Explorez tous les épisodes du podcast Avenir Commun Durable (2025-2026) - Claude Grison
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| Leçon inaugurale - Claude Grison : Transition écologique : l'espoir des sciences de la durabilité | 12 Mar 2026 | 01:03:41 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Leçon inaugurale - Claude Grison : Transition écologique : l'espoir des sciences de la durabilité Résumé « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l'admettre. » Cet extrait du discours de Jacques Chirac lors du IVe sommet de la Terre, en 2002, est d'une vérité actuelle saisissante. La dernière phrase de son discours « l'invention du développement durable est un progrès fondamental au service duquel nous devons mettre les avancées des sciences et des technologies, dans le respect du principe de précaution » sera le fil conducteur que je vous propose de partager en 2026 dans le cadre de la chaire Avenir Commun Durable. Nous montrerons comment les « solutions fondées sur la nature » peuvent être sources de réflexions, mais aussi de solutions concrètes face à l'effondrement de la biodiversité. Ces solutions relèvent de l'écologie globale et s'appuient sur la recherche de phytotechnologies permettant de protéger/conserver, voire restaurer des écosystèmes dégradés et pollués, avec des objectifs opérationnels assumés sur le terrain et à grande échelle. Ces phytotechnologies intègrent la phytoremédiation, la phytosorption et une gestion écoresponsable de contrôle de la prolifération des espèces exotiques envahissantes. Une meilleure compréhension des espèces végétales étudiées a mis en évidence un point commun : elles possèdent toutes une composition minérale inhabituelle, qui a été le point de départ d'un nouveau concept, l'écocatalyse. Alors que l'écocatalyse est le socle du développement durable, l'utilisation bioinspirée de ces écocatalyseurs a permis la synthèse de molécules à l'impact social important dans le domaine de la chimie fine, la santé et le bien-être. Le domaine intègre un niveau d'exigence rarement atteint à l'interface de la chimie durable et des solutions écologiques pour protéger la biodiversité. Cette séance inaugurale, comme les leçons qui suivront, constitue un message d'espoir basé sur les résultats récents de la recherche scientifique. | |||
| Séminaire - Jérôme Chave : Les écosystèmes forestiers tropicaux face au réchauffement climatique | 17 Mar 2026 | 00:51:48 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable Séminaire - Jérôme Chave : Les écosystèmes forestiers tropicaux face au réchauffement climatique Jérôme Chave Directeur de recherche au CNRS et membre de l'Académie des sciences Résumé Les forêts tropicales agissent comme des puits de carbone atmosphérique et contribuent à ralentir les effets du changement climatique. Dans une atmosphère enrichie en dioxyde de carbone, la photosynthèse devrait être plus efficace pour stocker le carbone, mais la capacité de stockage des plantes a des limites à la fois physiques et biologiques. Les forêts tropicales sont également des écosystèmes vibrants, les flux de matière et d'énergie y sont contrôlés par une myriade d'interactions biotiques et de réactions métaboliques impliquant des organismes dont la masse couvre vingt ordres de grandeur. Cette mosaïque du vivant a une longue histoire évolutive, et l'avenir de ces interactions est incertain. Quelles sont les avancées récentes de la recherche scientifique concernant la réponse des forêts tropicales au réchauffement climatique ? Quelles conséquences pouvons-nous prévoir pour les communautés vivantes dans un monde plus chaud soumis à des conditions climatiques extrêmes ? Quelle inspiration pouvons-nous tirer des forêts tropicales ? Les réponses à ces questions reposent sur des collaborations de recherche à long terme, des observations sur le terrain combinées à des méthodes analytiques de pointe, et sur des modèles fondés sur l'observation. Jérôme Chave Jérôme Chave est directeur de recherche CNRS, et membre de l'Académie des sciences. Il est directeur adjoint de l'unité Centre de recherche sur la biodiversité et l'environnement à Toulouse, et responsable du laboratoire d'excellence Centre d'étude de la biodiversité amazonienne (Guyane française). S'appuyant sur un vaste réseau de collaborations internationales, son équipe étudie la coexistence des espèces d'arbres dans les forêts tropicales. L'objectif de ces recherches est de dévoiler comment les forêts persistent face aux changements globaux, et les risques que les changements d'utilisation des terres font courir à la biodiversité tropicale. | |||
| 01 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : L'exploration du vivant par les différentes disciplines scientifiques : une histoire d'échelle | 17 Mar 2026 | 00:54:55 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 01 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : L'exploration du vivant par les différentes disciplines scientifiques : une histoire d'échelle Résumé Le dioxyde de carbone est indispensable à la vie, il est au cœur des richesses de la nature. Plantes, algues ou cyanobactéries convertissent le CO2 comme de véritables usines chimiques à énergie solaire. Elles mettent en œuvre les mécanismes uniques et inspirants de la photosynthèse, qui passionnent toujours l'ensemble des disciplines scientifiques. Le dioxyde de carbone est également au cœur des préoccupations climatiques et environnementales actuelles. Moins inspirantes que les activités végétales, les activités humaines contribuent à une forte augmentation des émissions de CO2, qui représentaient en 2021 près de 80 % du volume de toutes les émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne. Il est ainsi en partie responsable du dérèglement climatique, qui affecte déjà les espèces et les écosystèmes du monde entier. Quel peut être le rôle de la recherche scientifique face à cette dualité de situation ? Il s'agit d'un exemple typique qui illustre la nécessité de conjuguer les connaissances scientifiques avec une approche combinant les différentes échelles d'études des êtres vivants : non seulement aux échelles de temps et d'espace de l'écologie scientifique, mais aussi celle du niveau d'organisation unitaire du vivant : de l'écosystème à l'individu puis à l'échelle très fine de la molécule, c'est-à-dire celle de la chimie. Cette coopération interdisciplinaire est source de solutions inspirées de la nature et conçues sur le long terme. Quelques exemples démonstratifs seront présentés. | |||
| Séminaire - Erik Orsenna : L'hydrodiplomatie | 24 Mar 2026 | 00:41:46 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable Séminaire - Erik Orsenna : L'hydrodiplomatie Erik Orsenna Écrivain et membre de l'Académie française | |||
| 02 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : La conservation des écosystèmes aquatiques : les secrets dévoilés des espèces végétales | 24 Mar 2026 | 00:59:31 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 02 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable :La conservation des écosystèmes aquatiques : les secrets dévoilés des espèces végétales Résumé Chacun s'accorde à dire que l'eau est une ressource vitale et un bien commun précieux ; aucune priorité ne peut précéder celle de l'accès à l'eau. L'eau est qualifiée d'or bleu. Pourtant, l'insécurité de l'eau est une crise aussi grave que celle due au dérèglement climatique. Au cours des cent dernières années, l'utilisation mondiale de l'eau a été multipliée par six en raison de la pression démographique, du développement économique et de la surconsommation de l'eau. De plus en plus rare, cet or bleu est également de plus en plus pollué, et se retrouve ainsi au cœur d'un dérèglement des écosystèmes aquatiques qui assurent pourtant depuis des millénaires un traitement naturel de la qualité de l'eau. Développer de nouvelles approches pour protéger les ressources en eau, préserver les écosystèmes aquatiques, prévenir les sources de pollution, traiter les eaux polluées en amont en mettant en place des procédés de traitement innovants faisant appel à des technologies durables est devenu une priorité. Existe-t-il des solutions naturelles, pérennes, écoresponsables, économiquement viables et conçues sur le long terme ? Des solutions écologiques récentes seront présentées. Ces solutions ne doivent pas faire oublier l'essentiel si bien décrit par notre invité du jour : l'eau vient de la nature, c'est pourquoi « préserver le milieu naturel est nécessairement la meilleure manière de préserver la ressource » (E. Orsenna, L'Avenir de l'eau, Fayard, 2008). | |||
| 04 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : La chimie peut-elle être écologique ? Enjeux et opportunités | 07 Apr 2026 | 01:04:30 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 04 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : La chimie peut-elle être écologique ? Enjeux et opportunités Résumé La chimie est une discipline scientifique centrale, au carrefour de la physique, la biochimie, la biologie, la pharmacie, la médecine, l'écologie, la géologie et des mathématiques. Ses applications industrielles sont multiples et concernent la santé, le bien-être, les matériaux, les transports, la construction, l'énergie, l'environnement, l'agriculture, la sylviculture et la pêche. Elle est la seconde industrie manufacturière en Europe. Elle constitue un atout économique majeur pour la France avec quatre entreprises, deux cent vingt-cinq mille emplois et dix prix Nobel. Cependant, les indicateurs de pression environnementale de l'industrie chimique posent question. Comment réduire l'empreinte environnementale de la chimie ? L'Europe et la France se sont dotées d'outils tels que la réglementation REACH. La communauté internationale de la chimie a défini différents concepts et guides importants pour réduire l'impact de la chimie : chimie verte, chimie durable, chimie écologique. De quoi s'agit-il précisément ? Pour certains, la chimie peut jouer un rôle majeur face aux problèmes environnementaux passés, mais aussi actuels et futurs. Elle possède les outils scientifiques et connaissances pour protéger la biodiversité et mieux comprendre le stress auquel le vivant est soumis. Ce cours sera suivi d'un débat avec des lycéens de Laon qui viendront discuter de ce vaste sujet. | |||
| Séminaire - Guillaume Pitron : La guerre des métaux stratégiques | 31 Mar 2026 | 00:52:39 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable Séminaire - Guillaume Pitron : La guerre des métaux stratégiques Guillaume Pitron Chercheur associé à l'IRIS, spécialiste des matières premières critiques, journaliste, réalisateur et auteur | |||
| 03 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : Pénurie des métaux stratégiques et chimie pharmaceutique : des problèmes aux solutions | 31 Mar 2026 | 00:48:23 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 03 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : Pénurie des métaux stratégiques et chimie pharmaceutique : des problèmes aux solutions Résumé Smartphones, ordinateurs, voitures électriques ou hybrides, panneaux solaires, éoliennes, technologies militaires et spatiales, électronique, industrie pharmaceutique, imagerie médicale… La vie actuelle est totalement dépendante de métaux rares et précieux. L'extraction et la transformation de ces éléments métalliques sont source de catastrophes écologiques et environnementales irréversibles. L'accès à ces métaux représente également un enjeu stratégique majeur pour des pays comme la France, où ils sont rares voire inexistants. Dans un contexte géopolitique et économique préoccupant, il convient de faire le point sur quelques questions clés : quelles sont les solutions de recyclage de ces métaux surconsommés ? Est-ce que le recyclage peut nous sauver ? Comment peut-on réduire notre consommation en ces métaux dans des secteurs clés, tels que celui de la santé ? Comment peut-on réduire notre empreinte environnementale lors de l'utilisation de ces métaux ? Comment limiter notre dépendance aux métaux et minerais ? Des réponses seront apportées à l'aide d'exemples concrets qui relèvent d'innovations récentes dans le domaine de la production de médicaments dépendants d'une ressource hautement stratégie, le palladium. | |||
| Séminaire - Serge Morand : Crise de la biodiversité, « Une Seule Santé » et « Santé Planétaire » | 14 Apr 2026 | 01:00:58 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable Séminaire - Serge Morand : Crise de la biodiversité, « Une Seule Santé » et « Santé Planétaire » Serge Morand Directeur de recherche, CNRS / Directeur de l'IRL HealthDEEP Résumé La plupart des études scientifiques ont exploré indépendamment les facteurs potentiellement responsables des épidémies de maladies infectieuses. Mais elles ont rarement considéré leurs interdépendances. Nous résumerons d'abord les liens entre la santé, les changements d'utilisation des terres, l'intensification de l'élevage et la biodiversité. Ensuite, nous explorerons les réponses aux crises sanitaires s'appuyant sur les approches « Une Seule Santé » ou « Santé Planétaire ». Enfin, nous examinerons les approches territoriales fondées sur la nature et la biodiversité, en prenant l'exemple des forêts communautaires. Serge Morand Écologue évolutionniste et zoologiste de formation, Serge Morand a conduit des travaux en écologie évolutive des interactions parasitaires sur des modèles biologiques variés avec des missions de terrain sur de nombreux territoires d'Europe, des Caraïbes, d'Afrique et d'Océanie. Depuis 2008, il mène des recherches en écologie de la santé en Asie du Sud-Est axées sur les liens entre biodiversité, santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes. Entre 2008 et 2025, il a organisé des missions en Thaïlande, Cambodge, Laos, Philippines et Vietnam, acquérant une solide expertise dans le travail de terrain en collaboration avec les communautés et les administrations locales. Ses principales réalisations concernent le développement d'un domaine de recherche en social-écologie de la santé, en reliant changements d'utilisation des terres, dérèglement climatique, biodiversité, gouvernance de la santé et de l'environnement, et écologie de la transmission d'agents de maladies zoonotiques et vectorielles ou de gènes d'antibiorésistance. Les projets interdisciplinaires participent d'un réseau international de recherche en biodiversité et santé, contribuant aux expertises internationales (OHHLEP, IPBES, IUCN, One Health Quadripartite). | |||
| 05 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : Prévention des maladies vectorielles et santé publique : quelles solutions durables ? | 14 Apr 2026 | 00:49:20 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 05 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : Prévention des maladies vectorielles et santé publique : quelles solutions durables ? Résumé Mondialisation, échanges internationaux, changement climatique, croissance démographique, urbanisation rapide, sont à l'origine du nombre croissant d'espèces exotiques envahissantes et d'interactions nouvelles entre organismes, à l'origine d'émergences de nouveaux agents pathogènes. De par leur modalité de transmission, les maladies vectorielles sont particulièrement sensibles aux changements climatiques, environnementaux, de paysage, de diversité ou de contacts entre les hôtes et les vecteurs ; elles font donc partie des principales sources de risques en matière de maladies émergentes et d'attaques infectieuses. Selon les données de l'OMS, les maladies vectorielles transmises par les moustiques représentent 17 % des maladies infectieuses. La propagation du moustique tigre, Aedes albopictus, des forêts tropicales de l'Asie du Sud-Est vers des zones tempérées, dont le sud de l'Union européenne, a profondément changé le risque et la perception des maladies à transmission vectorielle en Europe. Elle est un signal d'alarme sur les risques d'émergence de ces nouvelles maladies. Quelles sont les solutions de protection contre les maladies vectorielles véhiculées par les moustiques ? Insecticides biologiques, moustiques transgéniques, utilisation d'agents répulsifs naturels bioinspirés. Toutes ces méthodes récentes de protection seront évoquées. | |||
| Séminaire - Dialogue avec de jeunes lycéens de Laon | 07 Apr 2026 | 00:56:50 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable Séminaire - Dialogue avec de jeunes lycéens de Laon | |||
| Séminaire - Martine Hossaert : Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) et les sols : un partenariat essentiel | 05 May 2026 | 00:45:25 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable Séminaire - Martine Hossaert : Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) et les sols : un partenariat essentiel Martine Hossaert Directrice de recherche émérite, CNRS Résumé Le sol constitue une entité vivante et dynamique dont l'intégrité fonctionnelle est compromise par des pressions anthropiques croissantes, qu'elles soient issues par exemple de l'intensification agricole ou de l'artificialisation urbaine. En tant que socle fondamental de la durabilité, la santé des sols conditionne le maintien de services écosystémiques vitaux, allant de la régulation des cycles biogéochimiques à la gestion du cycle de l'eau, à l'atténuation des effets du changement climatique et la préservation de la biodiversité. Dans ce contexte, le déploiement de Solutions fondées sur la Nature (SfN) s'impose comme une stratégie transformatrice indispensable pour restaurer la qualité et la santé des sols, des ressources souvent sous-estimées, mais d'une importance capitale pour le fonctionnement des écosystèmes. Les Solutions fondées sur la Nature représentent une approche stratégique pour relever les défis sociétaux majeurs en s'appuyant sur les écosystèmes. Elles doivent répondre à des défis sociétaux, économiques et environnementaux de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité. Elles offrent une gamme étendue d'applications pour améliorer la santé et la gestion durable des sols à travers divers écosystèmes et contextes. En retour, l'intégration de la dimension « sol » est indispensable dans la conception et la mise en œuvre des Solutions fondées sur la Nature. Reconnaître et investir dans la santé des sols n'est pas seulement un bénéfice pour l'environnement, mais une condition essentielle pour l'efficacité à long terme des SfN face aux défis complexes du XXIe siècle, qu'il s'agisse du changement climatique, de la perte de biodiversité ou de la sécurité alimentaire et hydrique. En protégeant et en restaurant nos sols, nous posons les fondations d'un avenir plus durable et résilient. Cet enjeu est au cœur des priorités du Programme exploratoire de recherche SOLU-BIOD que nous illustrerons à l'aide d'exemples concrets en France et au niveau international. Nous discuterons également des défis et freins liés à l'adoption et mise en œuvre des SfN ainsi que des politiques publiques qui vont permettre leur promotion. Martine Hossaert Martine Hossaert est directrice de recherche émérite et conseillère scientifique du CNRS Écologie et Environnement. Elle est spécialiste de l'écologie chimique, c'est-à-dire du rôle des signaux chimiques et des défenses dans la médiation des interactions entre les organismes, et plus particulièrement dans le cadre des interactions mutualistes. Elle a été moteur dans la création d'une communauté d'écologie chimique en France par la création de groupe de recherche et la publication d'ouvrages scientifiques et de vulgarisation dans ce domaine. Récemment, elle a été nommée directrice du programme exploratoire de recherche SOLU-BIOD pour coordonner un programme de neuf ans sur les Solutions fondées sur la Nature. SOLU-BIOD a pour objectif une intégration systémique des solutions fondées sur la nature dans les actions de conservation et de restauration. Il permet de stimuler une recherche interdisciplinaire innovante sur les solutions fondées sur la nature afin de répondre aux défis environnementaux et sociétaux actuels. | |||
| 06 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : La restauration écologique des sols pollués et dégradés : des capacités d'adaptation de plantes très inspirantes | 05 May 2026 | 01:05:24 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 06 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : La restauration écologique des sols pollués et dégradés : des capacités d'adaptation de plantes très inspirantes Résumé Le sol est notre patrimoine commun, qu'il convient de protéger et de conserver compte tenu des fonctions vitales qu'il exerce. Si ces fonctions alimentaires sont connues de tous, sa dynamique et la biodiversité qu'il habite, jouent un rôle clé dans la régulation du cycle de l'eau, des gaz à effet de serre ou encore dans la production d'espèces minérales indispensables. L'écosystème du sol est à la fois un réacteur biologique et chimique, organisé, structuré et vivant, dont nous dépendons. Toutefois, sa résilience a des limites. La pression humaine telle que la pollution peut conduire à un déséquilibre irrémédiable de ses capacités fonctionnelles. Que peut-on faire ? On parle aujourd'hui de solutions fondées sur la nature. De quoi s'agit-il ? Existe-t-il des exemples concrets de réussite ? | |||
| 08 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : L'écocatalyse, une révolution verte et durable en chimie | 19 May 2026 | 00:57:15 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 08 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : L'écocatalyse, une révolution verte et durable en chimie Résumé Face à un diagnostic écologique alarmiste, il est urgent de faire évoluer nos modes de fonctionnement et de production vers une croissance mutuelle et harmonieuse de l'économie et des écosystèmes naturels. Nous montrerons comment des solutions inspirées, voire fondées sur la nature, pour conserver et restaurer des écosystèmes menacés par les activités humaines, peuvent être source de solutions nouvelles pour une chimie respectueuse de la nature. En effet, les capacités remarquables d'adaptation de certaines espèces végétales au stress auquel on les soumet génèrent des biomasses aux structures minérales uniques et inhabituelles. Il est possible de transformer les minéraux des espèces végétales en catalyseurs métalliques biosourcés pour la chimie inorganique et organique. Cette approche originale constitue le premier exemple de catalyse chimique métallique d'origine végétale : l'écocatalyse. L'écocatalyse a créé un changement de paradigme : les biomasses gorgées de métaux de transition pour restaurer les sols, dépolluer les systèmes aquatiques et protéger les zones humides ne sont pas des déchets, mais des systèmes naturels de restauration des écosystèmes qui possèdent une haute valeur ajoutée pour préparer des molécules utiles à notre santé, notre bien-être et pour la chimie fine. Il devient ainsi possible de soutenir les solutions écologiques, en transformant les biomasses végétales générées en des matières premières incontournables de la chimie durable, les écocatalyseurs. L'utilisation de ces écocatalyseurs en chimie organique est réalisée avec un engagement environnemental inégalé, qui dépasse les principes de la chimie verte. | |||
| Séminaire - Arnaud Albert : Quelles actions à mener pour la prévention de l'introduction des espèces exotiques envahissantes ? | 12 May 2026 | 00:55:51 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable Séminaire - Arnaud Albert : Quelles actions à mener pour la prévention de l'introduction des espèces exotiques envahissantes ? Arnaud Albert Chargé de mission et de recherche, Office français de la biodiversité (OFB) Résumé Cette présentation porte sur les textes, les outils et les actions qui sont utilisés et menés pour prévenir et gérer les introductions d'espèces exotiques envahissantes, notamment en ce qui concerne la règlementation, la biosécurité, la sensibilisation et la mobilisation. Arnaud Albert Ingénieur en agronomie diplômé de l'Institut agro de Rennes et docteur en biologie diplômé de l'université de Montréal, spécialisé en écologie végétale et en écologie des invasions, Arnaud Albert est actuellement chargé de mission et de recherche sur les espèces exotiques envahissantes (EEE) à l'Office français de la biodiversité (OFB), au sein de la Direction de la recherche et de l'appui scientifique (DRAS), dans le Service sur la conservation et la gestion des espèces à enjeux (SEE). Il a le rôle d'expert-référent national sur les plantes exotiques pour l'établissement. Il est notamment l'un des copilotes du Centre national de ressources sur les espèces exotiques envahissantes (CDR EEE) qui est copiloté par l'OFB et le comité français de l'UICN. Il est également en charge d'animer au niveau national le réseau des référents sur les plantes exotiques envahissantes du réseau des Conservatoires botaniques nationaux (CBN). Il coordonne plusieurs projets et études de recherche et développement sur les EEE, en particulier sur de nouvelles techniques de suivi, de gestion et de traitement des EEE. | |||
| 07 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : Zones humides et espèces exotiques envahissantes : vers des solutions naturelles économiquement viables ? | 12 May 2026 | 00:49:12 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 07 - Écologie scientifique et chimie du vivant : une symbiose au cœur du développement durable : Zones humides et espèces exotiques envahissantes : vers des solutions naturelles économiquement viables ? Résumé Les zones humides constituent les plus grands réservoirs de matière organique carbonée. Elles contribuent à l'atténuation des phénomènes climatiques extrêmes (inondations et sécheresses), à la purification de l'eau et à la préservation de la biodiversité. Cependant, 85 % des zones humides ont été perdues en trois cents ans ; elles continuent de disparaître trois fois plus rapidement que les forêts. Depuis les années 1970, un problème supplémentaire a été mis en évidence : le nombre d'espèces exotiques envahissantes dans les zones humides et les milieux aquatiques a augmenté de 70 %. Il s'agit d'un des cinq facteurs responsables du déclin de la biodiversité. Selon le rapport mondial sur la valorisation de la ressource en eau de 2018, le fait de « travailler avec la nature, et non contre elle, préserverait le capital naturel et soutiendrait une économie circulaire » utilisant les ressources de manière efficace mais durable. Les solutions fondées sur la nature peuvent à la fois s'avérer viables et fournir des avantages sur le plan environnemental, social et économique. Des technologies récentes conciliant solutions écologiques et valorisation en chimie durable seront présentées. Quelques exemples démonstratifs illustreront l'intérêt de telles démarches. | |||
| Colloque - Symbioses : Conflits géopolitiques et concurrences économiques : la coopération comme intérêt bien compris | 26 May 2026 | 00:44:36 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Colloque - Symbioses : du mutualisme plantes/microbes à l'économie symbiotique et de la coopération Sébastien Treyer : Conflits géopolitiques et concurrences économiques : la coopération comme intérêt bien compris Sébastien Treyer Directeur général de l'IDDRI, Institut du développement durable et des relations internationales Résumé Dans une période d'accumulation continue de crises politiques, militaires, économiques et climatiques, la sécurisation économique est devenue une priorité pour l'ensemble des grandes régions. La course aux politiques industrielles et aux coups de force sur les ressources qui en découle semble rendre inutile tout effort de coopération, de solidarité entre les pays, et la prise en compte de la durabilité sociale et environnementale. À partir de travaux récents au service du G20 et du G7, cette conférence vise à montrer les nombreux points d'entrée qui permettent de défendre que la coopération, pluri- ou même multilatérale, est plus avantageuse en termes de sécurité et d'intérêt individuel, que le pur exercice de la force. Sébastien Treyer Sébastien Treyer est directeur général de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), le think tank français sur les négociations internationales sur le développement durable. À ce titre, il anime des dialogues entre grandes régions économiques sur la convergence d'intérêts pour la protection du climat et de la biodiversité, mais aussi pour la coopération multilatérale en matière de sécurisation économique, à l'interface entre G7, G20, institutions de Bretton Wood, et système onusien. Il est ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, ancien élève de Polytechnique, et docteur en gestion de l'environnement. | |||
| Colloque - Symbioses : L'économie symbiotique : la nature de l'avenir ? | 26 May 2026 | 00:50:30 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Colloque - Symbioses : du mutualisme plantes/microbes à l'économie symbiotique et de la coopération Isabelle Delannoy : L'économie symbiotique : la nature de l'avenir ? Isabelle Delannoy Ingénieure agronome, cofondatrice de l'entreprise symbiotique, professeure affiliée au CNAM Résumé Depuis les années 1960-1970 trois révolutions se sont produites dans notre façon de faire économie vers une économie durable. La première touche notre rapport au vivant, la seconde se rapporte à l'industrie et la troisième aux rapports sociaux. La théorie symbiotique est conceptualisée à partir de l'observation de leurs pratiques. Elle montre qu'ensemble, elles signent une seule et même économie, car on peut les décrire selon six mêmes principes. Le respect de ces principes est à la base de la création d'impacts majoritairement positifs sur le vivant et la société. Ils décrivent une économie tout à fait nouvelle, régénérative de ses ressources, ancrée aux territoires et évoluant en symbiose avec eux. Les entreprises et les territoires s'inspirant de l'économie symbiotique ou dont les modèles de développement répondent à ses principes montrent une nouvelle voie : ils réinscrivent l'économie dans les équilibres planétaires tout en répondant à leurs enjeux dans un monde incertain. Isabelle Delannoy Isabelle Delannoy est engagée depuis trente-cinq ans dans la transition écologique. En 2017, elle publie L'Économie symbiotique (Actes Sud), une théorie intégrative des pratiques régénératives, qui met en évidence l'émergence au niveau mondial d'une économie régénérative des écosystèmes vivants et sociaux, et en définit les principes et les lois. Elle est professeure affiliée au CNAM. Elle est cofondatrice de l'entreprise symbiotique qui accompagne des projets pilotes régénératifs territoriaux et entrepreneuriaux. Elle a été invitée à donner plusieurs centaines de conférences en France et à l'international (Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Afrique, Japon) pour présenter les conclusions de ses travaux. Isabelle a également écrit en 2009 le film Home de Yann Arthus-Bertrand, un état des lieux de notre planète, vu par un milliard de personnes. | |||
| Colloque - Symbioses : La lente émergence de la pensée sur la coopération | 26 May 2026 | 00:53:04 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Colloque - Symbioses : du mutualisme plantes/microbes à l'économie symbiotique et de la coopération Marc-André Selosse : La lente émergence de la pensée sur la coopération Marc-André Selosse Professeur au Muséum national d'histoire naturelle, membre de l'Académie d'agriculture, président de BioGée Résumé Pourquoi les théories scientifiques abordant la coopération entre organismes n'ont-elles émergé qu'à la fin du XIXe siècle, alors que compétition et parasitisme étaient déjà assez connus pour avoir été pris en compte par la théorie de l'évolution ? À cette époque, les notions de mutualisme, de symbiose et d'endosymbiose se heurtaient à la théorie de l'évolution de Darwin, et à des prédictions pas toujours exactes ni vérifiées (théorie endosymbiotique, par exemple) : cela ralentira leur diffusion, rendue conflictuelle. Pourtant, nul hiatus, vu d'aujourd'hui. Il faudra tout le XXe siècle pour résoudre le paradoxe de la coopération, un équilibre délicat entre coûts et bénéfices, tricheurs et altruistes. Les théories modernes de l'évolution expliquent à présent la persistance de la coopération entre organismes vivants au fil de l'évolution, sur des durées supérieures à celle du parasitisme. Marc-André Selosse Marc-André Selosse, né le 29 mars 1968, est professeur du Muséum national d'histoire naturelle à Paris et à l'université de Gdansk (Pologne), où il dirige des équipes de recherche. Il a été professeur aux universités de Viçosa (Brésil) et Kunming (Chine) ; il est chargé de cours à l'École normale supérieure, Science Po et aux hautes études commerciales (HEC). Ses travaux portent sur l'écologie et l'évolution des associations à bénéfices mutuels (symbioses). Mycologue et botaniste, il travaille en particulier sur les symbioses mycorhiziennes qui unissent des champignons du sol aux racines des plantes | |||
| Colloque - Symbioses : du mutualisme plantes/microbes à l'économie symbiotique | 26 May 2026 | 00:48:08 | |
Claude Grison Collège de France Avenir Commun Durable (2025-2026) Année 2025-2026 Colloque - Symbioses : du mutualisme plantes/microbes à l'économie symbiotique et de la coopération Claude Grison : Symbioses : du mutualisme plantes/microbes à l'économie symbiotique Claude Grison Directrice de recherche, CNRS, directrice du Laboratoire de chimie bioinspirée et innovations écologiques, professeure invitée du Collège de France Résumé Le Vivant est animé d'une vie secrète faite de rencontres, d'interactions et d'associations parfois insoupçonnées. Ces interactions biotiques peuvent être bénéfiques, sans effet ou néfastes. Globalement, les interactions sont le plus souvent à bénéfices réciproques (mutualisme), car la sélection naturelle conduit à des adaptations qui réduisent ou éliminent l'impact des interactions antagonistes. Ces interactions biologiques positives créent une relation étroite et durable entre deux individus, matérialisée par un échange de service non obligatoire (coopération) ou une relation vitale (symbiose). Quelques exemples concrets illustreront l'importance de ces interactions du Vivant, en particulier quand il est soumis au stress qu'on lui impose. Il s'agira notamment de mieux comprendre les relations symbiotiques entre une des rares légumineuses devenue hyperaccumulatrice d'éléments métalliques et une bactérie du genre rhizobium capable de survivre dans un milieu très pollué. Dans un second temps, il sera montré comment cette association est devenue le point de départ de la restauration d'un sol très dégradé. Enfin, les résultats de cette restauration écologique sont à l'origine d'une nouvelle économie de type symbiotique : l'écosystème recréé génère une ressource minérale précieuse et valorisée selon le concept de l'écocatalyse. Cette association bénéfique entre l'activité humaine et la Nature est génératrice d'une économie régénérative capable de remplacer le modèle extractif. Présentation du colloque Le Vivant est animé d'une vie secrète faite de rencontres, d'interactions et d'associations parfois insoupçonnées. Ces interactions biotiques peuvent être bénéfiques, sans effet ou néfastes. Globalement, les interactions sont le plus souvent à bénéfices réciproques (mutualisme), car la sélection naturelle conduit à des adaptations qui réduisent ou éliminent l'impact des interactions antagonistes. Ces interactions biologiques positives créent une relation étroite et durable entre deux individus, matérialisée par un échange de service non obligatoire (coopération) ou une relation vitale (symbiose). Quelques exemples concrets illustreront l'importance de ces interactions du Vivant, en particulier quand il est soumis au stress qu'on lui impose. Il s'agira notamment de mieux comprendre les relations symbiotiques entre une des rares légumineuses devenue hyperaccumulatrice d'éléments métalliques et une bactérie du genre rhizobium capable de survivre dans un milieu très pollué. Dans un second temps, il sera montré comment cette association est devenue le point de départ de la restauration d'un sol très dégradé. Enfin, les résultats de cette restauration écologique sont à l'origine d'une nouvelle économie de type symbiotique : l'écosystème recréé génère une ressource minérale précieuse et valorisée selon le concept de l'écocatalyse. Cette association bénéfique entre l'activité humaine et la Nature est génératrice d'une économie régénérative capable de remplacer le modèle extractif. Intervenants Claude Grison, directrice de recherche, CNRS, directrice du Laboratoire de chimie bioinspirée et innovations écologiques, professeure invitée du Collège de France Marc-André Selosse, professeur au Muséum national d'Histoire naturelle, membre de l'Académie d'Agriculture, président de BioGée Isabelle Delannoy, ingénieure agronome et présidente de l'Entreprise Symbiotique Sébastien Treyer, directeur général de l'IDDRI, Institut du développement durable et des relations internationales | |||