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Explorez tous les épisodes du podcast Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70
Plongez dans la liste complète des épisodes de Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70. Chaque épisode est catalogué accompagné de descriptions détaillées, ce qui facilite la recherche et l'exploration de sujets spécifiques. Suivez tous les épisodes de votre podcast préféré et ne manquez aucun contenu pertinent.
| Titre | Date | Durée | |
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| 1977 : Supertramp et le pouvoir universel de « Give a Little Bit » | 15 May 2026 | 00:02:48 | |
Nous sommes le 8 avril 1977. Happy day pour un groupe britannique, dont le nouvel album sort ce matin. "Even in the Quietest Moments", même dans les moments les plus calmes. UN titre va s’en échapper et connaître un incroyable destin, partout sur la planète, c'est "Give a Little Bit"... Maestro, un peu de guitare (on va y revenir d'ailleurs)... Le groupe, c'est Supertramp. Fondé à Londres en 1969, et qui au fil des années est devenu l'un des grands noms du rock progressif britannique. Roger Hodgson, Rick Davies : deux têtes, deux voix, une alchimie absolue. "Give a Little Bit", c'est une chanson de Hodgson. Écrite quand il avait 19 ou 20 ans. Présentée au groupe cinq ou six ans plus tard seulement. Certaines chansons attendent leur moment. Et quelle chanson ! Hodgson dira d’ailleurs qu’il a été ouvertement inspiré par un titre des Beatles… "All You Need Is Love" Le mouvement peace and love des années 60 qui continue de résonner dans les années 70. Give a little bit. Donner un peu. Recevoir un peu. Le message est simple et universel. Je le disais, dans la chanson de Supertramp, il y a une guitare plutôt originale. C'est une 12 cordes acoustique. Ce son-là, reconnaissable entre mille, c'est lui qui porte toute la chanson. Avec un Clavinet en fond, l'instrument qu'on retrouve chez Stevie Wonder à la même époque. Bref, c’est le grand potage qui unit dans son lit années 60 et années 70 ! La chanson atteint la 15e place du Billboard américain. Mais son destin le plus inattendu, il se joue l'année suivante, en 1978. Dans le film "Superman*"de Richard Donner (celui avec Christopher Reeve !) il y a une scène en voiture. Loïs Lane roule,la radio allumée. Et ce qu'on entend sur son autoradio... c'est "Give a Little Bit". Même si la chanson ne figure pas (officiellement) sur la bande originale du film. Mais des millions de spectateurs l'entendent quand même. Résultat : succès en 77, succès en 1978. Parfois, les chansons ont un SUPER pouvoir ! | |||
| Kenwood KL-7090, le géant japonais qui a révolutionné la Hi-Fi | 14 May 2026 | 00:02:39 | |
Nous sommes au début de l'année 1973. Happy Day pour une entreprise japonaise d'électronique grand public fondée en 1947. Kenwood vient de dévoiler son nouveau fleuron. Il s'appelle KL-7090 et il va faire l'objet d’un véritable culte chez les nouveaux amateurs de hi-fi. Dans les salons, quelque chose change, par exemple, quand on écoute le nouveau disque de Marvin Gaye. Les années 70, c'est l'époque où écouter de la musique chez soi devient un acte sérieux. On ne pose plus juste un disque sur une platine. On investit. On choisit ses enceintes comme on choisit ses meubles. Parce que justement, les enceintes, ce sont des meubles. De grands caissons en bois sombre, posés fièrement dans le salon, qui prennent de la place et qui l'assument. Le KL-7090 de Kenwood, c'est l'incarnation parfaite de cet esprit-là. Six haut-parleurs. Cinq voies. Un boomer de 38 centimètres pour les basses (c'est la taille d'une grande pizza). Et tout en haut du spectre, des petits pavillons qui captent les aigus les plus fins. Le résultat ? 25 à 22 000 hertz. Du grave profond à l'aigu cristallin. La musique comme on ne l'avait JAMAIS entendue dans un salon. Prix de l'objet : 599 dollars en 1973. Soit l'équivalent d'environ 4 000 euros aujourd'hui. Ce n'est pas une enceinte pour tout le monde. C'est une enceinte pour les convaincus, les passionnés, ceux qui considèrent que bien écouter de la musique, ça mérite un vrai budget. En Belgique, dans les magasins hi-fi spécialisés des grandes villes, les amateurs se pressent. On vient voir la bête. On vient l'écouter. Parfois juste admirer le caisson, la grille, le bois. Et puis on repart avec, sous le bras, enfin, dans le coffre de la voiture. Ça pèse 23 kilos. Le KL-7090 n'est pas parfait (aucune enceinte ne l'est). Mais franchement, personne ne s'en plaint. Parce cette enceinte reproduit le son avec une très belle intensité.. Dans un salon coloré des années 70, avec un disque de Marvin Gaye ou de Led Zeppelin sur la platine... C'est tout simplement PAR-FAIT ! | |||
| The Korgis : le secret philosophique derrière le monument "Everybody’s Got to Learn Sometime" | 01 May 2026 | 00:02:56 | |
Nous sommes le 1er octobre 1979. Happy Day pour James et Andy. Les deux membres des Korgis entrent aujourd'hui en studio pour enregistrer leur deuxième album. Et cela va prendre du temps : jusqu'en mars 1980. Parmi les chansons : une ballade lente. Mélancolique. Ils ne le savent pas encore, mais elle va devenir un monument. Titre choisi : "Everybody's Got to Learn Sometime". Et c'est, en apparence, un bain de douceur sentimentale… James Warren et Andy Davis travaillent ensemble depuis le début des années 1970. Ils se sont rencontrés au sein d’un groupe de pop inspiré des Beatles. En 1979, ils forment The Korgis. Un duo. Leur premier album sort dans la foulée, mais sans grand retentissement. C'est le deuxième qui va tout changer. "Dumb Waiters". Les serveurs muets. Et c'est sur cet album que figure la fameuse ballade... James Warren raconte l'histoire de la chanson. Un jour, il est dans son appartement à Bath, dans le Somerset. Il a un piano. Il s'en sert pour trouver des idées de chansons. Il joue des accords. Une mélodie. Et il chante la première chose qui lui vient à l'esprit. La chanson s'écrit en 10 ou 15 minutes. Il vise une ballade lente. Traînante. Qui va plaire aux radios américaines. Le producteur David Lord ajoute ensuite l'arrangement. Les cordes. La profondeur. L'instrument distinctif qu'on entend après chaque refrain ? Un guzheng. Une cithare chinoise à dix-huit cordes. Écoutez ! Le synthétiseur de Phil Harrison devient le son principal. Les paroles sont simples. Épurées. Mais avec un message direct. James Warren explique : "À cette époque, je m'intéressais aux philosophies New Age. Travailler sur soi-même. La méditation. Toute la chanson vient de là. Ce n'était pas du tout une chanson romantique. Pour moi, il s'agissait d'un individu qui change et devient une personne différente, meilleure. C'était littéralement une chanson philosophique." Le 11 avril 1980, "Everybody's Got to Learn Sometimes" sort en 45 tours. Le succès est fulgurant. Numéro 5 au Royaume-Uni. Numéro 18 en Amérique. Ne me demandez pas pourquoi, numéro 14 en Belgique. Mais… Numéro 1 en France. Numéro 1 en Espagne. C'est le sommet de la carrière des Korgis. | |||
| 1963 : Noël à la plage avec les Beach Boys | 18 Dec 2025 | 00:02:47 | |
Les Beach Boys mettent Santa Claus, rebaptisé "Little Saint Nick" (le titre de la chanson), au volant d’un hot-rod candy apple red. Il s'agit d'une voiture modifiée pour la vitesse (le moteur est gonflé, le châssis abaissé), icône de la culture surf et des plages du Pacifique. Déjà, dans l'introduction de la chanson, pas de clochette... mais une ambiance festive ! Pendant que, chez nous, Tino Rossi susurre sous les guirlandes, Brian Wilson fait rugir les rennes à 4 vitesses. C'est court, c'est efficace. Durée 1:58. Avec, en prime, le son typique des Beach Boys : harmonies vocales a cappella, basse surf et batterie rock'n'roll. Saint Nick en voiture surf, le 45 tours termine 5e dans les classements aux USA. "Little saint nick" sera également remixé en stéréo l'année suivante. Nouvelle date de sortie : 9 novembre 1964. Et là, l'exportation marche à merveille, Tino Rossi n'a qu'à bien se tenir à sa cheminée chez nous, c'est le déferlement Beach Boys à Noël, en stéréo... "Little saint nick" ouvre la voie à l'album Noël des Beach Boys, certifié disque d'or, le fameux "The Beach Boys' Christmas Album", qui sort lui aussi en 1964. Une 3e version sera même enregistrée en juin 1964 pour le 6e album du groupe, mais elle sera finalement retirée du 33 tours. Il faudra attendre 1991 pour qu'on puisse enfin l'entendre, mais sur un CD. | |||
| 1960 : Dalida s'empare de « Petit papa Noël » | 17 Dec 2025 | 00:03:21 | |
Cette chanson est composée par Henri Martinet et et Raymond Vincy, en 1944, sur un thème marquant : la fête de Noël durant la guerre. Les paroles sont réécrites en 1946 pour en faire une prière d’enfant sans référence au conflit. Tino Rossi enregistre la chanson pour le film "Destins" de Richard Pottier, où il l’interprète à l’écran : c’est là que « Petit Papa Noël » est révélée au public. Voici la version originale... de 1946… Sortie à l'origine sur un 78 tours, la chanson devient progressivement l’hymne de Noël en France. Elle est même, aujourd'hui, considérée comme LE titre francophone de saison le plus vendu de l’histoire, avec plus de 30 millions d’exemplaires écoulés, toutes éditions confondues. Durant les années 50, chaque année, les radios et télévisions la remettent en avant au moment des fêtes, installant durablement l’image de Tino Rossi comme LA “voix de Noël” dans la mémoire collective, tant en France qu'en Belgique. Puis, en 1960, Dalida va casser le joujou. Elle enregistre SA lecture de « Petit Papa Noël », pensée comme une simple petite chanson de saison... En 1960, Tino Rossi est déjà un peu daté... Il suffit d'écouter Dalida pour le comprendre... Là où Tino Rossi impose une berceuse solennelle très années 40, Dalida offre une lecture plus souple, avec un habillage orchestral feutré, très “lumières de Noël". Le 45 tours est publié en décembre 1960, mais la version sera régulièrement rééditée sur des compilations de Noël, notamment sur les coffrets “Masters 1956‑1962”. Rossi, voix corsée, 78 tours Pathé et film en noir et blanc. Dalida, star de l’ère Barclay, 45 tours spécial fêtes et orchestre de Raymond Lefèvre. Faut-il vraiment choisir un camp ? Allez, soyons galants… | |||
| 1970 : "Santa Claus is coming to town", ce film inconnu sous nos latitudes | 16 Dec 2025 | 00:02:52 | |
Réalisé par Jules Bass et Arthur Rankin Jr., le film doit soigner la musique qui l'accompagne. Le projet est confié à deux producteurs éminents, qui ne vont pas aller chercher bien loin. Ils vont simplement adapter de nombreux standards de Noël, comme celui-ci, qui donnera son titre au film.. Pour la petite histoire, ce que vous entendez est la voix de Fred Astaire. "Santa Claus is coming to town", voilà le titre du téléfilm. Traduction : Père Noël arrive en ville. Le budget est modeste. La production utilise d'ailleurs la technique “Animagic” qui a produit des icônes comme Rudolph (1964) ou Frosty (1969). C'est un film d'animation sans grande prétention. Et pourtant, sa diffusion va être très suivie le 3 décembre 1970. Fred Astaire raconte l’origine du Père Noël, qui est bien entendu américain et pas finlandais. Mais quelle est cette histoire ? L’orphelin Kris Kringle arrive à Sombertown, ville grise sous le joug d'un tyran. Il va défier les interdictions en apportant de la joie, des jouets et beaucoup de couleur. Puis, il épouse la maîtresse d’école Jessica, il fonde une famille et devient le Père Noël. Voilà donc… la véritable histoire ! Vous devez vous dire : je n'ai jamais entendu parler de ce film d'animation ? C'est peut-être normal. Ce qui est devenu une madeleine pour les Américains ne l'aura jamais été pour les petits Belges. Aucun doublage à l'époque, aucune version adaptée non plus. Il faudra attendre le DVD pour que ce monument de la télévision américaine ne débarque chez nous, beaucoup plus tard. D'ailleurs, il y a fort à parier que ce n'est pas la voix de Fred Astaire qui vous vient en premier, quand on vous parle de "Santa Claus is coming to town"... mais probablement celle de Michael Jackson ! | |||
| 1979 : Au théâtre ce soir avec "Le Père Noël est une ordure" | 15 Dec 2025 | 00:02:47 | |
Nous sommes en octobre 1979 à Paris. Happy Day pour la troupe du Splendid. Elle vient de créer un monument d'humour débridé. C’est une comédie sarcastique, qui met en scène une soirée de Noël particulièrement désastreuse dans un centre d’écoute destiné à aider des personnes en détresse psychologique ou souffrant de solitude. Oui oui, c'est bien "Le Père Noël est une ordure", mais sur scène... Soir de Noël... c'est l'heure de déballer les cadeaux. Créée en octobre sur la scène du Splendid, la pièce attire les foules à Paris. Durant les fêtes, c'est même la cohue. Il n'y a pas assez de places et de représentations pour tout le monde. Rarement le public avait vu quelque chose d’aussi loufoque. Après avoir joué à guichets fermés dans leur théâtre, la troupe déménage en janvier 1980 à la Gaîté Montparnasse. C’est là que la pièce sera filmée par Philippe Galland, qui était alors le compagnon d’Anémone. Soir de première, une équipe d'Antenne 2 les suit à la trace... On adore ses personnages caricaturaux et son humour noir mêlé à une critique sociale déguisée en farce burlesque. Et tout ça, sacrilège, un soir de Noël... Il faudra attendre août 1982 pour que troupe adapte la pièce au cinéma, avec le succès qu'on sait. Tout cela sous la direction de Jean-Marie Poiré. Le film va d'ailleurs raviver l'enthousiasme autour de la pièce, qui sera jouée des centaines de fois, en France, en Belgique, par des centaines de troupes... pour devenir un classique absolu, dont les répliques vont rester pour la postérité.. Tout comme la musique du film, d'ailleurs, signée... Vladimir Cosma... | |||
| 1964 : Claudia Sylva chante "J'ai pleuré" | 12 Dec 2025 | 00:02:51 | |
28 semaines de présence dans les meilleures ventes, Claudia Sylva ne pouvait pas rêver mieux. Mais, quelle est donc cette chanson qui sera son unique grand succès ? Cettechanson, c'est "J'ai pleuré"... Claudia Sylva est née le 31 janvier 1947 à Binche. Cette chanson, composée et écrite par Benny Couroyer, un autre Binchois célèbre comme chef d’orchestre et compositeur, a rencontré un succès considérable chez nous en Belgique, mais aussi en Flandre et en France. La chanson exprime une mélancolie sentimentale, avec un texte simple évoquant la douleur et la tristesse d'une séparation amoureuse. « J'ai pleuré » est notable notamment grâce à son gimmick, qui reste (depuis tout ce temps) en mémoire. Mais quel gimmick ? Le lolololo évidemment ! Pas étonnant que ce yodl ait trouvé écho en dehors de nos frontières, en Allemagne et en Autriche, mais aussi en Suisse. Et ce n'est pas tout ! La chanson de Claudia s'est exportée de l'autre côté du mur de la langue, grâce à un groupe anversois, The Strangers. "J'ai pleuré" donne alors "'K Hem Geblet"... "J'ai pleuré" reste son seul fait d'arme de Claudia Sylva, même si, avec le temps et le nombre de passages dans les guinguettes, d'autres titres ont fini par s'installer, comme "Je te donne mon cœur" ou "Dis-moi ton secret". Pourtant, jamais la Binchoise ne parviendra à égaler ces 28 semaines de présence du hit-parade en 1965. Alors... pourquoi pleurer ? | |||
| 1966 : Minimax concurrence Salut les Copains sur Radio Luxembourg | 11 Dec 2025 | 00:02:50 | |
Face à Europe 1, RTL n'a pas la cote auprès des jeunes. Donc Président Rosko est attendue comme le messie. Le Hit Parade change de nom et devient Minimax, émission diffusée de 16 à 18 heures, dans un format dynamique et assez novateur. C'est un hit-parade avec un minimum de paroles, entrecoupé de nombreux jingles. C'est à ce moment-là qu'on commence à entendre à la radio "minimum de bla-bla, maximum de musique", qu'on entend toujours... Rosko apporte ainsi un style DJ américain, très rythmé, influencé par les stars de l'époque comme Wolfman Jack, avec un ton provocateur et une énergie complètement dingue. En studio, il est assisté de Sam Bernett, dans ce qui est le tout premier studio automatique de RTL. Rosko va jusqu'à fabriquer lui-même certains jingles. Et c'est bingo. L'émission réussit à attirer un public plus jeune, ce qui redynamise RTL qui peinait face à la popularité d’Europe 1. Minimax va pourtant durer moins de temps qu'on l'espérait, puisque l'émission s'arrête (accrochez-vous) en mai 1968. Après son passage sur RTL, il rejoindra BBC Radio 1. Dans les années 1980, il animera aussi des émissions spéciales sur la RTB en Belgique... Rosko marquera durablement l’histoire de la radio française par son style et son influence sur les programmations futures. On dit de lui qu'il est peut-être l'un de pères de la radio musicale en France et en Belgique. | |||
| 1970 : "L'aveu" de Costa-Gavras au cinéma | 10 Dec 2025 | 00:02:28 | |
Le sujet est grave. C'est un drame politique franco-italien basé sur un récit autobiographique. Celui d'Artur London, un haut responsable du régime communiste tchécoslovaque accusé à tort d'espionnage. Le personnage principal est interprété avec intensité par.... Yves Montand. L'histoire se déroule en janvier 1951 à Prague, où London, après avoir été enlevé, est soumis à la torture psychologique et physique. Contraint, il finit par avouer des crimes qu'il n'a pas commis sous la pression. Le film dénonce puissamment les pratiques staliniennes d'exaction et de manipulation au sein des régimes communistes d'Europe de l'Est, en insistant sur la destruction morale des accusés et les procès politiques truqués. Le réalisateur Costa-Gavras choisit Yves Montand, qui a été lui-même proche du Parti communiste dans sa jeunesse, pour incarner Artur London. Le film est considéré comme anti-stalinien, mais pas vraiment anti-communiste. Yves Montand est la figure parfaite de l'homme brisé, traqué dans une atmosphère anxiogène. Le film est long, très long : 140 minutes. Aux côtés d'Yves Montand, un autre monument, Simone Signoret... Montand est déjà une énorme vedette chez nous en Belgique. Ce film puissant et engagé va marquer les esprits. Il reste un classique du cinéma politique européen par sa façon radicale de raconter le poids du système stalinien sur les hommes et les esprits en 1970. Et tout ça sur une musique, splendide, signée... Giovanni Fusco | |||
| 1967-1968 : Bonnie & Clyde réunissent Gainsbourg et BB | 09 Dec 2025 | 00:03:18 | |
Ce film américain raconte l'épopée d'un célèbre couple de braqueurs-criminels du gang Barrow, quelque part dans les années 30. À l'affiche de Bonnie et Clyde, un duo de légende, Warren Beatty et Faye Dunaway.... En 1967, Serge Gainsbourg entame une relation artistique, mais surtout amoureuse avec Brigitte Bardot, pour qui il se met composer. Premier essai : Bonnie et Clyde. Serge Gainsbourg puise son inspiration directement du film, mais aussi du poème « The Trail’s End », rédigé par Bonnie Parker alors qu’elle savait sa fin proche. Bardot, passionnée par le projet, se laisse convaincre. Elle encourage même Gainsbourg à écrire ce titre malgré leur relation artistico-sentimentale. La voix de Brigitte est fabuleuse, mais sait-elle chanter ? Rien n'est moins sûr. Gainsbourg opte donc pour une narration parlé-chanté, en reprenant la première strophe du poème de Bonnie Parker, installant une ambiance fatale... et terriblement sensuelle... Et ça commence comme ça... L’arrangement musical pop psychédélique accentue la tension du récit. C'est du Gainsbourg amoureux pur jus. La voix de Bardot apporte une douceur contrastant avec la gravité de l'histoire. Le succès est immédiat. Cette chanson, c'est comme un film. D'ailleurs, le titre reste, aujourd’hui, l’une des pièces maîtresses du répertoire français, tant elle souligne l’audace littéraire et la parfaite maîtrise syntaxique de Serge Gainsbourg. Le couple est très demandé. Gainsbourg et Bardot vont même chanter sur scène, costumés et armés, mimant la complicité dangereuse du véritable couple légendaire... En France, le 45 tours entre dans le classement la deuxième semaine de février 1968. Chez nous, en Belgique, au même moment, le single se classe durant huit semaines et fera partie des meilleures ventes de l'année... Il portera l'album Initials BB, qui sortira en juin 1968... | |||
| 1979 : Ottawan cartonne avec "D.I.S.C.O." – Le tube disco français qui a conquis l’Europe | 08 Dec 2025 | 00:02:50 | |
Nous sommes en novembre 1979. Happy Day un groupe français dont le premier single va connaître un succès presque invraisemblable. C'est un titre disco écrit et composé par Daniel Vangarde et Jean Kluger. Pour l'interpréter, ils font appel au groupe Ottawan, qui est totalement inconnu. La chanson est enregistrée pour l'occasion en français et en anglais. Tant qu'à faire, selon les pays, on met la version anglaise en face A ou en face B. Ottawan, c'est évidemment une référence à la ville canadienne. Mais c'est surtout l'union de 2 artistes. D'un côté, Patrick Jean-Baptiste. Né Guadeloupe, il chante dans les églises. Puis il part travailler pour Air France à Paris. C'est là qu'il forme un groupe appelé Black Underground et qu'il rencontre le producteur Daniel Vangarde. Je disais donc RENCONTRE. Notre Patrick Jean-Baptiste est rejoint par Annette Etilce, qui est non seulement chanteuse, mais aussi danseuse. Ensemble, ils forment le groupe Ottawan. Parrticularité du duo : son look, qui n'a finalement rien de super original en pleine période de transition disco-funk : une combinaison à paillettes vert fluo et des plumes de perroquets. Dès les premières notes, on entend qu'on peut entrer dans la danse... Cette chanson, vous la connaissez par cœur, c'est "D.I.S.C.O.". Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que chaque lettre du mot "DISCO" est utilisée pour décrire une fille Que ce soit en français... ou en version originale... de toute façon, c'est la même crèmerie... C'est juste qu'on dit alors "D AIE S CI O".... L'air de rien, cette version anglaise va rapidement trouver son public et s'exporter. Numéro 1 chez nous. Numéro 3 en Allemagne. Numéro 5 au Royaume Uni. Tête des ventes en Norvège, aux Pays-Bas. Et double disque d'or : 500 mille exemplaires pour la version française et 500 mille pour la version anglaise. Ottawan n'a pas fait les choses à moitié. Seul regret ? L'Amérique n'a jamais vraiment souri au groupe français, ni New York, ni Québec ni même cette bonne ville d'Ottawa... | |||
| 1974 : “La Petite Maison dans la Prairie”, le feuilleton qui a conquis nos cœurs | 05 Dec 2025 | 00:02:42 | |
Nous sommes le 30 mars 1974. Happy Day pour les familles américaines. Alors que nous dormons paisiblement en Europe, la chaîne NBC diffuse un téléfilm pilote baptisé "The Little House on the Prairie". Cette adaptation - d'une série de romans de Laura Ingalls Wilder - raconte l'histoire d'une famille de pionniers, les Ingalls, des fermiers venus s'installer dans le Minnesota, dans une ville fictive, au 19e siècle. A priori, ce n'est pas le genre de sujet qui va intéresser les foyers à une heure de grande écoute. Et pourtant, la famille va créer l'événement. Résultat : le 11 septembre 1974, le téléfilm devient une série et la première saison est diffusée. Générique ! L'acteur principal, Michael London, crève l'écran dans le rôle de Charles Ingalls. Autre vedette rapidement : Melissa Gilbert, qui incarne Laura Ingalls Wilder, l'auteure des romans. Ce qui fascine le public américain ? La série raconte un peu son histoire. Elle mêle des épisodes dramatiques et plus légers, autour de solides valeurs familiales, de l’entraide, de l’école, de la foi (aussi) et du courage face aux difficultés de la vie rurale du XIXe siècle. Le décor, on l'a compris, est le village fictif de Walnut Grove, même si les extérieurs ont, en réalité, été tournés en Californie. Chez nous, il faut attendre décembre 1976 pour que TF1 diffuse, pour la première fois, un épisode de la série en version française. Dès son arrivée, la série rencontre un incroyable succès chez nous. Si cette histoire n'est pas la nôtre, ce sont en fait les personnages attachants qui nous fascinent : Charles, Caroline, Laura et Mary Ingalls et puis Nelly Oleson et sa diabolique maman. Au bout du compte, "La Petite Maison dans la Prairie" comptera 205 épisodes de 50 minutes, étalés sur 9 saisons et déclinée en plusieurs téléfilms. Après TF1, c'est Télé Luxembourg qui adoptera la famille Ingalls. Allez, l'heure est est venue de descendre de la colline dans l'herbe merveilleusement verte, avec Laura et son chien... Fermez les yeux…. | |||
| Ivo Van Damme : l'envol de Montréal et le destin brisé d'une légende belge | 30 Apr 2026 | 00:02:27 | |
Nous sommes le 31 juillet 1976. Happy Day pour Ivo Van Damme. Le Belge va aujourd'hui remporter une médaille d'argent pour le Royaume sur 1500 mètres. La Belgique retient son souffle. Un mois plus tôt, en juin 1976, la RTB l'interroge. Les Jeux olympiques de Montréal approchent. Est-il confiant ? Oui, mais surtout concentré ! Le 31 juillet 1976, finale du 1500 mètres au Stade olympique de Montréal. Ivo Van Damme s'élance. Il court. Il accélère. Il pousse. Le Néo-Zélandais John Walker franchit la ligne en premier. Record olympique. Ivo Van Damme franchit en deuxième position. Médaille d'argent. Temps : 3 minutes 39 secondes 27. Devant l'Allemand Paul-Heinz Wellmann. La Belgique explose de joie. Ivo Van Damme devient une icône belge. Un des plus grands espoirs européens du demi-fond. Son visage est partout.. L'avenir s'ouvre devant lui. Mais l'avenir ne durera que quelques mois. Le 29 décembre 1976. Cinq mois après Montréal. La Belgique est sous le choc. Le journal du soir en Flandre s'ouvre sur une nouvelle tragique... Ivo Van Damme perd la vie dans un accident de la route en France. Il revient d'un stage d'entraînement. Il a 22 ans. Un an plus tard, en 1977, un groupe de journalistes crée le Mémorial Van Damme. Pour honorer la mémoire de l'athlète belge disparu prématurément. Le Mémorial devient rapidement un grand rendez-vous de l'athlétisme européen. À Bruxelles. Chaque année, les plus grands athlètes du monde viennent courir sur la piste du Roi Baudouin. Pour LUI ! Ivo Van Damme n'a couru que cinq mois après Montréal. Mais il reste une légende belge. Le 31 juillet 1976, il a offert à notre pays une médaille d'argent. Et un souvenir impérissable. | |||
| 1965 : “Qui est in, qui est out” — Gainsbourg trouve enfin son public | 04 Dec 2025 | 00:03:17 | |
Nous sommes en décembre 1965. Un 45 tours va ENFIN offrir à Serge Gainsbourg une petite place au soleil. Jusqu'ici, il n'a pas eu beaucoup de chance avec le succès. Sa période jazz et percussions n'a pas vraiment été reconnue par le public. D'ailleurs, quelques mois plus tôt, en février 1965, Barbara propose à Gainsbourg de faire une série de concerts avec elle. Devant l'hostilité du public, il choisit de mettre un terme à cette collaboration. Et cette frustration sera tenace : Serge ne remontera pas sur scène avant 1979. Son seul fait d'arme, jusqu'ici, c'est Couleur Café, mais à sa sortie en 1964, c'est très, très loin d'être un succès... En 1965, Gainsbourg sent qu'il doit changer quelque chose dans sa manière d'écrire et de composer. Dont acte. Il n'a jamais été très ye-ye, mais il sait qu'il faut évoluer de plus en plus vers un son pop, s’éloigner du jazz et des premiers styles plus sensibles de sa carrière. Une chanson va lui permettre de s’adresser au public des yé-yé, dont il critique pourtant à la fois le style et les paroles. “Qui est « in » qui est « out »” devrait faire l'affaire. Cette chanson, libérée en décembre 1965, marque une étape importante dans sa carrière, puisqu'il se laisse influencer par la scène franco-anglaise de l’époque. Le titre reflète d'ailleurs le regard ironique de Gainsbourg, jouant sur les notions “in” et “out” qui marquent la culture pop et la jeunesse des années 60. Le disque est enregistrée à Londres. Et cela s'entend... Bingo, le 45 tours est adopté par "Salut les copains" et c'est parti pour la gloire. Cette chanson va d'ailleurs le mener à collaborer avec de grandes figures de l'époque comme la magnifique Brigitte Bardot, à qui il va écrire “Harley Davidson” et “Bonnie and Clyde”. Serge Gainsbourg devient alors un auteur-compositeur-interprète incontournable de la pop française. Un peu à part, certes, mais seul capable d’allier provocation, style et mélodie dans l'air du temps. Classique et jazz sont rangés de côté. Résultat ? Quelques mois plus tard. Serge Gainsbourg est invité, en avril 1966, à participer à la « photo du siècle » avec quarante-cinq autres vedettes françaises du mouvement yéyé... Bref, la boucle est bouclée... | |||
| 1977 : “Ballade pour Adeline”, le prodige Clayderman est né | 03 Dec 2025 | 00:03:13 | |
Nous sommes le 14 avril 1977. Happy Day pour Philippe Pagès. Ce jeune pianiste de 23 ans s'empare d'un prénom féminin, qui va changer sa vie et fait sa première télé chez Danielle Gilbert. Quelques mois plus tôt, le jeune garçon formé au Conservatoire de Paris effectue une audition parmi 20 autres pianistes pour l’enregistrement d’une ballade composée par Paul de Senneville, déjà à l'origine de plusieurs musiques de film. Son toucher délicat et sa technique séduisent immédiatement les producteurs, qui semblent déceler chez ce blondinet impeccable... un immense potentiel. Problème : Philippe Pagès, ça sonne très français. Pour faciliter sa carrière internationale, il devient Richard Clayderman. Un nom qui n'est pas choisi au hasard. C'est une référence au nom de sa arrière-grand-mère. Et c'est surtout facile à prononcer à Londres et à New York. Quelques mois plus tard, le 45 tours est prêt et, dès les premières notes de "Ballade pour Adeline", on comprend qu'on a affaire à une petite bombe... Bon, remettons ce piano dans le contexte de l'époque, 1977. Les radios sont dominées par la musique disco, donc rien n'est gagné d'avance. Et c'est précisément ce qui rend son succès d’autant plus remarquable (et singulier). Son producteur pense qu’un score de 10 000 exemplaires serait déjà un succès, mais les ventes vont dépasser TOUTES les attentes. Le monde entier s'emballe et, hop, nous voici déjà à 22 millions d'exemplaires ! La recette ? La simplicité et la pureté de sa mélodie. La ballade suit une structure phrasale classique avec une introduction de deux mesures, un thème principal et une reprise d’octave plus haute. C’est un génie commercial, d'accord, mais du génie ! Clayderman est prophète en son pays, mais il est surtout invité partout dans le monde... notamment dans des émissions télé aux États-Unis, où il devient une immense star... "Ballade pour Adeline" n'est plus une musique, c'est un monument, notamment en Chine où le titre a été omniprésent dans les lieux publics à l’ouverture du pays vers l’Occident. Richard Clayderman a souvent exprimé son étonnement face à la carrière que ce morceau lui a offert, avouant qu’il n’avait jamais envisagé une telle destinée. Pour lui, cette composition contient “quelque chose de limpide et d’évident”, une mélodie simple qui (et il a probablement raison) transcende le temps.... | |||
| 1975 : Patricia Hearst, la libération qui bouleverse l’Amérique | 02 Dec 2025 | 00:05:52 | |
Nous sommes en septembre 1975. Happy Day pour Patricia Hearst. Des agents du FBI déguisés / pénètrent dans un appartement à San Francisco. Objectif : la libérer du joug de ses ravisseurs. Patricia Hearst, c'est l'héritière du magnat de la presse. Elle est étudiante à Berkeley lorsqu’elle est enlevée le 4 février 1974 par un groupuscule d’extrême gauche, l’Armée de libération symbionaise (ALS). L’enlèvement s’est déroulé dans l’appartement qu’elle partageait avec son compagnon Steven Weed. L’ALS cherche d’abord à échanger Patricia contre la libération de prisonniers du groupe. Les autorités refusent. La famille, elle, retient son souffle. Oui, Patricia a 20 ans. Elle vivait dans un quartier cossu et sa famille attend son retour. C'est presque un film, mais en 1974, c'est juste la réalité. Après un clair refus des autorités, ses ravisseurs exigent que la famille Hearst distribue plusieurs millions de dollars de vivres aux plus démunis de Californie, ce qui entraîne d’immenses distributions chaotiques. Les semaines passent et la jeune Patricia apparaît dans des messages audio étranges, diffusés à la presse où elle adopte le discours de ses ravisseurs, critiquant sa propre famille et la société américaine. Elle prend alors le pseudonyme de « Tania » et déclare rejoindre la cause révolutionnaire de l’ALS. Patricia participe à un braquage de banque, où elle est aperçue armée. Elle fait alors la Une des médias ; elle sera impliquée dans d’autres exactions de l’ALS sur plusieurs mois. La question centrale demeure : Patricia agit-elle sous la contrainte ou a-t-elle sincèrement rejoint ses ravisseurs ? Après la spectaculaire attaque d’un immeuble de Los Angeles par la police, Patricia Hearst reste cachée jusqu’à son arrestation en septembre 1975... Son procès passionne le monde entier : elle affirme avoir subi menaces, maltraitances et un enfermement dans un placard pendant 57 jours. Mais voilà, le doute subsiste. Patricia sera reconnue coupable de vol à main armée, condamnée à sept ans de prison, mais libérée après vingt-deux mois grâce à la clémence de Jimmy Carter. Elle sera totalement graciée par Bill Clinton, bien des années plus tard. Son histoire a inspiré de nombreux débats, des œuvres de fiction et des analyses, mais aussi une chanson, "You Got Your Baby Back"... en 1976... | |||
| 1979 : Dave, entre musique et cinéma dans “L’Esprit de famille” | 01 Dec 2025 | 00:02:38 | |
Nous sommes le 28 février 1979. Happy Day pour Dave, il fait aujourd'hui ses premiers pas au cinéma dans un long métrage, où le chanteur joue son propre rôle... Il a également accepté de composer la musique. "L'Esprit de famille" est un film signé Jean-Pierre Blanc. Avec quelques mises en abime, dont cette émission télé de jeu, animée par André Torrent, avec Dave pour invité et Michel Serrault qui regarde la télé. C'est succulent ! L'Esprit de famille, c'est une chronique à la française. Un père médecin généraliste, Michel Serrault. Une mère, artiste à ses heures, Nicole Courcel. Et leurs quatre filles, dont Pauline, 17 ans en Terminale qui rêve de devenir romancière. Pauline vit sa première passion amoureuse avec Pierre, un peintre beaucoup plus âgé qu'elle. Problème : elle apprend qu'il est déjà marié et père d'une fillette… Dave n'est pas peu fier. Le 4 mars 1979, il est invité sur Antenne 2 pour parler de cette première expérience de composition pour le cinéma... et de son intérêt pour le 7e art.... Bon, ne nous emballons pas. Le film va faire un grand plouf. C'est un instantané de la production cinématographique familiale française de la fin des années 1970. Et cela ne vole pas très haut. Un détail se démarque, justement, la musique de Dave. En 1979, le chanteur néerlandais profite de cette nouvelle aura pour dévoiler son côté sombre... Il chante : "La vie qui va pas". | |||
| 1964 : Jean Ferrat et “La Montagne”, l’hymne éternel de l’Ardèche | 28 Nov 2025 | 00:03:18 | |
Nous sommes le 12 novembre 1964. Happy Day pour un auteur-compositeur-interprète français. Ses chansons à texte (poétiques, parfois engagées), font déjà sa réputation à Paris, loin de sa montagne. Un titre amoureux de l'Ardèche va devenir, au fil du temps, son plus grand succès. En 1964, Jean Tenenbaum a 34 ans. Il sort son premier 45 tours en 1958 et son premier 33 tours, "Deux enfants au soleil", en 1961. Il reçoit alors le prix de la SACEM. Depuis quelques années, Jean Tenenbaum a changé de nom. En voyant sur une carte de France la ville de Saint-Jean Cap Ferrat, il devient Jean Ferrat. En 1962, il fait la connaissance d'Isabelle Aubret. Une rencontre déterminante, mais surtout le début d'une grande complicité artistique. Notamment pour ce titre, "On ne voit pas le temps passer". En 1964, Jean Ferrat achète une maison en très mauvais état à Antraigues-sur-Volane, une très ancienne commune française, située dans l'Ardèche. Durant les travaux de rénovation, il loge dans une auberge tenue par une artiste, du nom d'Hélène Baissade. Elle racontera plus tard que Jean Ferrat a écrit les paroles de "La Montagne" dans cette auberge et qu'il y a même composé la musique sur son piano. Cette version des faits sera démentie par le biographe Robert Belleret, qui affirmera plus tard qu'il s'agit d'une légende. Ce qui est certain par contre, c'est que Ferrat est amoureux de la montagne. La Montagne, la chanson, exprime la nostalgie l’exode rural, un phénomène qui touche déjà profondément la France à cette époque. Les paysans quittent la campagne pour la ville. Jean Ferrat exprime tout simplement SA douleur. L'air de rien, l'artiste vient de signer l'une des premières chansons écologistes de l'histoire, même si Ferrat considérait l’écologie comme la vie des hommes dans leur environnement, plus que la nature seule. Et c'est un très, très grand succès, de vente, mais surtout sur scène. La montagne, Ferra finira par s'y installer en 1973. Depuis lors, les habitants de la commune d'Antraigues-sur-Volane se sont approprié la montagne en la surnommant « notre chanson ». | |||
| 1967-1983 : “Red Red Wine”, de Neil Diamond à l’hymne reggae planétaire | 27 Nov 2025 | 00:03:33 | |
Nous sommes le 25 août 1967. Le 2e album de Neil Diamond, "Just for you", vient de sortir. Happy Day pour le chanteur new yorkais. Il vient de fêter ses 25 ans. Cela fait 9 ans qu'il a reçu sa première guitare, instrument grâce auquel il peut s'exprimer, ce qu'il fait aussi dans la poésie. Au début de sa carrière, l'écriture de chansons s'impose à lui. En 1966, il écrit un titre pour lui-même, "Solitary Man". Ce sera son premier succès d'estime en tant qu'artiste solo. L'album "Just for you" va marquer un tournant. Plusieurs titres en seront extraits, qui vont littéralement conquérir le public : "You Got to Me", mais auss "Girl, You'll Be a Woman Soon" et une chanson dont il ne soupçonne pas encore l'écho futur, "Red Red Wine". Elle exprime la douleur d’une rupture et l’idée que seul le vin rouge permet d’oublier ses soucis. La chanson s’inscrit dans la vague folk/pop du chanteur et reflète le style mélancolique, qui lui colle alors à la peau... Neil Diamond compose “Red Red Wine” alors qu’il collabore avec deux producteurs influents, Jeff Barry et Ellie Greenwich. L'accueil du public est raisonnable. Pas de ventes massives, mais une 62e place au top 100. Score honorable. Diamond le sent bien, c'est une occasion manquée. Alors, d'autres artistes vont s'en emparer dès la fin des années 60. Peter Tetteroo (du groupe Tee-Set) en fait un joli petit succès aux Pays-Bas en 1968. Ensuite, place à Tony Tribe, chanteur jamaïcain. Il sort en 1969 une version reggae qui devient le premier tube de son label au Royaume-Uni. Autre lieu, autre style : Vic Dana et Johnny Duncan l’ajoutent à leur répertoire, mais dans un univers, celui de la musique country. Finalement, il faudra attendre 1983 pour que la chanson révèle tout son potentiel. Le groupe UB40 adapte “Red Red Wine” dans une version reggae pour son album “Labour of Love”. Naïvement, les Britanniques pensent reprendre un titre d’un artiste jamaïcain. Ils apprendront plus tard, au moment du partage, qu'il s’agit bien d’une œuvre de Neil Diamond de 1967. La reprise du groupe UB40 deviendra instantanément un succès international. Elle atteindra, 26 ans plus tard, la première place des ventes, à peu près partout dans le monde... | |||
| 1979 : Francis Lalanne dévoile “Rentre chez toi”, son premier cri du cœur | 26 Nov 2025 | 00:03:00 | |
Nous sommes à l'automne 1979. Happy day pour un artiste français, pour lequel le succès tarde à venir. Il s'appelle Francis Lalanne et il va sortir "Rentre chez toi", un album enregistré et mixé durant l'été 1979. C'est son premier album, il est produit sous le label "Les 3 oranges bleues" et, comble du bonheur, un passage sur France Inter va lui ouvrir les portes... de la maison du bonheur... Après une enfance partagée entre la France et l'Uruguay, Francis Lalanne est attiré par la musique. Il joue d'abord de la guitare, puis du piano. Avant la sortie de son premier album, Francis Lalanne a entamé sa carrière en prenant des cours d'art dramatique au Conservatoire de Marseille. Il a d'abord formé un groupe avec ses frères. Il a ensuite joué dans des universités et des lycées autour de Marseille. D'accord, il est un peu marginal. Il chante dans des lieux atypiques comme des asiles et des prisons, tout en poursuivant des études en lettres modernes à la Sorbonne à Paris. Un jour, il se décide à réaliser une maquette, mais elle n'est pas été acceptée par les maisons de disques. Motif : trop baba cool, pas assez commercial. Grâce au soutien du comédien et metteur en scène Jean-Luc Moreau, il peut ENFIN enregistrer son premier album durant l'été 1979. “Rentre chez toi” est prêt. France Inter lui offre une caisse de résonance. Et puis, le débat s'installe dans le public. Certains l'adorent. D'autres, comme Pierre Desproges, sont plus... méfiants... Le public, lui, adhère massivement au style post baba cool. Quelques mois après la sortie de l'album, Francis Lalanne reçoit le Grand prix des disquaires de France et devient disque d’or, puis disque de diamant, notamment grâce au soutien indéfectible de l’animateur Jean-Louis Foulquier. Poésie, écologie, révol | |||
| 1962-1963 : quand la frontière linguistique redessine la Belgique | 25 Nov 2025 | 00:03:24 | |
Nous sommes le 8 novembre 1962. Happy Day pour la Chambre des représentants. Après plusieurs années de débats, de querelles et autres noms d'oiseaux, la Belgique va officiellement inaugurer la frontière linguistique et, espérons-le, la paix des braves. On doit cette pirouette et cette loi au Centre Harmel, créé en mai 1948 pour chercher une solution nationale aux problèmes sociaux, politiques et juridiques en régions wallonne et flamande. 14 ans plus tard, on y est. Le centre a trouvé une méthode pour tracer la frontière linguistique. Le dossier traîne depuis 1951, mais deux lois vont ENFIN pouvoir être adoptées. La première a établi l'unilinguisme en Flandre et en Wallonie. La seconde établit un bilinguisme dans l'agglomération bruxelloise, rebaptisée Bruxelles-Capitale pour l'occasion. Première loi : 8 novembre 1962. Seconde, le 2 août 1963. Bon, c'est un petit événement, on en parle même au journal télé de Paris.. notamment parce que le mouvement flamand manifeste contre l'omniprésence du français à la côte... Mais, bon sang, comment on est-on arrivé là ? Les tensions linguistiques en Belgique, ce n'est rien de nouveau. Elles trouvent leurs racines dans plusieurs décennies de conflits culturels, sociaux et politiques autour de la langue. Après l’indépendance en 1830, la Belgique a d’abord connu une francisation progressive, notamment dans l’administration, l’enseignement et la haute société, alors que la majorité flamande parlait le néerlandais. Dans la première moitié du 20e siècle, la montée d’un mouvement flamand revendiquant la reconnaissance et la défense du néerlandais s’accompagne de conflits ouverts. Les francophones sont perçus comme dominants dans la vie politique, économique et culturelle... comme quoi, l'histoire est bien souvent terre de contrastes... En août 1963, le mur de la langue est officiel, qui sera moqué, trente ans plus tard, par les Snuls.... Bien sûr, c'est une fiction, mais drôlement bien faite. Pour en revenir au mur, 2 lois ne suffiront pas. Le compromis final, trouvé à la fin de l'été 63, accorde aux communes bruxelloises et à quelques communes en périphérie un statut particulier avec des facilités linguistiques, afin de tenter d’apaiser les tensions. Démarre alors, un LONG processus vers le fédéralisme belge, qui attendra encore 30 ans.... Ah, la Belgique des années 60 et 70... et ses ouvriers du Nord venus trouver refuge à la FN et dans la sidérurgie, en république familiale wallonne... | |||
| 1975 : un Noël schtroumpfement magique au cinéma belge | 24 Nov 2025 | 00:02:43 | |
Nous sommes le 24 décembre 1975. Happy Day pour un dessinateur belge. Un film d'animation inspiré d'une bande dessinée de 1958, Johan et Pirlouit, sort aujourd'hui sur les écrans. Il a été tourné aux Studios Belvision, la maison de production du groupe Dupuis à Bruxelles. J'ai bien dit "nous sommes le 24 décembre". C'est Noël ! Peyo ne peut (évidemment) pas manquer ça : sortie aujourd’hui de "La Flûte à six schtroumpfs". Ah ben ça alors, le grand schtroumpf !!! "La Flûte à six schtroumpfs" raconte l'histoire de Pirlouit, qui découvre une flûte magique à six trous capable de faire danser jusqu'à l'épuisement quiconque entend sa mélodie. Cette flûte est volée par un méchant. Johan avec Pirlouit doivent demander l'aide de l'enchanteur Homnibus et des Schtroumpfs, qui connaissent le secret de l'instrument, pour la récupérer. Peyo est visiblement très content. Le film d'animation se distingue par sa très forte fidélité à la bande dessinée originale, malgré quelques adaptations. Et pour cause, Peyo a réalisé lui-même plus de 1 200 croquis, supervisant étroitement l'animation pour garantir une qualité fidèle à l'œuvre d'origine. Peu à peu, le vocabulaire des petits hommes bleus se dévoile... Le film sort en Belgique et en Suisse fin 1975, avant d'être distribué en France et aux Pays-Bas en 1976. Il connaît, pour l'occasion, un joli succès commercial. "La Flûte à six schtroumpfs" a aussi contribué à renforcer la popularité des petits hommes bleus, avant qu'ils ne deviennent mondialement célèbres grâce au dessin animé produit par Hanna-Barbera dans les années 1980. Ah oui, le groupe Dupuis n'a pas lésiné sur le casting pour sa production. Pour le disque de la bande sonore, par exemple, Peyo a pu compter sur l'infinie créativité de.... Michel Legrand. | |||
| 1970 : Les Carpenters — “Close to You”, la douceur à l’état pur | 21 Nov 2025 | 00:02:35 | |
Nous sommes le 15 mai 1970. Les Carpenters doivent publier leur 2e 33 tours en août prochain. Il faut un titre pour lancer les hostilités à quelques semaines de l'été. Le duo américain, composé de Karen Carpenter et son frère Richard, jettent son dévolu sur une chanson qui date de 1963. Happy Day, ce sera leur plus grand succès. "(They Long to Be) Close to You" est enregistrée pour la première fois par Richard Chamberlain pour la bande originale d'un film, Le Motel du crime. Une version de 1963 qui fait très, très années 50/60... Avant que les Carpenters s'en emparent, d'autres s'y essaient également : Dionne Warwick (en 1963), Dusty Springfield (1964), Johnny Mathis (1970), Andy Williams (1970), mais les Carpenters, en 1970 toujours, ont un petit truc en plus. Un arrangement doux, des harmonies très soignées, le tout sublimé par la voix de Karen Carpenter et par des orchestrations magistrales de son frère. Résultat : on oublie tout ce qui a précédé. Et on écoute nos charpentiers... L'air de rien, cette chanson va faire bien plus que porter l'album qui va suivre. Elle va ouvrir aux Carpenters les portes du succès en dehors des États-Unis. La chanson est numéro 1 aux États-Unis et au Canada en 1970, et a été certifiée disque d’or en quelques jours. En Belgique, elle arrive quelques semaines plus tard. Et elle rencontre chez nous un très grand succès. "Close to You" va carrément remporter en 1971 un Grammy Award pour la meilleure performance contemporaine par un duo. Il existe à ce jour, de Sacha Distel à Lady Gaga et Sheila... plus d'une 50aine de versions officielles de "Close to you". | |||
| The Drifters : le secret bouleversant derrière "Save the Last Dance for Me" | 29 Apr 2026 | 00:02:42 | |
Nous sommes le 19 mai 1960. Happy Day pour Doc Pomus. Il enregistre aujourd'hui avec les Drifters une chanson née d'un moment douloureux. Son propre mariage. Car Doc Pomus ne peut pas danser. Il a été frappé par la polio dans sa jeunesse. Il marche avec des béquilles. Puis finit en fauteuil roulant. En 1957, il épouse une grande et belle actrice de Broadway. Danseuse professionnelle. Le jour de leur mariage, Doc reste assis. Dans son fauteuil. Il regarde sa femme danser avec les invités. Il ne peut pas la rejoindre sur la piste. Trois ans plus tard, en 1960, il transforme ce moment en chanson. Avec son partenaire d'écriture, Mort Shuman. Petite traduction littérale : Tu peux danser avec le gars qui te fait de l'œil. Mais n'oublie pas qui te ramène à la maison. Alors chérie, garde-moi la dernière danse. Save the last dance for me ! Les paroles sont écrites par Doc Pomus. La musique, je le disais, par Mort Shuman. Le duo compose plus de 500 chansons entre 1958 et 1965. Pour Elvis Presley. Andy Williams. Ray Charles. Mais "Save the Last Dance for Me" est différente. Elle est personnelle. Le 19 mai 1960, les Drifters enregistrent la chanson. Avec Ben E. King au chant. Pendant l'enregistrement, le patron d'Atlantic Records, raconte à Ben E. King l'histoire de Doc Pomus. Son mariage. Son fauteuil roulant. Sa femme qui danse avec les autres. Ben E. King écoute. Et il pleure en cabine. Il comprend la douleur derrière les mots. Et il chante avec CETTE émotion. Atlantic Records sort le single en août 1960. En face B de "Nobody But Me". Mais Dick Clark, animateur TV, retourne le disque. Il comprend que c'est "Save the Last Dance for Me" le vrai hit. Il la passe à la radio. Encore et encore. Le 13 octobre 1960, la chanson atteint la première place du Billboard. Elle y reste trois semaines. C'est le plus grand succès de l'histoire des Drifters. Ironie du sort : Ben E. King a quitté les Drifters en mai 1960. Trois mois avant la sortie du single. | |||
| 1966 : “The Bomb”, le faux documentaire qui a glacé le monde | 20 Nov 2025 | 00:02:28 | |
Nous sommes le 13 avril 1966. Un documentaire sort au cinéma qui va marquer son époque. Happy Day pour le réalisateur Peter Watkins. Son faux documentaire tourné en 1965 pour la BBC n'a jamais été diffusé à la télévision (jugé trop effrayant), mais va connaître un beau petit succès en salle. Son titre : The Bomb (la bombe). Watkins imagine l’explosion d’une bombe atomique soviétique sur l’Angleterre. Il décrit avec un réalisme glaçant les suites immédiates, c'est à dire des destructions massives, des pénuries, le chaos social et le traumatisme des survivants. Ce documentaire est créé de toutes pièces à partir de données recueillies à Hiroshima et à Nagasaki. Tout commence par une fausse interview en pleine rue... Le journaliste demande à une passante si elle connaît les effets du carbone 14... Réponse : elle n'a jamais entendu parler de ce sujet. La BBC n'en veut pas : sujet politiquement sensible, effrayant en pleine guerre froide. Ce qui n’empêche pas le documentaire de sortir en salle au Royaume-Uni, en France et en Belgique. Watkins mêle des témoignages simulés, des images d’archives, des interventions de “spécialistes” et des scènes reconstituées avec des acteurs non professionnels, ce qui brouille complètement la séparation entre documentaire et fiction. Le film dure 48 minutes, en noir et blanc, et il frappe très fort. Notamment pour décrire la grogne sociale... Le film obtient de nombreux prix : Prix spécial à la Mostra de Venise (1966), Oscar du meilleur documentaire (1967) et BAFTA du meilleur court métrage. Sa sortie va marquer profondément l’imaginaire collectif. Peter Watkins, après cet épisode, quittera la BBC et poursuivra une carrière internationale. Il vivra ses dernières années dans la Creuse, en France. Mais il connaîtra, en 1985, une petite revanche, avec la première diffusion TV britannique de son documentaire, le 31 juillet 1985, soit 20 ans après le tournage… | |||
| 1978 : Roland CR-78, la boîte à rythmes qui a changé la pop | 19 Nov 2025 | 00:02:40 | |
Nous sommes en 1978. Happy Day pour Ikutaro Kakehashi, un ingénieur et homme d’affaires japonais. S'il est un peu connu dans le milieu de la musique, c'est parce qu'il est fondateur de la célèbre marque d’instruments de musique électroniques Roland, en 1972. Cette année, il vient de dévoiler le CR-78. CR pour CompuRhythm. Happy Day discret, car l'invention va mettre du temps à révéler son potentiel. Pourtant, l'air de rien, c'est la première machine de la marque permettant de créer et de mémoriser ses propres motifs, au-delà des effets de valse ou de bossa pensés, à l’origine, pour accompagner les orgues domestiques. Le CR-78, comme son année de naissance, inaugure l’ère de la programmation “grand public”. C'est bien beau tout ça, mais ça donne quoi ? Réponse avec un Roland CR-78 d'époque : Le problème, c'est que cette invention est un peu trop en avance sur son temps. D'ailleurs, personne n’a vraiment prêté attention au CR-78 lors de sa sortie. À première vue, la machine ne semblait pas plus intéressante que beaucoup d’autres boîtes à rythmes de l’époque. Mais mais mais, on a rapidement découvert que le CR-78 dissimulait quelques petits tours de magie. Notamment la possibilité de concevoir, de sauvegarder et de rejouer ses propres motifs. N'empêche, pendant trois ans, le CR-78 est resté quasi inconnu, jusqu’à ce qu’en 1981, un musicien britannique sorte une chanson qui exploite ces petits tours de magie. Cet artiste, c'est Phil Collins... Écoutez le début… Phil Collins va populariser la couleur CR‑78 avec le début de la chanson "In The Air Tonight", bâtie sur un motif programmé sur le CR‑78 avant l’entrée de la batterie acoustique... Et à partir de là, Monsieur Kakehashi est content. Très content même. Car Phil Collins va lui permettre de vendre beaucoup de CR‑78, qu'on entendra désormais sur d’autres titres new wave et pop du début des années 80... | |||
| 1973 : Christian Vidal et “Angélique”, l’amour en 45 tours | 18 Nov 2025 | 00:02:21 | |
Nous sommes le 14 avril 1973. Un prénom féminin va offrir à Christian Vidal son plus grand succès. Le chanteur bruxellois a démarré dans un petit groupe local, les Snakes. Et il s'est repérer par la maison de disques Vogue en 1972. Une année charnière durant laquelle il va préparer son offensive. Va pour "Angélique". Mais attention, il ne faut pas confondre “Angélique” de Christian Vidal avec une autre chanson à succès, celle de Michel Orso (en 1966). Pourquoi je dis ça ? Parce que tout le monde a fait l'erreur à l'époque... Bon, il se peut (je dis bien il se peut) que cette chanson ait tout de même été un peu l'inspiration de notre Angélique de 1973. Pour Christian Vidal, qui vient de fêter ses 23 ans, cette ballade romantique est non seulement un très grand succès, mais va rapidement devenir un incontournable de la variété francophone du début des années 70. Allez, Christian, c'est à toi... Christian Vidal a beaucoup raconté qu'il vendait plus de disques, à l'époque, que Michel Sardou. Or, il y a débat. Si on regarde les meilleures ventes en 1973, Michel Sardou vend plus d'un million d'exemplaires de "Je vais t'aimer". Et Christian Vidal est second, avec 900 mille exemplaires. Ce qui est vrai, c'est qu'il a occupé la tête des hit parades durant plusieurs semaines et qu'avec le temps, Angélique va se vendre à plus de 1,6 millions d'exemplaires. Bon, après ce succès, Vidal enchaînera d’autres chansons à prénoms féminins comme “Marie”, “Julia”, “Gabrielle”, “Nathalie”, mais sans jamais réitérer l’ampleur du phénomène “Angélique” de 1973.... | |||
| 1975 : la naissance de TF1, Antenne 2 et FR3 — la fin de l’ORTF | 17 Nov 2025 | 00:03:42 | |
Nous sommes le 1er janvier 1975. Happy Day pour les téléspectateurs de France et de Belgique. Trois chaînes changent de nom et de visage aujourd'hui. Trois d'un coup ! L’ORTF existe depuis dix ans, depuis 1964, mais l'Office de Radiodiffusion Télévision Française va être dissous ce 31 décembre 1974 à minuit. Alors, forcément, on en parle au journal télévisé... Cette réorganisation est le fruit de la loi de décembre 1974 qui met fin à l’ORTF et impose une structure décentralisée. Ainsi, ce 1er janvier 1975, trois sociétés distinctes et autonomes sont créées pour prendre la relève :
1er janvier 1975, c'est l'événement. Le générique dévoile le logo de TF1 et c'est parti pour la grande aventure ! Sur la 2e chaîne, même tempo. L'annonce est sombre. Le générique est signé Jean-Michel Folon. Et la musique n'est autre que Michel Colombier, "Emmanuel". Les trois sociétés de programme jouissent désormais d’une autonomie financière, éditoriale et de gestion. Elles participeront d'ailleurs, ensemble, quelques années plus tard à la création de la chaîne internationale francophone TV5 en 1984. Il faudra attendre 1987 pour la privatisation de TF1. Quelques années plus tard, le 7 septembre 1992, Antenne 2 deviendra France 2, FR3 deviendra France 3. | |||
| 1958 : Peggy Lee s'empare de "Fever" | 14 Nov 2025 | 00:02:46 | |
1958 : Peggy Lee s'empare de "Fever"Nous sommes le 19 mai 1958. Happy Day pour la tout jeune et jolie Peggy Lee. La chanteuse de jazz américaine va s'emparer d'une chanson qui a déjà connu son petit succès. Et elle va tellement bien réussir son coup, que cette chanson fiévreuse va devenir sa signature, effaçant au passage l'édition originale de Little Willie John, sortie deux ans plus tôt. En 56, "Fever" est composée par Otis Blackwell (sous le pseudonyme John Davenport) et Eddie Cooley. Une version jazz, et sage qui dit... Bon, en 1956, Little Willie John (qui a alors 19 ans ) va en vendre plus d’un million d’exemplaires et se classer numéro un. N'empêche, deux ans plus tard, Peggy Lee reprend “Fever” avec un arrangement minimaliste, mais nettement plus sensuel : contrebasse, claquements de doigts, batterie très présente et une voix suave. Tant qu'on y est, Peggy Lee réinvente également les paroles, ajoutant une touche d’érotisme. Résultat : un autre petit million d'exemplaires plus tard, son interprétation fait école et lui vaut une nomination aux tout premiers Grammy Awards en 1959. Il faut dire que, bah... y pas photo... “Fever” n'est pas qu'une chanson, c'est un jalon pour l’expression de la sexualité féminine dans la musique populaire américaine, symbolisant à elle seule une certaine libération des mœurs au cœur des années 50. Ensuite ? Fever a été reprise par une multitude d’artistes venus de tous les styles. Allez, on y va : Elvis Presley (1960), Madonna (1993), Beyoncé, Michael Bublé, les Beatles, Trini Lopez, Boney M., Sylvester, Eva Cassidy, sans oublier tellement d'autres artistes transformistes partout dans le monde.... aujourd'hui encore ! | |||
| 1968 : Hendrickx et la pédale wah-wah | 13 Nov 2025 | 00:02:28 | |
1968 : Hendrickx et la pédale wah-wahNous sommes en février 1967. Happy Day pour une société américaine, Thomas Organ Company. Elle commercialise une invention qui va bouleverser le monde de la musique en cette fin de décennie. Il s'agit d'une pédale qui porte un nom étrange "Clyde McCoy Wah". Ce nom fait référence au trompettiste qui popularise l’effet wah-wah à la trompette dans les années 1920. C'est un effet qu'on connaît bien, notamment dans les dessins animés. L'invention de la "Clyde McCoy Wah" remonte à 1966. Un ingénieur chez Thomas Organ et Vox invente l'effet par accident en modifiant le circuit d’un ampli pour réduire les coûts. Ce qu'il comprend alors, c'est qu’avec un potentiomètre actionné au pied, il peut faire varier une fréquence amplifiée. Et reproduire l’effet vocal “wah” sur (non plus une trompette, mais) une guitare. Techniquement, ce qui va devenir la pédale wah-wah agit comme un filtre dont la fréquence centrale se module avec le pied, ce qui donne ce son vocal très expressif... Un effet qui va rapidement devenir indissociable du rock psychédélique des années 60 et de l’image d'un certain Jimi Hendrix. Il découvre l’effet wah-wah grâce à Frank Zappa, qui est l'un des premiers utilisateurs. Hendrix popularise la pédale dès 1967 sur scène, mais c’est son solo d’introduction sur le titre “Voodoo Child (Slight Return)” (enregistré en mai 1968)... qui en fait une icône... La pédale wah-wah va devenir la signature sonore de Jimi Hendrix à Woodstock en 1969, où il l’utilisera aussi dans une version absolument démentielle de l'hymne américain. "Voodoo Child" restera toutefois le happy day d'une invention créée sur un malentendu... trois ans plus tôt... et qui fait désormais école auprès des fans des rock psychédélique... | |||
| 1975 : Marianne Rosenberg, “Ich bin wie du” — l’hymne d’une génération libre | 12 Nov 2025 | 00:03:14 | |
1975 : Marianne Rosenberg, icône gay avec "Ich bin wie du"Nous sommes le 10 mars 1975. Happy Day pour une chanteuse allemande née à Berlin-Ouest. Elle fête aujourd'hui ses 20 ans et elle va connaître son plus grand succès avec une chanson entraînante qui, malgré la langue allemande, va traverser l'E40 d'Aix-la-Chapelle à Eupen pour débarquer dans les boîtes de nuit de Wallonie. Marianne Rosenberg a grandi dans une famille d'artistes. Elle veut et elle VA chanter. "Mr. Paul McCartney" est son premier succès en 1970, mais une chanson va bousculer sa vie. Dès les premières notes, on comprend qu'on est face à un tube planétaire... En fait, objectivement, il n'y a pas grand-chose à dire sur cette chanson. Sinon que “Ich bin wie du” devient l’un des plus grands succès de la chanteuse et du mouvement “Schlager” allemand de l’époque. Vous l'aurez compris, c'est un morceau dansant et positif, qui a sans doute, quelque part, aidé à introduire les influences disco sur la scène musicale allemande. Avec des paroles soignées : Ich bin wie du, wir sind wie Sand und Meer, und darum brauch ich dich so sehr. Traduction : je suis comme toi, nous sommes comme le sel et la mer. Raison pour laquelle j'ai tant besoin de toi. Avouez qu'on touche la perfection. La même année, Rosenberg participe pour la première fois à la pré-élection allemande du Grand Prix Eurovision de la chanson, mais elle n'est pas retenue. Elle est classée à la 10e place avec une autre chanson, “Er gehört zu mir” (il m’appartient), qui va devenir, elle aussi, un énorme succès, notamment dans les boîtes gay allemandes... Là aussi, c'est disco fever On l'a peut-être oublié, mais comme Mylène Farmer, comme Madonna, comme Donna Summer, Marianne Rosenberg reste ancrée dans la culture gay comme l'une des icônes intouchables des années 70. D'ailleurs, il n'est pas rare de ré-étendre, au hasard d'un thé dansant, aujourd'hui encore, dans quelques bars vintage d'hommes qui aiment les hommes, quelques effluves de... "Ich bin wie du". | |||
| 1970 : “Le Boucher”, le chef-d’œuvre noir de Claude Chabrol | 11 Nov 2025 | 00:03:01 | |
1970 : Chabrol et "Le Boucher"Nous sommes le 27 février 1970. Happy Day pour Claude Chabrol. Son nouveau film se situe à la charnière entre les années 60 et 70. Son titre : "Le boucher". C’est un drame intimiste, plongé dans une France rurale encore fortement marquée par le poids du passé. L'histoire se déroule dans le petit village de Trémolat (dans le Périgord), une institutrice, Hélène (jouée par Stéphane Audran), rencontre, lors d’un mariage, Paul Thomas. C’est LUI, le boucher. Vous aurez reconnu la voix de Jean Yanne, dont le personnage est un homme marqué par la guerre d’Indochine et d’Algérie. En quelque sorte, il chercherà échapper à un passé familial violent. C'est ici qu'une amitié intime se noue, tissée de solitude et de blessures anciennes, avec l'institutrice. Le tout sur fond d’une série de meurtres de jeunes femmes qui secoue le village. Des histoires ? Pas vraiment. Hélène découvre, lors d’une sortie scolaire, le corps de la dernière victime. Sur les lieux du crime, elle trouve un briquet qui ressemble à celui qu’elle a offert au fameux boucher. Problème : Paul Thomas est encore en possession du briquet – du moins jusqu’à ce que d’autres indices pointent vers lui, révélant, petit à petit, sa véritable identité. Chabrol ondule entre suspense, chronique rurale et peinture des âmes sombres. Le film adopte une mise en scène sèche et précise. Le ton est dépouillé. Chabrol dissèque la noirceur humaine sans JAMAIS rejeter ses personnages. Le final est magistral, lui aussi. Chabrol raconte qu'il aurait écrit les 20 dernières minutes du film en deux jours lors d’une période de créativité intense. Pas d'effets spéciaux. Angoisse palpable. En 1970, Le Boucher va devenir l'emblème du style Chabrol. Projeté à New York en septembre, la presse s'emballe et parle d'un « chef-d'œuvre, une construction élégante d'ambiance, de ton et d'atmosphère d'une efficacité désarmante et extrêmement inquiétante. ». Chabrol devient alors le Hitchock français, sur une musique de… Pierre Jansen**.** | |||
| 1978 : Roxanne lance Police | 10 Nov 2025 | 00:02:44 | |
Le quartier de Pigalle, c’est un peu le repaire de la prostitution. Sting a une idée, en observant ces femmes. Il imagine tomber amoureux de l'une d'entre elles. Pour le prénom, il va fouiller dans Cyrano de Bergerac. Elle s'appellera donc Roxanne. Nous sommes à présent le 7 avril 1978. Happy Day pour Police, la chanson est prête. Roxanne est une déclaration d’amour, mais aussi le portrait compatissant d’une prostituée, la fameuse lumière rouge (« red light ») évoquant les lanternes allumées dans les bordels à l'époque. Sting avait initialement imaginé la chanson en bossa nova, mais Stewart Copeland, le batteur, donne au morceau son rythme marqué et saccadé, proche du tango et du reggae rock. Si vous ne voyez pas où je veux en venir, nous allons ré-écouter le début. L’enregistrement se fait aux Surrey Sound Studios en avril 1978 et le titre sort presque dans la foulée. Avec un détail resté célèbre et qui en donne toute sa saveur : Sting est distrait, il s’assied accidentellement sur le clavier du studio, déclenchant un accord de piano suivi d’un éclat de rire. Cet éclat de rire sera gardé dans l’intro finale de la chanson. Bon, d'abord, le single passe un peu inaperçu. Il fallait s'y attendre : il se heurte parfois à la censure en raison de son sujet, la prostitution. Ce n’est qu’à sa réédition et grâce au bouche-à-oreille que « Roxanne » va se hisser dans les classements britanniques et américains. Conséquence : c'est l’explosion de Police. Une explosion marquée, en fin d'année 1978 par la sortie du 33 tours, «Outlandos d’Amour », album porté par….. Après une période de galères et de concerts dans de petits clubs, d'hôtels de seconde catégorie, « Roxanne » change leur destinée, marquant le véritable acte de naissance public du groupe Police… sur la scène internationale... | |||
| 1976 : Michel Sardou déclare son amour absolu avec “Je vais t’aimer” | 07 Nov 2025 | 00:02:49 | |
Nous sommes au printemps 1976. Happy Day pour Michel Sardou. Son nouvel album doit bientôt sortir, mais l'équipe prend son temps, avec un deuxième 45 tours taillé pour les slows de l'été à venir. Jacques Revaux et Michel Sardou en signent la musique. Gilles Thibaut soigne la syntaxe. L’idée de génie, c’est l'introduction, inspirée par le célèbre Concerto d'Aranjuez, composé pour guitare classique. Gilles Thibaut n'y va pas de mains mortes sur les paroles : À faire pâlir tous les Marquis de Sade À faire rougir les putains de la rade À faire crier grâce à tous les échos À faire trembler les murs de Jéricho "Je vais t'aimer" C'est un texte profond, fort et passionné, mêlant amour physique et émotionnel avec une intensité qui colle parfaitement aux premiers bourgeons de 1976. Et pour cause, c'est déclaration d’amour absolue et passionnelle. Sardou incarne un homme prêt à aimer sa partenaire sans réserve, et sans tabou. Allant jusqu'à oser un champ lexical religieux associé à la passion... Loin des polémiques. Loin de la politique. Sardou y parle d'amour total, presque divin. Et c'est un incroyable succès. 600 mille exemplaires en quelques semaines. "Je vais t'aimer" reste en tête des classements durant 5 semaines en France et en Belgique. De quoi laisser un peu de répit à Sardou, embourbé dans des polémiques. Et pour cela, rien de tel que l'amour inconditionnel. Et dire qu'il y a quelques mois, en janvier 1976, Michel a perdu son père, Fernand Sardou, d'une crise cardiaque survenue dans les coulisses du théâtre... À faire crier grâce à tous les échos. À faire trembler les murs de Jéricho. Il va AIMER ! | |||
| MASH, le chef-d'œuvre satirique qui a bousculé la Croisette | 28 Apr 2026 | 00:02:24 | |
Nous sommes le 16 mai 1970. Happy Day pour Robert Altman sur la Croisette à Cannes. La Palme d'Or revient à son film, MASH. C'est l'adaptation au grand écran d'un roman à succès de Richard Hooker, nom de plume d'un ancien chirurgien militaire. L'action se déroule durant la guerre de Corée. Automne 1951. Deux nouveaux chirurgiens sont affectés à l'hôpital de l'armée. Dès leur arrivée, ils apparaissent comme rebelles. Coureurs de jupons. Malicieux. Ils n'hésitent pas à enfreindre les règles. Ils "empruntent" une Jeep. Et commencent immédiatement à flirter avec le personnel infirmier. Ensemble, ils utilisent l'humour et les farces pour garder leur santé mentale face aux horreurs de la guerre. Le casting est composé de futures stars. Donald Sutherland. Elliott Gould. Tom Skerritt. Sally Kellerman. Ou encore Robert Duvall. Robert Altman a insisté pour n'avoir que des acteurs inconnus. Aucune star établie. Et tout ça, sur un fond musical d'une très grande douceur, « Suicide is painless » de Johnny Mandel… Le film mélange comédie satirique et scènes chirurgicales sanglantes. Les dirigeants de la Fox exigent que ces scènes soient coupées au montage. Trop choquantes, disent-ils. Mais Altman refuse. Ces scènes sont essentielles. Elles montrent selon lui la réalité de la guerre. L'armée américaine interdit d'ailleurs initialement la diffusion du film dans ses bases. Le 16 mai 1970 à Cannes, le film remporte la Palme d'Or. Cinq nominations aux Oscars. Dont le Meilleur Film. Il remporte celui du Meilleur Scénario Adapté. Le succès est énorme. MASH devient l'un des plus grands films du début des années 1970. Le 13 juin 1970, le film sort en Belgique. La première a lieu à Gand. MASH deviendra ensuite une série TV. Le podcast Happy Days vous replonge dans les années 60 et 70, revisitant la folie musicale, les icônes comme Johnny, Brel ou les Beatles, et les grands événements culturels et scientifiques de l'époque. Chaque épisode propose un voyage nostalgique à travers les souvenirs marquants de ces 2 décennies | |||
| 1964 : Moog, la machine qui a changé la musique pour toujours | 06 Nov 2025 | 00:03:13 | |
Nous sommes le 1er octobre 1964. Happy Day pour un ingénieur américain passionné par les instruments électroniques. Robert Moog a fondé sa société il y a 11 ans près de New York. Sa nouvelle invention est le fruit d'un long travail d'expérimentation avec des musiciens. Robert lance aujourd'hui le premier synthétiseur modulaire commercial à la convention de l’Audio Engineering Society de New York. Comme il y croit beaucoup, il va carrément lui donner son nom, Moog. C'est la toute première machine électronique capable de générer et de modeler des sons synthétisés de manière contrôlée. L'air de rien, avec cette invention qui porte son nom, Robert marque le début de la musique électronique moderne et transforme radicalement la création sonore. Le synthétiseur Moog ONE entre en production en 1965. La véritable percée grand public du Moog survient avec Wendy Carlos, musicienne et ingénieure en acoustique. Curieusement, c'est la musique électronique qui vient déranger la musique classique. Ainsi, l'album "Switched-On Bach", sorti en octobre 1968, propose des réinterprétations de Bach entièrement réalisées sur un Moog. Allez, on s’habille, un peu de GRANDE musique ! Le disque devient un phénomène culturel. No. 10 du Billboard et premier album classique à dépasser un million d’exemplaires vendus. Glenn Gould le qualifie d'album de la décennie, rien que ça. Ce succès fait du synthétiseur un véritable instrument de musique reconnu, et un symbole d’avenir. D'ailleurs, très vite, des artistes comme The Doors, The Rolling Stones, Les Beatles (Abbey Road, 1969) ou The Grateful Dead intègrent le Moog dans leurs enregistrements. Le compositeur Mort Garson entrera, lui, dans la légende. Il compose ce que vous entendez là, c’est à dire la bande sonore de la retransmission de la mission Apollo 11 en 1969, ancrant à jamais le Moog dans l’imaginaire spatial et l'inconscient collectif... | |||
| 1977 : Alain Chamfort, “Joujou à la casse” et la mue d’un chanteur | 05 Nov 2025 | 00:02:43 | |
Nous sommes au début du mois de novembre 1977. Happy day pour un jeune chanteur à qui colle une étiquette un peu trop romantique. Serge Gainsbourg va probablement sauver sa carrière. Jusqu'en 1976, Alain Chamfort est produit par Claude François sur le label Flèche. Un titre s'est plutôt bien défendu, mais toujours à l'ombre de Cloclo. En 1975, il signe tout de même un petit succès.... Le temps qui court ! Deux ans plus tard, la rupture est officielle avec Claude François. À la fin des années 1970, Chamfort cherche à rompre avec son image de jeune chanteur romantique. Il veut une écriture plus adulte. Gainsbourg l'inspire, lui qui a déjà transformé France Gall et Jane Birkin. Serge accepte de lui écrire un texte. Et même un album, Rock'n rose. Le résultat est un premier 45 tours, baptisé « Joujou à la casse ». Un titre qui combine la finesse mélodique de Chamfort et l’écriture métaphorique de Gainsbourg. Pas de lente introduction au piano, cette fois, mais une énergie débordante dès la première note... Dans « Joujou à la casse »., le narrateur est un ancien amant. Il parle d’une femme devenue un « joujou cassé ». Le titre joue sur la double idée de la fragilité du jouet et de la femme-objet. Bref, c'est du Gainsbourg pur malt. Mélange de cordes et de claviers, le titre est enregistré en juillet et publié au début du mois de novembre. Bon, ne nous emballons pas. Car, à sa sortie en novembre 1977, Joujou à la casse n'est pas un immense tube commercial, mais une forme de pact, de rupture. Et c'est le début d'une collaboration entre Chamfort et Gainbsourg. C'est presque la naissance d’un nouvel Alain Chamfort, plus élégant, cérébral et finalement sensuel. D'ailleurs, après "Rock'n rose", le duo travaillera sur un album qui, lui, trouvera écho auprès du grand public. Ce sera Poses (en 1979), un 33 tours où Gainsbourg écrira de nouveau pour Chamfort, notamment | |||
| 1963 : la cassette audio, petite révolution née en Belgique | 04 Nov 2025 | 00:03:16 | |
Nous sommes le 28 août 1963. Happy Day pour Lou Ottens. Cet ingénieur travaille depuis deux ans à Hasselt sur une invention révolutionnaire. Son entreprise, Philips, crée alors des platines disques, des lecteurs-enregistreurs à bandes ou encore des enceintes. Ottens voulait créer un support d’enregistrement petit, pratique et à usage personnel. Objectif : il doit tenir dans la poche. Il va donc tailler un morceau de bois de poche comme gabarit pour définir les dimensions finales de ce qui deviendra la cassette audio compacte. E lle est présentée officiellement au Salon de la radio de Berlin le 28 août 1963, accompagnée du magnétophone Philips EL 3300, vendu alors 299 francs belges. Allez hop, on met la cassette dans le magnéto ! La production en série de cassettes vierges démarre en 1964 à Hanovre. L'arrivée sur le marché américain se fait en novembre 1964. Les premières cassettes audio pré-enregistrées (les fameuses musicassettes) sont lancées par Philips Records en 1965, marquant le passage de l’usage professionnel à la culture populaire. La cassette devient un complément au 33 tours. Philips décide rapidement d’en libérer la licence, notamment à Sony, afin d’en faire une norme internationale, ce qui provoque la disparition des formats concurrents et impose la cassette audio comme LE SUPPORT le plus pratique et le plus compact. La cassette audio connaît une ascension fulgurante : en 1966, plus de 250 000 magnétophones à cassette sont déjà vendus. Deux ans plus tard, 85 fabricants proposent leurs propres versions. Les publicités Philips du milieu des années 60 mettent en avant la modernité compacte de la cassette et de ses appareils. Même pas besoin d'électricité, une pile suffit ! À partir de ce moment, la cassette devient incontournable dans les autoradios, les chaînes Hi-Fi, et plus tard dans nos poches, avec l’arrivée du Walkman de Sony en 1979. L'invention, dont je vous rappelle qu'elle est née chez nous, en Belgique à Hasselt, devient selon les Américains une “tiny music revolution” (traduction : une “petite révolution musicale”). La production à grande échelle cessera à la fin des années 90, avec l'avènement du numérique…. | |||
| 1980 : Benny Hill, le roi de l’humour britannique conquiert la France | 03 Nov 2025 | 00:03:59 | |
Nous sommes le 14 septembre 1980. Un nouveau rendez-vous fait son apparition sur FR3 aujourd’hui. Happy Day pour Benny Hill, son émission déjà incontournable de l'autre côté de la Manche, va devenir LE bastion des dimanches soir pendant, accrochez-vous : 20 ans ! Benny Hill n'est pas un perdreau de l’année en France. Son émission version BBC a été diffusée dès 1965 par l'ORTF. La version produite par Thames Television pour ITV restait encore inédite sous nos latitudes. En 1980, Benny Hill a 56 ans. Il commence sa carrière dans le divertissement britannique dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, d’abord à la radio, avant de devenir une figure très, très populaire de la télévision à partir des années 1950. Son talent pour la parodie et le burlesque le conduit à créer "The Benny Hill Show", dont la première diffusion a lieu en 1955 sur la BBC. Son humour potache s’inspire directement du cinéma muet de Chaplin ou Keaton. En 1969, "The Benny Hill Show" est repris par la chaîne ITV, où il connaît sa vraie consécration internationale. L’émission restera à l’antenne jusqu’en 1989. En France et en Belgique, l'exportation de l'humour passe par la case traduction. Et doublage ! La voix de Benny Hill, c'est un certain Roger Carel... ils se rencontrent en 1991, à Londres, dans une vidéo hilarante... Benny Hill pose une question à Roger Carel, visiblement très ému et impressionné… Son humour visuel et absurde, souvent jugé grivois, a dominé la télévision humoristique européenne des années 1970 et 1980. Et quel succès. Benny Hill est entouré de comédiens, de musiciens et de mannequins dont certains vont devenir totalement cultes, comme Jackie Wright qui jouera le rôle du petit vieux martyrisé. Mais durant la fin des années 90, l'émission passe un peu de mode. Autant dire qu'aujourd'hui, en termes d'humour grivois (justement), c'est à prendre avec quelques avertissements... Allez, peu importe, on se replonge dans ces années en mode accéléré, avec la fameuse course-poursuite à chaque fin d'émission... | |||
| 1979 : baptême étudiant à Mons, entre tradition et guindaille | 31 Oct 2025 | 00:02:39 | |
Nous sommes le 10 octobre 1979. Happy Day à Mons (enfin, pas pour tout le monde). La télévision belge s'intéresse aux bleus et aux poils. Immersion dans les baptêmes d'étudiants pour une équipe de la RTB. Allez, un peu d'ambiance et de guindaille... Revenons sur le concept. Les baptêmes étudiants en Belgique, ce n'est rien de nouveau sous le soleil. Ce sont principalement des cérémonies initiatiques (semi-ludiques, mot à prendre avec des pincettes), organisées par et pour les étudiants. Objectif : intégrer et fédérer les nouveaux membres des cercles avec convivialité et tradition, tout en respectant un cadre sécurisé et volontaire. Bon ça, évidemment, c'est la théorie. Cet étudiant semble tout à fait d'accord avec la définition que je viens de vous donner... 3 semaines, rien que ça. Vaguement calqués sur les rites maçonniques, en plus alcoolisé, les baptêmes marquent une rupture symbolique entre le secondaire et le supérieur, annonçant (quelque part) un nouveau statut et une nouvelle vie d’étudiant chez les grands. Problème, les journalistes de la RTBF n'ont pas accès aux zones VIP... On l'a bien compris, en ce 10 octobre 1979, nous sommes encore au temps où les festivités ne font pas dans la dentelle. Elles font même parfois dans le plus simple appareil. Les bleus, les poils, ont survécu cette année encore, la bière a joyeusement coulé à Mons et... les chants ont fini par couvrir les quelques cris de résistance... | |||
| 1978 : Baccara et l’Eurovision — “Parlez-vous français ?”, le disco à l’accent espagnol | 30 Oct 2025 | 00:02:43 | |
Nous sommes le 22 avril 1978. Le Concours Eurovision a lieu cette année en France. Le voisin luxembourgeois prépare son happy day : il veut conquérir Paris et ramener la médaille à la Villa Louvigny. Pour cela, le Grand Duc a fait appel à un duo disco espagnol produit par Rolf Soja. Les deux demoiselles sont déjà bien connues du public. Et pour cause, "Yes Sir, I Can Boogie" a fait danser toute l'Europe l'été dernier… Pour l'Eurovision 78, une nouvelle chanson est composée et produite par la même équipe qui avait écrit le tube du duo "Yes Sir, I Can Boogie" et surtout l'incroyable "Sorry, I'm A Lady". Particularité : cette chanson est intégralement interprétée en français, une des langues officielles du Grand-duché de Luxembourg, comme l'impose la règle entre 1976 et 1999. Le problème, c'est que tout cela est chanté par deux Espagnoles n’ayant (à peu près) aucune notion de français. On note un tel accent que ses paroles sont à peu près incompréhensibles. Ah, oui, j'allais oublier le titre de la chanson : “Parlez-vous français ?” ! Et tout cela avec un grand orchestre, à l’Eurovision ! Le texte évoque de façon légère (et rythmée, c'est un peu la marque de fabrique) l’importance de parler français, notamment pendant les vacances d’été pour vivre des romances estivales. Car, oui, le français, c'est un peu la “langue de l'amour et de l’été”. Bon, tout cela est bien joli, mais la chanson termine 7e. Ce qui ne va certainement l'empêcher de devenir un nouvel incroyable succès pour le duo et ses producteurs allemands. Pour cela, il aura fallu franchir une étape supplémentaire : Baccara va en fait enregistrer une nouvelle version de la chanson en anglais sous le même titre. Ach ! Oui oui, ach, car à partir de ce moment-là, honni soit qui mal y pense, Rolf Soja n'aura qu'à se baisser pour ramasser les liasses de billets de mark allemands et de pesetas... | |||
| 1979 : “Les Bronzés font du ski”, la comédie culte des vacances d’hiver | 29 Oct 2025 | 00:02:43 | |
Nous sommes le 20 novembre 1979. Un film va devenir l'emblème de la fin des Trente Glorieuses, celle où les vacances à la montagne deviennent un véritable phénomène social. Un happy day à la française capitalisant sur le succès d'un premier film, les Bronzés, sorti un an plus tôt. Réalisation : Patrice Leconte. Personnages principaux : la troupe du Splendid. Allez, bande annonce ! Gérard Jugnot, vous l'aurez reconnu. Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Michel Blanc, Dominique Lavanant, Thierry Lhermitte, Bruno Moynot et tutti quanti. Le film suit les aventures de Bernard, Nathalie, Jean-Claude, Popeye, Jérôme et Gigi. Ils se retrouvent dans la station de ski de Val-d’Isère pour leurs vacances d’hiver. Bon, ce n'est pas un film sérieux, ces jeunes gens vivent des situations cocasses d’humour décalé (oui, c'est à moment-là qu'on a commencé à utiliser cet adjectif). Un peu d'ambiance.... En Belgique, "Les Bronzés font du ski" est ce que l'on appelle un film très populaire. D'une certaine manière, il incarne à merveille la montée en puissance de la culture des vacances au ski chez les Belges à la fin des années 70, quand ce type de vacances devient plus accessible. Mais c'est surtout un incroyable succès au box-office, même s'il sera un peu moins important que le premier volet. Tout cela, évidemment, sans compter les rediffusions qui animeront les programmes TV dans les années 80. Ah oui, tiens, j'allais oublier un détail. La musique du film "Les Bronzés font du ski" a été composée par (accrochez-vous) Pierre Bachelet. Notamment la chanson phare “Just Because of You”, écrite et composée par Pierre Bachelet, mais interprétée par un certain Jean-Denis Perez (aussi connu sous un autre nom, Rick Albano).... | |||
| 31 décembre 1969 : la Belgique fête le Nouvel An sous la grippe de Hong Kong | 28 Oct 2025 | 00:02:58 | |
Nous sommes le 31 décembre 1969. La Belgique se prépare aux festivités de l'entrée dans les années 70. Mais le happy day va être quelque peu gâché par un méchant virus. Pas de confinement, certes, mais le journal Le Soir en fait sa une avec ces mots : "Ce n'est pas ce qu'on appelle une grosse épidémie". Pourtant, il y entre 10 et 25 % d'absents dans les entreprises, mais les analyses tardent un peu. Mais que redoute-t-on vraiment ? Une petite bestiole qui ennuie le monde entier depuis l'été et qu'on appelle la Grippe de Hong Kong. Au départ, elle touche principalement l'Asie et puis.... Et bien, nous y sommes. Et comme la France est à deux pas de la Belgique, le virus ne s'arrête pas en chemin. Le H3N2 était une souche réassortie d'un autre virus de 1957. En juillet 1968, près d’un demi-million de personnes ont été infectées. La pandémie s’est ensuite étendue à l’Asie, aux États-Unis (via les soldats du Vietnam), puis à l’Europe toute entière. En Belgique, l’hiver 1969-1970 aura été la période la plus meurtrière, avec des milliers de décès attribués à la grippe. Pas de statistiques précises… et pour cause, Sciensano n'a commencé à fonctionner qu'à partir de 1977. Il y a donc bien eu des victimes en Belgique, mais dans une indifférence générale totale. Politiques, journalistes et médecins n'ont pas DU TOUT pris conscience du phénomène. D'ailleurs, le mot grippe n'a jamais été prononcé au Conseil des ministres dans notre pays par le Premier MInistre Gaston Eyskens. Tout est bien qui finit bien, le virus H3N2, bien que redoutable au départ, a fini par devenir endémique. Cet épisode a déclenché la création de réseaux internationaux de surveillance de la grippe (base du système actuel de l’OMS). Et a encouragé la recherche sur les vaccins. Bref, le réveillon du 31 décembre 1969 a été un happy day à peu près comme les autres pour 75 % de la population... | |||
| Serge Lama : “Les Ballons rouges”, la renaissance d’un artiste brisé (été 1967) | 27 Oct 2025 | 00:02:53 | |
Nous sommes en juin 1967. Le happy day de Serge Lama n'est plus très loin. Pourtant, c'est allongé sur un brancard qu'il enregistre une chanson, près de deux ans, jour pour jour, après son grave accident de voiture. Un accident qui a coûté la vie à sa fiancée, Liliane. Serge Lama est épuisé : une dizaine d'opérations sont passées par là. Épuisé, certes, mais plus déterminé que jamais à conquérir Paris. Juin 1967, c'est quatre ans après son premier disque, où sa voix se déploie déjà... avec des airs de Brel... Exemple : en ce temps-là. Un titre va marquer la renaissance artistique de Serge Lama. Un titre pour lequel il collabore avec Yves Gilbert, pianiste et compositeur, qui deviendra son partenaire musical. Ainsi, fin juin 1967, après plusieurs disques passés inaperçus, « Les Ballons rouges » sortent sous l'égide de La voix de son maître devient son premier succès. C'est un texte qui parle de l'ennui, de la solitude et des relations familiales. Le texte est sombre, il retrace une enfance sacrifiée. Ce n’est plus un enfant. C'est un adulte qui parle à la première personne,... Cette chanson, c'est aussi un hommage à son père, George Chauvier, artiste lyrique. En 1955, il décide de monter à Paris, capitalisant sans doute sur sa popularité à Bordeaux. Oui mais voilà, le père de Serge Lama ne parviendra jamais à se faire un nom dans la capitale. Durant l'été 1967, curieusement, « Les Ballons rouges » s’imposent à la radio. Le 45 tours se vend bien et vaut à Lama ses premières grandes scènes, notamment en première partie de Nana Mouskouri à l’Olympia. Happy Day sans doute pour ce succès, qui va établir la réputation de Serge Lama comme auteur-interprète sensible, dans la lignée de ses propres maîtres qu'étaient alors Georges Brassens et... le Grande Jacques Brel. | |||
| 1973 : la grande émission de Tino Rossi | 24 Oct 2025 | 00:04:04 | |
Nous sommes le 3 avril 1973. Ce soir, la télévision française diffuse pour la première fois une émission toute entière consacrée à un chanteur corse. Elle est signée Jean-Christophe Averty et la vedette du jour s'appelle Constantin Rossi, mieux connu sous le prénom Tino, Tino Rossi. Le chanteur vient d'avoir 66 ans. Sa chanson "Petit Papa Noël", sortie en 1946, est le disque qui s'est le mieux vendu en France de tous les temps... Ce soir, l'ORTF diffuse pour la première fois « Tino Rossi pour toujours », une émission tournée en fin d'année 1972. L’occasion de présenter le chanteur dans son propre spectacle, accompagné sur scène par son fils, Laurent. Depuis 1969 et le succès du Marchand de soleil, Tino a envie de tourner la page. De mieux profiter de la vie, de sa famille et de sa Corse natale. On le verra désormais épisodiquement à la télévision et dans des galas. C'est dire si l'émission de ce soir promet d'être très, très suivie... Tout y passe, du plus beau tango du monde à Tchi-tchi en passant par... Marinella... Bien qu'elle ait été tournée en couleur, l'émission est initialement diffusée en noir et blanc sur la première chaîne. Mais ce gâchis sera vite réparé, puisque « Tino Rossi pour toujours » sera rediffusé en couleur un mois plus tard sur la 3ème chaîne française. Qu'on parle de la première ou de la seconde diffusion, c'est un véritable succès d’audience... que les chaînes n'hésiteront pas à RE-sortir quelques années plus tard... sous les applaudissements... Ensuite, Tino se fera un peu plus effacé. On ne le verra donc plus sur scène qu'à l'occasion de participations bénévoles à des galas. Notamment, le 3 juin 1976 aux Tuileries à Paris, devant six mille personnes (et plus de quinze mille sur écran géant). Il chantera au profit de l'opération « Paris 2 000 espaces verts ». Le Grand Échiquier, en 1981, sera sa dernière grande apparition télé... avant de disparaître, 2 ans plus tard, emporté par une longue maladie… | |||
| "La Maladie d'amour" : Le premier grand record de Michel Sardou | 27 Apr 2026 | 00:02:18 | |
Happy Day pour Michel Sardou. Il s'en doute peut-être un peu, mais sa nouvelle chanson va connaître un fabuleux destin. C'est un titre qui parle d'une curieuse maladie. La maladie d'amour ! Une mélodie qui s'inspire du Canon de Pachelbel. Une ligne harmonique reconnaissable entre toutes. Mais d'où vient cette idée ? C'est la mère de Michel Sardou, Jacky, qui lui a soufflé le thème. Elle lui a dit : "L'amour, c'est une maladie qu'on attrape à deux." Historiquement, l'idée que l'amour est une maladie remonte au Moyen Âge. Fondée sur la théorie des humeurs. Elle était perçue comme un état physique et mental pathologique. Proche de la mélancolie. La chanson décrit l'amour comme un sentiment universel. Qui touche tous les âges. "De 7 à 77 ans". Le succès est (disons-le) immédiat. La chanson reste au sommet du hit-parade pendant dix semaines. Plus d'un million d'exemplaires vendus. C'est le plus grand succès de l'année 1973 en France. Et en Belgique, elle atteint la première place également. Il s'agit de la quatrième chanson la plus vendue de la carrière de Michel Sardou, mais en 1973, c'est son premier grand record. Il y aura ensuite "Les Lacs du Connemara" en 1981, "En chantant" en 1978, et "Dix ans plus tôt" en 1977. Succès populaire considérable dès sa sortie, cette chanson sera présente dans la plupart des tours de chant du chanteur. Olympia 75. Olympia 76. Palais des congrès 78. Palais des congrès 81. Vivant 83. Bercy 91. Bercy 98. Live 2005. Zénith 2007. La Dernière Danse. Michel Sardou modifiera le rythme de la chanson au fil du temps. Il baissera le tempo. La chanson est reprise par Hervé Vilard en 1984. Elle reste l'un des plus grands succès de la chanson française de tous les temps... | |||
| 1975 : Joe Dassin et son été indien | 23 Oct 2025 | 00:02:40 | |
Tout commence par cette ligne de guitare qui semble flotter sur l’eau, à la fin de l'été. Le tempo s’installe. Il est lent, chaloupé. Comme si on tentait de faire marche arrière dans le sable. Bon, c’est bien joli tout ça, mais, une question… Est-ce une chanson originale pour autant ? Pas vraiment. Quelques mois plus tôt, Toto Cutugno parle, lui aussi, on entend même les vagues.. La chanson s'appelle Africa.... C’est Jacques Plait, producteur fidèle de Dassin, qui repère cette chanson pas comme les autres. Il sent le potentiel. À lui d’en faire une œuvre universelle. Il réunit alors Pierre Delanoë et Claude Lemesle. Les mots viennent assez vite. Le texte prend la forme d’un dialogue amoureux. Claude François n'est pas convaincu. Pour Joe Dassin, c'est une évidence. Sa voix détachée va donner à la version française une saveur élégante et totalement tragique. C'est majestueux. On y parle d’une saison qui n’existe que dans le Sud de l’Amérique… d’une aquarelle de Marie Laurencin… d’une histoire sans fin. Une phrase, écrite d’un seul trait par Delanoë sur un coin de serviette, va devenir l'un des refrains les plus chantés du XXe siècle. Celle-ci… L’été indien sort donc en 45 tours en ce happy day du 6 juin 1975. Le disque se vend à plus d’un million d’exemplaires en France et en Belgique. Près de 2 millions dans le monde. L'été indien éclipse la version originale et se classe, en quelques semaines, numéro 1 dans 25 pays.... | |||
| 1956-1962 : Jamais 1 Eurovision sans 4 pour Fud Leclerc | 22 Oct 2025 | 00:04:01 | |
Nous sommes le 24 mai 1956 à Lugano, en Suisse. Au Teatro Kursaal, sept pays participent à un concours d'un nouveau genre. Happy Day pour Fud Leclerc, il va représenter la Belgique lors du Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne 1956, qui deviendra ensuite l'Eurovision. Happy day certes, mais destin cruel, nous allons le voir, pour cet artiste né en France. Ah oui, avant de commencer, sachez que Fud n'est pas un prénom, mais un diminutif pour Fernand Urbain Dominic Leclercq. Fud fait du piano, de l’accordéon, il est un peu compositeur et aussi chanteur. Jeune adulte, il voyage à travers le monde avant de revenir en Belgique et de commencer une nouvelle carrière comme entrepreneur en bâtiment. Cela dit, la chanson, c'est toute sa vie, alors il persiste et signe de nouvelles compositions. Comme cette chanson, "Messieurs les noyés de la Seine", tout un programme... Document d'époque. Au Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne 1956, c'est un petit triomphe pour le Royaume de Belgique grâce à lui. Premier prix pour Jetty Pearl avec "De vogels van Holland". Seconde place pour la Suisse, représentée par Lys Assia et sa magnifique chanson "Das alte Karussell". Et puis, boum boum boum, la Belgique, avec Fud Leclerc. Deux ans plus tard, Fud remet le couvert pour la Belgique, avec une chanson un peu plus audacieuse et moins dramatique, "Ma petite chatte". Paroles et musique d'André Dohet. Il terminera 5e sur 10 participants. Avouez que c'est pas mal pour une petite chatte… Alors, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? La Belgique le choisit une nouvelle fois en 1960. Paroles de Robert Montal, musique de Jacques Say. La chanson a pour titre "Mon amour pour toi". Et c'est une incroyable envolée lyrique qui terminera 6e sur 13 candidats. Vous remarquerez que, chaque année, on compte un peu plus de pays. Pensez-vous que la Belgique lui en veut ? Non, loin s'en faut. Car, deux ans plus tard, sur des paroles de Tony Golan, Fud Lerclerc revient au Concours Eurovision de la chanson qui se tient à Luxembourg le 18 mars 1962 avec "Ton nom". Cette fois, c’est ambiance Jazzy ! Cette chanson restera célèbre pour une triste raison. Elle ne va recueillir AUCUN point. Fud Leclerc détient, et c’est une sacrée médaille, le record belge de participations à l’Eurovision (quatre fois), ce qui lui a valu une place à part dans la mémoire musicale de notre pays. Après sa carrière artistique, il fait le choix d’une vie discrète à Bruxelles. Encore que Fud Leclerc peut se targuer d'avoir été... l'un des plus fidèles pianistes de Juliette Greco... | |||
| 1979 : Donna Summer brille avec « On the Radio » | 21 Oct 2025 | 00:02:37 | |
Nous sommes le 1er novembre 1979. Happy Day pour LaDonna Adrian Gaines. Elle va bientôt fêter ses 31 ans et Giorgo Moroder lui prépare un cadeau qu'elle ne va pas oublier de si tôt. C'est une chanson, disco, écrite pour un long métrage. Le film « Foxes » (« Ça plane, les filles ! » en français) ne sortira pas tout de suite en Europe. Mais la chanson va précéder son arrivée... Vous l'allez l'entendre, l’ouverture du film vous est familière, même si un peu lente au démarrage... Foxes est un film dramatique pour adolescents, avec Jodie Foster et Scott Baio. Il réalisé par Adrian Lyne et l'équipe a fait appel à Moroder pour en soigner la bande originale. La chanson qu'on vient d'entendre, c'est « On the Radio » - Et bien entendu, LaDonna Adrian Gaines s'appelle, dans le milieu, Donna Summer. Et c'est un peu l'égérie de la maison Moroder. D'ailleurs, son inséparable collaborateur a apporté à ce titre la patte caractéristique du disco de l’époque : boîtes à rythmes, arrangements sophistiqués et ce refrain qui vire à l’obsession. Ah oui, j'allais oublier un détail. Si la progression est lente et la rédemption aussi forte, c'est que « On the Radio » raconte une histoire de chagrin sentimental. Je pense que le moment est venu de le réécouter, avec le bon tempo ! Car après une longue, très longue introduction sous forme de préliminaires, Donna se lâche et ça donne CECI : Aux États-Unis, « On the Radio » atteint la 5e place du Billboard Hot 100 en deux temps trois mouvements. En Belgique, le titre flirte également avec les premières places des ventes. Mais en Europe, Donna Summer dispose déjà d'une solide aura disco. On l'a compris, la chanson est créée spécifiquement pour le film, mais elle va surtout figurer sur la compilation « On the Radio: Greatest Hits Volumes I & II ». C'est l'occasion d'optimiser la force de frappe de cet album, qui rassemblera les plus grands succès disco de Donna Summer chez Casablanca Records, juste avant la fin de sa collaboration avec ce label. Mais pas avec Moroder… | |||
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