short, Bernardo était prêt à la dance des dreamers. 



Dr. Proust le malade • « Les nerveux » ft. Deleuze et Oiseaux-Tempête03 Jul 202300:11:43

Smash-up sur la maladie, la santé et la puissance : un extrait plutôt comique de Proust est venu percuter la parole de Gilles D. the Great Daimôn et l'étrange forêt d'Oiseaux-Tempête. C'est tout. « Il triomphait de n'avoir pas la manie des autres, sans penser qu'il avait aussi la sienne et que c'était elle qui le préservait d'une autre. » (phrase parfaite) Sous-titres à activer. Texte : Proust, Le Côté de Guermantes. Le Cri : Luna Lecture : Oncléo Voix finales : Gilles D. Musique :  @oiseaux-tempete2985  https://youtu.be/coBU27PjvqM#proust #deleuze #maladie #nervosisme

Parabole de la Chute du monde 07 May 202400:06:00

Une lecture autour du feu de la parabole de la Chute du monde.
Pas un texte à trou, mais à trouer pour être certain de ne pas le comprendre.

« Attention Danger » • Cadiot feat Deleuze 04 Jun 202300:03:49

On a découvert ce texte de Cadiot (Histoire de la littérature récente, Tome 1, POL) il y a longtemps. Il est revenu de lui-même il y a peu, ici en dialogue avec Deleuze (notre amour). Une bonne manière d'apprendre à ne pas écrire consiste sans doute à ne pas fantasmer sa souffrance comme une élection : "C'est là ton malheur, que je considère comme plus grave que le malheur qui t'arrive", écrit si superbement Ingeborg à Paul.

Linda Lê • Fuir • « Pitié pour moi ! Ni Dieu, ni amour, ni rien qui sauve ! » (prière négative)13 May 202300:02:44

Oui, j'ai les yeux fermés à votre lumière. Et je me suis toujours sauvé du désir d’être sauvé. 

Lecture d’un extrait de Fuir, de Linda Lê, glané au hasard de l’Internet. Comme une prière négative qu’on dirait chaque matin aux côtés d’Arthur, William et Ossip, par exemple. 

J.P. Michel • « Une belle catastrophe, une surprise, un feu » (1988) #Michelena #poesie 09 Apr 202300:07:24

Quand ce texte de J.P. Michel est arrivé à l’Atelier, on a entendu tellement de voix, d’Augustin à Dosto en passant par Rimbaud, tout le Parlement des grands Tentateurs, qu’on a voulu le faire trembler et l’emmener encore autre part : le faire sortir en forêt, tout en restant à proximité des distorsions, des chantiers électriques des hommes. Après le Baptême, après aussi toutes les tentations du désert, le rebrancher sur le contemporain : « levée d’un alphabet vertical ». Il y a ici comme l’expérience d’une certaine forme d'escalade, le verbe est minéral, la roche est sèche,   la découpe plutôt que la déchirure, pas du tout lyrique, pas du tout visqueuse. Et pourtant, un héroïsme du Signe - la force et la violence. Comment ne pas en faire un aveu ? Peut-être en faisant du poète un simple marchand d’or. Oui, peut-être, la vie ne conquiert-elle sa vérité qu'en se sectionnant elle-même dans la découpe absolue. Manquer son sacrifice est un long apprentissage : un art de vivisecteur - la poésie. Vie ! 


Texte : J.P. Michel, « Une belle catastrophe, une surprise, un feu » 

Montage audio, création sonore : S

Voix : L

Musique : Oiseaux-Tempête, « Buy Gold » Music composed and performed by Oiseaux-Tempête / Recorded live in three days by Benoît Bel at Mikrokosm, Lyon, in October 2012 https://soundcloud.com/oiseaux-tempete/03-buy-gold-beat-song 

Image : Yang Yongliang Time Immemorial - The Brook, 2016 Giclee print on fine art paper 80×100 cm. https://www.paris-b.com/fr/artiste/yang-yongliang/ 



#audiopoetry #poesieaudio #LAPNJD #proseastreamer 

« Wait, wait, wait ! » (ft. Hania Rani) • #proseastreamer19 Mar 202300:02:19

Encore une petite minute de prose à streamer.  

Lettre à XX • « Ce serait bien, si la guerre s’arrêtait » #LAPNJD #LAPR #livreaudio 05 Feb 202300:16:42

« Quel silence ! C’est incroyable. Ou exactement : c'est inouï. Je ne sais pas si mon coeur battait si fort que je n’entendais plus rien, ou bien s’il s’est arrêté à la lecture de ces pages… Merci. Merci beaucoup, N. Peut-être comme une neige qui recouvre le sol (l’hyperactivité des organes plutôt). Il doit y avoir une « heure blanche » là aussi, non ? aveuglant tapis de neige ni fondu ni touché, qui fait revoir la virginité du monde (pure vision, sans agir ni sentir). Ici, peut-être plutôt : une voix qui traverse les déserts de monde. Mais qui est-ce ? Est-ce une lettre réelle ? Je crois que je l’ai tant aimée aussi parce que, j’en suis presque sûr, je ne connais pas celle qui a écrit. Je n’ai rien reconnu, seule la clarté, pure, des visions. Enfin l’instinct de savoir, toujours savoir, mis en échec : c’était bien, que la guerre un peu s'arrêtât. Mais déjà des voix connues n’ont pu s’empêcher de venir rompre le silence dès la seconde lecture, et de se donner en représentation au théâtre intérieur, fichu spectacle. D’où vient cette voix, si singulièrement féminine ? Un climat plus latin qu’ici ? Peu importe parce que je n’en sais rien du tout en fait. Et c’est merveilleux. »

A l’Atelier, on ne veut pas non plus savoir qui a écrit cette « lettre à XX ». Mais on veut aussi remercier N. Pour les plus curieux qui veulent toujours, et particulièrement veulent savoir, la fin de la lettre donne des indices - peut-être est-il temps de ne plus signer ?

PESSOA • Livre de l'intranquillité (extrait pour continuer de ne pas dormir)28 Apr 202400:06:46

Lecture du §73 du deuxième volume du Livre de l'intranquillité de Bernardo Soares paru chez Bourgois (première édition), traduit du portugais par Françoise Laye. Lecture : O. Montage : Atelier Oncléo Design : N.

« L’interminable » • (poème blanchotien) #poesie #audiopoetry #proseastreamer #shortandpoetry04 Feb 202300:00:59

Un poème blanchotien paru dans « L’interminable » (revue), qui avait consacré son premier et unique numéro à une question de littérature fondamentale : « Que peut la littérature face aux trous noirs ? ».  

#blanchot #linterminable

Francis Ponge • REMIX • « C’est la langue qui se défend » (ft. C. Cole) #ProseAStreamer22 Jan 202300:02:05

Assez heureux de partager en exclusivité ce remix, version audio alternative du trailer, finalement abandonnée à la critique rongeuse des souris, du film collectif « Éloge de la séparation (la poésie existe) ».  

Francis - Ponge pas Ngannou - est à sa manière un précurseur sombre, champion par anticipation du MMA poétique. Mais qui l'a déjà entendu poser un freestyle poids lourd sur une prod’ hip-hop contemporaine ? Dans ce clip dont Ponge n’a pas fait la voix off et que Painlevé n’a jamais tourné, les poètes sont à l’attaque dans le chiliogone - pour en sortir, toujours. Ils y préciseront d’ailleurs le « tournant ontologique » pris par l’éco-terrorisme de la langue, qui résume assez leur position générale : « Nous ne défendons pas la langue : nous sommes la langue qui se défend ». Rien que ça !  (Présentation de S., qui ne s'excuse pas auprès des Sérieux, mais seulement de l'état des pellicules retrouvées, probablement dû aux souris. L'Atelier se diversifie en images et en chimie avec l'arrivée de ce nouveau membre, mais on vole cette fois la musique. Les paroles sont en sous-titres pour le karaoké)

Le clip est sur YouTube : https://youtu.be/fTscy38gvLo

Musique : C. Cole, Sunny All Afternoon, Prods Solos Vol.1 ℗ 2021 https://youtu.be/pSg1luYYPRA 

#Francis #Ponge pas #Ngannou #mma poétique #Pialat #Debord #poésieaudio #audiopoetry #cinema #noncinema #détournement

« Amour-Hiroshima » • création radiopoétique #ProseAstreamer01 Jan 202300:07:38

Pour ce premier jour de l’année, on a commencé la fouille archéologique d'un poème orphelin, « Mon corps est devenu une ville », d’après la méthode habituelle du coup de dés et du coup de tête. Ici, il ne s’agit donc pas encore du poème retrouvé, mais simplement d’un document issu de la fouille préventive, et qui est comme l’évidence ou le témoignage premier de l’existence du poème (ou de sa perte, si vous voulez). Ce document doit beaucoup à la collaboration involontaire d’amis réels et imaginaires :

- l’artiste Yang Yongliang @yangyongliang (杨泳梁) découvert grâce à @mi_yulin, dont le travail se trouve ici : https://www.yangyongliang.com/new-gallery-78/2018/10/17/journey-to-the-dark-2017-vide-clip  

- l’album AL-'AN ! الآن (And your night is your shadow — a fairy-tale piece of land to make our dreams) de OISEAUX-TEMPÊTE (@oiseaux_tempete) écouté ce matin par le hasard d’un post d’ @en_dehors__ et plus particulièrement le morceau Ya Layl, Ya 3aynaki (Ô Nuit, Ô Tes Yeux) ici volé et ralenti sans aucune aimable autorisation.  

- sans oublier bien sûr Duras, Resnais, et aussi Miron, Adonis, évidemment Cartarescu, et tous les autres ignorés qui n’ont cessé de contribuer à la paraphrase infinie.

P.S. Ceci n’est pas exactement la suite de « Amour quantique (arché-géologie du coeur et blocs d’amour-temps) », pourtant que ça le poursuit à sa manière puisqu'il s'agit de l'archéologie d'un poème orphelin.

« Le plan d'évasion » • Enjoy the ride VI • Final Part • #ProseÀStreamer11 Dec 202200:09:39

Avec ce sixième et dernier épisode, on achève ici la série « Enjoy the ride • Terrorisme des sentiments moraux » entreprise avec le peintre Lawand. Il aura fallu la découverte du prophète de « l'art de ne pas écrire de livres » Mircea Cărtărescu pour comprendre ce qui s'y jouait : un plan d'évasion. Mais il n'y a jamais eu rien à comprendre. Puisque tout est toujours à expérimenter.

Voix : Oncléo et Painlevé (https://youtu.be/sglMRAOjD2A) 

Peinture : Lawand 

Musique : Soundwalk collective, Hymn of Creation

Mircea Cărtărescu • Solénoïde • Chap. 20 • Que peut la littérature face aux trous noirs ? #LAPNJD12 Nov 202200:21:15

On voudrait pouvoir le dire simplement : parmi les contemporains, on n’a jamais rien lu de si grand que Solénoïde, de Mircea Cărtărescu - superbement traduit par Laure Hinckel. Tout y est. Et encore le reste. Tout s’y trouve qu’on ne savait plus avoir perdu. Tout ce qu’on n’imaginait même pas possible du livre. Que peut la littérature face aux trous noirs ? Peut-être rien. Et c'est pourquoi Cărtărescu est le grand maître de « l’art de ne pas écrire de livres ». Un immense génie.  Bien sûr, vous devez tout lire. Mais en attendant, on partage le chapitre 20 de Solénoïde, si beau, si troublant, si parfait, comme toutes ses autres pages.   

« Chacun portera entre ses bras sa propre peau écrite recto verso, dont le Seigneur fera, en les assemblant entre les couvertures de la naissance et de la mort, le grand livre de la souffrance humaine.  Une de ces pages, voilà ce que cet écrit devrait être, une des milliards de peaux d’hommes couvertes de lettres infectées, suppurantes, du livre de l’horreur de vivre. Anonyme et identique à toutes les autres. Car mes anomalies, même très inhabituelles, sont loin d’égaler l’anomalie tragique de l’esprit revêtu de chair. Et ce que je voudrais que tu lises sur ma peau, toi qui ne le liras pourtant jamais, ce serait seulement un cri un seul répété à chaque page : « Fuis ! Cours ! Rappelle-toi que tu n’es pas d’ici ! » Je n’écris pourtant même pas pour que quelqu’un lise ça, mais pour tenter de comprendre ce qui m’arrive, dans quel labyrinthe je me trouve, à quel test je suis soumis et comment je dois répondre pour en réchapper vivant. En écrivant sur mon passé et sur mes anomalies et sur ma vie translucide à travers laquelle on voit une architecture pétrifiée, j’essaie de déchiffrer les règles du jeu dans lequel je me suis retrouvé, de distinguer les signes, de les mettre bout à bout et de voir vers quoi ils tendent, et de me diriger dans cette direction. Aucun livre n’a de sens s’il n’est pas un Évangile. Le condamné à mort pourrait bien avoir les murs de sa cellule couverts de livres tous exceptionnels, mais ce qu’il lui faut, c’est un plan d’évasion. »  

Musiques : - Dalibor Baric, The Needle Touches the Cylinder : https://youtu.be/7FEThlIJL_s  - Dalibor Baric, Antireality : https://youtu.be/uHna8FQ9cTA #livreaudio #LAPNJD

« Acarus » • poème monstrueux inédit (S. Weil, Lautréamont et Cartarescu)05 Nov 202200:00:59

Un poème monstrueux inédit, écrit à trois mains par S. Weil, Lautréamont et M. Cartarescu.  Musique : Dalibor Baric, Coral song https://www.youtube.com/watch?v=bMFzOGtUTGIBruits : radioglaces

Mircea Cărtărescu • Solénoïde (extraits) #livreaudio #LAPNJD #LAPNJE01 Nov 202200:08:10

Lecture de quelques extraits choisis de Solénoide de Mircea Cărtărescu, traduit du roumain par Laure Hinckel. Un livre pour ne jamais dormir, mais aussi pour ne jamais écrire. Bref, à partager.

Musiques intermèdes :

- Beachcomber (https://beachcomber.bandcamp.com/album/relics) remix (https://www.youtube.com/watch?v=ajYlJbhZRs0)

Walter Benjamin • Thèse X (Sur le concept d’histoire)21 Apr 202400:02:57

Radio Sans Soleil. Lecture de la Thèse X sur le concept d’histoire de Walter Benjamin, dans une traduction inédite et très libre de droits. 


Lecture : At. O.
Montage audio : At. O.
Design : At. O.

 

Walter Benjamin • « Expérience et pauvreté » • #LAPNJD27 Oct 202200:16:50

Il faut être absolument contemporain, dit quelque part le Prince des poètes détourné et remis sur ses pieds. Être contemporain signifie peut-être ceci : une « désillusion complète sur l’époque » mais aussi une « revendication sans réserve de celle-ci », comme l’écrit W. Benjamin. Lecture, donc, du court essai inactuel « Expérience et pauvreté », traduit par Cédric Cohen Skalli. Là encore, sans le dire de la même manière, on revient sur les déserts et les oasis. 

Musiques :

- Soundwalk Collective, Champ contrechamp

- Soundwalk Collective, La philosophie

Peinture : J. Ensor, « La mort et les masques »

#Livreaudio #LivreAudioPourNeJamaisDormir #LAPNJD

Mauvignier • Histoires de la nuit peinture (extraits livre audio) • « Ne pas parler mais peindre » #livreaudio14 Oct 202200:06:47

Lecture d’un extrait d’Histoires de la nuit de Mauvignier, publié aux éditions de Minuit. (#LAPNJD)

« Peut-être que la peinture qu’elle aime ou qu’elle a aimée ne dit rien à personne et qu’elle ne pourrait en parler avec personne, mais c’est tant mieux, parce qu’elle ne veut pas parler de ce qu’elle fait, elle n’aime pas parler de peinture ou d’art, c’est toujours très lassant et illusoire de parler d’art, toujours les mêmes considérations creuses et répétitives, interchangeables, des choses qu’un mauvais peintre ou qu’un bon pourrait dire également parce que tous les deux sont pareillement sincères et intelligents, même si un seul des deux a du talent, une force, une forme, une intelligence de la matière et des idées, une vision, car pour elle les artistes sont là pour avoir des visions, et c’est pourquoi elle avait réalisé une série de Cassandre qu’elle avait peintes comme si elles étaient la fragilité et la vérité égarées dans un monde où la brutalité et le mensonge sont la règle, pensant que les artistes disent la vérité ou ne disent rien, et qu’ils la disent tant qu’ils ne savent pas qu’ils la disent, alors que personne ne les croit, et parce que personne ne les croit. Ne pas parler mais peindre, ne pas user des forces précieuses à ergoter pour dire les mêmes banalités que les autres, mais peindre ce que la parole ne peut tenir comme promesse ; avoir la vision de ce qui n’est pas encore advenu, peindre la pomme en voyant le pommier en fleurs, l’oiseau à la place de l’oeuf, se tourner vers l’avenir et l’accueillir pour son mystère et non pas pour faire celle qui sait avant les autres, mieux que les autres, surtout pas, pas comme elle l’avait fait trop longtemps, quand elle était jeune, à philosopher et à palabrer sur tout ce qui lui tenait à coeur, à tartiner tout ce qu’elle faisait par plus de mots qu’il n’en fallait pour asphyxier dix générations d’artistes – alors non, plus un mot, ça suffit, depuis quarante ans elle rabote la langue pour ouvrir sa vision, s’ouvrir elle-même à sa vision, pour forcer son regard à s’approfondir, comme on cherche à voir dans la nuit, à se faire à l’obscurité. Elle a la chance d’avoir un art qui peut parler sans avoir à ouvrir sa gueule, alors elle ne se prive pas, elle a trouvé le bon endroit pour ça en achetant cette maison où rien n’était prêt à accueillir un atelier de peinture.  (…) oui, sans doute, elle répond sans doute, mais bon, elle est bien et elle n’y pense pas, elle est certainement un peu rigide et prend sa peinture trop à coeur, c’est sûr. En réalité, c’est juste que pendant qu’elle peint elle oublie qu’il faudrait qu’elle joue à l’artiste qui vend très bien son travail – ce qu’elle pourrait faire, car elle sait ce qu’elle fait, ce qu’elle peint, même si elle se laisse déborder et surprendre par les tableaux qui naissent sous ses doigts, elle sait aussi que l’inspiration ne tombe sur le râble de personne et qu’il faut travailler, lire, voir, réfléchir, penser son travail, et, le travail intellectuel accompli, alors seulement savoir l’oublier, l’anéantir, savoir lâcher prise et laisser déborder de ce monde conceptuel et réfléchi quelque chose qui vient d’en dessous, ou d’à côté, qui fait que la peinture excède le programme qu’on lui a assigné, quand tout à coup le tableau est plus intelligent, plus vivant, plus cruel aussi, souvent, que celui ou celle qui l’a peint. Elle sait ça, elle cherche le moment où c’est la peinture qui la voit, ce moment où la rencontre a lieu entre elle et ce qu’elle peint, entre ce qu’elle peint et elle, et, bien sûr, c’est une chose qu’elle ne partage pas. »

R. Barthes • « Langue, pouvoirs et littérature » (1977) #archive12 Oct 202200:10:15

A l'Atelier, on discutait des pièges de la discussion  - si, si, c'est vrai - et des pouvoirs captifs de la parole : pièges d'à-peu-près tous les problèmes tels qu'ils sont imposés, c'est-à-dire imposés de telle sorte qu'ils empêchent de penser. La guerre, le climat, le capital, la race, l’empire, bref, assez ! on est déjà fatigués. Et oui des hommes meurent, et des enfants, et des peuples disparaissent, d'autres sont pressurés, et oui toujours les mêmes, et le peuple manque, et même le peuple des animaux, tiens ! et les montagnes, et les forêts et les mers, et les déserts partout, et d'autres encore. Donc, oui, « d’accord, d’accord, mille fois d’accord », mais passons à autre chose. À quoi ? On se disait : apprendre à décourager (de) la discussion, apprendre à décourager la volonté de s'en sortir. Pas exactement la négation, pas exactement le nihilisme, autre chose, encore du côté de la fuitologie. On se souvenait aussi d'un cours de Deleuze : les forces les plus démoniaques ne sont pas celles qui vous empêchent de vous exprimer, ce sont celles qui sollicitent votre parole, exprime-toi ! exprime-toi ! Et déjà c'était quelque chose. Mais l'un de nous s'est souvenu de cet extrait de la Leçon de Barthes. C'est vrai, on l'avait oublié ! On n'en avait gardé que le cliché. Pourtant c'est mieux. Écoutez donc.

Parmi les passages les plus célèbres qui auront été symétriquement les moins honnêtement discutés - chose étonnante, par Descombes, par exemple, qui reste drôle, certes -, celui assez parfait où Barthes déclarait : "la langue, comme performance de tout langage, n’est ni réactionnaire, ni progressiste ; elle est tout simplement : fasciste ; car le fascisme, ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire".

On trouve en ligne la publication des enregistrements des cours, par exemple ceux de la première année (1977) : https://www.roland-barthes.org/comment_vivre_ensemble1.html

Loránd Gáspár • « Connaissance de la lumière » #livreaudio #lapnjd02 Sep 202200:06:47

Lecture de « Connaissance de la lumière », poème de Loránd Gáspár (Le quatrième état de la matière). Le texte est disponible aussi ici : https://www.wikipoemes.com/poemes/lorand-gaspar/connaissance-de-la-lumiere.php  

Musiques : Adrian Gordon Cook https://beachcomber.bandcamp.com/album/relics 

 - Beachcomber - Relics - 06 Fluttering Lights  

- Beachcomber - Relics - 07 These Remaining Parts

Hannah Arendt • « Du désert et des oasis » • Contre la psychologie moderne23 Aug 202200:07:41

Mais que diraient les « Pères du désert » ? Peut-être avaient-ils appris à dévorer le sable d'une manière que nous avons perdue. Peut-être qu’en eux la question d'Arendt, si grecque, avait pris les accents du dépit authentique qui justifia le courage de la fuite : — mais pourquoi diable y a-t-il quelqu’un plutôt que personne !
Car au désert de monde dans lequel nous nous mouvons, c'est peut-être la désertion qui réclame le plus de "vie" - déserter aussi, donc, "l'anthropolito-centrisme" final de ces beaux fragments.Lecture du « Fragment 4 » de « Qu’est-ce que la politique ? »

Note de bas de page de l’édition française, traduite par Sylvie Courtine : « A l’époque où elle projetait son Introduction à la politique, et où elle consignait par écrit les fragments que nous publions ici pour la première fois, Hannah Arendt dissimulait son pathos pour la politique, autrement dit son souci pour le monde et pour la survie des hommes dans ce monde (voir la première édition de cet ouvrage, op. cit., Commentaire, p. 155), en empruntant le plus souvent des métaphores. Elle parlait et écrivait du « désert » et des « oasis ». Ce couple métaphorique se présente de façon sporadique tant dans son oeuvre publiée que dans son oeuvre inédite et également dans ses notes pour Introduction à la politique. « Du désert et des oasis », note-telle en guise de formule (voir la première édition de cet ouvrage, op. cit., Appendice, p. 200, et également p. 198) sans toutefois fournir de plus amples détails, tandis que les termes de « désert » et/ou d’« oasis » apparaissent ici ou là dans les manuscrits (cf. p. 80, 121 sq., 124). A un autre endroit du Fonds, on trouve toutefois un manuscrit de trois pages – la « conclusion » du cours qu’elle avait prononcé au début de l’année 1955 à l’université de Berkeley en Californie – qui y est entièrement consacré. On aurait très bien pu aussi la trouver à la fin d’Introduction à la politique comme le montrent les textes qui restent, et c’est pourquoi nous la reproduisons ici. La traduction suit d’aussi près que possible l’original ; nous n’avons pas masqué les imprécisions dues au fait que ces pages étaient destinées à la leçon et non à la publication. »

Proust idéal-réaliste • Le temps retrouvé • « La vraie vie, c’est la littérature »20 Aug 202200:04:30

« La grandeur de l'art véritable, au contraire, de celui que M. de Norpois eût appelé un jeu de dilettante, c'était de retrouver, de ressaisir, de nous faire connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons, de laquelle nous nous écartons de plus en plus au fur et à mesure que prend plus d'épaisseur et d'imperméabilité la connaissance conventionnelle que nous lui substituons, cette réalité que nous risquerions fort de mourir sans avoir connue, et qui est tout simplement notre vie.

La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature ; cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Mais ils ne la voient pas, parce qu'ils ne cherchent pas à l'éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d'innombrables clichés qui restent inutiles parce que l'intelligence ne les a pas “ développés ”. Notre vie, et aussi la vie des autres ; car le style pour l'écrivain, aussi bien que la couleur pour le peintre, est une question non de technique mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients, de la différence qualitative qu'il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui, s'il n'y avait pas l'art, resterait le secret éternel de chacun. Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre, et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans la lune. Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et, autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l'infini et, bien des siècles après qu'est éteint le foyer dont il émanait, qu'il s'appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient encore leur rayon spécial.

Ce travail de l'artiste, de chercher à apercevoir sous de la matière, sous de l'expérience, sous des mots quelque chose de différent, c'est exactement le travail inverse de celui que, à chaque minute, quand nous vivons détourné de nous-même, l'amour-propre, la passion, l'intelligence, et l'habitude aussi accomplissent en nous, quand elles amassent au-dessus de nos impressions vraies, pour nous les cacher entièrement, les nomenclatures, les buts pratiques que nous appelons faussement la vie. En somme, cet art si compliqué est justement le seul art vivant. Seul il exprime pour les autres et nous fait voir à nous-même notre propre vie, cette vie qui ne peut pas s'« observer », dont les apparences qu'on observe ont besoin d'être traduites et souvent lues à rebours et péniblement déchiffrées. Ce travail qu'avaient fait notre amour-propre, notre passion, notre esprit d'imitation, notre intelligence abstraite, nos habitudes, c'est ce travail que l'art défera, c'est la marche en sens contraire, le retour aux profondeurs où ce qui a existé réellement gît inconnu de nous, qu'il nous fera suivre. »

Proust, Le Temps retrouvé, Folio Classique, pp. 202-203

[REMIX] Leconte de Lisle • LCDL • « Solvet Sæclum » (« Et ainsi sera le siècle dissout »)05 Aug 202200:02:41

Un coup de dés et un coup de tête, pour s’amuser encore un peu.  

— La musique du texte ne se suffit-elle pas ?  

— Si. Et quoi ? « le plus sage en rit » !  

Leconte de Lisle ou #LCDL  

Titre : « Solvet Sæclum » (« Et ainsi sera le siècle dissout ») de son album « Poèmes barbares ». 

Musique volée à Orsten, Fleur blanche : https://youtu.be/_6OF7VkXkRo Solvet Sæclum  

Tu te tairas, ô voix sinistre des vivants !  Blasphèmes furieux qui roulez par les vents, Cris d’épouvante, cris de haine, cris de rage, Effroyables clameurs de l’éternel naufrage, Tourments, crimes, remords, sanglots désespérés, Esprit et chair de l’homme, un jour vous vous tairez ! Tout se taira, dieux, rois, forçats et foules viles, Le rauque grondement des bagnes et des villes, Les bêtes des forêts, des monts et de la mer, Ce qui vole et bondit et rampe en cet enfer. Tout ce qui tremble et fuit, tout ce qui tue et mange Depuis le ver de terre écrasé dans la fange Jusqu’à la foudre errant dans l’épaisseur des nuits ! D’un seul coup la nature interrompra ses bruits.  Et ce ne sera point, sous les cieux magnifiques, Le bonheur reconquis des paradis antiques, Ni l’entretien d’Adam et d’Ève sur les fleurs, Ni le divin sommeil après tant de douleurs ; Ce sera quand le Globe et tout ce qui l’habite, Bloc stérile arraché de son immense orbite, Stupide, aveugle, plein d’un dernier hurlement, Plus lourd, plus éperdu de moment en moment, Contre quelque univers immobile en sa force Défoncera sa vieille et misérable écorce, Et, laissant ruisseler, par mille trous béants, Sa flamme intérieure avec ses océans, Ira fertiliser de ses restes immondes Les sillons de l’espace où fermentent les mondes.  #Leflowduconte

D. H. Lawrence • Le Chaos en Poésie (extraits) • ft. Deleuze & Sun Ra Arkestra #LAPNJD20 Jun 202200:12:19

C'était le mash-up du jour, fait à la volée.  

Certes, Homère et Keats annotés et accompagnés d'un glossaire. 

Mais Lawrence accompagné de Deleuze et Sun Ra Arkestra (pour ne jamais dormir).  

Tout ça c'est des mots pour le moment.

Baudelaire • « Le monde va finir » • (Fusées XXII, morceaux choisis) #poésie #livreaudio21 Mar 202400:10:20

Le monde va (encore) finir. Hâtons-nous (toujours) à sa décomposition. 

Morceaux choisis de la fusée XXII de Baudelaire (+bonus cachés pour les meilleurs). 

https://fr.wikisource.org/wiki/Page%3ABaudelaire_-_%C5%92uvres_posthumes_1908.djvu/97


SOUTENIR L'ATELIER : https://fr.tipeee.com/atelier-oncleo

Albert Cohen REMIX • Les poètes22 Mar 202200:02:51

Un coup de tête et un coup de dés. En tombant sur ce morceau de NTO ft. Sofiane Pamart, ce paragraphe d’Albert Cohen (Le livre de ma mère) m’est revenu. Et ça m’amusait d’en faire le tube du printemps en deux minutes.

« Éloge de l'anarchie par un excentrique chinois du IIIe siècle » • #présidentielle202217 Feb 202200:03:56

Lecture en passant.   

Traduit par Jean Levi, publié aux Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, Pao King-yen a dit : « Là où les individus ne sont pas embrigadés dans les corvées collectives, là où les familles n'ont pas à supporter les dépenses du transport de grain, chacun jouit de son lopin et vaque à ses occupations; on suit le rythme des saisons et on cultive selon la nature des parcelles. Tous ont de quoi se vêtir et se nourrir au sein de leur famille et il n'existe aucun conflit ni rivalité d'intérêts au-dehors. Voilà qui montre bien que le goût des armes et de la conquête n'est nullement inhérent à la nature humaine. Lorsque des peines symboliques avaient cours personne n'enfreignait les lois, mais sitôt que les règlements se sont multipliés, brigands et voleurs ont proliféré. Serait-ce que nos pères n'avaient pas l'instinct du profit, tandis que nous sommes spécialement cupides et mauvais ? À la vérité il suffit que son chef soit impavide et détaché pour que le peuple soit spontanément probe. Mais dès lors que les humbles sont pressurés et excédés, fleurissent 1a fourberie et l'artifice. Il n'y aurait plus à craindre que l'humanité se livre aux exactions et à la brutalité si elle s'abandonnait à 1a nature. Mais on fait trimer le peuple sans relâche, on le spolie sans mesure ; les champs sont en friches, les greniers vides et les métiers muets, en sorte que les gens n'ont rien à se mettre sous la dent ni sur le corps. Comment dans ces conditions s'étonner qu'il y ait des troubles ? On aggrave les désordres en voulant y remédier, on renforce les interdits, sans mettre un terme à la délinquance, bien au contraire. Les octrois et les douanes sont censés faire obstacle à la fraude, mais ils favorisent les malversations des fonctionnaires vénaux. Les poids et les mesures ont été institués pour empêcher la tricherie, mais ils sont la bénédiction des fripons qui s'en servent pour tromper et berner. Les dignitaires ont pour but d'assister le souverain dans l'adversité, mais les ministres félons n'ont qu'une peur, c'est que le souverain ne soit pas aux abois. En principe les troupes ont pour mission de restaurer l'ordre, mais partout où elles passent elles sèment la mort et la désolation. Tous ces malheurs sont le fait du prince. Les luttes s'exacerbent en proportion du profit. Les riches et les nobles jouissent d'immenses avantages, tandis que les biens que les humbles se disputent sont infimes et leurs querelles ne prêtent pas à conséquence. Ils n'ont ni vastes territoires à envahir, ni places fortes dont ils pourraient bénéficier, ni or ou trésors à convoiter, ni pouvoir à s'arracher. Ils ne possèdent pas l'autorité permettant de rassembler autour d'eux une foule de soldats ; ils ne disposent pas du prestige suffisant pour enrôler sous leur bannière des hommes remarquables. En quoi peuvent-ils se comparer à ces souverains qui, dans un accès de rage, lèvent des armées, disposent les troupes, harcèlent des peuples innocents et agressent des pays qui n'ont rien fait ? Ceux-là marchent sur des monceaux de cadavres et font couler des flots de sang. II n'y a pas d'époque qui n'ait connu un de ces princes sans foi ni loi qui mettent l'empire à feu et à sang. Existe-t-il une seule principauté ou des sujets loyaux et probes n'aient eu à pâtir au-dedans, et les ossements du peuple à blanchir au-dehors ? Comment ces tragédies pourraient-elles se comparer avec les désagréments causés par les dérisoires rivalités entre particuliers ? On a reporté sur le prince l'obéissance au père ; on a troqué la piété filiale contre la fidélité au chef : dans tous les cas l'absence de prince ne peut être pire que son existence. »

« Enjoy the ride » III (Terrorisme des sentiments moraux) • (feat Hania Rani)05 Nov 202100:08:18

Ce nouveau tapuscrit retrouvé est le troisième volet de la série « Enjoy the ride » (« Profite de la balade », « Apprécie la descente », « Kiffe la glisse », etc.) qui fait l’expérience du « Terrorisme des sentiments moraux ». Pareil aux deux premiers, ce troisième volet n’a pas été écrit. Il cherche à appliquer la méthode cinématique du montage à partir de la méthode plastique du collage (ici d’impressions multiples et concomitantes). Sa mise en voix poursuit un objectif tactique honteux au milieu de la guérilla culturelle planétaire qui se déroule au sein de l’Internet-Empire-State : fabriquer de la prose à streamer, explorer les formes contemporaines d’un chamanisme du péril et d’une poésie mainstream - au sens strict. Tout cela n’est pas exactement ironique. Tout cela ne veut, à la lettre, rien dire. Et pourtant « ça ne veut pas rien dire » - peut-être.  

Texte : https://oncleo.tumblr.com/post/667036038743687168

Peinture : LAWAND, « La petite nocturne » ou « L’homme à la cigarette ». 

Acrylique sur panneau, 26,5x17,5cm, 1995. Musique : Hania Rani, Zero Hour.

F. S. Fitzgerald • « La fêlure » • livre audio30 Oct 202100:46:36

« Toute vie est bien entendu un processus de démolition ». Peu de phrases, écrit Deleuze, résonnent autant dans notre tête avec ce bruit de marteau. Peu de textes ont ce caractère irrémédiable de chef-d'œuvre, et d'imposer silence, de forcer un acquiescement terrifié, autant que la courte nouvelle de Fitzgerald. Toute l’œuvre de Fitzgerald est l’unique développement de cette proposition, et surtout de son « bien entendu ».  

Lecture de la nouvelle de F. S. Fitzgerald, publiée en 1936 en trois temps sous le titre «The Crack Up». En dehors du premier paragraphe, lu dans la traduction Aubry, le reste est lu dans la traduction de Marc Chénetier.   

Musique : Julien Lourau, album The rise, « Tu Mi Turbi intro » et « Tu mi Turbi » https://youtu.be/idHOScinCQ8 

00:11 : La fêlure 

15:33 : Recoller les morceaux 

29:05 : Manier avec précaution  

42:19 : Musique de Julien Lourau « Tu mi Turbi » https://youtu.be/idHOScinCQ8

Nietzsche • Ainsi parlait Zarathoustra (« En passant ») feat Deleuze21 Oct 202100:09:07

Ce que j’aime chez Nietzsche, c’est l’art du déséquilibre. Et des fausses pistes. Et du retournement. « Je suis caché et je ne le suis pas » comme dit Arthur. On comprendrait ça, on comprendrait tout de Nietzsche aussi. Et on respirerait loin, très loin, le plus loin possible de tout le petit cortège de fous bouffons, tristes, déjà mort-nés, qui en ont fait leur idole, drôle d’idole tout de même, et le suçotent en vierge folle. « Où l’on ne peut plus aimer, dit Zarathoustra, il faut passer ».  

Lecture du chapitre « En passant » d’Ainsi parlait Zarathoustra (Troisième partie), dans la traduction de G-A. Goldschmidt. Il faut aller jusqu’au bout de la lecture, qui rencontre un feat improbable avec Deleuze lisant lui-même un paragraphe d’Humain trop humain (« Le voyageur ») sur la musique de Heldon. 

Musique finale : « Le voyageur », Heldon.

Dostoïevski • REMIX (feat Maud Geffray)01 Oct 202100:07:45

Pour une fois, j’ai cédé à la demande. Et je dois dire que je me suis amusé. Pardon, Dosto.

Musique : Maud Geffray - quel nom, n’est-ce pas ?

Textes : extraits de la fin des Carnets du sous-sol de Dostoïevski.

Illustration : © Séverine Scaglia

Robert Musil • « Vivre hypothétiquement » • Théorème de l’essai et de l’amorphisme humain (HSQ, I, 62) • extraits livre audio03 Aug 202100:26:54

Lecture d'un extrait de Robert Musil, L’homme sans qualités (Tome 1, chap. 62), traduit par Jacottet.

Musique : Arvo Pärt, Spiegel im Spiegel · Peter Minkler, Inner Voice -> https://youtu.be/9D3EgRjRR8U

Illustration : Egon Schiele, Portrait of Albert Paris von Gütersloh (1918), Oil on canvas, 140 × 110.3 cm.

Rimbaud • « le poète est vraiment voleur de feu » • feat Deleuze 20 Jul 202100:09:21

Lecture d'un extrait de la "lettre du voyant" à Demeny, suivie d'extraits choisis de cours de G. Deleuze (année 1986).  

Musique : https://youtu.be/NpUzVVrc5gQ

« Pas de question ? Tout est limpide ? Tout va bien ? Bon. Alors continuons. »

Julien Gracq • Written in Water (in Liberté Grande)06 Jul 202100:05:52

MOINSLecture du poème "Written in Water" de Julien Gracq, extrait de Liberté Grande. Suit un extrait d'entretien de Gracq au micro de Paget  (source : https://youtu.be/y9wGrwgWwfU).   

Un grand merci à @VivreLivre qui m'a fait découvrir ce poème par sa belle lecture : https://youtu.be/oTegOrdUaPg 

Musique : Esja, Hania Rani : https://youtu.be/pdeSAkdXttc


« Les nouveaux adorateurs de la force » (Théorie du jeune garçon)07 Jun 202100:09:01

Texte : https://oncleo.tumblr.com/post/653232411265597440/les-nouveaux-adorateurs-de-la-force  

Musique : Prophecies (P. Glass), version d'Anton Batagov.  

Image : Francis Bacon, deux des "trois études de figures à la base d'une crucifixion"

« Enjoy the ride » (Terrorisme des sentiments moraux) part II13 May 202100:06:29

Nouvelle boucle de la série en cours « Enjoy the ride ».  

Image : Lawand (peintre), Encre de Chine, 40x30 cm, 2013. 

Texte : Tapuscrit retrouvé de « Enjoy the ride » (Terrorisme des sentiments moraux II). Une copie de la copie capturée ici : https://oncleo.tumblr.com/post/650977067961368576/nouvelle-boucle-de-la-s%C3%A9rie-en-cours-enjoy-the 

Musique : Lavinia Meijer (The Glass Effect), Night loops.  Genre : Plongée en prose dans les sentiments moraux au milieu des loops de l’effet Glass de Lavinia Meijer.

« Enjoy the ride » (Terrorisme des sentiments moraux)18 Apr 202100:05:34

Texte : Tapuscrit retrouvé de « Enjoy the ride » (Terrorisme des sentiments moraux). 

Une copie de la copie capturée ici : https://oncleo.tumblr.com/post/648154273359757312/oncleo-une-plong%C3%A9e-en-prose-dans-les-sentiments

Musique : Lavinia Meijer (The Glass Effect), Lift off - An Arrangement of Koyaanisqatsi  

Genre : Plongée en prose dans les sentiments moraux. Sorte de délire (sans doute dû à la fréquentation conjointe et trop prolongée de l'album de Lavinia Meijer et de Lautréamont)

Emile Pouget — "Barbarie française" 1890 (audio)14 Mar 202100:04:55

Lecture de l'article d'Émile Pouget "Barbarie Française", paru dans Le père peinard n°45, le 12 janvier 1890. Disponible ici : https://fr.wikisource.org/wiki/Barbar...
  

Pouget parle ici de l’exécution d’un chef pirate vietnamien, connu sous le nom du Doï-Van par l’administration coloniale, exécuté et décapité en place publique à Hanoï 7 novembre 1889. À propos du lien entre répression coloniale extérieure et répression nationale intérieure des insurrections ouvrières, Chamayou fait remarquer, dans une note de son livre Les chasses à l'homme : « Est-ce un hasard qu’en France, au XIXe siècle, les généraux qui ont réprimé les insurrections ouvrières avaient presque tous fait leurs armes dans les armées d’Afrique ? Galliffet, bourreau de la Commune, comme Cavaignac qui avait écrasé dans le sang la révolte ouvrière de Bugeaud, avaient combattu en Algérie. Bugeaud, dont le nom demeure associé au massacre de la rue Transnonain, toujours actif à Paris en 1848, fut l’un des généraux d’Afrique qui dirigea la politique des enfumades. (…) Ce lien entre les guerres coloniales et la férocité de la répression intérieure, l’anarchiste Emile Pouget l’établit sur la base d’une solidarité politique, dénonçant plus tard les exactions françaises au Tonkin »


Illustration : Emile Pouget 

Musique : Philip Glass, Koyaanisqatsi

James Baldwin — The party is over (Remix feat Onra)06 Feb 202100:01:21

James Baldwin feat Onra (Loyalty)

Deleuze Remix - "Méfiez-vous du rêve des autres" ft. Philip Glass15 Dec 202000:02:14

Ce que la voix révèle, c'est que les concepts ne sont pas des abstraits. Les choses qui leur correspondent, ils les découpent et les recoupent de façon variable, toujours d'une nouvelle façon. Aussi les concepts ne sont-ils pas séparables d'une façon de percevoir les choses. Lignes vocales sur lignes musicales. Remix.   

Morceau choisi de la conférence de Deleuze à la FEMIS "Qu'est-ce que l'acte de création".  

Musique : Philip Glass, Prophecies  (BO du film Koyaanisqatsi) 

Illustration : Julius Corentin Acquefacques, BD de M-A. M.

« Les ruines circulaires » (Borgès, Fictions) — livre audio05 Dec 202000:16:59

Lecture de la nouvelle « Les ruines circulaires » de Jorge Luis Borgès. Texte disponible : https://www.laparafe.fr/2013/05/les-ruines-circulaires-de-jorge-luis-borges-nouvelle/

Illustration : Jean-Michel FOLON (1934-2005) « LES RUINES CIRCULAIRES », 1974 - 1 planche. Aquatinte en couleurs, signée et numérotée 4/95 65,2 x 49,8 cm

Musique : Tristan Murail - Les Ruines Circulaires for Violin and Clarinet (2006) Kate Romano, clarinet Nicola Goldscheider, violin → https://youtu.be/_t2INBHwetc

Au début et à la fin, extrait d'un entretien (1978) de Borgès avec Jean Daive : https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/la-nuit-des-ruines-par-antoine-dhulster-810-a-voix-nue-jorge-luis-borges-4eme-partie-1ere-diffusion

Dostoïevski — "Les carnets du sous-sol" (Première partie, traduction A. Markowicz) 07 Nov 202001:20:51

Lecture de la première partie « Le sous-sol » des Carnets du sous-sol de Dostoïevski, dans la traduction d’André Markowicz.

Présentation des éditions Actes Sud : "Réfugié dans son sous-sol, le personnage que met en scène Dostoïevski ne cesse de conspuer l'humaine condition pour prôner son droit à la liberté. Et il n'a de répit qu'il n'ait, dans son discours, humilié, diminué, vilipendé les amis de passage ou la maîtresse d'un soir. Un monologue féroce et imprécatoire, magnifiquement rendu par la traduction d'André Markowicz"

Générique début : 0:00

Avertissement : 0:24

1 : 1:56

2 : 9:05

3 : 15:55

4 : 25:40

5 : 29:33

6 : 35:11

7 : 37:56

8 : 50:21

9 : 1:02:29

10 : 1:09:25

11: 1:13:02

Générique fin : 1:20:08

Musique :

- Celia Sheen plays « midsomer murders » on theremin

- Barbara Buchholz (01) "Coyote" (From « Theremin Russia with Love »)

"Lettre aux recteurs des Universités Européennes" - Antonin Artaud (feat Hans Zimmer)29 Oct 202000:06:25

Lecture de la "Lettre aux recteurs des Universités Européennes" d'Antonin Artaud, publiée dans La Révolution Surréaliste n°3 (1925). Disponible à cette adresse : http://dormirajamais.org/lettre/

Musique : Hans Zimmer, B.O. d'Interstellar : https://www.youtube.com/watch?v=S77-v-M2FUk 

Photographie d'Antonin Artaud, 1926.

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