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Emission [6.01] – Retour sur le dénouement controversé de Game of Thrones
lundi 27 mai 2019 • Durée 01:31:11
Tant de choses ont été dites et écrites sur le dénouement si attendu de Game of Thrones qu’il fut parfois difficile de s’y retrouver. Quel regard porter sur cette tentative d’apporter une conclusion digne de ce nom à une œuvre d’une rare densité narrative ? Le raccourcissement des deux dernières saisons (7 et 6 épisodes au lieu de 10) s’est-il avéré contre-productif ? Les showrunners David Benioff et D. B. Weiss sont-ils parvenus à s’émanciper du récit matriciel de George R. R. Martin ? Voici quelques éléments de réponse, à l’occasion du dernier podcast que nous consacrerons à la série – en attendant le(s) spin-off(s) ?
Dans la continuité des précédents numéros consacrés à Game of Thrones (saisons 1 à 4, saison 5, saison 6, saison 7), mon invité se nomme Stéphane Rolet, spécialiste des rapports texte-image à la Renaissance et auteur de l’essai Le Trône de fer, ou Le Pouvoir dans le sang (Presses Universitaires François-Rabelais, collection « Sérial »).
Attention ! Ce podcast dévoile des éléments cruciaux de l’intrigue de Game of Thrones. Nous vous recommandons donc d’avoir vu l’intégralité de la série avant de l’écouter.
Emission [5.04] – Table ronde « Séries et cinéma : confrontation ou complémentarité ? »
jeudi 21 décembre 2017 • Durée 54:10
Le 30 novembre dernier s'est tenue, dans l'enceinte de la Maison de l'Université de Mont-Saint-Aignan, une table ronde ayant pour postulat de départ la question suivante : « Séries et cinéma : confrontation ou complémentarité ? ». Organisée par la Licence professionnelle Métiers de la médiation culturelle de l'Université de Rouen, celle-ci a réuni Sylvaine Bataille, docteure en littérature anglaise, Pierre Ziemniak, assistant exécutif auprès des producteurs de la série Le Bureau des légendes, et moi-même.
Le médium télévisuel se transforme à une vitesse vertigineuse, à tel point que l’on en vient à se demander si la « bulle » spéculative entourant la production de séries à succès potentiellement international ne va pas finir par éclater. Plus que jamais, il apparaît donc propice de s’interroger sur la nature de l’objet sériel et sur ce qui nous pousse (ou non) à continuer de vouloir l’explorer. C’est ce que nous vous proposons de faire dans le cadre de cette table ronde articulée assez librement autour de trois axes : historique, esthétique et économique. De la série française des premiers temps aux récentes couvertures des Cahiers du cinéma dédiées à la troisième saison de Twin Peaks, le spectre est large et les pistes de réflexion, pour le moins foisonnantes. Qu’on se le dise : qu’elles se regardent sur grand écran, sur tablette ou sur smartphone, les séries télévisées n’ont pas encore fini de faire parler d’elles…
Emission [5.03] – Quelle place pour les femmes dans les séries américaines ?
vendredi 27 octobre 2017 • Durée 01:15:14
Dans un essai paru début septembre, Céline Morin revient en détail sur les luttes féministes relayées par les séries américaines des années 1950 à nos jours. Entre progressisme avant-gardiste et résurgence d'un sexisme que l'on pouvait croire aboli, l'histoire qu'elle retrace est tout sauf linéaire, ce qui la rend d'autant plus passionnante. Retour sur six décennies d'une fiction américaine pleine de paradoxes et de contradictions.
Très vite, la sitcom américaine s’est mise à interroger et à fictionnaliser la condition féminine au sein d’une société désireuse de revenir à « l’ordre établi » après les mobilisations de la Seconde Guerre mondiale. Dans I Love Lucy, l’héroïne éponyme Lucy Ricardo (Lucille Ball) lutte contre son enfermement dans un rôle de mère au foyer qui ne lui suffit pas. Dans The Honeymooners, fondement de la sitcom ouvrière américaine, Alice Kramden (Audrey Meadows) se bat pour ne pas se faire écraser – tant moralement que physiquement – par son imposant et colérique mari. Et dans The Dick Van Dyke Show, Laura Petrie (Mary Tyler Moore) cherche l’harmonie entre son ménage et ses aspirations personnelles. Soit autant d’incarnations d’une remise en cause du conservatisme dominant de l’époque. Comment ont évolué télévisuellement les combats féministes à travers les décennies ? Passent-ils toujours par l’humour ? Sont-ils nécessairement écrits par des femmes ? Signent-ils la fin du romantisme à l’hollywoodienne ?
Attention ! Ce podcast dévoile des éléments cruciaux de l’intrigue des conclusions de Friends et de Sex and the City. Nous vous recommandons donc d’avoir vu celles-ci avant de l’écouter.
Emission [5.02] – Game of Thrones : Bilan de la saison 7
vendredi 22 septembre 2017 • Durée 02:04:54
Raccourcie à sept épisodes et repoussée à l'été 2017, la septième et avant-dernière saison de Game of Thrones n'a pas manqué de déchaîner les passions et de motiver des analyses critiques parfois à l'emporte-pièce. Alors que le battage médiatique commence quelque peu à retomber, nous vous proposons de reparcourir les événements marquants de la saison en regard des reproches et des apostrophes adressés à la série de HBO, analyses de scènes triées sur le volet à l'appui. N'oubliez pas de revêtir votre polaire : l'hiver est là.
[Trop de scènes d’action](http://www.vulture.com/2017/08/game-of-thrones-season-7-review.html) pour les uns, [de détours narratifs](http://uproxx.com/sepinwall/game-of-thrones-the-dragon-and-the-wolf-recap-review) pour les autres. Encore [trop de sexe « gratuit »](http://www.hollywoodreporter.com/fien-print/game-thrones-season-7-finale-review-1033274) pour certains, une maturité [acquise à la lecture de la critique](http://www.vulture.com/2017/08/game-of-thrones-sex-season-seven.html) selon d’autres. Trop de réunions familiales, de deus ex machina, d’incohérences spatiales et temporelles… Passer en revue la réception critique de Game of Thrones, c’est se confronter à une litanie de reproches sur ce que « n’est pas » l’adaptation télévisuelle des romans de George Martin. À croire que le succès public s’accompagne forcément de vices cachés qu’il est impérieux de révéler au grand jour. Cela méritait bien un droit de réponse : avec l’appui de Stéphane Rolet, spécialiste des rapports texte-image à la Renaissance et auteur de l’essai Le Trône de fer, ou Le Pouvoir dans le sang ([Presses Universitaires François-Rabelais](http://pufr-editions.fr/9782869063792), collection « Sérial »), nous tâchons de porter un regard à la fois précis et distancié sur cette si discutée saison 7.
C’est l’occasion d’analyser la réflexivité et le rapport totalement intégré de la série à la géographie, sa représentation évolutive et non moins instructive du sexe, le mouvement en apparence paradoxal de son récit – vers le passé et vers l’avenir – à l’approche du dénouement, ses multiples clins d’œil et références à la fois cinématographiques et télévisuels, ses traits d’esprit humoristiques ainsi que sa propension à explorer le champ des possibles de la fiction. Entre loyautés contradictoires et trahisons inéluctables, Game of Thrones est désormais tournée vers une huitième et dernière saison qui s’annonce aussi attendue que lointaine (elle ne sera peut-être pas diffusée avant 2019). De quoi continuer à faire parler d’elle à tort et à travers.
Attention ! Ce podcast dévoile des éléments cruciaux de l’intrigue de la saison 7 de Game of Thrones. Nous vous recommandons donc d’avoir vu celle-ci intégralement avant de l’écouter.
Emission [5.01] – Exception française : les maux d'une industrie sérielle qui ne décolle pas
vendredi 25 août 2017 • Durée 01:20:25
Si le système télévisuel français fait figure d'« exception » dans le panorama européen et même mondial, ce n'est pas au sens vertueux du terme (tel qu'on l'entend pour notre cinéma), mais en raison d'une incapacité à sortir des carcans de la « télévision à papa » et à entrer dans l'ère moderne de la série télévisée. Les raisons en sont multiples, comme l'explique en détail Pierre Ziemniak dans un essai tout juste paru chez Vendémiaire. Cela méritait bien de prolonger la discussion.
Un Village français, Fais pas ci, fais pas ça, Le Bureau des légendes : il existe bien quelques exemples de séries françaises à être brillamment parvenues à installer un rendez-vous régulier, qualitatif et relayé par les médias au sein d’une industrie télévisuelle encore tétanisée par la peur de prendre des risques et de se casser la figure. Mais ces trop rares exceptions ne viennent que confirmer la règle : à l’ère de la Peak TV américaine et de l’émergence de contre-modèles européens en plein essor ([du côté de la Scandinavie](http://feuilletons.blogs.liberation.fr/2017/03/08/lunivers-des-series-scandinaves-ou-lempire-de-la-melancolie), notamment), la télévision française ne parvient toujours pas à dépasser l’étape du prototype et à retenir les leçons de ses bons élèves.
Dès lors, de nombreuses questions qui fâchent se posent : existe-t-il véritablement une « culture séries » chez les auteurs, les producteurs et les diffuseurs de séries françaises ? La France aurait-elle raté un virage après l’âge d’or de l’ORTF, dans les années 1960 et 1970 ? Certaines « mauvaises pratiques » connues de longue date (la prédilection pour le format de 90 minutes, l’interventionnisme des chaînes entraînant une réécriture multiple des scénarios, la commande de saisons supplémentaires au cas par cas selon les chiffres d’audience, etc.) seraient-elles impossibles à enrayer en France ? Et quel regard porter sur les solutions soit-disant « miracles » telles que la désignation d’un showrunner, le financement industrialisé de pilotes ou le recours à la coproduction internationale ?
Emission [4.12] – Game of Thrones : Le point avant la saison 7
vendredi 14 juillet 2017 • Durée 43:52
Game of Thrones effectuera son grand retour dimanche soir sur HBO, à l'occasion d'une septième (et avant-dernière) saison qui ne comptera pas 10 mais 7 épisodes. Avant d'attaquer la dernière ligne droite, faisons le point sur la construction et la spécificité d'une saison 6 dont l'issue se sera avérée encore plus spectaculaire qu'à l'accoutumée. En attendant le bouquet final.
Game of Thrones est devenue une série tellement clivante, à force d’occuper l’espace médiatique de manière déconsidérée, qu’on en oublierait presque le plaisir que peut procurer la découverte de ses nouveaux épisodes, voire l’attente qui les sépare et sait si bien nous faire languir. Avec Stéphane Rolet, auteur de l’essai intitulé Le Trône de fer, ou Le Pouvoir dans le sang ([Presses Universitaires François-Rabelais](http://pufr-editions.fr/9782869063792), collection « Sérial »), nous vous proposons d’explorer l’érotique de sa narration à la progression aussi frustrante que stimulante, avant d’aborder la question toujours délicate de son émancipation vis-à-vis des romans de George Martin. Comment la série de D.B. Weiss et David Benioff parvient-elle à se renouveler dans la continuité ? Est-elle aussi statique que certains observateurs au jugement hâtif voudraient nous le faire croire ? Qu’attendre de son dénouement dont on sait déjà qu’il s’étendra sur deux saisons raccourcies ?
Attention ! Ce podcast dévoile des éléments cruciaux de l’intrigue de la saison 6 de Game of Thrones. Nous vous recommandons donc d’avoir vu celle-ci intégralement avant de l’écouter.
Emission [4.11] – The Leftovers : De l'autre côté, un peu plus près des étoiles
lundi 12 juin 2017 • Durée 01:21:21
The Leftovers s’est achevée le 4 juin dernier sur HBO dans une ferveur critique inversement proportionnelle à ses chiffres d’audience, qui auront rarement franchi la barre du million de spectateurs passée la saison 1. À propos de son épisode conclusif, certains spécialistes sont même allés jusqu'à parler de l'un des dénouements les plus marquants de l'histoire de la télévision américaine. La série de Damon Lindelof et Tom Perrotta mérite-t-elle autant d'éloges ?
En seulement trois saisons (pour un total de 28 épisodes), The Leftovers est parvenue à se tailler la part du « voluptueux lion Frasier » dans le cœur des critiques américains et français, qui n’auront pas tari d’éloges à son sujet. Sa conclusion a même été saluée par une haie d’honneur plutôt rare en ces temps de Peak TV et de zapping accéléré de nouveautés qui s’enchaînent les unes après les autres sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Avec Jeoffroy Vincent, nous vous proposons de tenter d’y voir plus clair en revenant à tête reposée sur ce fameux dénouement et en mettant de côté surenchères et autres dithyrambes déconnectées du réel.
Nous en profitons pour décrypter la [construction narrative de la série](http://feuilletons.blogs.liberation.fr/2016/08/30/the-leftovers-vous-croyez-aux-miracles), entre mystères levés et fausses pistes toujours plus déconcertantes, et pour distinguer les supercheries farcesques du rapport fantastique au réel dont elle entretient volontiers le rapport dialectique. Pour cela, rien de mieux qu’un exhaustif et précieux making-of conçu de main de maître par Boris Kachka ([Vulture](http://www.vulture.com/2017/06/leftovers-finale-behind-the-scenes-exclusive.html)), auquel nous vous recommandons très chaudement de vous référer si vous souhaitez en savoir plus sur les dilemmes et les atermoiements qui accompagnent immanquablement la conception du dénouement d’une série conceptuelle et mystique telle que The Leftovers.
Attention ! Ce podcast dévoile des éléments cruciaux de l’intrigue de The Leftovers. Nous vous recommandons donc d’avoir vu l’intégralité de la série avant de l’écouter.
Emission [4.10] – Homeland : Est-on passé du remake à la série originale ?
mardi 23 mai 2017 • Durée 01:08:21
Homeland fait partie de ces séries chaudement accueillies à leurs débuts qui, parce qu'elles durent et se reconfigurent au fil des saisons, tombent toutefois peu à peu sous le coup d'une perte d'intérêt critique et publique pouvant sembler cruelle. Pourtant, le thriller politique de Showtime continue d'aller de l'avant et d'enchaîner les péripéties au point de soulever la question suivante : est-on passé du remake à la série originale ? Et si oui, est-ce à son propre avantage ?
La saison 6 d’Homeland a été diffusée au premier trimestre sur Showtime devant un peu plus d’un million de téléspectateurs, soit une audience à peu près stable pour ce qui reste le programme le plus emblématique de la chaîne depuis l’arrivée à terme de Dexter, en 2013. Adoubée par Barack Obama, couverte d’Emmy Awards et de Golden Globes, encensée par la critique mondiale et très étudiée dans le champ académique à ses débuts, la série narrant la lutte de Carrie Mathison (Claire Danes) contre le terrorisme a cependant vu les vagues successives de la Peak TV éroder sa charpente et lui faire perdre progressivement son lustre d’antan. À tort ou à raison ?
Avec Jeoffroy Vincent ([Baxter Club](https://baxterclub.com)), nous vous proposons d’aborder l’actualité d’Homeland à travers l’étude de sa sixième saison (la dernière en date), de ses multiples rebondissements à son ancrage dans le réel en passant par l’évolution de ses personnages et son esthétique toujours aussi léchée, avant d’embrasser la série dans sa globalité en interrogeant son rapport à l’œuvre israélienne dont elle est adaptée : Hatufim (ou Prisoners of War en version internationale). Peut-on aujourd’hui parler d’Homeland comme d’une série véritablement « originale » ? Et si tel est le cas, ne risque-t-elle pas pour autant, à l’instar de Masters of Sex, de s’en aller [dans une relative indifférence](http://feuilletons.blogs.liberation.fr/2017/01/17/masters-of-sex-pas-de-cadeau-pour-le-deuxieme-sexe) ?
Attention ! Ce podcast dévoile des éléments cruciaux de l’intrigue de la saison 6 d'Homeland. Nous vous recommandons donc d’avoir vu l’intégralité de celle-ci avant de l’écouter.
Emission [4.09] – Big Little Lies : Qui sait ce qui se cache sous la surface de l’eau ?
mardi 9 mai 2017 • Durée 01:28:02
Très attendue en raison de sa distribution prestigieuse (Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Laura Dern, etc.) et de son duo auteur/réalisateur très expérimenté (David E. Kelley/Jean-Marc Vallée), Big Little Lies n'a pas déçu. Cette mini-série de sept épisodes, diffusée sur HBO du 19 février au 2 avril, aborde avec style et raffinement des sujets aussi sensibles que l'éducation, le viol ou la violence conjugale. Retour sur une œuvre d'une profondeur abyssale.
David E. Kelley vient une nouvelle fois de prouver qu’il était un touche-à-tout. Passé par la série judiciaire, médicale, scolaire, ou encore la sitcom, il a en outre démontré avec Ally McBeal son habileté à dessiner des femmes hautes en couleurs sans être superficielles pour autant. En collaboration avec le réalisateur canadien Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y., Dallas Buyers Club), il signe ici une chronique faussement mondaine partant sciemment de la posture actoriale pour se glisser peu à peu sous les pores de la peau de ses héroïnes, lesquelles en viennent, malgré l’opulence de leur cadre de vie (l’enclave ensoleillée de Monterey, en Californie), à révéler des failles insoupçonnées.
Avec Jeoffroy Vincent ([Baxter Club](https://baxterclub.com)), nous revenons sur les principaux thèmes abordés par la série (en premier lieu l’éducation et la place que tiennent les enfants dans la vie de leurs parents), sur l’appétence de son diffuseur pour le format particulier de la mini-série, sur les performances de ses actrices vedettes et, selon une approche plus esthétique, sur ses effets de style, sa musicalité et son dénouement par fragmentation. Nous en profitons pour analyser quelques-unes de ses séquences-clés, symptomatiques de sa volonté de fusionner le fond et la forme sans sombrer dans l’artificialité.
Attention ! Ce podcast dévoile des éléments cruciaux de l’intrigue de Big Little Lies. Nous vous recommandons donc d’avoir vu la mini-série intégralement avant de l’écouter.
Emission [4.08] – Rectify : Rien ne viendra rectifier ce qui s’est passé
vendredi 28 avril 2017 • Durée 01:08:15
Rectify s'en est allée en décembre dernier comme elle est venue : sans faire de bruit. Pourtant, la série de Sundance Channel (devenue entretemps SundanceTV) mérite que l'on s'attarde sur cette lenteur et cette quiétude qui ont fait d'elle une œuvre à part dans l'époque ô combien agitée que l'on traverse. Retour sur la quête d'apaisement d'un ancien condamné à mort devant réapprendre à vivre, seul parmi les siens, perdu dans un monde de brutes.
En quatre saisons et seulement trente épisodes, Rectify est parvenue à marquer de son empreinte l’histoire des séries télévisées. Et la profusion de l’offre actuelle ne doit surtout pas l’oblitérer. « Chef-d’œuvre confidentiel », [comme l’écrit justement](https://baxterclub.com/2014/09/03/rectify-poeme-sensoriel) Jeoffroy Vincent qui m’accompagne dans cette discussion, la série appartient à cette race de guerriers silencieux qui n’ont pas besoin de hausser le ton ni de faire de grands gestes pour attirer toute l’attention à eux. Par son pouvoir contemplatif, son détournement des conventions du genre policier et l’intimisme non intrusif de son portrait d’une communauté suspendue au sort d’un seul homme, Rectify raconte le grand tout de la vie à partir de ces petits riens que l’on a tendance à croire (à tort) insignifiants.
Maintenant que la série s’est achevée, nous vous proposons une vue d’ensemble de sa dynamique globale et de la trajectoire de son protagoniste, Daniel Holden, ni héros au sens traditionnel du terme, ni anti-héros tant il s’efforce de sortir de sa condition et de retrouver, dans l’adversité, le goût de l’existence. Importait-il de savoir si, oui ou non, Daniel était coupable des faits qui lui avaient été reprochés (et qu’il avait intégralement avoués) ? Si l’ancien détenu du couloir de la mort s’effondre, toute la pyramide des personnages sera-t-elle emportée dans sa chute ? Amantha et Tawney (respectivement sa petite et sa belle-sœur) incarnent-elles les deux facettes d’un amour fraternel à lui seul adressé ?
Attention ! Ce podcast dévoile des éléments cruciaux de l’intrigue de Rectify. Nous vous recommandons donc d’avoir vu la série intégralement avant de l’écouter.