Dans cet épisode, on pose les bases d’un thème central du programme : qu’est-ce que l’environnement ?
Un mot omniprésent aujourd’hui… mais dont le sens a profondément évolué au fil du temps.
On commence par définir la notion. L’environnement désigne le cadre de vie des sociétés, le milieu dans lequel elles s’installent, interagissent et se développent. Son origine remonte au Moyen Âge français avec le verbe environner, avant de renaître en Angleterre au XVIIe siècle pour qualifier les milieux humains. Au XIXe siècle, avec l’urbanisation et l’industrialisation, le terme prend une double dimension : ce qui entoure les êtres vivants… et ce qui agit sur eux 🌍.
On analyse ensuite la construction scientifique du concept. En 1922, Paul Vidal de La Blache assimile l’environnement au « milieu » et fonde la géographie humaine sur l’idée d’une solidarité entre l’homme et son cadre de vie. L’être humain n’est pas passif : il habite, transforme et façonne son environnement. Progressivement, le concept quitte le champ académique pour devenir un enjeu politique majeur, à mesure que les dégradations deviennent visibles.
Puis on étudie la montée en puissance de la question environnementale au XXe siècle. Aux États-Unis, Silent Spring de Rachel Carson (1962) dénonce les effets du DDT, tandis que The Tragedy of the Commons de Garrett Hardin (1968) alerte sur la surexploitation des ressources communes. À l’échelle internationale, la conférence de Stockholm Conference en 1972 et le rapport The Limits to Growth transforment l’environnement en sujet politique mondial 📚.
En France, la prise de conscience s’accélère dans les années 1960. Les « cent mesures pour l’environnement » (1970) précèdent la création, en 1971, du ministère chargé de la Protection de la nature et de l’Environnement. Son premier titulaire, Robert Poujade, parle d’un « ministère de l’impossible », tant la coordination entre secteurs est complexe. L’environnement devient alors une construction historique, sociale et politique.
On montre aussi qu’il faut distinguer environnement, écologie et développement durable. L’environnement ne correspond plus à une nature sauvage intacte : l’action humaine est désormais omniprésente, ce qui renvoie à la notion d’Anthropocène. Les sociétés ne subissent pas seulement leur milieu : elles s’y adaptent, l’exploitent et le transforment, posant la question du partage des ressources et de la gouvernance mondiale.