Pour le dernier épisode de cette saison, je voulais revenir seule au micro.
Pour vous parler de ce que quatre saisons de Conversations sur l’Oreiller, des centaines d’accompagnements et mon propre chemin m’ont appris sur l’intime.
Parce qu’après toutes ces années à écouter des personnes me parler de désir, de sexualité, de relations, de douleurs, de honte, de peur, de plaisir, de pouvoir et d’amour, une chose m’apparaît de plus en plus clairement : il ne s’agit jamais que de sexualité.
L’intime raconte notre manière de recevoir.
Notre facilité à nous abandonner pour préserver le lien.
Les besoins que nous avons appris à taire.
Les endroits où nous nous mentons encore.
Ce que notre tête a compris depuis longtemps mais que notre corps continue de porter.
Dans cet épisode, je vous parle de ce que signifie réellement, pour moi, être sexothérapeute.
De cette société qui nous demande constamment d’aller plus vite alors que certaines réponses n’apparaissent que lorsque nous ralentissons. Du corps qui ne porte pas seulement nos douleurs, mais aussi les chemins du retour et les possibilités de réparation. De la raison pour laquelle j’ai progressivement placé le corps au cœur de ma pratique, en faisant dialoguer sexothérapie, tantra et BDSM.
Mais je vous parle aussi de quelque chose devenu impossible à dissocier de mon travail : le territoire depuis lequel je pense, j’écoute et j’accompagne.
Je suis une femme Caribéenne.
Et je ne crois plus que nous puissions continuer à penser toutes nos blessures, nos corps, nos relations, nos héritages et nos possibilités de libération exclusivement à travers des grilles de lecture qui n’ont pas été construites depuis nos réalités.
Tous les peuples ont besoin de personnes capables de les écouter depuis leur territoire.
Peut-être est-ce finalement cela, OMAIA.
Une tentative d’aller là où les mots seuls ne suffisent plus.