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Explorez tous les épisodes du podcast Droit, culture et société de la Rome antique - Dario Mantovani

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TitreDateDurée
Séminaire - Carlo Ossola : « Iudicium iudicate ». De l'impossibilité métaphorique03 juin 202601:30:56

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Dire les choses autrement : qu'est-ce que la métaphore ?

Séminaire - Carlo Ossola : « Iudicium iudicate ». De l'impossibilité métaphorique

Carlo Ossola

Professeur du Collège de France

10 - Naître, croître, diminuer, mourir : la vie métaphorique du pécule des esclaves romains, suspendue entre droit et nature03 juin 202601:08:26

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine (2)

10 - Naître, croître, diminuer, mourir : la vie métaphorique du pécule des esclaves romains, suspendue entre droit et nature

Résumé

En droit romain, l'esclave – et, dans une large mesure, le fils de famille également – n'existe pas juridiquement vis-à-vis des tiers : la puissance du père de famille qui s'exerce sur lui tend à l'invisibiliser. Voilà pour le droit.

Mais la nature fait de lui un être capable d'agir, d'échanger, de contracter des engagements dont on attend qu'ils soient respectés. Le peculium, petit patrimoine susceptible de lui être affecté par son maître, constitue le dispositif qui met en relation ces deux réalités incompatibles. Juridiquement propriété du maître (ou du père de famille), il est néanmoins laissé à la disposition de l'esclave (ou du fils) afin de lui permettre l'exercice d'une activité économique relativement autonome.

Petit patrimoine attribué à ceux qui, en droit, n'existent pas par eux-mêmes, le peculium ouvre ainsi un espace intermédiaire entre dépendance et autonomie. Et c'est précisément au moment où ils cherchent à en définir le statut que les juristes romains recourent à la métaphore : le peculium naît, croît, diminue, meurt. Comme un homme.

C'est précisément parce qu'il s'agit de définir une entité ambiguë que la métaphore permet de construire un pont entre des univers conceptuels apparemment inconciliables. Cette séance, qui conclut le cours ainsi que deux années de réflexion consacrées aux métaphores du langage juridique dans la Rome antique, prendra appui sur l'image des âges de l'homme pour interroger le rôle de la métaphore dans la pensée des juristes romains – et peut-être dans toute discipline.

09 - « Les lois se taisent au milieu des armes ». Silent inter arma leges. La voix et le parfum des lois27 mai 202600:59:32

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine (2)

09 - « Les lois se taisent au milieu des armes ». Silent inter arma leges. La voix et le parfum des lois

Résumé

Rome ne réduisait pas son droit à une simple idée de linéarité ou de rigidité. L'ordre juridique dans son ensemble était pensé comme doté d'une voix, rayonnant de lumière et, plus étonnamment encore, exhalant un parfum agréable.

Le cours suivra ces images à travers les sources littéraires et les sources juridiques. Du cas de Gavius, citoyen romain soumis par Verrès à un traitement contraire aux lois, jusqu'à la métaphore du préteur comme viva vox iuris civilis, la « voix vivante du droit civil » évoquée par Marcien (D. 1.1.8), nous examinerons quelques-uns des textes fondateurs de l'État de droit, aujourd'hui mis à l'épreuve dans de nombreuses régions du monde. Toutes ces métaphores en font émerger une très claire : les lois n'ont pas de voix en elles-mêmes, s'il n'existe pas un système judiciaire capable de les faire parler.

Séminaire - Michel Boudot : Métaphore sensible et métaphore technique en droit privé20 mai 202601:30:50

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Dire les choses autrement : qu'est-ce que la métaphore ?

Séminaire - Marco Fasciolo : Les métaphores et les limites imposées par l'ontologie naturelle

Marco Fasciolo

Sorbonne Université

08 - Les lois de l'attraction : alluvions métaphoriques dans le langage des juristes romains20 mai 202600:57:16

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine (2)

08 - Les lois de l'attraction : alluvions métaphoriques dans le langage des juristes romains

Résumé

Ce cours propose une exploration des métaphores spatiales dans le langage des juristes romains. L'analyse montrera que la réification des concepts juridiques ne passe pas seulement par des termes explicitement corporels, tels que manus ou capitis deminutio, mais aussi par un réseau plus discret de métaphores inscrites dans le raisonnement juridique. À travers notamment les verbes du mouvement, les images de la proximité, de l'éloignement ou de l'attraction, le droit apparaît comme un monde peuplé d'objets quasi matériels, soumis à des dynamiques physiques.

Dans cette perspective, il est particulièrement intéressant d'examiner le rôle joué par le phénomène géologique de l'alluvion, ce lent dépôt de fragments de terre que l'eau transporte et ajoute peu à peu à un autre terrain. Les juristes romains s'y intéressent parce que ce phénomène déplace et brouille les frontières, mettant en cause l'un des principes fondamentaux du droit : la division du monde par des lignes nettes.

Mais l'alluvion ne constitue pas seulement un problème juridique concret. Elle devient aussi une véritable métaphore conceptuelle. Les juristes y puisent une manière de penser certains phénomènes du droit, comme l'adjonction d'un droit à un autre, son extension, ou au contraire son détachement, qui semblent alors se déplacer, s'attacher, se séparer ou circuler comme des corps dans l'espace.

Une fois encore, les métaphores – en particulier celles qui passent par les verbes – apparaissent comme une structure discrète mais essentielle de la pensée des juristes.

07 - La linéarité et la pesanteur : le droit et ses propriétés physiques imaginaires13 mai 202601:04:28

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine (2)

07 - La linéarité et la pesanteur : le droit et ses propriétés physiques imaginaires

Résumé

Les juristes pensent souvent le droit comme s'il était doté de propriétés physiques et mécaniques : il peut être rigide ou souple, lourd ou léger, étroit ou large. Le mot même de « droit » porte cette logique imaginaire : il évoque la ligne droite, le droit chemin, la rectitude. On répète pourtant que les Romains ne parlaient pas de directum, mais de ius, et que l'idée de « droit » ne se serait imposée qu'au Moyen Âge. Ce cours montre au contraire que la métaphore de la rectitude imprégnait déjà profondément le langage des juristes romains. L'étudier permet donc de mieux comprendre la construction de l'imaginaire juridique dans la longue durée.

Mais le droit ne se pense pas seulement comme une ligne : il se pense aussi comme un poids. En confrontant le Pro Roscio Amerino de Cicéron à un texte du juriste Papinien, on prend conscience des racines profondes de cette représentation, mais aussi de ses transformations. Chez Cicéron, le poids de l'engagement demeure encore dans l'ordre moral : l'orateur pourrait toujours abandonner la défense de Roscius, quitte à perdre sa crédibilité et la confiance des autres. Chez Papinien, le droit transforme cet engagement en contrainte : le mandataire reste lié au poids qu'il a assumé en engageant sa fides.

Ainsi, les métaphores de la ligne et du poids ne sont pas de simples ornements : elles structurent la manière dont les juristes pensent et interprètent le droit.

Séminaire - Marco Fasciolo : Les métaphores et les limites imposées par l'ontologie naturelle06 mai 202601:24:55

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Dire les choses autrement : qu'est-ce que la métaphore ?

Séminaire - Marco Fasciolo : Les métaphores et les limites imposées par l'ontologie naturelle

Marco Fasciolo

Sorbonne Université

06 - Interdiction de regarder l'empereur ! La patrie, le père de la patrie et la famille comme métaphore du pouvoir06 mai 202601:05:02

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine (2)

06 - Interdiction de regarder l'empereur ! La patrie, le père de la patrie et la famille comme métaphore du pouvoir

Résumé

De Cicéron aux juristes de l'Empire, cette leçon explore l'idée de Rome comme « patrie commune » et ses implications juridiques et politiques. À travers le traité Sur les lois (De Legibus), on découvre la tension entre la petite patrie, c'est-à-dire la cité de naissance, et Rome, la patrie commune. Chez Cicéron, ces deux dimensions se complètent : la première est affective, la seconde constitue le fondement de l'appartenance civique, et c'est à cette dernière que s'attachent les devoirs les plus forts. Les juristes impériaux traduisent ensuite ces concepts en règles concrètes, notamment dans le cas du bannissement (relegatio). L'analyse met en lumière une hiérarchie des « patries » et une vision du pouvoir centrée sur l'empereur comme « père de la patrie » (pater patriae). À travers une série de métaphores, on en vient ainsi à concevoir la société politique comme une famille et le prince comme un père, dont le pouvoir sur ses « enfants » tend vers l'absolu : une métaphore donc particulièrement dangereuse, sous son apparence d'appel à l'affectivité.

05 - Quand le faux fait sens pour les juristes : les parétymologies entre calembours et métaphores15 avr. 202601:01:32

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine (2)

05 - Quand le faux fait sens pour les juristes : les parétymologies entre calembours et métaphores

Résumé

Les Anciens, eux aussi, s'attachaient à rechercher l'origine des mots afin d'en éclairer le sens. Les juristes romains, en particulier, s'y adonnaient avec passion. Leurs hypothèses prennent parfois la forme de véritables jeux de langage, proches du calembour, fondés sur l'assonance – la paronomase – entre des termes sans lien linguistique réel, mais capables de susciter des associations d'idées.

Ainsi, furtum est-il rattaché à furvum (« sombre »), au motif que le vol se commet en secret, souvent de nuit ; supellex (« mobilier domestique ») est interprété comme issu de sub pellibus, désignant les objets indispensables que les citoyens emportaient « sous les peaux de la tente » lors de missions en terres lointaines. Les rapprochements peuvent aussi relever du paradoxe ou de l'opposition conceptuelle : militia (« métier de soldat ») est ainsi mis en regard de mollitia (« vie molle »).

Ces constructions relèvent de la parétymologie : il s'agit d'explications « parallèles » qui se substituent à l'étymologie au sens strict. Loin de se réduire à de simples jeux d'esprit, elles sont mobilisées par les juristes comme des instruments herméneutiques, au service de l'interprétation des lois et de la résolution des cas.

L'étude de ces « jeux de mots sérieux » – souvent qualifiés aujourd'hui d'« étymologies populaires » – permet ainsi de mettre au jour des idéologies et des représentations sociales, comme le montrent les analyses proposées autour de adulterium, de soror et d'autres termes qui seront examinés au cours de cette intervention. On s'interrogera également sur le fonctionnement profond de ces procédés explicatifs. L'hypothèse défendue est que la parétymologie opère comme une métaphore à rebours : par l'association de mots, elle projette un contenu conceptuel sur le terme à expliquer, à l'instar de la métaphore, qui transfère les propriétés du mot source vers le mot cible. À cette différence près que la parétymologie introduit un rapprochement qui n'existait pas à l'origine.

Ces « métaphores a posteriori », parfois déroutantes, révèlent ainsi moins la vérité des mots que les structures de pensée – notamment juridiques – de ceux qui les mobilisent.

Séminaire - Micaela Rossi : Vie et carrière des métaphores dans les discours spécialisés : une approche diachronique08 avr. 202601:30:50

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Dire les choses autrement : qu'est-ce que la métaphore ?

Séminaire - Micaela Rossi : Vie et carrière des métaphores dans les discours spécialisés : une approche diachronique

Micaela Rossi

Université de Gènes

04 - La volonté en gage : raisonner par lignes de force métaphoriques08 avr. 202601:03:24

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine (2)

04 - La volonté en gage : raisonner par lignes de force métaphoriques

Résumé

Le pignus, le gage, est un terme juridique doté d'une forte aura figurale. En tant que garantie, le gage habite l'attente entre le présent et ce qui doit encore advenir. Les poètes, d'Ovide à Racine et jusqu'à nos jours, en ont fait l'emblème de la preuve d'amour. Les juristes romains, quant à eux, rapprochent pignus de pugnus (« poing »). Il s'agit d'une étymologie seulement apparente, fondée sur une affinité phonétique – une paronomase – mais riche en conséquences (Gaius, Digeste 50, 16, 238, 2).

Cependant, pignus ne déploie pas son potentiel figuratif uniquement en tant qu'unité lexicale isolée. L'analyse d'un texte du juriste Cervidius Scaevola, à la fin du IIe siècle, le montre clairement (Digeste 44, 3, 14, 5). Ce texte restitue un débat public, véritable mise en scène d'un raisonnement, où le juriste élabore et résout un problème devant un auditoire.

Le cas concerne la vente de la chose gagée à la suite de l'inexécution du débiteur, et le rôle qu'y joue la volonté. La plupart des termes techniques mobilisés – distrahere, contrahere, convenire, accedere, concedere – sont d'origine métaphorique. Pris isolément, ils peuvent sembler dispersés ; mais à mesure que le texte se déploie, ils se révèlent organisés selon des lignes de force qui en constituent l'armature même et orientent le raisonnement vers la solution du problème.

03 - Le fruit et le profit : Papinien et le lit d'Ulysse et de Pénélope : de la poésie pour penser le droit01 avr. 202601:10:51

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine (2)

03 - Le fruit et le profit : Papinien et le lit d'Ulysse et de Pénélope : de la poésie pour penser le droit

Résumé

Le droit se nourrit aussi de poésie. Interrogé sur l'interprétation d'un legs – une table, fût-elle en argent, relève-t-elle du mobilier domestique, ou bien de l'argenterie ? – Papinien, juriste profond et exigeant, convoque l'un des épisodes les plus célèbres et émouvants de la littérature occidentale : celui du lit d'Ulysse et de Pénélope, construit autour d'un olivier vivant, signe secret qui permet enfin la reconnaissance des époux séparés depuis vingt ans.

Par cette évocation, Papinien tranche : ce qui définit le mobilier domestique, c'est la fonction des objets, non la matière dont ils sont faits. Mais en filigrane s'esquisse aussi une critique du luxe venu de Grèce.

Entre allégorie, métaphore et interprétation des mots, le raisonnement juridique transforme la poésie en terrain commun à partir duquel classer le monde – et en lire l'histoire.

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Dario Mantovani : Conclusion27 mars 202600:15:18

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : Dario Mantovani

Conclusion

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - François Déroche : « Il nome suo nessun saprà… ». Mais personne n'en mourra27 mars 202600:27:17

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : « Il nome suo nessun saprà… ». Mais personne n'en mourra

Session 3 : Religion

Présidente de séance : Muriel Debié (École pratique des hautes études)

François Déroche

Professeur du Collège de France

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Jost Gippert : Paratexts in the Caucasian Albanian Palimpsests of Mt Sinai: Forms and Functions27 mars 202600:35:24

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : Paratexts in the Caucasian Albanian Palimpsests of Mt Sinai: Forms and Functions

Session 3 : Religion

Présidente de séance : Muriel Debié (École pratique des hautes études)

Jost Gippert

Universität Hamburg

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Martin Wallraff : La mise en scène des Évangiles. Remarques sur les rapports entre sacralisation et paratextualité27 mars 202600:30:05

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : La mise en scène des Évangiles. Remarques sur les rapports entre sacralisation et paratextualité

Session 3 : Religion

Présidente de séance : Muriel Debié (École pratique des hautes études)

Martin Wallraff

Ludwig-Maximilians-Universität München

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Philippe Hoffmann : Les notes marginales de Proclus aux commentaires de Syrianus sur les orphica27 mars 202600:35:38

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : Les notes marginales de Proclus aux commentaires de Syrianus sur les orphica

Session 3 : Religion

Présidente de séance : Muriel Debié (École pratique des hautes études)

Philippe Hoffmann

EPHE, Membre de l'Institut

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Marco Fressura : La gloire du paratexte. Les hellénophones d'Orient face à la littérature latine entre le IIIe et le VIe siècle26 mars 202600:31:57

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : La gloire du paratexte. Les hellénophones d'Orient face à la littérature latine entre le IIIe et le VIe siècle

Session 2 : Littératures : poésie, philosophie

Présidente de séance : Marielle de Franchis (Sorbonne Université)

Marco Fressura

Università Roma Tre

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Emiliano Fiori : Premiers sondages dans une terre inexplorée : les marginalia syriaques26 mars 202600:32:58

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : Premiers sondages dans une terre inexplorée : les marginalia syriaques

Session 2 : Littératures : poésie, philosophie

Présidente de séance : Marielle de Franchis (Sorbonne Université)

Emiliano Fiori

Università Ca Foscari, Venezia

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Gianluca Del Mastro : Personnages grecs et romains dans les paratextes des papyrus d'Herculanum26 mars 202600:35:59

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : Personnages grecs et romains dans les paratextes des papyrus d'Herculanum

Session 2 : Littératures : poésie, philosophie

Présidente de séance : Marielle de Franchis (Sorbonne Université)

Gianluca Del Mastro

Università degli studi della Campania Luigi Vanvitelli

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Judith Olszowy Schlanger : La mise en page comme paratexte dans un compendium légal : MS BNF hébreu 31126 mars 202600:34:24

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : La mise en page comme paratexte dans un compendium légal : MS BNF hébreu 311

Session 1 : Droit

Président de séance : Xavier Prévost (université de Bordeaux)

Judith Olszowy Schlanger

École Pratique des Hautes Études, Université of Oxford

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Piotr Alexandrowicz : Printed Canon Law Paratexts up to Ca. 160026 mars 202600:29:00

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : Printed Canon Law Paratexts up to Ca. 1600

Session 1 : Droit

Président de séance : Xavier Prévost (université de Bordeaux)

Piotr Alexandrowicz

Adam Mickiewicz University, Poznań

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Bernard Stolte : The past as Paratext. Byzantine Legal Scholarship in the Manuscripts of the Basilica26 mars 202600:48:13

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : The past as Paratext. Byzantine Legal Scholarship in the Manuscripts of the Basilica

Session 1 : Droit

Président de séance : Xavier Prévost (université de Bordeaux)

Intervenant(s) : Bernard Stolte

University of Groningen

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Dario Mantovani : Le paratexte des livres des juristes romains (IIe-VIe siècles)26 mars 202600:40:59

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : Le paratexte des livres des juristes romains (IIe-VIe siècles)

Session 1 : Droit

Dario Mantovani

Professeur du Collège de France

Le paratexte des livres des juristes romains (IIe-VIe siècles)

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Antoine Compagnon : De la périgraphie au paratexte. Questions de cadrage26 mars 202600:35:36

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : De la périgraphie au paratexte. Questions de cadrage

Antoine Compagnon

Professeur du Collège de France

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Francesca P. Barone : Introduction26 mars 202600:12:21

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : Introduction

Francesca P. Barone

CNRS, Collège de France

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Arnaud Perrot : Mot d'accueil26 mars 202600:02:50

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : Mot d'accueil

Arnaud Perrot

Université de Tours

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion - Thomas Römer : Ouverture26 mars 202600:10:00

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Colloque - In Margine. La philologie des paratextes et ses enjeux. Droit, littératures, religion : Ouverture

Thomas Römer

Professeur et administrateur du Collège de France

Présentation

La critique littéraire appliquée au domaine de l'imprimé de l'époque moderne a pu mesurer la fécondité de la notion de « paratexte » depuis son émergence, dans les années 1980, sous la plume de Gérard Genette. Les sciences philologiques constituent un espace privilégié de réception, de questionnement et renouvellement du concept de paratexte confronté aux pratiques des livres manuscrits. Ces dernières années, de nombreux travaux sortent de l'ombre les textes marginaux ou liminaires qui accompagnent, organisent et commentent le texte « principal » copié dans les manuscrits anciens et médiévaux, ou donnent à connaître le statut métamorphique de pièces secondaires qui passent de l'apparat au plein texte. Témoignant de l'intérêt scientifique contemporain pour ces objets, le colloque « In Margine » a pour ambition d'offrir une première synthèse de ces pratiques érudites et de leurs conséquences, inégalement décrites dans les différents champs des littératures de l'Antiquité et du Moyen Âge en Orient et en Occident. Il s'agit de commencer à esquisser, avec des spécialistes du droit romain et byzantin, de la philosophie grecque et des littératures religieuses des trois monothéismes, une histoire de la lecture informée et dirigée par les marges des livres, en mettant en avant des directions de recherche encore insuffisamment exploitées.

Séminaire - Michele Prandi : Les métaphores : une pluralité dans l'unité25 mars 202601:24:39

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Dire les choses autrement : qu'est-ce que la métaphore ?

Séminaire - Michele Prandi : Les métaphores : une pluralité dans l'unité

Michele Prandi

Université de Gènes

02 - Le fruit et le profit : une métaphore qui n'en est peut-être pas une18 mars 202601:07:12

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine (2)

02 - Le fruit et le profit : une métaphore qui n'en est peut-être pas une

Résumé

Si l'on s'intéresse aux métaphores, notamment à ces mots que les juristes empruntent souvent à la réalité physique pour construire leur vocabulaire conceptuel, le terme « fruit », employé pour désigner le « revenu », semble offrir un exemple presque parfait. Comme si, en observant la nature, les juristes avaient institué un monde analogue, transposé dans l'ordre du droit.

Or, tenter de retracer le destin du mot fructus, depuis les XII Tables du Ve siècle av. J.-C. jusqu'au Code civil français, montre que le parcours des mots et des idées est en réalité plus complexe et instructif. Les Romains ont en effet tendance à lier étroitement le vocabulaire à la dimension économique de la vie : une page de Varron, dans son traité De lingua Latina, en fournit une illustration particulièrement éclairante. Le mot fructus ne peut être détaché du verbe fruor, qui signifie « tirer profit », « jouir de ». Il s'agit donc d'un terme qui, dès l'origine, exprime déjà le point de vue de l'homme et son inclination à penser le monde comme une source d'utilité.

Les juristes romains eux-mêmes semblent s'engager dans ce sentier étroit, où ce qui est naturel est déjà envisagé du point de vue de l'utilité que cela apporte aux hommes. Cela les amène aussi à exclure l'idée que l'enfant né d'une femme puisse être considéré comme une source de profit, car ce serait un court-circuit logique. Paradoxalement, à mesure que l'on s'éloigne de ces origines et que l'on se rapproche de la pensée contemporaine, le terme « fruit » tend à se charger d'un sens plus naturaliste et plus nettement métaphorique : du moins est-ce ce que suggère le parcours proposé par ce cours.

01 - Imaginer le droit comme un corps vivant : une entrée dans les métaphores romaines du droit11 mars 202601:12:58

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine (2)

01 - Imaginer le droit comme un corps vivant : une entrée dans les métaphores romaines du droit

Résumé

Lorsque Justinien réorganise le droit au VIe siècle, il en parle comme d'un corps, où les institutions circulent comme le sang dans les veines. La métaphore puise dans le corps pour penser le droit et, ce faisant, elle véhicule toute une série d'idées : l'organicité et l'interdépendance qui doivent caractériser un ordre juridique, sa fonctionnalité, mais aussi sa fragilité et le rôle du législateur, chargé de veiller à sa bonne santé.

Ce premier cours portera sur cette métaphore puissante et servira d'introduction générale : il en exposera les principaux enjeux méthodologiques. Réactiver les métaphores, c'est pénétrer plus profondément la mentalité des juristes romains qui les ont forgées, et mieux maîtriser le langage dont nous avons hérité. Plus généralement, il s'agit de poser la question : qu'est-ce qu'une métaphore, et pourquoi aucune science ne peut-elle s'en passer ?

Séminaire - Laurent Pernot : « Le tour le plus fréquent et de loin le plus beau ». Les théories grecques et romaines de la métaphore11 mars 202601:27:31

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2025-2026

Dire les choses autrement : qu'est-ce que la métaphore ?

Séminaire - Laurent Pernot : « Le tour le plus fréquent et de loin le plus beau ». Les théories grecques et romaines de la métaphore

Laurent Pernot

Université de Strasbourg, membre de l'Institut

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : Paul Veyne « inaugure » une nouvelle histoire10 déc. 202400:50:13

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : Paul Veyne « inaugure » une nouvelle histoire

Paul Cournarie

université Bordeaux Montaigne

Pascal Montlahuc

université Paris Cité

Paul Veyne au Collège de France : Une rencontre organisée par Dario Mantovani, Vinciane Pirenne-Delforge et John Scheid.

Au milieu des années 70, l'intitulé des chaires du Collège de France n'avait plus forcément le caractère générique et répétitif des appellations anciennes. Il fallait dès lors une certaine audace pour annoncer une « Histoire de Rome », ce dont Paul Veyne, élu en 1975, ne manquait assurément pas. Ne lui faisait pas non plus défaut la curiosité à large spectre qui l'a fait s'intéresser à presque tous les champs du savoir sur l'antiquité gréco-romaine, en les fécondant des méthodes des sciences sociales.

Ce savant original, qui n'a jamais voulu faire école, n'aimait guère les hommages et ce n'est pas dans ce sens convenu que s'inscrira la journée du 10 décembre 2024. Il s'agira plutôt d'évoquer les circonstances de son élection, les dossiers qu'il a mobilisés dans ses cours et séminaires au Collège de France, la manière dont il s'inscrivait dans l'institution et le travail qu'il y a mené pendant près d'un quart de siècle (1976-1999).

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : Une idée de Paul Veyne10 déc. 202400:49:40

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : Une idée de Paul Veyne

Andrea Giardina

Scuola Normale di Pisa - Accademia dei Lincei

Paul Veyne au Collège de France : Une rencontre organisée par Dario Mantovani, Vinciane Pirenne-Delforge et John Scheid.

Au milieu des années 70, l'intitulé des chaires du Collège de France n'avait plus forcément le caractère générique et répétitif des appellations anciennes. Il fallait dès lors une certaine audace pour annoncer une « Histoire de Rome », ce dont Paul Veyne, élu en 1975, ne manquait assurément pas. Ne lui faisait pas non plus défaut la curiosité à large spectre qui l'a fait s'intéresser à presque tous les champs du savoir sur l'antiquité gréco-romaine, en les fécondant des méthodes des sciences sociales.

Ce savant original, qui n'a jamais voulu faire école, n'aimait guère les hommages et ce n'est pas dans ce sens convenu que s'inscrira la journée du 10 décembre 2024. Il s'agira plutôt d'évoquer les circonstances de son élection, les dossiers qu'il a mobilisés dans ses cours et séminaires au Collège de France, la manière dont il s'inscrivait dans l'institution et le travail qu'il y a mené pendant près d'un quart de siècle (1976-1999).

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : L'histoire ne s'écrit pas comme un roman vrai. L'élection de Paul Veyne à la chaire d'Histoire de Rome d'après les archives du Collège de France10 déc. 202400:51:41

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : L'histoire ne s'écrit pas comme un roman vrai. L'élection de Paul Veyne à la chaire d'Histoire de Rome d'après les archives du Collège de France

Dario Mantovani

Professeur du Collège de France

Paul Veyne au Collège de France : Une rencontre organisée par Dario Mantovani, Vinciane Pirenne-Delforge et John Scheid.

Au milieu des années 70, l'intitulé des chaires du Collège de France n'avait plus forcément le caractère générique et répétitif des appellations anciennes. Il fallait dès lors une certaine audace pour annoncer une « Histoire de Rome », ce dont Paul Veyne, élu en 1975, ne manquait assurément pas. Ne lui faisait pas non plus défaut la curiosité à large spectre qui l'a fait s'intéresser à presque tous les champs du savoir sur l'antiquité gréco-romaine, en les fécondant des méthodes des sciences sociales.

Ce savant original, qui n'a jamais voulu faire école, n'aimait guère les hommages et ce n'est pas dans ce sens convenu que s'inscrira la journée du 10 décembre 2024. Il s'agira plutôt d'évoquer les circonstances de son élection, les dossiers qu'il a mobilisés dans ses cours et séminaires au Collège de France, la manière dont il s'inscrivait dans l'institution et le travail qu'il y a mené pendant près d'un quart de siècle (1976-1999).

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : Paul Veyne et les images : échos d'un bureau partagé au Collège de France10 déc. 202400:32:29

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : Paul Veyne et les images : échos d'un bureau partagé au Collège de France

Vinciane Pirenne-Delforge

Professeur du Collège de France

Françoise Frontisi

Collège de France

Paul Veyne au Collège de France : Une rencontre organisée par Dario Mantovani, Vinciane Pirenne-Delforge et John Scheid.

Au milieu des années 70, l'intitulé des chaires du Collège de France n'avait plus forcément le caractère générique et répétitif des appellations anciennes. Il fallait dès lors une certaine audace pour annoncer une « Histoire de Rome », ce dont Paul Veyne, élu en 1975, ne manquait assurément pas. Ne lui faisait pas non plus défaut la curiosité à large spectre qui l'a fait s'intéresser à presque tous les champs du savoir sur l'antiquité gréco-romaine, en les fécondant des méthodes des sciences sociales.

Ce savant original, qui n'a jamais voulu faire école, n'aimait guère les hommages et ce n'est pas dans ce sens convenu que s'inscrira la journée du 10 décembre 2024. Il s'agira plutôt d'évoquer les circonstances de son élection, les dossiers qu'il a mobilisés dans ses cours et séminaires au Collège de France, la manière dont il s'inscrivait dans l'institution et le travail qu'il y a mené pendant près d'un quart de siècle (1976-1999).

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : Un collègue savant, attentif et réservé. Témoignage sur Paul Veyne au Collège de France10 déc. 202400:36:56

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : Un collègue savant, attentif et réservé. Témoignage sur Paul Veyne au Collège de France

John Scheid

Professeur du Collège de France

Paul Veyne au Collège de France : Une rencontre organisée par Dario Mantovani, Vinciane Pirenne-Delforge et John Scheid.

Au milieu des années 70, l'intitulé des chaires du Collège de France n'avait plus forcément le caractère générique et répétitif des appellations anciennes. Il fallait dès lors une certaine audace pour annoncer une « Histoire de Rome », ce dont Paul Veyne, élu en 1975, ne manquait assurément pas. Ne lui faisait pas non plus défaut la curiosité à large spectre qui l'a fait s'intéresser à presque tous les champs du savoir sur l'antiquité gréco-romaine, en les fécondant des méthodes des sciences sociales.

Ce savant original, qui n'a jamais voulu faire école, n'aimait guère les hommages et ce n'est pas dans ce sens convenu que s'inscrira la journée du 10 décembre 2024. Il s'agira plutôt d'évoquer les circonstances de son élection, les dossiers qu'il a mobilisés dans ses cours et séminaires au Collège de France, la manière dont il s'inscrivait dans l'institution et le travail qu'il y a mené pendant près d'un quart de siècle (1976-1999).

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : Introduction10 déc. 202400:09:19

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2024-2025

Colloque - Paul Veyne au Collège de France : Introduction

Thomas Römer

Professeur et administrateur du Collège de France

Paul Veyne au Collège de France : Une rencontre organisée par Dario Mantovani, Vinciane Pirenne-Delforge et John Scheid.

Au milieu des années 70, l'intitulé des chaires du Collège de France n'avait plus forcément le caractère générique et répétitif des appellations anciennes. Il fallait dès lors une certaine audace pour annoncer une « Histoire de Rome », ce dont Paul Veyne, élu en 1975, ne manquait assurément pas. Ne lui faisait pas non plus défaut la curiosité à large spectre qui l'a fait s'intéresser à presque tous les champs du savoir sur l'antiquité gréco-romaine, en les fécondant des méthodes des sciences sociales.

Ce savant original, qui n'a jamais voulu faire école, n'aimait guère les hommages et ce n'est pas dans ce sens convenu que s'inscrira la journée du 10 décembre 2024. Il s'agira plutôt d'évoquer les circonstances de son élection, les dossiers qu'il a mobilisés dans ses cours et séminaires au Collège de France, la manière dont il s'inscrivait dans l'institution et le travail qu'il y a mené pendant près d'un quart de siècle (1976-1999).

11 - Les métaphores sont sans fin29 mai 202401:11:54

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

11 - Les métaphores sont sans fin

Résumé

Les métaphores sont omniprésentes, non seulement dans les textes littéraires, mais aussi dans le langage courant et même dans les langages techniques, dont celui du droit. Elles sont en ce sens sans fin, et multiples aussi les angles sous lesquels on peut les étudier. Pour ce dernier cours de l'année, nous présenterons un bilan de notre exploration des métaphores corporelles, qui ne pourra qu'être provisoire. Nous utiliserons comme jalons les différentes fonctions que les métaphores jouent dans les textes des juristes romains. Dans ce parcours à rebours dans la galerie des métaphores, qu'elles aient été déjà commentées dans les séances précédentes ou ici pour la première fois, un passage de Cicéron (De oratore 3.155-161) nous servira de guide. Et, avec Cicéron, nous poserons aussi cette question : pourquoi les métaphores nous attirent-elles, même lorsqu'elles ne sont pas nécessaires ?

10 - Juristes au bord des métaphores. Créativité et contraintes du langage juridique22 mai 202401:07:30

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

10 - Juristes au bord des métaphores. Créativité et contraintes du langage juridique

Résumé

Dans les textes des juristes romains, nous rencontrons de nombreuses métaphores. Mais étaient-ils conscients de les employer ? Le cours abordera cette question, fondamentale du point de vue de la méthode, en cherchant dans les textes eux-mêmes les signes de l'attitude des juristes. Les indices de leur familiarité avec les métaphores ne manquent pas : les juristes avertissent souvent le lecteur qu'ils sont sur le point d'en introduire une (par quaedam ou quodammodo, « presque », « en quelque sorte »). Deux exemples sont particulièrement illustratifs : la définition du rivage et celle des degrés de parenté. Nous suivrons les différentes définitions du rivage maritime (litus), en observant le refroidissement progressif de leur registre métaphorique (Cicéron, Topiques, 32 ; Cicéron, La nature des dieux, 2.100 ; Iavolenus, D. 50, 16, 112 ; Celse, D. 50, 16, 96). La définition des degrés de parenté proposée par Paul (D. 38, 10, 10) montre, en revanche, la capacité du juriste à exploiter le caractère métaphorique d'un terme désormais lexicalisé (les « gradus » étant à l'origine les marches d'un escalier) pour le rattacher, sans faire semblant, au droit des Douze Tables, c'est-à-dire pour le ramener dans le champ du droit. Constater la conscience que les juristes avaient des métaphores nous invite à considérer que, d'une part, ils ont tendu à garder un style sobre et que, d'autre part, dans les étroites marges de manœuvre que leur laissaient les conventions stylistiques de la prose technique, ils ont profité des métaphores et de leur capacité connotative pour donner de la cohérence à leur argumentation et au système juridique lui-même.

09 - Corps et esprit : réalités et métaphores de la possession. L'anthropologie vue par les juristes romains15 mai 202401:05:11

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

08 - Mouvements : des volontés qui se rencontrent et des droits qui bougent

Résumé

Les juristes, comme tout un chacun, philosophe ou homme de la rue, étaient conscients du dualisme constitutif de l'homme, unité du corps et de l'âme (mieux encore, du corpus, de l'animus, la composante rationnelle de l'intériorité, et de l'anima, la composante sensorielle). Ils ont utilisé ce dualisme dans divers contextes, la « corruption » de l'esclave, la vente d'esclaves sur le marché et surtout dans la configuration de la possession. Dans tous ces cas, la donnée anthropologique est déconstruite et remontée selon les besoins du droit, qui se saisit de l'extériorité et de l'intériorité de l'être humain par le langage, notamment par les métaphores. Quand l'homme entre dans le droit, il en sort transformé.

08 - Mouvements : des volontés qui se rencontrent et des droits qui bougent07 mai 202401:13:35

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

08 - Mouvements : des volontés qui se rencontrent et des droits qui bougent

Résumé

Donner corps aux idées et les faire bouger dans l'espace est un moyen efficace de représenter et manier des abstractions. Certaines métaphores spatiales et ontologiques sont entrées dans l'usage du langage juridique à tel point qu'elles ne sont plus perçues comme telles. C'est le cas du mot conventio, que le juriste Ulpien explique (Digeste 2.14.1.3) en réactivant le sens originel du verbe convenire, qui signifie se réunir en un lieu en étant partis d'endroits différents. D'où l'utilisation métaphorique de conventio pour signifier la rencontre des volontés des parties contractantes. La même métaphore, spatiale et ontologique (selon les catégories de la linguistique cognitive), est reprise dans les articles 1101 et 1113 du Code civil, relatifs à la définition du contrat. De même qu'Ulpien met en lumière la valeur métaphorique de conventio, lire Ulpien nous permet de saisir la matrice de la définition moderne.

Dans d'autres cas la trame métaphorique du langage juridique est plus cachée, plus profonde, plus fondamentale encore. C'est le cas de l'idée du transfert des droits, selon laquelle les droits sont des objets (ou même des personnes) qui se déplacent, passant d'une main à l'autre et emportant avec eux leur physionomie. La lecture d'un autre texte d'Ulpien (Digeste 41.1.20.1) redonne vie à cette sorte de théâtre des droits. Nous retrouvons enfin les mots d'Ulpien en sous-texte d'une page d'Emmanuel Kant : le destin des métaphores est d'en engendrer d'autres, et celui du droit romain de produire des idées, souvent à notre insu.

07 - S'en prendre au corps du débiteur, des Douze Tables à saint Ambroise30 avr. 202400:59:35

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

S'en prendre au corps du débiteur, des Douze Tables à saint Ambroise

Résumé

Les Douze Tables, au Ve siècle av. J.-C., réglementaient une procédure appelée manus iniectio (mainmise) : le créancier était autorisé à emmener le débiteur insolvable chez lui et à le garder enchaîné. En l'absence de paiement, le débiteur pouvait être vendu à l'étranger comme esclave, ou son corps découpé en morceaux. La cruauté de la procédure conduisit les Romains eux-mêmes à tenter de la rationaliser, comme le montre le débat (probablement imaginaire) entre le philosophe Favorinus et le juriste Africanus, à l'époque d'Hadrien, rapporté par Aulu-Gelle (Nuits attiques 20.1). Les préteurs ont également conçu la procédure civile d'exécution selon les règles des Douze Tables : l'emprisonnement du débiteur insolvable était encore, à l'époque classique, une possibilité pour le créancier, qui utilisait son corps pour faire pression sur lui et ses familiers et amis, sans pour autant aller jusqu'à la vente comme esclave ou la mise en morceaux du cadavre. La pratique des représailles sur le corps du débiteur a néanmoins survécu jusqu'à la fin de l'Antiquité. Saint Ambroise la mentionne dans son commentaire du Livre de Tobie (10) : des créanciers arrivaient jusqu'à empêcher – illégalement – l'enterrement du débiteur mort afin de faire pression sur les héritiers. L'empereur Justin (Codex Iustinianus 9.19.6) en témoigne également. L'homélie d'Ambroise n'est quand même pas à prendre au pied de la lettre : elle révèle un sous-texte riche en métaphores juridiques et suggère qu'il était un lecteur averti des textes de droit romain et sans doute des Douze Tables.

06 - Perdre la tête pour le droit : la capitis deminutio24 avr. 202401:09:46

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

06 - Perdre la tête pour le droit : la capitis deminutio

Résumé

Résumé

Une expression juridique a frappé l'imagination au cours des siècles : capitis deminutio. Le sens est assez clair : comme l'expliquent Gaius, puis Justinien (Institutes 1.16), il s'agit du changement de statut d'un individu, affectant sa liberté et/ou sa citoyenneté, ou sa position potestative au sein de la famille. Mais si cette explication élimine les aspérités et répond au besoin d'un langage rationnel et contrôlé, que signifiait capitis deminutio à l'origine ? Caput était-il compris métonymiquement et métaphoriquement comme la condition juridique ou bien s'agissait-il d'une image de la mort par décapitation, ou encore d'autre chose ? Le cours portera aussi sur les traces que la capitis deminutio a laissé dans le droit moderne.

05 - Les membres d'un navire, entre droit et poésie03 avr. 202401:06:36

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

05 - Les membres d'un navire, entre droit et poésie

Résumé

Il existe de nombreuses façons de définir un objet, en l'occurrence un navire. Ce cours explore les démarches d'un déclamateur latin (Cicéron, De l'invention, 2.153), d'un juriste (Alfénus, Digeste, 21.2.44), d'un érudit (Aulu-Gelle, Nuits attiques, 10.25.5), du graveur d'un sesterce de Néron (RIC 178 ; BnF). Au centre d'un faisceau d'images et de métaphores, suivre le langage d'Alfénus permet de découvrir qu'un poète lui a sans doute emprunté sa métaphore des « membres » d'un navire (Ovide, Métamorphoses, 14.539 sqq.) ; à son tour, le juriste s'est peut-être approprié un diminutif – parva navicula – qu'il avait entendu dans sa jeunesse dans un discours de Cicéron (Après son retour de l'exil, au peuple Romain 19-20). À travers ces liens, la pensée juridique se révèle ancrée dans la culture et la société qui l'entourent.

04 - Sommes-nous les mêmes que la semaine dernière ? Le corps comme outil d'argumentation juridique27 mars 202401:03:19

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

04 - Sommes-nous les mêmes que la semaine dernière ? Le corps comme outil d'argumentation juridique

Résumé

Pour aborder un problème juridique, il faut d'abord des concepts pour le rendre maniable, puis le résoudre à la lumière des critères de valeur jugés préférables. Le juriste P. Alfenus Varus, consul en 39 av. J.-C. et personnalité de la scène politique et culturelle romaine, doit déterminer si le fait de changer quelques juges dans un jury modifie l'identité du jury et du procès (Digeste, 5.1.76). Une question d'identité dans le temps, donc. Comment la traiter ? Alfénus utilise la notion de corps développée par la philosophie grecque, qui les distingue selon qu'ils sont unitaires (comme une pierre), composés d'éléments cohérents (comme un navire) ou d'éléments séparés, mais conceptuellement considérés comme un seul corps (comme un peuple). Derrière cette question se cachent de profonds dilemmes philosophiques, notamment celui représenté par le navire de Thésée ou, plus troublant encore, celui concernant l'identité dans le temps de chacun d'entre nous. Pouvons-nous être considérés comme les mêmes qu'il y a une semaine, malgré le changement incessant de notre constitution physique ? L'idée du corps sert donc non seulement pour produire des métaphores permettant de nommer des concepts, mais aussi comme outil d'argumentation.

03 - Le corps et son contraire, les choses incorporelles. La voix, la famille sont-elles des corps ?20 mars 202401:06:37

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

03 - Le corps et son contraire, les choses incorporelles. La voix, la famille sont-elles des corps ?

Résumé

« C'est au langage, et au langage seul, que les entités fictives doivent leur existence, leur impossible et néanmoins indispensable existence ». On peut compléter ce propos de Jeremy Bentham, père de l'utilitarisme, en précisant que le langage, pour poursuivre ce but, se sert des métaphores et du corps. Le latin corpus dérive probablement du proto-indo-européen *ḱrp-os-, *ḱrp- Sa signification première est en fait le corps humain, du point de vue de son anatomie et de son aspect extérieur, par opposition à l'esprit. Mais de façon extensive, corpus en est venu à désigner le corps des animaux autres que l'homme, et aussi tous les êtres vivants organisés, puis tout objet matériel, quel qu'il soit. La polysémie du terme « corps » était telle que les anciens ont tenté de le définir, en le testant sur un cas précis, celui de la voix. La voix est-elle un corps ou bien est-elle un incorporel, se demande Aulu-Gelle (5.15). La discussion autour de la voix nous aide à prendre conscience du fait que le corps constitue l'image incontournable aussi pour dire son contraire. « Incorporel » n'est autre chose que le concept symétriquement inverse du corps. On ne peut penser une entité, réelle ou imaginaire, que si on lui donne ou on lui refuse un corps. Les juristes ont-ils aussi utilisé la catégorie des choses incorporelles. Gaius, notamment, en fait la (sous-)composante d'une triade qui se veut exhaustive de toute la matière juridique, personae, res, actiones. Cette démarche trace une ligne précise, de la métaphore à des notions abstraites. La pensée juridique tend d'abord à construire ses concepts à l'aide d'images corporelles (la notion d'obligation appartient à ce genre). Ensuite, dans une étape ultérieure, cette idée est transférée dans la catégorie des choses incorporelles. Cette oscillation permanente entre abstrait et concret peut prendre aussi une autre direction. C'est le cas lorsqu'un ensemble d'individus est conçu à son tour comme un seul corps. Le juriste Ulpien (D. 50.16.195.1-2, 4) cherche ainsi à définir les multiples significations du mot famille (familia) à l'aide de la notion de corps, mais aussi de sang et de mémoire. Les métaphores ne sont pas neutres : en tant que porteuses des idées provenant d'un domaine différent, elles ne s'en dépouillent jamais complètement et appellent d'autres métaphores.

02 - Voir à travers les corps : métaphores corporelles et métaphores incarnées13 mars 202401:02:29

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

02 - Voir à travers les corps : métaphores corporelles et métaphores incarnées

Résumé

Après les métaphores, protagonistes de la première séance, c'est le corps qui va faire son entrée sur scène lors de ce cours. Le corps agit au moins de deux façons différentes en tant que matrice de métaphores et d'autres tropes. De nombreuses métaphores surgissent du fait que notre esprit est habitué à concevoir le monde à partir de notre condition d'êtres pourvus d'un corps. On parle à ce propos de métaphores « incarnées », motivées par des expériences sensori-motrices que nous avons tous vécues. D'autres métaphores – qu'on qualifie de « corporelles » – puisent en revanche dans un imaginaire issu d'une représentation mentale du corps, le nôtre et surtout celui d'autrui. Pour mieux comprendre à la fois ces types de métaphores et la pensée des juristes qui s'en servent pour parler du droit, on abordera notamment un texte du juriste Paul, actif au premier tiers du IIIe siècle après J.-C. (Digeste, 48, 20, 7). Il traite d'une question ardue, à savoir le sort de l'héritage d'une personne condamnée à mort ou, en tout cas, à une peine entraînant la confiscation de ses biens, si le condamné a des descendants. Les enfants doivent-ils perdre le patrimoine de leur parent ou doivent-ils le recevoir en héritage ? Intérêt public à la punition et intérêt privé à la transmission du patrimoine entrent ici en conflit. Le juriste parvient à une solution grâce à un discours riche en métaphores et autres tropes, qui non seulement rendent le langage très vivant, mais constituent un élément sur lequel s'appuie le raisonnement pour parvenir à une solution équitable.

01 - Dire autre chose pour dire le droit. Introduction aux métaphores comme outil de pensée dans la Rome antique06 mars 202401:00:37

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Le corps du droit, « Corpus Iuris ». Imaginer le droit par les métaphores corporelles dans la littérature juridique romaine

01 - Dire autre chose pour dire le droit. Introduction aux métaphores comme outil de pensée dans la Rome antique

Résumé

La métaphore est le transport d'un mot de sa signification propre à une autre signification. Par elle, on exprime une idée au moyen d'un terme qui normalement en désigne une autre.

Il s'agit parfois d'une façon de rendre le discours plus élégant. D'autres fois, cela répond à une nécessité, parce qu'on manque de mots pour décrire de façon assez claire ce dont on veut parler.

Les sciences sont riches en métaphores et, plus largement, de tropes. Cela vaut aussi pour le droit, alors qu'on s'attendrait au contraire pour cette langue de précision. Mais le droit n'existe pas à l'état naturel : c'est une technique développée par les sociétés humaines pour réduire les conflits. Et justement, comme la plupart des figures juridiques n'existent pas à l'état naturel, pour les rendre plus compréhensibles, il faut les rapprocher de ce qui constitue déjà notre expérience, notamment le corps et ses parties. C'est une façon d'insérer l'indicible dans un cadre familier et, par ce biais, de l'appréhender.

C'est pourquoi souvent on parle d'autre chose pour parler de droit, en recourant à des métaphores et à d'autres tropes, comme lorsque les juristes romains disent « L'esclave ayant été manumis ne perd pas sa tête, parce qu'il n'avait pas de tête ». Un propos apparemment bizarre, mais qui avait une signification précise dans la langue juridique.

Quintilien, maître de l'art du discours, notait que nous avons tous recours à des métaphores, sans en être toujours conscients. C'est à ce même résultat que la linguistique cognitiviste est parvenue ces dernières décennies, notamment avec le livre fondateur de Lakoff et Johnson. Les métaphores – nous expliquent-ils – sont dans la vie quotidienne. Ce qui fait tout leur intérêt est que souvent, sous une métaphore, on devine un concept plus profond, voire une façon de concevoir le monde : par exemple, considérer le temps comme de l'argent ou un procès comme une bataille ou une loi comme pourvue de volonté. C'est en suivant cette voie, qui considère la métaphore corporelle comme un détecteur de modèles culturels, que le cours tentera de pénétrer la mentalité des juristes romains, de remonter à l'origine du droit, et au fond aussi de réfléchir à notre propre façon de penser la justice. Ce premier cours introduira le cadre méthodologique.

Colloque - Voies et voix de la philologie classique. Éditer les textes anciens : comment et pour quel public ? : Conclusions06 oct. 202300:24:42

Dario Mantovani

Droit, culture et société de la Rome antique

Collège de France

Année 2023-2024

Colloque - Voies et voix de la philologie classique. Éditer les textes anciens : comment et pour quel public ? : Conclusions

Intervenants :

Dario Mantovani, Professeur du Collège de France

A. Voies de la philologie classique

Ce premier volet entend analyser succinctement les manières de narrer la longue histoire de la transmission des textes antiques et d'évoquer ses figures marquantes, mais aussi ses périodisations, ses concepts, ses modèles.

B. Voix de la philologie classique

Ce second volet donnera la parole à plusieurs représentants de l'édition des œuvres classiques et des études d'histoire de la philologie classique ; aux uns, il sera demandé de se pencher sur les tendances actuelles de l'art d'éditer, traduire et commenter les textes anciens ; aux autres, de retracer le parcours de plusieurs revues éclairant l'histoire de ce domaine scientifique.

Organisateurs : Dario Mantovani (Collège de France), Luigi-Alberto Sanchi (CNRS, IHD) et François Bougard (CNRS, IRHT).

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